Titre : Paris-soir
Éditeur : s.n. (Paris)
Date d'édition : 1924-07-06
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34519208g
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 06 juillet 1924 06 juillet 1924
Description : 1924/07/06 (A2,N275,ED2). 1924/07/06 (A2,N275,ED2).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG31 Collection numérique : BIPFPIG31
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Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7637062z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-235
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/01/2015
15 cent. =
DEUXIÈME ÉDITION
*
6 pages
Eugène MERLE, Directeur, ***** Quot
1924Deuxième année N 275
DIMANCHE 6 JUILLtT,
RÉDACTION
14, Boulevard Montmartre
DIRECTION ADMINISTRATION,
PUBLICITÉ. PETITES ANNONCES
11, Boulevard Montmartre
Téléphone: GUTENB. 67-82, 67-83. LOUVRE 20-41, 28-06
Adr. télégr.: PARIS-SOIR-PARIS • Chèque postai N" 60.640
Une politique
maritime
nement de faire une politique dirigée
contre l'armement français. Nous lui
(demandons que sa politique maritime
soif conforme aux intérêts de la France
ef de pes colonies.
Le régime des prîmes et des subven-
tions allouées aux compagnies de na-
vigation fut, avant la guerre, une des
icauses essentielles et indiscutables de
aa décadence de notre marine marchan-
de. Les compagnies maritimes n'avaient
tplus qu'un souci : passer une conven-
tion avec l'Etat et recevoir une large
subvention pour assurer les services
icntre la France et ses colonies.
Alors que les compagnies étrangères
faisaient preuve d'une activité toujours
eù éveil pour rechercher du frelt et
traire le plein, les compagnies françai-
ses, subventionnées, se contentaient de
puiser dans les caisses des contribua-
bles les millions nécessaires pour bou-
cl-er leurs budgets et permettre à leurs
administrateurs, fournisseurs de leurs
propres sociétés, de réaliser d'énormes
bénéfices.
Quant aux actionnaires, il n'en fut
jamais question.
On peut donc affirmer, sans exagé-
rer, que la politique maritime de la
France consistait, avant la guerre, à
permettre à un groupe restreint de
personnalités, membres de conseils
d'administration de compagnies, de réa-
liser, annuellement, de très larges pro-
fits.
Le prestige du pavillon national dans
les mers lointaines et la liberté .com-
merciale et industrielle étaient des pré-
textes. Le rôle de l'Etat consistait tout
simplement à puiser dans la caisse des
contribuables les millions nécessaires à
alimenter ces exploitations de tout re-
pos.
La France n'étant, d'ailleurs, pas un
pays d'exportation de fret lourd, comme
l'Allemagne et l'Angleterre, l'industrie
iàes transports maritimes, dès qu'elle est
aux prises avec la.. concurrence étran-
gère, se trouve, ipso facto, en état d'in-
fériorité.
L'industrie maritime, dans notre pays,
ne doit pas tendre à réaliser de gros
bénéfices, car elle ne le peut pas, mais
,eUe doit avoir pour unique objet d'as-
surer le mieux possible et dans les
Meilleures conditions de bon marché
possible, les relations entre la France
et ses colonies.
Tel est l'avis, d'ailleurs, de tous les
représentants et de tous les gou-
vèrneurs des colonies. Tel est le sen-
timent, et nous l'en félicitons, de
notre éminent ministre des Colonies,
it\f. Daladier ; telle est l'opinion de tous
ies parlementaires soucieux du déve-
loppement de notre domaine colonial.
Eh bien ! seule une flotte d'Etat peut
répondre à ce besoin, à cette nécessité.
Lorsque je dis flotte d'Etat, je ne songe
point à faire exploiter des navires par
d-es fonctionnaires incompétents et in-
capables. ^'entends, par flotte d'Etat,
urne flotte appartenant à l'Etat, exploitée
jpour son compte par des hommes de
métier, mais ÙEtat restant maître des
tarifs et des horaires.
C'est la condition indispensable au
(développement et à la mise en valeur
de nos colonies.
Et qu'on ne vienne pas nous dire que
nous avons fait, après la guerre, une
expérience de flotte d'Etat qui a donné
des résultats déplorables. Je. prétends
que cette expérience fut concluante, car
nos adversaires, pour soutenir leur thè-
se, ont dû apporter au Parlement un
bilan truqué qui accusait, pour trois an-
nées d'exploitation, un déficit de trois
•cents millions ; mais on n'avait ou-
blié que deux facteurs : d'abord, les
ministères, pour le compte desquels
(flOUS avions transporté des marchandi-
ses, nous devaient neuf cents millions ;
ensuite, les armateurs, qui étaient nos
gérants et qui encaissaient, pour notre
compte, les frets, avaient oublié de nous
fverser la totalité des recettes. Il y a, de
iee fait, environ cent cinquante millions
ii recevoir dans les caisses de l'Etat.
Enfin, si nous faisions le compte des
Subventions fille l'Etat alloue, actuelle-
ment, aux armateurs et aux compagnies
maritimes, nous verrions que l'industrie,
dHe privée, coûte très cher au budget.
Non, il faut absolument que l'arme-
ment français chasse de son esprit que
ta, mer et les navires doivent être une
l,source de revenus pour les compagnies.
'La mer et les navires doivent être le
! prolongement du rail et des routes et
i its doivent servir à nos exportateurs, à
f nos importateurs, à notre commerce et
là notre industrie pour transporter leurs
„ |3natières premières, ou leurs produits
fabriqués, au plus bas prix possible.
Qu'en dehors de nos relations avec
nos; colonies les armateurs veuillent,
concurremment avec l'étranger, exercer
leur industrie maritime, rien de mieux,
■et je comprendrais très bien, pour ma
part, que l'Etat intervienne pour les ai-
der à soutenir la concurrence et pour
permettre au pavillon français de faire
lionne figure dans le monde.
Mais, entre la France et ses colonies.
3a seule politique à faire, c'est celle de
3a flotte d'Etat au service des intérêts
généraux.
Fernand BOUISSON.
Après l'incident
du drapeau américain
; Des démissions à Tokio
, Tokio. - La Chambre a tenu une séance
solennelle pour discuter la question de l'inci-
!eie.nt du drapeau américain arraché A J'am.
.bassadp des Etats-Unis. Le préfet de police et
il,e directeur de la police municipale ont don-
jaê leurs démifeione.
MONTE LA-DESSUS !
Ne croyez pas que la jeune personne dont
vous contemplez les traits hilares ait voulu
prouver ses qualités d'acrobate et encore
moins signifier* qu'elle s'assied sur les pré-
jugés et se moque du progrès scientifiQue
représenté en l'espèce par un appareil ciné-
rnatogmphique.
Non, vous avez devant vous la fameuse
miss Lorraine Brox, qui, avec sa sœur, rem-
porta tant (le succès à New-York dans la
Revue de la Boîte à Musique.
Elle vient d'arriver à Londres pour per-
mettre aux Anglais d'admirer ses talents,
et commence tout simplement par ses
jambes et son sourire.
Le Tour du Monde aérien
Les Américains à Karatchi
Londres, 5 juilllet. — On mande de Ka-
ratchi (Inde-s) à V A&ronaulie que les avia-
teurs Lowell H. Smith, Erik Nelson et
Leigh Wade, en compagnie de leurs mé-
caniciens, sur leurs machines Douglas,
partis de Multan sont arrivés à Karatchi
avant 17 heures
Les trois aviateurs vont repartir pour
Gharbar (Perse), à 330 milles de Karatchi.
[Depuis leur départ de Los-Angeles,
es aviateurs américains ont parcouru
21.925 kilomètres. Ils ont encore 7.500 ki-
lomètres avant leur, passage- à Parie qui
est, pour le 14 ou le 15 juiillet.]
A Aix-la-Chapelle, des voleurs
emportent un courrier postal
Il contenait 7 millions de valeurs
Bruxelles, 5 juillet. — On mande d'Aix-la-
Chapelle qu'un courrier postal militaire con-
tenant, outre la correspondance, pour près
de 7 millions de francs de valeurs a éfë volé,
il y a quelques jours, dans un train sur la
ligne d'Aix-la-Chapelle-Le Rondheide. liu TC-
celeur et un voleur ont dé] à été arrêtés. La
Sûreté militaire suât la. trace de deux autres
voleurs Un chèque d'une valeur de rrès de.
100.000 francs a déjà été négocié diiJS une
banque de la zone neige.
LA POLITIQUE DU CARTEL
Deux politiques
D
égagé de toutes les polémiques, à
quoi se réduit donc l'incident fran-
co-anglais r O est simple et, au îona, de
peu d'importance : aux InvitatIons lan-
cées pour la Conférence de Londres, le
Foreign Office a joint une « note »,
formulant ses propres suggestions. La
plus importante concerne la constata-
tion des manquements de l'Allemagne,
une fois appliqué le plan des experts.
L' Ang leterre propose que soit consti-
tué, dans ce but, un organisme nou-
veau, indépéndant de la Commission des
Réparations. La France, du moins celle
in Bloc national, ses représentants élus,
sa presse, s'émeut de cette « novation au
Traité de Ter pailles » et demande que la
Commission des Réparations conserve
ses prérogatives.
Observons d'abord que ce n'est pas la
première fois qu'avant une Conférence
un des alliés, même par la procédure du
Foreign Office, fait connaître son point
de vue. Il n'engage que lui. La liberté
des autres reste entière. M. Herriot n'a
pas eu de peine à établir que la sienne
n'est aliénée ni par les conversations de
Chequers ni par l'envoi de la note an-
glaise.
Beaucoup de bruit pour rien, par con-
séquent.
Mais la vraie question est ailleurs.
Il s'agit de savoir dans quel esprit on
va maintenant 'aborder l'examen des
problèmes de la paix. Si l'on s'en tient
au traité de Versailles, si l'on ne rompt
pas avec la politique d'interprétation
judaïque des textes, la Conférence de
Londres ne peut aboutir qu'à constater
des désaccords désormais irréductibles.
En ce cas, il n'y aurait point de diffé-
rence entre le système du Bloc national
et le système du Cartel des Gauches.
C'est la politique de M. Poincaré qir!
continuerait, sans M. Poincaré.
Si, au contraire, on veut vraiment
sortir des difficulté:!' actuelles et régler
une fois pour toutes les conflits qui, en
se prolongeant, s'aggravent, des tran-
sactions s'imposent, des concessions doi-
vent être consenties. La coopération" des
Alliés est à ce prix. La lettre du traité
de Versailles importe moins alors que
son esprit. Des gouvernants clairvoyants
et décidés ne sauraient s'effrayer de ce
qu'une œuvre aussi imparfaite — soyons
modérés! —• que le traité de Versailles
ait besoin de revisions et de réajuste-
men ts.
Deux politiques sont en présence. Il
faut choisir.
1.0. FROSSARD.
L'EXÉCUTION DU RAPPORT DAWES
Le Reich réclamerait en compensation
l'évacuation de la Ruhr
Mais le gouvernement français exigera
d'abord la remise des gages
+, Les déclarations, très nettes, de M.
Herriot, complétées par ler, note offi-
cielle du gouvernement anglais, ont dis-
sipé les brumes qu'on s'efforçait d'a.-
monceler, d'un certain côté, autour des
« entretiens » franco-britanniques et de
la prochaine conférence interalliée.
+ De sérieuses difficultés n'en sub-
sistent pas moins. La première, la
plus importante de celles qu'aura à
résoudre la conférence de Londres, est
de savoir si l'exécution du rapport Da-
ives constitue ou non une novation au
traité de Versailles.
+ M. Herriot soutiendra, comme il
l'a fait à Chequers, qu'il ne s'agit que
des modalités d'application du traité et
que c'est, par conséquent, à la seule
Commission des Réparations à surveil-
ler les manquements éventuels de l'Al-
lemagne. Mais on sait que l'Angleterre
est acquise à une thèse différente qui
aboutit à charger de ce soin un orga-
nisme nouveau : probablement, le Con-
seil financier de la Société des Nations.
* L'A llenlagne soutient un point de
rue analogue. Aussi demande-t-elle, au-
jourd'hui, s'il faut en croire la Zeit, or-
gane de M. Stresemann, une « compen-
sation ». On devine laquelle : l'évacua-
-
tion préalable. ou du moins simultanéè
de la Ruhr.
+ M. Herriot a déjà exprimé formel-
lement son opinion sur ce point. On
sait qu'il n'acceptera pas l'évacuation de
la Ruhr « avant que les gages prévus
par les experts aient été constitués et
remis aux organismes internationaux
désormais qualifiés pour les gérer ».
+ Ce sont ces points de vue que le
gouvernement, qui n'a rien « abdiqué »,
quoi qu'en dise la presse d'opposition,
soutiendra et fera soutenir à la confé-
rence du 16 juillet, à laquelle participe-
ront la France, l'Italie, la Belgique, 1$
Japon et les Etais-Unis. Nous pouvons
ajouter que les bruits tendancieux con-
cernant une invitation possible de l'Al-
lemagne sont absolument controuvés.
L'Allemagne n'est pas et ne sera pas
invitée, le 16 juillet, à Londres. La so-
lution de la question des réparations
dépend des décisions de cette confé-
rence.
Il est au moins étrange que ce soient
ceux qui ont toujours affecté de s'en
préoccuper le plus qui apportent, au-
jourd'hui le plus d'acharnement à gê-
ner ses travaux et s'efforcent, même de
la faire échouer.
Le gouvernement français
enverrait
une note à ses ambassadeurs
Rn raison de l'émotion produite par les
récents incidents grossis et même défor-
més par certains journaux, nous croyons
savoir qu'on a envisage au quai d'Orsay
la possibilité d'envoyer aux représentants
de la France à l'étranger une note où se-
raient exposées les vues et les intentions
du gouvernement français en ce qui
concerne le programme et les travaux de
la prochaine conférence interalliée.
M. Herriot, parlera
demain à Troyes
Le Président du Conseil, qui se rend
demain dimanche, à Troyes, y prononcera
un di'scours.
Nous croyons pouvoir assurer que le
chef du gouvernement fera, dans ce dis-
cours, allusion à la situation extérieure
.présente et qu'i!l sera amené à donner d'iin-
téressantes précisions sur le point de vue
de la politique française.
Une conférence au Quai d'Orsay
examine
la situation extérieure
Cet après-midi! M. Herritot conférera au
Quai d'Orsay avec les hauts fonctionnaires
du ministère des Affaires étrangères et
de la C. D. R.
Cette conférence qui sera, naturelle-
ment-, consaerée à. l'examen de la situa-
tion extérieure durera une partie de la
journée. A J9 heures, une communication
sera faite à la presse.
En S" page s
Un inédit de ROBERT de JOUVENEL
Le Bonheur
Ces lignes avaient été composées
pour LA CHARRETTE. Les lecteurs
de PARIS-SOIR y retrouveront avec
émotion l'esprit pénétrant, la bonne
humeur délicate, l'ampleur de vue et la
philosophie allègre de cet écrivain,
dont la mort est un deuil pour le Jour-
nalisme et pour les Lettres.
La Chambre terminera aujourd 'hui
le vote de la loi sur les loyers
Les principes essentiels de la nouvelle
loi sont contenus dans l'article premier
dont la. Chambre a terminé le vote hier
soir, après une discussion qui avait rempli
les deux séances de la journée.
En voici le texte tel qu'il a été complété
par les divers amendements adoptés hier :
Tout locataire de bonne toi, c'est-à-dire
remplissant les conditions de l'article 10
de la loi du Si mars 4922, soit d'un local
à usage d'habitation, soit d'un local à usa-
ge commercial, industriel ou professionnel,
bénéficie d'une prorogation de plein droit
jusqu'au 1er janvier 1926, sans avoir à
remplir aucuile formalité.
S'il entend renoncer à ce droit, le loca-
taire doit faire connaître, par lettre recom-
mandée sa décision au propriétaire, dans
un délai de vingt jours, d compter de la
promulgation de la présente loi ou de
l'expiration du bail.
La prorogation ne peut, profiter qu'au
locataire lui-même ou, en cas de diécès,
aux personnes habitant habituellement
avec lui.
Les principales dispositions de la loi
Le projet de loi, dont la Chambre conti-
nue et terminera sans doute la discussion
aujourd'hui, comprend en tout neuf arti-
cles dont voici les dispositions essentielles:
Lorsqu'il y aura contestation sur le prix
du loyer d'un local à usage commercial,
industriel ou professionnel, elle sera por-
tée devant le juge de paix, lorsque le prix
annuel ne dépassera pM 1.500 francs, et
devant le tribunal des référés quand il dé-
passera cette Somme (article 4).
La reprise de possession par le proprié-
taire (ses ascendants ou descendants) ne
pourra s'effectuer que s'il justifie de l'im-
possibilité d'habiter plus longtemps le lo-
cal qu'il occupa et si aucune vacance de
locaux -d'habitation ne s'est produite dans
l'immeuble depuis deux ams ce droit étant
réservé au propriétaire de faire la preuve
que ron locataire peut se loger ailleurs
( article 5). -
Les délIais pour obtenir la réduction du
prix du loyer seront prorogés de six mois
(article 7).
Il faut encore, évidemment, que la
Chambre, puis le Sénat — le Sénat sur-
tout —. se soient prononcés sur les textes
avant qu'ils deviennent valables. Si la
Chambre, comme on le pense, en termine
le vote ce soir, la Haute Assemblée s'en
saisira dès la semaine prochaine,
(Voir la suite en se page)
Ci-gît l'Esplanade des Invalides, oit, pour le moins, une de ses parties. Car la pioche
et le pic du terrassier défoncent, trouent le teriain pour y édifier l'Exposition des Arts
Décoratifs, Cela ressemble à la gare d'un petit « tortillard ». Car il n'y manque rien :
ni !a voie de chemin de fer, ni le buttoir, ni les bâtiments de bois et de carton bitumé.
Dans deux anst à cette place, il y aura là des Palais somptueux et provisoires.
APRÈS LA GRÈVE
Les, boulangers
espéraient
augmenter le pain
La Préfecture de la Seine
s'y opposant, ils refusent
d'augmenter les salaires
Les ouvriers boulangers sont retournés,
ce matiin. au fournil. La grève s'est ra-
pidement terminée et la question des sa-
laires ayant été réservée, le pris du pain
n'a pas encore subi de nouvelle hausse.
En sùbiira-t-il une ? r
—î Non, répond M. (Jlaiïgeon, à laf pré-
fecture de la^ Seine.
— Ce n'est pas obligatoire, dilsent les
ouvriers. L'augmentation que nous deman-
dons est très mifniime.
— Nous ne pourrons donner satisfaction
à notre personnel que sii la prime de cuis-
son que nous demandons est accordée, in-
sistent les patrons boulangers.
Et le conflit du pain, vieux de deux ans,
continue, plein d'embûches. Les troils par-
ties restent sur leur position..
L'avis de M. Clairgeon of>
A la préfecture de la Sei!ne, M. Clair-
geon, qui dirige les travaux de la commis-
sion du prix du paitn est, à la foie, caté-.
gorique et précils :
— La prime de Guidon. rappetIIe-t-N,
est l'écart entre le prix de revient et le
prix de vente de cent kilos de paiin. Nous
avons fixé à 34 francs, au lieu de 28.50,
la moyenne de cette prime. Les patrons
boulangers veulent que le chiffre de 34
francs soit un minimum. Nous ne pouvons
l'admettre et voicii pourquoil :
Les patrons veulent que, lorsque le prirx
de reviient est à 1 fr. 22, par exemple, le
prix du pai'n soit porté à 1 fr. 25. A ce
moment, leur prime passerait ainsi à 43
franco 50. Nous voulons qu'en ce cas le
prix reste à 1 fr. 20. Le pain de fantai-
sie compense suffisamment. Sil nous eé-
dions, iil serait faciile aux boulangers de
s'entendre avec les minotiers pour que la
farine déterminât un prix de revient du
paiin de 1 fr. 21 ou de i fr. 26. Le priix
du pain serait alnsii de 1 fr. 25 ou de 1
franc 30, si! nous ne maintenions notre
poi'nf de vue. Voyez le bénéfice que réa-
liseraient lois boulangers, sur ie pain de
fantaisie, dit de un killo, qui! pèse en réa-
lité 700 grammes.
(Voir la suite en se page)
« ITE, MISSA EST »
La Messe Olympique a
été célébrée ce matin
Sous la lumière douce que les vitraux
de Notre-Dame peignaient de couleurs jo-
lies, la foule des Olympiques se pressait
ce matin dans l'église métropolitaine. En
tenue de ville, entendez par là que les
athlètes des différents pays arboraient le
« club », petite veste de flanelle (blanche
pour les Américains, verte pour les Fin-
landais, violette pour les Polonais, et l'im-
peccable pantalon de flanelle blanche), les
athlètes du monde entendirent la messe
dite en plain-chant cependant que le grand
orgue rugissait les harmonies.
On distinguait, sous les voûtes médié-
vales, le teint bronzé d'Indous coiffés du
turban et les taches noires des nègres
d'Amérique.
Ce matin, Dieu fit un miracle. Il avait
réuni dans son sanctuaire des protestants,
des boudliistes, des sémites et des chré-
tiens orthodoxes. Tous recueillis enten-
dirent le cardinal Dubois, drapé de rouge,
leur souhaiter la bienvenue avec l'éloquen-
ce pompeuse et paternelle des grands pré-
lats, teintée d'un modernisme inattendu,
car il parla sports. les huissiers de la pré-
sidence placèrent les invités et le baron de
Coubertin, le comte Clary, tout le Comité
Olympique international se tenaient près de
la nef. Le lieutenant de vaisseau Vedel, re-
présentant le Président de la République,
et les ministres et chargés d'affaires de
différents pays représentés aux Jeux
étaient présents. Après qu'une marche
triomphale, jouée par un orchestre et le
grand orgue, eut terminé la cérémonie, le
parvis de Notre-Dame où s'entassaient les
limousines, les cars et les taxis eut quel-
ques minutes l'aspect d'une grande foire
humaine, gaie et saine comme le sport, ou
les athlètes s'interpellaient en toutes les
langues, si bien qu'on eût cru que les ou-
vriers de la tour de Babel se trouvaient
réunis aux pieds de Notre-Dame de Paris.
ARAIGNEES DU SOIR
Les loisirs ouvriers
La Conférence Internationale du Travail,
siégeant à Genève sous l'égide de la Société
des Nations, inscrivait hier à son ordre du
jour une question de haute urgence : « étu-
de de l'utilisation des loisirs ouvriers ».
Car il est patent que l'ouvrier ne sait pas
utiliser ses loisirs. Quand il a tiré sa journée
de travail, passé deux heures en métro-
tramway-train de banlieue et consacré deux
autres heures à'Ses repas, il ne sait plus que
devenir et emploie le temps qui lui reste à
bêcher son jardin, à se construire une ca-
bane ou à. ressemeler les chaussures de ses
gosses. Parfois même, il pousse le manque
d'imagination jusqu'à aider sa femme à laver
la vaisselle ou à cirer le parquet.
Si c'est pour cela qu'il réclamait la jour-
née de huit heures, on a eu joliment raison
de la lui refuser pendant si longtemps : En-
fin, maintenant, puisque le mal est fait, il
faut tâcher d'y remédier dans la mesure du
poss'ible. VoiLà pourquoi la Conférence du
Travail étudie la question sur les bords fleu-
ris qu'arrose le lac Léman. VoiJà également
pourquoi je proposerai aux spécialistes de
la philanthropie la création d'une nouvelle
oeuvre charitable. Ça s'appellerait « Le loi-
sir de l'ouvrier » et ça serait dirigé par des
gens du meilleur monde soucieux de mettre
leur expérience au profit des classes labo-
rieuses et d'enseigner aux travailleurs com-
ment on s'y prend pour ne rien faire.
Bernard GERVAISE.
Fernand BOUISSON
Le député de Marseille n'est ni un
inconnu, ni un nouveau venu. Voici
quelques années que. par son dabeur
obstiné et ses connaissances techni-
ques, il s'est imposé à 'la Chambre.
Industriel à Aubagne et conseiller
municipal de cette ville, il conquit ra-
pidement ses grades électoraux. Maire
et conseiller générait en 1907-1908.
Député en - 1909, en remplacement
d'Antide Boyer et, depuis, toujours
réélu. Sous-secrétaire d'Etat à la Ma-
rine marchande, en 1918, dans le mi-
nistère Clemenceau, avec l'assenti-
ment du Parti socialiste. Telle est
sa carrière, rapidement résumée.
Bouisson est, au Palais-Bourbon, un
de ceux qui se sont spécialisés dans
les questions maritimes. Il est très
écouté. Par la réquisition de la flotte
de commerce, il rendit aux se -vices
de ravitaillement, pendant la guerre,
la tâche beaucoup plus feile. En
même temps, il s'est attaché à organi-
ser une flotte de neuf cent mile ton-
nes devant, après Ja guerre, devenir
flotte d'Etat pour les relations entre
la France et les Colonies. Et on lui,
doit huit paquebots magnifiques,
Les Gouverneurs, dont - M. Mori-
naud, député d'Algérie. 9e félicitait
publiquement - ù la tribune Ce la
Chambre. Sans Boui sson, en effefy
J'Algérie serait, aujourd'hui, privée
de moyens de transport.
Comme on voit, le député de Mar-
seille est un réalisateur. Ce n'est
point un Ifommq ide tribune et de
congrès. C'est un travailleur, .paient
et inlas3able, qui opère, surtout., au
sein des commissions.
Il vient d'être choisi pour vice-
présider la-' Chambre du 11 niai.
Mais, ce qui vaut beaucoup mieux, il
préside la Commission de la Marine
marchande. Et le moins qu'on puisse
dire, c'est qu'il sera ià tout d l'ait "à
sa place. f.
Les Mille
et un Jours
par MAURICE=VERNE
Un mois dans Olympie: La veillée des
armes. — Une jambe sur te rebord de la
fenêtre basse, les mains entourant un vase
de verre plein de beurre pour les goûters,
cet athlète finlandais chante à nu-voix.
Les yeux ! fixes, le vidage en arrêt, il
chante - et sa jambe levée, meurtrie,
mouchetée < de • teinture d'iode, scande
seule la rêverie du 'cœur.;
** Il lJasse du gellique d'Helsingfors^ *
Et la pluie tombe sur le villa&<\ De-
main, les athlètes prêteront le rinent.
Une nostaJgie irritante remplit 1-"s peti-.
tes rues où filent entre les cases bleues
et jaunes des chemins de salle de bains.
L'eau qui s'écaille sur chaque auvent mi-
nuscule, protégeant chaque porte blason-
née d'un pavillon. crée Panière, volupté
de l'automne.
Enfants dépités, les Américains dor-
ment la tête dans leurs bras.
• Le masseur passe chez les LèLms. Les
grands corps sur les lite de camp, gourds
d'un plaisir rude, les hommes nus sont
vidés de vie volontaire. Le masseur presse
les beaux • muscles comme des fruits.
Bustes triangulaires, la pointe daûis l'é-
troit bassin,- qui semble le lien plat de
cette gerbe de muscles. Les plus superfi-
ciels moirent cette peau qui n'offre que
l'exact volume d'une gaine. Et tùujOUr5"
les jambes mordues, sanglantes..», Les
Antinous subissent, heureux. Un simple
geste pour demander un rappel d'éner-
gie, là, près du psoas, ou un peu d'appui
sur le grand oblique. Et le masseur re-
prend cette pâte humaine où, depuis qua-
tre ans — les Olympiades — furent dosés
l'ardeur du sang, l'effort des nerfs et des
fibres. "",
La baraque du restaurant est vitrée au
faîte, sur le lacis des charpentes. t'a en-
duit bleu décante le jour. Des. toUt'. khaki
découpent les réfectoires de chaque na-
tion. Le Japon fournit ses athlètes de cui-
siniers aptes à préparer des sauc^ chas-
tes de couvent. t
Au bout, deux cellules. de récréatioD.
Des hommes en maillot cerise et azur y
sautent à la corde. Scandés, chronomé-
triques, ils sautent. A côté, le ring. Un
géant boxe un gars à la tête étrangement
coincée dans les épaules. Jeux de mus-
cles. Le goût du passionnel flotte un. peu.
De tous les coins du village où ils se tra-
vaillaient, arrivent des hommes vêtus en
hâte. Un peignoir aux bonshommes
peints, un pyjama extraordinaire, ua vê-
tement de cuir. Où sommes-nous ? Le?
chevelures identifient un climat, une race,
comme la fleur. Des Havaïens, un Talien,
l'Indien qui porte des franges lissas sut
i.
DEUXIÈME ÉDITION
*
6 pages
Eugène MERLE, Directeur, ***** Quot
1924Deuxième année N 275
DIMANCHE 6 JUILLtT,
RÉDACTION
14, Boulevard Montmartre
DIRECTION ADMINISTRATION,
PUBLICITÉ. PETITES ANNONCES
11, Boulevard Montmartre
Téléphone: GUTENB. 67-82, 67-83. LOUVRE 20-41, 28-06
Adr. télégr.: PARIS-SOIR-PARIS • Chèque postai N" 60.640
Une politique
maritime
contre l'armement français. Nous lui
(demandons que sa politique maritime
soif conforme aux intérêts de la France
ef de pes colonies.
Le régime des prîmes et des subven-
tions allouées aux compagnies de na-
vigation fut, avant la guerre, une des
icauses essentielles et indiscutables de
aa décadence de notre marine marchan-
de. Les compagnies maritimes n'avaient
tplus qu'un souci : passer une conven-
tion avec l'Etat et recevoir une large
subvention pour assurer les services
icntre la France et ses colonies.
Alors que les compagnies étrangères
faisaient preuve d'une activité toujours
eù éveil pour rechercher du frelt et
traire le plein, les compagnies françai-
ses, subventionnées, se contentaient de
puiser dans les caisses des contribua-
bles les millions nécessaires pour bou-
cl-er leurs budgets et permettre à leurs
administrateurs, fournisseurs de leurs
propres sociétés, de réaliser d'énormes
bénéfices.
Quant aux actionnaires, il n'en fut
jamais question.
On peut donc affirmer, sans exagé-
rer, que la politique maritime de la
France consistait, avant la guerre, à
permettre à un groupe restreint de
personnalités, membres de conseils
d'administration de compagnies, de réa-
liser, annuellement, de très larges pro-
fits.
Le prestige du pavillon national dans
les mers lointaines et la liberté .com-
merciale et industrielle étaient des pré-
textes. Le rôle de l'Etat consistait tout
simplement à puiser dans la caisse des
contribuables les millions nécessaires à
alimenter ces exploitations de tout re-
pos.
La France n'étant, d'ailleurs, pas un
pays d'exportation de fret lourd, comme
l'Allemagne et l'Angleterre, l'industrie
iàes transports maritimes, dès qu'elle est
aux prises avec la.. concurrence étran-
gère, se trouve, ipso facto, en état d'in-
fériorité.
L'industrie maritime, dans notre pays,
ne doit pas tendre à réaliser de gros
bénéfices, car elle ne le peut pas, mais
,eUe doit avoir pour unique objet d'as-
surer le mieux possible et dans les
Meilleures conditions de bon marché
possible, les relations entre la France
et ses colonies.
Tel est l'avis, d'ailleurs, de tous les
représentants et de tous les gou-
vèrneurs des colonies. Tel est le sen-
timent, et nous l'en félicitons, de
notre éminent ministre des Colonies,
it\f. Daladier ; telle est l'opinion de tous
ies parlementaires soucieux du déve-
loppement de notre domaine colonial.
Eh bien ! seule une flotte d'Etat peut
répondre à ce besoin, à cette nécessité.
Lorsque je dis flotte d'Etat, je ne songe
point à faire exploiter des navires par
d-es fonctionnaires incompétents et in-
capables. ^'entends, par flotte d'Etat,
urne flotte appartenant à l'Etat, exploitée
jpour son compte par des hommes de
métier, mais ÙEtat restant maître des
tarifs et des horaires.
C'est la condition indispensable au
(développement et à la mise en valeur
de nos colonies.
Et qu'on ne vienne pas nous dire que
nous avons fait, après la guerre, une
expérience de flotte d'Etat qui a donné
des résultats déplorables. Je. prétends
que cette expérience fut concluante, car
nos adversaires, pour soutenir leur thè-
se, ont dû apporter au Parlement un
bilan truqué qui accusait, pour trois an-
nées d'exploitation, un déficit de trois
•cents millions ; mais on n'avait ou-
blié que deux facteurs : d'abord, les
ministères, pour le compte desquels
(flOUS avions transporté des marchandi-
ses, nous devaient neuf cents millions ;
ensuite, les armateurs, qui étaient nos
gérants et qui encaissaient, pour notre
compte, les frets, avaient oublié de nous
fverser la totalité des recettes. Il y a, de
iee fait, environ cent cinquante millions
ii recevoir dans les caisses de l'Etat.
Enfin, si nous faisions le compte des
Subventions fille l'Etat alloue, actuelle-
ment, aux armateurs et aux compagnies
maritimes, nous verrions que l'industrie,
dHe privée, coûte très cher au budget.
Non, il faut absolument que l'arme-
ment français chasse de son esprit que
ta, mer et les navires doivent être une
l,source de revenus pour les compagnies.
'La mer et les navires doivent être le
! prolongement du rail et des routes et
i its doivent servir à nos exportateurs, à
f nos importateurs, à notre commerce et
là notre industrie pour transporter leurs
„ |3natières premières, ou leurs produits
fabriqués, au plus bas prix possible.
Qu'en dehors de nos relations avec
nos; colonies les armateurs veuillent,
concurremment avec l'étranger, exercer
leur industrie maritime, rien de mieux,
■et je comprendrais très bien, pour ma
part, que l'Etat intervienne pour les ai-
der à soutenir la concurrence et pour
permettre au pavillon français de faire
lionne figure dans le monde.
Mais, entre la France et ses colonies.
3a seule politique à faire, c'est celle de
3a flotte d'Etat au service des intérêts
généraux.
Fernand BOUISSON.
Après l'incident
du drapeau américain
; Des démissions à Tokio
, Tokio. - La Chambre a tenu une séance
solennelle pour discuter la question de l'inci-
!eie.nt du drapeau américain arraché A J'am.
.bassadp des Etats-Unis. Le préfet de police et
il,e directeur de la police municipale ont don-
jaê leurs démifeione.
MONTE LA-DESSUS !
Ne croyez pas que la jeune personne dont
vous contemplez les traits hilares ait voulu
prouver ses qualités d'acrobate et encore
moins signifier* qu'elle s'assied sur les pré-
jugés et se moque du progrès scientifiQue
représenté en l'espèce par un appareil ciné-
rnatogmphique.
Non, vous avez devant vous la fameuse
miss Lorraine Brox, qui, avec sa sœur, rem-
porta tant (le succès à New-York dans la
Revue de la Boîte à Musique.
Elle vient d'arriver à Londres pour per-
mettre aux Anglais d'admirer ses talents,
et commence tout simplement par ses
jambes et son sourire.
Le Tour du Monde aérien
Les Américains à Karatchi
Londres, 5 juilllet. — On mande de Ka-
ratchi (Inde-s) à V A&ronaulie que les avia-
teurs Lowell H. Smith, Erik Nelson et
Leigh Wade, en compagnie de leurs mé-
caniciens, sur leurs machines Douglas,
partis de Multan sont arrivés à Karatchi
avant 17 heures
Les trois aviateurs vont repartir pour
Gharbar (Perse), à 330 milles de Karatchi.
[Depuis leur départ de Los-Angeles,
es aviateurs américains ont parcouru
21.925 kilomètres. Ils ont encore 7.500 ki-
lomètres avant leur, passage- à Parie qui
est, pour le 14 ou le 15 juiillet.]
A Aix-la-Chapelle, des voleurs
emportent un courrier postal
Il contenait 7 millions de valeurs
Bruxelles, 5 juillet. — On mande d'Aix-la-
Chapelle qu'un courrier postal militaire con-
tenant, outre la correspondance, pour près
de 7 millions de francs de valeurs a éfë volé,
il y a quelques jours, dans un train sur la
ligne d'Aix-la-Chapelle-Le Rondheide. liu TC-
celeur et un voleur ont dé] à été arrêtés. La
Sûreté militaire suât la. trace de deux autres
voleurs Un chèque d'une valeur de rrès de.
100.000 francs a déjà été négocié diiJS une
banque de la zone neige.
LA POLITIQUE DU CARTEL
Deux politiques
D
égagé de toutes les polémiques, à
quoi se réduit donc l'incident fran-
co-anglais r O est simple et, au îona, de
peu d'importance : aux InvitatIons lan-
cées pour la Conférence de Londres, le
Foreign Office a joint une « note »,
formulant ses propres suggestions. La
plus importante concerne la constata-
tion des manquements de l'Allemagne,
une fois appliqué le plan des experts.
L' Ang leterre propose que soit consti-
tué, dans ce but, un organisme nou-
veau, indépéndant de la Commission des
Réparations. La France, du moins celle
in Bloc national, ses représentants élus,
sa presse, s'émeut de cette « novation au
Traité de Ter pailles » et demande que la
Commission des Réparations conserve
ses prérogatives.
Observons d'abord que ce n'est pas la
première fois qu'avant une Conférence
un des alliés, même par la procédure du
Foreign Office, fait connaître son point
de vue. Il n'engage que lui. La liberté
des autres reste entière. M. Herriot n'a
pas eu de peine à établir que la sienne
n'est aliénée ni par les conversations de
Chequers ni par l'envoi de la note an-
glaise.
Beaucoup de bruit pour rien, par con-
séquent.
Mais la vraie question est ailleurs.
Il s'agit de savoir dans quel esprit on
va maintenant 'aborder l'examen des
problèmes de la paix. Si l'on s'en tient
au traité de Versailles, si l'on ne rompt
pas avec la politique d'interprétation
judaïque des textes, la Conférence de
Londres ne peut aboutir qu'à constater
des désaccords désormais irréductibles.
En ce cas, il n'y aurait point de diffé-
rence entre le système du Bloc national
et le système du Cartel des Gauches.
C'est la politique de M. Poincaré qir!
continuerait, sans M. Poincaré.
Si, au contraire, on veut vraiment
sortir des difficulté:!' actuelles et régler
une fois pour toutes les conflits qui, en
se prolongeant, s'aggravent, des tran-
sactions s'imposent, des concessions doi-
vent être consenties. La coopération" des
Alliés est à ce prix. La lettre du traité
de Versailles importe moins alors que
son esprit. Des gouvernants clairvoyants
et décidés ne sauraient s'effrayer de ce
qu'une œuvre aussi imparfaite — soyons
modérés! —• que le traité de Versailles
ait besoin de revisions et de réajuste-
men ts.
Deux politiques sont en présence. Il
faut choisir.
1.0. FROSSARD.
L'EXÉCUTION DU RAPPORT DAWES
Le Reich réclamerait en compensation
l'évacuation de la Ruhr
Mais le gouvernement français exigera
d'abord la remise des gages
+, Les déclarations, très nettes, de M.
Herriot, complétées par ler, note offi-
cielle du gouvernement anglais, ont dis-
sipé les brumes qu'on s'efforçait d'a.-
monceler, d'un certain côté, autour des
« entretiens » franco-britanniques et de
la prochaine conférence interalliée.
+ De sérieuses difficultés n'en sub-
sistent pas moins. La première, la
plus importante de celles qu'aura à
résoudre la conférence de Londres, est
de savoir si l'exécution du rapport Da-
ives constitue ou non une novation au
traité de Versailles.
+ M. Herriot soutiendra, comme il
l'a fait à Chequers, qu'il ne s'agit que
des modalités d'application du traité et
que c'est, par conséquent, à la seule
Commission des Réparations à surveil-
ler les manquements éventuels de l'Al-
lemagne. Mais on sait que l'Angleterre
est acquise à une thèse différente qui
aboutit à charger de ce soin un orga-
nisme nouveau : probablement, le Con-
seil financier de la Société des Nations.
* L'A llenlagne soutient un point de
rue analogue. Aussi demande-t-elle, au-
jourd'hui, s'il faut en croire la Zeit, or-
gane de M. Stresemann, une « compen-
sation ». On devine laquelle : l'évacua-
-
tion préalable. ou du moins simultanéè
de la Ruhr.
+ M. Herriot a déjà exprimé formel-
lement son opinion sur ce point. On
sait qu'il n'acceptera pas l'évacuation de
la Ruhr « avant que les gages prévus
par les experts aient été constitués et
remis aux organismes internationaux
désormais qualifiés pour les gérer ».
+ Ce sont ces points de vue que le
gouvernement, qui n'a rien « abdiqué »,
quoi qu'en dise la presse d'opposition,
soutiendra et fera soutenir à la confé-
rence du 16 juillet, à laquelle participe-
ront la France, l'Italie, la Belgique, 1$
Japon et les Etais-Unis. Nous pouvons
ajouter que les bruits tendancieux con-
cernant une invitation possible de l'Al-
lemagne sont absolument controuvés.
L'Allemagne n'est pas et ne sera pas
invitée, le 16 juillet, à Londres. La so-
lution de la question des réparations
dépend des décisions de cette confé-
rence.
Il est au moins étrange que ce soient
ceux qui ont toujours affecté de s'en
préoccuper le plus qui apportent, au-
jourd'hui le plus d'acharnement à gê-
ner ses travaux et s'efforcent, même de
la faire échouer.
Le gouvernement français
enverrait
une note à ses ambassadeurs
Rn raison de l'émotion produite par les
récents incidents grossis et même défor-
més par certains journaux, nous croyons
savoir qu'on a envisage au quai d'Orsay
la possibilité d'envoyer aux représentants
de la France à l'étranger une note où se-
raient exposées les vues et les intentions
du gouvernement français en ce qui
concerne le programme et les travaux de
la prochaine conférence interalliée.
M. Herriot, parlera
demain à Troyes
Le Président du Conseil, qui se rend
demain dimanche, à Troyes, y prononcera
un di'scours.
Nous croyons pouvoir assurer que le
chef du gouvernement fera, dans ce dis-
cours, allusion à la situation extérieure
.présente et qu'i!l sera amené à donner d'iin-
téressantes précisions sur le point de vue
de la politique française.
Une conférence au Quai d'Orsay
examine
la situation extérieure
Cet après-midi! M. Herritot conférera au
Quai d'Orsay avec les hauts fonctionnaires
du ministère des Affaires étrangères et
de la C. D. R.
Cette conférence qui sera, naturelle-
ment-, consaerée à. l'examen de la situa-
tion extérieure durera une partie de la
journée. A J9 heures, une communication
sera faite à la presse.
En S" page s
Un inédit de ROBERT de JOUVENEL
Le Bonheur
Ces lignes avaient été composées
pour LA CHARRETTE. Les lecteurs
de PARIS-SOIR y retrouveront avec
émotion l'esprit pénétrant, la bonne
humeur délicate, l'ampleur de vue et la
philosophie allègre de cet écrivain,
dont la mort est un deuil pour le Jour-
nalisme et pour les Lettres.
La Chambre terminera aujourd 'hui
le vote de la loi sur les loyers
Les principes essentiels de la nouvelle
loi sont contenus dans l'article premier
dont la. Chambre a terminé le vote hier
soir, après une discussion qui avait rempli
les deux séances de la journée.
En voici le texte tel qu'il a été complété
par les divers amendements adoptés hier :
Tout locataire de bonne toi, c'est-à-dire
remplissant les conditions de l'article 10
de la loi du Si mars 4922, soit d'un local
à usage d'habitation, soit d'un local à usa-
ge commercial, industriel ou professionnel,
bénéficie d'une prorogation de plein droit
jusqu'au 1er janvier 1926, sans avoir à
remplir aucuile formalité.
S'il entend renoncer à ce droit, le loca-
taire doit faire connaître, par lettre recom-
mandée sa décision au propriétaire, dans
un délai de vingt jours, d compter de la
promulgation de la présente loi ou de
l'expiration du bail.
La prorogation ne peut, profiter qu'au
locataire lui-même ou, en cas de diécès,
aux personnes habitant habituellement
avec lui.
Les principales dispositions de la loi
Le projet de loi, dont la Chambre conti-
nue et terminera sans doute la discussion
aujourd'hui, comprend en tout neuf arti-
cles dont voici les dispositions essentielles:
Lorsqu'il y aura contestation sur le prix
du loyer d'un local à usage commercial,
industriel ou professionnel, elle sera por-
tée devant le juge de paix, lorsque le prix
annuel ne dépassera pM 1.500 francs, et
devant le tribunal des référés quand il dé-
passera cette Somme (article 4).
La reprise de possession par le proprié-
taire (ses ascendants ou descendants) ne
pourra s'effectuer que s'il justifie de l'im-
possibilité d'habiter plus longtemps le lo-
cal qu'il occupa et si aucune vacance de
locaux -d'habitation ne s'est produite dans
l'immeuble depuis deux ams ce droit étant
réservé au propriétaire de faire la preuve
que ron locataire peut se loger ailleurs
( article 5). -
Les délIais pour obtenir la réduction du
prix du loyer seront prorogés de six mois
(article 7).
Il faut encore, évidemment, que la
Chambre, puis le Sénat — le Sénat sur-
tout —. se soient prononcés sur les textes
avant qu'ils deviennent valables. Si la
Chambre, comme on le pense, en termine
le vote ce soir, la Haute Assemblée s'en
saisira dès la semaine prochaine,
(Voir la suite en se page)
Ci-gît l'Esplanade des Invalides, oit, pour le moins, une de ses parties. Car la pioche
et le pic du terrassier défoncent, trouent le teriain pour y édifier l'Exposition des Arts
Décoratifs, Cela ressemble à la gare d'un petit « tortillard ». Car il n'y manque rien :
ni !a voie de chemin de fer, ni le buttoir, ni les bâtiments de bois et de carton bitumé.
Dans deux anst à cette place, il y aura là des Palais somptueux et provisoires.
APRÈS LA GRÈVE
Les, boulangers
espéraient
augmenter le pain
La Préfecture de la Seine
s'y opposant, ils refusent
d'augmenter les salaires
Les ouvriers boulangers sont retournés,
ce matiin. au fournil. La grève s'est ra-
pidement terminée et la question des sa-
laires ayant été réservée, le pris du pain
n'a pas encore subi de nouvelle hausse.
En sùbiira-t-il une ? r
—î Non, répond M. (Jlaiïgeon, à laf pré-
fecture de la^ Seine.
— Ce n'est pas obligatoire, dilsent les
ouvriers. L'augmentation que nous deman-
dons est très mifniime.
— Nous ne pourrons donner satisfaction
à notre personnel que sii la prime de cuis-
son que nous demandons est accordée, in-
sistent les patrons boulangers.
Et le conflit du pain, vieux de deux ans,
continue, plein d'embûches. Les troils par-
ties restent sur leur position..
L'avis de M. Clairgeon of>
A la préfecture de la Sei!ne, M. Clair-
geon, qui dirige les travaux de la commis-
sion du prix du paitn est, à la foie, caté-.
gorique et précils :
— La prime de Guidon. rappetIIe-t-N,
est l'écart entre le prix de revient et le
prix de vente de cent kilos de paiin. Nous
avons fixé à 34 francs, au lieu de 28.50,
la moyenne de cette prime. Les patrons
boulangers veulent que le chiffre de 34
francs soit un minimum. Nous ne pouvons
l'admettre et voicii pourquoil :
Les patrons veulent que, lorsque le prirx
de reviient est à 1 fr. 22, par exemple, le
prix du pai'n soit porté à 1 fr. 25. A ce
moment, leur prime passerait ainsi à 43
franco 50. Nous voulons qu'en ce cas le
prix reste à 1 fr. 20. Le pain de fantai-
sie compense suffisamment. Sil nous eé-
dions, iil serait faciile aux boulangers de
s'entendre avec les minotiers pour que la
farine déterminât un prix de revient du
paiin de 1 fr. 21 ou de i fr. 26. Le priix
du pain serait alnsii de 1 fr. 25 ou de 1
franc 30, si! nous ne maintenions notre
poi'nf de vue. Voyez le bénéfice que réa-
liseraient lois boulangers, sur ie pain de
fantaisie, dit de un killo, qui! pèse en réa-
lité 700 grammes.
(Voir la suite en se page)
« ITE, MISSA EST »
La Messe Olympique a
été célébrée ce matin
Sous la lumière douce que les vitraux
de Notre-Dame peignaient de couleurs jo-
lies, la foule des Olympiques se pressait
ce matin dans l'église métropolitaine. En
tenue de ville, entendez par là que les
athlètes des différents pays arboraient le
« club », petite veste de flanelle (blanche
pour les Américains, verte pour les Fin-
landais, violette pour les Polonais, et l'im-
peccable pantalon de flanelle blanche), les
athlètes du monde entendirent la messe
dite en plain-chant cependant que le grand
orgue rugissait les harmonies.
On distinguait, sous les voûtes médié-
vales, le teint bronzé d'Indous coiffés du
turban et les taches noires des nègres
d'Amérique.
Ce matin, Dieu fit un miracle. Il avait
réuni dans son sanctuaire des protestants,
des boudliistes, des sémites et des chré-
tiens orthodoxes. Tous recueillis enten-
dirent le cardinal Dubois, drapé de rouge,
leur souhaiter la bienvenue avec l'éloquen-
ce pompeuse et paternelle des grands pré-
lats, teintée d'un modernisme inattendu,
car il parla sports. les huissiers de la pré-
sidence placèrent les invités et le baron de
Coubertin, le comte Clary, tout le Comité
Olympique international se tenaient près de
la nef. Le lieutenant de vaisseau Vedel, re-
présentant le Président de la République,
et les ministres et chargés d'affaires de
différents pays représentés aux Jeux
étaient présents. Après qu'une marche
triomphale, jouée par un orchestre et le
grand orgue, eut terminé la cérémonie, le
parvis de Notre-Dame où s'entassaient les
limousines, les cars et les taxis eut quel-
ques minutes l'aspect d'une grande foire
humaine, gaie et saine comme le sport, ou
les athlètes s'interpellaient en toutes les
langues, si bien qu'on eût cru que les ou-
vriers de la tour de Babel se trouvaient
réunis aux pieds de Notre-Dame de Paris.
ARAIGNEES DU SOIR
Les loisirs ouvriers
La Conférence Internationale du Travail,
siégeant à Genève sous l'égide de la Société
des Nations, inscrivait hier à son ordre du
jour une question de haute urgence : « étu-
de de l'utilisation des loisirs ouvriers ».
Car il est patent que l'ouvrier ne sait pas
utiliser ses loisirs. Quand il a tiré sa journée
de travail, passé deux heures en métro-
tramway-train de banlieue et consacré deux
autres heures à'Ses repas, il ne sait plus que
devenir et emploie le temps qui lui reste à
bêcher son jardin, à se construire une ca-
bane ou à. ressemeler les chaussures de ses
gosses. Parfois même, il pousse le manque
d'imagination jusqu'à aider sa femme à laver
la vaisselle ou à cirer le parquet.
Si c'est pour cela qu'il réclamait la jour-
née de huit heures, on a eu joliment raison
de la lui refuser pendant si longtemps : En-
fin, maintenant, puisque le mal est fait, il
faut tâcher d'y remédier dans la mesure du
poss'ible. VoiLà pourquoi la Conférence du
Travail étudie la question sur les bords fleu-
ris qu'arrose le lac Léman. VoiJà également
pourquoi je proposerai aux spécialistes de
la philanthropie la création d'une nouvelle
oeuvre charitable. Ça s'appellerait « Le loi-
sir de l'ouvrier » et ça serait dirigé par des
gens du meilleur monde soucieux de mettre
leur expérience au profit des classes labo-
rieuses et d'enseigner aux travailleurs com-
ment on s'y prend pour ne rien faire.
Bernard GERVAISE.
Fernand BOUISSON
Le député de Marseille n'est ni un
inconnu, ni un nouveau venu. Voici
quelques années que. par son dabeur
obstiné et ses connaissances techni-
ques, il s'est imposé à 'la Chambre.
Industriel à Aubagne et conseiller
municipal de cette ville, il conquit ra-
pidement ses grades électoraux. Maire
et conseiller générait en 1907-1908.
Député en - 1909, en remplacement
d'Antide Boyer et, depuis, toujours
réélu. Sous-secrétaire d'Etat à la Ma-
rine marchande, en 1918, dans le mi-
nistère Clemenceau, avec l'assenti-
ment du Parti socialiste. Telle est
sa carrière, rapidement résumée.
Bouisson est, au Palais-Bourbon, un
de ceux qui se sont spécialisés dans
les questions maritimes. Il est très
écouté. Par la réquisition de la flotte
de commerce, il rendit aux se -vices
de ravitaillement, pendant la guerre,
la tâche beaucoup plus feile. En
même temps, il s'est attaché à organi-
ser une flotte de neuf cent mile ton-
nes devant, après Ja guerre, devenir
flotte d'Etat pour les relations entre
la France et les Colonies. Et on lui,
doit huit paquebots magnifiques,
Les Gouverneurs, dont - M. Mori-
naud, député d'Algérie. 9e félicitait
publiquement - ù la tribune Ce la
Chambre. Sans Boui sson, en effefy
J'Algérie serait, aujourd'hui, privée
de moyens de transport.
Comme on voit, le député de Mar-
seille est un réalisateur. Ce n'est
point un Ifommq ide tribune et de
congrès. C'est un travailleur, .paient
et inlas3able, qui opère, surtout., au
sein des commissions.
Il vient d'être choisi pour vice-
présider la-' Chambre du 11 niai.
Mais, ce qui vaut beaucoup mieux, il
préside la Commission de la Marine
marchande. Et le moins qu'on puisse
dire, c'est qu'il sera ià tout d l'ait "à
sa place. f.
Les Mille
et un Jours
par MAURICE=VERNE
Un mois dans Olympie: La veillée des
armes. — Une jambe sur te rebord de la
fenêtre basse, les mains entourant un vase
de verre plein de beurre pour les goûters,
cet athlète finlandais chante à nu-voix.
Les yeux ! fixes, le vidage en arrêt, il
chante - et sa jambe levée, meurtrie,
mouchetée < de • teinture d'iode, scande
seule la rêverie du 'cœur.;
** Il lJasse du gel
Et la pluie tombe sur le villa&<\ De-
main, les athlètes prêteront le rinent.
Une nostaJgie irritante remplit 1-"s peti-.
tes rues où filent entre les cases bleues
et jaunes des chemins de salle de bains.
L'eau qui s'écaille sur chaque auvent mi-
nuscule, protégeant chaque porte blason-
née d'un pavillon. crée Panière, volupté
de l'automne.
Enfants dépités, les Américains dor-
ment la tête dans leurs bras.
• Le masseur passe chez les LèLms. Les
grands corps sur les lite de camp, gourds
d'un plaisir rude, les hommes nus sont
vidés de vie volontaire. Le masseur presse
les beaux • muscles comme des fruits.
Bustes triangulaires, la pointe daûis l'é-
troit bassin,- qui semble le lien plat de
cette gerbe de muscles. Les plus superfi-
ciels moirent cette peau qui n'offre que
l'exact volume d'une gaine. Et tùujOUr5"
les jambes mordues, sanglantes..», Les
Antinous subissent, heureux. Un simple
geste pour demander un rappel d'éner-
gie, là, près du psoas, ou un peu d'appui
sur le grand oblique. Et le masseur re-
prend cette pâte humaine où, depuis qua-
tre ans — les Olympiades — furent dosés
l'ardeur du sang, l'effort des nerfs et des
fibres. "",
La baraque du restaurant est vitrée au
faîte, sur le lacis des charpentes. t'a en-
duit bleu décante le jour. Des. toUt'. khaki
découpent les réfectoires de chaque na-
tion. Le Japon fournit ses athlètes de cui-
siniers aptes à préparer des sauc^ chas-
tes de couvent. t
Au bout, deux cellules. de récréatioD.
Des hommes en maillot cerise et azur y
sautent à la corde. Scandés, chronomé-
triques, ils sautent. A côté, le ring. Un
géant boxe un gars à la tête étrangement
coincée dans les épaules. Jeux de mus-
cles. Le goût du passionnel flotte un. peu.
De tous les coins du village où ils se tra-
vaillaient, arrivent des hommes vêtus en
hâte. Un peignoir aux bonshommes
peints, un pyjama extraordinaire, ua vê-
tement de cuir. Où sommes-nous ? Le?
chevelures identifient un climat, une race,
comme la fleur. Des Havaïens, un Talien,
l'Indien qui porte des franges lissas sut
i.
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