Titre : Le XIXe siècle : journal quotidien politique et littéraire / directeur-rédacteur en chef : Gustave Chadeuil
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1879-07-01
Contributeur : Chadeuil, Gustave (1821-1896). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 01 juillet 1879 01 juillet 1879
Description : 1879/07/01 (A9,N2748). 1879/07/01 (A9,N2748).
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-199
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/04/2013
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JOURNAL RÉPUBLICAIN CONSERVATEUR
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una« 1M Lettres et Mandats * ^Administrai©;
les - Z-lxm Cade fi fi
&eg. Lettres non affranchies seront ref&sê^
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pjli
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UN an. BO »»
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lM abonnements partent des 1er et 15 de chaque noie
McitMajt d'umances : MM. UGliNGE, OW et QI
6, Place de la Bourse, G
BULLETIN û
—— y * -
Parts, 30 jûin 1879. ,
Rieè ne, semble encore décidé relative-
ment a résidence d'Isrnaïl Pacha. Les
consul^ comme nous l'avons dit hier. ré-
elameU7, son départ immédiat, et îe sultan
s oppo se à en qu'il vienne habiter Cons-
tanti'jople. Uaedépêîbe nous annonce que
le Cf Jnseil des mipJstres ottomans s'est
rWiDi de nouveau pour'esaminer cette
Question, mais 'Bile ne nous indique pas
---- -,. - 1 , - - -
quelle résolution a été prise. Probablement
aucune, et il y a lieu de penser que les
scènes orageuses qui ont précédé au con-
seil des ministres la signature, par le sul-
tan, de l'inné relatif à l'abdication ti'Is-
mail, se S'ont renouvelées. En tout cas il
taut que cette question soit résolne à bref
délai, car il est évident qu la présence de
n'ex-souverain au Caire rjeut donner lieu à
de nouvelles compilcations.
^pôchf>s du Caire annoncent que
Chérif Pacha, a été chargé de la formation
d'uii nouveau cabinet. Celui-ci n'aura,
sans a'àcun doute, qu'un caractère proYI-
Bolrt-.: le ministère définitif ne pourra, en
ew.et, être installé que lorsque les puissan-
ces se seront entendues entre elles et avec
le khédive sur la réorganisation de l'ad-
ministration égyptienne et sur les moyens
de contrôler la ge^lon.
Les Journaux allemands et autrichiens
s'occupent. da la question égyptienne et se
!1IlOntreD:t presque tous satisfaits de la so-
lotion qu'elle a reçue. La Gazette de l'Al.
lemagne du Nord fait remarquer à ce su-
jet que les incidents qui viennent de se
produire en Egypte ont montré assez clai-
rement que la France et l'Angleterre sont
d'accord eu ce qui touche à leur politique
égyptienne et que le dissentiment auquel
la presse a fait allusion n'exista pas en
réalité. « Cet accord seul, ajoute la Ga.
zette de CAllemagne du Nord, a pa con-
duire au but II avait, d'ailleurs, la condi-
tion préalable de l'appui que l'Allemagne
et l'Autricbe ont donné aux puissances
occidentales lors de leurs récentes démar-
ches en Egypte. En ce qui concerne l'Al-
lemagne, nous ne pouvons que nous féli-
citer de cet accord, qui est la meilleure
garantie du maintien de la paix et de
l'ordre en Orient. » Les journaux autri-
chiens expriment leur contentement de
ce que, oar la déposition du khédive, l'Au-
triche-Hongrie ait été mise à môme de
faire valoir son influence.
La Porte a enfin cédé aux soUicititions
des puissances, et elle se décide à nom-
mer des commissaires chargés de discuter
la question de la rectification des frontiè-
res grecques. Ces commissaires doivent
être nommés aujourd'hui, mais on n'indi-
que pas encore a quelle ëüqtle commen-
ceront les conférences.
Une dépêche signale un soulèvement
des habitants de la province de Khotam
contre les Chinois, dont un grand nombre
auraient été naaaswrés.
E. BUBID.
-— »
Bourse de Paris
rontx Bomtsc BV un a
8 8/0 amortissable.. 85 fr., 85 fr. 10.
*0/0. 81 fr. 95, 82 07, 1/î.
8 0/0 116 fï. 05,03 3/4,8 3/4,12 1/?.
Tare is fr 05,15
Banque ottomans.. 510fr. 62,511 25.
IflYp\a 6 010 241 T*. 87, 244 37, 243 75
Chemfns êgyptionl. 363 fr. 75.
aon~rem. 83 fr. 13/16, 7/8.
Itailena.. 81 fr. 75.
Nous avons dit combien il nous sem-
blerait important d'adapter la loi Tréve-
neue au régime établi par la constitution
de 1875, et de la refondre dans la loi
même qui va fixer les conditions de la
Résidence des Chambres à Paris. Un ho-
norable sénateur, M. Foucher de Careil,
s'est inquiété comme nous de cette ques-
tion, qui est si grave, et qui a été mal-
heureusement négligée par le rédacteur
du projet de loi sur la résidence des Cham-
bres et par la commission sénatoriale
qui examine ce projet. M. Foucher
de Careil a donc présenté un amendement
que bous jugions indispensable et qui,
nou. en avons l'espoir, sera introduit
datfs la loi. Nous n'en possédons pas
jusqu'à présent le texte même; mais on a
vu, par l'analyse qui en a été donnée
dans nos informations parlementaires,
que cet amendement de M. Foucher de
Gareil répond tout à fait aux préoccupa-
tions des républicains, qui comme nous,
croient nécessaire non - seulement de
maintenir, mais de consacrer de nou-
veau la loi Tréveneuc. Ce que BOUS n'a-
vons pu voir sans surprise, c'est que, dès
hier, un de nos confrères républicains
se soit aventuré à dire qu'on pourrait
faire bon marché de l'amendement Fou-
cher de Gareil. « L'amendement de M.
Foucher de Careil, écrit-il, sera évidem-
ment repoussé, parce que ses collègues
de la gauche estiment qu'il n'a aucunerai-
son d'être dans la situation actuelle. «Voilà
une étraoge raison 1 Comment! parce que
la situation actuelle est régulière et calme,
il ne faut pas prévoir le cas d'unie situa-
tion violente et troublée ? Cela nous pa-
raît un non-sens tellement monstrueux
que nous renonçons à comprendre com-
ment une pareille appréciation a pu
échapper à l'esprit ordinairement si
juste et si droit de notre confrère. Ainsi
voilà cette loi Tréveneuc à qui nous de-
vons la meilleure sauvegarde qu'il y ait ja-
mais eu dans notre pays contre les tenta-
tivesda coup d'Etat ; incidemment, et par
une évidente distraction, les auteurs du
nouveau projet sur le retour des Cham-
bres à Paris menacent de la bouleverser ;
on s'en aperçoit, on le dit, on il1v!te le
Sénat à parer au danger en introduisant
dans le nouveau projet l'amendement le
p'us simple du monde; il semble que cela
devrait aller tout seul: et cependant notre
confrère affirme dans un entrefilet de qua-
tre lignes que l'amendement Foucher de
Careil n'a pas de raison d'être et qu'il
sera évidemment repoussé 1 S'il en était
ainsi, il faudrait avouer que le Sénat com-
mettrait de gaîté de cœur uneimprudence
bien gratuite. Admettons que jamais nous
ce devions nous trouver dans des cir-
constances où nous ayons besoin de la loi
Tréveneuc : à qui et à quoi cela nuit-il
qu"on la maintienne ? Si - l'on ne s'en sert
pas, elle ne gênera personne. Mais com-
bien nous repentirions-nous,— si un jour
nous avions besoin de nous en servir, au
contraire, — combiennous repentirions-
nous de la légèreté imprévoyante qui
nous l'aurait fait abroger ! Faut-il dé-
manteler nos forteresses parce qu'à pré-
sent nous ne sommes pas en état de
guerre ? Quelle folie! s'écrierait-on. Eh i
bien, commeot ne voit-on pas que ce
serait une folie pareille d'abaodooner la
loi Tréveneuc sous prétexte qu'elle ne
peut nous servir à rien dans l'instant
actuel ?
- EUG. LIÉBIRT.
• —_ ijm— ii
1874-1879
C'est aujourd'hui à dix heures, à ce que
nous apprend le Pays que le groupe de
l'Appel au peuple se réunit pour prendre
connaissance du testament de l'ex-prince
impérial.
M. Paul de Cassagnac dit à ce sujet :
« Il s'agit de savoir quel est le reprê-
» sentant désormais des droits politiques
» de Napoléon I", de Napoléon III et dq
» prince impérial.
» Quel sera notre prétendant? j
» Quel sera notre empereur ?
» Mon opinion, on la connaît » >
M. Paul de Cassagnac a raison : son opi-
nion, on la connaît, bien qu'il ne l'ait ex-
primée qu'une fois, dans le premier mo-
ment d'effarement qui a suivi la mort de
l'ex-prince impérial, et qu'il n'y soit plus
revenu depuis. Le Pays, ce jour-là, mit
en avant la candidature du prince Victor,
fils a-tué du prince Napoléon.
Dans son article d'hier, M. Paul de
Cassagnac donne à entendre que ce matin,
à la réunion de l'Appel au peuple, Il sou-
tiendra son candIdat, qui était, telon lui,
le candidat de l'ex-prince impérial.
Ce faisant, M. Paul de Cassagnac ou-
bliera, comme il l'oubliait l'autre jour
dans le Pays, la phrase suivante, qu'il nous
permettra de lui remettre sous les yeux :
« Je n'ai jamais nié l'hérédité dans une
» famille. Ainsi, la France peut parfaite-
» ment rejeter les Napoléon. Mals les Na-
» poléon étant rappelas, UN PAINCE: DE LA
» FAMILLE N'A PAS LE DROIT DE SE SUBSTITUER
» A L'HÉRITIER NATUÏUBL ET LÉGITIME. »
Cela était écrit dans le Pays du vendredi
25 septembre 1874, et signé : Paul de Cas-
sagnac !
Or, d'après les constitutions impériales,
qui pour nous sont sans valeur, mais qui
sont l'évangile du parti bonapartiste,
« l'héritier naturel et légitime » est ac-
tuellement le prince Napoléon.
Si donc, M. Paul de Cassagnac est logi-
que avec lui-même, s'il ne veut pas don-
ner un démenti & ce qu'il écrivait ea 1874,
il doit se rallier aujourd'hui au prince Na-
poléon et emboîter le pas derrière lui.
Le fera-t il ?
Nous le saurons ce soir.
————— —————.
Instituteurs ou Séminaristes?
Il nous semblait cependant avoir lu
au sujet des processions de la Fête-Dieu
des circulaires du ministre de l'intérieur,
du ministre de la marine, qui ne lais-
saient place à nulle équivoque 1 II y était
dit fort clairement que l'Etat entendait
respecter la liberté de conscience de tous
les fonctionnaires ; que ceux auxquels il
phisait individuellement de s'associer
aux processions catholiques en étaient
les maîtres ; mais que personne, à cette
occasion, ne pourrait être commandé
comme pour un service public et obliga-
toire.
Le cabinet n'a pas deux doctrines. Ce
qu'ont prescrit trois ministres a été éga-
lement prescrit par leurs collègues, ou
s'ils n'ont pas donné d'ordre, leur silence
n'était pas difficile à interpréter. Com-
ment donc le fait que nous signale le Pro-
grès de la Somme a-t-il pu se passer? Les
élèves de l'école normale d'Amiens ont
été employés à grossir et à orner le cor-
tége de la procession de l'église Saint-
Jacques. Les uns portaient la chape et
chantaient, les autres figuraient en blancs
surplis comme des sacristains ; d'autres
ont tenu les portants du dais.L'école nor-
male de la Somme n'est pas cependant une
succursale de Saiot-Acheul, c'est un éta-
blissement laïque dirigé par un laïque.Elle
fait partie de l'Université.Comment le di-
recteur de cette Ecole, comment M. l'ins-
pecteur d'académie se sont-Ils prêtés au
rôle officiel assigné dans une cérémonie
religieuse pub ique h leurs élèves-maîtres?
Rien n'empêchait que ceux qui voulaient
suivre la procession la suivissent, on
pouvait accorder que ceux-là eussent dans
le cortège une place spéciale: mais trans-
former en séminaristes et en grands en-
fants de chœurs nos instituteurs de de-
main, les affubler d'ornements d'église et
de chemises blanches dans une pompe
catholique, de quoi donc servent les cir-
culaires ministérielles si ces choses con-
tinuent à se faire en 1879 aussi bien que
sous Je 24 mai ou le 16 mai?
Je sais bien que l'on a essayé de dorer
la pilule aux normaliens de la Somme.
Au retour de la fête, on leur a offert
un souper plus soigné qu'à l'ordinaire.
Au dessert, ils ont même vu des giteaux
apparaître sur les tables. Tout cela n'em-
pêche pas qu'une corvée soit une corvée
et que l'autorité universitaire ne se soit
laissée aller là à une faiblesse coupable.
C'est toujours le même système tant de
fois relevé déik et contre lequel en ne
réclamera jamais assez jusqu'à ce qu'il
ait achevé de disparaître : l'école mise
sous la dépendance de l'autorité confes-
sionnelle. On habille le dimanche les
élèves de nos écoles normales en soutane
et en robe blanche : on les emploie à
servir la messe, à balancer les encen-
soirs, à chanter les offices; aux jours
des processions, on leur donne place
et rang parmi les lévites sacrés.
Cela» y n'est-il pas logique, en effet?
Ne les destine-t-on pas, une fois leur
temps d'école fini, à chanter au lutrin
dans les paroisses où ils seront envoyés,
à faire besogne de sacristain, balayer
l'église, faire la toilette de l'autel, son-
ner les baptêmes, les mariages et les en-
terrements? L'instituteur devient le servi-
teur de M. le curé, et gare à lui si M. le
curé n'est p.s content 1 M. le curé est
chargé par Mgr l'évêque — la preuve
nous en était donnée l'autre jour — de
rédiger des Dotes sur l'instituteur et de
les envoyer à l'évêché. C'est à l'évêché
qu'est le vrai maître de l'instituteur, celui
qui surtout décide de son avenir.
Durant près d'un demi-siècle les cho-
ses en France se sont passées ainsi. Ce
sera l'honneur de la République d'avoir
donné aux maîtres de l'enfance l'iodé-
pendance morale comme le bien-être ma-
tériel. Nous protesterions si l'on voulait
empêcher un seul d'entre eux d'être
croyant, pieux même, de pratiquer libre-
ment sa foi ; mais nous protestons de
toutes nos forces, puisqu'il est besoin de
le faire encore, contre cette confusion,
volontairement prolongée, de l'éco!e et
de la sacr istie, et nous demandons qu'on
ne déguise plus nos élèves-maîtres en fi-
gurante d'une représentation d'Athalie.
CHARLES BIGOT.
L'EXACMM DU DEVOIR
Vous l'avez lu, dans le journal d'hier,
cet étrange jugement en vertu duquel
l'abbé Galbin vient d'être acquitté par le
tribunal de La Flèche ! Que de réflexioas
ont dû faire les mères de famille en lisant
les considérants sur lesquels il se fonde 1
« Attendu, ont dit les juges, que tous
les faits de la cause ont démontré jusqu'à
l'évidence que l'abbé Gaibin a pu s'exa-
gérer ses devoirs de prêtre. »
Et quels étaient donc ses devoirs de
prilre 1
Ses devoirs, le jugement le reconnaît
lui-même, et je ne me servirai que des
expressions qu'il a employées, ses de-
voirs, c'était de prendre à part les petites
filles de douze à treize ans. et de leur
parler de toutes sortes de choses parfai-
tement déshonnêtes, sous prétexte d'en
détourner leurs pensées. C'était de leur
adresser une foule de questions scabreu-
ses sur des sujets que ces petites filles
ignoraient peut-être et qu'il eût mieux
valu à coup tûr leur laisser ignorer.
C'était en un mot de s'entretenir libre-
ment avec elles d'objets que les mères
elles-mêmes, dans leurs p'us secrets
épanchements, craignent d'effleurer, par
crainte de ternir de l'ombre d'une idée
mauvaise la chasteté de leur enfant.
Et quelle était l'exagération de ce de-
voir?
L'exagération, c'était de prendre les
petites filles sur ses genoux, sans que
leurs pieds quittassent terre, notez ce
point ci, car s'il les eût assises autre-
ment, c'eût été sans doute le comble de
l'exagération ; c'était de les embrasser,
c'était. Mais ici, je ne puis parler de
moi-même, il faut que je me réfugie dans
la prose de messieurs les juges de La
Flèche :
« Considérant que, pour prémunir les jeu-
nes filles contre les attentats dont elles peu-
vent être l'objet, l'abbé Galbta leur a parié
souvent d'actes contraires & la pndenr, qu'il
les a engagées à ne pas se laisser corrompre
par les petits garçons, et que pour mieux 28
faire coaapreodfe il a pu indiquer aux enfants,
par dessus leurs vêtements, les parties du
corps qu'elles ne devaient pas toucher »
Ça, c'est l'exagération du devoir. Le
comble de l'exagération eût été sans
doute d'indiquer autrement ces parties du
corps. L'abbé Galbin n'est pas allé jus-
ques-là. Il a exagéré l'idée qu'il se fait de
ses devoirs de prêtre. Mais à Dieu ne
plaise qu'il pousse plus loin 1
Ainsi un autre exemple, et permettez-
moi de me borner à prendre les termes
mêmes du jugement. La matière est trop
délicate pour que je hasarde rien de mon
crû en cette affaire :
Considérant que Marie Bouteloup avait aucsl
racooté à Cécile Rouseouii, sa cousine, que
1 abbê CMbln lui avait porté ls, mains au sfio,
fin lui démaillant si ella étilt chatouilleuse
et s'il y avait longtemps qu'elle n'avait seDtl
certains frémissements ; mais, considérant
qu'à l'audunce, Il a été impossible d'avoir une
réponse précise sor ce point de la part de
l eufant; que, confrontée avec Cécile Rousseau,
elta a d'abord répondu qu'elle n'avait pas dit la
vérité A sa cousine, que le prêtre s'était borné
à lui portH légèrement la main à la poitrine
en lui disant de ne pas se laisser
Ici le journaliste qui relate le jugement
a cru devoir mettre une ligne de points,
tant la phrase de l'abbé lui a paru cy-
ntque.
Il faut croire que cet estimable prêtre,
qui a la main si légère, a la parole un
peu grasse et lourde. Que diable a-t-il pu
lui dire? Il me semble que c'était déjà
fort joli comme ce!a. de lui parler des
frémissements qu'elle avait sentis. Où
étaient cette fois l'exagération du devoir
et le comble de l'exagération?
Parlons d'un ton plus sérieux, car la
chose est sérieuse. Je ne proteste point
contre cet acquittement. Il peut se faire,
en effet, que dans tout cela il n'y ait pas
de délit d'outrage à la pudeur tel que no
tre Code l'a caractérisé, et si les magis-
trats en ont jugé ainsi, ils ont eu raison
d'acquitter l'abbé.
Mais n'est-ce pas là la condamnation
la plus éclatante qu'il y ait jamais eu
de la confession auriculaire ?
Quoil c'est le devoir d'un prêtre d'em-
mener des fillettes de douze ans soit dans
la sacristie, soit dans. son cabinet, et là.
tout seuls, de leur chuchoter tout bas, à
l'oreille, avec gestes à l'appui, tous les
secrets de i'impudicitél L'intention est
excellente; il s'agit de Jes prévenir et de
les mettre en garde ! je n'en doute point.
Mais, diantre ! le remède préventif est
plus dangereux que le mal même, et ce
serait le cas de répéter ici la phrase cé-
lèbre de l'Ecriture : quis custodiet eus-
to iem ipsum?
Comment les .mères de famille se ré-
signent-elles, anrès tant de scandales, à
confier encore 1-urs filles à des prêtres
catholiques? Ea voici un qui était inno-
cent, puisqu'il a été acquitté. Il n'était
coupable crue d'une exagération de zèle
pieux. En bien ! y a.t.ij une mère qui ne
frémisse point à la seule pensée que sa
fille aurait pu être victime de ce zèle
exagéré?
Nombre de prêtres se gardent' de ces
exagérations dans la façon de compren-
dre les devoirs du confesseur. Je n'en
fils aucun doute. Mais où est la limite ?
elle est bien difficile à observer. La chose
certaine, c'est que l'enfant, remise aux
mains du prêtre, enfermée avec lui dans
cette petite boite qu'on appelle un confes-
sionnal, ou même assise près de lui, sur
ses genoux, sans que ses pieds quittent
terre, cause avec cet homme, le plus
souvent jeune, robuste, et qui a la tête
farcie des horreurs du manuel de la con-
fession, de tout ce qui n'est point chaste
et, pur. Au cas où le prêtre, lui, resterait
toujours froid, est-il étonnant qu'elle, sa
petite imagination s'allume et que son
être s'éveiUe? C'est le contraire qui se-
rait étrapge.
Lisez ce jugement, ô mères de famille !
lisez le ; vous ne pouvez soupçonner les
jug:-.s de parti pris irréligieux, puisqu'ils
ont acquitté l'abbé, qui, lui, s'était con-
damné en prenant la fuite. Eh bien ! tirez
des considérants sur lesquels a été mo-
tivé l'acquittement toutes les conséquent
ces qu'it comporte.
Souvenez-vous et méfiez-vous.
FRANCISQUE SAResr.
————- .———
Le Moniteur universel a reçu du minis-
tère de la justice lé communiqué suivant:
Dans son numéro du 21 jolin, le journal le
Moniteur universel publie un article duquel Il
résulte que quelques jours auparavant « un
attentat aurait été commis sur la personne de
S. G. l'archevêque da Bourgs »; «,,. qu'an
moment où la voiture df Sa Grandeur recnralt
à l'archevéobé, trois coups de jevtlffer au-
ratent été tirés, que les trois balles auraient
traversé la capote de la volrure. mais n'aitsl-
golrtnt heureusement pas l'archevêque » Ce
reelt ett de pure invention. Valcl probable.
ment quel en aura été le prétexte : le 12 jula
courant, vers dix heures quarante-cinq du
soir, une détonation fat entendue aux envi-
rons de la cathédrale de Bonrges, notamment
parler domestiques de l'archevêché qui néan
moins ne se dérangè'ent même pas Le len-
demain seulement, 1 un d'eux «.ytot voulu se
rendre compte de M qui 'était passé la 8111e,
trouva sous rare-botitant de la cathédrale les
débris d'une des petlies boites en bois qui ser-
vent dans le commerce à contenir l'ellxir de
la Grande Chartreuse et quelques fragments
représentant, suivant l'expretsion du rapport
de l'ejpert commis pour les eJamtner, c une
deml-buita de cartouches A balles du fusil
chassfpot et le rectangle à oreilles d'une boîte
de cartouches à balles. » On Ignore quelle a
été la cause de cette explosion produite pro.
blement par des cartouches & blan. mais on
sait que les grands établissement militaires
de Bourges permettent aux ouvriers d'avoir
lu engins nécessaires à ces détonations lnof-
senaives deux jours avant cel'e de la place
de l'archevêché, une détonation semblable
avait eu lieu dans un autre quartier, cours
Saint Louis.
Ea ce qui concerne Mgr l'archevêque de
Bourges, il était en efff sorti dans la soirée
du 12 juin, mais il élaU déjà rentré à son hô-
tel et ses chevaux étaient detelés lorsiue l'ex-
plosion eut Uau dans un endroit d'ailleurs
assez étolgH5 de la route qa'avalt suivie sa
voiture et séparé d'elle par l'épaisseur d'une
muraille de quatre mètres.
On s'étonnera à bon droit que des journaux
puissent transformer an incident de cettill na-
ture en attentat commis cootre Mgr l'arche-
vêque de Bonrges, et de la facilite avec la*
quelle ils accueillent les fausses nouvelles.
Les journaux cléricaux, qui, tous, ont
accueilli avec une si grande facilité cette
fausse nouvelle, s'empresseront, nous n'en
doutons pas, de reproduire ce commu-
niqué.
INFORMATIONS
Nous apprenons avec regret la mort de
M. Christophe, député de la Drôme, décé-
dé hier à Valence.
M. Christophe siégeait à l'Union répu-
blicaine.
On nous assure, et nous ne reprodui-
sons la nouvelle que parcs qu'elle nous est
donnée par une persoone signe de foi,
que le prince Napoléon aurait fait faire
par un de ses amis une démarche auprès
du président de la République pour l'as-
surer qu'en aucun cas il ne consentirait à
jouer le rôle de prétendant que les bona-
partistes voulaient lui imposer.
Le prince Napoléon aurait fait saTofr"
M. Grévy qu'il n'entendait en rien être
une gêne pour le gouvernement de la Ré-
publique : que selon lui, le parti impé-
rialiste n'avait aucune raison d'être du
vivant même de l'ex-prince impérial, et
qu'à plus forte raison était il msenfcé de
vouloir lè maintenir même après la mort
de son chef.
On dit aussi que le prince Napoléon, &
qui le testament de l'ex-priace impérial a
été communiqué, a l'intention de l'atta-
quer devant les tribunaux. Il parait, en
effet, que ce testament institue fex-impé-
ratrice Eugénie légataire universelle de
tous les biens du défunt. Le prince Ne-
poléon voudrait faire valoir certains droits
qu'il prétend avoir sur divers objets de
famille ayant appartenu successivement à
Napoléon III et à son fils.
Le mouvement administratif concernant
les sous-préfectures d'Algérie parat/ra
dtns quelques jours au Journal officiel
Le gouverneur général, M. Albert Grévy.
et M. le ministre de l'intérieur sont tom'
feuilleton du XIX* SIÊC&9
Du 1er Juillet lm. ;
CAUSERIE
DRAMATIQUE
Les comédiens et les chanteurs français à
Londres. — Bibliographie : Rêlani furieux,
illustré pajr M. G. Doré. - La Renaissance
en France, par M. L. Palustra. ¡'
A mon très grand regret, je n'ai pu me
rendre à Londres, pendant le séjour de la
Comédie-Française. Nos lecteurs n'ont
pas eu à s'en plaindre, puisque Sarcey
leur a raconté ses impressions d'outre-
Manche ; mais je n'en suis pas moins
marri pour mon propre compte. Rien ne
m'eût été plus agréable et plus profttable
que d'assister à ce défilé presque com-
plet du répertoire de la Comédie, devant
un public autre que le public ordinaire.
Il faut me contenter de renseignements
de seconde main. D'une façon générale,
on peut dire que le très grand succès a
été pour le vieux répertoire, et que lp
théâtre contemporain a été plus froide-
ment accueilli, ou plus discuté. Cela de-
vait être. Le vieux répertoire est fait de
comédies de caractère, pour la plupart,
qui sont dans le goût de l'Angleterre, où
Molière a laissé une longue lignée d'imi-
tateurs. Ses comédies datent peu, ou, du
moins, rappellent une époque connue,
des mœurs de cour, identiques chez pres-
que tous les peuples de 1 Europe, ou
mieux encore, des mœurs convenues,
purement littéraires. L'Ecole des Maris,
par exemple, se passe on ne sait où, on
ne sait quand, et le cœur humain y est
étudié dans ses éléments fixes et absolus.
La comédie de mœurs contemporaine,
qui adopte rarement un caractère unique
comme pivot et centre de son action, vit
d'incidents et d'observations dont le dé-
tail, souvent trop fia, peut échapper à
d'autres qu'à des Parisiens. Et quant au
théâtre de M. A. Dumas, celui de sos au
teurs dramatiques qui a le moins bien
réussi chez les Anglais, chacun sent
qu'il a un côté tout particulier, au-
quel il faut être fait. Les lois, en An
gleterre, suivent assez docilement l'o-
pinion. Si la censure, qui existe dans ce
libre pays plus rigoureusement que chez
nous, a pu souvent interdire sur les scè-
nes anglaises telle ou telle pièce de
M. A. Dumas, c'est que ces pièces étaient
peu goûtées et choquaient les habitudes
d'esprit de nos voisins. Ce n'est pas que
les Londoniens aient une pruderie plus
grande que nous, ni une vertu bien farou-
che. Sans parler des grossièretés de
Shakespeare, consacrées par la tradition
comme certains mots un peu verts de
notre tàolfôre, tes Anglais ont des spec-
tacles fout à fait décolletés et des exhi-
bitions de tableaux vivants, entre autres,
tout à fait impudiques. Mais, s'ils font la
part belle, trop belle même, à un sensua-
lisme brutal, ils tolèrent difficilement la
discussion, même élevée, sur tout ce qui
touche à la famille, au mariage, à l'adul-
tère. Ils font un peu, au point de vue des
mœurs, comme ils font pour la table. Le
dîner que préside la maîtresse de maison
est simple, peu varié, et on n'y boit guère:
puis, le dessert enlevé, arrivent les
Clarets et les Porto, dont il n'est pas trop
mabéant d'abuser un peu. J'aime mieux la
méthode française, et pour les specta-
cles et pour les dîners. Elle est plus li-
bre, plus raffinée et plus agréable. Mais
il faut prendre les peuples comme ils
sont et, surtout, ne pas leur en vouloir
trop de n'être pas comme nous-mê-
mes.
Le séjour de la Comédie Française a
Londres a été marqué par un incident,
dont Mlle Sarah Bernhardt est l'héroïne.
La bombe a éclaté 1 Je veux dire que Mlle
Sarah Bernhardt, vivement attaquée par
presque tous les journaux, a menacé de
se retirer de la Comédie-Française. Her-
mione a offert de rendre son peplum, du
moins, elle le dit, dans une lettre adres-
sée au Figaro, ce matin. Je n'en crois pas
un traître mot. Le coup de tête serait fâ-
cheux pour tout le monde, et les choses
n'en sont pas encore venues à cette extré-
mité. La lettre adressée à M. Wolff, qui
avait accusé amèrement la sociétaire de
la Comédie d'avoir coupé la queue à
4ous les chiens d'Athènes, restera sans
suites. Mais fai étâ enbhanté de la
lire, parce quelle nous montre que l'a-
vertissement de l'opinion a été assez fort
pour frapper l'oreille de Mlle Sarah Bern-
hardt, jusque dans les nuages qu'elle ha-
bite volontiers, même quand elle n'est
pas en ballon. *
J'ai dit quelquefois que c'était une mau-
vaise habitude de chercher à connaître,
comme nous le faisons, les façons des
gens de théâtre dans leur vie privée ; que
leurs mœurs bonnes ou mauvaises, régu-
lières ou folles, ne nous regardaient pas,
et qu'il était tout aussi injuste et ridicule
d'applaudir une actrice pour ses vertus
de famille que de la siffler pour ses dé-
bordements. Mais cette ignorance abso-
lue de la personnalité des comédiens est
un idéal, et, comme tel, comporte de nom-
breux tempéraments. Pour qu'on puisse
respecter l'incognito de leur vie en dehors
du théâtre, il est nécessaire que le tbéâ -
tre ne se ressente pas des agitations de
cette vie ; et pour que le mur métapho-
rique de la vie privée soit respecté du
public, il faut que ce mur soit un mur
et ne soit pas tapissé d'affiches et percé
de fenêtres par lesquelles on tire desftux
d'artitice et on joue du cor de chasse.
Or, pour ce qui touche Mlle Sarah Bern-
hardt, il semble qu'elle se soit mis à
plaisir dans le cas d'occuper le public,
à titre légitime, de ses faits et gestes. Il
est incontestable que les fatigues qu'elle
s'impose, en dehors de la tâche déjà fort
lourde des comédiens à Londres, qui re-
nouvellent l'affiche presque chaque jour,
nuisent à son talent et font qu'elle ne
donne à l'entreprise de la Comédie qu'un
tàêüm inmttsfaJltil MIIé Sèralt Ban,
hardt se plaint, dans sa lettre, qu'on
veuille lui arracher, par je ne sais quelle
intrigue, le drapeau de la maison de Mo-
lière. Mais ne le tient-elle pas trop mol-
lement entre ses mains lasses ? Molière,
malade, jouait encore pour ne pas nuire
aux intérêts de sa troupe ; on sait l'his-
toire du relâche subit imposé par Mlle
Sarah Bernhardt à ses camarades dépi-
tés.D'autres fois, me dit un des assistants,
elle a joué comme les grands ténors ré-
pètent, les mains dans les poches, disant
les mots du rôle, réservant l'accent et le
geste. Ces défaillances s'expliquent,
assure-t-on, par les succès qu'a Mlle
Sarah Bernhardt dans les salons de
Londres. A jouer sur les théâtres de
société, elle se surmène et s'épuise.
Et elle en agit de la sorte, nous dit-
elle, parce qu'elle est mal payée à la Co-
médie-Française, et qu'il lui faut « com-
bler la d'ffèrence ». Ah ! la pauvre fem-
me ! aurait dit Orgon, qui a un hôtel
pour grenier et des robes de dentelles
pour cache-misère !
La vérité est que Mlle Sarah Bernhardt
est une femme douée à merveil'e, mais
qui s'est laissé emporter hors des voies
de la raison et du bon sens. Clle a pris
pour devise un orgueilleux quand même
qui pourrait bien servir, un jour, à M.
Perrin pour lui dire : « guandmême vous
vous en iriez, la Comédie n'en périrait
pas pour oela. » Elle a fatigué, excédé le
public de sa personnalité, exaltée par
ses
« Détestables flatteurs, prisent le pins faxeete *
que le ciel puisse flaire à une artiste. Et
vraiment, la Comédie est trop forte,
quand, d'un air innocent, Mile Sarah
Bernhardt vient nous dire que ses cos
tumes masculins, ses habitudes, ses bê-
tes et ses gens, ses voyages aériens, ses
caprices de tout genre ne nous regar-
dent pas. N'est ce pas elle qui soli-
cite notre attention? N'est-ce pas elle
qui a imprimé et donné au public un li-
vre tout à fait ridicule : Impressions
d'une chaise,' sur lequel s'étaient tus les
vrais amis de son talent, sentant gron-
der l'orage qui éclate aujourd'hui et es-
pérant le conjurer en faisant le silence
sur de dangereuses extravagances? Ce
livre, dont on peut parler aujourd'hui
sans inconvénients, comme on peut par-
ler des premiers symptômes d'un mal
lorsque la crise a éclaté qui doit guérir
ou emporter le malade, nous montre
Mlle Sarah Bernhardt dans dix-sept at-
titudes diverses, tantôt flânant dans les
nuages, tantôt retirant ses bottes ou rac-
commodant ses chaises, en costume de
garçon. Et les inconséquences du crayon
ne sont rien à côté de celles de la plu-
me. Cette chaise qui raconte ses mé-
moires et qui, à c haque fois qu'elle est
« aveuglée par un flot de dentelles », en
conclut que Dona Sol est assise fur
elle, tient des propos d'une extravagance
inouïe. Son attention estéveillée et clouée
par la voix d'or de Dena Sol, qui dit :
« Ah 1 elle .'Iulltn! » H paraît que la-
dite ebaise a ses invalides (comme
aveugle sans doute), dans un caveau
qui existe quelque part chez Mlle Sarah
l Bernhardt, qui s'appelle « le caveau des
squvenirs s), et qui est « très-grand *.
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McitMajt d'umances : MM. UGliNGE, OW et QI
6, Place de la Bourse, G
BULLETIN û
—— y * -
Parts, 30 jûin 1879. ,
Rieè ne, semble encore décidé relative-
ment a résidence d'Isrnaïl Pacha. Les
consul^ comme nous l'avons dit hier. ré-
elameU7, son départ immédiat, et îe sultan
s oppo se à en qu'il vienne habiter Cons-
tanti'jople. Uaedépêîbe nous annonce que
le Cf Jnseil des mipJstres ottomans s'est
rWiDi de nouveau pour'esaminer cette
Question, mais 'Bile ne nous indique pas
---- -,. - 1 , - - -
quelle résolution a été prise. Probablement
aucune, et il y a lieu de penser que les
scènes orageuses qui ont précédé au con-
seil des ministres la signature, par le sul-
tan, de l'inné relatif à l'abdication ti'Is-
mail, se S'ont renouvelées. En tout cas il
taut que cette question soit résolne à bref
délai, car il est évident qu la présence de
n'ex-souverain au Caire rjeut donner lieu à
de nouvelles compilcations.
^pôchf>s du Caire annoncent que
Chérif Pacha, a été chargé de la formation
d'uii nouveau cabinet. Celui-ci n'aura,
sans a'àcun doute, qu'un caractère proYI-
Bolrt-.: le ministère définitif ne pourra, en
ew.et, être installé que lorsque les puissan-
ces se seront entendues entre elles et avec
le khédive sur la réorganisation de l'ad-
ministration égyptienne et sur les moyens
de contrôler la ge^lon.
Les Journaux allemands et autrichiens
s'occupent. da la question égyptienne et se
!1IlOntreD:t presque tous satisfaits de la so-
lotion qu'elle a reçue. La Gazette de l'Al.
lemagne du Nord fait remarquer à ce su-
jet que les incidents qui viennent de se
produire en Egypte ont montré assez clai-
rement que la France et l'Angleterre sont
d'accord eu ce qui touche à leur politique
égyptienne et que le dissentiment auquel
la presse a fait allusion n'exista pas en
réalité. « Cet accord seul, ajoute la Ga.
zette de CAllemagne du Nord, a pa con-
duire au but II avait, d'ailleurs, la condi-
tion préalable de l'appui que l'Allemagne
et l'Autricbe ont donné aux puissances
occidentales lors de leurs récentes démar-
ches en Egypte. En ce qui concerne l'Al-
lemagne, nous ne pouvons que nous féli-
citer de cet accord, qui est la meilleure
garantie du maintien de la paix et de
l'ordre en Orient. » Les journaux autri-
chiens expriment leur contentement de
ce que, oar la déposition du khédive, l'Au-
triche-Hongrie ait été mise à môme de
faire valoir son influence.
La Porte a enfin cédé aux soUicititions
des puissances, et elle se décide à nom-
mer des commissaires chargés de discuter
la question de la rectification des frontiè-
res grecques. Ces commissaires doivent
être nommés aujourd'hui, mais on n'indi-
que pas encore a quelle ëüqtle commen-
ceront les conférences.
Une dépêche signale un soulèvement
des habitants de la province de Khotam
contre les Chinois, dont un grand nombre
auraient été naaaswrés.
E. BUBID.
-— »
Bourse de Paris
rontx Bomtsc BV un a
8 8/0 amortissable.. 85 fr., 85 fr. 10.
*0/0. 81 fr. 95, 82 07, 1/î.
8 0/0 116 fï. 05,03 3/4,8 3/4,12 1/?.
Tare is fr 05,15
Banque ottomans.. 510fr. 62,511 25.
IflYp\a 6 010 241 T*. 87, 244 37, 243 75
Chemfns êgyptionl. 363 fr. 75.
aon~rem. 83 fr. 13/16, 7/8.
Itailena.. 81 fr. 75.
Nous avons dit combien il nous sem-
blerait important d'adapter la loi Tréve-
neue au régime établi par la constitution
de 1875, et de la refondre dans la loi
même qui va fixer les conditions de la
Résidence des Chambres à Paris. Un ho-
norable sénateur, M. Foucher de Careil,
s'est inquiété comme nous de cette ques-
tion, qui est si grave, et qui a été mal-
heureusement négligée par le rédacteur
du projet de loi sur la résidence des Cham-
bres et par la commission sénatoriale
qui examine ce projet. M. Foucher
de Careil a donc présenté un amendement
que bous jugions indispensable et qui,
nou. en avons l'espoir, sera introduit
datfs la loi. Nous n'en possédons pas
jusqu'à présent le texte même; mais on a
vu, par l'analyse qui en a été donnée
dans nos informations parlementaires,
que cet amendement de M. Foucher de
Gareil répond tout à fait aux préoccupa-
tions des républicains, qui comme nous,
croient nécessaire non - seulement de
maintenir, mais de consacrer de nou-
veau la loi Tréveneuc. Ce que BOUS n'a-
vons pu voir sans surprise, c'est que, dès
hier, un de nos confrères républicains
se soit aventuré à dire qu'on pourrait
faire bon marché de l'amendement Fou-
cher de Gareil. « L'amendement de M.
Foucher de Careil, écrit-il, sera évidem-
ment repoussé, parce que ses collègues
de la gauche estiment qu'il n'a aucunerai-
son d'être dans la situation actuelle. «Voilà
une étraoge raison 1 Comment! parce que
la situation actuelle est régulière et calme,
il ne faut pas prévoir le cas d'unie situa-
tion violente et troublée ? Cela nous pa-
raît un non-sens tellement monstrueux
que nous renonçons à comprendre com-
ment une pareille appréciation a pu
échapper à l'esprit ordinairement si
juste et si droit de notre confrère. Ainsi
voilà cette loi Tréveneuc à qui nous de-
vons la meilleure sauvegarde qu'il y ait ja-
mais eu dans notre pays contre les tenta-
tivesda coup d'Etat ; incidemment, et par
une évidente distraction, les auteurs du
nouveau projet sur le retour des Cham-
bres à Paris menacent de la bouleverser ;
on s'en aperçoit, on le dit, on il1v!te le
Sénat à parer au danger en introduisant
dans le nouveau projet l'amendement le
p'us simple du monde; il semble que cela
devrait aller tout seul: et cependant notre
confrère affirme dans un entrefilet de qua-
tre lignes que l'amendement Foucher de
Careil n'a pas de raison d'être et qu'il
sera évidemment repoussé 1 S'il en était
ainsi, il faudrait avouer que le Sénat com-
mettrait de gaîté de cœur uneimprudence
bien gratuite. Admettons que jamais nous
ce devions nous trouver dans des cir-
constances où nous ayons besoin de la loi
Tréveneuc : à qui et à quoi cela nuit-il
qu"on la maintienne ? Si - l'on ne s'en sert
pas, elle ne gênera personne. Mais com-
bien nous repentirions-nous,— si un jour
nous avions besoin de nous en servir, au
contraire, — combiennous repentirions-
nous de la légèreté imprévoyante qui
nous l'aurait fait abroger ! Faut-il dé-
manteler nos forteresses parce qu'à pré-
sent nous ne sommes pas en état de
guerre ? Quelle folie! s'écrierait-on. Eh i
bien, commeot ne voit-on pas que ce
serait une folie pareille d'abaodooner la
loi Tréveneuc sous prétexte qu'elle ne
peut nous servir à rien dans l'instant
actuel ?
- EUG. LIÉBIRT.
• —_ ijm— ii
1874-1879
C'est aujourd'hui à dix heures, à ce que
nous apprend le Pays que le groupe de
l'Appel au peuple se réunit pour prendre
connaissance du testament de l'ex-prince
impérial.
M. Paul de Cassagnac dit à ce sujet :
« Il s'agit de savoir quel est le reprê-
» sentant désormais des droits politiques
» de Napoléon I", de Napoléon III et dq
» prince impérial.
» Quel sera notre prétendant? j
» Quel sera notre empereur ?
» Mon opinion, on la connaît » >
M. Paul de Cassagnac a raison : son opi-
nion, on la connaît, bien qu'il ne l'ait ex-
primée qu'une fois, dans le premier mo-
ment d'effarement qui a suivi la mort de
l'ex-prince impérial, et qu'il n'y soit plus
revenu depuis. Le Pays, ce jour-là, mit
en avant la candidature du prince Victor,
fils a-tué du prince Napoléon.
Dans son article d'hier, M. Paul de
Cassagnac donne à entendre que ce matin,
à la réunion de l'Appel au peuple, Il sou-
tiendra son candIdat, qui était, telon lui,
le candidat de l'ex-prince impérial.
Ce faisant, M. Paul de Cassagnac ou-
bliera, comme il l'oubliait l'autre jour
dans le Pays, la phrase suivante, qu'il nous
permettra de lui remettre sous les yeux :
« Je n'ai jamais nié l'hérédité dans une
» famille. Ainsi, la France peut parfaite-
» ment rejeter les Napoléon. Mals les Na-
» poléon étant rappelas, UN PAINCE: DE LA
» FAMILLE N'A PAS LE DROIT DE SE SUBSTITUER
» A L'HÉRITIER NATUÏUBL ET LÉGITIME. »
Cela était écrit dans le Pays du vendredi
25 septembre 1874, et signé : Paul de Cas-
sagnac !
Or, d'après les constitutions impériales,
qui pour nous sont sans valeur, mais qui
sont l'évangile du parti bonapartiste,
« l'héritier naturel et légitime » est ac-
tuellement le prince Napoléon.
Si donc, M. Paul de Cassagnac est logi-
que avec lui-même, s'il ne veut pas don-
ner un démenti & ce qu'il écrivait ea 1874,
il doit se rallier aujourd'hui au prince Na-
poléon et emboîter le pas derrière lui.
Le fera-t il ?
Nous le saurons ce soir.
————— —————.
Instituteurs ou Séminaristes?
Il nous semblait cependant avoir lu
au sujet des processions de la Fête-Dieu
des circulaires du ministre de l'intérieur,
du ministre de la marine, qui ne lais-
saient place à nulle équivoque 1 II y était
dit fort clairement que l'Etat entendait
respecter la liberté de conscience de tous
les fonctionnaires ; que ceux auxquels il
phisait individuellement de s'associer
aux processions catholiques en étaient
les maîtres ; mais que personne, à cette
occasion, ne pourrait être commandé
comme pour un service public et obliga-
toire.
Le cabinet n'a pas deux doctrines. Ce
qu'ont prescrit trois ministres a été éga-
lement prescrit par leurs collègues, ou
s'ils n'ont pas donné d'ordre, leur silence
n'était pas difficile à interpréter. Com-
ment donc le fait que nous signale le Pro-
grès de la Somme a-t-il pu se passer? Les
élèves de l'école normale d'Amiens ont
été employés à grossir et à orner le cor-
tége de la procession de l'église Saint-
Jacques. Les uns portaient la chape et
chantaient, les autres figuraient en blancs
surplis comme des sacristains ; d'autres
ont tenu les portants du dais.L'école nor-
male de la Somme n'est pas cependant une
succursale de Saiot-Acheul, c'est un éta-
blissement laïque dirigé par un laïque.Elle
fait partie de l'Université.Comment le di-
recteur de cette Ecole, comment M. l'ins-
pecteur d'académie se sont-Ils prêtés au
rôle officiel assigné dans une cérémonie
religieuse pub ique h leurs élèves-maîtres?
Rien n'empêchait que ceux qui voulaient
suivre la procession la suivissent, on
pouvait accorder que ceux-là eussent dans
le cortège une place spéciale: mais trans-
former en séminaristes et en grands en-
fants de chœurs nos instituteurs de de-
main, les affubler d'ornements d'église et
de chemises blanches dans une pompe
catholique, de quoi donc servent les cir-
culaires ministérielles si ces choses con-
tinuent à se faire en 1879 aussi bien que
sous Je 24 mai ou le 16 mai?
Je sais bien que l'on a essayé de dorer
la pilule aux normaliens de la Somme.
Au retour de la fête, on leur a offert
un souper plus soigné qu'à l'ordinaire.
Au dessert, ils ont même vu des giteaux
apparaître sur les tables. Tout cela n'em-
pêche pas qu'une corvée soit une corvée
et que l'autorité universitaire ne se soit
laissée aller là à une faiblesse coupable.
C'est toujours le même système tant de
fois relevé déik et contre lequel en ne
réclamera jamais assez jusqu'à ce qu'il
ait achevé de disparaître : l'école mise
sous la dépendance de l'autorité confes-
sionnelle. On habille le dimanche les
élèves de nos écoles normales en soutane
et en robe blanche : on les emploie à
servir la messe, à balancer les encen-
soirs, à chanter les offices; aux jours
des processions, on leur donne place
et rang parmi les lévites sacrés.
Cela» y n'est-il pas logique, en effet?
Ne les destine-t-on pas, une fois leur
temps d'école fini, à chanter au lutrin
dans les paroisses où ils seront envoyés,
à faire besogne de sacristain, balayer
l'église, faire la toilette de l'autel, son-
ner les baptêmes, les mariages et les en-
terrements? L'instituteur devient le servi-
teur de M. le curé, et gare à lui si M. le
curé n'est p.s content 1 M. le curé est
chargé par Mgr l'évêque — la preuve
nous en était donnée l'autre jour — de
rédiger des Dotes sur l'instituteur et de
les envoyer à l'évêché. C'est à l'évêché
qu'est le vrai maître de l'instituteur, celui
qui surtout décide de son avenir.
Durant près d'un demi-siècle les cho-
ses en France se sont passées ainsi. Ce
sera l'honneur de la République d'avoir
donné aux maîtres de l'enfance l'iodé-
pendance morale comme le bien-être ma-
tériel. Nous protesterions si l'on voulait
empêcher un seul d'entre eux d'être
croyant, pieux même, de pratiquer libre-
ment sa foi ; mais nous protestons de
toutes nos forces, puisqu'il est besoin de
le faire encore, contre cette confusion,
volontairement prolongée, de l'éco!e et
de la sacr istie, et nous demandons qu'on
ne déguise plus nos élèves-maîtres en fi-
gurante d'une représentation d'Athalie.
CHARLES BIGOT.
L'EXACMM DU DEVOIR
Vous l'avez lu, dans le journal d'hier,
cet étrange jugement en vertu duquel
l'abbé Galbin vient d'être acquitté par le
tribunal de La Flèche ! Que de réflexioas
ont dû faire les mères de famille en lisant
les considérants sur lesquels il se fonde 1
« Attendu, ont dit les juges, que tous
les faits de la cause ont démontré jusqu'à
l'évidence que l'abbé Gaibin a pu s'exa-
gérer ses devoirs de prêtre. »
Et quels étaient donc ses devoirs de
prilre 1
Ses devoirs, le jugement le reconnaît
lui-même, et je ne me servirai que des
expressions qu'il a employées, ses de-
voirs, c'était de prendre à part les petites
filles de douze à treize ans. et de leur
parler de toutes sortes de choses parfai-
tement déshonnêtes, sous prétexte d'en
détourner leurs pensées. C'était de leur
adresser une foule de questions scabreu-
ses sur des sujets que ces petites filles
ignoraient peut-être et qu'il eût mieux
valu à coup tûr leur laisser ignorer.
C'était en un mot de s'entretenir libre-
ment avec elles d'objets que les mères
elles-mêmes, dans leurs p'us secrets
épanchements, craignent d'effleurer, par
crainte de ternir de l'ombre d'une idée
mauvaise la chasteté de leur enfant.
Et quelle était l'exagération de ce de-
voir?
L'exagération, c'était de prendre les
petites filles sur ses genoux, sans que
leurs pieds quittassent terre, notez ce
point ci, car s'il les eût assises autre-
ment, c'eût été sans doute le comble de
l'exagération ; c'était de les embrasser,
c'était. Mais ici, je ne puis parler de
moi-même, il faut que je me réfugie dans
la prose de messieurs les juges de La
Flèche :
« Considérant que, pour prémunir les jeu-
nes filles contre les attentats dont elles peu-
vent être l'objet, l'abbé Galbta leur a parié
souvent d'actes contraires & la pndenr, qu'il
les a engagées à ne pas se laisser corrompre
par les petits garçons, et que pour mieux 28
faire coaapreodfe il a pu indiquer aux enfants,
par dessus leurs vêtements, les parties du
corps qu'elles ne devaient pas toucher »
Ça, c'est l'exagération du devoir. Le
comble de l'exagération eût été sans
doute d'indiquer autrement ces parties du
corps. L'abbé Galbin n'est pas allé jus-
ques-là. Il a exagéré l'idée qu'il se fait de
ses devoirs de prêtre. Mais à Dieu ne
plaise qu'il pousse plus loin 1
Ainsi un autre exemple, et permettez-
moi de me borner à prendre les termes
mêmes du jugement. La matière est trop
délicate pour que je hasarde rien de mon
crû en cette affaire :
Considérant que Marie Bouteloup avait aucsl
racooté à Cécile Rouseouii, sa cousine, que
1 abbê CMbln lui avait porté ls, mains au sfio,
fin lui démaillant si ella étilt chatouilleuse
et s'il y avait longtemps qu'elle n'avait seDtl
certains frémissements ; mais, considérant
qu'à l'audunce, Il a été impossible d'avoir une
réponse précise sor ce point de la part de
l eufant; que, confrontée avec Cécile Rousseau,
elta a d'abord répondu qu'elle n'avait pas dit la
vérité A sa cousine, que le prêtre s'était borné
à lui portH légèrement la main à la poitrine
en lui disant de ne pas se laisser
Ici le journaliste qui relate le jugement
a cru devoir mettre une ligne de points,
tant la phrase de l'abbé lui a paru cy-
ntque.
Il faut croire que cet estimable prêtre,
qui a la main si légère, a la parole un
peu grasse et lourde. Que diable a-t-il pu
lui dire? Il me semble que c'était déjà
fort joli comme ce!a. de lui parler des
frémissements qu'elle avait sentis. Où
étaient cette fois l'exagération du devoir
et le comble de l'exagération?
Parlons d'un ton plus sérieux, car la
chose est sérieuse. Je ne proteste point
contre cet acquittement. Il peut se faire,
en effet, que dans tout cela il n'y ait pas
de délit d'outrage à la pudeur tel que no
tre Code l'a caractérisé, et si les magis-
trats en ont jugé ainsi, ils ont eu raison
d'acquitter l'abbé.
Mais n'est-ce pas là la condamnation
la plus éclatante qu'il y ait jamais eu
de la confession auriculaire ?
Quoil c'est le devoir d'un prêtre d'em-
mener des fillettes de douze ans soit dans
la sacristie, soit dans. son cabinet, et là.
tout seuls, de leur chuchoter tout bas, à
l'oreille, avec gestes à l'appui, tous les
secrets de i'impudicitél L'intention est
excellente; il s'agit de Jes prévenir et de
les mettre en garde ! je n'en doute point.
Mais, diantre ! le remède préventif est
plus dangereux que le mal même, et ce
serait le cas de répéter ici la phrase cé-
lèbre de l'Ecriture : quis custodiet eus-
to iem ipsum?
Comment les .mères de famille se ré-
signent-elles, anrès tant de scandales, à
confier encore 1-urs filles à des prêtres
catholiques? Ea voici un qui était inno-
cent, puisqu'il a été acquitté. Il n'était
coupable crue d'une exagération de zèle
pieux. En bien ! y a.t.ij une mère qui ne
frémisse point à la seule pensée que sa
fille aurait pu être victime de ce zèle
exagéré?
Nombre de prêtres se gardent' de ces
exagérations dans la façon de compren-
dre les devoirs du confesseur. Je n'en
fils aucun doute. Mais où est la limite ?
elle est bien difficile à observer. La chose
certaine, c'est que l'enfant, remise aux
mains du prêtre, enfermée avec lui dans
cette petite boite qu'on appelle un confes-
sionnal, ou même assise près de lui, sur
ses genoux, sans que ses pieds quittent
terre, cause avec cet homme, le plus
souvent jeune, robuste, et qui a la tête
farcie des horreurs du manuel de la con-
fession, de tout ce qui n'est point chaste
et, pur. Au cas où le prêtre, lui, resterait
toujours froid, est-il étonnant qu'elle, sa
petite imagination s'allume et que son
être s'éveiUe? C'est le contraire qui se-
rait étrapge.
Lisez ce jugement, ô mères de famille !
lisez le ; vous ne pouvez soupçonner les
jug:-.s de parti pris irréligieux, puisqu'ils
ont acquitté l'abbé, qui, lui, s'était con-
damné en prenant la fuite. Eh bien ! tirez
des considérants sur lesquels a été mo-
tivé l'acquittement toutes les conséquent
ces qu'it comporte.
Souvenez-vous et méfiez-vous.
FRANCISQUE SAResr.
————- .———
Le Moniteur universel a reçu du minis-
tère de la justice lé communiqué suivant:
Dans son numéro du 21 jolin, le journal le
Moniteur universel publie un article duquel Il
résulte que quelques jours auparavant « un
attentat aurait été commis sur la personne de
S. G. l'archevêque da Bourgs »; «,,. qu'an
moment où la voiture df Sa Grandeur recnralt
à l'archevéobé, trois coups de jevtlffer au-
ratent été tirés, que les trois balles auraient
traversé la capote de la volrure. mais n'aitsl-
golrtnt heureusement pas l'archevêque » Ce
reelt ett de pure invention. Valcl probable.
ment quel en aura été le prétexte : le 12 jula
courant, vers dix heures quarante-cinq du
soir, une détonation fat entendue aux envi-
rons de la cathédrale de Bonrges, notamment
parler domestiques de l'archevêché qui néan
moins ne se dérangè'ent même pas Le len-
demain seulement, 1 un d'eux «.ytot voulu se
rendre compte de M qui 'était passé la 8111e,
trouva sous rare-botitant de la cathédrale les
débris d'une des petlies boites en bois qui ser-
vent dans le commerce à contenir l'ellxir de
la Grande Chartreuse et quelques fragments
représentant, suivant l'expretsion du rapport
de l'ejpert commis pour les eJamtner, c une
deml-buita de cartouches A balles du fusil
chassfpot et le rectangle à oreilles d'une boîte
de cartouches à balles. » On Ignore quelle a
été la cause de cette explosion produite pro.
blement par des cartouches & blan. mais on
sait que les grands établissement militaires
de Bourges permettent aux ouvriers d'avoir
lu engins nécessaires à ces détonations lnof-
senaives deux jours avant cel'e de la place
de l'archevêché, une détonation semblable
avait eu lieu dans un autre quartier, cours
Saint Louis.
Ea ce qui concerne Mgr l'archevêque de
Bourges, il était en efff sorti dans la soirée
du 12 juin, mais il élaU déjà rentré à son hô-
tel et ses chevaux étaient detelés lorsiue l'ex-
plosion eut Uau dans un endroit d'ailleurs
assez étolgH5 de la route qa'avalt suivie sa
voiture et séparé d'elle par l'épaisseur d'une
muraille de quatre mètres.
On s'étonnera à bon droit que des journaux
puissent transformer an incident de cettill na-
ture en attentat commis cootre Mgr l'arche-
vêque de Bonrges, et de la facilite avec la*
quelle ils accueillent les fausses nouvelles.
Les journaux cléricaux, qui, tous, ont
accueilli avec une si grande facilité cette
fausse nouvelle, s'empresseront, nous n'en
doutons pas, de reproduire ce commu-
niqué.
INFORMATIONS
Nous apprenons avec regret la mort de
M. Christophe, député de la Drôme, décé-
dé hier à Valence.
M. Christophe siégeait à l'Union répu-
blicaine.
On nous assure, et nous ne reprodui-
sons la nouvelle que parcs qu'elle nous est
donnée par une persoone signe de foi,
que le prince Napoléon aurait fait faire
par un de ses amis une démarche auprès
du président de la République pour l'as-
surer qu'en aucun cas il ne consentirait à
jouer le rôle de prétendant que les bona-
partistes voulaient lui imposer.
Le prince Napoléon aurait fait saTofr"
M. Grévy qu'il n'entendait en rien être
une gêne pour le gouvernement de la Ré-
publique : que selon lui, le parti impé-
rialiste n'avait aucune raison d'être du
vivant même de l'ex-prince impérial, et
qu'à plus forte raison était il msenfcé de
vouloir lè maintenir même après la mort
de son chef.
On dit aussi que le prince Napoléon, &
qui le testament de l'ex-priace impérial a
été communiqué, a l'intention de l'atta-
quer devant les tribunaux. Il parait, en
effet, que ce testament institue fex-impé-
ratrice Eugénie légataire universelle de
tous les biens du défunt. Le prince Ne-
poléon voudrait faire valoir certains droits
qu'il prétend avoir sur divers objets de
famille ayant appartenu successivement à
Napoléon III et à son fils.
Le mouvement administratif concernant
les sous-préfectures d'Algérie parat/ra
dtns quelques jours au Journal officiel
Le gouverneur général, M. Albert Grévy.
et M. le ministre de l'intérieur sont tom'
feuilleton du XIX* SIÊC&9
Du 1er Juillet lm. ;
CAUSERIE
DRAMATIQUE
Les comédiens et les chanteurs français à
Londres. — Bibliographie : Rêlani furieux,
illustré pajr M. G. Doré. - La Renaissance
en France, par M. L. Palustra. ¡'
A mon très grand regret, je n'ai pu me
rendre à Londres, pendant le séjour de la
Comédie-Française. Nos lecteurs n'ont
pas eu à s'en plaindre, puisque Sarcey
leur a raconté ses impressions d'outre-
Manche ; mais je n'en suis pas moins
marri pour mon propre compte. Rien ne
m'eût été plus agréable et plus profttable
que d'assister à ce défilé presque com-
plet du répertoire de la Comédie, devant
un public autre que le public ordinaire.
Il faut me contenter de renseignements
de seconde main. D'une façon générale,
on peut dire que le très grand succès a
été pour le vieux répertoire, et que lp
théâtre contemporain a été plus froide-
ment accueilli, ou plus discuté. Cela de-
vait être. Le vieux répertoire est fait de
comédies de caractère, pour la plupart,
qui sont dans le goût de l'Angleterre, où
Molière a laissé une longue lignée d'imi-
tateurs. Ses comédies datent peu, ou, du
moins, rappellent une époque connue,
des mœurs de cour, identiques chez pres-
que tous les peuples de 1 Europe, ou
mieux encore, des mœurs convenues,
purement littéraires. L'Ecole des Maris,
par exemple, se passe on ne sait où, on
ne sait quand, et le cœur humain y est
étudié dans ses éléments fixes et absolus.
La comédie de mœurs contemporaine,
qui adopte rarement un caractère unique
comme pivot et centre de son action, vit
d'incidents et d'observations dont le dé-
tail, souvent trop fia, peut échapper à
d'autres qu'à des Parisiens. Et quant au
théâtre de M. A. Dumas, celui de sos au
teurs dramatiques qui a le moins bien
réussi chez les Anglais, chacun sent
qu'il a un côté tout particulier, au-
quel il faut être fait. Les lois, en An
gleterre, suivent assez docilement l'o-
pinion. Si la censure, qui existe dans ce
libre pays plus rigoureusement que chez
nous, a pu souvent interdire sur les scè-
nes anglaises telle ou telle pièce de
M. A. Dumas, c'est que ces pièces étaient
peu goûtées et choquaient les habitudes
d'esprit de nos voisins. Ce n'est pas que
les Londoniens aient une pruderie plus
grande que nous, ni une vertu bien farou-
che. Sans parler des grossièretés de
Shakespeare, consacrées par la tradition
comme certains mots un peu verts de
notre tàolfôre, tes Anglais ont des spec-
tacles fout à fait décolletés et des exhi-
bitions de tableaux vivants, entre autres,
tout à fait impudiques. Mais, s'ils font la
part belle, trop belle même, à un sensua-
lisme brutal, ils tolèrent difficilement la
discussion, même élevée, sur tout ce qui
touche à la famille, au mariage, à l'adul-
tère. Ils font un peu, au point de vue des
mœurs, comme ils font pour la table. Le
dîner que préside la maîtresse de maison
est simple, peu varié, et on n'y boit guère:
puis, le dessert enlevé, arrivent les
Clarets et les Porto, dont il n'est pas trop
mabéant d'abuser un peu. J'aime mieux la
méthode française, et pour les specta-
cles et pour les dîners. Elle est plus li-
bre, plus raffinée et plus agréable. Mais
il faut prendre les peuples comme ils
sont et, surtout, ne pas leur en vouloir
trop de n'être pas comme nous-mê-
mes.
Le séjour de la Comédie Française a
Londres a été marqué par un incident,
dont Mlle Sarah Bernhardt est l'héroïne.
La bombe a éclaté 1 Je veux dire que Mlle
Sarah Bernhardt, vivement attaquée par
presque tous les journaux, a menacé de
se retirer de la Comédie-Française. Her-
mione a offert de rendre son peplum, du
moins, elle le dit, dans une lettre adres-
sée au Figaro, ce matin. Je n'en crois pas
un traître mot. Le coup de tête serait fâ-
cheux pour tout le monde, et les choses
n'en sont pas encore venues à cette extré-
mité. La lettre adressée à M. Wolff, qui
avait accusé amèrement la sociétaire de
la Comédie d'avoir coupé la queue à
4ous les chiens d'Athènes, restera sans
suites. Mais fai étâ enbhanté de la
lire, parce quelle nous montre que l'a-
vertissement de l'opinion a été assez fort
pour frapper l'oreille de Mlle Sarah Bern-
hardt, jusque dans les nuages qu'elle ha-
bite volontiers, même quand elle n'est
pas en ballon. *
J'ai dit quelquefois que c'était une mau-
vaise habitude de chercher à connaître,
comme nous le faisons, les façons des
gens de théâtre dans leur vie privée ; que
leurs mœurs bonnes ou mauvaises, régu-
lières ou folles, ne nous regardaient pas,
et qu'il était tout aussi injuste et ridicule
d'applaudir une actrice pour ses vertus
de famille que de la siffler pour ses dé-
bordements. Mais cette ignorance abso-
lue de la personnalité des comédiens est
un idéal, et, comme tel, comporte de nom-
breux tempéraments. Pour qu'on puisse
respecter l'incognito de leur vie en dehors
du théâtre, il est nécessaire que le tbéâ -
tre ne se ressente pas des agitations de
cette vie ; et pour que le mur métapho-
rique de la vie privée soit respecté du
public, il faut que ce mur soit un mur
et ne soit pas tapissé d'affiches et percé
de fenêtres par lesquelles on tire desftux
d'artitice et on joue du cor de chasse.
Or, pour ce qui touche Mlle Sarah Bern-
hardt, il semble qu'elle se soit mis à
plaisir dans le cas d'occuper le public,
à titre légitime, de ses faits et gestes. Il
est incontestable que les fatigues qu'elle
s'impose, en dehors de la tâche déjà fort
lourde des comédiens à Londres, qui re-
nouvellent l'affiche presque chaque jour,
nuisent à son talent et font qu'elle ne
donne à l'entreprise de la Comédie qu'un
tàêüm inmttsfaJltil MIIé Sèralt Ban,
hardt se plaint, dans sa lettre, qu'on
veuille lui arracher, par je ne sais quelle
intrigue, le drapeau de la maison de Mo-
lière. Mais ne le tient-elle pas trop mol-
lement entre ses mains lasses ? Molière,
malade, jouait encore pour ne pas nuire
aux intérêts de sa troupe ; on sait l'his-
toire du relâche subit imposé par Mlle
Sarah Bernhardt à ses camarades dépi-
tés.D'autres fois, me dit un des assistants,
elle a joué comme les grands ténors ré-
pètent, les mains dans les poches, disant
les mots du rôle, réservant l'accent et le
geste. Ces défaillances s'expliquent,
assure-t-on, par les succès qu'a Mlle
Sarah Bernhardt dans les salons de
Londres. A jouer sur les théâtres de
société, elle se surmène et s'épuise.
Et elle en agit de la sorte, nous dit-
elle, parce qu'elle est mal payée à la Co-
médie-Française, et qu'il lui faut « com-
bler la d'ffèrence ». Ah ! la pauvre fem-
me ! aurait dit Orgon, qui a un hôtel
pour grenier et des robes de dentelles
pour cache-misère !
La vérité est que Mlle Sarah Bernhardt
est une femme douée à merveil'e, mais
qui s'est laissé emporter hors des voies
de la raison et du bon sens. Clle a pris
pour devise un orgueilleux quand même
qui pourrait bien servir, un jour, à M.
Perrin pour lui dire : « guandmême vous
vous en iriez, la Comédie n'en périrait
pas pour oela. » Elle a fatigué, excédé le
public de sa personnalité, exaltée par
ses
« Détestables flatteurs, prisent le pins faxeete *
que le ciel puisse flaire à une artiste. Et
vraiment, la Comédie est trop forte,
quand, d'un air innocent, Mile Sarah
Bernhardt vient nous dire que ses cos
tumes masculins, ses habitudes, ses bê-
tes et ses gens, ses voyages aériens, ses
caprices de tout genre ne nous regar-
dent pas. N'est ce pas elle qui soli-
cite notre attention? N'est-ce pas elle
qui a imprimé et donné au public un li-
vre tout à fait ridicule : Impressions
d'une chaise,' sur lequel s'étaient tus les
vrais amis de son talent, sentant gron-
der l'orage qui éclate aujourd'hui et es-
pérant le conjurer en faisant le silence
sur de dangereuses extravagances? Ce
livre, dont on peut parler aujourd'hui
sans inconvénients, comme on peut par-
ler des premiers symptômes d'un mal
lorsque la crise a éclaté qui doit guérir
ou emporter le malade, nous montre
Mlle Sarah Bernhardt dans dix-sept at-
titudes diverses, tantôt flânant dans les
nuages, tantôt retirant ses bottes ou rac-
commodant ses chaises, en costume de
garçon. Et les inconséquences du crayon
ne sont rien à côté de celles de la plu-
me. Cette chaise qui raconte ses mé-
moires et qui, à c haque fois qu'elle est
« aveuglée par un flot de dentelles », en
conclut que Dona Sol est assise fur
elle, tient des propos d'une extravagance
inouïe. Son attention estéveillée et clouée
par la voix d'or de Dena Sol, qui dit :
« Ah 1 elle .'Iulltn! » H paraît que la-
dite ebaise a ses invalides (comme
aveugle sans doute), dans un caveau
qui existe quelque part chez Mlle Sarah
l Bernhardt, qui s'appelle « le caveau des
squvenirs s), et qui est « très-grand *.
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