Titre : Le Petit journal
Auteur : Parti social français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1927-10-10
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 octobre 1927 10 octobre 1927
Description : 1927/10/10 (Numéro 23643). 1927/10/10 (Numéro 23643).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k630065w
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 27/11/2008
Lundi 10 Octobre 1927
;a
N° 23.643 - St FRANC. B- - Le n° 0,2
EDITION DE PARIS
S heures du matin
A O A
* p c.. i
5 à '
jÊkkiu^nirâili
I
'4
rail ? -,
, LA TEMPERATURE
Hier, ii Paris, à midi : 14 degrés su-des
sus de zéro. Beau.
Probabilités . pour aujourd'hui. — Beau
temps g-énéral.
Température : A Paris,,maximum + 15°.
■ Soleil;: lever 6 b. 3 ; coiich. 17 h. 12.
: Uunt ; D. Q. le l7 ; nouvelle lune le 25.
PARIS VA AVOIR
sa Maison Japonaise
Lia première pierre en sera posée
mercredi à la Cité Universitaire
LE JAPON DES CHRYSANTHEMES
DES VOLCANS ET DU B ETON ARME...
Mercredi prochain; op posera, à
la Cité, universitaire d%iParis," Lr
première- pierre eje . ÙY;Mâis6n : ; ja
ponaise, où les: petits étudiants 1 ifu
visage d'ivoire trouveront, dès l'an
née prochaine, un local digne de les
recevoir. Puisque: les. Japonais vien
nent à nous,"si nous_allions à leur
rencontre dans ce pays dont on ne
parle d'ordinaire» que lorsque le
Fujiama ou quelque autre volcan
abat ses cités comme châteaux de
cartes, rase ses jardins féeriques ou i
engloutit sous des. vagues géantes
ses rivages aux lignes pures ?
Et pourtant, au- pays des chry
santhèmes, il: n 'est; pas que des cata
clysmes. II est des heures studieu
ses, des heures claires comme celle
où une princesse impériale est née
au château de Tokugawa- A la vé
rité, c'est un petit prince que
Mikado et l'impératrice Nagako at
tendaient. Mais les, prières, du peu-
plç qui" Samandait à Isé, déesse du
Soleil, un héritier du trône, n'ont
' pas été exaucées.
Il n'y aura pas de fêtes éclatan
tes pour célébrer la naissance de la
petite princesse, car la Cour irnpé
riale j>orte encore le deuil de son
grand-père, feu l'empereur Yoshi-
hito. Ses premiers rçgards étonnés
ne seront pas accrochés par les vi
ves couleurs des costumes des
grands dignitaires, les genro. Elle
ne verra autour d'elle que d'impec
cables redingotes. La vie est au
jourd'hui toute simple à la Cour de
Tokio. Et l'on ne voit plus de mi
nistre d'Etat présidër un concours,
de rossignols.;.
C'est que le Japon'— nous l'ou-
.. blions parfois — est devenu . un
grand empire moderne qui connaît
à peu près les mêmes difficultés que
nous — vie chère, crises financières,
instabilité politique — et quelques-
unes de plus — excédent de popu
lation, recherche de ferres d'immi
gration, manque de matières pre
mières, prolétariat industriel qui
fermente-
Le Japon, a, comme nous, ses ré
gions dévastées. Le tremblement de
terre du 1 er septembre-1923 coûta
la vie à 91.344 personnes, et démo
lit 55S.049 maisons. Mais les Japo
nais qui, tous les vingt ans, recons
truisent le temple d'Isé pour qu'il
reste éternellement neuf, ont la
persévérance infatigable des four
mis. Puisque volcans et typhons
sont conjurés pour leur perte, c'est
en acier et en béton armé que l'Etat
édifiera à Tokio 24.766 maisons
nouvelles et 6;479 à Yokohama.
Nous avons de la peine à conce
voir que les deux Japons — celui
des estampes d'Hokusai ou d'Outa-
mard et le Japon industriel qui in
quiète les Etats-Unis — ne fassent
qu'un même pays. Comment le pays
des chrysanthèmes et des cerisiers
en. fleurs est-il celui des croiseurs
# de bataille ? Comment concilier les
délicates tasses à thé, où rêve un
vieux» volcan, avec les usines géan
tes qui crachent la fumée ?
Trois préceptes attribués à des
personnages célèbres expliquent les
contrastes du génie japonais. No-
bounaga a dit : « Puisque le cou-
cou ne chante pas, je le tuerai.,»
Hidêyochi a dit à son tour : « Je
forcerai le coucou à chanter. » En
fin, Yéyàsou a dit : « J'attendrai
qite le coucou se mette à' chanter. »
Les moyens varient, mais la volon
té est une. Si cette race fougueuse,
concentrée, tenace, a recours aux
méthodes de l'Occident, c'est pour
tirer des chants nouveaux de l'âme
immuable du vieux Japon.
De tout temps, les Japonais ont
eu le secret d'enfermer beaucoup
d'idées et de sentiments en peu de
traits ou de mots; Trois vers leur suf
fisent pour esquisser le printemps :
Qu'est-ce î ÏJne fleur tombée
■ Bemonte en volant vers la branche î
Non. C'est un papillon.
-v-w
Ce peuple artiste sait synthétiser
la' grâce et la force. Il est tout pro
che de nous autres Français par sa
religion de la Patrie, par son amour
minutieux du travail, par son sens
de 1'ordrè,"de l'harmonie, de la li-,
gne, par sa joie de vivre comme par
son abnégation, enfin par son res
pect de la femme, dp la mère.
Un grand poète comme l'ambas
sadeur Claudel devait jouir, au Ja
pon, d'un prestige incomparable. A
lui seul, il tenait lieu de toute une
colonie française, presque absente...
M. Claudel a laissé à Tokio des tra
ces durables de son passage par
exemple, cette maison franco-japo
naise où, sous la direction de M. Syl
vain Lévy, une demi-douzaine de
professeurs français étudient les^ré-
sors de la culture japonaise./
A son tour, la cité universitaire
de Paris, grâce à la libéralité de M.
Satsuma, qui porte le nom d'un des
héros de la révolution de 1868, va
pouvoir recevoir dignement les étu
diants japonais. Espérons que la
jeunesse nipponne, qui prend trop
souvent encore le chemin des univer
sités allemandes, se sentira, désor
mais, tout à fait chez elle dans notre
Tokio occidental.
Bertrand Dupeyrat.
UNE BELLE JOURNÉE D'AUTOMNE A-LONGCHAMP
Les 544.000 fr. du Prix de l'Arc de Triomphe
gagnés, facilement par "Non Talisman"
Nino le suivait, mais son célèbre compagnon
d'écurie Fiterari n'a pu se classer que quatrième
UNE CATASTROPHE ÉVITÉE
La rentrée de Semblât sur « Mon Talisman »
les côtés, quelques toilettes du pesage
) En médaillon, M.-Martines de'Sos. Sur
LE CIFFÉHEHD MANIE] F RANCO-AMÉRICAIN
Les Etats-Unis demanderaient
de suspendre certains droits
(De notre correspondant particulier)
Washington (via Londres), 9 Oct.—
La réponse du gouvernement des Etats-
Unis îi la dernière note française au
sujet des tarifs douaniers demandera
M. Seymour Lowman
adjoint au secrétaire d'Etat du Trésor
américain, chef'de la division des doua
nes, qui, nous l'avons dit, frappa certains
produits français de surtaxes et fit signer
la mesure par M. Mellon.
à la France de suspendre L'application
des droits d'entrée actuels sur certai
nes marchandises américaines, faute de
quoi les droits de douane sur les-pro-
duits français importés aux Etats-
Unis subiront une majoration de 50
p. 100. Cette exigence sera, paraît-il,
une condition préalable à l'ouverture
des pourparlers pour la conclusion
d'un accord commercial.
Nouvelles inondations en Roumanie
Londres, 9 Oet. —: Plusieurs télégram
mes de Buearest signalent une recrudes
cence des inondations dans la région de
Dobrici et dans le district de la Dobroud-
,ja. Jusqu'ici, on compte une trentaine de
victimes et plus de • trois cents maisons
auraient été partiellement détruites.
Aux Vérités
Lo Prix de l'Arc do Triomphe a béné
ficié d'un temps merveilleux et de belles
élégances d'automne : les sportsmén gar
deront longtemps le souvenir de eette jour
née. Avant tout, la question se posait de
savoir qui l'emporterait de « Fiterari » ou
de « Mon Talisman » ; de F. Hervé ou de
C. H. Semblât, jockeys respectifs des écu
ries M. P. Moulines et É. Martinez, de
Hoz.
Il s'agissait d'une quatrième rencontre
entre les deux athlètes. « 'Mon Talisman »
avait gagné la première dans le Derby de
OhantilJy alors que « Fiterari » s'était ad
jugé les deux suivantes à -Longehamp avec
le Grand Prix de Paris et le Rova.1 Oàk.
Le résultat d'hier, a replacé « Mon Ta-
lismkn » en tête, car le fils de Graig- an
Eran, payé yearling, comme on sait, a peu
près six cent mille francs, l'a emporté de
ce que son jockey a voulu.
Quand Semblât l'a détaché à la hauteur
du pavillon, « Mon Talisman » a déployé
de magnifiques foulées et tout ce qu'a/pu
faire » Nino », compagnon de box de « Fi
terari »,. fut de finir devant « Felton »,
que suivait à une encolure « Fitrv-ari ».
En somme, tour à tour, à Loiigehamp,
on aura vu les deux adversaires gaguer
dans un style extrêmement séduisant, prous
vant, chaque fois, qu'ils étaient des jou
teurs redoutables. Faut-il conclure à la su
périorité définitive de « Mon Talisman »,
doit-on cm déduire qu 'au vainqueur du
Derby doit aller la préférence, que cette
épreuve classique sur 2.400-mètres répond
mieux qu'aucune autre.aux exigences spor^
tives, surtout quand, comme « Mou Talis
man », on enlève, quatre mois après le
De^jy.ayec une maîtrise et «une supériorité
écrasantes, îe Prix de l'Arc de Triomphe ?
On peut affirmer que le vainqueur d'hier,
dont le succès rapporte 544.4u0 francs à
son propriétaire, s'est présenté en pleine
possession de ses moyens. Admettons que
nous avons en lui le champion incontesté
des poulains.
Tout de même, le bagage de « Fiterari »
n'en demeure pas moins sérieux. Et puis,
il est toujours téméraire de vouloir faire
émerger des performances passées un nom
qui s'impose... — La Morlaye.
A Saint-Nazaire, des wagons
posisséspar un rapide emballé
crèvent les verrières extérieures
de la gare et tombent sur la place
Aucune mort à déplorer
mais les dégâts sont importants
(De notre correspondant particulier)
Saint-Nazaire, 9 Oct. — Un grave acci
dent qui rappelle celui survenu jadis à
la gare Montparnasse et qui aurait pu
tourner à la catastrophe s'est produit,
la nuit dernière, en gare de Saint-Na
zaire ; le rapide 115 Paris-Tours-Saint-
Nazaire avait changé de machine à
Nantes. La locomotive était conduite
par le mécanicien , Ohopinot,. du dé
pôt de cette ville. Depuis Cliaotenay, le
convoi ne s'était pas arrêté. XI devait ar
river normalement à 23 h. 37 en gare de
Saint-Nazaire. lin abordant la bifurca
tion des lignes du Croisic, à deux kilo
mètres de la ville, le rapide, ayant onze
minutes de retard, marchait a plus de 60
kilomètres à l'heure. A quelques centaines
de mètres de la gare de Saint-Nazaire, le
fnécanicien voulut faire fonctionner ses
freins à,air comprimé. Ils n'obéirent pas.
Sans perdre sa présence d'esprit, le méca
nicien Ghopinot siffla aux .freins mécani
ques. Le conducteur, M. Barbin les action
na aussitôt tandis que M. Chopinot mar
cha it à contre-vapeur et déclenchait sa sa
blière.
Le rapide arriva néanmoins à plus
rie trente kilomètres à l'heure sous le hall
de la gare de Saint-Nazaire, qui forme
un cuil-dc-sac. Dans 1e mur-b'ouvrent des
verrières qui obligent les eonvois ;à des
manœuvres délicates, Heureuséteent, sur la
voie n° 1, suivie ffar le rapide, se trouvait
une rame de quatre wagons laissée là
chaque soir pour composer à l'aube un
train, le mixte 5910. Le 115 vint se jeter
sur ces voitures, qui, formant bélier, ar
rachèrent le butoir et éventrèrent deux
verrières. De lourdes pierres de taille du
descellées, sur la place de la Gare, dans
un immense fracas de chute de matériaux
de toutes sortes.
Les passants, sur la plaee de la Gare,
à ce moment aperçurent un immense nuage
de poussière et virent une lourde masse
noire s'abattre sur le trottoir bordant la
gare : c'était un. wagon de la rame heur
tée par le rapide. Une autre voiture resta
SUR LE PONT D'EPINAY
Une automobile
transportant
sept personnes
tombe dans là Seine
Deux des occopaots de 1? voiture
un père et sa fille âgée de 7 ans
( sont noyés
C 'est par 'suite d'An têtë-à-queue que
l'automobile monte, . sur le battoir,
' brise le parapet et tombe dans l'eau
— ~ .
; Un terrible accident qui a coûté là vie
à deux personnes s'est produit, hier soir,
au pont d'Epinay. Urre voiture automo
bile dans laquelle se trouvaient sept
personnes est "* tombée dans la Seine,
après ; avoir brisé le parapet Cinq des
occupants purent être sauvés, mais deux
furent noyés. ... <
A Epinay, sur 1-e boulevard de Genne-
villiers, d-ans l'Ile-Saint-Denis,. entre lés
deux ponts et à Gennevilliers, sur l'ave-
nfte du Pont-de-Saint-Ouen, se trouvent
ds profondes tranchées, creusées par la
Compagnie du gjaz pour l'établissement
de conduites. Les,voitures venant d'Epi
nay sont de ce fait obligées de prendre
leur gauche. La chaussée se trouve donc
considérablement réduite et c'est à cause
de "ces travaux que èe grave 1 accident
s'est produit.
, Hier soii», à 18 heures 15, M. Alain
Coignet, 58 ans, marchand: d'autos, de
meurant 33, avenue du Château, à Bel-
levue (Seine-et-Oise), venant de l'Isle-
Âdam et se dirigeant sur G-ennevilliers,
conduisait sa torpédo, dans laquelle
- V - * v » W V- W n* ■»"V -%**•, . ( . «1
mur de clôture de la> gare s'écroulèrent, 4 -&vaient pris place six autres personnes.
J ^1^ J- C!.,™ :x ^.1 i.
En route , ce matin, pour Buenos -Aires...
Costes et le Brix ont, en tous cas, fait cette nuit
leur plein d'essence
ARRACHARI A REMIS A DEMAIN. -LES BELGES SONT PRÊTS
a
de La Palisse
Ces messieurs de Moscou, qui se pro
clament les ennemis de la société ca
pitaliste, ■ Cherchent partout des crédits,
c'est-à-dire du capital. Contradiction ?
Eh ! Eh ! C'est peut-être pour mieux
détruire le capital . des autres qu'ils
veulent l'emprunter. Maie ils prennent
garde de l'avouer. A l'exemple de tout
bon emprunteur, iLs promettent de
beaux intérêts et de rendre le principal
au centuple. On ne s'étonnera pas
qu'ils rencontrent une méfiance géné
rale- Le risque est trop gros.
Car. l'épargniste calcule son risque. Il
;*efforce de le limiter. Il sait, par ex-*
pprience, q .'il, ne le supprimera pas.
Daue le Capital et touchant le capi
tal, M. Jacques Bainville, esprit lucide,
fait à ce sujet quelques observations
dont les Soviets pourraient tirer profit-
Le capitalisme, écrit-il, consiste
d'abord à épargner, en «'imposant une
règle de vie et des restrictions, puis à
exposer le fruit de ces économies à des
hasards,, à- des possibilités de perte, à
des certitudes d'usure lente. El il n'y
aurait ni civilisation ni pçogrès s'il ne
se trouvait des hommes pour continuer
recomv.iencer tans découragement
leur travail de fourmi. »
Rien n'est plus juste.,Toute entre
prise, toute invention a besoin d'être
financée. Ce sont les privations de
jouissance de l'épargniste qui forment
les -réserves nécessaires à ce finance
ment.
Il s'agit donc de ne pas décourager
épargné, de lui donner un certain
sentiment de sécurité, de confiance. Je
mangerai toute la poire si je présume
que je ne retrouverai pas le lendemain
ou que je rétrouverai pourrie la pa:-'
que je pensais conserver.
' De mauvaises lois, des impôts exc ~3-
sifs ou injustes découragent l'épargne.
Mais par-de^xusrtout relle craint .le.^dé
sordre. Voila vpburqûoîj l ordrè estV.'a
condition du p.rpgrès. lies désordres? ne
détruisent pas. 'seulernent les. fruits, de'
épargne passée, ils détruisent lea bour
geons de l'épargne à venir.'' Il ajHr'ive
qu'ils soient l'effet des mauvaises Mcis
et des'impôts'excessifs ou injustes.'
"iMonsieur de La Palisse• »
Le président Calles
n'a pas été assassiné
New-York, 9 Oct. — Le bruit avait
couru que le président du Mexique, M.
Calles, avait été assassiné ; eette ru
meur à été démentie dans l'après-midi
de la façon la plus formelle.
Sir Austen Chamberlain
est reparti pour Londres
Sir Austen Chamberlain, accompa
gné de lady Chamberlain et de sa fille,
a quitté Paris hier à 16 heures par la
gare du Nord.
Il a été salué au départ par M. Ame
Leroy, représentant M. Briand.
...et M. Zaleski pour Nice
D'autre part, M. Zaleski, ministre
des Affaires étrangères de Pologne, ac
compagné de Mme Zaleska, a quitté
Paris hier soir pour Nice. Il a égale
ment été salué par M. Amé Leroy, au
nom du ministre français des Affaires
étrangères.
Un cambrioleur aimait
les toiles du peintre Jean Veber
Rentrant dans l'atelier de son mari,
Mme .Jean ..Veber, 149, boulevard Pe-
reire, s'aperçut que deux toiles. La
Fauinesse » et « La Fortune » avaient
été coupées au ras-de leur cadre et em
portées par des malfaiteurs. Mme' Ve-
ber. fit une rapide inspection de l'ai e-
lier maïs ne constata aucune autre dis
parition. Plainte a été portée coôtrè" in
connu au commissariat de la Plaine-
Monceau. •
: La-façade de la gare et ses verrières
presque debout et les deux dernières voi
tures de-la rame eurent également de sé
rieuses avaries, ainsi que la machine du
115. Par miracle, aucune victime : seul,
lin gendarme caserné rue de Porniêhet, à
Saint-Nazaire, M. Luzat, a été contusion
né par des éclats de verre, ainsi qu'une
jeune femme, qui n 'a pas voulu donner
son nom.
Depuis ce matin, à la première heure, on
procède à l'enlèvement des wagons qui,
ayant défoncé la façade de la gare, se sont
entassés sur- la place.
Les hauts fonctionnaires du réseau sont
arrivés pour procéder à l'enquête.
M. Loquoy, inspecteur principal, n'a pu
que confirmer ce qu'on connaissait déjà
à savoir que, par suite d'un dérangement
dont on ignore pour l'instant la cause, le
train 115 n'a pu ralentir cinq kilomètres
ayant l'arrivée en gare, comme le pres
crit !e règlement.
M. A. TARDIEU DANS LES ARDENNES
-lie mommlent aux morts de Mêzières
qu'a inauguré, hier, le ministre des Travaux
publics. (Voir plus loin notre dépêche.)
AVANT DE RENTRER DE/LA CAMPAGNE. — Quatre francs
barbe ! Mais c'est"le- double ,'de Ppris;.. . > ; .
— Pardon /f moi, je ne prends que.vingUsous par menton... Mais
vous xnL'avez quatre !... ?? ,v v ' -
Sur le siège avait pris place, a ses
eôtés, M. Charpentier, demeurant 45,
rue Richelieu à Gennevilliers, qui tenait
sur ses genoux sa petite fille Jeaonine,
âgée do 7 ans ; dans l'auto se trou
vaient également Mme Coignet, née
Marie Foimmlher ; son fils Georges,
20 ans , Mme Léome Charpentier et
son fils Jean, âgé de 3 ans.
Aveuglé par des phares
Le torpédo, tous phares allumés, s'é
tait engagé sur le pont d'Epinay, quand
M. Coignet fut aveuglé par les phares
d'une autre voiture venant à sa rencon
tre que le conducteur venait d'allumer
subitement.
M .Coigiiet donna un brusque coup
de frein, sa voiture fit un tête à queue
terrible, monta sur le trottoir, brisa le
parapet en fonte d'une hauteur d'un mè
tre 10 et tomba dans le milieu du fleuve
faisant une chute de .20'. mètres. •
Projetés hors de la. voiture par la
brutalité du choc, M. Coignet, ainsi que
IfS .(pâtre .pçrsonnés qui se trouvaient,
derrière lui, tombèrent dans la Seine
seuls M. Charpentier et sa fille demeu
rèrent sur le sièg(|de la voiture qui, ac
complissant un retournement complet,
s'enfonça à son tour dans l'eau et coula
par cinq mètres de fond.
A la nage
M. Coignet et son fils sachant na
ger purent regagner le bord, avec l'ai
de cependant de nombreux sauveteurs
qui, témoins de l'accident, s'étaient por
tés aussitôt à leur secours ; Mme Char
pentier, sachant très peu nager, eut
l'idée de faire la planche et fut sauvée
à son tour, ainsi que Mme Coignet.
Quant au petit Jean, que le courant en
traînait, il ne put être retiré que 200
mètres plus loin. Le pauvre petit après
avoir reçu des soins énergiques, a dû
être transporté à l'hôpital Bretonneau.
Les pompiers de Saint-Denis, alertés,
accoururent sur les lieux, mais n'étant
pas outillés pour ce genre de sauveta
ge, ils durent faire appel à leurs collè
gues de Paris qui arrivèrent munis de
leur matériel de scaphandriers.
Pendant ce temps les quatre autres
rescapés recevaient des soins énergiques
chez des commerçants de l'île Saint-
Denis, où peu après, M. Càuquelin,
commissaire d-e police de Saint-Denis-
Nord, venait les interroger et procéder
à une première enquête.
L'enquête
Des premiers résultats de, l'enquête,
il semble bien établi que c'est en voulant
éviter, sur le pont d'Epinay, une autre
voiture conduite par M. Pierre Martin,
demeurant rue de Valmy, à Puteaux. ait
service de M. Lemaitre, joaillier, 346,
rue Saint-Honoré, à Paris, qua M. Coi
giiet fit sa terrible embardée.
De son côté, M. Coignet prétend que
cette voiture s'était placée, sur sa gau
cho pour lui barrer le passage.-
M. Càuquelin a prié M. Martin de se
tenir à sa disposition.
Cependant, dan la maison cù les res
capés étaient soignés, une scène déchi
rante avait lieu. Mme Charpentier, tout
en larmes, réclamait avec insistance son
mari et ses doux enfants. Dans la soi
rée, la famille Coignet ramenait à leur
domicile de Bellevue la malheureuse si
•profondément atteinte dans son affec
tion.
A la recherche des disparus
Pendant trois heures, les pompiers'
do Paris, aidés de sauveteurs bénévoles,
fouillèrent vainement le fleuve ; ils ne
purent aller jusqu'à l'endroit où la voi
ture était tombée, car malheureusement
ils ne possédaient que 30* mètres de
tuyaux d'aération pour leurs scaphan
driers, alors qu'il leur en aurait fallu
près de 200 mètres.
Avisé de ces faits, M. Càuquelin pré
vint le service de remorquage pour
qu'un bachot remorqueur fut aussitôt
mis à la disposition du service spécial
des scaphandriers. Un romorqueur fut
mis sous pression et les pompiers y ins
tallèrent leur pompe et leur matériel
pesant près de 1.000 kilos. A une heure
et demie du matin, les recherches repre
naient. -,
Les sauveteurs
Voici les noms des sauveteurs qui,
témoins de l'accident, se portèrent aus
sitôt au secours dee malheureux :
M-M. Journiat,: 5, rue: Vaudou, à-Gen
nevilliers ; Eugène .Frangeul, 94, rue
Saint-Denis, à Gennevilliers ; Millet,
<40 bis, . rue de Villeneuve, à Clichy ;
■Boisdet, chef de service à la.compagnie
du Gàz, à Gennev|liiérs ; Charles; Fon-
-taine,'-et Eavel Glçsgo, denura'Tant tous
deux avenue du Pont-d'Epinay, à
l'Ile-Saint-Denis.
lie Brix, -M. Bréguet et Costes. -— Au- dessous : l'appareil
Les aviateurs Costes et Lo Brix sont
arrivé? hier après-midi au Bourget à
17 h.'" 30 à bord du Nungesser-et-Coli,
venant do Villacoublay. Le plein d'es
sence a été fait dans la nuit et les
deux aviateurs ont décidé de prendre le
départ ce matin à 8 heures si les con
ditions atmosphériques leur sont tpu-
jours favorables. ' '
Oy. sait qu'ils comptent atteindre-
Buenos-Aires, en' traversant l'Atlanti
que, par S-aint-Louis-du-Sénégal, Natal
et Ivio.
Les quatre étapes prévues sont' de
5.200 kil., 3.050, .1.050 et 2.100 : au
total, 12.900 kilo-mètres.
Sans nouvelles de l'Atlantique
•Washington, 9 Oct. — Le bureau
météorologique des Etats-Unis a ai\^
noncé hier qu'il cessait son service spé
cial d'informations concernant • l'état
du temps dans l'Atlantique.
Cette déclaration est interprétée com
me signifiant qu'aucun Aviateur ne ten
tera plus, cette année, de grands raids.
Le raid Bruxelles-Congo
sera peut-être tenté aujourd'hui
> Bruxelles, 9 Oct. — Les lieutenants
aviateurs Medaets et Verhaegen s'é
taient à nouveau préparés ce matia
pour tçnter leur raid vers le Congo.
. A 5 heures du matin, le temps était
clair, malgré une très légère brume et
le vent était en direction ■ favorable en
vue de leur départ. Toutefois, vers 6
heures, la brume commença à s'épaissir
et la visibilité devint tellement mauvai
se que le départ dut -être ajourné. Lea
aviateurs ont annoncé qu'ils- essaye
raient encore de partir demain lundi.
Le raid France-Indes
Marseille, 9 Oct. — A l'Ecole d'a
viation d'Istres, on déclare ce matin
que, les aviateurs Arraehart et Rignot
n'arriveraient au Bourget >;ue ce soir
ou demain et que leur départ pour les
Indes n'aurait lieu que mardi.
■ (Voir la suite en troisième pagei ;
LES ATTENTATS DES COMITADJIS
LA BULGARIE
assure la Serbie
de sa bonne volonté
(De notre correspondant particulier)
Vienne (via Londres), 9.Oct.—. Sofia 1
répondant à la note de protèstat'ion du
gouvernement de Belgrade a exprimé
son profond regret et a promis de
n'épargner aucune mesure pour que,
des événements semblables àj ceux qui
se sont déroulés ces derniers temps ne
se reproduisent pas. On prête au gou
vernement bulgare l'intention de pro
clamer l'état de siège dans les provin
ces, de Petrich et de, Kostendil ; mais
il ne peut .donner suite à ce projet
qu'en convoquant le Parlement, qui:est
en vacances, pour lui demander .son
approbation.
Coup d'Etat manqué à Sofia ?
Sofia (via-Athènes), 9 Oet. —Les co
mités bulgare-macédoniens auraient es
sayé de renverser - M. ' Liaptcheff, pre
mier ministre actuel, de Bulgarie. * Si
ce coup d'Etat avait réussi, c'est^ le
professeur Tsankoff qui aurait'repris le
pouvoir.
Deux meurtriers de Kovatchevitch
découverts et tués dans une grotte
Belgrade, 9 Oct. —- Trois auteurs de
l'attentat-contre le général Kova-tehe-
vitch ont été découverts et attaqués par
la milice .régionale, la nuit - dernière,
dans une grotte de la ■ montaigne, de Ma-
lècihe, à proximité de la route allant.de
la ville de Radovichze vers ,1a frontière
bulgare. Après une fusillade qui a duré
toute la nuit, les assaillants 041t.retrouvé
à l'intérieur de la.grotte d«ix cadavres;
le troisième individu: a été capturé vi
vant, et a été transporté à Istip..
79 maisons en feu
près de Briançon
Deux morts* huit blessés, trois cents
personnes sans abri
Briançon, :9 Oct. — Dans la nuifc de
dimanche un incendie d'une extrême
violence a éclaté au village de Ptxy-
Saint-An-dré, situé en pleine montagne,
à 1.400 mètres d'altitude, à 6 kilométrés
de Briançon. Puy-Saint-An419. habitants en majorité agxicnlteuis
et bergers. - . •
C'est vers ,une heure du matin que les
aboiements des chiens avertirent les
villageois qu'il se passait quelque chose
d'anormal. Une maison brûlait, en effet,
à l'une des extrémités de l'aggloméra
tion. , . _
Alimenté par les toits en chaume, le
feu . s'est rapidement propagé et en
moins d'une heure 79 maisons sur, 85
formaient un effrayant brasier. Toute
la population, dirigée par son maire,
M. Bermond-Gonnet, s'était portée au
secours de3 sinistrés. Malheureusement
l'eau manquait. E11 vain, fit-on usage
des fosses . à purin pour éteindre le
brasier.
Et il J y avait des victimes ! Deux
personnes ont trouvé la _ mort en vou
lant porter secours aux sinistrés : MM.
Simon Sylvestre, âgé de 22 ans, de
Pont-de-Cervièïes, et Joseph Gaillard,
de Sacha. Mme Barneoud-Rousset, àiée
Rose Violin, mère de .sept enfants, a
été transportée à l'hôpital à demi as
phyxiée, et : son fils - a été grièvement
"brûlé. Les dégâts s'élèvent à plusieurs
millions. _
Sur les 419 habitants que comptait le
village de Puy-Saint-André, trois cents
ont" dû être abrités dans les casernes de
Briançon. On ignore les causes de ce si
nistre.' Une enquête a été aussitôt ouver
te par les autorités du département.
LE POIDS A 14 METRES 875
ii'atùlôte -utiour .
qui lancement du poids avec un jet de 14 mè
tres 875, dépassant l'ancien record de
Paoll (14 mètres li!)).
Dans notre page sportive.-: Nos.champions
-de-la Co-upe Davis à la,Croix»Catelan.
GLOZEL
LES ARGUMENTS DE M. C AMILLE JULLIAH
c C'est un gisement de sorcellerie
de l'époque gallo-romaine »
maintient l'académicien
II . y a quelques mois, _ Mi Camille
Jnllian, ■ l'éminent académicien, faisait
aux Inscriptions, et Belles Lettres une
communication sur les fouilles de Glo-
zel et sur les objets mis au jour par le
D' Morlet. et M. Fra.din. '
Ce fut une jolie pierre dans le champ
déniaisé et les fosses néolithiques f
Les éckboussures en rejaillirent quelque
peu sur. le monde savant préhistorien.
M. Camille Jullian détruisait en effet
à fond la légende d'une découverte, d'un
jchatnp des morts datant de l'âge de
pierre. Il soutenait, au contraire, que '
ceuxideg objets trouvés, qui sont authen
tiques, remontaient tout an plus à l'épo
que, gallo-romaine ; avec de nombreuse^
preuves' à l'appui, il démontrait que 1»
plupart étaient destinés à de3 opéra»
tions magiques, que c'étaient des talis»
raans ou des amulettes d'envoûtement
et que ces tombes mystérieuses n'étaient
que l'emplaeement d'un de ces antres de
sorciers, si nombreux'à cet âge ,da
crovances surnaturelles.
; Fait assez bizarre : aussitôt après
la communication de M. Camille Jnl-
liûn, an silence profond s'établit à l'A
cadémie sur les fouilles de Glozel. An
cours de nombreuses séances, on n'en
;a
N° 23.643 - St FRANC. B- - Le n° 0,2
EDITION DE PARIS
S heures du matin
A O A
* p c.. i
5 à '
jÊkkiu^nirâili
I
'4
rail ? -,
, LA TEMPERATURE
Hier, ii Paris, à midi : 14 degrés su-des
sus de zéro. Beau.
Probabilités . pour aujourd'hui. — Beau
temps g-énéral.
Température : A Paris,,maximum + 15°.
■ Soleil;: lever 6 b. 3 ; coiich. 17 h. 12.
: Uunt ; D. Q. le l7 ; nouvelle lune le 25.
PARIS VA AVOIR
sa Maison Japonaise
Lia première pierre en sera posée
mercredi à la Cité Universitaire
LE JAPON DES CHRYSANTHEMES
DES VOLCANS ET DU B ETON ARME...
Mercredi prochain; op posera, à
la Cité, universitaire d%iParis," Lr
première- pierre eje . ÙY;Mâis6n : ; ja
ponaise, où les: petits étudiants 1 ifu
visage d'ivoire trouveront, dès l'an
née prochaine, un local digne de les
recevoir. Puisque: les. Japonais vien
nent à nous,"si nous_allions à leur
rencontre dans ce pays dont on ne
parle d'ordinaire» que lorsque le
Fujiama ou quelque autre volcan
abat ses cités comme châteaux de
cartes, rase ses jardins féeriques ou i
engloutit sous des. vagues géantes
ses rivages aux lignes pures ?
Et pourtant, au- pays des chry
santhèmes, il: n 'est; pas que des cata
clysmes. II est des heures studieu
ses, des heures claires comme celle
où une princesse impériale est née
au château de Tokugawa- A la vé
rité, c'est un petit prince que
Mikado et l'impératrice Nagako at
tendaient. Mais les, prières, du peu-
plç qui" Samandait à Isé, déesse du
Soleil, un héritier du trône, n'ont
' pas été exaucées.
Il n'y aura pas de fêtes éclatan
tes pour célébrer la naissance de la
petite princesse, car la Cour irnpé
riale j>orte encore le deuil de son
grand-père, feu l'empereur Yoshi-
hito. Ses premiers rçgards étonnés
ne seront pas accrochés par les vi
ves couleurs des costumes des
grands dignitaires, les genro. Elle
ne verra autour d'elle que d'impec
cables redingotes. La vie est au
jourd'hui toute simple à la Cour de
Tokio. Et l'on ne voit plus de mi
nistre d'Etat présidër un concours,
de rossignols.;.
C'est que le Japon'— nous l'ou-
.. blions parfois — est devenu . un
grand empire moderne qui connaît
à peu près les mêmes difficultés que
nous — vie chère, crises financières,
instabilité politique — et quelques-
unes de plus — excédent de popu
lation, recherche de ferres d'immi
gration, manque de matières pre
mières, prolétariat industriel qui
fermente-
Le Japon, a, comme nous, ses ré
gions dévastées. Le tremblement de
terre du 1 er septembre-1923 coûta
la vie à 91.344 personnes, et démo
lit 55S.049 maisons. Mais les Japo
nais qui, tous les vingt ans, recons
truisent le temple d'Isé pour qu'il
reste éternellement neuf, ont la
persévérance infatigable des four
mis. Puisque volcans et typhons
sont conjurés pour leur perte, c'est
en acier et en béton armé que l'Etat
édifiera à Tokio 24.766 maisons
nouvelles et 6;479 à Yokohama.
voir que les deux Japons — celui
des estampes d'Hokusai ou d'Outa-
mard et le Japon industriel qui in
quiète les Etats-Unis — ne fassent
qu'un même pays. Comment le pays
des chrysanthèmes et des cerisiers
en. fleurs est-il celui des croiseurs
# de bataille ? Comment concilier les
délicates tasses à thé, où rêve un
vieux» volcan, avec les usines géan
tes qui crachent la fumée ?
Trois préceptes attribués à des
personnages célèbres expliquent les
contrastes du génie japonais. No-
bounaga a dit : « Puisque le cou-
cou ne chante pas, je le tuerai.,»
Hidêyochi a dit à son tour : « Je
forcerai le coucou à chanter. » En
fin, Yéyàsou a dit : « J'attendrai
qite le coucou se mette à' chanter. »
Les moyens varient, mais la volon
té est une. Si cette race fougueuse,
concentrée, tenace, a recours aux
méthodes de l'Occident, c'est pour
tirer des chants nouveaux de l'âme
immuable du vieux Japon.
De tout temps, les Japonais ont
eu le secret d'enfermer beaucoup
d'idées et de sentiments en peu de
traits ou de mots; Trois vers leur suf
fisent pour esquisser le printemps :
Qu'est-ce î ÏJne fleur tombée
■ Bemonte en volant vers la branche î
Non. C'est un papillon.
-v-w
Ce peuple artiste sait synthétiser
la' grâce et la force. Il est tout pro
che de nous autres Français par sa
religion de la Patrie, par son amour
minutieux du travail, par son sens
de 1'ordrè,"de l'harmonie, de la li-,
gne, par sa joie de vivre comme par
son abnégation, enfin par son res
pect de la femme, dp la mère.
Un grand poète comme l'ambas
sadeur Claudel devait jouir, au Ja
pon, d'un prestige incomparable. A
lui seul, il tenait lieu de toute une
colonie française, presque absente...
M. Claudel a laissé à Tokio des tra
ces durables de son passage par
exemple, cette maison franco-japo
naise où, sous la direction de M. Syl
vain Lévy, une demi-douzaine de
professeurs français étudient les^ré-
sors de la culture japonaise./
A son tour, la cité universitaire
de Paris, grâce à la libéralité de M.
Satsuma, qui porte le nom d'un des
héros de la révolution de 1868, va
pouvoir recevoir dignement les étu
diants japonais. Espérons que la
jeunesse nipponne, qui prend trop
souvent encore le chemin des univer
sités allemandes, se sentira, désor
mais, tout à fait chez elle dans notre
Tokio occidental.
Bertrand Dupeyrat.
UNE BELLE JOURNÉE D'AUTOMNE A-LONGCHAMP
Les 544.000 fr. du Prix de l'Arc de Triomphe
gagnés, facilement par "Non Talisman"
Nino le suivait, mais son célèbre compagnon
d'écurie Fiterari n'a pu se classer que quatrième
UNE CATASTROPHE ÉVITÉE
La rentrée de Semblât sur « Mon Talisman »
les côtés, quelques toilettes du pesage
) En médaillon, M.-Martines de'Sos. Sur
LE CIFFÉHEHD MANIE] F RANCO-AMÉRICAIN
Les Etats-Unis demanderaient
de suspendre certains droits
(De notre correspondant particulier)
Washington (via Londres), 9 Oct.—
La réponse du gouvernement des Etats-
Unis îi la dernière note française au
sujet des tarifs douaniers demandera
M. Seymour Lowman
adjoint au secrétaire d'Etat du Trésor
américain, chef'de la division des doua
nes, qui, nous l'avons dit, frappa certains
produits français de surtaxes et fit signer
la mesure par M. Mellon.
à la France de suspendre L'application
des droits d'entrée actuels sur certai
nes marchandises américaines, faute de
quoi les droits de douane sur les-pro-
duits français importés aux Etats-
Unis subiront une majoration de 50
p. 100. Cette exigence sera, paraît-il,
une condition préalable à l'ouverture
des pourparlers pour la conclusion
d'un accord commercial.
Nouvelles inondations en Roumanie
Londres, 9 Oet. —: Plusieurs télégram
mes de Buearest signalent une recrudes
cence des inondations dans la région de
Dobrici et dans le district de la Dobroud-
,ja. Jusqu'ici, on compte une trentaine de
victimes et plus de • trois cents maisons
auraient été partiellement détruites.
Aux Vérités
Lo Prix de l'Arc do Triomphe a béné
ficié d'un temps merveilleux et de belles
élégances d'automne : les sportsmén gar
deront longtemps le souvenir de eette jour
née. Avant tout, la question se posait de
savoir qui l'emporterait de « Fiterari » ou
de « Mon Talisman » ; de F. Hervé ou de
C. H. Semblât, jockeys respectifs des écu
ries M. P. Moulines et É. Martinez, de
Hoz.
Il s'agissait d'une quatrième rencontre
entre les deux athlètes. « 'Mon Talisman »
avait gagné la première dans le Derby de
OhantilJy alors que « Fiterari » s'était ad
jugé les deux suivantes à -Longehamp avec
le Grand Prix de Paris et le Rova.1 Oàk.
Le résultat d'hier, a replacé « Mon Ta-
lismkn » en tête, car le fils de Graig- an
Eran, payé yearling, comme on sait, a peu
près six cent mille francs, l'a emporté de
ce que son jockey a voulu.
Quand Semblât l'a détaché à la hauteur
du pavillon, « Mon Talisman » a déployé
de magnifiques foulées et tout ce qu'a/pu
faire » Nino », compagnon de box de « Fi
terari »,. fut de finir devant « Felton »,
que suivait à une encolure « Fitrv-ari ».
En somme, tour à tour, à Loiigehamp,
on aura vu les deux adversaires gaguer
dans un style extrêmement séduisant, prous
vant, chaque fois, qu'ils étaient des jou
teurs redoutables. Faut-il conclure à la su
périorité définitive de « Mon Talisman »,
doit-on cm déduire qu 'au vainqueur du
Derby doit aller la préférence, que cette
épreuve classique sur 2.400-mètres répond
mieux qu'aucune autre.aux exigences spor^
tives, surtout quand, comme « Mou Talis
man », on enlève, quatre mois après le
De^jy.ayec une maîtrise et «une supériorité
écrasantes, îe Prix de l'Arc de Triomphe ?
On peut affirmer que le vainqueur d'hier,
dont le succès rapporte 544.4u0 francs à
son propriétaire, s'est présenté en pleine
possession de ses moyens. Admettons que
nous avons en lui le champion incontesté
des poulains.
Tout de même, le bagage de « Fiterari »
n'en demeure pas moins sérieux. Et puis,
il est toujours téméraire de vouloir faire
émerger des performances passées un nom
qui s'impose... — La Morlaye.
A Saint-Nazaire, des wagons
posisséspar un rapide emballé
crèvent les verrières extérieures
de la gare et tombent sur la place
Aucune mort à déplorer
mais les dégâts sont importants
(De notre correspondant particulier)
Saint-Nazaire, 9 Oct. — Un grave acci
dent qui rappelle celui survenu jadis à
la gare Montparnasse et qui aurait pu
tourner à la catastrophe s'est produit,
la nuit dernière, en gare de Saint-Na
zaire ; le rapide 115 Paris-Tours-Saint-
Nazaire avait changé de machine à
Nantes. La locomotive était conduite
par le mécanicien , Ohopinot,. du dé
pôt de cette ville. Depuis Cliaotenay, le
convoi ne s'était pas arrêté. XI devait ar
river normalement à 23 h. 37 en gare de
Saint-Nazaire. lin abordant la bifurca
tion des lignes du Croisic, à deux kilo
mètres de la ville, le rapide, ayant onze
minutes de retard, marchait a plus de 60
kilomètres à l'heure. A quelques centaines
de mètres de la gare de Saint-Nazaire, le
fnécanicien voulut faire fonctionner ses
freins à,air comprimé. Ils n'obéirent pas.
Sans perdre sa présence d'esprit, le méca
nicien Ghopinot siffla aux .freins mécani
ques. Le conducteur, M. Barbin les action
na aussitôt tandis que M. Chopinot mar
cha it à contre-vapeur et déclenchait sa sa
blière.
Le rapide arriva néanmoins à plus
rie trente kilomètres à l'heure sous le hall
de la gare de Saint-Nazaire, qui forme
un cuil-dc-sac. Dans 1e mur-b'ouvrent des
verrières qui obligent les eonvois ;à des
manœuvres délicates, Heureuséteent, sur la
voie n° 1, suivie ffar le rapide, se trouvait
une rame de quatre wagons laissée là
chaque soir pour composer à l'aube un
train, le mixte 5910. Le 115 vint se jeter
sur ces voitures, qui, formant bélier, ar
rachèrent le butoir et éventrèrent deux
verrières. De lourdes pierres de taille du
descellées, sur la place de la Gare, dans
un immense fracas de chute de matériaux
de toutes sortes.
Les passants, sur la plaee de la Gare,
à ce moment aperçurent un immense nuage
de poussière et virent une lourde masse
noire s'abattre sur le trottoir bordant la
gare : c'était un. wagon de la rame heur
tée par le rapide. Une autre voiture resta
SUR LE PONT D'EPINAY
Une automobile
transportant
sept personnes
tombe dans là Seine
Deux des occopaots de 1? voiture
un père et sa fille âgée de 7 ans
( sont noyés
C 'est par 'suite d'An têtë-à-queue que
l'automobile monte, . sur le battoir,
' brise le parapet et tombe dans l'eau
— ~ .
; Un terrible accident qui a coûté là vie
à deux personnes s'est produit, hier soir,
au pont d'Epinay. Urre voiture automo
bile dans laquelle se trouvaient sept
personnes est "* tombée dans la Seine,
après ; avoir brisé le parapet Cinq des
occupants purent être sauvés, mais deux
furent noyés. ... <
A Epinay, sur 1-e boulevard de Genne-
villiers, d-ans l'Ile-Saint-Denis,. entre lés
deux ponts et à Gennevilliers, sur l'ave-
nfte du Pont-de-Saint-Ouen, se trouvent
ds profondes tranchées, creusées par la
Compagnie du gjaz pour l'établissement
de conduites. Les,voitures venant d'Epi
nay sont de ce fait obligées de prendre
leur gauche. La chaussée se trouve donc
considérablement réduite et c'est à cause
de "ces travaux que èe grave 1 accident
s'est produit.
, Hier soii», à 18 heures 15, M. Alain
Coignet, 58 ans, marchand: d'autos, de
meurant 33, avenue du Château, à Bel-
levue (Seine-et-Oise), venant de l'Isle-
Âdam et se dirigeant sur G-ennevilliers,
conduisait sa torpédo, dans laquelle
- V - * v » W V- W n* ■»"V -%**•, . ( . «1
mur de clôture de la> gare s'écroulèrent, 4 -&vaient pris place six autres personnes.
J ^1^ J- C!.,™ :x ^.1 i.
En route , ce matin, pour Buenos -Aires...
Costes et le Brix ont, en tous cas, fait cette nuit
leur plein d'essence
ARRACHARI A REMIS A DEMAIN. -LES BELGES SONT PRÊTS
a
de La Palisse
Ces messieurs de Moscou, qui se pro
clament les ennemis de la société ca
pitaliste, ■ Cherchent partout des crédits,
c'est-à-dire du capital. Contradiction ?
Eh ! Eh ! C'est peut-être pour mieux
détruire le capital . des autres qu'ils
veulent l'emprunter. Maie ils prennent
garde de l'avouer. A l'exemple de tout
bon emprunteur, iLs promettent de
beaux intérêts et de rendre le principal
au centuple. On ne s'étonnera pas
qu'ils rencontrent une méfiance géné
rale- Le risque est trop gros.
Car. l'épargniste calcule son risque. Il
;*efforce de le limiter. Il sait, par ex-*
pprience, q .'il, ne le supprimera pas.
Daue le Capital et touchant le capi
tal, M. Jacques Bainville, esprit lucide,
fait à ce sujet quelques observations
dont les Soviets pourraient tirer profit-
Le capitalisme, écrit-il, consiste
d'abord à épargner, en «'imposant une
règle de vie et des restrictions, puis à
exposer le fruit de ces économies à des
hasards,, à- des possibilités de perte, à
des certitudes d'usure lente. El il n'y
aurait ni civilisation ni pçogrès s'il ne
se trouvait des hommes pour continuer
recomv.iencer tans découragement
leur travail de fourmi. »
Rien n'est plus juste.,Toute entre
prise, toute invention a besoin d'être
financée. Ce sont les privations de
jouissance de l'épargniste qui forment
les -réserves nécessaires à ce finance
ment.
Il s'agit donc de ne pas décourager
épargné, de lui donner un certain
sentiment de sécurité, de confiance. Je
mangerai toute la poire si je présume
que je ne retrouverai pas le lendemain
ou que je rétrouverai pourrie la pa:-'
que je pensais conserver.
' De mauvaises lois, des impôts exc ~3-
sifs ou injustes découragent l'épargne.
Mais par-de^xusrtout relle craint .le.^dé
sordre. Voila vpburqûoîj l ordrè estV.'a
condition du p.rpgrès. lies désordres? ne
détruisent pas. 'seulernent les. fruits, de'
épargne passée, ils détruisent lea bour
geons de l'épargne à venir.'' Il ajHr'ive
qu'ils soient l'effet des mauvaises Mcis
et des'impôts'excessifs ou injustes.'
"iMonsieur de La Palisse• »
Le président Calles
n'a pas été assassiné
New-York, 9 Oct. — Le bruit avait
couru que le président du Mexique, M.
Calles, avait été assassiné ; eette ru
meur à été démentie dans l'après-midi
de la façon la plus formelle.
Sir Austen Chamberlain
est reparti pour Londres
Sir Austen Chamberlain, accompa
gné de lady Chamberlain et de sa fille,
a quitté Paris hier à 16 heures par la
gare du Nord.
Il a été salué au départ par M. Ame
Leroy, représentant M. Briand.
...et M. Zaleski pour Nice
D'autre part, M. Zaleski, ministre
des Affaires étrangères de Pologne, ac
compagné de Mme Zaleska, a quitté
Paris hier soir pour Nice. Il a égale
ment été salué par M. Amé Leroy, au
nom du ministre français des Affaires
étrangères.
Un cambrioleur aimait
les toiles du peintre Jean Veber
Rentrant dans l'atelier de son mari,
Mme .Jean ..Veber, 149, boulevard Pe-
reire, s'aperçut que deux toiles. La
Fauinesse » et « La Fortune » avaient
été coupées au ras-de leur cadre et em
portées par des malfaiteurs. Mme' Ve-
ber. fit une rapide inspection de l'ai e-
lier maïs ne constata aucune autre dis
parition. Plainte a été portée coôtrè" in
connu au commissariat de la Plaine-
Monceau. •
: La-façade de la gare et ses verrières
presque debout et les deux dernières voi
tures de-la rame eurent également de sé
rieuses avaries, ainsi que la machine du
115. Par miracle, aucune victime : seul,
lin gendarme caserné rue de Porniêhet, à
Saint-Nazaire, M. Luzat, a été contusion
né par des éclats de verre, ainsi qu'une
jeune femme, qui n 'a pas voulu donner
son nom.
Depuis ce matin, à la première heure, on
procède à l'enlèvement des wagons qui,
ayant défoncé la façade de la gare, se sont
entassés sur- la place.
Les hauts fonctionnaires du réseau sont
arrivés pour procéder à l'enquête.
M. Loquoy, inspecteur principal, n'a pu
que confirmer ce qu'on connaissait déjà
à savoir que, par suite d'un dérangement
dont on ignore pour l'instant la cause, le
train 115 n'a pu ralentir cinq kilomètres
ayant l'arrivée en gare, comme le pres
crit !e règlement.
M. A. TARDIEU DANS LES ARDENNES
-lie mommlent aux morts de Mêzières
qu'a inauguré, hier, le ministre des Travaux
publics. (Voir plus loin notre dépêche.)
AVANT DE RENTRER DE/LA CAMPAGNE. — Quatre francs
barbe ! Mais c'est"le- double ,'de Ppris;.. . > ; .
— Pardon /f moi, je ne prends que.vingUsous par menton... Mais
vous xnL'avez quatre !... ?? ,v v ' -
Sur le siège avait pris place, a ses
eôtés, M. Charpentier, demeurant 45,
rue Richelieu à Gennevilliers, qui tenait
sur ses genoux sa petite fille Jeaonine,
âgée do 7 ans ; dans l'auto se trou
vaient également Mme Coignet, née
Marie Foimmlher ; son fils Georges,
20 ans , Mme Léome Charpentier et
son fils Jean, âgé de 3 ans.
Aveuglé par des phares
Le torpédo, tous phares allumés, s'é
tait engagé sur le pont d'Epinay, quand
M. Coignet fut aveuglé par les phares
d'une autre voiture venant à sa rencon
tre que le conducteur venait d'allumer
subitement.
M .Coigiiet donna un brusque coup
de frein, sa voiture fit un tête à queue
terrible, monta sur le trottoir, brisa le
parapet en fonte d'une hauteur d'un mè
tre 10 et tomba dans le milieu du fleuve
faisant une chute de .20'. mètres. •
Projetés hors de la. voiture par la
brutalité du choc, M. Coignet, ainsi que
IfS .(pâtre .pçrsonnés qui se trouvaient,
derrière lui, tombèrent dans la Seine
seuls M. Charpentier et sa fille demeu
rèrent sur le sièg(|de la voiture qui, ac
complissant un retournement complet,
s'enfonça à son tour dans l'eau et coula
par cinq mètres de fond.
A la nage
M. Coignet et son fils sachant na
ger purent regagner le bord, avec l'ai
de cependant de nombreux sauveteurs
qui, témoins de l'accident, s'étaient por
tés aussitôt à leur secours ; Mme Char
pentier, sachant très peu nager, eut
l'idée de faire la planche et fut sauvée
à son tour, ainsi que Mme Coignet.
Quant au petit Jean, que le courant en
traînait, il ne put être retiré que 200
mètres plus loin. Le pauvre petit après
avoir reçu des soins énergiques, a dû
être transporté à l'hôpital Bretonneau.
Les pompiers de Saint-Denis, alertés,
accoururent sur les lieux, mais n'étant
pas outillés pour ce genre de sauveta
ge, ils durent faire appel à leurs collè
gues de Paris qui arrivèrent munis de
leur matériel de scaphandriers.
Pendant ce temps les quatre autres
rescapés recevaient des soins énergiques
chez des commerçants de l'île Saint-
Denis, où peu après, M. Càuquelin,
commissaire d-e police de Saint-Denis-
Nord, venait les interroger et procéder
à une première enquête.
L'enquête
Des premiers résultats de, l'enquête,
il semble bien établi que c'est en voulant
éviter, sur le pont d'Epinay, une autre
voiture conduite par M. Pierre Martin,
demeurant rue de Valmy, à Puteaux. ait
service de M. Lemaitre, joaillier, 346,
rue Saint-Honoré, à Paris, qua M. Coi
giiet fit sa terrible embardée.
De son côté, M. Coignet prétend que
cette voiture s'était placée, sur sa gau
cho pour lui barrer le passage.-
M. Càuquelin a prié M. Martin de se
tenir à sa disposition.
Cependant, dan la maison cù les res
capés étaient soignés, une scène déchi
rante avait lieu. Mme Charpentier, tout
en larmes, réclamait avec insistance son
mari et ses doux enfants. Dans la soi
rée, la famille Coignet ramenait à leur
domicile de Bellevue la malheureuse si
•profondément atteinte dans son affec
tion.
A la recherche des disparus
Pendant trois heures, les pompiers'
do Paris, aidés de sauveteurs bénévoles,
fouillèrent vainement le fleuve ; ils ne
purent aller jusqu'à l'endroit où la voi
ture était tombée, car malheureusement
ils ne possédaient que 30* mètres de
tuyaux d'aération pour leurs scaphan
driers, alors qu'il leur en aurait fallu
près de 200 mètres.
Avisé de ces faits, M. Càuquelin pré
vint le service de remorquage pour
qu'un bachot remorqueur fut aussitôt
mis à la disposition du service spécial
des scaphandriers. Un romorqueur fut
mis sous pression et les pompiers y ins
tallèrent leur pompe et leur matériel
pesant près de 1.000 kilos. A une heure
et demie du matin, les recherches repre
naient. -,
Les sauveteurs
Voici les noms des sauveteurs qui,
témoins de l'accident, se portèrent aus
sitôt au secours dee malheureux :
M-M. Journiat,: 5, rue: Vaudou, à-Gen
nevilliers ; Eugène .Frangeul, 94, rue
Saint-Denis, à Gennevilliers ; Millet,
<40 bis, . rue de Villeneuve, à Clichy ;
■Boisdet, chef de service à la.compagnie
du Gàz, à Gennev|liiérs ; Charles; Fon-
-taine,'-et Eavel Glçsgo, denura'Tant tous
deux avenue du Pont-d'Epinay, à
l'Ile-Saint-Denis.
lie Brix, -M. Bréguet et Costes. -— Au- dessous : l'appareil
Les aviateurs Costes et Lo Brix sont
arrivé? hier après-midi au Bourget à
17 h.'" 30 à bord du Nungesser-et-Coli,
venant do Villacoublay. Le plein d'es
sence a été fait dans la nuit et les
deux aviateurs ont décidé de prendre le
départ ce matin à 8 heures si les con
ditions atmosphériques leur sont tpu-
jours favorables. ' '
Oy. sait qu'ils comptent atteindre-
Buenos-Aires, en' traversant l'Atlanti
que, par S-aint-Louis-du-Sénégal, Natal
et Ivio.
Les quatre étapes prévues sont' de
5.200 kil., 3.050, .1.050 et 2.100 : au
total, 12.900 kilo-mètres.
Sans nouvelles de l'Atlantique
•Washington, 9 Oct. — Le bureau
météorologique des Etats-Unis a ai\^
noncé hier qu'il cessait son service spé
cial d'informations concernant • l'état
du temps dans l'Atlantique.
Cette déclaration est interprétée com
me signifiant qu'aucun Aviateur ne ten
tera plus, cette année, de grands raids.
Le raid Bruxelles-Congo
sera peut-être tenté aujourd'hui
> Bruxelles, 9 Oct. — Les lieutenants
aviateurs Medaets et Verhaegen s'é
taient à nouveau préparés ce matia
pour tçnter leur raid vers le Congo.
. A 5 heures du matin, le temps était
clair, malgré une très légère brume et
le vent était en direction ■ favorable en
vue de leur départ. Toutefois, vers 6
heures, la brume commença à s'épaissir
et la visibilité devint tellement mauvai
se que le départ dut -être ajourné. Lea
aviateurs ont annoncé qu'ils- essaye
raient encore de partir demain lundi.
Le raid France-Indes
Marseille, 9 Oct. — A l'Ecole d'a
viation d'Istres, on déclare ce matin
que, les aviateurs Arraehart et Rignot
n'arriveraient au Bourget >;ue ce soir
ou demain et que leur départ pour les
Indes n'aurait lieu que mardi.
■ (Voir la suite en troisième pagei ;
LES ATTENTATS DES COMITADJIS
LA BULGARIE
assure la Serbie
de sa bonne volonté
(De notre correspondant particulier)
Vienne (via Londres), 9.Oct.—. Sofia 1
répondant à la note de protèstat'ion du
gouvernement de Belgrade a exprimé
son profond regret et a promis de
n'épargner aucune mesure pour que,
des événements semblables àj ceux qui
se sont déroulés ces derniers temps ne
se reproduisent pas. On prête au gou
vernement bulgare l'intention de pro
clamer l'état de siège dans les provin
ces, de Petrich et de, Kostendil ; mais
il ne peut .donner suite à ce projet
qu'en convoquant le Parlement, qui:est
en vacances, pour lui demander .son
approbation.
Coup d'Etat manqué à Sofia ?
Sofia (via-Athènes), 9 Oet. —Les co
mités bulgare-macédoniens auraient es
sayé de renverser - M. ' Liaptcheff, pre
mier ministre actuel, de Bulgarie. * Si
ce coup d'Etat avait réussi, c'est^ le
professeur Tsankoff qui aurait'repris le
pouvoir.
Deux meurtriers de Kovatchevitch
découverts et tués dans une grotte
Belgrade, 9 Oct. —- Trois auteurs de
l'attentat-contre le général Kova-tehe-
vitch ont été découverts et attaqués par
la milice .régionale, la nuit - dernière,
dans une grotte de la ■ montaigne, de Ma-
lècihe, à proximité de la route allant.de
la ville de Radovichze vers ,1a frontière
bulgare. Après une fusillade qui a duré
toute la nuit, les assaillants 041t.retrouvé
à l'intérieur de la.grotte d«ix cadavres;
le troisième individu: a été capturé vi
vant, et a été transporté à Istip..
79 maisons en feu
près de Briançon
Deux morts* huit blessés, trois cents
personnes sans abri
Briançon, :9 Oct. — Dans la nuifc de
dimanche un incendie d'une extrême
violence a éclaté au village de Ptxy-
Saint-An-dré, situé en pleine montagne,
à 1.400 mètres d'altitude, à 6 kilométrés
de Briançon. Puy-Saint-An
et bergers. - . •
C'est vers ,une heure du matin que les
aboiements des chiens avertirent les
villageois qu'il se passait quelque chose
d'anormal. Une maison brûlait, en effet,
à l'une des extrémités de l'aggloméra
tion. , . _
Alimenté par les toits en chaume, le
feu . s'est rapidement propagé et en
moins d'une heure 79 maisons sur, 85
formaient un effrayant brasier. Toute
la population, dirigée par son maire,
M. Bermond-Gonnet, s'était portée au
secours de3 sinistrés. Malheureusement
l'eau manquait. E11 vain, fit-on usage
des fosses . à purin pour éteindre le
brasier.
Et il J y avait des victimes ! Deux
personnes ont trouvé la _ mort en vou
lant porter secours aux sinistrés : MM.
Simon Sylvestre, âgé de 22 ans, de
Pont-de-Cervièïes, et Joseph Gaillard,
de Sacha. Mme Barneoud-Rousset, àiée
Rose Violin, mère de .sept enfants, a
été transportée à l'hôpital à demi as
phyxiée, et : son fils - a été grièvement
"brûlé. Les dégâts s'élèvent à plusieurs
millions. _
Sur les 419 habitants que comptait le
village de Puy-Saint-André, trois cents
ont" dû être abrités dans les casernes de
Briançon. On ignore les causes de ce si
nistre.' Une enquête a été aussitôt ouver
te par les autorités du département.
LE POIDS A 14 METRES 875
ii'atùlôte -utiour .
qui lancement du poids avec un jet de 14 mè
tres 875, dépassant l'ancien record de
Paoll (14 mètres li!)).
Dans notre page sportive.-: Nos.champions
-de-la Co-upe Davis à la,Croix»Catelan.
GLOZEL
LES ARGUMENTS DE M. C AMILLE JULLIAH
c C'est un gisement de sorcellerie
de l'époque gallo-romaine »
maintient l'académicien
II . y a quelques mois, _ Mi Camille
Jnllian, ■ l'éminent académicien, faisait
aux Inscriptions, et Belles Lettres une
communication sur les fouilles de Glo-
zel et sur les objets mis au jour par le
D' Morlet. et M. Fra.din. '
Ce fut une jolie pierre dans le champ
déniaisé et les fosses néolithiques f
Les éckboussures en rejaillirent quelque
peu sur. le monde savant préhistorien.
M. Camille Jullian détruisait en effet
à fond la légende d'une découverte, d'un
jchatnp des morts datant de l'âge de
pierre. Il soutenait, au contraire, que '
ceuxideg objets trouvés, qui sont authen
tiques, remontaient tout an plus à l'épo
que, gallo-romaine ; avec de nombreuse^
preuves' à l'appui, il démontrait que 1»
plupart étaient destinés à de3 opéra»
tions magiques, que c'étaient des talis»
raans ou des amulettes d'envoûtement
et que ces tombes mystérieuses n'étaient
que l'emplaeement d'un de ces antres de
sorciers, si nombreux'à cet âge ,da
crovances surnaturelles.
; Fait assez bizarre : aussitôt après
la communication de M. Camille Jnl-
liûn, an silence profond s'établit à l'A
cadémie sur les fouilles de Glozel. An
cours de nombreuses séances, on n'en
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