L LA GUIENNE ANGLAISE.
ORNON
A Gradignan, canton de Pessac, arrondissement de Bordeaux.
Nous avons déjà étudié des localités, et nous aurons encore l'occasion d'en étudier d'autres où
les forteresses sont tellement rapprochées les unes des autres, qu'elles pourraient faire croire à un
système défensif enveloppant le fort principal. Ce système a été soutenu par des hommes
éminents dans la science archéologique. Mais ils l'auraient nécessairement abandonné dans la
plupart des cas, s'ils avaient un peu plus approfondi la question. Ces forts, en effet, qu'on croit
réunis et groupés, n'ont pas tous été élevés en même temps et par le même peuple ou la même
tribu, et il arrive assez souvent que la forteresse principale, soit parce qu'elle est plus grande que les
autres, soit parce qu'elle a été habitée jusqu'aux derniers temps du Moyen Age et même jusqu'à nos
jours, n'est pas dans une position qui la rende susceptible d'être protégée par ses voisines. D'un
autre côté, il faut observer que ce n'est que dans les lieux inhabités ou stériles, dans les bois ou
dans les landes, que l'on retrouve de ces groupes; que ces monuments, abandonnés la plupart
depuis des siècles, n'ont laissé aucun souvenir, n'ont pas même de nom, se cachent bien souvent
dans les bois, les broussailles et les bas-fonds; sont presque introuvables pour des hommes
étrangers aux localités qui les renferment, et inaperçus par ceux du pays qui ne peuvent donner
aucun renseignement; qu'en conséquence, les cinq sixièmes de ceux qui existent ne sont pas
connus, même dans les pays oit l'on en connaît le plus. Lorsque j'ai eu l'occasion de passer
quelque temps dans une contrée où la culture n'a pas tout envahi, j'y ai toujours trouvé des
groupes de forts placés indistinctement, en plaine, à mi-côte ou sur le sommet des coteaux,
rapprochés d'un cours d'eau ou dans les lieux les plus arides; en un mot, sans ordre, et où,
avec la meilleure volonté, on ne peut voir un système défensif.
Tout cela me donne à penser que mon pays, le seul que j'ai étudié avec beaucoup de soin
dans les localités où j'ai pu rester quelque temps, plus superficiellement dans celles où je n'ai fait
que de courts séjours, était criblé de forts de toutes les formes, de toutes les dimensions et de
toutes les époques, depuis les Celtes jusqu'aux dernières années du Moyen Age; que ces forts,
détruits en entier dans les lieux cultivés oll quelques noms anciens les rappellent encore
quelquefois, sont conservés en partie dans ceux que la culture n'a pas encore envahis.
Quand on était obligé de se défendre contre les attaques de ses voisins, chaque famille
faisait de sa maison une forteresse, comme maintenant chacun cherche à en faire une habitation
confortable.
Il reste dans Gradignan un groupe de ces forteresses signalé, en 1829, par Jouannet.
M. Durand a donné, à la même époque, le plan de deux d'entre elles (1). Voici comment
Jouannet les décrit : « Les deux forts d'Ornon se ressemblent pour leur distribution générale.
» Chacun d'eux occupe un espace à peu près quadrilatère, entouré d'un fossé, et partagé
» intérieurement en deux parties : l'une munie à son centre d'un haut tumulus (2), l'autre formant
» la basse-cour. Un fossé communiquant à ses extrémités avec le fossé de ceinture sépare la
» basse-cour du tumulus. »
,1) Actes de l'Académie de Bordeaux, année 1829, p. 204. - (2) Pour Jouannet, toutes les buttes et mottes sont des tumulus.
ORNON
A Gradignan, canton de Pessac, arrondissement de Bordeaux.
Nous avons déjà étudié des localités, et nous aurons encore l'occasion d'en étudier d'autres où
les forteresses sont tellement rapprochées les unes des autres, qu'elles pourraient faire croire à un
système défensif enveloppant le fort principal. Ce système a été soutenu par des hommes
éminents dans la science archéologique. Mais ils l'auraient nécessairement abandonné dans la
plupart des cas, s'ils avaient un peu plus approfondi la question. Ces forts, en effet, qu'on croit
réunis et groupés, n'ont pas tous été élevés en même temps et par le même peuple ou la même
tribu, et il arrive assez souvent que la forteresse principale, soit parce qu'elle est plus grande que les
autres, soit parce qu'elle a été habitée jusqu'aux derniers temps du Moyen Age et même jusqu'à nos
jours, n'est pas dans une position qui la rende susceptible d'être protégée par ses voisines. D'un
autre côté, il faut observer que ce n'est que dans les lieux inhabités ou stériles, dans les bois ou
dans les landes, que l'on retrouve de ces groupes; que ces monuments, abandonnés la plupart
depuis des siècles, n'ont laissé aucun souvenir, n'ont pas même de nom, se cachent bien souvent
dans les bois, les broussailles et les bas-fonds; sont presque introuvables pour des hommes
étrangers aux localités qui les renferment, et inaperçus par ceux du pays qui ne peuvent donner
aucun renseignement; qu'en conséquence, les cinq sixièmes de ceux qui existent ne sont pas
connus, même dans les pays oit l'on en connaît le plus. Lorsque j'ai eu l'occasion de passer
quelque temps dans une contrée où la culture n'a pas tout envahi, j'y ai toujours trouvé des
groupes de forts placés indistinctement, en plaine, à mi-côte ou sur le sommet des coteaux,
rapprochés d'un cours d'eau ou dans les lieux les plus arides; en un mot, sans ordre, et où,
avec la meilleure volonté, on ne peut voir un système défensif.
Tout cela me donne à penser que mon pays, le seul que j'ai étudié avec beaucoup de soin
dans les localités où j'ai pu rester quelque temps, plus superficiellement dans celles où je n'ai fait
que de courts séjours, était criblé de forts de toutes les formes, de toutes les dimensions et de
toutes les époques, depuis les Celtes jusqu'aux dernières années du Moyen Age; que ces forts,
détruits en entier dans les lieux cultivés oll quelques noms anciens les rappellent encore
quelquefois, sont conservés en partie dans ceux que la culture n'a pas encore envahis.
Quand on était obligé de se défendre contre les attaques de ses voisins, chaque famille
faisait de sa maison une forteresse, comme maintenant chacun cherche à en faire une habitation
confortable.
Il reste dans Gradignan un groupe de ces forteresses signalé, en 1829, par Jouannet.
M. Durand a donné, à la même époque, le plan de deux d'entre elles (1). Voici comment
Jouannet les décrit : « Les deux forts d'Ornon se ressemblent pour leur distribution générale.
» Chacun d'eux occupe un espace à peu près quadrilatère, entouré d'un fossé, et partagé
» intérieurement en deux parties : l'une munie à son centre d'un haut tumulus (2), l'autre formant
» la basse-cour. Un fossé communiquant à ses extrémités avec le fossé de ceinture sépare la
» basse-cour du tumulus. »
,1) Actes de l'Académie de Bordeaux, année 1829, p. 204. - (2) Pour Jouannet, toutes les buttes et mottes sont des tumulus.
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