Titre : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir
Éditeur : Le Petit Parisien (Paris)
Date d'édition : 1914-01-05
Contributeur : Roujon, Jacques (1884-1971). Directeur de publication
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Description : 05 janvier 1914 05 janvier 1914
Description : 1914/01/05 (Numéro 13582). 1914/01/05 (Numéro 13582).
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Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 30/06/2008
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SE1BAIHE PARISIEN
JW wwtf de ht nouvelle année. --Le feuilleton
de la vie. Ceux qui /on? rire.
L'étrange solitude. Les retours de la
gloire. Wagner et Flotow. Fan-
tômes vrais ou Jaux. Quarante I{a-
pbaël Le bonheur dans l'illusion.
On raconte que, pendant la publica-
tion des Mystères de Paris, en feuilleton,
un malade, gravement atteint, supplia
son médecin de prolonger ses jours
au moins jusqu'à ce qu'il put connaître
le dénouement du roman d'Eugène Sue,
qu'il suivait avec un anxieux intérêt. Le
jeune homme qui, avec une mise en
scène un peu théâtrale, s'est tué, dans
un restaurant de nuit; au moment même
où commençait la nouvelle année, était
bien loin de cette vivifiante curiosité.
Cependant, le feuilleton véritable qui se
déroule quotidiennement, avec ce perpé-
tuel mélange de tous les genres se heur-
tant en son cadre, vaut la peine d'être
suivi, lui aussi. On peut jugeur notre
époque comme on voudra, selon les dis-
positions que l'on apporte à la considé-
rer (et le mieux serait de ne pas se plaire
à un dénigrement systématique, d'éta-
blir une raisonnable balance entre le
bien et le mal), on .ne peut pas dire
qu'elle ne soit pas curieuse. Cet inces-
sant $peeiacle, fait
rait-il pas de suffisantes raisons pour
tenir à l'existence'
L'année qui s'en allait a fini sur une
aventure tragique, et peut-être, le tragi-
que semble-t-il s'accentuer quand le nom
de la victime n'évoquait que du rire. Les
circonstances du drame étaient particu-
lièrement saisissantes, mais on a vu,
une fois de plus, quelle place tiennent,
à Paris, ceux qui font rire. Leur dispa-
rition, au moins sur le moment, laisse
un vide plus sensible que d'autres fins.
On s'avise qu'ils occupaient, par leur
frivolité même, une fonction ayant son
importance, pour l'équilibre du sérieux
et du plaisant. Il y a un sentiment ins-
tinctif de gratitude, se manifestât-il
avec quelque disproportion, pour ces
gens de belle humeur qui ont fait ou-
blier, un instant, les préoccupations et
les soucis. Et puis, on comprend, quel-
que popularité qu'ils aient eue, que cette
disparition est complète, absolue. La
survivance par le phonographe, qui a
sa valeur pour d'autres artistes, est,
pour eux, dérisoire. Le son de leur voix,
sans tout ce qui constituait les éléments
de leur succès, n'est plus que macabre.
«Ges tout premiers jours de janvier
ont donné l'occasion de' philosopher un
peu. Voici la Joconde réintégrée au Lou-
vre, pour n'en plus sortir, à ce qu'on
peut espérer mais si, à sa place re-
trouvée, elle a reconquis la foule, elle a
eu quelques jours d'épreuves assez ru-
des pour sa coquetterie. Après tant de
bruit, après une gloire si pompeusement
célébrée, elle n'a eu, dans le salon pro-
visoire où elle recevait, au lendemain de
son retour, que peu de visites, elle a
connu l'amertume d'une sorte d'aban-
don. Ce qu'on rêve, ce qu'on attend est
toujours plus que ce qu'on a véritable-
ment. Il y a quelque ironie dans l'oppo-
sition de tout le bruit qu'elle a fait et
cette quasi-solitude où elle est restée,
en tête à tête avec ses gardiens. Redeve-
nue facilement accessible, elle avait
perdu un peu de son prestige il n'y eut
point, à la revoir, la hâte sur laqueire il
paraissait naturel de compter. L'émo-
tion s'était lassée. Pour des raisons
moins générales et moins humaines, ce
qu'il y a d'un peu routinier dans les
habitudes de la grande ville qui, par des
traits différents de son caractère, s'en-
goue cependant de tout ce qu'il y a de
nouveau, s'est encore attesté. Nous ai-
mons les choses où nous avons accou-
tumé de les rencontrer.
De l'ironie mais, cette fois, de 1a
réconfortante ironie, de celle qui permet
de croire à la justice du temps il y en
a dans la rencontre de dates qui fait
entrer en même temps dans le domaine
public, arrivant bien diversement de-
vant la postérité, Wagner et Flotow,
l'auteur de Parsifal et l'auteur de Mar-
tha. Entre l'écrasant génie de l'un et l'ai-
mable habileté de l'autre, il ne semble y
avoir aucun point de contact. Et pour-
tant, si on se reporte cinquante ans en
arrière, que trouve-t-on ? Wagner mé-
connu, injurié, sifflé, honni, et le douce-
reux et insiminant Flotow joué partout,
fêté, ne connaissant guère que le succès,
même en ses plus médiocres productions.
La sensibilité, l'imagination, la virtuo-
sité de Flotow, la vogue de Martha, qu'en
reste-t-il, aujourd'hui ?
Alphonse Royer, qui était directeur de
l'Opéra au moment de la tumultueuse
représentation de Tannhéeuser. déclarait
que Wagner ne serait jamais un musi- j
cien dramatique. Il se flattait d'avoir été
au delà de son devoir en réussissant à ce
que l'ouvrage, malgré tout, se terminât
sur sa dernière note (il est vrai que, dis-
simulé sur la scène, derrière les choris-
tes, il indiquait aux chanteurs de larges
coupures). Mais on ne pouvait exiger de'
lui le moindre enthousiasme pour le
compositeur qui lui avait été imposé j
par contre, il n'était pas de sourires et
de témoignages d'estime qu'il ne prodi-
guât à Flotow, en dépit de l'abîme entre
une puissante inspiration et le petit agré-
ment d'une musique adroite. Que di-
rait-il, à présent, après Parsi/al? C'est
quand on est parvenu à certaines étapes
décisives qu'on peut constater la vanité
des jugements des contemporatns. avec
leurs préventions, avec leur résistance à
ce qui doit, cependant, tout bouleverser
et tout entraîner, un jour.
Un des petits côtés de la représentation
de Parsital à Paris est de diminuer un
peu le prestige de ceux qui, avec des airs
d'initiés, parlaient des I'estspiele de Bay-
reuth, semblant former eux-mêmes une
autre chevalerie du Graal, prenant en
pitié les profanes qui n'avaient pas été
admis à cette communion, se donnant,
I du fait de leur voyage, une supériorité
dédaigneuse. et ce n'était pas. seulement,
en effet, une joie d'art qu'ils avaient été
mains une sorte de consécration
d'un wagnérisme transcendant qui, la
1 période de lutte passée, n'avait plus, ce-
pendant, grand mérite. Leurs récits,
faits avec une infatuation d'extase, dé-
passant l'admiration raisonnée ou l'émo-
tion sincère, vont devenir un peu démo-
dés, Parsifal étant à notre portée. Le vi-
sage prenant soudain une expression so-
lennelle, ils ne paraîtront plus révéler
à demi des mystères c'est un snobisme
qui datera vite maintenant. Le recueil-
lement devant une œuvre majestueuse,
l'impression profonde qu'elle produit
pourront n'avoir pas besoin de s'accom-
pagner d'attitudes hiératiques.
Si les dissentiments au sujet de Wa-
gner sont bien loin, désormais, il est
d'autres sujets de querelles. On a vu se
renouveler, avec aigreur, les débats en-
tre occultistes et sceptiques sur la réalité
des phénomènes d'apparitions provo-
quées par l'état de transe d'un médium.
Les fantômes entrevus, et même photo-
graphiés, sont-ils d'honnêtes, de loyaux
fantômes (en ce cas que viendraient-ils
faire parmi nous?) ou ne sont-ils que
des spectres truqués, nés d'ingénieux
artifices ? Les prestidigitàteurs se font
forts d'en faire surgir, eux'aussi. Mais;
bien qu'on -ait- -jih-s tin avant des enjeux
assez élevés, on ne parvient pas à s'en-
'tendre sur les conditions d'une expé-
rience décisive. « Nous voulons voir
d'abord vos esprits matérialrsés, disent
les producteurs professionnels d'illu-
sions. Non, répondent les croyants,
commencez vous-mêmes, faites-en au-
tant que nous. >̃
N'est-ce pas une discussion assez vai-
ne ? N'est-oti pas sûr d'avance de ne se
point convaincre? Ce qui caractérise la
foi, c'est d'être rebelle a tout ce qui
n'est pas elle ? La démonstration la
plus évidente d'une supercherie empê-
cherait-elle des fervents de ces manifes-
tations de l' « au-delà » de garder leurs
convictions, et si par aventure ceux qui
repoussent le merveilleux voyaient un
prodige, ne le contesteraient-ils pas?
Ne serait-il pas plus sage que chacun
conservât ses idées, sans vouloir à tout
prix les faire partager, puisqu'elles sont
irréductibles ? Il faudrait qu'il y eût des
revenants bien inoccupés ou bien cum-
plaisants pour qu'ils retondissent à l'ap-
pel intéressé que leur adresse un mé-
dium. Mais si cette opinion est conso-
lante, pour ceux qui tiennent à ces com-
munications avec un monde mysté-
rieux, que leur donnera-t-on en échan-
ge en soufflant sur leur rêve? Leur seul
tort est de vouloir forcer les gens d'hu-
meur positive à l'accepter. Sans quoi, on
pourrait presque les envier, pour le
bonheur qu'ils trouvent dans une chi-
mère. Il y a des fantômes, si leur plai-
sir est qu'il y en ait. La vérité des cho-
ses est en nous en proportion de l'im-
portance que nous leur donnons.
Il en est de cela comme des quarante
Raphaël de l'abbé Renaud. Il est per-
suadé qu'il a une collection incompara-
ble, qu il a réussi à réunir chez lui des
œuvres ignorées par tous les musées et
par tous les historiens d'art. Il ne s'agit
pas là d'une spéculation, qui serait un
peu téméraire, mais de joies intimes,
dans la contemplation d'une galerie
qu'envieraient, selon lui, les milliardai-
res américains. Pourquoi le détromper,
puisque aucun intérêt public n'est en
jeu ? Il y aurait beaucoup plus de dou-
ceur dans les rapports mutuels si on
voulait bien se souvenir que, parmi tant
de maux et de soucis, les seules compen-
sations auxquelles puissent prétendre
les hommes sont dans leur imagina-
tion. Paul GINISTY
Une Protection nécessaira
Hier matin paraissait au Journal offi-
\.1.1 ciel la nouvelle loi sur les monuments
historiques. Cette loi est venue à son heure,
car de multiples faits litigieux avaient dé-
montré sa nécessité.
Un certain nombre de pays étrangers ont
déjà pris des mesures, de longue date, pour
empêcher que les souvenirs du passé qui
sont des documents précieux, ou les créa-
tions de l'art qu'il importe de ne point laisser
se disperser fussent conservés sur place.
Des textes, devenus célèbres, interdisent,
en Italie, l'exportation des grandes oeuvres
de la Renaissance. On conçoit que nos voi-
sins aient voulu retenir chez eux, par,fierté
nationale bien comprise, et pour l'éducation
des générations futures, les tableaux d'un
Titien, d'un Raphaël, d'un Corrège, qui peu-
vent appartenir à des collections privées.
Jusqu'ici, les règles qui présidaient chez
nous au classement des monuments ou des
objets mobiliers de valeur artistique étaient
assez confuses. Elles étaient si insuffisantes,
que des incidents graves furent coup sur
coup signalés à l'attention publique. Qui a
oublié, en particulier, ceux du Pont du Gard
et des gisements d'ossements et d armes pré-
historiques du Plateau Central ? D une part,
un propriétaire eût pu dégrader une des plus
admirables constructions romaines qu'il y
eût dans le monde de l'autre, des fragments
de squelette de l'homme primitif, des haches
en silex du plus haut intérêt eussent risqué
d'être transportés à l'étranger. La loi nou-
velle offre ce grand mérite de conserver notre
patrimoine commun, d'interdire des abus de
propriété ou des spéculations excessives, qui
Ise commettaient au détriment de la nation
tout entière.
Voir à la troisième page
UN DRAME RUE CASTAGNARY
Un père attire sa fille dans un
guet-apens et la blesse de quatre
coups de revolver.
TERRIBLE ACCIDENT AUX INVALIDES
Dans la soirée on n'avait encore retiré qu'un cadavre. Les
autres victimes ont, sans aucun doute, également succombé
la grave éboulemeui s'e^l produit, hier
dans un chantier souterrain du chemin de
fer -Métropolitain de Paris, ensevelissant qua-
tre ouvriers.
pro-
duit cet accident,
MM. Prai.lfiiu i't
des travaux. avaient, pour le percement
dune partie de la galerie, fait forer deux
cents, l'un non loin de la gaie des Invalides,
1 autre- exactement du vi-
comte d'Harcoarl, ir.. me de Constantine.
leur rencontre-, qui devait marquer l'achève-
mentdu travail en cet endroit, était l'sr-nrnp-
tée pour un.' (1,1,'e très prochaine.
L'accident
ttt-temampu afin d.
permettre aux utnrier.s de prendre quelque
repos.
La plupart dViiiiv eux eii prolitiiieut, as-
.si. sur des madriers, pour prendre une lé-
gère collation.
Soudain, un fracas détermina une vérita-
ble panique. Que se passait-il
En haie, terrassiers -et mineurs s'en fu-
rent vers les échelles des deux iHiits ils
n'avaient entendu qu un bruit épouvantable
et ne savaient exactement où l'accident avait
eu lieu..
Ceux qui remontèrent rue de ConsUuliue
étaient couverts de pujssière, pour lu plu-
part. y avait donc de grandes chances
pour que ce fût leur galerie qui eut souffert
de i'ébouleinenl.
Le premier montent d'émoi passé, les con-
tremaîtres procédèrent à une rapide revue
de leurs hommes ils ne tardèrent pas à
s'apercevoir que quatre d'entre eux man-
quaient.
On courut aviscr les pompiers et la pré-
CI. Petite Parisien
Les abords du puits pendant les travaux
de déblaiement
lecture de police. Avec un admirable mépris
du danger, dans un bel élan de solidarité,
les ouvriers s'offrirent tous à redescendre
pour porter secours à leurs camarades.
Quelques-uns d'entre eux furent désignés et,
courageusement, s'avancèrent dans la gale-
rie en partant du puits Constantine.
A 22 mètres environ,, ils se trouvèrent ar-
rètés par nn mur de sable. Des glissements
se succédaient sans cesse il fallait étayer
avec soin si l'on ne vuulait pas avoir à re-
gretter une effroyable catastrophe.
Entre temps, les pompiers étaient arrivés
sur les lieux du sinistre, le colonel Cordier
en tête puis, successivement. MM. Han-
nion, prsfet de police Touny, Laurent, Paoli,
Lescouvé, procureur de la République, et
Grandjean, substitut; Hennequin, juge d'ins-
truction les généraux Michel, gouverneur
militaire, et Regnault, commandant la place
de Paris Chassaigne-Goyon, président du
conseil municipal de Puymaigre et Petit-
conseillers municipaux Gueoier, ar-
chitecte de la préfecture de police Ferlet,
directeur du cabinet du préfet de la Seine
Bienvenue, directeur des travaux de la Vil-
le Maréchal et Rebondin, commissaires de
police, etc.
Le sauvetage
Les secours s orgajiLsereni aussitôt. ae ia
çon méthodique, sous la direction conjuguée
du colonel Cordier et de M. Pradeau, l'en-
trepreneur, qui paya lui-même, toute la soi-
rée., très bravement de sa personne.
Des madriers furent descendus pour l'é-
tayage des équipes furent formées pour les
fouilles.
La circulation avait été interrompue de la
rue de l'Universitè presque jusqu'à la rue
de Grenelle, ainsi que sur une partie de l'es-
planade des Invalides. Des voitures d'am-
bulance vinrent se ranger dans le large es-
pace laissé libre.
Le vicomte d'Harcourt offrit son hôtel
pour y recueillir les blessés si besoin était.
On installa, néanmoins, une ambulance de
fortune, avec des brancards, des lits sur de
la paille, le long d'une palissade. Une lampe
à projection, des appareils pour provoquer
la respiration artificielle, des boites de pan-
sements, toute une pharmacie portative vin-
rent bientôt compléter le matériel de cet hô-
pital de plein air.
Les minutes passèrent. M. Hennion,
anxieusement penché sur l'orifice du puits,
attendait des nouvelles qui ne venaient
point.
Un premier corps apparaît
Tout à coup, vers 5 heures, on annonça
qu'un corps venait d'apparattre. On prépa-
rait tout pour le recevoir'; un matelas avait
Et puis, brusquement, ou apprit qu'une
coulée de sable venait de l'engloutir noir-
veau.
Aux alentours du ehaiitier, éclairé pur
de; torches, une femme sanglotait à tendre
j l'âjnc 'était la mère d'un des ensevelis, le
i jeune Courteix, âgé de dix-sept ans, et. de-
meurant 9. rue YaiHlnv.anise le père, ern-
ployé lui aussi par l'entreprise et qui avait
réussi à s'échapper. se tenait a cote d'elle,
«'efforçant de la .réconforter, de lui donner
une lueur d'espérance que lui-même ne con-
̃soiiijj réhoulernenl se (i-uuwil pris un de
ses cousins, M. Baptiste <ïom\ âgé de qua-
rante ans, habitant, lui aussi ï>ruu b'an-
drezaime pour les deux autres ouvriers, ou
quatre ans, Ul, rue Duulancourl, que person-
ne n'avait revu» depuis l'accident.
A.six iieuras un quart, on parviut à nou-
veau et non sans difficultés au corps aperçu
tout d'abord une pauvre main noire et déjà
froide apparut le médecin des sapeurs-pom-
piers descendit lui faire une piqûre de caféi-
ne, bien inutile, hélas puisque le malheu-
reux avait depuis lon;temps .succombé à
l'asphyxie
On parvint, petit à petit, ir dégager le ca-
davre qui avait été renversé en arrière par
la violence de l'éboulement et complètement
submergé par une couche de plus de deux
mètres de terre friable.
celui du jeune Cuurteix, dont on
pnl. établir l'identité glace à des papiers
trouvés dans une poche de sou veston.
Il était liomblenumt défiguré, l^n face
avait été écrasée par une poutre.
On le hissa ù ia surface. Placé sur un
brancard, le malheureux garçon, dont la
figure avait été dissimulée sous une couver-
ture, fut placé dans une voiture d'ambu-
lance.
Une scène déchirante
Une scène véritablement émouvante se
produisit à, ce moment. La. vieille mère de
Courteix, qui avait appris, on ne sait com-
ment, que le corps de son fils avait été re-
monté, se précipita vers la voiture.
Je veux voir mon petit! criait-elle. Je
veux voir mon petit, laissez-le moi voir.
On tenta de l'éloigner. Mais elle se dé-
battit entre les bras des agents qui s'effor-
çaient de l'éloigner. hurlant, suppliant, si
bien que M. Laurent donna l'ordre de lui ac-
corder satisfaction.
La vieille maman se jeta littéralement sur
le carps de son iite et, pendant quelques
instants, elle recommença à crier, parlant a.
son enfant. Il fallut mettre fin à cette scène
qui faisait venir les larmes aux yeux de
On fit monter la pauvre femme da.ns une
voiture qui suivit celle qui emportait son
enfant vers la morgue.
Quelle est la cause de l'éboulement?
A quoi attribuer l'écoulement, ? On ne le
sait encore. MM. Pradeau et Aussude sont
des entrepreneurs sérieux et, de l'avis mê-
me de l'architecte de la préfecture de po-
lice, leurs travaux sont effectués avec toules
les précaptions et les soins désirables.
Peut-être, à l'endroit où creva. la poche
de sable qui devait déterminer l'accident,
le, boisages ne furent-ils pas assez forts
peut-être aussi la poussée de l'éboulement
fut-elle trop considérable pour qu'il eût été
possible de l'enrayer avec les moyens pré-
vus. L'enquête le démontrera dans l'avenir.
(Voir la suite ù la Dernière Heur!').
LE PETIT HAROLD
est rentré chez ses parents
SA MÈIE LE « PETIT PARISIEN »
Le petit Harold est arrivé à Paris, hier
après-midi, et a. été conduit immédiatement
chez ses grands-parents, 33, rue de Seine.
Mme Fischbacher, mère du garçonnet, se
trouvait sur le quai de la gare du Nord et le
couvrit de baisers, à l'arTivée du train.
Un peu étourdi par la brusquerie des évé-
nements qui se succédèrent de façon si im-
prévue pour lui, l'enfant répondit avec effu-
sion aux caresses de sa mère, mais .ne put
fournir qu'une version confuse de tout ce
qui s'était passé depuis son enlèvement, à
Lamotte-Beuvron.
Il put, cependant, affirmer qu'il avait été
bien traité au cours de son voyage. Son père
lui témoigna beaucoup d'affection. La mal-
tresse de celui-ci, Charlotte Erman, la
fausse Mme Evans, se montra pleine d'at-
tention et de prévenance pour Harold.
Celui-ci se rappelle vaguement les pays
qu'il a traversés. Les fugitifs ne séjour-
naient jamais longtemps dans une ville, pa-
raitril, et le bambin, étroitement surveillé,
ne sut jamais où il se I,rouvait exactement.
On lui montrait de belles promenades, des
rtKJnuments, des jardins, mais sans lui four-
nir des explications assez précises pour
qu'il put être renseigné.
Comme il demandait fréquemment où était
sa mère, on lui répondait invariablement
qu'il allait bientôt la retrouver. L'événement
l'a prouvé, l'insu des ravisseurs.
Une mère heureuse
Dans la soirée, nous avons pu nous entre-
tenir avec Mme Kischbacher.
Je suis au comble de la joie, nous dit-
elle. J'ai retrouvé mon fils. Pour le moment,
je ne cherche rien au delà. Il est en bonne
santé. C'est le principal.
Les péripéties de son voyage l'ont un peu
fatigué, cela se conçoit, et je ne me preoc-
cupe de rien puisque je l'ai près de moi,
après une séparation si longue.
Je remercie tout spécialement le Petit Pa-
risien qui, par la large publicité dont il a
entouré le rapt, a donné l'éveil à l'étranger
et a contribué à l'heureux résultat qui me
rend si heureuse. •
UNE VISITE A GRISOLLES
CHEZ LE COLONEL DE WfflTERFELD
(DE NOTRE ENVOYE SPÉCIAL'.
Grisolles, 4 janvier.
Lt; tru:d est cruel. La neige qui, ces jours
derniers, tomba en abondance, recouvre les
talus de la route et les champs.
A la surface du canal que nous venons de
flottent.
Les maisons de Griottes petite; com-
mune de deux mille habitants, située entre
Montauban et Toulouse dorment encore
sous leurs couvertures blanches.
De toute la journée, le village ne sortira
point de sa torpeur.
Une seule maison, située au milieu de ";a
Grand'Rue, semble vivre. Un domestique en
tablier blanc vient d'en sortir. Il se hâte vers
les boutiques où il va faire des provisions
deux jeunes gens vêtus d'élégants costumes
de sport sont sur le pas de la porte, au-
dessus de laquelle claque le drapeau trico-
lore.
Pourtant, ce 'n'est point xuï édifice pu-
blic
Les jeunes gens échangent quelques pa-
roles. Nous reconnaissons la langue alle-
mande et nous comprenons que nous nous
trouvons devant la maison Massot, où, de-
puis le 16 septembre, le colonel von Winter-
feld, attaché militaire allemand, blessé au
cours des rnanoeuvres du Languedoc, se ré-
tablit lentement des terribles blessures qu'il
reçut dans l'accident d'automobile qu'on n'a
pas oublié.
Nous souhaitons nous enquérir de l'état
du malade, et nous voici dans la maison où
flotte une violente odeur d'éther et d'anti-
septiques.
La comtesse de Winterfeld, prévenue par
ses fils, nous rejoint dans la petite pièce où
nous attendons.
Son accueil est infiniment aimable. Elle
s'exprime dans le français le plus correct et
nous dit les mortelles inquiétudes par les-
quelles elle passa depuis le jour où, se trou-
vant Paria, elle reçut la dépêche que son
mari, se croyant perdu, avait eu l'énergie
de lui envoyer pour lui faire ses adieux
son arrivée à Grisolles au chevet du colonel'
que, depuis trois mois et demi, elle n'a point
quitté.
Dans l'épreuve que j'ai subie, nous dé-
clare-t-elle, j'ai été constamment soutenue,
réconfortée, consolée, par la sollicitude que
le gouvernement français n'a point cessé de
nous témoigner et par le délicat, l'admira-
ble dévouement dont la population de Gri-
solles tout entière a fait preuve.
Je dois une reconnaissance 'particulière à
M. et Mme Massot et à M. Massot père,
nos hôtes qui,. depuis le mois de septem-
bre, vivent dans l'inconfort le plus ab-
solu pour nous laisser la libre dispo-
sition de leur maison.
Je ne puis parler non plus, sans un grand
élan de gratitude, de tous les médecins qui
délaissèrent leurs affaires personnelles, né-
gligèrent même leur clientèle respective afin
de se consacrer entièrement à mon cher ma-
lade.
Je ne saurai jamais trop dire quelle recon-
naissance j'ai vouée aux docteurs Petit, de
Montauban Roy, Voivenel,' de Toulouse
Montagne, Constantin, Dupré.
Nous demandons à Mme von Winterfeld
s'il nous serait possible de voir le colonel,
de lui présenter nos vœux de prompte gué-
rison.
A mon grand regret, nous dit-elle, je
suis obligée de ne point faire droit à votre
demande. Mon mari est encore beaucoup
trop faible pour recevoir. I
Joui'némm Mm féoonfmft
Deux de nos fils (vous les avez vus tout
à l'heure) sont vénus pour passer les vacan-
ces auprès de leur père, à qui ils ont ap-
porté d'Allemagne un arbre de Noël.
Or, les médecins leur ont interdit à eux-
mêmes de rester plus'de quelques minutes
par jour dans la chambre du colonel.
Mme de Winterfeld veut bien nous dire
alors ce que furent ces jours de fête dans
cette petite maison villageoise, où après tant
de souffrances, d'angoisse, l'espoir est enfin
revenu
Lundi dernier, nous avons reçu la vi-
site du commandant Levannier officier d'or-
donnance du ministre de la Guerre, venu
pour nous offrir les souhaits de M. Noulens. j
il apportait les palmes académiques pour
M. Massot et un grand cygne plein de jouets
pour la petite Lucette, la fille de notre hôte
si dévoué.
L'officier est resté à dîner avec mes fils
et moi, ainsi que les docteurs Roy, Voivenel
et le lieutenant Malick, détaché à demeure
auprès de mon mari, par le ministre de la
Guerre.
Mardi, le prince d'Œting-Wallenstein est
arrivé ici à son tour.
Dépêché par l'empereur d'Allemagne, il
apportait, de la part de notre souverain, de
nombreuses distinctions honorifiques.
Le préfet de Tarn-et-G&ronne a reçu l'ai-
<.
¡l'aigle rouge le docteur Petit, ch
ban, lu couronne de Prusse.
Le chirurgien lloy et le. docte'
nel-se siiiil vu ritl-ribuèr la cra\ati
mandeur de la couronne de Prusst
Les docteurs Montagne. Const
gulhian. Dupré MM. Massot père
reçu également (ies distinctions
j ques. iiii;s: que le aergeul inlirmie
Le prince d'Œtiug a remis eu en
) part de l'empereur, un service à ti
Massot. un bijou décoré de pierre
ses aux couleurs françaises à Mi
nel, et a laissé six mille francs pm
vres de la commune.
Avmnt dm prostdm» cot
Les deux jeunes lits de Mme d
feld viennent d'entrer dans la pièt
L'un d'eux tient en main un apf
tograplîicjue.
Nous avons photographié i:
Nous prions qu'on veuille bien
fier ce précieux document.
On y. consent avec une bonne
finie.
Alors nous nous enhardissons ji
prunter l'appareil pour » prendre »
son et.les deux jeunes gens avan
incliner respectueusement devant
Winterfeld.
UN CRIME PRÈS DE CRÉTilL.
Sur la roïjejiie î&iie
est étranglés et yiotaîés
Il était six heures du; matin, l
lier. M. Eugène Grenier, demeurai)
nay-sous-Bois, cheminait, à Crête
de la route nationale de Paris à
qui, à'cet endroit, prend le nom de roule de
Villeneuve. Parvenu à la hauteur, de la bor-
ne kilométrique. 11,5, il distingua, sur le
trottoir de droite, en bordure d'un champ,
une forme étendue entre, deux ar-
bres. S'approchant, M. Grenier vit là une
femme dont les vêtements étaient lacérés et
qui lui pnruf avoir cessé de'vivre.
Il se rendit alors à un débit que tiennent,
CI. Petit Part.,en.
La victime, Mm« Lafosse
La + indique l'endroit de la route de Villeneuve
où le cadavre a été découvert
â quelques centaines de mètres, les époux
Oblet. ef, après les a\nir informés de sa dé-
couverte, les pria de veiller sur le corps
tandis qu'il irait, à deux kilomètres de là,
prévenir la gendarmerie de Maisons-Alfort.
Les gendarmes survinrent bientôt, suivis,
à pmi de distance, de Àt. I^avayssé, com-
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SE1BAIHE PARISIEN
JW wwtf de ht nouvelle année. --Le feuilleton
de la vie. Ceux qui /on? rire.
L'étrange solitude. Les retours de la
gloire. Wagner et Flotow. Fan-
tômes vrais ou Jaux. Quarante I{a-
pbaël Le bonheur dans l'illusion.
On raconte que, pendant la publica-
tion des Mystères de Paris, en feuilleton,
un malade, gravement atteint, supplia
son médecin de prolonger ses jours
au moins jusqu'à ce qu'il put connaître
le dénouement du roman d'Eugène Sue,
qu'il suivait avec un anxieux intérêt. Le
jeune homme qui, avec une mise en
scène un peu théâtrale, s'est tué, dans
un restaurant de nuit; au moment même
où commençait la nouvelle année, était
bien loin de cette vivifiante curiosité.
Cependant, le feuilleton véritable qui se
déroule quotidiennement, avec ce perpé-
tuel mélange de tous les genres se heur-
tant en son cadre, vaut la peine d'être
suivi, lui aussi. On peut jugeur notre
époque comme on voudra, selon les dis-
positions que l'on apporte à la considé-
rer (et le mieux serait de ne pas se plaire
à un dénigrement systématique, d'éta-
blir une raisonnable balance entre le
bien et le mal), on .ne peut pas dire
qu'elle ne soit pas curieuse. Cet inces-
sant $peeiacle, fait
rait-il pas de suffisantes raisons pour
tenir à l'existence'
L'année qui s'en allait a fini sur une
aventure tragique, et peut-être, le tragi-
que semble-t-il s'accentuer quand le nom
de la victime n'évoquait que du rire. Les
circonstances du drame étaient particu-
lièrement saisissantes, mais on a vu,
une fois de plus, quelle place tiennent,
à Paris, ceux qui font rire. Leur dispa-
rition, au moins sur le moment, laisse
un vide plus sensible que d'autres fins.
On s'avise qu'ils occupaient, par leur
frivolité même, une fonction ayant son
importance, pour l'équilibre du sérieux
et du plaisant. Il y a un sentiment ins-
tinctif de gratitude, se manifestât-il
avec quelque disproportion, pour ces
gens de belle humeur qui ont fait ou-
blier, un instant, les préoccupations et
les soucis. Et puis, on comprend, quel-
que popularité qu'ils aient eue, que cette
disparition est complète, absolue. La
survivance par le phonographe, qui a
sa valeur pour d'autres artistes, est,
pour eux, dérisoire. Le son de leur voix,
sans tout ce qui constituait les éléments
de leur succès, n'est plus que macabre.
«Ges tout premiers jours de janvier
ont donné l'occasion de' philosopher un
peu. Voici la Joconde réintégrée au Lou-
vre, pour n'en plus sortir, à ce qu'on
peut espérer mais si, à sa place re-
trouvée, elle a reconquis la foule, elle a
eu quelques jours d'épreuves assez ru-
des pour sa coquetterie. Après tant de
bruit, après une gloire si pompeusement
célébrée, elle n'a eu, dans le salon pro-
visoire où elle recevait, au lendemain de
son retour, que peu de visites, elle a
connu l'amertume d'une sorte d'aban-
don. Ce qu'on rêve, ce qu'on attend est
toujours plus que ce qu'on a véritable-
ment. Il y a quelque ironie dans l'oppo-
sition de tout le bruit qu'elle a fait et
cette quasi-solitude où elle est restée,
en tête à tête avec ses gardiens. Redeve-
nue facilement accessible, elle avait
perdu un peu de son prestige il n'y eut
point, à la revoir, la hâte sur laqueire il
paraissait naturel de compter. L'émo-
tion s'était lassée. Pour des raisons
moins générales et moins humaines, ce
qu'il y a d'un peu routinier dans les
habitudes de la grande ville qui, par des
traits différents de son caractère, s'en-
goue cependant de tout ce qu'il y a de
nouveau, s'est encore attesté. Nous ai-
mons les choses où nous avons accou-
tumé de les rencontrer.
De l'ironie mais, cette fois, de 1a
réconfortante ironie, de celle qui permet
de croire à la justice du temps il y en
a dans la rencontre de dates qui fait
entrer en même temps dans le domaine
public, arrivant bien diversement de-
vant la postérité, Wagner et Flotow,
l'auteur de Parsifal et l'auteur de Mar-
tha. Entre l'écrasant génie de l'un et l'ai-
mable habileté de l'autre, il ne semble y
avoir aucun point de contact. Et pour-
tant, si on se reporte cinquante ans en
arrière, que trouve-t-on ? Wagner mé-
connu, injurié, sifflé, honni, et le douce-
reux et insiminant Flotow joué partout,
fêté, ne connaissant guère que le succès,
même en ses plus médiocres productions.
La sensibilité, l'imagination, la virtuo-
sité de Flotow, la vogue de Martha, qu'en
reste-t-il, aujourd'hui ?
Alphonse Royer, qui était directeur de
l'Opéra au moment de la tumultueuse
représentation de Tannhéeuser. déclarait
que Wagner ne serait jamais un musi- j
cien dramatique. Il se flattait d'avoir été
au delà de son devoir en réussissant à ce
que l'ouvrage, malgré tout, se terminât
sur sa dernière note (il est vrai que, dis-
simulé sur la scène, derrière les choris-
tes, il indiquait aux chanteurs de larges
coupures). Mais on ne pouvait exiger de'
lui le moindre enthousiasme pour le
compositeur qui lui avait été imposé j
par contre, il n'était pas de sourires et
de témoignages d'estime qu'il ne prodi-
guât à Flotow, en dépit de l'abîme entre
une puissante inspiration et le petit agré-
ment d'une musique adroite. Que di-
rait-il, à présent, après Parsi/al? C'est
quand on est parvenu à certaines étapes
décisives qu'on peut constater la vanité
des jugements des contemporatns. avec
leurs préventions, avec leur résistance à
ce qui doit, cependant, tout bouleverser
et tout entraîner, un jour.
Un des petits côtés de la représentation
de Parsital à Paris est de diminuer un
peu le prestige de ceux qui, avec des airs
d'initiés, parlaient des I'estspiele de Bay-
reuth, semblant former eux-mêmes une
autre chevalerie du Graal, prenant en
pitié les profanes qui n'avaient pas été
admis à cette communion, se donnant,
I du fait de leur voyage, une supériorité
dédaigneuse. et ce n'était pas. seulement,
en effet, une joie d'art qu'ils avaient été
mains une sorte de consécration
d'un wagnérisme transcendant qui, la
1 période de lutte passée, n'avait plus, ce-
pendant, grand mérite. Leurs récits,
faits avec une infatuation d'extase, dé-
passant l'admiration raisonnée ou l'émo-
tion sincère, vont devenir un peu démo-
dés, Parsifal étant à notre portée. Le vi-
sage prenant soudain une expression so-
lennelle, ils ne paraîtront plus révéler
à demi des mystères c'est un snobisme
qui datera vite maintenant. Le recueil-
lement devant une œuvre majestueuse,
l'impression profonde qu'elle produit
pourront n'avoir pas besoin de s'accom-
pagner d'attitudes hiératiques.
Si les dissentiments au sujet de Wa-
gner sont bien loin, désormais, il est
d'autres sujets de querelles. On a vu se
renouveler, avec aigreur, les débats en-
tre occultistes et sceptiques sur la réalité
des phénomènes d'apparitions provo-
quées par l'état de transe d'un médium.
Les fantômes entrevus, et même photo-
graphiés, sont-ils d'honnêtes, de loyaux
fantômes (en ce cas que viendraient-ils
faire parmi nous?) ou ne sont-ils que
des spectres truqués, nés d'ingénieux
artifices ? Les prestidigitàteurs se font
forts d'en faire surgir, eux'aussi. Mais;
bien qu'on -ait- -jih-s tin avant des enjeux
assez élevés, on ne parvient pas à s'en-
'tendre sur les conditions d'une expé-
rience décisive. « Nous voulons voir
d'abord vos esprits matérialrsés, disent
les producteurs professionnels d'illu-
sions. Non, répondent les croyants,
commencez vous-mêmes, faites-en au-
tant que nous. >̃
N'est-ce pas une discussion assez vai-
ne ? N'est-oti pas sûr d'avance de ne se
point convaincre? Ce qui caractérise la
foi, c'est d'être rebelle a tout ce qui
n'est pas elle ? La démonstration la
plus évidente d'une supercherie empê-
cherait-elle des fervents de ces manifes-
tations de l' « au-delà » de garder leurs
convictions, et si par aventure ceux qui
repoussent le merveilleux voyaient un
prodige, ne le contesteraient-ils pas?
Ne serait-il pas plus sage que chacun
conservât ses idées, sans vouloir à tout
prix les faire partager, puisqu'elles sont
irréductibles ? Il faudrait qu'il y eût des
revenants bien inoccupés ou bien cum-
plaisants pour qu'ils retondissent à l'ap-
pel intéressé que leur adresse un mé-
dium. Mais si cette opinion est conso-
lante, pour ceux qui tiennent à ces com-
munications avec un monde mysté-
rieux, que leur donnera-t-on en échan-
ge en soufflant sur leur rêve? Leur seul
tort est de vouloir forcer les gens d'hu-
meur positive à l'accepter. Sans quoi, on
pourrait presque les envier, pour le
bonheur qu'ils trouvent dans une chi-
mère. Il y a des fantômes, si leur plai-
sir est qu'il y en ait. La vérité des cho-
ses est en nous en proportion de l'im-
portance que nous leur donnons.
Il en est de cela comme des quarante
Raphaël de l'abbé Renaud. Il est per-
suadé qu'il a une collection incompara-
ble, qu il a réussi à réunir chez lui des
œuvres ignorées par tous les musées et
par tous les historiens d'art. Il ne s'agit
pas là d'une spéculation, qui serait un
peu téméraire, mais de joies intimes,
dans la contemplation d'une galerie
qu'envieraient, selon lui, les milliardai-
res américains. Pourquoi le détromper,
puisque aucun intérêt public n'est en
jeu ? Il y aurait beaucoup plus de dou-
ceur dans les rapports mutuels si on
voulait bien se souvenir que, parmi tant
de maux et de soucis, les seules compen-
sations auxquelles puissent prétendre
les hommes sont dans leur imagina-
tion. Paul GINISTY
Une Protection nécessaira
Hier matin paraissait au Journal offi-
\.1.1 ciel la nouvelle loi sur les monuments
historiques. Cette loi est venue à son heure,
car de multiples faits litigieux avaient dé-
montré sa nécessité.
Un certain nombre de pays étrangers ont
déjà pris des mesures, de longue date, pour
empêcher que les souvenirs du passé qui
sont des documents précieux, ou les créa-
tions de l'art qu'il importe de ne point laisser
se disperser fussent conservés sur place.
Des textes, devenus célèbres, interdisent,
en Italie, l'exportation des grandes oeuvres
de la Renaissance. On conçoit que nos voi-
sins aient voulu retenir chez eux, par,fierté
nationale bien comprise, et pour l'éducation
des générations futures, les tableaux d'un
Titien, d'un Raphaël, d'un Corrège, qui peu-
vent appartenir à des collections privées.
Jusqu'ici, les règles qui présidaient chez
nous au classement des monuments ou des
objets mobiliers de valeur artistique étaient
assez confuses. Elles étaient si insuffisantes,
que des incidents graves furent coup sur
coup signalés à l'attention publique. Qui a
oublié, en particulier, ceux du Pont du Gard
et des gisements d'ossements et d armes pré-
historiques du Plateau Central ? D une part,
un propriétaire eût pu dégrader une des plus
admirables constructions romaines qu'il y
eût dans le monde de l'autre, des fragments
de squelette de l'homme primitif, des haches
en silex du plus haut intérêt eussent risqué
d'être transportés à l'étranger. La loi nou-
velle offre ce grand mérite de conserver notre
patrimoine commun, d'interdire des abus de
propriété ou des spéculations excessives, qui
Ise commettaient au détriment de la nation
tout entière.
Voir à la troisième page
UN DRAME RUE CASTAGNARY
Un père attire sa fille dans un
guet-apens et la blesse de quatre
coups de revolver.
TERRIBLE ACCIDENT AUX INVALIDES
Dans la soirée on n'avait encore retiré qu'un cadavre. Les
autres victimes ont, sans aucun doute, également succombé
la grave éboulemeui s'e^l produit, hier
dans un chantier souterrain du chemin de
fer -Métropolitain de Paris, ensevelissant qua-
tre ouvriers.
pro-
duit cet accident,
MM. Prai.lfiiu i't
des travaux. avaient, pour le percement
dune partie de la galerie, fait forer deux
cents, l'un non loin de la gaie des Invalides,
1 autre- exactement du vi-
comte d'Harcoarl, ir.. me de Constantine.
leur rencontre-, qui devait marquer l'achève-
mentdu travail en cet endroit, était l'sr-nrnp-
tée pour un.' (1,1,'e très prochaine.
L'accident
ttt-temampu afin d.
permettre aux utnrier.s de prendre quelque
repos.
La plupart dViiiiv eux eii prolitiiieut, as-
.si. sur des madriers, pour prendre une lé-
gère collation.
Soudain, un fracas détermina une vérita-
ble panique. Que se passait-il
En haie, terrassiers -et mineurs s'en fu-
rent vers les échelles des deux iHiits ils
n'avaient entendu qu un bruit épouvantable
et ne savaient exactement où l'accident avait
eu lieu..
Ceux qui remontèrent rue de ConsUuliue
étaient couverts de pujssière, pour lu plu-
part. y avait donc de grandes chances
pour que ce fût leur galerie qui eut souffert
de i'ébouleinenl.
Le premier montent d'émoi passé, les con-
tremaîtres procédèrent à une rapide revue
de leurs hommes ils ne tardèrent pas à
s'apercevoir que quatre d'entre eux man-
quaient.
On courut aviscr les pompiers et la pré-
CI. Petite Parisien
Les abords du puits pendant les travaux
de déblaiement
lecture de police. Avec un admirable mépris
du danger, dans un bel élan de solidarité,
les ouvriers s'offrirent tous à redescendre
pour porter secours à leurs camarades.
Quelques-uns d'entre eux furent désignés et,
courageusement, s'avancèrent dans la gale-
rie en partant du puits Constantine.
A 22 mètres environ,, ils se trouvèrent ar-
rètés par nn mur de sable. Des glissements
se succédaient sans cesse il fallait étayer
avec soin si l'on ne vuulait pas avoir à re-
gretter une effroyable catastrophe.
Entre temps, les pompiers étaient arrivés
sur les lieux du sinistre, le colonel Cordier
en tête puis, successivement. MM. Han-
nion, prsfet de police Touny, Laurent, Paoli,
Lescouvé, procureur de la République, et
Grandjean, substitut; Hennequin, juge d'ins-
truction les généraux Michel, gouverneur
militaire, et Regnault, commandant la place
de Paris Chassaigne-Goyon, président du
conseil municipal de Puymaigre et Petit-
conseillers municipaux Gueoier, ar-
chitecte de la préfecture de police Ferlet,
directeur du cabinet du préfet de la Seine
Bienvenue, directeur des travaux de la Vil-
le Maréchal et Rebondin, commissaires de
police, etc.
Le sauvetage
Les secours s orgajiLsereni aussitôt. ae ia
çon méthodique, sous la direction conjuguée
du colonel Cordier et de M. Pradeau, l'en-
trepreneur, qui paya lui-même, toute la soi-
rée., très bravement de sa personne.
Des madriers furent descendus pour l'é-
tayage des équipes furent formées pour les
fouilles.
La circulation avait été interrompue de la
rue de l'Universitè presque jusqu'à la rue
de Grenelle, ainsi que sur une partie de l'es-
planade des Invalides. Des voitures d'am-
bulance vinrent se ranger dans le large es-
pace laissé libre.
Le vicomte d'Harcourt offrit son hôtel
pour y recueillir les blessés si besoin était.
On installa, néanmoins, une ambulance de
fortune, avec des brancards, des lits sur de
la paille, le long d'une palissade. Une lampe
à projection, des appareils pour provoquer
la respiration artificielle, des boites de pan-
sements, toute une pharmacie portative vin-
rent bientôt compléter le matériel de cet hô-
pital de plein air.
Les minutes passèrent. M. Hennion,
anxieusement penché sur l'orifice du puits,
attendait des nouvelles qui ne venaient
point.
Un premier corps apparaît
Tout à coup, vers 5 heures, on annonça
qu'un corps venait d'apparattre. On prépa-
rait tout pour le recevoir'; un matelas avait
Et puis, brusquement, ou apprit qu'une
coulée de sable venait de l'engloutir noir-
veau.
Aux alentours du ehaiitier, éclairé pur
de; torches, une femme sanglotait à tendre
j l'âjnc 'était la mère d'un des ensevelis, le
i jeune Courteix, âgé de dix-sept ans, et. de-
meurant 9. rue YaiHlnv.anise le père, ern-
ployé lui aussi par l'entreprise et qui avait
réussi à s'échapper. se tenait a cote d'elle,
«'efforçant de la .réconforter, de lui donner
une lueur d'espérance que lui-même ne con-
̃soiiijj réhoulernenl se (i-uuwil pris un de
ses cousins, M. Baptiste <ïom\ âgé de qua-
rante ans, habitant, lui aussi ï>ruu b'an-
drezaime pour les deux autres ouvriers, ou
quatre ans, Ul, rue Duulancourl, que person-
ne n'avait revu» depuis l'accident.
A.six iieuras un quart, on parviut à nou-
veau et non sans difficultés au corps aperçu
tout d'abord une pauvre main noire et déjà
froide apparut le médecin des sapeurs-pom-
piers descendit lui faire une piqûre de caféi-
ne, bien inutile, hélas puisque le malheu-
reux avait depuis lon;temps .succombé à
l'asphyxie
On parvint, petit à petit, ir dégager le ca-
davre qui avait été renversé en arrière par
la violence de l'éboulement et complètement
submergé par une couche de plus de deux
mètres de terre friable.
celui du jeune Cuurteix, dont on
pnl. établir l'identité glace à des papiers
trouvés dans une poche de sou veston.
Il était liomblenumt défiguré, l^n face
avait été écrasée par une poutre.
On le hissa ù ia surface. Placé sur un
brancard, le malheureux garçon, dont la
figure avait été dissimulée sous une couver-
ture, fut placé dans une voiture d'ambu-
lance.
Une scène déchirante
Une scène véritablement émouvante se
produisit à, ce moment. La. vieille mère de
Courteix, qui avait appris, on ne sait com-
ment, que le corps de son fils avait été re-
monté, se précipita vers la voiture.
Je veux voir mon petit! criait-elle. Je
veux voir mon petit, laissez-le moi voir.
On tenta de l'éloigner. Mais elle se dé-
battit entre les bras des agents qui s'effor-
çaient de l'éloigner. hurlant, suppliant, si
bien que M. Laurent donna l'ordre de lui ac-
corder satisfaction.
La vieille maman se jeta littéralement sur
le carps de son iite et, pendant quelques
instants, elle recommença à crier, parlant a.
son enfant. Il fallut mettre fin à cette scène
qui faisait venir les larmes aux yeux de
On fit monter la pauvre femme da.ns une
voiture qui suivit celle qui emportait son
enfant vers la morgue.
Quelle est la cause de l'éboulement?
A quoi attribuer l'écoulement, ? On ne le
sait encore. MM. Pradeau et Aussude sont
des entrepreneurs sérieux et, de l'avis mê-
me de l'architecte de la préfecture de po-
lice, leurs travaux sont effectués avec toules
les précaptions et les soins désirables.
Peut-être, à l'endroit où creva. la poche
de sable qui devait déterminer l'accident,
le, boisages ne furent-ils pas assez forts
peut-être aussi la poussée de l'éboulement
fut-elle trop considérable pour qu'il eût été
possible de l'enrayer avec les moyens pré-
vus. L'enquête le démontrera dans l'avenir.
(Voir la suite ù la Dernière Heur!').
LE PETIT HAROLD
est rentré chez ses parents
SA MÈIE LE « PETIT PARISIEN »
Le petit Harold est arrivé à Paris, hier
après-midi, et a. été conduit immédiatement
chez ses grands-parents, 33, rue de Seine.
Mme Fischbacher, mère du garçonnet, se
trouvait sur le quai de la gare du Nord et le
couvrit de baisers, à l'arTivée du train.
Un peu étourdi par la brusquerie des évé-
nements qui se succédèrent de façon si im-
prévue pour lui, l'enfant répondit avec effu-
sion aux caresses de sa mère, mais .ne put
fournir qu'une version confuse de tout ce
qui s'était passé depuis son enlèvement, à
Lamotte-Beuvron.
Il put, cependant, affirmer qu'il avait été
bien traité au cours de son voyage. Son père
lui témoigna beaucoup d'affection. La mal-
tresse de celui-ci, Charlotte Erman, la
fausse Mme Evans, se montra pleine d'at-
tention et de prévenance pour Harold.
Celui-ci se rappelle vaguement les pays
qu'il a traversés. Les fugitifs ne séjour-
naient jamais longtemps dans une ville, pa-
raitril, et le bambin, étroitement surveillé,
ne sut jamais où il se I,rouvait exactement.
On lui montrait de belles promenades, des
rtKJnuments, des jardins, mais sans lui four-
nir des explications assez précises pour
qu'il put être renseigné.
Comme il demandait fréquemment où était
sa mère, on lui répondait invariablement
qu'il allait bientôt la retrouver. L'événement
l'a prouvé, l'insu des ravisseurs.
Une mère heureuse
Dans la soirée, nous avons pu nous entre-
tenir avec Mme Kischbacher.
Je suis au comble de la joie, nous dit-
elle. J'ai retrouvé mon fils. Pour le moment,
je ne cherche rien au delà. Il est en bonne
santé. C'est le principal.
Les péripéties de son voyage l'ont un peu
fatigué, cela se conçoit, et je ne me preoc-
cupe de rien puisque je l'ai près de moi,
après une séparation si longue.
Je remercie tout spécialement le Petit Pa-
risien qui, par la large publicité dont il a
entouré le rapt, a donné l'éveil à l'étranger
et a contribué à l'heureux résultat qui me
rend si heureuse. •
UNE VISITE A GRISOLLES
CHEZ LE COLONEL DE WfflTERFELD
(DE NOTRE ENVOYE SPÉCIAL'.
Grisolles, 4 janvier.
Lt; tru:d est cruel. La neige qui, ces jours
derniers, tomba en abondance, recouvre les
talus de la route et les champs.
A la surface du canal que nous venons de
flottent.
Les maisons de Griottes petite; com-
mune de deux mille habitants, située entre
Montauban et Toulouse dorment encore
sous leurs couvertures blanches.
De toute la journée, le village ne sortira
point de sa torpeur.
Une seule maison, située au milieu de ";a
Grand'Rue, semble vivre. Un domestique en
tablier blanc vient d'en sortir. Il se hâte vers
les boutiques où il va faire des provisions
deux jeunes gens vêtus d'élégants costumes
de sport sont sur le pas de la porte, au-
dessus de laquelle claque le drapeau trico-
lore.
Pourtant, ce 'n'est point xuï édifice pu-
blic
Les jeunes gens échangent quelques pa-
roles. Nous reconnaissons la langue alle-
mande et nous comprenons que nous nous
trouvons devant la maison Massot, où, de-
puis le 16 septembre, le colonel von Winter-
feld, attaché militaire allemand, blessé au
cours des rnanoeuvres du Languedoc, se ré-
tablit lentement des terribles blessures qu'il
reçut dans l'accident d'automobile qu'on n'a
pas oublié.
Nous souhaitons nous enquérir de l'état
du malade, et nous voici dans la maison où
flotte une violente odeur d'éther et d'anti-
septiques.
La comtesse de Winterfeld, prévenue par
ses fils, nous rejoint dans la petite pièce où
nous attendons.
Son accueil est infiniment aimable. Elle
s'exprime dans le français le plus correct et
nous dit les mortelles inquiétudes par les-
quelles elle passa depuis le jour où, se trou-
vant Paria, elle reçut la dépêche que son
mari, se croyant perdu, avait eu l'énergie
de lui envoyer pour lui faire ses adieux
son arrivée à Grisolles au chevet du colonel'
que, depuis trois mois et demi, elle n'a point
quitté.
Dans l'épreuve que j'ai subie, nous dé-
clare-t-elle, j'ai été constamment soutenue,
réconfortée, consolée, par la sollicitude que
le gouvernement français n'a point cessé de
nous témoigner et par le délicat, l'admira-
ble dévouement dont la population de Gri-
solles tout entière a fait preuve.
Je dois une reconnaissance 'particulière à
M. et Mme Massot et à M. Massot père,
nos hôtes qui,. depuis le mois de septem-
bre, vivent dans l'inconfort le plus ab-
solu pour nous laisser la libre dispo-
sition de leur maison.
Je ne puis parler non plus, sans un grand
élan de gratitude, de tous les médecins qui
délaissèrent leurs affaires personnelles, né-
gligèrent même leur clientèle respective afin
de se consacrer entièrement à mon cher ma-
lade.
Je ne saurai jamais trop dire quelle recon-
naissance j'ai vouée aux docteurs Petit, de
Montauban Roy, Voivenel,' de Toulouse
Montagne, Constantin, Dupré.
Nous demandons à Mme von Winterfeld
s'il nous serait possible de voir le colonel,
de lui présenter nos vœux de prompte gué-
rison.
A mon grand regret, nous dit-elle, je
suis obligée de ne point faire droit à votre
demande. Mon mari est encore beaucoup
trop faible pour recevoir. I
Joui'némm Mm féoonfmft
Deux de nos fils (vous les avez vus tout
à l'heure) sont vénus pour passer les vacan-
ces auprès de leur père, à qui ils ont ap-
porté d'Allemagne un arbre de Noël.
Or, les médecins leur ont interdit à eux-
mêmes de rester plus'de quelques minutes
par jour dans la chambre du colonel.
Mme de Winterfeld veut bien nous dire
alors ce que furent ces jours de fête dans
cette petite maison villageoise, où après tant
de souffrances, d'angoisse, l'espoir est enfin
revenu
Lundi dernier, nous avons reçu la vi-
site du commandant Levannier officier d'or-
donnance du ministre de la Guerre, venu
pour nous offrir les souhaits de M. Noulens. j
il apportait les palmes académiques pour
M. Massot et un grand cygne plein de jouets
pour la petite Lucette, la fille de notre hôte
si dévoué.
L'officier est resté à dîner avec mes fils
et moi, ainsi que les docteurs Roy, Voivenel
et le lieutenant Malick, détaché à demeure
auprès de mon mari, par le ministre de la
Guerre.
Mardi, le prince d'Œting-Wallenstein est
arrivé ici à son tour.
Dépêché par l'empereur d'Allemagne, il
apportait, de la part de notre souverain, de
nombreuses distinctions honorifiques.
Le préfet de Tarn-et-G&ronne a reçu l'ai-
<.
¡l'aigle rouge le docteur Petit, ch
ban, lu couronne de Prusse.
Le chirurgien lloy et le. docte'
nel-se siiiil vu ritl-ribuèr la cra\ati
mandeur de la couronne de Prusst
Les docteurs Montagne. Const
gulhian. Dupré MM. Massot père
reçu également (ies distinctions
j ques. iiii;s: que le aergeul inlirmie
Le prince d'Œtiug a remis eu en
) part de l'empereur, un service à ti
Massot. un bijou décoré de pierre
ses aux couleurs françaises à Mi
nel, et a laissé six mille francs pm
vres de la commune.
Avmnt dm prostdm» cot
Les deux jeunes lits de Mme d
feld viennent d'entrer dans la pièt
L'un d'eux tient en main un apf
tograplîicjue.
Nous avons photographié i:
Nous prions qu'on veuille bien
fier ce précieux document.
On y. consent avec une bonne
finie.
Alors nous nous enhardissons ji
prunter l'appareil pour » prendre »
son et.les deux jeunes gens avan
incliner respectueusement devant
Winterfeld.
UN CRIME PRÈS DE CRÉTilL.
Sur la roïjejiie î&iie
est étranglés et yiotaîés
Il était six heures du; matin, l
lier. M. Eugène Grenier, demeurai)
nay-sous-Bois, cheminait, à Crête
de la route nationale de Paris à
qui, à'cet endroit, prend le nom de roule de
Villeneuve. Parvenu à la hauteur, de la bor-
ne kilométrique. 11,5, il distingua, sur le
trottoir de droite, en bordure d'un champ,
une forme étendue entre, deux ar-
bres. S'approchant, M. Grenier vit là une
femme dont les vêtements étaient lacérés et
qui lui pnruf avoir cessé de'vivre.
Il se rendit alors à un débit que tiennent,
CI. Petit Part.,en.
La victime, Mm« Lafosse
La + indique l'endroit de la route de Villeneuve
où le cadavre a été découvert
â quelques centaines de mètres, les époux
Oblet. ef, après les a\nir informés de sa dé-
couverte, les pria de veiller sur le corps
tandis qu'il irait, à deux kilomètres de là,
prévenir la gendarmerie de Maisons-Alfort.
Les gendarmes survinrent bientôt, suivis,
à pmi de distance, de Àt. I^avayssé, com-
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