Titre : Le Ménestrel : journal de musique
Éditeur : Heugel (Paris)
Date d'édition : 1907-06-15
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 44462 Nombre total de vues : 44462
Description : 15 juin 1907 15 juin 1907
Description : 1907/06/15 (A73,N24)-1907/06/21. 1907/06/15 (A73,N24)-1907/06/21.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5782870x
Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2010
0, - 73e Ai*.- N° 24. PARAIT TOUS LES SAMEDIS Samedi 15 Juin 1907.
(Les Bureaui, 2bta, rue Jinenne, Paris, n-«t.)
(Us manuscrits doivent être adressés franco au journal, et, publiés ou non, ils ne sont pas rendus aux auteurs.)
SOMMAIEE-TEXTE
1, Monsigny et son temps (13° article), ARTHUR POUGIN. — II. Bulletin théâtral: pre-
mières représentations de Zénaïde ou les Caprices du destin, d'Une Aventure de Fre-
derick Lemaitre, et de Placide, à « l'OEuvre », P.-É. C. — III. La Musique et le Théâtre
an Salons du Grand-Palais, CAMILLE LE SENNE. — IV. Nouvelles diverses, concerts
cl nécrologie.
MUSIQUE DE CHANT
Nos abonnés à la musique de CHANT recevront, avec le numéro de ce jour :
PRINTEMPS
nouvelle mélodie de THÉODORE DUBOIS, poésie de CHARLES DUBOIS, d'après
CIRDUCCI. — Suivra immédiatement : La Lettre, poésie de Mme CATULLE MENDÈS,
musique de J. MASSENET.
MUSIQUE DE PIANO
Nous publierons samedi prochain, pour nos abonnés à la musique de PIANO :
le Ruisseau, d'ANTOMN MARMONTEL. — Suivra immédiatement : Nocturne, de
GEORGES Ho K.
MONSIGNY ET SON TEMPS
M™ Trial n'était pas moins bien partagée, et ses succès ne
forent pas moindres. Jolie comme Mme Laruette, comme elle
fente et pleine de grâce, comme elle encore douée d'une voix
charmante dont elle savait tirer le plus habile parti, elle se vit
accueillir avec joie lorsqu'elle vint se présenter au public de la
Comédie-Italienne, ainsi que nous le raconte un chroniqueur
tatles éloges ne sont qu'un écho de ceux qui lui étaient pro-
cès de toutes parts :
Elle débuta le 15 janvier 1766, sous le nom de MIle Mandeville, par le rôle
6 Lucette dans le Peintre amoureux de son modèle, et y montra une voix
l" ante> flexible, intéressante et pure, un chant méthodique et un jeu sage ;
a«?e suivante elle fut reçue (sociétaire). Loin de se reposer sur des succès
erites' cette actrice sentit combien l'étude assidue de l'art devoit ajouter
*e aux dons de la nature. Elle reconnut qu'à une figure noble, à une
LIT1™ 16 d°UCe et aSréable> a une taille avantageuse et légère, à un main-
Stîl °Unete' a des grâces piquantes, elle pouvoit allier un débit saillant, des
^«.moelleux, une action décente et vraie, une grande attention à la scène,
ivecV|VU ■S'aEpli1uer a Perfectionner un talent qui l'a toujours fait écouter
d'un ■ 6t- applaudir avec enthousiasme. Néanmoins, indépendamment
Noir-r ent Si'in' d'Un goût exquis> d'une intelligence rare,, elle conserva.
feuéd * f10deSUe: Vertu Précieuse, qui ne permet pas à l'artiste qui en est
l'obW' 86 H à sa suPerioi'ite. qui lui fait voir ses émules sans ombrage, et
Telles so'nerSans Cesise d'activité. d'exactitude, de vigilance et de zèle.
rades et qualites qui ont rendu M™ Trial infiniment chère à sescama-
conSidétataU PUbHc' Mais ce *iui lui a attiré des distinctions honorables, la
Soi»tte J1"" de S6S suPél'ieui-s. l'estime générale, ce sont ses bonnes moeurs.
ègatem fle se respecter, de s'honorer elle-même, elle n'a point à rougir des
e sa Jeunesse; Péminence de son mérite n'a point servi à couvrir
de tristes erreurs: dans tous tems, elle s'est assurée à la fois les jouissances
flatteuses, mais passagères, que le talent procure, et les jouissances délicates
et constantes que donnent les vertus (I).
Et Grimm, ayant à parler d'une pièce dans laquelle Mme Trial
était chargée d'un rôle important, en profite pour donner des
détails curieux sur les commencements de cette artiste séduisante :
...La musique du Jardinier supposé (2) est fort agréable, et si elle n'est pas
de la force des autres ouvrages de Philidor, c'est la faute de son poète, qui
lui a fourni le moins d'occasions possibles pour faire de la musique. Mme Trial
y chante un air de bravoure qui est charmant ; cette actrice, habillée en jeune
homme de robe, a beaucoup contribué au succès du Jardinier supposé ; elle
était connue autrefois à ce théâtre sous le nom de M!le Mandeville. Un vieux
commis aux fermes, appelé Comolet, l'avait fait élever, lui avait fait apprendre
la musique, l'avait ensuite épousée et fait débuter à la Comédie-Italienne. Le
parterre lui trouvait la voix fort belle, un goût de chant très'bon, mais le
jeu un peu triste; c'est que sa vie l'était. M. Comolet tenait Mme Comolet
enfermée sous la clef, et ne la relâchait que pour le temps où Mlle Mandeville
avait à jouer en public. Mais M. Comolet a eu le lion esprit de mourir, et sa
veuve est devenue en peu de temps une autre personne; sa figure est embellie,
sa physionomie s'est éclairée ; elle a joué le rôle de Louise dans le Déserteur
avec tant de succès que Mme Laruette n'a plus osé le reprendre. Elle vient de
donner un successeur à M. Comolet dans la personne de M. Trial, acteur-de
ce théâtre... Il est bon musicien, et sa femme ne manquera pas de faire
encore des progrès sous lui...
Ce qui ressort de ces appréciations diverses et concordantes,
c'est que Mme Trial était un peu neuve comme comédienne à
l'époque de ses débuts. Cela n'a rien qui doive surprendre, sur-
tout si l'on songe que, comme nous l'apprend un annaliste,
« Mlle Félicité Mandeville n'avait jamais paru sur aucun théâtre,
ni public, ni particulier (3)». Mais il est certain que son travail
et son intelligence eurent bientôt fait de lui donner l'expérience
et les qualités nécessaires, et nous savons, par tous les témoi-
gnages contemporains, qu'elle devint une actrice absolument
séduisante. Elle se montrait particulièrement adroite dans les
rôles travestis, tels que Robin du Jardinier supposé, dont parle
Grimm, et Lindor de l'Amoureux de quinze ans. D'autre part, ses
succès de cantatrice furent éclatants : elle sut se faire applaudir
vivement, aux côtés de Mlle Colombe, dont on sait la renommée
sous ce rapport, en jouant avec elle VOlympiade de Sacchini, et
l'un de ses triomphes fut le rôle d'Arsène dans la Belle Arsène
de Monsigny. Parmi les ouvrages où elle fit d'importantes créa-
tions, il faut citer VAmant jaloux (Eléonore), Félix (Thérèse),
les Mariages S'amnites, Silvain, ï'Erreur, d'un moment.:. Le public
était ravi lorsqu'il avait la joie de voir ensemble, dans la même
pièce, Mme Trial et M™ Laruette, comme dans le Tableau parlant,
où l'une jouait Colombine et l'autre Isabelle, dans Zémire et Azor,
l'Ami de la maison, etc.
(1) D'Origny : Annales du Théâtre-Italien.
(2) L'Amant déguisé ou le Jardinier supposé, opéra-comique de Kavarl et Philidor,
représenté le 2 septembre 1769.
(3) Voy. Histoire du Théâtre-Italien, par Desboulmiers.
(Les Bureaui, 2bta, rue Jinenne, Paris, n-«t.)
(Us manuscrits doivent être adressés franco au journal, et, publiés ou non, ils ne sont pas rendus aux auteurs.)
SOMMAIEE-TEXTE
1, Monsigny et son temps (13° article), ARTHUR POUGIN. — II. Bulletin théâtral: pre-
mières représentations de Zénaïde ou les Caprices du destin, d'Une Aventure de Fre-
derick Lemaitre, et de Placide, à « l'OEuvre », P.-É. C. — III. La Musique et le Théâtre
an Salons du Grand-Palais, CAMILLE LE SENNE. — IV. Nouvelles diverses, concerts
cl nécrologie.
MUSIQUE DE CHANT
Nos abonnés à la musique de CHANT recevront, avec le numéro de ce jour :
PRINTEMPS
nouvelle mélodie de THÉODORE DUBOIS, poésie de CHARLES DUBOIS, d'après
CIRDUCCI. — Suivra immédiatement : La Lettre, poésie de Mme CATULLE MENDÈS,
musique de J. MASSENET.
MUSIQUE DE PIANO
Nous publierons samedi prochain, pour nos abonnés à la musique de PIANO :
le Ruisseau, d'ANTOMN MARMONTEL. — Suivra immédiatement : Nocturne, de
GEORGES Ho K.
MONSIGNY ET SON TEMPS
M™ Trial n'était pas moins bien partagée, et ses succès ne
forent pas moindres. Jolie comme Mme Laruette, comme elle
fente et pleine de grâce, comme elle encore douée d'une voix
charmante dont elle savait tirer le plus habile parti, elle se vit
accueillir avec joie lorsqu'elle vint se présenter au public de la
Comédie-Italienne, ainsi que nous le raconte un chroniqueur
tatles éloges ne sont qu'un écho de ceux qui lui étaient pro-
cès de toutes parts :
Elle débuta le 15 janvier 1766, sous le nom de MIle Mandeville, par le rôle
6 Lucette dans le Peintre amoureux de son modèle, et y montra une voix
l" ante> flexible, intéressante et pure, un chant méthodique et un jeu sage ;
a«?e suivante elle fut reçue (sociétaire). Loin de se reposer sur des succès
erites' cette actrice sentit combien l'étude assidue de l'art devoit ajouter
*e aux dons de la nature. Elle reconnut qu'à une figure noble, à une
LIT1™ 16 d°UCe et aSréable> a une taille avantageuse et légère, à un main-
Stîl °Unete' a des grâces piquantes, elle pouvoit allier un débit saillant, des
^«.moelleux, une action décente et vraie, une grande attention à la scène,
ivecV|VU ■S'aEpli1uer a Perfectionner un talent qui l'a toujours fait écouter
d'un ■ 6t- applaudir avec enthousiasme. Néanmoins, indépendamment
Noir-r ent Si'in' d'Un goût exquis> d'une intelligence rare,, elle conserva.
feuéd * f10deSUe: Vertu Précieuse, qui ne permet pas à l'artiste qui en est
l'obW' 86 H à sa suPerioi'ite. qui lui fait voir ses émules sans ombrage, et
Telles so'nerSans Cesise d'activité. d'exactitude, de vigilance et de zèle.
rades et qualites qui ont rendu M™ Trial infiniment chère à sescama-
conSidétataU PUbHc' Mais ce *iui lui a attiré des distinctions honorables, la
Soi»tte J1"" de S6S suPél'ieui-s. l'estime générale, ce sont ses bonnes moeurs.
ègatem fle se respecter, de s'honorer elle-même, elle n'a point à rougir des
e sa Jeunesse; Péminence de son mérite n'a point servi à couvrir
de tristes erreurs: dans tous tems, elle s'est assurée à la fois les jouissances
flatteuses, mais passagères, que le talent procure, et les jouissances délicates
et constantes que donnent les vertus (I).
Et Grimm, ayant à parler d'une pièce dans laquelle Mme Trial
était chargée d'un rôle important, en profite pour donner des
détails curieux sur les commencements de cette artiste séduisante :
...La musique du Jardinier supposé (2) est fort agréable, et si elle n'est pas
de la force des autres ouvrages de Philidor, c'est la faute de son poète, qui
lui a fourni le moins d'occasions possibles pour faire de la musique. Mme Trial
y chante un air de bravoure qui est charmant ; cette actrice, habillée en jeune
homme de robe, a beaucoup contribué au succès du Jardinier supposé ; elle
était connue autrefois à ce théâtre sous le nom de M!le Mandeville. Un vieux
commis aux fermes, appelé Comolet, l'avait fait élever, lui avait fait apprendre
la musique, l'avait ensuite épousée et fait débuter à la Comédie-Italienne. Le
parterre lui trouvait la voix fort belle, un goût de chant très'bon, mais le
jeu un peu triste; c'est que sa vie l'était. M. Comolet tenait Mme Comolet
enfermée sous la clef, et ne la relâchait que pour le temps où Mlle Mandeville
avait à jouer en public. Mais M. Comolet a eu le lion esprit de mourir, et sa
veuve est devenue en peu de temps une autre personne; sa figure est embellie,
sa physionomie s'est éclairée ; elle a joué le rôle de Louise dans le Déserteur
avec tant de succès que Mme Laruette n'a plus osé le reprendre. Elle vient de
donner un successeur à M. Comolet dans la personne de M. Trial, acteur-de
ce théâtre... Il est bon musicien, et sa femme ne manquera pas de faire
encore des progrès sous lui...
Ce qui ressort de ces appréciations diverses et concordantes,
c'est que Mme Trial était un peu neuve comme comédienne à
l'époque de ses débuts. Cela n'a rien qui doive surprendre, sur-
tout si l'on songe que, comme nous l'apprend un annaliste,
« Mlle Félicité Mandeville n'avait jamais paru sur aucun théâtre,
ni public, ni particulier (3)». Mais il est certain que son travail
et son intelligence eurent bientôt fait de lui donner l'expérience
et les qualités nécessaires, et nous savons, par tous les témoi-
gnages contemporains, qu'elle devint une actrice absolument
séduisante. Elle se montrait particulièrement adroite dans les
rôles travestis, tels que Robin du Jardinier supposé, dont parle
Grimm, et Lindor de l'Amoureux de quinze ans. D'autre part, ses
succès de cantatrice furent éclatants : elle sut se faire applaudir
vivement, aux côtés de Mlle Colombe, dont on sait la renommée
sous ce rapport, en jouant avec elle VOlympiade de Sacchini, et
l'un de ses triomphes fut le rôle d'Arsène dans la Belle Arsène
de Monsigny. Parmi les ouvrages où elle fit d'importantes créa-
tions, il faut citer VAmant jaloux (Eléonore), Félix (Thérèse),
les Mariages S'amnites, Silvain, ï'Erreur, d'un moment.:. Le public
était ravi lorsqu'il avait la joie de voir ensemble, dans la même
pièce, Mme Trial et M™ Laruette, comme dans le Tableau parlant,
où l'une jouait Colombine et l'autre Isabelle, dans Zémire et Azor,
l'Ami de la maison, etc.
(1) D'Origny : Annales du Théâtre-Italien.
(2) L'Amant déguisé ou le Jardinier supposé, opéra-comique de Kavarl et Philidor,
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