Titre : Le Ménestrel : journal de musique
Éditeur : Heugel (Paris)
Date d'édition : 1889-06-09
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344939836
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 44462 Nombre total de vues : 44462
Description : 09 juin 1889 09 juin 1889
Description : 1889/06/09 (A55,N23)-1889/06/15. 1889/06/09 (A55,N23)-1889/06/15.
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5621545m
Source : Bibliothèque nationale de France, TOL Non conservé au département des périodiques
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 01/12/2010
' (Les Bureaux, 2 bis, rue Vivienne)
(Les manuscrits doivent être adressés franco au journal, et, publiés ou non, ils ne sont pas rendus aux auteurs.)
MUSIQUE ET THÉATKES
HENRI HEUGEL, Directeur
Adresser FHANCO & M. HENRI HEUGEL, directeur du MÉNESTREL, 2 bis, rue Vivienne, les Manuscrits, Lettres et n |in ilii'\rliliiiiiniiii|mhT
Un an, Texte seul : 10 francs, Paris et Province. — Texte et Musique de Chant, 20 fr.; Texte et Musique de Piano, 20 fr., Paris e^ffSéJOêéT "
Abonnement complet d'un an, Texte, Musique de Chant et de Piano, 30 fr., Paris et Province. — Pour l'Étranger, les frais de posta en sus.
SOMMAIRE-TEXTE
Jt'JÈiStoire de la seconde salle Fàvart (17* article), ALBERT SOUBIES et CHARLES
/MALHERBE. — II. Semaine théâtrale : Concert italien à la Gaîté, ARTHUR POUGIN.
'{.■— III. Promenades musicales à l'Exposition (2e article), JULIEN TIERSOT. —
v: IV. La musique en Angleterre, correspondance, T. JOHNSON. — V. Correspon-
dance de Belgique: le Rhin, de M. Peter Benoit, L. SOLVAY. — VI. Nouvelles
:'diverses, concerts et nécrologie.
;.'■« MUSIQUE DE PIANO
. Nos abonnés à la musique de PIANO recevront, avec le numéro de ce jour:
TAMBOURS ET TROMPETTES
nouvelle schottisch de DRSGRANGES. — Suivra immédiatement : Andante et
0ame des Bijoux, pièces extraites du ballet la Tempête, musique d'AMBROisE
fTHcrçiAs. ' ' _^ . ' .
:. CHANT
•-Nous publierons dimanche prochain, pour nos abonnés à la musique
de CHANT: Aimer! nouvelle mélodie de G. LEMAIRE, poésie de E. LOLLE. —
Suivra immédiatement: L'Aube naît, nouvelle mélodie de L. BROCHE, poésie
de VICTOR HUGO.
HISTOIRE DE LA SECONDE SALLE FAVART
PAR
Allbert SOUBIES et Charles MALHERBE
„.,..■ CHAPITRE VII
DE LA PART DU DIABLE A LA SIBÈNE
■'■ ■ (Suite.)
Peut-être la nécessité de confier le rôle de Carlo Broschi
à une femme effraye-t-elle directeurs et artistes; les travestis
pourtant ne sont pas rares, depuis l'Antonio de Richard Coeur
de Lion et l'Olivier de Jean de Paris, jusqu'à Kaled de Lara
et Piccolino. Mais il faut ici tout ensemble une bonne chan-
teuse, une adroite comédienne et une jolie femme : de tels
sujets sont rares partout, sauf en Allemagne sans doute,
puisque la Part du, Diable, qui n'a jamais quitté le répertoire,
s'y joue encore soit sous son titre exactement traduit, Teufels
Antheil, soit sous celui de Carlo Broschi. En tout cas, le goût
de nos. voisins pour cette pièce prouve qu'ils ne. partagent
pasjsur le .compte des travestis, l'opinion de Théophile Gau-
tier;-celui-,ci ne les aimait guère, et il en donnait la raison
sousmné forme assez plaisante : « Le:!premier et peut-être
le !séul mérite d'une femme, disait-il, consiste à n'être pas
lin-homme, c'est ce qu'il ne faut pas oublier! » Quelles
■souffrances lui eût alors réservées" l'opérette contemporaine,
où souvent l'amoureux n'a de masculin que le nom et
l'habit! Il est mort à temps! Malgré sa valeur et son succès,
l'ouvrage de Scribe et d'Auber eut cependant un détracteur
en la personne de Castil-Blaze. Mais le motif en était assez
peu honorable, s'il est vrai que la France musicale, où parut
sa prose, se vengeait ainsi de M. Troupenas, éditeur des.
oeuvres d'Auber, lequel avait cessé de payer 200 francs par
mois -audit journal pour annonces de ses publications. Ces
sortes de marchés n'étaient pas rares, et l'on voyait alors des
écrivains qui vendaient leur plume avec leur conscience.
Dans les comptes de l'Opéra pour Celte époque, on trouve à
l'article dépenses une subvention accordée à un certain journal
sous forme de quatre-vingts abonnements; l'abonnement coû-r
tait 52 francs; c'était donc une rente annuelle de 4,160.francs
servie, par l'administration à seule fin d'entendre chanter ses
louanges; le journal ne coûtait guère plus à son directeur.
Bien plus, le gouvernement lui-même conseillait parfois de
tels procédés, et les archives de ce théâtre ont gardé la
lettre bien curieuse d'un ministre écrivant au directeur qui
s'était plaint de l'hostilité d'une certaine feuille. Son Excel-
lence reconnaissait qu'il fallait faire cesser une campagne
qui menaçait de déconsidérer un établissement, subventionné
par l'État, et une somme de 1,500 francs était mise à sa dis-
position pour être distribuée suivant les besoins.
Il faut espérer que les temps sont changés. Si les journa-
listes ont plus de désintéressement, ils ont aussi plus d'amour-
propre, et le plus humble d'entre eux s'épargnerait l'étrange
aveu que le même Castil-Blaze faisait à ses lecteurs le 22 jan-
vier 1843: « Je m'honore du titre'd'imbécile, et je travaille,'
même à la sourdine, à conquérir le titre d'idiot. » « Supprimez
à la sourdinel » répondit un confrère, et les adversaires n'allè-
rent point au pré pour si peu!
' La presque unanimité des jugements de la presse se retrouva
pour la pièce qui suivit la Part du Diable, mais en sens in-
verse ; on avait applaudi l'oeuvre nouvelle: on blâma la re-
prise de Monsieur Deschalumeaux, opéra-comique en trois actes,
paroles de Creuzé de Lesser, musique de Gaveaux, joué au
théâtre Feydeau le 17 février 1806. « Vieille pièce et musique
vieille, dirent les plus indulgents. » Solié, Chenard, Paul,
Lesage, Juliet, Baptiste, Fiomageat, MUe Pingenet et Mmc Scio
avaient pu, lors de la création, faire agréer du public cette
espèce de vaudeville, peu chargé de musique, mais bourré de
situations ultra-bouffonnes qui en font le type des pièces à
voyages plus ou moins accidentés. Leurs successeurs, Mocker,
Ricquier, Moreau-Sainti, Grignon, Emon, Daudé, Palianti,
Mue Prévost et Mme Félix Mélotte jouèrent cette grosse farce
avec une absence de conviction qui ne pouvait en rehausser
la valeur. A part Mocker, écrivait un critique, tous ont l'air
de porter le diable en terre. « De pareils interprètes assom-
(Les manuscrits doivent être adressés franco au journal, et, publiés ou non, ils ne sont pas rendus aux auteurs.)
MUSIQUE ET THÉATKES
HENRI HEUGEL, Directeur
Adresser FHANCO & M. HENRI HEUGEL, directeur du MÉNESTREL, 2 bis, rue Vivienne, les Manuscrits, Lettres et n |in ilii'\rliliiiiiniiii|mhT
Un an, Texte seul : 10 francs, Paris et Province. — Texte et Musique de Chant, 20 fr.; Texte et Musique de Piano, 20 fr., Paris e^ffSéJOêéT "
Abonnement complet d'un an, Texte, Musique de Chant et de Piano, 30 fr., Paris et Province. — Pour l'Étranger, les frais de posta en sus.
SOMMAIRE-TEXTE
Jt'JÈiStoire de la seconde salle Fàvart (17* article), ALBERT SOUBIES et CHARLES
/MALHERBE. — II. Semaine théâtrale : Concert italien à la Gaîté, ARTHUR POUGIN.
'{.■— III. Promenades musicales à l'Exposition (2e article), JULIEN TIERSOT. —
v: IV. La musique en Angleterre, correspondance, T. JOHNSON. — V. Correspon-
dance de Belgique: le Rhin, de M. Peter Benoit, L. SOLVAY. — VI. Nouvelles
:'diverses, concerts et nécrologie.
;.'■« MUSIQUE DE PIANO
. Nos abonnés à la musique de PIANO recevront, avec le numéro de ce jour:
TAMBOURS ET TROMPETTES
nouvelle schottisch de DRSGRANGES. — Suivra immédiatement : Andante et
0ame des Bijoux, pièces extraites du ballet la Tempête, musique d'AMBROisE
fTHcrçiAs. ' ' _^ . ' .
:. CHANT
•-Nous publierons dimanche prochain, pour nos abonnés à la musique
de CHANT: Aimer! nouvelle mélodie de G. LEMAIRE, poésie de E. LOLLE. —
Suivra immédiatement: L'Aube naît, nouvelle mélodie de L. BROCHE, poésie
de VICTOR HUGO.
HISTOIRE DE LA SECONDE SALLE FAVART
PAR
Allbert SOUBIES et Charles MALHERBE
„.,..■ CHAPITRE VII
DE LA PART DU DIABLE A LA SIBÈNE
■'■ ■ (Suite.)
Peut-être la nécessité de confier le rôle de Carlo Broschi
à une femme effraye-t-elle directeurs et artistes; les travestis
pourtant ne sont pas rares, depuis l'Antonio de Richard Coeur
de Lion et l'Olivier de Jean de Paris, jusqu'à Kaled de Lara
et Piccolino. Mais il faut ici tout ensemble une bonne chan-
teuse, une adroite comédienne et une jolie femme : de tels
sujets sont rares partout, sauf en Allemagne sans doute,
puisque la Part du, Diable, qui n'a jamais quitté le répertoire,
s'y joue encore soit sous son titre exactement traduit, Teufels
Antheil, soit sous celui de Carlo Broschi. En tout cas, le goût
de nos. voisins pour cette pièce prouve qu'ils ne. partagent
pasjsur le .compte des travestis, l'opinion de Théophile Gau-
tier;-celui-,ci ne les aimait guère, et il en donnait la raison
sousmné forme assez plaisante : « Le:!premier et peut-être
le !séul mérite d'une femme, disait-il, consiste à n'être pas
lin-homme, c'est ce qu'il ne faut pas oublier! » Quelles
■souffrances lui eût alors réservées" l'opérette contemporaine,
où souvent l'amoureux n'a de masculin que le nom et
l'habit! Il est mort à temps! Malgré sa valeur et son succès,
l'ouvrage de Scribe et d'Auber eut cependant un détracteur
en la personne de Castil-Blaze. Mais le motif en était assez
peu honorable, s'il est vrai que la France musicale, où parut
sa prose, se vengeait ainsi de M. Troupenas, éditeur des.
oeuvres d'Auber, lequel avait cessé de payer 200 francs par
mois -audit journal pour annonces de ses publications. Ces
sortes de marchés n'étaient pas rares, et l'on voyait alors des
écrivains qui vendaient leur plume avec leur conscience.
Dans les comptes de l'Opéra pour Celte époque, on trouve à
l'article dépenses une subvention accordée à un certain journal
sous forme de quatre-vingts abonnements; l'abonnement coû-r
tait 52 francs; c'était donc une rente annuelle de 4,160.francs
servie, par l'administration à seule fin d'entendre chanter ses
louanges; le journal ne coûtait guère plus à son directeur.
Bien plus, le gouvernement lui-même conseillait parfois de
tels procédés, et les archives de ce théâtre ont gardé la
lettre bien curieuse d'un ministre écrivant au directeur qui
s'était plaint de l'hostilité d'une certaine feuille. Son Excel-
lence reconnaissait qu'il fallait faire cesser une campagne
qui menaçait de déconsidérer un établissement, subventionné
par l'État, et une somme de 1,500 francs était mise à sa dis-
position pour être distribuée suivant les besoins.
Il faut espérer que les temps sont changés. Si les journa-
listes ont plus de désintéressement, ils ont aussi plus d'amour-
propre, et le plus humble d'entre eux s'épargnerait l'étrange
aveu que le même Castil-Blaze faisait à ses lecteurs le 22 jan-
vier 1843: « Je m'honore du titre'd'imbécile, et je travaille,'
même à la sourdine, à conquérir le titre d'idiot. » « Supprimez
à la sourdinel » répondit un confrère, et les adversaires n'allè-
rent point au pré pour si peu!
' La presque unanimité des jugements de la presse se retrouva
pour la pièce qui suivit la Part du Diable, mais en sens in-
verse ; on avait applaudi l'oeuvre nouvelle: on blâma la re-
prise de Monsieur Deschalumeaux, opéra-comique en trois actes,
paroles de Creuzé de Lesser, musique de Gaveaux, joué au
théâtre Feydeau le 17 février 1806. « Vieille pièce et musique
vieille, dirent les plus indulgents. » Solié, Chenard, Paul,
Lesage, Juliet, Baptiste, Fiomageat, MUe Pingenet et Mmc Scio
avaient pu, lors de la création, faire agréer du public cette
espèce de vaudeville, peu chargé de musique, mais bourré de
situations ultra-bouffonnes qui en font le type des pièces à
voyages plus ou moins accidentés. Leurs successeurs, Mocker,
Ricquier, Moreau-Sainti, Grignon, Emon, Daudé, Palianti,
Mue Prévost et Mme Félix Mélotte jouèrent cette grosse farce
avec une absence de conviction qui ne pouvait en rehausser
la valeur. A part Mocker, écrivait un critique, tous ont l'air
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