Titre : Journal pour tous : magazine hebdomadaire illustré
Éditeur : Ch. Lahure (Paris)
Date d'édition : 1855-12-29
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32802287z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 6453 Nombre total de vues : 6453
Description : 29 décembre 1855 29 décembre 1855
Description : 1855/12/29 (T1,N39). 1855/12/29 (T1,N39).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k6439325n
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, Z-4341-4371
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 31/01/2013
N° Si). Dix centimes.
(15 centimes dans les départemeati et dans les gares de chemins de fer.)
JOURNAL POUR TOUS
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4 • ss> • ̃ -
i >•_ îHjj O. ; .DDe ,1 Pari» : au Bureau du Journal, rue de Vaugirard, 9; à la librairie de NSI. L Hucliclle et Cie, rue Picrrc-Sarraziu, 14.
19 Dceciubre '4 ?]', • Jh&L font Ki Libraires de France et d. e ,.., loiue premier.
.,,:,!-:, , i - lis Libraires de France et de I'Streii,,er. L'Aboniement d'un An : Pour Pl '*S, e frallts, pdii rranea.
! ,;.' ..----, , ;
Le comte Otto lira son glaive et lé plongea dans le corps du vieillard. (Page CH, col. 2.)
S OMMAIRE. ROUANS F.T NOUVELLES : L'Homme de Fer
par Paul Féval. Le Monténégrin, par Wilmèa! Thé-
rèse Lemajèvr, par Ch. Barbara. LES KOMANCIEUS IL-
LUSTRES : Samuil Richardson (suite); par Jules Janin:'-
ASTltONOMiE USUELLE: Le soleil: Distance du soleil à la
terre; Dimensions du soleil, sa constitution; Mouvements
apparents des étoiles et du soleil autour- de la terre; Les
jours et les nuits ; Les saisons. La lune : Dimensions
et constitution de la lune; Lumière et chaleur de la lune;
Attraction de la lune: Marées; Chanyemeltt, de temps at-
tribués à la lune ; De la lune rousse ; Mouvement de la
lune; Phases de la lune; Éclipses; par Er. Guigiiet. -
Temps vrai ; tempr moyen; équation du temps.
Comput ecclésiastique : Nombre d'or ; illdidinn
romaine ; épacte. etc. Renseignements histori-
ques sur le calendrier : Calendrier Julien; Calen-
drier Grégorien; Calendrier russe, etc. Calendrier
de ISStt.
L'HOMME DE FER.
DEUXIÈME PARTIE.
VIII. Messire Olivier.
Le beau jeune homme, appuyé contre la galerie de
la terrasse, avait nom le baron d'Harmoy.
Il faut que lecteur nous pardonne de lui présenter
si tard un si important personnage. Notre récit, jusqu'à
présent, manque, à proprement parler, de héros, car
messire Aubry, Jeannin et Fier-à-Bras l'Araignoire
ne sont pas des héros de roman. Peut-être ce brun et
pâle Olivier, à défaut d'autre, nous servira-t-il de héros.
Il paraissait avoir vingt-cinq ans, tout au plus,
bien qu'en l'examinant de près on découvrît sur son
visage quelques plis précoces et des traces de fatigue.
Il était grand et portait avec une merveilleuse grâce
sa riche livrée de chevalier.
Le dessin de sa figure offrait tout l'opposé du type
breton. Les pomméttes s'effaçaient pour laisser l'an-
gle frontal saillir hardiment,"selon le' modelé germa- :
nique; le nez était droit et fin; le menton se relevait
en bosse, donnant à cette physionomie un peu molle
une force soudaine et une expression de volonté réso-
lue. Sa bouche et ses yeux se chargeaient d'adoucir
ce que le bas de son visage pouvait avoir de trop
rude. Sa bouche souriait comme la plus jolie bouche
de femme. Ses yeux noirs, au regard ardent et pro-
fond; rêvaient; et donnaient, hélas! à rêver.
Il portait la barbe découpée à la manière des gens
de l'est, et ses cheveux ; d'un noir de jais ; tombaient
en boucles sur son front. C'était déjà faire preuve
d'esprit que d'éviter ces deux lourdes, roides et sottes
masses de cheveux roux que les peintres collent à la
joue de tous les malheureux qui vivaient en ce temps-
là : les peintres de la couleur locale.
Messire Olivier avait, en conscience, bien d'autres
mérites! Il tenait la lance par délices; il était à che-
val comme un dieu. Pour tout dire en un mot, les
charmantes et nobles dames qui abondaient à l'hôtel
du Dayron n'avaient de regards que pour messire
Olivier, baron d'Harmoy.
Or, les dames ne se trompent point. Celui qu'elles
daignent remarquer est assurément remarquable. Il
faut avoir cela pour dit.
D'où venait-il, cependant, le beau chevalier? On
ne savait trop. Le XV" siècle n'était pas, à beaucoup
près, si curieux que les siècles suivants. A une bonne
épée on ne demandait guère : D'où sors-tu? Il n'y
avait point d'intendants royaux pour éplucher les
quartiers de noblesse , et d'Hosier était à naître.
Il est possible, d'ailleurs que le baron d'Harmov
n'eût pas admis volontiers le droit d'indiscrétion. Il
était gentilhomme; il se mêlait à la cour du roi de
France. Le motif de son séjour à Avranches, où il de-
meurait, était sans nul doute sa dévotion à l'archange
saint Michel.
Nous disons qu'il demeurait à Avranches. Il y avait,
en effet ,'sous le château un'magnifique hôtel loué
par lui et très-richement équipé. Mais les fenêtres en
étaient ordinairement closes. Le baron d'Harmoy al-
lait venait: Personne n'aurait su dire au juste ce
qu'il faisait,'en définitive. -
Nous n'affirmerions' pas que ce grain de mystère
ne fût pas pour un peu dans la vogue dont il jomssait.
Quoi qu'il en soit, cette vogue était complète. Tous
les hommes étaient à sa suite; toutes les femmes
guettaient son sourire.
Mme Reine se disait, à le voir si parfait cavalier':
« Ah ! si mon fils Aubry savait ainsi se porter gra-
cieusement et plaire aux dames 1 »
C'était pure jalousie maternelle et aussi trop de
modestie, car messire Aubry ne déplaisait point aux
dames.
Vers cinq heures après midi, les mille jeux quiani.
maient la plaine, au-dessous de la terrasse du Dayron,
firent trêve. En revanche, les cuisines foraines pous-
sèrent leurs fourneaux avec violence. Des flots de
vapeur noire et grasse s'élevèrent de toutes parts.
C'était l'instant de la réfection. Les belles dames ras-
semblées sur la terrasse, n'ayant point de flacons de
sels pour combattre l'elrrayaute odeur de marmite
qui se répandit dans les airs, furent obligées de lâ-
cher pied et de se réfugier à l'intérieur des appar-
tements. - - -
On fit cercle. La collation fut servie.
Le baron d'Harmoy était resté seul sur la terrasse.
Il songeait. Ses yeux demi fermés noyaient leurs re-
gards à l'horizon. Des paroles confuses venaient mou-
rir sur ses lèvres.
« Toutes deux, murmurait-il; toutes deux i. à
11 disait encore :
(15 centimes dans les départemeati et dans les gares de chemins de fer.)
JOURNAL POUR TOUS
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i >•_ îHjj O. ; .DDe ,1 Pari» : au Bureau du Journal, rue de Vaugirard, 9; à la librairie de NSI. L Hucliclle et Cie, rue Picrrc-Sarraziu, 14.
19 Dceciubre '4 ?]', • Jh&L font Ki Libraires de France et d. e ,.., loiue premier.
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! ,;.' ..----, , ;
Le comte Otto lira son glaive et lé plongea dans le corps du vieillard. (Page CH, col. 2.)
S OMMAIRE. ROUANS F.T NOUVELLES : L'Homme de Fer
par Paul Féval. Le Monténégrin, par Wilmèa! Thé-
rèse Lemajèvr, par Ch. Barbara. LES KOMANCIEUS IL-
LUSTRES : Samuil Richardson (suite); par Jules Janin:'-
ASTltONOMiE USUELLE: Le soleil: Distance du soleil à la
terre; Dimensions du soleil, sa constitution; Mouvements
apparents des étoiles et du soleil autour- de la terre; Les
jours et les nuits ; Les saisons. La lune : Dimensions
et constitution de la lune; Lumière et chaleur de la lune;
Attraction de la lune: Marées; Chanyemeltt, de temps at-
tribués à la lune ; De la lune rousse ; Mouvement de la
lune; Phases de la lune; Éclipses; par Er. Guigiiet. -
Temps vrai ; tempr moyen; équation du temps.
Comput ecclésiastique : Nombre d'or ; illdidinn
romaine ; épacte. etc. Renseignements histori-
ques sur le calendrier : Calendrier Julien; Calen-
drier Grégorien; Calendrier russe, etc. Calendrier
de ISStt.
L'HOMME DE FER.
DEUXIÈME PARTIE.
VIII. Messire Olivier.
Le beau jeune homme, appuyé contre la galerie de
la terrasse, avait nom le baron d'Harmoy.
Il faut que lecteur nous pardonne de lui présenter
si tard un si important personnage. Notre récit, jusqu'à
présent, manque, à proprement parler, de héros, car
messire Aubry, Jeannin et Fier-à-Bras l'Araignoire
ne sont pas des héros de roman. Peut-être ce brun et
pâle Olivier, à défaut d'autre, nous servira-t-il de héros.
Il paraissait avoir vingt-cinq ans, tout au plus,
bien qu'en l'examinant de près on découvrît sur son
visage quelques plis précoces et des traces de fatigue.
Il était grand et portait avec une merveilleuse grâce
sa riche livrée de chevalier.
Le dessin de sa figure offrait tout l'opposé du type
breton. Les pomméttes s'effaçaient pour laisser l'an-
gle frontal saillir hardiment,"selon le' modelé germa- :
nique; le nez était droit et fin; le menton se relevait
en bosse, donnant à cette physionomie un peu molle
une force soudaine et une expression de volonté réso-
lue. Sa bouche et ses yeux se chargeaient d'adoucir
ce que le bas de son visage pouvait avoir de trop
rude. Sa bouche souriait comme la plus jolie bouche
de femme. Ses yeux noirs, au regard ardent et pro-
fond; rêvaient; et donnaient, hélas! à rêver.
Il portait la barbe découpée à la manière des gens
de l'est, et ses cheveux ; d'un noir de jais ; tombaient
en boucles sur son front. C'était déjà faire preuve
d'esprit que d'éviter ces deux lourdes, roides et sottes
masses de cheveux roux que les peintres collent à la
joue de tous les malheureux qui vivaient en ce temps-
là : les peintres de la couleur locale.
Messire Olivier avait, en conscience, bien d'autres
mérites! Il tenait la lance par délices; il était à che-
val comme un dieu. Pour tout dire en un mot, les
charmantes et nobles dames qui abondaient à l'hôtel
du Dayron n'avaient de regards que pour messire
Olivier, baron d'Harmoy.
Or, les dames ne se trompent point. Celui qu'elles
daignent remarquer est assurément remarquable. Il
faut avoir cela pour dit.
D'où venait-il, cependant, le beau chevalier? On
ne savait trop. Le XV" siècle n'était pas, à beaucoup
près, si curieux que les siècles suivants. A une bonne
épée on ne demandait guère : D'où sors-tu? Il n'y
avait point d'intendants royaux pour éplucher les
quartiers de noblesse , et d'Hosier était à naître.
Il est possible, d'ailleurs que le baron d'Harmov
n'eût pas admis volontiers le droit d'indiscrétion. Il
était gentilhomme; il se mêlait à la cour du roi de
France. Le motif de son séjour à Avranches, où il de-
meurait, était sans nul doute sa dévotion à l'archange
saint Michel.
Nous disons qu'il demeurait à Avranches. Il y avait,
en effet ,'sous le château un'magnifique hôtel loué
par lui et très-richement équipé. Mais les fenêtres en
étaient ordinairement closes. Le baron d'Harmoy al-
lait venait: Personne n'aurait su dire au juste ce
qu'il faisait,'en définitive. -
Nous n'affirmerions' pas que ce grain de mystère
ne fût pas pour un peu dans la vogue dont il jomssait.
Quoi qu'il en soit, cette vogue était complète. Tous
les hommes étaient à sa suite; toutes les femmes
guettaient son sourire.
Mme Reine se disait, à le voir si parfait cavalier':
« Ah ! si mon fils Aubry savait ainsi se porter gra-
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C'était pure jalousie maternelle et aussi trop de
modestie, car messire Aubry ne déplaisait point aux
dames.
Vers cinq heures après midi, les mille jeux quiani.
maient la plaine, au-dessous de la terrasse du Dayron,
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vapeur noire et grasse s'élevèrent de toutes parts.
C'était l'instant de la réfection. Les belles dames ras-
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