Titre : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir
Éditeur : Le Petit Parisien (Paris)
Date d'édition : 1913-07-02
Contributeur : Roujon, Jacques (1884-1971). Directeur de publication
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Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 02 juillet 1913 02 juillet 1913
Description : 1913/07/02 (Numéro 13395). 1913/07/02 (Numéro 13395).
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Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 30/07/2008
Seine et
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Départements et Colonies
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LE BRANLE-BAS BALKANIQUE
Les
La guerre n'est pas encore officielle
ment déclarée dans les Balkans entre les
alliés'de la veille. Et c'est pourquoi l'on
se prend toujours à espérer dans le
maintien de la paix. Mais les chances de
conflit généralisé et les chances d'arran-
gement demeurant égales.
Récapitulons les faits des trois der-
niers jours
1° Les Serbes et les Bulgares se sont
battus dimanche et lundi autour d'Istip,
qui est un des peints stratégiques les
plus importants de la vallée de la Bre-
ganitza, et autour de Valandovo, qui
commande la vallée du Vardar en Ma-
cédoine. On a prétendu que cent mille
Bulgares avaient opéré de ce côté. N'ac-
ceptons ce chiffre qu'avec de sérieuses
réserves.
2° Les Grecs et les Bulgares se sont
heurtés le long de la ligne Drama-Sérès,
dans la basse Macédoine, à proximité de
Salonique, et sur les pentes des monta-
gnes qui séparent cette ligne de l'Ar-
chipel.
A Athènes et à Belgrade, on a conclu
de la coïncidence de ces rencontres
qu'elles avaient été voulues à Sofia, et
qu'elles avaient été concertées par l'état-
major bulgare. La Bulgarie rejette la
responsabilité du sang versé sur ses ad-
et ceux-ci lui retournent ses
affirmations. Les trois gouvernements
ont échangé des notes acrimonieuses, où
ils s'accusent réciproquement. En pareil
cas, il est difficile de dire Qui a com-
mencé.
3° Les Grecs, alléguant Ia menace bul-
gare, déclarent qu'il leur a fallu pren-
dre des mesures de précaution. De là la
sommation, adressée par le général hel-
lène, Qui commande à Saloniaue, aux
contingents bulgares, peu nombreux,
restés dans cette ville, et, sur leur refus
de se laisser désarmer, l'attaque en règle
qu'ils ont subie et qui a abouti à leur
capitulation.
Les armées sont face à face sur de Ion.
gues lignes de territoire. Virtuellement
elles font campagne. Comment les arrê
tera-t-on. alors que le premier contact a
été pris ? La situation est de toute évi-
dence très grave; elle n'est pas déses-
pérée.
Voici en effet quelques indices plus ou
moins rassurants
i" La Skoupchtina serbe a enfin, ap-
prouvé la politique de M. Pachiteh, qui
comporte l'arbitrage russe sous certai-
nes conditions. M. Pachitch peut s'au-
toriser de ce vote pour se rendre en
Russie en compagnie des premiers mi
nistres grec et monténégrin, MM. Veni-
zelos et Voukotitch.
2° Le cabinet bulgare a remis à
M. Nekludof, agent diplomatique russe
à Sofia, le mémorandum qui doit servir
de base à la sentence arbitrale.
M. Danef a annoncé qu'il partirait ce
soir pour Pétersbourg. Il a enjoint aux
généraux bulgares de cesser toute offen-
sive.
3° Les trois gouvernements balkani-
ques continuent à affirmer qu'ils ne veu-
lent pas de sang versé ce qui devrait
les incliner à accepter les suggestions
de la Russie. Or M. Sasonof a donné
ordre à ses agents à Belgrade, à Athè-
nes et à Sofia d'intervenir auprès des
trois chancelleries, pour obtenir d'elles
un gostç pacifique, et, tout de suite, la
suspension des hostilités. Les ministres
de France ont appuyé leurs collègués
russes.
4° Les six grandes puissances sont
unanimes à condamner toute guerre
orientale nouvelle. Au cours de ,sa visite
à Londres, la semaine dernière nous
pouvons l'annoncer M. Stephen l'i-
thon a échangé des vues avec sir Ed-
ward Grey .s2ar les modalités d'une
uction européenne. Cette intervention,'
qui a été discutée dans les derniers jours
entre les uouvernements comporterait
d'abord un arbitrage collecti/ européen
pour liquider le différend gréco-bulgare,
puis un arbitTage collectif européen
pour régler le conflit serbo-bulgare, au
cas où la Russie ne pourrait à elle soule
faire accepter .sa juridiction, et enfin
uoe série de démarches communes pour
localiser la lutte et la restreindre au mi-
nimum, .si, malgré totct, elle éclatait.
Nous pouvons ajouter que dans les
milieux officiels, hier soir, on ne croyait
pas à l'ouverture, d'une guerre en règle.
L'INCIDENT DE SALONIQUE
Comment la garnison buigare fut faite
prisonnière
Saloniclue, le, juillet.
Le désarmement de la garnison bulgare
de Salonique a commencé après l'expiration
du délai fixé pour la remise volontaire des
cirnies. Les Bulgares se refusant à livrer vo-
lontairement leurs armes, les autorités mi-
litaires grecques ont dù recourir aux mesu-
res les plus énergiques. Dès cinq heures de
l'après-midi, un combat véritable s'est en-
gagé. Il a été très vif au boulevard Hamidié,
où étaient casernes d'assez forts détache-
ments de soldats bulgares, qui ont opposé
une résistance acharnée.
Le combat a pris tin dans la rue Hamidié
après 0 h. du scir, mais un teu nourri a
éclaté encore dans le quartier du Vardar.
De nombreuses bombes ont fait explosion.
A 10- h. 1/2 la lutte a repris plus vivement
et, comme il fallait procéder à des désarme-
ments individuels, les coups de feu éclatè-
rent à nouveau. La fusillade a été violente
vers minuit ct a duré, avec de courts inter-
vallea, jnsqu'au matin.
Aujourd'hui, les rues ou se sont, àéroulés
le.s combats de la nuit présentent un triste
spectacle. Les murs des maisons dans les-
auelles les troui>e« bulgares s'étaient tenues
montrent les !V-:n;es le boulevard Hamidié a particulièrement
:;i>fIVi'l. A tfix heure.; du matin, le drapeau
tjpv n !̃((• arboré sur Sainte-Sophie, occu-
pée jusqu'alors par les Bulgares. Les sol-
dats, désarmés, ont été emmenés sous la
garde d'une forte escorte. On a procédé à
l'arrestation de nombreux individus sus-
pects.
On raconte que, dès que l'ordre du gêne-
ra! grec Kalkiris d'avoir à livrer ses armes
fut communiqué à l'armée bulgare, le consul
français demanda de prolonger d une heure
le délai accordé pour la remise des armes. Le
consul pensait avoir ainsi le temps de con-
vaincre le commandant bnlgare de la né-
cessité de .se rendre mais sa tentative fut
inutile, le commandant refusa net d'obtem-
pérer aux ordres du général grec. C'est alors
que l'assaut fut donné.
D'après un communiqué officie! lrelléni-
que. cinq cents soldats bulgares environ se
sont rendus et ont arboré le drapeau blanc:
Le major Lazaroff et six officiers bulgares
ont été faits prisonniers les soldats bulga-
res prisonniers sont au nombre de 1,208.
Ils ont élé désarmés et, envoyés dans l'in-
térieur.
Le génér»1 Hessaptchieff
On arirowe que les autorité*- militaires
grecques de Saîoninuv? ont vouiu arrêter le
général Hessaptchieff et. les personnes de
sa suite, a leur sortie de rvili.'i'iicjiir.-
Hrssaptchu'ff. qui avait dû-attendre du-
rant plusieurs Heures au quatorzième kilo-
rtiètro, a été autorisé à continuer sa route;
mais î<% officiers de sa suite et ies ordon-
nances ont
LA CHAMBRE SERBE
VOTE L'ARBITRAGE
Belgrade, I" juillet.
Ln Sknupchlina a approuvé, par 82 voix
contre 6:1, un ordre du Lour présenté par bf.
MintchUcIi, vieux-radical, en [avetyr de l'en-
trevue de Sain et de l'arbitrage
dit Isar.
Avant que la Sk.ovpcht.ina eût procéda à
ce votii, le ministre tic l'Intérieur, M. Pro-
lich, rénondant à une. question dp M. Drach-
kovitch, {cune-radicai, sur les combats bul-
garo-serbes, a déclaré, au nom du gouverne-
ment, que es enyaqenicnis sont de telle na-
ture- qu'ils ne peuvent pascomme des incidents de frontière, mais
comme le commencement de faits de guerre.
Le ministre 'a ajouté que le. gouvernement
avait d< détendre de ses jorces les positions*
serbes attaquées.
Bâtiment grec attaqué
Athènes, juillet.
Le capitaine du contre-torpilleur Lion
télégraphie au ministre de la Marine qu'en
longeant la côte, comme il opérait une re-
connaissance près d'Eleuthéra, il a été
attaqué par les Bulgares. Il a riposté par un
feu nourri et les Bulgares ont été dispersés.
A 9 h. 30, le ministre de Bulgarie s'est
rendu auprès de M. Venizelos pour protester
contre l'attaque effectuée contre les Bulgares
à Pangheion et à Eleuthéra.
NI. Venizelos a répondu qu'il était étonné
d'une pareille démarche de la part du gou-
vernement bulgare qui, voulant à tout prix
la guerre, n'assume pas la responsabilité de
ses actes au moment où les troupes bulgares
ont commencé leurs attaques sur le front,
par centaines.
Henri Rochefort
est mort
Un des doyens de la presse, un des plus
féconda, un de ceux dont le nom fut te plus
populaire, Henri Rochefort, a succombé hier,
aux suites d'une longue maladie. Né à Pa-
ris, le 31 janvier 1831, il avait dépassé sa
quatre-vingt-deuxième année.
Il fut intimement lié à tous les événements
qui se déroulèrent depuis lafln de l'Empire
jusqu'à ce jour sur tous, il formnla son
opinion en un article quotidien qui passionna
souvent l'opinion, dont on pouvait contester
les tendances, mais dont on ne pouvait mé-
connaître la courageuse franchise. Ses ap-
préciations étaient ardentes au point d'être
fréquemment injustes, mais elles étaient
exprimées en une langue si claire, si sédui-
sante, si spirituelle qu'amis et adversaires
trouvaient un égal plaisir à les lire.
Fils d'un royaliste, le marquis de Roclre-
fort-Luçay, et d'une mère républicaine, il
commença des études médicales bientôt in-
terrompues et entra à l'Hôtel de Ville en
qualité de commis expéditionnaire. Mais la
vie sédentaire des bureaux n'était pas pour
lui convenir. Il fonda, en 1856, avec Jules
Vallès, la Chronique Parisienne, feuille lit-
téraire dont la destinée fut brève. Il collabo-
ra successivement au Charivari, au Nain
jaune et au Figa.ro hebdomadaire, en même
temps qu'il écrivait des vaudevilles dont
quelques-uns furent représentés avec un
réel succès.
Sa collaboration au Figaro, très appréciée
du public, s'était bornée à la critique légère
dit hommes et des choses de ht v*e pas-
sienne, mais elle tourna insensiblement
la satire du régime impérial. L'administra-
tion supérieure imposa au Figaro le renvoi
d'Henri Rochefori. Celui-ci fonda alors sa
fameuse Lanterne dont le premier numéro
parut en juin 1868. On sait le succès colos-
sal qu'obtint ce pamphlet on sait aussi que
son auteur dut partir en Belgique, au
onzième numéro, pour éviter les suites des
nombreuses condamnations à la prison et à
l'amende qui lui avaient été intligées. En
Belgique, il continua à publier sa Lanterne
et, au prix des plus grandes difficultés, à
la faire pénétrer en France où l'on s'en arra-
chait les exemplaires.
Il eut alors plusieurs duels retentissants
avec NI. Ernest Baroche, avec le prince
Achille Murât, avec M. Paul de Cassagnac.
En 18t>y, il fut élu député ir Paris et vint
siéger au Corps législatif. Il fonda le journal
la Marseillaise, dont les vives polémiques
provoquèrent entre Rochefort et le prince
Pierre Bonaparte un échange de témoins,
au cours duquel ce dernier tua d'un coup
de revolver Victor Noir. Rochefort fut in
carcéré et le prince Pierre déféré à la Haute
Cour de justice de Tours, qui l'acquitta.
Libéré le 4 septembre, Rochefort fut nom-
mé membre du gouvernement de la Défense
nationale il démissionna lors de l'émeute du
31 octobre à laquelle il participa, et
fut élu, en février 1871, député de la Seine
à l'Assemblée nationale. A Bordeaux, il
vota contre les préliminaires de la paix et
démissionna. Au début de l'insurrection
communaliste du 18 mars, prit parti pour
le comité central et dirigea, dans son jour-
nal te Mot d'ordre, des attaques à la fois
contre le gouvernement de M. Thiers et con-
tre la Commune. Après la semaine sanglun-
te, il fut arrêté à Meaux au moment où il se
disposait à partir en Belgique. Condamné à
la déportation dans une enceinte fortifiée, il
fut dirigé sur la Nouvelle-Calédonie d'où il
parvint à s'évader en 1874, avec quatre de
aes compagnons, dans des conditions tout
à fait romanesques. Rochefort se rendit à
Londres, puis à Genève, où il reprit la pu-
blication de la Lanterne. Ayani' pris vive-
ment à parti M. Andrieux, préfet de police,
il eut un duel avec le beau-frère de ce der-
nier, M. Kcechlin, et fut grièvement blessé.
L'amnistie ayant été votée, le pamphlétai-
re rentra en France et fonda aussitôt
l'Intransigeant, dont il demeura le rédacteur
en chef jusqu'à ces dernières années. Il mena
dans l'Intransigeant des campagnes passion-
nées contre le général de Cissey, contre M.
Roustan, consul général de France à Tunis,
et contre d'autres personnalités en vue. Elu
député en 1885, il donna sa démission deux
jours après. Bientôt le mouvement boulan-
giste se dessina et Rochefort l'encouragea
de tous ses efforts. L'entreprise ayant
échoué, le général Boulanger partit à Bruxel-
les Rochefort l'y suivit, puis passa à Ion-
dres. Traduit devant le Sénat réuni en
Haute Cour de justice, avec le général Bou-
langer et M. Dillon, il fut condamné par
contumace à la déportation dans une en.,
ceinte fortifiée.
Revenu en Fiance en 1895, il reprit la di-
rection effective de l'Intransigeant et se si-
gnala par sa violence contre la revision du
procès Dreyfus.
Depuis quelques années M. Henri Roche-
fort avait quitté l'Intransigeant et collabo-
rait quotidiennement à la Pa.trie.
C'est à Aix-les-Bains, où il se soignait de-
puis quelque temps, que le grand polémiste
a succombé. M. S.
Le colonel Mangin
ne retournera pas au Maroc
\ous croyions savoir que le colonel Man-
gin. qui rentre en France, et qui est remplacé
dans la région du Tadla par le général Bru-
lard, ne retournera pas au Maroc.
Le colonel Mangin est souffrant des suites
de la campagne pénible qu'il a menée récem-
ment.
L'INQUÈTE SUR LES MENTES ANTIMILITÀRISTES
sont arrêtés
tant à Paris qu'en banlieue
DEéx AUTRES N'ONT PAS ÉTÉ RETROUVÉS
L'instruction ouverte pour rechercher les
instigateurs de la propagande antimilitariste
et de J'agitation dans les casernes vient de
provoquer l'arrestation de douze nouveaux
militants svndicalistes.
Hier matin, à la première heure, des com-
missaires de police, agissant en vertu de
mandats d'amener décernés par M. Drioux,
juge d'instruction, et relevant l'inculpa-
tion d'excitation et de provocation de mili-
taires à la désobéissance, se sont présentés
au domicile des douze syndicalistes dont les
noms suivent
MM. Etcheverry, ex-secrétaire de l'Union
des charpentiers en bois de la Seine, 10, rue
Desnouettes
Montaroux, secrétaire du syndicat des tra-
vailleurs des omnibus, 180, avenue du
Maine
Guillemin, éx-trésorier du syndicat des
terrassiers, 266, rue Saint-Maur
Dalsteiu,» secrétaire du syndicat des mon-
teurs-électriciens, 70, avenue de Saint-Ouen
Viau, secrétaire de la chambre syndicale
de la maçonnerie et de la pierre, 11 bis, villa
Saint-Michel, avenue de Saint-Ouen;
Mairie, trésorier de la C. G. T., 75, boule-
vard de la Villette
Morin, trésorier du syndicat des terras-
siers de la Seine, 8, rue des Gobelins
Gautier, secrétaire de la chambre syndi-
cale des charpentiers en bois de la Seine, 51,
rue Louis-Blanc, à Courbevoie
Andrieu, secrétaire de la chambre syndi-
cale des charpentiers en fer de la Seine,
rue de Rosny, à Montreuil
Hubert secrétaire du syndicat des terras.
siers de la Seine, 8, rue Reflut, à Clichy
Jacquemin, secrétaire général du syndi-
cat des maréchaux ferrants, 23, rue du
Garde-Chasse, aux Lilas
Labbat, demeurant à la même adresse, gé.
rant du journal le Réveil anarchiste ouvrier.
Ces douze militants ont été immédiatement
écroués au dépôt, pour être mis à la disposi-
tion du magistrat instructeur.
Deux autres mandats, concernant l'un,
M Marchand, trésorier du syndicat du bâti-
ment l'autre. M. Le Dû, ex-secrétaire du
syndicat des terrassiers, n'ont pu être exé-
cutés, les deux inculpés ne se trouvant pas
A leur domicile.
Tous les inculpés, sauf deux, appartien-
nent à la fédération du bâtiment, qui a don-
ne Ù sa propagande du «Sou du soldat un
caractère et un développement qui ont mo-
tivé déjà à plusieurs reprises des poursuites
U des condamnations. M. Viau, en particu-
lier, a été l'objet,. il y a quelques mois, d'une
̃.cqnc1;jinn,ajîçn. ptbnxSncec par la cour d'assi-
ses de la Seine, en compagnie d>? deux de ses
collègues du syndicat de ta maçonnerie.
Un seul inculpé, M. Marck, fait partie du
bureau confédéral.
DANS LES MILIEUX SYNDICALISTES
La nouvelle de ces arrestations, vite ré-
pandue à la Bourse du travail et à la Mai-
son des fédérations, y a soulevé moins
d'étonnement que de colère.
A la Bourse du travail, dans les bureaux
des organisations dont les secrétaires ou les
trésoriers venaient d'être arrêtés, on recueil-
lait les mêmes protestations
Pourquoi disait-on, le gouvernement
s'attache-t-il à vouloir décapiter les syndi-
cats. Notre secrétaire ou notre trésorier
n'est ni plus ni moins coupable si crime
il y Il que chacun dos adhérents. Pour
être logique, le gouvernement devrait ordon-
ner t'arrestation en masse de tous les syndi-
calistes.
Une réunion de terrassiers lock-outés se
tenait, hier matin, dans l'immeuble de la
rue du Château-d'Eau. L'arrestation de leur
secrétaire, Hubert, provoqua, comme on
peut le penser, les protestations les plus
véhémentes.
Au siège de la C. G. T., rue de la Grange-
aux-Belles, on semblait également s'atten-
dre à cette nouvelle charrette » de mili-
tants.
Il ne fallait pas être très perspicace,
nous ont dit plusieurs a camarades H, pour
deviner, ces jours derniers, à la lecture des
journaux oflicieux, que le gouvernement
préparait de nouvelles arrestations.
Nous n'en sommes d'ailleurs pas émus
outre mesure.
La C. G. T. fonctionnera quand même.
Un ignore encore quelle forme le comité
confédéral donnera à sa protestation. On
sait qu'il a 4tjà organisé pour le 13 juil-
let, au Pré-Samt-Gervais, un grand meeting.
Il est probable que les arrestations d'hier
matin lui serviront de prétexte pour cher-
cher à faire de ce meeting une grande dé-
monstration.
COMMENT ILS FURENT ARRÊTÉS
Les arrestations des antimilitaristes, opé-
rées à l'aube, ne donnèrent lieu à aucun in-
cident, et passèrent complètement inaper-
çues du public.
Au domicile de M. Marck, trésorier de la
Confédération générale du travail, îa, boule-
vard de la Villette, les policiers arrivèrent
un peu avant quatre heures.
Les époux Marck dormaient On sonna, ils
s'éveillèrent et ouvrirent.
Un mandat d'amener a été décerné con-
tre vous, déclara le commissaire à M.
Marçk. J'ai ordre de vous emmener.
«i'est bien, je suis à vous tout de suite.
F,t, sans autrement discuter la décision de
justice qui le faisait prisonnier, M. Marck
endossa les vêtements chauds que sa femme
alla tirer d'une armoire, prit le petit déjeu-
ner qu'on lui prépara hâtivement et descen-
dit avec les policiers, qui l'installèrent dans
une auto découverte.
L'arrestation de M. Viau, secrétaire du
syndicat de la maçonnerie et de la pierre,
s'opéra avec le même protocole.
Réveillé, M. Viau fit observer qu'il ne se
sentait pas très bien. La veille au soir, il
avait dû, parce que fatigué, renoncer à pren-
dre la parole dans une réunion où il s était
rendu et était rentré plus tôt chez lui.
Le mandat d'amener dont les policiers
étaient porteurs ne leur permettait pas de se
laisser apitoyer par des considérations de
cet ordre. M. Viau le comprit. Il s'habilla,
mangea un morceau et prit place dans l'au-
tomobile de la sûreté qui, très rapidement,
le transporta au quai des Orfèvres. Disons
tout de suite qu'après interrogatoire, M.
Viau a été laissé en liberté provisoire.
A Courbevoie, l'arrestation de M. Gautier,
secrétaire de la'chambre syndicale des char-
pentiers en bois, a été opérée par M. Fara-
licq, commissaire, à Paris, du quartier
Saint-Avoie, qu'accompagnaient plusieurs
inspecteurs du commissariat à<- Courbe-
voie. M. Gauler dit simplemept Je m'y
attendais
A Clichy, c'est M. Gourbier, ancien com-
missaire de la localité, actuellement à, Cour-
bevoie, qui a procédé à l'arrestation de M.
Emile Hubert.
Aux Lilas, c'est M. Labat. commissaire
de police d'Auberviltiens, qui est allé opérer
23, rue du Garde-Chasse, l'arrestation
de MM. Eugène Jacquemin, de la Fédé-
ration communiste anarchiste, secrétaire
général du syndicat des maréchaux ferrants,
et Jean Labbat, do la Fédération communis-
te anarchiste, gérant du journal le Réveil
anarchiste ouurier.
Enfin, à Janviile-sur-Juisne. près d'Etam-
pes, en vertu d'un mai.dat d'arrêt de M.
Llnioux, M. Vidàl. commissaire spécial à
crétaire-trésorier du syndicat des terras-
siers de Spine-et-Oise. et l'a immédiatement
dirigé sur Paris.
Devant le magistrats instructeur
Tous les cégélistess cxtt été conduits,
dans la soirée, devant NI. Drioux, qui les
a inculpés <̃ d'avoir adressé des provoca-
tions, par circulaires, à des militaires des
armées de terre et de mer, dans le but de
les détourner de leur devoir militaire et de
l'obéissance qu'ils doivent à leurs chefs »,
délit puni d'une peine de trois mois à deux
ans de prison et n'une amende de 100 à
2,000 francs, par l'a,rticle 2 de la, loi du 28
juillet, 189-iy sur les menées anarchistes.
Les prévenus ont déclaré qu'ils choisis-
saient Nies Laval, Berthon. Dupré, Oustry,
Uhry et Longuet pour avocats, et qu'ils ne
s'expliqueraient que lorsque leurs défen-
seurs auraient pris connaissance des pièces
du dossier et en auraient conféré avec eux.
Seul, M. Andrieu a protestéicontre l'ap-
plication de la loi de 189-i.
Sous prétexte, a-t-il dit, que no*, cir-
culaires étaient envoyées sous enveloppe à
des soldats, vous prétendez qu'il n'y a pas
publicité, et vous nous appliquez là loi de
1894, et cela uniquement pour nous déférer
aux tribunaux correctionnels, qui nous con-
damneront sans nous entendre.
La circulaire que j'ai signée a cependant
été rendue publique. Elle a paru dans la
Bataille syndicaliste. Vous devez donc me
poursuivre pour délit de presse, en vertu de
la loi de 1881,qui donne seule compétence
au jury pour me juger.
m. Drioos n'a- p«svouhi' engager «ne dfe-
cussion" de droit et s'est borné à inviter son
prisonnier à résnmer ses arguments pour
les juges qui auront à connaître de son cas.
MM. Jacquemin et Labbat sont en plus pour-
suivis pour provocation au meurtre. Ils sont
accusés d'avoir inséré de très graves provo-
cations dans le Réveil anarchiste, notam-
ment dans le numéro du 13 juin dernier.
Non seulement ils ont invité les soldais à
ne pas rester une troisième année sous les
drapeaux, à quitter le régiment sans qu'au-
cune considération ne les retienne, le 2t sep-
tembre au plus tard, mais, sous la rubrique
"Mémento-adresses», ils ont donné les noms
et adresses des personnalités du monde poli-
tique, judiciaire, financier et des directeurs
de journaux qu'il fallait frapper.
Ce que l'on reproche aux inculpés
Ainsi qu'on l'a vu plus .haut, c'est l'ins-
truction ouverte par M. Drioux sur les me-
nées antimilitaristes qui a amené ces nou-
velles arrestations.
En examinant les circulaires adressées
par l' « œuvre du Sou du soldat à des mi-
litaires actuellement sous les drapeaux, le
magistrat instructeur s'était aperçu que
toutes étaient établies en conformité avec
les décisions prises dans les différents con-
grés de la C. G. T., notamment dans celui
du Havre.
Les auteurs des circulaires adressées par
les syndicats aux jeunes soldats s'inspi-
raient iuus de la même pensée supprimer
le militarisme et le patriotisme, pousser les
soldats à refuser d'accomplir une troisième
année, à déserter les casernes à la. fin sep-
tembre, enfin à répondre à l'ordre de mobi-
lisation par ia grève générale.
Plusieurs de ces circulaires furent saisies
sur les mutins de Toui.
C'est en présence de ces faits que !Il.
Drioux a lancé des mandats contre tous les
secrétaires on trésoriers de syndicats qui
avaient soit signé la circulaire adressée par
leur groupe aux soldats, soit participé à sa
rédaction.
Il se pourrait.que l'instruction ne s'arrê-
tât pas aux inculpés actuels, mais s'étendit
à nombre d'autres antimilitaristes.
Ce n'est pas avant la semaine prochaine
que M. Drioux procédera à l'interrogatoire
de fond des prévenus.
A la Santé
Dans ta soirée, vers huit heures, tous les
autres furent écroués à la prison delà Santé
où, contrairement à leur attente, Us furent
soumis au régime commun.
ht tous aussitôt de manifester leur mau-
vaise humeur et de réclamer le régime des
détenus politiques.
Ils insistèrent si bien auprès du directeur
de la prison, M. Dabat, que ce dernier leur
promit de se rendre au ministère de l'Inté-
rieur pour y soumettre leurs desiderata.
DANS LES DEPARTEMENTS
En exécution de mandats expédiés de
Péris par M. le juge d'instruction Drioux,
plusieurs arrestations ont été opérées égale-
ment dans les départements.
On été arrêtés à Bourges, M. Hervié,
secrétaire de la Bourse du travail: à Va-
lenciennes, M. Tesson, secrétaire du syn-
dicat de la métallurgie à Nantes, MM.
Varnat. secrétaire, et Libon, trésorier du
syndicat aes dockers à Saint-Malo, M. Ba-
tas, secrétaire de la Bourse du travail; à
Rouen, M. Giron, secrétaire-trésorier du
syndicat ouvrier du bâtiment à Epinac,
M. Maria, secrétaire du syndicat des mi-
neurs.
En exécution des mandats, le parquet de
Bordeaux avait été avisé, hier soir, par une
dépêche de M. Drioux, juge d'instruction à
Paris, d'avoir à rechercher un membre im-
portant de la C. G. T., disparu de Paris et
recherché au même titre que les autres cé-
gétistes..
La police de cette ville n'a trouvé jusqu'à
présent aucune trace du fugitif.
LE CRIME DE VILLENEUVE
Quéro retire ses aveux
et fournit un alibi
Corbeil, juillet.
René Quéro n'est plus l'assassin du con-
tremaître Fortin, qu'on trouva massacré
dans une cabane, près de la gare de Ville-
neuve-Saint-Georges, ainsi que nous l'avons
conté.
C'est du moins lui qui l'affirme, après
avoir fait devant MM. Bichon et Coilin, les
commissaires de la Ire brigade mobile, les
aveux sensationnels que 1 on sait, aveux
qu'il renouvela brièvement en présence de,
M. Gridel, juge d'instruction à Corbeil, au
moment où hier il fut amené devant ce ma-
gistrat et mis à sa disposition.
Or, voici qu'aujourd'hui Quéro revirent
formellement sur ses précédentes déclara-
tions et nie le crime. Le plus étrange, c'est
qu'il invoque à présent une série d'alibis
qu'on a tout lieu de croire exacts. L'instruc-
tion de cette affaire, qui semblait devoir être
rapidement menée, va peut-être, au con-
traire, présenter d'asse7 sérieuses difficultés.
Mmmma, je suis innocent.
Quand M. i;ridel lui eut fait subir son in-
terrogatoire d'identité, Mené Quéro fut inair-
céré à la maison d'arrêt de Corbeil,. Mais,
une fois dans sa cellule, il se prit à pleur!
à chaudes larmes et c'est tt peine sil goûta
au repas du soir qui lui fut servi.
Il passa une nuit fort agitée et, ce matin,
toujours secoué par les sanglots, il demanda.
à écrire à ses parents.
Dans cette lettre, fort touchante, Quéro ne
cesse de protester contre l'accusation qui
pèse sur lui "Mama.n, dit-il, je suis inno-
cent je n'ai pas assassiné Fortin. »
Quand il eut connaissance du contenu de
cette lettre. M. Gridel, quelque peu interlo-
qué, car son prisonnier s'était formellement
accusé, se hâta de se !e faire amener et l'in-
vita à. s'expliquer sur ses déclarations con-
tradictoires.
C'est vrai, lui répondit Quéro. j'ai
menti. Je ne sais pourquoi je me suis accusé
d'un crime que je n'ai pas commis. J'ai cédé
à je ne sais quelle imnulsion que jr ne m'ex-
pliquc pas. Mais, cptte nuit, dans ma rpl!ul*\
j'ai longument réfiérhi et j'ai compris que je
ne pouvais persister dans cette attitude.
étrange, et c'est pourquoi, en écrivant à ma
mère, j'ai crié mon innocence.
son alibi
Vous le savez, poursuivit-il, je n'étais
spontanément constitue prisonnier, après
avoir vu, à la lecture dt's journaux, qu'on
m'accusait de ce crime horrible.
Mais le commissaire de la sûreté Iéné-
raie ne voulut pas ajouter foi à mes déclara-
tions. Pendant de longues heures je fus pres-
sé, harcUé de questions. On ne me laissa
pas une minute de repit. Tout ce que je di-
sais se tournait contre moi. Une femme que
je n'avais jamais vue affirmait me reconnaî-
tre. Alors, je perdis la tête pour me débar-
rasser du commissaire et de ses inspecteurs,
pour me débarrasser de vous, pour en finir
avec ce cauchemar, je dis tout ce qu'on vou-
lut me faire dire et dans uo moment d'exci-'
tation nerveuse, de véritable aberration, je'
me reconnus l'auteur d'un crime auquel pour-
tant j'étais étranger.
J'allai même plus loin. J'avais lu diffé-
rente journaux relatant l'odienx forfait. Je
pris à mon compte leurs récits, j'en fis un
tout, et dans le trajet, tandis que les inspec-
teurs m'amenaient de Paris à Corbeil, je
leur fis la relation que vous savez, forgée
de toutes pièces. Mais je suis innocent. Tout
était faux dans mes allégations, ma discus-
sion avec Fortin au sujet de mon travail,
comme l'impérieuse nécessité où je me trou-
vais de me procurer de l'argent pour es-
sayer de fléchir l'indifférence de celle que
j'aimais.
Car la jeune fille que j'ai nommu, Mile.
Georgette N. n'a jamais été mon amie.
C'était une camarade d'atelier qui toujours,
au contraire, sut me tenir à distance.
Je n'ai pas tué le contremaître Fortin. et
je puis le prouver par un alibi. Complète-,
ment étranger à ce crime, je n'en connais
nullement l'auteur.
Le jour du drame, ainsi que je l'ai affir-
mé à plusieurs reprises, j'ai quitté Ville-
neuve-Saint-Georges par le train de 2 h. 52.
Arrivé à Paris à 3 h. 8, je décidai de me
rendre immédiatement avenue de Breteuil,
chez MM. Meurdein, photographes, où vous
le savez j'avais travaillé quelque temps.
Pour y aller, je pris le tramway BaetiUe-
Montparnasse, puis celui de Montparnasse-
Etoile, et à 4 heures moins dix exactement,
j'étais attablé au caft Langlet avec le con-
cierge de la maison Meurdein et un serru-
rier habitant le voisinage, mais dont j'ignore
le nom. Il sera d'ailleurs facile de le re-
trouver.
Je priai le concierge d'appeler un de mes
camarades, Gaston P. qui travaillait dans
les ateliers de photographie, et celui-ci ne
tarda paa à me rejoindre.
Je l'engageai à venir se promener avec
moi, mais il déclina l'invitation, préférant
terminer sa journée.
Je lui donnai rendez-vous, allai me faire
raser et le soir, un peu après sept heures,
nous nous retrouvâmes à la sortie de l'ate-
lier. Ensemble nous avons diné, passant en-
suite la soirée au théâtre de la Gaîté-Mont-
parnasse et le reste de la »iuit aux Halles,
pour y attendre \c moment, d'aller, pince de
la Concorde, assister au départ du Tour de
France cycliste.
Ost alors qu'ayant besoin d'effets, je ne
rendis au Temple, pour y faire l'acquisition
d'un pantalon et de chaussures. Quelques
instants plus tard. Gaston, lisant les jour-
naux, me montrait qu'on m'imputait le cri-
me commis la veille à Villeneuve-Saint-
Georges et je décidai incontinent d'aller me
constituer prisonnier pour me disculper.
Vous savez le reste.
Qni dame •«* coupable ?
Quand son prisonnier eut terminé ce re-
cit, M. Gridel demeura perplexe. Si René
Quéro disait vrai, il ne pouva; guère être
le coupable.
L'enquête policière a établi que le contre-
maitre Fortin a été assassiné vers trois heu-
res et demie de l'après-midi.
En effet, un poseur de ia voie a déclaré à
l'enquête avoir vu, vers trois heures 25, un
individu inconnu de lui entrer dans la si-
nistre cabane avec le contremaître Fortin,
parfaitement reconnaissable à sa longue
blouse blanche.
D'autre part, nous l'avons dit. un autre
employé du P.-L.-M., un conducteur faisant
le service des bagages pour le train de
3 heures 39, perçut les râles de il: victime
et vit un homme sortir en courant de la ca-
bane et disparattre.
Or donc si René Quéro prit, ainsi qu'il l'af-
firme, le train de 2 heures 52 et se trouva à
Paris aux heures qu'il indique, il est impos-
sible qu'il ait tué le contremaître à 3 heures
et demie.
M. Gridel a immédiatement chargé M.
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LE BRANLE-BAS BALKANIQUE
Les
La guerre n'est pas encore officielle
ment déclarée dans les Balkans entre les
alliés'de la veille. Et c'est pourquoi l'on
se prend toujours à espérer dans le
maintien de la paix. Mais les chances de
conflit généralisé et les chances d'arran-
gement demeurant égales.
Récapitulons les faits des trois der-
niers jours
1° Les Serbes et les Bulgares se sont
battus dimanche et lundi autour d'Istip,
qui est un des peints stratégiques les
plus importants de la vallée de la Bre-
ganitza, et autour de Valandovo, qui
commande la vallée du Vardar en Ma-
cédoine. On a prétendu que cent mille
Bulgares avaient opéré de ce côté. N'ac-
ceptons ce chiffre qu'avec de sérieuses
réserves.
2° Les Grecs et les Bulgares se sont
heurtés le long de la ligne Drama-Sérès,
dans la basse Macédoine, à proximité de
Salonique, et sur les pentes des monta-
gnes qui séparent cette ligne de l'Ar-
chipel.
A Athènes et à Belgrade, on a conclu
de la coïncidence de ces rencontres
qu'elles avaient été voulues à Sofia, et
qu'elles avaient été concertées par l'état-
major bulgare. La Bulgarie rejette la
responsabilité du sang versé sur ses ad-
et ceux-ci lui retournent ses
affirmations. Les trois gouvernements
ont échangé des notes acrimonieuses, où
ils s'accusent réciproquement. En pareil
cas, il est difficile de dire Qui a com-
mencé.
3° Les Grecs, alléguant Ia menace bul-
gare, déclarent qu'il leur a fallu pren-
dre des mesures de précaution. De là la
sommation, adressée par le général hel-
lène, Qui commande à Saloniaue, aux
contingents bulgares, peu nombreux,
restés dans cette ville, et, sur leur refus
de se laisser désarmer, l'attaque en règle
qu'ils ont subie et qui a abouti à leur
capitulation.
Les armées sont face à face sur de Ion.
gues lignes de territoire. Virtuellement
elles font campagne. Comment les arrê
tera-t-on. alors que le premier contact a
été pris ? La situation est de toute évi-
dence très grave; elle n'est pas déses-
pérée.
Voici en effet quelques indices plus ou
moins rassurants
i" La Skoupchtina serbe a enfin, ap-
prouvé la politique de M. Pachiteh, qui
comporte l'arbitrage russe sous certai-
nes conditions. M. Pachitch peut s'au-
toriser de ce vote pour se rendre en
Russie en compagnie des premiers mi
nistres grec et monténégrin, MM. Veni-
zelos et Voukotitch.
2° Le cabinet bulgare a remis à
M. Nekludof, agent diplomatique russe
à Sofia, le mémorandum qui doit servir
de base à la sentence arbitrale.
M. Danef a annoncé qu'il partirait ce
soir pour Pétersbourg. Il a enjoint aux
généraux bulgares de cesser toute offen-
sive.
3° Les trois gouvernements balkani-
ques continuent à affirmer qu'ils ne veu-
lent pas de sang versé ce qui devrait
les incliner à accepter les suggestions
de la Russie. Or M. Sasonof a donné
ordre à ses agents à Belgrade, à Athè-
nes et à Sofia d'intervenir auprès des
trois chancelleries, pour obtenir d'elles
un gostç pacifique, et, tout de suite, la
suspension des hostilités. Les ministres
de France ont appuyé leurs collègués
russes.
4° Les six grandes puissances sont
unanimes à condamner toute guerre
orientale nouvelle. Au cours de ,sa visite
à Londres, la semaine dernière nous
pouvons l'annoncer M. Stephen l'i-
thon a échangé des vues avec sir Ed-
ward Grey .s2ar les modalités d'une
uction européenne. Cette intervention,'
qui a été discutée dans les derniers jours
entre les uouvernements comporterait
d'abord un arbitrage collecti/ européen
pour liquider le différend gréco-bulgare,
puis un arbitTage collectif européen
pour régler le conflit serbo-bulgare, au
cas où la Russie ne pourrait à elle soule
faire accepter .sa juridiction, et enfin
uoe série de démarches communes pour
localiser la lutte et la restreindre au mi-
nimum, .si, malgré totct, elle éclatait.
Nous pouvons ajouter que dans les
milieux officiels, hier soir, on ne croyait
pas à l'ouverture, d'une guerre en règle.
L'INCIDENT DE SALONIQUE
Comment la garnison buigare fut faite
prisonnière
Saloniclue, le, juillet.
Le désarmement de la garnison bulgare
de Salonique a commencé après l'expiration
du délai fixé pour la remise volontaire des
cirnies. Les Bulgares se refusant à livrer vo-
lontairement leurs armes, les autorités mi-
litaires grecques ont dù recourir aux mesu-
res les plus énergiques. Dès cinq heures de
l'après-midi, un combat véritable s'est en-
gagé. Il a été très vif au boulevard Hamidié,
où étaient casernes d'assez forts détache-
ments de soldats bulgares, qui ont opposé
une résistance acharnée.
Le combat a pris tin dans la rue Hamidié
après 0 h. du scir, mais un teu nourri a
éclaté encore dans le quartier du Vardar.
De nombreuses bombes ont fait explosion.
A 10- h. 1/2 la lutte a repris plus vivement
et, comme il fallait procéder à des désarme-
ments individuels, les coups de feu éclatè-
rent à nouveau. La fusillade a été violente
vers minuit ct a duré, avec de courts inter-
vallea, jnsqu'au matin.
Aujourd'hui, les rues ou se sont, àéroulés
le.s combats de la nuit présentent un triste
spectacle. Les murs des maisons dans les-
auelles les troui>e« bulgares s'étaient tenues
montrent les !V-:n;es
:;i>fIVi'l. A tfix heure.; du matin, le drapeau
tjpv n !̃((• arboré sur Sainte-Sophie, occu-
pée jusqu'alors par les Bulgares. Les sol-
dats, désarmés, ont été emmenés sous la
garde d'une forte escorte. On a procédé à
l'arrestation de nombreux individus sus-
pects.
On raconte que, dès que l'ordre du gêne-
ra! grec Kalkiris d'avoir à livrer ses armes
fut communiqué à l'armée bulgare, le consul
français demanda de prolonger d une heure
le délai accordé pour la remise des armes. Le
consul pensait avoir ainsi le temps de con-
vaincre le commandant bnlgare de la né-
cessité de .se rendre mais sa tentative fut
inutile, le commandant refusa net d'obtem-
pérer aux ordres du général grec. C'est alors
que l'assaut fut donné.
D'après un communiqué officie! lrelléni-
que. cinq cents soldats bulgares environ se
sont rendus et ont arboré le drapeau blanc:
Le major Lazaroff et six officiers bulgares
ont été faits prisonniers les soldats bulga-
res prisonniers sont au nombre de 1,208.
Ils ont élé désarmés et, envoyés dans l'in-
térieur.
Le génér»1 Hessaptchieff
On arirowe que les autorité*- militaires
grecques de Saîoninuv? ont vouiu arrêter le
général Hessaptchieff et. les personnes de
sa suite, a leur sortie de rvili.'i'iicjiir.-
Hrssaptchu'ff. qui avait dû-attendre du-
rant plusieurs Heures au quatorzième kilo-
rtiètro, a été autorisé à continuer sa route;
mais î<% officiers de sa suite et ies ordon-
nances ont
LA CHAMBRE SERBE
VOTE L'ARBITRAGE
Belgrade, I" juillet.
Ln Sknupchlina a approuvé, par 82 voix
contre 6:1, un ordre du Lour présenté par bf.
MintchUcIi, vieux-radical, en [avetyr de l'en-
trevue de Sain et de l'arbitrage
dit Isar.
Avant que la Sk.ovpcht.ina eût procéda à
ce votii, le ministre tic l'Intérieur, M. Pro-
lich, rénondant à une. question dp M. Drach-
kovitch, {cune-radicai, sur les combats bul-
garo-serbes, a déclaré, au nom du gouverne-
ment, que es enyaqenicnis sont de telle na-
ture- qu'ils ne peuvent pas
comme le commencement de faits de guerre.
Le ministre 'a ajouté que le. gouvernement
avait d<
serbes attaquées.
Bâtiment grec attaqué
Athènes, juillet.
Le capitaine du contre-torpilleur Lion
télégraphie au ministre de la Marine qu'en
longeant la côte, comme il opérait une re-
connaissance près d'Eleuthéra, il a été
attaqué par les Bulgares. Il a riposté par un
feu nourri et les Bulgares ont été dispersés.
A 9 h. 30, le ministre de Bulgarie s'est
rendu auprès de M. Venizelos pour protester
contre l'attaque effectuée contre les Bulgares
à Pangheion et à Eleuthéra.
NI. Venizelos a répondu qu'il était étonné
d'une pareille démarche de la part du gou-
vernement bulgare qui, voulant à tout prix
la guerre, n'assume pas la responsabilité de
ses actes au moment où les troupes bulgares
ont commencé leurs attaques sur le front,
par centaines.
Henri Rochefort
est mort
Un des doyens de la presse, un des plus
féconda, un de ceux dont le nom fut te plus
populaire, Henri Rochefort, a succombé hier,
aux suites d'une longue maladie. Né à Pa-
ris, le 31 janvier 1831, il avait dépassé sa
quatre-vingt-deuxième année.
Il fut intimement lié à tous les événements
qui se déroulèrent depuis lafln de l'Empire
jusqu'à ce jour sur tous, il formnla son
opinion en un article quotidien qui passionna
souvent l'opinion, dont on pouvait contester
les tendances, mais dont on ne pouvait mé-
connaître la courageuse franchise. Ses ap-
préciations étaient ardentes au point d'être
fréquemment injustes, mais elles étaient
exprimées en une langue si claire, si sédui-
sante, si spirituelle qu'amis et adversaires
trouvaient un égal plaisir à les lire.
Fils d'un royaliste, le marquis de Roclre-
fort-Luçay, et d'une mère républicaine, il
commença des études médicales bientôt in-
terrompues et entra à l'Hôtel de Ville en
qualité de commis expéditionnaire. Mais la
vie sédentaire des bureaux n'était pas pour
lui convenir. Il fonda, en 1856, avec Jules
Vallès, la Chronique Parisienne, feuille lit-
téraire dont la destinée fut brève. Il collabo-
ra successivement au Charivari, au Nain
jaune et au Figa.ro hebdomadaire, en même
temps qu'il écrivait des vaudevilles dont
quelques-uns furent représentés avec un
réel succès.
Sa collaboration au Figaro, très appréciée
du public, s'était bornée à la critique légère
dit hommes et des choses de ht v*e pas-
sienne, mais elle tourna insensiblement
la satire du régime impérial. L'administra-
tion supérieure imposa au Figaro le renvoi
d'Henri Rochefori. Celui-ci fonda alors sa
fameuse Lanterne dont le premier numéro
parut en juin 1868. On sait le succès colos-
sal qu'obtint ce pamphlet on sait aussi que
son auteur dut partir en Belgique, au
onzième numéro, pour éviter les suites des
nombreuses condamnations à la prison et à
l'amende qui lui avaient été intligées. En
Belgique, il continua à publier sa Lanterne
et, au prix des plus grandes difficultés, à
la faire pénétrer en France où l'on s'en arra-
chait les exemplaires.
Il eut alors plusieurs duels retentissants
avec NI. Ernest Baroche, avec le prince
Achille Murât, avec M. Paul de Cassagnac.
En 18t>y, il fut élu député ir Paris et vint
siéger au Corps législatif. Il fonda le journal
la Marseillaise, dont les vives polémiques
provoquèrent entre Rochefort et le prince
Pierre Bonaparte un échange de témoins,
au cours duquel ce dernier tua d'un coup
de revolver Victor Noir. Rochefort fut in
carcéré et le prince Pierre déféré à la Haute
Cour de justice de Tours, qui l'acquitta.
Libéré le 4 septembre, Rochefort fut nom-
mé membre du gouvernement de la Défense
nationale il démissionna lors de l'émeute du
31 octobre à laquelle il participa, et
fut élu, en février 1871, député de la Seine
à l'Assemblée nationale. A Bordeaux, il
vota contre les préliminaires de la paix et
démissionna. Au début de l'insurrection
communaliste du 18 mars, prit parti pour
le comité central et dirigea, dans son jour-
nal te Mot d'ordre, des attaques à la fois
contre le gouvernement de M. Thiers et con-
tre la Commune. Après la semaine sanglun-
te, il fut arrêté à Meaux au moment où il se
disposait à partir en Belgique. Condamné à
la déportation dans une enceinte fortifiée, il
fut dirigé sur la Nouvelle-Calédonie d'où il
parvint à s'évader en 1874, avec quatre de
aes compagnons, dans des conditions tout
à fait romanesques. Rochefort se rendit à
Londres, puis à Genève, où il reprit la pu-
blication de la Lanterne. Ayani' pris vive-
ment à parti M. Andrieux, préfet de police,
il eut un duel avec le beau-frère de ce der-
nier, M. Kcechlin, et fut grièvement blessé.
L'amnistie ayant été votée, le pamphlétai-
re rentra en France et fonda aussitôt
l'Intransigeant, dont il demeura le rédacteur
en chef jusqu'à ces dernières années. Il mena
dans l'Intransigeant des campagnes passion-
nées contre le général de Cissey, contre M.
Roustan, consul général de France à Tunis,
et contre d'autres personnalités en vue. Elu
député en 1885, il donna sa démission deux
jours après. Bientôt le mouvement boulan-
giste se dessina et Rochefort l'encouragea
de tous ses efforts. L'entreprise ayant
échoué, le général Boulanger partit à Bruxel-
les Rochefort l'y suivit, puis passa à Ion-
dres. Traduit devant le Sénat réuni en
Haute Cour de justice, avec le général Bou-
langer et M. Dillon, il fut condamné par
contumace à la déportation dans une en.,
ceinte fortifiée.
Revenu en Fiance en 1895, il reprit la di-
rection effective de l'Intransigeant et se si-
gnala par sa violence contre la revision du
procès Dreyfus.
Depuis quelques années M. Henri Roche-
fort avait quitté l'Intransigeant et collabo-
rait quotidiennement à la Pa.trie.
C'est à Aix-les-Bains, où il se soignait de-
puis quelque temps, que le grand polémiste
a succombé. M. S.
Le colonel Mangin
ne retournera pas au Maroc
\ous croyions savoir que le colonel Man-
gin. qui rentre en France, et qui est remplacé
dans la région du Tadla par le général Bru-
lard, ne retournera pas au Maroc.
Le colonel Mangin est souffrant des suites
de la campagne pénible qu'il a menée récem-
ment.
L'INQUÈTE SUR LES MENTES ANTIMILITÀRISTES
sont arrêtés
tant à Paris qu'en banlieue
DEéx AUTRES N'ONT PAS ÉTÉ RETROUVÉS
L'instruction ouverte pour rechercher les
instigateurs de la propagande antimilitariste
et de J'agitation dans les casernes vient de
provoquer l'arrestation de douze nouveaux
militants svndicalistes.
Hier matin, à la première heure, des com-
missaires de police, agissant en vertu de
mandats d'amener décernés par M. Drioux,
juge d'instruction, et relevant l'inculpa-
tion d'excitation et de provocation de mili-
taires à la désobéissance, se sont présentés
au domicile des douze syndicalistes dont les
noms suivent
MM. Etcheverry, ex-secrétaire de l'Union
des charpentiers en bois de la Seine, 10, rue
Desnouettes
Montaroux, secrétaire du syndicat des tra-
vailleurs des omnibus, 180, avenue du
Maine
Guillemin, éx-trésorier du syndicat des
terrassiers, 266, rue Saint-Maur
Dalsteiu,» secrétaire du syndicat des mon-
teurs-électriciens, 70, avenue de Saint-Ouen
Viau, secrétaire de la chambre syndicale
de la maçonnerie et de la pierre, 11 bis, villa
Saint-Michel, avenue de Saint-Ouen;
Mairie, trésorier de la C. G. T., 75, boule-
vard de la Villette
Morin, trésorier du syndicat des terras-
siers de la Seine, 8, rue des Gobelins
Gautier, secrétaire de la chambre syndi-
cale des charpentiers en bois de la Seine, 51,
rue Louis-Blanc, à Courbevoie
Andrieu, secrétaire de la chambre syndi-
cale des charpentiers en fer de la Seine,
rue de Rosny, à Montreuil
Hubert secrétaire du syndicat des terras.
siers de la Seine, 8, rue Reflut, à Clichy
Jacquemin, secrétaire général du syndi-
cat des maréchaux ferrants, 23, rue du
Garde-Chasse, aux Lilas
Labbat, demeurant à la même adresse, gé.
rant du journal le Réveil anarchiste ouvrier.
Ces douze militants ont été immédiatement
écroués au dépôt, pour être mis à la disposi-
tion du magistrat instructeur.
Deux autres mandats, concernant l'un,
M Marchand, trésorier du syndicat du bâti-
ment l'autre. M. Le Dû, ex-secrétaire du
syndicat des terrassiers, n'ont pu être exé-
cutés, les deux inculpés ne se trouvant pas
A leur domicile.
Tous les inculpés, sauf deux, appartien-
nent à la fédération du bâtiment, qui a don-
ne Ù sa propagande du «Sou du soldat un
caractère et un développement qui ont mo-
tivé déjà à plusieurs reprises des poursuites
U des condamnations. M. Viau, en particu-
lier, a été l'objet,. il y a quelques mois, d'une
̃.cqnc1;jinn,ajîçn. ptbnxSncec par la cour d'assi-
ses de la Seine, en compagnie d>? deux de ses
collègues du syndicat de ta maçonnerie.
Un seul inculpé, M. Marck, fait partie du
bureau confédéral.
DANS LES MILIEUX SYNDICALISTES
La nouvelle de ces arrestations, vite ré-
pandue à la Bourse du travail et à la Mai-
son des fédérations, y a soulevé moins
d'étonnement que de colère.
A la Bourse du travail, dans les bureaux
des organisations dont les secrétaires ou les
trésoriers venaient d'être arrêtés, on recueil-
lait les mêmes protestations
Pourquoi disait-on, le gouvernement
s'attache-t-il à vouloir décapiter les syndi-
cats. Notre secrétaire ou notre trésorier
n'est ni plus ni moins coupable si crime
il y Il que chacun dos adhérents. Pour
être logique, le gouvernement devrait ordon-
ner t'arrestation en masse de tous les syndi-
calistes.
Une réunion de terrassiers lock-outés se
tenait, hier matin, dans l'immeuble de la
rue du Château-d'Eau. L'arrestation de leur
secrétaire, Hubert, provoqua, comme on
peut le penser, les protestations les plus
véhémentes.
Au siège de la C. G. T., rue de la Grange-
aux-Belles, on semblait également s'atten-
dre à cette nouvelle charrette » de mili-
tants.
Il ne fallait pas être très perspicace,
nous ont dit plusieurs a camarades H, pour
deviner, ces jours derniers, à la lecture des
journaux oflicieux, que le gouvernement
préparait de nouvelles arrestations.
Nous n'en sommes d'ailleurs pas émus
outre mesure.
La C. G. T. fonctionnera quand même.
Un ignore encore quelle forme le comité
confédéral donnera à sa protestation. On
sait qu'il a 4tjà organisé pour le 13 juil-
let, au Pré-Samt-Gervais, un grand meeting.
Il est probable que les arrestations d'hier
matin lui serviront de prétexte pour cher-
cher à faire de ce meeting une grande dé-
monstration.
COMMENT ILS FURENT ARRÊTÉS
Les arrestations des antimilitaristes, opé-
rées à l'aube, ne donnèrent lieu à aucun in-
cident, et passèrent complètement inaper-
çues du public.
Au domicile de M. Marck, trésorier de la
Confédération générale du travail, îa, boule-
vard de la Villette, les policiers arrivèrent
un peu avant quatre heures.
Les époux Marck dormaient On sonna, ils
s'éveillèrent et ouvrirent.
Un mandat d'amener a été décerné con-
tre vous, déclara le commissaire à M.
Marçk. J'ai ordre de vous emmener.
«i'est bien, je suis à vous tout de suite.
F,t, sans autrement discuter la décision de
justice qui le faisait prisonnier, M. Marck
endossa les vêtements chauds que sa femme
alla tirer d'une armoire, prit le petit déjeu-
ner qu'on lui prépara hâtivement et descen-
dit avec les policiers, qui l'installèrent dans
une auto découverte.
L'arrestation de M. Viau, secrétaire du
syndicat de la maçonnerie et de la pierre,
s'opéra avec le même protocole.
Réveillé, M. Viau fit observer qu'il ne se
sentait pas très bien. La veille au soir, il
avait dû, parce que fatigué, renoncer à pren-
dre la parole dans une réunion où il s était
rendu et était rentré plus tôt chez lui.
Le mandat d'amener dont les policiers
étaient porteurs ne leur permettait pas de se
laisser apitoyer par des considérations de
cet ordre. M. Viau le comprit. Il s'habilla,
mangea un morceau et prit place dans l'au-
tomobile de la sûreté qui, très rapidement,
le transporta au quai des Orfèvres. Disons
tout de suite qu'après interrogatoire, M.
Viau a été laissé en liberté provisoire.
A Courbevoie, l'arrestation de M. Gautier,
secrétaire de la'chambre syndicale des char-
pentiers en bois, a été opérée par M. Fara-
licq, commissaire, à Paris, du quartier
Saint-Avoie, qu'accompagnaient plusieurs
inspecteurs du commissariat à<- Courbe-
voie. M. Gauler dit simplemept Je m'y
attendais
A Clichy, c'est M. Gourbier, ancien com-
missaire de la localité, actuellement à, Cour-
bevoie, qui a procédé à l'arrestation de M.
Emile Hubert.
Aux Lilas, c'est M. Labat. commissaire
de police d'Auberviltiens, qui est allé opérer
23, rue du Garde-Chasse, l'arrestation
de MM. Eugène Jacquemin, de la Fédé-
ration communiste anarchiste, secrétaire
général du syndicat des maréchaux ferrants,
et Jean Labbat, do la Fédération communis-
te anarchiste, gérant du journal le Réveil
anarchiste ouurier.
Enfin, à Janviile-sur-Juisne. près d'Etam-
pes, en vertu d'un mai.dat d'arrêt de M.
Llnioux, M. Vidàl. commissaire spécial à
crétaire-trésorier du syndicat des terras-
siers de Spine-et-Oise. et l'a immédiatement
dirigé sur Paris.
Devant le magistrats instructeur
Tous les cégélistess cxtt été conduits,
dans la soirée, devant NI. Drioux, qui les
a inculpés <̃ d'avoir adressé des provoca-
tions, par circulaires, à des militaires des
armées de terre et de mer, dans le but de
les détourner de leur devoir militaire et de
l'obéissance qu'ils doivent à leurs chefs »,
délit puni d'une peine de trois mois à deux
ans de prison et n'une amende de 100 à
2,000 francs, par l'a,rticle 2 de la, loi du 28
juillet, 189-iy sur les menées anarchistes.
Les prévenus ont déclaré qu'ils choisis-
saient Nies Laval, Berthon. Dupré, Oustry,
Uhry et Longuet pour avocats, et qu'ils ne
s'expliqueraient que lorsque leurs défen-
seurs auraient pris connaissance des pièces
du dossier et en auraient conféré avec eux.
Seul, M. Andrieu a protestéicontre l'ap-
plication de la loi de 189-i.
Sous prétexte, a-t-il dit, que no*, cir-
culaires étaient envoyées sous enveloppe à
des soldats, vous prétendez qu'il n'y a pas
publicité, et vous nous appliquez là loi de
1894, et cela uniquement pour nous déférer
aux tribunaux correctionnels, qui nous con-
damneront sans nous entendre.
La circulaire que j'ai signée a cependant
été rendue publique. Elle a paru dans la
Bataille syndicaliste. Vous devez donc me
poursuivre pour délit de presse, en vertu de
la loi de 1881,qui donne seule compétence
au jury pour me juger.
m. Drioos n'a- p«svouhi' engager «ne dfe-
cussion" de droit et s'est borné à inviter son
prisonnier à résnmer ses arguments pour
les juges qui auront à connaître de son cas.
MM. Jacquemin et Labbat sont en plus pour-
suivis pour provocation au meurtre. Ils sont
accusés d'avoir inséré de très graves provo-
cations dans le Réveil anarchiste, notam-
ment dans le numéro du 13 juin dernier.
Non seulement ils ont invité les soldais à
ne pas rester une troisième année sous les
drapeaux, à quitter le régiment sans qu'au-
cune considération ne les retienne, le 2t sep-
tembre au plus tard, mais, sous la rubrique
"Mémento-adresses», ils ont donné les noms
et adresses des personnalités du monde poli-
tique, judiciaire, financier et des directeurs
de journaux qu'il fallait frapper.
Ce que l'on reproche aux inculpés
Ainsi qu'on l'a vu plus .haut, c'est l'ins-
truction ouverte par M. Drioux sur les me-
nées antimilitaristes qui a amené ces nou-
velles arrestations.
En examinant les circulaires adressées
par l' « œuvre du Sou du soldat à des mi-
litaires actuellement sous les drapeaux, le
magistrat instructeur s'était aperçu que
toutes étaient établies en conformité avec
les décisions prises dans les différents con-
grés de la C. G. T., notamment dans celui
du Havre.
Les auteurs des circulaires adressées par
les syndicats aux jeunes soldats s'inspi-
raient iuus de la même pensée supprimer
le militarisme et le patriotisme, pousser les
soldats à refuser d'accomplir une troisième
année, à déserter les casernes à la. fin sep-
tembre, enfin à répondre à l'ordre de mobi-
lisation par ia grève générale.
Plusieurs de ces circulaires furent saisies
sur les mutins de Toui.
C'est en présence de ces faits que !Il.
Drioux a lancé des mandats contre tous les
secrétaires on trésoriers de syndicats qui
avaient soit signé la circulaire adressée par
leur groupe aux soldats, soit participé à sa
rédaction.
Il se pourrait.que l'instruction ne s'arrê-
tât pas aux inculpés actuels, mais s'étendit
à nombre d'autres antimilitaristes.
Ce n'est pas avant la semaine prochaine
que M. Drioux procédera à l'interrogatoire
de fond des prévenus.
A la Santé
Dans ta soirée, vers huit heures, tous les
autres furent écroués à la prison delà Santé
où, contrairement à leur attente, Us furent
soumis au régime commun.
ht tous aussitôt de manifester leur mau-
vaise humeur et de réclamer le régime des
détenus politiques.
Ils insistèrent si bien auprès du directeur
de la prison, M. Dabat, que ce dernier leur
promit de se rendre au ministère de l'Inté-
rieur pour y soumettre leurs desiderata.
DANS LES DEPARTEMENTS
En exécution de mandats expédiés de
Péris par M. le juge d'instruction Drioux,
plusieurs arrestations ont été opérées égale-
ment dans les départements.
On été arrêtés à Bourges, M. Hervié,
secrétaire de la Bourse du travail: à Va-
lenciennes, M. Tesson, secrétaire du syn-
dicat de la métallurgie à Nantes, MM.
Varnat. secrétaire, et Libon, trésorier du
syndicat aes dockers à Saint-Malo, M. Ba-
tas, secrétaire de la Bourse du travail; à
Rouen, M. Giron, secrétaire-trésorier du
syndicat ouvrier du bâtiment à Epinac,
M. Maria, secrétaire du syndicat des mi-
neurs.
En exécution des mandats, le parquet de
Bordeaux avait été avisé, hier soir, par une
dépêche de M. Drioux, juge d'instruction à
Paris, d'avoir à rechercher un membre im-
portant de la C. G. T., disparu de Paris et
recherché au même titre que les autres cé-
gétistes..
La police de cette ville n'a trouvé jusqu'à
présent aucune trace du fugitif.
LE CRIME DE VILLENEUVE
Quéro retire ses aveux
et fournit un alibi
Corbeil, juillet.
René Quéro n'est plus l'assassin du con-
tremaître Fortin, qu'on trouva massacré
dans une cabane, près de la gare de Ville-
neuve-Saint-Georges, ainsi que nous l'avons
conté.
C'est du moins lui qui l'affirme, après
avoir fait devant MM. Bichon et Coilin, les
commissaires de la Ire brigade mobile, les
aveux sensationnels que 1 on sait, aveux
qu'il renouvela brièvement en présence de,
M. Gridel, juge d'instruction à Corbeil, au
moment où hier il fut amené devant ce ma-
gistrat et mis à sa disposition.
Or, voici qu'aujourd'hui Quéro revirent
formellement sur ses précédentes déclara-
tions et nie le crime. Le plus étrange, c'est
qu'il invoque à présent une série d'alibis
qu'on a tout lieu de croire exacts. L'instruc-
tion de cette affaire, qui semblait devoir être
rapidement menée, va peut-être, au con-
traire, présenter d'asse7 sérieuses difficultés.
Mmmma, je suis innocent.
Quand M. i;ridel lui eut fait subir son in-
terrogatoire d'identité, Mené Quéro fut inair-
céré à la maison d'arrêt de Corbeil,. Mais,
une fois dans sa cellule, il se prit à pleur!
à chaudes larmes et c'est tt peine sil goûta
au repas du soir qui lui fut servi.
Il passa une nuit fort agitée et, ce matin,
toujours secoué par les sanglots, il demanda.
à écrire à ses parents.
Dans cette lettre, fort touchante, Quéro ne
cesse de protester contre l'accusation qui
pèse sur lui "Mama.n, dit-il, je suis inno-
cent je n'ai pas assassiné Fortin. »
Quand il eut connaissance du contenu de
cette lettre. M. Gridel, quelque peu interlo-
qué, car son prisonnier s'était formellement
accusé, se hâta de se !e faire amener et l'in-
vita à. s'expliquer sur ses déclarations con-
tradictoires.
C'est vrai, lui répondit Quéro. j'ai
menti. Je ne sais pourquoi je me suis accusé
d'un crime que je n'ai pas commis. J'ai cédé
à je ne sais quelle imnulsion que jr ne m'ex-
pliquc pas. Mais, cptte nuit, dans ma rpl!ul*\
j'ai longument réfiérhi et j'ai compris que je
ne pouvais persister dans cette attitude.
étrange, et c'est pourquoi, en écrivant à ma
mère, j'ai crié mon innocence.
son alibi
Vous le savez, poursuivit-il, je n'étais
spontanément constitue prisonnier, après
avoir vu, à la lecture dt's journaux, qu'on
m'accusait de ce crime horrible.
Mais le commissaire de la sûreté Iéné-
raie ne voulut pas ajouter foi à mes déclara-
tions. Pendant de longues heures je fus pres-
sé, harcUé de questions. On ne me laissa
pas une minute de repit. Tout ce que je di-
sais se tournait contre moi. Une femme que
je n'avais jamais vue affirmait me reconnaî-
tre. Alors, je perdis la tête pour me débar-
rasser du commissaire et de ses inspecteurs,
pour me débarrasser de vous, pour en finir
avec ce cauchemar, je dis tout ce qu'on vou-
lut me faire dire et dans uo moment d'exci-'
tation nerveuse, de véritable aberration, je'
me reconnus l'auteur d'un crime auquel pour-
tant j'étais étranger.
J'allai même plus loin. J'avais lu diffé-
rente journaux relatant l'odienx forfait. Je
pris à mon compte leurs récits, j'en fis un
tout, et dans le trajet, tandis que les inspec-
teurs m'amenaient de Paris à Corbeil, je
leur fis la relation que vous savez, forgée
de toutes pièces. Mais je suis innocent. Tout
était faux dans mes allégations, ma discus-
sion avec Fortin au sujet de mon travail,
comme l'impérieuse nécessité où je me trou-
vais de me procurer de l'argent pour es-
sayer de fléchir l'indifférence de celle que
j'aimais.
Car la jeune fille que j'ai nommu, Mile.
Georgette N. n'a jamais été mon amie.
C'était une camarade d'atelier qui toujours,
au contraire, sut me tenir à distance.
Je n'ai pas tué le contremaître Fortin. et
je puis le prouver par un alibi. Complète-,
ment étranger à ce crime, je n'en connais
nullement l'auteur.
Le jour du drame, ainsi que je l'ai affir-
mé à plusieurs reprises, j'ai quitté Ville-
neuve-Saint-Georges par le train de 2 h. 52.
Arrivé à Paris à 3 h. 8, je décidai de me
rendre immédiatement avenue de Breteuil,
chez MM. Meurdein, photographes, où vous
le savez j'avais travaillé quelque temps.
Pour y aller, je pris le tramway BaetiUe-
Montparnasse, puis celui de Montparnasse-
Etoile, et à 4 heures moins dix exactement,
j'étais attablé au caft Langlet avec le con-
cierge de la maison Meurdein et un serru-
rier habitant le voisinage, mais dont j'ignore
le nom. Il sera d'ailleurs facile de le re-
trouver.
Je priai le concierge d'appeler un de mes
camarades, Gaston P. qui travaillait dans
les ateliers de photographie, et celui-ci ne
tarda paa à me rejoindre.
Je l'engageai à venir se promener avec
moi, mais il déclina l'invitation, préférant
terminer sa journée.
Je lui donnai rendez-vous, allai me faire
raser et le soir, un peu après sept heures,
nous nous retrouvâmes à la sortie de l'ate-
lier. Ensemble nous avons diné, passant en-
suite la soirée au théâtre de la Gaîté-Mont-
parnasse et le reste de la »iuit aux Halles,
pour y attendre \c moment, d'aller, pince de
la Concorde, assister au départ du Tour de
France cycliste.
Ost alors qu'ayant besoin d'effets, je ne
rendis au Temple, pour y faire l'acquisition
d'un pantalon et de chaussures. Quelques
instants plus tard. Gaston, lisant les jour-
naux, me montrait qu'on m'imputait le cri-
me commis la veille à Villeneuve-Saint-
Georges et je décidai incontinent d'aller me
constituer prisonnier pour me disculper.
Vous savez le reste.
Qni dame •«* coupable ?
Quand son prisonnier eut terminé ce re-
cit, M. Gridel demeura perplexe. Si René
Quéro disait vrai, il ne pouva; guère être
le coupable.
L'enquête policière a établi que le contre-
maitre Fortin a été assassiné vers trois heu-
res et demie de l'après-midi.
En effet, un poseur de ia voie a déclaré à
l'enquête avoir vu, vers trois heures 25, un
individu inconnu de lui entrer dans la si-
nistre cabane avec le contremaître Fortin,
parfaitement reconnaissable à sa longue
blouse blanche.
D'autre part, nous l'avons dit. un autre
employé du P.-L.-M., un conducteur faisant
le service des bagages pour le train de
3 heures 39, perçut les râles de il: victime
et vit un homme sortir en courant de la ca-
bane et disparattre.
Or donc si René Quéro prit, ainsi qu'il l'af-
firme, le train de 2 heures 52 et se trouva à
Paris aux heures qu'il indique, il est impos-
sible qu'il ait tué le contremaître à 3 heures
et demie.
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