Titre : Journal de Toulouse : politique et littéraire
Éditeur : [s.n.] (Toulouse)
Date d'édition : 1844-02-16
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb345241384
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 16 février 1844 16 février 1844
Description : 1844/02/16 (A40,N40). 1844/02/16 (A40,N40).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG31 Collection numérique : BIPFPIG31
Description : Collection numérique : BIPFPIG65 Collection numérique : BIPFPIG65
Description : Collection numérique : Bibliothèque Rosalis... Collection numérique : Bibliothèque Rosalis (Toulouse)
Description : Collection numérique : Presse locale Collection numérique : Presse locale
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5364101c
Source : Bibliothèque municipale de Toulouse, P 018
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 12/01/2020
ISrEVftïERisw.
UO A&I€£E.
/
jq° itO.^VENPREPÏ.
prix
»E L ABO\si K> j ext
loulou^ p âp . E(r _
.1 *» ii f r . 5rt f s .
mo ! s « fr. 26 rr 20 fr'
,nois fr. w fr» .6 1
les abonnements ne sont
reçus (]ue pour 3 mois , 6
ou un an, et ne com
mencent que du 0 u du 16
ue chaque tuais.
ML DE TOULOUSE
ON s’abonne
3|’ | ■■/; ':> cbqi %
MAjaTtGOCTEttU C'
L 'imnrûncnl-Libraire.
JH»" i e, 46,
^'^-^ÔULOUSE.
Pais DES IKSÉHTIOKS ,
30 c. la ligne.
Pais DES RÉCLAMES ,
00 c. la ligne.
Les Lettres
non affranchies ne sont pas
reçues.
POLITIQUE ET LITTÉHAIES.
Les Annonces et Avis
doivent être remis la veille
et se paient d’avance.
Ce journal paraît tous les jours, excepté le mercredi.
Chez les Libraires, Bureaux
et Directeurs de Postes.
Cri El XiEJOLLITET ET LEE
1URKCTEIBS DK
Office- Correspondance f
Place de la Bourse , 5 ,
A PARIS.
SOMMAIRE.
TOULOUSE, 16 février : Election du 2 e college de Toulouse;
conseil municipal ; affaires qui doivent être portées aux prochai
nes assises; lableaux exposés par M. Richard; assises de l’Ariége.
— paris , 12 février : Commission du budget ; assemblée des
palentés. — ciivvieue des paies : Réunion dans les bureaux,
v —cuambse des DÉPOTÉS : Police de la chasse. — 13 fé
vrier ■ 'Ch amure des,députés : Lecture de la proposition de
M. de Rémusat/— nouvelles ^Angleterre.— affa ii.es
d’es’agne.— feuilleton : La pèche aux filets.
TOULOUSE, 16 Février.
Ainsi que nous l’avons annoncé , c’est le 2 mars que se rïurii
le 2' collège électoral de Touiou-e pour nommer un dépuié , par
suite de la démission de Al.-de Valtny.
On sait que le député démissionnaire se met de nouveau sur le:
rangs. Mais on assure que son élection sera disputée par ntl can
didat important. Ce candidat , ancien député, membre du conseil
municipal (le Toulouse , connu par ses principes religieux, par
son dévouement à la cause de la liberté , et par l'austérité de ses
mœurs, a conquis depuis long-Temps l’estime politique de Ions les
partis. . .
Ce candidat est M. Pages de l’Ariége.
Nous ignprons encore quel sera le candidat conservateur.
Le conseil municipal, dans la séance dn 13 février, a renvoyé à
Pexamen d’une commission la demande d’un crédit de 5,300 francs
pour l’établissement d’un magasin destiné b recevoir les décors hors
de service du Ihéâtre du Capi.olè, ainsi qu’une pétition des boulan
gers qui demandent que le nombre de ceux qui exercent celte pro
fession soit limité.
Le conseil a chargé encore une commission d’examiner une pro
position de M. Grauier, ingénieur civil, tendant à établir une pas
serelle sur la Garonne en face le quai Saint- Pierre, moyennant un
péage don! la durée sérail fixée à 75 ans.
Un membre a proposé la restauration du frontispice de la place
Mage; nn autre membre a propo é de délerminer le lieu où sera
placée la statue de Cujas. Ces propositions sont renvoyées à diverses
commissions.
Un arrèlé de M. le préfet, eo date du 10 , autorise la circulation
sur le nouveau pont suspendu. Le droit de péage esl fixé pour les
piétons à 5 centimes par personne.
Mardi 13 février, une maison en eonstruclion s’est écroulée, rue
Monlatidran. Trois personnes ont cié pins on moins grièvement
blessées. Les (liaisons adjacentes ont aussi souffert de ce sinistre. On
attribue ce sinistre k la brique crue employée à la construction des
murs inlérieurs. La perle esl, dit-on, évaluée à 12,000 fr.
Il existe à !’ho=pice de La Grave T»1 aliénés , dont 105 femmes
et 138 hommes. 213 ont été placés d’office à l’hospice et 28 ont
élé placés volontairement. La moitié enviion de ces malades sont
atteints de folie ou de manie plus ou moins dangereuse. Six de ces
malades sont presque entièrement rétablis. Ou espère la guérison
d’une quarantaine.
Voici l'étal des affaires quif|d6ivent être jugées aux prochaines
assises :
Le 2G février, Henri Patte, abus de confiance. — 27 id. , Joseph
Sainl-Gei rnier et Bertrand Icard , vol domestique. — Thomas Eau-
ea.gné , vol domestique. — 28 id , François Berseille , blessures
morœlles. — 20 id., Etienne l.andère , attentat à la pudeur.
Dominique Soubrié, vol —l et mars, Arnaud Vervicr , tenta!ive
de rneurlre. — 2 id. , Benjamin Ramband , Lucie Terme , Rayssai
et Selerac , vol par des gens de service i gages. — 4 id., Mathieu
Fort, Catherine Espagnetle , Jean Saint—Antoniri, fausse monnaie.
— 5 id., Auguste Lignard , vol dans une auberge. — RumonJ
Lamarquc, vol qualifié. — C id. , Antoinette Villemur , vol. —
Marie Ajuslroù et Catherine Barre , vol domestique. — 7 , 8 et 9
id , Imbert , Fournie , Fauré, Péguillan , Dalic -oux , Fages,
Trouiilel, Dulâc et Decun , faux et corruption. — tt id., Pierre
Mironsé , vol. — 1 2 id , Josepll» Nugènt, faux témoignage. —
13 id., Joseph Saint-ilubéry , faux.—Marie Fêlai, vol domes
tique. — 14 id. , François Lacroix , tentative d’assaSsinat. —Jac
ques , Ducos , vol qualifié — f 5 id. , Paul Rousse, coups et bles
sures ayant occasions la mort sans intention de la donner.
— On lit dans la France Müsivale :
Nous sommes heureux d’apprendre que M. le ministre de l’inté
rieur vient de désigner comme successeur à Ai. Piccini, dans les
fondions de directeur du Conservatoire de Toulouse, un artiste qui
à toutes nos sympathie:, M. L. de B. ucq. Il fallait à celte place un
homme jeune, actif, intelligent, désintéressé, honorable par le ca
ractère et par le talent ; M. Louis de Brucq réunit toutes ces qua
lités. Nous avoirs élé des premiers à te recommander personnelle
ment à la sollicitude de M. Auber et à celle de Al. le'ministre.
C’est pour nous une grande salisfaction d’avoir contribué à cette
nomination.
M. Mathivct, contrôleur de ville des contributions indirecles à
Niort, vient d’être nommé contrôleur ambulant dans le déparle-
men! de la Haute-Garonne, en remplacement de Al. Allenel-Alarais
passé receveur principal entreposeur à Libourne.
TABLEAUX EXPOSES PAR M. THEODORE RICHARD.
Nous sommes bien en relard pour parler des tableaux qui onl
été exposés dernièrement au mutée par Al. Théodore Richard. Alais
esl-on jamais mal tenu du public quand on prend la plume pour
rendre à des œuvres d’un talent élevé la justice qu’elles méritent?
D’ailleurs, trous l’avouons franchement, nous avons voulu avant
d’émettre notre avis observer l’effet que les trois tableaux exposés
produiraient sur la foule.
Empressons-nous de dire qu’aux yeux des hommes , d’un goût
sûr, le talent de Al. Richard a fait, soûs certains rapports, pendant
l’absence de ce peintre de Toulouse, des progrès très-remarquables.
Ces progrès, qui sont rares chez l’artiste, qui, cointne lui, se trouve
à l’âge où l’on décroîl, sont surtout frappants dans le genre des
animaux, auquel Al. Richard semble s’être livré dans ces derniers
temps avec une prédilection toute particulière. Quant aux autres
qualités que nous lui connaissons déjà, il les possède toujours à un
degré supérieur. Ainsi, c’est toujours sa manière parfaile de
distribuer la lumière , de composer scs horizons , de varier les mo
tifs et les lignes de -e, lableaux , d’y placer toujours des figures en
harmonie, avec les sites, enfin et_pardessus tout de composer vigou
reusement des arbres.
Et cependant on ne saurait se faire une idée du nombre de cri
tiques auxquelles les trois tableaux exposes ont été en butte,
critiques, nous le déclarons, plus absurdes les unes que les autres et
qui ne prouvent qu’une chose : c’est qu’aujourd’hui comme tou
jours le nombre de détracteurs que rencontre un homme de talent
est toujours en rai.-on de l’importance de son mérite. Quelqu’un a
■dit : n’a pas d'ennemis qui ve il. Cet axiome sera toujours vrai, et
certes Al. Richard esl digne d’avoir sa bonne part d’ennemis.
Quani à nous, nous n’avons pas voulu nous en rapporter à nos
seules impressions, et pour être bien sûrs de notre opinion, tandis
que nous prêtions l’oreille aux censures dirigées contre l’œuvre de
l’artiste, nous écoutions les jugements tics homme reconnus pour
posséder un goût éclairé. Nous avonâ aimé à recueillir la parole
naïve et spontanée de l’homme du peuple el stirloul celle de l’habi
tant des campagnes, dont l’impression à l’aspect des tableaux que
nous avions sous les yeux devait offrir un vif intérêt. Eh bien !
celle opinion de l'amateur plein de gnùl, celle parole de l’homme
du peuple, cette impression de l’habitant de nos campagnes , nous
les avons trouvées conformes à notre manière de sentir, et dès lors
nous n’avons pas douté un seul instant que notre jugement ne fût
vrai sons ious les rapports.
Le plus important des tableaux exposes, el qui est intitulé le Lac,
représente la lin d’une belle journée d’été. Le ciel est lumineux;
des nuages d’un gris léger dont il est parsemé font ressorlir les
arbres qui se détachent avec vigueur. Des montagnes et un lac
sont dans une vapeur légère et colorée. Les plans plus rappro
chés sont plus vigoureux. Sur le premierplan à droite est un grand
rocher qui reçoit l’ombre portée des arbres qui sont placés vers le
milieu du tableau et qui répandent sous leur masse une demi-teinte
dans laquelle on voit un troupeau de moulons don! la lin est cachée
par le rocher et dont le commencement vient sur le premier plan
où il reçoit le soleil qui l’éclaire vivement. Le chemin que suit le
troupeau change de direction el s’enfonce jusqu’au bord du lac; il
passe sur un pont placé à l’embouchure d’une petite rivière et va se
perdre dans les montagnes du fond. Un groupe de chênes de grande
dimension occupe le centre du tableau et laisse voir sous son feuil
lage une partie du lac et des montagnes.
Nous trouvons dans cette composition touîes les variétés du talent
de M. Richard , qui excelle particulièrement à caractériser Tes dif
férents feuillages avec vérité , sans sécheresse; leur silhouette, dans
le ciel pu les fonds , s’harmonise toujours trçs-bicn pour le Ion;
les contours sont vrais et pris dans la nature ; à noire avis, les
arbres sont une véritable’spécialité pour Al. Richard, et ne possé
dât-il que celle qualité, ce serait déjà un assez beau lot, car c’est
une des choses les plus difficiles à rendre en peinture.
Il y a dans cette composition un effet de perspective fort difficile
à peindre. Le chemin qui descend vers le specta.eur en passant entre
les chênes et le rocher, tourne sur le devant du tableau et prend
•■•me nouvelle direction vers le lac en descendant dans un ravin au
pied du tertre sur lequel sont les chênes ; dans celle seconde partie
le chemin monte matériellement sur la toile el cependant, aux yeux
des spectateurs, il descend, par l’effet de la perspective linéaire et
aérienne.
Nous avons remarqué aussi le mouvement des animaux qurltont
tous vers le même but : ce mouvement était difficile à varier, et AI.
Richard a vaincu celle difficulté avec le plus grand bonheur. Nous
avons entendu criliquer un groupe de deux chèvres qui se disputent
une branche d’arbre ; on a prétendu qu’une pareille scène n’était
pas dans la nature ; nous devons ajouter que la personne qui faisait
celle remarque n’esi aucun habitant de la campagne; celui-ci se
serait bien gardé d’une pareille critique, car il aurait su, lui, que la
scène des lieux chèvres se reproduit tous les jours dans les champs.
Ici nous ne pouvons, à propos de Al. Richard , nous empêcher de
faire une pénible réflexion ; c’est que dans notre ville de Toulouse,
Feuilleton du Journal de Toulouse, du 16 Février 1844.
LA PÊCHE AUX FILETS.
(Suite.)
, H
Seize heures et demie venaient à peine de sonner à l’église de
Ylnconorala, ce. qui, suivant le calcul italien, correspond, vers la
fin de juillet, à l’heure de midi. A l’instant même, et comme pour
alleslcr l’exactitude de la vieille horloge gothique, on entendit
éclater loul à coup le carillon immense, universel, épouvantable
des cloches sans nombre qui ont de tout temps assourdi les oreilles
napolitaines, et surtout à l’époque assez reculée où se passe celte
histoire.
Après une nuit (elle que nous venons de la décrire , on peut ima
giner quel jour intolérable el brûlant lui avait succédé. Cependant,
dans les quartiers situés sur Jes bords de la mer, la chaleur était
moins suffoquante. Une brise presque inensihle , et n’ayant pas as
sez de force pour rider ïk surface dû golfe , paraissait suffire aux
poumons de ces hommes habitués à une température littéralement
infernale. Le plus mince filet d’ombre projeté par le fût d’une
colonne ou par le rebord d’une fenêtre, un éventail improvisé avec
quelques hranches rie lauwer ro-e , la vue de ces eaux calmes et
limpides qui invilaient le, plongeur avec tout l’attrait d’une jeune
fille souriante el coquette , c’était plus qu’s* it’eû Fallait aux Napo
litains pour défier la canicule et prendre la vie en patience.
Au reste , on avait pris toutes les précautions d'usage dans les
grandes solennités pour garantir une partie de la viüe contre celte
pluie de feu que le lion céleste laisse tomber sur les peuples abat
tus , en secouant sa crinière. Toutes les'rues qui s’éteodaienl de la
royale demeure de Castel-Nuovo jusqu’à l’église du Carminé étaient
abritées par d’énormes tentes carrelées de mille couleurs ; des fleurs
et des arbustes jonchaient le pavé sur lequel, par une recherche
tout à fait svbaritique , on avait étendu une double couche de sable
lin ci humide ; des fontaines bâclées à la h :1e , à l’aide de trois ou
quatre tonneaux superposés , soufflaient, par la bouche de leurs
tritons de plâtre , une cascade argentée , et remplissaient le double
office lie rafraîchir l’almosptière el d’arroser les passants.
Tous ccs apprêls annonçaient évidemment quelque fête extraor
dinaire, quelque réjouissance publique, l’accomplissement d’un
devoir impérieux et solennel qu’on n’avait pas jugé à propos de
différer à un moment plus propice. En effet, la régente Jeanne de
Duras, rtièce de la terrible Jeanne 1”, d’homicide el adultère mé
moire, après avoir reçu à son lever les grands officiers de la cou
ronne et les principaux barons du royaume, s’élaii rendue, en
grande pompe et suivie de loute sa cour, è l’église de Sainte-Alarie-
du-Alonl-Carmel, pour remercier l’effigie miracucuieuse qu’on y
vénère de la double victoire remportée par son frère et seigneur ,
Ladislas I", roi de Hongrie, de Jérusalem el de Sicile.
La nouvelle n’élail art ivée que la veille et aussitôt l’ordre avait
élé donné d’en instruire le peuple par une fête improvisée , et d’en
rendre grâce, à Dieu par une cérémonie pieuse et solennelle, ce
qui prouvait à la fois la dévotion de Jeanne et son immense amour
fraternel. Le cortège avait déjà, une première fois, traversé les
quais pour se rendre à la place du AlarcTic, et la foule, dont la cu
riosité était loin d’avoir élé satisfaite pjr ce premier spectacle, atten
dait impatiemment le retour de la brillante cavalcade.
Cependant quelques groupes plus insoucians ou plus dédaigneux
se détachaient de la masse des spectateurs et vaquaient à leur beso
gne, complètement étrangers à tout le bruit qui se faisait autour
d’eux , exception d’autant plus frappante qu’elle faisait contraste
avec la curiosité générale. C’était un à parte dans ce chœur décris
de toute espèce , un horizon de tableau en désaccord avec les pre
miers plans, contre toutes les régies de l’arl et, disons mieux, de la
nature.
Un de ces groupes était formé par une douzaine de pêcheurs
qu’on reconnaissait à leur teint bruni par le hàle, à leurs longs hon-
ueis rouges, et à la.mélodie douce et monotone dont ils se berçaient
lentement en l'.rant leurs filets de la mer. Us sc lenaierit à 1 écart
sur un petit coin du Tivagc , et , pour diminuer la fatigue que la
chaleur rendait accablante, ils s’étaient partagés en deux troupes
et se relayaient ponctuellement de quart d'heure en quart d’heure.
Ceux des pêcheurs qui avaient droit au repos venaient s’asseoir à
l’ombre, sous l’arche d’un pont à moitié écroulé, et formaient cer
cle autour d’un personnage qui semblait égayer singulièrement leur
récréaiion.
C’était un vieux soldai d’Aveliino , aux traits durs et bronzés
aux cheveux blancs el crépus, à la poitrine vaste el musculeuse. 11
suffisait d’un seul regard jeté à la hàle sur cet homme pour se con
vaincre qu’il avait dû prendre une part active et glorieuse à toutes
les guerres qui agitaient, depuis plus d’un demi-siècle son mal-
heuieux pays, convoité comme une proie par tant de princes et de
peuples divers.
Ses bras, ses jambes, dont les os fraclurés avaient été remis
ensemble tant bien que mal, ressemblaient aux rameaux noueux et
brisés d’.tn vieux trône ravagé par la foudre. Par quels liens mysté
rieux et inconnus lame d un chrétien pouvait-elle tenir à cet amas
de membres mut les à ce débris de charpente humaine , à cette
ruine vivante ? C était le secret de la Providence
Ce qui esl incontestable , c’est qu’il marchait, parlait, grondait
accusa,t.oui le monde avec une colère impuissan eet risible Depuis
quelques jours, la haine et l’emporleraentdu vieillard étaient armés
restai en t^le*batefier^hélas^j US i e . S en | a ** l s i uds. avdil ne la peine à le calmer Liait-
ce un nouveau chagrin dont 1 » F ,
Etait-,.» ,, P duv,e jeune homme ignorait la
‘.. o* ie nouvelle escapade du petit Pcppino enfant
paresseux et încom» bip „ ■ ! j „
Personne n’en savaifr en ‘ Û ?" S la f ° rce du mot . ?
néanmoins u J « V. a Qermere loirjuaii n nilr „?| US P‘«Dalile , car tonies les fois que le batelier s’é-
nèiœ iH é , e . la / a P ec he ou pour conduire ses passagers, le
' rl ’ H „ • ’ la,ssa 'Uomber un regard de courroux ou de mépris
sur le de. mer el le plus indigne de scs (ils.
lents IUI ** CI1 ’ ^ ei P ro P os d u soldat devenaient tellement vio
la fout autre que lui eût payé bien cher ses paroles. Alais
seule vengeance qu’on daignât tirer de ses plaintes stériles, c’élait
ûe le livrer comme un jouet à la populace ameutée , qui profitait
UO A&I€£E.
/
jq° itO.^VENPREPÏ.
prix
»E L ABO\si K> j ext
loulou^ p âp . E(r _
.1 *» ii f r . 5rt f s .
mo ! s « fr. 26 rr 20 fr'
,nois fr. w fr» .6 1
les abonnements ne sont
reçus (]ue pour 3 mois , 6
ou un an, et ne com
mencent que du 0 u du 16
ue chaque tuais.
ML DE TOULOUSE
ON s’abonne
3|’ | ■■/; ':> cbqi %
MAjaTtGOCTEttU C'
L 'imnrûncnl-Libraire.
JH»" i e, 46,
^'^-^ÔULOUSE.
Pais DES IKSÉHTIOKS ,
30 c. la ligne.
Pais DES RÉCLAMES ,
00 c. la ligne.
Les Lettres
non affranchies ne sont pas
reçues.
POLITIQUE ET LITTÉHAIES.
Les Annonces et Avis
doivent être remis la veille
et se paient d’avance.
Ce journal paraît tous les jours, excepté le mercredi.
Chez les Libraires, Bureaux
Cri El XiEJOLLITET ET LEE
1URKCTEIBS DK
Office- Correspondance f
Place de la Bourse , 5 ,
A PARIS.
SOMMAIRE.
TOULOUSE, 16 février : Election du 2 e college de Toulouse;
conseil municipal ; affaires qui doivent être portées aux prochai
nes assises; lableaux exposés par M. Richard; assises de l’Ariége.
— paris , 12 février : Commission du budget ; assemblée des
palentés. — ciivvieue des paies : Réunion dans les bureaux,
v —cuambse des DÉPOTÉS : Police de la chasse. — 13 fé
vrier ■ 'Ch amure des,députés : Lecture de la proposition de
M. de Rémusat/— nouvelles ^Angleterre.— affa ii.es
d’es’agne.— feuilleton : La pèche aux filets.
TOULOUSE, 16 Février.
Ainsi que nous l’avons annoncé , c’est le 2 mars que se rïurii
le 2' collège électoral de Touiou-e pour nommer un dépuié , par
suite de la démission de Al.-de Valtny.
On sait que le député démissionnaire se met de nouveau sur le:
rangs. Mais on assure que son élection sera disputée par ntl can
didat important. Ce candidat , ancien député, membre du conseil
municipal (le Toulouse , connu par ses principes religieux, par
son dévouement à la cause de la liberté , et par l'austérité de ses
mœurs, a conquis depuis long-Temps l’estime politique de Ions les
partis. . .
Ce candidat est M. Pages de l’Ariége.
Nous ignprons encore quel sera le candidat conservateur.
Le conseil municipal, dans la séance dn 13 février, a renvoyé à
Pexamen d’une commission la demande d’un crédit de 5,300 francs
pour l’établissement d’un magasin destiné b recevoir les décors hors
de service du Ihéâtre du Capi.olè, ainsi qu’une pétition des boulan
gers qui demandent que le nombre de ceux qui exercent celte pro
fession soit limité.
Le conseil a chargé encore une commission d’examiner une pro
position de M. Grauier, ingénieur civil, tendant à établir une pas
serelle sur la Garonne en face le quai Saint- Pierre, moyennant un
péage don! la durée sérail fixée à 75 ans.
Un membre a proposé la restauration du frontispice de la place
Mage; nn autre membre a propo é de délerminer le lieu où sera
placée la statue de Cujas. Ces propositions sont renvoyées à diverses
commissions.
Un arrèlé de M. le préfet, eo date du 10 , autorise la circulation
sur le nouveau pont suspendu. Le droit de péage esl fixé pour les
piétons à 5 centimes par personne.
Mardi 13 février, une maison en eonstruclion s’est écroulée, rue
Monlatidran. Trois personnes ont cié pins on moins grièvement
blessées. Les (liaisons adjacentes ont aussi souffert de ce sinistre. On
attribue ce sinistre k la brique crue employée à la construction des
murs inlérieurs. La perle esl, dit-on, évaluée à 12,000 fr.
Il existe à !’ho=pice de La Grave T»1 aliénés , dont 105 femmes
et 138 hommes. 213 ont été placés d’office à l’hospice et 28 ont
élé placés volontairement. La moitié enviion de ces malades sont
atteints de folie ou de manie plus ou moins dangereuse. Six de ces
malades sont presque entièrement rétablis. Ou espère la guérison
d’une quarantaine.
Voici l'étal des affaires quif|d6ivent être jugées aux prochaines
assises :
Le 2G février, Henri Patte, abus de confiance. — 27 id. , Joseph
Sainl-Gei rnier et Bertrand Icard , vol domestique. — Thomas Eau-
ea.gné , vol domestique. — 28 id , François Berseille , blessures
morœlles. — 20 id., Etienne l.andère , attentat à la pudeur.
Dominique Soubrié, vol —l et mars, Arnaud Vervicr , tenta!ive
de rneurlre. — 2 id. , Benjamin Ramband , Lucie Terme , Rayssai
et Selerac , vol par des gens de service i gages. — 4 id., Mathieu
Fort, Catherine Espagnetle , Jean Saint—Antoniri, fausse monnaie.
— 5 id., Auguste Lignard , vol dans une auberge. — RumonJ
Lamarquc, vol qualifié. — C id. , Antoinette Villemur , vol. —
Marie Ajuslroù et Catherine Barre , vol domestique. — 7 , 8 et 9
id , Imbert , Fournie , Fauré, Péguillan , Dalic -oux , Fages,
Trouiilel, Dulâc et Decun , faux et corruption. — tt id., Pierre
Mironsé , vol. — 1 2 id , Josepll» Nugènt, faux témoignage. —
13 id., Joseph Saint-ilubéry , faux.—Marie Fêlai, vol domes
tique. — 14 id. , François Lacroix , tentative d’assaSsinat. —Jac
ques , Ducos , vol qualifié — f 5 id. , Paul Rousse, coups et bles
sures ayant occasions la mort sans intention de la donner.
— On lit dans la France Müsivale :
Nous sommes heureux d’apprendre que M. le ministre de l’inté
rieur vient de désigner comme successeur à Ai. Piccini, dans les
fondions de directeur du Conservatoire de Toulouse, un artiste qui
à toutes nos sympathie:, M. L. de B. ucq. Il fallait à celte place un
homme jeune, actif, intelligent, désintéressé, honorable par le ca
ractère et par le talent ; M. Louis de Brucq réunit toutes ces qua
lités. Nous avoirs élé des premiers à te recommander personnelle
ment à la sollicitude de M. Auber et à celle de Al. le'ministre.
C’est pour nous une grande salisfaction d’avoir contribué à cette
nomination.
M. Mathivct, contrôleur de ville des contributions indirecles à
Niort, vient d’être nommé contrôleur ambulant dans le déparle-
men! de la Haute-Garonne, en remplacement de Al. Allenel-Alarais
passé receveur principal entreposeur à Libourne.
TABLEAUX EXPOSES PAR M. THEODORE RICHARD.
Nous sommes bien en relard pour parler des tableaux qui onl
été exposés dernièrement au mutée par Al. Théodore Richard. Alais
esl-on jamais mal tenu du public quand on prend la plume pour
rendre à des œuvres d’un talent élevé la justice qu’elles méritent?
D’ailleurs, trous l’avouons franchement, nous avons voulu avant
d’émettre notre avis observer l’effet que les trois tableaux exposés
produiraient sur la foule.
Empressons-nous de dire qu’aux yeux des hommes , d’un goût
sûr, le talent de Al. Richard a fait, soûs certains rapports, pendant
l’absence de ce peintre de Toulouse, des progrès très-remarquables.
Ces progrès, qui sont rares chez l’artiste, qui, cointne lui, se trouve
à l’âge où l’on décroîl, sont surtout frappants dans le genre des
animaux, auquel Al. Richard semble s’être livré dans ces derniers
temps avec une prédilection toute particulière. Quant aux autres
qualités que nous lui connaissons déjà, il les possède toujours à un
degré supérieur. Ainsi, c’est toujours sa manière parfaile de
distribuer la lumière , de composer scs horizons , de varier les mo
tifs et les lignes de -e, lableaux , d’y placer toujours des figures en
harmonie, avec les sites, enfin et_pardessus tout de composer vigou
reusement des arbres.
Et cependant on ne saurait se faire une idée du nombre de cri
tiques auxquelles les trois tableaux exposes ont été en butte,
critiques, nous le déclarons, plus absurdes les unes que les autres et
qui ne prouvent qu’une chose : c’est qu’aujourd’hui comme tou
jours le nombre de détracteurs que rencontre un homme de talent
est toujours en rai.-on de l’importance de son mérite. Quelqu’un a
■dit : n’a pas d'ennemis qui ve il. Cet axiome sera toujours vrai, et
certes Al. Richard esl digne d’avoir sa bonne part d’ennemis.
Quani à nous, nous n’avons pas voulu nous en rapporter à nos
seules impressions, et pour être bien sûrs de notre opinion, tandis
que nous prêtions l’oreille aux censures dirigées contre l’œuvre de
l’artiste, nous écoutions les jugements tics homme reconnus pour
posséder un goût éclairé. Nous avonâ aimé à recueillir la parole
naïve et spontanée de l’homme du peuple el stirloul celle de l’habi
tant des campagnes, dont l’impression à l’aspect des tableaux que
nous avions sous les yeux devait offrir un vif intérêt. Eh bien !
celle opinion de l'amateur plein de gnùl, celle parole de l’homme
du peuple, cette impression de l’habitant de nos campagnes , nous
les avons trouvées conformes à notre manière de sentir, et dès lors
nous n’avons pas douté un seul instant que notre jugement ne fût
vrai sons ious les rapports.
Le plus important des tableaux exposes, el qui est intitulé le Lac,
représente la lin d’une belle journée d’été. Le ciel est lumineux;
des nuages d’un gris léger dont il est parsemé font ressorlir les
arbres qui se détachent avec vigueur. Des montagnes et un lac
sont dans une vapeur légère et colorée. Les plans plus rappro
chés sont plus vigoureux. Sur le premierplan à droite est un grand
rocher qui reçoit l’ombre portée des arbres qui sont placés vers le
milieu du tableau et qui répandent sous leur masse une demi-teinte
dans laquelle on voit un troupeau de moulons don! la lin est cachée
par le rocher et dont le commencement vient sur le premier plan
où il reçoit le soleil qui l’éclaire vivement. Le chemin que suit le
troupeau change de direction el s’enfonce jusqu’au bord du lac; il
passe sur un pont placé à l’embouchure d’une petite rivière et va se
perdre dans les montagnes du fond. Un groupe de chênes de grande
dimension occupe le centre du tableau et laisse voir sous son feuil
lage une partie du lac et des montagnes.
Nous trouvons dans cette composition touîes les variétés du talent
de M. Richard , qui excelle particulièrement à caractériser Tes dif
férents feuillages avec vérité , sans sécheresse; leur silhouette, dans
le ciel pu les fonds , s’harmonise toujours trçs-bicn pour le Ion;
les contours sont vrais et pris dans la nature ; à noire avis, les
arbres sont une véritable’spécialité pour Al. Richard, et ne possé
dât-il que celle qualité, ce serait déjà un assez beau lot, car c’est
une des choses les plus difficiles à rendre en peinture.
Il y a dans cette composition un effet de perspective fort difficile
à peindre. Le chemin qui descend vers le specta.eur en passant entre
les chênes et le rocher, tourne sur le devant du tableau et prend
•■•me nouvelle direction vers le lac en descendant dans un ravin au
pied du tertre sur lequel sont les chênes ; dans celle seconde partie
le chemin monte matériellement sur la toile el cependant, aux yeux
des spectateurs, il descend, par l’effet de la perspective linéaire et
aérienne.
Nous avons remarqué aussi le mouvement des animaux qurltont
tous vers le même but : ce mouvement était difficile à varier, et AI.
Richard a vaincu celle difficulté avec le plus grand bonheur. Nous
avons entendu criliquer un groupe de deux chèvres qui se disputent
une branche d’arbre ; on a prétendu qu’une pareille scène n’était
pas dans la nature ; nous devons ajouter que la personne qui faisait
celle remarque n’esi aucun habitant de la campagne; celui-ci se
serait bien gardé d’une pareille critique, car il aurait su, lui, que la
scène des lieux chèvres se reproduit tous les jours dans les champs.
Ici nous ne pouvons, à propos de Al. Richard , nous empêcher de
faire une pénible réflexion ; c’est que dans notre ville de Toulouse,
Feuilleton du Journal de Toulouse, du 16 Février 1844.
LA PÊCHE AUX FILETS.
(Suite.)
, H
Seize heures et demie venaient à peine de sonner à l’église de
Ylnconorala, ce. qui, suivant le calcul italien, correspond, vers la
fin de juillet, à l’heure de midi. A l’instant même, et comme pour
alleslcr l’exactitude de la vieille horloge gothique, on entendit
éclater loul à coup le carillon immense, universel, épouvantable
des cloches sans nombre qui ont de tout temps assourdi les oreilles
napolitaines, et surtout à l’époque assez reculée où se passe celte
histoire.
Après une nuit (elle que nous venons de la décrire , on peut ima
giner quel jour intolérable el brûlant lui avait succédé. Cependant,
dans les quartiers situés sur Jes bords de la mer, la chaleur était
moins suffoquante. Une brise presque inensihle , et n’ayant pas as
sez de force pour rider ïk surface dû golfe , paraissait suffire aux
poumons de ces hommes habitués à une température littéralement
infernale. Le plus mince filet d’ombre projeté par le fût d’une
colonne ou par le rebord d’une fenêtre, un éventail improvisé avec
quelques hranches rie lauwer ro-e , la vue de ces eaux calmes et
limpides qui invilaient le, plongeur avec tout l’attrait d’une jeune
fille souriante el coquette , c’était plus qu’s* it’eû Fallait aux Napo
litains pour défier la canicule et prendre la vie en patience.
Au reste , on avait pris toutes les précautions d'usage dans les
grandes solennités pour garantir une partie de la viüe contre celte
pluie de feu que le lion céleste laisse tomber sur les peuples abat
tus , en secouant sa crinière. Toutes les'rues qui s’éteodaienl de la
royale demeure de Castel-Nuovo jusqu’à l’église du Carminé étaient
abritées par d’énormes tentes carrelées de mille couleurs ; des fleurs
et des arbustes jonchaient le pavé sur lequel, par une recherche
tout à fait svbaritique , on avait étendu une double couche de sable
lin ci humide ; des fontaines bâclées à la h :1e , à l’aide de trois ou
quatre tonneaux superposés , soufflaient, par la bouche de leurs
tritons de plâtre , une cascade argentée , et remplissaient le double
office lie rafraîchir l’almosptière el d’arroser les passants.
Tous ccs apprêls annonçaient évidemment quelque fête extraor
dinaire, quelque réjouissance publique, l’accomplissement d’un
devoir impérieux et solennel qu’on n’avait pas jugé à propos de
différer à un moment plus propice. En effet, la régente Jeanne de
Duras, rtièce de la terrible Jeanne 1”, d’homicide el adultère mé
moire, après avoir reçu à son lever les grands officiers de la cou
ronne et les principaux barons du royaume, s’élaii rendue, en
grande pompe et suivie de loute sa cour, è l’église de Sainte-Alarie-
du-Alonl-Carmel, pour remercier l’effigie miracucuieuse qu’on y
vénère de la double victoire remportée par son frère et seigneur ,
Ladislas I", roi de Hongrie, de Jérusalem el de Sicile.
La nouvelle n’élail art ivée que la veille et aussitôt l’ordre avait
élé donné d’en instruire le peuple par une fête improvisée , et d’en
rendre grâce, à Dieu par une cérémonie pieuse et solennelle, ce
qui prouvait à la fois la dévotion de Jeanne et son immense amour
fraternel. Le cortège avait déjà, une première fois, traversé les
quais pour se rendre à la place du AlarcTic, et la foule, dont la cu
riosité était loin d’avoir élé satisfaite pjr ce premier spectacle, atten
dait impatiemment le retour de la brillante cavalcade.
Cependant quelques groupes plus insoucians ou plus dédaigneux
se détachaient de la masse des spectateurs et vaquaient à leur beso
gne, complètement étrangers à tout le bruit qui se faisait autour
d’eux , exception d’autant plus frappante qu’elle faisait contraste
avec la curiosité générale. C’était un à parte dans ce chœur décris
de toute espèce , un horizon de tableau en désaccord avec les pre
miers plans, contre toutes les régies de l’arl et, disons mieux, de la
nature.
Un de ces groupes était formé par une douzaine de pêcheurs
qu’on reconnaissait à leur teint bruni par le hàle, à leurs longs hon-
ueis rouges, et à la.mélodie douce et monotone dont ils se berçaient
lentement en l'.rant leurs filets de la mer. Us sc lenaierit à 1 écart
sur un petit coin du Tivagc , et , pour diminuer la fatigue que la
chaleur rendait accablante, ils s’étaient partagés en deux troupes
et se relayaient ponctuellement de quart d'heure en quart d’heure.
Ceux des pêcheurs qui avaient droit au repos venaient s’asseoir à
l’ombre, sous l’arche d’un pont à moitié écroulé, et formaient cer
cle autour d’un personnage qui semblait égayer singulièrement leur
récréaiion.
C’était un vieux soldai d’Aveliino , aux traits durs et bronzés
aux cheveux blancs el crépus, à la poitrine vaste el musculeuse. 11
suffisait d’un seul regard jeté à la hàle sur cet homme pour se con
vaincre qu’il avait dû prendre une part active et glorieuse à toutes
les guerres qui agitaient, depuis plus d’un demi-siècle son mal-
heuieux pays, convoité comme une proie par tant de princes et de
peuples divers.
Ses bras, ses jambes, dont les os fraclurés avaient été remis
ensemble tant bien que mal, ressemblaient aux rameaux noueux et
brisés d’.tn vieux trône ravagé par la foudre. Par quels liens mysté
rieux et inconnus lame d un chrétien pouvait-elle tenir à cet amas
de membres mut les à ce débris de charpente humaine , à cette
ruine vivante ? C était le secret de la Providence
Ce qui esl incontestable , c’est qu’il marchait, parlait, grondait
accusa,t.oui le monde avec une colère impuissan eet risible Depuis
quelques jours, la haine et l’emporleraentdu vieillard étaient armés
restai en t^le*batefier^hélas^j US i e . S en | a ** l s i uds. avdil ne la peine à le calmer Liait-
ce un nouveau chagrin dont 1 » F ,
Etait-,.» ,, P duv,e jeune homme ignorait la
‘.. o* ie nouvelle escapade du petit Pcppino enfant
paresseux et încom» bip „ ■ ! j „
Personne n’en savaifr en ‘ Û ?" S la f ° rce du mot . ?
néanmoins u J « V. a Qermere
nèiœ iH é , e . la / a P ec he ou pour conduire ses passagers, le
' rl ’ H „ • ’ la,ssa 'Uomber un regard de courroux ou de mépris
sur le de. mer el le plus indigne de scs (ils.
lents IUI ** CI1 ’ ^ ei P ro P os d u soldat devenaient tellement vio
la fout autre que lui eût payé bien cher ses paroles. Alais
seule vengeance qu’on daignât tirer de ses plaintes stériles, c’élait
ûe le livrer comme un jouet à la populace ameutée , qui profitait
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 84.55%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 84.55%.
- Collections numériques similaires Collections de l’École nationale des ponts et chaussées Collections de l’École nationale des ponts et chaussées /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "EnPC000"
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k5364101c/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k5364101c/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k5364101c/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k5364101c/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k5364101c
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k5364101c
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k5364101c/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest