Titre : Le Petit journal
Auteur : Parti social français. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Clermont-Ferrand)
Éditeur : [s.n.][s.n.] (Pau)
Date d'édition : 1867-10-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32895690j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 01 octobre 1867 01 octobre 1867
Description : 1867/10/01 (Numéro 1703). 1867/10/01 (Numéro 1703).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG64 Collection numérique : BIPFPIG64
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5897857
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/07/2008
Le Petit Journal
pârnére. des Poissonniers un dôwi-pe vi*i8~m-
que pendant longtemps vlés Ffâletex
lèbre de Paris.
Les goguettes paient des réunions -bachiques
et chantantes, -tenant le milieu entre le Caveau
et le cabaret.
On se réunissait à jour fixe autour da la table
"d'un marchand de vin, sous la présidence d'un
troubadour hors d'âge, et la on chantait, onidé-
clamait, on pérorait, et. surtout on buvait à ou-
trance..
Les dames n'étaient pas exclues de ces réu-
nions.; Ces ripailles dégénéraient souvent, vers le
• matin, îefr véritables-orgies. =;̃
i Iiaipériode comprise entre 1816 et a été
le beau temps des,goguettes lesjriws connues é-
taient.celles des Bons Drilles, des Enfants de
A/orrùtajt des Lapins, des Frileux, etc.
Ces réunions, -où l'on commença par se con·
lenter'de rire otee boire, devinrent un prétexte
de débauche eu commua, et enfin la politique se
mit de la partie, ce qui amena leur interdic-
iiovi.-i: ̃• ̃ '̃ '.• ̃'̃̃.
Lès dé la barrière
{, ,des Poissonniers.
ji,- ,Le 3Qdeu:haque mois, les réunions s'oUvraieWt
invariablement parce refiain chanta en chœur
i- i. Je suis frileux, ̃̃<
Mais le vieux.
Un peu la rime.
Versez-m'en donc un petit doigt
V ̃ C'est pour chasser le froid.
Au-dessus du fauteuil du président, autre deux
quinquets fumeux, on lisait ce commandement;
« Respect aux dames, elles sont l'orne,ment de la
.^société;*» et plus bas « On est prié de me' pas
fumer pendant qu'on. chante. J
Malgré la défense qui leur était faite de' se réu-
nir, les Frileux et les 'Lapins continuèrent, dit
la Presse, k godailler • clandestinement tantôt
ici, tantôt là puis les Lapins, traqués par la pb-'
lice, ne tardèrent pas à se disperser. Les Frileux
plus tenaces résistèrent encore pendant quelques
mois, mais ils durent ïeut-s
réunions,; avec eux disparut • la dernière j '• gp-.
guette. -̃• ̃̃̃ '•
Les 'Opérateurs, préparateurs photographes et
tous les'ouvriers des diverses industries se ratta-
chant à la photographie sont' convoqués pour le
mercredi 9 octobre; à sept heures du soir, la
mairie du 11e arrondissement; place du Prince-,
Eugène, pour élire des délégués à l'Exposition
Tout se prépare pour la rentrée des classes
dans les pensions, les collèges, les lycées et les
grands établissements publics. A la nouvelle éco-
le (Renseignement secondaire spécial de la rue
d'Angotilême-du-Temple, l'exposition, des des-
sins et cartes géographiques, exécutés par les
élèves sera, close le 5 octobre courant, la. rentrée
des classes étant fixée au lundi 7. '̃
les obsèques du docteur Véron
'Le docteur Véron avait exprimé dans son tes-
tament le désir que son convoi funèbre fût d'une
grande sîmplicité.
'Mais la.famille, par une pieuse infraction au
voeu du .défunt, a décidé que ses obsèques se-
raient' célébrées en grande pompe; c'est un hom-
mage de reconnaissance rendu à sa mémoire.
La famille du docteur Véron se compose de
Mme Leroy-Ladurie, sa soeur; de M. Leroy-Ladu-
rie, son neveu, et de Mm* 'Portier, sa nièce, dont
le mari est sous-chef du contentieux à la Banque
de France' ̃̃̃:̃̃̃.•.
Par son testament, M. Véron a institué M. Le-
roy-Ladurie son légataire universel, à la charge
d'acquitter les legs suivants
Douze mille francs de rente à M. Armand Bo-
hain, son filleul, fils du fondateur de l'ancien
Figaro' r
Vingt mille francs de capital à M. Meillot, son
ami intime;
Trente mille francs à Sophie, gouvernante de
sa maison;
Vingt Bulle francs Auguste, son valet de'
sliambre.
SU3U0SITÈS DE L'HISTOIRE ET DE'LA SCIENCE
Voir le Petit Journal des 13, 15, 16, Sa, 33,
30 mai, 5, 6, 13, 19, 20, 2'i, juin,
16.17, 26, N8, 31 juillet, 1er, 8, 9, 21 août,
2, h, l'h, 15, 20 et 21 septembre.)
.-xvim
LE CADAVRE D'UN NAVIRE
D'après les indications fournies par le docu-
ment écrit par les naufragés de la Jènny, Triai-
tus chercha le navire vers le nord de la falaise,
Il travers les énormes glaciers que le vent avait
chassés vers la côte. Ces recherches furent ex-
trament pénibles. Pour découvrir la mer, que
masquaient à chaque instant des blocs de glace
d'une hauteur prodigieuse, on devait grimper
sur tous les pics accessibles; et comme ceux-ci
étaient généralement les moins élevés, on ne dé-
couvrait, de leur cime, qu'un horizon' très limi-
té. Il fallait suivre à chaque instant de véritables
ruelles creusées dans la glace, et dont les pa-
rois pic, plus élevées que des maisons de six
étages, bornaient la vue dé tous côtés. Une foule
d'obstacles insurmontables arrêtaient aussi très
fréquemment les pas des explorateurs. C'était
tantôt une large et profonde crevasse qui s'ou-
vrait sous leurs pieds, tantôt un amas de neige
dans lequel ils s'enfonçaient jusqu'à la Ceintare,
et qui las forçait rétrograder..
It«et stipulé, croyons-nous, que ces deux der-
niers legs doivent être acquittés nets de tous
dtwpits.
Le docteur Véron a nommé M° du Rousset, no-
taire, saii légataire universel.
:docteur ;Vé"ron devaient être solennelles. En effet,
des ce matin, lésarcadesde laruëde Rivoli; à la
hauteur 'du n<> 939, àinsi^'que le' vestibule de la
maison rtiortnaire*' étaient tendus de 'draperies
noires'; au milieu delà cour, une chapeRe arden-
avait été ''̃' '̃̃̃'•
L'église Saint-Roch est également tendue 'de.
,'noir, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Le cata-
fa,l'que est sons le transept: Il est "entouré 'dô
grands candélabres gàrnisJdë boûgies'êt de lam-
et et surmonté d'un graiid baldaquin:
nèbre., les amis du docteur Véron se rendaient à
son domicile 'pour lui rendre les derniers de-
La cortège est parti de la maison' mortuaire à
midi.
Le deuil était contïuït par M. Leroy-Lad urie:,
neveu du défunt.
Les cordons du poêle
'Devirick,1 Didier, député an Corps législatif, Per-
rin, direcleurde 'l'Opéra, et BoniFace-Desmarelis^
secrétaire de la
Après le corbillard, traîne' par quatre chevaux
̃caparaçonnés et conduits à la main, marchaient
Sophie, sa Mêle gouvernante; Auguste, son va.-
et de chambre,, son .cocher.
Une foule énorme suivait le cercueil; toutes lés
notabilités du monde politique, littéraire et ar-
tistique avaient tenu à honnewr^ d'accompagner
le-docteur Véron à. sa dernière demeuTe.
Tout le, personnel de l?Qpéra 'assistait au seri-
vice religieux.
L'orchestre tout entier, dirigé, par M. Georges
.Hainl, a exécuté plusieurs morceaux; les choeurs
ont chanté un Deprofundis en faù'x-boùrdori.
Un Pie Jesu a trois voix, de M. Gevaert; et un
Q-saiutavis, de Cherubini, ont été chantés par
les artistes de l'Opéra.
Après le service religieux, le convoi s'est diri-
jgé vers le cimetière Montmartre, où le docteur a
.eté inliumé..
Plusieurs discours ont été prononcés sur sa
tombe. >
C'es£ le 7 octobre, à cinq heures du
soir, que sera close vement la souscrip-
tion; aiuc.pjirts de propriété du Petit Jour-
Ce's parts sont de 500 fr.; elles ont'rap-
porté, pour le dernier exercice, 70 fr. 77 q.,
soit plus de 1A
Les revenus,.depuis le ler juillet 1867,
sont acquis aux souscripteurs.
On verse 100 fr. en soascrivant, et le
reste de mois en mois.
On peut escompter 0/0 les termes
non échus.
Envoyeur les fonds par lettre chargée en
billets de banque ou en valeurs à. vue sur
Paris, au directeur du Petit Journal,
112, ruç de Richelieu. -a.,
Départements
L'Empereur a commué la peine capitaje^pro--
noncéo contre le nommé Lqnis-Nicolas1 -He.nne-
quin,,parta'cctar d'assises de l'Aisne, le'lGlkoût
1867, pour'crime d'infanticide, en celle des tra-
vaux forcés perpétuité.
On éorit de Nice au Journal des. Débats
L'ouverture de la dernière section du chemin
de fer de Paris à Lyon et la Méditerran;ée, de
Nice à la frontière d'Italie, est ajournée à une é-
poque indéterminée, par suite d'un grave acci-
dént.
Entre le cap et la promontoire escarpé
sur lequel est bâti Monaco, on avait pratiqué,
i sur une longueur de quatre-vingts mètres, une
« profonde tranchée..
1 Cette tranchée considérable étant établie sur
De temps en temps, afin de se faire entendre
des naufragés, si par hasard il en restait encore
sur la Jenny. les troishommes poussaient à la
fois des hourrahs formidables qu'ils faisaient
suivre d'une décharge simultanée de leurs' armes
à ,du,, les échos des glaciers su retentissements
prolongés, et particulièrement sonores, multi-
pliaient ces cris et grossissaient le fracas des ex-
plosions mais aucun autre bruit ne répondait à
ces fréquents aPpels.
Trinitus commençait à croire que non-seule-
jnéat l'équipage tout entier de la Jenny était
mort de misère et de froid, mais aussi que le na-
vire lui-même, écrasé probablement entre deux
banquises, avait disparu sous les flots.
Cependant, après trente-six heures de recher-
ches opiniâtres, Marcel, ayant escaladé une la-
laise que Nicaise et Triaitus considéraient comme
un excellent observatoire, un point noirâtre, en-
cadré par un champ de glace, frappa tout à coup
ses regards. Mais la distance qui le séparait de
ce point était si considérable, qu'il dut avoir re-
cours à la lunette de Trinitus pour déterminer
exactement ce qu'il voyait. 1
A peine avait-il porté à ses yeux l'instrument
d'optique, qu'aussitôt un cri dé victoire s'échappa
de sa poitrine
Je vois le navire). je vois la Jenny!
Les bravos et les clameurs enthousiastes <1e
Trinitus et de Nicaise accueillirent cette heureuse
nouvelle; les deux' marins s'assurèrent par eux-
mêmes de la position de la Jenny, serrée dans
les glaces comme dans un étau et la petite
troupe, joyeuse et alerte, se dirigea rapidement
l Tere le nçrire naufragé.
respondante à la montagne a cédé spus la pres-
sion deà terrains la base desquels le* videavait
été fait, et es terres, suivant l'impulsion deletli'
propre poids, ont glissé lentement vers lé Vîdêi
Le travail de dislocation est des plus curieux.
Des crevasses béantes, dé larges sillons, des' dé-
chiremènts. pareils à ceux d7un 'cratëre se font
remarquer sur ce versant.'Les terrains ofecupéf
par de hauts oliviers, étages' et soutenus pari là'
maçonnerie, s'eritr'ôuyrent et s'effondrent,
Des murs de soutènement ont 'fét£ con's'friîits.
'malgré le;àr Solidité; ils Ont' d'ài-iord' légêrernent
fléchi sous la pression constante'des terrss, màïsl
ils ont résisté puis on à décïdé la' construction
d'une "voûte1 très épaisse* sur le développeirientj
mètres. ♦
Sur cette voûte sera rejetée toute la zone des
terrains qui se désagrègent et se précipitent vers
la tranchée. ,Une fois cette voûte' achevée^ ce1 sera,
'nri tunnel ajouté, ai toùs'éèrii ''ouï ont été cons-
truits sur la section do Nice à Meiitoar .̃ '"̃
Cette section,'longue de piàs de 3ftkilométresJ
se développera presque constamment sur une
côte escarpée et dentelée, et rencontrera;, comme
,on le voit, de grandes difficûltés d'exécution. On
n'y comptera pas moins de'douze souterrains.
formant 5,350 mètres de longueur, dont un, 'ce!
lui de Villefranche, présente à lui seul une lon+
gueur de 1,500, mètres. '̃
Une locomotive routière à Lyon
Nous avons eu souvent l'occasion de parler des
essais d'établissement do locomotives traînant
plusieurs wagons sur les routes ordinaires. »
Samedi dernier; les, expériences olitétëN faite*
avec la locomotive routière de MM.! Dard -et G1*,
téressant deux, départements. • V.
Nous trouvons dans le Salut public l'émou1-
vaat récit de ce voyage d'essai
Le train, composé de deux omnibus Il deux
étages, est parti de l'Hôtel de vilUîâ trois heures
dix minutes. La première; de' ces" voitures avait'
reçu;'dans un compartiment-salon assez cônfoit-
table, M. te sénateur p-éfet du Rhône et MgrCal-
lot, évêque d'Oran.icconïpagnés *de M.le baron
de Metz, .secrétaire 'général, et de plusieurs au-
tres fonctionnaires. M. Francis de passage
Layon, faisait partie de ce ir.-i'm d'fionn'^irVUrlo
soixarttaine d'invités avaient pris''plac? dans tes
deux voitures. ̃̃•̃̃ ̃
Le train a '-suivi, :i In vi'tssso «lu petit- trof, la
rué Impériale, dans laquelle *rgeni.s de ville
avaient peine à empêcher la louii; de e précipi-
ter au-devant des roues de laiiii;ic!nm:. Il s'i.st en-
suite dirige', par la j;l:ice"iî'as'(.'oi'ileli'-rV. vers 'le
pont Lafayette, i l'e'nti-dft ''dnqwcl iihv halto 'do
quelques minutes a et'? par l'èncoiii-
brement des voitures; pùis.cf- pont .franchi sans
encombre, il a enfilé le cours Lat'nyetié et ïiitteinf
Villeurbanne, point extrême »ln tr:i j"t. ;an bout
.de trente minutes. La nionteV. été gravie a petite vitesse assez franchement..
Le train, après une halte de. quelqufcs minutes,
pendant laquelle diverses manœuvres' on été
exécutées sous les yeux des invités et qui ont
prouvé la docilité de la machin': et la honte du
système d'attelages, qui permet aux voitures d'é-
voluer avec une'grande aisance, a repris le çhe-,
min de Lyon par'le cours de Brosses. Jusque-là
tput s'était passéde la'façpn là plus satisfaisante'
C'est à ptn'ne-si de temps Il autre quelques ché-
vanx avaient donne, au passage de leur concur-
rente de feret de feu, des signes d'inquiétude ai-
sément réprimés.
Mais au passage du pont de la Guillotière, l'im-
perfection fondamentale du système devait se
heurter contre un double écueil, qui l'a fait res-
sortir avec une évidence fâcheuse, et, qui plus
est, assez périlleuse.
A la montée de la rampe, la force d'adhérence
'de la machiné s'est trouvée en défaut sur, le pavé
sec et glissant; les roues ont patiné.;Les voya-
geurs ont dû descendre pour délester le train,
tandis que l'on jetait du sable et des escarbilles
au-devant des roues motrices pour leur donner
de laprise. Grâce à cette opération, la locomotive
a pu démarrer. Les voitures ayant été amenées
au point culminant du pont, les voyageurs ont
repris leur'place, et le train s'est remis en mar-
che d la descente.
A ce moment, la force d'adhérence de la ma-
chine s'est encore trouvée insuffisante. Poussée
Bientôt les trois compagnons entrèrent dans
la plaine glacée qui s'étendait perte de vue au-
tour de la Jenny; et dès-lors ils purent contem-'
pler tout à leur aise ce malheureux bâtiment.
C'était une frégate de l'aspect le plus misérable.
Ses mâts avaient été sciés au nivean dû pont, et
sa coque était toute bosselée par les chocs vio-
lents,des banquises et des glaçons au milieu des-
quels elle avait navigué. Ça et là, ses ilancs en-
tr'ouverts bâillaient et semblaient couverts de
plaies hideuses. Sur la glace, au pied du navin», j
avaient été abandonnés des fragments de plan-
ches, des lambeaux de voiles, des instruments de'
pêche, quelques outils à demi cachés sous la nei-
ge. Des bouts de corde pendaient de toutes parts;
une étroite échelle était dressée au-dessous d'une
écoutille ouverte.
Trinitus et.Nicaise, avant de monter, hélèrent
plusieurs fois l'équipage ils firent avec Marcel
le tour de la Jenny.; mais personne n'ayant ré-
pondu à leurs appels réitérés, ils se décidèrent
à grimper sur le pont.
Tout à coup Trinitus ayant curieusement re-
gardé par un sabord, pousse un cri de stupéfac-
tion et' d'effroi. Les deux amis voulurent voir,
après lui et ils aperçurent dans une cabine un
homme assis devant une petite table chargée de
registres et de papiers. Malgré la terreur secrète
qui s'empara d'eux à cette vue, les trois amis'
n'hésitèrent pas à continuer l'exploration qu'ils
avaient commencée et dès qu'ils furent parve-
nus sur le pont, ils s'empressèrent d'enlever la
neige accumulée à rentrée de l'escalier Ils des-'
cendirent dans les cabines*'avec un empressement
par .les ,dpux yoitures qui, la suivaient, dont le'
freins péùt-ptre manquaient do puissance, mai
qu'elfe aurait dû pouvoir maintenir, elle a dévi-
'sous leur impulsion et a fringàllë, suivait1 une
expression familière aux voituriérs, c'est-à-dire
que son train 4' arriére a glissé par, un moure-
ment de latéralité' qui l'a placée en travers de
pont.
;,La première
préfet, iMgrl'évêque d'Oran et les invités officiels,
butant brusquement contre lii machiné, à de mê-
me 'fringallé.; mais en sens inverse', et, èous l'imi-
pulsîoôde la vitesse acquise et de la ppussée de
,la voiture de queue, montant, sur le trottoir, est
•venueiheurteh de 6on .avant-train le ,'par,mej du
pont avec une force telle que lemonbiithe énorme
de pierre de Villebois, contre lequel elle adonné,
a'étéi-epduSsé en âmèrëa'ûn'dëcimèWé.' Sij au
Heu de rencontrer cette masse résistante, là voi-
ture avait heurta contre le garde-fou en fer qui
.règne dans la plus, grande, partie du pont, c'est-à-
dire si l'accident avait eu lieu à quarante centi-
mètres ̃plus^éri arrière^ oh ne s'ait trop ca'q'ui fût
arrivé,' et lerrécit d'une catastrophe terrible occu-
perait peut-être, ces col'ôhhës'.
La seconde voiture (celle pu nousi étions) a
subi'elle airs'si son mouvement de
téral, mais m'oins prononce, l'émotiijn de ceux
qu'elle conteliailj n'a pas été trop forte.
Cet événement avait amasse aux âbbrUs du
pont une foulé immense. Mais toutes les mesures
d'ordre ont été prises avec une grande projnpâ-
tudepàr M: le'séWtéur et; M; de ~bAetzl 'Les'voï-
et enl-
menéss.' La machine, à bout de sa provision
d'eau, a Su éteindre ses feux; Ônia pu la placer
dans une situatipn'qui permît la circulation sur
le pont, d'où elle est sortie cette nuîi.
Pérsonne n'a eu la plus petite confusion Ou
égiatignùrë. Les voitures elles-mêmes n'bntpoint
éprouvé dé graves avaries.
1 'En présence des résultats de l'estpérience,- M.!
te sénateur d'en référer à M. le
,ministre, 'et, en aïtendant la décision de Son. Ex-
cellence, a
̃i ̃̃ ̃ », ̃ .̃.
C'est aujoard"hm que parait
Le Petit Figaro i >r ii
Nouveau journal à 10 centimes.
On le trouvera dans tous les kiosques!
et chez tous les marchands de; journaux.
SOUVENIRS JUDI CI AIRES
r.es Drames des Taillaa.»»
LA GALLINE
Les chemins de fer ont 'fait- disparaître
presque entièrement les détrousseurs de
igfands chemins, Une bande de; ces auda-
cieux, voleurs vient de se montrer dans le
département des Bouches-du-Rhône; mais
c'est surtout aux fermes isolées qu'ils s'atta-
quent. La Yole publique ne leur onre pas as-
sez d'occasions de faire quelque importante
capture.
II y. a trente ans au contraire, a l'époque
où se sont passes les événements que nous
allons raconter,, les grandes routes, désertes
aujourd'hui, étaiéntjBOBstamment sillonnées
par les diligences, et lés arrestations à main
armée n'étalent pas rares. Le midi de pa
France surtout était infesté par les brigands,
dignes successeurs de G'àspard de. Besse et
des Francs-Routiers..
!'NotISi allons rappeler un des nombreux
épisodes de ces drames extraordinaires qui
jetaient [périodiquement la terreur dans les
campagnes, qui mettaient sur -pied la gen-
darmerie, la police ,1a troupe régulière, sans
1 mêlé d'une vive anxiété, et se .dirigèrent' d'abord
vers la chambre occupée par le mystérieux per-
1 sonnage qu'ils avaient aperçu à travers les vitres
Trinitus,ouvrit la porte l'homme, toujours im-
mobile, était assis à la même place. Le savant'
s'approcha de lui et prit sa main elle était raide
et glacée. Une moisissure verdâtre couvrait
ses lèvres pâles et voilait ses yeux; sa main
droite, appuyée sur là table; tenait une pfeme,
et un volumineux journal était ouvert devant
Pendant que Trinitus reconnaissait en trem-
blant que. ce malheureux avait été tue par le.
froid, Marcel ayant jeté les yeux sur les dernières
lignes que sa main avait écrites, lisait à haute
voix ce qui suit
« 17 janvier. H y a aujourd'hui 33 jours que
notre navire est enfermé dans les glaces. Notre
feu s'est éteint hier soir; et notre capitaine a vai-
nement essayé de le rallumer. Sa femme est
morte ce matin de froid et de faim, et cinq-hom-
mes'de l'équipage. Plus d'espoir I »
En entendant ces paroles, Trinitus jeta les
yeux sur le journal; mais tout à coup, reculais
épouvanté, il tomba dans les bras de Nicaise en'
poussant un clameur terrible.
Il venait d'apercevoir sur la table un coffret!
qu'il avait vu autrefois entre les mains de sa
fille, et sur lequel, en effet, le nom d'Alice était
éçrit en lettres d'or.
La tttite à dematn. <*>.J8TH>ï: koreïu
pârnére. des Poissonniers un dôwi-pe vi*i8~m-
que pendant longtemps vlés Ffâletex
lèbre de Paris.
Les goguettes paient des réunions -bachiques
et chantantes, -tenant le milieu entre le Caveau
et le cabaret.
On se réunissait à jour fixe autour da la table
"d'un marchand de vin, sous la présidence d'un
troubadour hors d'âge, et la on chantait, onidé-
clamait, on pérorait, et. surtout on buvait à ou-
trance..
Les dames n'étaient pas exclues de ces réu-
nions.; Ces ripailles dégénéraient souvent, vers le
• matin, îefr véritables-orgies. =;̃
i Iiaipériode comprise entre 1816 et a été
le beau temps des,goguettes lesjriws connues é-
taient.celles des Bons Drilles, des Enfants de
A/orrùtajt des Lapins, des Frileux, etc.
Ces réunions, -où l'on commença par se con·
lenter'de rire otee boire, devinrent un prétexte
de débauche eu commua, et enfin la politique se
mit de la partie, ce qui amena leur interdic-
iiovi.-i: ̃• ̃ '̃ '.• ̃'̃̃.
Lès dé la barrière
{, ,des Poissonniers.
ji,- ,Le 3Qdeu:haque mois, les réunions s'oUvraieWt
invariablement parce refiain chanta en chœur
i- i. Je suis frileux, ̃̃<
Mais le vieux.
Un peu la rime.
Versez-m'en donc un petit doigt
V ̃ C'est pour chasser le froid.
Au-dessus du fauteuil du président, autre deux
quinquets fumeux, on lisait ce commandement;
« Respect aux dames, elles sont l'orne,ment de la
.^société;*» et plus bas « On est prié de me' pas
fumer pendant qu'on. chante. J
Malgré la défense qui leur était faite de' se réu-
nir, les Frileux et les 'Lapins continuèrent, dit
la Presse, k godailler • clandestinement tantôt
ici, tantôt là puis les Lapins, traqués par la pb-'
lice, ne tardèrent pas à se disperser. Les Frileux
plus tenaces résistèrent encore pendant quelques
mois, mais ils durent ïeut-s
réunions,; avec eux disparut • la dernière j '• gp-.
guette. -̃• ̃̃̃ '•
Les 'Opérateurs, préparateurs photographes et
tous les'ouvriers des diverses industries se ratta-
chant à la photographie sont' convoqués pour le
mercredi 9 octobre; à sept heures du soir, la
mairie du 11e arrondissement; place du Prince-,
Eugène, pour élire des délégués à l'Exposition
Tout se prépare pour la rentrée des classes
dans les pensions, les collèges, les lycées et les
grands établissements publics. A la nouvelle éco-
le (Renseignement secondaire spécial de la rue
d'Angotilême-du-Temple, l'exposition, des des-
sins et cartes géographiques, exécutés par les
élèves sera, close le 5 octobre courant, la. rentrée
des classes étant fixée au lundi 7. '̃
les obsèques du docteur Véron
'Le docteur Véron avait exprimé dans son tes-
tament le désir que son convoi funèbre fût d'une
grande sîmplicité.
'Mais la.famille, par une pieuse infraction au
voeu du .défunt, a décidé que ses obsèques se-
raient' célébrées en grande pompe; c'est un hom-
mage de reconnaissance rendu à sa mémoire.
La famille du docteur Véron se compose de
Mme Leroy-Ladurie, sa soeur; de M. Leroy-Ladu-
rie, son neveu, et de Mm* 'Portier, sa nièce, dont
le mari est sous-chef du contentieux à la Banque
de France' ̃̃̃:̃̃̃.•.
Par son testament, M. Véron a institué M. Le-
roy-Ladurie son légataire universel, à la charge
d'acquitter les legs suivants
Douze mille francs de rente à M. Armand Bo-
hain, son filleul, fils du fondateur de l'ancien
Figaro' r
Vingt mille francs de capital à M. Meillot, son
ami intime;
Trente mille francs à Sophie, gouvernante de
sa maison;
Vingt Bulle francs Auguste, son valet de'
sliambre.
SU3U0SITÈS DE L'HISTOIRE ET DE'LA SCIENCE
Voir le Petit Journal des 13, 15, 16, Sa, 33,
30 mai, 5, 6, 13, 19, 20, 2'i, juin,
16.17, 26, N8, 31 juillet, 1er, 8, 9, 21 août,
2, h, l'h, 15, 20 et 21 septembre.)
.-xvim
LE CADAVRE D'UN NAVIRE
D'après les indications fournies par le docu-
ment écrit par les naufragés de la Jènny, Triai-
tus chercha le navire vers le nord de la falaise,
Il travers les énormes glaciers que le vent avait
chassés vers la côte. Ces recherches furent ex-
trament pénibles. Pour découvrir la mer, que
masquaient à chaque instant des blocs de glace
d'une hauteur prodigieuse, on devait grimper
sur tous les pics accessibles; et comme ceux-ci
étaient généralement les moins élevés, on ne dé-
couvrait, de leur cime, qu'un horizon' très limi-
té. Il fallait suivre à chaque instant de véritables
ruelles creusées dans la glace, et dont les pa-
rois pic, plus élevées que des maisons de six
étages, bornaient la vue dé tous côtés. Une foule
d'obstacles insurmontables arrêtaient aussi très
fréquemment les pas des explorateurs. C'était
tantôt une large et profonde crevasse qui s'ou-
vrait sous leurs pieds, tantôt un amas de neige
dans lequel ils s'enfonçaient jusqu'à la Ceintare,
et qui las forçait rétrograder..
It«et stipulé, croyons-nous, que ces deux der-
niers legs doivent être acquittés nets de tous
dtwpits.
Le docteur Véron a nommé M° du Rousset, no-
taire, saii légataire universel.
:docteur ;Vé"ron devaient être solennelles. En effet,
des ce matin, lésarcadesde laruëde Rivoli; à la
hauteur 'du n<> 939, àinsi^'que le' vestibule de la
maison rtiortnaire*' étaient tendus de 'draperies
noires'; au milieu delà cour, une chapeRe arden-
avait été ''̃' '̃̃̃'•
L'église Saint-Roch est également tendue 'de.
,'noir, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Le cata-
fa,l'que est sons le transept: Il est "entouré 'dô
grands candélabres gàrnisJdë boûgies'êt de lam-
et et surmonté d'un graiid baldaquin:
nèbre., les amis du docteur Véron se rendaient à
son domicile 'pour lui rendre les derniers de-
La cortège est parti de la maison' mortuaire à
midi.
Le deuil était contïuït par M. Leroy-Lad urie:,
neveu du défunt.
Les cordons du poêle
'Devirick,1 Didier, député an Corps législatif, Per-
rin, direcleurde 'l'Opéra, et BoniFace-Desmarelis^
secrétaire de la
Après le corbillard, traîne' par quatre chevaux
̃caparaçonnés et conduits à la main, marchaient
Sophie, sa Mêle gouvernante; Auguste, son va.-
et de chambre,, son .cocher.
Une foule énorme suivait le cercueil; toutes lés
notabilités du monde politique, littéraire et ar-
tistique avaient tenu à honnewr^ d'accompagner
le-docteur Véron à. sa dernière demeuTe.
Tout le, personnel de l?Qpéra 'assistait au seri-
vice religieux.
L'orchestre tout entier, dirigé, par M. Georges
.Hainl, a exécuté plusieurs morceaux; les choeurs
ont chanté un Deprofundis en faù'x-boùrdori.
Un Pie Jesu a trois voix, de M. Gevaert; et un
Q-saiutavis, de Cherubini, ont été chantés par
les artistes de l'Opéra.
Après le service religieux, le convoi s'est diri-
jgé vers le cimetière Montmartre, où le docteur a
.eté inliumé..
Plusieurs discours ont été prononcés sur sa
tombe. >
C'es£ le 7 octobre, à cinq heures du
soir, que sera close vement la souscrip-
tion; aiuc.pjirts de propriété du Petit Jour-
Ce's parts sont de 500 fr.; elles ont'rap-
porté, pour le dernier exercice, 70 fr. 77 q.,
soit plus de 1A
Les revenus,.depuis le ler juillet 1867,
sont acquis aux souscripteurs.
On verse 100 fr. en soascrivant, et le
reste de mois en mois.
On peut escompter 0/0 les termes
non échus.
Envoyeur les fonds par lettre chargée en
billets de banque ou en valeurs à. vue sur
Paris, au directeur du Petit Journal,
112, ruç de Richelieu. -a.,
Départements
L'Empereur a commué la peine capitaje^pro--
noncéo contre le nommé Lqnis-Nicolas1 -He.nne-
quin,,parta'cctar d'assises de l'Aisne, le'lGlkoût
1867, pour'crime d'infanticide, en celle des tra-
vaux forcés perpétuité.
On éorit de Nice au Journal des. Débats
L'ouverture de la dernière section du chemin
de fer de Paris à Lyon et la Méditerran;ée, de
Nice à la frontière d'Italie, est ajournée à une é-
poque indéterminée, par suite d'un grave acci-
dént.
Entre le cap et la promontoire escarpé
sur lequel est bâti Monaco, on avait pratiqué,
i sur une longueur de quatre-vingts mètres, une
« profonde tranchée..
1 Cette tranchée considérable étant établie sur
De temps en temps, afin de se faire entendre
des naufragés, si par hasard il en restait encore
sur la Jenny. les troishommes poussaient à la
fois des hourrahs formidables qu'ils faisaient
suivre d'une décharge simultanée de leurs' armes
à ,du,, les échos des glaciers su retentissements
prolongés, et particulièrement sonores, multi-
pliaient ces cris et grossissaient le fracas des ex-
plosions mais aucun autre bruit ne répondait à
ces fréquents aPpels.
Trinitus commençait à croire que non-seule-
jnéat l'équipage tout entier de la Jenny était
mort de misère et de froid, mais aussi que le na-
vire lui-même, écrasé probablement entre deux
banquises, avait disparu sous les flots.
Cependant, après trente-six heures de recher-
ches opiniâtres, Marcel, ayant escaladé une la-
laise que Nicaise et Triaitus considéraient comme
un excellent observatoire, un point noirâtre, en-
cadré par un champ de glace, frappa tout à coup
ses regards. Mais la distance qui le séparait de
ce point était si considérable, qu'il dut avoir re-
cours à la lunette de Trinitus pour déterminer
exactement ce qu'il voyait. 1
A peine avait-il porté à ses yeux l'instrument
d'optique, qu'aussitôt un cri dé victoire s'échappa
de sa poitrine
Je vois le navire). je vois la Jenny!
Les bravos et les clameurs enthousiastes <1e
Trinitus et de Nicaise accueillirent cette heureuse
nouvelle; les deux' marins s'assurèrent par eux-
mêmes de la position de la Jenny, serrée dans
les glaces comme dans un étau et la petite
troupe, joyeuse et alerte, se dirigea rapidement
l Tere le nçrire naufragé.
respondante à la montagne a cédé spus la pres-
sion deà terrains la base desquels le* videavait
été fait, et es terres, suivant l'impulsion deletli'
propre poids, ont glissé lentement vers lé Vîdêi
Le travail de dislocation est des plus curieux.
Des crevasses béantes, dé larges sillons, des' dé-
chiremènts. pareils à ceux d7un 'cratëre se font
remarquer sur ce versant.'Les terrains ofecupéf
par de hauts oliviers, étages' et soutenus pari là'
maçonnerie, s'eritr'ôuyrent et s'effondrent,
Des murs de soutènement ont 'fét£ con's'friîits.
'malgré le;àr Solidité; ils Ont' d'ài-iord' légêrernent
fléchi sous la pression constante'des terrss, màïsl
ils ont résisté puis on à décïdé la' construction
d'une "voûte1 très épaisse* sur le développeirientj
mètres. ♦
Sur cette voûte sera rejetée toute la zone des
terrains qui se désagrègent et se précipitent vers
la tranchée. ,Une fois cette voûte' achevée^ ce1 sera,
'nri tunnel ajouté, ai toùs'éèrii ''ouï ont été cons-
truits sur la section do Nice à Meiitoar .̃ '"̃
Cette section,'longue de piàs de 3ftkilométresJ
se développera presque constamment sur une
côte escarpée et dentelée, et rencontrera;, comme
,on le voit, de grandes difficûltés d'exécution. On
n'y comptera pas moins de'douze souterrains.
formant 5,350 mètres de longueur, dont un, 'ce!
lui de Villefranche, présente à lui seul une lon+
gueur de 1,500, mètres. '̃
Une locomotive routière à Lyon
Nous avons eu souvent l'occasion de parler des
essais d'établissement do locomotives traînant
plusieurs wagons sur les routes ordinaires. »
Samedi dernier; les, expériences olitétëN faite*
avec la locomotive routière de MM.! Dard -et G1*,
téressant deux, départements. • V.
Nous trouvons dans le Salut public l'émou1-
vaat récit de ce voyage d'essai
Le train, composé de deux omnibus Il deux
étages, est parti de l'Hôtel de vilUîâ trois heures
dix minutes. La première; de' ces" voitures avait'
reçu;'dans un compartiment-salon assez cônfoit-
table, M. te sénateur p-éfet du Rhône et MgrCal-
lot, évêque d'Oran.icconïpagnés *de M.le baron
de Metz, .secrétaire 'général, et de plusieurs au-
tres fonctionnaires. M. Francis de passage
Layon, faisait partie de ce ir.-i'm d'fionn'^irVUrlo
soixarttaine d'invités avaient pris''plac? dans tes
deux voitures. ̃̃•̃̃ ̃
Le train a '-suivi, :i In vi'tssso «lu petit- trof, la
rué Impériale, dans laquelle *rgeni.s de ville
avaient peine à empêcher la louii; de e précipi-
ter au-devant des roues de laiiii;ic!nm:. Il s'i.st en-
suite dirige', par la j;l:ice"iî'as'(.'oi'ileli'-rV. vers 'le
pont Lafayette, i l'e'nti-dft ''dnqwcl iihv halto 'do
quelques minutes a et'? par l'èncoiii-
brement des voitures; pùis.cf- pont .franchi sans
encombre, il a enfilé le cours Lat'nyetié et ïiitteinf
Villeurbanne, point extrême »ln tr:i j"t. ;an bout
.de trente minutes. La nionteV.
Le train, après une halte de. quelqufcs minutes,
pendant laquelle diverses manœuvres' on été
exécutées sous les yeux des invités et qui ont
prouvé la docilité de la machin': et la honte du
système d'attelages, qui permet aux voitures d'é-
voluer avec une'grande aisance, a repris le çhe-,
min de Lyon par'le cours de Brosses. Jusque-là
tput s'était passéde la'façpn là plus satisfaisante'
C'est à ptn'ne-si de temps Il autre quelques ché-
vanx avaient donne, au passage de leur concur-
rente de feret de feu, des signes d'inquiétude ai-
sément réprimés.
Mais au passage du pont de la Guillotière, l'im-
perfection fondamentale du système devait se
heurter contre un double écueil, qui l'a fait res-
sortir avec une évidence fâcheuse, et, qui plus
est, assez périlleuse.
A la montée de la rampe, la force d'adhérence
'de la machiné s'est trouvée en défaut sur, le pavé
sec et glissant; les roues ont patiné.;Les voya-
geurs ont dû descendre pour délester le train,
tandis que l'on jetait du sable et des escarbilles
au-devant des roues motrices pour leur donner
de laprise. Grâce à cette opération, la locomotive
a pu démarrer. Les voitures ayant été amenées
au point culminant du pont, les voyageurs ont
repris leur'place, et le train s'est remis en mar-
che d la descente.
A ce moment, la force d'adhérence de la ma-
chine s'est encore trouvée insuffisante. Poussée
Bientôt les trois compagnons entrèrent dans
la plaine glacée qui s'étendait perte de vue au-
tour de la Jenny; et dès-lors ils purent contem-'
pler tout à leur aise ce malheureux bâtiment.
C'était une frégate de l'aspect le plus misérable.
Ses mâts avaient été sciés au nivean dû pont, et
sa coque était toute bosselée par les chocs vio-
lents,des banquises et des glaçons au milieu des-
quels elle avait navigué. Ça et là, ses ilancs en-
tr'ouverts bâillaient et semblaient couverts de
plaies hideuses. Sur la glace, au pied du navin», j
avaient été abandonnés des fragments de plan-
ches, des lambeaux de voiles, des instruments de'
pêche, quelques outils à demi cachés sous la nei-
ge. Des bouts de corde pendaient de toutes parts;
une étroite échelle était dressée au-dessous d'une
écoutille ouverte.
Trinitus et.Nicaise, avant de monter, hélèrent
plusieurs fois l'équipage ils firent avec Marcel
le tour de la Jenny.; mais personne n'ayant ré-
pondu à leurs appels réitérés, ils se décidèrent
à grimper sur le pont.
Tout à coup Trinitus ayant curieusement re-
gardé par un sabord, pousse un cri de stupéfac-
tion et' d'effroi. Les deux amis voulurent voir,
après lui et ils aperçurent dans une cabine un
homme assis devant une petite table chargée de
registres et de papiers. Malgré la terreur secrète
qui s'empara d'eux à cette vue, les trois amis'
n'hésitèrent pas à continuer l'exploration qu'ils
avaient commencée et dès qu'ils furent parve-
nus sur le pont, ils s'empressèrent d'enlever la
neige accumulée à rentrée de l'escalier Ils des-'
cendirent dans les cabines*'avec un empressement
par .les ,dpux yoitures qui, la suivaient, dont le'
freins péùt-ptre manquaient do puissance, mai
qu'elfe aurait dû pouvoir maintenir, elle a dévi-
'sous leur impulsion et a fringàllë, suivait1 une
expression familière aux voituriérs, c'est-à-dire
que son train 4' arriére a glissé par, un moure-
ment de latéralité' qui l'a placée en travers de
pont.
;,La première
préfet, iMgrl'évêque d'Oran et les invités officiels,
butant brusquement contre lii machiné, à de mê-
me 'fringallé.; mais en sens inverse', et, èous l'imi-
pulsîoôde la vitesse acquise et de la ppussée de
,la voiture de queue, montant, sur le trottoir, est
•venueiheurteh de 6on .avant-train le ,'par,mej du
pont avec une force telle que lemonbiithe énorme
de pierre de Villebois, contre lequel elle adonné,
a'étéi-epduSsé en âmèrëa'ûn'dëcimèWé.' Sij au
Heu de rencontrer cette masse résistante, là voi-
ture avait heurta contre le garde-fou en fer qui
.règne dans la plus, grande, partie du pont, c'est-à-
dire si l'accident avait eu lieu à quarante centi-
mètres ̃plus^éri arrière^ oh ne s'ait trop ca'q'ui fût
arrivé,' et lerrécit d'une catastrophe terrible occu-
perait peut-être, ces col'ôhhës'.
La seconde voiture (celle pu nousi étions) a
subi'elle airs'si son mouvement de
téral, mais m'oins prononce, l'émotiijn de ceux
qu'elle conteliailj n'a pas été trop forte.
Cet événement avait amasse aux âbbrUs du
pont une foulé immense. Mais toutes les mesures
d'ordre ont été prises avec une grande projnpâ-
tudepàr M: le'séWtéur et; M; de ~bAetzl 'Les'voï-
et enl-
menéss.' La machine, à bout de sa provision
d'eau, a Su éteindre ses feux; Ônia pu la placer
dans une situatipn'qui permît la circulation sur
le pont, d'où elle est sortie cette nuîi.
Pérsonne n'a eu la plus petite confusion Ou
égiatignùrë. Les voitures elles-mêmes n'bntpoint
éprouvé dé graves avaries.
1 'En présence des résultats de l'estpérience,- M.!
te sénateur d'en référer à M. le
,ministre, 'et, en aïtendant la décision de Son. Ex-
cellence, a
̃i ̃̃ ̃ », ̃ .̃.
C'est aujoard"hm que parait
Le Petit Figaro i >r ii
Nouveau journal à 10 centimes.
On le trouvera dans tous les kiosques!
et chez tous les marchands de; journaux.
SOUVENIRS JUDI CI AIRES
r.es Drames des Taillaa.»»
LA GALLINE
Les chemins de fer ont 'fait- disparaître
presque entièrement les détrousseurs de
igfands chemins, Une bande de; ces auda-
cieux, voleurs vient de se montrer dans le
département des Bouches-du-Rhône; mais
c'est surtout aux fermes isolées qu'ils s'atta-
quent. La Yole publique ne leur onre pas as-
sez d'occasions de faire quelque importante
capture.
II y. a trente ans au contraire, a l'époque
où se sont passes les événements que nous
allons raconter,, les grandes routes, désertes
aujourd'hui, étaiéntjBOBstamment sillonnées
par les diligences, et lés arrestations à main
armée n'étalent pas rares. Le midi de pa
France surtout était infesté par les brigands,
dignes successeurs de G'àspard de. Besse et
des Francs-Routiers..
!'NotISi allons rappeler un des nombreux
épisodes de ces drames extraordinaires qui
jetaient [périodiquement la terreur dans les
campagnes, qui mettaient sur -pied la gen-
darmerie, la police ,1a troupe régulière, sans
1 mêlé d'une vive anxiété, et se .dirigèrent' d'abord
vers la chambre occupée par le mystérieux per-
1 sonnage qu'ils avaient aperçu à travers les vitres
Trinitus,ouvrit la porte l'homme, toujours im-
mobile, était assis à la même place. Le savant'
s'approcha de lui et prit sa main elle était raide
et glacée. Une moisissure verdâtre couvrait
ses lèvres pâles et voilait ses yeux; sa main
droite, appuyée sur là table; tenait une pfeme,
et un volumineux journal était ouvert devant
Pendant que Trinitus reconnaissait en trem-
blant que. ce malheureux avait été tue par le.
froid, Marcel ayant jeté les yeux sur les dernières
lignes que sa main avait écrites, lisait à haute
voix ce qui suit
« 17 janvier. H y a aujourd'hui 33 jours que
notre navire est enfermé dans les glaces. Notre
feu s'est éteint hier soir; et notre capitaine a vai-
nement essayé de le rallumer. Sa femme est
morte ce matin de froid et de faim, et cinq-hom-
mes'de l'équipage. Plus d'espoir I »
En entendant ces paroles, Trinitus jeta les
yeux sur le journal; mais tout à coup, reculais
épouvanté, il tomba dans les bras de Nicaise en'
poussant un clameur terrible.
Il venait d'apercevoir sur la table un coffret!
qu'il avait vu autrefois entre les mains de sa
fille, et sur lequel, en effet, le nom d'Alice était
éçrit en lettres d'or.
La tttite à dematn. <*>.J8TH>ï: koreïu
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