Titre : Le Réveil socialiste SFIO : hebdomadaire de la Fédération d'Indre-et-Loire / dir. pol. Jean Meunier
Auteur : Parti socialiste SFIO (France). Fédération (Indre-et-Loire). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Tours)
Date d'édition : 1954-04-17
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34507475g
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 17 avril 1954 17 avril 1954
Description : 1954/04/17 (N470). 1954/04/17 (N470).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6699560x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-93447
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/01/2025
SAMEDI 17 AVRIL 1954
Le numéro : 10 fr.
5 NOUVELLE SERIE - N° 470 J
Fondé en 1918
; Rédaction - Administration ;
102, rue Nationale
::::: TOURS ::::: 5
Téléphone : 26-73
? Chèques Postaux Orléans 380-10 :
Directeur politique:
Jean MEUNIER
IL REVIENDRA A PAQUES
LE DEBAT SUR LA C.E.D.
I REVIENDRA A PAQUES
-0U A LA TRINITE
(La Trinité c f est pour faire
plaisir au M.R.P. !)
I
T
I
HOMMAGE ? OUTRAGE ?
C EST LA FA UTE
SOCIALISTE
d'oeil
’EST avec un vif plaisir
que le socialisme inter
national vient d’enregis-
. trer le succès de nos
5 camarades belges aux élections
| de dimanche dernier. Après le
J triomphe des sociaux - démo-
j crates Scandinaves, avec le pro-
J Chain retour au pouvoir des
|
travaillistes anglais, c’est la
Pendant leur campagne élec
torale, nos amis ont surtout
insisté sur les questions sociales
et économiques. Montrant avec
force qu’ils désiraient avant tout
rationnaliser et ordonner l’éco
nomie de leur pays, au lieu de
le laisser sombrer dans un re
doutable chaos, ils ont recueilli
l’audience des électeurs. S’oppo-
I
I
I
I
I
I
I
preuve
Par ANDRÉ QUÉNARD
DEPUTE
évidente de la vitalité
de l’idée socialiste. Pour notre
J part, nous nous en réjouissons.
k Dans ces différents pays, épris
J de liberté et de justice sociale,
sant à toute forme de dictature,
quelle qu’elle soit, ils se sont
montrés résolument défenseurs
des grands principes socialistes.
I
I
I
l
I
I
le communisme a pratiquement
disparu.
La cohésion du monde ouvrier,
uni dans un syndicalisme sé
rieux et puissant, est la raison
pour laquelle nos amis ont
obtenu des résultats aussi bril
lants.
En ce qui concerne la Bel-
ils ont été compris ; • nous
sommes très heureux.
en
I
**
I
| gique, il est intéressant d’exa-
1
I
1
miner les résultats du dernier
scrutin. Le pays, pendant toute
une législature, avait eu un
gouvernement homogène démo
crate-chrétien ce parti ayant
obtenu la majorité absolue des
sièges tant à la chambre des
députés qu’au Sénat. Le peuple
belge a pu juger les résultats
obtenus par ceux qui, largement
influencés par l'Eglise, ont suivi
une politique sévèrement jugée
par la classe ouvrière. Le verdict
k a été impitoyable, car non seu-
* lement les socialistes ont gagné
J de nombreux sièges, mais les
I libéraux, animés par l’idéal
J laïc, ont vu également leurs
| suffrages augmenter.
Mais nous voudrions que
peuple de France s’inspirât
le
de
l’exemple de nos voisins d'outre-
Quiévrain.
Les thèses que les socialistes
belges ont développées, ce sont
celles que nous proposons aux
Français. Au moment même où
nos solutions sont les seules qui,
du point de vue intérieur comme
du point de vue extérieur, peu
vent sortir le pays du marasme
qu’il traverse, il est temps que,
dans un soubresaut salutaire,
nos compatriotes nous accordent
un large crédit. Demain, il sera
trop tard !
N. B. : A Orléans, ville voi
sine et jadis imperméable à
nos idées, nos amis, emmenés
par Ségelle, viennent de gagner
trois sièges aux élections muni
cipales. N’est-ce pas là un beau
succès et une raison de ré
confort ?
l
I
I
1
1
k
JW UK EIMOGEAGE
Les scandaleux incidents qui se
sont produits dimanche dernier
sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile,
à propos d’une manifestation d’An
ciens Combattants d’Indochine,
illustrent à merveille la faiblesse
coupable de notre actuel gouver
nement vis-à-vis de certain tru
blions.
MM. Laniel, président du Con
seil, et Pleven, ministre de la Dé
fense Nationale, ont été injuriés
et molestés, aux cris de « Vive
Juin » par ceux qu’avant 1914,
Jean Jaurès appelait déjà « les
charlatants du patriotisme ».
On connaît les faits qui sont à
la base de ces incidents. Un ma
réchal de France pour qui la Répu
blique depuis quelques années s’est
vraiment montrée trop bonne fille,
et qui, de 1940 à 1942 avait eu
beaucoup plus de déférence pour
un autre régime, après avoir traité
de façon cavalière le chef du gou
vernement, a eu « l’oreille fendue »
au cours d’un Conseil des minis
tres inopinément réuni dans la
nuit du mercredi 3 Imars.
Cette sanction a donné aussitôt
à tous ceux qui font profession de
nationalisme l’occasion de mani
fester, avec violence, à la tribune
Président du Conseil et à laquelle
il ne pouvait répondre comme un
caporal-trompette.
Il existe un vieil adage militaire
qui dit que la discipline fait la
force des armées. Il est valable
pour les maréchaux comme pour
les caporaux-trompettes.
C’est la raison pour laquelle nous
sommes quelques millions en Fran
ce qui, en août 1914 ou en septem
bre 1939, avons été convoqués
« immédiatement et sans délai ».
Nous avons répondu à l’appel
sans être vexés... Et notre dignité
d'homme vaut celle du maréchal
Juin.
par Francis VALS
de l’Assemblée, contre un gou
vernement qui continue à ne pas
nous enchanter, mais qui leur don
nait satisfaction jusqu’à ce jour.
Les ex-R.P.F., qui se sont mon
trés les plus violents, en sont
même arrivés à s’abstenir sur le
vote du budget de la Défense Na
tionale, objet jusqu’ici de leurs
petits soins, mais se sont bien
gardés de retirer leurs ministres
du gouvernement.
Je veux bien croire que la déci
sion gouvernementale provoquée
par le discours d’Auxerre a été
motivée par d’autres raisons que
par celle qui a été publiquement
invoquée.
Mais celle-ci n’en reste pas
moins aux yeux du Parti Socialis
te parfaitement valable.
En régime démocratique, il y a
suprématie du pouvoir civil sur le
pouvoir militaire. Le premier ex
prime la souveraineté nationale et
ordonne au second qui doit exé
cuter.
Comme l’avait déjà dit Gambet-
ta, dans une apostrophe fameuse,
mais pour d’autres raisons, à
prédécesseur en maréchalat
Juin :
« Il faut se soumettre ou
démettre ».
Les incartades de langage
maréchal-académicien en ce
un
de
se
du
qui
concerne Pétain, Je Maroc, la Pré
sidence de la République, ou sa
préface d’un livre pornographique
écrit par un collaborateur, auraient
dû depuis longtemps valoir à ce
lui-ci la sanction méritée dont il
est l’objet aujourd’hui.
Si MM. Laniel et Pleven avaient
pris à ce rnoment-là les décisions
qui s’imposaient vis-à-vis de ce
récidiviste, nous
n’aurions point
connu l’agitation qu’exploitent à
l’heure actuelle, ceux qui gardent
la nostalgie des officiers généraux
au pouvoir.
Le maréchal Juin nous apprend
la Presse, a été « vexé » par la
convocation qui lui était adressée
d’une manière si rapide par le
Lisez "Le ^édeil
Si notre brave Georges Courte-
line était encore du monde, il ne
manquerait pas de la matière qu’il
aimait à traiter « Les fantaisies
de la Justice ».
En effet, le procès Marie Besnard,
avec ses accusateurs qui perdent
la mémoire, les experts qui dé
truisent mutuellement leurs tra
vaux, les rétractations des uns, les
fantaisies des autres, tout ceci se
joignant à la piété de circons
tance de l’empoisonneuse mettons
présumée, nous aurait valu une
série de pièces tragi-comiques où
excellait ce brave Tourangeau.
Mme Brin et son excellente fa
mille, de leur côté, offre une par
tie séduisante de la vie du grand
monde que n’aurait pas manqué
de fustiger ce brave Georges.
Je ne remuerai pas de tout
récents procès où, même à Tours,
on a fait appel aux grands avocats
de la lignée Floriot.
Mais je veux pour mon humble
satisfaction de mortel, ne pas pas
ser sous silence le manque de di
gnité dont font preuve certains
défenseurs de très mauvaises cau
ses qui se permettent souvent
d’attaquer de braves témoins peu
habitués à la sévérité de la barre,
même les salir, pour attribuer des
vertus imaginaires à des clients
qu’ils savent pertinemment cou
pables. Je pense aussi que ce sont
souvent les avocats qui, au cours
du procès, organisent et stylisent
le système de dénégations qu’em
ploient tous les accusés au jour
du procès, alors qu’ils ont avoué
depuis longtemps leurs fautes ou
leurs crimes.
Je ne nie pas le droit aux Alle
mands qui, au cours de l’occupa
tion, nous traitèrent de fort mau
vaise façon, de se faire défendre
par des avocats français.
Mais j’eusse été avocat, que je
me serais plutôt démis de via pro
fession que de vouloir défendre un
criminel de la taille de Brucklé.
Brucklé a des centaines de morts
sur la conscience et des centaines
de déportations injustifiées, car il
suffisait d’avoir un parent dans
la résistance pour qu’il se croit
’ " ” des douzaines
le droit d’arrêter
d’innocents.
Et, dix ans après, il s’est trouvé
un préfet dénommé Tracou, encore
titulaire de la Légionfrançaise, qui est venu témoigner
en faveur de Brucklé. Un « de
Beaumont » se promenait dans
les couloirs du Palais, avec le sou
rire, pour témoigner en faveur de
Schmitt et Cie.
Quand on pense aux vraies dou
leurs de nos braves petites cama
rades, veuve Jourdain et veuve
Malécot, on comprend leur indi
gnation et en mesurant fèur dou-
leur, on ne peut que
voir grands les crimes de
misérable l’attitude des
Boucherie et Tracou.
davantage
Bruklé et
Perdriau,
LYNX.
A NOS ABONNÉS
N’attendez pas pour régler votre
réabonnement au « Réveil », de rece
voir le mandat chèque postal. Vous
nous économiserez les frais d’envoi,
en adressant les fonds
siège :
102, rue Nationale, Tours, ou au
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dération
1 an
1 an
Chèque 380-10, Orléans, Fé-
socialiste d’Indre-et-Loire.
soutien 500 francs
450 francs
6 mois 250 francs
La manifestation qui s’est dé
roulée, le dimanche 4 avril à l’Arc
de Triomphe — drapeaux déployés
et gerbes de fleurs innombrables —
voulait être un hommage aux com
battants d’Indochine.
Les circonstances firent que, par
la volonté de quelques-uns contre
oar Emile ROUX
se voulaient séditieux et de gestes
odieux.
Il s’agissait tout uniment d’hono-
rer la mémoire de nos soldats morts
. . -à Dien-Bien-Phu ou autres lieux
la volonté du plus grand nombre, sanglants d’Indochine. •
l’hommage se traduisit par un ou-
trage.
Cette manifestation suivait de
près, dans le temps la révocation
du maréchal Juin de ses fonctions
de conseiller militaire du gouver
nement, pour avoir, par trois fois,
refusé de répondre à une convoca
tion du Président du Conseil et
aussi, pour avoir — publiquement
et en termes véhéments — affirmé
son opinion hostile à la C.E.D. telle
qu’elle est prévue pour l’instant.
Cette coïncidence, toute fortuite,
est-elle une excuse aux déborde
ments qu’il convient de déplorer ?
Est-il admissible qu’elle en ait été
la cause ?
Tout ce que le Français abrite en
soi de raison et de respect dit non.
Ça n’était ni le jour ni le lieu de
bousculades honteuses, de cris qui
Le silence, l’émotion, les senti
ments de respect et de reconnais
sance devaient seuls remplir cette
minute pieuse.
On ne se bat pas, on ne hurle
pas devant un cercueil surtout
quand ce cercueil est aussi noble
ment idéalisé qu’il l’est par la dalle
sacrée de l’Arc de Triomphe.
v
Et pourtant, la passion et la rage
ont anéanti toute décence.
Qui l’a voulu ?
Je le dis ; car je le crois : pas
le maréchal Juin.
Peut-être ses partisans, du moins,
certains d’entr’eux qui, pris d’une
inopportune frénésie, ont négligé de
considérer la place ou ils se trou
vaient pour défendre avec violence
une cause qui n’était, ne pouvait
être, ne devait être, en cette minute
Ab ! ces maréchaux
Peut-être, dans l’art qu’il
fessent, ne se prennent-ils
tous pour des génies.
pro
pas
Mais — et saluons ensemble les
brillantes exceptions Foch et de
Lattre, Joffre et Leclerc — ils se
voient volontiers, la guerre ayant
cessé, conducteurs de peuples, ou
chef de l’Etat...
Comme si une nation — la nôtre
surtout pouvait durablement offrir
par J.-L. BARTHUET
le spectacle d’une juxtaposition
certes ordonnée mais insuportable,
mais non-viable de casernes et de
prisons, mêmes modèles !
Comme si leur vie les avait pré
parés à la délicate, à la redoutable
mission de l’homme d’Etat.
C’est une constatation froidement
historique : le Militaire n’est géné
ralement pas un Politique.
Et quand il pénètre dans la Diplo
matie...
Malgré les non réussites, mal
gré les échecs éclatant dont Hier lui
offre le spectacle, le Militaire —
ordinairement — veut devenir PO
LITIQUE.
Est-ce l’attrait du fruit défendu ?
C’était, avant-hier, Pétain.
de la France comme on eut pu
le concevoir à la fin du XVI e siècle.
S’agissait-il de politique exté
rieure ?
Il quittait les yeux d’Henri IV
pour ceux de Charles Maurras...
Jamais à l’heure !
Et c’est ainsi qu’il détruisit, lui
même, sa propre Légende. li se
prit pour le descendant de Louis
XIV. Et malgré l’éloquence isor-
nienne il ne connaît même pas
l’énigmatique destin du Masque de
fer.
L’Histoire sait le vrai visage de
Pétain.
Et ne l’oubliera pas.
Ensuite un homme dont on peut
dire, sans exagérer je crois, qu’il
fut l’idole de la France retrouvée.
Et qu'insta ié tout vivant dans la
gloire a préféré au piédestal pres
tigieux du général de Gaulle les
tréteaux dérisoires et si vite bran-
lants de Charles de
devant chef du R.P.F.
d’hui, au sens strict
Gaulle, ci-
et
du
ermite de Colombey.
L’homme seul.
Quand un département
aujour-
terme,
possède
II faut les éminentes vertus
ginatives de Maître Isomi
découvrir dans les pensées et
ima-
pour
dans
les actes de l’éphémère petit roi
de Vichy, le moindre sens politique.
S’agissait-il d’œuvre intérieure ?
Dans les plus lumineuses des « der
nières belles matinées » que son
directeur de cabinet du Moulin
de la Barthète, concédait au vieil
lard aux yeux bleus, le chef de
l’Etat français concevait le destin
une sous-préfecture nommée Ton
nerre, il ne faut pas s’étonner (c’est
bien le cas de le dire) de voir tom
ber la foudre au chef-lieu !
Le maréchal Juin est familier des
orages.
Comme son nom l’indique.
Il n’avait pas besoin de l’habit
vert pour pratiquer, brillamment,
l’art de parler et d’écrire inoppor
tunément. Les appréciations straté
giques du Maréchal ne sont pas en
cause. Qu’il soit partisan ou adver
saire de la C.ED. : libre à lui.
(Notons en passant que quelques-
uns de ceux qui acclamaient en
lui à l’Etoile, un adversaire déter
miné de la C.E.D., n’avaient cer
tainement pas lu la fameuse décla-
C’EST LE CAPITALISME
QUI EST USE
ce n'est pas la France!
Sommes-nous en pays usé, à
bout de souffle, hier semeur d’idées
généreuses et fécondes, aujourd’hui
dépassé par de puissants rivaux et
condamné à une vie médiocre ? Si
on se fie à certaines apparences,
on se laisse aller à une réponse
pessimiste. Les déficits budgétaires,
pudiquement baptisés impasses,
sont considérables : 800 milliards
en 1952, 700 milliards en 1953. Les
indices de notre production indus
trielle et agricole nous convient,
hélas, à la modestie. Pour la pre
mière fois dans l’histoire contem
poraine. une génération ne jouit
pas d’un niveau de vie supérieur
à la génération précédente.
Cette constatation sonne comme
un réquisitoire. M. Barangé, rap
porteur général du budget, cons
tate qu’évalué en francs 1953, le
revenu national aurait été, en 1929,
l’année de beaucoup la plus favo
rable d’avant la guerre, de 11.000
milliards, en 1932, de 9.500 mil
liards. Il atteint en 1953 : 10.500
milliards. Loin de progresser, il a
légèrement reculé, alors que le
chiffre de la population s’est ac
cru de 4 %. La part réservée à
chaque consommateur est donc
moindre, même si l’on ne tient pas
compte du nombre plus grand de
vieillards et d’enfants, consomma
teurs et non producteurs. Ne faites
pas l’objection classique : il y a
eu la guerre. Elle n’est pas déci
sive. M. Sauvy a fait judicieuse
ment observer que, lorsqu’on don-
n’a pas le courage de dire la vérité
au pays, si on tourne le dos à l’es
prit créateur des pionniers pour
assurer une rente à des entreprises
« marginales » qui ne correspon
dent plus aux nécessités de l’heure.
Non, si l’on fait courageusement
par Edouard DEPREUX
appel à toutes les forces vives de
la nation, et d’abord aux travail
leurs, pour leur montrer l’étendue
du problème, puis les solutions
envisagées.
Si le bâtiment, le
cuirs, les corps gras,
des denrées agricoles,
un niveau médiocre,
le gaz, les raffineries
textile, les
la plupart
atteignent
l’électricité,
de pétrole
d’acheteurs solvables. Il considère
l’abondance comme une calamité
et se demande avec angoisse com
ment il résorbera les excédents.
Voilà ce qui le condamne défini
tivement. Tous les vœux pieux de
M. Pinay, qui voudrait moraliser
le profit, ainsi qu’il nous l’a
expliqué dans le « Figaro », sont
impuissants à le réhabiliter. L’heu
re est venue pour lui de passer la
main. Une course de vitesse est
engagée pour la succession entre
le bolchevisme et le socialisme
démocratique. Nous sommes bien
décidés à la gagner. L’enjeu jus
tifie nos efforts : le bolchevisme
a ceci de commun avec le capi
talisme, c’est qu’il est « la néga
tion de l’homme ».
ne un coup
milière, les
rétablissent
tion.
Ainsi en
de pied dans une four-
fourmis s’affairent et
rapidement la situa-
a-t-il été de presque
toutes les reconstructions dans tous
les pays et sous tous les régimes.
Comparez nos dérisoires indices
de la production industrielle (103
ou 104) et de la production agricole
(110 en tenant compte de l’excel
lente dernière récolte) avec ceux
des États-Unis, du Canada, de
l’Angleterre, de l’Allemagne, de
l’Italie, des pays Scandinaves (en
tre 150 et 200) et vous vous ren
drez compte que, pour figurer ho
norablement au palmarès, interna
tional, nous avons un immense ef
fort à accomplir. Est-il au-dessus
de nos forces ? Oui, si l’on persiste
dans les vieilles routines, si l’on
battent des records. Ce qui a été
tenté avec succès dans certaines
branches peut et doit être obtenu
dans d’autres. Les dépenses d’équi
pement et d’investissement sont
rentables, lorsqu’elles sont judi
cieuses et qu’elles ne sont pas
abandonnées au caprice de tel ou
tel entrepreneur, mû par la seule
recherche de son profit individuel
qui, l’expérience le prouve, ne
concorde pas nécessairement avec
l’intérêt général, en dépit du pos
tulat sur lequel le capitalisme libé
ral prétendait asseoir sa domina
tion.
Un plan s’impose : les investis
sements les plus indispensables
concernent le logement et les cons
tructions scolaires. L’expansion gé
nérale de l’économie est à la fois
possible et désirable. Songez que
si .le revenu consommable était
également réparti entre tous les
Français, cela donnerait seulement
250.000 fr. par an et par individu,
ce qui est notoirement insuffisant
Les réflexes malthusiens du capi
talisme décadent s’insurgent con
tre les nécessités les plus évidentes
de notre époque. Tout ce qui, di
rectement ou indirectement, frei
ne la production utile — non pas
la production nuisible que para
doxalement on encourage parfois
— doit être coordonné, Le capita
lisme, déchiré par ses contradic-
Cléricalisme
tions internes,
vante devant la
chandises qui
est saisi d'épou-
création de mar
ne trouvent pas
L’affaire des prêtes-ouvriers a
fait découvrir aux catholiques eux-
mêmes que la politique du Vatican
pouvait être contraire aux intérêts
français.
Mais leurs réactions sont à cet
égard bien différentes, parfois mê
me opposées. Tandis que M. Jean
Lacroix demande, comme nous-
mêmes, que le Nonce soit invité à
se cantonner dans ses fonctions
d’agent diplomatique, M. Michelet
voudrait que notre propre ambas
sadeur donnât des conseils au Pape
sur la meilleure façon de diriger
l’Eglise.
En somme, les uns réclament la
stricte application de la loi de sé
paration. Les autres — M. Mauriac
l’a mis noir sur blanc dans « Le
Figaro » — s’orientent vers la si
gnature d’un nouveau concordat.
Or, dans l’état de pluralisme spi
rituel qui caractérise le monde mo
derne, tout privilège accordé à une
croyance, quelle qu’elle soit, cons
titue une brimade à l’égard de
toutes les autres. C’est à la lumière
de ce principe, pour nous intangi
ble, que nous réclamons à la fois
le respect de notre souveraineté na
tionale nationale par le Nonce et
la non-immixtion de notre diplo
matie dans les affaires de l’Eglise
Le même principe éclaire notre
route dans le domaine scolaire.
ration d’Auxerre dans laquelle
Maréchal s’affirmait .partisan
réarmement allemand !).
Là n’est point mon propos.
Pas plus que de blâmer
d’approuver M. X ou M. Y.
le
du
ou
il est plus simple : il a comme
seule ambition de rappeler que la
Constitution de 1946 est, sauf erreur
toujours en vigueur. Et donc :
Que l’Union française et la
République française ont un Prési
dent commun, qui représente l’Etat.
.Que le Gouvernement a un Prési
dent du Conseil.
Et les Armées, un Ministre de
la Défense Nationale à qui, tout
militaire, tout dignitaire de l’ar
mée (il n’y a que deux dignités :
Première
France)
ensuite :
le degré
Classe et Maréchal de
doit d’abord obéissance,
(et elle se manifeste selon
d’éducation). déférence.
Le maréchal Juin a manqué à la
discipline.
Les représentants de la Répu
blique ont sanctionné l’indiscipline.
Ils ont eu raison : quoi qu’en
pense l’avocat des Maréchaux.
S’ils voulaient, de plus, sanction
ner la désinvolture hautaine, le
manquement à la déférence’ je sol
liciterais l’indulgence puisque, M.
Juin vient de démontrer encore
qu’un militaire n’a aucun sens po
litique.
Et cette fois, vous pouvez prendre
le mot « politique » dans toutes
ses acceptions.
pas mort !
L’école-ghetto, réservée aux enfants
d’une même confession, est déjà un
crime contre la charité. La sub
vention d’une telle école par les de
niers publics constitue une injus-
par Maurice DEIXONNE
tice à l’endroit de quiconque n’ap
partient pas à cette confession.
C’est cependant dans cette voie
que la droite entend persister. Tan
dis que M. Raingeard annonce, au
cours d’une réunion présidée par
Mgr. Blanchet, une nouvelle offen
sive cléricale, M. Bernard Manceau,
député « indépendant » de Maine-
et-Loire, est passé aux actes.
Le 26 février, il a demandé l’ur
gence en faveur de sa proposition
tendant à instituer le bon scolaire.
Il est vrai que la commission de
l’Education nationale fut unanime
à refuser la procédure accélérée qui
lui était demandée.
Quand donc les catholiques com
prendront-ils qu’en empoisonnant
la politique intérieure française
avec le problème scolaire, le Vati
can fait à notre pays un tort pour
le moins aussi grave qu’en con
fiant à ses diplomates des missions
qui ne sont pas normalement les
leurs ? ,
de piété nullement en question.
Mais les partisans exacerbés du
maréchal Juin étaient-ils seuls
dans la mêlée et d’autres hommes
qui n’applaudissent le maréchal
que parce que — involontairement
et momentanément — il les sert ;
d'autres hommes, adversaires de la
C.E.D. pour des motifs tout à fait
étrangers à ceux qui inspirent les
Juinistes et tant d’autres ; d’au
tres hommes, adversaires jurés de
la guerre d’Indochine sur un plan
bien différent de celui que nous
sommes très nombreux à approu
ver ; ces autres hommes — faut-il
davantage vous préciser lesquels ?
— n’étaient-ils pas venus, par or
dre, grossir la foule de ces éléments
moralement dopés ?
Vous avez répondu pour moi.
Bien sûr, ceux-là ne seraient pas
venus se masser aux abords du
terre-plein de l’Arc de Triomphe,
s’il n’eut dû vraiment s’agir que
d’une manifestation de la recon
naissance française à l’adresse de
nos morts d’Extrême-Orient.
Ils savent qu’ils n’y avaient pas
leur place : Car, ils n’ont pas l’ha-
bitude de saluer les mânes de ceux
qui, tombant sous des deux loin
tains pour leur pays, ont servi une
cause réprouvée par un autre pays,
auquel les attache leur foi. Ils ne
pouvaient pas s’émouvoir à l’évo
cation de ces héros contre lesquels
tandis qu’ils étaient encore soldats
plein de vie, ils ont tout fait na
guère pour les priver des muni
tions, des armes, du ravitaillement
nécessaires.
Ils étaient cependant présents.
A coup sûr, l’affaire Juin a servi
opportunément leur dessein d’exas
pérer les passions contre une C.E.D.
qu’ils abhorrent — encore une fois
pour des raisons spécifiques.
Leur présence — résolue — en
ce haut lieu de l’héroïsme fran
çais était déjà une offense aux com
battants d’Indochine. Les excès
auxquels ils ont participé, s’ils n’ont
pas été seuls à les faire naître, en
ont fait un outrage.
Que l’éloignement du maréchal
Juin des Conseils du Gouvernement,
à la suite des faits communs, soit
justifié ou pas dans la forme et
dans le fonds, qu’avait-on à en
faire en ce jour de pèlerinage de la
reconnaissance française ?
Ce n’était tout de même pas l’an
niversaire de la victoire du Mont-
Cassin !
Que les communistes — dans une
étrange collusion — aient profité
de la situation pour réactiver des
cendres, déjà trop chaudes ; c’est
affaire à eux... et c’était peut-être
aussi, affaire au Ministre de l’Inté
rieur !
Il y a des gestes prévisibles et
qu’on eut pu empêcher au nom du
simple respect humain.
En fin de compte, quelles qu’aient
été les impressions regrettables qui
ont justifié, pour une part, les
échauffourées de dimanche der
nier ; considérera qui voudra
comme très forts ceux qui, pour
des fins établies et de propos déli
béré, ont réussi, devant la mort
glorieuse, à entacher le plus res
pectable et le plus impressionnant
des suaires.
Nous disons, nous, que ce sont
des salauds.
Non : pas ça ! et, en tous cas :
pas la !
A MARX.
« La boîte qui parle », comme ai
me à dire notre cher Bracke, m’a
apporté hier les échos d’un drame
tiré des « Frères Karamazov ».
J’avais relu, il y a de cela quelques
mois, le roman de Dostoïevsky, pet
épais volume où vit un monde bi
zarre, le sublime y côtoyant le gro
tesque et l’odieux. Etrange âme
slave ! C’est égal, il faut passer par
Dostoïevsky, pour essayer de com-
par Jean LECHANTRE
prendre les procès de Moscou et
bien d’autres « affaires » tout aussi
russes, mais dont les tristes héros
portent parfois hélas ! des noms
français...
Ils me font rire, ceux-là qui par
lent gravement de « dialectique
marxiste » lorsqu’ils tentent d’ex
pliquer ces tragédies pseudo-judi
ciaires tout à la fois bouffonnes et
sanglantes ! Pas une once de
marxisme ni de dialectique en cet
te nouvelle Inquisition ! Lisez, reli
sez Dostoïevsky et vous compren
drez pourquoi l’auteur du « Capi
tal » et du « Dix-Huit Brumaire
de Louis-Bonaparte » est aussi
étranger aux manifestations de la
mystique bolcheviste que celle-ci
l’est au socialisme véritable. Mais
aussi, vous serez frappés d’une res
semblance indéniable entre les per
sonnages de Dostoïevsky et certains
autre constatation, d’ailleurs, va
bien vite aggraver le caractère. En
effet, qu’un Radek ou un Zinoviev
aient réagi devant leurs « juges »,
comme les créatures très partielle
ment imaginaires de Dostoïevsky
ou de Tourguéniev. cela se con
çoit... Mais d’où vient que des Fran
çais, en France, se livrent à des
« autocritiques » comparables en
tous points aux ahurissantes con
fessions que l’on trouve dans
« Les Frères Karamazov », dans
« L’Idiot » ou dans « Les Possé
dés » ? Si les tortures psychologi
ques sont monnaie courante à Mos
cou, elles n’ont pourtant pas cours
chez nous, et la « discipline » du
Parti n’explique pas tout.
Je me suis bien des fois posé la
question, et je "‘ai jamais trouvé
de réponse qui me satisfasse. Doit-
on voir dans cette espèce d’osmose
spirituelle la preuve que l’attrac
tion exercée sur certains esprits
par le Paradis oriental procède
avant tout d’un phénomène reli
gieux ? Peut-être...
En tout cas. Marx n’y est pour
rien, non plus que la dialectique.
J’en suis bien fâché pour ceux qui
jonglent si aisément avec les vo
cables de « marxisme » mais je
m’en réjouis pour un grand révo
lutionnaire et une incomparable
méthode d’investigation
je
hôtes successifs des salons
Kremlin et
bianka !
Cela ne
grand’chose,
des caves de la
résout peut-être
j’en conviens :
c’est une constatation dont
du
Liu-
pas
mais
une
n’écris pas : doctrine — le plus
souvent totalement inconnus des
gens qui s’y réfèrent avec une im
payable assurance. « C’est la faute
à Voltaire », dit une chanson de
Gavroche. Ne laissons pas, sans
protester, chanter « C’est la faute
à Marx » à tout propos, c’est-à-
dire hors de propos.
NATIONALISME INTEGRAL
CASSE-COU !
Partisans et adversaires de l’inté
gration de l’Allemagne dans l’Eu
rope continuent à s’affronter, uti
lisant, les uns et les autres, des ar
guments de valeur bien différente.
Parmi ceux-ci, l’un mérite que
l’on s’y arrête, car il me paraît,
dans la ' situation actuelle du
par Christian PINEAU
monde, particulièrement dangereux,
c’est celui du « nationalisme » dont
les seuls représentants authenti
ques seraient ceux qui se refuse
raient à toute collaboration avec
l’Allemagne au sein de l’Europe. On
me permettra de rappeler, non
sans un peu de perfidie, que nous
avions connu, avant la guerre, des
nationalistes intégraux qui voyaient
« tricolore » dès qu’on leur parlait
de l’Allemagne. Charles Maurras
fut l’un de leurs doctrinaires. Ces
hommes n’ont pas contribué, entre
les deux conflits mondiaux, à ré
gler les problèmes internationaux
dans un sens pacifique. Mais le plus
paradoxal est qu’ils Ont été, à peu
d’exceptions près, les principaux
collaborateurs de l’ennemi lorsque
celui-ci a envahi notre territoire, ce
qui prouve à quel point le nationa
lisme est souvent dominé par des
considérations de classe.
Aujourd’hui encore, certains tru
blions d’une « Action française »
reconstituée s’amusent à troubler
les réunions tenues par les parti
sans de l’Europe.
Attachons-leur l'importance qu’ils
méritent et rejetons-les dans un
Passé dont ils n’auraient pas dû
resurgir.
Nous connaissons aujourd’hui
des « nationalistes » plus représen
tatifs et par conséquent plus dan
gereux.
Il y a les communistes. Est-ce
vraiment les injurier, comme ils
le prétendent, que de les qualifier
de « nationalistes à éclipse » ? Est-
ce notre faute s’ils alignent, dédai
gnant même de sauvegarder les ap
parences, toutes leurs positions
« sans la moindre exception », sur
les conceptions de politique étran
gère du Kremlin ?
Ils peuvent tomber juste si ces
conceptions sont, en un moment
Le danger et la parade
Le maréchal Juin a-t-il constam
ment approuvé les traités de C.E.D.
dans ses déclarations officielles,
comme l’assure le gouvernement,
ou avait-il fait connaître déjà à
ses supérieurs hiérarchiques les
réserves qu’il a exprimées à Auxerre
France, chez lés anciens collabos
et les anciens membres des ligues
dissoutes, ces
étant, d’ailleurs,
dues.
Le danger est
deux catégories
souvent confon-
dans le fait que
par Paul PARPAIS
ainsi que l’affirme son entourage ?
Il y a lontemps que le problème de
fond est dépassé, et que le problème
de forme est posé. Or, pour une fois,
la forme l’emporte sur le fond. S’il
est important de connaître l’avis de
notre seul maréchal vivant sur un
traité militaire, il est encore plus
important que ce premier dignitaire
de notre armée donne l’exemple de
la discipline et de la discrétion qui
convient à son état. C’est pourquoi
les Socialistes, qui ne sont pas sus
pects d’une tendresse particulière
pour le gouvernement de M. Laniel,
ont approuvé sans réserves les sanc
tions prises contre ce soldat qui pré
tendait se placer au-dessus des civils
désignés par le parlement souve
rain aux postes gouvernementaux.
Il était temps, il était plus que
temps de mettre au pas le maréchal,
qui se permit, il y a huit mois, de
détrôner un sultan par personnes
interposées, qui s’était permis
naguère d’exprimer une opinion
contraire à celle de la République
en ce qui concerne la sépulture
à donner à l’un de ses prédéces-
seurs félon, qui
permettait,
hier encore, de préfacer un livre
ordurier contre la Résistance.
La preuve en fut faite, l’autre
dimanche à l’Arc de Triomphe.
Le danger ne provient pas du
nombre de manifestants qui jouè
rent ce jour-là avec leurs pano
plies de « petits six févrieristes » :
quelques centaines de trublions
ne mettent pas la République en
péril, même si rompant avec la
tradition et les engagements pris,
ils parviennent à molester des
ministres trop confiants dans le
caractère sacré que leur conférait
leur mission de représentants de
la France à une cérémonie du
souvenir.
Non ! le danger est dans le
renouveau d’une collusion qui a
failli, il y a vingt ans, jeter à
bas la démocratie française, après
avoir permis en Allemagne l’arri
vée au pouvoir de la dictature
hitlérienne, la collusion de tous
les fascismes, celui qui nous vient
de l’Est sous le fal’acieux voca-
ble
de
oui est
suréès
Gaulle,
communisme
celui
issu des ambitions déme-
et déçues du général de
celui qui est latent en
le pemier militaire de la Répu
blique croit le moment venu pour
dire au régime ce que Cambronne
est censé avoir dit aux Anglais,
et que « le premier résistant de
France » en soit à nier, lui aussi,
l’existence d’un Etat Français, qui
aurait disparu, à l’entendre, très
exactement au jour
général de
« MOI », a
janvier 1945.
Le danger
Gaulle,
où lui, ' le
le général
quitté le pouvoir en
est que les hommes
qui sont actuellement au pouvoir
croient pouvoir maintenir la dé
mocratie contre la coalition qui
prétend l’assiéger en se refusant
l’appui du peuple.
C’est le peuple qui, sans
laisser duper par les fascistes
ses complices communistes,
se
et
a
sauvé la République en 1934.
Peut-être serait-il p r u d e nt,
même du point de vue strictement
égoïste de la majorité gouverne
mentale du Parlement, de lui don
ner, dès maintenant, quelque chose
à défendre, s’il était amené un jour
à se battre pour la République.
UN JOURNAL BIEN FRANÇAIS
« L’Humanité »
— a tiré une édition spéciale où
était exposée, sur deux pages, là pro
position soviétique relative à la sécu
rité européenne ;
— a réservé une page entière à la
dernière déclaration de Molotov,
— et une page entière à l’appel du
Parti communiste soviétique à la
veille des élections en U.R.S.S.
Tout cela, en l’espace d'un mois !
Voilà un journal bien français !
Et que l’on ne saurait suspecter
de recevoir des « roubles » pour bou
cler son budget !
INFORMATION... DIRIGEE
L’ « Humanité » du 10 mars 1954
accorde une place non négligeable à
l’intervention de M. Mendés-France
dans le débat sur l’Indochine.
Le journal communiste a toute
fois jugé plus prudent de passer sous
silence ce passage :
« La Russie a-t-elle avantage à sou
haiter la fin du conflit Indochinois ?
Aucunement, car elle sait parfaite
ment Ce qu’il nous coûte et combien
il diminue notre puissance militaire
Pourquoi nous aiderait-elle à termi
ner une guerre qui nous affaiblit,
entrave notre réarmement en Europe
et augmente la tension sociale ? ».
' donné de l’Histoire, conformes aux
intérêts français. Mais que dire,
dans le cas contraire ?
A côté d’eux, avec eux ou en
dehors d’eux, s’agitent des Français,
dont je ne conteste nullement la
sincérité, mais dont le nationalisme
n’est pas moins agressif que celui
des catégories précitées.
Ces hommes prétendent combat
tre toute renaissance de l’Allema
gne, tout réarmement allemand,
sans préciser d’ailleurs comment
ils s’opposeront à un courant dont
l’Histoire a montré combien il était
difficilement réversible. Ils em
ploient des arguments qui touchent
la sensibilité des Français, échau
dés par trop d’invasions et de souf
frances. Ils évoquent le militarisme
nazi, Oradour-sur-Glane, les camps
de déportation.
Cela n’empêche d’ailleurs pas
beaucoup d’entre eux d’accepter,
selon le cas, le réarmement d’une
Allemagne neutralisée (thèse Molo-
tov) ou celui d’une intégration
d’une armée allemande dans la
Pacte Atlantique.
Mais laissons de côté cette con
tradiction et admettons qu’il
s’agisse bien d’une tendance anti
germanique inspirée par des consi
dérations nationales.
Je pose alors la vraie question :
« Cette forme de nationalisme peut-
elle servir la France ? »
Voulons-nous, sous le prétexte de
vengeances inassouvies, créer entre
l’Allemagne et nous un climat
d’hostilité permanente ? J’aimerais,
dans ce cas-là, voir démontrer que
cette attitude est favorable à la
paix du monde. Pour ma part, les
horreurs de la guerre et de la dé
portation m’inciteraient plutôt à
ne pas renouveler les erreurs qui
nous ont conduits à la dernière
guerre.
Voulons-nous, après l’abandon
de tous nos alliés, nous trouver
dans la position de « La France
seule », autrefois chère à Maur
ras ?
Voulons-nous, par crainte de
douze divisions allemandes, nous
placer sous la « protection » inté
ressée de cent quarante divisions
soviétiques ? Autant dire alors que
nous acceptons de devenir une « dé
mocratie populaire », satellite de la
Russie, et de subir le sort de la
Tchécoslovaquie.
La vérité est que le « nationa
lisme » défini comme concept d’op-
position à toute vraie collaboration
internationale, n’est plus possible
dans la France d’aujourd’hui. Il
faut substituer à cette formule pé
rimée celle de l’intérêt national qui
exige, avant toute chose, la collabo
ration prudente, mais sincère, de
notre pays avec ses amis et même,
puisqu’il n’est pas possible de faire
autrement, avec ses anciens enne
mis.
Le numéro : 10 fr.
5 NOUVELLE SERIE - N° 470 J
Fondé en 1918
; Rédaction - Administration ;
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Jean MEUNIER
IL REVIENDRA A PAQUES
LE DEBAT SUR LA C.E.D.
I REVIENDRA A PAQUES
-0U A LA TRINITE
(La Trinité c f est pour faire
plaisir au M.R.P. !)
I
T
I
HOMMAGE ? OUTRAGE ?
C EST LA FA UTE
SOCIALISTE
d'oeil
’EST avec un vif plaisir
que le socialisme inter
national vient d’enregis-
. trer le succès de nos
5 camarades belges aux élections
| de dimanche dernier. Après le
J triomphe des sociaux - démo-
j crates Scandinaves, avec le pro-
J Chain retour au pouvoir des
|
travaillistes anglais, c’est la
Pendant leur campagne élec
torale, nos amis ont surtout
insisté sur les questions sociales
et économiques. Montrant avec
force qu’ils désiraient avant tout
rationnaliser et ordonner l’éco
nomie de leur pays, au lieu de
le laisser sombrer dans un re
doutable chaos, ils ont recueilli
l’audience des électeurs. S’oppo-
I
I
I
I
I
I
I
preuve
Par ANDRÉ QUÉNARD
DEPUTE
évidente de la vitalité
de l’idée socialiste. Pour notre
J part, nous nous en réjouissons.
k Dans ces différents pays, épris
J de liberté et de justice sociale,
sant à toute forme de dictature,
quelle qu’elle soit, ils se sont
montrés résolument défenseurs
des grands principes socialistes.
I
I
I
l
I
I
le communisme a pratiquement
disparu.
La cohésion du monde ouvrier,
uni dans un syndicalisme sé
rieux et puissant, est la raison
pour laquelle nos amis ont
obtenu des résultats aussi bril
lants.
En ce qui concerne la Bel-
ils ont été compris ; • nous
sommes très heureux.
en
I
**
I
| gique, il est intéressant d’exa-
1
I
1
miner les résultats du dernier
scrutin. Le pays, pendant toute
une législature, avait eu un
gouvernement homogène démo
crate-chrétien ce parti ayant
obtenu la majorité absolue des
sièges tant à la chambre des
députés qu’au Sénat. Le peuple
belge a pu juger les résultats
obtenus par ceux qui, largement
influencés par l'Eglise, ont suivi
une politique sévèrement jugée
par la classe ouvrière. Le verdict
k a été impitoyable, car non seu-
* lement les socialistes ont gagné
J de nombreux sièges, mais les
I libéraux, animés par l’idéal
J laïc, ont vu également leurs
| suffrages augmenter.
Mais nous voudrions que
peuple de France s’inspirât
le
de
l’exemple de nos voisins d'outre-
Quiévrain.
Les thèses que les socialistes
belges ont développées, ce sont
celles que nous proposons aux
Français. Au moment même où
nos solutions sont les seules qui,
du point de vue intérieur comme
du point de vue extérieur, peu
vent sortir le pays du marasme
qu’il traverse, il est temps que,
dans un soubresaut salutaire,
nos compatriotes nous accordent
un large crédit. Demain, il sera
trop tard !
N. B. : A Orléans, ville voi
sine et jadis imperméable à
nos idées, nos amis, emmenés
par Ségelle, viennent de gagner
trois sièges aux élections muni
cipales. N’est-ce pas là un beau
succès et une raison de ré
confort ?
l
I
I
1
1
k
JW UK EIMOGEAGE
Les scandaleux incidents qui se
sont produits dimanche dernier
sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile,
à propos d’une manifestation d’An
ciens Combattants d’Indochine,
illustrent à merveille la faiblesse
coupable de notre actuel gouver
nement vis-à-vis de certain tru
blions.
MM. Laniel, président du Con
seil, et Pleven, ministre de la Dé
fense Nationale, ont été injuriés
et molestés, aux cris de « Vive
Juin » par ceux qu’avant 1914,
Jean Jaurès appelait déjà « les
charlatants du patriotisme ».
On connaît les faits qui sont à
la base de ces incidents. Un ma
réchal de France pour qui la Répu
blique depuis quelques années s’est
vraiment montrée trop bonne fille,
et qui, de 1940 à 1942 avait eu
beaucoup plus de déférence pour
un autre régime, après avoir traité
de façon cavalière le chef du gou
vernement, a eu « l’oreille fendue »
au cours d’un Conseil des minis
tres inopinément réuni dans la
nuit du mercredi 3 Imars.
Cette sanction a donné aussitôt
à tous ceux qui font profession de
nationalisme l’occasion de mani
fester, avec violence, à la tribune
Président du Conseil et à laquelle
il ne pouvait répondre comme un
caporal-trompette.
Il existe un vieil adage militaire
qui dit que la discipline fait la
force des armées. Il est valable
pour les maréchaux comme pour
les caporaux-trompettes.
C’est la raison pour laquelle nous
sommes quelques millions en Fran
ce qui, en août 1914 ou en septem
bre 1939, avons été convoqués
« immédiatement et sans délai ».
Nous avons répondu à l’appel
sans être vexés... Et notre dignité
d'homme vaut celle du maréchal
Juin.
par Francis VALS
de l’Assemblée, contre un gou
vernement qui continue à ne pas
nous enchanter, mais qui leur don
nait satisfaction jusqu’à ce jour.
Les ex-R.P.F., qui se sont mon
trés les plus violents, en sont
même arrivés à s’abstenir sur le
vote du budget de la Défense Na
tionale, objet jusqu’ici de leurs
petits soins, mais se sont bien
gardés de retirer leurs ministres
du gouvernement.
Je veux bien croire que la déci
sion gouvernementale provoquée
par le discours d’Auxerre a été
motivée par d’autres raisons que
par celle qui a été publiquement
invoquée.
Mais celle-ci n’en reste pas
moins aux yeux du Parti Socialis
te parfaitement valable.
En régime démocratique, il y a
suprématie du pouvoir civil sur le
pouvoir militaire. Le premier ex
prime la souveraineté nationale et
ordonne au second qui doit exé
cuter.
Comme l’avait déjà dit Gambet-
ta, dans une apostrophe fameuse,
mais pour d’autres raisons, à
prédécesseur en maréchalat
Juin :
« Il faut se soumettre ou
démettre ».
Les incartades de langage
maréchal-académicien en ce
un
de
se
du
qui
concerne Pétain, Je Maroc, la Pré
sidence de la République, ou sa
préface d’un livre pornographique
écrit par un collaborateur, auraient
dû depuis longtemps valoir à ce
lui-ci la sanction méritée dont il
est l’objet aujourd’hui.
Si MM. Laniel et Pleven avaient
pris à ce rnoment-là les décisions
qui s’imposaient vis-à-vis de ce
récidiviste, nous
n’aurions point
connu l’agitation qu’exploitent à
l’heure actuelle, ceux qui gardent
la nostalgie des officiers généraux
au pouvoir.
Le maréchal Juin nous apprend
la Presse, a été « vexé » par la
convocation qui lui était adressée
d’une manière si rapide par le
Lisez "Le ^édeil
Si notre brave Georges Courte-
line était encore du monde, il ne
manquerait pas de la matière qu’il
aimait à traiter « Les fantaisies
de la Justice ».
En effet, le procès Marie Besnard,
avec ses accusateurs qui perdent
la mémoire, les experts qui dé
truisent mutuellement leurs tra
vaux, les rétractations des uns, les
fantaisies des autres, tout ceci se
joignant à la piété de circons
tance de l’empoisonneuse mettons
présumée, nous aurait valu une
série de pièces tragi-comiques où
excellait ce brave Tourangeau.
Mme Brin et son excellente fa
mille, de leur côté, offre une par
tie séduisante de la vie du grand
monde que n’aurait pas manqué
de fustiger ce brave Georges.
Je ne remuerai pas de tout
récents procès où, même à Tours,
on a fait appel aux grands avocats
de la lignée Floriot.
Mais je veux pour mon humble
satisfaction de mortel, ne pas pas
ser sous silence le manque de di
gnité dont font preuve certains
défenseurs de très mauvaises cau
ses qui se permettent souvent
d’attaquer de braves témoins peu
habitués à la sévérité de la barre,
même les salir, pour attribuer des
vertus imaginaires à des clients
qu’ils savent pertinemment cou
pables. Je pense aussi que ce sont
souvent les avocats qui, au cours
du procès, organisent et stylisent
le système de dénégations qu’em
ploient tous les accusés au jour
du procès, alors qu’ils ont avoué
depuis longtemps leurs fautes ou
leurs crimes.
Je ne nie pas le droit aux Alle
mands qui, au cours de l’occupa
tion, nous traitèrent de fort mau
vaise façon, de se faire défendre
par des avocats français.
Mais j’eusse été avocat, que je
me serais plutôt démis de via pro
fession que de vouloir défendre un
criminel de la taille de Brucklé.
Brucklé a des centaines de morts
sur la conscience et des centaines
de déportations injustifiées, car il
suffisait d’avoir un parent dans
la résistance pour qu’il se croit
’ " ” des douzaines
le droit d’arrêter
d’innocents.
Et, dix ans après, il s’est trouvé
un préfet dénommé Tracou, encore
titulaire de la Légion
en faveur de Brucklé. Un « de
Beaumont » se promenait dans
les couloirs du Palais, avec le sou
rire, pour témoigner en faveur de
Schmitt et Cie.
Quand on pense aux vraies dou
leurs de nos braves petites cama
rades, veuve Jourdain et veuve
Malécot, on comprend leur indi
gnation et en mesurant fèur dou-
leur, on ne peut que
voir grands les crimes de
misérable l’attitude des
Boucherie et Tracou.
davantage
Bruklé et
Perdriau,
LYNX.
A NOS ABONNÉS
N’attendez pas pour régler votre
réabonnement au « Réveil », de rece
voir le mandat chèque postal. Vous
nous économiserez les frais d’envoi,
en adressant les fonds
siège :
102, rue Nationale, Tours, ou au
Compte
dération
1 an
1 an
Chèque 380-10, Orléans, Fé-
socialiste d’Indre-et-Loire.
soutien 500 francs
450 francs
6 mois 250 francs
La manifestation qui s’est dé
roulée, le dimanche 4 avril à l’Arc
de Triomphe — drapeaux déployés
et gerbes de fleurs innombrables —
voulait être un hommage aux com
battants d’Indochine.
Les circonstances firent que, par
la volonté de quelques-uns contre
oar Emile ROUX
se voulaient séditieux et de gestes
odieux.
Il s’agissait tout uniment d’hono-
rer la mémoire de nos soldats morts
. . -à Dien-Bien-Phu ou autres lieux
la volonté du plus grand nombre, sanglants d’Indochine. •
l’hommage se traduisit par un ou-
trage.
Cette manifestation suivait de
près, dans le temps la révocation
du maréchal Juin de ses fonctions
de conseiller militaire du gouver
nement, pour avoir, par trois fois,
refusé de répondre à une convoca
tion du Président du Conseil et
aussi, pour avoir — publiquement
et en termes véhéments — affirmé
son opinion hostile à la C.E.D. telle
qu’elle est prévue pour l’instant.
Cette coïncidence, toute fortuite,
est-elle une excuse aux déborde
ments qu’il convient de déplorer ?
Est-il admissible qu’elle en ait été
la cause ?
Tout ce que le Français abrite en
soi de raison et de respect dit non.
Ça n’était ni le jour ni le lieu de
bousculades honteuses, de cris qui
Le silence, l’émotion, les senti
ments de respect et de reconnais
sance devaient seuls remplir cette
minute pieuse.
On ne se bat pas, on ne hurle
pas devant un cercueil surtout
quand ce cercueil est aussi noble
ment idéalisé qu’il l’est par la dalle
sacrée de l’Arc de Triomphe.
v
Et pourtant, la passion et la rage
ont anéanti toute décence.
Qui l’a voulu ?
Je le dis ; car je le crois : pas
le maréchal Juin.
Peut-être ses partisans, du moins,
certains d’entr’eux qui, pris d’une
inopportune frénésie, ont négligé de
considérer la place ou ils se trou
vaient pour défendre avec violence
une cause qui n’était, ne pouvait
être, ne devait être, en cette minute
Ab ! ces maréchaux
Peut-être, dans l’art qu’il
fessent, ne se prennent-ils
tous pour des génies.
pro
pas
Mais — et saluons ensemble les
brillantes exceptions Foch et de
Lattre, Joffre et Leclerc — ils se
voient volontiers, la guerre ayant
cessé, conducteurs de peuples, ou
chef de l’Etat...
Comme si une nation — la nôtre
surtout pouvait durablement offrir
par J.-L. BARTHUET
le spectacle d’une juxtaposition
certes ordonnée mais insuportable,
mais non-viable de casernes et de
prisons, mêmes modèles !
Comme si leur vie les avait pré
parés à la délicate, à la redoutable
mission de l’homme d’Etat.
C’est une constatation froidement
historique : le Militaire n’est géné
ralement pas un Politique.
Et quand il pénètre dans la Diplo
matie...
Malgré les non réussites, mal
gré les échecs éclatant dont Hier lui
offre le spectacle, le Militaire —
ordinairement — veut devenir PO
LITIQUE.
Est-ce l’attrait du fruit défendu ?
C’était, avant-hier, Pétain.
de la France comme on eut pu
le concevoir à la fin du XVI e siècle.
S’agissait-il de politique exté
rieure ?
Il quittait les yeux d’Henri IV
pour ceux de Charles Maurras...
Jamais à l’heure !
Et c’est ainsi qu’il détruisit, lui
même, sa propre Légende. li se
prit pour le descendant de Louis
XIV. Et malgré l’éloquence isor-
nienne il ne connaît même pas
l’énigmatique destin du Masque de
fer.
L’Histoire sait le vrai visage de
Pétain.
Et ne l’oubliera pas.
Ensuite un homme dont on peut
dire, sans exagérer je crois, qu’il
fut l’idole de la France retrouvée.
Et qu'insta ié tout vivant dans la
gloire a préféré au piédestal pres
tigieux du général de Gaulle les
tréteaux dérisoires et si vite bran-
lants de Charles de
devant chef du R.P.F.
d’hui, au sens strict
Gaulle, ci-
et
du
ermite de Colombey.
L’homme seul.
Quand un département
aujour-
terme,
possède
II faut les éminentes vertus
ginatives de Maître Isomi
découvrir dans les pensées et
ima-
pour
dans
les actes de l’éphémère petit roi
de Vichy, le moindre sens politique.
S’agissait-il d’œuvre intérieure ?
Dans les plus lumineuses des « der
nières belles matinées » que son
directeur de cabinet du Moulin
de la Barthète, concédait au vieil
lard aux yeux bleus, le chef de
l’Etat français concevait le destin
une sous-préfecture nommée Ton
nerre, il ne faut pas s’étonner (c’est
bien le cas de le dire) de voir tom
ber la foudre au chef-lieu !
Le maréchal Juin est familier des
orages.
Comme son nom l’indique.
Il n’avait pas besoin de l’habit
vert pour pratiquer, brillamment,
l’art de parler et d’écrire inoppor
tunément. Les appréciations straté
giques du Maréchal ne sont pas en
cause. Qu’il soit partisan ou adver
saire de la C.ED. : libre à lui.
(Notons en passant que quelques-
uns de ceux qui acclamaient en
lui à l’Etoile, un adversaire déter
miné de la C.E.D., n’avaient cer
tainement pas lu la fameuse décla-
C’EST LE CAPITALISME
QUI EST USE
ce n'est pas la France!
Sommes-nous en pays usé, à
bout de souffle, hier semeur d’idées
généreuses et fécondes, aujourd’hui
dépassé par de puissants rivaux et
condamné à une vie médiocre ? Si
on se fie à certaines apparences,
on se laisse aller à une réponse
pessimiste. Les déficits budgétaires,
pudiquement baptisés impasses,
sont considérables : 800 milliards
en 1952, 700 milliards en 1953. Les
indices de notre production indus
trielle et agricole nous convient,
hélas, à la modestie. Pour la pre
mière fois dans l’histoire contem
poraine. une génération ne jouit
pas d’un niveau de vie supérieur
à la génération précédente.
Cette constatation sonne comme
un réquisitoire. M. Barangé, rap
porteur général du budget, cons
tate qu’évalué en francs 1953, le
revenu national aurait été, en 1929,
l’année de beaucoup la plus favo
rable d’avant la guerre, de 11.000
milliards, en 1932, de 9.500 mil
liards. Il atteint en 1953 : 10.500
milliards. Loin de progresser, il a
légèrement reculé, alors que le
chiffre de la population s’est ac
cru de 4 %. La part réservée à
chaque consommateur est donc
moindre, même si l’on ne tient pas
compte du nombre plus grand de
vieillards et d’enfants, consomma
teurs et non producteurs. Ne faites
pas l’objection classique : il y a
eu la guerre. Elle n’est pas déci
sive. M. Sauvy a fait judicieuse
ment observer que, lorsqu’on don-
n’a pas le courage de dire la vérité
au pays, si on tourne le dos à l’es
prit créateur des pionniers pour
assurer une rente à des entreprises
« marginales » qui ne correspon
dent plus aux nécessités de l’heure.
Non, si l’on fait courageusement
par Edouard DEPREUX
appel à toutes les forces vives de
la nation, et d’abord aux travail
leurs, pour leur montrer l’étendue
du problème, puis les solutions
envisagées.
Si le bâtiment, le
cuirs, les corps gras,
des denrées agricoles,
un niveau médiocre,
le gaz, les raffineries
textile, les
la plupart
atteignent
l’électricité,
de pétrole
d’acheteurs solvables. Il considère
l’abondance comme une calamité
et se demande avec angoisse com
ment il résorbera les excédents.
Voilà ce qui le condamne défini
tivement. Tous les vœux pieux de
M. Pinay, qui voudrait moraliser
le profit, ainsi qu’il nous l’a
expliqué dans le « Figaro », sont
impuissants à le réhabiliter. L’heu
re est venue pour lui de passer la
main. Une course de vitesse est
engagée pour la succession entre
le bolchevisme et le socialisme
démocratique. Nous sommes bien
décidés à la gagner. L’enjeu jus
tifie nos efforts : le bolchevisme
a ceci de commun avec le capi
talisme, c’est qu’il est « la néga
tion de l’homme ».
ne un coup
milière, les
rétablissent
tion.
Ainsi en
de pied dans une four-
fourmis s’affairent et
rapidement la situa-
a-t-il été de presque
toutes les reconstructions dans tous
les pays et sous tous les régimes.
Comparez nos dérisoires indices
de la production industrielle (103
ou 104) et de la production agricole
(110 en tenant compte de l’excel
lente dernière récolte) avec ceux
des États-Unis, du Canada, de
l’Angleterre, de l’Allemagne, de
l’Italie, des pays Scandinaves (en
tre 150 et 200) et vous vous ren
drez compte que, pour figurer ho
norablement au palmarès, interna
tional, nous avons un immense ef
fort à accomplir. Est-il au-dessus
de nos forces ? Oui, si l’on persiste
dans les vieilles routines, si l’on
battent des records. Ce qui a été
tenté avec succès dans certaines
branches peut et doit être obtenu
dans d’autres. Les dépenses d’équi
pement et d’investissement sont
rentables, lorsqu’elles sont judi
cieuses et qu’elles ne sont pas
abandonnées au caprice de tel ou
tel entrepreneur, mû par la seule
recherche de son profit individuel
qui, l’expérience le prouve, ne
concorde pas nécessairement avec
l’intérêt général, en dépit du pos
tulat sur lequel le capitalisme libé
ral prétendait asseoir sa domina
tion.
Un plan s’impose : les investis
sements les plus indispensables
concernent le logement et les cons
tructions scolaires. L’expansion gé
nérale de l’économie est à la fois
possible et désirable. Songez que
si .le revenu consommable était
également réparti entre tous les
Français, cela donnerait seulement
250.000 fr. par an et par individu,
ce qui est notoirement insuffisant
Les réflexes malthusiens du capi
talisme décadent s’insurgent con
tre les nécessités les plus évidentes
de notre époque. Tout ce qui, di
rectement ou indirectement, frei
ne la production utile — non pas
la production nuisible que para
doxalement on encourage parfois
— doit être coordonné, Le capita
lisme, déchiré par ses contradic-
Cléricalisme
tions internes,
vante devant la
chandises qui
est saisi d'épou-
création de mar
ne trouvent pas
L’affaire des prêtes-ouvriers a
fait découvrir aux catholiques eux-
mêmes que la politique du Vatican
pouvait être contraire aux intérêts
français.
Mais leurs réactions sont à cet
égard bien différentes, parfois mê
me opposées. Tandis que M. Jean
Lacroix demande, comme nous-
mêmes, que le Nonce soit invité à
se cantonner dans ses fonctions
d’agent diplomatique, M. Michelet
voudrait que notre propre ambas
sadeur donnât des conseils au Pape
sur la meilleure façon de diriger
l’Eglise.
En somme, les uns réclament la
stricte application de la loi de sé
paration. Les autres — M. Mauriac
l’a mis noir sur blanc dans « Le
Figaro » — s’orientent vers la si
gnature d’un nouveau concordat.
Or, dans l’état de pluralisme spi
rituel qui caractérise le monde mo
derne, tout privilège accordé à une
croyance, quelle qu’elle soit, cons
titue une brimade à l’égard de
toutes les autres. C’est à la lumière
de ce principe, pour nous intangi
ble, que nous réclamons à la fois
le respect de notre souveraineté na
tionale nationale par le Nonce et
la non-immixtion de notre diplo
matie dans les affaires de l’Eglise
Le même principe éclaire notre
route dans le domaine scolaire.
ration d’Auxerre dans laquelle
Maréchal s’affirmait .partisan
réarmement allemand !).
Là n’est point mon propos.
Pas plus que de blâmer
d’approuver M. X ou M. Y.
le
du
ou
il est plus simple : il a comme
seule ambition de rappeler que la
Constitution de 1946 est, sauf erreur
toujours en vigueur. Et donc :
Que l’Union française et la
République française ont un Prési
dent commun, qui représente l’Etat.
.Que le Gouvernement a un Prési
dent du Conseil.
Et les Armées, un Ministre de
la Défense Nationale à qui, tout
militaire, tout dignitaire de l’ar
mée (il n’y a que deux dignités :
Première
France)
ensuite :
le degré
Classe et Maréchal de
doit d’abord obéissance,
(et elle se manifeste selon
d’éducation). déférence.
Le maréchal Juin a manqué à la
discipline.
Les représentants de la Répu
blique ont sanctionné l’indiscipline.
Ils ont eu raison : quoi qu’en
pense l’avocat des Maréchaux.
S’ils voulaient, de plus, sanction
ner la désinvolture hautaine, le
manquement à la déférence’ je sol
liciterais l’indulgence puisque, M.
Juin vient de démontrer encore
qu’un militaire n’a aucun sens po
litique.
Et cette fois, vous pouvez prendre
le mot « politique » dans toutes
ses acceptions.
pas mort !
L’école-ghetto, réservée aux enfants
d’une même confession, est déjà un
crime contre la charité. La sub
vention d’une telle école par les de
niers publics constitue une injus-
par Maurice DEIXONNE
tice à l’endroit de quiconque n’ap
partient pas à cette confession.
C’est cependant dans cette voie
que la droite entend persister. Tan
dis que M. Raingeard annonce, au
cours d’une réunion présidée par
Mgr. Blanchet, une nouvelle offen
sive cléricale, M. Bernard Manceau,
député « indépendant » de Maine-
et-Loire, est passé aux actes.
Le 26 février, il a demandé l’ur
gence en faveur de sa proposition
tendant à instituer le bon scolaire.
Il est vrai que la commission de
l’Education nationale fut unanime
à refuser la procédure accélérée qui
lui était demandée.
Quand donc les catholiques com
prendront-ils qu’en empoisonnant
la politique intérieure française
avec le problème scolaire, le Vati
can fait à notre pays un tort pour
le moins aussi grave qu’en con
fiant à ses diplomates des missions
qui ne sont pas normalement les
leurs ? ,
de piété nullement en question.
Mais les partisans exacerbés du
maréchal Juin étaient-ils seuls
dans la mêlée et d’autres hommes
qui n’applaudissent le maréchal
que parce que — involontairement
et momentanément — il les sert ;
d'autres hommes, adversaires de la
C.E.D. pour des motifs tout à fait
étrangers à ceux qui inspirent les
Juinistes et tant d’autres ; d’au
tres hommes, adversaires jurés de
la guerre d’Indochine sur un plan
bien différent de celui que nous
sommes très nombreux à approu
ver ; ces autres hommes — faut-il
davantage vous préciser lesquels ?
— n’étaient-ils pas venus, par or
dre, grossir la foule de ces éléments
moralement dopés ?
Vous avez répondu pour moi.
Bien sûr, ceux-là ne seraient pas
venus se masser aux abords du
terre-plein de l’Arc de Triomphe,
s’il n’eut dû vraiment s’agir que
d’une manifestation de la recon
naissance française à l’adresse de
nos morts d’Extrême-Orient.
Ils savent qu’ils n’y avaient pas
leur place : Car, ils n’ont pas l’ha-
bitude de saluer les mânes de ceux
qui, tombant sous des deux loin
tains pour leur pays, ont servi une
cause réprouvée par un autre pays,
auquel les attache leur foi. Ils ne
pouvaient pas s’émouvoir à l’évo
cation de ces héros contre lesquels
tandis qu’ils étaient encore soldats
plein de vie, ils ont tout fait na
guère pour les priver des muni
tions, des armes, du ravitaillement
nécessaires.
Ils étaient cependant présents.
A coup sûr, l’affaire Juin a servi
opportunément leur dessein d’exas
pérer les passions contre une C.E.D.
qu’ils abhorrent — encore une fois
pour des raisons spécifiques.
Leur présence — résolue — en
ce haut lieu de l’héroïsme fran
çais était déjà une offense aux com
battants d’Indochine. Les excès
auxquels ils ont participé, s’ils n’ont
pas été seuls à les faire naître, en
ont fait un outrage.
Que l’éloignement du maréchal
Juin des Conseils du Gouvernement,
à la suite des faits communs, soit
justifié ou pas dans la forme et
dans le fonds, qu’avait-on à en
faire en ce jour de pèlerinage de la
reconnaissance française ?
Ce n’était tout de même pas l’an
niversaire de la victoire du Mont-
Cassin !
Que les communistes — dans une
étrange collusion — aient profité
de la situation pour réactiver des
cendres, déjà trop chaudes ; c’est
affaire à eux... et c’était peut-être
aussi, affaire au Ministre de l’Inté
rieur !
Il y a des gestes prévisibles et
qu’on eut pu empêcher au nom du
simple respect humain.
En fin de compte, quelles qu’aient
été les impressions regrettables qui
ont justifié, pour une part, les
échauffourées de dimanche der
nier ; considérera qui voudra
comme très forts ceux qui, pour
des fins établies et de propos déli
béré, ont réussi, devant la mort
glorieuse, à entacher le plus res
pectable et le plus impressionnant
des suaires.
Nous disons, nous, que ce sont
des salauds.
Non : pas ça ! et, en tous cas :
pas la !
A MARX.
« La boîte qui parle », comme ai
me à dire notre cher Bracke, m’a
apporté hier les échos d’un drame
tiré des « Frères Karamazov ».
J’avais relu, il y a de cela quelques
mois, le roman de Dostoïevsky, pet
épais volume où vit un monde bi
zarre, le sublime y côtoyant le gro
tesque et l’odieux. Etrange âme
slave ! C’est égal, il faut passer par
Dostoïevsky, pour essayer de com-
par Jean LECHANTRE
prendre les procès de Moscou et
bien d’autres « affaires » tout aussi
russes, mais dont les tristes héros
portent parfois hélas ! des noms
français...
Ils me font rire, ceux-là qui par
lent gravement de « dialectique
marxiste » lorsqu’ils tentent d’ex
pliquer ces tragédies pseudo-judi
ciaires tout à la fois bouffonnes et
sanglantes ! Pas une once de
marxisme ni de dialectique en cet
te nouvelle Inquisition ! Lisez, reli
sez Dostoïevsky et vous compren
drez pourquoi l’auteur du « Capi
tal » et du « Dix-Huit Brumaire
de Louis-Bonaparte » est aussi
étranger aux manifestations de la
mystique bolcheviste que celle-ci
l’est au socialisme véritable. Mais
aussi, vous serez frappés d’une res
semblance indéniable entre les per
sonnages de Dostoïevsky et certains
autre constatation, d’ailleurs, va
bien vite aggraver le caractère. En
effet, qu’un Radek ou un Zinoviev
aient réagi devant leurs « juges »,
comme les créatures très partielle
ment imaginaires de Dostoïevsky
ou de Tourguéniev. cela se con
çoit... Mais d’où vient que des Fran
çais, en France, se livrent à des
« autocritiques » comparables en
tous points aux ahurissantes con
fessions que l’on trouve dans
« Les Frères Karamazov », dans
« L’Idiot » ou dans « Les Possé
dés » ? Si les tortures psychologi
ques sont monnaie courante à Mos
cou, elles n’ont pourtant pas cours
chez nous, et la « discipline » du
Parti n’explique pas tout.
Je me suis bien des fois posé la
question, et je "‘ai jamais trouvé
de réponse qui me satisfasse. Doit-
on voir dans cette espèce d’osmose
spirituelle la preuve que l’attrac
tion exercée sur certains esprits
par le Paradis oriental procède
avant tout d’un phénomène reli
gieux ? Peut-être...
En tout cas. Marx n’y est pour
rien, non plus que la dialectique.
J’en suis bien fâché pour ceux qui
jonglent si aisément avec les vo
cables de « marxisme » mais je
m’en réjouis pour un grand révo
lutionnaire et une incomparable
méthode d’investigation
je
hôtes successifs des salons
Kremlin et
bianka !
Cela ne
grand’chose,
des caves de la
résout peut-être
j’en conviens :
c’est une constatation dont
du
Liu-
pas
mais
une
n’écris pas : doctrine — le plus
souvent totalement inconnus des
gens qui s’y réfèrent avec une im
payable assurance. « C’est la faute
à Voltaire », dit une chanson de
Gavroche. Ne laissons pas, sans
protester, chanter « C’est la faute
à Marx » à tout propos, c’est-à-
dire hors de propos.
NATIONALISME INTEGRAL
CASSE-COU !
Partisans et adversaires de l’inté
gration de l’Allemagne dans l’Eu
rope continuent à s’affronter, uti
lisant, les uns et les autres, des ar
guments de valeur bien différente.
Parmi ceux-ci, l’un mérite que
l’on s’y arrête, car il me paraît,
dans la ' situation actuelle du
par Christian PINEAU
monde, particulièrement dangereux,
c’est celui du « nationalisme » dont
les seuls représentants authenti
ques seraient ceux qui se refuse
raient à toute collaboration avec
l’Allemagne au sein de l’Europe. On
me permettra de rappeler, non
sans un peu de perfidie, que nous
avions connu, avant la guerre, des
nationalistes intégraux qui voyaient
« tricolore » dès qu’on leur parlait
de l’Allemagne. Charles Maurras
fut l’un de leurs doctrinaires. Ces
hommes n’ont pas contribué, entre
les deux conflits mondiaux, à ré
gler les problèmes internationaux
dans un sens pacifique. Mais le plus
paradoxal est qu’ils Ont été, à peu
d’exceptions près, les principaux
collaborateurs de l’ennemi lorsque
celui-ci a envahi notre territoire, ce
qui prouve à quel point le nationa
lisme est souvent dominé par des
considérations de classe.
Aujourd’hui encore, certains tru
blions d’une « Action française »
reconstituée s’amusent à troubler
les réunions tenues par les parti
sans de l’Europe.
Attachons-leur l'importance qu’ils
méritent et rejetons-les dans un
Passé dont ils n’auraient pas dû
resurgir.
Nous connaissons aujourd’hui
des « nationalistes » plus représen
tatifs et par conséquent plus dan
gereux.
Il y a les communistes. Est-ce
vraiment les injurier, comme ils
le prétendent, que de les qualifier
de « nationalistes à éclipse » ? Est-
ce notre faute s’ils alignent, dédai
gnant même de sauvegarder les ap
parences, toutes leurs positions
« sans la moindre exception », sur
les conceptions de politique étran
gère du Kremlin ?
Ils peuvent tomber juste si ces
conceptions sont, en un moment
Le danger et la parade
Le maréchal Juin a-t-il constam
ment approuvé les traités de C.E.D.
dans ses déclarations officielles,
comme l’assure le gouvernement,
ou avait-il fait connaître déjà à
ses supérieurs hiérarchiques les
réserves qu’il a exprimées à Auxerre
France, chez lés anciens collabos
et les anciens membres des ligues
dissoutes, ces
étant, d’ailleurs,
dues.
Le danger est
deux catégories
souvent confon-
dans le fait que
par Paul PARPAIS
ainsi que l’affirme son entourage ?
Il y a lontemps que le problème de
fond est dépassé, et que le problème
de forme est posé. Or, pour une fois,
la forme l’emporte sur le fond. S’il
est important de connaître l’avis de
notre seul maréchal vivant sur un
traité militaire, il est encore plus
important que ce premier dignitaire
de notre armée donne l’exemple de
la discipline et de la discrétion qui
convient à son état. C’est pourquoi
les Socialistes, qui ne sont pas sus
pects d’une tendresse particulière
pour le gouvernement de M. Laniel,
ont approuvé sans réserves les sanc
tions prises contre ce soldat qui pré
tendait se placer au-dessus des civils
désignés par le parlement souve
rain aux postes gouvernementaux.
Il était temps, il était plus que
temps de mettre au pas le maréchal,
qui se permit, il y a huit mois, de
détrôner un sultan par personnes
interposées, qui s’était permis
naguère d’exprimer une opinion
contraire à celle de la République
en ce qui concerne la sépulture
à donner à l’un de ses prédéces-
seurs félon, qui
permettait,
hier encore, de préfacer un livre
ordurier contre la Résistance.
La preuve en fut faite, l’autre
dimanche à l’Arc de Triomphe.
Le danger ne provient pas du
nombre de manifestants qui jouè
rent ce jour-là avec leurs pano
plies de « petits six févrieristes » :
quelques centaines de trublions
ne mettent pas la République en
péril, même si rompant avec la
tradition et les engagements pris,
ils parviennent à molester des
ministres trop confiants dans le
caractère sacré que leur conférait
leur mission de représentants de
la France à une cérémonie du
souvenir.
Non ! le danger est dans le
renouveau d’une collusion qui a
failli, il y a vingt ans, jeter à
bas la démocratie française, après
avoir permis en Allemagne l’arri
vée au pouvoir de la dictature
hitlérienne, la collusion de tous
les fascismes, celui qui nous vient
de l’Est sous le fal’acieux voca-
ble
de
oui est
suréès
Gaulle,
communisme
celui
issu des ambitions déme-
et déçues du général de
celui qui est latent en
le pemier militaire de la Répu
blique croit le moment venu pour
dire au régime ce que Cambronne
est censé avoir dit aux Anglais,
et que « le premier résistant de
France » en soit à nier, lui aussi,
l’existence d’un Etat Français, qui
aurait disparu, à l’entendre, très
exactement au jour
général de
« MOI », a
janvier 1945.
Le danger
Gaulle,
où lui, ' le
le général
quitté le pouvoir en
est que les hommes
qui sont actuellement au pouvoir
croient pouvoir maintenir la dé
mocratie contre la coalition qui
prétend l’assiéger en se refusant
l’appui du peuple.
C’est le peuple qui, sans
laisser duper par les fascistes
ses complices communistes,
se
et
a
sauvé la République en 1934.
Peut-être serait-il p r u d e nt,
même du point de vue strictement
égoïste de la majorité gouverne
mentale du Parlement, de lui don
ner, dès maintenant, quelque chose
à défendre, s’il était amené un jour
à se battre pour la République.
UN JOURNAL BIEN FRANÇAIS
« L’Humanité »
— a tiré une édition spéciale où
était exposée, sur deux pages, là pro
position soviétique relative à la sécu
rité européenne ;
— a réservé une page entière à la
dernière déclaration de Molotov,
— et une page entière à l’appel du
Parti communiste soviétique à la
veille des élections en U.R.S.S.
Tout cela, en l’espace d'un mois !
Voilà un journal bien français !
Et que l’on ne saurait suspecter
de recevoir des « roubles » pour bou
cler son budget !
INFORMATION... DIRIGEE
L’ « Humanité » du 10 mars 1954
accorde une place non négligeable à
l’intervention de M. Mendés-France
dans le débat sur l’Indochine.
Le journal communiste a toute
fois jugé plus prudent de passer sous
silence ce passage :
« La Russie a-t-elle avantage à sou
haiter la fin du conflit Indochinois ?
Aucunement, car elle sait parfaite
ment Ce qu’il nous coûte et combien
il diminue notre puissance militaire
Pourquoi nous aiderait-elle à termi
ner une guerre qui nous affaiblit,
entrave notre réarmement en Europe
et augmente la tension sociale ? ».
' donné de l’Histoire, conformes aux
intérêts français. Mais que dire,
dans le cas contraire ?
A côté d’eux, avec eux ou en
dehors d’eux, s’agitent des Français,
dont je ne conteste nullement la
sincérité, mais dont le nationalisme
n’est pas moins agressif que celui
des catégories précitées.
Ces hommes prétendent combat
tre toute renaissance de l’Allema
gne, tout réarmement allemand,
sans préciser d’ailleurs comment
ils s’opposeront à un courant dont
l’Histoire a montré combien il était
difficilement réversible. Ils em
ploient des arguments qui touchent
la sensibilité des Français, échau
dés par trop d’invasions et de souf
frances. Ils évoquent le militarisme
nazi, Oradour-sur-Glane, les camps
de déportation.
Cela n’empêche d’ailleurs pas
beaucoup d’entre eux d’accepter,
selon le cas, le réarmement d’une
Allemagne neutralisée (thèse Molo-
tov) ou celui d’une intégration
d’une armée allemande dans la
Pacte Atlantique.
Mais laissons de côté cette con
tradiction et admettons qu’il
s’agisse bien d’une tendance anti
germanique inspirée par des consi
dérations nationales.
Je pose alors la vraie question :
« Cette forme de nationalisme peut-
elle servir la France ? »
Voulons-nous, sous le prétexte de
vengeances inassouvies, créer entre
l’Allemagne et nous un climat
d’hostilité permanente ? J’aimerais,
dans ce cas-là, voir démontrer que
cette attitude est favorable à la
paix du monde. Pour ma part, les
horreurs de la guerre et de la dé
portation m’inciteraient plutôt à
ne pas renouveler les erreurs qui
nous ont conduits à la dernière
guerre.
Voulons-nous, après l’abandon
de tous nos alliés, nous trouver
dans la position de « La France
seule », autrefois chère à Maur
ras ?
Voulons-nous, par crainte de
douze divisions allemandes, nous
placer sous la « protection » inté
ressée de cent quarante divisions
soviétiques ? Autant dire alors que
nous acceptons de devenir une « dé
mocratie populaire », satellite de la
Russie, et de subir le sort de la
Tchécoslovaquie.
La vérité est que le « nationa
lisme » défini comme concept d’op-
position à toute vraie collaboration
internationale, n’est plus possible
dans la France d’aujourd’hui. Il
faut substituer à cette formule pé
rimée celle de l’intérêt national qui
exige, avant toute chose, la collabo
ration prudente, mais sincère, de
notre pays avec ses amis et même,
puisqu’il n’est pas possible de faire
autrement, avec ses anciens enne
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