Titre : Comoedia / rédacteur en chef : Gaston de Pawlowski
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1941-07-19
Contributeur : Pawlowski, Gaston de (1874-1933). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32745939d
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 19 juillet 1941 19 juillet 1941
Description : 1941/07/19 (N5). 1941/07/19 (N5).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k76535249
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-123
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/06/2015
e-
M
C 0 M. CE - D 1 A
REVUES D'ÉTÉ
A l'Alhambra
ALHAMBRA 41
deux actes de Jean Rieux et Jean bramer
A l'Etoile
PARIS EN VACANCES
deux actes de Henri-F. Morgan -et Roger Guise
A la Lune Rousse
APRÈS L'ÉCLIPSE
un acte de Jean Lee; et les chansonniers
par GUSTAVE FRÉJAVILLE
__——————.
D
ANS cette revue, Alhambra 41, que
je vous annonçais samedi dernier,
on retrouve Charpini et cette
scène de l'Examen prénuptial, qui
serait impossible avec tout autre
interprète : sa verve légère, sa voix dou-
ble, son extrême mobilité y font mer-
veille, en évitant tous les écueils. A l'ex-
ception de cette scène et de plusieurs
tours de -chant intercalés, la revue de
i'Alhambra n'est plus celle de Bobino.
Charpini reparaît en super Motion, mise
en scène par Henri Varna, et en Dame
aux camélias, à laquelle le père Duval,
joué par le petit Rogers, n'est pas. de
(taille à résiste.. Jean Granier se dépense
allègrement comme interprète et conduit
le spectacle dans un mouvement excellent.
Il joue avec élégance le spectateur qui se
ravitaille sans tickets aux lâchers de pi-
geons du théâtre Mogador, et aussi le
vieux marcheur jamais lassé de co-étr Pa-
iris, depuis l'Exposition de 1900, à la suite
de la femme* éternelle et changeante. Il
joue, il me semble,. avec résignation la
scène de l'Aspiration naturelle, -fondée
sur une de ces basses équivoques auxquels
les, décidément, il vaudrait mieux renon-
cer : quelques gros rires ne prouvent pas
du tout que l'ensemble du public les
prouve plaisantes.
Le public sait choisir
i
E public de Paris n'est pas si grossier.
Il sait fort bien souligner d'un. mur-
mure de satisfaction la trouvaille" dé-
licate, le coin de scene evocateur, meme
un simple effet de lumière joliment réglé,
comme'le jeu-des lamées de poche for-
mant des constellations mouvantes dans
les ténèbres du Paris nocturne. Il. applau-
dit avec délectation les imitations méticu-
leuses de Daniel Clérice, qui, dans leur vé-
rité constante, demeurent si distinguées.
Il discerne très bien le talent à travers la
drôlerie sans prétention de Rogers, adroit
petit homme dont le nom est en train de
grandir. S'il supporte parfois le pire, il
préfère le meilleur. Et dans le répertoire
d'un chansonnier, il se réserve d'applau-
dir autre chose que ces -calembours labo-
rieux, ces à-peu-près qu'il faudrait souvent
appeler des à beaucoup près, par lesquels
jl est devenu trop commode de remplacer
lUne bonne chanson, qui ferait bien mieux
notre affaire. Au total, la *2vue est agréa-
ble. Je ne me lasse pas d'admirer l'adresse
professionnelle dépensée dans ces specta-
cles, improvisés pour quinze jours, où des
dosages ingénieux suppléent parfois à
Invention, où l'on fait du presque neuf
avec du pas Jout à fait vieux, où. tout de
même, les circonstances contraires, la né-
cessité" de vivre sur son fonds, l'absence
d'éléments de surprise venus de l'exté-
rieur, la saison même, qui attire plutôt les
spectateurs vers les joies du plein air,
Ji'empêcherxt pas auteurs, -directeurs et
artistes de rivaliser de zèle. pour nous di-
vertir sans déchoir - et d'y réussir pres-
que toujours.
m ..:'. Vacances à l'Etoile
M~ 'ETOILE a la franchise d'appeler son
!t nouveau spectacle : la grande revue
(I] bs tl'été « Paris en vacances ». Vacan-
ces ! thème entraînant, qui dispose à la
bienveillance ! Du prologue, Pluie d'été,
qui nous montre des costumes de toile ci-
rée où les nuances jouent avec les reflets
d'une manière fort plaisante, au. finale
optimiste du second acte, Vacances en
fleurs, les tableaux se succèdent sans nous
laisser perdre de vue cette idée poétique
et reposante des vacances, cette absession
de départ et de détente que le plus rési-
gné, l'été venu, ne peut s'empêcher de mê-
ler aux servitudes du labeur quotidien et
qui rehausse des fils d'or du rêve la trame
monotone des jours.
Deux comiques
ID
Ès le début, une surprise : l'entrée
-joviale d'une paysanne. haute en
couleur, à la voix grasse et gale,
qui prétend venir passer ses vacances a
3Pari&. et que nous verrons ensuite trans-
Íorme-e en vamp, ce que la poétique spé-
ciale des .revues. pouvait laisser prévoir.
Ce rple en or est joué par Lucette Mo-
relly : .curieuse nature de comique popu-
laire, un genre devenu rare, avec de l'en-
train, de l'œil, de -a dent — beaucoup de
dents et bien visibles — et une - autorité
dont il y aurait intérêt à ne pas mal user.
Or, dans une scène qu'elle joue avec Jean
Dunot, Mon Azor est perfiu, on voit Lu-
cette Morelly se débattre contre une de
ces équivoques grossières dont je ne me
lasserai pas de déplorer l'usage ; ni elle
ni son partenaire ne peuvent rien contre
un pareil texte ; ils pourraient être mieux
utilisés. Jean Dunot, bien connu sur les
scènes où survit ce qui fut le café-con-
cert:a une nature, lui aussi, et des quali-
tés d'ingénu burlesque point méprisables ;
mais dans le tour de chant qu'il présente
ici sous le titre Vacances en chansons, il
se souvient trop du bon comique Fournier,
tôt disparu, dont il a recueilli les procé-
dés, les intonations et-la mimique. Jean
Dunot, maigre autant que Fournier était
gros, capable, quand il veut, de curieux
* effets de naturel et d'émotion, devra faire
un effort pour- ne ressembler qu'à lui-
même.
Défilés et variétés
IL
ES tableaux Vacances exotiques, Char-
mes de paris, le Château des Voluptés et
d'autres; obéissent à l'esthétique d'un
genre qui a ses fidèles, la revue à défilés
féminins et à costumes — si l'on peut di-
lllii.t.:: L'Etoile ne manque - pas aux traditions
Lies sur a autres scenes, du concert
IfaUix Folies-Bergère et autres lieux.
d'amusantes recherches de ma-
couleur, 'des femmes jolies et
Mais Il n'est pas indispensa
plaisirs d'esprit que ces aimables
s'appellent au programme les
les Impudiques, les Enflam-
Exacerbantes. On les applaudit
ant quand elles sont simplement
ié aux fleurs de !a Madeleine, la
fel, la Place de l'Eloile. Des inter-
mèdes font remarquer les sœurs Delorme,
danseuses ; le chanteur Jean Palan,, à la
voix fine et légère; les tabarinades de Bou-
licot et Dalban ; les excentriques Léonard
et Nino, l'un adroit jongleur, l'autre bon
sauteur comique, vêtu en Auguste de cir-
que, avec, poussant au milieu du crâne,
la rose inerfable de Béby. Le comédien
Jacques Bouchet se multiplie avec bonne
grâce, tantôt compère ou annonciateur à
l'avant-scène, tantôt chargé de composer
une silhouette, d'animer un ensemble,
toujours utile, sympathique, parfait. Je
note enfin la vaillance et le brio de l'or-
chestre féminin conduit par Germaine
Mordant, qui monte elle-même sur la scène
pour un trop court numéro de ehant à
l'accordéon, fort bien accueilli au passage.
Lune d'été
Il L
n'y a pas très longtemps que la Lune
Rousse a rouvert ses portes. Le titre
de sa revue, Après l'eclzpse, souligne
cet heureux événement. En Voyant sur
l'affiche le nom de Moussia, on pouvait
penser que cette revue, pour affronter la
saison chaude, s'était mise en tenue lé-
gère. Notre attente n'est pas déçue. On a
donné à Moussia une scène où le thème
du Bain de la Parisienne, qui affolait les
collégiens d'avant 1900, a été adroitement
accroché à un prétexte d'actualité. On lui
a donné encore le rôle souriant d'une Vie
en rose, à peine voilée d'une vapeur, et
une évocation, à propos du retour à la
terre, de Candide cultivant son jardin, un
Candide joli, délicat et fragile comme une
statuette de Saxe, et qui porte, détail stn-
gulier, des boucles d'oreille bleues. Ces
trois apparitions de Moussia ont de quoi
plaire aux yeux et, au demeurant, elle dit
très gentiment ce qu'on lui fait dire. Il
y a, en outre, une curieuse scène en ima-
ges animées sur la lecture en famille, une
Louise arrangée à l'américaine, un plai-
sant tableau de toutes les classes de la
société titubant pêle-mêle dans le iiiétro-,
purotin. L'ensemble est agréable et ne
coûte au spectateur aucun effort céré-*
bral : revue d'été.
Avant l'entr'acte, on entend les chan-
sonniers. Denis Michel, J. Doppler, Jean
Lee, diversement doués, ouvrent le feu.
Léon Michel, maître de céans, dont les
événements n'ont pas abattu la fougue,
s'amuse à démontrer que, depuis vingt
ans, la plupart de ses chansons écrites au
jour le jour s.ont demeurées d'actualité.
Victor Vallier a moins de véhémence.
L'optimisme narquois de C'est toujours ça
et le pot.-pourri où il donne à un jeune
homme, avec l'autorité la plus affectueuse,
des conseils pleins de bon sens et de
bonne humeur, obtiennent le plus juste
succès. Enfin, Martini, prince de la réti-
cence. de la parenthèse et du sous-enten-
du, Martini qui ne daigne pas frapper à
tour de bras, mais qui dégonfle avec une
précision voluptueuse ce qui lui paraît dé-
testable. Martini nous fait faire un pas-,
sionnant Tour d'horizon, esquisse. un pa-
rallèle entre les. hirondelles et les piafs,
où il fait tenir en peu de mots bien de la
malice - et de la tendresse, proclame sa
haine du lieu commun, qui est toujours à
côté de la vérité, chante même, ou plu-
tôt gazouille — comme il dit — une Séré-
nade aux juges. de Riom, une Prière pour
ce matin d'été; et calque sur l'Envoi de
fleurs de Delmet un Envoi de légumes qui
nous ramène aux gaietés de l'heure pré-
sente, dont, sans en avoir l'air, il n'était
d'ailleurs pas sorti.
Le Théâtre des ArtsV
e 1 eatre 1 es' rts,
de Rouen
sera-t-il sauvé ?
IL
E Théâtre des Arts de Rouen, où, pour la
première fois en France, furent représentés
Lohengriii et Sainscn et Dalila, a jailli
mourir. L'immense incendie qui, aux pre-
miers jours de juin 1940, anéantit le quartier le
plus pittoresque et le plus vivant de la ville mu-
sée, jut arrêté devant le beau théâtre. Le feu
dévora quand même son plateau, son toit et ses
décors. La salle, le foyer ont soujfert, mais
l'édifice peut être sauvé. Il en est temps encore.
Il faut que toits les artistes, tous les acteurs,
tous les auteurs, tous les musiciens et tous les
poètes fassent entendre leur voix. Il ne faut pas
que, dans le projet de reconstruction de la
vieille cité mutilée, on décrète la mort de ce
temple dans lequel se firent entendre Igs étoiles
les plus rares. Il faut que, bientôt, la vie re-
naisse en ce lieu où Flaubert mena Mme Bo-
vary. Il faut que les vers de Pierre Corneille
continuent d'être dits, non loin de l'humble
logis« qui vit ses premiers pas.
Si le Théâtre des Arts devait être démoli,
partiraient avec lui des stocks de souvenirs ;
ceux des soirs merveilleux qui nous emportaient
sur les ailes du rêve. Dans son foyer-, aux gran-
des premières d'autrefois, défilèrent la critique
parisienne et le Tout-Rouen, qui s'y connaissait
ou gardait l'impression de s'y connaître.
Que de Carmen, de Manon, de Lakmé y défi-
lèrent pour notre vif plaisir ! Je revois Kousnet-
zoff, Georgette Leblanc, Marguerite Carré, Ack-
té, tant d'autres ! Alice Raveau dans Orphée,
Suzanne Lebrun dans Louise ; Béatrice Andriani,
TaU/ert, Bellan, Lucienne Vilquain, Rose Nivel ;
je revois Noté, Clément, Muratore, Affre, Albers,
Aumônier, Payan, Saint-Cricq ; je réentends
Chaliapine, venu pour un gala des journalistes
rouennais et consentant, sur la prière de notre
confrère Robert Le Douarec, à bisser l'air de la
calomnie, ce qu'il n'avait jamais fait. Il fau-
drait les citer tous, ainsi que les danseuses Ma-
riqueta. Isadora Duncan. les sœurs Mante, Nan-
dette Cameré. la gentille Médouza.
Parmi les directeurs. Camoin. qui fut plus tard
aux Bouffes-Parisiens; Jacques Fermo, qui ne
craignit pas d'afficher un jour : A l'occasion
de la Toussaint, nous donnerons « La Veuve
joyeuse » ; Henry Mclausséna, qui était un
bohème délicieux ; Campooasso, qui était plus
rusé qu'un Normand (ce qui peut imraïtre in-
croyable) ; Romette, qui campait un Don Qui-
chotte de premier ordre, et Dubos, qui dirige
aujourd'hui J'Opéra de Marseille. Que d'heures
gaies vécues dans la petite loge d'Adolphe Le-
bot, un chef d'orchestre capable de conduire par
cœur tout le répertoire.
Et toutes les tournées Baret, quand n'importe
quelle pièce se jouait parmi des décors qui ne
variaient pas. Un soir, dans je ne sais plus
quelle tragédie, Silvain égrenait une tirade, quand
un figurant, s'étant pris malencontreusement les
pieds dans 'un tapis, dégringola, affolé, toutes
les marches d'un escalier branlant. Il arriva
ventre à terre aux pieds du secrétaire, lequel,
ajoutant un hémistiche à son rôle, vociféra
« Pourquoi donc fait-il ça ? »
Je me rappelle de Max, répétant L'Aigle, de
Jean Nozièrcs. œuvre dans laquelle Pierre Varen-
ne personnifiait le pape. Je revois Jean Richepin
assistant à la générale de Soléa, dont il avait
écrit le livret. Et Sarah venant de mourir, dans
La Dame aux camélias, et s'éçriant, les yeyx
pleins de larmes : « Les cochons, ils n'ont mê-
me pas brossé les tapis »
Tous attendirent leur entrée derrière les por-
tants garnis d'affiches des premières de Lohen-
grin et de Samson et Dalila : Jules Truffier,
Colette Cécile Sorel, Le Bargy, Sacha Guitry,
Marguerite Mortno, Robi/me, Brasseur, Max
Dearly. Et les Rouennais Victor Boucher, Albert-
Lambert père et fils, Dorival. Et Dranem, et
Mayol, et Polin. Je revois Pierre Arezzo, le com-
positeur du Plus joli rêve, donnant rendez-vous
à sa belle, que chaperonnait un chevalier, moins
brillant que notre Maurice national. Il articu-
lait : Les amours de Carmen ne durent pas huit
mois, ou neuf. ou dix mois. » Il annonçait ainsi
son heure. Je réentends Mézy, répondant en
sourdine à celle qui, -dans Sigurd, s'égosillait,
fidèle à la partition, à lui crier : « Qui es-tu?
Qui es-tu ? », «.Mais je suis Mézy, ma petite,
tu le sais bien ! »
Ah ! mon vieux Théâtre des Arts ! Quand
renaitra-t-il ?
Je souhaiterais que toutes celles et tous ceux,
auteurs, compositeurs, acteurs qui s'y firent ap-
plaudir, prissent la peine de m'envoyer leur
adhésion Avec leurs noms prestigieux, nous
pourrions former une gerbe qui aurait son poids
clans la balance, quand viendra l'instant, de dé-
cider de son sort.
Puisse Comœdia, qui inséra — il y a long-
temps, hélas ! — mon premier article. plaider
cette cause, dont profitera — si elle est gagnée
- l'esprit de la France.
Robert DELAMARE.
POUR LES ESPOIRS EN BERNE
DU CONSERVATOIRE
Nos croquis des heureux lauréats du Conser
vatoire flous ont valu — avec des éloges pré-
cieux — le regret que Comœdia ait écourté son
« tableau ».
Voici, pour l'apaisement des âmss meurtries,
les notes de conscience de notre Comœdia-Indis-
cret.
TRAGEDIE
Mlle Nollier (Roxane). Beau physique. Elle crie
et se révèle dans les demi-teintes.
Mlle Carlove (Andromaque). Perruque argentée.
Elle gesticule comme pour lancer le disque.
Ne serait-ce pas uns merveilleuse soubrette ?
Mlle Sapritch (Athalie). C'est une étrangère avec
une autorité qui affirme un tempérament.
Elle intéressera tous les artistes peintres,
sculpteurs» Très sympathique hors d'ici.
Mlle Devarennes (Chimène), La Chimène rousse
du Romancero de José Maria de Heredin.
Pour nous. c'est un concours hors-série, com-
me dirait Anatole de Monzie. Elle mérite une
claque d'être au Conservatoire en état d'es-
poir.
Mlle Gaillard (Camille). Elle a le physique bor-
delais du rôle, ce qui veut dire qu'on à mas-
sacré sa sensibilité en ne réglant pas les
mouvements divers de sa science immortelle.
Nous la retrouverons.
COMEDIE
Mlle Virenque. Elle a le trac. Elle articule moins
bien qu'elle ne s'habille.
Mlle Vinci. Enfantine dans Regnard et écranée
par sa réplique dans le vieux texte de
Divorçons. Ah ! Réjane !
Mlle Berriau. Le jury lui 'ayant donné un second
prix l'an dernier a mis cette comédienn?,
- qui n'a point un physique négligeable mais
qui est surtout une intelligence, hors con-
cours. Tout est perdu, fors l'avenir.
Mlle Gaudeau. Une Agnès ? Non : 'déjà plus.
Une Cécile ? Non : pas encore. C'était uns
favorite du concours. Avec son physique, son
travail, sa foi- .Nous en reparlerons.
Mlle Benedetti. Une brune avec un physique
de grand ordre. Elle est Camille, moins je
ne sais quoi de mordant dans le style qui va
éclore certainement.
COMEDIE (hommes)
M. Desmedt. Pancrace et Richard III surcharges.
M. Jacquot. Faut-il le condamner ou l'attendre ?
A-t-il trouvé l'emploi scénique de ses évi-
dentes qualités
M. Falenc. Deux scènes qui dépassent toutes ses
possibilités de beau garçon.
M. Chaduc. A revoir. Manque de grâce ou d'in-
dignation.
M. Dhery. Que fait-il au Conservatoire ? Le mé-
tier est parfait : on l'aperçoit.
M. Vogel. Que fait-il au Conservatoire ? Il a a
se développer en scène.
M. Dupuy. Il n'est pas Octave de Musset et vaut
mieux que le Jeune Homme pressé inadmis-
sible — ici -- de Labiche.
M. Mary. Physique de théâtre un peu froid. an
peu solennel, mais il a le sens du style.
DANS LES SUBVENTIONNÉS'
Chez Molière
IL
A reprise de Fantasio éclipse un peu les
autres pièces de la semaine, quoique !e
charme de Polyeucte n'ait pas fini d'opé-
rer. Mais tout nouveau tout beau ! Les
exquises estampes de Madame Quinze plaisent
à l'œil comme à l'oreille. Même La Belle Aven-
ture, écrite à l'eau de rose et d'un si agréable
parfum, n'en sera pas effacée. C'est André del
Sarto, qui n'a gardé du romantisme que ce
qu'il a de plus suranné et de plus fugitif, qui
va pâlir. On ne l'en verra plus, même si on ie
joue. Entre Fantasio et On ne badine pas avec
l'amour, où, lundi prochain. M. Jean Deninx
fera ses débuts officiels, et Mlle Geneviève Au-
ger ses seconds débuts, le peintre florentin se
volatilisera.
La Nuit des Rois
La Nuit des Rois est un héritage de M. Jac-
ques Copeau. Cette pièce de Shakespeare qui
avait jadis une transparence et une légèreté de
fluide au Vieux-Colombier, prend un peu trop
de gravité. Je me suis laissé dire que même
depuis sa reprise à la Comédie - quelque démon
malin avait d'un souffle glacé raidi les plis de
cette fantaisie qui est tout tulle et mousseline.
Sans doute, chacun tient son rôle remarqua-
blement. Peut-on avoir plus de joyeuse trucu-
lence que M. André Brunot en Tobie Belch ?
Plus de causticité que M. Denis d'Inès en Fes-
te ? Plus de plantureuse niaiserie que M. Le-
doux en André Aguecheek ? Plus de solennité
prétentieuse que M. Pierre Bertin en Malvolio ?
Plus de gaîté épanouie et ahurie que M. Jean
Meyer en Fabien ? Mais, pour cette farce qui
va un' peu lentement, en général le trait est
trop appuyé. Chacun campe trop sûrement son
personnage et l'accorde plus à soi qu'aux au-
tres. C'est en quelque sorte un ballet où l'esprit
compte plus que le thème. On s'allège en s'ou-
bliant.
En vérité, si la tragédie shakespearienne de-
mande des artistes au talent mûri, la comédie
féerique, telle que La Tempête, Le songe d'une
nuit d'été ou cette Nuit des Rois, s'accommode
mieux de la légèreté même parfois maladroite
de la jeunesse. Il y faut de la fraîcheur d'âm-
et un étonnement amusé plutôt que de l'ironie.
Cela est si vrai que les femmes, plus intuitives-
entrent d'un pas plus alerte dans le jeu. Ainsi
Mme Denise Clair est diaprée comme un pas-
tel dans le rôle de Maria ; et l'on est charmé
sans réserve par la Viola de Mme Jeanne Sully
comme par la comtesse Olivia de Mme Lise
Delamare.
Il est un personnage sans outrance, parmi
tous ces être miroitants qui sont tout travestis
ou fantoches, ou aventuriers : c'est le duc Or-
sino. M. Aimé Clariond le jouait. M. Maurice
Donneaud, qui a reprit le rôle, donne à oet
amoureux dédaigné une mélancolique élégance.
Tout cela dit, l'agréable spectacle en un si
ingénieux et délicat décor. Un enchantement :
A VOdêon
L
E second Théâtre Français, comme le prt>
misr, paie un tribut à la mémoire de
Robert de Fiers et Caillavet. Là, c'est La
! Belle Aventure. Ici, L'Amour veille. L'on
y joue aussi Les Précieuses Ridicules, avec plus
de sagesse. Ce dont nous ne nous plaindrons
pas. Le théâtre étranger est représenté dans
l'un par Shakespeare; dans l'autre, par Verhae-
ren. M. Jean Sarment donne sur une rive Ma-.
dame Quinxe, sur l'autre Madame Souris : don
à droite et don à gauche! Alexandre Dumas
n'est présent qu'à l'Odéon avec une Jeunesse
des Mousquetaires toute pimpante. On ne joue
plus Alphonse Daudet chez Molière. Où est
passée Sapho ? Tandis que, rue de Vaugirard,
L'Arlésienne montre l'ombre de son bonnet jeté
par-dessus les moulins, une ombre qui fait cou-
ler des pleurs et qui attire la mort.
L'Arlésienne
Qu'elle est pleine de suc cette pièce ainsi
miss en scène et dans, le cadre de si agrestes
et vrais décors : cour de la ferme, du Casteld.
bergerie dans la campagne de Camargue avec
les roseaux encore debout ou liés en gerbe ce
cernés par la délicate ligne de l'horizon, inté-
rieur où le moindre des objets a une valeur
sentimentale, chambre avec l'alcôve aux rideaux
de toile fleurie au pied de l'escalier qui mène
au grenier, un bougeoir allumé sur la table, un-j
image de madone au mur. et le clair de lune
qui entre par la porte ouverte ! En tout, une
minutie qui est celle de la vérité.
Rose Mamaï, le fameux rôle de Tessandie;,
est joué par Mme Juliette Verneuil. Ceux qui
ont vu là Tessandicr déclarent se souven r
d'elle avec grande émotion. Les mêmes avouent j
n'être pas moins émus par Mme Juliette Ver-
neuil. Heureux qui a le privilège de telle com-
paraison, bien qu'à les en croire, la comédienne
d'aujourd'hui ait de son personnage une con-
ception toute différente. Mme Juliette Verneuil
ne met pas l'accent sur ce qu'a de tragique k
destin de cette mère douloureuse. Non ! E[c
n'a souci que de la sincérité la plus vive. Avec
une simplicité qui est la marque pure de &
race, sœur de ces paysannes dont Mistral n'a
pas inventé la poésie native, elle cache son e
angoisse accrue à chacun des quatre premiers
tableaux pour laisser, au dernier, éclater >
souffrance. Et c'est alors vraiment très beau. -,
Cette fin, difficile à jouer à cause du long mo- :
nologue, est tellement plus qu'un reflet lidèle dr ',
la vie, la vie même. que l'on n'a nulle impatien-
ce. D'abord une parfaite mise en place du texte
dans l'architecture de la pièce. Ensuite, de ces-
élans que l'on ne simule pas, de ces cris et d; <
ces pleurs que l'on ne feint pas. Le métier ct
l'art, si achevés, ne se sentent jamais. N'appa-
rait que la souplesse que possède naturellement
la vie de qui n'a pas de témoins pour l'incliner
à quelque jeu. même involontaire.
Je n'oublie pas les autres artistes et je par-
lerai d'eux la prochaine fois.
MAX FRANTFL
A l'Opéra : Spectacle
de danse
l (
)PERA consacre son activité d'été à une
salson de ballets qui sont un enchante,
ment. Je crois que peu de théâtres de par
ls monde peuvent s'enorgueillir d'un ré-
pertoire chorégraphique aussi vaste et varie,
d'une école de danse aufâi stylée, aussi riche
en sujets de premier plan. Une série de maître?,
certes, ont assuré de proche en procès la tradi-
tion de noire belle école de danse, mais, dans
cette course du flambeau, on voudra bien admet-
tre que Serge Lifar porte plus haut, plus loin
que tout autre, avec une cadence plus irrésisti-
ble, avec une ferveur de prëfg, la flamme à lui
confiée. Chorégraphe à l'imagination inépuisftr
ble. danseur de génie, Lifar sous ce double as.
pect signe d'un trait de feu les lampadophories
saltatoires d'aujourd'hui et l'histoire de notre
Opéra lui devra l'une de ses pages les plus qlo.
rieuses
Aii lendemain d'une inoubliable soVée consa-
crée à la mémoire du regretté Philippe Gaubert,
un programme des plus attrayants réunissait le
Festin de l'Araignée, Entre deux rondes et Gi-
selle. Passé de ■ VOpéra-Comique à l Opéra, le
ballet entomologique d'Albert Roussel a gagne
en ampleur et bénéficié d'une mise en scène,
d'un décor (du à M. Leyritz), d'une chorégraphié
(signée Aveline) qui en font un spectacle char-
mant et original.. Je regrette, pour ma part,
qu'on se soit tant éloigné, pour VAraignee, de la
-
création de Sahary-Djeli gai, souple et féroce, .,
bondissait avec vélocité de maille en maille dans l,
son .immense toile et mourrait, frénétique et dé- î
sarticulée, comme le suggère la musique. Mlle Lor- -
cia (l beaucoup de gràce, trop de grâce peut-être
pour une araignée. Solange Schwarz, comme *
Ephémère, meurt avec la légèreté requise et's'aj-
fuisse doucement dans un pétale de rose qui ;
sera son linceul. Avec la marche funèbre qui
l'accompagne, l'orchestre devient le véritable so-
liste du spectacle et je regrette que Fourestier.
l'une des baguettes que je préfère pour sa force
sans brutalité et son charme sans mièvrerie, l'ait
dirigée avec tant d'indifférence, sans tenir
compte des nuances de l'auteur. Le Festin de'
l'Araignée était cependant la partition la plus
significative du programme, du point de vue mu-
sical, et l'exquise sensibilité de Roussel s'y livre
sans détour.
On connaît le sujet du duo chorégraphique
dansé par Lifar et Solange Schwarz, « Statua » r
et « Danseuse de Degas » prenant leurs ébats ;
« Entre deux rondes » du gardien d'un musée..
Musique de Marcel Sllmuel-Rousseau. charmante
sans prétention, finement orchestrée ; chorégra,
phie ingénieuse où Lifar, tel un dieu antique, se
livre aux jeux de sa puissance et, après de jul, ;■
gurantes élévations, regagne son socle d'éternité ! i
Avec Giselle nous retrouvons le ballet roman-
tique et l'un des spectacles les plus éblouissants
qui se puissent imaginer. Les soli, les pas de
deux y alternent avec des ensembles d'une grâce
exquise, tant par leur technique éprouvée que
par le tracé aérien de leurs arabesques. Lifar
danse des jambes, des bras, des mains, du vi-
sage, de tout son corps, et sa digne partenaire,
Mlle Darsonval, trouve pour sa variation de la
mort une série d'accents émouvants où chaque
pas, chaque attitude. malgré leurs attaches clas-
siques, sont comme transfigurés par la douleur
A. H.
La Semaine
philatélique
Les émissions à tendance spéculative se mul-
tiplient. Après la série « Orval » de Belgique,
voici que l'on parle beaucoup de la prochaine
émission des colonies françaises (émission à li- ;
rage limité) qui sera mise en vente le 21 juillet.
- Ceci, à mon avis - et je suis d'accord avec
M. Baudoin de l'Echo de la Timbrologie —
n'est guère bon pour la philatélie, car lés stocks
constitués par les non-philatélistes -seront un
jour jetés sur le marché et cela entraînera une i
baisse générale des cours élevés appliqués en
ce moment. Cela est fort regrettable mais on
ne voit guère le moyen de l'éviter, tout au moins
pour le moment, car il est très difficile d'endi- t
guer cette fièvre de spéculation hasardeuse. i,
Nous verrons dans d'autres articles comment
préserver les vrais philatélistes de la mauvaise
passe par laquelle il leur faudra un jour passer.
Et voici encore quelques nouveaux timbres :
France. — Un timbre sera émis pour commé-
morer la Semaine Impériale.
Il ne faut guère s'attendre à voir sortir Jes
timbres à l'effigie du Maréchal avant septem-
bre.
Deux timbres pour les œuvres de Mer ver-
ront le jour sous peu
Empire français. — Des timbres de gros-.!
valeur (10. 20 et 50 francs) seront émis en oc-
tobre pour un certain nombre de colonies. Né-
cessités postales réelles
PHILICRANE.
1 ACHAT
DE TIMBRE SPOSTf ET Of COLLECTIONS 1
THÉODORE CHAMPION 1
13, Rue Orouat, PARI.
Voici, Paris.
A la mémoire
de Maurice Jaubert
A
la salle Chopin a été donné,
par l'Association de la Musi-
que Contemporaine, un con-
cert d'oeuvres de Maurice Jaubert,
mort pour la France le 19 juin 1940.
Dans le vestibule était placé un
magnifique buste du compositeur dû
au ciseau dé son ami le sculpteur
Iché.
Portrait d'autant plus remarquable
qu'il a été réalisé de mémoire.
Un beau tour de force et une
splendide œuvre d'art.
Les frères Isola écrivains
IL 1
ES mémoires des frères 'Isola
nous sont annoncés.
Cinquante ans de vie théâ-
trale vont revivre sous leur
plume. Ne furent-ils pas les té-
moins de toutes les grandes mani-
festations parisiennes ?.
Aux Folies-Bergère, à la Gaîté-
Lyrique, à l'Opéra-Comique, à Mo-
gador, ils ont vu défiler toutes les
célébrités de la, capitale.
Et qui ne se souvient de leur ac-
cueil affable en ces théâtres qu'ils
ont menés vers le succès en grands
directeurs ?
C'est qu'ils ont en commun des
quartés précieuses, de la bonne
franchise à la courtoisie parfaite. Et
l'on peut être certain que, pour être
véridiques, leurs souvenirs n'auront
jamais rien de désobligeant envers
quiconque.
Que d'anecdotes nous vont être
contées par leur plume alerte !
Comme bonne est leur mémoire.
le.urs mémoires seront exacts, oi-
quants, savoureux. -
Ensouvenir de Rip
R
IP nous a quittés, mais Rip
n'est pas oublié.
Tout vrai Parisien garde en
son cœur l'image du « Prin-
ce des Revyistes » dont les mots
couraient le Boulevard et dont les
scènes faisaient la fortune des di-
recteurs.
Nombreux étaient ses amis :
l'on a pu, dernièrement, au Théâ-
tre des Deux-Anes, s'en rendre
compte. Le gala organisé au béné-
ce de sa veuve a été un succès. Rip.
grand amuseur, cœur généreux,
n'avait rien d'un calculateur ni
d'un prévoyant de l'avenir. Ses amis
heureusement auront suppléé à son
adorable fantaisie.
Furent vendues aux enchères les
manuscrits de deux scènes célè-
bres, dont : « Le Souffleur des
Poties-Bergère M.
On entassa bientôt billet de mille.
sur billet de mille. Le plus gros
prix : 16.000 francs, alla à quel-
ques feuillets couverts de mots
d'esprit et de mordantes boutades.
Comœdia sur le turf
N
OUS n'irons bientôt plus au
Bois, ni à Auteuil : les lau-
riers sont coupés, brutes ou
roussis.
Le sport va courir à Maisons-Laf-
fitte et à Vincennes. C'est là que
nous oublierons les déplacements de
province, les fastes de Deauville, les
tripes de Caen, le lait des vaches de
Clairefontaine.
Mais ne nous plaignons qu'à
moitié ou aux trois quarts.
Comme voyage nous avons en
perspective. hélas ! le souci de ga-
gner Maisons. Nous partbns sans
autre bagage que le Paris-Sport et
nos jumelles. Nous éviterons le coup
de fusil des hostelleries achalandées
Gardons-nous seulement du coup de
soleil et des pièges du mutuel. Il est
vrai qu'à Maisons, terre des outsiders
géants, quand on touche, on' touche
beaucoup #
A Vincennes, c'est une autre at-
faire ! Mais elle se présente mer-
veilleuse ! D'abord pour les trotteurs
qui n'auront pas à disputer un prix
inférieur à 25.000 francs : ensuite
pour les propriétaires qui empoche-
ront les'gains des trotteurs .; ensuite
pour les vendeurs d'avoine qui ébrè-
cheront le magot des DroDriétaires
Et ainsi de suite !
De sorte qu'il est juste de célébrer
les efforts et les réalisations et les
succès dynamiques de M. Ballière qui
est .en train de sauver, non pas les
courses qui se sauveront toujours
d'elles-mêmes, mais cette race de
chevaux français dont nous aurons
besoin dès demain pour abaisser non
des records, mais le prix, le Grand
Prix des Pommes de Terre.
Voulez-vous des cigarettes
et du tabac ?
o
Ul, il y a un moyen d'avoir
à coup sûr des cigarettes et
du tabac, mais pour ça il
faut partir de chez soi de bonne
heure, gagner l'hippodrome d'Auteuil
avant la « première » et s'avancer
au pesage vers la buraliste logée
erès de l'estaminet.
Heureux sportsmen qui trouvent
enfin sur l'hippodrome Une certitude:
un peu de fumée.
Le dernier succès
d'Alcover
A
LCOVER a beaucoup maigri —
ce qui lui va bien. Alcover
boit beaucoup moins de demis
mousseux — ce qui lui fait grand
bien. Mais Pedro, le front ruisselant
de sueur, n'a rien perdu de cette
malice qui allume aux verres de son
lorgnon dè petits éclairs joyeux. Pe-
dro Alcover jubile comme s'il venait
de remporter un nouveau succès, ou
débité triomphalement, à sa manière,
le récit de Theramène.
Eh bien, non, son dernier triom-
phe, qui lui cause une joie si ten-
drement visible, ce n'est pas lui qui
l'a remporté, c'est, sa charmante
fille, lauréate en Sorbonne du bacca-
lauréat de philosophie. Elle va main-
tenant préparer sa licence.
Et quel est donc le sujet que ces
beaux yeux clairs où flotte la rêve-
rie d'une âme câline ont traité ?
Que pensez-vous de la vie ? Que
pensez-vous de la joie ? Non. Mlle
Alcover a choisi la défense de l'ou-
bli !
Quel mérite ! Ou quelle époque !
« Jeunesse en scène »
L
A Jeunesse bouge. Il n'est pas
de salle de Paris où elle ne
fasse du théâtre, avec quelle
M. ■ - ■ «. f
ardeur er souvenr quel TalenT :
Voici un autre groupe encore peu
connu, « Jeunesse en scène », qui
fait presque ses premières armes près
de la place de la République.
Des décors vieillots et craquelés
et mal rafistolés. Mais une ardeur
et un enthousiasme qui font luire
sur les déchirures de la toile un
rayon de printemps ?
On joue deux pièces : une de
Michel Régis : L'Ebauche, et, pour
sacrifier à la mode des exhumations:
Oscar, de Scribe.
Les acteurs ? Ils ont nom : Jean
Beauté, Gaîté, Grâce et Fraîcheur : C'est.. -- 1
l 18 V VRAI r iIt tIMS I
l~ ctui triomphe 2 fois chaque iour (à 16 n 15 et à 20 h 15) I
A T A B A R I N
Sacha Fontaine, Alfred Baillou, jaKe-
Rictus, Lucile Vallis, Lyne Cauche,
Louise Desville, Pierre Chartier, René
Pommier, Georges Stephan, Betty
Bayol et Jacques Reymond qui est
aussi le metteur en scène.
Parmi eux, trois ont des qualités
excellentes : Jean-Sacha Fontaine et
Lyne Cauche à qui l'on peut prédire
une carrière au théâtre comme au
cinéma, et Lucile Vallis, qui a beau-
coup de sensibilité et de naturel.
Voilà les découvertes que l'on
fait quand quelque démon vous pous-
sa aux alentours de la statue de
Dalou.
Pistolets de paille
o
q vient de reprendre, dans un
théâtre parisien, cet Arsène
Lupin, vieille pièce policière
classique de Maurice Leblanc, Mais,
évidemment, une pièce policière ne
saurait se passer de revolver !. Et.
d'autre part, la détention de toute
arme, en zone occupée, est punie
comme vous le savez.
Il fallut chercher une solution.
On la trouva au rayon des jouets
d'un grand magasin, devant le comp-,
toir où l'on vend aux enfants des
petits revolvers lance-parfum L..
Et chaque soir, sur la scène du
théâtre Edouard-VII, Arsène Lupin
opère avec un joujou de treize francs
quatre-vingt-quinze. Il fallut d'ail-
leurs en acheter deux, car, au cours
d'une scène entre Constant Rémy et
jean Max, le policier et le gentle-,
man-cambrioleur sortent chacun de
sa poche un revolver, L'accessoiriste
veille sur ses « armes » comme à la
prunelle de ses yeux. de même que
sur les cigarettes que l'on doit fumer
au cours de ces quatre actes ! Car
un cambrioleur sans arme à feu et un
détective sans tabac et cercles de fu-
mée, cela, n'est-ce oas, ne feraH
pas sérieux..
M
C 0 M. CE - D 1 A
REVUES D'ÉTÉ
A l'Alhambra
ALHAMBRA 41
deux actes de Jean Rieux et Jean bramer
A l'Etoile
PARIS EN VACANCES
deux actes de Henri-F. Morgan -et Roger Guise
A la Lune Rousse
APRÈS L'ÉCLIPSE
un acte de Jean Lee; et les chansonniers
par GUSTAVE FRÉJAVILLE
__——————.
D
ANS cette revue, Alhambra 41, que
je vous annonçais samedi dernier,
on retrouve Charpini et cette
scène de l'Examen prénuptial, qui
serait impossible avec tout autre
interprète : sa verve légère, sa voix dou-
ble, son extrême mobilité y font mer-
veille, en évitant tous les écueils. A l'ex-
ception de cette scène et de plusieurs
tours de -chant intercalés, la revue de
i'Alhambra n'est plus celle de Bobino.
Charpini reparaît en super Motion, mise
en scène par Henri Varna, et en Dame
aux camélias, à laquelle le père Duval,
joué par le petit Rogers, n'est pas. de
(taille à résiste.. Jean Granier se dépense
allègrement comme interprète et conduit
le spectacle dans un mouvement excellent.
Il joue avec élégance le spectateur qui se
ravitaille sans tickets aux lâchers de pi-
geons du théâtre Mogador, et aussi le
vieux marcheur jamais lassé de co-étr Pa-
iris, depuis l'Exposition de 1900, à la suite
de la femme* éternelle et changeante. Il
joue, il me semble,. avec résignation la
scène de l'Aspiration naturelle, -fondée
sur une de ces basses équivoques auxquels
les, décidément, il vaudrait mieux renon-
cer : quelques gros rires ne prouvent pas
du tout que l'ensemble du public les
prouve plaisantes.
Le public sait choisir
i
E public de Paris n'est pas si grossier.
Il sait fort bien souligner d'un. mur-
mure de satisfaction la trouvaille" dé-
licate, le coin de scene evocateur, meme
un simple effet de lumière joliment réglé,
comme'le jeu-des lamées de poche for-
mant des constellations mouvantes dans
les ténèbres du Paris nocturne. Il. applau-
dit avec délectation les imitations méticu-
leuses de Daniel Clérice, qui, dans leur vé-
rité constante, demeurent si distinguées.
Il discerne très bien le talent à travers la
drôlerie sans prétention de Rogers, adroit
petit homme dont le nom est en train de
grandir. S'il supporte parfois le pire, il
préfère le meilleur. Et dans le répertoire
d'un chansonnier, il se réserve d'applau-
dir autre chose que ces -calembours labo-
rieux, ces à-peu-près qu'il faudrait souvent
appeler des à beaucoup près, par lesquels
jl est devenu trop commode de remplacer
lUne bonne chanson, qui ferait bien mieux
notre affaire. Au total, la *2vue est agréa-
ble. Je ne me lasse pas d'admirer l'adresse
professionnelle dépensée dans ces specta-
cles, improvisés pour quinze jours, où des
dosages ingénieux suppléent parfois à
Invention, où l'on fait du presque neuf
avec du pas Jout à fait vieux, où. tout de
même, les circonstances contraires, la né-
cessité" de vivre sur son fonds, l'absence
d'éléments de surprise venus de l'exté-
rieur, la saison même, qui attire plutôt les
spectateurs vers les joies du plein air,
Ji'empêcherxt pas auteurs, -directeurs et
artistes de rivaliser de zèle. pour nous di-
vertir sans déchoir - et d'y réussir pres-
que toujours.
m ..:'. Vacances à l'Etoile
M~ 'ETOILE a la franchise d'appeler son
!t nouveau spectacle : la grande revue
(I] bs tl'été « Paris en vacances ». Vacan-
ces ! thème entraînant, qui dispose à la
bienveillance ! Du prologue, Pluie d'été,
qui nous montre des costumes de toile ci-
rée où les nuances jouent avec les reflets
d'une manière fort plaisante, au. finale
optimiste du second acte, Vacances en
fleurs, les tableaux se succèdent sans nous
laisser perdre de vue cette idée poétique
et reposante des vacances, cette absession
de départ et de détente que le plus rési-
gné, l'été venu, ne peut s'empêcher de mê-
ler aux servitudes du labeur quotidien et
qui rehausse des fils d'or du rêve la trame
monotone des jours.
Deux comiques
ID
Ès le début, une surprise : l'entrée
-joviale d'une paysanne. haute en
couleur, à la voix grasse et gale,
qui prétend venir passer ses vacances a
3Pari&. et que nous verrons ensuite trans-
Íorme-e en vamp, ce que la poétique spé-
ciale des .revues. pouvait laisser prévoir.
Ce rple en or est joué par Lucette Mo-
relly : .curieuse nature de comique popu-
laire, un genre devenu rare, avec de l'en-
train, de l'œil, de -a dent — beaucoup de
dents et bien visibles — et une - autorité
dont il y aurait intérêt à ne pas mal user.
Or, dans une scène qu'elle joue avec Jean
Dunot, Mon Azor est perfiu, on voit Lu-
cette Morelly se débattre contre une de
ces équivoques grossières dont je ne me
lasserai pas de déplorer l'usage ; ni elle
ni son partenaire ne peuvent rien contre
un pareil texte ; ils pourraient être mieux
utilisés. Jean Dunot, bien connu sur les
scènes où survit ce qui fut le café-con-
cert:a une nature, lui aussi, et des quali-
tés d'ingénu burlesque point méprisables ;
mais dans le tour de chant qu'il présente
ici sous le titre Vacances en chansons, il
se souvient trop du bon comique Fournier,
tôt disparu, dont il a recueilli les procé-
dés, les intonations et-la mimique. Jean
Dunot, maigre autant que Fournier était
gros, capable, quand il veut, de curieux
* effets de naturel et d'émotion, devra faire
un effort pour- ne ressembler qu'à lui-
même.
Défilés et variétés
IL
ES tableaux Vacances exotiques, Char-
mes de paris, le Château des Voluptés et
d'autres; obéissent à l'esthétique d'un
genre qui a ses fidèles, la revue à défilés
féminins et à costumes — si l'on peut di-
lllii.t.:: L'Etoile ne manque - pas aux traditions
Lies sur a autres scenes, du concert
IfaUix Folies-Bergère et autres lieux.
d'amusantes recherches de ma-
couleur, 'des femmes jolies et
Mais Il n'est pas indispensa
plaisirs d'esprit que ces aimables
s'appellent au programme les
les Impudiques, les Enflam-
Exacerbantes. On les applaudit
ant quand elles sont simplement
ié aux fleurs de !a Madeleine, la
fel, la Place de l'Eloile. Des inter-
mèdes font remarquer les sœurs Delorme,
danseuses ; le chanteur Jean Palan,, à la
voix fine et légère; les tabarinades de Bou-
licot et Dalban ; les excentriques Léonard
et Nino, l'un adroit jongleur, l'autre bon
sauteur comique, vêtu en Auguste de cir-
que, avec, poussant au milieu du crâne,
la rose inerfable de Béby. Le comédien
Jacques Bouchet se multiplie avec bonne
grâce, tantôt compère ou annonciateur à
l'avant-scène, tantôt chargé de composer
une silhouette, d'animer un ensemble,
toujours utile, sympathique, parfait. Je
note enfin la vaillance et le brio de l'or-
chestre féminin conduit par Germaine
Mordant, qui monte elle-même sur la scène
pour un trop court numéro de ehant à
l'accordéon, fort bien accueilli au passage.
Lune d'été
Il L
n'y a pas très longtemps que la Lune
Rousse a rouvert ses portes. Le titre
de sa revue, Après l'eclzpse, souligne
cet heureux événement. En Voyant sur
l'affiche le nom de Moussia, on pouvait
penser que cette revue, pour affronter la
saison chaude, s'était mise en tenue lé-
gère. Notre attente n'est pas déçue. On a
donné à Moussia une scène où le thème
du Bain de la Parisienne, qui affolait les
collégiens d'avant 1900, a été adroitement
accroché à un prétexte d'actualité. On lui
a donné encore le rôle souriant d'une Vie
en rose, à peine voilée d'une vapeur, et
une évocation, à propos du retour à la
terre, de Candide cultivant son jardin, un
Candide joli, délicat et fragile comme une
statuette de Saxe, et qui porte, détail stn-
gulier, des boucles d'oreille bleues. Ces
trois apparitions de Moussia ont de quoi
plaire aux yeux et, au demeurant, elle dit
très gentiment ce qu'on lui fait dire. Il
y a, en outre, une curieuse scène en ima-
ges animées sur la lecture en famille, une
Louise arrangée à l'américaine, un plai-
sant tableau de toutes les classes de la
société titubant pêle-mêle dans le iiiétro-,
purotin. L'ensemble est agréable et ne
coûte au spectateur aucun effort céré-*
bral : revue d'été.
Avant l'entr'acte, on entend les chan-
sonniers. Denis Michel, J. Doppler, Jean
Lee, diversement doués, ouvrent le feu.
Léon Michel, maître de céans, dont les
événements n'ont pas abattu la fougue,
s'amuse à démontrer que, depuis vingt
ans, la plupart de ses chansons écrites au
jour le jour s.ont demeurées d'actualité.
Victor Vallier a moins de véhémence.
L'optimisme narquois de C'est toujours ça
et le pot.-pourri où il donne à un jeune
homme, avec l'autorité la plus affectueuse,
des conseils pleins de bon sens et de
bonne humeur, obtiennent le plus juste
succès. Enfin, Martini, prince de la réti-
cence. de la parenthèse et du sous-enten-
du, Martini qui ne daigne pas frapper à
tour de bras, mais qui dégonfle avec une
précision voluptueuse ce qui lui paraît dé-
testable. Martini nous fait faire un pas-,
sionnant Tour d'horizon, esquisse. un pa-
rallèle entre les. hirondelles et les piafs,
où il fait tenir en peu de mots bien de la
malice - et de la tendresse, proclame sa
haine du lieu commun, qui est toujours à
côté de la vérité, chante même, ou plu-
tôt gazouille — comme il dit — une Séré-
nade aux juges. de Riom, une Prière pour
ce matin d'été; et calque sur l'Envoi de
fleurs de Delmet un Envoi de légumes qui
nous ramène aux gaietés de l'heure pré-
sente, dont, sans en avoir l'air, il n'était
d'ailleurs pas sorti.
Le Théâtre des ArtsV
e 1 eatre 1 es' rts,
de Rouen
sera-t-il sauvé ?
IL
E Théâtre des Arts de Rouen, où, pour la
première fois en France, furent représentés
Lohengriii et Sainscn et Dalila, a jailli
mourir. L'immense incendie qui, aux pre-
miers jours de juin 1940, anéantit le quartier le
plus pittoresque et le plus vivant de la ville mu-
sée, jut arrêté devant le beau théâtre. Le feu
dévora quand même son plateau, son toit et ses
décors. La salle, le foyer ont soujfert, mais
l'édifice peut être sauvé. Il en est temps encore.
Il faut que toits les artistes, tous les acteurs,
tous les auteurs, tous les musiciens et tous les
poètes fassent entendre leur voix. Il ne faut pas
que, dans le projet de reconstruction de la
vieille cité mutilée, on décrète la mort de ce
temple dans lequel se firent entendre Igs étoiles
les plus rares. Il faut que, bientôt, la vie re-
naisse en ce lieu où Flaubert mena Mme Bo-
vary. Il faut que les vers de Pierre Corneille
continuent d'être dits, non loin de l'humble
logis« qui vit ses premiers pas.
Si le Théâtre des Arts devait être démoli,
partiraient avec lui des stocks de souvenirs ;
ceux des soirs merveilleux qui nous emportaient
sur les ailes du rêve. Dans son foyer-, aux gran-
des premières d'autrefois, défilèrent la critique
parisienne et le Tout-Rouen, qui s'y connaissait
ou gardait l'impression de s'y connaître.
Que de Carmen, de Manon, de Lakmé y défi-
lèrent pour notre vif plaisir ! Je revois Kousnet-
zoff, Georgette Leblanc, Marguerite Carré, Ack-
té, tant d'autres ! Alice Raveau dans Orphée,
Suzanne Lebrun dans Louise ; Béatrice Andriani,
TaU/ert, Bellan, Lucienne Vilquain, Rose Nivel ;
je revois Noté, Clément, Muratore, Affre, Albers,
Aumônier, Payan, Saint-Cricq ; je réentends
Chaliapine, venu pour un gala des journalistes
rouennais et consentant, sur la prière de notre
confrère Robert Le Douarec, à bisser l'air de la
calomnie, ce qu'il n'avait jamais fait. Il fau-
drait les citer tous, ainsi que les danseuses Ma-
riqueta. Isadora Duncan. les sœurs Mante, Nan-
dette Cameré. la gentille Médouza.
Parmi les directeurs. Camoin. qui fut plus tard
aux Bouffes-Parisiens; Jacques Fermo, qui ne
craignit pas d'afficher un jour : A l'occasion
de la Toussaint, nous donnerons « La Veuve
joyeuse » ; Henry Mclausséna, qui était un
bohème délicieux ; Campooasso, qui était plus
rusé qu'un Normand (ce qui peut imraïtre in-
croyable) ; Romette, qui campait un Don Qui-
chotte de premier ordre, et Dubos, qui dirige
aujourd'hui J'Opéra de Marseille. Que d'heures
gaies vécues dans la petite loge d'Adolphe Le-
bot, un chef d'orchestre capable de conduire par
cœur tout le répertoire.
Et toutes les tournées Baret, quand n'importe
quelle pièce se jouait parmi des décors qui ne
variaient pas. Un soir, dans je ne sais plus
quelle tragédie, Silvain égrenait une tirade, quand
un figurant, s'étant pris malencontreusement les
pieds dans 'un tapis, dégringola, affolé, toutes
les marches d'un escalier branlant. Il arriva
ventre à terre aux pieds du secrétaire, lequel,
ajoutant un hémistiche à son rôle, vociféra
« Pourquoi donc fait-il ça ? »
Je me rappelle de Max, répétant L'Aigle, de
Jean Nozièrcs. œuvre dans laquelle Pierre Varen-
ne personnifiait le pape. Je revois Jean Richepin
assistant à la générale de Soléa, dont il avait
écrit le livret. Et Sarah venant de mourir, dans
La Dame aux camélias, et s'éçriant, les yeyx
pleins de larmes : « Les cochons, ils n'ont mê-
me pas brossé les tapis »
Tous attendirent leur entrée derrière les por-
tants garnis d'affiches des premières de Lohen-
grin et de Samson et Dalila : Jules Truffier,
Colette Cécile Sorel, Le Bargy, Sacha Guitry,
Marguerite Mortno, Robi/me, Brasseur, Max
Dearly. Et les Rouennais Victor Boucher, Albert-
Lambert père et fils, Dorival. Et Dranem, et
Mayol, et Polin. Je revois Pierre Arezzo, le com-
positeur du Plus joli rêve, donnant rendez-vous
à sa belle, que chaperonnait un chevalier, moins
brillant que notre Maurice national. Il articu-
lait : Les amours de Carmen ne durent pas huit
mois, ou neuf. ou dix mois. » Il annonçait ainsi
son heure. Je réentends Mézy, répondant en
sourdine à celle qui, -dans Sigurd, s'égosillait,
fidèle à la partition, à lui crier : « Qui es-tu?
Qui es-tu ? », «.Mais je suis Mézy, ma petite,
tu le sais bien ! »
Ah ! mon vieux Théâtre des Arts ! Quand
renaitra-t-il ?
Je souhaiterais que toutes celles et tous ceux,
auteurs, compositeurs, acteurs qui s'y firent ap-
plaudir, prissent la peine de m'envoyer leur
adhésion Avec leurs noms prestigieux, nous
pourrions former une gerbe qui aurait son poids
clans la balance, quand viendra l'instant, de dé-
cider de son sort.
Puisse Comœdia, qui inséra — il y a long-
temps, hélas ! — mon premier article. plaider
cette cause, dont profitera — si elle est gagnée
- l'esprit de la France.
Robert DELAMARE.
POUR LES ESPOIRS EN BERNE
DU CONSERVATOIRE
Nos croquis des heureux lauréats du Conser
vatoire flous ont valu — avec des éloges pré-
cieux — le regret que Comœdia ait écourté son
« tableau ».
Voici, pour l'apaisement des âmss meurtries,
les notes de conscience de notre Comœdia-Indis-
cret.
TRAGEDIE
Mlle Nollier (Roxane). Beau physique. Elle crie
et se révèle dans les demi-teintes.
Mlle Carlove (Andromaque). Perruque argentée.
Elle gesticule comme pour lancer le disque.
Ne serait-ce pas uns merveilleuse soubrette ?
Mlle Sapritch (Athalie). C'est une étrangère avec
une autorité qui affirme un tempérament.
Elle intéressera tous les artistes peintres,
sculpteurs» Très sympathique hors d'ici.
Mlle Devarennes (Chimène), La Chimène rousse
du Romancero de José Maria de Heredin.
Pour nous. c'est un concours hors-série, com-
me dirait Anatole de Monzie. Elle mérite une
claque d'être au Conservatoire en état d'es-
poir.
Mlle Gaillard (Camille). Elle a le physique bor-
delais du rôle, ce qui veut dire qu'on à mas-
sacré sa sensibilité en ne réglant pas les
mouvements divers de sa science immortelle.
Nous la retrouverons.
COMEDIE
Mlle Virenque. Elle a le trac. Elle articule moins
bien qu'elle ne s'habille.
Mlle Vinci. Enfantine dans Regnard et écranée
par sa réplique dans le vieux texte de
Divorçons. Ah ! Réjane !
Mlle Berriau. Le jury lui 'ayant donné un second
prix l'an dernier a mis cette comédienn?,
- qui n'a point un physique négligeable mais
qui est surtout une intelligence, hors con-
cours. Tout est perdu, fors l'avenir.
Mlle Gaudeau. Une Agnès ? Non : 'déjà plus.
Une Cécile ? Non : pas encore. C'était uns
favorite du concours. Avec son physique, son
travail, sa foi- .Nous en reparlerons.
Mlle Benedetti. Une brune avec un physique
de grand ordre. Elle est Camille, moins je
ne sais quoi de mordant dans le style qui va
éclore certainement.
COMEDIE (hommes)
M. Desmedt. Pancrace et Richard III surcharges.
M. Jacquot. Faut-il le condamner ou l'attendre ?
A-t-il trouvé l'emploi scénique de ses évi-
dentes qualités
M. Falenc. Deux scènes qui dépassent toutes ses
possibilités de beau garçon.
M. Chaduc. A revoir. Manque de grâce ou d'in-
dignation.
M. Dhery. Que fait-il au Conservatoire ? Le mé-
tier est parfait : on l'aperçoit.
M. Vogel. Que fait-il au Conservatoire ? Il a a
se développer en scène.
M. Dupuy. Il n'est pas Octave de Musset et vaut
mieux que le Jeune Homme pressé inadmis-
sible — ici -- de Labiche.
M. Mary. Physique de théâtre un peu froid. an
peu solennel, mais il a le sens du style.
DANS LES SUBVENTIONNÉS'
Chez Molière
IL
A reprise de Fantasio éclipse un peu les
autres pièces de la semaine, quoique !e
charme de Polyeucte n'ait pas fini d'opé-
rer. Mais tout nouveau tout beau ! Les
exquises estampes de Madame Quinze plaisent
à l'œil comme à l'oreille. Même La Belle Aven-
ture, écrite à l'eau de rose et d'un si agréable
parfum, n'en sera pas effacée. C'est André del
Sarto, qui n'a gardé du romantisme que ce
qu'il a de plus suranné et de plus fugitif, qui
va pâlir. On ne l'en verra plus, même si on ie
joue. Entre Fantasio et On ne badine pas avec
l'amour, où, lundi prochain. M. Jean Deninx
fera ses débuts officiels, et Mlle Geneviève Au-
ger ses seconds débuts, le peintre florentin se
volatilisera.
La Nuit des Rois
La Nuit des Rois est un héritage de M. Jac-
ques Copeau. Cette pièce de Shakespeare qui
avait jadis une transparence et une légèreté de
fluide au Vieux-Colombier, prend un peu trop
de gravité. Je me suis laissé dire que même
depuis sa reprise à la Comédie - quelque démon
malin avait d'un souffle glacé raidi les plis de
cette fantaisie qui est tout tulle et mousseline.
Sans doute, chacun tient son rôle remarqua-
blement. Peut-on avoir plus de joyeuse trucu-
lence que M. André Brunot en Tobie Belch ?
Plus de causticité que M. Denis d'Inès en Fes-
te ? Plus de plantureuse niaiserie que M. Le-
doux en André Aguecheek ? Plus de solennité
prétentieuse que M. Pierre Bertin en Malvolio ?
Plus de gaîté épanouie et ahurie que M. Jean
Meyer en Fabien ? Mais, pour cette farce qui
va un' peu lentement, en général le trait est
trop appuyé. Chacun campe trop sûrement son
personnage et l'accorde plus à soi qu'aux au-
tres. C'est en quelque sorte un ballet où l'esprit
compte plus que le thème. On s'allège en s'ou-
bliant.
En vérité, si la tragédie shakespearienne de-
mande des artistes au talent mûri, la comédie
féerique, telle que La Tempête, Le songe d'une
nuit d'été ou cette Nuit des Rois, s'accommode
mieux de la légèreté même parfois maladroite
de la jeunesse. Il y faut de la fraîcheur d'âm-
et un étonnement amusé plutôt que de l'ironie.
Cela est si vrai que les femmes, plus intuitives-
entrent d'un pas plus alerte dans le jeu. Ainsi
Mme Denise Clair est diaprée comme un pas-
tel dans le rôle de Maria ; et l'on est charmé
sans réserve par la Viola de Mme Jeanne Sully
comme par la comtesse Olivia de Mme Lise
Delamare.
Il est un personnage sans outrance, parmi
tous ces être miroitants qui sont tout travestis
ou fantoches, ou aventuriers : c'est le duc Or-
sino. M. Aimé Clariond le jouait. M. Maurice
Donneaud, qui a reprit le rôle, donne à oet
amoureux dédaigné une mélancolique élégance.
Tout cela dit, l'agréable spectacle en un si
ingénieux et délicat décor. Un enchantement :
A VOdêon
L
E second Théâtre Français, comme le prt>
misr, paie un tribut à la mémoire de
Robert de Fiers et Caillavet. Là, c'est La
! Belle Aventure. Ici, L'Amour veille. L'on
y joue aussi Les Précieuses Ridicules, avec plus
de sagesse. Ce dont nous ne nous plaindrons
pas. Le théâtre étranger est représenté dans
l'un par Shakespeare; dans l'autre, par Verhae-
ren. M. Jean Sarment donne sur une rive Ma-.
dame Quinxe, sur l'autre Madame Souris : don
à droite et don à gauche! Alexandre Dumas
n'est présent qu'à l'Odéon avec une Jeunesse
des Mousquetaires toute pimpante. On ne joue
plus Alphonse Daudet chez Molière. Où est
passée Sapho ? Tandis que, rue de Vaugirard,
L'Arlésienne montre l'ombre de son bonnet jeté
par-dessus les moulins, une ombre qui fait cou-
ler des pleurs et qui attire la mort.
L'Arlésienne
Qu'elle est pleine de suc cette pièce ainsi
miss en scène et dans, le cadre de si agrestes
et vrais décors : cour de la ferme, du Casteld.
bergerie dans la campagne de Camargue avec
les roseaux encore debout ou liés en gerbe ce
cernés par la délicate ligne de l'horizon, inté-
rieur où le moindre des objets a une valeur
sentimentale, chambre avec l'alcôve aux rideaux
de toile fleurie au pied de l'escalier qui mène
au grenier, un bougeoir allumé sur la table, un-j
image de madone au mur. et le clair de lune
qui entre par la porte ouverte ! En tout, une
minutie qui est celle de la vérité.
Rose Mamaï, le fameux rôle de Tessandie;,
est joué par Mme Juliette Verneuil. Ceux qui
ont vu là Tessandicr déclarent se souven r
d'elle avec grande émotion. Les mêmes avouent j
n'être pas moins émus par Mme Juliette Ver-
neuil. Heureux qui a le privilège de telle com-
paraison, bien qu'à les en croire, la comédienne
d'aujourd'hui ait de son personnage une con-
ception toute différente. Mme Juliette Verneuil
ne met pas l'accent sur ce qu'a de tragique k
destin de cette mère douloureuse. Non ! E[c
n'a souci que de la sincérité la plus vive. Avec
une simplicité qui est la marque pure de &
race, sœur de ces paysannes dont Mistral n'a
pas inventé la poésie native, elle cache son e
angoisse accrue à chacun des quatre premiers
tableaux pour laisser, au dernier, éclater >
souffrance. Et c'est alors vraiment très beau. -,
Cette fin, difficile à jouer à cause du long mo- :
nologue, est tellement plus qu'un reflet lidèle dr ',
la vie, la vie même. que l'on n'a nulle impatien-
ce. D'abord une parfaite mise en place du texte
dans l'architecture de la pièce. Ensuite, de ces-
élans que l'on ne simule pas, de ces cris et d; <
ces pleurs que l'on ne feint pas. Le métier ct
l'art, si achevés, ne se sentent jamais. N'appa-
rait que la souplesse que possède naturellement
la vie de qui n'a pas de témoins pour l'incliner
à quelque jeu. même involontaire.
Je n'oublie pas les autres artistes et je par-
lerai d'eux la prochaine fois.
MAX FRANTFL
A l'Opéra : Spectacle
de danse
l (
)PERA consacre son activité d'été à une
salson de ballets qui sont un enchante,
ment. Je crois que peu de théâtres de par
ls monde peuvent s'enorgueillir d'un ré-
pertoire chorégraphique aussi vaste et varie,
d'une école de danse aufâi stylée, aussi riche
en sujets de premier plan. Une série de maître?,
certes, ont assuré de proche en procès la tradi-
tion de noire belle école de danse, mais, dans
cette course du flambeau, on voudra bien admet-
tre que Serge Lifar porte plus haut, plus loin
que tout autre, avec une cadence plus irrésisti-
ble, avec une ferveur de prëfg, la flamme à lui
confiée. Chorégraphe à l'imagination inépuisftr
ble. danseur de génie, Lifar sous ce double as.
pect signe d'un trait de feu les lampadophories
saltatoires d'aujourd'hui et l'histoire de notre
Opéra lui devra l'une de ses pages les plus qlo.
rieuses
Aii lendemain d'une inoubliable soVée consa-
crée à la mémoire du regretté Philippe Gaubert,
un programme des plus attrayants réunissait le
Festin de l'Araignée, Entre deux rondes et Gi-
selle. Passé de ■ VOpéra-Comique à l Opéra, le
ballet entomologique d'Albert Roussel a gagne
en ampleur et bénéficié d'une mise en scène,
d'un décor (du à M. Leyritz), d'une chorégraphié
(signée Aveline) qui en font un spectacle char-
mant et original.. Je regrette, pour ma part,
qu'on se soit tant éloigné, pour VAraignee, de la
-
création de Sahary-Djeli gai, souple et féroce, .,
bondissait avec vélocité de maille en maille dans l,
son .immense toile et mourrait, frénétique et dé- î
sarticulée, comme le suggère la musique. Mlle Lor- -
cia (l beaucoup de gràce, trop de grâce peut-être
pour une araignée. Solange Schwarz, comme *
Ephémère, meurt avec la légèreté requise et's'aj-
fuisse doucement dans un pétale de rose qui ;
sera son linceul. Avec la marche funèbre qui
l'accompagne, l'orchestre devient le véritable so-
liste du spectacle et je regrette que Fourestier.
l'une des baguettes que je préfère pour sa force
sans brutalité et son charme sans mièvrerie, l'ait
dirigée avec tant d'indifférence, sans tenir
compte des nuances de l'auteur. Le Festin de'
l'Araignée était cependant la partition la plus
significative du programme, du point de vue mu-
sical, et l'exquise sensibilité de Roussel s'y livre
sans détour.
On connaît le sujet du duo chorégraphique
dansé par Lifar et Solange Schwarz, « Statua » r
et « Danseuse de Degas » prenant leurs ébats ;
« Entre deux rondes » du gardien d'un musée..
Musique de Marcel Sllmuel-Rousseau. charmante
sans prétention, finement orchestrée ; chorégra,
phie ingénieuse où Lifar, tel un dieu antique, se
livre aux jeux de sa puissance et, après de jul, ;■
gurantes élévations, regagne son socle d'éternité ! i
Avec Giselle nous retrouvons le ballet roman-
tique et l'un des spectacles les plus éblouissants
qui se puissent imaginer. Les soli, les pas de
deux y alternent avec des ensembles d'une grâce
exquise, tant par leur technique éprouvée que
par le tracé aérien de leurs arabesques. Lifar
danse des jambes, des bras, des mains, du vi-
sage, de tout son corps, et sa digne partenaire,
Mlle Darsonval, trouve pour sa variation de la
mort une série d'accents émouvants où chaque
pas, chaque attitude. malgré leurs attaches clas-
siques, sont comme transfigurés par la douleur
A. H.
La Semaine
philatélique
Les émissions à tendance spéculative se mul-
tiplient. Après la série « Orval » de Belgique,
voici que l'on parle beaucoup de la prochaine
émission des colonies françaises (émission à li- ;
rage limité) qui sera mise en vente le 21 juillet.
- Ceci, à mon avis - et je suis d'accord avec
M. Baudoin de l'Echo de la Timbrologie —
n'est guère bon pour la philatélie, car lés stocks
constitués par les non-philatélistes -seront un
jour jetés sur le marché et cela entraînera une i
baisse générale des cours élevés appliqués en
ce moment. Cela est fort regrettable mais on
ne voit guère le moyen de l'éviter, tout au moins
pour le moment, car il est très difficile d'endi- t
guer cette fièvre de spéculation hasardeuse. i,
Nous verrons dans d'autres articles comment
préserver les vrais philatélistes de la mauvaise
passe par laquelle il leur faudra un jour passer.
Et voici encore quelques nouveaux timbres :
France. — Un timbre sera émis pour commé-
morer la Semaine Impériale.
Il ne faut guère s'attendre à voir sortir Jes
timbres à l'effigie du Maréchal avant septem-
bre.
Deux timbres pour les œuvres de Mer ver-
ront le jour sous peu
Empire français. — Des timbres de gros-.!
valeur (10. 20 et 50 francs) seront émis en oc-
tobre pour un certain nombre de colonies. Né-
cessités postales réelles
PHILICRANE.
1 ACHAT
DE TIMBRE SPOSTf ET Of COLLECTIONS 1
THÉODORE CHAMPION 1
13, Rue Orouat, PARI.
Voici, Paris.
A la mémoire
de Maurice Jaubert
A
la salle Chopin a été donné,
par l'Association de la Musi-
que Contemporaine, un con-
cert d'oeuvres de Maurice Jaubert,
mort pour la France le 19 juin 1940.
Dans le vestibule était placé un
magnifique buste du compositeur dû
au ciseau dé son ami le sculpteur
Iché.
Portrait d'autant plus remarquable
qu'il a été réalisé de mémoire.
Un beau tour de force et une
splendide œuvre d'art.
Les frères Isola écrivains
IL 1
ES mémoires des frères 'Isola
nous sont annoncés.
Cinquante ans de vie théâ-
trale vont revivre sous leur
plume. Ne furent-ils pas les té-
moins de toutes les grandes mani-
festations parisiennes ?.
Aux Folies-Bergère, à la Gaîté-
Lyrique, à l'Opéra-Comique, à Mo-
gador, ils ont vu défiler toutes les
célébrités de la, capitale.
Et qui ne se souvient de leur ac-
cueil affable en ces théâtres qu'ils
ont menés vers le succès en grands
directeurs ?
C'est qu'ils ont en commun des
quartés précieuses, de la bonne
franchise à la courtoisie parfaite. Et
l'on peut être certain que, pour être
véridiques, leurs souvenirs n'auront
jamais rien de désobligeant envers
quiconque.
Que d'anecdotes nous vont être
contées par leur plume alerte !
Comme bonne est leur mémoire.
le.urs mémoires seront exacts, oi-
quants, savoureux. -
Ensouvenir de Rip
R
IP nous a quittés, mais Rip
n'est pas oublié.
Tout vrai Parisien garde en
son cœur l'image du « Prin-
ce des Revyistes » dont les mots
couraient le Boulevard et dont les
scènes faisaient la fortune des di-
recteurs.
Nombreux étaient ses amis :
l'on a pu, dernièrement, au Théâ-
tre des Deux-Anes, s'en rendre
compte. Le gala organisé au béné-
ce de sa veuve a été un succès. Rip.
grand amuseur, cœur généreux,
n'avait rien d'un calculateur ni
d'un prévoyant de l'avenir. Ses amis
heureusement auront suppléé à son
adorable fantaisie.
Furent vendues aux enchères les
manuscrits de deux scènes célè-
bres, dont : « Le Souffleur des
Poties-Bergère M.
On entassa bientôt billet de mille.
sur billet de mille. Le plus gros
prix : 16.000 francs, alla à quel-
ques feuillets couverts de mots
d'esprit et de mordantes boutades.
Comœdia sur le turf
N
OUS n'irons bientôt plus au
Bois, ni à Auteuil : les lau-
riers sont coupés, brutes ou
roussis.
Le sport va courir à Maisons-Laf-
fitte et à Vincennes. C'est là que
nous oublierons les déplacements de
province, les fastes de Deauville, les
tripes de Caen, le lait des vaches de
Clairefontaine.
Mais ne nous plaignons qu'à
moitié ou aux trois quarts.
Comme voyage nous avons en
perspective. hélas ! le souci de ga-
gner Maisons. Nous partbns sans
autre bagage que le Paris-Sport et
nos jumelles. Nous éviterons le coup
de fusil des hostelleries achalandées
Gardons-nous seulement du coup de
soleil et des pièges du mutuel. Il est
vrai qu'à Maisons, terre des outsiders
géants, quand on touche, on' touche
beaucoup #
A Vincennes, c'est une autre at-
faire ! Mais elle se présente mer-
veilleuse ! D'abord pour les trotteurs
qui n'auront pas à disputer un prix
inférieur à 25.000 francs : ensuite
pour les propriétaires qui empoche-
ront les'gains des trotteurs .; ensuite
pour les vendeurs d'avoine qui ébrè-
cheront le magot des DroDriétaires
Et ainsi de suite !
De sorte qu'il est juste de célébrer
les efforts et les réalisations et les
succès dynamiques de M. Ballière qui
est .en train de sauver, non pas les
courses qui se sauveront toujours
d'elles-mêmes, mais cette race de
chevaux français dont nous aurons
besoin dès demain pour abaisser non
des records, mais le prix, le Grand
Prix des Pommes de Terre.
Voulez-vous des cigarettes
et du tabac ?
o
Ul, il y a un moyen d'avoir
à coup sûr des cigarettes et
du tabac, mais pour ça il
faut partir de chez soi de bonne
heure, gagner l'hippodrome d'Auteuil
avant la « première » et s'avancer
au pesage vers la buraliste logée
erès de l'estaminet.
Heureux sportsmen qui trouvent
enfin sur l'hippodrome Une certitude:
un peu de fumée.
Le dernier succès
d'Alcover
A
LCOVER a beaucoup maigri —
ce qui lui va bien. Alcover
boit beaucoup moins de demis
mousseux — ce qui lui fait grand
bien. Mais Pedro, le front ruisselant
de sueur, n'a rien perdu de cette
malice qui allume aux verres de son
lorgnon dè petits éclairs joyeux. Pe-
dro Alcover jubile comme s'il venait
de remporter un nouveau succès, ou
débité triomphalement, à sa manière,
le récit de Theramène.
Eh bien, non, son dernier triom-
phe, qui lui cause une joie si ten-
drement visible, ce n'est pas lui qui
l'a remporté, c'est, sa charmante
fille, lauréate en Sorbonne du bacca-
lauréat de philosophie. Elle va main-
tenant préparer sa licence.
Et quel est donc le sujet que ces
beaux yeux clairs où flotte la rêve-
rie d'une âme câline ont traité ?
Que pensez-vous de la vie ? Que
pensez-vous de la joie ? Non. Mlle
Alcover a choisi la défense de l'ou-
bli !
Quel mérite ! Ou quelle époque !
« Jeunesse en scène »
L
A Jeunesse bouge. Il n'est pas
de salle de Paris où elle ne
fasse du théâtre, avec quelle
M. ■ - ■ «. f
ardeur er souvenr quel TalenT :
Voici un autre groupe encore peu
connu, « Jeunesse en scène », qui
fait presque ses premières armes près
de la place de la République.
Des décors vieillots et craquelés
et mal rafistolés. Mais une ardeur
et un enthousiasme qui font luire
sur les déchirures de la toile un
rayon de printemps ?
On joue deux pièces : une de
Michel Régis : L'Ebauche, et, pour
sacrifier à la mode des exhumations:
Oscar, de Scribe.
Les acteurs ? Ils ont nom : Jean
Beauté, Gaîté, Grâce et Fraîcheur : C'est.. -- 1
l 18 V VRAI r iIt tIMS I
l~ ctui triomphe 2 fois chaque iour (à 16 n 15 et à 20 h 15) I
A T A B A R I N
Sacha Fontaine, Alfred Baillou, jaKe-
Rictus, Lucile Vallis, Lyne Cauche,
Louise Desville, Pierre Chartier, René
Pommier, Georges Stephan, Betty
Bayol et Jacques Reymond qui est
aussi le metteur en scène.
Parmi eux, trois ont des qualités
excellentes : Jean-Sacha Fontaine et
Lyne Cauche à qui l'on peut prédire
une carrière au théâtre comme au
cinéma, et Lucile Vallis, qui a beau-
coup de sensibilité et de naturel.
Voilà les découvertes que l'on
fait quand quelque démon vous pous-
sa aux alentours de la statue de
Dalou.
Pistolets de paille
o
q vient de reprendre, dans un
théâtre parisien, cet Arsène
Lupin, vieille pièce policière
classique de Maurice Leblanc, Mais,
évidemment, une pièce policière ne
saurait se passer de revolver !. Et.
d'autre part, la détention de toute
arme, en zone occupée, est punie
comme vous le savez.
Il fallut chercher une solution.
On la trouva au rayon des jouets
d'un grand magasin, devant le comp-,
toir où l'on vend aux enfants des
petits revolvers lance-parfum L..
Et chaque soir, sur la scène du
théâtre Edouard-VII, Arsène Lupin
opère avec un joujou de treize francs
quatre-vingt-quinze. Il fallut d'ail-
leurs en acheter deux, car, au cours
d'une scène entre Constant Rémy et
jean Max, le policier et le gentle-,
man-cambrioleur sortent chacun de
sa poche un revolver, L'accessoiriste
veille sur ses « armes » comme à la
prunelle de ses yeux. de même que
sur les cigarettes que l'on doit fumer
au cours de ces quatre actes ! Car
un cambrioleur sans arme à feu et un
détective sans tabac et cercles de fu-
mée, cela, n'est-ce oas, ne feraH
pas sérieux..
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