Titre : La Lanterne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1906-09-17
Contributeur : Flachon, Victor. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328051026
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 17 septembre 1906 17 septembre 1906
Description : 1906/09/17 (N10739,A29). 1906/09/17 (N10739,A29).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-54
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 03/07/2012
-
^Lajuantetne
'a
«168 : 4 cette acèney nssén&' fie» -coups -dé cà&n»
plombée sur la tête de Tliiriat qui tomba comme
,une masse sur le IroUoir.
Bandant que l'on s'occupait da blessé, les
fépoux Vroisin étaient conduits au (commissariat
de la Villette où procès-verbal fut dressé contre
le mari. >
Le sculpteur a dit être transporté à J'hôpilal.
Le mari, trompé, apprenant lés infidélités de
ea femme, s'est empressé de demander Je di-
vorce.
Les femmes cambriolent !
A la suite de nombreuses plaintes de proprié-
taires du 1G' arrondissemetst, le chef de la Sû-
reté fit exercer une surveillance aux environs
de l'avenue de la Grande-Armée. Des agents ar-
rêtèrent deux individus,, vêtus de longues blou-
ses bianohes et coiffés de casquettes en soie, au
moment, où ils sortaient d'un immeuble dé la
rue Picot.
Au poste, ils constatèrent, en voulant les fouil-
ler, qu'ils avaient affaire, à deux femmes habil-
lées en hommes.
Celles-ci, répondant aux noms d'Amélie Rou-
ffîève, dite « Méiie la Poison a, et de Louise Cou-
dard, demeuraient ensemble dans une roulotte
des fortifications.
La première, qui est tatouée sur tout le corps
<. p cœurs symboliques transpercés -de flèches,
-était porteur d'un poignard marocain, enfermé-,
dans sa gaine, et d'un revolver chargé de six bal-
les mâchées. Douée d'une force peu commune,
elle a sauté à la gorge du brigadier Hagron, au
moment où il l'appréhendait, et l'a mordu si
cruellement au cou qu'elle resta suspendue, un
instant, la bouche sur la plaie.Pendant sa compagne s'efforçait d'ameuter des rôdeurs
»n appelant au secours.
commues quai des Orfèvres, au service de
la SùreM, ces amazones ont déclaré qu'elles
avaient volé pour envoyer de l'argent à -deux
-de. leurs amis, .qui purgent en ce-moment une
condamnation à dix ans de travaux forcés cha-
cun a, la Guyane. * ;
: Une- perquisition opérée- dans leur roulotte a
amené la découverte de plusieurs objets volés,
ist notamment d'une somme de 650 francs en -or,
qui allait être, semble-t-il, expédiée aux deux
forçats. , -
- _-..cf'.-. --- - .-
? - »» — - -—- v
- FAITS DIVERS -.
^rw ;
Tombé dans le fossé des fortifs. — M. Emile
Laeombe, employé de chemin de fer, demeurant
69. rue Victor-Hugo, à Levallois-Perret, qui s'é-
tait endormi sur les fortifications, près de la
porte de Saint-Ouen, est tombé dans le fossé, et
dans sa chute, s'est grièvement blessé. Il a été
transporté à l'hôpital Beaujôn. *
Ecrasé,par un omnibus. — Hier matin, boule-
vard Saint-Germain, un omnibus Ménilmontant-
Gare Montparnasse a renversé M. Louis Ber-
trand, employé, demeurant 38, rue de Seine, qui
6 eu la jambe gauche-écrasée.
M. Bertrand a été transporté dans un état des
plus alarmants à l'hôpital de la Charité.
Drame de la jalousie. '- Hier, après midi, à
trois heures, à la station de Suffren, du Mé-
tropolitain, Mlle Elisabeth Bourgeois, blanchis-
seuse, demeurant 29, rue de Buffon, a - tiré un
coup de revolver sur son ancien amant, Marcel
Dudard, garde au Métropolitain, qui a été légère-
ment atteint à.J,'gpaule.
ENVIRONS DE PARIS
, ARRONDISSEMENT DE SAINT-DENIS
Levallois-Perret. — Mme Mauger, figée de 79
Uns, qui demeure avec son beau-frère, 54, rue
Gide, s'était alitée, se sentant indisposée, et son
beau-frère, ayant des courses à faire, l'avait
faissée un instant seule.
Vers huit heures du soir, un individu s'intro-
duisit dans l'apparfement, se jeta sur Mme Mau-
ger et lui -appuya un oreiller sur la figure. La
pauvre femme perdit connaissance. Faisant main
assé sur tout ce qu'il put trouver, le malfaiteur
S'empara d'une somme de 1,100 francs en billets
de banque et de 5 à 6,000 francs do bijoux.
Des voisins, entendant le bruit, accoururent,
mais le malfaiteur les bouscula et réussit à
prendre la fuite.
L'état de Mme Mauger ne présente rien de
grawi •»
v - ARRONDISSEMENT DE SCEAUX
Saint-Maur. — Un épouvantable accident s'est
produit hier dans une propriété de l'avenue du
ois-Guimier.
Un enfant de 3 ans, Marcel Porlalème, qui
10uait dans le jardin attenant à la demeure de
ises parents, s'empara d'un flacon d'acide sulfu-
rique qui se trouvait sous une tonnelle, et en
jabsorba le contenu..
Aux cris du pauvre enfant, ses parents ac-
coururent, mais il était déjà trop tard, et tous
les soins furent inutiles. Au bout d'un quart
d'heure de souffrances horribles, le petit Marcel
expirait dans les bras de sa mère affolée.
I =
- LES TRIBUNAUX
L'amitié et l'amour
Rouillard et Guillaume étaient deux bons amis
Hui travaillaient ensemble, sortaient ensemble,
jouaient ensemble à la manille et au zanzibar.
Le malheur fut que Rouillard prît une maîtres-
se. C'était une jolie petite couturière, à laquelle
puillaume s'avisa un jour, en l'absence de Rouil-
itard, de tenir de galants propos.
flouillard survint et menaça son ami de lui
F couper la tête ». Il ne put réaliser sa menace,
par Guillaume se mit sur la défensive. On se
pattit à coups de couteau et les deux adversai-
res furent tous deux légèrement blessés.
La neuvième chambre correctionnelle les a
condamnés, hier, à un et deux mois de prison,
nais leur a accordé à tous deux la loi de sur-
ïis.
La spécialité de Mme Pollet
Certaines gens aiment à se spécialiser.
Mme; Pollet s'était fait, elle, une spécialité
l'escroquer lés sages-femmes. Son truc n'était
pas très compliqué, encore a-t-elle le mérite de
avoir trouvé toute seule.
Elle allait chez 'une sage-femme. cc Ma sœur,
lisait-elle (c'était, suivant d'autres cas, sa belle-
ïœur ou sa cousine) viendra demain chez vous
somme pensionnaire. - •
— Enchantée ! répondait poliment la sage-
femme. »
Alors, Mme Pollet se frappait soudain le front.
« Quelle étourdie je suis, disait-elle, j'ai une
petite course a fairo -dans le voisinage et j'ai
publié mon. porte-monnaie l » —-.
Et la sage-femme, en attendant de voir sa
nouvelle pensionnaire, était lapée de quarante
pous ou de trois francs. La pensionnaire, natu-
rellement, n'apparaissait jamais.
Poursuivie, sur la plainte d'une de ses dupes,
Mme Pollet a été condamnée hier à deux mois
île prison. t., -
LES SPORTS
-'
COURSES A LONCCHAMP
Dimanche 16 septembre 1906, à deux heures
H MS PRONOSTICS
Prix de la Praine. — Ondulante ou Comète.
Prix de Ssolonville. — Bon ou Claquette.
Prix Royal-Oak. — Maintenon.
Prix de la Celle-Saint-Cloud. — Melpomène ou
Scotch Reel. ;
Omnium. — Japonais ou Monsieur Charvet.
Prix de Glatigny. — Vincent ou Gamaliel.
-4 C ,
COURSES A SAINT-CLOUO ¡
r Résultats du 15 septembre 1906
1 Prix d'Asnières
Au trot monté — 2,000 francs — 2,800 mètres
1. Dead Heat, à M. J. Thibault ; 2. Délicate ;
3. Diva.
Non placés : Double Six, Divine, Dentelle,
Diane de Poitiers, Dynamo, Diablesse, Diane.
Prix de Puteaux .,
Au-trot attelé — 3,000 francs — 3,200 m. — P.L.
1. Baronne, à M. Cavey ainé ; 2. César; 3. Cus-
ter. -' v
Non placés : Omessa, Dame Noire, Cresseve-
nilles, Bouquet, Chaleur. ', ,,",',
- -V * **.
- Prix Edimbourg *Au trot monté — 3,000 francs — 30500 mètres
T
1. CyMIe,-a M. BachSlot ; 2. Carascade ; 3.
Cabourg. ''-
@ •
Non placés : Caiinat, Clairon, Chusco,Chrisis,
Cassiopée, Corailie. • 4
f -
Prix Jacques Olry ,",'
Au trot monté. — 10,000 francs — 3,200 mètres,
1. Bolide, à M. Olry-Roederer ; 2. Bella ; 3. Ba-
tailleur.
Non placés : Ballade, Badypile, Camponac,
Clairon, Bativa.. -—
,- Prix de Longchamp
Au trot attelé — 2,800 fr. — 2,800 m. — P. L.
1. Comtesse de Beuville, à M. Ch. Bougon ;
2. Daniel ; 3. Cyclamen.
- Non placés : Chrisis, Calembourg, Douze Mai,
Déjazet.. f
i Prix de Courbevoie
Au trot monté — 3,000 francs — 2,800 mètres
1. Byrsa, à M. Louvet ; 2. Beatenberg ; 3. Bam-
boula.
Non placés : Calvados, distancé premier ; Bo-
hémienne, Canada, Calvados. -
- Première Coursa
Pes." Pet.
- 10 fr. 5 fr.
Dead Heat Gagn. 20 50 12 50
- Placé 13 » 9 »
Délicate Placé 36 » 27 50
Liva. Placé 68 50 27 50
Deuxième Course
Baronne. Gagn. 37 50 24 »
- Placé 14 50 7 50
César Placé 17 » 8 »
Custer Placé 13 50 7 »
* Troisième Course '* £
Cybèle .71 Gagn. 90 50 m 50
— Placé 24 50 12 »
Cavalcade Placé 14 » 7 t,
Cabourg. Placé 36 50 16 »
Quatrième Course
Bolide u. Gagn. 25 » 11 »
'■> — Placé 11 » 5 50
Bella Placé 12 » 7 50
Batailléur Placé 11 50 6 50
Cinquième Course
Comtesse de DeuviUe. Gagn. 75 » 91 50
- Placé 27 50 19 50
Daniel Placé 21 » 15 »
- Sixième Course -
Byrsa Gagn. 79 » 18 »
-.- Placé 41 50 35 »
Beatenberg Placé 23 >» 14 50
1
4 Nos (avoris sont indiqués en italiques.
CYCLISME
Ce matin aura lieu la grande tpreuve sur route
organisée par le Club Sportif de l'Observatoire
sous la dénomination de Paris-Nemours.
96 coureurs sont engages et, parmi les meil-
leurs, nous citons : Ryon, Page, Marcault, Per-
net, Coisy.
x x A deux heures, à la Piste Municipale,
aura lieu la réunion organisée par la commission
sportive de l'U.V.F. Comme nous l'avons an-
noncé, les eugagés sont nombreux, aussi le
sport y sera-t-il intéressant.
x x Aujourd'hui, au Vélodrome du Parc des
Princes, course de demi-fond en trois manches,
10, 20 et 30 kilomètres, dans laquelle se rencon-
treront le stayer américain Mac Lean, Louis
Mettling, Simar et Tommy Hall.
NAVICATI' AUTOMOBILE
Aujourd'hui auront lieu, à neuf heures, les
courses du meeting de Juvisy.
MARCHE
C'est aujourd'hui que sera disputé le « Tour
de Paris à la marche ». Le départ sera donné à
sept heures et demie du matin, avenue de la
Motte-Piequet, et l'arrivée s'effectuera au même
endroit.
Le parcours comprendra une distance totale
d'environ 38 kilomètres, l'arrivée du premier
aura lieu probablement entre onZA heures un
quart et onze heures et demie.
Voici l'itinéraire détaillé de l'épreuve :
Départ avenue de la Motte-Picquet, avenue La
Bourdonnais, quais d'Orsay, de Grenelle et de
Javel, viaduc d'Auteuil, portes Molitor, -d'Au-
teuil, Maillot, de Courcelles, de Saint-Ouen, d'Au-
bervilliers, de Pantin, de Bagnolet, de Vincen-
nei&r-de Chareatan, d'Ivry, d Italie, de Gentilly,
d'Orléans, de Vanves, de Versailles, rues de Vau-
girard, de la Croix-Nivert, avenues Lowendal,
Duquesne et de, la Motte-Piequet (arrivée), «oit
au total 38 kilomètres environ. ,
Paul Bonneau.
J -,
Les Coulisses
Matinées d'aujourd'hui dimanche :
- Comédie-Française (matinée gratuite) : L'Avare
et les Folios amoureuses. - 1
Vaudeville, Nouveautés, Gai té, Palais-Royal,
Porte-Saint-Martin, Ambigu, Cluny, Déjazet,
Mentrouge, Folies-Bergôre, Marigny, -Trianon,
Olympia, Parisiana, Printania, Cirque d'Hiver,
Médrano, mêmes spectacles que le soir s
— Le Jardin de Paris a fait hier sa clôture
annuelle. : *
,. ; Pasquln.
r .ït
MUSIOUES MILITAIRES
Ou dimanclie 16 septembre (de 4 à 5 heures).
Buites-Ghaumont
(31° régiment d'infanterie. Chei : M. ChomeV,
Troisième Marche aux Flambeaux, Meyerbeer.
— La Damnation de. Faust, Barlioz. — Danse
mavabre, Saint-Saëns. — Le Chasseur maudit,
César.,Franck. 4
, Place de la Nation '■* -U
(89° régiment d'inf. - f é
(89° régiment d'inf. Sous-chef :M. Lavagne)
Polonaise de Concert, P. Vidal. — CAriésien-
ne, G. Bizet. — Mylle Bretonne, PiUevestre. —
ruillaume Tell, Rossinî. -
,- Passy«Ranelagh r 4 » *
(5° régiment d'infanterie. Chel : M. J. Vidal) *
Bcjà, Bichot. — Ouverture du Domino Noir,
Auber. — La Berceuse, Waldteufel. — Mascara-
de, lacôme. — Le Vieux Ménétrier, Signard.
--, Jardin des PlantssT ::#"
(23* rfg. d'inf. coloniale. Chef : M. Muesmann)
Les Cadets de Brabant, Turine. — Poète et
Paysan, Suppé. — Les Echos des Plages, d'Es-
trez. — Suzanne, Paladilhe. — Charlotte., Mues-
mann.
Square Parmentiei- 1
(21* régiment d'inf. coloniale. Ch4j : M. Pericat)
Plume au Vent, Turine. — Les Dragons de- la
Reine, Mallot. — Rose-Mousse, Bose. — Panur-
ge, Planquette. '- Brillante Etape, Turlet.
, ,- -
;--:; Parc Montsouris
(46* "régiment d'infanterie. Chef ; Af. Monbarin)
Nancy, Block. — Sigurd, Reyer. — Pan et
Ripeaux, Donjon. — Guillaume, Tell, Rossini.
— Landler, J.-B. Wekerlin. -.1
Palais-Royal r * t
(24* régiment d'infanterie. Chef : M. Soyet)
Marche Brelonnc-, L. Frestch. - Carmen, G.
Bizet. — La Féie des Chasseurs, Sellenick. —
Coppélia, Léo Pelibes. — L'Auvergnate, L.
Ganne.
TuilerIe-
(76' régiment d'infanterie. Chef : M. Schmidt)
Première Symphonie, - Saint-Saëna.— Concerto
pour clarinette, Wéber. -— Rapsodie Norvé-
gienne, E. Lalo.
Parc Monceau
(28* régiment d'infanterie. Chef: M. André)
Marche dit Tannhauser, R. Wagner. — Stra-
della, Flotow. - Berceuse de Jocelyn, B. Go-
dard. — Samson et Dalila, Saint-Saëens. — Le
Départ des Conscrits, H: Bresles.
Il n'y aura pas de concert militaire aujour-
d'hui dimanche au Jardin du Luxembourg.
Voir à la 4" l page l'annonce 1 des
GRANDS MAGASINS DU
LOUVRE
PARIS > *.
"Demain Lundi' r
EXPOSITION DE
.A..rrieublenïents
LITERIE
DEPARTEMENTS
BASSES-PYRÉNÉES
Biarritz. — Un jeune homme et une jeune ifille
qui avaient commandé à déjuner dans un res-
taurant voisin du phare étaient allés voir ia
mer pendant qu'on préparait le repas.
Ils curent l'imprudence de s'aventurer sur un
rocher qui était presque entouré par l'eau. Une
Lame, plus violente que les autres, les surprit
et les projeta violemment sur le rocher.
Les gardiens du phare accoururent au secours
des deux jeunes gens qui furent transportés à
la maison de secours.
Tous deux sont grièvement blessés. Le jeune
homme a subi l'opération du trépan, la jeune
fille porte des plaies - graves à l'épaule et au
bras gauches. -
EURE-ET-LOIR
Chartres. — Il y a quelques jour?, M. Huard,
cultivateur au Pré-Sainl-.Martin, avait congédié
deux ouvriers do batterie dont il avait à se
plaindre.
Avant-hier matin, ceux-ci se présentaient & la
ferme où Mme Huard était seule.
Ils refermèrent la porte derrière eux et l'un
se jeta sur Mme Huard, cherchant à l'étrangler,
tandis que l'autre visitait Les tiroirs et s'empa-
rait de 150 francs. .,. -
Mme Huard s'évanouit ; les malfaiteurs la
crurent morte et s'enfuirent travers champs
vers la gare du Gault-Saiiit-Denis, où ils ont
pris un billet à destination d'Orléans. »
Mme Huard fut retrouvée à neuf heures sans
connaissance par des voisina.
i i
) CARD >
Bcaucalre. — Un cadavre affreusement mutilé
était trouvé sur la voie ferrée Beaucaire-Nimes.
C'est celui de M. Bonnafoux Ernest, de Jonquiè-
pes-Saint-Vincent, marié depuis un an et demi
environ à Mlle Deleuze, de Beaucaire.
De l'enquête il résulterait que Bonnafoux au-
rait été tué dans son mazet, situé qsuarticr Au-
bène, dans la nuit du 12 au 13 courant, et,
comme l'indique le relevé des traces de sang, le
criminel, une fois son crime accompli, aurait
transporté Le cadavre sur la voie ierree pour dé-
pister la police et laisser croire à un suicide
ou à un accident. f
GIRONDE
Clairac. — En gare de Claîrac, une voiture
détachée du train 910 est venue heurter deux-
voitures déraillées du train 2347. Trois voya-
geurs ont été blessés et un certain nombre con-
tusionnés. c ,"
1i: "j
MMÂRCHE
» Maison A. BOUCICAUT
- --
, Lundi ! 7 Septembre
et Jours suivants -
- .- MS.
** ^AND^ MISE EN VENTE DE îS*
.,. ,p: 1- ,
.,,' .,,,,,~.,".,. ,'-<"'--., ,,' ..,',.,.,"',
---Tu" d' , P'Cm S",,"
,: ':~' \,.' 'f~,.: ';:,:
Ameublements
..à
(Voir à notre 4me pâge).
LA FINANCE
j BULLETIN DE LA BOURSE
r Du 15 septembre 1906 f
- t
i
La dernière séance de la semaine nous réser-
vait une fâcheuse surprise ; le recul de notre
Rente, grâce, à n'en pas douter, aux nouvelles
attaques du parti baissier, et la violente réac-
tion du compartiment espagnol, motivée par l'é-
ventualité d'une crise, ministédelle, et aussi par
la perspective d'une agitation sérieuse dans le
pays, suscitée par le'nouveau général des Jé-
suites, lequel se propose d'ameuter les troupes
cléricales. -
Notre marché a donc été très mouvementé, et
cela, au moment même où on procédait aux
opérations de la liquidation, laquelle s'est toute-
fois effectuée dans d'assez favorables conditions,
vu crue le taux des reports a été très modéré.
Néanmoins, comme il est apparu que la situa-
tion de place était saine, on a lieu d'espérer
que la baisse de ce jour ne sera qu'éphémère.
Le 3 est revenu de 97.52 à 97.27, au plus
bas ; il clôture à 97.32. Au comptant, il vaut
97.35.
L'Extérieure d'Espagne que nous laissions hier
à 95.85. finit à 95.95. Quant aux Chemins, sur
lesquels la spéculation a, comme on sait, de très
fortes positions, ils ont été des plus éprouvés :
les Andalous perdent 8 fr., le Nord 10 fr., le
Saragosse il fr.
Le Turc, sur les bruits plus précisés d'un con-
flit possible avec la Bulgarie, a rétrogradé d'un
demi-point environ.
Les Emprunts russes ont été calmes et fermes,
progressant légèrement : le Consolidé gagne
0 fr. 20. le 5 1906, 0 fr. 15.
Les Etablissements de crédit ont foit bonne
contenance aux environs de leurs prix précé-
dents.
Toutefois, nous signalerons le recul de la
Banque ottomane, à C65, entraînée par la baisse
de la Dette.
Les Chemins français, sur lesquels les négo-
ciations sont très réduites, rétrogradent de 3 à
6 francs.
Le groupe industriel est assez animé : en
hausse, nous trouvons le Gaz bénéficiant de
8 fr.. la Penarrova faisant un bond de 50 fr. à
1190 l'Aguilas s'améliorant de 3 fr., Malfidnno
de 6 fr.. et les Métaux de 7 fr. rn baisse, le Mr-
tropolitain et la Thomson.abandonnant 2 et 3 fr.,
et les Raffineries Say laissant 12 fr. nour l'ac-
tion ordinaire et 4 fr. pour la Priorité.
Le Rio s'est montré résistant, et il clôture en
nouvelle avance de 5 fr.
Les valeurs russes n'ont guère varié.
Les Mines sud-africaines restent fermes.
Bonconseil.
TIRAGE D'OBLIGATIONS
Ville de Paris 1865
Hier matin, a eu lieu un tirage financier in-
téressant les obligations de l'emprunt municipal
de 1865. -.
A ce tirage, il a été extrait de la roue vingt
et un numéros remboursés de la façon suivante:
Le numéro 247192 est remboursé par la 'somme
de 150,000 francs.
Le numéro 495414 est remboursé par la som-
me do 50,000 francs.
Les quatre-numéros suivants sont remboursés
chacun par la somme de 10,000 francs :
169634 202903 210777 378749
Les cinq numéros suivants sont remboursés
par la somme de 5,000 francs :
273115, 285789 336484 506186 527260
Les dix numéros suivants sont remboursés
chacun par la somme de 2,000 francs :
272800 548676 547725 420918 269342
267317 520752 102805 195963 557475
MARCHÉ DU JOUR
-;<00<, —————
Marché commercial du 15 septembre
I» -
".rlae't t!M. fOC ktt. J r Blé_, les 100 kilos.
1 h. 3h. „
Courant. 30 29 75 Courant. 22 25 2î
Prochain., 29 75 29 D0 Prochain. 22 25 24 25
Nov.-déc. 29 M 29 50 Nov.-déc. 22 50 22 25
4 de nov.129 50 29 50 -t df nov. 22 50 22 50
4 premiers.. 29 15 29 50 ¡ 4 premiers.. 22 75 22 50
1
Seigles, les tOO kilo. ! Avoines, les 100 kilos
1 h. 3b. ! 1 h. 3h.
Courant. 16 50 16 50 Courant. 19 50 13 75
Profhftin. 16 50 1S 50 Prochain. s 13 75 20
Nov.déc. 16 50 16 50 Nov.-déc. 19 75 20
4 de nov. 16 75 n 75 4 de » ov 19 75 20
4 premiers.. 16 75 16 75 4 premiers.. 20 20 25
t.,. ,
Huile de colza 100k. Huile de lin, les 100k.
, 4 h. 4h. 1 h. 4h.
Disponible.. 65 75 66 ?5 Disponible.. 41 41 ;5
Courant. 65 75 66 25 Courant !4i 50 41 75
Prochain. 65 75 66 24 Prochain. 42 25 42 25
Nov.- tec 68 66 50 Nov.-dec. 42 25 42 75
4 premiers.. 66 66 .., 4 premiers. 43 50 43
1
#
Sucres, n' 3, les 100 k. Alcools,l'heet. nuè90*
¡, a 1 h. 4h. ith. 4h.
Courant. 28 28 25 Courant. 44 43 50
Prochain. - 29 29 ..Prochain 41 50 41 25
41 40 50
4 d'octobre.. 29^25 29 25 3 d'octobre.. 41.. 40 50
4 premiers.. 3H 30 Nov - déc. 40,75 40 50
Roux : cuite-24 75 24 75 4-premiers.. 41 25 41 25
Circul. 28.300 sacs Gircul., pipe.
v Sucres raffines. — 69 à 60 50 les 100 kilos.
- Farines -de «ensommation. — 49 à 53 les 159
lâlès brut, toile à rendre franco au domicile des
-acheteurs.
r Avoines. — 20 à 22 25 les 100 kilos. V
• - !
Marché aux Fourrages de ta Chapelle -
Du 15 septembre ;
Les affaires ont £ tê peu actives aujourd'hui
sur notte marché, avec ptix soutenus sur les
pailles et fermes sur les fourrages. ->. -
On peut étanlir la cote générale suivante :
- -— l" q. 2n q. 3
-- - -r: - .-
Paille de blé. 28à30 25à26 22à23
,— de seigle 41 43 38 40 33 35
— d'avoine. 28 29 25 ?6 23 24
Foin. 64 67 55 60 46 52
Luzerne. 62 64 58 60 49 52
Regain. 55 59 52 54 41 43
Trèfl 55 57 48 50 43 45
Le tout rendu dans Paris au domicile de l'a-
cheteur, droit d'entrée compris, par cent bottes
de 5 kil., savoir : 6 tr. pour foin et fourragea
secs, 2 à pour paille : avec pourboire de 1 Ir.
secs, 104 bottes, à ia charge de l'acheteur et non
par
compris dans la cote ci-dessus.
BOURSE DU 15 SEPTEMBRE
Cote officielle des Marchandises
Cote -- Cots de
précéd. jour
30 12 Farines-Fleur. 100 kil. 30.. à 29 n.
66 Colza tous fûts. G6
78 — épurée. 7C
42.. Lin en fûts. 4q 7b
45 Alcool 90. rhectol. 45 44 50
28 50 Sucre blanc no 3. 109 kil. 28 25
25 12 — brut 88°. 24 75
60.. — raEL bonne. 60
6050 - rafï. belle. 60 50
25 25 — certificat. 25 25
72 -. Suif frais 43 1/2. 73
* : 73
72 — de province. 73..
50 40 en branches. 5110
!t MÉTAUX ;
t?
lOO'-cîl *
PLOMB. Marquesordin., IIv. navrs hO 50
— —, li v. Paru 51..
ETAIN Banka liv. Havre Paris. 491
-Billiton — —
— - Détroits — - — 487
— Angl.Corn. liv. Paris. 471..
-,'
Le Havre, 15 septembre (dépêche)
, 1
M Santés très-orili aires Buenos-Ayres
: {lesiOOk.K Louisiano en s d it
-- Cote Cote Cota i Cota Cote Cote
VMûli préc. duj. prôa. du j préo. duj.
- - - "- - - - -
B?pt 46..46756312:. 63 :: Î99 i99
Cet.. 4575 46 50 61 62 6l 50 199 199
Nov. 45 75 46 50'60 87 6075.. HI9 19)
Déc. 46 46 75 60 87 6062 192 5o 192
Janv 4575 6 50 61 60 6> 181 7,0 IKi 50
Fév. 45 7f> 4rt 50 61 f2 60 75 172 172
Mars. 46 ?5 47 61 12 60 75 168 1^)7 50
Avril.. 46 25 47 61 -i2 60 75 1^7 5 » 167
Mai. 46514725 61 37 61 167 166 50
Juin. 4650 47 25 61 50 61 Il 167 In6 hO
Juillet. 46 .5:47 50 61 50 ..;61 12 ..167 ..166 50
Août.t. '6J 50.J61 12 .!.
B'SE33S~ES~S~E~~SZE~BEES~E~mS~~SSSS~ I:~,:~'
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Premier Anniversaire de la Direction Laguionie & Cie
\Liiidsii 17 .Septembre
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:,Y"r-"\,' ~:-f-" ,(.{' >;:",~",,::':' ,:~*~: ",;
Ameublement = Literie = Rideaux - Porcelaines = Toile - Mouchoirs
Linge de Table" Trousseaux = Chemises = Soieries.
OCCASIONS SEnSATiOnNELLES à tous les COMPTOIRS
.--~ iL ,,'J:.lr- ::';'';;.'Ir.:~:''-
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H'IJ- it 'fi"i
FEUILLETON DU 17 SEPTEMBRE
Contes et Nouvelles
Wv —^
LAIDE!
PAR
BERNARD TAFT
~———-
T 1 -
4
- r *
Jr sfr
SUITE
Tout un mois -— toute une éternité —
Bura l'angoissante lutte entre la vie et la
mort ; tout un mois, vingt fois par jour,
Roger se demandait, tremblant d'effroi, qui,
de lui ou de la maladie, resterait vain-
queur 1 Par moments, devant la stérilité
ije ses efforts qui n'aboutissaient qu'à un
nouvel assaut plus féroce du mal, il déses-
perait. Mais, après chaque crise de défail-
lance, il redevenait plus fort, -plus énergi-
que, concentrant toute sa force morale vers
jun seul but : saavier sa Jeannetfe !
Et, comme si le sort eût pitié du mal-
heureux, comme s'il lllL touché de son en-
têtement sublime, il lui donna la victoire :
malgré une marche foudroyante de la ma-
ladie, malgré des complications redoutables,
Jeanne fut sauvée !
Ah 1 la première fois qu'elle le caressa
de son regard devenu limpide, la première
fois que, dans l'ombre des rideaux, ses
lèvres pâles s'entrouvrirent en un doux
sourire pour murmurer : « Rogpr !. », il
fut récompensé de toutes ses peines, de tou-
tes ses souffrances 1 -
Une joie, une indicible joie, l'envahit ; il
fit un mouvement pour étreindre dans ses
h'"-* 1.11 h.pY,.:-)]' ! "n ren-
due ; mais il se relint, saisi d'une crainte
folle de briser cette créature si faible, si
fragile encore, ce corps anémié, épuisé, où
la vie — telle laube après la sombre nuit
— commencait à. peinp à luire !
Il se contenta de lui prendre la main
et d'y déposer un long baiser mouillé de
larmes.
II
La convalescence fut bonne: avec chaque
jour, avec chaque heure, les forces augmen-
taient, la vie renaissait. Mais la santé re-
* 1 t ~s' "lin infp-' "flincue..s'en
allait lentement, comme à regret, elle ne
s'en alla pas entièrement. L'épouvantable
fléau qui avait frappé Jeanne en pleine jeu-
nesse, en pleine floraison, laissa un stig-
mate indélébile de son passage, marquant
à tout jamais la pitoyable proie qu'un dé-
vouement héroïque lui avait arrachée !.
Rogerr qui avait consenti à prendre quel-
ques heures de repos,.. dormait profondé-
ment, lorsque, tout à coup, il fut réveillé par
de violents sanglots qui partaient de la
chambre de Jeanne. Il s'y précipita et trou-
va la jeune fille; la tête enfoncée dans ses
oreillers, tout le corps secoué. Près du dit
gisaient les éclats d'un miroir brisé. Les
rideaux, malgré la qffense du- mAdecin,
étaient tirés, et le soleil naissant de prin-
temps se jouait' gaîment dans les tentures
bleues de ciel, donnant à la pièce un air de
fête.
Mme Mirelet, effrayée,-était déjà près de
sa fille. *•
Roger courut vers le chevet de la conva-
lescente. ,
— Jeannette, ma ehérie, pourquoi pleu-
rez-vous ? -
Elle ne répondit point, mais les sanglots
se firent plus bruyants, plus déchirants.
On eût dit qu'un cœur se brisait, que toute
une existence roulait lamentablement.
Roger répéta, glacé : -
— Pourquoi pleurez-vous, ma bien-ai-
mée Jeannette ?
La jeune fille, dans les bras de sa mère,
continuait à se lamenter ; puis, soudain,
elle se retourna vers son fiancé, et d'une
voix Apre :
— Regardez-moi 1
Roger reculs d'épouvante ! Le visage de
Jeanne était horriblement ravagé ; d'innom-
bra-bles cicatrices le criblaient : les traits
d'un dessin exquis, d'une régularité de sta-
tue antique, s'étaient fondus, comme sous
l'influence d'une cuisson infernale. Et,
dans cette figure, les yeux, les yeux seuls
gardaient leur beauté ancienne, accentuant
ainsi la destruction de ce visage adorable,
la rendant plus tragique ! On eût songé, en
voyant Jeannette, à la vengeance d'un dieu
antique, implacable dans sa haine, qui: je-
tait- un masque affreux sur une créature de
toute beauté l -', <- -
Pgndant un. Instant* Roger resta immo-
bile, glacé, frissonnant d'horreur. Un mo-
ment il se demanda s'il n'était pas en proie
à un' terrifiant cauchemar. Il se mordit
les lèvres, sentit la douleur de la morsure
et comprit que c'était la réalité, l'épouvan-
table réalité.- - --< - i-
- Alors, avec un cri rauqua, où il y avait
du désespoir et de la rage, il se jeta au
pied du lit, les poings crispés.
Mme Mirelet, pendant toute cette scène
poignante croyait, elle aussi, à. un horrible
rêve ; chancelante, elle .n'avait même- pas
la force d'essuyer les larmes qui coulaient
le long de ses joues. -
.- Sans dire un mot, les lèvres convulsive-
ment serrées, Jeanne regardait Roger. Ses
sanglots; s'étaient tus. Un immense dégoût
de l'existence- la pénétrait ! Ah ! pourquoi
la maladie ne l'avait-elle pa,s tuée ? Mille
fois elle eût préféré la mort à cette dé-
chéance physique, à cette mort lente de
toutes les heures, de tous les moments !
Soudain une pensée se fit jour dans son
esprit. Roger ne l'aimait plus !. Et cela
n'avait rien que de très naturel : lui qui
avait aimé Jeanne Mirelet, la « belle ma-
demoiselle Jeanne » comme on avait l'habi-
tude de l'appeler dans son entourage, ne
pouvait pas garder son amour à celle qui,
maintenant, était devenue la personni-
fication vivante dé la laideur. Non, cela
n'était pas possible, cela ne serait pas !.
It In- ouitterait, l'abandonnerait, s'en irait
chercher une autre femme qui serait belle
comme elle l'avait été, dont la beauté,
comme autrefois la sienne, serait la fête
de ses yeux, la joie de son cœur !.
Et elle ne lui en voulait pas, ne pouvait
pas lui en vouloir ; elle subirait la loi com-
mune, adorée pour sa beauté, dédaignée
pour sa laideur 1
Mais, pourtant, qui sait ? Il n'aurait peut.
être pas le courage d'être sincère ! Il l'é-
pouserait peut-être quand même, par cha-
rité 1 * --e ~-~
A cette pensée, elle frissonna de révolte 1
Non, pas de pitié, de charité qui l'humilie-
rait, qui l'insulterait dans sa dignité de
femme !.
1 ère, dit-elle, je, veux parler à Roger.
Et pendant que Mme Mirelet s'éloignait,
elle posa doucement sa main sur la tête
d" son fiancé, aui restait toujours aunrès
d'elle, abimé dans sa douleur ; puis, d'une
voix que l'émotion, maîtrisée par un ef-
fort surhumain, ne faisait presque pas trem-
bler :
— Roger, murmura-t-elle, je vous rends
votre parole.
Il sc, redressa, frémissant comme souf-
fleté : il rrin, tout pâle :
- — Vous avez dit ?.
Elle répéta, de plus en plus calme :
— Je vous rends votre parole.
Un instant, il la regarda, comme fou L.
Soudain, il comprit !. Il comprit l'effroya-
ble drame qui se passait dans le cœur de
Jeanne, son désespoir atroce, sa certitude
de ne plus être aimée — et il se reprocha
violemment ses cris de douleur égoïste —
il se reprocha de n'avoir pas deviné tout
de suite que, sous ses yeux, croulait tout un
avenir de jeunesse et de bonheur !.
, Alors, une idée affreuse traversa son es-
prit : Jeanne, certaine qu'il la quitterait,
parce qu'il ne pourrait plus retrouver sous
l'horrible masque la beauté morte, ne vou-
drait plus vivre, se tuerait. Une ardente
pitié le saisit, une pitié pour cet être frappé,
marqué à tout jamais du cachet indélébile
de la laideur !. Il retomba à genoux de-
de -la laideur 1
vant le lit, baisa passionnément là main
de Jeanne et dans un sanglot où pleuraient
là joie brisée du passé et l'indicible tristes-
se du présent: - * ;
— Tu me rends ta parole, toi ?. Tu es
folle !. Mais je ne veux pas la reprendre,
entends-tu bien ? je ne le veux pas !. Tu
seras à moi, à'moi, ton Roger qui t'aime
comme autrefois, plus qu'autrefois, qui
t'aimera toujours davantage !
Elle voulut protester, mais il lui ferma
la bouche par un baiser. - —
\"¥" - <- 'II
!r XII
Quarante ans après, sur son lit de mort,
Jeanne demanda :
— Roger, maintenant que je vais mourir,
je veux savoir !..* Parle en toute sincérité.
As-tu regretté ce que tu avais fait ?
Et le vieillard répondit d'une voix grave :
-: — Non : avant ta maladie, je t'aimais
pour ta beauté ; après, je t'adorais pouc
ton cœur..
Bernard Taft.
LA LANTERNE
ABONNEMENT
PARIS ET DÉPARTEMENTS
Un mois ,. 1 50
Trois mois 4 50
Six mois 9 »
Un an 18 »
^Lajuantetne
'a
«168 : 4 cette acèney nssén&' fie» -coups -dé cà&n»
plombée sur la tête de Tliiriat qui tomba comme
,une masse sur le IroUoir.
Bandant que l'on s'occupait da blessé, les
fépoux Vroisin étaient conduits au (commissariat
de la Villette où procès-verbal fut dressé contre
le mari. >
Le sculpteur a dit être transporté à J'hôpilal.
Le mari, trompé, apprenant lés infidélités de
ea femme, s'est empressé de demander Je di-
vorce.
Les femmes cambriolent !
A la suite de nombreuses plaintes de proprié-
taires du 1G' arrondissemetst, le chef de la Sû-
reté fit exercer une surveillance aux environs
de l'avenue de la Grande-Armée. Des agents ar-
rêtèrent deux individus,, vêtus de longues blou-
ses bianohes et coiffés de casquettes en soie, au
moment, où ils sortaient d'un immeuble dé la
rue Picot.
Au poste, ils constatèrent, en voulant les fouil-
ler, qu'ils avaient affaire, à deux femmes habil-
lées en hommes.
Celles-ci, répondant aux noms d'Amélie Rou-
ffîève, dite « Méiie la Poison a, et de Louise Cou-
dard, demeuraient ensemble dans une roulotte
des fortifications.
La première, qui est tatouée sur tout le corps
<. p cœurs symboliques transpercés -de flèches,
-était porteur d'un poignard marocain, enfermé-,
dans sa gaine, et d'un revolver chargé de six bal-
les mâchées. Douée d'une force peu commune,
elle a sauté à la gorge du brigadier Hagron, au
moment où il l'appréhendait, et l'a mordu si
cruellement au cou qu'elle resta suspendue, un
instant, la bouche sur la plaie.Pendant
»n appelant au secours.
commues quai des Orfèvres, au service de
la SùreM, ces amazones ont déclaré qu'elles
avaient volé pour envoyer de l'argent à -deux
-de. leurs amis, .qui purgent en ce-moment une
condamnation à dix ans de travaux forcés cha-
cun a, la Guyane. * ;
: Une- perquisition opérée- dans leur roulotte a
amené la découverte de plusieurs objets volés,
ist notamment d'une somme de 650 francs en -or,
qui allait être, semble-t-il, expédiée aux deux
forçats. , -
- _-..cf'.-. --- - .-
? - »» — - -—- v
- FAITS DIVERS -.
^rw ;
Tombé dans le fossé des fortifs. — M. Emile
Laeombe, employé de chemin de fer, demeurant
69. rue Victor-Hugo, à Levallois-Perret, qui s'é-
tait endormi sur les fortifications, près de la
porte de Saint-Ouen, est tombé dans le fossé, et
dans sa chute, s'est grièvement blessé. Il a été
transporté à l'hôpital Beaujôn. *
Ecrasé,par un omnibus. — Hier matin, boule-
vard Saint-Germain, un omnibus Ménilmontant-
Gare Montparnasse a renversé M. Louis Ber-
trand, employé, demeurant 38, rue de Seine, qui
6 eu la jambe gauche-écrasée.
M. Bertrand a été transporté dans un état des
plus alarmants à l'hôpital de la Charité.
Drame de la jalousie. '- Hier, après midi, à
trois heures, à la station de Suffren, du Mé-
tropolitain, Mlle Elisabeth Bourgeois, blanchis-
seuse, demeurant 29, rue de Buffon, a - tiré un
coup de revolver sur son ancien amant, Marcel
Dudard, garde au Métropolitain, qui a été légère-
ment atteint à.J,'gpaule.
ENVIRONS DE PARIS
, ARRONDISSEMENT DE SAINT-DENIS
Levallois-Perret. — Mme Mauger, figée de 79
Uns, qui demeure avec son beau-frère, 54, rue
Gide, s'était alitée, se sentant indisposée, et son
beau-frère, ayant des courses à faire, l'avait
faissée un instant seule.
Vers huit heures du soir, un individu s'intro-
duisit dans l'apparfement, se jeta sur Mme Mau-
ger et lui -appuya un oreiller sur la figure. La
pauvre femme perdit connaissance. Faisant main
assé sur tout ce qu'il put trouver, le malfaiteur
S'empara d'une somme de 1,100 francs en billets
de banque et de 5 à 6,000 francs do bijoux.
Des voisins, entendant le bruit, accoururent,
mais le malfaiteur les bouscula et réussit à
prendre la fuite.
L'état de Mme Mauger ne présente rien de
grawi •»
v - ARRONDISSEMENT DE SCEAUX
Saint-Maur. — Un épouvantable accident s'est
produit hier dans une propriété de l'avenue du
ois-Guimier.
Un enfant de 3 ans, Marcel Porlalème, qui
10uait dans le jardin attenant à la demeure de
ises parents, s'empara d'un flacon d'acide sulfu-
rique qui se trouvait sous une tonnelle, et en
jabsorba le contenu..
Aux cris du pauvre enfant, ses parents ac-
coururent, mais il était déjà trop tard, et tous
les soins furent inutiles. Au bout d'un quart
d'heure de souffrances horribles, le petit Marcel
expirait dans les bras de sa mère affolée.
I =
- LES TRIBUNAUX
L'amitié et l'amour
Rouillard et Guillaume étaient deux bons amis
Hui travaillaient ensemble, sortaient ensemble,
jouaient ensemble à la manille et au zanzibar.
Le malheur fut que Rouillard prît une maîtres-
se. C'était une jolie petite couturière, à laquelle
puillaume s'avisa un jour, en l'absence de Rouil-
itard, de tenir de galants propos.
flouillard survint et menaça son ami de lui
F couper la tête ». Il ne put réaliser sa menace,
par Guillaume se mit sur la défensive. On se
pattit à coups de couteau et les deux adversai-
res furent tous deux légèrement blessés.
La neuvième chambre correctionnelle les a
condamnés, hier, à un et deux mois de prison,
nais leur a accordé à tous deux la loi de sur-
ïis.
La spécialité de Mme Pollet
Certaines gens aiment à se spécialiser.
Mme; Pollet s'était fait, elle, une spécialité
l'escroquer lés sages-femmes. Son truc n'était
pas très compliqué, encore a-t-elle le mérite de
avoir trouvé toute seule.
Elle allait chez 'une sage-femme. cc Ma sœur,
lisait-elle (c'était, suivant d'autres cas, sa belle-
ïœur ou sa cousine) viendra demain chez vous
somme pensionnaire. - •
— Enchantée ! répondait poliment la sage-
femme. »
Alors, Mme Pollet se frappait soudain le front.
« Quelle étourdie je suis, disait-elle, j'ai une
petite course a fairo -dans le voisinage et j'ai
publié mon. porte-monnaie l » —-.
Et la sage-femme, en attendant de voir sa
nouvelle pensionnaire, était lapée de quarante
pous ou de trois francs. La pensionnaire, natu-
rellement, n'apparaissait jamais.
Poursuivie, sur la plainte d'une de ses dupes,
Mme Pollet a été condamnée hier à deux mois
île prison. t., -
LES SPORTS
-'
COURSES A LONCCHAMP
Dimanche 16 septembre 1906, à deux heures
H MS PRONOSTICS
Prix de la Praine. — Ondulante ou Comète.
Prix de Ssolonville. — Bon ou Claquette.
Prix Royal-Oak. — Maintenon.
Prix de la Celle-Saint-Cloud. — Melpomène ou
Scotch Reel. ;
Omnium. — Japonais ou Monsieur Charvet.
Prix de Glatigny. — Vincent ou Gamaliel.
-4 C ,
COURSES A SAINT-CLOUO ¡
r Résultats du 15 septembre 1906
1 Prix d'Asnières
Au trot monté — 2,000 francs — 2,800 mètres
1. Dead Heat, à M. J. Thibault ; 2. Délicate ;
3. Diva.
Non placés : Double Six, Divine, Dentelle,
Diane de Poitiers, Dynamo, Diablesse, Diane.
Prix de Puteaux .,
Au-trot attelé — 3,000 francs — 3,200 m. — P.L.
1. Baronne, à M. Cavey ainé ; 2. César; 3. Cus-
ter. -' v
Non placés : Omessa, Dame Noire, Cresseve-
nilles, Bouquet, Chaleur. ', ,,",',
- -V * **.
- Prix Edimbourg *
T
1. CyMIe,-a M. BachSlot ; 2. Carascade ; 3.
Cabourg. ''-
@ •
Non placés : Caiinat, Clairon, Chusco,Chrisis,
Cassiopée, Corailie. • 4
f -
Prix Jacques Olry ,",'
Au trot monté. — 10,000 francs — 3,200 mètres,
1. Bolide, à M. Olry-Roederer ; 2. Bella ; 3. Ba-
tailleur.
Non placés : Ballade, Badypile, Camponac,
Clairon, Bativa.. -—
,- Prix de Longchamp
Au trot attelé — 2,800 fr. — 2,800 m. — P. L.
1. Comtesse de Beuville, à M. Ch. Bougon ;
2. Daniel ; 3. Cyclamen.
- Non placés : Chrisis, Calembourg, Douze Mai,
Déjazet.. f
i Prix de Courbevoie
Au trot monté — 3,000 francs — 2,800 mètres
1. Byrsa, à M. Louvet ; 2. Beatenberg ; 3. Bam-
boula.
Non placés : Calvados, distancé premier ; Bo-
hémienne, Canada, Calvados. -
- Première Coursa
Pes." Pet.
- 10 fr. 5 fr.
Dead Heat Gagn. 20 50 12 50
- Placé 13 » 9 »
Délicate Placé 36 » 27 50
Liva. Placé 68 50 27 50
Deuxième Course
Baronne. Gagn. 37 50 24 »
- Placé 14 50 7 50
César Placé 17 » 8 »
Custer Placé 13 50 7 »
* Troisième Course '* £
Cybèle .71 Gagn. 90 50 m 50
— Placé 24 50 12 »
Cavalcade Placé 14 » 7 t,
Cabourg. Placé 36 50 16 »
Quatrième Course
Bolide u. Gagn. 25 » 11 »
'■> — Placé 11 » 5 50
Bella Placé 12 » 7 50
Batailléur Placé 11 50 6 50
Cinquième Course
Comtesse de DeuviUe. Gagn. 75 » 91 50
- Placé 27 50 19 50
Daniel Placé 21 » 15 »
- Sixième Course -
Byrsa Gagn. 79 » 18 »
-.- Placé 41 50 35 »
Beatenberg Placé 23 >» 14 50
1
4 Nos (avoris sont indiqués en italiques.
CYCLISME
Ce matin aura lieu la grande tpreuve sur route
organisée par le Club Sportif de l'Observatoire
sous la dénomination de Paris-Nemours.
96 coureurs sont engages et, parmi les meil-
leurs, nous citons : Ryon, Page, Marcault, Per-
net, Coisy.
x x A deux heures, à la Piste Municipale,
aura lieu la réunion organisée par la commission
sportive de l'U.V.F. Comme nous l'avons an-
noncé, les eugagés sont nombreux, aussi le
sport y sera-t-il intéressant.
x x Aujourd'hui, au Vélodrome du Parc des
Princes, course de demi-fond en trois manches,
10, 20 et 30 kilomètres, dans laquelle se rencon-
treront le stayer américain Mac Lean, Louis
Mettling, Simar et Tommy Hall.
NAVICATI' AUTOMOBILE
Aujourd'hui auront lieu, à neuf heures, les
courses du meeting de Juvisy.
MARCHE
C'est aujourd'hui que sera disputé le « Tour
de Paris à la marche ». Le départ sera donné à
sept heures et demie du matin, avenue de la
Motte-Piequet, et l'arrivée s'effectuera au même
endroit.
Le parcours comprendra une distance totale
d'environ 38 kilomètres, l'arrivée du premier
aura lieu probablement entre onZA heures un
quart et onze heures et demie.
Voici l'itinéraire détaillé de l'épreuve :
Départ avenue de la Motte-Picquet, avenue La
Bourdonnais, quais d'Orsay, de Grenelle et de
Javel, viaduc d'Auteuil, portes Molitor, -d'Au-
teuil, Maillot, de Courcelles, de Saint-Ouen, d'Au-
bervilliers, de Pantin, de Bagnolet, de Vincen-
nei&r-de Chareatan, d'Ivry, d Italie, de Gentilly,
d'Orléans, de Vanves, de Versailles, rues de Vau-
girard, de la Croix-Nivert, avenues Lowendal,
Duquesne et de, la Motte-Piequet (arrivée), «oit
au total 38 kilomètres environ. ,
Paul Bonneau.
J -,
Les Coulisses
Matinées d'aujourd'hui dimanche :
- Comédie-Française (matinée gratuite) : L'Avare
et les Folios amoureuses. - 1
Vaudeville, Nouveautés, Gai té, Palais-Royal,
Porte-Saint-Martin, Ambigu, Cluny, Déjazet,
Mentrouge, Folies-Bergôre, Marigny, -Trianon,
Olympia, Parisiana, Printania, Cirque d'Hiver,
Médrano, mêmes spectacles que le soir s
— Le Jardin de Paris a fait hier sa clôture
annuelle. : *
,. ; Pasquln.
r .ït
MUSIOUES MILITAIRES
Ou dimanclie 16 septembre (de 4 à 5 heures).
Buites-Ghaumont
(31° régiment d'infanterie. Chei : M. ChomeV,
Troisième Marche aux Flambeaux, Meyerbeer.
— La Damnation de. Faust, Barlioz. — Danse
mavabre, Saint-Saëns. — Le Chasseur maudit,
César.,Franck. 4
, Place de la Nation '■* -U
(89° régiment d'inf. - f é
(89° régiment d'inf. Sous-chef :M. Lavagne)
Polonaise de Concert, P. Vidal. — CAriésien-
ne, G. Bizet. — Mylle Bretonne, PiUevestre. —
ruillaume Tell, Rossinî. -
,- Passy«Ranelagh r 4 » *
(5° régiment d'infanterie. Chel : M. J. Vidal) *
Bcjà, Bichot. — Ouverture du Domino Noir,
Auber. — La Berceuse, Waldteufel. — Mascara-
de, lacôme. — Le Vieux Ménétrier, Signard.
--, Jardin des PlantssT ::#"
(23* rfg. d'inf. coloniale. Chef : M. Muesmann)
Les Cadets de Brabant, Turine. — Poète et
Paysan, Suppé. — Les Echos des Plages, d'Es-
trez. — Suzanne, Paladilhe. — Charlotte., Mues-
mann.
Square Parmentiei- 1
(21* régiment d'inf. coloniale. Ch4j : M. Pericat)
Plume au Vent, Turine. — Les Dragons de- la
Reine, Mallot. — Rose-Mousse, Bose. — Panur-
ge, Planquette. '- Brillante Etape, Turlet.
, ,- -
;--:; Parc Montsouris
(46* "régiment d'infanterie. Chef ; Af. Monbarin)
Nancy, Block. — Sigurd, Reyer. — Pan et
Ripeaux, Donjon. — Guillaume, Tell, Rossini.
— Landler, J.-B. Wekerlin. -.1
Palais-Royal r * t
(24* régiment d'infanterie. Chef : M. Soyet)
Marche Brelonnc-, L. Frestch. - Carmen, G.
Bizet. — La Féie des Chasseurs, Sellenick. —
Coppélia, Léo Pelibes. — L'Auvergnate, L.
Ganne.
TuilerIe-
(76' régiment d'infanterie. Chef : M. Schmidt)
Première Symphonie, - Saint-Saëna.— Concerto
pour clarinette, Wéber. -— Rapsodie Norvé-
gienne, E. Lalo.
Parc Monceau
(28* régiment d'infanterie. Chef: M. André)
Marche dit Tannhauser, R. Wagner. — Stra-
della, Flotow. - Berceuse de Jocelyn, B. Go-
dard. — Samson et Dalila, Saint-Saëens. — Le
Départ des Conscrits, H: Bresles.
Il n'y aura pas de concert militaire aujour-
d'hui dimanche au Jardin du Luxembourg.
Voir à la 4" l page l'annonce 1 des
GRANDS MAGASINS DU
LOUVRE
PARIS > *.
"Demain Lundi' r
EXPOSITION DE
.A..rrieublenïents
LITERIE
DEPARTEMENTS
BASSES-PYRÉNÉES
Biarritz. — Un jeune homme et une jeune ifille
qui avaient commandé à déjuner dans un res-
taurant voisin du phare étaient allés voir ia
mer pendant qu'on préparait le repas.
Ils curent l'imprudence de s'aventurer sur un
rocher qui était presque entouré par l'eau. Une
Lame, plus violente que les autres, les surprit
et les projeta violemment sur le rocher.
Les gardiens du phare accoururent au secours
des deux jeunes gens qui furent transportés à
la maison de secours.
Tous deux sont grièvement blessés. Le jeune
homme a subi l'opération du trépan, la jeune
fille porte des plaies - graves à l'épaule et au
bras gauches. -
EURE-ET-LOIR
Chartres. — Il y a quelques jour?, M. Huard,
cultivateur au Pré-Sainl-.Martin, avait congédié
deux ouvriers do batterie dont il avait à se
plaindre.
Avant-hier matin, ceux-ci se présentaient & la
ferme où Mme Huard était seule.
Ils refermèrent la porte derrière eux et l'un
se jeta sur Mme Huard, cherchant à l'étrangler,
tandis que l'autre visitait Les tiroirs et s'empa-
rait de 150 francs. .,. -
Mme Huard s'évanouit ; les malfaiteurs la
crurent morte et s'enfuirent travers champs
vers la gare du Gault-Saiiit-Denis, où ils ont
pris un billet à destination d'Orléans. »
Mme Huard fut retrouvée à neuf heures sans
connaissance par des voisina.
i i
) CARD >
Bcaucalre. — Un cadavre affreusement mutilé
était trouvé sur la voie ferrée Beaucaire-Nimes.
C'est celui de M. Bonnafoux Ernest, de Jonquiè-
pes-Saint-Vincent, marié depuis un an et demi
environ à Mlle Deleuze, de Beaucaire.
De l'enquête il résulterait que Bonnafoux au-
rait été tué dans son mazet, situé qsuarticr Au-
bène, dans la nuit du 12 au 13 courant, et,
comme l'indique le relevé des traces de sang, le
criminel, une fois son crime accompli, aurait
transporté Le cadavre sur la voie ierree pour dé-
pister la police et laisser croire à un suicide
ou à un accident. f
GIRONDE
Clairac. — En gare de Claîrac, une voiture
détachée du train 910 est venue heurter deux-
voitures déraillées du train 2347. Trois voya-
geurs ont été blessés et un certain nombre con-
tusionnés. c ,"
1i: "j
MMÂRCHE
» Maison A. BOUCICAUT
- --
, Lundi ! 7 Septembre
et Jours suivants -
- .- MS.
** ^AND^ MISE EN VENTE DE îS*
.,. ,p: 1- ,
.,,' .,,,,,~.,".,. ,'-<"'--., ,,' ..,',.,.,"',
---Tu" d' , P'Cm S",,"
,: ':~' \,.' 'f~,.: ';:,:
Ameublements
..à
(Voir à notre 4me pâge).
LA FINANCE
j BULLETIN DE LA BOURSE
r Du 15 septembre 1906 f
- t
i
La dernière séance de la semaine nous réser-
vait une fâcheuse surprise ; le recul de notre
Rente, grâce, à n'en pas douter, aux nouvelles
attaques du parti baissier, et la violente réac-
tion du compartiment espagnol, motivée par l'é-
ventualité d'une crise, ministédelle, et aussi par
la perspective d'une agitation sérieuse dans le
pays, suscitée par le'nouveau général des Jé-
suites, lequel se propose d'ameuter les troupes
cléricales. -
Notre marché a donc été très mouvementé, et
cela, au moment même où on procédait aux
opérations de la liquidation, laquelle s'est toute-
fois effectuée dans d'assez favorables conditions,
vu crue le taux des reports a été très modéré.
Néanmoins, comme il est apparu que la situa-
tion de place était saine, on a lieu d'espérer
que la baisse de ce jour ne sera qu'éphémère.
Le 3 est revenu de 97.52 à 97.27, au plus
bas ; il clôture à 97.32. Au comptant, il vaut
97.35.
L'Extérieure d'Espagne que nous laissions hier
à 95.85. finit à 95.95. Quant aux Chemins, sur
lesquels la spéculation a, comme on sait, de très
fortes positions, ils ont été des plus éprouvés :
les Andalous perdent 8 fr., le Nord 10 fr., le
Saragosse il fr.
Le Turc, sur les bruits plus précisés d'un con-
flit possible avec la Bulgarie, a rétrogradé d'un
demi-point environ.
Les Emprunts russes ont été calmes et fermes,
progressant légèrement : le Consolidé gagne
0 fr. 20. le 5 1906, 0 fr. 15.
Les Etablissements de crédit ont foit bonne
contenance aux environs de leurs prix précé-
dents.
Toutefois, nous signalerons le recul de la
Banque ottomane, à C65, entraînée par la baisse
de la Dette.
Les Chemins français, sur lesquels les négo-
ciations sont très réduites, rétrogradent de 3 à
6 francs.
Le groupe industriel est assez animé : en
hausse, nous trouvons le Gaz bénéficiant de
8 fr.. la Penarrova faisant un bond de 50 fr. à
1190 l'Aguilas s'améliorant de 3 fr., Malfidnno
de 6 fr.. et les Métaux de 7 fr. rn baisse, le Mr-
tropolitain et la Thomson.abandonnant 2 et 3 fr.,
et les Raffineries Say laissant 12 fr. nour l'ac-
tion ordinaire et 4 fr. pour la Priorité.
Le Rio s'est montré résistant, et il clôture en
nouvelle avance de 5 fr.
Les valeurs russes n'ont guère varié.
Les Mines sud-africaines restent fermes.
Bonconseil.
TIRAGE D'OBLIGATIONS
Ville de Paris 1865
Hier matin, a eu lieu un tirage financier in-
téressant les obligations de l'emprunt municipal
de 1865. -.
A ce tirage, il a été extrait de la roue vingt
et un numéros remboursés de la façon suivante:
Le numéro 247192 est remboursé par la 'somme
de 150,000 francs.
Le numéro 495414 est remboursé par la som-
me do 50,000 francs.
Les quatre-numéros suivants sont remboursés
chacun par la somme de 10,000 francs :
169634 202903 210777 378749
Les cinq numéros suivants sont remboursés
par la somme de 5,000 francs :
273115, 285789 336484 506186 527260
Les dix numéros suivants sont remboursés
chacun par la somme de 2,000 francs :
272800 548676 547725 420918 269342
267317 520752 102805 195963 557475
MARCHÉ DU JOUR
-;<00<, —————
Marché commercial du 15 septembre
I» -
".rlae't t!M. fOC ktt. J r Blé_, les 100 kilos.
1 h. 3h. „
Courant. 30 29 75 Courant. 22 25 2î
Prochain., 29 75 29 D0 Prochain. 22 25 24 25
Nov.-déc. 29 M 29 50 Nov.-déc. 22 50 22 25
4 de nov.129 50 29 50 -t df nov. 22 50 22 50
4 premiers.. 29 15 29 50 ¡ 4 premiers.. 22 75 22 50
1
Seigles, les tOO kilo. ! Avoines, les 100 kilos
1 h. 3b. ! 1 h. 3h.
Courant. 16 50 16 50 Courant. 19 50 13 75
Profhftin. 16 50 1S 50 Prochain. s 13 75 20
Nov.déc. 16 50 16 50 Nov.-déc. 19 75 20
4 de nov. 16 75 n 75 4 de » ov 19 75 20
4 premiers.. 16 75 16 75 4 premiers.. 20 20 25
t.,. ,
Huile de colza 100k. Huile de lin, les 100k.
, 4 h. 4h. 1 h. 4h.
Disponible.. 65 75 66 ?5 Disponible.. 41 41 ;5
Courant. 65 75 66 25 Courant !4i 50 41 75
Prochain. 65 75 66 24 Prochain. 42 25 42 25
Nov.- tec 68 66 50 Nov.-dec. 42 25 42 75
4 premiers.. 66 66 .., 4 premiers. 43 50 43
1
#
Sucres, n' 3, les 100 k. Alcools,l'heet. nuè90*
¡, a 1 h. 4h. ith. 4h.
Courant. 28 28 25 Courant. 44 43 50
Prochain. - 29 29 ..Prochain 41 50 41 25
41 40 50
4 d'octobre.. 29^25 29 25 3 d'octobre.. 41.. 40 50
4 premiers.. 3H 30 Nov - déc. 40,75 40 50
Roux : cuite-24 75 24 75 4-premiers.. 41 25 41 25
Circul. 28.300 sacs Gircul., pipe.
v Sucres raffines. — 69 à 60 50 les 100 kilos.
- Farines -de «ensommation. — 49 à 53 les 159
lâlès brut, toile à rendre franco au domicile des
-acheteurs.
r Avoines. — 20 à 22 25 les 100 kilos. V
• - !
Marché aux Fourrages de ta Chapelle -
Du 15 septembre ;
Les affaires ont £ tê peu actives aujourd'hui
sur notte marché, avec ptix soutenus sur les
pailles et fermes sur les fourrages. ->. -
On peut étanlir la cote générale suivante :
- -— l" q. 2n q. 3
-- - -r: - .-
Paille de blé. 28à30 25à26 22à23
,— de seigle 41 43 38 40 33 35
— d'avoine. 28 29 25 ?6 23 24
Foin. 64 67 55 60 46 52
Luzerne. 62 64 58 60 49 52
Regain. 55 59 52 54 41 43
Trèfl 55 57 48 50 43 45
Le tout rendu dans Paris au domicile de l'a-
cheteur, droit d'entrée compris, par cent bottes
de 5 kil., savoir : 6 tr. pour foin et fourragea
secs, 2 à pour paille : avec pourboire de 1 Ir.
secs, 104 bottes, à ia charge de l'acheteur et non
par
compris dans la cote ci-dessus.
BOURSE DU 15 SEPTEMBRE
Cote officielle des Marchandises
Cote -- Cots de
précéd. jour
30 12 Farines-Fleur. 100 kil. 30.. à 29 n.
66 Colza tous fûts. G6
78 — épurée. 7C
42.. Lin en fûts. 4q 7b
45 Alcool 90. rhectol. 45 44 50
28 50 Sucre blanc no 3. 109 kil. 28 25
25 12 — brut 88°. 24 75
60.. — raEL bonne. 60
6050 - rafï. belle. 60 50
25 25 — certificat. 25 25
72 -. Suif frais 43 1/2. 73
* : 73
72 — de province. 73..
50 40 en branches. 5110
!t MÉTAUX ;
t?
lOO'-cîl *
PLOMB. Marquesordin., IIv. navrs hO 50
— —, li v. Paru 51..
ETAIN Banka liv. Havre Paris. 491
-Billiton — —
— - Détroits — - — 487
— Angl.Corn. liv. Paris. 471..
-,'
Le Havre, 15 septembre (dépêche)
, 1
M Santés très-orili aires Buenos-Ayres
: {lesiOOk.K Louisiano en s d it
-- Cote Cote Cota i Cota Cote Cote
VMûli préc. duj. prôa. du j préo. duj.
- - - "- - - - -
B?pt 46..46756312:. 63 :: Î99 i99
Cet.. 4575 46 50 61 62 6l 50 199 199
Nov. 45 75 46 50'60 87 6075.. HI9 19)
Déc. 46 46 75 60 87 6062 192 5o 192
Janv 4575 6 50 61 60 6> 181 7,0 IKi 50
Fév. 45 7f> 4rt 50 61 f2 60 75 172 172
Mars. 46 ?5 47 61 12 60 75 168 1^)7 50
Avril.. 46 25 47 61 -i2 60 75 1^7 5 » 167
Mai. 46514725 61 37 61 167 166 50
Juin. 4650 47 25 61 50 61 Il 167 In6 hO
Juillet. 46 .5:47 50 61 50 ..;61 12 ..167 ..166 50
Août.t. '6J 50.J61 12 .!.
B'SE33S~ES~S~E~~SZE~BEES~E~mS~~SSSS~ I:~,:~'
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Premier Anniversaire de la Direction Laguionie & Cie
\Liiidsii 17 .Septembre
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Ameublement = Literie = Rideaux - Porcelaines = Toile - Mouchoirs
Linge de Table" Trousseaux = Chemises = Soieries.
OCCASIONS SEnSATiOnNELLES à tous les COMPTOIRS
.--~ iL ,,'J:.lr- ::';'';;.'Ir.:~:''-
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H'IJ- it 'fi"i
FEUILLETON DU 17 SEPTEMBRE
Contes et Nouvelles
Wv —^
LAIDE!
PAR
BERNARD TAFT
~———-
T 1 -
4
- r *
Jr sfr
SUITE
Tout un mois -— toute une éternité —
Bura l'angoissante lutte entre la vie et la
mort ; tout un mois, vingt fois par jour,
Roger se demandait, tremblant d'effroi, qui,
de lui ou de la maladie, resterait vain-
queur 1 Par moments, devant la stérilité
ije ses efforts qui n'aboutissaient qu'à un
nouvel assaut plus féroce du mal, il déses-
perait. Mais, après chaque crise de défail-
lance, il redevenait plus fort, -plus énergi-
que, concentrant toute sa force morale vers
jun seul but : saavier sa Jeannetfe !
Et, comme si le sort eût pitié du mal-
heureux, comme s'il lllL touché de son en-
têtement sublime, il lui donna la victoire :
malgré une marche foudroyante de la ma-
ladie, malgré des complications redoutables,
Jeanne fut sauvée !
Ah 1 la première fois qu'elle le caressa
de son regard devenu limpide, la première
fois que, dans l'ombre des rideaux, ses
lèvres pâles s'entrouvrirent en un doux
sourire pour murmurer : « Rogpr !. », il
fut récompensé de toutes ses peines, de tou-
tes ses souffrances 1 -
Une joie, une indicible joie, l'envahit ; il
fit un mouvement pour étreindre dans ses
h'"-* 1.11 h.pY,.:-)]' ! "n ren-
due ; mais il se relint, saisi d'une crainte
folle de briser cette créature si faible, si
fragile encore, ce corps anémié, épuisé, où
la vie — telle laube après la sombre nuit
— commencait à. peinp à luire !
Il se contenta de lui prendre la main
et d'y déposer un long baiser mouillé de
larmes.
II
La convalescence fut bonne: avec chaque
jour, avec chaque heure, les forces augmen-
taient, la vie renaissait. Mais la santé re-
* 1 t ~s' "lin infp-' "flincue..s'en
allait lentement, comme à regret, elle ne
s'en alla pas entièrement. L'épouvantable
fléau qui avait frappé Jeanne en pleine jeu-
nesse, en pleine floraison, laissa un stig-
mate indélébile de son passage, marquant
à tout jamais la pitoyable proie qu'un dé-
vouement héroïque lui avait arrachée !.
Rogerr qui avait consenti à prendre quel-
ques heures de repos,.. dormait profondé-
ment, lorsque, tout à coup, il fut réveillé par
de violents sanglots qui partaient de la
chambre de Jeanne. Il s'y précipita et trou-
va la jeune fille; la tête enfoncée dans ses
oreillers, tout le corps secoué. Près du dit
gisaient les éclats d'un miroir brisé. Les
rideaux, malgré la qffense du- mAdecin,
étaient tirés, et le soleil naissant de prin-
temps se jouait' gaîment dans les tentures
bleues de ciel, donnant à la pièce un air de
fête.
Mme Mirelet, effrayée,-était déjà près de
sa fille. *•
Roger courut vers le chevet de la conva-
lescente. ,
— Jeannette, ma ehérie, pourquoi pleu-
rez-vous ? -
Elle ne répondit point, mais les sanglots
se firent plus bruyants, plus déchirants.
On eût dit qu'un cœur se brisait, que toute
une existence roulait lamentablement.
Roger répéta, glacé : -
— Pourquoi pleurez-vous, ma bien-ai-
mée Jeannette ?
La jeune fille, dans les bras de sa mère,
continuait à se lamenter ; puis, soudain,
elle se retourna vers son fiancé, et d'une
voix Apre :
— Regardez-moi 1
Roger reculs d'épouvante ! Le visage de
Jeanne était horriblement ravagé ; d'innom-
bra-bles cicatrices le criblaient : les traits
d'un dessin exquis, d'une régularité de sta-
tue antique, s'étaient fondus, comme sous
l'influence d'une cuisson infernale. Et,
dans cette figure, les yeux, les yeux seuls
gardaient leur beauté ancienne, accentuant
ainsi la destruction de ce visage adorable,
la rendant plus tragique ! On eût songé, en
voyant Jeannette, à la vengeance d'un dieu
antique, implacable dans sa haine, qui: je-
tait- un masque affreux sur une créature de
toute beauté l -', <- -
Pgndant un. Instant* Roger resta immo-
bile, glacé, frissonnant d'horreur. Un mo-
ment il se demanda s'il n'était pas en proie
à un' terrifiant cauchemar. Il se mordit
les lèvres, sentit la douleur de la morsure
et comprit que c'était la réalité, l'épouvan-
table réalité.- - --< - i-
- Alors, avec un cri rauqua, où il y avait
du désespoir et de la rage, il se jeta au
pied du lit, les poings crispés.
Mme Mirelet, pendant toute cette scène
poignante croyait, elle aussi, à. un horrible
rêve ; chancelante, elle .n'avait même- pas
la force d'essuyer les larmes qui coulaient
le long de ses joues. -
.- Sans dire un mot, les lèvres convulsive-
ment serrées, Jeanne regardait Roger. Ses
sanglots; s'étaient tus. Un immense dégoût
de l'existence- la pénétrait ! Ah ! pourquoi
la maladie ne l'avait-elle pa,s tuée ? Mille
fois elle eût préféré la mort à cette dé-
chéance physique, à cette mort lente de
toutes les heures, de tous les moments !
Soudain une pensée se fit jour dans son
esprit. Roger ne l'aimait plus !. Et cela
n'avait rien que de très naturel : lui qui
avait aimé Jeanne Mirelet, la « belle ma-
demoiselle Jeanne » comme on avait l'habi-
tude de l'appeler dans son entourage, ne
pouvait pas garder son amour à celle qui,
maintenant, était devenue la personni-
fication vivante dé la laideur. Non, cela
n'était pas possible, cela ne serait pas !.
It In- ouitterait, l'abandonnerait, s'en irait
chercher une autre femme qui serait belle
comme elle l'avait été, dont la beauté,
comme autrefois la sienne, serait la fête
de ses yeux, la joie de son cœur !.
Et elle ne lui en voulait pas, ne pouvait
pas lui en vouloir ; elle subirait la loi com-
mune, adorée pour sa beauté, dédaignée
pour sa laideur 1
Mais, pourtant, qui sait ? Il n'aurait peut.
être pas le courage d'être sincère ! Il l'é-
pouserait peut-être quand même, par cha-
rité 1 * --e ~-~
A cette pensée, elle frissonna de révolte 1
Non, pas de pitié, de charité qui l'humilie-
rait, qui l'insulterait dans sa dignité de
femme !.
1 ère, dit-elle, je, veux parler à Roger.
Et pendant que Mme Mirelet s'éloignait,
elle posa doucement sa main sur la tête
d" son fiancé, aui restait toujours aunrès
d'elle, abimé dans sa douleur ; puis, d'une
voix que l'émotion, maîtrisée par un ef-
fort surhumain, ne faisait presque pas trem-
bler :
— Roger, murmura-t-elle, je vous rends
votre parole.
Il sc, redressa, frémissant comme souf-
fleté : il rrin, tout pâle :
- — Vous avez dit ?.
Elle répéta, de plus en plus calme :
— Je vous rends votre parole.
Un instant, il la regarda, comme fou L.
Soudain, il comprit !. Il comprit l'effroya-
ble drame qui se passait dans le cœur de
Jeanne, son désespoir atroce, sa certitude
de ne plus être aimée — et il se reprocha
violemment ses cris de douleur égoïste —
il se reprocha de n'avoir pas deviné tout
de suite que, sous ses yeux, croulait tout un
avenir de jeunesse et de bonheur !.
, Alors, une idée affreuse traversa son es-
prit : Jeanne, certaine qu'il la quitterait,
parce qu'il ne pourrait plus retrouver sous
l'horrible masque la beauté morte, ne vou-
drait plus vivre, se tuerait. Une ardente
pitié le saisit, une pitié pour cet être frappé,
marqué à tout jamais du cachet indélébile
de la laideur !. Il retomba à genoux de-
de -la laideur 1
vant le lit, baisa passionnément là main
de Jeanne et dans un sanglot où pleuraient
là joie brisée du passé et l'indicible tristes-
se du présent: - * ;
— Tu me rends ta parole, toi ?. Tu es
folle !. Mais je ne veux pas la reprendre,
entends-tu bien ? je ne le veux pas !. Tu
seras à moi, à'moi, ton Roger qui t'aime
comme autrefois, plus qu'autrefois, qui
t'aimera toujours davantage !
Elle voulut protester, mais il lui ferma
la bouche par un baiser. - —
\"¥" - <- 'II
!r XII
Quarante ans après, sur son lit de mort,
Jeanne demanda :
— Roger, maintenant que je vais mourir,
je veux savoir !..* Parle en toute sincérité.
As-tu regretté ce que tu avais fait ?
Et le vieillard répondit d'une voix grave :
-: — Non : avant ta maladie, je t'aimais
pour ta beauté ; après, je t'adorais pouc
ton cœur..
Bernard Taft.
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