Titre : La Presse
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1898-02-05
Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication
Contributeur : Laguerre, Georges (1858-1912). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34448033b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 05 février 1898 05 février 1898
Description : 1898/02/05 (Numéro 2079). 1898/02/05 (Numéro 2079).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Grande collecte... Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail
Description : Collection numérique : La Grande Collecte Collection numérique : La Grande Collecte
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 16/05/2008
TL~& T~TOLnoKBT'o !5~ <~€ttn~€M5
~eû~ F~ur/er?~~ y
ËKILE DE GIRAKDIN
FONDATEUR
ABONNEMENTS:
.rrotamom. mxmoie. un~tM
PAM<< t 6&. 9&.50 18~
t)6!'AMBmKTS 6 &. 11 fr. K 3Zj6'.
ËTnANOER Le port en sus.
jM~ac~fon ~2, rue dM Cro/ssanf, 72
Mresse téMgraphtque xaLPRESSE, PARtS
?"
EMILE DE 6IMRBIN
FONDATEUR
LES ANMONCE9 ET RÉCLAMES SONT MÇUM
!&.ux 1b'TjjE*~a~~)Lx de K la~ ffesse t
et chez MM. Ch. La.grsmge, Cerf et C"
6, PLACE DE LA BOURSE, 6
Dollingen et C", 16, rue Grange-Batelièra
~dm/n/s~af/on ?2, rue c~M Cro~ssan~ ?2
T6)ëphone,3f))s: N°'101.sa–102.80–130.87
Au~ïit~ !o Pt~~o 7~t~ T~T nu 1W t~éliv ï~nt~
AVdiit io ii UuCb ~uid. Ld J UUi udj uu i!i. f ~UA J' dUl C
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UMJ~Mh nbUM
LE SECRET DES LETTRES
M. Delcassé a reçu aujourd'hui la visite
d'un inspecteur des postes qui est venu lui
demander des renseignements au sujet du
pli objet de l'incident soulevé hier à la
Chambre.
M. Delcassé n'a pas l'intention de déposer
une plainte.
Ajoutons que M.l'amiral Besnard, ministre
de la marine, dément formellement, non seu-
lement avoir fait violer le secret des corres-
pondances adressées à M. Delcassé, mais
même avoir eu connaissance de ce fait
avant les déclarations portées à la tribune
par le député dé l'Ariège. Il proteste de nou-
veau énergiquement contre les accusations
portées contre son administration.
L'AFFA!RE DES CABLES
M. Meyer, juge d'instruction, a interrogé
cet après-midi, M. Boucley.
Ce dernier était assisté, au cours de l'in-
terrogatoire, par M° Clunet, son avocat.
COLLSSSON DE TR~MS
On mande de Londres, 4 février
Une dépêche d'Ayr annonce qu'un train de
voyageurs a rencontré un train de marchan-
dises à Troon, sur la ligne de Glascow-
South-Western.
Neuf voyageurs ont été tués. Plusieurs
autres ont été blessés.
LA TEMPÊTE
On mande de Dunkerque, 4 février
Le vent souffle en tempête.
Le trois-m&ts anglais .Ando'a, capitaine
Parsonne, du port de Liverpool, venant de
Junin, avec un chargement de nitrate, s'est
échoué à l'est du port.
.11 a été mis à la côte par la tempête de
cette nuit.
Un canot de sauvetage, remorqué par le
Propres, de la chambre de commerce, a ra-
mené à terre vingt-six hommes d'équipage.
On a jeté à la mer une, partie de la cargai-
eon pour alléger le navire et tenter de le
renflouer.
L'opération réussira vraisemblablement ce
toir.
On ignore l'importance des avaries.
LES FA!TS DU JOUR
À la suite d'un récent procès, dans lequel
ceux individus furent condamnés par la cour
d'assises de la Seine à douze années de pri.
son, la police fut mise sur la trace d'un re-
eéleur nomme Kolzinski, bijoutier, établi
rue des Patriarches.
M. Martin, commissaire aux délégations
{udiciaires, sur mandat de M. Boussy, juge
d'instruction, procéda à une enquête sur les
agissements de cet individu.
Un 'mandat d'amener a dû être lancé con-
~fe lui.
Dans /nfanref/e de /Har/ne
Sont promus dans l'infanterie de marine
Au grade de chef de bataillon MM. Du-
rand, capitaine à l'état-major hors cadres a
Madagascar Ganier, capitaine au 5° régi-
ment à Cherbourg.
Au grade de capitaine MM. Nazaret, lieu-
tenant à la 1''° compagnie des disciplinaires;
Bock, lieutenant au 3" régiment à Rochefort;
Cluzeau, lieutenant à l'état-major à Cher-
bourg.
Un guet-apens
On mande d'Avignon
Le nommé G. vingt-trois ans, d'origine
belge, descendu dans une maison meublée
de la rue Ermageon, s'était adressé une let-
tre chargée qui, en réalité, ne contenait au-
cune valeur et était destinée à attirer le fac-
teur dans un guet-apens.
Au moment où l'employé de la poste, nom-
mé Yvan, pénétrait dans'sa chambre, située
au deuxième étage, il le frappa d'un coup de
poignard au cou et une lutte corps à corps
s'engagea.
Aux cris poussés par Yvan, les voisins
sont intervenus et G. a été arrêté.
Dans les papiers de G. on a trouvé des
cartes d'après lesquelles G. se donnait
comme agent général d'une Société française
automatique de Marseille. On a également
trouvé des lettres de divers rabbins.
üC~!
JUSTE RETOUR
-a- JL~j u JH<
M. le ministre de la marine n'a pas
de chance. Après avoir vu son budget
critiqué et discuté jusque dans les plus
petits coins, il a dû se défendre hier
d'avoir violé la correspondance de M.
Delcassé. M. Besnard donnant sa pa-
role qu'il n'était pour rien dans cet
odieux cambriolage, on l'a cru et on a
bien fait. Mais il n'en reste pas moins
vrai que des gens de son administra-
tion se permettent de violer les corres-
pondances avec une désinvolture quel-
que peu cynique, puisque, non con-
tents d'ouvrir les lettres, ils se félici-
tent de leur indiscrétion et volontiers
en feraient passer l'annonce dans l'offi-
cieuse Agence Havas. Voilà des cou-
tumes assurément regrettables, et si le
ministère n'a pas été renversé sur cet
incident, c'est que les élections sont
prochaines .autrement.
Mais ce n'est pas nni. Voilà que ce
matin un autre scandale est connu
où, denouveau., l'administration de la
marine est engagée. Cette affaire des
câbles, quoiaue la lumière y soit encore
bien Incomplète, nous promet d'assez
piquantes révélations. Le fournisseur
qui donnait à la marine des câbles de
fabrication défectueuse et rompant au
premier jour faisait assurément un
fort vilain métier. Mais les inspecteurs
de la marine chargés du contrôle et de
la réception des marchandises auront
pourtant du mal à démontrer qu'ils
n'ont pas, dans cette afFaire, une assez
lourde responsabilité. On nous ra-
conte l'histoire des poids qui servaient
au contrôle et dont quelques-uns, au
lieu d'être en fonte ou en acier, étaient
en bois recouvert de papier d'étain.
Et personne ne s'est aperçu de la
fraude! Et voilà plus d'un an que le
fournisseur en question exerçait sa
fructueuse.industrie! Quand une
cuisinière va chez ses fournisseurs,
elle surveille la balance où ses achats
sont pesés. Est-ce que les fonction-
naires du ministre n'auraient pas pu,
avec un peu d'attention, découvrir la
fraude et s'en plaindre?
Remarquons en outre que ce n'est
pas la marine qui a surpris le vol. Ce-
îui-ci fut révélé au ministre par une
lettre émanant d'un ouvrier renvoyé.
Cette fois, les bureaux ont perdu une
belle occasion de cambrioler les cor-
respondances. S'ils avaient fait subir
à celle-ci le sort des lettres de M. Del-
cassé, on ne jaserait pas aujourd'hui
de la fâcheuse aventure.
LÉON BAILBY.
L'ÉLECTION C!PR!M! AMMULÉE
On mande de Rome
La commission des élections vient d'annu-
ler celle de M. Amilcare Cipriani, qui venait
d'être une seconde fois envoyé à la Chambre
des députés par le collège électoral de
Forli.
~=~ ~"& H R"~ Ë~* H B"~ P~
LES A F FA!RE 3
BOURSE DES VALEURS
Marche plus ça/me. Cows fnof'ns soutenus
Le marché a une allure moins active aujourd'hui
quelques ventes se sont encore produites à. l'ouver-
ture, qui ont déterminé- un léger tassement. Ce sont
là des fluctuations en somme assez normales, sur-
tout si l'on veut bien considérer que les opérations
sont dans l'ensemble assez restreintes et qu'il suffit de
quelques ordres pour provoquer un mouvemeut sur
la cote.
Le 3 0/0 Hnit à 103 52 comme hier. L'Amortissable
reste à 102 02; le 3 1/2 0/0 fléchit à 106 52.
Les Fonds étrangers sont plus faibles: en premier
lieu, il nous faut signaler le nouveau recul de la Rente
italienne qui clôture à 93 60. Onreconnaitra que nous
avions prévu cette baisse qui, selon toutes probabili-
tés, n'a pas dit son dernier mot.
La Rente espagnole est plus lourde à 62. Les Fonds
autrichiens sont des plus calmes.
La spéculation est très circonspecte, en raison des
incidents de politique Intérieure; les transactions sont
peu importantes sur les valeurs de placement. Aucune
impulsion favorable n'y est d'ailleurs reçue de Berlin,
où l'activilé des affaires s'est sensiblement atténuée.
Ce marché avait été très animé, il y a peu de temps,
sur'les valeurs industrielles, et'c'est en fait sur cette
catégorie de titres que l'intérêt du public financier
allemand s'est principa'ement concentré au cours
dei897.
Le Chinois ne varie pas.
Le Da:tt/ Tetegfa'ph dit qu'on ne eonnatt rien de
nouveau dans la Cité au sujet des négociations relati-
ves à l'emprunt chinois, mais on estime généralement
qu'elles sont satisfaisantes.
Les valeurs ottomanes ne varient guère: 'le Turc
D reste à 22 55; la Banque à 563.
Les établissements de crédit sont fermes. La Ban-
que de Paris cote 935 Is Foncier et le Lyonnais sont
stationnaires.
Les Chemins de fer restent bien tenus, sans grands
changements.
Les valeurs industrielles s'inscrivent pour la plu-
part aux environs des limites de la veille.
L'action de la .Société agricole d'exploitation (su-
crerie, raffinerie, distillerie) a un bon courant d'achats
et se maintient fermement aux cours précédents.
Les valeurs minières sont fermes.
La Chartered vaut 83; l'East Rand {36.SO; taFer-
reira. 639; la Goldfleids 130; la Robinson 228.
Le Rio recule à 707, la de Beers à 778.
BOURSE DE COMMERCE
j_5 MEURES_
Faria. Blës Colz~t Lia A:soo'' Smcta'
Sourant. MtO 290j M.. 3825 4425 3t~
Mars.62 10 2885 M.. M25 44.. 3t37
MarsAv. M.. 28SO M 25 3850 44.. 3150
4demara6150 MM 3175
4demai. M95 2785 5425 3975 M.. 3225
4dern. 5450 ?75 3975
4d'0cto. 2987
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mentation de4.3G8sacs sur hier.
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$ de mars. 3 25 à 3 50 i 70 à il..
~dernars. 325à350 !70à. '&
4demai.. 4Ma. EXSà. 350~
Sucres &J[M9t
4 demMS. 1871/2à.à.
4dema.i.< 2371/2a. 350~
4d'octobrs. 2621/Zit.tj Prtmea simp!ea
Farum B'«
4demar9.7. !70à.85~.<.
4demai. 2 Ma. Ii~
Suci'CS. La tendance a été ferme dés te début
du marché, en sympathie avec les avia de l'étranger
et les cours ont gagne de nouveau 25 centimes.
Les affaires n'ont cependant pas été bien acti-
ves, car les dispositions ont fait défaut de part et
d'autre..
B.tës et fa.aes.–Le sentiment de faiblesse
que nous signaiions hier n'a pas persévère aujour-
d'hui, bien que l'Amérique ait clôturé en baisse.
Le marché s; au contraire, fait preuve d'une grande
fermeM sous l'influence d'une demande suivie sur
toutes les époques, et les prix ee sont améliores assez
sensiblement.
Les vendeurs deviennent de plus M p!m r~- i
serY~s. 1
L'APRES-MIDI
Zola,, Dreyfus et S"
AUTOUR DU PROCÈS
Pour l'audience
L'Association de la presse judiciaire vient
de procéder à la répartition des cartes d'en-
trée aux Assises pour le procès de M. Emile
Zola:
Toatesles places mises'& la disposition
des journalistes de Paris'de province et do
l'étranger, par M. Delegorgue', président des
Assises, ont été intégralement reparties par
le comité de l'Association.
Aucune nouvelle demande ne pourra être
accueillie, la plaça faisant matériellemsni
défaut.
Le colonel Pioquàrt
Aucune nouvelle encore de la décision
prise à l'égard du lieutenant-colonel Pic-
quart, si une décision a été prise. Sur ce
point aussi peut-être portera la délibération
du conseil des ministres de demain. Quant
à la réponse du conseil d'enquête, elle ne
saurait, nous n'avons pas besoin de le répé-
ter, être connue.
Si le ministre de la guerre ne se borne
pas à inniger au colonel des arrêts de forte-
resse, s'il ne prononce pas la mise en ré-
forme par mesure disciplinaire, il peut pro-
noncer l'exclusion temporaire du service,
soit par mise en non-activité par retrait
d'emploi, auquel cas l'intéressé est générale-
ment rappelé dans les cadres avant une pé-
riode de trois ans, soit par mise en non-ac-
tivité parsuspenstûTt d'emploi, auquel cas
l'officier n'est pas remplacé dans son corps.
Si cette dernière hypothèse se réalisait, le
lieutenant-colonel Picquart compterait donc
toujours au 4° régiment de tirailleurs, à
Sousse.
La,, suspension d'emploi dure d'ordinaire
un an.
Contre le syndicat
Psst vient de paraître) C'est un recueil
d'images de Forain et Carand'Ache contre le
syndicat Dreyfus.
Le premier numéro contient trois dessins,
trois dessins spirituels.
légende < Ch'accuse s reproduit infidèle-
ment les traits d'un romancier connu qui
met, par l'à-jour d'une guérite militaire, des
petits papiers les uns sur les autres.
e La dernière quille s, c'est le petit soldat
qui personnifie l'armée française, puis sur
nos institutions renversées déjà, un officier
prussien guide le bras du joueur et lui dit:
« Allons, cher baron, encore celle-là. et la
partie est à nous ·~
« Page d'histoire.–Maison Alfred Dreyfus,
Judas and C°, fondée eu l'an 33 de notre
èree représente le monsieur bavarois qui
prend avec des pincettes un chèque de
300,000 marks. En voici la légende: c–Et
avec ça? Merci, c'est tout. pour aujour-
d'hui t e
Les trois dessins sont bien venus. Psst t
semble assuré du succès.
CHEZ LES POMPIERS
M. FÉL~X F/tURE RUE DE CML/G~
Une fête militaire. Les décorations.
Allocution prësidentislle.
Le Président de la République a visité au-
jourd'hui la caserne des sapeurs-pompiers de
la rue de Ohaligny. Il s'y est rendu avec le
général Zurlinden, gouverneur militaire de
Paris, et le général Hagron, secrétaire géné-
ral de la Présidence, en landau découvert
attelé à des postiers. Dans une autre voiture
avaient pris place les commandants Lamy et
Meaux Saint-Marc, officiers de la maison mi.
litaire du Président, le commandant Bes-
sières et Pétain, officiers d'ordonnance du
gouverneur.
M. Félix Faure a été reçu parles généraux
Saint-Germain, commandant la place de Pa-
ris, de Pellieux, .commandant le départe-
ment de la Seine, le colonel des sapeurs-
pompiers Varigault, MM. Blanc, préfet de
police, Laurent, secrétaire général de la pré-
fecture de police, Bouvard, directeur des
services d'architecture de la ville de Paris,
Labusquière, Colly, Puech, Baudin, Bellan,
conseillers municipaux, Puyjallet, chef du
cabinet du préfet de police, etc.
La grande coiif de la caserne était ornée
d'écussons formes de haches, de baïonnettes
et de casques, et de faisceaux de drapeaux.
La compagnie de sapeurs-pompiers, au com-
plet, a rendu les honneurs, et la musique du
82° régiment de ligne a joué la Marset~a~se.
M. Félix Faure a fait ouvrir le ban et a re-
mis les décorations suivantes
Ofncier de la Légion d'honneur, le com-
mandant Salel.
Chevalier de la Légion d'honneur, le capi-
taine Séraud.
Médailles militaires, MM. Roux, chef ar-
murier, ët~CIerc, sergent.
Officiers de l'instruction publique, le lieu-
tenant-colonel Raincourt et M. Gérard, chef
de bureau.
Officiers d'Académie, le capitaine Cordier
et M. Heyman, sous-chef de bureau,
Médailles de sauvetage, le lieutenant
Quivat, le sergent Petitjean, le caporal
Mblina.
La remise des décorations terminée, le
Président de la République a visité les dif.
férentes parties de la caserne, en commen-
çant par les cuisines et les dortoirs. Dans le
grand salon d'honneur, le colonel Varigault
lui a présenté les officiers des autres caser-
nes, venus pour la circonstance, et l'a re-
mercié de sa visite.
J'ai tenu, a répondu M. Félix Faure, à rendre une
visite aux sapeurs-pompiers et à leur apporter le té-
moignage de la sollicitude du gouvernement.
La population parisienne, avec laquelle vous êtes
tous les jours en contact, vous suit avec un grand in-
térêt,' et elle apprécie vos efforts.
Je sais'par expérience a quel point l'on peutcomptef
sur votre esprit de discipline et sur votre dévouement.
Je vous remercie, messieurs.
Le colonel Varigault a alors conduit le
Pr~sideat de la, République dans la pièce on
sont leg signaux avertisBe.urs.d'incendie et a
fourni do longs détails .sur .leur fonctionne-
ment. Mais une expérience faite sous les
yeux mêmes des assistants a montré, mieux
que toutes les explications, la rapidité avec
laquelle les secours sont organisés et l'éten-
due des perfectionnements réalises dans
ces dernières années.
A~ poste ViUamain
Après avoir visité la caserne de Chaligny,
M. le Président de la République s'est rendu
au poste central de l'avenue Villemain, où il
est arrivé à onze heures dix.
M. Félix'Faure était accompagné du géné-
ral Zurlinden, gouverneur de Paris; du géné-
ral Hagron, chef de sa maison militaire; des
commandants Meaux Saint-Marc et Lamy,
oinoierg 'de sa maison militaire, et Bessières,
officier d'ordonnance du génët'al Zurlinden.
MM. le colonel Vari'gault, le lieutenant-
colonel Raincourt et le commandant Salil,
du corps des sapeurs-pompiers, avaient pris
les devants en voiture et ont reçu le Prési-
dent de la République devant la porte.
A l'intérieur, devant les trois chariots et
la pompe, étaient rangés, en tenue de sortie,
les trente hommes de garde de la 3° compa-
gnie du 1~ bataillon, sous les ordres du ca-
pitaine Marise et de l'adjudant Millona. La
salle était décorée de tentures noir et or et
de faisceaux de drapeaux.
M-.Varigault a pris le commandement du
poste et ordonné une sortie. L'attelage com-
plet, prêt en 25 secondes, est sorti au grand
trot jusqu'aux .fortincations par l'avenue Vil-
lemain et la rue d'Alésia.
M. Félix Faure a visité les dortoirs des
hommes et le. téléphone. Il a causé quelques
instants avec. les sapeurs Gautier et Le
Gallée et a vivement-félicité le colonel Va-
rigault de la bonne .tenue du poste et des
hommes.
PROCË-S-VE.RBAUX
Le duel Millerand-Lavertujoïl
On nous communique les procès-verbaux suivants
relatifs au duel MitIerand-Lavertujon dont nous par-
tons en deuxième page
Au cours des observations présentées à la
tribune par M. Millerand dans la séance de
ce jour, M. Lavertujon ayant lancé une in-
terruption considérée comme injurieuse par
M. Millerand, ce dernier a chargé MM. Jau-
rès et René Viviani de lui demander une ré-
paration par les armes.
M. Lavertujon a chargé MM. Descubes et
Jules Legrand de se mettre en rapport avec
MM. Jaurès et Viviani.
Une rencontre a été jugée inévitable.
.L'arme choisie est l'épée de combat gant
de ville à volonté, chemise non empesée
corps-à-corps interdit reprises et repos
d'une minute. Le combat sera arrêté lorsque
l'un des deux adversaires se trouvera dans
un état d'infériorité constaté par les deux
médecins.
Paris, 3 février 1898.
Pour M. Millerand Pour M. Lavertujon
JAURÈS. DESCUBES.
RENÉ VIVIANI. JULES LE&RAND.
Conformément aux conditions ci-dessus,
la rencontre a eu lieu ce matin aux environs
de Paris.
Après tirage au sort, M. Descubea a été
chargé de la direction du combat.
Le combat a donné lieu à six reprises.
A la deuxième reprise, M. MiMerandaété
atteint immédiatement au-dessus et au de-
dans du mamelon droit.
A la sixième reprise, M. Millerand a été
atteint à la face postéro-extérieure de l'a-
vant-bras droit d'une blessure qui, de l'avis
des médecins, l'a placé dans un état d'infé-
riorité.
D'un commun accord, les quatre témoins
ont mis fin au combat.
M. le docteur Chapuis assistait M. Mille-
rand, et M. le docteur Hartmann assistait M.
Lavertujon.
Paris, le 4 février 1898.
Pour M. Millerand Pour M. Lavertujon
JAURÈS, DESCUBES,
RENÈViVIAM. JULES LE&RAND.
AU PÂLAIS-BOURSM
LA SÉANCE
Le ~Mcf~ef de /a mar/ne. Amende-
menfs repoussés.
Après avoir pris en considération une pro-
position de M. Fleury-Ravarin, tendant à
édioter, en cas de troubles et d'émeutes, la
responsabilité civile de l'Etat dans les com-
munes où la municipalité n'a pas à sa dispo-
sition la police locale, la Chambre reprendia
discussion du budget de la marine.
Elle repousse, après avis défavorable du
rapporteur, un amendement de M. Lebret
ayant pour objet de relever de 30.200 francs
le crédit du chapitre 9 en vue d'augmenter
de deux unités le cadre des commissaires
adjoints de la marine.
as. tje 5! 25.204 fr. le crédit du chapitre 10 dans le but
d'opérer l'unification des soldes des quatre
corps du personnel administratif secondaire
deîa. marine.
Nï. &'aEMtt'at Ceutrejaltes et !e minis-
tre de la marine présentent quelques obser-
vations et l'amendement est adopté.
Un amendement de M.Piohon.'tendantà à
augmenter le crédit de 2,401 francs de façon
à ne pas réduire le nombre des commis
principaux de première et de deuxième
classes, est rejeté.
Il en est de même d'un autre amendement
du même auteur ayant pour objet d'augmen-
ter le crédit de 3,638 francs pour élever de
2 à 8 le nombre des pharmaciens de première
classe, en réduisant en même temps de 28
a 22 le nombre des pharmaciens de deuxième
classe.
Eï. BajeaMte n'est pas plus heureux en
demandant la suppression des aumôniers de
la marine.
Son amendement est combattu par le mi-
nistre de la marine et repoussé par 344 voix
contre 133.
M. €}M&eyse propose, & titre d'indication,
une augmentation de 1,000 francs, pour re-
lever, après étude du ministère, les salaires
dex ouvriers des ports de 10 pour 100.
Le scrutin sur cet amendement, après
pointage, donne le résultat suivant
L'amendement est repoussé par 277 voix
contre. 259.
M. Mufamre demande au ministre de
vouloir Men donner des explications à la
Chambre sur les modifications qui doivent
être apportées a l'organisation de la marine
pour. remédier aux abus. et aux défauts d'exé-
cution signalés par M. Delcaasé.
M. JL .Mnitat BeaMM'd répond qu'il con-
vient d'attendre la publication du rapport de
M. Bouchard devant la commission extra-
parlementaire.
M. ~oettroy intervient.. II.se plaint que
le programme des constructions neuves
n'ait pas été soumis à la Chambre.
SS. te a~M teMt dit que les construc-
tions projetées s'élèvent au chiffre de 353
millions et que les unités à mettre en chan-
tier cett~ année représentent 96 millions.
L'orateur reconnaît que des. réformes sont
nécessaires dans la marine et qu'il sera utile
de les examiner lors de la discussion de la
loi de finances.
On adopte successivement plusieurs chapi-
tres sans modification.
AU LUXEMBOURG
Le groupe co~on~a/
Le groupe colonial est convoqué pour mer-
credi prochain, à l'effet d'élire son bureau.
Comm/sston cfes success/ons
La Commission des successions, réunie
sous la présidence de M. Labiche, a entendu
M. Cochery, ministre des finances, sur di-
verses questions de détail du projet de loi
dont la discussion en séance publique conti-
nuera lundi.
Cofnm/ss/on c/e /'ense~nemenf
La commission de l'enseignement secon-
daire mixte, réunie sous la présidence de M.
Combes, a examiné les pénalités que doivent
entraîner les infractions commises par les
directeurs et les directrices.
Elle maintient, à cet égard, tout ce qui
avait été précédemment décidé par la com-
mission en comblant une simple lacune re-
lative à de fausses déclarations de la part
des directeurs.
Elle est arrivée à la question rela~tve aux
écoles secondaires ecclésiastiques.
La commission, présidée par M. Ferrouil-
lat, avait décidé que les dispositions de la loi
en préparation leur seraient applicables. Ce
régime fait en ce moment l'objet des discus-
sions de la commission.
JOURNAUX E)U SO!R
LE SECRET DES LETTRES
Ej& MtbCFté, à propos des indiscrétions
dont M. Delcassé a été victime, dit qu'une
enquête parlementaire n'a aucun sujet d'ê-
tre entreprise. Une poursuite judiciaire ne
pourra avoir lieu que lorsqu'on saura qui
l'on peut poursuivre.
CAMBRIOLAGE
t~a Patrie, rappelant qu'on a beaucoup
discuté hier sur le secret des correspondan-
ces, croit qu'il n'aurait pas été mauvais que
l'on soulevât l'incident Esterhazy
Par quel procédé légal le lieutenant-colo-
nel Picquart a-t-il pu se faire livrer les let-
tres du commandant Esterhazy? Les pour-
suites exercées nous apprendront les moyens
qu'employa cet officier supérieur pour obte-
nir, pendant plusieurs mois, la communica-
tion de correspondances privées. En atten-
dant, il est permis d'affirmer qu'il a agi
contrairement à la légalité.
MÊME PRO&RAMME
!je ~otïF revient sur l'identité du pro-
gramme de M. Poincaré avec celui de M.
Bourgeois. Ces deuxrépublicains ne diffèrent
pas d'opinion. Le but qu'ils poursuivent est
le même, leurs moyens sont identiques ce
sont les réiormes" sociales, pacifiquement
réalisées.
LA QUESTION D'ORIENT
BLrient. Notre confrère espère qu'un député
indépendant demandera à M. Hanotaux des
renseignements sur sa politique extérieure
afin que l'on sache si l'alliance russe produit
autre chose que des sacrifices d'argent, d'in-
fluence et d'amour-propre.
LE SECRET DES CORRESPONDANCES
)Le T~mps se félicite de l'incident d'hier
qui, montrant a nu I.a plaie ouverte et pro-
fonde, hâte la guérison que le gouvernement
a promise et qu'il doit.
PROSPECTUS OBSCÈNES
Bje JoM)t'HR< t9es ~ëBMts trouve insuf-
Ssante la proposition de M. Julien Goujon
qui demande à la Chambre de trancher la
question des prospectus obscènes, en appli-
quant à ceux-ci la loi du 2 mars 1882 relative
aux outrages aux bonnes mœurs.
L'AFFAIRE CIRASSE
Sja EtepMM5 aux filles de Cirasse le même succès qu'aux
héritiers de Pierre Vaux, et ajoute
<; Quels sont les faits nouveaux invoqués
à l'appui de la présente demande en revi-
sion ? ?P
e II y en a un qui est capital. C'est que le
meurtrier lui-même s'est fait connaître Ni-
colas Joachim, qui s'était enfui en Belgique
et ne revint en France qu'une fois la pres-
cription accomplie. Il avait, dit-il, connu le
jugement et la condamnation de Cirasse trop
tard pour.se dénoncer.
« En outre, parmi les témoins à décharge
qui auraient pu se présenter, les citoyens
Davaux et Guillen étaient a ce moment eu
prison pour la même affaire. Ils ne purent
déposer, mais Davaux a fait le récit du 5 dé-
cembre 1851 dans un journal de l'Yonne, du
2T octobre 1888. (Pièce jointe nu dossier.)
De son côté, Gui)len, tanneur à Clamocy,
a signé une déclaration attestant l'innocence
de Germain Cirasse. (Pièce au dossier.)
LESFEE'TUr
Vers quatre heures, un incendie s'est dé-_
claré dans.une cave, rue du Terrage, 39.
Après une demi-heured'efforts, les pompiers
de la rue Châte;.u-Landon se sont rendus
maîtres du sinistre.
fM n HnPTCt!!) MVt~
uttM n i)U~mi i)m[M
JULES PE/)~ ET- SOW ÛEU~E
A peine le docteur J. Péan reposait-it dane
la tombe, que l'insulte, la calomnie et l'in-
justice sont -ue~ues déverser leurs flots de
bave et de fiel sur ce mort qu'elles semblent
vouloir déshonorer et tuer deux fois.
Rares ont été les bonnes paroles ue~ue~
faire diversion à tant d'infamies.
Un de nos collaborateurs s'est rendu, ce
matin, chez un illustre quoique jeune
praticien, dont les théories neuves et har*
dies sont célèbres dans le monde entier.
Le docteur Doyen nos lecteurs l'ont
déjà, sans doute, reconnu est depuis long-
temps le chef acclamé de la nouvelle école,
chirurgicale. Ses démêlés avec le docteur
Péan, dont il a victorieusement bouleversé
les plus célèbres théories, resteront vivants
dans les fastes des congrès de médecine.
Cet <( étonnant Doyen o, comme on l'ap-
pelle, est audacieux avec simplicité. En
quelques minutes, avec trois ou quatre li-
gatures seulement, pour paralyser les gros
vaisseaux, il vous perpètre une hystérec"
tomie, qui eût, avant lui, exigé trois ou qua-
tre heures et deux douzaines de pinces.
Ceux qui ont été admis à le voir opérer ne
peuvent retenir leurs exclamations admira.'
tives lorsque, en moins d'un quart d'heure,
Doyen a eu le temps de scier une boîte cra-
nienne, de découvrir et nettoyer tout le lobe
cérébral, puis de rabattre le couvercle d'oe
vif et, enfin, de recoudre la peau.
Ttme t.s tt/e «Le temps c'est la vie*.
Telle est la devise du célèbre praticien, au*
quel notre collaborateur s'est adressé afin
de pouvoir renseigner les lecteurs de la
Presse sur ce qu'a M. Péan a été une des plus grandes
figures chirurgicales du sièce. Le fait est
incontestable, et il suffit, pour s'en convain-
cre, d'interroger les cMrur~eKS étrangers
et le grand public.
Un homme qui a acquis la notoriété de
M. Péan et qui a pu se Tnaiït.tenu', pendant
plus de trente années, à la tête des chirur-
giens du monde entier, est forcément quel<
qu'un.
S~. j'ai dû lutter pour faire prévaloir ma
méthode opératoire, que je crois meilleure
que la sienne, le désaccord ne pouvait exis-
ter entre nous que sur le terrain pure*
ment scientifique et chirurgical.
Il n'y a jamais eu matière, quoi qu'on ait
prétendu, à une querelle personnelle (ad ho<
mtnpm). Je considère, au contraire, qu'aucun
chirurgien, peut-être, n'a eu une carrière
aussi remplie, une pratique aussi étendue et
aussi brillante que M. Péan.
Mais, docteur, pourquoi a-t-on formulé
ces critiques posthumes ?
Assurément il a dû susciter autour de
lui beaucoup de haines. Une telle campagna
est absolument déplacée. On n'attaque pas
ainsi, après sa mort, un homme qui est et
restera une des gloires de la chirurgie fran-
çaise.
Les accusations que l'on porte contre M.
Péan ne sauraient d'ailleurs pas s'appliquer
directement à lui.
M. Péan était très bon pour ses élèves
trop bon même il s'est laissé entourer
par ceux qui le sollicitaient le plus et n'eat
pas très bien tombé.
Ces critiques, que l'on vient de porter
contre lui, on aurait mieux fait de les adres-
ser à qui de droit, aux survivants de son
école, qui eus au moins peuvent se défendre.
Si M. Péan jouissait d'une grande réputa-
tion, il s'est fait largement payer par les per-
sonnes riches. H opérait les pauvres gra-
tuitement et n'hésitait certainement pas à.
les secourir quand il y avait lieu.
Loin d'être cet enrichi brutal et âpre aa
gain que l'on a dit, je crois que bien souvent.
c'est lui-même qui, par une excessive bonté,
s'est laissé abominablement exploiter parles
gens peu intéressants qui l'entouraient. Ces
industriels, en effet, sous prétexte de lui
amener des clients, lui extorquaient la moi-
tié et parfois les deux tiers de ses hono<
raires.
Péan a, d'ailleurs, récemment désavoué
ce qui se passait dans certaines salles de
l'hôpital situé rue de la Santé et qu'il avait
louées à d'autres praticiens dont on lui avait
signalé les agissements peu corrects.
A. GUI&NERY.
MEEN-TJS FA.IT~
La cavalcade
Le projet de cavalcade que la Presse a été!
l'une des premières &soumettreau public re-
çoit partout un chaleureux accueil et nous
laisse espérer que les Parisiens auront l'oc-
casion d'applaudir le cortège historique dû
au crayon spirituel de Rœdel.
M. Adrien Veber, le sympathique con'
seiller municipal du quartier des Grandes-
Carrières, se montre très disposé à soutenir
auprès de ses collègues de l'Hôtel de Ville
l'idée d'une subvention à accorder aux orga-
nisateurs. c
Je suis tellement favorable à un projet
qui consisterait à oGrir a la population pari-
sienne une fête rompant un pou avec tes ba-
nalités ordinaires que j'ai l'intention, à la
rentrée, de déposer une proposition en c~
sens.
Le moment est venu de faire quelqua
chcsede nouveau et le projet d'une caval-
cade historique rencontrera chez mes col*
lègues, j'en ai la ferme espérance, une ap*
probation unanime,
Le cam&r/o/et~ Caze
M. Josse, juge d'instruction, a procédé, cet
après-midi, à une confrontation entre Gaza
de Berzieux, des individus de sa bande et
plusieurs de leurs victimes.
L~n s~a~ de tA~er/oo
Oa mande d'Auxerre, 4 février
M. Victor BaiMot, un des derniers sur~<
vants de Waterloo, est mort hier à l'âge ds
105 ans et mois.
M. Victor B&iIIot avait cté décoré de ta Lgaon d'hon&eur, i! y a deux ans, par M. Fé~
lix Faure, en gare de Laroche.
Détail curieux. M. Victor Baillot avait été
réformé, à l'âge de vingt ans, comme phti.
sique.
~eû~ F~ur/er?~~ y
ËKILE DE GIRAKDIN
FONDATEUR
ABONNEMENTS:
.rrotamom. mxmoie. un~tM
PAM<< t 6&. 9&.50 18~
t)6!'AMBmKTS 6 &. 11 fr. K 3Zj6'.
ËTnANOER Le port en sus.
jM~ac~fon ~2, rue dM Cro/ssanf, 72
Mresse téMgraphtque xaLPRESSE, PARtS
?"
EMILE DE 6IMRBIN
FONDATEUR
LES ANMONCE9 ET RÉCLAMES SONT MÇUM
!&.ux 1b'TjjE*~a~~)Lx de K la~ ffesse t
et chez MM. Ch. La.grsmge, Cerf et C"
6, PLACE DE LA BOURSE, 6
Dollingen et C", 16, rue Grange-Batelièra
~dm/n/s~af/on ?2, rue c~M Cro~ssan~ ?2
T6)ëphone,3f))s: N°'101.sa–102.80–130.87
Au~ïit~ !o Pt~~o 7~t~ T~T nu 1W t~éliv ï~nt~
AVdiit io ii UuCb ~uid. Ld J UUi udj uu i!i. f ~UA J' dUl C
npDmfDt' np~r
UMJ~Mh nbUM
LE SECRET DES LETTRES
M. Delcassé a reçu aujourd'hui la visite
d'un inspecteur des postes qui est venu lui
demander des renseignements au sujet du
pli objet de l'incident soulevé hier à la
Chambre.
M. Delcassé n'a pas l'intention de déposer
une plainte.
Ajoutons que M.l'amiral Besnard, ministre
de la marine, dément formellement, non seu-
lement avoir fait violer le secret des corres-
pondances adressées à M. Delcassé, mais
même avoir eu connaissance de ce fait
avant les déclarations portées à la tribune
par le député dé l'Ariège. Il proteste de nou-
veau énergiquement contre les accusations
portées contre son administration.
L'AFFA!RE DES CABLES
M. Meyer, juge d'instruction, a interrogé
cet après-midi, M. Boucley.
Ce dernier était assisté, au cours de l'in-
terrogatoire, par M° Clunet, son avocat.
COLLSSSON DE TR~MS
On mande de Londres, 4 février
Une dépêche d'Ayr annonce qu'un train de
voyageurs a rencontré un train de marchan-
dises à Troon, sur la ligne de Glascow-
South-Western.
Neuf voyageurs ont été tués. Plusieurs
autres ont été blessés.
LA TEMPÊTE
On mande de Dunkerque, 4 février
Le vent souffle en tempête.
Le trois-m&ts anglais .Ando'a, capitaine
Parsonne, du port de Liverpool, venant de
Junin, avec un chargement de nitrate, s'est
échoué à l'est du port.
.11 a été mis à la côte par la tempête de
cette nuit.
Un canot de sauvetage, remorqué par le
Propres, de la chambre de commerce, a ra-
mené à terre vingt-six hommes d'équipage.
On a jeté à la mer une, partie de la cargai-
eon pour alléger le navire et tenter de le
renflouer.
L'opération réussira vraisemblablement ce
toir.
On ignore l'importance des avaries.
LES FA!TS DU JOUR
À la suite d'un récent procès, dans lequel
ceux individus furent condamnés par la cour
d'assises de la Seine à douze années de pri.
son, la police fut mise sur la trace d'un re-
eéleur nomme Kolzinski, bijoutier, établi
rue des Patriarches.
M. Martin, commissaire aux délégations
{udiciaires, sur mandat de M. Boussy, juge
d'instruction, procéda à une enquête sur les
agissements de cet individu.
Un 'mandat d'amener a dû être lancé con-
~fe lui.
Dans /nfanref/e de /Har/ne
Sont promus dans l'infanterie de marine
Au grade de chef de bataillon MM. Du-
rand, capitaine à l'état-major hors cadres a
Madagascar Ganier, capitaine au 5° régi-
ment à Cherbourg.
Au grade de capitaine MM. Nazaret, lieu-
tenant à la 1''° compagnie des disciplinaires;
Bock, lieutenant au 3" régiment à Rochefort;
Cluzeau, lieutenant à l'état-major à Cher-
bourg.
Un guet-apens
On mande d'Avignon
Le nommé G. vingt-trois ans, d'origine
belge, descendu dans une maison meublée
de la rue Ermageon, s'était adressé une let-
tre chargée qui, en réalité, ne contenait au-
cune valeur et était destinée à attirer le fac-
teur dans un guet-apens.
Au moment où l'employé de la poste, nom-
mé Yvan, pénétrait dans'sa chambre, située
au deuxième étage, il le frappa d'un coup de
poignard au cou et une lutte corps à corps
s'engagea.
Aux cris poussés par Yvan, les voisins
sont intervenus et G. a été arrêté.
Dans les papiers de G. on a trouvé des
cartes d'après lesquelles G. se donnait
comme agent général d'une Société française
automatique de Marseille. On a également
trouvé des lettres de divers rabbins.
üC~!
JUSTE RETOUR
-a- JL~j u JH<
M. le ministre de la marine n'a pas
de chance. Après avoir vu son budget
critiqué et discuté jusque dans les plus
petits coins, il a dû se défendre hier
d'avoir violé la correspondance de M.
Delcassé. M. Besnard donnant sa pa-
role qu'il n'était pour rien dans cet
odieux cambriolage, on l'a cru et on a
bien fait. Mais il n'en reste pas moins
vrai que des gens de son administra-
tion se permettent de violer les corres-
pondances avec une désinvolture quel-
que peu cynique, puisque, non con-
tents d'ouvrir les lettres, ils se félici-
tent de leur indiscrétion et volontiers
en feraient passer l'annonce dans l'offi-
cieuse Agence Havas. Voilà des cou-
tumes assurément regrettables, et si le
ministère n'a pas été renversé sur cet
incident, c'est que les élections sont
prochaines .autrement.
Mais ce n'est pas nni. Voilà que ce
matin un autre scandale est connu
où, denouveau., l'administration de la
marine est engagée. Cette affaire des
câbles, quoiaue la lumière y soit encore
bien Incomplète, nous promet d'assez
piquantes révélations. Le fournisseur
qui donnait à la marine des câbles de
fabrication défectueuse et rompant au
premier jour faisait assurément un
fort vilain métier. Mais les inspecteurs
de la marine chargés du contrôle et de
la réception des marchandises auront
pourtant du mal à démontrer qu'ils
n'ont pas, dans cette afFaire, une assez
lourde responsabilité. On nous ra-
conte l'histoire des poids qui servaient
au contrôle et dont quelques-uns, au
lieu d'être en fonte ou en acier, étaient
en bois recouvert de papier d'étain.
Et personne ne s'est aperçu de la
fraude! Et voilà plus d'un an que le
fournisseur en question exerçait sa
fructueuse.industrie! Quand une
cuisinière va chez ses fournisseurs,
elle surveille la balance où ses achats
sont pesés. Est-ce que les fonction-
naires du ministre n'auraient pas pu,
avec un peu d'attention, découvrir la
fraude et s'en plaindre?
Remarquons en outre que ce n'est
pas la marine qui a surpris le vol. Ce-
îui-ci fut révélé au ministre par une
lettre émanant d'un ouvrier renvoyé.
Cette fois, les bureaux ont perdu une
belle occasion de cambrioler les cor-
respondances. S'ils avaient fait subir
à celle-ci le sort des lettres de M. Del-
cassé, on ne jaserait pas aujourd'hui
de la fâcheuse aventure.
LÉON BAILBY.
L'ÉLECTION C!PR!M! AMMULÉE
On mande de Rome
La commission des élections vient d'annu-
ler celle de M. Amilcare Cipriani, qui venait
d'être une seconde fois envoyé à la Chambre
des députés par le collège électoral de
Forli.
~=~ ~"& H R"~ Ë~* H B"~ P~
LES A F FA!RE 3
BOURSE DES VALEURS
Marche plus ça/me. Cows fnof'ns soutenus
Le marché a une allure moins active aujourd'hui
quelques ventes se sont encore produites à. l'ouver-
ture, qui ont déterminé- un léger tassement. Ce sont
là des fluctuations en somme assez normales, sur-
tout si l'on veut bien considérer que les opérations
sont dans l'ensemble assez restreintes et qu'il suffit de
quelques ordres pour provoquer un mouvemeut sur
la cote.
Le 3 0/0 Hnit à 103 52 comme hier. L'Amortissable
reste à 102 02; le 3 1/2 0/0 fléchit à 106 52.
Les Fonds étrangers sont plus faibles: en premier
lieu, il nous faut signaler le nouveau recul de la Rente
italienne qui clôture à 93 60. Onreconnaitra que nous
avions prévu cette baisse qui, selon toutes probabili-
tés, n'a pas dit son dernier mot.
La Rente espagnole est plus lourde à 62. Les Fonds
autrichiens sont des plus calmes.
La spéculation est très circonspecte, en raison des
incidents de politique Intérieure; les transactions sont
peu importantes sur les valeurs de placement. Aucune
impulsion favorable n'y est d'ailleurs reçue de Berlin,
où l'activilé des affaires s'est sensiblement atténuée.
Ce marché avait été très animé, il y a peu de temps,
sur'les valeurs industrielles, et'c'est en fait sur cette
catégorie de titres que l'intérêt du public financier
allemand s'est principa'ement concentré au cours
dei897.
Le Chinois ne varie pas.
Le Da:tt/ Tetegfa'ph dit qu'on ne eonnatt rien de
nouveau dans la Cité au sujet des négociations relati-
ves à l'emprunt chinois, mais on estime généralement
qu'elles sont satisfaisantes.
Les valeurs ottomanes ne varient guère: 'le Turc
D reste à 22 55; la Banque à 563.
Les établissements de crédit sont fermes. La Ban-
que de Paris cote 935 Is Foncier et le Lyonnais sont
stationnaires.
Les Chemins de fer restent bien tenus, sans grands
changements.
Les valeurs industrielles s'inscrivent pour la plu-
part aux environs des limites de la veille.
L'action de la .Société agricole d'exploitation (su-
crerie, raffinerie, distillerie) a un bon courant d'achats
et se maintient fermement aux cours précédents.
Les valeurs minières sont fermes.
La Chartered vaut 83; l'East Rand {36.SO; taFer-
reira. 639; la Goldfleids 130; la Robinson 228.
Le Rio recule à 707, la de Beers à 778.
BOURSE DE COMMERCE
j_5 MEURES_
Faria. Blës Colz~t Lia A:soo'' Smcta'
Sourant. MtO 290j M.. 3825 4425 3t~
Mars.62 10 2885 M.. M25 44.. 3t37
MarsAv. M.. 28SO M 25 3850 44.. 3150
4demara6150 MM 3175
4demai. M95 2785 5425 3975 M.. 3225
4dern. 5450 ?75 3975
4d'0cto. 2987
Sucres, stock ace jour,982.X69SMS; en aug-
mentation de4.3G8sacs sur hier.
Marque de Corbei!, G6..
Sucre roux 88*, 27 75à 28 25
Sucres ra.fanés en pains, tOt tO: 59
Doubles pr!mest
Farine: BU: à 3 50 g~M
$ de mars. 3 25 à 3 50 i 70 à il..
~dernars. 325à350 !70à. '&
4demai.. 4Ma. EXSà. 350~
Sucres &J[M9t
4 demMS. 1871/2à.à.
4dema.i.< 2371/2a. 350~
4d'octobrs. 2621/Zit.t
Farum B'«
4demar9.7. !70à.85~.<.
4demai. 2 Ma. Ii~
Suci'CS. La tendance a été ferme dés te début
du marché, en sympathie avec les avia de l'étranger
et les cours ont gagne de nouveau 25 centimes.
Les affaires n'ont cependant pas été bien acti-
ves, car les dispositions ont fait défaut de part et
d'autre..
B.tës et fa.aes.–Le sentiment de faiblesse
que nous signaiions hier n'a pas persévère aujour-
d'hui, bien que l'Amérique ait clôturé en baisse.
Le marché s; au contraire, fait preuve d'une grande
fermeM sous l'influence d'une demande suivie sur
toutes les époques, et les prix ee sont améliores assez
sensiblement.
Les vendeurs deviennent de plus M p!m r~- i
serY~s. 1
L'APRES-MIDI
Zola,, Dreyfus et S"
AUTOUR DU PROCÈS
Pour l'audience
L'Association de la presse judiciaire vient
de procéder à la répartition des cartes d'en-
trée aux Assises pour le procès de M. Emile
Zola:
Toatesles places mises'& la disposition
des journalistes de Paris'de province et do
l'étranger, par M. Delegorgue', président des
Assises, ont été intégralement reparties par
le comité de l'Association.
Aucune nouvelle demande ne pourra être
accueillie, la plaça faisant matériellemsni
défaut.
Le colonel Pioquàrt
Aucune nouvelle encore de la décision
prise à l'égard du lieutenant-colonel Pic-
quart, si une décision a été prise. Sur ce
point aussi peut-être portera la délibération
du conseil des ministres de demain. Quant
à la réponse du conseil d'enquête, elle ne
saurait, nous n'avons pas besoin de le répé-
ter, être connue.
Si le ministre de la guerre ne se borne
pas à inniger au colonel des arrêts de forte-
resse, s'il ne prononce pas la mise en ré-
forme par mesure disciplinaire, il peut pro-
noncer l'exclusion temporaire du service,
soit par mise en non-activité par retrait
d'emploi, auquel cas l'intéressé est générale-
ment rappelé dans les cadres avant une pé-
riode de trois ans, soit par mise en non-ac-
tivité parsuspenstûTt d'emploi, auquel cas
l'officier n'est pas remplacé dans son corps.
Si cette dernière hypothèse se réalisait, le
lieutenant-colonel Picquart compterait donc
toujours au 4° régiment de tirailleurs, à
Sousse.
La,, suspension d'emploi dure d'ordinaire
un an.
Contre le syndicat
Psst vient de paraître) C'est un recueil
d'images de Forain et Carand'Ache contre le
syndicat Dreyfus.
Le premier numéro contient trois dessins,
trois dessins spirituels.
ment les traits d'un romancier connu qui
met, par l'à-jour d'une guérite militaire, des
petits papiers les uns sur les autres.
e La dernière quille s, c'est le petit soldat
qui personnifie l'armée française, puis sur
nos institutions renversées déjà, un officier
prussien guide le bras du joueur et lui dit:
« Allons, cher baron, encore celle-là. et la
partie est à nous ·~
« Page d'histoire.–Maison Alfred Dreyfus,
Judas and C°, fondée eu l'an 33 de notre
èree représente le monsieur bavarois qui
prend avec des pincettes un chèque de
300,000 marks. En voici la légende: c–Et
avec ça? Merci, c'est tout. pour aujour-
d'hui t e
Les trois dessins sont bien venus. Psst t
semble assuré du succès.
CHEZ LES POMPIERS
M. FÉL~X F/tURE RUE DE CML/G~
Une fête militaire. Les décorations.
Allocution prësidentislle.
Le Président de la République a visité au-
jourd'hui la caserne des sapeurs-pompiers de
la rue de Ohaligny. Il s'y est rendu avec le
général Zurlinden, gouverneur militaire de
Paris, et le général Hagron, secrétaire géné-
ral de la Présidence, en landau découvert
attelé à des postiers. Dans une autre voiture
avaient pris place les commandants Lamy et
Meaux Saint-Marc, officiers de la maison mi.
litaire du Président, le commandant Bes-
sières et Pétain, officiers d'ordonnance du
gouverneur.
M. Félix Faure a été reçu parles généraux
Saint-Germain, commandant la place de Pa-
ris, de Pellieux, .commandant le départe-
ment de la Seine, le colonel des sapeurs-
pompiers Varigault, MM. Blanc, préfet de
police, Laurent, secrétaire général de la pré-
fecture de police, Bouvard, directeur des
services d'architecture de la ville de Paris,
Labusquière, Colly, Puech, Baudin, Bellan,
conseillers municipaux, Puyjallet, chef du
cabinet du préfet de police, etc.
La grande coiif de la caserne était ornée
d'écussons formes de haches, de baïonnettes
et de casques, et de faisceaux de drapeaux.
La compagnie de sapeurs-pompiers, au com-
plet, a rendu les honneurs, et la musique du
82° régiment de ligne a joué la Marset~a~se.
M. Félix Faure a fait ouvrir le ban et a re-
mis les décorations suivantes
Ofncier de la Légion d'honneur, le com-
mandant Salel.
Chevalier de la Légion d'honneur, le capi-
taine Séraud.
Médailles militaires, MM. Roux, chef ar-
murier, ët~CIerc, sergent.
Officiers de l'instruction publique, le lieu-
tenant-colonel Raincourt et M. Gérard, chef
de bureau.
Officiers d'Académie, le capitaine Cordier
et M. Heyman, sous-chef de bureau,
Médailles de sauvetage, le lieutenant
Quivat, le sergent Petitjean, le caporal
Mblina.
La remise des décorations terminée, le
Président de la République a visité les dif.
férentes parties de la caserne, en commen-
çant par les cuisines et les dortoirs. Dans le
grand salon d'honneur, le colonel Varigault
lui a présenté les officiers des autres caser-
nes, venus pour la circonstance, et l'a re-
mercié de sa visite.
J'ai tenu, a répondu M. Félix Faure, à rendre une
visite aux sapeurs-pompiers et à leur apporter le té-
moignage de la sollicitude du gouvernement.
La population parisienne, avec laquelle vous êtes
tous les jours en contact, vous suit avec un grand in-
térêt,' et elle apprécie vos efforts.
Je sais'par expérience a quel point l'on peutcomptef
sur votre esprit de discipline et sur votre dévouement.
Je vous remercie, messieurs.
Le colonel Varigault a alors conduit le
Pr~sideat de la, République dans la pièce on
sont leg signaux avertisBe.urs.d'incendie et a
fourni do longs détails .sur .leur fonctionne-
ment. Mais une expérience faite sous les
yeux mêmes des assistants a montré, mieux
que toutes les explications, la rapidité avec
laquelle les secours sont organisés et l'éten-
due des perfectionnements réalises dans
ces dernières années.
A~ poste ViUamain
Après avoir visité la caserne de Chaligny,
M. le Président de la République s'est rendu
au poste central de l'avenue Villemain, où il
est arrivé à onze heures dix.
M. Félix'Faure était accompagné du géné-
ral Zurlinden, gouverneur de Paris; du géné-
ral Hagron, chef de sa maison militaire; des
commandants Meaux Saint-Marc et Lamy,
oinoierg 'de sa maison militaire, et Bessières,
officier d'ordonnance du génët'al Zurlinden.
MM. le colonel Vari'gault, le lieutenant-
colonel Raincourt et le commandant Salil,
du corps des sapeurs-pompiers, avaient pris
les devants en voiture et ont reçu le Prési-
dent de la République devant la porte.
A l'intérieur, devant les trois chariots et
la pompe, étaient rangés, en tenue de sortie,
les trente hommes de garde de la 3° compa-
gnie du 1~ bataillon, sous les ordres du ca-
pitaine Marise et de l'adjudant Millona. La
salle était décorée de tentures noir et or et
de faisceaux de drapeaux.
M-.Varigault a pris le commandement du
poste et ordonné une sortie. L'attelage com-
plet, prêt en 25 secondes, est sorti au grand
trot jusqu'aux .fortincations par l'avenue Vil-
lemain et la rue d'Alésia.
M. Félix Faure a visité les dortoirs des
hommes et le. téléphone. Il a causé quelques
instants avec. les sapeurs Gautier et Le
Gallée et a vivement-félicité le colonel Va-
rigault de la bonne .tenue du poste et des
hommes.
PROCË-S-VE.RBAUX
Le duel Millerand-Lavertujoïl
On nous communique les procès-verbaux suivants
relatifs au duel MitIerand-Lavertujon dont nous par-
tons en deuxième page
Au cours des observations présentées à la
tribune par M. Millerand dans la séance de
ce jour, M. Lavertujon ayant lancé une in-
terruption considérée comme injurieuse par
M. Millerand, ce dernier a chargé MM. Jau-
rès et René Viviani de lui demander une ré-
paration par les armes.
M. Lavertujon a chargé MM. Descubes et
Jules Legrand de se mettre en rapport avec
MM. Jaurès et Viviani.
Une rencontre a été jugée inévitable.
.L'arme choisie est l'épée de combat gant
de ville à volonté, chemise non empesée
corps-à-corps interdit reprises et repos
d'une minute. Le combat sera arrêté lorsque
l'un des deux adversaires se trouvera dans
un état d'infériorité constaté par les deux
médecins.
Paris, 3 février 1898.
Pour M. Millerand Pour M. Lavertujon
JAURÈS. DESCUBES.
RENÉ VIVIANI. JULES LE&RAND.
Conformément aux conditions ci-dessus,
la rencontre a eu lieu ce matin aux environs
de Paris.
Après tirage au sort, M. Descubea a été
chargé de la direction du combat.
Le combat a donné lieu à six reprises.
A la deuxième reprise, M. MiMerandaété
atteint immédiatement au-dessus et au de-
dans du mamelon droit.
A la sixième reprise, M. Millerand a été
atteint à la face postéro-extérieure de l'a-
vant-bras droit d'une blessure qui, de l'avis
des médecins, l'a placé dans un état d'infé-
riorité.
D'un commun accord, les quatre témoins
ont mis fin au combat.
M. le docteur Chapuis assistait M. Mille-
rand, et M. le docteur Hartmann assistait M.
Lavertujon.
Paris, le 4 février 1898.
Pour M. Millerand Pour M. Lavertujon
JAURÈS, DESCUBES,
RENÈViVIAM. JULES LE&RAND.
AU PÂLAIS-BOURSM
LA SÉANCE
Le ~Mcf~ef de /a mar/ne. Amende-
menfs repoussés.
Après avoir pris en considération une pro-
position de M. Fleury-Ravarin, tendant à
édioter, en cas de troubles et d'émeutes, la
responsabilité civile de l'Etat dans les com-
munes où la municipalité n'a pas à sa dispo-
sition la police locale, la Chambre reprendia
discussion du budget de la marine.
Elle repousse, après avis défavorable du
rapporteur, un amendement de M. Lebret
ayant pour objet de relever de 30.200 francs
le crédit du chapitre 9 en vue d'augmenter
de deux unités le cadre des commissaires
adjoints de la marine.
as. tje 5!
d'opérer l'unification des soldes des quatre
corps du personnel administratif secondaire
deîa. marine.
Nï. &'aEMtt'at Ceutrejaltes et !e minis-
tre de la marine présentent quelques obser-
vations et l'amendement est adopté.
Un amendement de M.Piohon.'tendantà à
augmenter le crédit de 2,401 francs de façon
à ne pas réduire le nombre des commis
principaux de première et de deuxième
classes, est rejeté.
Il en est de même d'un autre amendement
du même auteur ayant pour objet d'augmen-
ter le crédit de 3,638 francs pour élever de
2 à 8 le nombre des pharmaciens de première
classe, en réduisant en même temps de 28
a 22 le nombre des pharmaciens de deuxième
classe.
Eï. BajeaMte n'est pas plus heureux en
demandant la suppression des aumôniers de
la marine.
Son amendement est combattu par le mi-
nistre de la marine et repoussé par 344 voix
contre 133.
M. €}M&eyse propose, & titre d'indication,
une augmentation de 1,000 francs, pour re-
lever, après étude du ministère, les salaires
dex ouvriers des ports de 10 pour 100.
Le scrutin sur cet amendement, après
pointage, donne le résultat suivant
L'amendement est repoussé par 277 voix
contre. 259.
M. Mufamre demande au ministre de
vouloir Men donner des explications à la
Chambre sur les modifications qui doivent
être apportées a l'organisation de la marine
pour. remédier aux abus. et aux défauts d'exé-
cution signalés par M. Delcaasé.
M. JL .Mnitat BeaMM'd répond qu'il con-
vient d'attendre la publication du rapport de
M. Bouchard devant la commission extra-
parlementaire.
M. ~oettroy intervient.. II.se plaint que
le programme des constructions neuves
n'ait pas été soumis à la Chambre.
SS. te a~M teMt dit que les construc-
tions projetées s'élèvent au chiffre de 353
millions et que les unités à mettre en chan-
tier cett~ année représentent 96 millions.
L'orateur reconnaît que des. réformes sont
nécessaires dans la marine et qu'il sera utile
de les examiner lors de la discussion de la
loi de finances.
On adopte successivement plusieurs chapi-
tres sans modification.
AU LUXEMBOURG
Le groupe co~on~a/
Le groupe colonial est convoqué pour mer-
credi prochain, à l'effet d'élire son bureau.
Comm/sston cfes success/ons
La Commission des successions, réunie
sous la présidence de M. Labiche, a entendu
M. Cochery, ministre des finances, sur di-
verses questions de détail du projet de loi
dont la discussion en séance publique conti-
nuera lundi.
Cofnm/ss/on c/e /'ense~nemenf
La commission de l'enseignement secon-
daire mixte, réunie sous la présidence de M.
Combes, a examiné les pénalités que doivent
entraîner les infractions commises par les
directeurs et les directrices.
Elle maintient, à cet égard, tout ce qui
avait été précédemment décidé par la com-
mission en comblant une simple lacune re-
lative à de fausses déclarations de la part
des directeurs.
Elle est arrivée à la question rela~tve aux
écoles secondaires ecclésiastiques.
La commission, présidée par M. Ferrouil-
lat, avait décidé que les dispositions de la loi
en préparation leur seraient applicables. Ce
régime fait en ce moment l'objet des discus-
sions de la commission.
JOURNAUX E)U SO!R
LE SECRET DES LETTRES
Ej& MtbCFté, à propos des indiscrétions
dont M. Delcassé a été victime, dit qu'une
enquête parlementaire n'a aucun sujet d'ê-
tre entreprise. Une poursuite judiciaire ne
pourra avoir lieu que lorsqu'on saura qui
l'on peut poursuivre.
CAMBRIOLAGE
t~a Patrie, rappelant qu'on a beaucoup
discuté hier sur le secret des correspondan-
ces, croit qu'il n'aurait pas été mauvais que
l'on soulevât l'incident Esterhazy
Par quel procédé légal le lieutenant-colo-
nel Picquart a-t-il pu se faire livrer les let-
tres du commandant Esterhazy? Les pour-
suites exercées nous apprendront les moyens
qu'employa cet officier supérieur pour obte-
nir, pendant plusieurs mois, la communica-
tion de correspondances privées. En atten-
dant, il est permis d'affirmer qu'il a agi
contrairement à la légalité.
MÊME PRO&RAMME
!je ~otïF revient sur l'identité du pro-
gramme de M. Poincaré avec celui de M.
Bourgeois. Ces deuxrépublicains ne diffèrent
pas d'opinion. Le but qu'ils poursuivent est
le même, leurs moyens sont identiques ce
sont les réiormes" sociales, pacifiquement
réalisées.
LA QUESTION D'ORIENT
BLrient. Notre confrère espère qu'un député
indépendant demandera à M. Hanotaux des
renseignements sur sa politique extérieure
afin que l'on sache si l'alliance russe produit
autre chose que des sacrifices d'argent, d'in-
fluence et d'amour-propre.
LE SECRET DES CORRESPONDANCES
)Le T~mps se félicite de l'incident d'hier
qui, montrant a nu I.a plaie ouverte et pro-
fonde, hâte la guérison que le gouvernement
a promise et qu'il doit.
PROSPECTUS OBSCÈNES
Bje JoM)t'HR< t9es ~ëBMts trouve insuf-
Ssante la proposition de M. Julien Goujon
qui demande à la Chambre de trancher la
question des prospectus obscènes, en appli-
quant à ceux-ci la loi du 2 mars 1882 relative
aux outrages aux bonnes mœurs.
L'AFFAIRE CIRASSE
Sja EtepMM5
héritiers de Pierre Vaux, et ajoute
<; Quels sont les faits nouveaux invoqués
à l'appui de la présente demande en revi-
sion ? ?P
e II y en a un qui est capital. C'est que le
meurtrier lui-même s'est fait connaître Ni-
colas Joachim, qui s'était enfui en Belgique
et ne revint en France qu'une fois la pres-
cription accomplie. Il avait, dit-il, connu le
jugement et la condamnation de Cirasse trop
tard pour.se dénoncer.
« En outre, parmi les témoins à décharge
qui auraient pu se présenter, les citoyens
Davaux et Guillen étaient a ce moment eu
prison pour la même affaire. Ils ne purent
déposer, mais Davaux a fait le récit du 5 dé-
cembre 1851 dans un journal de l'Yonne, du
2T octobre 1888. (Pièce jointe nu dossier.)
De son côté, Gui)len, tanneur à Clamocy,
a signé une déclaration attestant l'innocence
de Germain Cirasse. (Pièce au dossier.)
LESFEE'TUr
Vers quatre heures, un incendie s'est dé-_
claré dans.une cave, rue du Terrage, 39.
Après une demi-heured'efforts, les pompiers
de la rue Châte;.u-Landon se sont rendus
maîtres du sinistre.
fM n HnPTCt!!) MVt~
uttM n i)U~mi i)m[M
JULES PE/)~ ET- SOW ÛEU~E
A peine le docteur J. Péan reposait-it dane
la tombe, que l'insulte, la calomnie et l'in-
justice sont -ue~ues déverser leurs flots de
bave et de fiel sur ce mort qu'elles semblent
vouloir déshonorer et tuer deux fois.
Rares ont été les bonnes paroles ue~ue~
faire diversion à tant d'infamies.
Un de nos collaborateurs s'est rendu, ce
matin, chez un illustre quoique jeune
praticien, dont les théories neuves et har*
dies sont célèbres dans le monde entier.
Le docteur Doyen nos lecteurs l'ont
déjà, sans doute, reconnu est depuis long-
temps le chef acclamé de la nouvelle école,
chirurgicale. Ses démêlés avec le docteur
Péan, dont il a victorieusement bouleversé
les plus célèbres théories, resteront vivants
dans les fastes des congrès de médecine.
Cet <( étonnant Doyen o, comme on l'ap-
pelle, est audacieux avec simplicité. En
quelques minutes, avec trois ou quatre li-
gatures seulement, pour paralyser les gros
vaisseaux, il vous perpètre une hystérec"
tomie, qui eût, avant lui, exigé trois ou qua-
tre heures et deux douzaines de pinces.
Ceux qui ont été admis à le voir opérer ne
peuvent retenir leurs exclamations admira.'
tives lorsque, en moins d'un quart d'heure,
Doyen a eu le temps de scier une boîte cra-
nienne, de découvrir et nettoyer tout le lobe
cérébral, puis de rabattre le couvercle d'oe
vif et, enfin, de recoudre la peau.
Ttme t.s tt/e «Le temps c'est la vie*.
Telle est la devise du célèbre praticien, au*
quel notre collaborateur s'est adressé afin
de pouvoir renseigner les lecteurs de la
Presse sur ce qu'a
figures chirurgicales du sièce. Le fait est
incontestable, et il suffit, pour s'en convain-
cre, d'interroger les cMrur~eKS étrangers
et le grand public.
Un homme qui a acquis la notoriété de
M. Péan et qui a pu se Tnaiït.tenu', pendant
plus de trente années, à la tête des chirur-
giens du monde entier, est forcément quel<
qu'un.
S~. j'ai dû lutter pour faire prévaloir ma
méthode opératoire, que je crois meilleure
que la sienne, le désaccord ne pouvait exis-
ter entre nous que sur le terrain pure*
ment scientifique et chirurgical.
Il n'y a jamais eu matière, quoi qu'on ait
prétendu, à une querelle personnelle (ad ho<
mtnpm). Je considère, au contraire, qu'aucun
chirurgien, peut-être, n'a eu une carrière
aussi remplie, une pratique aussi étendue et
aussi brillante que M. Péan.
Mais, docteur, pourquoi a-t-on formulé
ces critiques posthumes ?
Assurément il a dû susciter autour de
lui beaucoup de haines. Une telle campagna
est absolument déplacée. On n'attaque pas
ainsi, après sa mort, un homme qui est et
restera une des gloires de la chirurgie fran-
çaise.
Les accusations que l'on porte contre M.
Péan ne sauraient d'ailleurs pas s'appliquer
directement à lui.
M. Péan était très bon pour ses élèves
trop bon même il s'est laissé entourer
par ceux qui le sollicitaient le plus et n'eat
pas très bien tombé.
Ces critiques, que l'on vient de porter
contre lui, on aurait mieux fait de les adres-
ser à qui de droit, aux survivants de son
école, qui eus au moins peuvent se défendre.
Si M. Péan jouissait d'une grande réputa-
tion, il s'est fait largement payer par les per-
sonnes riches. H opérait les pauvres gra-
tuitement et n'hésitait certainement pas à.
les secourir quand il y avait lieu.
Loin d'être cet enrichi brutal et âpre aa
gain que l'on a dit, je crois que bien souvent.
c'est lui-même qui, par une excessive bonté,
s'est laissé abominablement exploiter parles
gens peu intéressants qui l'entouraient. Ces
industriels, en effet, sous prétexte de lui
amener des clients, lui extorquaient la moi-
tié et parfois les deux tiers de ses hono<
raires.
Péan a, d'ailleurs, récemment désavoué
ce qui se passait dans certaines salles de
l'hôpital situé rue de la Santé et qu'il avait
louées à d'autres praticiens dont on lui avait
signalé les agissements peu corrects.
A. GUI&NERY.
MEEN-TJS FA.IT~
La cavalcade
Le projet de cavalcade que la Presse a été!
l'une des premières &soumettreau public re-
çoit partout un chaleureux accueil et nous
laisse espérer que les Parisiens auront l'oc-
casion d'applaudir le cortège historique dû
au crayon spirituel de Rœdel.
M. Adrien Veber, le sympathique con'
seiller municipal du quartier des Grandes-
Carrières, se montre très disposé à soutenir
auprès de ses collègues de l'Hôtel de Ville
l'idée d'une subvention à accorder aux orga-
nisateurs. c
Je suis tellement favorable à un projet
qui consisterait à oGrir a la population pari-
sienne une fête rompant un pou avec tes ba-
nalités ordinaires que j'ai l'intention, à la
rentrée, de déposer une proposition en c~
sens.
Le moment est venu de faire quelqua
chcsede nouveau et le projet d'une caval-
cade historique rencontrera chez mes col*
lègues, j'en ai la ferme espérance, une ap*
probation unanime,
Le cam&r/o/et~ Caze
M. Josse, juge d'instruction, a procédé, cet
après-midi, à une confrontation entre Gaza
de Berzieux, des individus de sa bande et
plusieurs de leurs victimes.
L~n s~a~ de tA~er/oo
Oa mande d'Auxerre, 4 février
M. Victor BaiMot, un des derniers sur~<
vants de Waterloo, est mort hier à l'âge ds
105 ans et mois.
M. Victor B&iIIot avait cté décoré de ta L
lix Faure, en gare de Laroche.
Détail curieux. M. Victor Baillot avait été
réformé, à l'âge de vingt ans, comme phti.
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