Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1886-05-28
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 28 mai 1886 28 mai 1886
Description : 1886/05/28 (Numéro 1370). 1886/05/28 (Numéro 1370).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k525767r
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 26/02/2008
LE GAULOIS. VENDREDI' 39-MAI Y8M
PAR TROP D'AUDACE
En racontant, hier, le vol audacieux qu'a-
vait tenté de commettre, rue Mandar, chez
tm nrarchand de irins, un mdividu qui avait
pn être &rretc, nous avons dit qu'il avait
déclaré se nommer R. et être commission-
naire à l'hôtel d<;s Ventes.
Cet individu ne fait -nullement partie des
commissionnaires de l'hôtel des 'Ventes, qui
"font. tous partie d'un service particulier très
bien organiséet fort bien tenu. C'était un de
ces commissionnaires maraudeurs comme il
y en a be&ucoup trop aux environs de
cet établissement.
LES ASSEMBLÉES CATHOLIQUES
Les membres du jcongrès catholique ont
tous assisté hier matin & la messe quia été
dite a. l'église.Sain t-Thomaad'Aquin,,pour le
salut de la France. Le soir, lis résout réunis
enunetroi~iémcSéance générale, A l'hôtel
de la Société de géographie, sbu& la prési-
dence de M. l'abbé Millaud, curé de Sïunt
Roch.
Le R. P. Delaportc a tout d'abord lu un
intéressant rapport sur le congrès eucharis-
tique de Toulouse; puis, les assistants ont
écouté avec beaucoup de recuciHotnent un
discours do M. le comte de Fonta.ine de Ren-
becq sur la nouveau projet do loi relatif à
l'organisation de l'enseignement primaire.
M. l'abbé Schlosser a donné immédiate-
ment aprés.commu:dcation d'un-ra~port sur
les couvres de catéchisme pour les élèves, do
six & dix ans des écoles publiques ensuite,
?. do Lapparcnt, professeur a l'Institut ca-
tholique, a discouru sur la certitude dans
les sciences.
Le R. P. Clair a parlé aussi de la réunion
artistique de la rue de Sèvres et de l'atelier
chrétien des beaux-arts; M.~le vicomte de
Damas a également entretenu l'auditoire du
jubilé sacerdotal de S. S. Léon XIII.
Une très intéressante allocution de M.
l'abbé Millaud, curé do Saint-Roch, a ter-
mine laséance.
Aujourd'hui doit avoir Heu, le matin, à
huit heures, une messe pour les membres et
les bienfaiteurs des comités catholiques, a
Féglise Saint-Thomas-d'Aquin; a quatre heu-
res du soir, l'assemblée annuelle de la So-
ciété d'éducation et d'enseignement; à huit
heures, une nouvelle séaneegénérule, au cours
de laquelle sera communiquée t'a réponse de
S. S. Léon XIII au télégramme qui lui a étc
adressé pour lui demander sa~bénédiption.
Un sermon de.charité sera prêcha, en. J'é-.
glise Sajnt Pierre de Chaillot, à Paris, le; di-
manche 30 mai, après les vêpres, a trois
heures de l'aprés-.midi, en faveur- des f~
milles pauvres secourues par M. le emté é-
''d'ivry, les dames'de charité et les Sœurs de
Saint-André-de-la-Croix.
Le sermon sera prêché par M. l'abbé Ba)*-
hier, missionnaire apostolique.
UN ADROIT VOLEU&
En 1881, un nommé Fasquel, &gé de'vingt-
cinq ans, employé au Crédit lyonnais, avuit
soustrait cent actions au préjudice de établissement.
Arrêté pour ce fait; il avait été condamné
par la cour d'assises de la. Seine u t:ro;s ans
de prison, peine qu'il a purgée. On n'avait
pu alors retrouver' que cinquante des titres
volés, et l'opposition avmt été laite pour em-
pêcher la négociation des cinquante autres.
11 y a un. mois, M&I. BrOt et Carpcnticr,
changeurs, étaient informés par la chambre
.Syndicale des. agents de change qu'uh-Mi;-
tain nombre d'actions 'du 'Crédit lyonnais,
-vendues & des agents de change, avaient été
reconnues comme étant falsifiées.
Les changeurs tirent aussitôt -des recher-
ches et parvinrent a établir que l'individu,
ayant vendu les titres signalés, avait'donné
le noin de Fasquel.' On se rendit à l'adresse
.} qu'il avait indiquée, comme; étant son dom~-
cilc; mais l'adresse était compl&temont fausse
~t il y était tout .à fait inconnu. i
Plamtc tut portée au Parquet et M. Lalïcj-
mand, commissairc'de police aux délégations
judiciairee fut chargé d'ouvrir une enquêta,'
.lau courg de laquelle il parvint rétablir qup
les titres falsifies étaient bien ceux déroDés
au Crédit lyonnais en 1881 et non retrouvés.
Pour les rendre négociables, Fasquel avait
altéré un chitt're, et c'est ainsi que les actions
qui, primitivement, portaie.nt les numéros de
série de 307.617 a HC~Mu étaient devenues,
après la falsincation, la série de307;()17 a
3U7,645 et la série 3~3,531. a 3M,iBS, deveitue
celte do 370,521 a 370,5; a
M. Lalmand'est par venu a retrouver et a
arrêter avant hier le'nommé Fasquei,a'son
domicite. rue Lebrun, no H7.
C'est io mémo magistrat, coincidence
tétrange,qui,en 18~1, avait été chargé de
cette au'a.ire, Jorsqu'il était commissaire de
police dùJquartierCaiilon..
M. Athalin, juge d'instruction, a fait de
nouveau écrouer Fasquc) a Mazas, et nommé
M. Gobert, expert de la Banque de France,
&l'etretd'oxaminer les titres ialsiiiés.
L'enquête se poursuit.
ARRESTATION DH PICKPOCKETS
Deux agents de la. sûreté, do service aux
Tuileries, remarquaient, hier, après midi,
FEUILLETON DÛ &A MLO~S
Du28MA.il886
'4
"LES
ni~~P~~P~M~TR
PM~))~ 1
s PREmrÈRE PARTtE E,
LE COK~ERVATOIRE, DE LA PÈGRE
La prison de Sainte-PéIagiedisparaitra,
Bans doute, bientôt sous la pioche n'Qpi-
~toyable des démolisseurs. Au point de
-vue du pittoresque et des souveuirs histp-
riq'ues, il sera permis de le regretter.
C'est, en en'et, une des curiosités de
Paris que cette prison < vieux-jeu en-
fouie dans un dédale de rues sombres et
étroites, faisant vis-à-vis à l'hôpital de
'la Pitié, et présentant au promeneur une
façade extraordinairement rébarbative;
'des barreaux énormes,des ouvertures à
.peine visibles et un ensemble à donner le
irisson.
La vieille prison" abonde, du reste, en
souvenirs intéressants. Elle estlégendaire
plus qu'aucune autre. Peu de gens de let-
tres ayant quelque hardiesse, peu de jour-
nalistes surtout, ont parcouru leur car-
rière sans faire plus ou moins ample con-
naissance avec Sainte-Pélagie. Ses murs
.intérieurs sont couverts de noms illus-
tres on inconnus, oubliés ou toujours
glorieux, gravés à la pointe du couteau et
formant les plus bizarres effets de con-
traste.
Au point de vue social, il n'est que
"temps que cette étrange prison dispa-
raisse. EUe contient environ neuf cents
détenus de droit commun, condamnés au
.plus à un an de prison, et soumis au rè-
glement le plus absurde qu'il, soit possi-
ble d'imaginer. Le quart à peine djgtces~
malheureux sont admis à travailIeCpen-
dant leur détention; car les ateliers de
Traduction et reproduction inter~"
cinq individus fouillant les poches des cu-
jienx massés devant les baraques.~
[; Les agents, les ayant niés, en ont arrête
deux qui yenaient d'enlever le porte-mon-
naie d'un passant. v
Us ibtir ont opposé une résistance furieuse,
le frappant a coups, de pied et de poing, ~et
l'un d'eux, tirant t:n couteau à virole de sa.
poche, aUaif eh frapper un des àgentsquand,
heureusement, un matelot et un des lutteurs
do la fête, nommé Bérard, se sont élancés
sur lui et Font désarmé.
Conduits chez M. Dhers, commissaire de
police, ces deux gredins ont déclaré se notn-
merMàrius Cavalier, vingt-sept ans, né a.
Malte; et Alphonse Feuchot, âgé de dix sept
ans.
Après interrogatoire, ils ont été écroués
au Dépôt.
au Dépôt. À LA MORGUE
Des mariniers ont retiré de la Seine, vers
cinq heures du soir, ~}uai de la Râpée, en
face du numéro 44, le cadavre d'un individu
paraissant avoir séjourne cinq ou six heures
sous l'eau, et dont il a été impossible d'éta-
blir l'identité.
M. Delamarre, commissaire do police, a
envoyé le corps a la Morgue.
L'inconnu était vêtu d'un paletot gris, d'un
gilet ét d'un pantalon en drap noir, d'une
.chemise de Ilanello et chaussé de bottines a
élastiques.
Dans'ses poches, pnatrouyê..un.pbrte.-
monnaiecontenantSSfr.O.
`- JKCEXME'
Ua commencement d'incendie, occasionné
par une bougie laissée allumée près du lit,
s'est déclaré dans une chambre située au
premier étage rue do La Chapelle, ;no 110,
occupée pnr, io. nommé Casimir Laubatière,
garçon marchand do_ vins au service de M.
Prunier, débitant a cette adresse. Réveillé
en sursaut, entouré de nammes et a moitié
asphyxié, le pauvr.o homme s'est sauvé dans
l'escalier en appelant au secours.
.Des voisins sont accourus et., avec leur as-
sistance, les pompiers du poste de la rue
DoudcauviIIe ont pu se rendre maigres de ce
commencement d'incendie après une demi-
heure de travai!
WiLL-FUREf
®
EXPOSiTION CANtNE
(CûtHS-tit-Rcine)
,Aujourd'hui, concerts de trompes sous'l~
idil'ect.ion'd~M.IlenrideIaPorto..
'LaBoisge]in <
J~ontuiné ne
Le déport des'Martins-J,
J' RaHye-Touraine
¡~ Fantares de Chasse
La Chai'nacé
La Champchcvrier
LaChinonaise
La Beaumarchais
` Fanfares de Chasse
° La Trigalicre
Joyeuse
Souvenir de Béruges
Messe de Saint-liubcit.. t
OUESÏiOM Q~BGE~T
Les proportions artificieUes acquises
par certains chapitres du bilan diÈ la l3a.n-
que, sous l'inilHence de l'emprunt, conti-
nuent a disparaître. Nous avons pour la
semaine une diminution de 64 millions
dans le portefeulUe, de 104 minions e.t
demi sur les avances et de 149 fmUi.ons
dans les comptes courants..pa_rticuïiers.
Il Ces chiB'res, joints à ceux de jeudi der-
'-mer; font ressortir pour la.~ui-nxa.ine le6
'diSerences suivantes. Depuis lel~mar,
~i'I y a dimmution
De 175 millions dans le portefeuille
commercial;
De S83 millions et demi' sua* de;e&mpie
d'avances,
Et de 466 millions et demi dans les
comptes courants particuliers.
Aprgs l'espèce de réveil qui avait ac-
compagne la souscription, nous retom-
bons :'). plat, en pleine crise et, si .con-
sulte les impressions du marché aujour-
d'hui, H ne semble pas qu'e nous soyons
presdenousenaN'ranchir.
Les recettes de nos chemins de fer, qui
s'étaient momentanément améliorées, re-
deviennent mauvaises. Pendant la dix-
neuvième semaine do l'exercise, du 7 au
13 mai, deux réseaux seulement sont eïi
bénéfice l'Est, de 49,000 i'r., et le. Nord,
de 84,000 fr. en tOuLH33.,OOp fr. tandis
qu'il y a moins-value do. 6~000 fr. sur
l'Ouest, de 131.0CO sur l'Orléans, de
209,000 sur le Midi et de 558,000 sur le
Lyon, dont le transit a une importance
presque égale~ qu'il s'agisse .de la con-
sommation intérieure ou de l'exportation.
S&inte-PéIagie ne sauraient contenir trois
cents ouvriers. Les trois autres quarts
restent oisifs toute la journée et vivent
pële-mél~, vagabonds de seize ans débu-
tant. dans le vice et forçats libères, de
~soixante ans, depuis longtemps rompus
à toutes les ruses de leur hideux métier,
loges daus des chambrées humides et
malsaines, et enfermés, sans ombre de
surveillance, de six heures du soir à sept
heures du matin.
Deux ou trois gardiens seulement cou-
chent à la prison, et sont censés faire des
rondes; mais ils aiment mieux dormir
dans la geole et ne s'occupent pas plus des
..prisonniers que leurs camarades qui cou-
chent en ville. Pendant douze heures, les
prisonniers sont donc livrés, sans con-
trôle, à leurs iniluences réciproques, cau-
sant, riant, mangeant, buvant, car ils
peuvent se procurer des provisions en de-
hors des deux repas o/y!C~; se dispu-
tant, se battant et surtout se racontant
leurs exploits passés,-et s'entendantpour
en préparer de nouveaux.
Celui qui écrit ces'Ugnes à eu le désa-
grément et l'honneur d'habiter Sainte-
Pélagie pendant trois mois. Quoique logé
dans le pavillon < politique -11 a pu en-
tretenir d'assez' fréquentes communica-
tions avec le commun des prisonniers. H
sait par. eux pt par les g~-rdiens:cQmmuni-.
tifs –car il y en a que le plus grande
nombre peut-être des crimes qui se com-
mettent à'Paris eu aux environs ont été:
imaginés, proposés, machinés, décidés
dans ces chambrées abominables où le
noviciat du crime se fait mieux que par-
tout ailleurs.
Sainte-Pélagie pourrait-étre nommée le
Conservatoire de la Pègre. On y est initié,'
on s'y forme, on s'y perfectionne dans le
mal d'une merveilleuse îaçon. Et d'au-
tant mieux qu'une sage et prévoyante.
administration a eu grand soin de loger
les professeurs avec les élevés.
L'enseignement ne saurait manquera'
ces derniers. Ils l'onta toute heure, à tout
instant, .complet, détaillé, attrayant, irré-
sistible.
Un coquin en liberté a-t-il quelque
méfait en vue et se trouve-t-il embar-
rasse pour choisir un complice parmi ses
relations ordinaires, il se fait condam-
ner a deux ou trois jours de prison pour
une bagatelle quelconque ou, s'il le
faut, à un ou deux mois et, enfermé à
r< Pélagie il ne tarde pas à rencontrer
C'est donc pour les quatre réseaux un~
perte .~e 895,900 fr. ~bus-voici à 19 mil-
liens de déficit dans les jecettes depuis le
1'janvier. Cela/représente 6 0/0 d'à pro-
duit total de noS'e réseau français pen-
dant cette période.
Je ne saurais trop le redire cequ'il faut
surtout voir derriècë ces quelques mil-
lions, c'est surtout la ~marchandise que
l'on ue produit pas ou que l'on n'échange
pas; c'est la diminution générale de tra-
vail, de transactions, de salaires et debé-
uénces c'est, en un mot, la crise elle-
même dont ce ralentissement des trans-
ports n'est qu'une des conséquences mul-
tiples.
Combien, dans une situation semblable.
notre place a raison de s'émouvoir de la
mauvaise politique! Le marché, du reste,
n'y manque jamais. Aujourd'hui encore,
il vient d'indiquer do Ja façon la plus.
nette ses sentiments par un mouvement
rétrograde de 15 centimes sur notre
4 l/3'O/O, de 25 centimes sur le 30/0 per-
pétuel, de 22 sur l'Emprunt et de 20 sur
l'Amortissable.
Cette faiblesse de nos rentes est d'au-
tant plus significative que les fonds étran-
~ci's.sont parfaitement tenus. Le StocK-
Exchange~ ,à. Londres, et la Bourse de
Berlin témoignent de dispositions excel-
lentes. C'est nous-mêmes qui portons at-
teinte,-par les fautes de notre, politique, a
notre propre crédit. Le fait est d'autant
plus grave que nous détruisons ainsi le
peu qui restait de l'imptM&ion communi-
quée aux aû'aires par l'opération de l'Em-
prunt. Nous ruinons d'une façon défini-
tive toute espérance d'une campagne de
reprise en 1886.
Le mieux, pour les capitaux, en pareille
circonstance, est de ne plus compter sur
l'effort de la spéculation. Il faut, au con-
traire, se retourner vers le terrain du
comptant, chercher des. valeurs dont le
temps suffit a relever les cours et adop-
ter, au moins pour quelques mois, des
emplois de fonds le plus profitables pos-
sibtc. J'ai déjà signale quelques titres a
nos lecteurs. Je compléterai ces notes très
prochainement.
LOUtS PRUDENT
`, ë
,MCE E~
RETOUR !')ES TROUPES DU TONKIN
PORT-SAÏD.–Le ToM/tw et, leCftc/fKT
rapatriant des troupes du Tonkin, viennent
d'arriver. Tout va bien a bord.
EN AMÉRIQUE
NEW-YORK.–A Toronto, les employés
do tramways ~se sont mis en grève. La foule
a mis en pièces quarante voitures.
Un faux frère anarchiste, nomme Tuckcr,
a. révélé que depuis plus de/toux ans certains
membres des clubs anarchistes battent mon-
Ttaiceu mettant le feu a leur propriétés préa-
lablement assurées.
Le.mcyen employé par les copains (Me)
pour mettre le feu est l'explosion de la lampe
u pétrole Kérosin&.
ensuite de la dénonciation de Tuckor, de
nombreuses arrestations ont été opérées et
To'n instruit actuellement les procès des in-
culpés.
UN .OURAGAN A BOROKAUX
BORDEAUX. Une violente bourrasque
a éclaté hier soir. La grêle est tombée en
abondance, mais, fort heureusement, pen-
dan~quelques minuter seulement. On a ra-
massé des gréions qui pesaient utusd~m
quart de liyrc. A la grêle a sficcedo une
nluic diluvienne.. Le début de Touragon
coincidiut avec ia tenue de la réunion quoti-
dienne de la Bourse.' La ta.ituro vitrée de cet
-établissement a été completentent hnsce, les
débris de verre jonchaient.les dalles. Les
serres et les chaises du jardin public et du
jardin bo'-anique ont été ravagées, ainsi que
les toitures de fautes les maisons ou monu-
ments dont les vitres se trnuvaicnt exposées
a l'orage. Les arbres des promenades ont été
fort mattraités. La liste des Messes ou des
contusionnés'est nombreuse. La région bor-
delaise pai'ai!, également nvoir beaucoup
soutYert de cet ouragan, quia occasionné sur'
son passage une véritable dévastation.
L'ERUPTION PE L'ETNA
CATANE. Le torrent de lave a envahi
les faubourgs de Nicolosi.
La panique est extrême duns cette loca-
lité.
Cent vingt-quatre chariots ont été envoyés
do Catane pour transporter hors des atteintes
de la lave les meubles des habitations aban-
données.
Des gardes municipaux et des pompiers
ont été, en outre, envoyés de Catano et de
Messine pour organiser des" secours, et on
prépare, dans ces deux villes, des loge-
l'homme qu'il. lui faut, soit parmi ses
anciens amis, sbitdans une nouveUe con-
naissance. v
Les araires se proposent et Se discu-
tent, parfois en secret, souvent en pré-
sence de toute la chambrée. Les habi-
tués du lieu ont un flair étonna.nt_ pour
deviner les MM~c~es ou, pour employer
un terme plus moderne, les casseroles.
Quant au camarade désigne par la direc-
tion pour remplir ouvertement les fonc-
tions de surveillant de chambre, on ne
se gcne pas avec lui. On est assuré de sa
discrétion. >
Le détenu qui accepte ces emplois-là
M se sert de son influence que pour ren-
dre des services aux camarades. La moin-
dre indiscrétion de'sa part, ou le moindre
soupçon d'indiscrétion, pourrait lui être
plus que funeste on le repincerait tôt ou
tard.
Ce soir-là, dans une des chambrées
de Pélagie, deux hommes causaient à
voix très basse.
11 était minuit environ. Douze détenus
dormaient dans leurs petits lits étroits et
durs, dont les couvertures de laine étaient
parsemées d'une sorte de rosée, tant la
pièce était humide, pu reste, il faisait au
dehors un temps horrible~t la. pluie tom-
bait~torrents.
Un treizième détenu était couché tout.
habillé, et, près de lui, un autre, assis,:
s'accoudait. Tous deux parlaient ou, plu-
tôt, se murmuraient de mystérieuses pa-
roles à l'oreille, les yeux lixes, graves, si-
nistres, le teint pale, sans faire de gestes,
sans bouger, avec une placidité inébran-
lable et enrayante.
Le détenu couché était un homme de
quarante ans environ ses traits étaient
beaux et, malgré l'uniforme ignoble de la
prison, sa tournure restait distinguée. Il
avait des cheveux noirs coupés ras, très
drus, quoique soyeux; un front haut et
proéminant, le nez d'une pureté antique,
les lèvres minces, mais d'un dessin gra-
cieux. L'ovale de son visage eût attiré
l'attention d'un esthéticien; mais ses
oreilles, un peu rouges et mal faites, pou- j
valent indiquer une origine assez coin-
mune.
Quant à ses yeux ils étaient fort étran-
ges tellement étranges qu'ils faisaient
éprouver un certain enroi à l'observateur
bien qu'ils n'eussent i'ien de dur ou de
cruel: c'éta~entdes yeux longs, étroits, un
peu relevés vers les tempes. Les prunel-
menis pour recevoir le~ habitante de ?<&-
losi. .1.
FATAI-EJERREUR,
DECAZEVILLE. Hier, ala mine d'Auf-
fct, prés Craosac, le nommé Boyer, enca-
geur~-venait de pousser Une benne- sur la
plate-forme dM~puits il s'apprêtait à en pous-
ser une seconde, mais le machiniste ne s'en
aperçut pas et &t descendrplapremièrebenne
avec trop de précipitation.
A ce moment Boyer, arrivant avec la se-
conde benne, ne vit pas le tron béant et il
crut la pousser dans la cage, mais la benne
fut précipitée au .fond du puits, et eUe en-
traîna dans sa chute le malheureux ouvrier.
On a retrouve son cadavre broyé quelques
heuresplustard..
EXPLOSION; JDEP&TROLE :i
BAYONNE. Une véritable- catastrophe
a eu lisu hier soir a.l'épicerie Orcalzcrro.
Une grande quantité de pétrole emmagasi-
née dans la cave' a fait explosion, tuant sar r
le couple mtuj et. son Sis, brûlant atroce-
ment îa mère et la ïiHe qui sont à l'agonie,
et, enfin, brûlant assez fortement les deux
autres enfants.
A DECAZEVILLE
DECAZEVILLE. Les mineurs se sont v
réunis a Combes, à Fit'my et a Decazeville
ce soir, ponr discuter la nouvelle proposition
d'arbitrage de M. Laur, député. r
Le nombre des ouvriers présents dans cha-
eunR.des réunions était très considérable,.
mais principalement a Decazeville.
Les propositions de M. Laur ont été,
rejetées.
La continuation de la grève a été votée à
l'unanimité.
LE CHOLÉRA EN ITALIE
ROME.–D'hier midi à aujourd'hui mê-
me heure, il y a eu, à Bari, deux cas cho-
lériques et un décès, et, à Venise, vingt cas
ettreize décès.
LE CAS DU SOLDAT OKpLOWlÇZ J
HANOI. L'adjudant Wildenstein, de la
légion étrangère, accusé d'avoir inuigé un
châtiment corporel au soldat Okolowicz, pu-
nition qui avait détet-minéla mort du patient,
vient d'ëfre acquitte par le conseil do. guerre,
al'unanimité..
Ou se rappelle que la responsabilité du
capitaine Poymiro avait été. récemment dé
gagée dhns cette tusteaa'aire.
.PAULBARTEL!
80STE AUX LETTRES
Paris, ce 36mail886.
Monsieur le rédacteur en chef,
Je .lis dans le reinarquabie discours de M. le duc de La Ro-
chefouuauld-Bisaccia a eu pour conséquen
ce, un accès de fureur d'un membre de la
gauche, républicain, quoique marquis, M.
desitoy's.' a
J'ai été député de la Seine-Inférieure de
187'i 'a 1876. A cette époque, je n'ai pas été
réélu député, parce que je n'ai pas caché &
mes électeurs que toutes mes préférences
étaient pour la monarchie. Rien n'est venu.
modifier ma conviction depuis cotte époque.
Il y a.a la Chambre d'aujourd'hui, comme
député de l'Aube, M. DE Roys, avec lequel je
n'ai aucunlien de parenté.
Je viens vous demander de laisser a cha-
cun de nous l'orthographe de nos noms, et la
responsabilité de nos actes et de nos .opi-
nions.
\6uiUez agréer, monsieur le rédacteur en
chef, l'expression de ma considération 1res
distinguée.
.La''marquisDEsRoYS,
Ancien député d'e ta Seino-I&férieure.
W
H y a déjà .vingt-cinq ans que jMmc Sarath
Félix la sceur do la grande Raehel a li-
vré au public sa fameuse invention: l'NaM,
~ Jqrë p~ogressivernont .et naturcilement ~tes'
cheveux et la h~rbc. C'est un succès. univer~
set et sans précédent. 43, rue Richer, à Paris
Envoi de la notice franco. Flacon, b frapcs
?~ f~.B~CT !i' B~AMMfE'ST~
L&~Âni~I M~LANAI&aJM
'C~ECOI.'LECTIOND'ŒUVRESCHOICIES
C'est ainsi'quc l'on peut .dénommer la col-
lection de M. H.qui sera exposée ~demain,
suite 8. Les toites ou autturëllus de nos. pein-
tres contemporaine les plus estimés dont
elle se compose ont ce double charme d'être
la personnification.coinpiète du. talent do
leurs autenM, et présentées sous l'aspect le
plus séduisant.
LaVf/Mg,deJules Breton, est impres-
sionnitnte ctjmme'la -.P'e~a~e ~6Courbet, qui.reB.r.~sj~ttent laie coté .marine
enlevée.
Galofro, Rosier, nous transportent vers des
rivés plus calmes, plus ensoleillées, au bord
de la Méditerranée. Aux chercheurs de beaux
les/d'un gris violacé'et transparent, côn'-
trastaient d'une taçon singulière avec les
cheveux très noirs et le teint d'un brun'
velouté. Mais ce qui les distinguait sur-
tout, c'était une incroyable mobilité d'ex-
pression. Tantôt elles semblaient s'étein-
dre et se tondre en quelque sorte dans la
sclérotique bleuâtre, tantôt elles- pré-'
naientun éclat troublant, et ce dernier
phénomène coïncidait toujours avec un
mouvement très brusque, un ironce-
ment très prononcé des sourcils et des
muscles du front.
Le détenu avait des mains de duchesse,
admirablement entretenues, et des pieds
petits et cambres. Sa taille était haute et
bien prise et, quoique approchant du dé-
clin de la vie, il pouvait évidemmentpas-
ser pour un homme séduisant. Du reste,
il le savait, et un air de fatuité assez dé-
sagréable dominait sur sa Sgure complè-
tement rasée à la façon des comédiens.
Son compagnon était beaucoup plus
jeune. Cinq-ans:), peu près. C'était un pe-
tit voyou parisien de la plus laide espèce.
Cheveux rares, front bas,nez retroussé et
de travers, bouche large et mal meublée,
d'une expression abjecte et bassement
gouailleuse, teint blême, tournure gro-
tesque, mains .plates et larges, pieds gros
et courts; mais des yeux d'une vivacité
et d'une intelligence extraordinaires ) L'i-
déal du. gavi'bche vicieux jusqu'aux.
moelles.
Oa sentait qu'il témoignait a.u codétenu'
vautré sur le lit plus que de la déférence..
C'était du respect un respect de gredin,
mêlé d'une bonne dose d'envie.
Voyons, disait le prisonnier aux
yeux troublants, voyons, récapitulons,.
Bigruche,et ne nous embrouillons pas.
Tu dis: < Une maison très chouette.
–Plus que chouette, répondit Bigru-
che, un vrai château..
Située près de la route d'Arcueil ? `?
–Oui, route d'Arcueil.
On y va par un petit chemin. `
–Un chemin pas grand, creux, en-
touré d'arbres.
Habitée par une femme seule.
Seule et.pas seule. Six pu sept do-
mestiques.mâles et femelles, mais qui
couchent, dans des communs loin des ap-
partements.
Veuve?
Tout comme: son mari est un espèce
de savant, quoique~.portant un titre de
pruice il voyage tout le temps pour cheï-
ites, no~ indiquerons cette page adorable,
ce paysage <~e\Corot, ouïe maître se réyélë
dans la plénitude de ses facultés,~ no 6~u
catalogue, Daubigny. n'est pas moins, at-
trayant et Jules Dupré plein de 'vigueur, de
couleur, dans un petit cadre: ? .Mv}sitera avec plaisir ces beaux paysages où
Knyft fait paître ses troupeaux, où Japy cro-
que ses bergères gardant leurs moutons, et,
~ans fatigue, on ira voir à ja faveur d'un
beau clair de lune, ~M jBor~ de ~AtMs~
par Jongkind.
Fervent de saint Hubert ou non, on n'as-
sistera pas sans émotion aux Cesses <ïM
M~~er et aM cer/~ de Gélibert. Comme ses
meutes de chiens vous nr.mvent écumants,
menaçants) 1
C'est l'Europe que nous visitons, de l'O-
Nent à l'Occident, du Nord au. Midi. Venise
Tious montre ses plus somptueuses demeures
sous la touche délicate d'Hernahdexj la
Grèce ressuscite ses poètes célèbres d'autan
par la pal'ctte magique du grand maître In-
gres, dont. Théophile Gautier chanta l'œu-
vre ici présente. `
Marchetti nous montre toutes les élégan-
ces du moyen-ago, par sa Vt&'t Cater, les délassements de la guerre dans }o
C~)Kpf'~eM<, et Rossi, par quatre perles sans
doute royalement payées autrefois, la grâce
et l'esprit d'une époque dont on sG rappelle
plutôt l'excentricité dans.la mode~: l'ai voulu
parler du.;Dlréctoire. Voyez ces jeunes fem-
mes, ces niuscadins et leurs costumes, comme-
leurs manières~ont utij&ne s:ps quai .tout ;à
fait coquet..
LesMRegnault, Voilon. Elles deviennent vivantes
de vérité.
Des mœurs orientales, Villegas nous oSTe
une scène saisissante, la .F'ewMte a~M~ëfe,
et dans des aquarelles remarquables, la note
complèt.e de toutes ses qualités de coloriste
et de dessinateur.
Trois œuvres de' sculpture seulement se
détachent au milieu de cet ensemble sédui-
sant de peintures, mais trois, œuvres qui
n'ont pas besoin~d'etre chantées. Le bruit de
leurs succès a déjà frappé vos oreilles. Ce
sont deux groupes en marbre, las Tro~
'jSeMre.! de cte et A mer, de d'Epinay;
un bronze, l;a Coupe enchantée, de Madrassi.
ARTHUR BLOÇHE
La Soirée Parisienne
J.. ,{I.. c' t t
Q~ /'ÛK 1M'J''OM/KO<' ~t'MOM~ MaM~M~a<'OM~f
Hier, sur le coup de quatre heures, M.
-Buatier de Kolta. prestidigitateur ~mérite,
donnait, à rEdën-Theâtre, une répres.ent~-
tion spéciale en l'honneur de la presse pa-
risienne.
Je n'y ai pas assiste. :i .j
C'était pourtant séduisant..
D'abord, l'inviîationportaitque nous ne
serions retenus qu'une petite demi-heure.
A une époque où l'on ne se fait pas fautp
de nous. faire avaler, pendant quatre heu-
res d'horloge, des spectacles plus ou.mo}hs
récréatifs, .cette modestie était encoura-
geante..
De p~s, M. Buatier de Kolta me plaît,
parce qu'il est noble et parce qu'il se qua-
lifie d'illusionniste. Cette épithèt&est tout
un programme. Celui qui l'ainaugurée n'a'
pas la prétention d'être un sorcier: il nous
illusionne, voilà tout. Le mot est ingénieux,
.e.t, si quelqu'un l'avaittrouvé au moyen âgé,
il aurait économisé bien du combustible
au gouvernement.
Tout cela aurait dû me décider à aller
voir M. de Kolta, et pourtant je n'y su~s
'pas allé.
11 est vrai -.lue j'avais une raison.
'.Vo:ci-
Entre autres choses surprenahtes, M.
Buatier de Kolta exécute un totir qui sera
bientôt intercalé dans ~nouveau que prépare l'Ëden-Théâtre.
M. Buatier (de Kolta) fait as&eoir. sa
femme sur une chaise qui ne semble nulle-
ment préparée. Il couvre le tout'd'une gaze
légère. Quand il se décide à soulever la
gaze, la chaise est toujours là, mais Mme
de Kolta (Buatier) n'y est plus.
Voilà)
Eh bien raisonnons froidement ne se
peut-il pas que je me marie un jour où
l'autre? Et ne peut-il pas arriver qu'a-
près quelque temps d'un bonheur sans
mélange j'aie tout à fait assez de ma
femme ? Cela .s'est vu lisez l'his-
toire.
Je suppose donc que je suis allé hier
voir travailler M. de Kolta. Puisque cet
illusionniste répudie la sorcellerie, c'est
qu'il a un truc. Or, ce truc, qui vous dit
que je ne l'aurais pas deviné?
Je l'ai deviné, c'est convenu. Je ne eonge
cher des petits cailloux pu~d'a~tres Ë-
'chaises.
Un prince; dis-tu?
–Oui, le prince de Woutremont.
D'origine belge, j'enai entendu par-
ler. vaguement. Jeune, la dame ?
Vingt-huit a. trente ans.
Beaucoup de visites dans le jour?
–Pas mal.
–Etianuit?..
Farceur).personne. C'estuneprin-
cesse qu'a d' la vertu..En faut aussi, de
celles-là)- t
–Et tu crois qu'il y a. du pognon? 2
Beaucoup de pognon.
–Qui te le fait croire?
–Je vous l'ai déjà dit: la princesse
donne beaucoup et a toujours des masses
d'argentsurelle.'
–.Bien. Tu tiens ces renseigne-
ments.?
–Oh ) de moi-même. La maison m'a-
vait tiré l'oeil. J'ai sonné comme weM~ï-
J'ai eu un pain et quarante sous.
C'est en causant avec le concierge, un
vieux qui a l'air de boire, que j'ai su tout-
ce que je vous ai dit. `
Et tu n'as parlé à personne du truc ?
'.A p'er'sonne qu'à vous. Un, ça ne se-.
rait pas assez. Beux~c'est presque trop.
Il faudra pourtant être plus de deux,'
reprit le prisonnier aux yeux étranges,
d'unatrrêyeur;
–Plus de deux!
Oui. H; faut quelqu'un qui pénètre
dans la boite et fasse connaissance avec
les êtres.
J'y retournerai comme ~e~t~o~.
Mauvais t.tu as l'air trop crapule,
on ne te laisserait pas entrer. on se
mènerait.Y a-t-H longtemps que tu/as
vulaMouchotte?
Un bout de temps. mais qu'est-ce j
que vous voulez en faire?
Lui demander une de ses ~os~ ~i
~es.
Pour faire la MtCtt~o~e.
–Tul'asdit. r cra-
Avec ça qu'elles n'ont pas l'air cra-
pule, elles?..
–G'estvrai.
Hein.?. pas d'erreur Etpuis vous
savez j'ai pas tant conôance que ça dans
l~Mouchotte.
Moi, si. car je la tiens.
–air de vénération.
Ecoute Bigruchet.. Tu passes pour.
d'abord qu'à 'tirer otgceil; de ma perspica-
cité. Mais, comme je vous le~disaistoat à
l'heure, un jour -vient où je me marie et
où je m'aperçois que mon bonheur conju-
gal est moins productif que cehn du Gym-
nase. Alors je me souviens. Sans avoir
l'air de rien, j~ prie ma femme .de s'as-
seoir sur une chaise, je la recouvre d'une
ga?e légère, je soulève la gaze et.plus
rien! L'ange de mon foyer a disparu à
l'instar de Mme Buatier de Kolta.
C'est pratique, mais malhonnête et sus-
ceptible de provoquer les remords. Sans
compter les plaintes de là famille, qui me
menacerait d'un procès et irait peut-être
jusqu'à se faire restituer la dot. Avouez
qu'il vaut mieux me pas s'exposer à la ten-
tation `..
Et encore, tout cela ne serait rien. v
Mais, le grave, c'est que, après I'ex;pé-*
rience, la femme revient!
FRtMOUSSE
f
~~son~
F/fy/f~f;F/
~TAMEURwrHMMES~~
DAMES m~
>\ JEUNES f~fM~ SE
> JEUNES SENS~ cc,, ENFANTS
~~MF~T~rs A'ccS
em~ E ~7ZZ~~
H\COSTUMEENFANFS. ËO~
~\COMPLETSPACnAMir:,r." gg~
O* t <)t MO M
EftSt. )MR!)'n~<~ Mr:
EftU~MCtF W tM)m.Lc
L 'le S'D'a' rt sl eftlcac~s contre
LesCaps~esDartoisT~
Oppreasion. Bronchitas chroniques, seu! remtde <;ontK! ta
rBTB!S!E, K ttM
vil
nniT P ~nnî P'nûolM[~asodeurniîn.
n! 1! HA nn! Hnn'ee~ouv.proc.d'épu.
h méé.Noav.proc.d'épü~
UUiiluAIiUUUuUrationLivr.àdomi<~35
k" minim.YERDIEIt.QAENet G",Pt~UNKS' DN~is.
Courriep des Spectacles
\r-
Ce soir vendredi* v
Al'Opera-Comique, Can'~Ke~ (Mlle Dbs<
champs, MM. Lubert et Carroul).
Au cirque d'Eté, représentation extraordi-
naire à l'occasion des fêtes de l'Industrie et
du Commerce parisien.
Hier jeudi a eu lieu, & la Comédie-Fran-
çaise, devant le nouveau comité, la lecture
d'une pièce en trois actes, en vers, de M. Jac-
'ques Normand.
Il n'a pas été *pris de resolution .au sujette
cet ouvrage.
C'est décidément Mlle Jeanne. Granier qui
créera, l'hiver prochain, à la Gaîtê, le l'Ole
de la Cigale dans l'opéra-comique nouveau
de MM. Chivot, Duru etAudran, intitulé
Ct~~e e~ FoMrMt..
Mile Suzanne Destre,ës,.uhe jeune .artiste
d'avenir, vient d'être engagée parles direc-
teurs du Vaudeville.
Au. Ch&telet, ce soir, les spahis assiste-
ront au grand eo.mplet la< represen~atipn
des AueKrie jpuée en.ce moment a. Paris, et Qui ;ne
contient pas moins de vingt-cinq ta6ieaux
dont d(Rix apothéoses.
Mmes Crrisier-Montbazon et Mary-Albert,
MM. pailly et Paul peshàyes. continuent
:i rivaûser tous le6 soirs de gaieté "et
d'entrain. C'est un véritable spectacle.~féeri-
que. `
En raison dos recettes et de la location faite
à l'avance pour les, représentations do ./jp/MKC feKdMepa'r~es~ceM~, la direction ~des
BouN'es-Parisiens a décidé que cette pièce se-
rait jouée jusqu'au Grand-Prix de Paris..
M. Monza, ex-administrateur du théâtre
des Nations, vient de traiter avec M. Ro-
chard, pour exploiter pendant la saison d'été
le théâtre de l'Ambigu.. 1*
Comme il a engagé la plupart des artistes
du théâtre, il va commencer son exploita-
tion en continuant les représentations du
beau drame le Naufrage ~c < Me~M~c r
qui, interrompues en plein succès, no de-
vaient reprendre leur cours qu'a la réouver-
ture.
La mise en scène sera aussi complète qu'à
l'origine, car M. Rochard a consc.i à prêter
tout lo matériel.
Proutant de l'avantage inappréciable d'a-
voir une pièce à grand spectacle, admirable-
un malin. R faut montrer que tu~ie
trompes'pas ton monde.
Je ne demandé' que'a, Tf~onsteur
Chavigny.
Quand sors-tu ?
–Demain. je n'en avais que pour
vingt-quatre heures.
Aussitôt sorti, tu me chercheras une
~em~M/o~e.
–Où ça?.
L Imbécile, dit Chavigny, si je savais
où, je ne te dirais pas de chercher.
C'est juste.
Suis moi bien. Noua avons du temps
devant nous. Je ne sors pas avant un
mois. D'ici là, promène-toi dans Pans,
aie le nez creux, cherche et trouve.11
y a des petites ûlles égarées, de vraies
mendiantes qui ont l'air innocenta les gon-
zesses qui savent prendre cet air-là. Eh-
fin tu me comprends, ou tu es plus bête
que le-prince beige qui cherche des petits
cailloux.
Entendu, monsieur Chavigny.
–Quand.tu auras trouvé la. petite,coh-
duis-la. chez la Mouchotte. et dis-lui
quec'est'de ma part.sans lui donner
d'autres détails. Elle comprendra. Une
fois dressée. si elle a besoin de FêtEe,
envoie-la chez la princesse. Pas besoin
-d'explication, n'est-ce pas ?. Nous nous
comprenons. Il faut qu'à ma sortie- d'ici
je trouver l'ouvrage tout préparé. Et,
maintenante laisse-moi dormir et va te
coucher.
Chavigny, sans se déshabiller, se re-
tourna sur son lit, et Bigruche regagna le
sien en maugréant.. 1
Comme il vous arrange celât pen"
sait-il. Parait que c'est ainsi que l'Em-
pereur premier s'y prenait avec ses hom-
mes et que ça réussissait toujours. En-
un L.. je tacherai de lui parler encore
avant de sortir.
Bigruche se déshabilla, se coucha, mais
ne dormit point. Il était fier de sa mission,
mais un peu ëSrayé aussi.
Quand.à-Ghavigny,il paraissait livré au.
doux somt~sil du juste. Une fois seule-
ment dans-la matinée, mais avant le jour,
il eut un soubresaut conv~lsif etBMH'-
mura
Mon père i:
~MtweJ SIMON BOUBËN' ï
PAR TROP D'AUDACE
En racontant, hier, le vol audacieux qu'a-
vait tenté de commettre, rue Mandar, chez
tm nrarchand de irins, un mdividu qui avait
pn être &rretc, nous avons dit qu'il avait
déclaré se nommer R. et être commission-
naire à l'hôtel d<;s Ventes.
Cet individu ne fait -nullement partie des
commissionnaires de l'hôtel des 'Ventes, qui
"font. tous partie d'un service particulier très
bien organiséet fort bien tenu. C'était un de
ces commissionnaires maraudeurs comme il
y en a be&ucoup trop aux environs de
cet établissement.
LES ASSEMBLÉES CATHOLIQUES
Les membres du jcongrès catholique ont
tous assisté hier matin & la messe quia été
dite a. l'église.Sain t-Thomaad'Aquin,,pour le
salut de la France. Le soir, lis résout réunis
enunetroi~iémcSéance générale, A l'hôtel
de la Société de géographie, sbu& la prési-
dence de M. l'abbé Millaud, curé de Sïunt
Roch.
Le R. P. Delaportc a tout d'abord lu un
intéressant rapport sur le congrès eucharis-
tique de Toulouse; puis, les assistants ont
écouté avec beaucoup de recuciHotnent un
discours do M. le comte de Fonta.ine de Ren-
becq sur la nouveau projet do loi relatif à
l'organisation de l'enseignement primaire.
M. l'abbé Schlosser a donné immédiate-
ment aprés.commu:dcation d'un-ra~port sur
les couvres de catéchisme pour les élèves, do
six & dix ans des écoles publiques ensuite,
?. do Lapparcnt, professeur a l'Institut ca-
tholique, a discouru sur la certitude dans
les sciences.
Le R. P. Clair a parlé aussi de la réunion
artistique de la rue de Sèvres et de l'atelier
chrétien des beaux-arts; M.~le vicomte de
Damas a également entretenu l'auditoire du
jubilé sacerdotal de S. S. Léon XIII.
Une très intéressante allocution de M.
l'abbé Millaud, curé do Saint-Roch, a ter-
mine laséance.
Aujourd'hui doit avoir Heu, le matin, à
huit heures, une messe pour les membres et
les bienfaiteurs des comités catholiques, a
Féglise Saint-Thomas-d'Aquin; a quatre heu-
res du soir, l'assemblée annuelle de la So-
ciété d'éducation et d'enseignement; à huit
heures, une nouvelle séaneegénérule, au cours
de laquelle sera communiquée t'a réponse de
S. S. Léon XIII au télégramme qui lui a étc
adressé pour lui demander sa~bénédiption.
Un sermon de.charité sera prêcha, en. J'é-.
glise Sajnt Pierre de Chaillot, à Paris, le; di-
manche 30 mai, après les vêpres, a trois
heures de l'aprés-.midi, en faveur- des f~
milles pauvres secourues par M. le emté é-
''d'ivry, les dames'de charité et les Sœurs de
Saint-André-de-la-Croix.
Le sermon sera prêché par M. l'abbé Ba)*-
hier, missionnaire apostolique.
UN ADROIT VOLEU&
En 1881, un nommé Fasquel, &gé de'vingt-
cinq ans, employé au Crédit lyonnais, avuit
soustrait cent actions au préjudice de
Arrêté pour ce fait; il avait été condamné
par la cour d'assises de la. Seine u t:ro;s ans
de prison, peine qu'il a purgée. On n'avait
pu alors retrouver' que cinquante des titres
volés, et l'opposition avmt été laite pour em-
pêcher la négociation des cinquante autres.
11 y a un. mois, M&I. BrOt et Carpcnticr,
changeurs, étaient informés par la chambre
.Syndicale des. agents de change qu'uh-Mi;-
tain nombre d'actions 'du 'Crédit lyonnais,
-vendues & des agents de change, avaient été
reconnues comme étant falsifiées.
Les changeurs tirent aussitôt -des recher-
ches et parvinrent a établir que l'individu,
ayant vendu les titres signalés, avait'donné
le noin de Fasquel.' On se rendit à l'adresse
.} qu'il avait indiquée, comme; étant son dom~-
cilc; mais l'adresse était compl&temont fausse
~t il y était tout .à fait inconnu. i
Plamtc tut portée au Parquet et M. Lalïcj-
mand, commissairc'de police aux délégations
judiciairee fut chargé d'ouvrir une enquêta,'
.lau courg de laquelle il parvint rétablir qup
les titres falsifies étaient bien ceux déroDés
au Crédit lyonnais en 1881 et non retrouvés.
Pour les rendre négociables, Fasquel avait
altéré un chitt're, et c'est ainsi que les actions
qui, primitivement, portaie.nt les numéros de
série de 307.617 a HC~Mu étaient devenues,
après la falsincation, la série de307;()17 a
3U7,645 et la série 3~3,531. a 3M,iBS, deveitue
celte do 370,521 a 370,5; a
M. Lalmand'est par venu a retrouver et a
arrêter avant hier le'nommé Fasquei,a'son
domicite. rue Lebrun, no H7.
C'est io mémo magistrat, coincidence
tétrange,qui,en 18~1, avait été chargé de
cette au'a.ire, Jorsqu'il était commissaire de
police dùJquartierCaiilon..
M. Athalin, juge d'instruction, a fait de
nouveau écrouer Fasquc) a Mazas, et nommé
M. Gobert, expert de la Banque de France,
&l'etretd'oxaminer les titres ialsiiiés.
L'enquête se poursuit.
ARRESTATION DH PICKPOCKETS
Deux agents de la. sûreté, do service aux
Tuileries, remarquaient, hier, après midi,
FEUILLETON DÛ &A MLO~S
Du28MA.il886
'4
"LES
ni~~P~~P~M~TR
PM~))~ 1
s PREmrÈRE PARTtE E,
LE COK~ERVATOIRE, DE LA PÈGRE
La prison de Sainte-PéIagiedisparaitra,
Bans doute, bientôt sous la pioche n'Qpi-
~toyable des démolisseurs. Au point de
-vue du pittoresque et des souveuirs histp-
riq'ues, il sera permis de le regretter.
C'est, en en'et, une des curiosités de
Paris que cette prison < vieux-jeu en-
fouie dans un dédale de rues sombres et
étroites, faisant vis-à-vis à l'hôpital de
'la Pitié, et présentant au promeneur une
façade extraordinairement rébarbative;
'des barreaux énormes,des ouvertures à
.peine visibles et un ensemble à donner le
irisson.
La vieille prison" abonde, du reste, en
souvenirs intéressants. Elle estlégendaire
plus qu'aucune autre. Peu de gens de let-
tres ayant quelque hardiesse, peu de jour-
nalistes surtout, ont parcouru leur car-
rière sans faire plus ou moins ample con-
naissance avec Sainte-Pélagie. Ses murs
.intérieurs sont couverts de noms illus-
tres on inconnus, oubliés ou toujours
glorieux, gravés à la pointe du couteau et
formant les plus bizarres effets de con-
traste.
Au point de vue social, il n'est que
"temps que cette étrange prison dispa-
raisse. EUe contient environ neuf cents
détenus de droit commun, condamnés au
.plus à un an de prison, et soumis au rè-
glement le plus absurde qu'il, soit possi-
ble d'imaginer. Le quart à peine djgtces~
malheureux sont admis à travailIeCpen-
dant leur détention; car les ateliers de
Traduction et reproduction inter~"
cinq individus fouillant les poches des cu-
jienx massés devant les baraques.~
[; Les agents, les ayant niés, en ont arrête
deux qui yenaient d'enlever le porte-mon-
naie d'un passant. v
Us ibtir ont opposé une résistance furieuse,
le frappant a coups, de pied et de poing, ~et
l'un d'eux, tirant t:n couteau à virole de sa.
poche, aUaif eh frapper un des àgentsquand,
heureusement, un matelot et un des lutteurs
do la fête, nommé Bérard, se sont élancés
sur lui et Font désarmé.
Conduits chez M. Dhers, commissaire de
police, ces deux gredins ont déclaré se notn-
merMàrius Cavalier, vingt-sept ans, né a.
Malte; et Alphonse Feuchot, âgé de dix sept
ans.
Après interrogatoire, ils ont été écroués
au Dépôt.
au Dépôt. À LA MORGUE
Des mariniers ont retiré de la Seine, vers
cinq heures du soir, ~}uai de la Râpée, en
face du numéro 44, le cadavre d'un individu
paraissant avoir séjourne cinq ou six heures
sous l'eau, et dont il a été impossible d'éta-
blir l'identité.
M. Delamarre, commissaire do police, a
envoyé le corps a la Morgue.
L'inconnu était vêtu d'un paletot gris, d'un
gilet ét d'un pantalon en drap noir, d'une
.chemise de Ilanello et chaussé de bottines a
élastiques.
Dans'ses poches, pnatrouyê..un.pbrte.-
monnaiecontenantSSfr.O.
`- JKCEXME'
Ua commencement d'incendie, occasionné
par une bougie laissée allumée près du lit,
s'est déclaré dans une chambre située au
premier étage rue do La Chapelle, ;no 110,
occupée pnr, io. nommé Casimir Laubatière,
garçon marchand do_ vins au service de M.
Prunier, débitant a cette adresse. Réveillé
en sursaut, entouré de nammes et a moitié
asphyxié, le pauvr.o homme s'est sauvé dans
l'escalier en appelant au secours.
.Des voisins sont accourus et., avec leur as-
sistance, les pompiers du poste de la rue
DoudcauviIIe ont pu se rendre maigres de ce
commencement d'incendie après une demi-
heure de travai!
WiLL-FUREf
®
EXPOSiTION CANtNE
(CûtHS-tit-Rcine)
,Aujourd'hui, concerts de trompes sous'l~
idil'ect.ion'd~M.IlenrideIaPorto..
'LaBoisge]in <
J~ontuiné ne
Le déport des'Martins-J,
J' RaHye-Touraine
¡~ Fantares de Chasse
La Chai'nacé
La Champchcvrier
LaChinonaise
La Beaumarchais
` Fanfares de Chasse
° La Trigalicre
Joyeuse
Souvenir de Béruges
Messe de Saint-liubcit.. t
OUESÏiOM Q~BGE~T
Les proportions artificieUes acquises
par certains chapitres du bilan diÈ la l3a.n-
que, sous l'inilHence de l'emprunt, conti-
nuent a disparaître. Nous avons pour la
semaine une diminution de 64 millions
dans le portefeulUe, de 104 minions e.t
demi sur les avances et de 149 fmUi.ons
dans les comptes courants..pa_rticuïiers.
Il Ces chiB'res, joints à ceux de jeudi der-
'-mer; font ressortir pour la.~ui-nxa.ine le6
'diSerences suivantes. Depuis lel~mar,
~i'I y a dimmution
De 175 millions dans le portefeuille
commercial;
De S83 millions et demi' sua* de;e&mpie
d'avances,
Et de 466 millions et demi dans les
comptes courants particuliers.
Aprgs l'espèce de réveil qui avait ac-
compagne la souscription, nous retom-
bons :'). plat, en pleine crise et, si .con-
sulte les impressions du marché aujour-
d'hui, H ne semble pas qu'e nous soyons
presdenousenaN'ranchir.
Les recettes de nos chemins de fer, qui
s'étaient momentanément améliorées, re-
deviennent mauvaises. Pendant la dix-
neuvième semaine do l'exercise, du 7 au
13 mai, deux réseaux seulement sont eïi
bénéfice l'Est, de 49,000 i'r., et le. Nord,
de 84,000 fr. en tOuLH33.,OOp fr. tandis
qu'il y a moins-value do. 6~000 fr. sur
l'Ouest, de 131.0CO sur l'Orléans, de
209,000 sur le Midi et de 558,000 sur le
Lyon, dont le transit a une importance
presque égale~ qu'il s'agisse .de la con-
sommation intérieure ou de l'exportation.
S&inte-PéIagie ne sauraient contenir trois
cents ouvriers. Les trois autres quarts
restent oisifs toute la journée et vivent
pële-mél~, vagabonds de seize ans débu-
tant. dans le vice et forçats libères, de
~soixante ans, depuis longtemps rompus
à toutes les ruses de leur hideux métier,
loges daus des chambrées humides et
malsaines, et enfermés, sans ombre de
surveillance, de six heures du soir à sept
heures du matin.
Deux ou trois gardiens seulement cou-
chent à la prison, et sont censés faire des
rondes; mais ils aiment mieux dormir
dans la geole et ne s'occupent pas plus des
..prisonniers que leurs camarades qui cou-
chent en ville. Pendant douze heures, les
prisonniers sont donc livrés, sans con-
trôle, à leurs iniluences réciproques, cau-
sant, riant, mangeant, buvant, car ils
peuvent se procurer des provisions en de-
hors des deux repas o/y!C~; se dispu-
tant, se battant et surtout se racontant
leurs exploits passés,-et s'entendantpour
en préparer de nouveaux.
Celui qui écrit ces'Ugnes à eu le désa-
grément et l'honneur d'habiter Sainte-
Pélagie pendant trois mois. Quoique logé
dans le pavillon < politique -11 a pu en-
tretenir d'assez' fréquentes communica-
tions avec le commun des prisonniers. H
sait par. eux pt par les g~-rdiens:cQmmuni-.
tifs –car il y en a que le plus grande
nombre peut-être des crimes qui se com-
mettent à'Paris eu aux environs ont été:
imaginés, proposés, machinés, décidés
dans ces chambrées abominables où le
noviciat du crime se fait mieux que par-
tout ailleurs.
Sainte-Pélagie pourrait-étre nommée le
Conservatoire de la Pègre. On y est initié,'
on s'y forme, on s'y perfectionne dans le
mal d'une merveilleuse îaçon. Et d'au-
tant mieux qu'une sage et prévoyante.
administration a eu grand soin de loger
les professeurs avec les élevés.
L'enseignement ne saurait manquera'
ces derniers. Ils l'onta toute heure, à tout
instant, .complet, détaillé, attrayant, irré-
sistible.
Un coquin en liberté a-t-il quelque
méfait en vue et se trouve-t-il embar-
rasse pour choisir un complice parmi ses
relations ordinaires, il se fait condam-
ner a deux ou trois jours de prison pour
une bagatelle quelconque ou, s'il le
faut, à un ou deux mois et, enfermé à
r< Pélagie il ne tarde pas à rencontrer
C'est donc pour les quatre réseaux un~
perte .~e 895,900 fr. ~bus-voici à 19 mil-
liens de déficit dans les jecettes depuis le
1'janvier. Cela/représente 6 0/0 d'à pro-
duit total de noS'e réseau français pen-
dant cette période.
Je ne saurais trop le redire cequ'il faut
surtout voir derriècë ces quelques mil-
lions, c'est surtout la ~marchandise que
l'on ue produit pas ou que l'on n'échange
pas; c'est la diminution générale de tra-
vail, de transactions, de salaires et debé-
uénces c'est, en un mot, la crise elle-
même dont ce ralentissement des trans-
ports n'est qu'une des conséquences mul-
tiples.
Combien, dans une situation semblable.
notre place a raison de s'émouvoir de la
mauvaise politique! Le marché, du reste,
n'y manque jamais. Aujourd'hui encore,
il vient d'indiquer do Ja façon la plus.
nette ses sentiments par un mouvement
rétrograde de 15 centimes sur notre
4 l/3'O/O, de 25 centimes sur le 30/0 per-
pétuel, de 22 sur l'Emprunt et de 20 sur
l'Amortissable.
Cette faiblesse de nos rentes est d'au-
tant plus significative que les fonds étran-
~ci's.sont parfaitement tenus. Le StocK-
Exchange~ ,à. Londres, et la Bourse de
Berlin témoignent de dispositions excel-
lentes. C'est nous-mêmes qui portons at-
teinte,-par les fautes de notre, politique, a
notre propre crédit. Le fait est d'autant
plus grave que nous détruisons ainsi le
peu qui restait de l'imptM&ion communi-
quée aux aû'aires par l'opération de l'Em-
prunt. Nous ruinons d'une façon défini-
tive toute espérance d'une campagne de
reprise en 1886.
Le mieux, pour les capitaux, en pareille
circonstance, est de ne plus compter sur
l'effort de la spéculation. Il faut, au con-
traire, se retourner vers le terrain du
comptant, chercher des. valeurs dont le
temps suffit a relever les cours et adop-
ter, au moins pour quelques mois, des
emplois de fonds le plus profitables pos-
sibtc. J'ai déjà signale quelques titres a
nos lecteurs. Je compléterai ces notes très
prochainement.
LOUtS PRUDENT
`, ë
,MCE E~
RETOUR !')ES TROUPES DU TONKIN
PORT-SAÏD.–Le ToM/tw et, leCftc/fKT
rapatriant des troupes du Tonkin, viennent
d'arriver. Tout va bien a bord.
EN AMÉRIQUE
NEW-YORK.–A Toronto, les employés
do tramways ~se sont mis en grève. La foule
a mis en pièces quarante voitures.
Un faux frère anarchiste, nomme Tuckcr,
a. révélé que depuis plus de/toux ans certains
membres des clubs anarchistes battent mon-
Ttaiceu mettant le feu a leur propriétés préa-
lablement assurées.
Le.mcyen employé par les copains (Me)
pour mettre le feu est l'explosion de la lampe
u pétrole Kérosin&.
ensuite de la dénonciation de Tuckor, de
nombreuses arrestations ont été opérées et
To'n instruit actuellement les procès des in-
culpés.
UN .OURAGAN A BOROKAUX
BORDEAUX. Une violente bourrasque
a éclaté hier soir. La grêle est tombée en
abondance, mais, fort heureusement, pen-
dan~quelques minuter seulement. On a ra-
massé des gréions qui pesaient utusd~m
quart de liyrc. A la grêle a sficcedo une
nluic diluvienne.. Le début de Touragon
coincidiut avec ia tenue de la réunion quoti-
dienne de la Bourse.' La ta.ituro vitrée de cet
-établissement a été completentent hnsce, les
débris de verre jonchaient.les dalles. Les
serres et les chaises du jardin public et du
jardin bo'-anique ont été ravagées, ainsi que
les toitures de fautes les maisons ou monu-
ments dont les vitres se trnuvaicnt exposées
a l'orage. Les arbres des promenades ont été
fort mattraités. La liste des Messes ou des
contusionnés'est nombreuse. La région bor-
delaise pai'ai!, également nvoir beaucoup
soutYert de cet ouragan, quia occasionné sur'
son passage une véritable dévastation.
L'ERUPTION PE L'ETNA
CATANE. Le torrent de lave a envahi
les faubourgs de Nicolosi.
La panique est extrême duns cette loca-
lité.
Cent vingt-quatre chariots ont été envoyés
do Catane pour transporter hors des atteintes
de la lave les meubles des habitations aban-
données.
Des gardes municipaux et des pompiers
ont été, en outre, envoyés de Catano et de
Messine pour organiser des" secours, et on
prépare, dans ces deux villes, des loge-
l'homme qu'il. lui faut, soit parmi ses
anciens amis, sbitdans une nouveUe con-
naissance. v
Les araires se proposent et Se discu-
tent, parfois en secret, souvent en pré-
sence de toute la chambrée. Les habi-
tués du lieu ont un flair étonna.nt_ pour
deviner les MM~c~es ou, pour employer
un terme plus moderne, les casseroles.
Quant au camarade désigne par la direc-
tion pour remplir ouvertement les fonc-
tions de surveillant de chambre, on ne
se gcne pas avec lui. On est assuré de sa
discrétion. >
Le détenu qui accepte ces emplois-là
M se sert de son influence que pour ren-
dre des services aux camarades. La moin-
dre indiscrétion de'sa part, ou le moindre
soupçon d'indiscrétion, pourrait lui être
plus que funeste on le repincerait tôt ou
tard.
Ce soir-là, dans une des chambrées
de Pélagie, deux hommes causaient à
voix très basse.
11 était minuit environ. Douze détenus
dormaient dans leurs petits lits étroits et
durs, dont les couvertures de laine étaient
parsemées d'une sorte de rosée, tant la
pièce était humide, pu reste, il faisait au
dehors un temps horrible~t la. pluie tom-
bait~torrents.
Un treizième détenu était couché tout.
habillé, et, près de lui, un autre, assis,:
s'accoudait. Tous deux parlaient ou, plu-
tôt, se murmuraient de mystérieuses pa-
roles à l'oreille, les yeux lixes, graves, si-
nistres, le teint pale, sans faire de gestes,
sans bouger, avec une placidité inébran-
lable et enrayante.
Le détenu couché était un homme de
quarante ans environ ses traits étaient
beaux et, malgré l'uniforme ignoble de la
prison, sa tournure restait distinguée. Il
avait des cheveux noirs coupés ras, très
drus, quoique soyeux; un front haut et
proéminant, le nez d'une pureté antique,
les lèvres minces, mais d'un dessin gra-
cieux. L'ovale de son visage eût attiré
l'attention d'un esthéticien; mais ses
oreilles, un peu rouges et mal faites, pou- j
valent indiquer une origine assez coin-
mune.
Quant à ses yeux ils étaient fort étran-
ges tellement étranges qu'ils faisaient
éprouver un certain enroi à l'observateur
bien qu'ils n'eussent i'ien de dur ou de
cruel: c'éta~entdes yeux longs, étroits, un
peu relevés vers les tempes. Les prunel-
menis pour recevoir le~ habitante de ?<&-
losi. .1.
FATAI-EJERREUR,
DECAZEVILLE. Hier, ala mine d'Auf-
fct, prés Craosac, le nommé Boyer, enca-
geur~-venait de pousser Une benne- sur la
plate-forme dM~puits il s'apprêtait à en pous-
ser une seconde, mais le machiniste ne s'en
aperçut pas et &t descendrplapremièrebenne
avec trop de précipitation.
A ce moment Boyer, arrivant avec la se-
conde benne, ne vit pas le tron béant et il
crut la pousser dans la cage, mais la benne
fut précipitée au .fond du puits, et eUe en-
traîna dans sa chute le malheureux ouvrier.
On a retrouve son cadavre broyé quelques
heuresplustard..
EXPLOSION; JDEP&TROLE :i
BAYONNE. Une véritable- catastrophe
a eu lisu hier soir a.l'épicerie Orcalzcrro.
Une grande quantité de pétrole emmagasi-
née dans la cave' a fait explosion, tuant sar r
le couple mtuj et. son Sis, brûlant atroce-
ment îa mère et la ïiHe qui sont à l'agonie,
et, enfin, brûlant assez fortement les deux
autres enfants.
A DECAZEVILLE
DECAZEVILLE. Les mineurs se sont v
réunis a Combes, à Fit'my et a Decazeville
ce soir, ponr discuter la nouvelle proposition
d'arbitrage de M. Laur, député. r
Le nombre des ouvriers présents dans cha-
eunR.des réunions était très considérable,.
mais principalement a Decazeville.
Les propositions de M. Laur ont été,
rejetées.
La continuation de la grève a été votée à
l'unanimité.
LE CHOLÉRA EN ITALIE
ROME.–D'hier midi à aujourd'hui mê-
me heure, il y a eu, à Bari, deux cas cho-
lériques et un décès, et, à Venise, vingt cas
ettreize décès.
LE CAS DU SOLDAT OKpLOWlÇZ J
HANOI. L'adjudant Wildenstein, de la
légion étrangère, accusé d'avoir inuigé un
châtiment corporel au soldat Okolowicz, pu-
nition qui avait détet-minéla mort du patient,
vient d'ëfre acquitte par le conseil do. guerre,
al'unanimité..
Ou se rappelle que la responsabilité du
capitaine Poymiro avait été. récemment dé
gagée dhns cette tusteaa'aire.
.PAULBARTEL!
80STE AUX LETTRES
Paris, ce 36mail886.
Monsieur le rédacteur en chef,
Je .lis dans le reinarquabie discours de M. le duc de La Ro-
chefouuauld-Bisaccia a eu pour conséquen
ce, un accès de fureur d'un membre de la
gauche, républicain, quoique marquis, M.
desitoy's.' a
J'ai été député de la Seine-Inférieure de
187'i 'a 1876. A cette époque, je n'ai pas été
réélu député, parce que je n'ai pas caché &
mes électeurs que toutes mes préférences
étaient pour la monarchie. Rien n'est venu.
modifier ma conviction depuis cotte époque.
Il y a.a la Chambre d'aujourd'hui, comme
député de l'Aube, M. DE Roys, avec lequel je
n'ai aucunlien de parenté.
Je viens vous demander de laisser a cha-
cun de nous l'orthographe de nos noms, et la
responsabilité de nos actes et de nos .opi-
nions.
\6uiUez agréer, monsieur le rédacteur en
chef, l'expression de ma considération 1res
distinguée.
.La''marquisDEsRoYS,
Ancien député d'e ta Seino-I&férieure.
W
H y a déjà .vingt-cinq ans que jMmc Sarath
Félix la sceur do la grande Raehel a li-
vré au public sa fameuse invention: l'NaM,
~
cheveux et la h~rbc. C'est un succès. univer~
set et sans précédent. 43, rue Richer, à Paris
Envoi de la notice franco. Flacon, b frapcs
?~ f~.B~CT !i' B~AMMfE'ST~
L&~Âni~I M~LANAI&aJM
'C~ECOI.'LECTIOND'ŒUVRESCHOICIES
C'est ainsi'quc l'on peut .dénommer la col-
lection de M. H.qui sera exposée ~demain,
suite 8. Les toites ou autturëllus de nos. pein-
tres contemporaine les plus estimés dont
elle se compose ont ce double charme d'être
la personnification.coinpiète du. talent do
leurs autenM, et présentées sous l'aspect le
plus séduisant.
LaVf/Mg,deJules Breton, est impres-
sionnitnte ctjmme'la -.P'e~a~e ~6Courbet, qui.reB.r.~sj~ttent laie coté .marine
enlevée.
Galofro, Rosier, nous transportent vers des
rivés plus calmes, plus ensoleillées, au bord
de la Méditerranée. Aux chercheurs de beaux
les/d'un gris violacé'et transparent, côn'-
trastaient d'une taçon singulière avec les
cheveux très noirs et le teint d'un brun'
velouté. Mais ce qui les distinguait sur-
tout, c'était une incroyable mobilité d'ex-
pression. Tantôt elles semblaient s'étein-
dre et se tondre en quelque sorte dans la
sclérotique bleuâtre, tantôt elles- pré-'
naientun éclat troublant, et ce dernier
phénomène coïncidait toujours avec un
mouvement très brusque, un ironce-
ment très prononcé des sourcils et des
muscles du front.
Le détenu avait des mains de duchesse,
admirablement entretenues, et des pieds
petits et cambres. Sa taille était haute et
bien prise et, quoique approchant du dé-
clin de la vie, il pouvait évidemmentpas-
ser pour un homme séduisant. Du reste,
il le savait, et un air de fatuité assez dé-
sagréable dominait sur sa Sgure complè-
tement rasée à la façon des comédiens.
Son compagnon était beaucoup plus
jeune. Cinq-ans:), peu près. C'était un pe-
tit voyou parisien de la plus laide espèce.
Cheveux rares, front bas,nez retroussé et
de travers, bouche large et mal meublée,
d'une expression abjecte et bassement
gouailleuse, teint blême, tournure gro-
tesque, mains .plates et larges, pieds gros
et courts; mais des yeux d'une vivacité
et d'une intelligence extraordinaires ) L'i-
déal du. gavi'bche vicieux jusqu'aux.
moelles.
Oa sentait qu'il témoignait a.u codétenu'
vautré sur le lit plus que de la déférence..
C'était du respect un respect de gredin,
mêlé d'une bonne dose d'envie.
Voyons, disait le prisonnier aux
yeux troublants, voyons, récapitulons,.
Bigruche,et ne nous embrouillons pas.
Tu dis: < Une maison très chouette.
–Plus que chouette, répondit Bigru-
che, un vrai château..
Située près de la route d'Arcueil ? `?
–Oui, route d'Arcueil.
On y va par un petit chemin. `
–Un chemin pas grand, creux, en-
touré d'arbres.
Habitée par une femme seule.
Seule et.pas seule. Six pu sept do-
mestiques.mâles et femelles, mais qui
couchent, dans des communs loin des ap-
partements.
Veuve?
Tout comme: son mari est un espèce
de savant, quoique~.portant un titre de
pruice il voyage tout le temps pour cheï-
ites, no~ indiquerons cette page adorable,
ce paysage <~e\Corot, ouïe maître se réyélë
dans la plénitude de ses facultés,~ no 6~u
catalogue, Daubigny. n'est pas moins, at-
trayant et Jules Dupré plein de 'vigueur, de
couleur, dans un petit cadre: ? .M
Knyft fait paître ses troupeaux, où Japy cro-
que ses bergères gardant leurs moutons, et,
~ans fatigue, on ira voir à ja faveur d'un
beau clair de lune, ~M jBor~ de ~AtMs~
par Jongkind.
Fervent de saint Hubert ou non, on n'as-
sistera pas sans émotion aux Cesses <ïM
M~~er et aM cer/~ de Gélibert. Comme ses
meutes de chiens vous nr.mvent écumants,
menaçants) 1
C'est l'Europe que nous visitons, de l'O-
Nent à l'Occident, du Nord au. Midi. Venise
Tious montre ses plus somptueuses demeures
sous la touche délicate d'Hernahdexj la
Grèce ressuscite ses poètes célèbres d'autan
par la pal'ctte magique du grand maître In-
gres, dont. Théophile Gautier chanta l'œu-
vre ici présente. `
Marchetti nous montre toutes les élégan-
ces du moyen-ago, par sa Vt&'t
C~)Kpf'~eM<, et Rossi, par quatre perles sans
doute royalement payées autrefois, la grâce
et l'esprit d'une époque dont on sG rappelle
plutôt l'excentricité dans.la mode~: l'ai voulu
parler du.;Dlréctoire. Voyez ces jeunes fem-
mes, ces niuscadins et leurs costumes, comme-
leurs manières~ont utij&ne s:ps quai .tout ;à
fait coquet..
LesM
de vérité.
Des mœurs orientales, Villegas nous oSTe
une scène saisissante, la .F'ewMte a~M~ëfe,
et dans des aquarelles remarquables, la note
complèt.e de toutes ses qualités de coloriste
et de dessinateur.
Trois œuvres de' sculpture seulement se
détachent au milieu de cet ensemble sédui-
sant de peintures, mais trois, œuvres qui
n'ont pas besoin~d'etre chantées. Le bruit de
leurs succès a déjà frappé vos oreilles. Ce
sont deux groupes en marbre, las Tro~
'jSeMre.! de cte et A mer, de d'Epinay;
un bronze, l;a Coupe enchantée, de Madrassi.
ARTHUR BLOÇHE
La Soirée Parisienne
J.. ,{I.. c' t t
Q~ /'ÛK 1M'J''OM/KO<' ~t'MOM~
Hier, sur le coup de quatre heures, M.
-Buatier de Kolta. prestidigitateur ~mérite,
donnait, à rEdën-Theâtre, une répres.ent~-
tion spéciale en l'honneur de la presse pa-
risienne.
Je n'y ai pas assiste. :i .j
C'était pourtant séduisant..
D'abord, l'inviîationportaitque nous ne
serions retenus qu'une petite demi-heure.
A une époque où l'on ne se fait pas fautp
de nous. faire avaler, pendant quatre heu-
res d'horloge, des spectacles plus ou.mo}hs
récréatifs, .cette modestie était encoura-
geante..
De p~s, M. Buatier de Kolta me plaît,
parce qu'il est noble et parce qu'il se qua-
lifie d'illusionniste. Cette épithèt&est tout
un programme. Celui qui l'ainaugurée n'a'
pas la prétention d'être un sorcier: il nous
illusionne, voilà tout. Le mot est ingénieux,
.e.t, si quelqu'un l'avaittrouvé au moyen âgé,
il aurait économisé bien du combustible
au gouvernement.
Tout cela aurait dû me décider à aller
voir M. de Kolta, et pourtant je n'y su~s
'pas allé.
11 est vrai -.lue j'avais une raison.
'.Vo:ci-
Entre autres choses surprenahtes, M.
Buatier de Kolta exécute un totir qui sera
bientôt intercalé dans ~nouveau que prépare l'Ëden-Théâtre.
M. Buatier (de Kolta) fait as&eoir. sa
femme sur une chaise qui ne semble nulle-
ment préparée. Il couvre le tout'd'une gaze
légère. Quand il se décide à soulever la
gaze, la chaise est toujours là, mais Mme
de Kolta (Buatier) n'y est plus.
Voilà)
Eh bien raisonnons froidement ne se
peut-il pas que je me marie un jour où
l'autre? Et ne peut-il pas arriver qu'a-
près quelque temps d'un bonheur sans
mélange j'aie tout à fait assez de ma
femme ? Cela .s'est vu lisez l'his-
toire.
Je suppose donc que je suis allé hier
voir travailler M. de Kolta. Puisque cet
illusionniste répudie la sorcellerie, c'est
qu'il a un truc. Or, ce truc, qui vous dit
que je ne l'aurais pas deviné?
Je l'ai deviné, c'est convenu. Je ne eonge
cher des petits cailloux pu~d'a~tres Ë-
'chaises.
Un prince; dis-tu?
–Oui, le prince de Woutremont.
D'origine belge, j'enai entendu par-
ler. vaguement. Jeune, la dame ?
Vingt-huit a. trente ans.
Beaucoup de visites dans le jour?
–Pas mal.
–Etianuit?..
Farceur).personne. C'estuneprin-
cesse qu'a d' la vertu..En faut aussi, de
celles-là)- t
–Et tu crois qu'il y a. du pognon? 2
Beaucoup de pognon.
–Qui te le fait croire?
–Je vous l'ai déjà dit: la princesse
donne beaucoup et a toujours des masses
d'argentsurelle.'
–.Bien. Tu tiens ces renseigne-
ments.?
–Oh ) de moi-même. La maison m'a-
vait tiré l'oeil. J'ai sonné comme weM~ï-
J'ai eu un pain et quarante sous.
C'est en causant avec le concierge, un
vieux qui a l'air de boire, que j'ai su tout-
ce que je vous ai dit. `
Et tu n'as parlé à personne du truc ?
'.A p'er'sonne qu'à vous. Un, ça ne se-.
rait pas assez. Beux~c'est presque trop.
Il faudra pourtant être plus de deux,'
reprit le prisonnier aux yeux étranges,
d'unatrrêyeur;
–Plus de deux!
Oui. H; faut quelqu'un qui pénètre
dans la boite et fasse connaissance avec
les êtres.
J'y retournerai comme ~e~t~o~.
Mauvais t.tu as l'air trop crapule,
on ne te laisserait pas entrer. on se
mènerait.Y a-t-H longtemps que tu/as
vulaMouchotte?
Un bout de temps. mais qu'est-ce j
que vous voulez en faire?
Lui demander une de ses ~os~ ~i
~es.
Pour faire la MtCtt~o~e.
–Tul'asdit. r cra-
Avec ça qu'elles n'ont pas l'air cra-
pule, elles?..
–G'estvrai.
Hein.?. pas d'erreur Etpuis vous
savez j'ai pas tant conôance que ça dans
l~Mouchotte.
Moi, si. car je la tiens.
–
Ecoute Bigruchet.. Tu passes pour.
d'abord qu'à 'tirer otgceil; de ma perspica-
cité. Mais, comme je vous le~disaistoat à
l'heure, un jour -vient où je me marie et
où je m'aperçois que mon bonheur conju-
gal est moins productif que cehn du Gym-
nase. Alors je me souviens. Sans avoir
l'air de rien, j~ prie ma femme .de s'as-
seoir sur une chaise, je la recouvre d'une
ga?e légère, je soulève la gaze et.plus
rien! L'ange de mon foyer a disparu à
l'instar de Mme Buatier de Kolta.
C'est pratique, mais malhonnête et sus-
ceptible de provoquer les remords. Sans
compter les plaintes de là famille, qui me
menacerait d'un procès et irait peut-être
jusqu'à se faire restituer la dot. Avouez
qu'il vaut mieux me pas s'exposer à la ten-
tation `..
Et encore, tout cela ne serait rien. v
Mais, le grave, c'est que, après I'ex;pé-*
rience, la femme revient!
FRtMOUSSE
f
~~son~
F/fy/f~f;F/
~TAMEURwrHMMES~~
DAMES m~
>\ JEUNES f~fM~ SE
> JEUNES SENS~ cc,, ENFANTS
~~MF~T~rs A'ccS
em~ E ~7ZZ~~
H\COSTUMEENFANFS. ËO~
~\COMPLETSPACnAMir:,r." gg~
O* t <)t MO M
EftSt. )MR!)'n~<~ Mr:
EftU~MCtF W tM)m.Lc
L 'le S'D'a' rt sl eftlcac~s contre
LesCaps~esDartoisT~
Oppreasion. Bronchitas chroniques, seu! remtde <;ontK! ta
rBTB!S!E, K ttM
vil
nniT P ~nnî P'nûolM[~asodeurniîn.
n! 1! HA nn! Hnn'ee~ouv.proc.d'épu.
h méé.Noav.proc.d'épü~
UUiiluAIiUUUuUrationLivr.àdomi<~35
k" minim.YERDIEIt.QAENet G",Pt~UNKS' DN~is.
Courriep des Spectacles
\r-
Ce soir vendredi* v
Al'Opera-Comique, Can'~Ke~ (Mlle Dbs<
champs, MM. Lubert et Carroul).
Au cirque d'Eté, représentation extraordi-
naire à l'occasion des fêtes de l'Industrie et
du Commerce parisien.
Hier jeudi a eu lieu, & la Comédie-Fran-
çaise, devant le nouveau comité, la lecture
d'une pièce en trois actes, en vers, de M. Jac-
'ques Normand.
Il n'a pas été *pris de resolution .au sujette
cet ouvrage.
C'est décidément Mlle Jeanne. Granier qui
créera, l'hiver prochain, à la Gaîtê, le l'Ole
de la Cigale dans l'opéra-comique nouveau
de MM. Chivot, Duru etAudran, intitulé
Ct~~e e~ FoMrMt..
Mile Suzanne Destre,ës,.uhe jeune .artiste
d'avenir, vient d'être engagée parles direc-
teurs du Vaudeville.
Au. Ch&telet, ce soir, les spahis assiste-
ront au grand eo.mplet la< represen~atipn
des AueKrie jpuée en.ce moment a. Paris, et Qui ;ne
contient pas moins de vingt-cinq ta6ieaux
dont d(Rix apothéoses.
Mmes Crrisier-Montbazon et Mary-Albert,
MM. pailly et Paul peshàyes. continuent
:i rivaûser tous le6 soirs de gaieté "et
d'entrain. C'est un véritable spectacle.~féeri-
que. `
En raison dos recettes et de la location faite
à l'avance pour les, représentations do ./
BouN'es-Parisiens a décidé que cette pièce se-
rait jouée jusqu'au Grand-Prix de Paris..
M. Monza, ex-administrateur du théâtre
des Nations, vient de traiter avec M. Ro-
chard, pour exploiter pendant la saison d'été
le théâtre de l'Ambigu.. 1*
Comme il a engagé la plupart des artistes
du théâtre, il va commencer son exploita-
tion en continuant les représentations du
beau drame le Naufrage ~c < Me~M~c r
qui, interrompues en plein succès, no de-
vaient reprendre leur cours qu'a la réouver-
ture.
La mise en scène sera aussi complète qu'à
l'origine, car M. Rochard a consc.i à prêter
tout lo matériel.
Proutant de l'avantage inappréciable d'a-
voir une pièce à grand spectacle, admirable-
un malin. R faut montrer que tu~ie
trompes'pas ton monde.
Je ne demandé' que'a, Tf~onsteur
Chavigny.
Quand sors-tu ?
–Demain. je n'en avais que pour
vingt-quatre heures.
Aussitôt sorti, tu me chercheras une
~em~M/o~e.
–Où ça?.
L Imbécile, dit Chavigny, si je savais
où, je ne te dirais pas de chercher.
C'est juste.
Suis moi bien. Noua avons du temps
devant nous. Je ne sors pas avant un
mois. D'ici là, promène-toi dans Pans,
aie le nez creux, cherche et trouve.11
y a des petites ûlles égarées, de vraies
mendiantes qui ont l'air innocenta les gon-
zesses qui savent prendre cet air-là. Eh-
fin tu me comprends, ou tu es plus bête
que le-prince beige qui cherche des petits
cailloux.
Entendu, monsieur Chavigny.
–Quand.tu auras trouvé la. petite,coh-
duis-la. chez la Mouchotte. et dis-lui
quec'est'de ma part.sans lui donner
d'autres détails. Elle comprendra. Une
fois dressée. si elle a besoin de FêtEe,
envoie-la chez la princesse. Pas besoin
-d'explication, n'est-ce pas ?. Nous nous
comprenons. Il faut qu'à ma sortie- d'ici
je trouver l'ouvrage tout préparé. Et,
maintenante laisse-moi dormir et va te
coucher.
Chavigny, sans se déshabiller, se re-
tourna sur son lit, et Bigruche regagna le
sien en maugréant.. 1
Comme il vous arrange celât pen"
sait-il. Parait que c'est ainsi que l'Em-
pereur premier s'y prenait avec ses hom-
mes et que ça réussissait toujours. En-
un L.. je tacherai de lui parler encore
avant de sortir.
Bigruche se déshabilla, se coucha, mais
ne dormit point. Il était fier de sa mission,
mais un peu ëSrayé aussi.
Quand.à-Ghavigny,il paraissait livré au.
doux somt~sil du juste. Une fois seule-
ment dans-la matinée, mais avant le jour,
il eut un soubresaut conv~lsif etBMH'-
mura
Mon père i:
~MtweJ SIMON BOUBËN' ï
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