Titre : Patriote algérien : paraissant les mardi et samedi / directeur-gérant M. Vidal-Chalom
Éditeur : [s.n.] (Alger)
Date d'édition : 1888-09-30
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32833915w
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 2430 Nombre total de vues : 2430
Description : 30 septembre 1888 30 septembre 1888
Description : 1888/09/30 (A3,N216). 1888/09/30 (A3,N216).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k62319621
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-87303
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/02/2013
N° 216. - Troisième Année. '," :, CINQ Centimes le NuiïitfFO ., Dimanche, 30 Septembre 1888
■ -^B^B ., B^| ^^B Blfa^B^p BB^B ^^B ^^B ^^B. ^^B m II B^r^^r ^TBB ^BB BB^IB
Rédaction : 10, rue des Consuls PARAISSANT LES MARDI ET SAMEDI Direction : 10, rue des CMSIIS
ABONNEMENTS
Trois mois Six mois Un an
ALGÉRIE. 3 fr. 6fr. t« f.
FRANCE et ETRANGER. Port en sus.
Tout ce qui concerne la Rédaction et VAdministration
doit être adressé à
M. VIDAL-CHALOM, Directeur-Gérant
LES MANUSCRITS NON INSÉRÉS NE SONT PAS RENDUS
1.. INSERTIONS
Légales, 0,18 — Diverses, 0,35 — Réclames, I fr.
Le PATRIOTE n'a traité avec AUCUNE AGENCE
Service Télégraphique
Pari?, 28 S ptembre, 6 h. 20 m.
M. Lozé, préfet de police, de retour
drAix-les-Bains, u fait reprendre les études
commencées par les comités anarchistes
et blanquistes.
« ,(:
* *
Le prince de Galles, qui a accompagné
l'empereur d'Autriche aux grandes ma-
nœuvres de L'ellovar, a félicité les géné-
raux de l'ensemble des exécutions,
* ■ ■ *. - î
* *
M. Michel Davitt, chef de la dernière
révolution agraire, a lancé une procia-
mation en faveur de l'agitation par voie
pacifique et légale.
* ,/
# *
Les innondationsdu Tyrol prennent des
proportions inquiétantes, ., ',,'
, , ',.:c;
, ■* * '■ (",'.,',
, Le gouverneur général en Annan a fixé
ainsi l'impôt : deux tiers en piastres, un
tiers en nature. :
* *
* , .-
L'amiral comte de Monts a fait relâcher
lia voyageur qu'on avait pris à tort pour
un espion français surveillant les manœu-
vres de la marine allemande.
l, *
* •
On a capturé à Madagascar des armes
envisées par les anglais aux Macoas pour
« ~soulever contre leur reine.
Alger, le 29 Septembre 1888
les ifiÉ Ouvrjers
Ce serait nier la lumière que de re-
fuser à l'installation du ménage des
ouvriers une influence énorme sur la
fréquentation des cabarets et surtout
des assommoirs. Lorsque l'ouvrier ira
à sa disposition qu'un taudis où l'air
respirable manque même pour la nuit,
comment veut-on qu'il échappe à la
séduction des endroits où l'on boit ?
Nous nous sommes occupé à diver-
ses reprises de cette question, qui est
pour nous d'une importance capitale.
L'habitation c'est le foyer, c'est la
famille. Lorsque l'ouvrier, qui a passé
toute sa journée au travail, rentre dans
un logis misérable, il doit éprou ver un
profond découragement. Su femme ne
peut entretenir l'ordre dans l'unique.
pièce qui sert à la fois dé cuisine et de
chambre à coucher, et où les enfants
grouillent pêle-mêle. Elle-même lan-
guit, faute d'air et d'espace, et la force
lui manque pour remplir ses devoirs.
Elle se néglige, elle est maussade,
triste. L'ouvrier a hâte de quitter cet
intérieur où rien ne lui sourit, et il ta
au cabaret. Certes, il aggrave ainsi lr.
situation de sa famille, mais il lui fau-
drait de l'héroïsme pour agir autre-
ment, et l'héroïsme est une exception
dans la nature humaine.
On devrait encourager la construc-
tion d'habitations ouvrières propres,
aérées, et autant que possible accom-
pagnées d'un jardinet. Les sociétés
feraient de bonnes affaires et l'ouvrier
ne payerait pas plus que ce qu'il donne
aujourd'hui pour des logements étroits,
incommodes et insalubros* Ayant une
petite maison rianie, pleine d'air et de
lumière, le moral de l'ouvrier se relè-
verait aussitôt Il prendrait plaisir à
embellir son intérieur, il cultiverait
son petitjardin. La ménagère prendrait
des habitudes d'erdre et de propreté;
et l'épargne pénétrerait dans la famille,
qui en comprendrait dès lors les avan-
tages.
Changez le milieu, et la plante se
portera bien. Les vices tiennent plus
qu'on ne croit à des influences toutes
matérielles. Une habitation confortable
et gaie est déjà à eHe seule un code de
morale.
En préconisant la construction des
cités ouvrières, nous n'ignorons pas
que nous prêchons dans le désert, et
qu'avec des terrains dont le prix atteint
presque ceux de l'Avenue de l'Opéra,
à Paris, il n'est guère possible de
donner des logements à bon compte.
Aussi nous prions nos édiles de ne
pas s'endormir sur cette question du
déclassement des fortifications qui n'a
pas cessé d'être d'une importance
extrême ponr l'avenir de la cité. :
Lorsqu'elle sera résolue, la ville
possédera une large zone de terrains,
et alors : en avant là construction des
ouvrieres.
Le prix des logements baissera d'un
bon tiers, et alors cessera l'exploita-
tion dont M. Vautour s'est attribué
l'odieux monopole.
:-. .- W. J-
VI VE LA GRÈVE
Elucubrations d'un ewprit
atrophié par l'Injustice
Eh bien, oui, vive la grève, et je
propose à mes anefens camarades de
nous mettre en grève : chacun son
tour ! 1.'
; Puisqu'il n'y a que ce moyen d'atti-
rer sur nous la sollicitude des fran-
çais d'aujourd'hui, mettons-nous en
grève. Sous-officiers et soldats, vqus
tous qui, comme moi, attendez avec
impatience le premier jour du trimes-
tre pour vous présenter au guichet du
trésor afin d'y toucher une pension
que vous avez mis 25 ou 26 ans à
gagner, pension que vous garantit
1. 50 ou 2 francs au plus par jour, si
vous m'en croyez, nous nous dispen-
seronsde nous y présenter le trimestre
qui vieni (notez que je ne vous parle
pas du trimestre prochain), car jetais
mieux que personne qu'il est toujours
fortement engagé, s'il ne l'est tout-à-
fait, je veux vous parler de celui qui
vient. ? -,.
Je crois me souvenir qu'il y a 25 ou
30 ans la position, du militaire re-
traité était tout autre qu'aujourd'hui ; à
cette époque, en effet, les emplois du
gouvernement nous étaient ouverts,
car on n'exigeait pas pour rentrer dans
de ces emplois de n'avoir pas plus de
un 35 ans s'âge : le moyen de n'avoir
pas 35 âge et d'avoir 25 ans de service
est encore inconnu aujourd'hui où , ce-
pendant, nous sommes dans un siècle
de lumière. Je crois inutile de rappe-
ler qu'à cette époque les vivres, les
logements, etc., etc. étaient à un taux
qui permettait à toutes les bourses de
faire honneur à leurs affaires.
Aujourd'hui les ouvriers ne peuvent
pas vivre avec 5 francs par jour, vous
le reconnaissez, comment pourrions-
nous y arriver avec 1. 50 ou 2 francs ?
Combien de pères de famille d'entre
nous sont incapables de travailler,
soit par suite de blessures, soit par
suite d'infirmités acquises dans le ser-
vice? je me garderai bien de repro-
cher au gouvernement les avantages
qu'il fait à nos jeunes camarades, au
contraire, je trouve qu'on ne leur
donne pas assez ; mais il faut une lo-
gique en tout, et je crois que le retard
que l'on apporte à l'unification des re-
traites des anciens militaires est tout
simplement une injustice criante ou
plutôt une ingratitude honteuse. On
s'est empressé de voter celle des offi-
ciers mais les sous-officiers et soldats,
allons donc, c'est trop peu de chose,
aussi, Vive la grève.
Et surtout, évitons avec une sainte
horreur de nous présenter au bureau
de notre percepteur, car vous devez
être comme moi, je paie 355 fr. de con-
tributions par an, depuis 6 ou 7 ans,
et je n'ai cependant que trois harra-
ques dans la mê:ne rue, une misère,
quoi !
Vive la grève!
Un grincheux qui n'est jamais contint
V- - VX" ;. - E. F.
Correspondance Oranaise
(De notre Correspondant particulier)
; Oran, le 26 septembre <888
Le gouverneur de l'Algérie, le ramolli
Tirman, obéisant à je ne sais quelle in-
fluence, vient de nommer Bougier, l'ex-
Commissaire Central de la ville d'Oran,
au poste de commissaire de police à Al-
ger, en remplacement de M. Méritai),
nommé à Batna.
Triste privilège pour la ville d'Alger
qui est obligée d'accepter un fonctionnaire
que l'on a pour ainsi dire chassé d'Oran,
et que les- habitants de Tlemcen ont re-
fusé de recevoir.
Bougier a accepté le poste qui lui a été
humblement offert à Alger, sous condi-
tions, m'a-t'on assuré, de lui donner
avant peu la place de M. Delignac qui se-
rait nommé admininistràteur.
Si les bruits qui courent sont vrais, il
n'y a pas à féliciter le gouverneur qui
commet encore une nouvelle gaffe.
Dans tous les cas je plains sincèrement
les habitants d'Alger qui auront à faire à
M. Bougier. Comme commissaire de po-
lice cet homme est absolument uul et
c'est à peine s'il pourrait faire un mauvais
agent de police*
Mais sous le gouverneur actuel, on ne
regarde pas à la valeur d'un homme, il
suffit qu'il soit chaudement recommandé.
Attendez-vous sous peu à voir Bougier
comme commissaire central.
*
* *
Le bruit a fortement couru ici qu'à la
suite de l'enquête faite par le Parquet de
Bel-Abbès au sujet de la mort mysté-
rieuse de Munos, le Procureur Général
aurait demandé la révocation de l'enquê-
teur Achache,
Ce serait un commencement de satis-
faction accordée à l'opinion publique,
mais on s'étonne justement que des pour-
suites ne soient pas exercées contre ce
policier qui, par son incurie a permis a
un assassin de se donner la mort.
L'enquête du Procureur de la Répu-
blique de Bel-Abbès conclut pourtant au
renvoi d'Achacbe devant le tribunal cor-
reetionneJ. Pourquoi Achache ne sera-t-
il pas poursuivi? Tout bonnement parce
qu'il est le frère de lait de M. Manéga au- ,"
diteur au Conseil d'Etat et que le Procu-
reur Général ne tient pas à s'attirer l'ini-
mitié d'un homme aussi haut placé.
Et voilà Comment on rend la justice
dans notre pays. C'est triste ! H
; •*
* If.. -
Les nouvelles qui parvienent du , .Sud
de la province d'Oran, sont loin d'être
rassurantes.
Les arabes s'agitent, quelques engage-
ments auraient même eu lieu entré les in-
surgés el nos soldats. On a même ajouté
que 22 soldats de la Légion avaient été
tués. L'autorité militaire s'est bien gardée
de démentir ces bruits et de tenir le pu-
blic au courant de ce qui se passe dans le
Sud. Elle s'est contentée d'envoyer des
renforts et comme c'était très urgent, les
hommes ont doublé les étapes.
v Ce n'était pas la peine de faire des che-
mins de fer, si on ne doit pas s'en servir
pour transporter les troupes dans les cas
urgents. ,"
EL-HAACK. .':.1
.,' v :: I.,.~ J,: ~~:-i .}
-,.. ,,1.':," ;I,.;' >,;:-
■ -^B^B ., B^| ^^B Blfa^B^p BB^B ^^B ^^B ^^B. ^^B m II B^r^^r ^TBB ^BB BB^IB
Rédaction : 10, rue des Consuls PARAISSANT LES MARDI ET SAMEDI Direction : 10, rue des CMSIIS
ABONNEMENTS
Trois mois Six mois Un an
ALGÉRIE. 3 fr. 6fr. t« f.
FRANCE et ETRANGER. Port en sus.
Tout ce qui concerne la Rédaction et VAdministration
doit être adressé à
M. VIDAL-CHALOM, Directeur-Gérant
LES MANUSCRITS NON INSÉRÉS NE SONT PAS RENDUS
1.. INSERTIONS
Légales, 0,18 — Diverses, 0,35 — Réclames, I fr.
Le PATRIOTE n'a traité avec AUCUNE AGENCE
Service Télégraphique
Pari?, 28 S ptembre, 6 h. 20 m.
M. Lozé, préfet de police, de retour
drAix-les-Bains, u fait reprendre les études
commencées par les comités anarchistes
et blanquistes.
« ,(:
* *
Le prince de Galles, qui a accompagné
l'empereur d'Autriche aux grandes ma-
nœuvres de L'ellovar, a félicité les géné-
raux de l'ensemble des exécutions,
* ■ ■ *. - î
* *
M. Michel Davitt, chef de la dernière
révolution agraire, a lancé une procia-
mation en faveur de l'agitation par voie
pacifique et légale.
* ,/
# *
Les innondationsdu Tyrol prennent des
proportions inquiétantes, ., ',,'
, , ',.:c;
, ■* * '■ (",'.,',
, Le gouverneur général en Annan a fixé
ainsi l'impôt : deux tiers en piastres, un
tiers en nature. :
* *
* , .-
L'amiral comte de Monts a fait relâcher
lia voyageur qu'on avait pris à tort pour
un espion français surveillant les manœu-
vres de la marine allemande.
l, *
* •
On a capturé à Madagascar des armes
envisées par les anglais aux Macoas pour
« ~soulever contre leur reine.
Alger, le 29 Septembre 1888
les ifiÉ Ouvrjers
Ce serait nier la lumière que de re-
fuser à l'installation du ménage des
ouvriers une influence énorme sur la
fréquentation des cabarets et surtout
des assommoirs. Lorsque l'ouvrier ira
à sa disposition qu'un taudis où l'air
respirable manque même pour la nuit,
comment veut-on qu'il échappe à la
séduction des endroits où l'on boit ?
Nous nous sommes occupé à diver-
ses reprises de cette question, qui est
pour nous d'une importance capitale.
L'habitation c'est le foyer, c'est la
famille. Lorsque l'ouvrier, qui a passé
toute sa journée au travail, rentre dans
un logis misérable, il doit éprou ver un
profond découragement. Su femme ne
peut entretenir l'ordre dans l'unique.
pièce qui sert à la fois dé cuisine et de
chambre à coucher, et où les enfants
grouillent pêle-mêle. Elle-même lan-
guit, faute d'air et d'espace, et la force
lui manque pour remplir ses devoirs.
Elle se néglige, elle est maussade,
triste. L'ouvrier a hâte de quitter cet
intérieur où rien ne lui sourit, et il ta
au cabaret. Certes, il aggrave ainsi lr.
situation de sa famille, mais il lui fau-
drait de l'héroïsme pour agir autre-
ment, et l'héroïsme est une exception
dans la nature humaine.
On devrait encourager la construc-
tion d'habitations ouvrières propres,
aérées, et autant que possible accom-
pagnées d'un jardinet. Les sociétés
feraient de bonnes affaires et l'ouvrier
ne payerait pas plus que ce qu'il donne
aujourd'hui pour des logements étroits,
incommodes et insalubros* Ayant une
petite maison rianie, pleine d'air et de
lumière, le moral de l'ouvrier se relè-
verait aussitôt Il prendrait plaisir à
embellir son intérieur, il cultiverait
son petitjardin. La ménagère prendrait
des habitudes d'erdre et de propreté;
et l'épargne pénétrerait dans la famille,
qui en comprendrait dès lors les avan-
tages.
Changez le milieu, et la plante se
portera bien. Les vices tiennent plus
qu'on ne croit à des influences toutes
matérielles. Une habitation confortable
et gaie est déjà à eHe seule un code de
morale.
En préconisant la construction des
cités ouvrières, nous n'ignorons pas
que nous prêchons dans le désert, et
qu'avec des terrains dont le prix atteint
presque ceux de l'Avenue de l'Opéra,
à Paris, il n'est guère possible de
donner des logements à bon compte.
Aussi nous prions nos édiles de ne
pas s'endormir sur cette question du
déclassement des fortifications qui n'a
pas cessé d'être d'une importance
extrême ponr l'avenir de la cité. :
Lorsqu'elle sera résolue, la ville
possédera une large zone de terrains,
et alors : en avant là construction des
ouvrieres.
Le prix des logements baissera d'un
bon tiers, et alors cessera l'exploita-
tion dont M. Vautour s'est attribué
l'odieux monopole.
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VI VE LA GRÈVE
Elucubrations d'un ewprit
atrophié par l'Injustice
Eh bien, oui, vive la grève, et je
propose à mes anefens camarades de
nous mettre en grève : chacun son
tour ! 1.'
; Puisqu'il n'y a que ce moyen d'atti-
rer sur nous la sollicitude des fran-
çais d'aujourd'hui, mettons-nous en
grève. Sous-officiers et soldats, vqus
tous qui, comme moi, attendez avec
impatience le premier jour du trimes-
tre pour vous présenter au guichet du
trésor afin d'y toucher une pension
que vous avez mis 25 ou 26 ans à
gagner, pension que vous garantit
1. 50 ou 2 francs au plus par jour, si
vous m'en croyez, nous nous dispen-
seronsde nous y présenter le trimestre
qui vieni (notez que je ne vous parle
pas du trimestre prochain), car jetais
mieux que personne qu'il est toujours
fortement engagé, s'il ne l'est tout-à-
fait, je veux vous parler de celui qui
vient. ? -,.
Je crois me souvenir qu'il y a 25 ou
30 ans la position, du militaire re-
traité était tout autre qu'aujourd'hui ; à
cette époque, en effet, les emplois du
gouvernement nous étaient ouverts,
car on n'exigeait pas pour rentrer dans
de ces emplois de n'avoir pas plus de
un 35 ans s'âge : le moyen de n'avoir
pas 35 âge et d'avoir 25 ans de service
est encore inconnu aujourd'hui où , ce-
pendant, nous sommes dans un siècle
de lumière. Je crois inutile de rappe-
ler qu'à cette époque les vivres, les
logements, etc., etc. étaient à un taux
qui permettait à toutes les bourses de
faire honneur à leurs affaires.
Aujourd'hui les ouvriers ne peuvent
pas vivre avec 5 francs par jour, vous
le reconnaissez, comment pourrions-
nous y arriver avec 1. 50 ou 2 francs ?
Combien de pères de famille d'entre
nous sont incapables de travailler,
soit par suite de blessures, soit par
suite d'infirmités acquises dans le ser-
vice? je me garderai bien de repro-
cher au gouvernement les avantages
qu'il fait à nos jeunes camarades, au
contraire, je trouve qu'on ne leur
donne pas assez ; mais il faut une lo-
gique en tout, et je crois que le retard
que l'on apporte à l'unification des re-
traites des anciens militaires est tout
simplement une injustice criante ou
plutôt une ingratitude honteuse. On
s'est empressé de voter celle des offi-
ciers mais les sous-officiers et soldats,
allons donc, c'est trop peu de chose,
aussi, Vive la grève.
Et surtout, évitons avec une sainte
horreur de nous présenter au bureau
de notre percepteur, car vous devez
être comme moi, je paie 355 fr. de con-
tributions par an, depuis 6 ou 7 ans,
et je n'ai cependant que trois harra-
ques dans la mê:ne rue, une misère,
quoi !
Vive la grève!
Un grincheux qui n'est jamais contint
V- - VX" ;. - E. F.
Correspondance Oranaise
(De notre Correspondant particulier)
; Oran, le 26 septembre <888
Le gouverneur de l'Algérie, le ramolli
Tirman, obéisant à je ne sais quelle in-
fluence, vient de nommer Bougier, l'ex-
Commissaire Central de la ville d'Oran,
au poste de commissaire de police à Al-
ger, en remplacement de M. Méritai),
nommé à Batna.
Triste privilège pour la ville d'Alger
qui est obligée d'accepter un fonctionnaire
que l'on a pour ainsi dire chassé d'Oran,
et que les- habitants de Tlemcen ont re-
fusé de recevoir.
Bougier a accepté le poste qui lui a été
humblement offert à Alger, sous condi-
tions, m'a-t'on assuré, de lui donner
avant peu la place de M. Delignac qui se-
rait nommé admininistràteur.
Si les bruits qui courent sont vrais, il
n'y a pas à féliciter le gouverneur qui
commet encore une nouvelle gaffe.
Dans tous les cas je plains sincèrement
les habitants d'Alger qui auront à faire à
M. Bougier. Comme commissaire de po-
lice cet homme est absolument uul et
c'est à peine s'il pourrait faire un mauvais
agent de police*
Mais sous le gouverneur actuel, on ne
regarde pas à la valeur d'un homme, il
suffit qu'il soit chaudement recommandé.
Attendez-vous sous peu à voir Bougier
comme commissaire central.
*
* *
Le bruit a fortement couru ici qu'à la
suite de l'enquête faite par le Parquet de
Bel-Abbès au sujet de la mort mysté-
rieuse de Munos, le Procureur Général
aurait demandé la révocation de l'enquê-
teur Achache,
Ce serait un commencement de satis-
faction accordée à l'opinion publique,
mais on s'étonne justement que des pour-
suites ne soient pas exercées contre ce
policier qui, par son incurie a permis a
un assassin de se donner la mort.
L'enquête du Procureur de la Répu-
blique de Bel-Abbès conclut pourtant au
renvoi d'Achacbe devant le tribunal cor-
reetionneJ. Pourquoi Achache ne sera-t-
il pas poursuivi? Tout bonnement parce
qu'il est le frère de lait de M. Manéga au- ,"
diteur au Conseil d'Etat et que le Procu-
reur Général ne tient pas à s'attirer l'ini-
mitié d'un homme aussi haut placé.
Et voilà Comment on rend la justice
dans notre pays. C'est triste ! H
; •*
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Les nouvelles qui parvienent du , .Sud
de la province d'Oran, sont loin d'être
rassurantes.
Les arabes s'agitent, quelques engage-
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surgés el nos soldats. On a même ajouté
que 22 soldats de la Légion avaient été
tués. L'autorité militaire s'est bien gardée
de démentir ces bruits et de tenir le pu-
blic au courant de ce qui se passe dans le
Sud. Elle s'est contentée d'envoyer des
renforts et comme c'était très urgent, les
hommes ont doublé les étapes.
v Ce n'était pas la peine de faire des che-
mins de fer, si on ne doit pas s'en servir
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