Titre : Le Matin : derniers télégrammes de la nuit
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1935-05-12
Contributeur : Edwards, Alfred (1856-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 12 mai 1935 12 mai 1935
Description : 1935/05/12 (Numéro 18679). 1935/05/12 (Numéro 18679).
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/06/2008
-̃4
̃ LE MATIN
WAGNER ET LE DOUANIER
A ceux qui, taépignant d'impatience,
désirent brûler les étapes afin d'arriver
plus vite au poteau de la renommée,
il faut conseiller la lecture édifiante des
lettres françaises de Richard Wagner.
Us verront un grand homme aux prises
avec l'adversité, luttant pied à pied pour
caser sa musique et gagner sa quotidien-
ne pitance ils assisteront aux rancoeurs,
aux phobies, aux disputes, à la signature
des billets d'emprunt force, aux que-
r«Ues d'un des plus grands génies musi-
c£ux du monde. Ils comprendront peut-
Litho de Daumier montrant les réactions
des premiers auditeurs de «Tànhhauser»
être qu'il est nécessaire de prendre son
mal en patience et qu'on n'est Heureux
que par comparaison et ils se rendront
compte que les conditions d'existence, il
y a soixante-quinze ans; étaient presque
.aussi difficiles que maintenant et, que
pour percer il est indispensable de faire
;ce que les coureurs cyclistes appellent
du « sur place
Wagner qui, à ses instants perdus dé-
'testait la. Franche et fut le précurseur,
avèc. Gobineau,! du mouvement., aryen
cher au chancelier actuel d'Allemagne,
était pourtant invincibleinent, attiré par
ce pays qu'il haïssait si souvent. Il cher-
chait toujours à y revenir, il adorait
Paris et. si la question du pot au feu
n'avait fréquemment domine ses préoc-
cupations il se serait peut-être fixé sur
qe sol tant-décrié. Ne commehça-t-11 pas
les Maîtres chanteurs sur les bords de
la. Seine ? Le sort l'eût-il voulu qu'il les
eût terminées en, Avignon ou ailleurs.
M. Julien Tiersot vient :de recueillir,'
sous le titre Lettres -françaises de Ri-
chard Wagner; toute une correspondance
rédigée enr français par l'immortel mu-
sicien allemand. Cette correspondance,
à laquelle sont accrochées maintes anno-
tations du commentateur et de nom-
breuses explications, est intéressante au
possible. Elle nous permet de suivre, au
jour le jour l'existence tourmentée et
vagabonde du compositeur, de connaître
par le menu ses amitiés et ses haines, sa
versatilité aussi et son égoisme. Elle a
le mérite d'être impartiale, c'est un
agenda épistolaire que les wagnériens et
les autres consulteront avec plaisir, car
il éclaire d'une lueur précise la biogra-
phie du héros et nous donne de précieux
renseignements sur les poètes, les mu-
siciens, les gens de théâtre du siècle
dernier.
Sait-on, par exemple, qu'en 1859, lors-
que Richard s'installa à Paris avec sa
femme Minna, un de ses premiers amis
fut un douanier ? Mais oui, un douanier
qui lui facilita le dédouanement de son
mobilier qu'il .avait fait venir de Suisse
où il résidait précédemment. Le fait de
dédouaner un mobilier était, sous le Se-
cond Empire, aussi compliqué qu'aujour-
d'hui, et Wagner, s'il n'avait trouvé en
face de lui un fonctionnaire wagnérien,
eùt sans doute piqué une de ces colères
Gni eussent été nuisibles à sa santé
Ce douanier s'appelait Emile Roche, il
avait été élève d'une classe de violon
au Conservatoire, mais ce métier ne
nourrissant déjà pas son homme, il avait
du adjoindré à son instrument d'autres
cordes il était poète et Victorien Sar-
dou devait préfacer un de ses ouvrages,
mais c'était la Gabelle qui faisait bouil-
lir la marmite.des Muses il connais-
sait l'oeuvre du musicien allemand et
devint son ami. Lorsque Richard, après
maints démêlés fameux; fit recevoir son
X.annhâuser 1'Opéra; ce fut le douanier
qui commença à adapter le livret de ce
çhefrd'œuvre. Il ne l'acheva pas car
plusieurs' librettistes lui furent ad-
joints et. en définitive, lors de l'écrou-
lement de la pièce à Paris ne. fut-
elle pas retirée de l'affiche après trois
représentations mémorables -? l'opéra
était signé du seul nom de Wagner 1
La préoccupation constante du maes-
tro était l'argent. Le nerf de la guerre
l'énervait considérablement. Que de
lettres de sollicitation, écrites en style
quémandeur, que de tracas dans
'ces courtes, missives Si ce génie musi-
cal n'avait eu autour de lui quelques
amis sûrs et faciles à la détente, s'en
serait-il tiré ? Voici le passage d'un en-
.vpi adressé à Victor Coçhinat, journa-
liste de l'époque, et dans lequel il crie
;son amertume et son dépit
A Victor Cochinàt,
Paris, le 25 mars 1861.
Vous me demandez, pour la Causerie,
dont vous êtes l'intelligent directeur,
une lettre publier. Je vous prie de
bien vouloir m' excuser de ne vous en
envoyer qu'une pettte, où je vous re-
1nercie sincèrement <]e votre article,
mais ?e vous prie instamment de ne
pas publier celle-ci. Car après tout ce
qui s'est passé; je ne verrais que des
inconvénients si vouy me sor-
tir de l'ombre où un injuste sort m'a
jeté après la chute de Tannhâuser. Je
vous avoue/ monsieur, que je suis fort
étonné de l'attitude, des Parisiens, et
surtout de celle' des abonnés de l'Opéra.
C'est peut-être ma faute, car M: le di-
44 Feuilleton du MATIN du 12 mai 1935
XXIII (suite)
Vous prendrez toutes dispositions uti-
les pour que quatre feux de piaille y soient allumés,.
une heure environ avant l'arrivée de S. M. Catho-
lique, que vous ramènerez du Beiri. Ce sera le si-
gnal de reconnaissance. Dès que M. Westphall ou
moi, nous verrons brûler ces feux, noues mettrons
une chaloupe à°la mer, pour aborder, au point où
vous aurez débarqué. Le commandant de cette
chaloupe, en arrivant à portée de voix du rivage,
criera trois fois « Hoé1 ». Vous répondrez qua-
tre fois de suite « Pi. ho ». Alors la chaloupe
abordera. L'officier, sous les ordres de qui elle évo-
luera, né fera embarquer, qu'après avoir reçu le
mot de passe, qui sera « Georges et Ferdinand. »
Pour montrer qu',il les avait bien comprises, Kol-
Il répéta' les instructions du commandant.
SI l'évasion, poursuivit celui-ci, ne peut avoir
lieu-avant trois semaines, ce qui est possible, vous
enverrez jusqu'à moi, par les moyens ci-devant
précisés, M. Saint-Bonnet. Arrivé à mon bord. ce-
lui-ci» me fera part des obstacles que vous aurez
Toutes reproductions interdites en tous 'pàys, Cogy-
right by Pierre CKanlainei935.
recteur de l'Opéra m'avait averti que
ses abonnés avaient ùesoix d'un ballet
pour digérer leurs dîners. Je croyais
d'abord que c'était une plus ou moins
bonne plaisanterie. HéLas 1 ce n'était
que trop vrai. Et je suis, comme lui,
persuadé que je suis à jamais exclu
des théâtres français. Car ce qui s'est
passé le jour de ma première se répé-
terait éternellement et partout en Fran-
ce. Est-ce que les badauds du boulevard
ne chantent pas ma chute, est-ce que
les crieurs des rues ne vendent pas'des
sifflets Wagner ?
Et on me dit que ce n'est pas fini I
On me jouerait aus revues de fin d'an-
née et quelques personnes ignobles
m'écrivent des lettres hideuses. Seule-
ment, j'étais très touché de la présence
de Sa Majèsté l'empereur' et de Sa
Majesté l'impératrice qui sont même ve-
nues le secoxd jour. Mais ma chute était
voulue, voulue.
Curieuse lettre, n'est-ce pas ? Et il a
fallu des années pour que la postérité
portât au.pinacle Richard Wagner, que
personne ne discute plus aujourd'hui
COULEUR, FROID
ET LUMIÈRE
De. toutes les propriétés des corps, !a
couleur est certainement celle qui
attire le plus l'attention nous sa-
vons que les corps ne sont pas colorés
par eux-mêmes, qu'il n'ont pas de
couleur propre, mais qu'ils possèdent
la propriété de décomposer la-lumière
blanche qui les éclaire, en réfléchis-
sant, d'une manière inégale, .les dif-
férentes radiations dont cette drnière
est formée. Les corps qui réfléchissent
également bien toute3 les couleurs su
spectre solaire sont blancs ceux qui
n'en réfléchissent aucune sont noirs
le noir n'est donc pas en réalité une
couleur, mais la négation de toute
couleur.
Par contre, il est bien moins connu
que la couleur apparente d'un., corps
dépend étroitement de Îa structure in-
time de la matière de ce dernier. Par
suite,.les modifications subies par cette
structure peuvent avoir comme con-
séquence d* curieux*' changements de
colorations.
Ainsi, l'immersion d'une substance
dans un gaz liquéfié (air, hydrogène,
oxygène) détermine, cause du froid
intense, une notable contraction mo-
léculaire. La fleur de soufre devient;
blanche comme de l'amidon. Une
feuille de papier rougie par le biiodure
de mercure devient jaune. Par réchauf-
fement, elle reprend sa couleur initia-
le. Un crayon rouge subit la même
modification temporaire, due au ver-
millon qu'il contient. Si quelque fa-
bricant économe avait eu recours au
minium pour le colorer, il ne faudrait
d'ailleurs pas compter sur l'air liqui-
de pour decouvrir la fraude, car à cet
égard, le minium se comporte de la
même façon que le vermillon.
Si l'on plonge dans l'air liquide un
tube contenant une solution alcoolique
de chlorhydrate de rosaniline, on
obtient un affaiblissement notable de
l'intensité de la couleur rouge et il
apparaît, en .même temps,, une belle
fluorescence jaùne-verdâtre. Les sels
d'hexaméthyl-rosanîline présentent un
phénomène identique la couleur
violette s'affaiblit et une fluorescence!
brune apparaît. Dé même, les solutions
alccoliques d'éosine perdent, par l'ac-
tion du froid, leur couleur rosé par
transparence,, tandis que la couleur de
fluorescence reste inaltérée.
Certains,corps phosphorescents, com-
me le sulfure de zinc, prennent, lors-
qu'on les soumet à l'action de la lu·
mière (ultra-violette'surtout), à la tem-
pérature de l'air liquide, une phos-
phorescence bien plus intense qu'à La
température ordinaire:- A ce sujet, M
Georges Claude rapporte l'expérience
suivante un tampon .de coton impré-
gné dans sa masse de sulfure de zinc,
plongé dans l'air liquide, puis retiré
et exposé aux radiations d'une lampe
à vapeurs de mercure,. devient très lu-
mineux si on manipule ce coton en-
core imbibé d'air liquide, de manière à
en faire sortir des parcelles de sul-
fure, ces parcelles, en arrivant à l'air
extérieur, émettent pendant un court
instant une lueur beaucoup plus vive
encore, et on obtient ainsi une vraie
pluie de feu d'un beau jaune verdâtre.
Il semble que le réchauffement' brus-
que que *'bissent ces parcelles en
arrivant au contact de l'air extérieur,
provoque l'émission en bloc de tout
l'excédent d'énergie lumineuse, accu-
mulé grâce au froid pendant l'irra-
diation.
Le platinocyanure d'ammonium pré-
sente un phénomène analogue c'anis
l'air liquide, il est peu phosphores-
cent. mais si l'on renverse le bain
réfrigérant, les cristaux se réchauffent.
promptement et, suivant l'expression
de Dewar, u brillent comme des lam-
L'explication de tous ces faits est
souvent difficile à donner. A peine
peut-on citer quelques lois partielles,
applicables à certains groupes de corps
ou à certaines particularités des phé-
nomènes.
Roger Simonet.
rencontrés. Je m'arrangerai, alors, pour faciliter
votre mission autant que je le pourrai.
Kolli affirma que ces mesures lui paraissaient
aussi simples que sages, Flatté de cette approba-
tion, Cockburn le remercia et, levant soudain l'in-
Je vous rappelle, dit-il, que vous avez promis
au marquis de Wellesley d'éviter les grands centres
et de ne pas passer par Paris.
Cette promesse, assura Kolli, sera loyalement
tenue, comme toutes celles qui ont été faites à Sa
Seigneurie. 1
Alors, monsieur, je n'ai plus rien à vous dire,
Allons diner
Ils firent honneur aux mets que leur avait pré-
parés le cuisinier. L'air marin avait excité leur ap-
pétit. Au dessert, le baron ne résista pas au désir
de .montrer, aux officiers du bord, l'épée dont lui
avait fait présent Lord Wellesley.
Et, comme ceux-ci le félicitaient, Kolli étendit
la main au-dessus d'elle et, d'une voix solennelle,
prononça ses mots
Je jure devant vous, messieurs, sur cette épée,
de sacrlfler ma vie pour la réussite de la mission
que S. A. R. le duc de Kent et Sa Seigneurie le
marquis de Wellesley ont bien voulu me confier.
Puis, à pleins poumons, il s'écria
Vive le roi Ferdinand VII
Réunis autour de la table du commandant, les
assistants applaudirent et répétèrent, en chœur,
ce vivat.
A 10 heures du soir, le commandant fit armer
deux chaloupes. Dans l'une devaient prendre place
le lieutenant Westphall, Kolli et Saint-Bonnet.
Dans l'autre on projetait d'entasser quelques ma-
telots, armés de fusils, afin de riposter à une atta-
que éventuelle, venue de la côte.
Après quoi, Cockburn s'avança, avec les deux
Français, vers la coupée, et leur serra chaleu-
reusement la main, en leur souhaitant bonne
,chance.
Les deux embarcations s'approchèrent à la ra-
-LA'. il /ZaV r\ N
Les derniers clients, leur dîner
achevé. se levaient et abandon-
naient la salle du restaurant. Le
patron s'approcha de la caisse et
dit à Odette qui y trônait à deux
marches au-dessus du sol
Je crois Mademoiselle, que vous
êtes bien loin d'ici.
Odette, qui était immobile, les
yeux fixes et comme sans objectif,
tressaillit et répondit
Oh excusez-moi, monsieur.
-J'espère que vos pensées étaient
agréables, Je suis obligé pourtant
de les interrompre pour des raisons
bien terre à terre. Voici le menu
du déjeuner de demain.
Et il lui remit un papier couvert
-de lignes inégales. C'était à Odette
qu'était confiée la mission de copier
la carte, car elle avait une jolie écri-
ture. Son texte était ensuite repro-
duit à de nombreux exemplaires par
un multiplicateur.
Merci, monsieur, fit-elle en
prenant le papier et en le plaçant
devant elle.
Les pensées que venait d'inter-
rompre le patron n'étaient pas pré-
cisément aqxéables, puisque c'é-
taient celles d'une
jeune e personne
qui comptait en
finir avec la
vie le lendemain.
Car Odette esti-
mait qu'elle
n'avait plus rien
à faire sur la
terre.
Quand on a at-
teint les limites
extrêmes du déses-
poir, on n'a plus
qu'à disparaître.
Ah Odette avait
été bien inspirée,
le matin où son
regard s'était posé
machinalement
sur un client qui mangeait seul
Rien ne l'aurait distingué pour elle
des autres hommes attablés de côté
et d'autre, si, au même moment, il
ne l'avait regardée à son tour. Elle
avait immédiatement baissé la tête;
mais un flot de sang lui était monté
au visage. Pourquoi avait-elle été
ainsi troublée ? Cet homme était-il
particulièrement beau ou séduisant?
Assurément non. Il était plutôt bien
que mal, sans: rien qui le désignât
à l'attention. Son attitude, ses ges-
tes indiquaient un personnage com-
me il faut, qui ne se fait point re-
marquer Alors, pourquoi cette agi-
tation impcrtune ? Pourquoi avait-
il suffi à Juliette de voir Roméo ?
L'éternelle histoire.
Odette ne savait même pas si ce
jeune homme était ou non un habi-
tué. A l'heure du diner, elle ne put
s'empêcher d'observer furtivement
la table qu'il avait occupé au dé-
jeuner. Il y était assis, et, une
deuxième fois, leurs regards, l'es-
pace d'une seconde, se rencontrè-
rent. Odette ne rougit pas elle pâ-
lit, au contraire, tandis que ses
mains devenaient glacées.
Le client ne manquait aucun des
deux repas.. De temps à autre,
Odette et lui échangeaient de courts
regards sans expression. Odette sa-
vait qu'elle n'aurait jamais su en
mettre une dans les siens. Et elle
voyait qu'il n'y en avait aucune dans
ceux qui l'effleuraient à peine.
C'était fort bien ainsi. Elle se trou-
vait parfaitement heureuse. Si le
jeune homme avait jamais tenté de
LES, I_. I-VR, ES S
LA MAISON DES TROIS VEUVES, par Hen-
ry Deberly. Trois femmes, aïeule,
grand'mère, mère, peuvent-elles élever
un garçon avec assez de compréhension,
d'intuition, d'autorité pour lui éviter les
graves crises de l'adolescence. Henry
Deberly le nie. Il le fait non point de
façon directe mais par le truchement
d'une confession. C'est un jeune homme
qui se raconte, qui dépeint sa vie dans
une vieille maison familiale d'Amiens,
au sein d'une famille dont le seul élé-
ment masculin est lui-même, c'est-à-dire
un enfant, puis un adolescent. Malgré
la bonté, l'intelligence, l'effort de libé-
ralisme que sa mère apporte à l'élever,
il se sent étouffé peu à peu, souffre
d'une inquisition puérile, d'une sollicitu-
de maladroite. Or, il ne s'évade guère
que par une liaison voyante mais qui
vaut au lecteur un beau portrait de fem-
me facile, pleine de générosité et capa-
ble de sacrifice. Partant d'un cas per-
me, sans rencontrer aucun obstacle, jusqu'à tren-
te mètres du rivage. Comme la marée était basse,
le lieutenant Westphall, craignant de les voir
échouer, s'il prescrivait de trop pousser dé l'avant,
ordonna aux matelots, après avoir lui-même donné
l'exemple, de se mettre à la mer. Kolli et Saint-
Bonnet furent ainsi portés, à bras, jusqu'à la côte.
Le débarquement se fit dans un silence parfait.
Le baron et son secrétaire prirent congé du lieute-
nant Westphall, et s'avancèrent vers l'est, tandis
que les Anglais regagnaient leurs chaloupes.
La marche, dans les terres boueuses, couvertes
de flaques d'eau, coupées fréquemment de fossés
larges et profonds et de haies qu'il fallait fran-
chir, fatiguait beaucoup les deux hommes. On était
en période de nouvelle lune. Dans la nuit noire, il
était malaisé de se guider. Nerveux, angoissé, Koi-
li voulut prendre, à sa gauche, le premier chemin
qui s'offrait à lui: Plus calme, Saint-Bonnet, après
avoir observé la direction du vent et le bruit des
vagues, conclut qu'ils longeaient la côte au lieu de
s'en éloigner. Il tenta de montrer à Kolli son er-
reur; en ajoutant que s'il persistait à suivre ce
chemin, parallèle à la mer, le jour pourrait bien
les surprendre en-pleine zone de surveillance. Mais
le baron s'obstina dans son idée. Rebuté par cet
entêtement, qui pouvait être fatal, Saint-Bonnet,
sans rien dire, prit alors une détermination, de la-
quelle il attendait le salut. Au bout d'une centaine
de mètres de marche pénible, il se laissa tomber
dans un champ, comme un être accablé de lassi-
tude et indisposé.
Le baron, qui ne s'aperçut pas avant un quart
d'heure, que son compagnon n'était plus à son
côté, rebroussa chemin dans là plus vive inquié-
tude et, après avoir fait ,en arrière, quatre cents
pas environ, il retrouva Fernand gisant sur le
sol. Il le ranima avec quelques gouttes d'un cor-
dial que, par précaution, il avait emporté
dans la poche de son habit, le supplia de reprendre
courage, et de le suivre.
lui parler, s'il avait seulement ébau-
ché un sourire, le charme eut été
rompu par une vertueuse indigna-
tion. Tout était fort bien ainsi.
Or, un jour, Roméo avait paru,
accompagné par une jeune femme
fort jolie. Odette sentit que quelque
chose se brisait en elle. Ils avaient
causé ensemble avec un aimable
abandon, sans qu'il regardât Odette
une seul- fois. Ah il n'aurait plus
manqué qu'il la regardât Pourtant,
il ne l'avait pas regardée.
Ils revinrent à tous les repas ils
ne se quittaient plus. Ils se regar-
daient les yeux dans les yeux. Odet-
te éprouva la sensation d'une atro-
ce et incurable solitude. Sa vie était
brisée. Mieux valait disparaître. Voi-
là pourquoi elle avait résolu d'arrê-
ter le cours de ses jours. Avec quel
ravissement, tout à l'heure, une fois
rentrée, elle se coucherait, après
avoir ouvert les robinets du gaz
En attendant, il lui fallait rem-
plir sa fonction jusqu'au bout
et' copier la carte du lendemain, la
dernière carte qu'elle aurait à pré-
parer. En transcrivant la nomencla-
ture des plats, elle se disait que les
gens qui seraient encore de ce mon-
de n'auraient que l'embarras du
choix. Le menu était excellent et
varié. Il comportait, entre autres, du
homard à la Brunswick, dont elle
raffolait. Le chef lui en mettait tou-
jours une portion de côté.
Voilà qui tombait bien mal. Il fal-
lait renoncer au homard à la Brun-
swick. Mais le fallait-il ? Mourir
pour mourir, ne valait-il pas mieux
se régaler avant ? Odette n'était pas
à un jour près. Qu'est-ce qu'un jour
en regard de l'éternité ? Le homard
eut gain de cause. La nuit suivante,
elle apporterait au moins, dans l'au
delà, un souvenir agréable.
Le lendemain matin, à l'heure du
déjeuner, Roméo vint seul. Odette se
sentit le cœur allégé. Pour la pre-
mière fois, elle le regarda sans au-
cune gêne et se demanda comment
une femme avait pu si longtemps
supporter la présence d'un homme
aussi insignifiant. Car il lui parut
l'insignifiance méme, On eut dit que
cette femme n'avait passé que pour
conjurer le sortilège. Et ne voilà-
t-il pas que, pour la, première fois
aussi, Roméo esquissa un sourire ?
Odette se retint pour ne pas rire aux
éclats et se plongea dans ses comp-
tes. Et elle trouva le homard plus
succulent que jamais.
La jeune femme ne se montra
plus. Odette avait repris son (,qui-
libre. Elle se demandait comment
elle avait été assez sotte et incon-
sidérée pour se laisser glisser vers la
plus banale des aventures, pour en-
visager ensuite la plus funèbre
des résolutions. On ne l'y repren-
sonnel, l'auteur élargit en somme son
sujet en posant un problème général. Et
s'il ne le résout pas, il explique du
moins comment certains départs dans la
vie peuvent être faussés et peser par la
suite sur toute une existence. Aucun ef-
fet de style ne gâte le ton continu, so-
bre, sérieux, et même par moments ex-
trêmement poignant, de ce récit.
L'AvoCAT DU DIABLE, par Stanley Gard-
ner, traduit de l'anglais par E. Michel-
Tyl. Un bon roman policier est tou-
jours agréable à lire et c'est le cas de
l'Avocat du diable. Stanley Gardner
ménage ses effets assez habilement pour
que jusqu'à la fin on ignore le mystère
du « chien qui hurle à la mort ». Et
comme ,dans tout bon roman policier,
c'est le choix du détective qui compte
le plus, on appréciera que ce soit l'avo-
drait plus La vie était trop belle
Un après-midi, en revenant de sa
promenade quotidienne, elle trouva
sur la caisse une lettre adressée à
« Mlle Odette, caissière Elle de-
manda à un garçon comment ce pli
était arrivé. Il lui fut répondu que
c'était un chasseur qui l'avait ap-
porté.
Odette tournait et retournait l'en-
veloppe entre ses doigts. Qui pou-
vait lui avoir écrit ? Elle eut sou-
dain une illumination. C'était lui,
ce ne pouvait être que lui, le fat
Pour le coup, c'était amusant. Pour-
quoi ne prendrait-elle pas connais-
sance de la missive, puisque la salle
était vide ? Ça lui ferait passer un
bon moment. Elle rompit l'enveloppe
et lut.
c Mademoiselle,
On ne fréquente pas pendant
des semaines un restaurant, sans
finir par connaître l'état civil de la
caissière. C'est ainsi que je suis par-
venu à savoir, par mes propres
moyens, que vous vous appelez Mlle
Odette. Vous me permettrez, si vous
me le permettez jamais, de ne vous
dire mon nom que plus tard c'est
un détail sans
importance, avant
que vous soyez reîï-
seignée sur l'hom-
me que je suis.
a J'ai tout pour
être e heureux
bonne situation
de famille, exis-
tence sans soucis
matériels, et pour-
tant je ne suis pas
heureux. Je suis
né avec un carac-
tère qui a fait de
moi jusqu'à pré-
sent, un être pro-
fondément mal
heureux. Rien ne
m'intéresse, tout
m'est à enarge. J'ai vomu m oc-
cuper, et rien n'a pu dissi-
per le noir ennui que je traîne avec
moi et qui me ronge, au point que
j'en étais arrivé à vouloir en sortir
par un geste libérateur. Les méde-
cins appellent cela de la neurasthé-
nie. Le vocable importe peu. J'en
avais assez.
x Et puis, je suis venu ici, et je
vous ai vue. Vous êtes la première
personne au monde qui m'ait inté-
réssé. Je me suis renseigné sur votre
compte, je sais qui vous êtes et ce
que vous valez. Fonder un foyer ?
C'est ma dernière carte, et je la
joue. Voulez-vous. tenter un sauve-
tage ? Voulez-vous tenter mieux, si
l'examen, aussi long que vous le
voudriez, que vous feriez de moi, ne
m'est pas défavorable ?
Je me tiens toujours à la table
isolée, à votre droite, contre la vi-
trine. -Ce soir, j'aurai l'air de lire un
journal, mais je serai aux aguets.
Un seul regard de vous, et je serai
fixé. Sinon, je serai fixé également. »
Odette pensa que c'était là une
singulière demande en mariage. La
lettre, évidemment, était intéressan-
te. par le cas qu'elle exposait. Mais
s'il fallait s'occuper de guérir tous
les neurasthéniques Pauvre gar-
çon, tout de même Ah et puis, il
ne se tuerait pas Est-ce qu'on se
tue quand on croit avoir des raisons
pour cela, et, à plus forte raison,
quand on n'en a aucune ? Assuré-
ment, elle ne regarderait pas.
Et, pourtant, elle regarda.
Adrien Vély.
[Droits de reproduction et de traduction réservés)
cat, Perry Mason, qui mène le jeu. Dans
l'opinion de l'auteur, un avocat appelé
à plaider dans des causes criminelles
doit être au courant des méthodes cri-
minelles et des méthodes policières. La
seule objection que l'on pourrait oppo-
ser à cette thèse ingénieuse c'est que
l'avocat ne doit guère avoir le temps de
respirer s'il partage sa vie entre deux
professions également absorbantes, celle
de défenseur et celle de détective. Mais
les heures sont élastiques dans les ro-
mans et il est facile d'un trait de plume,
de supprimer la fatigue des personnages
imaginaires. Ceci dit. le livre est agréa-
ble, bien fait, bien traduit.
Je ne peux pas, assura Saint-Bonnet. Je suis
harassé de fatigue.
Kolli eut alors un geste de désespoir. Ce premier
incident, dès le débarquement, sur les côtes de
France, lui faisait mal arguer du succès de l'ex-
pédition.
Qu'allons-nous faire ? interrogea-t-il.
Va Continue ton chemin. J'ai, sur moi, l'or-
dre de route, préparé à Londres, et quelques en-
têtes de lettres. J'arriverai bien à me tirer d'affai-
re.
Il faut pourtant que nous nous retrouvions.
Veu«-tu convenir de Rennes, pour point de
rassemblement ?
Soit. Mais auparavant, fais-moi le serment
que si, par malheur, je venais à être pris, tu ac-
complirais ma mission, à ma place.
Saint-Bonnet étendit la main et, d'une voix for-
te, répondit
Je le jure.
Le baron arriva, peu après, au bourg de Muzillac.
Pour se faire conduire auprès du maire, il atten-
dit que 8 heures eussent sonné.
Je suis officier, lui dit-il en lui montrant ses
papiers et je dois déterminer, sur la côte, les points
où il serait convenable d'établir des signaux, pour
correspondre avec le large.
Les pièces qui lui étaient présentées étant en
règle, le représentant du pouvoir impérial assura
son interlocuteur de toute sa bienveillance.
Si je puis vous être utile, n'hésitez pas à avoir
recours à moi.
Kolli était bien résolu à profiter d'un état d'es-
prit aussi favorable.
J'ai besoin d'un cheval, monsieur le maire,
répondit-il, car je dois me rendre à Vannes, par
les moyens les plus rapides.
Son interlocuteur se préoccupa de le lui trou-
ver. Il alla même jusqu'à lui offrir un café et de
quoi se restaurer.
A Vannes, qu'il atteignit sans incident, vers midi,
Fréjus, port militaire
de la Gaule méditerranéenne
met d'entrevoir, 4 la hauteur de Fré-
jus. des ruines romaines dont l'im-
portance évoque dans l'esprit celles
RUINES ROMAINES DE FREJUS.
de Nîmes, d'Orange et d'Arles. Mais,
à la différence de celles-ci, ces monu-
ments mutilés se trouvent un peu à
l'écart de la bourgade moderne, tran-
quille et modeste, dont le renom s'est
aujourd'hui laissé éclipser par la cé-
lébrité de Saint-Raphaël avec sa plage
moderne et ses villas de luxe.
Fréjus le docteur Donnadieu le
rappelait dans l'ouvrage qu'il lui a
récemment consacré fut, il y a deux
mille ans, avec Marseille et Antibes,
l'une des métropoles maritimes du sud-
est de la Gaule il en était le port
militaire et jouait alors le rôle actuel
de Toulon. De simple marché celto-
ligure, Jules César fit de Fréjus une
colonie et la peupla de vétérans de
ses légions sous Auguste, la petite
agglomération devint une station na-
vale. Ce ne fut longtemps qu'une bour-
gade, un centre de ravitaillement, une
sorte de dépôt maritime, d'où étaient
dirigés vers l'Espagne ou la Germa-
nie les soldats venus d'Italie, d'Afri-
que où d'Orient. Fréjus reçut plus tard
une garnison permanente composée des
équipages de la flotte.
Sans doute le choix de Fréjus com-
me station militaire. n'était pas heu-
reux, du fait que la mer, comme main-
tenant encore, en était distante de plus
d'un- kilomètre et que la plage est
basse et sablonneuse de plus l'arrière-
pays n'était pas, encore pacifié ni sou-
mis à Rome. Pour en- faire un lieu
stratégique de premier ordre, il fallut
donc creuser un port artificiel et, sur
près d'un mille de distance, relier ce
bassin à la mer par un chenal. A peine
créé, ce port, qui reçut le nom de
Forum Julii, servit d'abri aux vais-
seaux d'Antoine et de Cléopâtre,
qu'Octave, le futur empereur romain
LES MOTS CROISÉS DU DIMANCHE
Horizontalement I. Ne dépasse pas
la luette^ en principe. II. Mention qui
dénote un vif succès de librairie.
Traverse les garrigues et les vigno-
bles. III. Toujours un peu suspecte
pour le mari ou l'amant Emigra à
cause d'un cheval de bataille. IV.
Donnent une mesure plus exacte, dit-
on, que la date de naissance. Plus
long à écrire que du temps de Charle-
magne. V. Phonétiquement, victoire
qui évoque un cimetière. Ceux qui
l'assimilent à une richesse monétaire se
gardent bien de le tuer. VI. Ce que
fait un notable qui porte obliquement
une bande d'étoffe. Sa longueur et
sa hauteur intéressent les spécialistes.
VII. Dans la fière devise d'une grande
capitale. Ce que fait à bon compte le
boucher. VIII. Avec les poules.
Remplaça, ou à peu près, un certain
Nicolas. IX. Savant prélat contem-
porain de Dagobert. Début commun
à deux empereurs romains du premier
siècle, de caractères opposés. X. Mé-
lange qui se fait en dépit d'une cloison
séparatrice. Arrive parfois après la
balle. XI. Région vague visitée par
des absents. Etat-major.
Verticalement: 1. Suscite de savantes
discussions d'école et figurera certaine-
ment dans les prochaines éditions du
le baron descendit à l'hôtel de Bretagne. En en-
trant dans la salle commune, après avoir mis son
cheval à l'écurie, il ne put réprimer un cri de sur-
prise et de joie. Chauffant ses semelles au feu de
bois qui crépitait dans la cheminée, Saint-Bonnet
était devant lui.
Toi ?
L'amant de Louisette Michault lui donna, et$
quelques mots, l'explication de sa présence.
J'étais épuisé. J'ai dormi trois heures, à l'en-
droit même où je me trouvais. Après quoi, le jour
s'étant levé, j'ai-pris un chemin de traverse et me
voilà
Sa poitrine se souleva sous l'impulsion d'un rire
satisfait. Kolli se montra un peu dépité d'avoir
méprisé ses conseils. Mais comme 11 ne pouvait
être question de recommencer une discussion.. dé-
sormais sans intérêt, ils décidèrent, l'un et l'autre,
de se mettre à table pour se restaurer.
Comme ils étaient seuls dans la salle à manger,
où le patron de l'auberge ne pénétrait que pouç
leur apporter, à de longs intervalles, les plats
qu'ils avaient commandés. Saint-Bonnet se pen-
cha à l'oreille de son compagnon et lui dit, à vois
basse
Si je te laissais partir seul ?
Et comme le baron glissait vers lui un regard
stupéfait
Je te rejoindrais à Valençay.
•> ?,
Comprends-moi. Depuis mon départ de Paris,
je ne sais rien de Louisette. Je n'ai pas cru devoir
lui écrire, et je suis sûre qu'elle doit être terrible-
ment inquiète. J'avais, un instant, pensé à rompre
avec elle, mais je ne peux pas arriver à l'oublier.
Les sourcils froncés, le regard dur, Kolli parais*
sait hostile.
Oui ou non, interrogea-t-il, veux-tu accompli»
ton devoir l '̃ »
Auguste, avait capturés à Actium. Cet*
te base navale fut très vite complétée
par tin arsenal, une citadelle, des mô-
les 'et des quais. De vastes remparts
enveloppèrent la cité naissante, qui
allait désormais tenir pour la Gauiei
la même place que Ravenne et Misent
pour l'Italie.
La création de Fréjus paraît s'explin
quer surtout par le voisinage de la
route du littoral, la fameuse voie aurè-
lienne. Depuis Rome, cette chaussée
suivait le rivage méditerranéen, con-
tournait après Antibes les rochers gra-
nitiques de l'Esterel pour déboucher
dans une large plaine, proche de Fré.
jus, au voisinage d'un petit fleuve,
PArgens, dont elle remontait la val-
lée pour pénétrer dans l'intérieur des
terres. Claustra maris (la clé de la
mer) disait de Fréjus l'historien Ta-
cite, et l'on pourrait ajouter la cl6
de la G.aule, car cette colonie mari-
time ouvrait et fermait notre pays dit
coté méditerranéen. La paix romainq
ruina très vite l'activité de ce port mi.
litaire et, au témoignage de Camille^
Jullian, sa décadence dut commencer
sous le règne d'Hadrien, c'est-à-dird
au milieu du IIe siècle de notre ère.
Mais d'imposantes ruines demeurent^
témoignages du passé de fréjus res-
tes des arènes, du théâtre, du portique^
des thermes et d'un long aqueduc dont
les arceaux déchiquetés rappellent»-
étrangement ceux des environs de la¡.
Ville éternelle.
Les participânts au dernier congrè*
de l'Association Guillaume-Budé, qui-
visitaient récemment ces sites mémora.
blés, « où souffle l'esprit latin », écou-t
taient avec déférence la magnifique.
leçon d'archéologie que leur donnait»
sur place le docteur Donnadieu, l'ani-»
mateur des fouilles, le savant quie.
pierre par pierre, ressuscite aujoura
d'hui le passé de Fréjus
Maurice Toussaint.
petit dictionnaire. 2. Derrière le ta-
lon. Doit avoir pas mal de phos-
phates. 3. Sa longueur est une ques-
tion de degré. Cité devant une courd
4..Pour des transports indispensables*
mais peu recherchés. Surplombe un
bassin. 5. Absorbée par un ancien
suisse. Sur de bonnes bouteilles. 6.
Phonétiquement. donné il. une boula
d'ivoire. Eau allemande ou eaux prus-
siennes. Pour le géolog.ie plus en-
core que pour l'historien. 7. Blano
fameux. 8. Positif ou négatif N'a
plus bon goût. Permet de mul-
tiples évasions. 9. Ce que fit un per*
sonnage important en moins d'une se-
maine. Peu après ou peu avant.
10. Souvent touché par Paderewski.
Filet de pêche triangulaire.
Solution du problème
de dimanche dernier
Ge Mlle George. Vêsicant l'ypenta
(de Ypres). Système M. T.S. S. E. sud-
est. Unis comme au front. Ut s
dodo l'enfant do. Lauriston, petit-ne-
veu de Law. On ne peut pas être eb
avoir été. Ino, fille dp Cadmus, in-
venteur de l'alphabet et d'Harmonia.
Paul Adam.
̃ LE MATIN
WAGNER ET LE DOUANIER
A ceux qui, taépignant d'impatience,
désirent brûler les étapes afin d'arriver
plus vite au poteau de la renommée,
il faut conseiller la lecture édifiante des
lettres françaises de Richard Wagner.
Us verront un grand homme aux prises
avec l'adversité, luttant pied à pied pour
caser sa musique et gagner sa quotidien-
ne pitance ils assisteront aux rancoeurs,
aux phobies, aux disputes, à la signature
des billets d'emprunt force, aux que-
r«Ues d'un des plus grands génies musi-
c£ux du monde. Ils comprendront peut-
Litho de Daumier montrant les réactions
des premiers auditeurs de «Tànhhauser»
être qu'il est nécessaire de prendre son
mal en patience et qu'on n'est Heureux
que par comparaison et ils se rendront
compte que les conditions d'existence, il
y a soixante-quinze ans; étaient presque
.aussi difficiles que maintenant et, que
pour percer il est indispensable de faire
;ce que les coureurs cyclistes appellent
du « sur place
Wagner qui, à ses instants perdus dé-
'testait la. Franche et fut le précurseur,
avèc. Gobineau,! du mouvement., aryen
cher au chancelier actuel d'Allemagne,
était pourtant invincibleinent, attiré par
ce pays qu'il haïssait si souvent. Il cher-
chait toujours à y revenir, il adorait
Paris et. si la question du pot au feu
n'avait fréquemment domine ses préoc-
cupations il se serait peut-être fixé sur
qe sol tant-décrié. Ne commehça-t-11 pas
les Maîtres chanteurs sur les bords de
la. Seine ? Le sort l'eût-il voulu qu'il les
eût terminées en, Avignon ou ailleurs.
M. Julien Tiersot vient :de recueillir,'
sous le titre Lettres -françaises de Ri-
chard Wagner; toute une correspondance
rédigée enr français par l'immortel mu-
sicien allemand. Cette correspondance,
à laquelle sont accrochées maintes anno-
tations du commentateur et de nom-
breuses explications, est intéressante au
possible. Elle nous permet de suivre, au
jour le jour l'existence tourmentée et
vagabonde du compositeur, de connaître
par le menu ses amitiés et ses haines, sa
versatilité aussi et son égoisme. Elle a
le mérite d'être impartiale, c'est un
agenda épistolaire que les wagnériens et
les autres consulteront avec plaisir, car
il éclaire d'une lueur précise la biogra-
phie du héros et nous donne de précieux
renseignements sur les poètes, les mu-
siciens, les gens de théâtre du siècle
dernier.
Sait-on, par exemple, qu'en 1859, lors-
que Richard s'installa à Paris avec sa
femme Minna, un de ses premiers amis
fut un douanier ? Mais oui, un douanier
qui lui facilita le dédouanement de son
mobilier qu'il .avait fait venir de Suisse
où il résidait précédemment. Le fait de
dédouaner un mobilier était, sous le Se-
cond Empire, aussi compliqué qu'aujour-
d'hui, et Wagner, s'il n'avait trouvé en
face de lui un fonctionnaire wagnérien,
eùt sans doute piqué une de ces colères
Gni eussent été nuisibles à sa santé
Ce douanier s'appelait Emile Roche, il
avait été élève d'une classe de violon
au Conservatoire, mais ce métier ne
nourrissant déjà pas son homme, il avait
du adjoindré à son instrument d'autres
cordes il était poète et Victorien Sar-
dou devait préfacer un de ses ouvrages,
mais c'était la Gabelle qui faisait bouil-
lir la marmite.des Muses il connais-
sait l'oeuvre du musicien allemand et
devint son ami. Lorsque Richard, après
maints démêlés fameux; fit recevoir son
X.annhâuser 1'Opéra; ce fut le douanier
qui commença à adapter le livret de ce
çhefrd'œuvre. Il ne l'acheva pas car
plusieurs' librettistes lui furent ad-
joints et. en définitive, lors de l'écrou-
lement de la pièce à Paris ne. fut-
elle pas retirée de l'affiche après trois
représentations mémorables -? l'opéra
était signé du seul nom de Wagner 1
La préoccupation constante du maes-
tro était l'argent. Le nerf de la guerre
l'énervait considérablement. Que de
lettres de sollicitation, écrites en style
quémandeur, que de tracas dans
'ces courtes, missives Si ce génie musi-
cal n'avait eu autour de lui quelques
amis sûrs et faciles à la détente, s'en
serait-il tiré ? Voici le passage d'un en-
.vpi adressé à Victor Coçhinat, journa-
liste de l'époque, et dans lequel il crie
;son amertume et son dépit
A Victor Cochinàt,
Paris, le 25 mars 1861.
Vous me demandez, pour la Causerie,
dont vous êtes l'intelligent directeur,
une lettre publier. Je vous prie de
bien vouloir m' excuser de ne vous en
envoyer qu'une pettte, où je vous re-
1nercie sincèrement <]e votre article,
mais ?e vous prie instamment de ne
pas publier celle-ci. Car après tout ce
qui s'est passé; je ne verrais que des
inconvénients si vouy me sor-
tir de l'ombre où un injuste sort m'a
jeté après la chute de Tannhâuser. Je
vous avoue/ monsieur, que je suis fort
étonné de l'attitude, des Parisiens, et
surtout de celle' des abonnés de l'Opéra.
C'est peut-être ma faute, car M: le di-
44 Feuilleton du MATIN du 12 mai 1935
XXIII (suite)
Vous prendrez toutes dispositions uti-
les pour que quatre feux de piaille y soient allumés,.
une heure environ avant l'arrivée de S. M. Catho-
lique, que vous ramènerez du Beiri. Ce sera le si-
gnal de reconnaissance. Dès que M. Westphall ou
moi, nous verrons brûler ces feux, noues mettrons
une chaloupe à°la mer, pour aborder, au point où
vous aurez débarqué. Le commandant de cette
chaloupe, en arrivant à portée de voix du rivage,
criera trois fois « Hoé1 ». Vous répondrez qua-
tre fois de suite « Pi. ho ». Alors la chaloupe
abordera. L'officier, sous les ordres de qui elle évo-
luera, né fera embarquer, qu'après avoir reçu le
mot de passe, qui sera « Georges et Ferdinand. »
Pour montrer qu',il les avait bien comprises, Kol-
Il répéta' les instructions du commandant.
SI l'évasion, poursuivit celui-ci, ne peut avoir
lieu-avant trois semaines, ce qui est possible, vous
enverrez jusqu'à moi, par les moyens ci-devant
précisés, M. Saint-Bonnet. Arrivé à mon bord. ce-
lui-ci» me fera part des obstacles que vous aurez
Toutes reproductions interdites en tous 'pàys, Cogy-
right by Pierre CKanlainei935.
recteur de l'Opéra m'avait averti que
ses abonnés avaient ùesoix d'un ballet
pour digérer leurs dîners. Je croyais
d'abord que c'était une plus ou moins
bonne plaisanterie. HéLas 1 ce n'était
que trop vrai. Et je suis, comme lui,
persuadé que je suis à jamais exclu
des théâtres français. Car ce qui s'est
passé le jour de ma première se répé-
terait éternellement et partout en Fran-
ce. Est-ce que les badauds du boulevard
ne chantent pas ma chute, est-ce que
les crieurs des rues ne vendent pas'des
sifflets Wagner ?
Et on me dit que ce n'est pas fini I
On me jouerait aus revues de fin d'an-
née et quelques personnes ignobles
m'écrivent des lettres hideuses. Seule-
ment, j'étais très touché de la présence
de Sa Majèsté l'empereur' et de Sa
Majesté l'impératrice qui sont même ve-
nues le secoxd jour. Mais ma chute était
voulue, voulue.
Curieuse lettre, n'est-ce pas ? Et il a
fallu des années pour que la postérité
portât au.pinacle Richard Wagner, que
personne ne discute plus aujourd'hui
COULEUR, FROID
ET LUMIÈRE
De. toutes les propriétés des corps, !a
couleur est certainement celle qui
attire le plus l'attention nous sa-
vons que les corps ne sont pas colorés
par eux-mêmes, qu'il n'ont pas de
couleur propre, mais qu'ils possèdent
la propriété de décomposer la-lumière
blanche qui les éclaire, en réfléchis-
sant, d'une manière inégale, .les dif-
férentes radiations dont cette drnière
est formée. Les corps qui réfléchissent
également bien toute3 les couleurs su
spectre solaire sont blancs ceux qui
n'en réfléchissent aucune sont noirs
le noir n'est donc pas en réalité une
couleur, mais la négation de toute
couleur.
Par contre, il est bien moins connu
que la couleur apparente d'un., corps
dépend étroitement de Îa structure in-
time de la matière de ce dernier. Par
suite,.les modifications subies par cette
structure peuvent avoir comme con-
séquence d* curieux*' changements de
colorations.
Ainsi, l'immersion d'une substance
dans un gaz liquéfié (air, hydrogène,
oxygène) détermine, cause du froid
intense, une notable contraction mo-
léculaire. La fleur de soufre devient;
blanche comme de l'amidon. Une
feuille de papier rougie par le biiodure
de mercure devient jaune. Par réchauf-
fement, elle reprend sa couleur initia-
le. Un crayon rouge subit la même
modification temporaire, due au ver-
millon qu'il contient. Si quelque fa-
bricant économe avait eu recours au
minium pour le colorer, il ne faudrait
d'ailleurs pas compter sur l'air liqui-
de pour decouvrir la fraude, car à cet
égard, le minium se comporte de la
même façon que le vermillon.
Si l'on plonge dans l'air liquide un
tube contenant une solution alcoolique
de chlorhydrate de rosaniline, on
obtient un affaiblissement notable de
l'intensité de la couleur rouge et il
apparaît, en .même temps,, une belle
fluorescence jaùne-verdâtre. Les sels
d'hexaméthyl-rosanîline présentent un
phénomène identique la couleur
violette s'affaiblit et une fluorescence!
brune apparaît. Dé même, les solutions
alccoliques d'éosine perdent, par l'ac-
tion du froid, leur couleur rosé par
transparence,, tandis que la couleur de
fluorescence reste inaltérée.
Certains,corps phosphorescents, com-
me le sulfure de zinc, prennent, lors-
qu'on les soumet à l'action de la lu·
mière (ultra-violette'surtout), à la tem-
pérature de l'air liquide, une phos-
phorescence bien plus intense qu'à La
température ordinaire:- A ce sujet, M
Georges Claude rapporte l'expérience
suivante un tampon .de coton impré-
gné dans sa masse de sulfure de zinc,
plongé dans l'air liquide, puis retiré
et exposé aux radiations d'une lampe
à vapeurs de mercure,. devient très lu-
mineux si on manipule ce coton en-
core imbibé d'air liquide, de manière à
en faire sortir des parcelles de sul-
fure, ces parcelles, en arrivant à l'air
extérieur, émettent pendant un court
instant une lueur beaucoup plus vive
encore, et on obtient ainsi une vraie
pluie de feu d'un beau jaune verdâtre.
Il semble que le réchauffement' brus-
que que *'bissent ces parcelles en
arrivant au contact de l'air extérieur,
provoque l'émission en bloc de tout
l'excédent d'énergie lumineuse, accu-
mulé grâce au froid pendant l'irra-
diation.
Le platinocyanure d'ammonium pré-
sente un phénomène analogue c'anis
l'air liquide, il est peu phosphores-
cent. mais si l'on renverse le bain
réfrigérant, les cristaux se réchauffent.
promptement et, suivant l'expression
de Dewar, u brillent comme des lam-
L'explication de tous ces faits est
souvent difficile à donner. A peine
peut-on citer quelques lois partielles,
applicables à certains groupes de corps
ou à certaines particularités des phé-
nomènes.
Roger Simonet.
rencontrés. Je m'arrangerai, alors, pour faciliter
votre mission autant que je le pourrai.
Kolli affirma que ces mesures lui paraissaient
aussi simples que sages, Flatté de cette approba-
tion, Cockburn le remercia et, levant soudain l'in-
Je vous rappelle, dit-il, que vous avez promis
au marquis de Wellesley d'éviter les grands centres
et de ne pas passer par Paris.
Cette promesse, assura Kolli, sera loyalement
tenue, comme toutes celles qui ont été faites à Sa
Seigneurie. 1
Alors, monsieur, je n'ai plus rien à vous dire,
Allons diner
Ils firent honneur aux mets que leur avait pré-
parés le cuisinier. L'air marin avait excité leur ap-
pétit. Au dessert, le baron ne résista pas au désir
de .montrer, aux officiers du bord, l'épée dont lui
avait fait présent Lord Wellesley.
Et, comme ceux-ci le félicitaient, Kolli étendit
la main au-dessus d'elle et, d'une voix solennelle,
prononça ses mots
Je jure devant vous, messieurs, sur cette épée,
de sacrlfler ma vie pour la réussite de la mission
que S. A. R. le duc de Kent et Sa Seigneurie le
marquis de Wellesley ont bien voulu me confier.
Puis, à pleins poumons, il s'écria
Vive le roi Ferdinand VII
Réunis autour de la table du commandant, les
assistants applaudirent et répétèrent, en chœur,
ce vivat.
A 10 heures du soir, le commandant fit armer
deux chaloupes. Dans l'une devaient prendre place
le lieutenant Westphall, Kolli et Saint-Bonnet.
Dans l'autre on projetait d'entasser quelques ma-
telots, armés de fusils, afin de riposter à une atta-
que éventuelle, venue de la côte.
Après quoi, Cockburn s'avança, avec les deux
Français, vers la coupée, et leur serra chaleu-
reusement la main, en leur souhaitant bonne
,chance.
Les deux embarcations s'approchèrent à la ra-
-LA'. il /ZaV r\ N
Les derniers clients, leur dîner
achevé. se levaient et abandon-
naient la salle du restaurant. Le
patron s'approcha de la caisse et
dit à Odette qui y trônait à deux
marches au-dessus du sol
Je crois Mademoiselle, que vous
êtes bien loin d'ici.
Odette, qui était immobile, les
yeux fixes et comme sans objectif,
tressaillit et répondit
Oh excusez-moi, monsieur.
-J'espère que vos pensées étaient
agréables, Je suis obligé pourtant
de les interrompre pour des raisons
bien terre à terre. Voici le menu
du déjeuner de demain.
Et il lui remit un papier couvert
-de lignes inégales. C'était à Odette
qu'était confiée la mission de copier
la carte, car elle avait une jolie écri-
ture. Son texte était ensuite repro-
duit à de nombreux exemplaires par
un multiplicateur.
Merci, monsieur, fit-elle en
prenant le papier et en le plaçant
devant elle.
Les pensées que venait d'inter-
rompre le patron n'étaient pas pré-
cisément aqxéables, puisque c'é-
taient celles d'une
jeune e personne
qui comptait en
finir avec la
vie le lendemain.
Car Odette esti-
mait qu'elle
n'avait plus rien
à faire sur la
terre.
Quand on a at-
teint les limites
extrêmes du déses-
poir, on n'a plus
qu'à disparaître.
Ah Odette avait
été bien inspirée,
le matin où son
regard s'était posé
machinalement
sur un client qui mangeait seul
Rien ne l'aurait distingué pour elle
des autres hommes attablés de côté
et d'autre, si, au même moment, il
ne l'avait regardée à son tour. Elle
avait immédiatement baissé la tête;
mais un flot de sang lui était monté
au visage. Pourquoi avait-elle été
ainsi troublée ? Cet homme était-il
particulièrement beau ou séduisant?
Assurément non. Il était plutôt bien
que mal, sans: rien qui le désignât
à l'attention. Son attitude, ses ges-
tes indiquaient un personnage com-
me il faut, qui ne se fait point re-
marquer Alors, pourquoi cette agi-
tation impcrtune ? Pourquoi avait-
il suffi à Juliette de voir Roméo ?
L'éternelle histoire.
Odette ne savait même pas si ce
jeune homme était ou non un habi-
tué. A l'heure du diner, elle ne put
s'empêcher d'observer furtivement
la table qu'il avait occupé au dé-
jeuner. Il y était assis, et, une
deuxième fois, leurs regards, l'es-
pace d'une seconde, se rencontrè-
rent. Odette ne rougit pas elle pâ-
lit, au contraire, tandis que ses
mains devenaient glacées.
Le client ne manquait aucun des
deux repas.. De temps à autre,
Odette et lui échangeaient de courts
regards sans expression. Odette sa-
vait qu'elle n'aurait jamais su en
mettre une dans les siens. Et elle
voyait qu'il n'y en avait aucune dans
ceux qui l'effleuraient à peine.
C'était fort bien ainsi. Elle se trou-
vait parfaitement heureuse. Si le
jeune homme avait jamais tenté de
LES, I_. I-VR, ES S
LA MAISON DES TROIS VEUVES, par Hen-
ry Deberly. Trois femmes, aïeule,
grand'mère, mère, peuvent-elles élever
un garçon avec assez de compréhension,
d'intuition, d'autorité pour lui éviter les
graves crises de l'adolescence. Henry
Deberly le nie. Il le fait non point de
façon directe mais par le truchement
d'une confession. C'est un jeune homme
qui se raconte, qui dépeint sa vie dans
une vieille maison familiale d'Amiens,
au sein d'une famille dont le seul élé-
ment masculin est lui-même, c'est-à-dire
un enfant, puis un adolescent. Malgré
la bonté, l'intelligence, l'effort de libé-
ralisme que sa mère apporte à l'élever,
il se sent étouffé peu à peu, souffre
d'une inquisition puérile, d'une sollicitu-
de maladroite. Or, il ne s'évade guère
que par une liaison voyante mais qui
vaut au lecteur un beau portrait de fem-
me facile, pleine de générosité et capa-
ble de sacrifice. Partant d'un cas per-
me, sans rencontrer aucun obstacle, jusqu'à tren-
te mètres du rivage. Comme la marée était basse,
le lieutenant Westphall, craignant de les voir
échouer, s'il prescrivait de trop pousser dé l'avant,
ordonna aux matelots, après avoir lui-même donné
l'exemple, de se mettre à la mer. Kolli et Saint-
Bonnet furent ainsi portés, à bras, jusqu'à la côte.
Le débarquement se fit dans un silence parfait.
Le baron et son secrétaire prirent congé du lieute-
nant Westphall, et s'avancèrent vers l'est, tandis
que les Anglais regagnaient leurs chaloupes.
La marche, dans les terres boueuses, couvertes
de flaques d'eau, coupées fréquemment de fossés
larges et profonds et de haies qu'il fallait fran-
chir, fatiguait beaucoup les deux hommes. On était
en période de nouvelle lune. Dans la nuit noire, il
était malaisé de se guider. Nerveux, angoissé, Koi-
li voulut prendre, à sa gauche, le premier chemin
qui s'offrait à lui: Plus calme, Saint-Bonnet, après
avoir observé la direction du vent et le bruit des
vagues, conclut qu'ils longeaient la côte au lieu de
s'en éloigner. Il tenta de montrer à Kolli son er-
reur; en ajoutant que s'il persistait à suivre ce
chemin, parallèle à la mer, le jour pourrait bien
les surprendre en-pleine zone de surveillance. Mais
le baron s'obstina dans son idée. Rebuté par cet
entêtement, qui pouvait être fatal, Saint-Bonnet,
sans rien dire, prit alors une détermination, de la-
quelle il attendait le salut. Au bout d'une centaine
de mètres de marche pénible, il se laissa tomber
dans un champ, comme un être accablé de lassi-
tude et indisposé.
Le baron, qui ne s'aperçut pas avant un quart
d'heure, que son compagnon n'était plus à son
côté, rebroussa chemin dans là plus vive inquié-
tude et, après avoir fait ,en arrière, quatre cents
pas environ, il retrouva Fernand gisant sur le
sol. Il le ranima avec quelques gouttes d'un cor-
dial que, par précaution, il avait emporté
dans la poche de son habit, le supplia de reprendre
courage, et de le suivre.
lui parler, s'il avait seulement ébau-
ché un sourire, le charme eut été
rompu par une vertueuse indigna-
tion. Tout était fort bien ainsi.
Or, un jour, Roméo avait paru,
accompagné par une jeune femme
fort jolie. Odette sentit que quelque
chose se brisait en elle. Ils avaient
causé ensemble avec un aimable
abandon, sans qu'il regardât Odette
une seul- fois. Ah il n'aurait plus
manqué qu'il la regardât Pourtant,
il ne l'avait pas regardée.
Ils revinrent à tous les repas ils
ne se quittaient plus. Ils se regar-
daient les yeux dans les yeux. Odet-
te éprouva la sensation d'une atro-
ce et incurable solitude. Sa vie était
brisée. Mieux valait disparaître. Voi-
là pourquoi elle avait résolu d'arrê-
ter le cours de ses jours. Avec quel
ravissement, tout à l'heure, une fois
rentrée, elle se coucherait, après
avoir ouvert les robinets du gaz
En attendant, il lui fallait rem-
plir sa fonction jusqu'au bout
et' copier la carte du lendemain, la
dernière carte qu'elle aurait à pré-
parer. En transcrivant la nomencla-
ture des plats, elle se disait que les
gens qui seraient encore de ce mon-
de n'auraient que l'embarras du
choix. Le menu était excellent et
varié. Il comportait, entre autres, du
homard à la Brunswick, dont elle
raffolait. Le chef lui en mettait tou-
jours une portion de côté.
Voilà qui tombait bien mal. Il fal-
lait renoncer au homard à la Brun-
swick. Mais le fallait-il ? Mourir
pour mourir, ne valait-il pas mieux
se régaler avant ? Odette n'était pas
à un jour près. Qu'est-ce qu'un jour
en regard de l'éternité ? Le homard
eut gain de cause. La nuit suivante,
elle apporterait au moins, dans l'au
delà, un souvenir agréable.
Le lendemain matin, à l'heure du
déjeuner, Roméo vint seul. Odette se
sentit le cœur allégé. Pour la pre-
mière fois, elle le regarda sans au-
cune gêne et se demanda comment
une femme avait pu si longtemps
supporter la présence d'un homme
aussi insignifiant. Car il lui parut
l'insignifiance méme, On eut dit que
cette femme n'avait passé que pour
conjurer le sortilège. Et ne voilà-
t-il pas que, pour la, première fois
aussi, Roméo esquissa un sourire ?
Odette se retint pour ne pas rire aux
éclats et se plongea dans ses comp-
tes. Et elle trouva le homard plus
succulent que jamais.
La jeune femme ne se montra
plus. Odette avait repris son (,qui-
libre. Elle se demandait comment
elle avait été assez sotte et incon-
sidérée pour se laisser glisser vers la
plus banale des aventures, pour en-
visager ensuite la plus funèbre
des résolutions. On ne l'y repren-
sonnel, l'auteur élargit en somme son
sujet en posant un problème général. Et
s'il ne le résout pas, il explique du
moins comment certains départs dans la
vie peuvent être faussés et peser par la
suite sur toute une existence. Aucun ef-
fet de style ne gâte le ton continu, so-
bre, sérieux, et même par moments ex-
trêmement poignant, de ce récit.
L'AvoCAT DU DIABLE, par Stanley Gard-
ner, traduit de l'anglais par E. Michel-
Tyl. Un bon roman policier est tou-
jours agréable à lire et c'est le cas de
l'Avocat du diable. Stanley Gardner
ménage ses effets assez habilement pour
que jusqu'à la fin on ignore le mystère
du « chien qui hurle à la mort ». Et
comme ,dans tout bon roman policier,
c'est le choix du détective qui compte
le plus, on appréciera que ce soit l'avo-
drait plus La vie était trop belle
Un après-midi, en revenant de sa
promenade quotidienne, elle trouva
sur la caisse une lettre adressée à
« Mlle Odette, caissière Elle de-
manda à un garçon comment ce pli
était arrivé. Il lui fut répondu que
c'était un chasseur qui l'avait ap-
porté.
Odette tournait et retournait l'en-
veloppe entre ses doigts. Qui pou-
vait lui avoir écrit ? Elle eut sou-
dain une illumination. C'était lui,
ce ne pouvait être que lui, le fat
Pour le coup, c'était amusant. Pour-
quoi ne prendrait-elle pas connais-
sance de la missive, puisque la salle
était vide ? Ça lui ferait passer un
bon moment. Elle rompit l'enveloppe
et lut.
c Mademoiselle,
On ne fréquente pas pendant
des semaines un restaurant, sans
finir par connaître l'état civil de la
caissière. C'est ainsi que je suis par-
venu à savoir, par mes propres
moyens, que vous vous appelez Mlle
Odette. Vous me permettrez, si vous
me le permettez jamais, de ne vous
dire mon nom que plus tard c'est
un détail sans
importance, avant
que vous soyez reîï-
seignée sur l'hom-
me que je suis.
a J'ai tout pour
être e heureux
bonne situation
de famille, exis-
tence sans soucis
matériels, et pour-
tant je ne suis pas
heureux. Je suis
né avec un carac-
tère qui a fait de
moi jusqu'à pré-
sent, un être pro-
fondément mal
heureux. Rien ne
m'intéresse, tout
m'est à enarge. J'ai vomu m oc-
cuper, et rien n'a pu dissi-
per le noir ennui que je traîne avec
moi et qui me ronge, au point que
j'en étais arrivé à vouloir en sortir
par un geste libérateur. Les méde-
cins appellent cela de la neurasthé-
nie. Le vocable importe peu. J'en
avais assez.
x Et puis, je suis venu ici, et je
vous ai vue. Vous êtes la première
personne au monde qui m'ait inté-
réssé. Je me suis renseigné sur votre
compte, je sais qui vous êtes et ce
que vous valez. Fonder un foyer ?
C'est ma dernière carte, et je la
joue. Voulez-vous. tenter un sauve-
tage ? Voulez-vous tenter mieux, si
l'examen, aussi long que vous le
voudriez, que vous feriez de moi, ne
m'est pas défavorable ?
Je me tiens toujours à la table
isolée, à votre droite, contre la vi-
trine. -Ce soir, j'aurai l'air de lire un
journal, mais je serai aux aguets.
Un seul regard de vous, et je serai
fixé. Sinon, je serai fixé également. »
Odette pensa que c'était là une
singulière demande en mariage. La
lettre, évidemment, était intéressan-
te. par le cas qu'elle exposait. Mais
s'il fallait s'occuper de guérir tous
les neurasthéniques Pauvre gar-
çon, tout de même Ah et puis, il
ne se tuerait pas Est-ce qu'on se
tue quand on croit avoir des raisons
pour cela, et, à plus forte raison,
quand on n'en a aucune ? Assuré-
ment, elle ne regarderait pas.
Et, pourtant, elle regarda.
Adrien Vély.
[Droits de reproduction et de traduction réservés)
cat, Perry Mason, qui mène le jeu. Dans
l'opinion de l'auteur, un avocat appelé
à plaider dans des causes criminelles
doit être au courant des méthodes cri-
minelles et des méthodes policières. La
seule objection que l'on pourrait oppo-
ser à cette thèse ingénieuse c'est que
l'avocat ne doit guère avoir le temps de
respirer s'il partage sa vie entre deux
professions également absorbantes, celle
de défenseur et celle de détective. Mais
les heures sont élastiques dans les ro-
mans et il est facile d'un trait de plume,
de supprimer la fatigue des personnages
imaginaires. Ceci dit. le livre est agréa-
ble, bien fait, bien traduit.
Je ne peux pas, assura Saint-Bonnet. Je suis
harassé de fatigue.
Kolli eut alors un geste de désespoir. Ce premier
incident, dès le débarquement, sur les côtes de
France, lui faisait mal arguer du succès de l'ex-
pédition.
Qu'allons-nous faire ? interrogea-t-il.
Va Continue ton chemin. J'ai, sur moi, l'or-
dre de route, préparé à Londres, et quelques en-
têtes de lettres. J'arriverai bien à me tirer d'affai-
re.
Il faut pourtant que nous nous retrouvions.
Veu«-tu convenir de Rennes, pour point de
rassemblement ?
Soit. Mais auparavant, fais-moi le serment
que si, par malheur, je venais à être pris, tu ac-
complirais ma mission, à ma place.
Saint-Bonnet étendit la main et, d'une voix for-
te, répondit
Je le jure.
Le baron arriva, peu après, au bourg de Muzillac.
Pour se faire conduire auprès du maire, il atten-
dit que 8 heures eussent sonné.
Je suis officier, lui dit-il en lui montrant ses
papiers et je dois déterminer, sur la côte, les points
où il serait convenable d'établir des signaux, pour
correspondre avec le large.
Les pièces qui lui étaient présentées étant en
règle, le représentant du pouvoir impérial assura
son interlocuteur de toute sa bienveillance.
Si je puis vous être utile, n'hésitez pas à avoir
recours à moi.
Kolli était bien résolu à profiter d'un état d'es-
prit aussi favorable.
J'ai besoin d'un cheval, monsieur le maire,
répondit-il, car je dois me rendre à Vannes, par
les moyens les plus rapides.
Son interlocuteur se préoccupa de le lui trou-
ver. Il alla même jusqu'à lui offrir un café et de
quoi se restaurer.
A Vannes, qu'il atteignit sans incident, vers midi,
Fréjus, port militaire
de la Gaule méditerranéenne
met d'entrevoir, 4 la hauteur de Fré-
jus. des ruines romaines dont l'im-
portance évoque dans l'esprit celles
RUINES ROMAINES DE FREJUS.
de Nîmes, d'Orange et d'Arles. Mais,
à la différence de celles-ci, ces monu-
ments mutilés se trouvent un peu à
l'écart de la bourgade moderne, tran-
quille et modeste, dont le renom s'est
aujourd'hui laissé éclipser par la cé-
lébrité de Saint-Raphaël avec sa plage
moderne et ses villas de luxe.
Fréjus le docteur Donnadieu le
rappelait dans l'ouvrage qu'il lui a
récemment consacré fut, il y a deux
mille ans, avec Marseille et Antibes,
l'une des métropoles maritimes du sud-
est de la Gaule il en était le port
militaire et jouait alors le rôle actuel
de Toulon. De simple marché celto-
ligure, Jules César fit de Fréjus une
colonie et la peupla de vétérans de
ses légions sous Auguste, la petite
agglomération devint une station na-
vale. Ce ne fut longtemps qu'une bour-
gade, un centre de ravitaillement, une
sorte de dépôt maritime, d'où étaient
dirigés vers l'Espagne ou la Germa-
nie les soldats venus d'Italie, d'Afri-
que où d'Orient. Fréjus reçut plus tard
une garnison permanente composée des
équipages de la flotte.
Sans doute le choix de Fréjus com-
me station militaire. n'était pas heu-
reux, du fait que la mer, comme main-
tenant encore, en était distante de plus
d'un- kilomètre et que la plage est
basse et sablonneuse de plus l'arrière-
pays n'était pas, encore pacifié ni sou-
mis à Rome. Pour en- faire un lieu
stratégique de premier ordre, il fallut
donc creuser un port artificiel et, sur
près d'un mille de distance, relier ce
bassin à la mer par un chenal. A peine
créé, ce port, qui reçut le nom de
Forum Julii, servit d'abri aux vais-
seaux d'Antoine et de Cléopâtre,
qu'Octave, le futur empereur romain
LES MOTS CROISÉS DU DIMANCHE
Horizontalement I. Ne dépasse pas
la luette^ en principe. II. Mention qui
dénote un vif succès de librairie.
Traverse les garrigues et les vigno-
bles. III. Toujours un peu suspecte
pour le mari ou l'amant Emigra à
cause d'un cheval de bataille. IV.
Donnent une mesure plus exacte, dit-
on, que la date de naissance. Plus
long à écrire que du temps de Charle-
magne. V. Phonétiquement, victoire
qui évoque un cimetière. Ceux qui
l'assimilent à une richesse monétaire se
gardent bien de le tuer. VI. Ce que
fait un notable qui porte obliquement
une bande d'étoffe. Sa longueur et
sa hauteur intéressent les spécialistes.
VII. Dans la fière devise d'une grande
capitale. Ce que fait à bon compte le
boucher. VIII. Avec les poules.
Remplaça, ou à peu près, un certain
Nicolas. IX. Savant prélat contem-
porain de Dagobert. Début commun
à deux empereurs romains du premier
siècle, de caractères opposés. X. Mé-
lange qui se fait en dépit d'une cloison
séparatrice. Arrive parfois après la
balle. XI. Région vague visitée par
des absents. Etat-major.
Verticalement: 1. Suscite de savantes
discussions d'école et figurera certaine-
ment dans les prochaines éditions du
le baron descendit à l'hôtel de Bretagne. En en-
trant dans la salle commune, après avoir mis son
cheval à l'écurie, il ne put réprimer un cri de sur-
prise et de joie. Chauffant ses semelles au feu de
bois qui crépitait dans la cheminée, Saint-Bonnet
était devant lui.
Toi ?
L'amant de Louisette Michault lui donna, et$
quelques mots, l'explication de sa présence.
J'étais épuisé. J'ai dormi trois heures, à l'en-
droit même où je me trouvais. Après quoi, le jour
s'étant levé, j'ai-pris un chemin de traverse et me
voilà
Sa poitrine se souleva sous l'impulsion d'un rire
satisfait. Kolli se montra un peu dépité d'avoir
méprisé ses conseils. Mais comme 11 ne pouvait
être question de recommencer une discussion.. dé-
sormais sans intérêt, ils décidèrent, l'un et l'autre,
de se mettre à table pour se restaurer.
Comme ils étaient seuls dans la salle à manger,
où le patron de l'auberge ne pénétrait que pouç
leur apporter, à de longs intervalles, les plats
qu'ils avaient commandés. Saint-Bonnet se pen-
cha à l'oreille de son compagnon et lui dit, à vois
basse
Si je te laissais partir seul ?
Et comme le baron glissait vers lui un regard
stupéfait
Je te rejoindrais à Valençay.
•> ?,
Comprends-moi. Depuis mon départ de Paris,
je ne sais rien de Louisette. Je n'ai pas cru devoir
lui écrire, et je suis sûre qu'elle doit être terrible-
ment inquiète. J'avais, un instant, pensé à rompre
avec elle, mais je ne peux pas arriver à l'oublier.
Les sourcils froncés, le regard dur, Kolli parais*
sait hostile.
Oui ou non, interrogea-t-il, veux-tu accompli»
ton devoir l '̃ »
Auguste, avait capturés à Actium. Cet*
te base navale fut très vite complétée
par tin arsenal, une citadelle, des mô-
les 'et des quais. De vastes remparts
enveloppèrent la cité naissante, qui
allait désormais tenir pour la Gauiei
la même place que Ravenne et Misent
pour l'Italie.
La création de Fréjus paraît s'explin
quer surtout par le voisinage de la
route du littoral, la fameuse voie aurè-
lienne. Depuis Rome, cette chaussée
suivait le rivage méditerranéen, con-
tournait après Antibes les rochers gra-
nitiques de l'Esterel pour déboucher
dans une large plaine, proche de Fré.
jus, au voisinage d'un petit fleuve,
PArgens, dont elle remontait la val-
lée pour pénétrer dans l'intérieur des
terres. Claustra maris (la clé de la
mer) disait de Fréjus l'historien Ta-
cite, et l'on pourrait ajouter la cl6
de la G.aule, car cette colonie mari-
time ouvrait et fermait notre pays dit
coté méditerranéen. La paix romainq
ruina très vite l'activité de ce port mi.
litaire et, au témoignage de Camille^
Jullian, sa décadence dut commencer
sous le règne d'Hadrien, c'est-à-dird
au milieu du IIe siècle de notre ère.
Mais d'imposantes ruines demeurent^
témoignages du passé de fréjus res-
tes des arènes, du théâtre, du portique^
des thermes et d'un long aqueduc dont
les arceaux déchiquetés rappellent»-
étrangement ceux des environs de la¡.
Ville éternelle.
Les participânts au dernier congrè*
de l'Association Guillaume-Budé, qui-
visitaient récemment ces sites mémora.
blés, « où souffle l'esprit latin », écou-t
taient avec déférence la magnifique.
leçon d'archéologie que leur donnait»
sur place le docteur Donnadieu, l'ani-»
mateur des fouilles, le savant quie.
pierre par pierre, ressuscite aujoura
d'hui le passé de Fréjus
Maurice Toussaint.
petit dictionnaire. 2. Derrière le ta-
lon. Doit avoir pas mal de phos-
phates. 3. Sa longueur est une ques-
tion de degré. Cité devant une courd
4..Pour des transports indispensables*
mais peu recherchés. Surplombe un
bassin. 5. Absorbée par un ancien
suisse. Sur de bonnes bouteilles. 6.
Phonétiquement. donné il. une boula
d'ivoire. Eau allemande ou eaux prus-
siennes. Pour le géolog.ie plus en-
core que pour l'historien. 7. Blano
fameux. 8. Positif ou négatif N'a
plus bon goût. Permet de mul-
tiples évasions. 9. Ce que fit un per*
sonnage important en moins d'une se-
maine. Peu après ou peu avant.
10. Souvent touché par Paderewski.
Filet de pêche triangulaire.
Solution du problème
de dimanche dernier
Ge Mlle George. Vêsicant l'ypenta
(de Ypres). Système M. T.S. S. E. sud-
est. Unis comme au front. Ut s
dodo l'enfant do. Lauriston, petit-ne-
veu de Law. On ne peut pas être eb
avoir été. Ino, fille dp Cadmus, in-
venteur de l'alphabet et d'Harmonia.
Paul Adam.
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