Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1912-09-05
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 05 septembre 1912 05 septembre 1912
Description : 1912/09/05 (Numéro 12745). 1912/09/05 (Numéro 12745).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 24/04/2008
̃ 2 ̃
LE GAULOIS JEUDI SEPTEMBRE
hôpitaux voisins où les chirurgiens et les méde.
cins s'empressèrent de leur donner des soins.
<• •
La nuit dernière fut particulièrement. terri-
Me. A deux heures,'vingt et un cadavres avaient
été remontés. Mais, à ce moment, les recherches
durent être ralenties en raison de graves diffi-
cultés qui mettaient les sauveteurs en danger.
Et, en effet, deux heures après, une nouvelle
explosion se produisait, faisant quatre victimes
parmi les sauveteurs l'un d'eux, M. Abraham,
fut tué les trois autres, MM. Luc, Lefebvre et
Quinet, furent grièvement blessés.
M. Dupont, ingénieur divisionnaire de la
mine, méprisant le danger, partit dans la mine
à la recherche de M. Bouquillon, délégué mi-
meur, que l'on croyait descendu dans le quar-
tier où le coup de grisou avait explosé. En réa-
lité, le délégué mineur était remonté avant la
catastrophe. Au bout d'un certain temps, l'in-
génieur divisionnaire n'ayant pas reparu, des
secours furent envoyés toutes les recherches
restèrent vaines et l'infortuné ne fut pas re-
trouvé.
M. Dupont fit preuve, en cette nuit tragique,
d'un courage admirable q ui m'a été ainsi ra-
conté
L'ingénieur, qui avait déjà exploré le fond et
était remonté exténué, demanda, vers quatre
heures du matin, des hommes de bonne volonté
pour reprendre ses recherches. Tous les sauve-
teurs et les mineurs présents s'offrirent avec
empressement pour aller au secours de leurs
camarades.
Une équipe d'une trentaine d'hommes est ra-
pidement constituée. Une fois de plus, la benne
descend. M. Dupont et les sauveteurs viennent
à peine de toucher le fond et de parcourir avec
précaution une certaine distance dans ces ga-
leries où la chaleur est étouffante, qu'une nou-
velle explosion retentit. Le grisou vient de
nouveau, à quelques mètres en avant, d'éclater,
enflammant les boiseries et faisant de nouvelles
{victimes.
Les sauveteurs, qui ont été projetés sur le sol,
ee relèvent et fuient vers la cage, mais deux
''d'entre eux sont blessés, un autre est mortelle-
ment atteint..
M. Dupont, qui reste le dernier, inspectant le
chemin parcouru, s'aperçoit bientôt que deux
de ses hommes manquent à l'appel. « Remon-
,tez, dit-il, je vais chercher nos compagnons.
Il s'élance à nouveau dans les galeries de-
puis, on ne sait ce qu'il est devenu.
A leur tour, les ingénieurs Parent et Remy,
'du service des mines, descendirent à six heu-
res du matin et dirigèrent les travaux de se-
cours, mais comme les explosions se faisaient
de plus en plus fréquentes, les sauveteurs fu-
xent obligés de battre en retraite.
,*̃.
• ̃ ̃
On suppose que l'incendie qui s'est déclaré
"a eu raison du mur de protection qui avait été
'élevé au fond de la fosse. C'est ainsi que l'on
explique que le feu ait pu atteindre les régions
grisouteuses de la mine pendant que les sau-
veteurs travaillaient au déblaiement des gale-
ries éboulées et recherchaient les cadavres.
Il est à redouter, dans ces conditions, que ces
nouvelles explosions n'aient fait de nouvelles
victimes parmi les mineurs emprisonnés der-
rière les éboulements.
M. Léon, ingénieur en chef du contrôle, ac-
couru,,j'un des premiers, redescendit dans la
mine en feu à sept heures du matin, avec une
nouvelle équipe de sauveteurs. Mais le grisou
semble vouloir empêcher les sauveteurs d'ac-
complir leur rude mission. M. Léon, qui avait
'recommandé à ses hommes la plus grande pré-
caution, vient à peine de franchir quelques mè-
tres, qu'une fois encore une explosion déchire
l'air. On ne peut aller plus loin et l'équipe
doit remonter.
Mais M. Léon, qui a pu faire des observations
extrêmement intéressantes, veut entreprendre
'une nouvelle tentative. Il confère avec les ingé-
nieurs du fond' et décide une autre descente
pour se rendre compte des ravages commis par
les explosions successives et pour rechercher
M. Dupont, qui n'a toujours pas reparu.
II est neuf heures. M. Léon, les ingénieurs
des mines Kuss, Remy et Parent et cinq sauve-
teurs ayant chacun sur la tête. un appareil res-
piratoire, descendent au fond. Arrivée â'Fétiage
de 933 mètres, la petite troupe se diyise en deux
groupes., •' ''̃ '•"
Deux ingénieurs et deux sauveteurs s'arrê-
tent à cette hauteur, tandis que leurs collègues
vont explorer les galeries situées à 1,000 mè-
tres. L'équipe se livrant à l'exploration de la
veine 933 se dirigea sur les lieux de la catastro-
phe. Elle fut vite arrêtée en chemin, les galeries
étant complètement obstruées par les éboule-
ments. Néanmoins, les sauveteurs frappèrent
sur les tuyaux, crièrent à pleins poumons mais
:aucun cri ne leur répondit ils rencontrèrent
seulement sur leur route les cadavres de trois
chevaux éventrés et calcinés.
Pendant ce temps, M. Léon, qui était des-
cendu à cent mètres, faisait des explorations
qui malheureusement ne donnèrent aucun
résultat. Là encore, les appels et les coups des
sauveteurs restèrent sans réponse.
Ces hommes, qui s'étaient avancés jusqu'à
environ 800 mètres de l'accrochage durent in-
terrompre leur marche, l'air étant irrespirable,
et plusieurs lampes s'étant éteintes. M. Léon ne
voulant pas compromettre inutilement la vie de
ces braves, qui faisaient des efforts inouïs pour
retrouver leurs camarades, ordonna le retour.
Les sauveteurs, munis du casque respiratoire,
,avaient cependant pu, au préalable, frayer un
passage dans les éboulements pour permettre
le passage de l'air.
De son côté, M. Léon, à la tête du deuxième
-groupe, avait pu remarquer l'existence d'un
Incendie dont les ravages faisaient des progrès
rapides. Arrivée à la yeine 933, cette équipe
rejoignit les sauveteurs laissés au passage
mais avant de remonter, on voulut faire urne
nouvelle tentative pour retrouver M. Dupont.
Pensant que le malheureux ingénieur avait
voulu se rendre compte en même temps qu'il
cherchait seul les sauveteurs qui s'étaient éga-
rés de l'état du barrage construit lors du récent
incendie, M. Léon et ses compagnons se diri-
gèrent de ce côté.
Cette exploration fut aussi infructueuse que
les précédentes et on ne trouva aucune trace de
ï'infortuiné, qui est maintenant considéré com-
me perdu.
Dans cette région, l'air était irrespirable et
un ingénieur, M. Rémy, qui n'était pas muni
du casque, fut si incommodé qu'on dut lui pro-
diguer des soins dès qu'il arriva au jour.
Au moment où la cage allait remonter, une
nouvelle explosion retentit pour la quatrième
fois, le grisou venait encore d'exploser.
Cette dernière tentative, déclara M. Léon
en mettant le pied sur la surface, nous retire
tout espoir les gaz s'accumulent dans diffé-
rents endroits. Le danger est grand mainte-
nant dans plusieurs veines un incendie ravage
les boiseries nous ne pouvons plus, hélas 1
rien tenter. Une nouvelle explosion est à crain-
dre à tout moment nous ferons cependant tout
le possible.
Et l'ingénieur en chef s'éloigna navré, les
.yeux mouillés de larmes*
4V
Les causes de la catastrophe ne sont pas en-
tore établies. Au début de cette année, un in-
endie avait été constaté au fond de la fosse nu-
méro 1 des mines de la Clarence. Le service du
contrôle, après avoir fait isoler l'incendie par
des barrages, avait suspendu l'extraction pen-
dant près d'un mois. Depuis, aucun incident
n'était survenu.
D'autre part, la fosse passait pour être grisou-
teuse et on se demande en ce moment si la ca-
tastrophe a été causée par le grisou ou si elle
a été la conséquence d'un « coup de pous-
sière », comme à Courrières, à la suite de l'in-
flammation de gaz émanés de la partie jadis
incendiée.
M. Jean Dupuy, ministre des travaux pu-
blics, est arrivé ce matin, accompagné de M.
Gustine, chef adjoint de son cabinet, et de M.
Charguéraud, ingénieur en chef des travaux
publics.
Reçu à sa descente de voiture par M. Léon,
entouré des ingénieurs des mines et des ingé-
nieurs de la Compagnie, le ministre s'est fait
conduire immédiatement dans la salle des in-
génieurs, où il a prié l'ingénieur en chef du
contrôle de lui donner des explications sur les
tentatives de sauvetage effectuées ainsi que
sur l'état des lieux.
Je savais hier soir, dit M. Léon, où étaient
ces malheureux, et nous n'allions pas à tâtons
secourir. Mais depuis, des éboule-
ments considérables se sont produits, les gale-
ries sont complètement obstruées et je ne puis
plus vous indiquer, monsieur le ministre, les
endroits que nous avons réparés.
M. Jean Dupuy a alors manifesté le désir de
voir les cadavres. M.' Léon a conduit le minis-
,tre dans le local transformé en dépôt mor-
tuaire, où sont rangés vingt et un corps. Le mi-
nistre et tous les assistants, tête nue, ont été
douloureusement frappés à la vue de tous ces
pauvres corps de travailleurs mutilés et calci-
nés.
Après avoir salué les malheureuses victimes,
M. Jean Dupuy est remonté en automobile et
s'est fait transporter aux hôpitaux des mines
de Maries et de Bruay, où ont été transportés
les blessés. Sur les sept blessés soignés à Bruay,
deux sont morts dans l'après-midi l'état des
cinq autres est des plus graves.
M. Jean Dupuy a reçu du président de la
république le télégramme suivant
Très vivement ému de la nouvelle de la catastro-
phe qui a frappé la population de la Clarence, je
m'associe à la douleur publique et je vous prie
d'offrir aux victimes qui ont survécu et à toutes les
familles si cruellement éprouvées, l'hommage de
ma profonde sympathie.
Le ministre s'est fait auprès de la population
l'interprète des sentiments du Président.
On annonce que la Caisse des victimes du
Devoir vient de décider l'envoi d'urgence d'une
somme de quatre mille francs pour être répar-
tie entre les familles des victimes de la catas-
trophe.
en peu de mots
LA JOURNEE
Courses à Saint-Cloud :'à 2 heures,,
A PARIS
Fernand Hémery, l'un des jeunes gens qui
furent arrêtés au square des Arts-et-Métiers dans
la nuit de dimanche à lundi pour le cambriolage de
l'armurerie du boulevard de Strasbourg, a été re-
mis en liberté, son innocence ayant été reconnue.
Les ouvriers limonadiers et restaurateurs
organisent de nombreuses réunions de propagande
en vue de faire aboutir le cahier des revendica-
tions élaboré par leur chambre syndicale.
Au nom du syndicat des instituteurs de la
Seine, M. Chalopin, secrétaire, vient d'écrire à M.
Delanney pour le prier d'intercéder auprès du mi-
nistre de l'instruction publique, afin d'obtenir un
sursis à propos de la dissolution du syndicat.
r- Plusieurs sections du syndicat des sous-
agents des P. T. T. ont fait parvenir des adresses
de sympathie et d'encouragement aux instituteurs
syndicalistes.
On signale nne nouvelle hausse de la Seine
dans la traversée de Paris on prévoit que cette
crue pourra s'accentuer encore d'ici la fin de la se-
DANS LES DEPARTEMENTS
M. Pams, ministre de l'agriculture, a quitté
sa propriété de Valmy (Pyrénées-Orientales); Il
se rend à Paris pour assister au conseil des mi-
nistres de demain vendredi.
Les champignons vénéneux continuent à
faire de nombreuses victimes A Thurins (Rhône)
huit ouvriers espagnols ont été empoisonnés. A
Mouilleron-en-Paré (Vendée), deux enfants, René
et Denise Prunier ont succombé après avoir mangé
des amanites qu'ils avaient eux-mêmes cueillis.
Un train venant de Toulouse a tamponné,
en gare de Foix, un train venant de Saint-Girons.
Cinq voyageurs ont été blessés.
Le cavalier Vasseaux, du 14° dragons, qui
dormait sur un tas de fourrage, à Saint-Hilaire-le-
Grand, près Reims, est tombé sur le sol et s'est
fracturé le crâne. Il est mort presque aussitôt.
Le chalutier calaisien 23-G. a rencontré en
mer, épuisés, les jeunes Français Walter et Bou-
gert, qui étaient partis en yole, mardi dernier, de
Douvres. La yole était remplie d'eau. Le chalutier
a ramené lés deux rameurs à Calais.
A Revin, près de Sedan, le jeune Revin
tombe dans la Meuse. Sa mère se ette à l'eau pour
le sauver, mais se noie. Seul le cadavre dé l'enfant
a été retrouvé.
On annonce de Thiviers (Dordogne) la mort
de M. Albert Theulier, ancien député, ancien pré-
sident du conseil général et ancien maire de Thi-
viers. Il était âgé de soixante-douze ans.
Le conseil municipal socialiste de Rivesalte
vient de voter une motion de félicitations aux ins-
tituteurs syndicalistes et de protestation contre la
mise en demeure faite aux syndicats d'avoir. à se
dissoudre.
Le cadavre d'une femme inconnue a été
trouvé sous le tunnel de la Richardie, près de
Cransac. On ignore s'il y a accident, crime ou sui-
cide.
A son passage en gare de Libercourt, le ra-
pide de Douai a été lapidé par des malfaiteurs in-
connus. Un voyageur a été légèrement blessé.
Par suite d'une cause accidentelle encore
inconnue, le capitaine d'administration Demont,
de Lille, qui se rendait à Douai, est tombé de son
compartiment sur la voie et s'est fracturé le crâ-
ne. Son état est désespéré.
Le docteur Lantier, de Bordeaux, dont une
dépêche de cette ville annonçait hier la dispari-
tion au cours d'un voyage en Corse, est retrouvé.
L'hôtel où il était descendu à Ajaccio avait été in-
cendié et le docteur s'était embarqué pour la
France sans avoir prévenu sa famille.
Mme de Pelen, publiciste à Paris, s'est as-
phyxiée hier à Tunis avec un réchaud de charbon.
On ignore les motifs de cet acte de désespoir. Elle
était née en 1864.
La section socialiste de Tours vient de dé-
cider à l'unanimité de déposer une demande de
contrôle contre M. Emile Faure, député. Celui-ci
est invité à fournir des explications au cours d'une
réunion qui aura lieu samedi prochain à Tours.
A. B.
MONDANITÉS
LES COURS
LE DÉPART DU ROI DE GRÈCE
S. M. le Roi des Hellènes, après avoir expédié son
courrier et donné des ordres pour son départ, a fait une
longue promenade à pied, dans la matinée d'hier. A une
heure, il réunissait à sa table, à l'hôtel Bristol: M. Ro-
manos, ministre de Grèce; le lieutenant-colonel d'artille-
rie Charalambis, attaché militaire de la légation; le lieu-
tenant de vaisseau Botassis, attaché naval; le lieutenant-
colonel Condoyannis, chargé d'une mission spéciale en
France; le général Pallis, chef de sa maison militaire, et
le comte Cernowitz, son écuyer. Pendant toute la jour-
née d'hier, le registre déposé à l'hôtel Bristol se rem-
plissait de signatures. 11 n'a été retiré que fort tard dans
l'après-midi.
Le soir, à neuf heures et demie, le Roi, accompagné
ae M. Romanos, a quitté l'hôtel, en automobile, pour
aller à la'gare du Nord prendre, à dix heures, le rapide
de Cologne. Sur le quai de la gare, Sa Majesté a été sa-
luée par Mme Delyanni, MM. Pierre-N. Delyanni, Sici-
lianos et Simopulo, secrétaires de la légation; M Manos,
ancien ministre de Grèce à Vienne; M. Mikès Sinodino,
président de la colonie hellénique d'Alexandrie, de pas-
sage Paris; le baron Stœckl, chambellan de l'Empereur
de Russie, attaché à la personne de S. A. I. la Grande-
Duchesse Vladimir; les trois officiers hellènes cités
plis haut et qui ont eu l'honneur de déjeuner à la table
royale, à l'hôtel Bristol; M. Lechelle, chef du mouve-
ment de la Compagnie des Chemins de fer du Nord; M.
Averlant, inspecteur principal adjoint; M. Lachaume, ins-
pecteur, qui a accompagné le souverain, jusqu'à la fron-
tière M.. Théry, chef de gare, et M. Poncet, commis-
saire spécial, qui veillait sur la personne de Sa Majesté
pendant tout son séjour à Aix-les-Bains et qui est monté
également dans le train royal.
Le Roi, qui portait un long pardessus gris de voyage
et un petit chapeau melon, s'arrêta sur le quai au milieu
d'un demi-cercle formé par tous ces personnages, et, ten-
dant la main à chacun, il lui adressait quelques paroles.
Le souverain a causé plus longuement avec Mme De-
lyanni, M. Sinodino et le baron Stœckl, qui était venu
exprès présenter ses hommages au souverain et lui don-
ner des nouvelles de la Grande-Duchesse Vladimh-, dont
la fille, la Princesse Hélène, a épousé, comme on sait, le
Prince Nicolas de Grèce.
Le Roi Georges se rend directement à Copenhague
pour voir ses parents et se rencontrer avec ses sœurs, la
Reine Alexandra, actuellement à Christiania, auprès de
sa fille, la Reine Maud de Norvège, et l'Impératrice
douairière de Russie. Sa Majesté sera de retour à Paris
dans quatre ou cinq semaines la durée de son séjour
en Danemark dépend de la marche des événements dans
les Balkans. II fera alors un séjour plus prolongé parmi
nous et échangera des visites officieuses avec le prési-
dent de la république, qui donnera un déjeuner en son
honneur. Rappelons que ce sera la dernière visite royale
au palais de l'Elysée pendant la présidence de M. Fal-
lières.
S. M. le Roi Albert de Belgique, qui voyage depuis
quelques jours en automobile à travers le continent, est
arrivé avant-hier à Insbruck, venant du sud du Tyrol.
Sa Majesté a continué sa route dans l'après-midi, vers
A. FALLIÈRES.
Armand Villette
Berchtesgaden, d'où Elle retournera au Tyrol. On prête
au souverain l'intention de faire plusieurs ascensions
dans les montagnes tyroliennes.
S. A. R. le Prince Antoine d'Orléans et Bragance
est parti pour la Hongrie.
On annonce de Saint-Pétersbourg que W Grande-
Duchesse Elisabeth-Féodorovna, sœur de l'Impératrice
Alexandra, qui avait passé plusieurs jours auprès de la
famille impériale russe, vient de partir pour Kiew, d'où
elle se rendra à .Moscou et à Borodino pour y assister aux
fêtes du centième anniversaire de la guerre de
DANS LES CHATEAUX
̃– LL. AA. RR. ta Princesse Arnulf de Bavière et le
Prince Henri de Bavière, accompagné de son aide de
camp, le comte Spretti, effectuent un voyage en auto-
mobile à travers la France et viennent d'être les hôtes
du vicomte et de la vicomtesse Bernard de Jousselin, au
château de Froidefontaine, en Anjou.
Les châtelains du voisinage ont tenu à fêter Leurs Al-
tesses Royales, et la duchesse de La Trémoïlle donnait
lundi, dans sa magnifique demeure de Serrant, un déjeu-
ner dont ses enfants et petits-enfants l'aidaient à faire-
les honneurs. '̃̃ ̃••,
Citons parmi les convives:, ̃
LL. AA. RR. la Princesse Arnulf de Bavière et 'le
Prince Henri de Bavière, duchesse de La Trémoïlle, née
Pillet-Will vicomtesse de La' Rochefoucauld, nûe prin-
cesse de La Trémoïlle comte Spretti, vicomte et vi-
comtesse Bernard de' Jousselin, prince et princesse Henri
de Ligne, marquis et marquise de La Rochefoqcauld-
Bayers, comtesse de Montgomery douairière, princesse
Marguerite de La Tremoïlle, vice-amiral baron Duperré,
général Bizot, professeur Brochard, vicomte de Chémel-
lier, Mlle de Chêmellier.
Goûters également, au château de la Thibaudière, chez
le comte et la comtesse de Montlaur; au château de Pi-
gnerolle, chez M. et Mme de Saint-Chamant, etc.
En quittant l'Anjou, Leurs Altesses Royales se ren-
dent à Dinard, puis au château de Josselin, chez le duc
et la duchesse de Rohan.
PLAGES ET VILLES D'EAUX
De Deauville:
Le général et Mme Zurlinden viennent, d'arriver
Deauville.
La baronne de Sermet y prolonge son séjour ainsi que
la comtesse de Brmingham et M. et Mme Edmond Doll-
fus.
Mme Delchet, venant de Bourbonne, s'est installée en
sa villa Palissy.
M. et Mme Arago, le comte et la comtesse d'Hautpoul
occupent toujours leurs villas de Trouville;
Très beau temps; public nombreux aux finales du tour-
noi de tennis de Deauville. Résultats
Handicap simple, messieurs (V 'série), demi-finale
M. Bael Jonas bat M. Germot 2-3,
rinale M. Freeborn bat M. Jonas 7-5, 6-3,
Handicap simple, messieurs' (2' série), finale M, I.
.Chastel bat M. Dumesnil, 1-5, 7-5, 6-3.
Handicap double, mixte. 2' tour': M. Dumesnil et
Mlle Tavernier battent M. et Mme Zambeaux, 6-2 6.0.
Demi-finale M. Blanc et Mlle Porel battent M. Dupas-
quier et Mme Deougis, 7-5, 6-1 M. Dumesnil et Mlle
Tavernier battent M. de Heeren et comtesse d'Hautpoy.1,
w. o..
Handicap simple, dames. Demi-finale Mme Hjjl-
lyard bat Mlle Poujade, 3-Q, 8-6, 6-3.
Finale Mme Puget bat Mlle Merscb,, 6-4, 64.
Championnat double^ mipte. M. Lamente et Mile
Broquedis battent M. Rahe et Mme Puget, 6-3, 6-2.
Championnat simple, dames. Mlle Broquedis bat
Mme HiUyard, 6-3, 6-1.
Championnat simple, international. M. Wilding bat.
le comte Salm, 6-2, 7-5 M. R, Kleinschroth bat
M. W. Laurentz, 6-2, 6-3, 6-0.
Championnat doublc international, MM. Germot et
Laurentz battent MM. Wilding et Decugia, 6.4, Ni.
Reconnu:
Marquis et marquise de Noailles, duc et duchesse de
Morny, M. et Mme Emile Mauger, M. et Mme François
Arago, M. et Mme M. de Yturbe, M. et Mme Jean de
Reszk'é, M. et Mme Whitehead, M. et Mme Egan, M.
et Mme James Bey, M. Maurice Le Hoc, capitaine Brett,
M. et Mme Jean Desplats, etc.
De Wimereux
Malgré le temps déplorable quî règne cette année sur
les côtes françaises, Wimereux, ravissante plage voisine
de Boulogne, fut assez favorisée, et le tournoi annuel de
l'Olympie Tennis Club put se jouer au milieu d'une
affluence considérable.
Le nombre des engagés dépassa les espérances et 226
joueurs s'étaient inscrits pour les différentes épreuves.
Parmi eux, beaucoup d'Anglais, excellentes raquettes,
qui apprécient justement les courts renommés et les dé-
clarent incomparables.
Mme Nutcombe-Quicke était venue disputer la Coupe
des Dames, et se l'attribuait pour la deuxième fois, mal-
gré la brillante défense de Mlle Dardel, très en progrès,
et de Mme Galloway en finale.
M. Géo Manset, le sympathique joueur douaisien,
reste cette année encore le détenteur de la Coupe du Ca-
sino.
La finale donna lieu à une partie des plus intéressantes,
où Lancaster fit preuve d'une énergie et d'une endurance
qui lui valurent de nombreux applaudissements; il suc-
combait, malgré tout, devant le. jeu brillant de son adver-
saire, plus jeune et plus fougueux.
Le dévoué président du Club, M. Dardel, adressait'à.
la fin du tournoi quelquas mots aimables à tous, et re-
mettait aux, vainqueurs les prix nombreux et d'un goût
parfait.
De Vichy:
Une élite de joueurs et de joueuses ont disputé avant-
hier, au golf de Vichy, le Prix Sévigné.
Reconnu dans l'assistance:
Mme Harris, M. Sienkienwicz, M. de Alvear, prince
Zurlo, Mme de Poliakoff, M. Reeks, M. Thompson, M. et
Miles Mimbla, M. Camblos, Mme et Mlles Linossier, Mlle
Solland, M. Hill, M. Palestrino, Mme Lethbridge, Mme
Aletti, Mme Manders, Mme Lamarie, etc.
Voici les résultats des parties:
1. Major Pedley, handicap 8 net, 41 2. M. Grim-
thorpe, handicap 6 net, 42 3. M. Lethbridge, scratch,
44.
De Dieppe:
Au Golf. Résultats 'du Prix Alfred Bérard (mixed four-
somes)
M. J. Jameton et Miss O'Keiff, 108-19=89 M. P. Mal-
let et Mlle Bapst, 105-13=92 M. L. Kingsland et Miss
Carter, 112–18=94 docteur Aumont et Mme Desma-
rais, 112-17=95 Mme Herz et M. Herz, 112– 17=95;
M. Maneuvrier et Mme Aumont, no return.
Le tournoi de tennis de Dieppe vient de finir. Il com-
prenait plus de 200 engagements. Résultats:
Dans les simples, M. Serpette bat M. Lemercier, 7-p,
+6-1.
Dans les doubles messieurs, MM. Molinié et Lemercier,
2-6, battent MM. Velder et Flescher, +15 par 6-2, 6-2.
Dans les doubles mixte, Mlle Clément et M. Ferté bat-
tent Mlle Evrard et M. Flescher, par 6-0, 4-6, 6-4.
Dans le simple dames, Mlle Lemercier bat Mlle Evrard,
+15 par 8-6. 6-3.
Dans le double dames, Mllo Lafond et Mlle Valtiei1,
+4-6, battent Miles Evrard et, Sarniguet, par 4-6, +6:4
et 6-3.
Dans la Coupe Greflulhe (pour joueurs de 2' série);:
MM. Sommers, Lévis et Lemercier battent MM. Molinîô
et Serpette. 6.3, 6-2.
Le comte Greffùlhe, qui est président d'honneur du
comité, a tenu à créer, cette année, un prix qui com-
porte deux coupes et quatre prix pour encourager lès
joueurs de deuxième catégorie.
M. Broquedis dirigeait les handicaps, si difficiles ;à
régler.
Une originale fête d'automobiles, dit le correspon-
dant d'Excelsior, a eu lieu samedi à Biarritz. Elle avait
pour décor la partie de l'avenue Edouard*VII, que le dé-
funt Roi a tant de fois parcourue à pied et qui, entre deux
lignes de somptueux palaces et de villas élégantes, va. du
Victoria au plateau du Phare. Il s'agissait, pour les voi-
tures automobiles, après un départ arrêté, de gravir en
vitesse une côte très escarpée de près d'un demi-kilomè-
tre.
Parmi les concurrents, au nombre d'une trentaine en-"
viron, étaient:
Duc de Frias, comte de Las Arenas, M. de Zaraus,
marquise de Salamanca, marquis Martinez de Hoz, mar-
quis de Aulencia, M. Carlos de Salamanca, M. Pidal,
M. Benoist de Bary, MM. Louis et Raymond Courtois de
Viçose, marquis de Campollano, etc.
Beaucoup de monde pour applaudir nos chauffeurs, et
tout se passa le mieux du monde. »
Le jury était composé de:
Marquis d'Arcangues, marquis de Casa-Argudin, mar-
quis de Mohernando. marquis d'AuJencia, MM. Gusto de
Candamo, Jean Léglise, Masse, Hocmekle, Jules Des-
camps, Pierre Lafont, Garcia de Ogara.
Parmi les spectateurs, reconnu:
Le Prince André, fils du Grand^Duc Alexandre da
Russie, et les Princes, ses frères, etc.
Pornichet, avec sa superbe plage de sable fin et son
climat incomparable, grâce aux émanations de la belle
forêt de pins qui l'entoure et qui se mêlent délicieuse-
ment aux senteurs de la brise marine, justifie sa vogue
sans cesse grandissante.
Les fêtes s'y succèdent sans interruption. Après les
tennis et courses de chevaux (dotés de nombreux prix),
et la Fête des Fleurs, commencera jeudi prochain., W1
grand meeting d'aviation qui s'annonce comme un énorme
succès.
PETIT CARNET
La baronne et Mlle de Baye, le comte et la comtesse
de La Riboisière ont quitté Paris pour Saint-Pétersbourg.
La vicomtesse de Lary de Latour, née Montlivault,
femme du lieutenant de Lary de Latour, du 10° hussards,
vient de mettre heureusement au monde, à Bordeaux,
une fille qui a reçu les prénoms de Marie-Henriette.
M., et Mme Albert de Lassuchette ont quitté leur
propriété de la Courcelle, où ils ont reçu quelques amis,
pour aller passer le mois de septembre au lac de Genève.
NECROLOGIE
Le comte Jacques de Gontaut-Biron, ancien officier
de cavalerie, a succombé la nuit dernière, à l'âge de
soixante ans, en son domicile, 39, rue de l'Université.
Il était l'oncle du marquis de Gontaut-Saint-Blancard.
Il avait épousé Mlle de Mailly-Chalon, dont le frère _a été
ces jours-ci victime d'un grave accident d'automobile.
Le défunt laisse de grands regrets dans la société pa-
risienne. Ses obsèques seront célébrées demain vendredi,
à dix heures, en la basilique Sainte-Clotilde, où l'on se
réunira, et l'inhumation sera faite au cimetière Montpar-
nasse.
Nous apprenons la mort: de Mme veuve Gaubert,
née Bonnes, qui s'est éteinte dans sa quatre-vingt-cin-
quième année, en son domicile, rue Montrosier, 28, à
Neuilly. Elle était la mère de Mme Marc Monod, de M.
Jean Gaubert et de Mme Marius Brugière, la grand'mère
de M. Ernest Seydoux, la cousine du colonel retraite
Louis Puech. Ses obsèques ont eu lieu hier, à neuf heu-
res et demie, et l'inhumation a été faite au cimetière du
Père-Lachaise de Mlle de Cessac, en religion Sœur
Catherine, de l'ordre de Saint-Vincent-de-Paul; une par-
tie de sa vie religieuse fut consacrée à l'œuvre des Ita-
liens pauvres de Paris, présidée par la duchesse de Ca-
mastra. Sœur Catherine était la sœur de Mme de Bran-
tes et de Mile de Cessac. Ses obsèques ont eu lieu en
l'église Saint-Eloi; du major Gratwich, décédé à Exe-
ter (Angleterre), à l'âge de soixante-deux ans. C'était un
journaliste anglais des plus réputés et influents. Il avait
créé le fonds des Orphelins de l'Institut des Journalistes
anglais. Il était, de plus, un homme de sport fort connu;
de M. José Séminario, décédé hier, en son domicile,
rue de Lisbonne, 66. Ses obsèques seront célébrées sa-
medi, en l'église Saint-Philippe du Roule, et l'inhuma-
tion aura lieu au cimetière Montmartre.
Mardi 27 août, est décédée, au château d'Arcy-sur-
Cure (Yonne), à l'âge de soixante-dix-huit ans, Mme de
Vieuxchamps, née de Soulaine, à la suite d'une chute ter-
rible compliquée de congestion, qui entraîna sa mort dans
les souffrances les plus cruelles.
Elle avait épousé, en 1862, M. Henri de Vieuxchamps,
d'une des plus vieilles familles de l'Auxerrois, qui avait
compté notamment dans ses membres: un secrétaire du
Roi, en 1719; deux élus généraux des Etats de.Bourgo-
gne, en 1727 et 1763; trois maires perpétuels d'Auxerre,
de 1692 à la fin du siècle suivant, etc.
Elle ne laisse qu'un fils, M. Joseph de Vieuxchamps,
jadis avocat à la cour de Paris, mais ayant depuis quitté
i le barreau pour raison de santé.
On annonce de Londres la mort, à l'âge de cent et
un ans, de miss Caroline-A. White, très connue dans le
monde littéraire anglais, décédée avant-hier, dans sa rési-
dence de Upper Normand. Miss White s'était fait con-
naître par de nombreux ouvrages dont les premiers datent
de 1850. Elle a continué à travailler jusqu'à l'âge de qua-
tre-vingts ans passés.
Les obsèques de M. Albert Vallin, rédacteur au
Petit Journal, membre de l'Association des Journalistes
Parisiens, seront célébrées aujourd'hui jeudi, à deux heu-
res précises, en l'église Notre-Dame-de-Lorette. On se
réunira à la maison mortuaire, 8 bis, rue de Châteaudun.
Valfleury
UNE VIEILLESSE TRANQUILLE
ne peut être assurée que par un bon contrat de
Rente viagère souscrit à une Compagnie fran-
çaise de premier ordre et de tout repos. « Le
Phénix » (entreprise privée assujettie au con-
trôle de l'Etat), qui paie, chaque année, plus
de 17 millions à 21,000 rentiers et qui a 600
agents généraux, offre des garanties, des avan-
tages et des facilités incomparables. Sa grande
situation lui a valu d'être sans cesse désigné
par les tribunaux pour la constitution de rentes
viagères. S'adresser au siège social, à Paris,
rue Lafayette, 33, ou aux agents généraux.
i
et tes Officiers
Une Importante circulaire du ministre de la
guerre Les Sociétés politiques et l'armée
Et la franc-maçonnerie
On se souvient que, dans un récent conseil
des ministres, M. Millerand, ministre de lc
guerre, a fait part à ses collègues de sozl inten-
tion de rappeler, par une circulaire, les princi-
pes qui réglementent l'exercice du droit d'asso-
ciation dans l'armée. Cette circulaire, adressée
aux gouverneurs de Paris et de Lyon et aux
commandants de corps d'armée,* est publiée ce
itiatin au Journal officiel en voici le texte
Les règles sur l'exercice du droit d'association
dans l'armée qu'il s'agisse de Sociétés d'intérêts
(financières, commerciales ou industrielles), de
Sociétés de secours mutuels ou d'Associations re-
levant de la loi de 1901 (antérieurement de l'arti-
cle 291 du Code pénal) ont été formulées d'une
façon précise par mes prédécesseurs, notamment
dans les circulaires du 27 mai 1895 et du 15 novem-
bre 1904.
En ce qui concerne les officiers de l'armée ac-
tive, les principes n'ont jamais varié.
Aux termes de la circulaire du 27 mai 1895, rap-
pelée et confirmée par celle du 15 novembre 1904,
«. les règles de la discipline s'opposent à ce qu'un
militaire entre, sous aucun prétexte, dans une as-
sociation ayant un caractère politique ou reli-
gieux il ne peut, quel que soit son grade, faire
partie d'une autre société quelconque sans l'au-
torisation expresse du ministre de la guerre n.
Ces dispositions, commandées par l'existence
même d'une armée, et corrélatives de sa mission
exclusive, n'ont pas cessé d'être en vigueur. Tout
officier de l'armée active qui viendrait à les en-
freindre, soit en faisant partie, sans y être auto-
risé, d'un groupement quelconque, soit en, pour-
suivant, sous le couvert d'une association autori-
sée, un but autre que celui indiqué par les statuts
de .cette association, encourrait une punition
exemplaire.
La situation des officiers de complément diffère
nécessairement, au point de vue du droit d'asso-
ciation, de celle de leurs camarades de l'armée ac-
tive.
En dehors de leur participation au fonctionne-
¡ment normal de l'armée, et notamment des pério-
'des qu'ils accomplissent au titre de la réserve ou
de la territoriale, ils ne relèvent, d'une manière
générale, que du droit commun.
Ce principe implique pour eux la stricte obliga-
tion de ne jamais se prévaloir, hors du service, de
leur qualité d'officier, que dans les cas où ils y
sont autorisés par les règlements militaires. En-
core l'indication du grade doit-elle toujours être
suivie de la mention de H réserve » ou de « territo-
riale Une obligation identique s'impose d'ail-
leurs strictement aux officiers en retraite ou en
réforme.
La distinction, nécessaire encore que délicate,
entre les droits du citoyen et les devoirs de l'offi-
cier de complément, trouve une application parti-
culière dans l'exercice du droit d'association.
Il a été, à plusieurs reprises (en particulier à la
séance de la Chambre des députés du 14 mars
19*11, Journal officiel du 15 mars 1911, pp. 1,177
et 56), fait allusion à des associations de la loi de
1901 qui se donneraient pour but, en intervenant
sous des formes diverses, soit dans les corps de
troupe, soit près des pouvoirs publics, de discuter
les actes de l'autorité militaire et de s'immiscer
dans l'administration de l'armée, notamment à
propos des questions d'avancement.
Les membres des associations qui se seraient as-
signé un tel but, à titre principal ou accessoire,
sont justiciables de la loi civile seule s'ils n'appar-
tiennent pas à l'armée, ou si, après lui avoir ap-
partenu, ils ont vu définitivement rompre les liens
qui les y rattachaient.
Il n'est pas besoin de dire, au contraire, que les
officiers de la réserve ou de la territoriale qui
adhéreraient à une association de ce genre se ren-
draient coupables de la faute la plus grave contre
la discipline.
Dans le cas où une telle infraction parviendrait
à votre connaissance, vous ne manqueriez pas do
me la signaler d'urgence, en me proposant contre
l'officier de complément qui en serait l'auteur la
rigoureuse sanction qu'imposent le souci du main-
tien de la discipline et l'intérêt de l'armée.
L'excellent esprit qui anime notre corps d'offi-
ciers, aussi bien de complément que de l'active,
m'est d'ailleurs un sûr garant qu'il m'aura suffi
de rappeler ces règles élémentaires pour en assu-
rer, de la part de tous, le respect.
Certains s'étonneront, sans tiouto, que, dans
cette circulaire du ministre de la guerre, il ne
soit pas fait mention de la franc-maçonnerie
qui est essentiellement une association ayant
un caractère politique, et rentre sans contredit
dans la catégorie des sociétés dont il est inter-
dit aux officiers de faire partie.
Sur ce point, le Journal des Débats donne une
explication qui nous semble un peu spécieuse.
Notre confrère estime que, toute interdiction
formelle étant inefficace si une sanction répres-
sive ne peut être infligée aux délinquants, il
faudrait, pour atteindre les membres d'une
société secrète, comme la franc-maçonnerie, se
livrer à des opérations de police, c'est-à-dire
rééditer les procédés employés par le général
André. Le ministre de la guerre actuel a trop
énergiquement flétri l'odieux système de son
néfaste prédécesseur pour qu'on puissesupposer
un instant qu'il accepterait un tel rôle.
A notre sens, il ne peut y avoir le moindre
doute en l'espèce. La circulaire du ministre de
la guerre ne cite spécialement aucune société
elle dit simplement que, « les règles de la disci-
pU,ne s'opposent à ce qu'un militaire entre, sous
aucun prétexte, dans une association ayant un
caractère politique ou religieux. C'est clair,
net, précis. Comme il n'est pas contestable que
la franc-maçonnerie, malgré tout son secret,
un secret devemu depuis longtemps celui de
Polichinelle fait parti© des sociétés visées,
elle doit être soumise à la même loi que toutes
celles qui se trouvent dans le même cas. L'éga-
lité de responsabilité exige l'égalité de traite-
Lucien Nicot
ÉCOLE DE SAUEV8UR
La sortie des sous-officiers-élèves
Voici la liste par ordre de mérite des sous-
lieutenants-élèves sortis de l'Ecole d'application
de cavalerie, avec leurs affectations
MM. Gavet, 1er chass. d'Afr. Ditte, 2° chass.
d'Afr.; Ritleng, 18" chass. de Castelbajac (L.M.R.),
8° cuir. François, 2e drag. Jacquement, 6° drag.;
Dragon de Gomiécourt, 5e cuir. Pinon, 9° drag.
Veyrenc de Lavalette, 5° chass. de Blois de La Ca-
lande, 3° huss.; Storelli, 28° drag.; de Contaz-Crétet,
14e drag de La Cropte de Chanterac, 9e cuir. Le
Garlnier de Saint-Jouan, 18e chass. Bourganel,
4e chass. d'Afr. Kemlin, 10° cuir: Beaudequin, 8°
drag. Cros-Mayrevieille, 20° drag de Boisfieury,
3 drag. Lucereau, 4 huss, Darbert, 5 chass.
d'Afro Lachauke, 16° drag. de Geyer d'Orth, 2°
chass. Dalmay de La Garennie, 6e chass. d'Afr.;
Echard, 3° chass. d'Afr. Massacrier, 10° drag.
Brossia de Saint-Didier, 29° drag.
Chardin, 8° cuir.; d'Indy, 3° chass. Geoffray, 1er
drag. Paquer, 12e chas.? Gely, 6° huss. More-1,
5° drag. Dorrat, 21° drag. Pitot, 5° cuir. de
Castelbajac (L.M.I.C.), 7° drag.; Gautier, 21° chass.;
Trinquand, 4° cuir.; Dencausse, 19e drag. de My-
thon, 21° drag. Perron, 7e cuir. Hugot-Derville,
4" drag. La Combe, 15° chass.; Fougère, 19° chass.;
Robert, 11° drag. de Laitre de Tassigny, 12° drag.
Poiget, 11° drag. Guillaume, 4° cuir. Crapon, 14°
chass. Gaillard, 9° huss. de Clercq, 6° cuir. Bail-
Ion, 6° cuir. Prévost de Saint-Cyr, 13° drag. Le-
febvre des Noëttes, 3° ,cuir. Bralet, 13° drag. Bou-
bée de Gramont, 11° chass. Charnoz, 11° huss.
Ces officiers rejoindront immédiatement les
corps auxquels ils sont affectés.
Au Japon
LA PREMIÈRE RÉCEPTION DU CORPS DIPLOMATIQUE
Tokio, 4 septembre.
L'Empereur et l'Impératrice ont reçu ensemble,
ce matin, les membres du corps diplomatique ac-
compagnés de leurs femmes, fait sans précédent.
Les souverains ont tenu ensuite des réceptions sé-
parées puis les diplomates, avec les membres de
l'ambassade britannique en tête, ont défilé devant
le cercueil de Mutsuhito, chacun s'inclinant en
passant. Les missions s'étaient rangées en ortire
de préséance sir Claude Macdonald, comme
doyen du corps diplomatique, s'avança et lut un
discours en français, exprimant ses condoléances
à la famille royale et faisant les éloges des vertus
du souverain défunt. Il déposa ensuite sur le cer-
cueil une couronne en argent au nom des diplo-
mates,
La situation à Tripoli
Tripoli, 4 septembre.
La situation reste la même. Cette nuit encore,
les Arabes ont attaqué la redoute des Sidi-Djellil
ils ont été repoussés. A Derna, la situation est as-
sez compliquée le général Reisoli, qui remplace
le général Trombi, rappelé en Italie, prépare une
grande sortie pour dégager les abords de la place,
car les obus turcs viennent tomber jusque dans la
ville.
Des renforts importants sont dirigés sur Derna.
Dans ce but, le général Salsa a quitté Tripoli pour
prendre le commandement de l'artillerie à Derna,
où a été envoyé ces jours derniers un régiment
d'infanterie, deux bataillons alpine et six batte-
ries d'artillerie.
Aujourd'hui, des Askaris se sont embarqués
pour la même destination.
Les fêtes du centenaire
de la campagne de Russie
Saint-Pétersbourg, 4 septembre.
Les délégués militaires français ont visité la ca-
thédrale des saints Pierre et Paul, et ont déposé
une couronne sur le tombeau du tsar Alexan-
dre III.
Démission démentie
Constantinople, 4 septembre.
On déclare inexacte la nouvelle suivant laquelle
Rifaat pacha, ambassadeur de Turquie à Paris,
aurait demandé sa mise à la retraite.
Les négociations italo-turques
̃'•̃̃• Rome, 4'septembre.
En réponse aux divers bruits, d'ailleurs contra-
dictoires, qui ont couru au sujet des négociations
officieuses engagées en vue de la paix, il est per-
mis d'affirmer que ces négociations n'ont nulle-
ment été interrompues et qu'à aucun moment jus-
qu'à ce jour, la Turquie n'a adhéré au point de vue
italien. ̃• /̃
latine
Pérou. L'opinion publique, en général, se
montre extrêmement satisfaite de l'élection de M.
Bilinghurst à la présidence de la république. M.
Leguia, l'actuel président, dont l'administration
n'a pas tenue les espoirs qu'on avait fondés sur
elle, doit partir bientôt pour l'étranger. M. Bilin-
ghurst est un homme d'une soixantaine d'années,
jouissant d'une grande fortune personnelle il
joint à la réputation d'habileté en affaires celle
de la plus grande honnêteté. B.
URUGUAY. Sans démentir un seul instant les
fermes convictions qui font de lui un des défen-
seurs les plus énergiques dans l'Amérique latine,
de la prépondérance de l'élément civil dans une
administration, le président de l'Uruguay, M.
Battle Ordonez, ne néglige aucune occasion pour
améliorer l'armée du pays, où tous les services
sont déjà arrivés à un remarquajjje degré d'orga-
nisation à la moderne et d'efficacité. Certains des
officiers supérieurs de l'Uruguay sont passés par
nos écoles et, voici quelque temps, le capitaine
Oscar Viera et le capitaine Lanza Bossio ont été
désignés pour suivre les cours de l'Ecole de Sau-
mur. Aujourd'hui, ces mêmes officiers viennent
d'être nommés pour faire partie de la commission
militaire qui, sous la conduite de S. Exc. le doc-
teur Guani, ministre plénipotentiaire en Autriche,
doit se rendre aux manœuvres de cavalerie de
l'armée suisse, qui revêtiront, on le sait, une ex-
ceptionnelle importance, cette année. P.
J.-T. Machado
A travers la Presse
UN COMPLOT POLICIER
Nous n'avons pas cru devoir, à l'exemple de
plusieurs de nos confrères, parler d'un complot
policier qui aurait été tramé à l'instigation de
M. Borde, 'commissaire de police du neuvième
Arrondissement, contre l'Action Française et
les camelots du Roi, avant d'en avoir la confir-
mation pleine et entière.
Mais l'Action Française, confirmant l'exac-
titude des faits, nous n'avons plus de rai-
son de garder le silence à ce sujet. Nous allons
donc résumer, d'après notre confrère le Temps,
le récit qu'il fait de cette singulière affaire.
La Guerre sociale a institué, sous le nom de
« service de sûreté Tévolutionnaire », une sorte
de contre-police. Avant-hier soir, une trentaine
de journalistes avaient été convoqués par M.
Almereyda, secrétaire de la rédaction, dans les
locaux de cette feuille révolutionnaire, pour y
entendre la relation du complot policier et les
déclarations d'un certain Vemeuil, ex-agent de
la Sûreté générale.
Ce Verneuil, dit M. Almereyda, se présentait
comme commerçant d'armes de contrebande. Il
offrit des revolvers aux camelots du Roi, revol-
vers qu'il assuTait provenir des manufactures
d'armes de Belgique.
•V
A ce moment, M. Pujo, rédacteur à l'Action
Française, présent à la réunion, précisa que les
camelots du Roi avaient fait cette acquisition
afin de mettre une arme dams leurs permanen-
ces de quartier, qui pourraient être attaquées
par des adversaires politiques. Le Temps
ajoute
Suivant les déclarations même de Verneuil,
reprend M. Almereyda, deux douzaines de revol-
ver ont été ainsi achetées dans une armurerie
MM. Souzy et Lacam, boulevard Voltaire, 31
par Verneuil, qui était accompagné d'un agent de
la Sûreté. Les armes, payées 32 francs pièce, ont
été revendues aiux camelots du Roi 27 francs l'une,
avec 5 francs de perte sur le prix de chacune. Cette
générosité est due à ce que Verneuil agissait à ce
moment pour le compte de la Sûreté parisienne,
sous la direction de M. Jouin.
M. Almereyda passe ensuite au deuxième chef
d'accusation et il met ici en cause M. Borde, com-
missaire de police du quartier du Faubourg-Mont-
martre.
M. Borde aurait connu l'affaire des revolvers. Il
se sériait attaché Vsmeuil moyennant la promesse
L. N.
L'Informé
d'un versement de 20,000 francs a si le coup réus-
sissait Il, et ensuite une situation en province. Le
«coup Il, c'était l'organisation d'uh complot contre
la sûreté de 1 Etat. Verneuil devait faire tenir aux
camelots du Roi des « armes de guerre », des cara-
bines Browning, que M. Borde fournirait.
rivant d'aller plus loin, M. Borde aurait informé
le préfet de police qu'il tenait les fils d'un complot.
Mais M. Lépme aurait refusé de s'occuper de l'af-
faire et aurait renvoyé le commissaire de police à
la Sûreté générale.
M. Hennion aurait donné pleins pouvoirs à M.
C'est alors que celui-ci fit offrir par Verneuil
aux camelots du Roi' une carabine Browning ache-
\X, M. Almereyda, 175 francs,
savant 1 armurier, chez M- A. Weber, rue Saint-
Charles, 149 bas. L' « arme de guerre fut offerte
pour le prix de 150 francs aux camelots du 'ro? ÏÏ2
avec 30 francs de perte. Les camelots du Roi refu-
Verneuil ^°rS s'adrassa à la Guerre sociale. Fai-
sant mine d'accepter, M. Almereyda garda pen-
puis la rendit à Ver-
dulôi!1 reVlnt à la charge auprès des camelots
Verneuil, dit-il, nous pria de lui prêter 80 fr.
Il nous laissait la carabine en gage: Peu après, il
nous dit qu'il était hors d'état de nous rembourser
et moyennant 20 francs de plus, on fit l'acquisition
de terme, sur la remarque qu'elle avait une valeur
bien supérieure et qu'on en trouverait toujours le
Verneuil prit à ce moment le parti de dispa-
raître. Le commissaire de police fit rechercher
convocations^1161 ne répondit à aucune de ses
Verneuil, Panant son tour la parole, re-
connut que le rédacteur de la Guerre sociale
SdanVâslnf- Puis, il une déclara-
Il va sans dire. que les révélations de l'agent
ont P?;°1uit Une vive émotion à S
Sûreté générale Il fallait s'attendre à un dé-
menti officiel. L'agence Havas s'est empressée
de le communiquer aux journaux. Le voici
Le ministre de l'intérieur, questionné au sujet
des artIcles parus ce matin dans la presse et con.
cernant la u provocation » qui aurait été organi-
sée par la Sûreté générale a uprès des groupements
de l'Action française, a répondu
J'ai vu ce matin M. Hennion, qui m'a déclaré
qu'il ne connaissait rien de cette affaire.
» M. Borde, qui a été mis en cause, est actuel-
lement en congé. Je l'ai prié de rentrer à Paris.
» Je procède à une enquête personnelle. Il m'est
donc impossible, pour le moment, de vous en dire
plus. »
D'après notre confrère la Liberté, Verneuil'
serait actuellement en fuite. Il aurait dès hier
passé la frontière. »
Attendons la suite des faits. Mais, d'ores et
déjà, nous tenons à protester nous-mêmes con-
tre d aussi misérables procédés policiers, dont
1 ignominie ne saurait être flétrie trop énerei-
quement.
Nos Missionnaires. Un éloquent appel
M. André Beaunier vient de publier dans le
Figaro ses impressions au cours d'un voyage
qu'il fit, en compagnie du Père Clément, supé-
rieur des Augustins de l'Assomption à, Galli-
poli, et de plusieurs jeunes religieux. Sur le
même bateau, avaient pris passage les membres
d une mission laïque, et notre confrère s'est li-
vré, sur ces deux catégories de missionnaires,
à une étude fort suggestive..
Citons un passage de son article
Ce que je vais dire, j'affirme que je ne le dirai
pas avec une intention de palémique et je ne sou-
haite d'offenser personne. -Je le dis parce que c'est
vrai, parce que je l'ai vu, parce que cette constata-
tion est toute pleine de conséquences, (Comme.nt
n'aurait-on pas envie de rendre hommage à des
Français de vingt ans, qui se sont instruits à grand
effort et qui, pour un maigre salaire, quittent leur,
pays, leur famille et le calme casanier, afin d'en-
seigner là-bas, dans des bourgades perdues, dan-
gereuses, la lecture et l'usage des mots français,
l'amitié française ?.)
Eh bien, il était impossible de pass.er, sur ce
bateau, les quatre jours de la traversée sans com-
parer les religieux et les instituteurs, sans éprou-
ver, auprès des instituteurs, une espèce de cha-
grin. Ah comme ils jouaient à la manille, sur le
pont, et avec des calembours qu'ils n'inventaient
pas Ils avaient l'air de prolonger une partie com-
mencée au café du Commerce, dans un chef-lieu.
de canton. Et quel était l'éclat de leur voix quelle,
la vivacité de leurs plaisanteries v'
On aurait mauvaise grâce à le leur reprocher.:
Aussi bien, il ne s'agit pas d'un reproche.
Ils ont côtoyé l'île d'Egine, où ont souri pour la
première fois en Grèce les visages de pierre, et l'il-
lustre Salamine sans lever les yeux, à cause du
manillon qui les occupait.
Il ne s'agit pas d'un reproche et, si l'on dit que
je fais le renchéri, non, ce n'est pas cela. Mais l'es-
prit de France était porté sur les eaux pour aller,
là-bas, dans les pays du soleil levant, séduire et
persuader des âmes ignorantes. L'esprit de France
jouait à la manille éperdûment.
Enfin, j'épuiserais en vain les périphrases
quelle vulgarité
Les religieux avaient une bonne tenue.
Je crois, en toute sincérité, qu'il faut, pour aider
à l'œuvre immense de gens modestes, un sentiment
d'une autre nature qu'eux. S'ils tiennent dans leurs
mains un Dieu, leur attitude est belle.
Les religieux du P. Clément provenaient, je le
suppose, de la même catégorie sociale que les ins-
tituteurs. Mais ils obéissaient à une règle plus an-
cienne que nulle aristocratie. Et. l'on était heureux
de penser qu'ils fussent les missionnaires de l'es-
prit de la France. Les autres, non.
Comme le fait remarquer l'Autorité, voilà
bien la différence morale entre nos missions ca-
tholiques et celles qu'organise le gouvernement
en Orient. Il y a entre elles toute la profondeur
du sentiment qui anime les religieux, la foi qui
fait les héros et les martyrs.
m
Aussi lira-t-on avec intérêt l'appel que vient
de lancer, en faveur de l'Institut d'Orient, le
Père Richard, supérieur capucin et missionnai-
re apostolique, délégué en France par cette œu-
vre catholique, dont les services rendus à la ci-
vilisation et à la cause française ne se comptent
plus. En voici un passage principal
Pour intéresser donc les catholiques de France
à cette oeuvre et ainsi pouvoir surmonter les pre-
mières difficultés, je vais exposer en quelques li-
gnes le but de notre Institut. Le premier but, c'est
la religion. Le but qui vient tout de suite après,
c'est la propagation de la langue française. Quoi-
que notre Institut soit international, je puis ce-
pendant affirmer que tous ses membres sont ani-
més de la plus grande sympathie et affection pour
ce noble pays. Du reste, de notre patriotisme fran-
çais, nous avons donné une preuve bien claire en
prenant position contre le projet de nous placer
sous le protectorat italien. Je comprends très bien
que l'Italie désirait avoir la protection de l'Insti-
tut il y a eu des pourparlers très sérieux et c'est
grâce à notre attitude énergique et hostile qu'ils
n'ont pu aboutir vu que l'Institut se compose de
cent dix Pères et Frères, les séminaristes non com-
pris, dont il y a une vingtaine.
Comme résultats obtenus, je puis citer la ,la
fondation d'une école française à Erzeroum
2° l'introduction de la langue française comme
langue d'Eglise dans toute la mission de la mer
Noire nous avons lutté, pendant dix ans, pour
éliminer la langue italienne 3° dans les petites
localités où nous ne pouvons faire venir les Freres
et les Soeurs, nous enseignons par des leçons parti-
culières la langue française 4° dans notre séminai-
re de San-Stefano et surtout à Boudjah, les jepnes
séminaristes sont initiés aux beautés de cette lan-
gue si élégante. Ce seront, tout prochainement, au-
tant d'apôtres pour la langue et l'influence fran-
çaises en Orient. L'Institut est sous la protection de
la France et la France peut croire que cet Institut
ne négligera rien pour se rendre digne de cette pro-
tection en continuant à travailler pour la France
et en favorisant partout les œuvres françaises
dans la personne de ses membres, qui ont une im-
mense influence en leur qualité de curés.
Comme j'ai essayé de le faire comprendre aux
lecteurs et aux lectrices au commencement de cet
exposé, notre Institut se débat au milieu de gran-
des difficultés financières. Ce sont toujours les
commencements qui sont difficiles. Mais, dans no-
tre cas, ils sont même plus que difficiles, puisque
nous avons hérité des Vénitiens d'une dette de
60,000 francs. Cette dette doit être payée et l'Insti-
tut a juste de quoi vivre. En attendant, les créan-
ciers nous pressent. Voilà pourqv^i j'adresse cet
appel aux catholiques de France. La France, tou-
jours si généreuse quand il y a à faire du bien, à
secourir les malheureux, à sauver ceux qui sont
sur le point de sombrer, se montrera, en suis
convaincu, aussi dans cette occasion, digne de son
passé glorieux.
Paris le 18 août 1912..
Supérieur Capucin et Missionnaire
apostolique, délégué de llnstitut.
Le R. P. Richard demeure 157, rue de Sèvres,
Souhaitons que cet éloquent appel soit en-
tendu des âmes catholiaues françaises.
fin. Demaill»
LE GAULOIS JEUDI SEPTEMBRE
hôpitaux voisins où les chirurgiens et les méde.
cins s'empressèrent de leur donner des soins.
<• •
La nuit dernière fut particulièrement. terri-
Me. A deux heures,'vingt et un cadavres avaient
été remontés. Mais, à ce moment, les recherches
durent être ralenties en raison de graves diffi-
cultés qui mettaient les sauveteurs en danger.
Et, en effet, deux heures après, une nouvelle
explosion se produisait, faisant quatre victimes
parmi les sauveteurs l'un d'eux, M. Abraham,
fut tué les trois autres, MM. Luc, Lefebvre et
Quinet, furent grièvement blessés.
M. Dupont, ingénieur divisionnaire de la
mine, méprisant le danger, partit dans la mine
à la recherche de M. Bouquillon, délégué mi-
meur, que l'on croyait descendu dans le quar-
tier où le coup de grisou avait explosé. En réa-
lité, le délégué mineur était remonté avant la
catastrophe. Au bout d'un certain temps, l'in-
génieur divisionnaire n'ayant pas reparu, des
secours furent envoyés toutes les recherches
restèrent vaines et l'infortuné ne fut pas re-
trouvé.
M. Dupont fit preuve, en cette nuit tragique,
d'un courage admirable q ui m'a été ainsi ra-
conté
L'ingénieur, qui avait déjà exploré le fond et
était remonté exténué, demanda, vers quatre
heures du matin, des hommes de bonne volonté
pour reprendre ses recherches. Tous les sauve-
teurs et les mineurs présents s'offrirent avec
empressement pour aller au secours de leurs
camarades.
Une équipe d'une trentaine d'hommes est ra-
pidement constituée. Une fois de plus, la benne
descend. M. Dupont et les sauveteurs viennent
à peine de toucher le fond et de parcourir avec
précaution une certaine distance dans ces ga-
leries où la chaleur est étouffante, qu'une nou-
velle explosion retentit. Le grisou vient de
nouveau, à quelques mètres en avant, d'éclater,
enflammant les boiseries et faisant de nouvelles
{victimes.
Les sauveteurs, qui ont été projetés sur le sol,
ee relèvent et fuient vers la cage, mais deux
''d'entre eux sont blessés, un autre est mortelle-
ment atteint..
M. Dupont, qui reste le dernier, inspectant le
chemin parcouru, s'aperçoit bientôt que deux
de ses hommes manquent à l'appel. « Remon-
,tez, dit-il, je vais chercher nos compagnons.
Il s'élance à nouveau dans les galeries de-
puis, on ne sait ce qu'il est devenu.
A leur tour, les ingénieurs Parent et Remy,
'du service des mines, descendirent à six heu-
res du matin et dirigèrent les travaux de se-
cours, mais comme les explosions se faisaient
de plus en plus fréquentes, les sauveteurs fu-
xent obligés de battre en retraite.
,*̃.
• ̃ ̃
On suppose que l'incendie qui s'est déclaré
"a eu raison du mur de protection qui avait été
'élevé au fond de la fosse. C'est ainsi que l'on
explique que le feu ait pu atteindre les régions
grisouteuses de la mine pendant que les sau-
veteurs travaillaient au déblaiement des gale-
ries éboulées et recherchaient les cadavres.
Il est à redouter, dans ces conditions, que ces
nouvelles explosions n'aient fait de nouvelles
victimes parmi les mineurs emprisonnés der-
rière les éboulements.
M. Léon, ingénieur en chef du contrôle, ac-
couru,,j'un des premiers, redescendit dans la
mine en feu à sept heures du matin, avec une
nouvelle équipe de sauveteurs. Mais le grisou
semble vouloir empêcher les sauveteurs d'ac-
complir leur rude mission. M. Léon, qui avait
'recommandé à ses hommes la plus grande pré-
caution, vient à peine de franchir quelques mè-
tres, qu'une fois encore une explosion déchire
l'air. On ne peut aller plus loin et l'équipe
doit remonter.
Mais M. Léon, qui a pu faire des observations
extrêmement intéressantes, veut entreprendre
'une nouvelle tentative. Il confère avec les ingé-
nieurs du fond' et décide une autre descente
pour se rendre compte des ravages commis par
les explosions successives et pour rechercher
M. Dupont, qui n'a toujours pas reparu.
II est neuf heures. M. Léon, les ingénieurs
des mines Kuss, Remy et Parent et cinq sauve-
teurs ayant chacun sur la tête. un appareil res-
piratoire, descendent au fond. Arrivée â'Fétiage
de 933 mètres, la petite troupe se diyise en deux
groupes., •' ''̃ '•"
Deux ingénieurs et deux sauveteurs s'arrê-
tent à cette hauteur, tandis que leurs collègues
vont explorer les galeries situées à 1,000 mè-
tres. L'équipe se livrant à l'exploration de la
veine 933 se dirigea sur les lieux de la catastro-
phe. Elle fut vite arrêtée en chemin, les galeries
étant complètement obstruées par les éboule-
ments. Néanmoins, les sauveteurs frappèrent
sur les tuyaux, crièrent à pleins poumons mais
:aucun cri ne leur répondit ils rencontrèrent
seulement sur leur route les cadavres de trois
chevaux éventrés et calcinés.
Pendant ce temps, M. Léon, qui était des-
cendu à cent mètres, faisait des explorations
qui malheureusement ne donnèrent aucun
résultat. Là encore, les appels et les coups des
sauveteurs restèrent sans réponse.
Ces hommes, qui s'étaient avancés jusqu'à
environ 800 mètres de l'accrochage durent in-
terrompre leur marche, l'air étant irrespirable,
et plusieurs lampes s'étant éteintes. M. Léon ne
voulant pas compromettre inutilement la vie de
ces braves, qui faisaient des efforts inouïs pour
retrouver leurs camarades, ordonna le retour.
Les sauveteurs, munis du casque respiratoire,
,avaient cependant pu, au préalable, frayer un
passage dans les éboulements pour permettre
le passage de l'air.
De son côté, M. Léon, à la tête du deuxième
-groupe, avait pu remarquer l'existence d'un
Incendie dont les ravages faisaient des progrès
rapides. Arrivée à la yeine 933, cette équipe
rejoignit les sauveteurs laissés au passage
mais avant de remonter, on voulut faire urne
nouvelle tentative pour retrouver M. Dupont.
Pensant que le malheureux ingénieur avait
voulu se rendre compte en même temps qu'il
cherchait seul les sauveteurs qui s'étaient éga-
rés de l'état du barrage construit lors du récent
incendie, M. Léon et ses compagnons se diri-
gèrent de ce côté.
Cette exploration fut aussi infructueuse que
les précédentes et on ne trouva aucune trace de
ï'infortuiné, qui est maintenant considéré com-
me perdu.
Dans cette région, l'air était irrespirable et
un ingénieur, M. Rémy, qui n'était pas muni
du casque, fut si incommodé qu'on dut lui pro-
diguer des soins dès qu'il arriva au jour.
Au moment où la cage allait remonter, une
nouvelle explosion retentit pour la quatrième
fois, le grisou venait encore d'exploser.
Cette dernière tentative, déclara M. Léon
en mettant le pied sur la surface, nous retire
tout espoir les gaz s'accumulent dans diffé-
rents endroits. Le danger est grand mainte-
nant dans plusieurs veines un incendie ravage
les boiseries nous ne pouvons plus, hélas 1
rien tenter. Une nouvelle explosion est à crain-
dre à tout moment nous ferons cependant tout
le possible.
Et l'ingénieur en chef s'éloigna navré, les
.yeux mouillés de larmes*
4V
Les causes de la catastrophe ne sont pas en-
tore établies. Au début de cette année, un in-
endie avait été constaté au fond de la fosse nu-
méro 1 des mines de la Clarence. Le service du
contrôle, après avoir fait isoler l'incendie par
des barrages, avait suspendu l'extraction pen-
dant près d'un mois. Depuis, aucun incident
n'était survenu.
D'autre part, la fosse passait pour être grisou-
teuse et on se demande en ce moment si la ca-
tastrophe a été causée par le grisou ou si elle
a été la conséquence d'un « coup de pous-
sière », comme à Courrières, à la suite de l'in-
flammation de gaz émanés de la partie jadis
incendiée.
M. Jean Dupuy, ministre des travaux pu-
blics, est arrivé ce matin, accompagné de M.
Gustine, chef adjoint de son cabinet, et de M.
Charguéraud, ingénieur en chef des travaux
publics.
Reçu à sa descente de voiture par M. Léon,
entouré des ingénieurs des mines et des ingé-
nieurs de la Compagnie, le ministre s'est fait
conduire immédiatement dans la salle des in-
génieurs, où il a prié l'ingénieur en chef du
contrôle de lui donner des explications sur les
tentatives de sauvetage effectuées ainsi que
sur l'état des lieux.
Je savais hier soir, dit M. Léon, où étaient
ces malheureux, et nous n'allions pas à tâtons
secourir. Mais depuis, des éboule-
ments considérables se sont produits, les gale-
ries sont complètement obstruées et je ne puis
plus vous indiquer, monsieur le ministre, les
endroits que nous avons réparés.
M. Jean Dupuy a alors manifesté le désir de
voir les cadavres. M.' Léon a conduit le minis-
,tre dans le local transformé en dépôt mor-
tuaire, où sont rangés vingt et un corps. Le mi-
nistre et tous les assistants, tête nue, ont été
douloureusement frappés à la vue de tous ces
pauvres corps de travailleurs mutilés et calci-
nés.
Après avoir salué les malheureuses victimes,
M. Jean Dupuy est remonté en automobile et
s'est fait transporter aux hôpitaux des mines
de Maries et de Bruay, où ont été transportés
les blessés. Sur les sept blessés soignés à Bruay,
deux sont morts dans l'après-midi l'état des
cinq autres est des plus graves.
M. Jean Dupuy a reçu du président de la
république le télégramme suivant
Très vivement ému de la nouvelle de la catastro-
phe qui a frappé la population de la Clarence, je
m'associe à la douleur publique et je vous prie
d'offrir aux victimes qui ont survécu et à toutes les
familles si cruellement éprouvées, l'hommage de
ma profonde sympathie.
Le ministre s'est fait auprès de la population
l'interprète des sentiments du Président.
On annonce que la Caisse des victimes du
Devoir vient de décider l'envoi d'urgence d'une
somme de quatre mille francs pour être répar-
tie entre les familles des victimes de la catas-
trophe.
en peu de mots
LA JOURNEE
Courses à Saint-Cloud :'à 2 heures,,
A PARIS
Fernand Hémery, l'un des jeunes gens qui
furent arrêtés au square des Arts-et-Métiers dans
la nuit de dimanche à lundi pour le cambriolage de
l'armurerie du boulevard de Strasbourg, a été re-
mis en liberté, son innocence ayant été reconnue.
Les ouvriers limonadiers et restaurateurs
organisent de nombreuses réunions de propagande
en vue de faire aboutir le cahier des revendica-
tions élaboré par leur chambre syndicale.
Au nom du syndicat des instituteurs de la
Seine, M. Chalopin, secrétaire, vient d'écrire à M.
Delanney pour le prier d'intercéder auprès du mi-
nistre de l'instruction publique, afin d'obtenir un
sursis à propos de la dissolution du syndicat.
r- Plusieurs sections du syndicat des sous-
agents des P. T. T. ont fait parvenir des adresses
de sympathie et d'encouragement aux instituteurs
syndicalistes.
On signale nne nouvelle hausse de la Seine
dans la traversée de Paris on prévoit que cette
crue pourra s'accentuer encore d'ici la fin de la se-
DANS LES DEPARTEMENTS
M. Pams, ministre de l'agriculture, a quitté
sa propriété de Valmy (Pyrénées-Orientales); Il
se rend à Paris pour assister au conseil des mi-
nistres de demain vendredi.
Les champignons vénéneux continuent à
faire de nombreuses victimes A Thurins (Rhône)
huit ouvriers espagnols ont été empoisonnés. A
Mouilleron-en-Paré (Vendée), deux enfants, René
et Denise Prunier ont succombé après avoir mangé
des amanites qu'ils avaient eux-mêmes cueillis.
Un train venant de Toulouse a tamponné,
en gare de Foix, un train venant de Saint-Girons.
Cinq voyageurs ont été blessés.
Le cavalier Vasseaux, du 14° dragons, qui
dormait sur un tas de fourrage, à Saint-Hilaire-le-
Grand, près Reims, est tombé sur le sol et s'est
fracturé le crâne. Il est mort presque aussitôt.
Le chalutier calaisien 23-G. a rencontré en
mer, épuisés, les jeunes Français Walter et Bou-
gert, qui étaient partis en yole, mardi dernier, de
Douvres. La yole était remplie d'eau. Le chalutier
a ramené lés deux rameurs à Calais.
A Revin, près de Sedan, le jeune Revin
tombe dans la Meuse. Sa mère se ette à l'eau pour
le sauver, mais se noie. Seul le cadavre dé l'enfant
a été retrouvé.
On annonce de Thiviers (Dordogne) la mort
de M. Albert Theulier, ancien député, ancien pré-
sident du conseil général et ancien maire de Thi-
viers. Il était âgé de soixante-douze ans.
Le conseil municipal socialiste de Rivesalte
vient de voter une motion de félicitations aux ins-
tituteurs syndicalistes et de protestation contre la
mise en demeure faite aux syndicats d'avoir. à se
dissoudre.
Le cadavre d'une femme inconnue a été
trouvé sous le tunnel de la Richardie, près de
Cransac. On ignore s'il y a accident, crime ou sui-
cide.
A son passage en gare de Libercourt, le ra-
pide de Douai a été lapidé par des malfaiteurs in-
connus. Un voyageur a été légèrement blessé.
Par suite d'une cause accidentelle encore
inconnue, le capitaine d'administration Demont,
de Lille, qui se rendait à Douai, est tombé de son
compartiment sur la voie et s'est fracturé le crâ-
ne. Son état est désespéré.
Le docteur Lantier, de Bordeaux, dont une
dépêche de cette ville annonçait hier la dispari-
tion au cours d'un voyage en Corse, est retrouvé.
L'hôtel où il était descendu à Ajaccio avait été in-
cendié et le docteur s'était embarqué pour la
France sans avoir prévenu sa famille.
Mme de Pelen, publiciste à Paris, s'est as-
phyxiée hier à Tunis avec un réchaud de charbon.
On ignore les motifs de cet acte de désespoir. Elle
était née en 1864.
La section socialiste de Tours vient de dé-
cider à l'unanimité de déposer une demande de
contrôle contre M. Emile Faure, député. Celui-ci
est invité à fournir des explications au cours d'une
réunion qui aura lieu samedi prochain à Tours.
A. B.
MONDANITÉS
LES COURS
LE DÉPART DU ROI DE GRÈCE
S. M. le Roi des Hellènes, après avoir expédié son
courrier et donné des ordres pour son départ, a fait une
longue promenade à pied, dans la matinée d'hier. A une
heure, il réunissait à sa table, à l'hôtel Bristol: M. Ro-
manos, ministre de Grèce; le lieutenant-colonel d'artille-
rie Charalambis, attaché militaire de la légation; le lieu-
tenant de vaisseau Botassis, attaché naval; le lieutenant-
colonel Condoyannis, chargé d'une mission spéciale en
France; le général Pallis, chef de sa maison militaire, et
le comte Cernowitz, son écuyer. Pendant toute la jour-
née d'hier, le registre déposé à l'hôtel Bristol se rem-
plissait de signatures. 11 n'a été retiré que fort tard dans
l'après-midi.
Le soir, à neuf heures et demie, le Roi, accompagné
ae M. Romanos, a quitté l'hôtel, en automobile, pour
aller à la'gare du Nord prendre, à dix heures, le rapide
de Cologne. Sur le quai de la gare, Sa Majesté a été sa-
luée par Mme Delyanni, MM. Pierre-N. Delyanni, Sici-
lianos et Simopulo, secrétaires de la légation; M Manos,
ancien ministre de Grèce à Vienne; M. Mikès Sinodino,
président de la colonie hellénique d'Alexandrie, de pas-
sage Paris; le baron Stœckl, chambellan de l'Empereur
de Russie, attaché à la personne de S. A. I. la Grande-
Duchesse Vladimir; les trois officiers hellènes cités
plis haut et qui ont eu l'honneur de déjeuner à la table
royale, à l'hôtel Bristol; M. Lechelle, chef du mouve-
ment de la Compagnie des Chemins de fer du Nord; M.
Averlant, inspecteur principal adjoint; M. Lachaume, ins-
pecteur, qui a accompagné le souverain, jusqu'à la fron-
tière M.. Théry, chef de gare, et M. Poncet, commis-
saire spécial, qui veillait sur la personne de Sa Majesté
pendant tout son séjour à Aix-les-Bains et qui est monté
également dans le train royal.
Le Roi, qui portait un long pardessus gris de voyage
et un petit chapeau melon, s'arrêta sur le quai au milieu
d'un demi-cercle formé par tous ces personnages, et, ten-
dant la main à chacun, il lui adressait quelques paroles.
Le souverain a causé plus longuement avec Mme De-
lyanni, M. Sinodino et le baron Stœckl, qui était venu
exprès présenter ses hommages au souverain et lui don-
ner des nouvelles de la Grande-Duchesse Vladimh-, dont
la fille, la Princesse Hélène, a épousé, comme on sait, le
Prince Nicolas de Grèce.
Le Roi Georges se rend directement à Copenhague
pour voir ses parents et se rencontrer avec ses sœurs, la
Reine Alexandra, actuellement à Christiania, auprès de
sa fille, la Reine Maud de Norvège, et l'Impératrice
douairière de Russie. Sa Majesté sera de retour à Paris
dans quatre ou cinq semaines la durée de son séjour
en Danemark dépend de la marche des événements dans
les Balkans. II fera alors un séjour plus prolongé parmi
nous et échangera des visites officieuses avec le prési-
dent de la république, qui donnera un déjeuner en son
honneur. Rappelons que ce sera la dernière visite royale
au palais de l'Elysée pendant la présidence de M. Fal-
lières.
S. M. le Roi Albert de Belgique, qui voyage depuis
quelques jours en automobile à travers le continent, est
arrivé avant-hier à Insbruck, venant du sud du Tyrol.
Sa Majesté a continué sa route dans l'après-midi, vers
A. FALLIÈRES.
Armand Villette
Berchtesgaden, d'où Elle retournera au Tyrol. On prête
au souverain l'intention de faire plusieurs ascensions
dans les montagnes tyroliennes.
S. A. R. le Prince Antoine d'Orléans et Bragance
est parti pour la Hongrie.
On annonce de Saint-Pétersbourg que W Grande-
Duchesse Elisabeth-Féodorovna, sœur de l'Impératrice
Alexandra, qui avait passé plusieurs jours auprès de la
famille impériale russe, vient de partir pour Kiew, d'où
elle se rendra à .Moscou et à Borodino pour y assister aux
fêtes du centième anniversaire de la guerre de
DANS LES CHATEAUX
̃– LL. AA. RR. ta Princesse Arnulf de Bavière et le
Prince Henri de Bavière, accompagné de son aide de
camp, le comte Spretti, effectuent un voyage en auto-
mobile à travers la France et viennent d'être les hôtes
du vicomte et de la vicomtesse Bernard de Jousselin, au
château de Froidefontaine, en Anjou.
Les châtelains du voisinage ont tenu à fêter Leurs Al-
tesses Royales, et la duchesse de La Trémoïlle donnait
lundi, dans sa magnifique demeure de Serrant, un déjeu-
ner dont ses enfants et petits-enfants l'aidaient à faire-
les honneurs. '̃̃ ̃••,
Citons parmi les convives:, ̃
LL. AA. RR. la Princesse Arnulf de Bavière et 'le
Prince Henri de Bavière, duchesse de La Trémoïlle, née
Pillet-Will vicomtesse de La' Rochefoucauld, nûe prin-
cesse de La Trémoïlle comte Spretti, vicomte et vi-
comtesse Bernard de' Jousselin, prince et princesse Henri
de Ligne, marquis et marquise de La Rochefoqcauld-
Bayers, comtesse de Montgomery douairière, princesse
Marguerite de La Tremoïlle, vice-amiral baron Duperré,
général Bizot, professeur Brochard, vicomte de Chémel-
lier, Mlle de Chêmellier.
Goûters également, au château de la Thibaudière, chez
le comte et la comtesse de Montlaur; au château de Pi-
gnerolle, chez M. et Mme de Saint-Chamant, etc.
En quittant l'Anjou, Leurs Altesses Royales se ren-
dent à Dinard, puis au château de Josselin, chez le duc
et la duchesse de Rohan.
PLAGES ET VILLES D'EAUX
De Deauville:
Le général et Mme Zurlinden viennent, d'arriver
Deauville.
La baronne de Sermet y prolonge son séjour ainsi que
la comtesse de Brmingham et M. et Mme Edmond Doll-
fus.
Mme Delchet, venant de Bourbonne, s'est installée en
sa villa Palissy.
M. et Mme Arago, le comte et la comtesse d'Hautpoul
occupent toujours leurs villas de Trouville;
Très beau temps; public nombreux aux finales du tour-
noi de tennis de Deauville. Résultats
Handicap simple, messieurs (V 'série), demi-finale
M. Bael Jonas bat M. Germot 2-3,
rinale M. Freeborn bat M. Jonas 7-5, 6-3,
Handicap simple, messieurs' (2' série), finale M, I.
.Chastel bat M. Dumesnil, 1-5, 7-5, 6-3.
Handicap double, mixte. 2' tour': M. Dumesnil et
Mlle Tavernier battent M. et Mme Zambeaux, 6-2 6.0.
Demi-finale M. Blanc et Mlle Porel battent M. Dupas-
quier et Mme Deougis, 7-5, 6-1 M. Dumesnil et Mlle
Tavernier battent M. de Heeren et comtesse d'Hautpoy.1,
w. o..
Handicap simple, dames. Demi-finale Mme Hjjl-
lyard bat Mlle Poujade, 3-Q, 8-6, 6-3.
Finale Mme Puget bat Mlle Merscb,, 6-4, 64.
Championnat double^ mipte. M. Lamente et Mile
Broquedis battent M. Rahe et Mme Puget, 6-3, 6-2.
Championnat simple, dames. Mlle Broquedis bat
Mme HiUyard, 6-3, 6-1.
Championnat simple, international. M. Wilding bat.
le comte Salm, 6-2, 7-5 M. R, Kleinschroth bat
M. W. Laurentz, 6-2, 6-3, 6-0.
Championnat doublc international, MM. Germot et
Laurentz battent MM. Wilding et Decugia, 6.4, Ni.
Reconnu:
Marquis et marquise de Noailles, duc et duchesse de
Morny, M. et Mme Emile Mauger, M. et Mme François
Arago, M. et Mme M. de Yturbe, M. et Mme Jean de
Reszk'é, M. et Mme Whitehead, M. et Mme Egan, M.
et Mme James Bey, M. Maurice Le Hoc, capitaine Brett,
M. et Mme Jean Desplats, etc.
De Wimereux
Malgré le temps déplorable quî règne cette année sur
les côtes françaises, Wimereux, ravissante plage voisine
de Boulogne, fut assez favorisée, et le tournoi annuel de
l'Olympie Tennis Club put se jouer au milieu d'une
affluence considérable.
Le nombre des engagés dépassa les espérances et 226
joueurs s'étaient inscrits pour les différentes épreuves.
Parmi eux, beaucoup d'Anglais, excellentes raquettes,
qui apprécient justement les courts renommés et les dé-
clarent incomparables.
Mme Nutcombe-Quicke était venue disputer la Coupe
des Dames, et se l'attribuait pour la deuxième fois, mal-
gré la brillante défense de Mlle Dardel, très en progrès,
et de Mme Galloway en finale.
M. Géo Manset, le sympathique joueur douaisien,
reste cette année encore le détenteur de la Coupe du Ca-
sino.
La finale donna lieu à une partie des plus intéressantes,
où Lancaster fit preuve d'une énergie et d'une endurance
qui lui valurent de nombreux applaudissements; il suc-
combait, malgré tout, devant le. jeu brillant de son adver-
saire, plus jeune et plus fougueux.
Le dévoué président du Club, M. Dardel, adressait'à.
la fin du tournoi quelquas mots aimables à tous, et re-
mettait aux, vainqueurs les prix nombreux et d'un goût
parfait.
De Vichy:
Une élite de joueurs et de joueuses ont disputé avant-
hier, au golf de Vichy, le Prix Sévigné.
Reconnu dans l'assistance:
Mme Harris, M. Sienkienwicz, M. de Alvear, prince
Zurlo, Mme de Poliakoff, M. Reeks, M. Thompson, M. et
Miles Mimbla, M. Camblos, Mme et Mlles Linossier, Mlle
Solland, M. Hill, M. Palestrino, Mme Lethbridge, Mme
Aletti, Mme Manders, Mme Lamarie, etc.
Voici les résultats des parties:
1. Major Pedley, handicap 8 net, 41 2. M. Grim-
thorpe, handicap 6 net, 42 3. M. Lethbridge, scratch,
44.
De Dieppe:
Au Golf. Résultats 'du Prix Alfred Bérard (mixed four-
somes)
M. J. Jameton et Miss O'Keiff, 108-19=89 M. P. Mal-
let et Mlle Bapst, 105-13=92 M. L. Kingsland et Miss
Carter, 112–18=94 docteur Aumont et Mme Desma-
rais, 112-17=95 Mme Herz et M. Herz, 112– 17=95;
M. Maneuvrier et Mme Aumont, no return.
Le tournoi de tennis de Dieppe vient de finir. Il com-
prenait plus de 200 engagements. Résultats:
Dans les simples, M. Serpette bat M. Lemercier, 7-p,
+6-1.
Dans les doubles messieurs, MM. Molinié et Lemercier,
2-6, battent MM. Velder et Flescher, +15 par 6-2, 6-2.
Dans les doubles mixte, Mlle Clément et M. Ferté bat-
tent Mlle Evrard et M. Flescher, par 6-0, 4-6, 6-4.
Dans le simple dames, Mlle Lemercier bat Mlle Evrard,
+15 par 8-6. 6-3.
Dans le double dames, Mllo Lafond et Mlle Valtiei1,
+4-6, battent Miles Evrard et, Sarniguet, par 4-6, +6:4
et 6-3.
Dans la Coupe Greflulhe (pour joueurs de 2' série);:
MM. Sommers, Lévis et Lemercier battent MM. Molinîô
et Serpette. 6.3, 6-2.
Le comte Greffùlhe, qui est président d'honneur du
comité, a tenu à créer, cette année, un prix qui com-
porte deux coupes et quatre prix pour encourager lès
joueurs de deuxième catégorie.
M. Broquedis dirigeait les handicaps, si difficiles ;à
régler.
Une originale fête d'automobiles, dit le correspon-
dant d'Excelsior, a eu lieu samedi à Biarritz. Elle avait
pour décor la partie de l'avenue Edouard*VII, que le dé-
funt Roi a tant de fois parcourue à pied et qui, entre deux
lignes de somptueux palaces et de villas élégantes, va. du
Victoria au plateau du Phare. Il s'agissait, pour les voi-
tures automobiles, après un départ arrêté, de gravir en
vitesse une côte très escarpée de près d'un demi-kilomè-
tre.
Parmi les concurrents, au nombre d'une trentaine en-"
viron, étaient:
Duc de Frias, comte de Las Arenas, M. de Zaraus,
marquise de Salamanca, marquis Martinez de Hoz, mar-
quis de Aulencia, M. Carlos de Salamanca, M. Pidal,
M. Benoist de Bary, MM. Louis et Raymond Courtois de
Viçose, marquis de Campollano, etc.
Beaucoup de monde pour applaudir nos chauffeurs, et
tout se passa le mieux du monde. »
Le jury était composé de:
Marquis d'Arcangues, marquis de Casa-Argudin, mar-
quis de Mohernando. marquis d'AuJencia, MM. Gusto de
Candamo, Jean Léglise, Masse, Hocmekle, Jules Des-
camps, Pierre Lafont, Garcia de Ogara.
Parmi les spectateurs, reconnu:
Le Prince André, fils du Grand^Duc Alexandre da
Russie, et les Princes, ses frères, etc.
Pornichet, avec sa superbe plage de sable fin et son
climat incomparable, grâce aux émanations de la belle
forêt de pins qui l'entoure et qui se mêlent délicieuse-
ment aux senteurs de la brise marine, justifie sa vogue
sans cesse grandissante.
Les fêtes s'y succèdent sans interruption. Après les
tennis et courses de chevaux (dotés de nombreux prix),
et la Fête des Fleurs, commencera jeudi prochain., W1
grand meeting d'aviation qui s'annonce comme un énorme
succès.
PETIT CARNET
La baronne et Mlle de Baye, le comte et la comtesse
de La Riboisière ont quitté Paris pour Saint-Pétersbourg.
La vicomtesse de Lary de Latour, née Montlivault,
femme du lieutenant de Lary de Latour, du 10° hussards,
vient de mettre heureusement au monde, à Bordeaux,
une fille qui a reçu les prénoms de Marie-Henriette.
M., et Mme Albert de Lassuchette ont quitté leur
propriété de la Courcelle, où ils ont reçu quelques amis,
pour aller passer le mois de septembre au lac de Genève.
NECROLOGIE
Le comte Jacques de Gontaut-Biron, ancien officier
de cavalerie, a succombé la nuit dernière, à l'âge de
soixante ans, en son domicile, 39, rue de l'Université.
Il était l'oncle du marquis de Gontaut-Saint-Blancard.
Il avait épousé Mlle de Mailly-Chalon, dont le frère _a été
ces jours-ci victime d'un grave accident d'automobile.
Le défunt laisse de grands regrets dans la société pa-
risienne. Ses obsèques seront célébrées demain vendredi,
à dix heures, en la basilique Sainte-Clotilde, où l'on se
réunira, et l'inhumation sera faite au cimetière Montpar-
nasse.
Nous apprenons la mort: de Mme veuve Gaubert,
née Bonnes, qui s'est éteinte dans sa quatre-vingt-cin-
quième année, en son domicile, rue Montrosier, 28, à
Neuilly. Elle était la mère de Mme Marc Monod, de M.
Jean Gaubert et de Mme Marius Brugière, la grand'mère
de M. Ernest Seydoux, la cousine du colonel retraite
Louis Puech. Ses obsèques ont eu lieu hier, à neuf heu-
res et demie, et l'inhumation a été faite au cimetière du
Père-Lachaise de Mlle de Cessac, en religion Sœur
Catherine, de l'ordre de Saint-Vincent-de-Paul; une par-
tie de sa vie religieuse fut consacrée à l'œuvre des Ita-
liens pauvres de Paris, présidée par la duchesse de Ca-
mastra. Sœur Catherine était la sœur de Mme de Bran-
tes et de Mile de Cessac. Ses obsèques ont eu lieu en
l'église Saint-Eloi; du major Gratwich, décédé à Exe-
ter (Angleterre), à l'âge de soixante-deux ans. C'était un
journaliste anglais des plus réputés et influents. Il avait
créé le fonds des Orphelins de l'Institut des Journalistes
anglais. Il était, de plus, un homme de sport fort connu;
de M. José Séminario, décédé hier, en son domicile,
rue de Lisbonne, 66. Ses obsèques seront célébrées sa-
medi, en l'église Saint-Philippe du Roule, et l'inhuma-
tion aura lieu au cimetière Montmartre.
Mardi 27 août, est décédée, au château d'Arcy-sur-
Cure (Yonne), à l'âge de soixante-dix-huit ans, Mme de
Vieuxchamps, née de Soulaine, à la suite d'une chute ter-
rible compliquée de congestion, qui entraîna sa mort dans
les souffrances les plus cruelles.
Elle avait épousé, en 1862, M. Henri de Vieuxchamps,
d'une des plus vieilles familles de l'Auxerrois, qui avait
compté notamment dans ses membres: un secrétaire du
Roi, en 1719; deux élus généraux des Etats de.Bourgo-
gne, en 1727 et 1763; trois maires perpétuels d'Auxerre,
de 1692 à la fin du siècle suivant, etc.
Elle ne laisse qu'un fils, M. Joseph de Vieuxchamps,
jadis avocat à la cour de Paris, mais ayant depuis quitté
i le barreau pour raison de santé.
On annonce de Londres la mort, à l'âge de cent et
un ans, de miss Caroline-A. White, très connue dans le
monde littéraire anglais, décédée avant-hier, dans sa rési-
dence de Upper Normand. Miss White s'était fait con-
naître par de nombreux ouvrages dont les premiers datent
de 1850. Elle a continué à travailler jusqu'à l'âge de qua-
tre-vingts ans passés.
Les obsèques de M. Albert Vallin, rédacteur au
Petit Journal, membre de l'Association des Journalistes
Parisiens, seront célébrées aujourd'hui jeudi, à deux heu-
res précises, en l'église Notre-Dame-de-Lorette. On se
réunira à la maison mortuaire, 8 bis, rue de Châteaudun.
Valfleury
UNE VIEILLESSE TRANQUILLE
ne peut être assurée que par un bon contrat de
Rente viagère souscrit à une Compagnie fran-
çaise de premier ordre et de tout repos. « Le
Phénix » (entreprise privée assujettie au con-
trôle de l'Etat), qui paie, chaque année, plus
de 17 millions à 21,000 rentiers et qui a 600
agents généraux, offre des garanties, des avan-
tages et des facilités incomparables. Sa grande
situation lui a valu d'être sans cesse désigné
par les tribunaux pour la constitution de rentes
viagères. S'adresser au siège social, à Paris,
rue Lafayette, 33, ou aux agents généraux.
i
et tes Officiers
Une Importante circulaire du ministre de la
guerre Les Sociétés politiques et l'armée
Et la franc-maçonnerie
On se souvient que, dans un récent conseil
des ministres, M. Millerand, ministre de lc
guerre, a fait part à ses collègues de sozl inten-
tion de rappeler, par une circulaire, les princi-
pes qui réglementent l'exercice du droit d'asso-
ciation dans l'armée. Cette circulaire, adressée
aux gouverneurs de Paris et de Lyon et aux
commandants de corps d'armée,* est publiée ce
itiatin au Journal officiel en voici le texte
Les règles sur l'exercice du droit d'association
dans l'armée qu'il s'agisse de Sociétés d'intérêts
(financières, commerciales ou industrielles), de
Sociétés de secours mutuels ou d'Associations re-
levant de la loi de 1901 (antérieurement de l'arti-
cle 291 du Code pénal) ont été formulées d'une
façon précise par mes prédécesseurs, notamment
dans les circulaires du 27 mai 1895 et du 15 novem-
bre 1904.
En ce qui concerne les officiers de l'armée ac-
tive, les principes n'ont jamais varié.
Aux termes de la circulaire du 27 mai 1895, rap-
pelée et confirmée par celle du 15 novembre 1904,
«. les règles de la discipline s'opposent à ce qu'un
militaire entre, sous aucun prétexte, dans une as-
sociation ayant un caractère politique ou reli-
gieux il ne peut, quel que soit son grade, faire
partie d'une autre société quelconque sans l'au-
torisation expresse du ministre de la guerre n.
Ces dispositions, commandées par l'existence
même d'une armée, et corrélatives de sa mission
exclusive, n'ont pas cessé d'être en vigueur. Tout
officier de l'armée active qui viendrait à les en-
freindre, soit en faisant partie, sans y être auto-
risé, d'un groupement quelconque, soit en, pour-
suivant, sous le couvert d'une association autori-
sée, un but autre que celui indiqué par les statuts
de .cette association, encourrait une punition
exemplaire.
La situation des officiers de complément diffère
nécessairement, au point de vue du droit d'asso-
ciation, de celle de leurs camarades de l'armée ac-
tive.
En dehors de leur participation au fonctionne-
¡ment normal de l'armée, et notamment des pério-
'des qu'ils accomplissent au titre de la réserve ou
de la territoriale, ils ne relèvent, d'une manière
générale, que du droit commun.
Ce principe implique pour eux la stricte obliga-
tion de ne jamais se prévaloir, hors du service, de
leur qualité d'officier, que dans les cas où ils y
sont autorisés par les règlements militaires. En-
core l'indication du grade doit-elle toujours être
suivie de la mention de H réserve » ou de « territo-
riale Une obligation identique s'impose d'ail-
leurs strictement aux officiers en retraite ou en
réforme.
La distinction, nécessaire encore que délicate,
entre les droits du citoyen et les devoirs de l'offi-
cier de complément, trouve une application parti-
culière dans l'exercice du droit d'association.
Il a été, à plusieurs reprises (en particulier à la
séance de la Chambre des députés du 14 mars
19*11, Journal officiel du 15 mars 1911, pp. 1,177
et 56), fait allusion à des associations de la loi de
1901 qui se donneraient pour but, en intervenant
sous des formes diverses, soit dans les corps de
troupe, soit près des pouvoirs publics, de discuter
les actes de l'autorité militaire et de s'immiscer
dans l'administration de l'armée, notamment à
propos des questions d'avancement.
Les membres des associations qui se seraient as-
signé un tel but, à titre principal ou accessoire,
sont justiciables de la loi civile seule s'ils n'appar-
tiennent pas à l'armée, ou si, après lui avoir ap-
partenu, ils ont vu définitivement rompre les liens
qui les y rattachaient.
Il n'est pas besoin de dire, au contraire, que les
officiers de la réserve ou de la territoriale qui
adhéreraient à une association de ce genre se ren-
draient coupables de la faute la plus grave contre
la discipline.
Dans le cas où une telle infraction parviendrait
à votre connaissance, vous ne manqueriez pas do
me la signaler d'urgence, en me proposant contre
l'officier de complément qui en serait l'auteur la
rigoureuse sanction qu'imposent le souci du main-
tien de la discipline et l'intérêt de l'armée.
L'excellent esprit qui anime notre corps d'offi-
ciers, aussi bien de complément que de l'active,
m'est d'ailleurs un sûr garant qu'il m'aura suffi
de rappeler ces règles élémentaires pour en assu-
rer, de la part de tous, le respect.
Certains s'étonneront, sans tiouto, que, dans
cette circulaire du ministre de la guerre, il ne
soit pas fait mention de la franc-maçonnerie
qui est essentiellement une association ayant
un caractère politique, et rentre sans contredit
dans la catégorie des sociétés dont il est inter-
dit aux officiers de faire partie.
Sur ce point, le Journal des Débats donne une
explication qui nous semble un peu spécieuse.
Notre confrère estime que, toute interdiction
formelle étant inefficace si une sanction répres-
sive ne peut être infligée aux délinquants, il
faudrait, pour atteindre les membres d'une
société secrète, comme la franc-maçonnerie, se
livrer à des opérations de police, c'est-à-dire
rééditer les procédés employés par le général
André. Le ministre de la guerre actuel a trop
énergiquement flétri l'odieux système de son
néfaste prédécesseur pour qu'on puissesupposer
un instant qu'il accepterait un tel rôle.
A notre sens, il ne peut y avoir le moindre
doute en l'espèce. La circulaire du ministre de
la guerre ne cite spécialement aucune société
elle dit simplement que, « les règles de la disci-
pU,ne s'opposent à ce qu'un militaire entre, sous
aucun prétexte, dans une association ayant un
caractère politique ou religieux. C'est clair,
net, précis. Comme il n'est pas contestable que
la franc-maçonnerie, malgré tout son secret,
un secret devemu depuis longtemps celui de
Polichinelle fait parti© des sociétés visées,
elle doit être soumise à la même loi que toutes
celles qui se trouvent dans le même cas. L'éga-
lité de responsabilité exige l'égalité de traite-
Lucien Nicot
ÉCOLE DE SAUEV8UR
La sortie des sous-officiers-élèves
Voici la liste par ordre de mérite des sous-
lieutenants-élèves sortis de l'Ecole d'application
de cavalerie, avec leurs affectations
MM. Gavet, 1er chass. d'Afr. Ditte, 2° chass.
d'Afr.; Ritleng, 18" chass. de Castelbajac (L.M.R.),
8° cuir. François, 2e drag. Jacquement, 6° drag.;
Dragon de Gomiécourt, 5e cuir. Pinon, 9° drag.
Veyrenc de Lavalette, 5° chass. de Blois de La Ca-
lande, 3° huss.; Storelli, 28° drag.; de Contaz-Crétet,
14e drag de La Cropte de Chanterac, 9e cuir. Le
Garlnier de Saint-Jouan, 18e chass. Bourganel,
4e chass. d'Afr. Kemlin, 10° cuir: Beaudequin, 8°
drag. Cros-Mayrevieille, 20° drag de Boisfieury,
3 drag. Lucereau, 4 huss, Darbert, 5 chass.
d'Afro Lachauke, 16° drag. de Geyer d'Orth, 2°
chass. Dalmay de La Garennie, 6e chass. d'Afr.;
Echard, 3° chass. d'Afr. Massacrier, 10° drag.
Brossia de Saint-Didier, 29° drag.
Chardin, 8° cuir.; d'Indy, 3° chass. Geoffray, 1er
drag. Paquer, 12e chas.? Gely, 6° huss. More-1,
5° drag. Dorrat, 21° drag. Pitot, 5° cuir. de
Castelbajac (L.M.I.C.), 7° drag.; Gautier, 21° chass.;
Trinquand, 4° cuir.; Dencausse, 19e drag. de My-
thon, 21° drag. Perron, 7e cuir. Hugot-Derville,
4" drag. La Combe, 15° chass.; Fougère, 19° chass.;
Robert, 11° drag. de Laitre de Tassigny, 12° drag.
Poiget, 11° drag. Guillaume, 4° cuir. Crapon, 14°
chass. Gaillard, 9° huss. de Clercq, 6° cuir. Bail-
Ion, 6° cuir. Prévost de Saint-Cyr, 13° drag. Le-
febvre des Noëttes, 3° ,cuir. Bralet, 13° drag. Bou-
bée de Gramont, 11° chass. Charnoz, 11° huss.
Ces officiers rejoindront immédiatement les
corps auxquels ils sont affectés.
Au Japon
LA PREMIÈRE RÉCEPTION DU CORPS DIPLOMATIQUE
Tokio, 4 septembre.
L'Empereur et l'Impératrice ont reçu ensemble,
ce matin, les membres du corps diplomatique ac-
compagnés de leurs femmes, fait sans précédent.
Les souverains ont tenu ensuite des réceptions sé-
parées puis les diplomates, avec les membres de
l'ambassade britannique en tête, ont défilé devant
le cercueil de Mutsuhito, chacun s'inclinant en
passant. Les missions s'étaient rangées en ortire
de préséance sir Claude Macdonald, comme
doyen du corps diplomatique, s'avança et lut un
discours en français, exprimant ses condoléances
à la famille royale et faisant les éloges des vertus
du souverain défunt. Il déposa ensuite sur le cer-
cueil une couronne en argent au nom des diplo-
mates,
La situation à Tripoli
Tripoli, 4 septembre.
La situation reste la même. Cette nuit encore,
les Arabes ont attaqué la redoute des Sidi-Djellil
ils ont été repoussés. A Derna, la situation est as-
sez compliquée le général Reisoli, qui remplace
le général Trombi, rappelé en Italie, prépare une
grande sortie pour dégager les abords de la place,
car les obus turcs viennent tomber jusque dans la
ville.
Des renforts importants sont dirigés sur Derna.
Dans ce but, le général Salsa a quitté Tripoli pour
prendre le commandement de l'artillerie à Derna,
où a été envoyé ces jours derniers un régiment
d'infanterie, deux bataillons alpine et six batte-
ries d'artillerie.
Aujourd'hui, des Askaris se sont embarqués
pour la même destination.
Les fêtes du centenaire
de la campagne de Russie
Saint-Pétersbourg, 4 septembre.
Les délégués militaires français ont visité la ca-
thédrale des saints Pierre et Paul, et ont déposé
une couronne sur le tombeau du tsar Alexan-
dre III.
Démission démentie
Constantinople, 4 septembre.
On déclare inexacte la nouvelle suivant laquelle
Rifaat pacha, ambassadeur de Turquie à Paris,
aurait demandé sa mise à la retraite.
Les négociations italo-turques
̃'•̃̃• Rome, 4'septembre.
En réponse aux divers bruits, d'ailleurs contra-
dictoires, qui ont couru au sujet des négociations
officieuses engagées en vue de la paix, il est per-
mis d'affirmer que ces négociations n'ont nulle-
ment été interrompues et qu'à aucun moment jus-
qu'à ce jour, la Turquie n'a adhéré au point de vue
italien. ̃• /̃
latine
Pérou. L'opinion publique, en général, se
montre extrêmement satisfaite de l'élection de M.
Bilinghurst à la présidence de la république. M.
Leguia, l'actuel président, dont l'administration
n'a pas tenue les espoirs qu'on avait fondés sur
elle, doit partir bientôt pour l'étranger. M. Bilin-
ghurst est un homme d'une soixantaine d'années,
jouissant d'une grande fortune personnelle il
joint à la réputation d'habileté en affaires celle
de la plus grande honnêteté. B.
URUGUAY. Sans démentir un seul instant les
fermes convictions qui font de lui un des défen-
seurs les plus énergiques dans l'Amérique latine,
de la prépondérance de l'élément civil dans une
administration, le président de l'Uruguay, M.
Battle Ordonez, ne néglige aucune occasion pour
améliorer l'armée du pays, où tous les services
sont déjà arrivés à un remarquajjje degré d'orga-
nisation à la moderne et d'efficacité. Certains des
officiers supérieurs de l'Uruguay sont passés par
nos écoles et, voici quelque temps, le capitaine
Oscar Viera et le capitaine Lanza Bossio ont été
désignés pour suivre les cours de l'Ecole de Sau-
mur. Aujourd'hui, ces mêmes officiers viennent
d'être nommés pour faire partie de la commission
militaire qui, sous la conduite de S. Exc. le doc-
teur Guani, ministre plénipotentiaire en Autriche,
doit se rendre aux manœuvres de cavalerie de
l'armée suisse, qui revêtiront, on le sait, une ex-
ceptionnelle importance, cette année. P.
J.-T. Machado
A travers la Presse
UN COMPLOT POLICIER
Nous n'avons pas cru devoir, à l'exemple de
plusieurs de nos confrères, parler d'un complot
policier qui aurait été tramé à l'instigation de
M. Borde, 'commissaire de police du neuvième
Arrondissement, contre l'Action Française et
les camelots du Roi, avant d'en avoir la confir-
mation pleine et entière.
Mais l'Action Française, confirmant l'exac-
titude des faits, nous n'avons plus de rai-
son de garder le silence à ce sujet. Nous allons
donc résumer, d'après notre confrère le Temps,
le récit qu'il fait de cette singulière affaire.
La Guerre sociale a institué, sous le nom de
« service de sûreté Tévolutionnaire », une sorte
de contre-police. Avant-hier soir, une trentaine
de journalistes avaient été convoqués par M.
Almereyda, secrétaire de la rédaction, dans les
locaux de cette feuille révolutionnaire, pour y
entendre la relation du complot policier et les
déclarations d'un certain Vemeuil, ex-agent de
la Sûreté générale.
Ce Verneuil, dit M. Almereyda, se présentait
comme commerçant d'armes de contrebande. Il
offrit des revolvers aux camelots du Roi, revol-
vers qu'il assuTait provenir des manufactures
d'armes de Belgique.
•V
A ce moment, M. Pujo, rédacteur à l'Action
Française, présent à la réunion, précisa que les
camelots du Roi avaient fait cette acquisition
afin de mettre une arme dams leurs permanen-
ces de quartier, qui pourraient être attaquées
par des adversaires politiques. Le Temps
ajoute
Suivant les déclarations même de Verneuil,
reprend M. Almereyda, deux douzaines de revol-
ver ont été ainsi achetées dans une armurerie
MM. Souzy et Lacam, boulevard Voltaire, 31
par Verneuil, qui était accompagné d'un agent de
la Sûreté. Les armes, payées 32 francs pièce, ont
été revendues aiux camelots du Roi 27 francs l'une,
avec 5 francs de perte sur le prix de chacune. Cette
générosité est due à ce que Verneuil agissait à ce
moment pour le compte de la Sûreté parisienne,
sous la direction de M. Jouin.
M. Almereyda passe ensuite au deuxième chef
d'accusation et il met ici en cause M. Borde, com-
missaire de police du quartier du Faubourg-Mont-
martre.
M. Borde aurait connu l'affaire des revolvers. Il
se sériait attaché Vsmeuil moyennant la promesse
L. N.
L'Informé
d'un versement de 20,000 francs a si le coup réus-
sissait Il, et ensuite une situation en province. Le
«coup Il, c'était l'organisation d'uh complot contre
la sûreté de 1 Etat. Verneuil devait faire tenir aux
camelots du Roi des « armes de guerre », des cara-
bines Browning, que M. Borde fournirait.
rivant d'aller plus loin, M. Borde aurait informé
le préfet de police qu'il tenait les fils d'un complot.
Mais M. Lépme aurait refusé de s'occuper de l'af-
faire et aurait renvoyé le commissaire de police à
la Sûreté générale.
M. Hennion aurait donné pleins pouvoirs à M.
C'est alors que celui-ci fit offrir par Verneuil
aux camelots du Roi' une carabine Browning ache-
\X, M. Almereyda, 175 francs,
savant 1 armurier, chez M- A. Weber, rue Saint-
Charles, 149 bas. L' « arme de guerre fut offerte
pour le prix de 150 francs aux camelots du 'ro? ÏÏ2
avec 30 francs de perte. Les camelots du Roi refu-
Verneuil ^°rS s'adrassa à la Guerre sociale. Fai-
sant mine d'accepter, M. Almereyda garda pen-
puis la rendit à Ver-
dulôi!1 reVlnt à la charge auprès des camelots
Verneuil, dit-il, nous pria de lui prêter 80 fr.
Il nous laissait la carabine en gage: Peu après, il
nous dit qu'il était hors d'état de nous rembourser
et moyennant 20 francs de plus, on fit l'acquisition
de terme, sur la remarque qu'elle avait une valeur
bien supérieure et qu'on en trouverait toujours le
Verneuil prit à ce moment le parti de dispa-
raître. Le commissaire de police fit rechercher
convocations^1161 ne répondit à aucune de ses
Verneuil, Panant son tour la parole, re-
connut que le rédacteur de la Guerre sociale
SdanVâslnf- Puis, il une déclara-
Il va sans dire. que les révélations de l'agent
ont P?;°1uit Une vive émotion à S
Sûreté générale Il fallait s'attendre à un dé-
menti officiel. L'agence Havas s'est empressée
de le communiquer aux journaux. Le voici
Le ministre de l'intérieur, questionné au sujet
des artIcles parus ce matin dans la presse et con.
cernant la u provocation » qui aurait été organi-
sée par la Sûreté générale a uprès des groupements
de l'Action française, a répondu
J'ai vu ce matin M. Hennion, qui m'a déclaré
qu'il ne connaissait rien de cette affaire.
» M. Borde, qui a été mis en cause, est actuel-
lement en congé. Je l'ai prié de rentrer à Paris.
» Je procède à une enquête personnelle. Il m'est
donc impossible, pour le moment, de vous en dire
plus. »
D'après notre confrère la Liberté, Verneuil'
serait actuellement en fuite. Il aurait dès hier
passé la frontière. »
Attendons la suite des faits. Mais, d'ores et
déjà, nous tenons à protester nous-mêmes con-
tre d aussi misérables procédés policiers, dont
1 ignominie ne saurait être flétrie trop énerei-
quement.
Nos Missionnaires. Un éloquent appel
M. André Beaunier vient de publier dans le
Figaro ses impressions au cours d'un voyage
qu'il fit, en compagnie du Père Clément, supé-
rieur des Augustins de l'Assomption à, Galli-
poli, et de plusieurs jeunes religieux. Sur le
même bateau, avaient pris passage les membres
d une mission laïque, et notre confrère s'est li-
vré, sur ces deux catégories de missionnaires,
à une étude fort suggestive..
Citons un passage de son article
Ce que je vais dire, j'affirme que je ne le dirai
pas avec une intention de palémique et je ne sou-
haite d'offenser personne. -Je le dis parce que c'est
vrai, parce que je l'ai vu, parce que cette constata-
tion est toute pleine de conséquences, (Comme.nt
n'aurait-on pas envie de rendre hommage à des
Français de vingt ans, qui se sont instruits à grand
effort et qui, pour un maigre salaire, quittent leur,
pays, leur famille et le calme casanier, afin d'en-
seigner là-bas, dans des bourgades perdues, dan-
gereuses, la lecture et l'usage des mots français,
l'amitié française ?.)
Eh bien, il était impossible de pass.er, sur ce
bateau, les quatre jours de la traversée sans com-
parer les religieux et les instituteurs, sans éprou-
ver, auprès des instituteurs, une espèce de cha-
grin. Ah comme ils jouaient à la manille, sur le
pont, et avec des calembours qu'ils n'inventaient
pas Ils avaient l'air de prolonger une partie com-
mencée au café du Commerce, dans un chef-lieu.
de canton. Et quel était l'éclat de leur voix quelle,
la vivacité de leurs plaisanteries v'
On aurait mauvaise grâce à le leur reprocher.:
Aussi bien, il ne s'agit pas d'un reproche.
Ils ont côtoyé l'île d'Egine, où ont souri pour la
première fois en Grèce les visages de pierre, et l'il-
lustre Salamine sans lever les yeux, à cause du
manillon qui les occupait.
Il ne s'agit pas d'un reproche et, si l'on dit que
je fais le renchéri, non, ce n'est pas cela. Mais l'es-
prit de France était porté sur les eaux pour aller,
là-bas, dans les pays du soleil levant, séduire et
persuader des âmes ignorantes. L'esprit de France
jouait à la manille éperdûment.
Enfin, j'épuiserais en vain les périphrases
quelle vulgarité
Les religieux avaient une bonne tenue.
Je crois, en toute sincérité, qu'il faut, pour aider
à l'œuvre immense de gens modestes, un sentiment
d'une autre nature qu'eux. S'ils tiennent dans leurs
mains un Dieu, leur attitude est belle.
Les religieux du P. Clément provenaient, je le
suppose, de la même catégorie sociale que les ins-
tituteurs. Mais ils obéissaient à une règle plus an-
cienne que nulle aristocratie. Et. l'on était heureux
de penser qu'ils fussent les missionnaires de l'es-
prit de la France. Les autres, non.
Comme le fait remarquer l'Autorité, voilà
bien la différence morale entre nos missions ca-
tholiques et celles qu'organise le gouvernement
en Orient. Il y a entre elles toute la profondeur
du sentiment qui anime les religieux, la foi qui
fait les héros et les martyrs.
m
Aussi lira-t-on avec intérêt l'appel que vient
de lancer, en faveur de l'Institut d'Orient, le
Père Richard, supérieur capucin et missionnai-
re apostolique, délégué en France par cette œu-
vre catholique, dont les services rendus à la ci-
vilisation et à la cause française ne se comptent
plus. En voici un passage principal
Pour intéresser donc les catholiques de France
à cette oeuvre et ainsi pouvoir surmonter les pre-
mières difficultés, je vais exposer en quelques li-
gnes le but de notre Institut. Le premier but, c'est
la religion. Le but qui vient tout de suite après,
c'est la propagation de la langue française. Quoi-
que notre Institut soit international, je puis ce-
pendant affirmer que tous ses membres sont ani-
més de la plus grande sympathie et affection pour
ce noble pays. Du reste, de notre patriotisme fran-
çais, nous avons donné une preuve bien claire en
prenant position contre le projet de nous placer
sous le protectorat italien. Je comprends très bien
que l'Italie désirait avoir la protection de l'Insti-
tut il y a eu des pourparlers très sérieux et c'est
grâce à notre attitude énergique et hostile qu'ils
n'ont pu aboutir vu que l'Institut se compose de
cent dix Pères et Frères, les séminaristes non com-
pris, dont il y a une vingtaine.
Comme résultats obtenus, je puis citer la ,la
fondation d'une école française à Erzeroum
2° l'introduction de la langue française comme
langue d'Eglise dans toute la mission de la mer
Noire nous avons lutté, pendant dix ans, pour
éliminer la langue italienne 3° dans les petites
localités où nous ne pouvons faire venir les Freres
et les Soeurs, nous enseignons par des leçons parti-
culières la langue française 4° dans notre séminai-
re de San-Stefano et surtout à Boudjah, les jepnes
séminaristes sont initiés aux beautés de cette lan-
gue si élégante. Ce seront, tout prochainement, au-
tant d'apôtres pour la langue et l'influence fran-
çaises en Orient. L'Institut est sous la protection de
la France et la France peut croire que cet Institut
ne négligera rien pour se rendre digne de cette pro-
tection en continuant à travailler pour la France
et en favorisant partout les œuvres françaises
dans la personne de ses membres, qui ont une im-
mense influence en leur qualité de curés.
Comme j'ai essayé de le faire comprendre aux
lecteurs et aux lectrices au commencement de cet
exposé, notre Institut se débat au milieu de gran-
des difficultés financières. Ce sont toujours les
commencements qui sont difficiles. Mais, dans no-
tre cas, ils sont même plus que difficiles, puisque
nous avons hérité des Vénitiens d'une dette de
60,000 francs. Cette dette doit être payée et l'Insti-
tut a juste de quoi vivre. En attendant, les créan-
ciers nous pressent. Voilà pourqv^i j'adresse cet
appel aux catholiques de France. La France, tou-
jours si généreuse quand il y a à faire du bien, à
secourir les malheureux, à sauver ceux qui sont
sur le point de sombrer, se montrera, en suis
convaincu, aussi dans cette occasion, digne de son
passé glorieux.
Paris le 18 août 1912..
Supérieur Capucin et Missionnaire
apostolique, délégué de llnstitut.
Le R. P. Richard demeure 157, rue de Sèvres,
Souhaitons que cet éloquent appel soit en-
tendu des âmes catholiaues françaises.
fin. Demaill»
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