Titre : Le Journal
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1942-10-06
Contributeur : Xau, Fernand (1852-1899). Directeur de publication
Contributeur : Letellier, Henri (1867-1960). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34473289x
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 06 octobre 1942 06 octobre 1942
Description : 1942/10/06 (N18183). 1942/10/06 (N18183).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG87 Collection numérique : BIPFPIG87
Description : Collection numérique : BIPFPIG13 Collection numérique : BIPFPIG13
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k7631940m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-220
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 08/12/2014
ÉDITION DE CINQ HEURES
Sx
N° f8.183
LE JOURNAL
FRANC
C Y O N
4, rue ChUdebert
TéL Franklin
50-53
50-54
a,f, '%aris
MARDI 6 OCTOBRE 1942
ABONNEMENTS
M LE 1. '7 12, Ru. du Consulat,
R Limogea (Haut*-Vienne)
REDACTION 4 C. C. Postal 281.01. Limoges
4. Rue Chlldebert, « France et colonies
Lyon (Rhône) On ato Six mois Trots mole
TéL Franklin. 50.53-50.54. - - -
«d. !. ~ve.*n.tte 250 francs 130 francs 70 francs
Service de la vente Suisse : 400. 210 » 110 »
■* 10, bti Rue. Bellecofdlère Abonnement a partir de toute
Tél. : Franklin 44 H6 date au gré du teneur
Pour les changements d'adresse, joindre une bande
du journal et 1 fr. 60 en timbres-poste.
*»—»' II lllllll ILI IHJH
LISEZ DEMAIN
Idans notre quatrième page :
ECHOS DE PARIS
SUR LA MODE D'HIVER
Pour que votre petite fille
devienne une jolie femme
Lavance allemande se poursuit
au sud du fleuve Térek
LA BATAILLE DE STALINGRAD S'ÉTEND DEPUIS LA VOLGA
JUSQU'AU COUDE DU DON, SUR UN FRONT DE 320 KM.
La Wehrmacht s'est emparée de plusieurs blocs de maisons
dans les quartiers nord-ouest
La bataille qui, depuis plus de
soixante-dix jours et de soixant3-
dix nuits ne laisse aucun répit
aux défendeurs de Stalingrad, se
poursuit avec la même violence.
Le'point le plus disputé sa trou-
ve toujours dans le faubourg
nord-ouest et l'on ne se dissimule
pas, à Moscou, qu'un nouveau
succès allemand à cet endroit met-
trait sérieusement en danger le
reste de Stalingrad. Les Alle-
mands, en effets pourraient s'ins-
taller sur la Volga et Menacer,
avec leurs canons lourds, les
communications des défenseurs.
Aussi Timochenlto multiplie-t-
il ses contre-attaques. Elles n'ont
pas, dit-on à Berlin, empêché Iss
, Allemands de s'emparer de quel-
ques nouveaux blocs de maisons.
La bataille de Stalingrad n'est
d'ailleurs pas seulement une ba-
taille de rues. Elle s'étend du
- point nord-ouest du coude du Don
jusqu'à l'arc des défenses entou-
rant la ville, sur une longueur
de 320 kilomètres.
Ces jours derniers, l'état-ma-
jor soviétique s'est livré à des
attaques aériennes massives
dans tout ce secteur. Staline
avait donné l'ordre d prélever
les meileures escadrilles pour les
envoyer sur le front de Stalin-
grad,. Cependant, déclare-t-on à
Berlin, la Luftwaffe est restée
entièrement maîtresse de l'air au
tours des durs combats aériens
qui se sont livrés au-dessus de
la ville.
L'enjeu de la bataille
Un correspondant britannique
à Moscou souligne que l'issue de
la bataille de Stalingrad aura
des conséquences d'une impor-
tance vitale.. Si la ville venait à
tomber, les forces soviétiques se-
raient isolées dans le Caucase.
La chute de Stalingrad détermi-
nerait également le sprt d'Astra
kan et de toute la région 'de la
Volga inférieure et aurait pour
résultat de couper la principale
communication fluviale avec le
port de Bakou sur la Caspienne ;
en outre, elle donnerait à la Luft-
waffe une précieuse base pour
attaquer la régidn de la Volga
moyenne et libérerait des années
qui. pourraient alors renforcer
les forces allemandes devant Vo
ronej et tenter d'attaquer Moscou
par derrière.
Signalons que les combats me-
nés par l'aile droite du général
Paulus se déplacent progressive-
ment vers le sud pour couper les
liens qui unissent encore Stalin
grad avec Astrakan, sur la 'mer
Caspienne.
LIRE LA SUITE
EN DEUXIEME PAGE
a, i s non ! 1
., LE SEL MARIN
ne va pas manquer.
Mais les transports sont difficiles
LES SALINS-D'HYERES. 5
octobre. — « On va manquer
de sel ! ». Ce cri d'alarme a
retenti dans les journaux ; et
déjà des boutiques affichent
« Plus de sel ».
Il peut sembler anormal
que nous soyions privés d'un
produit que la mer et le so-
leil dispensent sans compter;
de fait, on ne manquera pas
de sel ; on manquera de sel
raffiné, ce qui est différent.
Le 681 gemme«égrugé»> bru-
nâtre, à gros cristaux, ren-
fermant parfois des particu.
les terreuses, va simplement
le remplacer sur nos tables.
Nous sommes allés au Sa-
tins d'Hyères, demander leur
avis aux ingénieurs de la sa-
line. Comme tous les ans, à
perte de vue s'y alignent les
tas de sel recouverts de tui-
les rouges. Tas si longs, si
larges, que les aviateurs
d'une nation ennemie les mi-
traillèrent, les prenant pour
des hangars d'avion. Alen-
tour, de tous côtés, dans les
carrés géométriques, du sel,
encore du sel, rosé un peu de
la couleur du sol. Le seul ar.
bre qui résiste aux embruns
et aux infiltrations marines,
le' tamaris, aligne sur les ma-
rais sa maigre ombre. Des
canards sauvages fuient en
triangle vers Porquerolles.
Nous sommes très contents
de notre année. On a eu tel-
lement rte soleil, lallëment
de beau temps, que l'évapo-
ration a été plus considéra-
ble qu'en 1941. Ce n'est donc
pas de notre côté quo'n pour-
rait émettre des craintes. Le
lei est abondant et de bonne
qualité. Par contre, nous
manquons terribtement de
transports. Pas de wagons
pour conduire le sel aux usi-
nes qui l'essorent et le sépa-
rent -de ses impuretés. D'au-
tre part, si l'industrie na
nous demande plus guère de
sel, la consommation familla.
le augmente actuellement
dans de vastes proportions.
Savez-vous pourquoi ? Sim-
plement en raison des légu-
mes qu'un sale, du poisson
qu'on sale, de toutes les ré-
serves alimentaires consti-
tuées pour l'hiver.
- Pourquoi, dans ces con-
ditions va-t-on faire appel au
sel gemme, tiré, on le sait,
de carrières souterraines,
alors que -notre sel marin
s'avère tout de même plus
pur chimiquement ? Ques-
tion de transport, toujours.
N'oubliez pas que les salines
de la Manche et de l'Océan
ne fonctionnent pas, ou très
peu ; la Méditerranée n'est
tout de même pas outillée
pour approvisionner en sel
toute la France 1 Ou. du
moins, si elle le faisait, ce
ne serait qu'au prix de trans-
ports considérables et loin-
tains, qui grèveraient' finale-
ment tes budgets familiaux.
Mieux vaut avoir recours au
sel gemme.
— Les populations de par
ici, du bord de mer, disons-
nous en riant, n'ont du moins
pas à souffrir de ce danger !
Elles n'ont qu'à mettre un
seau d'eau de mer sur le feu
pour.
— Ne croyez pas cela !
Ignoreriez-vous mais quatre
vingt-dix pour cent des Fran-
çais l'ignorent — qu'il est
formellement défendu de pui-
ser de l'eau à la mer ? Vous
être passible d'un prooès-ver-
bal, (que tous les agents de
l'autorité sont en droit de
dresser) si l'on vous sur-
prend emportant, fût-ce un
flacon. du précieux liquide.
En souvenir, j'imagine, du
temps des gabelous, l'eau de
mer reste propriété d'Etat, si
les salines sont industrie pri-
vée.
C.-A. CONNET.
L'OPINION D0 GÉNÉRAL DUVAL
La conduite de la guerre
Faut-il croire que, dans la
situation actuelle. les Alle.
mands ne pourront plus dé-
sormais qu'attendra l'initia.
tive de leurs adversaires ?
C'est là une conception de la
guerre qui ne correspond ni
aux doclrines militaires de
l'Allemagne, ni à ses néces.
sités économiques et politi-
ques.
Il faut bepucoum de temps
pour que s'use la force de ré.
sistance d'un peuple. Il y a,
d'ai!leurs, danger à vouloir
orécipiter les événements
narne qu'on risque de s'épui-
ser soi-même ; mais, laisser
faire son adversaire serait
simplement renoncer à la
victoire.
L'U. R. S. S. est en voie
d'épuisement. L'Allemagne
n'a pas de raison de trop se
hâter, mais. lui en reste
encore d'agir. Après l'U. R.
S. S. il y a l'empire Britan-
nique et derrière l'Empire
Britannique : l'Amérique.
L'Empire Britannique sera
définitivement atteint dans
ses îles métropolitaines ;
mais il semble bien que la
route de Londres passe par
la Méditerranée et peut-être
même par le Moyen-Orient.
Lorsque la Wehrmacht
pourra venir s'aligner tout
entière sur les rivages de
l'Atlantique, alors bien des
choses deviendront possibles
qui pmsraient aujourd'hui
impossibles. C'est vers cette
fin f\!IU:! f'nh tentfre évidem.
ment la stratégie du Reich
Général DUVAL
en retraite
Dans ce gigantesque bâtiment de la rue des Bernardins
sont enchaînées ~t çnferméçs
les millç voix dç la France
C'est la Phohothèque, où se constitue notre Atlas sonore national
Au cours d'un de ses voyages,
raconte Swift, Gulliver parvient
en une contrée où le froid est tel
que les paroles gèlent sur les lè-
vres des.ia4€Elee«teuirs. :• Ge < n'est
qu'au printemps que les conversa-
tions prononcées se libèren! et re-
deviennent sons, Créant d'éton-
nants ccq-à-l'âne parmi les pas-
sants.
Notre siècle, fertile en découver-
tes et qui. a trouvé le moyen de
gelér des choses aussi abstraites
que des crédi's, n'a pas exactement
réalisé la prédiction de Swift. On
ne peut mettre les discours aux fri-
gorifiques, ce qui eut été sans dou-
te été fort économique pour garder
frais les discours parfois rentrés
de nos anciens parlementaires.
Mais on les met fort bien en con-
serve : le disque n'est pas autre
chose.
Parles en conserve
Il existe à Paris, dans la rue
des Bernardins, un gigantesque dé-
pôt' de paroles ; c'est la Phonotè.
que Nationale. On y a entrepris un
travail énorme, que les techniciens
appelle l'Atlas sonore de la France.
C'est l'enregistrement systématique
du folklore français - par région ;
la voix totale de la France : Teà-
sentiel des dialectes, pris sous for-
me de tests à la lèvre même de
ceux qui l'emploient tous les jours,
les chants, les aies locaux, les con-
les, les. dictons ,et les formulettes
d'enfants.
Des voix qui franchiront
des siècles
Il y a là une documentation
linguistique infiniment précieuse,
qu'aucun autre siècle-n'a su nous
léguer. Pour au'ant que dureront
ces disques — et rien n'empêche
de les réenregistrer indéfiniment
avant usure — les générations à
venir pourront étudier non seule-
ment ce qui ne se transmettait jus-
qu'ici que toujours plus déformé
de nos traditions locales, mais con-
naître l'exacte façon dont on pro-
nonçait à notre époque.
Quand on songe aux querelles
qui ont opposé jusqu'à nos jours
les philologues sur la prononcia-
tion des gens grecs et des Latins,
on aperçoit l'intérêt que pourra
avoir pour l'avenir comme pour
le présent, une telle documentation.
Qu'on imagine une seconde le
nombre de paroles, sagement éti-
quetées et rangées sur des étagè-
res, que représente cette œuvre, et
l'immense cacophonie qui se pro-
duirait si, soudain, ces sons en
révolle. décidaient de se libérer. ¡
« Verba. manent »
Ces millions de mots de langue
d'oc ou d'oil, avéc tous les accents
et tous les particularismes, ces rou-
lements d'r et ces chantonnements,
ces grasseyements et ces sons rau-
ques éclatant soudain en rupture
de disque, au milieu de lambeaux
d'air locaux et proverbes emmêlés.
Et M. le conservateur du musée de
la Parole, poursuivant les sons en
fuite dans les salles de la rue des
Bernardins.
Il y a là de quoi rêver.
Mais les paroles sont sages, et
le silence règne sur elles, pour la
plus grande quiétude de M. le
Conservateur qui, sans danger de
mutinerie, continue à accumuler
ses richesses.
Il n'a même cessé depuis la guer-
re, son labeur de termite. C'est
en le que la Phonotèque avait
été fondée. Elle n'eut qu'un an de
paix pour constituer son premier
fonds. Et, le 28 août 1939, on enre-
gistrait encore en dialecte nissard.
des chants dont les interprêtes
étaient des paysans qui avaient dé-
jà à la main la mallette des mo-
bilisés.
On terminait alors les enregis-
trements de la mission Alpes Pro-
vence qui, de Briançon à Nice, par
l'Ubaye, l'Embrunais, le Gapençais
et la région de Moustiers, avaient
saisi tous les sons des vallées.
Ce trésor linguistique put rega-
gner Paris, après la débâcle, avec
ses appareils électriques d'enre-
gistrement intacts. Depuis lors, la
Phonotèque a poursuivi son tra-
vail. Elle a, quand c'était possible,
renoué les relations avec des char-
gés de mission surpris par la guer-
re avec leurs appareils, au coeur
de l'Afrique Noire ou aux îles Fe-
roë.
Missionnaires du son
Un relais a été installé en zone
libre ; il s'abrite à la Faculté des
Lettres de Toulouse, où il a un la-
boratoire provisoire. Ce point de
départ est précieux, pour la nou-
velle mission qui opère présente-
ment dans la région Languedoc-
Pyrénées. Ce n'est pas par hasard
que celle-ci a, c
pris pour terrain de sa chasse aux
paroles une région montagneuse.
Ce sont dans les vallées que les
traditions sont le mieux mainte-
nues, que le folklore est resté « ac-
croché ».' , ,
Les chargés de-mission, comme
tous les collectionneurs, mettent
dans leur tâche une hâte fébrile.
Ils ont toujours peur d'arriver dans
un village après la mort d'un
grand-père ou d'une aïeule qui eut
connu une chanson ou un dicton
que de plus jeunes n'ont jamais
appris.
Secrets qui ressuscitent
C'est aux lèvres tremblantes des
vieillards qu'il faut, en effet, aller
chercher les secrets qui seront
bientôt perdus, d'un folklore qùi
se meurt.
Qui sait si, un an plus tôt, onri
n'eut point recueilli le conte le plus
narquois des Pyrénées ariégeoises
ou le plus charmant rondeau d',,-
ne autre vallée, qui manquera tou-
jours à cette Phonotèque qui est
chargée de devenir, en quelque sor-
te, la mémoire de la France.
115 enregistrements ont été jus-
qu'ici réalisés par la mission Lan-
guedoc-Pyrénées. Et ce résultat a
été acquis au milieu de difficultés
que l'on imagine aisément. Le ver-
nis dès disques vierges est presque
devenu introuvable. Les burins-
graveurs des appareils enregis-
treurs sont. irremplaçables. Une
lampe. qui brûle ou une valve
usée sont des catastrophes.
Cependant, à Paris comme à Tou-
louse, les mille voix de la France
captées définitivement, ne se tai-
ront plus.
Les aïeules peuvent mourir en
paix, la tradition, pour la premiè-
re fois de sa millénaire histoire,
est fixée.
Serge BROMBERGER.
A l'occasion de la fête de la moisson
Le maréchal Goering annonce
1 que le ravitaillement r,
du peuple allemand est assuré
BERLIN, 5 octobre. — Dans le
discours qu'il a prononcé hier, à
l'occasion de la fête de la Moisson,
le maréchal Goering, au nom du
Fuhrer, a remerci'é tous les Alle-
mands qui, par leur travail infati-
gable, ont contribté à rentrer la
récolte, malgré les intempéries.
« Cette moisson, a-t-il déclaré,
est bien meilleure qu'on ns pou-
vait l'espérer après ce troisième
hiver glacial. Le blocus et la fami-
ne tels, que les imaginaient lUIs
ennemis ont échoué. S'il y a quel-
qu'un qui est bloqué, ce n'est cer-
tainement pas nous; mais l'An-
glais. Les succès remportés par les
troupes allemandes nous ont aussi
livré les territoires les plus ferti-
les de l'Europe.
« Le ravitaillement du peuple
allemand est assuré. Dès mainte-
nant, chaque soldat allemand en
permission, depuis le simple sol-
dat, jusqu'au marécal, recevra, de
la part du Führer, à son passage j
la frontière, un paquet contenant
1 kilo de farine, 1 kilo de pois ou
de haricots, 1 kilo de sucre, une
livre de beurre et un saucisson. Et
cela que Le soMai vienne dç Kirke-
nès ou de Stalingrad. Ce puyei. il
ne l" reçoit pas pour lui — n.'en
a pas besoin —- mais pour c"ux ae
sa famille. ,
« J'ai pris la décision inébran-
lable d'assurer, d'abord et avant
tout, le ravitaillement du peuple
allemand. Je suis tout à fait d'avis
que let population des territoires
placés sous notre protection n:
doit pas souffrir de la faim. Nous
faisons aujourd'hui la guerre, non
seulement sur le front, mais égale,
ment dans les usines et les entre-
prises d'armement. De même que
le paysan, l'ouvrier allemand est
monte en ligne. Il a donc fallu le
remplacer par des ouvriers étran-
gers, venus des pays ,amis et neu-
tres, et par la masse des prison-
niers de guerre. Mais, qui travail-
le doit aussi manger. Et nous
avons plus de 5 millions de prison-
niers de guerre à ravitailler. Ceci
signifie que l'a bataille pour la pro-
duction doit encore être accrue.
Le général « Pagaïe »
Le général Goering a ensuite ré-
futé les arguments de l'adversaire
déclarant que le moral du peuple
allemand était très mauvais.
« Je déclare à nos adversaires ce
qui-suit, i -Je considérerais comme
un crime de promettre au peuple
allemand quelque chose que je ne
sois pas sûr de pouvoir tenir. Nous
avons surmonté le ■plus dur en ce
qui concerne le ravitaillement. A
partir d'aujourd'hui, la, situation
alimentaire va devenir meilleure.
Ce n'est qu'une question d'orgoni-
sation. Le générat ,Pagaie,, n'ha-
b;te pas che: nous. mais chez ceux
d'en face. »
En adressant ensuite un appel
au ppuple allemand pour lui de-
mander de ne pa; dépenser inuti-
lement son énergie, le marÉchal
Gœring déclare que les réalisa-
tions gigantesques du psuple alle-
dand sont dues à son unité et à
son sens de la communauté.
LA SUITE EN TROISIEME PACE
Staline estime
que l'aide alliée
à TU. Re S. S.
n'est pas efficace
FRONTIERE SOVIÉTIQUE. 5 octo-
bre. — Maigre la froideur de la pres-
se, anglo-saxonne, les Bolchevistes per.
sistent à demander aux Anglais de te-
nir les promesses fates par 31. Chur-
chill. lis sont persuadés en effet que
leurs alliée ne se rendent pae compte
leurs alliés, ne ee rendant pas compte
de la position de l'U. R. S. S.; sous-
estiment l'exceptionnelle gravite de la
situation,,
Les journaux soviétiques s'évertuent
à répéter que le commandement al-
lemand a concentré en Rw. --;e près de
90 p. 100 de ses forces armées et qu'il
en a prélève encore tout dernièrement
sur le front d'br.ptè. Il c'est pas
les cbligatons fcrmeîeê prises vis-à-
vis de l'Union soviétique au momènt
du voyage de 31. Molotov à Londres
et à Washington. Si i occasion n'est
pa«3 miçe à profit, eue ne se repreeen.
tera ,peut-Hl:e plu?., ■ ■
Il s'agirait d8 soulager le front so-
viénp.ue de 50 à 40' divisions, alleman.
des. Même si un débarquement devait
se terminer par un échec et s'il coû-
tait plusieurs centaines da milliers de
vies humaines, on est. d'avig à. Mos-
cou que l'opération doit être effectuée.
M. Staline lui-même rient de déclarer
à l' .« Associated Press » que la qUes
tion du second front est considérée
en U. E. S. S. comme de première im-
portance. Il a ajoute :
« Si l'on compare l'aide apportée aux
Alliés par l'U, R. s. S. en détournant
sur elle le gros des forces allemandes
à fauta alliée'à l'U. R. S. S., cella-ci
est peu effective. »
Les chefs angla's et américains at-
tendent. dit-on no., sang ironie, lans
les milieux soviétiques. « le miracle
qui leur permettra de gagner la guer-
re sans -livrer une seule bataille >. -
(0. P. I. Havas.)
La circulation monétaire
est libre
entre les deux zones
"VICHY, 5 octobre. — Des faux bruits
circulent en zone non occupée d'après
lesquels les autorités occupantes sai-
siraient l'argent au passage de la li-
gne d& démarcation. De tflis bruits sont
dénués de tout fondement, la circula-
tion des pièces et billets ayant cours
en France, est libre 'Entrt les deux zo-
nes (O. F. I. Havas).
P d l,
Promotion de l'air
A l'Ecole de l'Air de balon vient d'a-
voir lieu le baptême de la promotion
Lieutenant-colonel Dagneaux. Voici,
pendant la cérémonie, les a pous-
sins » à genoux sur le terrain.
(V. 57.209).
; BILAN D'UN ÉTÉ
Grâce à l'aide du Secours National
et à de multiples et généreux efforts
les colonies de vacances
ont pu héberger un nombre d'enfants
supérieur à celui de l'année dernière
VICHY, 5 octobre. — Les colo-
nies de vacances viennent de re-
gagner les grandes villes. Sans
disposer encore de tous les ren-
seignements détaillés, on peut
faire le point de leur activité.
Malgré les difficultés de trans-
port, de ravitaillement, la pénu-
rie de locaux et de matériel, le
nombre d'enfants qui ont profité
d'une cure d'air a été plus élevé
que l'an dernier. Comme chaque
année, il y avait deux sortes de
colonies : les colonies disposant
de locaux et assumant elles-mê-
mes la surveillance et l'entretien
des enfants et les colonies à.pla-
cement familial. Les premières
étaient plus nombreuses. Les rè-
gles qui président à leur consti-
tution comportent des déclara-
tions à la Préfecture des dépar-
tements d'origine et à la Préfec-
ture des départements d'accueil.
La colonie doit être accessible
par voie carrossable, doit être si-
tuée dans une région desservie
par le chemin de fel\ ne pas être
placée en bordure d'un fleuve oil
d'une rivière. Les colonies n'ont
pu séjourner sur la zone côlièrej
interdite ni dans certains dépar-i
tements réservés comme lieux de
repli à des réfugiés éventuels.
Malgré les droits de réquisition
des préfets, le recensement des
locaux et du matériel par l'ins-
pecteur départemental de la San-
té, le recensement par les inspec-
teurs d'Académie des écoles uti-
lisables, la mise à la disposition
des œuvres, des locaux du Se-
cours national, les initiatives cf. 1
les générosités privées ont où;
être mises à contribution.
J D'après les rapports déjà. re-
çus, les organisateurs ont éprou-
vé les plus grands embarras à
se procurer le matériel indispen-
sable : sommiers, matelas, draps,
couvertures, tables,' bancs, ma-
tériel de cuisine. Les draps et les
couverts ont été souvent fournis
par les familles ainsi que les en-
veloppes de matelas, bourrées
sur placé ensuite à l'aide (IE
bruyère ou de fourrage. La dé-
pense journalière a été évaluée
dans l'ensemble à 25 francs par
joutât' par janfaat, e* a pu être
maintenue à ce taux. Le Secours
national a participé pour le tiers.
Les Caisses d'assurances sociales
et les parents assuraient le sur-
plus. Les infirmières, à raison
de une par colonir, les moniteurs
à raison d'un .p?r dix enfants oui
par quinze enfants plus âgés ont
pu être recrutés. Il a été plus dif-
ficile dans certaines régions d'en-
gager le personnel de service.
Chaque enfant, muni avant son
départ d'un livret sanitaire ne
vacances et d'un certificat médi-
cal récent, a profité des attribua
tions supplémentaires suivantes:
matières grasses, 200 grammes ;
sucre, 250 grammes ; légumes
secs, 250 grammes ; pâtes alimen-
taires, 250 grammes par mois ;
viande, 180 grammes par semai-
ne ; pommes de terre, 100.gram-
mes par jour lorsqu'elles étaient
rationnées. Selon les disponibili-
tés : des biscuits, de la farine, du
chocolat et de la confiture étaient
accordés. -
Le choix des centres a dépendu
des région où le ravitaillement
paraissait relativement satisfai-
sant. Le choix des familles s'est
fait avec le plus grrnd soin sfprôs
étude des renseignements re-
cueillis auprès des personnalités
des différentes communes. Une
attestation médicale et un certi-
ficat de moralité épient exigés..
Le prix de pension était de 5 à
600 francs par mois. La surveil-
lance était assurée par des délé-
gués résidant au centre les zones
de placement., ou par des habi-
tants de la région jouissant d'une
autorité incontestée.
En résumé, à part quelques ra-
res, incidents-, provenant de l'in-
compréhension ou du mauvais
vouloir de certains fournisseurs,
la saison s'est déroulée normale-
ment. et compte tenu de l'écono-
mie de guerre, dans les condi-
tions les plus favorables.
- F. C.
La Suisse et la question
des réfugiés
A la suite d'uije etreur de trans-
mission, lé texte de la nott de la léga.
tion de Su sse. publié hier l'tir les
journaux pouvait prêtai; à confusion.
Ce texte doit être ainsi rétabli :
La légation de Suisse en France
communique :
« En raison du caractère excep-
tionnel des circonstances actuelles,
le gouvernement suisse n'est plus
à même d'accueilUr, sur son terri-
loftr, des personnes' qui, sans être
munies d'un visa normal délivre
par un consulat suisse en France,
désirent se réfugier sur le terri-
toire de la Confédération. Des or-
dres ont été donnés de refouler
toutes ces personnes sauf quelques
cas tout à fuit: exceptionnels. »
Les départs ,
pour la relève
Plusieurs équipes
de spécialistes
ont quitté Paris
pour t'Attende
VICHY, 5 octobre.. — Plusieurs
trahis de spécialistes ont été déri-
gés ces jours derniers sur l'Alle-
magne. Dans le convoi qui a quit-
té hier la gare de l'Est figuraient
plusieurs équipes constituées.
L'une d'entre elle, formée dans un
établissement métallurgique, était
accompagnée du directeur même
de l'usine, M. Arnaud.
— J'ai tenu, a déclaré ce der-
nier ayant le départ, a effectuer
moi'ihème l'installation de mes
ouvriers à Munich et à observer
personnellement leurs nouvelles
conditions d'existence. De la sor-
te, j'aurai rempli mon rôle de
chef d'entreprise en même temps
que mon devoir de solidarité vis-
à-vis de mon pCTsQnnel, et le pour-
rai, à mon retour, renseigner Coril-
plètement les familles de mes spé-
cialistes.
Hier également, un train d'ou-
vriers français a quitté la gare du
Nord pnur l'Allemagne. II était.
entièrement constitue par des per-
missionnaires qui, leur congé expi-
ré, rejoignaient leurs lieux de tra-
vail.
Parmi les initiatives qui se mul-
tiplient dans les deux zones en
vue d'aider au succès de la relè-
ve, il convient de signaler comme
la première d'une série de créa-
tions analogues dans le dépar-
tement des Vosges, la garderie
d'enfants de Fresse-sur-Moselle.
Cette garderie, sur le point d'être
inaugurée a été spécialement amé-
nagée pour les enfants des pères
de famille restés veufs et qui dé-
sirent aller travailler en Apema-
gne (O.F.I. Havas).
Ceux qui rentrent
VICHY, 5 octobre. — De divers
points du territoire continuent à
être signalées les arrivées de pri-
sonniers libérés au titre de la re-
lève. C'est le cas pour Avignon,
où l'on annonce que 24 cultiva-
tkurs ont été, grâce à la relève,
rendus aux travaux des champs
dans le département'du Vaucluse.
L'Ardèche a de même retrouvé
plusieurs de ses paysans retenus
depuis deux ans dans les stalags.
Tous les rapatriés, signalfirt-on
d'Avignon comme dè Privas, sont
en bonne santé. Ils expriment leur
gratitude envers le président Là-
val, promoteur de la relève et en-
vers les ouvriers dont l'embaucha-'
ge a permis leur libération. (O.F.
I. Havas).
Echos du théâtre parisien
-, SUE- LE BOtyLE^AEO
La course à l'amour" et "Les deux Monsieur de Madame"
PARIS, 5 octobre. — Sur
les grands boulevards, la faça-
de des « Nouveautés » apparaît
petite, petite et comme compri-
mée par le cinéma son voisin.
Symbole de la lutte où, pour
l'instant, le' théâtre marque un
point entre, les deux arts cou-
sins.
Sur cette scène, depuis la fin
de l'autre guerre, la revue d'ac-
tualité a alterné avec l'opérette
fantaisie. Le palmarès est bril-
lant : une demi-douzaine de re.
vues de Rip, des opérettes de
Willemetz, Christiné, Raoul Mo-
retti.
La comédie boulevardière n'y
a fait que de rares mais très
remarquées apparitions : « Si.
gnor Bracoli », d'André Birot-
teau, « Le Sexe fort », de Tris-
tan Bernard, « Amitié », de Mi.
chel Duran.
Aujourd'hui, les Nouveautés
reviennent à l'opérette avec la
« Course à l'Amour ». Il y est
question de courses (c'est-à-dire
de pari mutuel) et de beaucoup
d'amours suffisamment contra-
riées pour justifier deux actrs
truffés de chansons cocasses ou
sentimentales dont quelques.
unes méritent de passer la ram-
pe pour devenir populaires.
Distribution variée. En tête
de liste,. Marguerite Pierry, tou-
jours déchaînée, acide, inflam.
mable. L'écran lui fait de plus
en plus une place enviable,'
mais C'est au théâtre que ses'
effets peuvent être appréciés au
mieux ; Marcelle Yrven, com-
mère dont la corpulence et le
jeu rappellent Frehel ; Chris-
liane Jaquier, jeune et pétu-
lante, mais Palau, toujours
chauve, souriant et excellent co-
médien ; Serjius, truculent, et
enfin Georges Guétary, qui a
un physique agréable et se
trouve. moins à l'aise dans la
comédie que dans le chant. Des
lauriers de la même qualité que
ceux de Tino Rossi lui sem-
blent promis. Ses deux parte.
naires, Yvonne Yola et Francis
Kernel, lui donnent de justes
et mélodieuses r épliques.
La musique au goût du jour,
bien, dosée; est de M. Lucien
Parin, tes Myrtes de M. F. Lie-
nos. La mise en scène du di.
recteur M. Germain Chempell.
« La Course à l'Amour » sera
sans doute sans histoire. Elle
ne battra pas les records d'au.
Ires spectacles du même genrç,
mais fournira une honorable
carrière'
Vingt ans après
Au théâtre DaUnou, qui fut
toujours plus éclectique (on y
jouera des revues de porin,
« Mon gosse dq, père », de Léb.
pold Marchand'; « Le Nid ii,
d'André Birabeau ; « Les Fré-
nétiques », d'Armand Saki.'
crou ; « Mistigri », de Marcel
Achard, et « Dix-neuf ans »,
de Pascal Btutia). On a repris
« Les deux Monsieur de Ma-
dame », comédie en trois actes
de Félix Gandera.
Robert Burnier, Robert Ar-
noux, Germaine Laugier sont
très à l'aise dans les situations
un peu. délicates de cette co-
médie créée il y a vingt ans.
.Elle a un peu vieilli. Est-ce en
raison de son âge Qu'on lui
pardonne quelques-unes e ses,
outrances ?
Elle fut l'occasion d'un pro-
cès assez curieux. Le critique
du « Mercure de France » avait
consacré aux « Deux Mon-
sieur » ces lignes un peu ap-
puyées : « Au théâtre des Ma-
tllurins, on a joué une salope.
rie en trois alcôves de Gande.
ra. Les voyeurs sont, parait-il,
très abondamment satisfaits ;
l'auteur ne m'avait pas convié
et je considère cela comme une
marque dé. son estime ou tout
au moins comme un témoigna-
ge de son désir de conserver la
mienne. »
M. Félix Gandera s'adressa à
la justice.
Y avait-il préjudice.? La cri.
tique avait-elle outrepassé ses
droits ? Le jugement parla ef.
fectivement de « dénigrement
excessiftet brutal », mais « Gan.
dera né justifiant d'aucun pré-
judice matériel », le tribunal
se contenta d'accorder au plai-
gnant l'insertion du jugement
et un franc de dommages-inté-
rêts. Sans nous ranger a l'avis
çatégorique du critique du
« Mercure », avouons que la
fréquentation des « deux Mon-
sieur » et de « Madame » n'est
ni bande, ni 'particulièrement
Sx
N° f8.183
LE JOURNAL
FRANC
C Y O N
4, rue ChUdebert
TéL Franklin
50-53
50-54
a,f, '%aris
MARDI 6 OCTOBRE 1942
ABONNEMENTS
M LE 1. '7 12, Ru. du Consulat,
R Limogea (Haut*-Vienne)
REDACTION 4 C. C. Postal 281.01. Limoges
4. Rue Chlldebert, « France et colonies
Lyon (Rhône) On ato Six mois Trots mole
TéL Franklin. 50.53-50.54. - - -
«d. !. ~ve.*n.tte 250 francs 130 francs 70 francs
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Tél. : Franklin 44 H6 date au gré du teneur
Pour les changements d'adresse, joindre une bande
du journal et 1 fr. 60 en timbres-poste.
*»—»' II lllllll ILI IHJH
LISEZ DEMAIN
Idans notre quatrième page :
ECHOS DE PARIS
SUR LA MODE D'HIVER
Pour que votre petite fille
devienne une jolie femme
Lavance allemande se poursuit
au sud du fleuve Térek
LA BATAILLE DE STALINGRAD S'ÉTEND DEPUIS LA VOLGA
JUSQU'AU COUDE DU DON, SUR UN FRONT DE 320 KM.
La Wehrmacht s'est emparée de plusieurs blocs de maisons
dans les quartiers nord-ouest
La bataille qui, depuis plus de
soixante-dix jours et de soixant3-
dix nuits ne laisse aucun répit
aux défendeurs de Stalingrad, se
poursuit avec la même violence.
Le'point le plus disputé sa trou-
ve toujours dans le faubourg
nord-ouest et l'on ne se dissimule
pas, à Moscou, qu'un nouveau
succès allemand à cet endroit met-
trait sérieusement en danger le
reste de Stalingrad. Les Alle-
mands, en effets pourraient s'ins-
taller sur la Volga et Menacer,
avec leurs canons lourds, les
communications des défenseurs.
Aussi Timochenlto multiplie-t-
il ses contre-attaques. Elles n'ont
pas, dit-on à Berlin, empêché Iss
, Allemands de s'emparer de quel-
ques nouveaux blocs de maisons.
La bataille de Stalingrad n'est
d'ailleurs pas seulement une ba-
taille de rues. Elle s'étend du
- point nord-ouest du coude du Don
jusqu'à l'arc des défenses entou-
rant la ville, sur une longueur
de 320 kilomètres.
Ces jours derniers, l'état-ma-
jor soviétique s'est livré à des
attaques aériennes massives
dans tout ce secteur. Staline
avait donné l'ordre d prélever
les meileures escadrilles pour les
envoyer sur le front de Stalin-
grad,. Cependant, déclare-t-on à
Berlin, la Luftwaffe est restée
entièrement maîtresse de l'air au
tours des durs combats aériens
qui se sont livrés au-dessus de
la ville.
L'enjeu de la bataille
Un correspondant britannique
à Moscou souligne que l'issue de
la bataille de Stalingrad aura
des conséquences d'une impor-
tance vitale.. Si la ville venait à
tomber, les forces soviétiques se-
raient isolées dans le Caucase.
La chute de Stalingrad détermi-
nerait également le sprt d'Astra
kan et de toute la région 'de la
Volga inférieure et aurait pour
résultat de couper la principale
communication fluviale avec le
port de Bakou sur la Caspienne ;
en outre, elle donnerait à la Luft-
waffe une précieuse base pour
attaquer la régidn de la Volga
moyenne et libérerait des années
qui. pourraient alors renforcer
les forces allemandes devant Vo
ronej et tenter d'attaquer Moscou
par derrière.
Signalons que les combats me-
nés par l'aile droite du général
Paulus se déplacent progressive-
ment vers le sud pour couper les
liens qui unissent encore Stalin
grad avec Astrakan, sur la 'mer
Caspienne.
LIRE LA SUITE
EN DEUXIEME PAGE
a, i s non ! 1
., LE SEL MARIN
ne va pas manquer.
Mais les transports sont difficiles
LES SALINS-D'HYERES. 5
octobre. — « On va manquer
de sel ! ». Ce cri d'alarme a
retenti dans les journaux ; et
déjà des boutiques affichent
« Plus de sel ».
Il peut sembler anormal
que nous soyions privés d'un
produit que la mer et le so-
leil dispensent sans compter;
de fait, on ne manquera pas
de sel ; on manquera de sel
raffiné, ce qui est différent.
Le 681 gemme«égrugé»> bru-
nâtre, à gros cristaux, ren-
fermant parfois des particu.
les terreuses, va simplement
le remplacer sur nos tables.
Nous sommes allés au Sa-
tins d'Hyères, demander leur
avis aux ingénieurs de la sa-
line. Comme tous les ans, à
perte de vue s'y alignent les
tas de sel recouverts de tui-
les rouges. Tas si longs, si
larges, que les aviateurs
d'une nation ennemie les mi-
traillèrent, les prenant pour
des hangars d'avion. Alen-
tour, de tous côtés, dans les
carrés géométriques, du sel,
encore du sel, rosé un peu de
la couleur du sol. Le seul ar.
bre qui résiste aux embruns
et aux infiltrations marines,
le' tamaris, aligne sur les ma-
rais sa maigre ombre. Des
canards sauvages fuient en
triangle vers Porquerolles.
Nous sommes très contents
de notre année. On a eu tel-
lement rte soleil, lallëment
de beau temps, que l'évapo-
ration a été plus considéra-
ble qu'en 1941. Ce n'est donc
pas de notre côté quo'n pour-
rait émettre des craintes. Le
lei est abondant et de bonne
qualité. Par contre, nous
manquons terribtement de
transports. Pas de wagons
pour conduire le sel aux usi-
nes qui l'essorent et le sépa-
rent -de ses impuretés. D'au-
tre part, si l'industrie na
nous demande plus guère de
sel, la consommation familla.
le augmente actuellement
dans de vastes proportions.
Savez-vous pourquoi ? Sim-
plement en raison des légu-
mes qu'un sale, du poisson
qu'on sale, de toutes les ré-
serves alimentaires consti-
tuées pour l'hiver.
- Pourquoi, dans ces con-
ditions va-t-on faire appel au
sel gemme, tiré, on le sait,
de carrières souterraines,
alors que -notre sel marin
s'avère tout de même plus
pur chimiquement ? Ques-
tion de transport, toujours.
N'oubliez pas que les salines
de la Manche et de l'Océan
ne fonctionnent pas, ou très
peu ; la Méditerranée n'est
tout de même pas outillée
pour approvisionner en sel
toute la France 1 Ou. du
moins, si elle le faisait, ce
ne serait qu'au prix de trans-
ports considérables et loin-
tains, qui grèveraient' finale-
ment tes budgets familiaux.
Mieux vaut avoir recours au
sel gemme.
— Les populations de par
ici, du bord de mer, disons-
nous en riant, n'ont du moins
pas à souffrir de ce danger !
Elles n'ont qu'à mettre un
seau d'eau de mer sur le feu
pour.
— Ne croyez pas cela !
Ignoreriez-vous mais quatre
vingt-dix pour cent des Fran-
çais l'ignorent — qu'il est
formellement défendu de pui-
ser de l'eau à la mer ? Vous
être passible d'un prooès-ver-
bal, (que tous les agents de
l'autorité sont en droit de
dresser) si l'on vous sur-
prend emportant, fût-ce un
flacon. du précieux liquide.
En souvenir, j'imagine, du
temps des gabelous, l'eau de
mer reste propriété d'Etat, si
les salines sont industrie pri-
vée.
C.-A. CONNET.
L'OPINION D0 GÉNÉRAL DUVAL
La conduite de la guerre
Faut-il croire que, dans la
situation actuelle. les Alle.
mands ne pourront plus dé-
sormais qu'attendra l'initia.
tive de leurs adversaires ?
C'est là une conception de la
guerre qui ne correspond ni
aux doclrines militaires de
l'Allemagne, ni à ses néces.
sités économiques et politi-
ques.
Il faut bepucoum de temps
pour que s'use la force de ré.
sistance d'un peuple. Il y a,
d'ai!leurs, danger à vouloir
orécipiter les événements
narne qu'on risque de s'épui-
ser soi-même ; mais, laisser
faire son adversaire serait
simplement renoncer à la
victoire.
L'U. R. S. S. est en voie
d'épuisement. L'Allemagne
n'a pas de raison de trop se
hâter, mais. lui en reste
encore d'agir. Après l'U. R.
S. S. il y a l'empire Britan-
nique et derrière l'Empire
Britannique : l'Amérique.
L'Empire Britannique sera
définitivement atteint dans
ses îles métropolitaines ;
mais il semble bien que la
route de Londres passe par
la Méditerranée et peut-être
même par le Moyen-Orient.
Lorsque la Wehrmacht
pourra venir s'aligner tout
entière sur les rivages de
l'Atlantique, alors bien des
choses deviendront possibles
qui pmsraient aujourd'hui
impossibles. C'est vers cette
fin f\!IU:! f'nh tentfre évidem.
ment la stratégie du Reich
Général DUVAL
en retraite
Dans ce gigantesque bâtiment de la rue des Bernardins
sont enchaînées ~t çnferméçs
les millç voix dç la France
C'est la Phohothèque, où se constitue notre Atlas sonore national
Au cours d'un de ses voyages,
raconte Swift, Gulliver parvient
en une contrée où le froid est tel
que les paroles gèlent sur les lè-
vres des.ia4€Elee«teuirs. :• Ge < n'est
qu'au printemps que les conversa-
tions prononcées se libèren! et re-
deviennent sons, Créant d'éton-
nants ccq-à-l'âne parmi les pas-
sants.
Notre siècle, fertile en découver-
tes et qui. a trouvé le moyen de
gelér des choses aussi abstraites
que des crédi's, n'a pas exactement
réalisé la prédiction de Swift. On
ne peut mettre les discours aux fri-
gorifiques, ce qui eut été sans dou-
te été fort économique pour garder
frais les discours parfois rentrés
de nos anciens parlementaires.
Mais on les met fort bien en con-
serve : le disque n'est pas autre
chose.
Parles en conserve
Il existe à Paris, dans la rue
des Bernardins, un gigantesque dé-
pôt' de paroles ; c'est la Phonotè.
que Nationale. On y a entrepris un
travail énorme, que les techniciens
appelle l'Atlas sonore de la France.
C'est l'enregistrement systématique
du folklore français - par région ;
la voix totale de la France : Teà-
sentiel des dialectes, pris sous for-
me de tests à la lèvre même de
ceux qui l'emploient tous les jours,
les chants, les aies locaux, les con-
les, les. dictons ,et les formulettes
d'enfants.
Des voix qui franchiront
des siècles
Il y a là une documentation
linguistique infiniment précieuse,
qu'aucun autre siècle-n'a su nous
léguer. Pour au'ant que dureront
ces disques — et rien n'empêche
de les réenregistrer indéfiniment
avant usure — les générations à
venir pourront étudier non seule-
ment ce qui ne se transmettait jus-
qu'ici que toujours plus déformé
de nos traditions locales, mais con-
naître l'exacte façon dont on pro-
nonçait à notre époque.
Quand on songe aux querelles
qui ont opposé jusqu'à nos jours
les philologues sur la prononcia-
tion des gens grecs et des Latins,
on aperçoit l'intérêt que pourra
avoir pour l'avenir comme pour
le présent, une telle documentation.
Qu'on imagine une seconde le
nombre de paroles, sagement éti-
quetées et rangées sur des étagè-
res, que représente cette œuvre, et
l'immense cacophonie qui se pro-
duirait si, soudain, ces sons en
révolle. décidaient de se libérer. ¡
« Verba. manent »
Ces millions de mots de langue
d'oc ou d'oil, avéc tous les accents
et tous les particularismes, ces rou-
lements d'r et ces chantonnements,
ces grasseyements et ces sons rau-
ques éclatant soudain en rupture
de disque, au milieu de lambeaux
d'air locaux et proverbes emmêlés.
Et M. le conservateur du musée de
la Parole, poursuivant les sons en
fuite dans les salles de la rue des
Bernardins.
Il y a là de quoi rêver.
Mais les paroles sont sages, et
le silence règne sur elles, pour la
plus grande quiétude de M. le
Conservateur qui, sans danger de
mutinerie, continue à accumuler
ses richesses.
Il n'a même cessé depuis la guer-
re, son labeur de termite. C'est
en le que la Phonotèque avait
été fondée. Elle n'eut qu'un an de
paix pour constituer son premier
fonds. Et, le 28 août 1939, on enre-
gistrait encore en dialecte nissard.
des chants dont les interprêtes
étaient des paysans qui avaient dé-
jà à la main la mallette des mo-
bilisés.
On terminait alors les enregis-
trements de la mission Alpes Pro-
vence qui, de Briançon à Nice, par
l'Ubaye, l'Embrunais, le Gapençais
et la région de Moustiers, avaient
saisi tous les sons des vallées.
Ce trésor linguistique put rega-
gner Paris, après la débâcle, avec
ses appareils électriques d'enre-
gistrement intacts. Depuis lors, la
Phonotèque a poursuivi son tra-
vail. Elle a, quand c'était possible,
renoué les relations avec des char-
gés de mission surpris par la guer-
re avec leurs appareils, au coeur
de l'Afrique Noire ou aux îles Fe-
roë.
Missionnaires du son
Un relais a été installé en zone
libre ; il s'abrite à la Faculté des
Lettres de Toulouse, où il a un la-
boratoire provisoire. Ce point de
départ est précieux, pour la nou-
velle mission qui opère présente-
ment dans la région Languedoc-
Pyrénées. Ce n'est pas par hasard
que celle-ci a, c
pris pour terrain de sa chasse aux
paroles une région montagneuse.
Ce sont dans les vallées que les
traditions sont le mieux mainte-
nues, que le folklore est resté « ac-
croché ».' , ,
Les chargés de-mission, comme
tous les collectionneurs, mettent
dans leur tâche une hâte fébrile.
Ils ont toujours peur d'arriver dans
un village après la mort d'un
grand-père ou d'une aïeule qui eut
connu une chanson ou un dicton
que de plus jeunes n'ont jamais
appris.
Secrets qui ressuscitent
C'est aux lèvres tremblantes des
vieillards qu'il faut, en effet, aller
chercher les secrets qui seront
bientôt perdus, d'un folklore qùi
se meurt.
Qui sait si, un an plus tôt, onri
n'eut point recueilli le conte le plus
narquois des Pyrénées ariégeoises
ou le plus charmant rondeau d',,-
ne autre vallée, qui manquera tou-
jours à cette Phonotèque qui est
chargée de devenir, en quelque sor-
te, la mémoire de la France.
115 enregistrements ont été jus-
qu'ici réalisés par la mission Lan-
guedoc-Pyrénées. Et ce résultat a
été acquis au milieu de difficultés
que l'on imagine aisément. Le ver-
nis dès disques vierges est presque
devenu introuvable. Les burins-
graveurs des appareils enregis-
treurs sont. irremplaçables. Une
lampe. qui brûle ou une valve
usée sont des catastrophes.
Cependant, à Paris comme à Tou-
louse, les mille voix de la France
captées définitivement, ne se tai-
ront plus.
Les aïeules peuvent mourir en
paix, la tradition, pour la premiè-
re fois de sa millénaire histoire,
est fixée.
Serge BROMBERGER.
A l'occasion de la fête de la moisson
Le maréchal Goering annonce
1 que le ravitaillement r,
du peuple allemand est assuré
BERLIN, 5 octobre. — Dans le
discours qu'il a prononcé hier, à
l'occasion de la fête de la Moisson,
le maréchal Goering, au nom du
Fuhrer, a remerci'é tous les Alle-
mands qui, par leur travail infati-
gable, ont contribté à rentrer la
récolte, malgré les intempéries.
« Cette moisson, a-t-il déclaré,
est bien meilleure qu'on ns pou-
vait l'espérer après ce troisième
hiver glacial. Le blocus et la fami-
ne tels, que les imaginaient lUIs
ennemis ont échoué. S'il y a quel-
qu'un qui est bloqué, ce n'est cer-
tainement pas nous; mais l'An-
glais. Les succès remportés par les
troupes allemandes nous ont aussi
livré les territoires les plus ferti-
les de l'Europe.
« Le ravitaillement du peuple
allemand est assuré. Dès mainte-
nant, chaque soldat allemand en
permission, depuis le simple sol-
dat, jusqu'au marécal, recevra, de
la part du Führer, à son passage j
la frontière, un paquet contenant
1 kilo de farine, 1 kilo de pois ou
de haricots, 1 kilo de sucre, une
livre de beurre et un saucisson. Et
cela que Le soMai vienne dç Kirke-
nès ou de Stalingrad. Ce puyei. il
ne l" reçoit pas pour lui — n.'en
a pas besoin —- mais pour c"ux ae
sa famille. ,
« J'ai pris la décision inébran-
lable d'assurer, d'abord et avant
tout, le ravitaillement du peuple
allemand. Je suis tout à fait d'avis
que let population des territoires
placés sous notre protection n:
doit pas souffrir de la faim. Nous
faisons aujourd'hui la guerre, non
seulement sur le front, mais égale,
ment dans les usines et les entre-
prises d'armement. De même que
le paysan, l'ouvrier allemand est
monte en ligne. Il a donc fallu le
remplacer par des ouvriers étran-
gers, venus des pays ,amis et neu-
tres, et par la masse des prison-
niers de guerre. Mais, qui travail-
le doit aussi manger. Et nous
avons plus de 5 millions de prison-
niers de guerre à ravitailler. Ceci
signifie que l'a bataille pour la pro-
duction doit encore être accrue.
Le général « Pagaïe »
Le général Goering a ensuite ré-
futé les arguments de l'adversaire
déclarant que le moral du peuple
allemand était très mauvais.
« Je déclare à nos adversaires ce
qui-suit, i -Je considérerais comme
un crime de promettre au peuple
allemand quelque chose que je ne
sois pas sûr de pouvoir tenir. Nous
avons surmonté le ■plus dur en ce
qui concerne le ravitaillement. A
partir d'aujourd'hui, la, situation
alimentaire va devenir meilleure.
Ce n'est qu'une question d'orgoni-
sation. Le générat ,Pagaie,, n'ha-
b;te pas che: nous. mais chez ceux
d'en face. »
En adressant ensuite un appel
au ppuple allemand pour lui de-
mander de ne pa; dépenser inuti-
lement son énergie, le marÉchal
Gœring déclare que les réalisa-
tions gigantesques du psuple alle-
dand sont dues à son unité et à
son sens de la communauté.
LA SUITE EN TROISIEME PACE
Staline estime
que l'aide alliée
à TU. Re S. S.
n'est pas efficace
FRONTIERE SOVIÉTIQUE. 5 octo-
bre. — Maigre la froideur de la pres-
se, anglo-saxonne, les Bolchevistes per.
sistent à demander aux Anglais de te-
nir les promesses fates par 31. Chur-
chill. lis sont persuadés en effet que
leurs alliée ne se rendent pae compte
leurs alliés, ne ee rendant pas compte
de la position de l'U. R. S. S.; sous-
estiment l'exceptionnelle gravite de la
situation,,
Les journaux soviétiques s'évertuent
à répéter que le commandement al-
lemand a concentré en Rw. --;e près de
90 p. 100 de ses forces armées et qu'il
en a prélève encore tout dernièrement
sur le front d'br.ptè. Il c'est pas
les cbligatons fcrmeîeê prises vis-à-
vis de l'Union soviétique au momènt
du voyage de 31. Molotov à Londres
et à Washington. Si i occasion n'est
pa«3 miçe à profit, eue ne se repreeen.
tera ,peut-Hl:e plu?., ■ ■
Il s'agirait d8 soulager le front so-
viénp.ue de 50 à 40' divisions, alleman.
des. Même si un débarquement devait
se terminer par un échec et s'il coû-
tait plusieurs centaines da milliers de
vies humaines, on est. d'avig à. Mos-
cou que l'opération doit être effectuée.
M. Staline lui-même rient de déclarer
à l' .« Associated Press » que la qUes
tion du second front est considérée
en U. E. S. S. comme de première im-
portance. Il a ajoute :
« Si l'on compare l'aide apportée aux
Alliés par l'U, R. s. S. en détournant
sur elle le gros des forces allemandes
à fauta alliée'à l'U. R. S. S., cella-ci
est peu effective. »
Les chefs angla's et américains at-
tendent. dit-on no., sang ironie, lans
les milieux soviétiques. « le miracle
qui leur permettra de gagner la guer-
re sans -livrer une seule bataille >. -
(0. P. I. Havas.)
La circulation monétaire
est libre
entre les deux zones
"VICHY, 5 octobre. — Des faux bruits
circulent en zone non occupée d'après
lesquels les autorités occupantes sai-
siraient l'argent au passage de la li-
gne d& démarcation. De tflis bruits sont
dénués de tout fondement, la circula-
tion des pièces et billets ayant cours
en France, est libre 'Entrt les deux zo-
nes (O. F. I. Havas).
P d l,
Promotion de l'air
A l'Ecole de l'Air de balon vient d'a-
voir lieu le baptême de la promotion
Lieutenant-colonel Dagneaux. Voici,
pendant la cérémonie, les a pous-
sins » à genoux sur le terrain.
(V. 57.209).
; BILAN D'UN ÉTÉ
Grâce à l'aide du Secours National
et à de multiples et généreux efforts
les colonies de vacances
ont pu héberger un nombre d'enfants
supérieur à celui de l'année dernière
VICHY, 5 octobre. — Les colo-
nies de vacances viennent de re-
gagner les grandes villes. Sans
disposer encore de tous les ren-
seignements détaillés, on peut
faire le point de leur activité.
Malgré les difficultés de trans-
port, de ravitaillement, la pénu-
rie de locaux et de matériel, le
nombre d'enfants qui ont profité
d'une cure d'air a été plus élevé
que l'an dernier. Comme chaque
année, il y avait deux sortes de
colonies : les colonies disposant
de locaux et assumant elles-mê-
mes la surveillance et l'entretien
des enfants et les colonies à.pla-
cement familial. Les premières
étaient plus nombreuses. Les rè-
gles qui président à leur consti-
tution comportent des déclara-
tions à la Préfecture des dépar-
tements d'origine et à la Préfec-
ture des départements d'accueil.
La colonie doit être accessible
par voie carrossable, doit être si-
tuée dans une région desservie
par le chemin de fel\ ne pas être
placée en bordure d'un fleuve oil
d'une rivière. Les colonies n'ont
pu séjourner sur la zone côlièrej
interdite ni dans certains dépar-i
tements réservés comme lieux de
repli à des réfugiés éventuels.
Malgré les droits de réquisition
des préfets, le recensement des
locaux et du matériel par l'ins-
pecteur départemental de la San-
té, le recensement par les inspec-
teurs d'Académie des écoles uti-
lisables, la mise à la disposition
des œuvres, des locaux du Se-
cours national, les initiatives cf. 1
les générosités privées ont où;
être mises à contribution.
J D'après les rapports déjà. re-
çus, les organisateurs ont éprou-
vé les plus grands embarras à
se procurer le matériel indispen-
sable : sommiers, matelas, draps,
couvertures, tables,' bancs, ma-
tériel de cuisine. Les draps et les
couverts ont été souvent fournis
par les familles ainsi que les en-
veloppes de matelas, bourrées
sur placé ensuite à l'aide (IE
bruyère ou de fourrage. La dé-
pense journalière a été évaluée
dans l'ensemble à 25 francs par
joutât' par janfaat, e* a pu être
maintenue à ce taux. Le Secours
national a participé pour le tiers.
Les Caisses d'assurances sociales
et les parents assuraient le sur-
plus. Les infirmières, à raison
de une par colonir, les moniteurs
à raison d'un .p?r dix enfants oui
par quinze enfants plus âgés ont
pu être recrutés. Il a été plus dif-
ficile dans certaines régions d'en-
gager le personnel de service.
Chaque enfant, muni avant son
départ d'un livret sanitaire ne
vacances et d'un certificat médi-
cal récent, a profité des attribua
tions supplémentaires suivantes:
matières grasses, 200 grammes ;
sucre, 250 grammes ; légumes
secs, 250 grammes ; pâtes alimen-
taires, 250 grammes par mois ;
viande, 180 grammes par semai-
ne ; pommes de terre, 100.gram-
mes par jour lorsqu'elles étaient
rationnées. Selon les disponibili-
tés : des biscuits, de la farine, du
chocolat et de la confiture étaient
accordés. -
Le choix des centres a dépendu
des région où le ravitaillement
paraissait relativement satisfai-
sant. Le choix des familles s'est
fait avec le plus grrnd soin sfprôs
étude des renseignements re-
cueillis auprès des personnalités
des différentes communes. Une
attestation médicale et un certi-
ficat de moralité épient exigés..
Le prix de pension était de 5 à
600 francs par mois. La surveil-
lance était assurée par des délé-
gués résidant au centre les zones
de placement., ou par des habi-
tants de la région jouissant d'une
autorité incontestée.
En résumé, à part quelques ra-
res, incidents-, provenant de l'in-
compréhension ou du mauvais
vouloir de certains fournisseurs,
la saison s'est déroulée normale-
ment. et compte tenu de l'écono-
mie de guerre, dans les condi-
tions les plus favorables.
- F. C.
La Suisse et la question
des réfugiés
A la suite d'uije etreur de trans-
mission, lé texte de la nott de la léga.
tion de Su sse. publié hier l'tir les
journaux pouvait prêtai; à confusion.
Ce texte doit être ainsi rétabli :
La légation de Suisse en France
communique :
« En raison du caractère excep-
tionnel des circonstances actuelles,
le gouvernement suisse n'est plus
à même d'accueilUr, sur son terri-
loftr, des personnes' qui, sans être
munies d'un visa normal délivre
par un consulat suisse en France,
désirent se réfugier sur le terri-
toire de la Confédération. Des or-
dres ont été donnés de refouler
toutes ces personnes sauf quelques
cas tout à fuit: exceptionnels. »
Les départs ,
pour la relève
Plusieurs équipes
de spécialistes
ont quitté Paris
pour t'Attende
VICHY, 5 octobre.. — Plusieurs
trahis de spécialistes ont été déri-
gés ces jours derniers sur l'Alle-
magne. Dans le convoi qui a quit-
té hier la gare de l'Est figuraient
plusieurs équipes constituées.
L'une d'entre elle, formée dans un
établissement métallurgique, était
accompagnée du directeur même
de l'usine, M. Arnaud.
— J'ai tenu, a déclaré ce der-
nier ayant le départ, a effectuer
moi'ihème l'installation de mes
ouvriers à Munich et à observer
personnellement leurs nouvelles
conditions d'existence. De la sor-
te, j'aurai rempli mon rôle de
chef d'entreprise en même temps
que mon devoir de solidarité vis-
à-vis de mon pCTsQnnel, et le pour-
rai, à mon retour, renseigner Coril-
plètement les familles de mes spé-
cialistes.
Hier également, un train d'ou-
vriers français a quitté la gare du
Nord pnur l'Allemagne. II était.
entièrement constitue par des per-
missionnaires qui, leur congé expi-
ré, rejoignaient leurs lieux de tra-
vail.
Parmi les initiatives qui se mul-
tiplient dans les deux zones en
vue d'aider au succès de la relè-
ve, il convient de signaler comme
la première d'une série de créa-
tions analogues dans le dépar-
tement des Vosges, la garderie
d'enfants de Fresse-sur-Moselle.
Cette garderie, sur le point d'être
inaugurée a été spécialement amé-
nagée pour les enfants des pères
de famille restés veufs et qui dé-
sirent aller travailler en Apema-
gne (O.F.I. Havas).
Ceux qui rentrent
VICHY, 5 octobre. — De divers
points du territoire continuent à
être signalées les arrivées de pri-
sonniers libérés au titre de la re-
lève. C'est le cas pour Avignon,
où l'on annonce que 24 cultiva-
tkurs ont été, grâce à la relève,
rendus aux travaux des champs
dans le département'du Vaucluse.
L'Ardèche a de même retrouvé
plusieurs de ses paysans retenus
depuis deux ans dans les stalags.
Tous les rapatriés, signalfirt-on
d'Avignon comme dè Privas, sont
en bonne santé. Ils expriment leur
gratitude envers le président Là-
val, promoteur de la relève et en-
vers les ouvriers dont l'embaucha-'
ge a permis leur libération. (O.F.
I. Havas).
Echos du théâtre parisien
-, SUE- LE BOtyLE^AEO
La course à l'amour" et "Les deux Monsieur de Madame"
PARIS, 5 octobre. — Sur
les grands boulevards, la faça-
de des « Nouveautés » apparaît
petite, petite et comme compri-
mée par le cinéma son voisin.
Symbole de la lutte où, pour
l'instant, le' théâtre marque un
point entre, les deux arts cou-
sins.
Sur cette scène, depuis la fin
de l'autre guerre, la revue d'ac-
tualité a alterné avec l'opérette
fantaisie. Le palmarès est bril-
lant : une demi-douzaine de re.
vues de Rip, des opérettes de
Willemetz, Christiné, Raoul Mo-
retti.
La comédie boulevardière n'y
a fait que de rares mais très
remarquées apparitions : « Si.
gnor Bracoli », d'André Birot-
teau, « Le Sexe fort », de Tris-
tan Bernard, « Amitié », de Mi.
chel Duran.
Aujourd'hui, les Nouveautés
reviennent à l'opérette avec la
« Course à l'Amour ». Il y est
question de courses (c'est-à-dire
de pari mutuel) et de beaucoup
d'amours suffisamment contra-
riées pour justifier deux actrs
truffés de chansons cocasses ou
sentimentales dont quelques.
unes méritent de passer la ram-
pe pour devenir populaires.
Distribution variée. En tête
de liste,. Marguerite Pierry, tou-
jours déchaînée, acide, inflam.
mable. L'écran lui fait de plus
en plus une place enviable,'
mais C'est au théâtre que ses'
effets peuvent être appréciés au
mieux ; Marcelle Yrven, com-
mère dont la corpulence et le
jeu rappellent Frehel ; Chris-
liane Jaquier, jeune et pétu-
lante, mais Palau, toujours
chauve, souriant et excellent co-
médien ; Serjius, truculent, et
enfin Georges Guétary, qui a
un physique agréable et se
trouve. moins à l'aise dans la
comédie que dans le chant. Des
lauriers de la même qualité que
ceux de Tino Rossi lui sem-
blent promis. Ses deux parte.
naires, Yvonne Yola et Francis
Kernel, lui donnent de justes
et mélodieuses r épliques.
La musique au goût du jour,
bien, dosée; est de M. Lucien
Parin, tes Myrtes de M. F. Lie-
nos. La mise en scène du di.
recteur M. Germain Chempell.
« La Course à l'Amour » sera
sans doute sans histoire. Elle
ne battra pas les records d'au.
Ires spectacles du même genrç,
mais fournira une honorable
carrière'
Vingt ans après
Au théâtre DaUnou, qui fut
toujours plus éclectique (on y
jouera des revues de porin,
« Mon gosse dq, père », de Léb.
pold Marchand'; « Le Nid ii,
d'André Birabeau ; « Les Fré-
nétiques », d'Armand Saki.'
crou ; « Mistigri », de Marcel
Achard, et « Dix-neuf ans »,
de Pascal Btutia). On a repris
« Les deux Monsieur de Ma-
dame », comédie en trois actes
de Félix Gandera.
Robert Burnier, Robert Ar-
noux, Germaine Laugier sont
très à l'aise dans les situations
un peu. délicates de cette co-
médie créée il y a vingt ans.
.Elle a un peu vieilli. Est-ce en
raison de son âge Qu'on lui
pardonne quelques-unes e ses,
outrances ?
Elle fut l'occasion d'un pro-
cès assez curieux. Le critique
du « Mercure de France » avait
consacré aux « Deux Mon-
sieur » ces lignes un peu ap-
puyées : « Au théâtre des Ma-
tllurins, on a joué une salope.
rie en trois alcôves de Gande.
ra. Les voyeurs sont, parait-il,
très abondamment satisfaits ;
l'auteur ne m'avait pas convié
et je considère cela comme une
marque dé. son estime ou tout
au moins comme un témoigna-
ge de son désir de conserver la
mienne. »
M. Félix Gandera s'adressa à
la justice.
Y avait-il préjudice.? La cri.
tique avait-elle outrepassé ses
droits ? Le jugement parla ef.
fectivement de « dénigrement
excessiftet brutal », mais « Gan.
dera né justifiant d'aucun pré-
judice matériel », le tribunal
se contenta d'accorder au plai-
gnant l'insertion du jugement
et un franc de dommages-inté-
rêts. Sans nous ranger a l'avis
çatégorique du critique du
« Mercure », avouons que la
fréquentation des « deux Mon-
sieur » et de « Madame » n'est
ni bande, ni 'particulièrement
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