Titre : L'Aurore : littéraire, artistique, sociale / dir. Ernest Vaughan ; réd. Georges Clemenceau
Éditeur : L'Aurore (Paris)
Date d'édition : 1911-06-30
Contributeur : Vaughan, Ernest (1841-1929). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 30 juin 1911 30 juin 1911
Description : 1911/06/30 (Numéro 4977). 1911/06/30 (Numéro 4977).
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2011
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L'AURORE
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18, m» Notr^-Datnc-dca-Yiciolres, PARIS
OPINIONS
nation
scientifique
L'aviation est bien A un tournant de
sa carrière. L'ère des grandes randon-
nées de vitesse est close et, de l'avis de
tous, définitivement close. Si brillante
que soient les résultats obtenus, si atta-
chantes et si populaires que soient les
grandes épreuves organisées au cours
de ces deux dernières années, leur uti-
lité semble de plus en plus contestable
Certes, les circuits, depuis le Circuit de
l'Est jusqu'au Circuit Européen, ont sou-
levé l'enthousiasme des foules. Ils ont
stimulé le zèle et l'orgueil des aviateurs.
Ils ont servi, personne ne songe à le
mettre en doute, la cause de l'aviation.
C'est à l'émulation des aviateurs, à leur
courage, parfois bien près de la folie â
folie héroïque â que sont dus en gran-
de partie les progrès réalisés. Mais ces
progrès dans la vitesse et l'endurance
sont aujourd'hui acquis II faut faire au-
tre chose. Il faut créer l'aéroplane prati-
que, l'appareil qui puisse être monté
avec sécurité, une sécurité relative si
l'on veut. Mais tin appareil cependant
équilibré, résistant, le moins possible
soumis â il l'est aujourd'hui aveuglé-
ment â aux mille péripéties qui peu-
vent naître sur sa route.
L'aéroplane ne peut £lre mis aujour-
d'hui sans danger entre les mains d'un
quelconque aviateur. Déjà, les plus ha-
hiles, les plus hardis se trouvent être à
un moment donné, inattendu ,Ie jouet
d'obstacles divers Ils ont parcouru de»
centaines et des milliers de kilomètres
sans éprouver le moindre accroc. Un
beau jour, ils s'envolent, ils n'ont p»s
le temps de s élever à une cinquantaine
de mètres qu'ils tombent. C'est ainsi
qu'un aviateur éprouvé, Lemartin, s'é-
crasa devant les tribunes de Vincennes,
au départ du Circuit Européen. Le même
jour, le malheureux Princeteau meurt
de la plus affreuse des morts. Il est brû-
lé vif. On serait bien en peine de donner
la cause immédiate de ces deux sinis-
tres. Il en est bien d'autres, dont la cau-
se est non moins mystérieuse L'aéro-
plane n'est pas encore, comme la loco-
motive ou le moteur électrique,un appa-
reil connu, qui ne rend que ce qu'on lui
demande, et qui 'ait ce qu'on exige de
lui. Il obéit bien à son conducteur. Mais,
comme ces chevaux emportés qui s'en
«ont briser leur voiture contre un réver-
bère, l'aéroplane brusquement, sans nro-
lif, ou du moins sans motif connu,aban-
donne son allure, capote, tue son mat-
tre et se tue lui-même Pourquoi ? Sur
une cinquantaine de chutes mortelles,
combien d'entre elles ont leur explica-
,ion ? Une douzaine peut-être .
Il faut donc sortir du domaine empi-
â¢ique dans lequel se meut aujourd'hui
l'aviation Plus de courses folles. Plus
de départs sensationnels. La foule y
perdra d'admirables spectacles. Mais 4
quoi sert la foule î A quoi servent
ses applaudissements et ses enthou-
siasmes 1 Les organisateurs seuls en
recueillent les profite. Ce n'est pas
parte que des centaines de mille
spectateurs seront accourus il l'aérodro-
me et auront tendu le nez vers le ciel
où filent les grands oiseaux, que l'avia-
tion scientifique, celle qui, seule, doit
aujourd'hui être cultivée, aura avancé
H'un pas. L'aéroplane est, certes, une
admirable machine. Ceux qui le cons-
truisent y mettent tous leurs soins. Les
constructeurs français ont créé une in-
dustrie vraiment remarquable. Il n'en
reste pas moins que l'aéroplone a enco-
re beaucoup de progrès à réaliser. H
faut d'abord qu'il puisse voler lente-
ment. Il faut encore bien d'autres cho-
ses. U» ingénieur de l'Automobile Club,
M. Lumet, a dit avec raison : « L'auto-
mobile n'est devenue pratique que le
jour où on a pu la mettre entre les mains
des conducteurs de taxis » L'aéroplane
ne sera, lui aussi, pratique que lorsque
le premier conducteur venu pourra le
diriger, sans danger. Nous avons encore
du chemin à faire.
Est-ce par les courses de vitesse que
pareil résultat, à tous les points de vue
désirables, peut être atteint ? Non. Une
revue très estimée, la France automobi-
le et aérienne, que dirige notre collabo-
rateur Maurice Chérié, a ouvert à ce su-
jet dans ses colonnes un référendum,
pour lequel les constructeurs d'aéropla-
nes et de moteurs, les membresgeants des clubs d'aviation,les membres
du groupe parlementaire d'aviation, en
un mot tous ceux qu'intéresse sérieuse-
ment la question, étaient invités à don-
ner leur avis sur cette interrogation :
La course de vitesse pure est-elle le meil-
leur moyen de perfectionner l'aéropla-
ne ? Sur environ" trente réponses, les
quatre cinquièmes des personnalités
consultées se prononcèrent pour la né-
gative. C'est là un fait significatif. Dans
le même ordre d'idées. M Mengin, de la
Compagnie Aérienne, estime qu'il faut
accorder beaucoup plus d'importance à
la robustesse des appareils qu'à leur ra-
pidité. En dépit des prouesses, très in-
téressantes, et des tbO kilomètres à
l'heure obtenus, il faut reconnaître,
avec Gabriel Voisin, qu'un appareil
lourd et solide est préférable à un appa-
reil léger et fragile.
. L'avenir de l'aéroplane est tout entier
'dans les expériences rigoureusement
scientifiques,telles que celles qui s'effec-
tuent déjà au laboratoire aérodynami-
que créé à Saint-Cyr par M. Deutsch de
la Meurthe. Une voie ferrée, longue de
'douze à quinze cents mètres supporte
tin chariot qui peut rouler à des vites-
ses égales à celles qu'enregistrent les
appareils volants. A es chariot est relié
un système entraîné à une hauteur de
huit à dix mètres, suffisante pour les
essais de résistance, soit des ailes, soit
de toute autre pièce du fuselage. D'au-
tres essais ont trait à la stabilité, aux di-
vers modes d'attache du moteur au gou-
vernail, etc. D'après les résultais de
ces expériences il sera.possible d'établir
les dimensions, les épaisseurs, les sys-
tèmes de liaisons, destinés à faire face
aux résistances de l'air et du vent.
L'aérodrome de M. Deutsch de la Meur-
the, dont nous ne donnons ici que le
principe, est certainement appelé à fai-
re progresser, en sécurité et en stabilité,
l aéroplane, beaucoup plus que les plus
magnifiques randonnées et que les cir-
cuits les plus applaudis par lu foule.
C'est dans cette voie qu'il faut marcher.
Ne regrettons pas toutefois ce qui a
été fait. L'aéroplane a conquis sa place
par le courage et par la ténacité de ses
premiers pionniers. Mais celte première
étape est franchie. A une autre de lui
succéder. Si l'on veut provoquer l'ému-
lation, qu'on crée des prix pour les
constructeurs, pour le moteur qui mar-
chera le plus longtemps sans accroc,
pour le fuselage qui résistera à telles et
telles pressions,pour l'appareil le mieux
équilibré. Un un mot, négligeons un
peu l'habileté et la hardiesse, pour pro-
téger la construction, qui s'en trouvera
bien. L'aviation est le sport des profes-
sionnels et des amateurs. Il faut qu'elle
devienne le sport de tout le monde. Gr,
nous sommes ainsi faits qup- nous ai-
mons à ne piis nous casser le cou. Quand
on sera sûr de n'y point rester, l'aéro-
plane sera la vraie voiture aérienne rte
tous. Et on ne peut atteindre ce but
qu'en se consacrant désormais à l'avia-
tion scientifique et raisonnée.
HENRI LA VERONE.
VERS L ENTENTE
La réunion des groupes de gauche, qui
s'est tenue hier à la Chambre, a décidé de
nommer une commission spéciale de
vingt-quatre membres â douze propor-
tionnai istes et douze antiproportionna-
listes â qui étudiera le texte d'un projet
transactionnel de réforme électorale.
Parmi ceux qui ont émis leur avis, MM.
Millerand, Cochery, Dalimier, d'autres
encore, ont insisté sur la nécessité de
l'accord entre tous les républicains. La
résolution d'hier est donc, après celles
déjà prises par îa gauche radicale et par
le groupe radical-socialiste, un nouveau
pas vers l'entente indispensable. Cette"
entente est aujourd'hui assurée. Propor-
tionnai istes et majoritaires, républicains
s'entend> sont d'ores et déjà persuadés,
â à de rares exceptions près, et ces dissi-
dents se rallieront bien certainement, â
qu'aucune réforme dans le mode de scru-
tin ne se fera sans 'l'entente du grand
parti qui possède la majorité.
Il n'y a pas de réforme possible sans
le parti républicain. C'est ce que M. Mil-
lerand a très nettement déclaré hier.
L'échec de l'amendement Malavialle in-
dique que cette réforme ne peut plus être
retardée. Il faut la faire sans aucune hé-
sitation. Les uns et les autres, propor-
tionnantes et antiproportionnalistes, doi- ;
vent réunir leurs efforts pour découvrir
ce texte transactionnel qui réunira autour
de lui tous les hommes de bonne volonté,
Les uns comme les autres encourraient les
plus graves responsabilités* s'ils s'achar- <
naient à s'enfermer chacun dans sa for-
mule. Il faut savoir, d'un côté et de l'au-
tre, trouver les concessions acceptables,
sans retour vers un passé qui doit être,
dès aujourd'hui,balayé. M. Millerand a
demandé aux antiproportionnalistes de
consentir tous les sacrifices possibles dans
l'intérêt même du parti républicain Ï1 n'y
a pas à douter qu'ifs y consentent.
C'est maintenant à la commission dont
la nomination a été décidée à la réunion
plénière d'hier, d'agir. Et il nous faut
espérer qu'elle saura agir au mieux des
intérêts républicains. Quelques propor-
tionnai istes de marque ont, à la vérité,
pris les devants pour déclarer que le
projet en discussion représentait pour
eux l'extrême limite des concessions pos-
sibles. C'est peut-être là l'avis de M.
Charles Benoist et de ses amis. Mais tel
ne peut être lavis des cent cinquante ré-
publicains qui ont donné leur adhésion
au principe de la proportionnelle, dans
le seul but d'affirmer leur foi en la ré-
forme, se réservant d'en discuter les mo-
dalités. L'es antiproportionnalistes farou-
ches auraient grand tort de ne point se
rallier à une entente. Ils resteraient iso-
lés. Car cette entente est dans l'air. Dé-
sormais aucun effort ne saurait s'y oppo-
ser. Un peu de bonne volonté, ot la paix
sera vite faite entre les deux camps. Une
paix acceptée par tous les républicains
MAXIME VUILLAUME.
AU JOUR LE JOUR
Le Square Saint-Pierre
Il est Question de consacrer deux millions
à l'embellissement du square Saint-Pierre.
Rien de mieux. C'est un coin familier et joli
du Paris nouveau.
Jadis, pourtant, c'était un lieu farouche. Il
n'est point nécessaire de remonter jusqu'à
l'époque lointaine, et d'ailleurs incertaine,
où les saints Denis, Rustique et Eleuthère
gravirent la colline, jusqu'au temple de Mer-
cure où on les fit fouetter et décapiter, La
réalité suffit, sans les légendes. N'est-ce pas
sur cette pente, où l'on a massé quelques ver-
ft dispersé de petits rochers artificiel»*
que se répandirent les hordes normandes
assiégeant Paris, voilà plus de mille ans? Là,
selon le moine Abbon, se distingua «< Eudes
aux armes puissantes, entouré d'un triple
escadron de casques étincelants », Là cam-
pa Chaule* I© Gros avec non armée, Le même
historien-poète nous le dit : pavillons au pied du niont de Mars, en face
de la citadelle des Parisiens. »> Du reste, il
n'était point brave : « A la vue des Normands,
le coeur lui manqua. »
Beaucoup plus tard, sur la forte terrasse de
briques qui avait été élevée sur le versant
méridional de la Butte, Henri IV assiégeant
Paris, rassemblait toute son artillerie. Cepen-
dant, les soldats de son armée commettaient
des actes scandaleux, en compagnie des reli-
gieuses de l'abbaye, â cette abbaye Qu'avait
fondée la pieuse Adélaïde de Savoie... A chef
galant, soldats paillards.
Lieux farouches, plus tard encore, lorsque
le plâtre des carrières fut extrait en grande
quantité. Dans les galeries, sous les voûtes,
les malandrins se cachaient. Combien de dra-
mes nocturnes, d'entreprises criminelles eu-
rent pour théâtre ce terrain tourmenté, soli-
taire. C'est là qu'en 1798, Cuvier découvrit des
ossements fossiles dont il fut fait grand bruit.
Et je n'ai rien dit des embuscades qu'y dres-
saient les bandes d'Armagnacs au début du
quinzième siècle. Ah ! les terrassiers qui trans-
formeront le square remueront une terre histo-
rique !
Voici* enfin, les sièges de 1814 et 1815, et
onze ans après le rattachement des communes
suburbaines à la grande ville, â le grand siè-
ge, la Commune,.,
Par contraste, le square actuel est le rendez-
vous des enfants, bandes pi ai Heu. ses. courses
rapides, des rapins flâneurs, et des dernier?
bohèmes. Des arbres régulièrement plantés
abritent une esplanade où 1« musique mili-
taire attire tous les amateurs du quartier. On
a édifié une petite fontaine rabelaisienne, joie
des uns, scandale des autres. Il y a même une
sorte de cascade. Mais elle sent le moisi, et il
prudent d'en éviter l'approche.,.
Le square Saint-Pierre, presque à pic au-
dessus de la place du môme nom, â l'an-
cienne place Piémontési, avant t86j, du nom
d'un propriétaire qui fut maire de Montmar-
tre, â est néanmoins un des mieux aérés, un
des plus sains de Paris. Au temps de l'abbaye,
on vivait vieux à Montmartre. On citait de
nombreuses centenaires, parmi les nonnes.
L'une d'elles, Pierrette Rouillard, morte en
1612, aurait vu, â ou pu voir, â huit rois de
France et dix-huit papes. Un record.
Lorsque de nouveaux travaux auront modi-
fié un tracé incommode, nettoyé les petits
marécages, tiré parti des morceaux de terrain
inemployés, le square Saint-Pierre, pittores-
que et frais, ser? l'un des plus coquets bou-
quets de verdure de la rive droite, â et le
mieux situé.
Réjouissez-vous, gosses et fillettes, modèles
de Poulbot et de Steinlen 1 On va vous faire
un beau jardin.
F.-Robert Kemp.
Le Préfet
de la Seine
M. Delanney, qui va remplacer M. de Sei-
ves, arrive à la préfecture de la Seine avec
tous les espoirs des Parisiens. Ce n'est pas
Sue nous voulions critiquer l'oeuvre de M.
e Seives. Pendant le temps qu'il a été pré-
fet de la Seine, de grandes choses onl été
faites à Paris. Des travaux formidables, et
tels qu'on n'en avait pas vu de pareils de
mémoire d'homme, ont été conduits avec
une habileté et un esprit de prévision aux-
quels il est juste de rendre hommage.
Certes, le peuple de Paris en a été bien
souvent fort géné pour la circulation des
rues et pour sa commodité. On ne s'est pas
toujours rendu compte des difficultés for-
midables qu'il y avait à surmonter et l'on a
supporté avec quelque impatience les lon-
gueurs forcées de la durée de ces travaux.
Aujoud'hui que tout est h peu prés ter-
miné et que l'on voit l'ensemble, il est facile
de comparer les ennuis avec les difficultés
vaincues et il faut bien reconnaître que,
vraiment, ces ennuis n'ont pas été telle-
ment considérables.
Ceci dit, il est bien certain que, dans ces
dernières années, il y a eu beaucoup à dire
sur le fonctionnement des services adminis-
tratifs de la Ville de Paris. L'opinion publi-
que s'est émue. Une campagne do presse as^
sez vive, et que nous approuvons pour notre
part, a été menee contre certaine directeurs
de services publics. M. de Selves a couvert
son personnel et le conseil municipal, dont
l'autorité n'est pas défendue à Paris et dont
l'initiative est anihilêe complètement par
une organisation municipale fâcheuse, a été
impuissant à obtenir la moindre améliora-
tion.
Nous avons confiance que M. Delanney
aura à coeur de remettre toutes ces choses
au point. Il est jeune, actif, rompu aux
pratiques administratives. 11 a la répu-
tation d'un homme ferme, et qui ne recule
pas devant la responsabilité. Toute sa car-
rière nous donne les garanties les plus sé-
rieuses qu'il aura l'autorité nécessaire ou
bien pour obtenir do ses subordonnés qu'ils
se consacrent entièrement, avec zèle et avec
dévouement, à leurs fonctions, ou bien pour
les remplacer par d'autres qui auront sa
confiance.
Nous souhaitons que M. Delanney com-
prenne que le conseil municipal ne veut pas
rester à l'état de comité consultatif, des ar-
rêta duquel on fait le cas que l'on veut, et
qu'il aura à coeur de mériter, lui aussi, la
confiance et l'approbation du conseil muni-
cipal et de tout le peuple de Paris, par con-
séquent.
ECHOS
LA TEMPERATURE
A Paris, le ciel devient moins nuageux, pres-
que beau. Le vont souffle du sud-sud-ouest au
nord-nord-ouest. La température se relève sen-
siblement. Maximum : 19°7. Minimum : 13H,
Des pluies sont tombées sur le nord de l'Eu-
rope. En France, le temps a été généralement
beau.
La température a monté sur le centre et le
sud du continent ; elle a baisse dans le nord-est.
On notait nier matin 6 à Vardoe, 13 à Celais,
16 ft Paris et à Lyon. 21 à Marseille, 26 à Biskra,
et dans les stations élevées : 16 au puy de Dôme,
14 au monC Ventoux, 10 au pic du Midi.
En France, un temps beau et chaud est pro-
bable.
â x â
A l'Elysée
Le président de la République et Mme Fal-
lieres ont offert hier matin un déjeuner en
l'honneur du général baron Rappe, grand»
croix de la Légion d'honneur,, chef de la mis-
sion suédoise qui vient d'assister aux fêtes du
millénaire normand.
Assistaient à ce déjeuner ï
Le général Happe, le comte Gyldenstolpe, mi-
nistre- de Suède a Paris ; le baron Bonde, grand-
écapp du roi de Suede ; M. Wikstrand, attaché
; d'ambassade secrétaire du général Rappe ; MM,
: Léon Bourgeois et Piéton, sénateur» ; les gené-
; raux Brugere et Niox, M. Mollard, directeur du
protocole» la maison civile et les officiers d'or-
; donnante du président de la République.
â Le président de la Répubîiue et Mme Fal-
lières offriront aujourd'hui, à l'Elysée, un dé-
jeuner en l'honneur du général Tcherbatchef,
commandant l'académie de guerre de Saint-
Pétersbourg.
A ce déjeuner assisteront également le géné-
ral Dubail, chef d'état-major général, et le
général Foche, commandant l'Ecole de
guerre.
Reliques
1 M. Dujardin-Beaumetz a reçu cette lettre
bien douce au coeur d'un ministre de la Répu-
j. blique ;
Paris, 29 juin.
Monsieur le sous-secrétaire d'Etat,
; J'ai le plaisir de vous faire connaître que j'ai
; remis à M. Jean Ajalbert, conservateur du chû-
! 4eau de la Ma [maison, un lit de camp de Napo-
! lôon provenant de Sainte-Hélène, dont Je viens
de faire l'acquisition pour l'offrir a ce musée.
j'ai fait accompagner l'envoi de cet objet de
diverses pièces relatives. a son authenticité.
Veuillez; agréer, etc.
EDWARD TUCK.
Ce qui fait la valeur toute particulière de
cette pièce, c'est qu'elle n'en a aucune au point
de vue artistique. C'est Le simple lit de camp
datai toute sa nudité.
Mais l'empereur y a dormi, ronflé peut-être.
Et ainsi est-il bien établi que c'est en l'hon-
neur de la seule divinité que nous exposons
la relique,
x-*
Le Temps qu'il fera en Juillet
Le mois de juillet, dit M. Alfred Jôuon, direc-
teur de l'Almanach Météorologique, sera clans son
ensemble très beau et très chaud. Néanmoins, il
seiu marqué par la fréquence dos pluies ora-
geuses qui gêneront considérablement les tra-
vaux de la moisson et occasionneront â nos vi-
gnobles de violentes attaques de mildiou.
Dès la fin de juin, nous assisterons au relève-
ment de la température qui ira en augmentant
progressivement durant toute la première quin-
zaine de juillet pour redescendre h la normale
durant la seconde.
Les orages è craindre durant ce mois se ma-
nifesteront surtout du 3 au 5, du 10 au 13, du 22
au 25 et le 29. Cette dernière date, dit M. Alfred
Jokon, pourrait bien être marquée paT une sorte
de cyclone.
Espérons que sur ce point, du moins, la pers
picacité de M. Jouon soit trouvée en défaut.
Hyménée
Hier, a été célébré, "en l'église Saint-Char-
les-de-Monceau, le mariage de M. Pierre LC-
grand, licencié ès lettres, attaché au minis-
tère des affaires étrangères, fils de M. Chartes
Legrand, président de la Chambre de com-
merce de Paris, officier de la Légion d'hon-
nour, et der. Mrae nee Millot, avec Mlle Su-
zanne Cosnard, fille de M. Jules Cosnard, an-
cien député de Paris, maire du 17* arrondisse-
ment, chevalier de la Légion d'honneur, et
de Mme née Daugé.
Les témoins étaient pour le marié : M. Vic-
tor Legrand, ancien président du tribunal de
commerce de la Seine, officier de la Légion
d'honneur, son oncle, et M. Robert Legrand,
docteur en droit, industriel, son frère ; pour
la mariée : M. Brossette, ancien négociant,
son oncle, et M. Nansot, avoué honoraire, son
cousin^
âxâ
L'Étiquette
L'électeur qui vient voir son élu h la. Cham-
bre es4 reç^ â ou éconduit â avec des égards
pareils, quelle que soit la qualité du député
demandé.
Mais ces moeurs démocratiques n'ont pas
toujours régné, et les survivants de l'Assem-
blée de Versailles se rappellent bien certain
huissier qui avait cette façon graduée d'ap-
porter les réponses aux visiteurs.
11 appelait avec un respect mielleux :
â Le^, messieurs qui ont bien voulu deman-
der monsieur le duc de Broghe.
Avec moins de cérémonie :
â Les personnes qui ont demandé monsieur
de Cassagnac.
Et sans politesse du tout :
â Les gens qui ont demandé monsieur Pel-
letan.
â xâ
Le Coin des Rieurs
Entre peintres :
j â Alors, tu n'es pas fâché d'avoir raté ta
médaille au Salon? Tu vas continuer à faire
de la peinture ?
â Oui, croûte que croûte!
CANCELOT.
LES SABOTAGES
La Grève perlée
IAI Bataille syndicaliste a eu communica-
tion du document suivant â d'ailleurs exact
â émanant de l'inspecteur de la 9* section du
P.-L.-M., et motivé par les actes de sabota-
ge commis sur cette section:
Nîmes, 10 juin 1911.
Note adressée à MM. les chefs de gare
et agents des trains.
Depuis quelque temps, les déprédations ou
soustractions commises sur le matériel et notam-
ment sur les voitures a voyageurs ont augmenté
dans des proportion^ inquiétantes.
0 convient donc de redoubler de surveillance,
afin que les coupables puissent être découverts.
A eet effet, les chefs de gaie sont Invités h sur-
veiller très étroitement les véhicules en station-
nement, et les voitures tout spécialement, et a
faire procéder avec toute l'attention voulue ù la
visite prescrite par l'article 33 de la circulaire IG
(I*)9 6. et T.) , '
De leur côté, les agents des trains devront
taire une reconnaissance minutieuse de leur train
au* départ, et se conformer rigoureusement aux
proscriptions de l'article 33 précité.
Ij,s devront en outre surveiller te matériel de
leur train en cours de route, de façon à pouvoir
mettre la main sur les auteurs de ces dépréda-
tions.
Leur responsabilité serait gravement engagée
s'il était démontré qu'ils ont manqué de vigilance.
L'inspêcteur principal adfoint.
Duelet.
Nouveaux Attentat#
Corbie, 29 juin, â Tous les fils télégra-
phiques entre Albert et Longueau ont été
coupés cette nuit. Il en est résulté des re-
tards considérables dans les trains obligés
de s'arrêter û tous les sémaphores. Les ex-
press du Nord sont arrivas à Paris avec
une demi-heure de retard,.
Avesnes, 29 Juin. â A Avesnes, des in-
connus ont tendu, nuitamment, un gros ca-
ble mêtallique en travers de la voie du che-
min de fer de Hautmont à Mons, près la
bifurcation de Douzies ; il fut heureusement
rompu par une machine d'un train de mar-
chandises.
Cet acte de malveillance aurait pu avoir
de très graves conséquences, de nombreux
express pour la Belgique passant aur cette
ligne.
Le parquet d'Avesnes est sur les lieux.
MEURS ÉLECTORALES
C'est par une condamnation sévère, vé-
ritable flétrissure morale, ainsi qu'il fallait
s'y attendre, que vient de se terminer, de-
vant la huitième chambre correctionnelle, la
malpropre histoire de désistement vénal en
laquelle deux anciens candidats du onzième
arrondissement de Paris, Chevaux et JaC-
quelin, ont si tristement et si fâcheusement
illustré leur nom...
En vain a-t-on essayé, au cours de ce pro-
cès, d'incriminer des tiers, voiré le parti ra-
dical-socialiste lui-même Heureusement,
les fautes sont personnelles. Chevaux et Jac-
quelin savent aujourd'hui ce qu'il leur en
coûte : mille francs d'amende chacun, avec
des considérants qui n'aideront que médio-
crement ÛL leur conderation. Les tiers parmi
lesquels ils évoluaient et qu'ils coudoyaient
n'ont rien à voir à ces déchéances de di-
gnité que le jugement du tribunal a mises
en relie#.
Le parti républicain lui-même est au-des-
s lin de toute suspicion de comoplicite ei*
sence des infamies individuelles qui n'enga-
gent en aucune façon sa responsabilité La
vérité est que trop aisément des personnali-
sa ambitieuses, avides de satisfaire leur ap-
pétit et leur cupidité, parviennent à se faufi-
ler dans les rangs de tous les partis, à s'im-
poser à leurs militants, jusqu'au jour où l'on
s'aperçoit que la politique n'est considérée
par eux que comme une carrière, propice à
réaliser leurs petites affaires. Il faudrait
pouvoir barrer la route & ces arrivistes, à
ces spéculateurs dont toutes les opérations
s'élaborent au détriment du suffrage uni-
versel. Mais le moyen de dénoncer sans
preuves de pareilles indignités, quand elles
ne s'avèrent pas d'elles-mêmes 1
Ici, fort heureusement, le scandale fut
public. Et le parti républicain n'a pas coutu-
me de garder dans son sein des brebis ga-
leuses, s'il s'en rencontre. Il les abandonne
h la justice, et il fait bien.
Le jugement qui condamne Chevaux et
Jacquelin flétrit avec raison l'immoralité du
contrat par lequel celui-ci devait payer à
celui-là trente mille francs en échange dû
son désistement et des voix de ses électeurs
ai premier tour de scrutin. Depuis quand
vend-on ïes votes du populaire comme en un
marché forain ? Et la dignité souveraine
du suffrage universel, de quel poids pèse-
rait-elle dans la conscience.., non ! dans les
calculs de ceux qui en soupèsent au préala-
ble, en de louches transactions, la valeur
vénale ?
Il peut rencontrer Chevaux qui se
vendent et des Jacquet in pourras acheter, â
sauf à ne les point payer s'ils sont couron-
nés. C'est affaire entre eux et à eux. Ce
n'est que du maquignonnage électoral.
Mais y mêler le suffrage universel, halte-là î
Ce sont là des moeurs électorales qu'on ne
saurait trop condamner et répudier. Le
parti républicain ne les tolérera jamais. Le
corps électoral en avait déjà fait justice en
renvoyant dos à dos les deux contractants.
La huitième chambre correctionnelle a com-
plété la flétrissure. Ce n'est que justice.
M. H
Bavardage
Détectives d'Edgar Pog ou de Gaboriau ,
ou de Conan Doyle, vous devez bien j
rire dans votre barbe de non existante, !
lorsque vous assistez aux exploits des !
policiers vivants, bien en chair et en j
os / Vous vous dites que généralement
la police réelle ne découvre jamais au-
cun assassin, à moins qu'une lettre ano-
nyme ne le dénonce ou qu'il ne prenne
la peine de faire lui-même le voyage du
Quai des Orfevres. Encore,en ce dernier
cas, arrive-t-il parfois! qu'on te mette à ,
la porte sans técouter, sous le prétexte ,
qu'il est éméché l
Mais ces mêmes personnages, créés
de toutes pièces par nos meilleurs au-
leurs, y compris Voltaire1 qui inventa
Zadig, ont dû se tordre en lisant les dé-
taits de Val/aire Vermcersch, Vassassiné
du Vésinet.
Çela remonte déjà si loin I Le person-
nage avait disparu ; on le disait ev Suis-
se, en Italie, au Maroc, et nos bons po-
liciers de gober ces pilules fantaisistes.
Ils avaient perquisitionné dans sa mai-
son, fouillé le jardin, et étaient revenus
bredouilles. On a vendu les poules et
canards du disparu qu'on tenait décidé-
ment pour un bon fumiste, se moquant
de tout le monde en quelque villégiatu-
re inconnue.
Coup de théâtre ! Après de longs
mois, une lettre anonyme indique à la
police le coin du jardin où le corps est
enterré. Quelques coups de pioche et
on te retrouve, très défraîchit naturelle-
ment.
Mais ceci n'est rien : stimulés par
celte première découverte,nos policiers,
â de ta première police du monde, â
s'avisent de perquisitionner de nouveau
dans la maison du mort....
Et Us découvrent, -âoh ! les habiles f
â de larges lâches de sàng sur le plan-
cher, sur le mur, sur ïe lit. Avec leur
flair incomparable, ils trouvent un lar-
ge couteau sous le lit f
Maintenant qu'ils ont le cadavre, les
traces indéniables du crime, l'outil qui
a servi à le perpétrer, peut-être auront--
ils celte révélation subite que M. Ver-
meersch a bien été assassiné
1 Des grincheux leur diraient :
--Ah çà l Comment ayez vous perqui-
sitionné la première fois ? Etait-ce une
farce que votre enquête dont on suivait
"ïes phases avec tant d'àngoisse ?
Helas ! faut-il enregistrer urte faillite
de plus, celle de la police ? et puis
entre nous» nos reporters, si génants,
ne servent pas à grand chose /
\ WlES LÊRMINA.
La Délégation
des Gauches
LA RÉFORME ÉLECTORALE
lia Reconstitution de la Délégation
des Groupe» de Gauche. -«-Un
Discours de |VL (Millerand. â
lie Scrutin de Liste et
ï» n. p.
Les députée appartenant aux groupes rsp-
présentés à lia délégation dés gauches sa
«ont réunis hier au Palais-Bourbon pour
s'occuper de ta. réforme électorale. Un oer^
tain nombre d'unifiés, quoique non convo-
qués, s'étaient rendus à la réunion à titrai
individuel.
M. Cochery présidait la séance, qui fut aî-,
sez houleuse.
M. Millerand 1
Le premier orateur qui prit ta parole fut
M Millerand, qui se fit l'interprète des paf^
tisans d'une transaction basée sur ie prin-
cipe de la proporbonnette.
Il ressort tout d'abord d« la situation politi-
que, a dit l'ancien ministre des travaux pu*
blics, qu'il cet impossible de ne pas faire une rë*
forme électoral». D ressort ensuite, avec la mês3
IH« malade, <|u« i UHâaw j>n.mor«îiôï a© cette re*
forme est die se faire par l'accord du parti ré-
publicain. *
Le résultat du vote sur l'amendement Mala-
viaille permet de dire que le principe de ta R. pj
est acquis.
Pour ma part, demain comme hier, demain
plus qu'hier, ie serai prêt h toutes les discussions
a toutes les transactions.
Ca que je disais hier aux partisans de la R. P.
je le dis aujourd'hui aux partisans" de rames*
dement Malavialle.
La première condition de l'entente c'est de
nouer nos relations avec une égale sincérité»
avec une égale loyauté, d'un côté comme de l'am
tre, et que sans arriére-pensée on comprenne 1»
nécessité du sacrifice de ses idées particulières à
l'intérêt supérieur du parti républicain.
Dans l'intérêt de l'accord que nous somme»
venus scelle ici il e»t de votre devoir de don-
ner aux républicains qui n'ont pas voté comme
vous une preuve solide de l'accord Que vou»
entendez passer avec eux.
Si l'amendement Malavialle avait été voté, tout
le monde aurait proclamé, ce n'est pas douteux,
la faillite de la R. P.
Cet amendement repoussé c'est donc l'adoption
du principe de la R. P.
C'est la reconnaissance par les partisans dus
système majoritaire du vote de l'article premier.
fis feront l'union sur cet article et dans l'intérêt
de l'immense majorité du parti républicain nou^
serons ensuite fous d'accord pour discuter Joute®
les modifications qu'il Convient d'apporter.
S'ils ne font pas cela, comment pourraient-^
chercher aujourd'hui plus qu'hier un refuge dan»
un autre système qui ne serait pus la R, P.
le ne suis pas prophète, mais je doute, danô
ces conditions, qu'île puissent ramener à eiuc
ceux qui sont précisément convaincus de la ne?
consite 36 fe. n. r\
L'Ordre du Jour Perchot
M. Perchot a alors présenté un ordre dtl
jour portant avec sa signature celles de MM.
Breton, Bouffandeau, Dalimier, Puech, Dess
soye, Gai lot, D. Vincent, F, Rabier, Dûmes*
nil, Malavialle, Dron, Modeste Leroy et Sa li-
mande.
Voici le texte de cet ordre du jour ï
Les groupes de gauche, considérant que l'inté-
rêt supérieur de la République doit passer avant
toutes les conceptions particulières touchant les
modalités de la réforme électorale ,
Considérant que rptte reforme, comme toutes
les autres réformes démocratiques, ne peut et ne
doit être faite que. par l'union et la discipline né*
cessa ire de toutes les forces républicaines.
Décident de rechercher, sans délai, un terr&iÉI
d'entente.
M. Dalimier a parlé de la conciliation
nécessaire entre républicains. II s'est ral-
lié à l'ordre du jour Perchât et a proposé*,
eutïsidialrement, la formation d'une commis-
sion d'études composée uniquement de réptr*
blicains désignés par les groupements de
gauche, partisans et adversaires se trouvai
représentés en nombre égal.
M. Jaurès
M, Jértirës a pris alors la parole. H l'a COTÏV
eervée en dépit de violentes apostrophai»
Quelques membres sont allée jusqu'à ï@f
crier. : â- .Vous files exclu l
â Comment poirvefc-vous dire, a-t-Q déclaré*
que le vote sur l'amendement Malavialle n'avait
pas une valeur de principe ? C'est vous-mêmes,
qiu lui avez donné ce sens. C'est vous qui noie
avez courtoisement mais nettement défiés d'accep-^
ter le combat en champ clos. Nous l'avons ao-
cepté, en effet.
M. Thomson, rigoureusement anîiproportiort-
naliste, M. PeJlelan antiproportionnaliste et moî-
mSme antiproportionnaliste, qui étions inscrits
sur l'art. I*\ nous avons reporté nos inscriptions
sur l'amendement Malavialle et vous êtes obli-
ges d'avouer tout au moins que le rejet de cwS
amendement constitue une sérieuse indication enf
laveur du principe de la proportionnelle. (Adh^t
sion.)
Le principe étant donc acauis, nul ne peut s'ep*
poser à ce qu'on recherche l'accord le plus éten-
dJ possible des républicains sur cet objet. Seu-
lement la méthode proposée ne me paraît pag
bonne. En instituant une sorte de commission
oUlcieuse on pourra croira que vous voulez des»
saisir la commission légale qui comprend tous
les éléments, où votre état d'esprit est représen-
té comme le nûtre et qui a fait preuve du plu*
grand esprit de conciliation. Ce qui voua man-
que c'est d'avoir mesuré l'étendue des conces-
sions qu'elle a faites par la prime à la majorité
absolue combinée avec l'apparentement.
J'ai la conviction profonde qu'il n'est pas pos-
sible d'aller au delà. De6 systenws de prétendue
conciliation qu'on esquisse on paroles vaguice, i«s
uns suppriment la proportionnelle, les autres
vous retirent les concessions déjft faites.
Mal si vous croyez possible de proposer des
transactions nouvelles, faites-le, mais laites-la
avec précision. , t ,
Le Vote
Aprôa ane intervefttioft de M. Dumesni^
partisan lui aussi d'une transaction,, le pré^
aident a mis aux voix La constitution de la?
commission officieuse. Elle a été adopté ev
non toutefois sans que de nombreuses aba-*
tentions ses oient produites.
- Au moment où Ion allait se séparer,
Franklin-Bouillon a dit : La conséquence do
la décision que nous venons de preadre*.
i c'est linteiruipUon du débat devait lat
Chambre. ' m
De vives protestations se sont élevées çt
M. Joseph Reinach a déclaré : . .
â Nous sommes venus & cette réunit^
dons un esprit de conciliation. C'est dans 1er
môme esprit que nous acceptons la nomra®*
tion de la commission. Mais c'est à une dotfef
bie condition : d'abord que la commission^
du suffrage universel ne sera pas dessaisi^
ensuite que le projet de réforme électorales
restera Inscrit en Wle de l'ordre du joui <13
la anal»*. r ' '
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Marcel BROSSÉ
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OPINIONS
nation
scientifique
L'aviation est bien A un tournant de
sa carrière. L'ère des grandes randon-
nées de vitesse est close et, de l'avis de
tous, définitivement close. Si brillante
que soient les résultats obtenus, si atta-
chantes et si populaires que soient les
grandes épreuves organisées au cours
de ces deux dernières années, leur uti-
lité semble de plus en plus contestable
Certes, les circuits, depuis le Circuit de
l'Est jusqu'au Circuit Européen, ont sou-
levé l'enthousiasme des foules. Ils ont
stimulé le zèle et l'orgueil des aviateurs.
Ils ont servi, personne ne songe à le
mettre en doute, la cause de l'aviation.
C'est à l'émulation des aviateurs, à leur
courage, parfois bien près de la folie â
folie héroïque â que sont dus en gran-
de partie les progrès réalisés. Mais ces
progrès dans la vitesse et l'endurance
sont aujourd'hui acquis II faut faire au-
tre chose. Il faut créer l'aéroplane prati-
que, l'appareil qui puisse être monté
avec sécurité, une sécurité relative si
l'on veut. Mais tin appareil cependant
équilibré, résistant, le moins possible
soumis â il l'est aujourd'hui aveuglé-
ment â aux mille péripéties qui peu-
vent naître sur sa route.
L'aéroplane ne peut £lre mis aujour-
d'hui sans danger entre les mains d'un
quelconque aviateur. Déjà, les plus ha-
hiles, les plus hardis se trouvent être à
un moment donné, inattendu ,Ie jouet
d'obstacles divers Ils ont parcouru de»
centaines et des milliers de kilomètres
sans éprouver le moindre accroc. Un
beau jour, ils s'envolent, ils n'ont p»s
le temps de s élever à une cinquantaine
de mètres qu'ils tombent. C'est ainsi
qu'un aviateur éprouvé, Lemartin, s'é-
crasa devant les tribunes de Vincennes,
au départ du Circuit Européen. Le même
jour, le malheureux Princeteau meurt
de la plus affreuse des morts. Il est brû-
lé vif. On serait bien en peine de donner
la cause immédiate de ces deux sinis-
tres. Il en est bien d'autres, dont la cau-
se est non moins mystérieuse L'aéro-
plane n'est pas encore, comme la loco-
motive ou le moteur électrique,un appa-
reil connu, qui ne rend que ce qu'on lui
demande, et qui 'ait ce qu'on exige de
lui. Il obéit bien à son conducteur. Mais,
comme ces chevaux emportés qui s'en
«ont briser leur voiture contre un réver-
bère, l'aéroplane brusquement, sans nro-
lif, ou du moins sans motif connu,aban-
donne son allure, capote, tue son mat-
tre et se tue lui-même Pourquoi ? Sur
une cinquantaine de chutes mortelles,
combien d'entre elles ont leur explica-
,ion ? Une douzaine peut-être .
Il faut donc sortir du domaine empi-
â¢ique dans lequel se meut aujourd'hui
l'aviation Plus de courses folles. Plus
de départs sensationnels. La foule y
perdra d'admirables spectacles. Mais 4
quoi sert la foule î A quoi servent
ses applaudissements et ses enthou-
siasmes 1 Les organisateurs seuls en
recueillent les profite. Ce n'est pas
parte que des centaines de mille
spectateurs seront accourus il l'aérodro-
me et auront tendu le nez vers le ciel
où filent les grands oiseaux, que l'avia-
tion scientifique, celle qui, seule, doit
aujourd'hui être cultivée, aura avancé
H'un pas. L'aéroplane est, certes, une
admirable machine. Ceux qui le cons-
truisent y mettent tous leurs soins. Les
constructeurs français ont créé une in-
dustrie vraiment remarquable. Il n'en
reste pas moins que l'aéroplone a enco-
re beaucoup de progrès à réaliser. H
faut d'abord qu'il puisse voler lente-
ment. Il faut encore bien d'autres cho-
ses. U» ingénieur de l'Automobile Club,
M. Lumet, a dit avec raison : « L'auto-
mobile n'est devenue pratique que le
jour où on a pu la mettre entre les mains
des conducteurs de taxis » L'aéroplane
ne sera, lui aussi, pratique que lorsque
le premier conducteur venu pourra le
diriger, sans danger. Nous avons encore
du chemin à faire.
Est-ce par les courses de vitesse que
pareil résultat, à tous les points de vue
désirables, peut être atteint ? Non. Une
revue très estimée, la France automobi-
le et aérienne, que dirige notre collabo-
rateur Maurice Chérié, a ouvert à ce su-
jet dans ses colonnes un référendum,
pour lequel les constructeurs d'aéropla-
nes et de moteurs, les membres
du groupe parlementaire d'aviation, en
un mot tous ceux qu'intéresse sérieuse-
ment la question, étaient invités à don-
ner leur avis sur cette interrogation :
La course de vitesse pure est-elle le meil-
leur moyen de perfectionner l'aéropla-
ne ? Sur environ" trente réponses, les
quatre cinquièmes des personnalités
consultées se prononcèrent pour la né-
gative. C'est là un fait significatif. Dans
le même ordre d'idées. M Mengin, de la
Compagnie Aérienne, estime qu'il faut
accorder beaucoup plus d'importance à
la robustesse des appareils qu'à leur ra-
pidité. En dépit des prouesses, très in-
téressantes, et des tbO kilomètres à
l'heure obtenus, il faut reconnaître,
avec Gabriel Voisin, qu'un appareil
lourd et solide est préférable à un appa-
reil léger et fragile.
. L'avenir de l'aéroplane est tout entier
'dans les expériences rigoureusement
scientifiques,telles que celles qui s'effec-
tuent déjà au laboratoire aérodynami-
que créé à Saint-Cyr par M. Deutsch de
la Meurthe. Une voie ferrée, longue de
'douze à quinze cents mètres supporte
tin chariot qui peut rouler à des vites-
ses égales à celles qu'enregistrent les
appareils volants. A es chariot est relié
un système entraîné à une hauteur de
huit à dix mètres, suffisante pour les
essais de résistance, soit des ailes, soit
de toute autre pièce du fuselage. D'au-
tres essais ont trait à la stabilité, aux di-
vers modes d'attache du moteur au gou-
vernail, etc. D'après les résultais de
ces expériences il sera.possible d'établir
les dimensions, les épaisseurs, les sys-
tèmes de liaisons, destinés à faire face
aux résistances de l'air et du vent.
L'aérodrome de M. Deutsch de la Meur-
the, dont nous ne donnons ici que le
principe, est certainement appelé à fai-
re progresser, en sécurité et en stabilité,
l aéroplane, beaucoup plus que les plus
magnifiques randonnées et que les cir-
cuits les plus applaudis par lu foule.
C'est dans cette voie qu'il faut marcher.
Ne regrettons pas toutefois ce qui a
été fait. L'aéroplane a conquis sa place
par le courage et par la ténacité de ses
premiers pionniers. Mais celte première
étape est franchie. A une autre de lui
succéder. Si l'on veut provoquer l'ému-
lation, qu'on crée des prix pour les
constructeurs, pour le moteur qui mar-
chera le plus longtemps sans accroc,
pour le fuselage qui résistera à telles et
telles pressions,pour l'appareil le mieux
équilibré. Un un mot, négligeons un
peu l'habileté et la hardiesse, pour pro-
téger la construction, qui s'en trouvera
bien. L'aviation est le sport des profes-
sionnels et des amateurs. Il faut qu'elle
devienne le sport de tout le monde. Gr,
nous sommes ainsi faits qup- nous ai-
mons à ne piis nous casser le cou. Quand
on sera sûr de n'y point rester, l'aéro-
plane sera la vraie voiture aérienne rte
tous. Et on ne peut atteindre ce but
qu'en se consacrant désormais à l'avia-
tion scientifique et raisonnée.
HENRI LA VERONE.
VERS L ENTENTE
La réunion des groupes de gauche, qui
s'est tenue hier à la Chambre, a décidé de
nommer une commission spéciale de
vingt-quatre membres â douze propor-
tionnai istes et douze antiproportionna-
listes â qui étudiera le texte d'un projet
transactionnel de réforme électorale.
Parmi ceux qui ont émis leur avis, MM.
Millerand, Cochery, Dalimier, d'autres
encore, ont insisté sur la nécessité de
l'accord entre tous les républicains. La
résolution d'hier est donc, après celles
déjà prises par îa gauche radicale et par
le groupe radical-socialiste, un nouveau
pas vers l'entente indispensable. Cette"
entente est aujourd'hui assurée. Propor-
tionnai istes et majoritaires, républicains
s'entend> sont d'ores et déjà persuadés,
â à de rares exceptions près, et ces dissi-
dents se rallieront bien certainement, â
qu'aucune réforme dans le mode de scru-
tin ne se fera sans 'l'entente du grand
parti qui possède la majorité.
Il n'y a pas de réforme possible sans
le parti républicain. C'est ce que M. Mil-
lerand a très nettement déclaré hier.
L'échec de l'amendement Malavialle in-
dique que cette réforme ne peut plus être
retardée. Il faut la faire sans aucune hé-
sitation. Les uns et les autres, propor-
tionnantes et antiproportionnalistes, doi- ;
vent réunir leurs efforts pour découvrir
ce texte transactionnel qui réunira autour
de lui tous les hommes de bonne volonté,
Les uns comme les autres encourraient les
plus graves responsabilités* s'ils s'achar- <
naient à s'enfermer chacun dans sa for-
mule. Il faut savoir, d'un côté et de l'au-
tre, trouver les concessions acceptables,
sans retour vers un passé qui doit être,
dès aujourd'hui,balayé. M. Millerand a
demandé aux antiproportionnalistes de
consentir tous les sacrifices possibles dans
l'intérêt même du parti républicain Ï1 n'y
a pas à douter qu'ifs y consentent.
C'est maintenant à la commission dont
la nomination a été décidée à la réunion
plénière d'hier, d'agir. Et il nous faut
espérer qu'elle saura agir au mieux des
intérêts républicains. Quelques propor-
tionnai istes de marque ont, à la vérité,
pris les devants pour déclarer que le
projet en discussion représentait pour
eux l'extrême limite des concessions pos-
sibles. C'est peut-être là l'avis de M.
Charles Benoist et de ses amis. Mais tel
ne peut être lavis des cent cinquante ré-
publicains qui ont donné leur adhésion
au principe de la proportionnelle, dans
le seul but d'affirmer leur foi en la ré-
forme, se réservant d'en discuter les mo-
dalités. L'es antiproportionnalistes farou-
ches auraient grand tort de ne point se
rallier à une entente. Ils resteraient iso-
lés. Car cette entente est dans l'air. Dé-
sormais aucun effort ne saurait s'y oppo-
ser. Un peu de bonne volonté, ot la paix
sera vite faite entre les deux camps. Une
paix acceptée par tous les républicains
MAXIME VUILLAUME.
AU JOUR LE JOUR
Le Square Saint-Pierre
Il est Question de consacrer deux millions
à l'embellissement du square Saint-Pierre.
Rien de mieux. C'est un coin familier et joli
du Paris nouveau.
Jadis, pourtant, c'était un lieu farouche. Il
n'est point nécessaire de remonter jusqu'à
l'époque lointaine, et d'ailleurs incertaine,
où les saints Denis, Rustique et Eleuthère
gravirent la colline, jusqu'au temple de Mer-
cure où on les fit fouetter et décapiter, La
réalité suffit, sans les légendes. N'est-ce pas
sur cette pente, où l'on a massé quelques ver-
ft dispersé de petits rochers artificiel»*
que se répandirent les hordes normandes
assiégeant Paris, voilà plus de mille ans? Là,
selon le moine Abbon, se distingua «< Eudes
aux armes puissantes, entouré d'un triple
escadron de casques étincelants », Là cam-
pa Chaule* I© Gros avec non armée, Le même
historien-poète nous le dit :
de la citadelle des Parisiens. »> Du reste, il
n'était point brave : « A la vue des Normands,
le coeur lui manqua. »
Beaucoup plus tard, sur la forte terrasse de
briques qui avait été élevée sur le versant
méridional de la Butte, Henri IV assiégeant
Paris, rassemblait toute son artillerie. Cepen-
dant, les soldats de son armée commettaient
des actes scandaleux, en compagnie des reli-
gieuses de l'abbaye, â cette abbaye Qu'avait
fondée la pieuse Adélaïde de Savoie... A chef
galant, soldats paillards.
Lieux farouches, plus tard encore, lorsque
le plâtre des carrières fut extrait en grande
quantité. Dans les galeries, sous les voûtes,
les malandrins se cachaient. Combien de dra-
mes nocturnes, d'entreprises criminelles eu-
rent pour théâtre ce terrain tourmenté, soli-
taire. C'est là qu'en 1798, Cuvier découvrit des
ossements fossiles dont il fut fait grand bruit.
Et je n'ai rien dit des embuscades qu'y dres-
saient les bandes d'Armagnacs au début du
quinzième siècle. Ah ! les terrassiers qui trans-
formeront le square remueront une terre histo-
rique !
Voici* enfin, les sièges de 1814 et 1815, et
onze ans après le rattachement des communes
suburbaines à la grande ville, â le grand siè-
ge, la Commune,.,
Par contraste, le square actuel est le rendez-
vous des enfants, bandes pi ai Heu. ses. courses
rapides, des rapins flâneurs, et des dernier?
bohèmes. Des arbres régulièrement plantés
abritent une esplanade où 1« musique mili-
taire attire tous les amateurs du quartier. On
a édifié une petite fontaine rabelaisienne, joie
des uns, scandale des autres. Il y a même une
sorte de cascade. Mais elle sent le moisi, et il
prudent d'en éviter l'approche.,.
Le square Saint-Pierre, presque à pic au-
dessus de la place du môme nom, â l'an-
cienne place Piémontési, avant t86j, du nom
d'un propriétaire qui fut maire de Montmar-
tre, â est néanmoins un des mieux aérés, un
des plus sains de Paris. Au temps de l'abbaye,
on vivait vieux à Montmartre. On citait de
nombreuses centenaires, parmi les nonnes.
L'une d'elles, Pierrette Rouillard, morte en
1612, aurait vu, â ou pu voir, â huit rois de
France et dix-huit papes. Un record.
Lorsque de nouveaux travaux auront modi-
fié un tracé incommode, nettoyé les petits
marécages, tiré parti des morceaux de terrain
inemployés, le square Saint-Pierre, pittores-
que et frais, ser? l'un des plus coquets bou-
quets de verdure de la rive droite, â et le
mieux situé.
Réjouissez-vous, gosses et fillettes, modèles
de Poulbot et de Steinlen 1 On va vous faire
un beau jardin.
F.-Robert Kemp.
Le Préfet
de la Seine
M. Delanney, qui va remplacer M. de Sei-
ves, arrive à la préfecture de la Seine avec
tous les espoirs des Parisiens. Ce n'est pas
Sue nous voulions critiquer l'oeuvre de M.
e Seives. Pendant le temps qu'il a été pré-
fet de la Seine, de grandes choses onl été
faites à Paris. Des travaux formidables, et
tels qu'on n'en avait pas vu de pareils de
mémoire d'homme, ont été conduits avec
une habileté et un esprit de prévision aux-
quels il est juste de rendre hommage.
Certes, le peuple de Paris en a été bien
souvent fort géné pour la circulation des
rues et pour sa commodité. On ne s'est pas
toujours rendu compte des difficultés for-
midables qu'il y avait à surmonter et l'on a
supporté avec quelque impatience les lon-
gueurs forcées de la durée de ces travaux.
Aujoud'hui que tout est h peu prés ter-
miné et que l'on voit l'ensemble, il est facile
de comparer les ennuis avec les difficultés
vaincues et il faut bien reconnaître que,
vraiment, ces ennuis n'ont pas été telle-
ment considérables.
Ceci dit, il est bien certain que, dans ces
dernières années, il y a eu beaucoup à dire
sur le fonctionnement des services adminis-
tratifs de la Ville de Paris. L'opinion publi-
que s'est émue. Une campagne do presse as^
sez vive, et que nous approuvons pour notre
part, a été menee contre certaine directeurs
de services publics. M. de Selves a couvert
son personnel et le conseil municipal, dont
l'autorité n'est pas défendue à Paris et dont
l'initiative est anihilêe complètement par
une organisation municipale fâcheuse, a été
impuissant à obtenir la moindre améliora-
tion.
Nous avons confiance que M. Delanney
aura à coeur de remettre toutes ces choses
au point. Il est jeune, actif, rompu aux
pratiques administratives. 11 a la répu-
tation d'un homme ferme, et qui ne recule
pas devant la responsabilité. Toute sa car-
rière nous donne les garanties les plus sé-
rieuses qu'il aura l'autorité nécessaire ou
bien pour obtenir do ses subordonnés qu'ils
se consacrent entièrement, avec zèle et avec
dévouement, à leurs fonctions, ou bien pour
les remplacer par d'autres qui auront sa
confiance.
Nous souhaitons que M. Delanney com-
prenne que le conseil municipal ne veut pas
rester à l'état de comité consultatif, des ar-
rêta duquel on fait le cas que l'on veut, et
qu'il aura à coeur de mériter, lui aussi, la
confiance et l'approbation du conseil muni-
cipal et de tout le peuple de Paris, par con-
séquent.
ECHOS
LA TEMPERATURE
A Paris, le ciel devient moins nuageux, pres-
que beau. Le vont souffle du sud-sud-ouest au
nord-nord-ouest. La température se relève sen-
siblement. Maximum : 19°7. Minimum : 13H,
Des pluies sont tombées sur le nord de l'Eu-
rope. En France, le temps a été généralement
beau.
La température a monté sur le centre et le
sud du continent ; elle a baisse dans le nord-est.
On notait nier matin 6 à Vardoe, 13 à Celais,
16 ft Paris et à Lyon. 21 à Marseille, 26 à Biskra,
et dans les stations élevées : 16 au puy de Dôme,
14 au monC Ventoux, 10 au pic du Midi.
En France, un temps beau et chaud est pro-
bable.
â x â
A l'Elysée
Le président de la République et Mme Fal-
lieres ont offert hier matin un déjeuner en
l'honneur du général baron Rappe, grand»
croix de la Légion d'honneur,, chef de la mis-
sion suédoise qui vient d'assister aux fêtes du
millénaire normand.
Assistaient à ce déjeuner ï
Le général Happe, le comte Gyldenstolpe, mi-
nistre- de Suède a Paris ; le baron Bonde, grand-
écapp du roi de Suede ; M. Wikstrand, attaché
; d'ambassade secrétaire du général Rappe ; MM,
: Léon Bourgeois et Piéton, sénateur» ; les gené-
; raux Brugere et Niox, M. Mollard, directeur du
protocole» la maison civile et les officiers d'or-
; donnante du président de la République.
â Le président de la Répubîiue et Mme Fal-
lières offriront aujourd'hui, à l'Elysée, un dé-
jeuner en l'honneur du général Tcherbatchef,
commandant l'académie de guerre de Saint-
Pétersbourg.
A ce déjeuner assisteront également le géné-
ral Dubail, chef d'état-major général, et le
général Foche, commandant l'Ecole de
guerre.
Reliques
1 M. Dujardin-Beaumetz a reçu cette lettre
bien douce au coeur d'un ministre de la Répu-
j. blique ;
Paris, 29 juin.
Monsieur le sous-secrétaire d'Etat,
; J'ai le plaisir de vous faire connaître que j'ai
; remis à M. Jean Ajalbert, conservateur du chû-
! 4eau de la Ma [maison, un lit de camp de Napo-
! lôon provenant de Sainte-Hélène, dont Je viens
de faire l'acquisition pour l'offrir a ce musée.
j'ai fait accompagner l'envoi de cet objet de
diverses pièces relatives. a son authenticité.
Veuillez; agréer, etc.
EDWARD TUCK.
Ce qui fait la valeur toute particulière de
cette pièce, c'est qu'elle n'en a aucune au point
de vue artistique. C'est Le simple lit de camp
datai toute sa nudité.
Mais l'empereur y a dormi, ronflé peut-être.
Et ainsi est-il bien établi que c'est en l'hon-
neur de la seule divinité que nous exposons
la relique,
x-*
Le Temps qu'il fera en Juillet
Le mois de juillet, dit M. Alfred Jôuon, direc-
teur de l'Almanach Météorologique, sera clans son
ensemble très beau et très chaud. Néanmoins, il
seiu marqué par la fréquence dos pluies ora-
geuses qui gêneront considérablement les tra-
vaux de la moisson et occasionneront â nos vi-
gnobles de violentes attaques de mildiou.
Dès la fin de juin, nous assisterons au relève-
ment de la température qui ira en augmentant
progressivement durant toute la première quin-
zaine de juillet pour redescendre h la normale
durant la seconde.
Les orages è craindre durant ce mois se ma-
nifesteront surtout du 3 au 5, du 10 au 13, du 22
au 25 et le 29. Cette dernière date, dit M. Alfred
Jokon, pourrait bien être marquée paT une sorte
de cyclone.
Espérons que sur ce point, du moins, la pers
picacité de M. Jouon soit trouvée en défaut.
Hyménée
Hier, a été célébré, "en l'église Saint-Char-
les-de-Monceau, le mariage de M. Pierre LC-
grand, licencié ès lettres, attaché au minis-
tère des affaires étrangères, fils de M. Chartes
Legrand, président de la Chambre de com-
merce de Paris, officier de la Légion d'hon-
nour, et der. Mrae nee Millot, avec Mlle Su-
zanne Cosnard, fille de M. Jules Cosnard, an-
cien député de Paris, maire du 17* arrondisse-
ment, chevalier de la Légion d'honneur, et
de Mme née Daugé.
Les témoins étaient pour le marié : M. Vic-
tor Legrand, ancien président du tribunal de
commerce de la Seine, officier de la Légion
d'honneur, son oncle, et M. Robert Legrand,
docteur en droit, industriel, son frère ; pour
la mariée : M. Brossette, ancien négociant,
son oncle, et M. Nansot, avoué honoraire, son
cousin^
âxâ
L'Étiquette
L'électeur qui vient voir son élu h la. Cham-
bre es4 reç^ â ou éconduit â avec des égards
pareils, quelle que soit la qualité du député
demandé.
Mais ces moeurs démocratiques n'ont pas
toujours régné, et les survivants de l'Assem-
blée de Versailles se rappellent bien certain
huissier qui avait cette façon graduée d'ap-
porter les réponses aux visiteurs.
11 appelait avec un respect mielleux :
â Le^, messieurs qui ont bien voulu deman-
der monsieur le duc de Broghe.
Avec moins de cérémonie :
â Les personnes qui ont demandé monsieur
de Cassagnac.
Et sans politesse du tout :
â Les gens qui ont demandé monsieur Pel-
letan.
â xâ
Le Coin des Rieurs
Entre peintres :
j â Alors, tu n'es pas fâché d'avoir raté ta
médaille au Salon? Tu vas continuer à faire
de la peinture ?
â Oui, croûte que croûte!
CANCELOT.
LES SABOTAGES
La Grève perlée
IAI Bataille syndicaliste a eu communica-
tion du document suivant â d'ailleurs exact
â émanant de l'inspecteur de la 9* section du
P.-L.-M., et motivé par les actes de sabota-
ge commis sur cette section:
Nîmes, 10 juin 1911.
Note adressée à MM. les chefs de gare
et agents des trains.
Depuis quelque temps, les déprédations ou
soustractions commises sur le matériel et notam-
ment sur les voitures a voyageurs ont augmenté
dans des proportion^ inquiétantes.
0 convient donc de redoubler de surveillance,
afin que les coupables puissent être découverts.
A eet effet, les chefs de gaie sont Invités h sur-
veiller très étroitement les véhicules en station-
nement, et les voitures tout spécialement, et a
faire procéder avec toute l'attention voulue ù la
visite prescrite par l'article 33 de la circulaire IG
(I*)9 6. et T.) , '
De leur côté, les agents des trains devront
taire une reconnaissance minutieuse de leur train
au* départ, et se conformer rigoureusement aux
proscriptions de l'article 33 précité.
Ij,s devront en outre surveiller te matériel de
leur train en cours de route, de façon à pouvoir
mettre la main sur les auteurs de ces dépréda-
tions.
Leur responsabilité serait gravement engagée
s'il était démontré qu'ils ont manqué de vigilance.
L'inspêcteur principal adfoint.
Duelet.
Nouveaux Attentat#
Corbie, 29 juin, â Tous les fils télégra-
phiques entre Albert et Longueau ont été
coupés cette nuit. Il en est résulté des re-
tards considérables dans les trains obligés
de s'arrêter û tous les sémaphores. Les ex-
press du Nord sont arrivas à Paris avec
une demi-heure de retard,.
Avesnes, 29 Juin. â A Avesnes, des in-
connus ont tendu, nuitamment, un gros ca-
ble mêtallique en travers de la voie du che-
min de fer de Hautmont à Mons, près la
bifurcation de Douzies ; il fut heureusement
rompu par une machine d'un train de mar-
chandises.
Cet acte de malveillance aurait pu avoir
de très graves conséquences, de nombreux
express pour la Belgique passant aur cette
ligne.
Le parquet d'Avesnes est sur les lieux.
MEURS ÉLECTORALES
C'est par une condamnation sévère, vé-
ritable flétrissure morale, ainsi qu'il fallait
s'y attendre, que vient de se terminer, de-
vant la huitième chambre correctionnelle, la
malpropre histoire de désistement vénal en
laquelle deux anciens candidats du onzième
arrondissement de Paris, Chevaux et JaC-
quelin, ont si tristement et si fâcheusement
illustré leur nom...
En vain a-t-on essayé, au cours de ce pro-
cès, d'incriminer des tiers, voiré le parti ra-
dical-socialiste lui-même Heureusement,
les fautes sont personnelles. Chevaux et Jac-
quelin savent aujourd'hui ce qu'il leur en
coûte : mille francs d'amende chacun, avec
des considérants qui n'aideront que médio-
crement ÛL leur conderation. Les tiers parmi
lesquels ils évoluaient et qu'ils coudoyaient
n'ont rien à voir à ces déchéances de di-
gnité que le jugement du tribunal a mises
en relie#.
Le parti républicain lui-même est au-des-
s lin de toute suspicion de comoplicite ei*
sence des infamies individuelles qui n'enga-
gent en aucune façon sa responsabilité La
vérité est que trop aisément des personnali-
sa ambitieuses, avides de satisfaire leur ap-
pétit et leur cupidité, parviennent à se faufi-
ler dans les rangs de tous les partis, à s'im-
poser à leurs militants, jusqu'au jour où l'on
s'aperçoit que la politique n'est considérée
par eux que comme une carrière, propice à
réaliser leurs petites affaires. Il faudrait
pouvoir barrer la route & ces arrivistes, à
ces spéculateurs dont toutes les opérations
s'élaborent au détriment du suffrage uni-
versel. Mais le moyen de dénoncer sans
preuves de pareilles indignités, quand elles
ne s'avèrent pas d'elles-mêmes 1
Ici, fort heureusement, le scandale fut
public. Et le parti républicain n'a pas coutu-
me de garder dans son sein des brebis ga-
leuses, s'il s'en rencontre. Il les abandonne
h la justice, et il fait bien.
Le jugement qui condamne Chevaux et
Jacquelin flétrit avec raison l'immoralité du
contrat par lequel celui-ci devait payer à
celui-là trente mille francs en échange dû
son désistement et des voix de ses électeurs
ai premier tour de scrutin. Depuis quand
vend-on ïes votes du populaire comme en un
marché forain ? Et la dignité souveraine
du suffrage universel, de quel poids pèse-
rait-elle dans la conscience.., non ! dans les
calculs de ceux qui en soupèsent au préala-
ble, en de louches transactions, la valeur
vénale ?
Il peut rencontrer Chevaux qui se
vendent et des Jacquet in pourras acheter, â
sauf à ne les point payer s'ils sont couron-
nés. C'est affaire entre eux et à eux. Ce
n'est que du maquignonnage électoral.
Mais y mêler le suffrage universel, halte-là î
Ce sont là des moeurs électorales qu'on ne
saurait trop condamner et répudier. Le
parti républicain ne les tolérera jamais. Le
corps électoral en avait déjà fait justice en
renvoyant dos à dos les deux contractants.
La huitième chambre correctionnelle a com-
plété la flétrissure. Ce n'est que justice.
M. H
Bavardage
Détectives d'Edgar Pog ou de Gaboriau ,
ou de Conan Doyle, vous devez bien j
rire dans votre barbe de non existante, !
lorsque vous assistez aux exploits des !
policiers vivants, bien en chair et en j
os / Vous vous dites que généralement
la police réelle ne découvre jamais au-
cun assassin, à moins qu'une lettre ano-
nyme ne le dénonce ou qu'il ne prenne
la peine de faire lui-même le voyage du
Quai des Orfevres. Encore,en ce dernier
cas, arrive-t-il parfois! qu'on te mette à ,
la porte sans técouter, sous le prétexte ,
qu'il est éméché l
Mais ces mêmes personnages, créés
de toutes pièces par nos meilleurs au-
leurs, y compris Voltaire1 qui inventa
Zadig, ont dû se tordre en lisant les dé-
taits de Val/aire Vermcersch, Vassassiné
du Vésinet.
Çela remonte déjà si loin I Le person-
nage avait disparu ; on le disait ev Suis-
se, en Italie, au Maroc, et nos bons po-
liciers de gober ces pilules fantaisistes.
Ils avaient perquisitionné dans sa mai-
son, fouillé le jardin, et étaient revenus
bredouilles. On a vendu les poules et
canards du disparu qu'on tenait décidé-
ment pour un bon fumiste, se moquant
de tout le monde en quelque villégiatu-
re inconnue.
Coup de théâtre ! Après de longs
mois, une lettre anonyme indique à la
police le coin du jardin où le corps est
enterré. Quelques coups de pioche et
on te retrouve, très défraîchit naturelle-
ment.
Mais ceci n'est rien : stimulés par
celte première découverte,nos policiers,
â de ta première police du monde, â
s'avisent de perquisitionner de nouveau
dans la maison du mort....
Et Us découvrent, -âoh ! les habiles f
â de larges lâches de sàng sur le plan-
cher, sur le mur, sur ïe lit. Avec leur
flair incomparable, ils trouvent un lar-
ge couteau sous le lit f
Maintenant qu'ils ont le cadavre, les
traces indéniables du crime, l'outil qui
a servi à le perpétrer, peut-être auront--
ils celte révélation subite que M. Ver-
meersch a bien été assassiné
1 Des grincheux leur diraient :
--Ah çà l Comment ayez vous perqui-
sitionné la première fois ? Etait-ce une
farce que votre enquête dont on suivait
"ïes phases avec tant d'àngoisse ?
Helas ! faut-il enregistrer urte faillite
de plus, celle de la police ? et puis
entre nous» nos reporters, si génants,
ne servent pas à grand chose /
\ WlES LÊRMINA.
La Délégation
des Gauches
LA RÉFORME ÉLECTORALE
lia Reconstitution de la Délégation
des Groupe» de Gauche. -«-Un
Discours de |VL (Millerand. â
lie Scrutin de Liste et
ï» n. p.
Les députée appartenant aux groupes rsp-
présentés à lia délégation dés gauches sa
«ont réunis hier au Palais-Bourbon pour
s'occuper de ta. réforme électorale. Un oer^
tain nombre d'unifiés, quoique non convo-
qués, s'étaient rendus à la réunion à titrai
individuel.
M. Cochery présidait la séance, qui fut aî-,
sez houleuse.
M. Millerand 1
Le premier orateur qui prit ta parole fut
M Millerand, qui se fit l'interprète des paf^
tisans d'une transaction basée sur ie prin-
cipe de la proporbonnette.
Il ressort tout d'abord d« la situation politi-
que, a dit l'ancien ministre des travaux pu*
blics, qu'il cet impossible de ne pas faire une rë*
forme électoral». D ressort ensuite, avec la mês3
IH« malade, <|u« i UHâaw j>n.mor«îiôï a© cette re*
forme est die se faire par l'accord du parti ré-
publicain. *
Le résultat du vote sur l'amendement Mala-
viaille permet de dire que le principe de ta R. pj
est acquis.
Pour ma part, demain comme hier, demain
plus qu'hier, ie serai prêt h toutes les discussions
a toutes les transactions.
Ca que je disais hier aux partisans de la R. P.
je le dis aujourd'hui aux partisans" de rames*
dement Malavialle.
La première condition de l'entente c'est de
nouer nos relations avec une égale sincérité»
avec une égale loyauté, d'un côté comme de l'am
tre, et que sans arriére-pensée on comprenne 1»
nécessité du sacrifice de ses idées particulières à
l'intérêt supérieur du parti républicain.
Dans l'intérêt de l'accord que nous somme»
venus scelle ici il e»t de votre devoir de don-
ner aux républicains qui n'ont pas voté comme
vous une preuve solide de l'accord Que vou»
entendez passer avec eux.
Si l'amendement Malavialle avait été voté, tout
le monde aurait proclamé, ce n'est pas douteux,
la faillite de la R. P.
Cet amendement repoussé c'est donc l'adoption
du principe de la R. P.
C'est la reconnaissance par les partisans dus
système majoritaire du vote de l'article premier.
fis feront l'union sur cet article et dans l'intérêt
de l'immense majorité du parti républicain nou^
serons ensuite fous d'accord pour discuter Joute®
les modifications qu'il Convient d'apporter.
S'ils ne font pas cela, comment pourraient-^
chercher aujourd'hui plus qu'hier un refuge dan»
un autre système qui ne serait pus la R, P.
le ne suis pas prophète, mais je doute, danô
ces conditions, qu'île puissent ramener à eiuc
ceux qui sont précisément convaincus de la ne?
consite 36 fe. n. r\
L'Ordre du Jour Perchot
M. Perchot a alors présenté un ordre dtl
jour portant avec sa signature celles de MM.
Breton, Bouffandeau, Dalimier, Puech, Dess
soye, Gai lot, D. Vincent, F, Rabier, Dûmes*
nil, Malavialle, Dron, Modeste Leroy et Sa li-
mande.
Voici le texte de cet ordre du jour ï
Les groupes de gauche, considérant que l'inté-
rêt supérieur de la République doit passer avant
toutes les conceptions particulières touchant les
modalités de la réforme électorale ,
Considérant que rptte reforme, comme toutes
les autres réformes démocratiques, ne peut et ne
doit être faite que. par l'union et la discipline né*
cessa ire de toutes les forces républicaines.
Décident de rechercher, sans délai, un terr&iÉI
d'entente.
M. Dalimier a parlé de la conciliation
nécessaire entre républicains. II s'est ral-
lié à l'ordre du jour Perchât et a proposé*,
eutïsidialrement, la formation d'une commis-
sion d'études composée uniquement de réptr*
blicains désignés par les groupements de
gauche, partisans et adversaires se trouvai
représentés en nombre égal.
M. Jaurès
M, Jértirës a pris alors la parole. H l'a COTÏV
eervée en dépit de violentes apostrophai»
Quelques membres sont allée jusqu'à ï@f
crier. : â- .Vous files exclu l
â Comment poirvefc-vous dire, a-t-Q déclaré*
que le vote sur l'amendement Malavialle n'avait
pas une valeur de principe ? C'est vous-mêmes,
qiu lui avez donné ce sens. C'est vous qui noie
avez courtoisement mais nettement défiés d'accep-^
ter le combat en champ clos. Nous l'avons ao-
cepté, en effet.
M. Thomson, rigoureusement anîiproportiort-
naliste, M. PeJlelan antiproportionnaliste et moî-
mSme antiproportionnaliste, qui étions inscrits
sur l'art. I*\ nous avons reporté nos inscriptions
sur l'amendement Malavialle et vous êtes obli-
ges d'avouer tout au moins que le rejet de cwS
amendement constitue une sérieuse indication enf
laveur du principe de la proportionnelle. (Adh^t
sion.)
Le principe étant donc acauis, nul ne peut s'ep*
poser à ce qu'on recherche l'accord le plus éten-
dJ possible des républicains sur cet objet. Seu-
lement la méthode proposée ne me paraît pag
bonne. En instituant une sorte de commission
oUlcieuse on pourra croira que vous voulez des»
saisir la commission légale qui comprend tous
les éléments, où votre état d'esprit est représen-
té comme le nûtre et qui a fait preuve du plu*
grand esprit de conciliation. Ce qui voua man-
que c'est d'avoir mesuré l'étendue des conces-
sions qu'elle a faites par la prime à la majorité
absolue combinée avec l'apparentement.
J'ai la conviction profonde qu'il n'est pas pos-
sible d'aller au delà. De6 systenws de prétendue
conciliation qu'on esquisse on paroles vaguice, i«s
uns suppriment la proportionnelle, les autres
vous retirent les concessions déjft faites.
Mal si vous croyez possible de proposer des
transactions nouvelles, faites-le, mais laites-la
avec précision. , t ,
Le Vote
Aprôa ane intervefttioft de M. Dumesni^
partisan lui aussi d'une transaction,, le pré^
aident a mis aux voix La constitution de la?
commission officieuse. Elle a été adopté ev
non toutefois sans que de nombreuses aba-*
tentions ses oient produites.
- Au moment où Ion allait se séparer,
Franklin-Bouillon a dit : La conséquence do
la décision que nous venons de preadre*.
i c'est linteiruipUon du débat devait lat
Chambre. ' m
De vives protestations se sont élevées çt
M. Joseph Reinach a déclaré : . .
â Nous sommes venus & cette réunit^
dons un esprit de conciliation. C'est dans 1er
môme esprit que nous acceptons la nomra®*
tion de la commission. Mais c'est à une dotfef
bie condition : d'abord que la commission^
du suffrage universel ne sera pas dessaisi^
ensuite que le projet de réforme électorales
restera Inscrit en Wle de l'ordre du joui <13
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