Titre : Procès-verbaux / Commission municipale du Vieux Paris
Auteur : Paris. Commission du Vieux Paris. Auteur du texte
Éditeur : Imprimerie municipale (Paris)
Date d'édition : 1921-04-30
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34437664t
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 12289 Nombre total de vues : 12289
Description : 30 avril 1921 30 avril 1921
Description : 1921/04/30 (N3). 1921/04/30 (N3).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001 Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k58203705
Source : Ville de Paris / Bibliothèque historique, BHVP, 2009-22757
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/12/2010
58
se trouva améliorée. Des voies de communi-
cation tracées dans les cultures par les soins
des détenteurs de fiefs devaient, au fur et à
mesure de leur développement, recevoir des
maisons d'habitation de plus en plus rappro-
chées.
L'administration des biens du domaine
royal, dans Paris même, avait été particuliè-
rement maladroite et malheureuse pendant
la première moitié du xvie siècle. De grandes
maisons dépendant de la couronne avaient
été abandonnées et restaient désertes. Les
trois grandes abbayes de la région de l'Uni-
versité et de sa banlieue mirent à profit lés
indécisions et la négligence des représentants
du pouvoir royal pour attirer sur leurs terri-
toires des censitaires susceptibles de faire
construire des maisons d'habitation avec
jardins spacieux, sur les champs de culture
sans grand rapport qu'elles possédaient. Les
voyers de ces abbayes avaient tout d'abord
-tracé des chemins de lotissement que nous
retrouvons dans nos vieilles rues des quar-
tiers de la rive gauche. Quelques maisons ne
tardent pas a s'élever, d'abord aux angles de
croisement de ces chemins ; des maisons
religieuses, dont les réformes-monastiques
du commencement du xvi° siècle ont favorisé
l'éclosion, se créent et se développent dans
cette région où le commerce et l'industrie
n'ont aucune emprise. C'est le faubourg
Saint-Germain qui naît.
La rue qui porte aujourd'hui le nom de
Visconti s'appelait, avant le décret du 21 août
1864, rue des Marais-Sainl-Germain ; toutefois,
il convient de remarquer, en passant, que ce
nom semble bien avoir été corrompu et qu'on
peut l'écrire Des Marelz, du nom d'un pro-
priétaire voisin, ainsi que certains plans
anciens le mentiomient. D'ailleurs, des actes
de 1548 donnent ce nom de Desmàrels, qui
est aussi rencontré dans un censier de 1595,
où -il est question de ia maison que Jean
Cousin avait dans celle rue :
« De Claude Alexandre et sa femme, ayant
les droits des héritiers, hoirs ou ayants cause
de feu messire Jehan Cousin painclre... s
On trouve une indication précise du nom
de rue Des Marels dans le. carton S-2857 —-
Archives nationales — où un magnifique
plan teinté, sur parchemin, porte l'indicalion
suivante : « Ce plan a été copié et tiré dans les
anciens plans de M. Gamard el autres voyers
de Saint-Germain-des-Prés, le 15 novembre
1.663. Ï
L'emplacement de la tour de Nesle y est
nettement indiqué, mais on ne voit pjus les
deux petits bras de Seine.
On doit tenir compte des -conslatations
faites par les chercheurs qui dépouillent les
tailles et les anciens censiers, desquelles il
résulte que la plupart des noms des rues dé
Paris, dont l'origine est très ancienne, rap-
-pellent des noms d'habitants, tout comme on
le remarque pour les lieux dits.
La rue Des Marels ou des Marais avait été
aménagée à la place d'un sentier Iraveisantie
Petit Pré-aux-Clercs, lequel se trouvait en-
clavé dans l'îlot formé, auprès des fossés de
Nesles, entre la peljte Seine, la Noue, l'abbaye
de Saint-Germain-des-Prés et la Seine.
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés s'était
trouvée, au milieu du xiv° siècle, dans une
condition d'insécurité nécessitant des travaux
de protection. Etienne Marcel avait organisé
l'aménagement d'un régime nouveau de forti-
fication de Paris : une double enceinte de
fossés avait, du côté de la ville, formé une
ligne de défense efficace que renforçaient les
bastilles établies au croisement des routes
cies faubourgs; les accroissements de Paris
du côté de larrive droite de la Seine avaient
débordé depuis longtemps la muraille de
Philippe-\ugusle et nécessitaient des moyens
de protection pour les agglomérations qui
s'étaient étendues dans la campagne du coté
du nord. Du côté de l'Université, au contraire,
la population ne s'était pas étendue et on ju-
gea suffisant, pour la proléger, de munir la
fortification construite sous Philippe-Auguste
de fossés larges et profonds, l.'usage que
l'on commençait à faire de l'artillerie en-
traînait à l'aménagement d'ouvrages de dé-
fense appropriés, que l'abbaye, située aux
abords de Paris, ne pouvait négliger. Aussi,
en 1368, il fut décidé de creuser, autour de
l'ancienne enceinte, un fossé, que lé voisi-
nage de la Seine devait permettre de remplir
d'eau. Une partie des terrains, sur.lesquels le
fossé fut pris, appartenait à l'Université, et-
l'abbaye qui dut les acquérir donna, en paye-
ment, entre autres, une terre de culture située
entre le fossé de l'abbaye et la !-eine, et se
trouvant du côté oriental à l'opposile du
Grand Pré-aux-Clercs. Le nom de Pelit Pré-
aux-Clercs lui fui attribué loul naturellement
el les étudiants s'inslallèrenl dans cette
annexe de leur promenade favorite. Le Petit
Pré-aux-Clercs était limité • au midi, par la
rue du Colombier, aujourd'hui rue Jacob, qui
longeait le fossé d'enceinte de l'abbave ; à.
se trouva améliorée. Des voies de communi-
cation tracées dans les cultures par les soins
des détenteurs de fiefs devaient, au fur et à
mesure de leur développement, recevoir des
maisons d'habitation de plus en plus rappro-
chées.
L'administration des biens du domaine
royal, dans Paris même, avait été particuliè-
rement maladroite et malheureuse pendant
la première moitié du xvie siècle. De grandes
maisons dépendant de la couronne avaient
été abandonnées et restaient désertes. Les
trois grandes abbayes de la région de l'Uni-
versité et de sa banlieue mirent à profit lés
indécisions et la négligence des représentants
du pouvoir royal pour attirer sur leurs terri-
toires des censitaires susceptibles de faire
construire des maisons d'habitation avec
jardins spacieux, sur les champs de culture
sans grand rapport qu'elles possédaient. Les
voyers de ces abbayes avaient tout d'abord
-tracé des chemins de lotissement que nous
retrouvons dans nos vieilles rues des quar-
tiers de la rive gauche. Quelques maisons ne
tardent pas a s'élever, d'abord aux angles de
croisement de ces chemins ; des maisons
religieuses, dont les réformes-monastiques
du commencement du xvi° siècle ont favorisé
l'éclosion, se créent et se développent dans
cette région où le commerce et l'industrie
n'ont aucune emprise. C'est le faubourg
Saint-Germain qui naît.
La rue qui porte aujourd'hui le nom de
Visconti s'appelait, avant le décret du 21 août
1864, rue des Marais-Sainl-Germain ; toutefois,
il convient de remarquer, en passant, que ce
nom semble bien avoir été corrompu et qu'on
peut l'écrire Des Marelz, du nom d'un pro-
priétaire voisin, ainsi que certains plans
anciens le mentiomient. D'ailleurs, des actes
de 1548 donnent ce nom de Desmàrels, qui
est aussi rencontré dans un censier de 1595,
où -il est question de ia maison que Jean
Cousin avait dans celle rue :
« De Claude Alexandre et sa femme, ayant
les droits des héritiers, hoirs ou ayants cause
de feu messire Jehan Cousin painclre... s
On trouve une indication précise du nom
de rue Des Marels dans le. carton S-2857 —-
Archives nationales — où un magnifique
plan teinté, sur parchemin, porte l'indicalion
suivante : « Ce plan a été copié et tiré dans les
anciens plans de M. Gamard el autres voyers
de Saint-Germain-des-Prés, le 15 novembre
1.663. Ï
L'emplacement de la tour de Nesle y est
nettement indiqué, mais on ne voit pjus les
deux petits bras de Seine.
On doit tenir compte des -conslatations
faites par les chercheurs qui dépouillent les
tailles et les anciens censiers, desquelles il
résulte que la plupart des noms des rues dé
Paris, dont l'origine est très ancienne, rap-
-pellent des noms d'habitants, tout comme on
le remarque pour les lieux dits.
La rue Des Marels ou des Marais avait été
aménagée à la place d'un sentier Iraveisantie
Petit Pré-aux-Clercs, lequel se trouvait en-
clavé dans l'îlot formé, auprès des fossés de
Nesles, entre la peljte Seine, la Noue, l'abbaye
de Saint-Germain-des-Prés et la Seine.
L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés s'était
trouvée, au milieu du xiv° siècle, dans une
condition d'insécurité nécessitant des travaux
de protection. Etienne Marcel avait organisé
l'aménagement d'un régime nouveau de forti-
fication de Paris : une double enceinte de
fossés avait, du côté de la ville, formé une
ligne de défense efficace que renforçaient les
bastilles établies au croisement des routes
cies faubourgs; les accroissements de Paris
du côté de larrive droite de la Seine avaient
débordé depuis longtemps la muraille de
Philippe-\ugusle et nécessitaient des moyens
de protection pour les agglomérations qui
s'étaient étendues dans la campagne du coté
du nord. Du côté de l'Université, au contraire,
la population ne s'était pas étendue et on ju-
gea suffisant, pour la proléger, de munir la
fortification construite sous Philippe-Auguste
de fossés larges et profonds, l.'usage que
l'on commençait à faire de l'artillerie en-
traînait à l'aménagement d'ouvrages de dé-
fense appropriés, que l'abbaye, située aux
abords de Paris, ne pouvait négliger. Aussi,
en 1368, il fut décidé de creuser, autour de
l'ancienne enceinte, un fossé, que lé voisi-
nage de la Seine devait permettre de remplir
d'eau. Une partie des terrains, sur.lesquels le
fossé fut pris, appartenait à l'Université, et-
l'abbaye qui dut les acquérir donna, en paye-
ment, entre autres, une terre de culture située
entre le fossé de l'abbaye et la !-eine, et se
trouvant du côté oriental à l'opposile du
Grand Pré-aux-Clercs. Le nom de Pelit Pré-
aux-Clercs lui fui attribué loul naturellement
el les étudiants s'inslallèrenl dans cette
annexe de leur promenade favorite. Le Petit
Pré-aux-Clercs était limité • au midi, par la
rue du Colombier, aujourd'hui rue Jacob, qui
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