Titre : L' Étoile de l'A.E.F. : journal hebdomadaire
Éditeur : (Brazzaville, Léopoldville)
Date d'édition : 1933-08-24
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32770230s
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 3335 Nombre total de vues : 3335
Description : 24 août 1933 24 août 1933
Description : 1933/08/24 (A1,N17). 1933/08/24 (A1,N17).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5569935z
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, GR FOL-JO-4946
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/01/2011
Ùfr-paradoxexqurarat :
hz fmdlmmâïî, concurrent
du Contribuable qui le nourrit
Un des plus grands étonnëments
pour le voyageur qui séjourne quel-
que temps à Brazzaville, est de
constater que les fonctionnaires et
leurs familles constituent la grosse
moitié de la population de la capi-
tale, ;
■'■S'ils avaient l'occasion de mieux
se documenter, leur étonnement se
changerait en stupeur en voyant que,
dans tous les domaines, l'Adminis-
tration, ou les fonctionnaires, ou les
épouses de ces derniers, constituent
tour-à-tour la plus redoutable • con-
currence qu'ait à craindre le Com-
merce, qui en fin de compte les
entretient tous.
Notre excellent confrère M. Raoul
Monmarson, ' qui vient, simultané-
ment, de publier une magistrale sé-
rie d'articles et de faire paraître un
ouvrage extrêmement intéressant,
consacrés en grande partie à l'A.
£.. F., n'a sans doute pas voulu trop
approfondir certaines, questions;
pour ce faire, nous avons le temps
et la place, et une importante docu-
mentation.
Au fur et à mesure que l'Adminis-
tration a augmenté le personnel dé
ses bureaux — encore ne visons-
nous ici que le personnel blanc, car
il existe â côté un personnel noir
considérable et les divers services
de la capitale occupent en réalité
plus de mille unités —* ; au fur et à
mesure que se sont multipliées les
fonctions, et principalement des
hautes fonctions, dont les émolu-
ments atteignent ou dépassent les
20.000 francs par mois, la fiscalité a
augmenté dans des proportions
inouïes ; les anciens delà Colonie
évoquent encore parfois avec un j j
s", âmér sourire l'époque où n'ayant
I- pas:encore à payer un personnel
3 pléthorique, l'Administration perce-
:t vait des impôts modiques et raisori-
3 nables ; c'était le temps où I'A.E.F.
- était considérée comme "inhabita-
j blé" par lés" candidats-fonctionnaires;
c et aucun n'aurait songé à demander
i son affectation en ce pays perdu...
Mais du jour où l'on apprit qu'il
. n'y avait plus guère de danger à ve-
;- nir passer deux ans a Brazzaville ou
dans l'un ou l'autre centre, les bu-
reaucrates, stimulés par les gros
traitements qu'on " fit resplendir à
leurs yeux, arrivèrent ici par centai-
nes.
Ceux des petits grades firent bien
■la grimace en voyant combien ils
étaient mal partagés, mais l'espoir ■
d'un avancement qui les ferait accé-
der à ces gros traitements, apanage <
de tant de leurs collègues, leur fit ]
prendre patience. . \ '
Cependant, sous cette charge i
sans cesse accrue, sous les exigen- I
ces d'une fiscalité toujours plus {
• ! , -j
âpre, le commerce n'aurait pas tardé
à plier les reins, n'eût été l'anormale
prospérité qui précéda la crise.
Quand celle-ci survint, on s'aper-
çut seulement de l'effroyable poids
que représentait l'entretien de ce
personnel administratif qui, avec les
femmes et enfants, représentait le
tiers de la population de la Colonie,
t si pas davantage !
I Et les impôts, les taxes, les droits
■ de'douane, n'ont fait qu'augmenter,
- et dans quelles proportions! Tous
•les six mois, les taxes douanièxes,'
■ Ï>2 'amment augmentent de 25 ou
1 50^', dévantage pour certains articles.
Sans lés emprunts qui viennent
régulièrement combler le déficit, mal-
gré cela, depuis longtemps lés
fonctionnaires ne seraient plus payés,
car quand un mouton est tondu
jusqu'à la peau, que faire, sinon
attendre que sa laine repousse P
Eh bien comme nous le disions. ;
au début de cet article, ce Commer-
ce, sur lequel on compte pour en- '
trétenir l'Administration, on lui fait
sans cesse la plus opiniâtre, la plus t
déloyale des concurrences ; on trou- ;
verait difficilement un cas dans le- /
quel cette concurrence ne s'exerçât t
pas:
Il existe à Brazzaville une Coopé- n
rative Civile et Militaire qui mono- n
polise peut-être, nous dit-on, la moi- '*
{Suite page 2) UE CENSEUR /'
7,
2 Au iil du styles
"" Aqus autres coloniàuxj, nous sommes
- de bien mauvais calculateurs...
ce Tenez: nous contractons tous les deux
es ans un nouvel emprunt de quelques cen-
le laines de millions ; c'est extrêmement com-
ie> mode. 'Parfois cependant quelqu'un, pris
de scrupules, dit en se grattant la tête:
nMais comment ferôns^nous quand il
■ faudra rembourser tout ça P '
' ' <§h bien ! il se trouve toujours un quidam
■ÏS pour répondre, dans un joyeux éclat de
S, rire:
m -±- Mais monivieux^cestp^able en
!§;- cinquanteans i d'ici là, nous serons tous -:'
-i pensionnés I
|_ Autre exemple: au café, nous signons
. dés nbon$n aussi allègrement que M.
fyopsevelt pousse à la baisse du dollar :
s' "Ëoy-> encorequatre bouteilles déTrèfle!*
u Pourquoi se gêner, puisque c'est pour
n rien?
P Le jour de fin du mois, parfois, on fait
s une assez sale grimace...
•_, Troisième exemple: il y à une foulti-
. tudede gens à Brazzaville, qui sont abon-
,, nés au n.ràdiù*. 'Urès agréable de lire les
nouvelles de la veille en prenant soneafé-
^ au-lait ou son ovomaltine matinale. Et
- puis, ça ne coûte que vingt francs par
- mois: quatre thunes. Qui n'en voudrait
t Pas P
£h bien ! si ça ne j ait que quatre thu-
nes, ça n'en fait pas moins deux cent qua-
rante balles par an... Et on trouve que
l'abonnement à /'Etoile est trop cher! Et
pour ce prixi on aurait un abonnement à
/'Avenir Colonial avec non seulement
les nouvelles du "radio", qui ne sont pas
toujours si palpitantes d'intérêt pourtant,
mais encore de quoi lire pendant une
heure le spir. ...-■'
—■ Pourquoi, me disait hier un ami, ne
faites-vous pas comme le "radio", faire
. payer les abonnements au mois; cela ne
ferait que 6 francs 25 à la fin du mois,
et dans ces conditions tout le monde
s'abonnerait à /'Etoile
C'est une idée comme une autre, après
tout...
— $ pourquoi, a ajouté un second, ne
faites-vous pas aussi un petit journal quo-
tidien sur papier-pelure: vous n'auriez
même pas à payer de patente !
—' ïftCon, ai-je répondu: cela ferait
trop de concurrence au "radio \..
BILBOQUET
hz fmdlmmâïî, concurrent
du Contribuable qui le nourrit
Un des plus grands étonnëments
pour le voyageur qui séjourne quel-
que temps à Brazzaville, est de
constater que les fonctionnaires et
leurs familles constituent la grosse
moitié de la population de la capi-
tale, ;
■'■S'ils avaient l'occasion de mieux
se documenter, leur étonnement se
changerait en stupeur en voyant que,
dans tous les domaines, l'Adminis-
tration, ou les fonctionnaires, ou les
épouses de ces derniers, constituent
tour-à-tour la plus redoutable • con-
currence qu'ait à craindre le Com-
merce, qui en fin de compte les
entretient tous.
Notre excellent confrère M. Raoul
Monmarson, ' qui vient, simultané-
ment, de publier une magistrale sé-
rie d'articles et de faire paraître un
ouvrage extrêmement intéressant,
consacrés en grande partie à l'A.
£.. F., n'a sans doute pas voulu trop
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pour ce faire, nous avons le temps
et la place, et une importante docu-
mentation.
Au fur et à mesure que l'Adminis-
tration a augmenté le personnel dé
ses bureaux — encore ne visons-
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il existe â côté un personnel noir
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plus de mille unités —* ; au fur et à
mesure que se sont multipliées les
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hautes fonctions, dont les émolu-
ments atteignent ou dépassent les
20.000 francs par mois, la fiscalité a
augmenté dans des proportions
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3 pléthorique, l'Administration perce-
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. n'y avait plus guère de danger à ve-
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dans l'un ou l'autre centre, les bu-
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traitements qu'on " fit resplendir à
leurs yeux, arrivèrent ici par centai-
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prospérité qui précéda la crise.
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que représentait l'entretien de ce
personnel administratif qui, avec les
femmes et enfants, représentait le
tiers de la population de la Colonie,
t si pas davantage !
I Et les impôts, les taxes, les droits
■ de'douane, n'ont fait qu'augmenter,
- et dans quelles proportions! Tous
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Sans lés emprunts qui viennent
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fonctionnaires ne seraient plus payés,
car quand un mouton est tondu
jusqu'à la peau, que faire, sinon
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Eh bien comme nous le disions. ;
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Il existe à Brazzaville une Coopé- n
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C'est une idée comme une autre, après
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trop de concurrence au "radio \..
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