Titre : Procès-verbaux / Commission municipale du Vieux Paris
Auteur : Paris. Commission du Vieux Paris. Auteur du texte
Éditeur : Imprimerie municipale (Paris)
Date d'édition : 1921-04-30
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34437664t
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 12289 Nombre total de vues : 12289
Description : 30 avril 1921 30 avril 1921
Description : 1921/04/30 (N3). 1921/04/30 (N3).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001 Appartient à l’ensemble documentaire : BvdPrs001
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k58203705
Source : Ville de Paris / Bibliothèque historique, BHVP, 2009-22757
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/12/2010
— 69 —
puisqu'elles ne furent démolies "qu'en 1852.
La partie du Ponl-Neuf représentée dans sa
composition, allant du terre-plein central à la
rive droite, est complètement débarrassée de
ces édicules, alors que l'on devrait logique-
ment en voir au moins trois ou quatre, el
aussi un, au premier plan, au coin du quai
de l'Horloge, où se dresse la lente des enrô-
lements.
Et pourtant, Edouard Détaille était un éru-
diL et faisait même partie de la Commission
du Vieux Paris; c'est ainsi que, pour la com-
position de ce tableau, il fil connaître qu'il
avait consulté des quantités d'estampes el lu
de nombreux mémoires du temps (1).
Voici, enfin, une grande peinture murale,
par Henri Gervex, représentant la Foire Saint-
Laurent, toile placée au-dessus de la porte
du grand foyer du nouvel Opéra-ComLque.
Au premier plan est un théâtre en plein
vent, peut-être le théâtre de Nicolel, sur la
plate-forme duquelColombine,Pierrot el Arle-
quin exécutent des pitreries devant un public
du temps de Louis XV.
Nous ne dirons rien de la perspective de la
foire, dans laquelle se voient des maisons à
pans de bois el à pignons élancés qui n'exis-
taient peut-être plus au xvnr siècle; mais le
curieux est de voir émerger, au fond de la
toile, le beau portail en pseudo-gothique de
l'église Saint-Laurent, avec sa flèche, son pi-
.gnon pointu et ses pinacles, que l'architecte
Conslanl-Dufeux.construisit de 1862 à 1866, à
la place de l'ancienne façade en style jésuite,
genre Saml-Roch, qui était celle existant à
l'époque delà célèbre foire représentée par le
peintre.
Certes, nous ne ferons pas aux grands artis-
tes dont il s'agit ici l'injure de penser qu'ils
ne savaient pas,«n établissant leurs esquisses,
qu'ils allaient mettre, sous les yeux du public,
des architectures n'existant pas à l'époque des
épisodes qu'ils représentaient. Ils n'igno-
raient pas plus que nous que ces architectures
étaient figurées'dans une infinité d'estampes
dulemps, aussi authentiques, aussi documen-
taires que possible-, à leur portée, comme à la
portée du moindre chercheur.
Il faut donc en conclure qu'ils avaient d'au-
tres préoccupations que celles de la rigou-
reuse et exacte figuration du sujet traité et
que, chez eux, le souci du pittoresque de la
composition rêvée l'emportait sur toute autre
considération d'ordre historique.
Celle curieuse constatation ne saurait tirer
à conséquence, ni amoindrir le talent de ces
maîtres, consacré par tant de belles oeuvres;
elle prouve seulement qu'il n'y a pas grand'-
chose de changé dans la documentation artis-
tique depuis les temps déjà lointains où les
peintres des xva et xvie siècles faisaient gar-
der le calvaire de Jésus-Christ par des légion-
naires romains cosLumés en reitres allemands
ou couverts d'armures maximiliennes.
Lucien LAMBEAU.
M. Victor Perrot rappelle combien
d'erreurs énormes se rencontrent dans les
estampes anciennes. Le Palais Royal est re-
présenté, dans une estampe de 1780, avec un
dôme, tel qu'il devait, être.
M. Louis Bonnier dit que la fantaisie
des anciens illustrateurs ne connaissait pas
de limites. Bien souvent, les projets étaient
reproduits au lieu et place de la réalité. Tout
lé monde connaît les reproductions d'art arti-
ficielles de l'ordonnance symétrique de la
place Dauphine.
18. — Communication de M. Paul
Marmottan sur l'hôtel Eotterel-
Quintin-d'Aumont, 44, rue des
Petites-Écuries.
M. Paul Marmottan donne lecture de
la communication suivante :
I
11 est toujours très ardu d'identifier avec
perfection un vieil hôtel historique ou d'in-
térieur artistique comme celui-ci, parce que,
quoi qu'on fasse, quelques recherches appro-
fondies auxquelles on se voue, le temps a fait
son oeuvre : tempus edaxrerum.
Il est bien rare que tous les papiers, sans
exception, le concernant, depuis les siècles
écoulés, aient été liasses et conservés dans les
familles en vue-de la postérité; a fortiori
quand ces familles sont éteintes.
Eu France, où l'esprit est léger, y pense-
1-on seulement ? Quelques-uns, oui, peut-
être; mais combien d'autres, c'est-à-dire la
plupart, sont indifférents ou ignorants sur
ces questions ! C'est là un des grands ccueils
(•1) L'Hôtel de Ville de Paris (1535-1905), par Ma-
rius Yachon. Paris, Plon-Nourrit, 1905, p. 201.
puisqu'elles ne furent démolies "qu'en 1852.
La partie du Ponl-Neuf représentée dans sa
composition, allant du terre-plein central à la
rive droite, est complètement débarrassée de
ces édicules, alors que l'on devrait logique-
ment en voir au moins trois ou quatre, el
aussi un, au premier plan, au coin du quai
de l'Horloge, où se dresse la lente des enrô-
lements.
Et pourtant, Edouard Détaille était un éru-
diL et faisait même partie de la Commission
du Vieux Paris; c'est ainsi que, pour la com-
position de ce tableau, il fil connaître qu'il
avait consulté des quantités d'estampes el lu
de nombreux mémoires du temps (1).
Voici, enfin, une grande peinture murale,
par Henri Gervex, représentant la Foire Saint-
Laurent, toile placée au-dessus de la porte
du grand foyer du nouvel Opéra-ComLque.
Au premier plan est un théâtre en plein
vent, peut-être le théâtre de Nicolel, sur la
plate-forme duquelColombine,Pierrot el Arle-
quin exécutent des pitreries devant un public
du temps de Louis XV.
Nous ne dirons rien de la perspective de la
foire, dans laquelle se voient des maisons à
pans de bois el à pignons élancés qui n'exis-
taient peut-être plus au xvnr siècle; mais le
curieux est de voir émerger, au fond de la
toile, le beau portail en pseudo-gothique de
l'église Saint-Laurent, avec sa flèche, son pi-
.gnon pointu et ses pinacles, que l'architecte
Conslanl-Dufeux.construisit de 1862 à 1866, à
la place de l'ancienne façade en style jésuite,
genre Saml-Roch, qui était celle existant à
l'époque delà célèbre foire représentée par le
peintre.
Certes, nous ne ferons pas aux grands artis-
tes dont il s'agit ici l'injure de penser qu'ils
ne savaient pas,«n établissant leurs esquisses,
qu'ils allaient mettre, sous les yeux du public,
des architectures n'existant pas à l'époque des
épisodes qu'ils représentaient. Ils n'igno-
raient pas plus que nous que ces architectures
étaient figurées'dans une infinité d'estampes
dulemps, aussi authentiques, aussi documen-
taires que possible-, à leur portée, comme à la
portée du moindre chercheur.
Il faut donc en conclure qu'ils avaient d'au-
tres préoccupations que celles de la rigou-
reuse et exacte figuration du sujet traité et
que, chez eux, le souci du pittoresque de la
composition rêvée l'emportait sur toute autre
considération d'ordre historique.
Celle curieuse constatation ne saurait tirer
à conséquence, ni amoindrir le talent de ces
maîtres, consacré par tant de belles oeuvres;
elle prouve seulement qu'il n'y a pas grand'-
chose de changé dans la documentation artis-
tique depuis les temps déjà lointains où les
peintres des xva et xvie siècles faisaient gar-
der le calvaire de Jésus-Christ par des légion-
naires romains cosLumés en reitres allemands
ou couverts d'armures maximiliennes.
Lucien LAMBEAU.
M. Victor Perrot rappelle combien
d'erreurs énormes se rencontrent dans les
estampes anciennes. Le Palais Royal est re-
présenté, dans une estampe de 1780, avec un
dôme, tel qu'il devait, être.
M. Louis Bonnier dit que la fantaisie
des anciens illustrateurs ne connaissait pas
de limites. Bien souvent, les projets étaient
reproduits au lieu et place de la réalité. Tout
lé monde connaît les reproductions d'art arti-
ficielles de l'ordonnance symétrique de la
place Dauphine.
18. — Communication de M. Paul
Marmottan sur l'hôtel Eotterel-
Quintin-d'Aumont, 44, rue des
Petites-Écuries.
M. Paul Marmottan donne lecture de
la communication suivante :
I
11 est toujours très ardu d'identifier avec
perfection un vieil hôtel historique ou d'in-
térieur artistique comme celui-ci, parce que,
quoi qu'on fasse, quelques recherches appro-
fondies auxquelles on se voue, le temps a fait
son oeuvre : tempus edaxrerum.
Il est bien rare que tous les papiers, sans
exception, le concernant, depuis les siècles
écoulés, aient été liasses et conservés dans les
familles en vue-de la postérité; a fortiori
quand ces familles sont éteintes.
Eu France, où l'esprit est léger, y pense-
1-on seulement ? Quelques-uns, oui, peut-
être; mais combien d'autres, c'est-à-dire la
plupart, sont indifférents ou ignorants sur
ces questions ! C'est là un des grands ccueils
(•1) L'Hôtel de Ville de Paris (1535-1905), par Ma-
rius Yachon. Paris, Plon-Nourrit, 1905, p. 201.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 95.82%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 95.82%.
- Collections numériques similaires Simond Paul Simond Paul /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Simond Paul" or dc.contributor adj "Simond Paul")Simond Henry Simond Henry /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Simond Henry" or dc.contributor adj "Simond Henry")
- Auteurs similaires Paris Paris /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Paris" or dc.contributor adj "Paris")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 17/60
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k58203705/f17.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k58203705/f17.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k58203705/f17.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k58203705/f17.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k58203705
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k58203705
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k58203705/f17.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest