Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1882-11-10
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 10 novembre 1882 10 novembre 1882
Description : 1882/11/10 (Numéro 117). 1882/11/10 (Numéro 117).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k524420h
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 22/02/2008
Vendredi 10 Novembre 1882
Seizième Année Troisième Série Numéro 11?
JPa&îs fis centime^ Départeî^îenîs et Gares î ,&O centimei!
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Du GAULOIS et PARIS-JOUKNAL
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Celles qui s'Enfuient. Jean de Noee$.
Nos Echos. Un Domino.
Figures de Ciré. Dupuis et Cotonnet.
Bloc-Notes Parisien. • Tout-Paris.
LA Journée parlementaire. Henri Conseil,
Déclaration DU GOUVERNEMENT.
Sénat. Lorin.
Un Pétroleuk. Parisis.
Titois Dernières. Memor.
A travers LA Presse. Ch. Demailly.
Chronique des Tribunavx. X.
Nouvelles diverses. André Sourdes.
Loterie »es Gens DE Lettres.
Troubles DE Vienne.
La Bourse, Henri Prisât.
Carnet de l'Amateur. Arthur Bloehe.
Télégrammes ET Correspondances. G. Lint.
Soirées parisiennes. Choufleuri.
Echos des Théâtres. Maurice Qrdonneau.
Sport. R. de Lizy.
mu ii siFiiï
;MiiMà )jUl ËnftJtËiu
,r II ne se passe pas de jour que
*t ̃' ̃̃̃ nous n'ayons à enregiateer non
j seulement une séparation, une
rupture, mais la fuite de l'é-
poiise.
̃i Journaux d'aujourd'hui.
Donc, elles sont là toute une armée
d'épouses folles qui, par un soir vide,
se mordent la lèvre d'avoir accroché
leur jupe au buisson du mariage.
Elles se recrutent un peu partout
principalement, dans les familles neu-
ves ou. disloquées, ou faites demorceaux.
de noblesse louche et de finance en*
ragée, familles hâtives, improvisées par
'la baguette magique de la Fortune,
mal assises sur les écus croulants. Tous
les milieux sont-bons, mais par-dessus
tous le milieu distingué, ce royaume à
qui ne convient presque plus que la hi-
deuse épithète de » chic », tant les prin-
cipes etles traditions s'envolent, et où
il suffit d'être pour faire parler de .soi.
Là, le sol est agrémenté de plus de gouf-
fres (et le gouffre bruyant attire plus
qne le précipice solitaire) et la va
nité, qui est presque la seule folie hu-
ihaine, y est chauffée à blanc et â rouge
tant qu'elle fait éclater les têtes et les
corsages. L'écrin qui ne s'ouvre que
pour les yeux d'un seul, quelle modes-
tie
Outre les lois d'hérédité, pareilles à
des spectres dressés sur nos berceàux,
indiquant le chemin fatal d'un index im-
périeux, il y a les circonstances. Dans
les familles d'aujourd'hui, si tant est
qu'il y ait famille, où le prêtre n'est
plus rien que le banal convive des soirs
officiels, et où le médecin, qui tend à le
remplacer, ne saurait être tout, il man-
que, par un défaut de cœur et de goût
décoratif supérieur, la vieille femme,
l'aïeule. Les foyers d'où la grand'mère
la bonne maman, bonne comme le vin
qui est meilleur vieux, est absente,
entourez-les de toute la parenté possible
seront toujours des foyers vides. Ni
la virile autorité du père, rare, toujours
désennuyé ailleurs, ni la chatterie de la
jeune mère, trop souvent « gnagnas-
sârite » et youyoutante » et rien de plus,
ne suffisent. Ce petit rocher qu'on nom-
me le cœur, que nous apportons tous
dur et cruel en venant au monde, veut
être amolli par d'autres baisers, par une
flamme plus subtile. Cette caresse, ce
feu, Taïeule Ta». Seule, sa paisible sa-
gesse, cette expérience neigeuse qui a
poudré sa chevelure, sans en défriser
les boucles, peut glisser les leçons dans
an jeu féminin très tendre et très hau-
tain. La petite femme, doit être formée
par la vieille femme capiteuse, par son
espèce d'elixir de haute vie, qu'on boit
& petites gouttes sur les lèvres pâlies,
qui pétilledans les yeux où il n'y a plus
que de la lumière, sous les dentelles
jaunies. Les mains anciennes, parche-
minées et embaumantes, lourdes de dia-
mants aux froides étoiles, savent manier
les jeunes esprits. Ces femmes, ce sont
sont des prophètes et des sorcières.
Elles ont le secret des phrases musi-
cales qui font fondre le cœur Ecou-
tez moi, mon enfant. »
Pour la provinciale et l'exotique, Por-
tugaise, Péruvienne ou autre, un grand
coupable, c'est Paris. Paris est mora-
lement le cap des tempêtes de l'Europe,
plein d'abîmes charmeurs et de récifs
délicieux. C'est la ville-femme par ex-
cellence, et qui, comme telle, a pour
fcoût principal de perdre les autres
femmes. Ça l'amuse énormément. A
cela, elle emploie tous ses artifices, ne
disant pas ce qu'elle dit, ne faisant pas
ce qu'elle fait, et dans sa bouche tout
à l'heure subitement pincée et prude
en attendant, le vice est sublime et le
crime joli 1
Le roman du premier pas –qui ne
coûte rien, le diable y ayant travaillé si
bien qu'il reste à l'homme bien peu de
choses à faire, –l'histoire de la première
faute traîne dans tous les romans. Gé-
néralement, le départ se passe ainsi II
est deux heures du matin. Monsieur est
à son cercle. Madame rentre après une
fêtej-où rendez-vousa été pris pour trois
heures. Derrière la maison, â cinquante
pas, sous la clarté battante d'un réver-
bère que soufflettent le vent et la pluie,
un vulgaire fiacre attend, qui fait l'of-
fice du bateau pavoisé, si souvent peint
par Watteau dans ses Voyages a Cy-
thère. Elle est très lasse, très nerveuse.
Le cceur bat comme un tambour pour
l'assaut.
Personne que lui et elle n'est dans
« l'affaire ». Tout dort, le vieil hôtel, les
gens, la plus intime femme de chambre,
lés enfants. Il lui faut se hâter, emporter
le plus sous le plus petit volume, un bi-
i' ou, un coffret bourré d'une fortune, des
fillets de banque écrasés. Elle lâche le
foyer, l'honneur, comme une chambre
d'hôtel garni, sans un regard plus pro-
fond, sans qu'il lui reste rien â la se-
melle de sa bottine de cette glu, l'habi-
tude conjugale. Une petite clef, la voilà.
Elle la serre à la pétrir. Des portes s'ou-
vrent sans bruit, se referment, sur des
mondés disparus. Elle va être dans la
rue, elle y est. Comme l'air froid est bon 1
Comme la nuit est vaste Les ténèbres,
quelle bonne fourrure sur ses épaules 1
Du perron à' la voiture qui est là, dont
le cocher dort sur le siège, il y a comme
un invisible tapis fait de toutes les lois
foulées, autant de fleurs où éclate larose-
reine, l'estime du monde. Elle y marche
dans une inconcevable minute d'orgueil,
"qui lui met aux pieds les ailes d'ange
de ses épaules et qui deviennent ailes
de chauve-souris, d'oiseau de nuit..
Quel long et bizarre baiser l'assoit dans
la voiture 1 Voilà bien le bonheur dont
elle espère mourir 1
Malheureusement on n'en meurt pas.
et, au bout d'un temps plus ou moins
long, tout est flétri, fane, usé, enterré
autour d'elle, mais elle est vivante 1
l'éloignement des objets les remet à
leur véritable place. Elle voit le passé
tel qu'il était. Elle s'aperçoit que « l'au-
tre » le plus souvent, un homme qui
n'avait pas raison majeure d'apparaître,
un être quelconque, et qui consiste en
Cette chose
Unique d'un monsieur qui n'est pas un mari,
Et se voit de ce chef tout spécial, chéri
Elle voit, dis:je que celui-ci a con-
tracté envers elle une dette accablante.
Ilïaut la payer de tout ce qu'elle quitte
et qui la quitte, de l'affection profonde
d'un mari, morte, des caresses des en-
fants/effarouchées, de la considération
publiq.ue disparue. Quatre-vingt-dix-
neuf fois sur cent, le chèque est pro-
testé.
Alors, ce qu'un seul ne peut pas
payer, peut- être que beaucoup d'autres,
réunis, le pourront. C'est, la dégringo-
lade complète. D'ailleurs, elle n'a pas
lâché un mari pour un autre mari, et
n'est-ce pas la fidélité qui fait la réalité
du mariage 1 Elle a pris le premier
aniant un peu plus bas que le mari, elle
prendra le second un peu plus bas que
le premier, jusqu'à ce qu'elle roule
aux bras d'un faux dentiste, comme
dans Odette. A partir de ce moment, il
est difficile de la suivre..
Comment cela finit ? R
Quand elle a parcouru tout le clavier
des belles sensations, quelquefois elle
descend sans hésiter, une lanterne
sourde â la main, dans la caverne des
vices inavouables, où rampent des chi-
mères, où aboient des figures humaines,
où des formes innomées miaulent, et
soufflent du feu par les narines. Il y a
encore le jeu et la morphine.
D'autres fois, tandis que tant d'autres,
filles de concierges ou gamines des rues,
montent sur les planches, elle, du haut
de son Olympe écroulé derrière elle,
elle y descend.
C'est ainsi que vous pouvez la voir,
pour moins cher qu'un bock, dans un
café-concert de la banlieue parisienne,
entre les toiles peintes, au son d'un or-
chestre railleur, au bruit des soucoupes
et des appels des garçons, s'avancer
jusqu'au trou du souffleur, sous l'ori-
peau de satin cerise, le geste canaille,
la lèvre tordue, et chantant
Aglaé, faut pas me la faire!
Etc. ̃̃̃'̃•
JEAN DE NOVES
AVIS
Notre numéro de samedi 11 novembre
sera accompagné d'un supplément en-
tièrement gratuit.
Abonnements^ spéciaux pour le Sup-
ulément littéraire
Trois mois. ~3 fr. ~A:
Sig mois. g fr;
Un an. ~d0 fr.
Nos Echos
AUJOURD'HUI
A 6 heures, dîner au Grand-Hôtel admission
jusqu'à 6 heures et demie.
Pendant la durée du dîner, l'orchestre de
M. Desgranges jouera dans la nouvelle salle de
musique. xnad
HENVJ
Potage Saint-Germain
Hors-d'œuvre
Filets de dorades à la dieppoise
Pommes de terre à l'anglaise
Pièce de boeuf aux nouilles à la milanaise
Homards à la parisienne
Poulardes au cresson
Salade
Choux-^fleurs au parmesan
Pêches à la duchesse
Glace à l'ananas
Desserts
Le salon des dames est ouvert aux voyageur*.
Piano, tables de jeux.– Dtner à la carte au res-
taurant. Le jour et le soir, séances et leçons de
billard, par M. Gibelin. Café Divan.
Le programme du dSner-oonoert. (Voir à la
4' page.)
Musée Orévm, 10, boulevard Montmartre.
De onze heures du matin à onze heures du soir.
##*
Opéra, 7 h. 3/4. Le Prophète.
Français, 8 h. Philiberte l'Aeenturière.
Opéra-Comique, 7 h. 1/2. VAinour médecin.
Les Diamants de la Couronne.
LA POLITIQUE
II ne nous répugne point de croire
aux bonnes intentions de M. Duclerc.
Nous admettons volontiers que, s'il ne
fait pas mieux, ce n'est pas faute de
vouloir mieux faire, etque, si la déclara-
tion du gouvernement a été si volumi-
neusement vide, c'est qu'elle ne pouvait
pas être autre chose.
On la lira plus loin. Elle désarme,
sans faire rire. Elle est triste et longue
comme un jour sans pain. Sa faiblesse
même fait qu'on hésite à la criti-
quer. On ne sait par où prendre ce
néant. Le vent ne s analyse pas. « II
règne là-dedans une absence d'intérêt
qui m'amuse, » disait Méry écoutant je l
ne sais quelle tragédie de la décadence
classique. Hélas on ne peut pas s'amu-
ser de cette anémie du ministère qui est
censé diriger nos destinées, en butte à
tant de périls intérieurs et extérieurs.
Le cabinet a hésité, dit-on, jusqu'au
dernier moment à faire une déclaration.
Parler pour ne rien dire ou se taire,
cela revient, en somme, à peu près au
même. Nos malheureux ministres ont-
ils joué la question à pair ou impair, ont-
ils tiré leur décision dans un chapeau ?
de toute façon ils étaient sûrs de perdre
la partie.
Au passage relatif à la revision de la
loi sur les aliénés, un député n'a pu
s'empêcher de dire « Mais alors, c'est
la revision de la Constitution t Ce
mot là vaut mieux que toute la décla-
ration. H. P.
IE MONDE ET LA VILLE
II y a trois grandes premières en per-
spective, ce qui nous rend trois fois
heureux en pensant au plaisir que nous
allons avoir la bonne fortune de .pro-
curer à un certain nombre de nos abon-
nés.
Ces premières sont Gillette de Nar-
bonne, aux Bouffes les Mères enne-
mies, à l'Ambigu, et le Voyage à travers
l'impossible, à la Porte-Saint-Martin.
Pour ces trois solennités, le Gaulois
aura des places le plus de places pos-
sible et, comme la plus rapprochée de
ces premières pourrait bien être très
prochaine, il prie ses abonnés qui dési-
rent participer à la répartition de venir
joindre leurs noms à la longue liste des
inscriptions déjà faites.
On n'accusera pas le ministère Duclerc
de cacher son jeu.
Il a fixé la rentrée des Chambres au
9 novembre.
Or le "9 novembre, c'est l'anniversaire
du 18 Brumaire.
Il n'y a peut être aucune prémédita-
tion de la part du chef du cabinet, et ce
n'est peut-être là qu'une coïncidence
toute fortuite.
Mais avouons qu'elle est curieuse. et
pleine de douces promesses.
C'est aujourd'hui que paraît, au Jouf-
nalofflciel, la nomination de M. Decrais,
directeur de la politique aux affaires s
étrangères, en qualité d'ambassadeur
de France près le Quirinal.
Le même jour doit paraître, à< Rome,
la nomination du général Menabrea, re-
présentant de l'Italie en Angleterre, à
l'ambassade de Paris.
M. Menabrea, quoique Italien, est, pa-
raît-il, natif de Cherbourg.
Un Italien dans la peau d'un Nor?
mand Hum gare aux chicanes 1 °^
M. Raoul Duval, l'éloquent orateur li-
béral, le vaillant travailleur qui man-
que au Parlement, était depuis quelques
jours fort souffrant d'un anthrax. à l'.é-
paule. Nous sommes heureux de rece-
voir de bonnes nouvelles de son état,
fort amélioré à la suite de l'incision que
le docteur Labbé a pratiquée, avec son
habileté ordinaire.
Nous espérons que la guérison sera
prompte. M. Raoul Duval est une des
très rares capacités qui se soient révé-
lées dans ces dernières années. Défen-
seur à la fois des principes conserva-
teurs et de la liberté, forçant tous les
partis à l'écouter, étudiant à fond les
questions avant de les traiter, ennemi,
avant tout du jacobinisme autoritaire,
c'est un de ces serviteurs comme le pays
en réclame.
Et cependant le suffrage universel
l'a laissé sous la remise, pendant qu'il
portait à la Chambre les nullités que
l'on connaît trop.
Bon voilà les bêtises qui recommen-
cent
On vient d'arrêter à la porte de l'Ely-
sée-Grévy le cinquante-septième fou de
l'année.
Interrogé sur ses intentions, ce qui-
dam a déclaré qu'il voulait communi-
quer au président de la République
« ses idées, tendant à la suppression du
budget. »
Quel budget?
Celui de la Présidence ?
Pas si fou, alors, ce quidam.
Mais je comprends qu'on l'ait fait
mettre à l'ombre.
#
Du reste, certaines lectures sont bien
faites pour troubler la cervelle, et l'on a
le vertige en lisant le travail compara-
tif qu'un statisticien anglais vient de
faire sur les budgets des diverses puis-
sances du monde.
De la comparaison des chiffres, il ré-
sulte que la France, dont le budget
monte à 128 millions de livres sterling,
paye autant d'impôts que l'Italie, l'Es-
pagne, le. Portugal, la Belgique, la Hol-
lande, la Suède, la Norvège, la Suisse.
Le quart de là totalité des impôts payés
par les peuples de l'Europe est fourni
par le peuple français.
Vive la République I
Les joyeusetés de la laïcisation
M. le maire du troisième arrondisse-
ment vient d'enjoindre à M. G. de-
meurant cité Boufflers, d'envoyer sans
retard sa fille à l'école municipale, le
prévenant qu'il serait passible d'une
forte amende s'il se dérobait à cette som-
mation.'
La prison n'est encore que dans une
perspective assez lointaine. mais ça
viendra.
M. G. a répondu
« Ma fille a vingt-deux mois. Comme
elle ne marche pas encore, faut-il en-
voyer la nourrice ayecelle? »
Le maire du troisième arrondissement
a fait un nez I II peut remplacer Hya-
cinthe.
Avant-hier, les châtelains du château
d'Ermenonville, le prince et la princesse
RadEhVill, recevaient quelques amis,
pour offrir le coup de l'étrier à un
transfuge.
En effet, le baron de Wedel-Jarls-
berg, de l'ambassade de Suède et Nor-
wège, quitte Paris, appelé à un posté
important au ministère des affaires
étrangères, à Stockholm.
A ce dîner d'adieu figuraient: lecomte
Théodore Zi.chy la charmante Mme de
de Reutèrskiold et M. Reuterskiold,
coflseiller de la légation suédo norvé-
gienne le comte de Clary -Aldrin-
gen, etc., etc.
Le baron de Wedel-Jarlsberg vient
d'être fait chevalier delà Légion d'hon-
neur.
Il doit s'en aller le cœur bien gros,
lui qui nous disait si souvent « Ah 1
que vous êtes heureux d'être Pari-'
sien »
Que se passait-il donc hier soir au nu-
méro 32 de l'avenue Hoche ? Un de nos
amis nous -a communiqué le billet sui-
vant, autographiê, et qui a été déposé
chez lui par un mystérieux commission-
naire, â la barbe rousse. Même le mes-
sager n*a voulu remettre qu'à notre ami
hii-fnême son étrange fldei-commis.
Trouvez-vous te jeudi 9 du courant, à huit
heures et demie, avenue Moche, n1 32, où vous
me demanderez.
SlLEKCE
A l'heure dite, une vingtaine de per-
sonnes stationnaient devant le n° 33. de
l'avenue Hoche. Tout à coup la porte
s'ouvrit, et toute cette foule s'y en-
gouffra.
Que se passait-il donc hier soir au
n° 32 de l'avenue Hochef
Aurons-nous deux évoques à l'Acadé-
mie française ?
Mgr de Lavigerie viendra-t-il s'as-
seoir prochainement à côté de Mgr Per-
raud ?
Toujours est-il que l'illustre cardinal
archevêque d'Alger vient da poser sa
candidature.
C'est l'honneur de l'Académie fran-
çaise d'avoir toujours su prendre l'ini-
tiative des protestations généreuses.
C'est pour elle une occasion unique de
revenir à cette belle tradition.
Au moment où l'on expulse Dieu des
écoles, en attendant qu on l'expulse de
ses temples, ce serait un bon exemple et
un excellentréconfortpour les conscien-
ces, que de lui offrir un fauteuil à l'Aca-
démie.
Et puis ça vexerait Cattiaux. Et c'est
si bon de vexer Cattiaux 1
Ce soir, grand départ de volontaires
qui vont faire leur service d'un an.
Le prince Victor est au nombre de ces
jeunes gens. Il se rend à Orléans, où il
va être incorporé dans le 32° régiment
d'artillerie, colonel Harel. ̃'
Animaliers, à vos pinceaux 1
L'année prochaine, l'Académie des
beaux arts décerneraleprix Troyon,dont
la valeur sera doublée par faveur ex-
ceptionnelle.
Les candidats devront s'exercer sur ce
thème:
« Des bœufs attelés à une charrette,
dirigés par un toucheur, descendent un
chemin creux, dans une forêt, un ma-
tin. » ̃ »'
Le sujet n'est peut-être pas nouveau,
nouveau. Il y aurait un moyen de le ra-
jeunir ce serait de mettre la charrette
avant les boeufs.
On ne fait pas autre chose en politi-
que, et personne ne réclame.
Les cigaliers font parler d'eux régu-
lièrement tous les mois. La faute (si
faute il y a) n'est point à eux seuls, mais -g
à cette exubérance, à ce débordement
de vie qui n'est qu'une simple atténua-
tion du beau soleil de Provence.
Donc la Cigale banquetait hier soir au
palais Royal, chez Richard. Il y avait
là des peintres Leyraud, Baudouin,
Saint-Pierre, J. P. Laurens, Grivolas
des sculpteurs Injalbert, Truphème,
Hugues; des musiciens Paladilhe j, dés
poètes (Baturellement), des écrivains.
Inter pocicla, M. Baudouin, a présenté
M. Benjamin Constant, qui a promis d'a-
mener son beau-père, M. Ârago. « II
sera ici en famille», a dit le récipien-
daire.
Puis M. Henri de Bornier a annoncé
le succès de M. Marius Poulet, le nou-
veau député de Brignoles.
En guise de remerciements, le député
radical a lu des verses, dans lesquels
soleil et vermeil mêlent agréablement
leurs rimes euphoniques, et l'assemblée
s'est dispersée, doucement émue, mais
bien décidée â recommencer le mois
prochain.
N.iB. ̃– Etre député radical et s'ap-
peler Poulet. Quel comble I,
Cueilli, hier, dans la salle des pas-
perdus du palais Bourbon, avant la
séance.
M. Gambetta croise M. Clemenceau.
Gambetta, le regardant à la dérobée.
Bon pied!
Clemenceau, même jeu. Bon œil 1
NOUVELLES A LA MAIN
Un capitaine au long cours, à un de
ses amis
Voyons,- est-ce que vous n'aimeriez
pas à faire le tour du monde ? 1
Si, vraiment! mais j'aimerais a
l'effectuer comme M. Jules Verne et M.
d'Ennery au coin de mon feu et les
pieds dans mes pantoufles 1
Une assez bonne boutade
« Post*$crlplum. Est-ce avec inten-
tion que vous avez décollé le timbre de
votre dernière lettre? Il n'y avait que la
colle et pas d© timbre.
» Une autre fois, si cela vous est égal,
je préfère le timbre et pas de colle !» a
;Le comble de l'adresse pour un bate-
lier,
̃̃^raverser. une crise morale
_[•' UN DOMINO
FIGURES DE CIRE
La Càambre et le Sénat sont les deux
mamelles de la politique, cette nourrice
quelquefois courtisée par des militaires. A
des époques précises, appelées vacances,
ces deux mamelles se dégonflent brusque-
ment.
Les voici de nouveau remplies c'est le
moment de présenter quelques avenus ^dê-
tails sur leurs principaux éléments physio-
logiques.̃̃
HENRI- BUISSON
Le Président de la Chambre a pour insi-
gnes une grosse clbcke, à l'aile de laquelle
il exprime son opinion. Quand la séance
.devient orageuse, le président se couvre;
mais il no faudrait pas croire que ce soit
avec sa cloche; car cette manière d'a-
gir est exclusivement réservée aux me-
lons.
"• II est convenu que M. Henri Brisson est
un républicain austère, co qui ne veut pas
dire que les républicains se mesurent
comme le bois à brûler.
M. Henri Brisson est ne. en 1839. Nous
ne pouvons pas dire exactement à quelle
époque il mourra.
GAMBETTA
Le gros lot de la baraque parlementaire:
un grand orateur de Chambre avec ua œil
au fond.
M. Gambeiia a diverses spécialités
.comme militaire, il a fait son volontariat
d'un, an pendant la Défense nationale.
En guise de souvenir, il a conserve un
ballon qu'il porte habituellement dans la
région abdominale.
Gomme homme de lettres, son principal
titre académique est la fameuse publica-
tion de; la Correspondance inédite d'Henri
Hoche fort, avec une préface de Joseph
Reinach.
Gomme homme d'Etat, il a envoyé nos
troupes aux portes de Tunis, d'où l'on a
fait le mot opportunisme.
EMMANUEL A.RÇNE
(Suite du précédent.)
On dit que, chaque soir, M. Gambetta
l'envoie dans les estaminets et les bals pu-
blics savoir ce qu'on pense du Grand Mi-
nistère. M. Arôns opère incognito ces pro-
menades nocturnes, ce qui l'a fait surnom-
mer Arène-al-Rasclud.
CLEMENCEAU
Le député des habitants de Montmartre,
à qui il offre, chaque année, une représen-
tation extraordinaire auGirque Fernando.
Sans trapèze, sans anneaux, sans barre
fixe, il exécute, aux applaudissements de
la foule, tes périlleuses acrobaties qui con-
stituent le mandat de député.
RANG
Guitariste célèbre qui chante, dans la
cour de l'hôtel Gamb8tta, son air fameux
de la Liberté.
Sl'ULLEll
Gambetta lui dit un jour « Beau blond,
veux-tu monter? » Neuf mois après, Gam-
betta donnait le jour à l&Rêpub tique fran-
çaise 52, rue de la Chaussée-d'Antin. La
mère et l'enfant se portent bien.
ANDMEUX
Il n'a fait que passer à la Chambra, â la
Préfecture de police, en Espagne. C'est un
homme de passe. Passons.
PAUL BERT
On n'est jamais trahi que par les chiens.
HENRY MARET
La panthère des Batignolles. Se plaît à
donner des petits noms d'empereur romain
à M. Gambetta.
VREYC1NET-
Morceau détaché de Gambetta.
JULES FERRY
Garçon, un ministère 1
VICTOR ET GLOVIS 110(30
Poètes français.
DE GAVARDIE
La parole a été donnée à M. de Gavardie
pour exprimer toutes ses pensées. Le pré-
sident la lui. retire vingt-cinq fois par
séance. Que sa volonté soit faite t
MARGUB
D'un mot, mis en sa place enseigna le pou-
h'oir.
\VALD£CK-RÉACHB
( Voir plus bas.) •
GERVILLE-KÔUSSEAU
(toir plus haut.)
DUPUIS ET COTONNET
»
Bloc -Notes Parisien
i1 ̃
L.E BBRTiB D&Y
DE S. A. R. LE PRINCE DE GALLES
S. A. R. Albert-Edouard prince de
Galles, né le 9 novembre 184 1, est entré
hier dans sa quarante-deuxième année.
Les cloches de Londres s'en sont donné,
hier matin, de sonner à toute volée l'âgede
l'héritier de la couronne d'Angleterre et
des Indes. Les deux puissantes voix de
bronze Big Tom de Westminster: et Great
Paul, de l'église Saint-Paul, ont envoyé
dans l'air le chiffre des années du. Prince,
mariant leurs coups à ceux du canon de la
tour de Londres, pendant que la garde dé-
filait devant le gouverneur de la tour,
représentant' le Prince absent.
La garde royale à pied et à cheval a eu
aussi son défilé en l'honneur de la solen-
nité du jour, et, à Buckingham-Palace, les
horsc-guards défilaient devant le duc de
Cambridge, commandant en chef de l'ar-
mée anglaise.
Le prince de Galles est à sa résidence
de Sandringham, comté de Norfolk, pen-
dant que dans la capitale toutes les églises
s'éveillent bruyamment par le carillon dit
pcal ofbells. `
Sandringham est un château bâti dans ce
style mélangé de gothique et de renais-
sance que les Anglais affectionnent et qu'ils
appellent Tuâor sèyJe.
Mais ce- qui est: beau surtout, o'est'jles
arbres et les prairies du panv On n-fi coçîr-
naît pas le vert quand on ne connaît-pas les
-paysages anglais. C'est la terre ̃ ctassitjtfe
de l'émeraude. • ..(.
Du cabinet de travail du Prince, sai?/^
brdry, dont le meuble principal est tine-bi-
bliothèque très riche en classique^ natfo*
nanx, on a une vue magnifique sur le parc.
Une collection d'estampes de Bartolozij,
le grand graveur lombard du siècle dernier,
décore les murs.
Le smoking room, ou fumoir, est pari U
culièrement décoré d'armes, d'objets pie»
cieux, de tentures, de meubles, rapportés
par le Prince de ses voyages et surtout'
des Indes. s
Les appartements de la princesse -do
Galles sont décorés dans le style Adams
(Adams est le Gouttière anglais "dn siècle
dernier); le mobilier est en cliippcndUe,
c'est-à-dire en bois de rosé sculpté, lr|s
apprécié des connaisseurs.
La journée d'hier a commencé par la
procession des tenants ou fermiers ve-
nant à la file apporter leurs hommages et
leurs vœux.
II y a, à Sandringham,' deux écoles pour
les enfants des deux sexes, dont la prin-
cesse de Galles surveille elle-même. la
bonne direction. Ces deux écoles étaienfe^n
fête distribution de gâteaux dé toute sor-
te, buns, phnn-calics et thé à discr,uiiPas de classe, cela va sans dire, et rdcrért-
tion toute la jotirnée. ̃:̃
Les tenants se sont réunis le soir j) ?la
ferme-modèle qui est attenante au château,
dans un grand dîner présidé par le major-
dome ou haaase~stczùard du palau
Dans la journée, chasse à 'tir pour Jesjhyj-
tés dont le nombre ne dépasse guère* qtura'e
fusils les deux aides de camp' du Priffoé,
le duc d'Edimbourg, le duc de C6fiiïâj3gtlt
et le comte de Teck, chacun avec un, àuVo ~c,
de camp, puis l'intimité ordinaire. ij ,,<
La princesse de Galles est allée dàïis son
poney carriage, qu'elle conduisait elle-
même, au devant des chasseurs..
Elle était suivie de quatre breacks' à
quatre chevaux, voiturant des i nw té s; es-
cortés du lunch de rigueur. ̃̃ "['
Habillée, comme c'est sa coutume à^ ?la
campagne, d'un costume de drap très~9int-
ple, collant, tout uni, faisant valoir, sa ra-
vissante taille..
Le soir, dîner d'une trentaine de Cou-
verts, suivi d'un grand bal auquel avaient
été conviées la noblesse et la geulry 'ti.ii
comté, environ huit cents personnes/ ̃>
Le soir, la princesse était en blanc, sans
bijoux, mais elle portait le grand côrifô'jï
de Victoria-Albert avec le chiffre en dia-
mants V. A. et le grand-cordon du D,mnè-
brog. ̃ ̃•'̃
De son côté la reine Victoria doûaail',
dans son palais de Windsor, un graiid dîner
en l'honneur du jour de naissance d.ù l'îic;-
ritier de la couronne.
Les Anglais ont beau ne pas: vouloir
créer à travers la Tamise un trait d'union
entre leur pays et le nôtre, ils n'émpêïJhe-
ront pas les Parisiens de saluei-i respec-
tueusement le prince de Galles en ce j\nir
et de joindre leurs voix, comme s'il îï!y
avait plus de détroit entre la France et
l'Angleterre, au carillon des cloches sa-
crées et aux souhaits des amis et de.s sujet»
de Son Altesse Royale, à l'occasion de ioit
birth Aay.
rouT-PARis V>
Journée Parlementai
Séance de rentrée
J'ignore si les députés, qui, suivant
l'expression consacrée, viennent, do ;8«
retremper dans le sein dn suffrage-uni-
versel, ont une assez haute opihiojV
d'eux-mêmes pour se figurer qm- U
monde a les yeux sur eux; maison
tout cas, la séance d'aujourd'hui serait t
de nature à leur enlever quelques illu-
sions.
Personne, ou presque personne dans
les tribunes, aucun étranger dé irùï-
que 4 la porte, trois pelés et un tdntfù.
Les couloirs même sont morneSiSp^il-
gré le bourdonnement des journansÏGs.
La déclaration du gouvernement hé-
cite aucun intérêt. On sait d'avaiico
qu'elle sera spongieuse comme le gint-
vernement lai-même, et que nous au-
rons un échantillon de plus de la bana/
lité ministérielle. f
M. Duclerc a cependant trouvé" Me
moyen d'enchérir encore sur la pauvre
idée qu'on s'en faisait. Nos lecteurs oat
sous les yeux cette rapsodie. Ce n'etfy
pas une déclaration, c'estun carnet, ùuo
espèce d'agenda, un block-notes.. Et on
dit que les ministres se sont pris a>àx:
cheveux pour accoucher de ce mor-
ceau
C'est à peine si l'on a-daigné- faire si-
lence pour en écouter la fastidieuse lec-
ture. Le pauvre M. Duclerc faisait mal 1
à voir, avec son geste compassé, et s$jj
airs graves, et son majestueux embauf
ras. A chaque instant, vous auriez cr»i
qu'il allait tomber en syncope, è£1f$.
ricanements qui ponctuaient cMcuw.
de ses phrasesÀn'étaient pas faits povà:
l'encourager. y
Quand il a parlé du maintien de i-'oéè-
dre, les radicaux ont grogné mais 3a
mauvaise humeur n'a pas duré îo»g£-
temps. Les bonnes promesses relatmiK
aux aliénés et aux logements ïnsalaibi^
ont mis la Chambre en joie. Vous reptê-
seutez-vous ce ministre à qui bn'ril-
mande un programme politique, et q%d
jure de s'occuper des logements iassa'ti-
bres ? Tout le monde riait, sauf pWit-
être M. Gambetta. Lorsque M. DueKerr.
est descendu de la tribune, quelques
centriers ont applaudi. Parmi ces pa-
veurs, nous avons remarqué M. Mïûe.
La perle du discours est un cdnipli^
ment dont il a plu au ministre d'assom
mer la Chambre. « La source de notre
influence extérieure est ici, elle est en
vous 1 » Ces messieurs ont paru flattés D
mais, en vérité, si notre influencé exté-
rieure n'a pas d'autre source que cet
asile du gâchis, nou§ sommes mm rt$
jolis draps 1
Seizième Année Troisième Série Numéro 11?
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Celles qui s'Enfuient. Jean de Noee$.
Nos Echos. Un Domino.
Figures de Ciré. Dupuis et Cotonnet.
Bloc-Notes Parisien. • Tout-Paris.
LA Journée parlementaire. Henri Conseil,
Déclaration DU GOUVERNEMENT.
Sénat. Lorin.
Un Pétroleuk. Parisis.
Titois Dernières. Memor.
A travers LA Presse. Ch. Demailly.
Chronique des Tribunavx. X.
Nouvelles diverses. André Sourdes.
Loterie »es Gens DE Lettres.
Troubles DE Vienne.
La Bourse, Henri Prisât.
Carnet de l'Amateur. Arthur Bloehe.
Télégrammes ET Correspondances. G. Lint.
Soirées parisiennes. Choufleuri.
Echos des Théâtres. Maurice Qrdonneau.
Sport. R. de Lizy.
mu ii siFiiï
;MiiMà )jUl ËnftJtËiu
,r II ne se passe pas de jour que
*t ̃' ̃̃̃ nous n'ayons à enregiateer non
j seulement une séparation, une
rupture, mais la fuite de l'é-
poiise.
̃i Journaux d'aujourd'hui.
Donc, elles sont là toute une armée
d'épouses folles qui, par un soir vide,
se mordent la lèvre d'avoir accroché
leur jupe au buisson du mariage.
Elles se recrutent un peu partout
principalement, dans les familles neu-
ves ou. disloquées, ou faites demorceaux.
de noblesse louche et de finance en*
ragée, familles hâtives, improvisées par
'la baguette magique de la Fortune,
mal assises sur les écus croulants. Tous
les milieux sont-bons, mais par-dessus
tous le milieu distingué, ce royaume à
qui ne convient presque plus que la hi-
deuse épithète de » chic », tant les prin-
cipes etles traditions s'envolent, et où
il suffit d'être pour faire parler de .soi.
Là, le sol est agrémenté de plus de gouf-
fres (et le gouffre bruyant attire plus
qne le précipice solitaire) et la va
nité, qui est presque la seule folie hu-
ihaine, y est chauffée à blanc et â rouge
tant qu'elle fait éclater les têtes et les
corsages. L'écrin qui ne s'ouvre que
pour les yeux d'un seul, quelle modes-
tie
Outre les lois d'hérédité, pareilles à
des spectres dressés sur nos berceàux,
indiquant le chemin fatal d'un index im-
périeux, il y a les circonstances. Dans
les familles d'aujourd'hui, si tant est
qu'il y ait famille, où le prêtre n'est
plus rien que le banal convive des soirs
officiels, et où le médecin, qui tend à le
remplacer, ne saurait être tout, il man-
que, par un défaut de cœur et de goût
décoratif supérieur, la vieille femme,
l'aïeule. Les foyers d'où la grand'mère
la bonne maman, bonne comme le vin
qui est meilleur vieux, est absente,
entourez-les de toute la parenté possible
seront toujours des foyers vides. Ni
la virile autorité du père, rare, toujours
désennuyé ailleurs, ni la chatterie de la
jeune mère, trop souvent « gnagnas-
sârite » et youyoutante » et rien de plus,
ne suffisent. Ce petit rocher qu'on nom-
me le cœur, que nous apportons tous
dur et cruel en venant au monde, veut
être amolli par d'autres baisers, par une
flamme plus subtile. Cette caresse, ce
feu, Taïeule Ta». Seule, sa paisible sa-
gesse, cette expérience neigeuse qui a
poudré sa chevelure, sans en défriser
les boucles, peut glisser les leçons dans
an jeu féminin très tendre et très hau-
tain. La petite femme, doit être formée
par la vieille femme capiteuse, par son
espèce d'elixir de haute vie, qu'on boit
& petites gouttes sur les lèvres pâlies,
qui pétilledans les yeux où il n'y a plus
que de la lumière, sous les dentelles
jaunies. Les mains anciennes, parche-
minées et embaumantes, lourdes de dia-
mants aux froides étoiles, savent manier
les jeunes esprits. Ces femmes, ce sont
sont des prophètes et des sorcières.
Elles ont le secret des phrases musi-
cales qui font fondre le cœur Ecou-
tez moi, mon enfant. »
Pour la provinciale et l'exotique, Por-
tugaise, Péruvienne ou autre, un grand
coupable, c'est Paris. Paris est mora-
lement le cap des tempêtes de l'Europe,
plein d'abîmes charmeurs et de récifs
délicieux. C'est la ville-femme par ex-
cellence, et qui, comme telle, a pour
fcoût principal de perdre les autres
femmes. Ça l'amuse énormément. A
cela, elle emploie tous ses artifices, ne
disant pas ce qu'elle dit, ne faisant pas
ce qu'elle fait, et dans sa bouche tout
à l'heure subitement pincée et prude
en attendant, le vice est sublime et le
crime joli 1
Le roman du premier pas –qui ne
coûte rien, le diable y ayant travaillé si
bien qu'il reste à l'homme bien peu de
choses à faire, –l'histoire de la première
faute traîne dans tous les romans. Gé-
néralement, le départ se passe ainsi II
est deux heures du matin. Monsieur est
à son cercle. Madame rentre après une
fêtej-où rendez-vousa été pris pour trois
heures. Derrière la maison, â cinquante
pas, sous la clarté battante d'un réver-
bère que soufflettent le vent et la pluie,
un vulgaire fiacre attend, qui fait l'of-
fice du bateau pavoisé, si souvent peint
par Watteau dans ses Voyages a Cy-
thère. Elle est très lasse, très nerveuse.
Le cceur bat comme un tambour pour
l'assaut.
Personne que lui et elle n'est dans
« l'affaire ». Tout dort, le vieil hôtel, les
gens, la plus intime femme de chambre,
lés enfants. Il lui faut se hâter, emporter
le plus sous le plus petit volume, un bi-
i' ou, un coffret bourré d'une fortune, des
fillets de banque écrasés. Elle lâche le
foyer, l'honneur, comme une chambre
d'hôtel garni, sans un regard plus pro-
fond, sans qu'il lui reste rien â la se-
melle de sa bottine de cette glu, l'habi-
tude conjugale. Une petite clef, la voilà.
Elle la serre à la pétrir. Des portes s'ou-
vrent sans bruit, se referment, sur des
mondés disparus. Elle va être dans la
rue, elle y est. Comme l'air froid est bon 1
Comme la nuit est vaste Les ténèbres,
quelle bonne fourrure sur ses épaules 1
Du perron à' la voiture qui est là, dont
le cocher dort sur le siège, il y a comme
un invisible tapis fait de toutes les lois
foulées, autant de fleurs où éclate larose-
reine, l'estime du monde. Elle y marche
dans une inconcevable minute d'orgueil,
"qui lui met aux pieds les ailes d'ange
de ses épaules et qui deviennent ailes
de chauve-souris, d'oiseau de nuit..
Quel long et bizarre baiser l'assoit dans
la voiture 1 Voilà bien le bonheur dont
elle espère mourir 1
Malheureusement on n'en meurt pas.
et, au bout d'un temps plus ou moins
long, tout est flétri, fane, usé, enterré
autour d'elle, mais elle est vivante 1
l'éloignement des objets les remet à
leur véritable place. Elle voit le passé
tel qu'il était. Elle s'aperçoit que « l'au-
tre » le plus souvent, un homme qui
n'avait pas raison majeure d'apparaître,
un être quelconque, et qui consiste en
Cette chose
Unique d'un monsieur qui n'est pas un mari,
Et se voit de ce chef tout spécial, chéri
Elle voit, dis:je que celui-ci a con-
tracté envers elle une dette accablante.
Ilïaut la payer de tout ce qu'elle quitte
et qui la quitte, de l'affection profonde
d'un mari, morte, des caresses des en-
fants/effarouchées, de la considération
publiq.ue disparue. Quatre-vingt-dix-
neuf fois sur cent, le chèque est pro-
testé.
Alors, ce qu'un seul ne peut pas
payer, peut- être que beaucoup d'autres,
réunis, le pourront. C'est, la dégringo-
lade complète. D'ailleurs, elle n'a pas
lâché un mari pour un autre mari, et
n'est-ce pas la fidélité qui fait la réalité
du mariage 1 Elle a pris le premier
aniant un peu plus bas que le mari, elle
prendra le second un peu plus bas que
le premier, jusqu'à ce qu'elle roule
aux bras d'un faux dentiste, comme
dans Odette. A partir de ce moment, il
est difficile de la suivre..
Comment cela finit ? R
Quand elle a parcouru tout le clavier
des belles sensations, quelquefois elle
descend sans hésiter, une lanterne
sourde â la main, dans la caverne des
vices inavouables, où rampent des chi-
mères, où aboient des figures humaines,
où des formes innomées miaulent, et
soufflent du feu par les narines. Il y a
encore le jeu et la morphine.
D'autres fois, tandis que tant d'autres,
filles de concierges ou gamines des rues,
montent sur les planches, elle, du haut
de son Olympe écroulé derrière elle,
elle y descend.
C'est ainsi que vous pouvez la voir,
pour moins cher qu'un bock, dans un
café-concert de la banlieue parisienne,
entre les toiles peintes, au son d'un or-
chestre railleur, au bruit des soucoupes
et des appels des garçons, s'avancer
jusqu'au trou du souffleur, sous l'ori-
peau de satin cerise, le geste canaille,
la lèvre tordue, et chantant
Aglaé, faut pas me la faire!
Etc. ̃̃̃'̃•
JEAN DE NOVES
AVIS
Notre numéro de samedi 11 novembre
sera accompagné d'un supplément en-
tièrement gratuit.
Abonnements^ spéciaux pour le Sup-
ulément littéraire
Trois mois. ~3 fr. ~A:
Sig mois. g fr;
Un an. ~d0 fr.
Nos Echos
AUJOURD'HUI
A 6 heures, dîner au Grand-Hôtel admission
jusqu'à 6 heures et demie.
Pendant la durée du dîner, l'orchestre de
M. Desgranges jouera dans la nouvelle salle de
musique. xnad
HENVJ
Potage Saint-Germain
Hors-d'œuvre
Filets de dorades à la dieppoise
Pommes de terre à l'anglaise
Pièce de boeuf aux nouilles à la milanaise
Homards à la parisienne
Poulardes au cresson
Salade
Choux-^fleurs au parmesan
Pêches à la duchesse
Glace à l'ananas
Desserts
Le salon des dames est ouvert aux voyageur*.
Piano, tables de jeux.– Dtner à la carte au res-
taurant. Le jour et le soir, séances et leçons de
billard, par M. Gibelin. Café Divan.
Le programme du dSner-oonoert. (Voir à la
4' page.)
Musée Orévm, 10, boulevard Montmartre.
De onze heures du matin à onze heures du soir.
##*
Opéra, 7 h. 3/4. Le Prophète.
Français, 8 h. Philiberte l'Aeenturière.
Opéra-Comique, 7 h. 1/2. VAinour médecin.
Les Diamants de la Couronne.
LA POLITIQUE
II ne nous répugne point de croire
aux bonnes intentions de M. Duclerc.
Nous admettons volontiers que, s'il ne
fait pas mieux, ce n'est pas faute de
vouloir mieux faire, etque, si la déclara-
tion du gouvernement a été si volumi-
neusement vide, c'est qu'elle ne pouvait
pas être autre chose.
On la lira plus loin. Elle désarme,
sans faire rire. Elle est triste et longue
comme un jour sans pain. Sa faiblesse
même fait qu'on hésite à la criti-
quer. On ne sait par où prendre ce
néant. Le vent ne s analyse pas. « II
règne là-dedans une absence d'intérêt
qui m'amuse, » disait Méry écoutant je l
ne sais quelle tragédie de la décadence
classique. Hélas on ne peut pas s'amu-
ser de cette anémie du ministère qui est
censé diriger nos destinées, en butte à
tant de périls intérieurs et extérieurs.
Le cabinet a hésité, dit-on, jusqu'au
dernier moment à faire une déclaration.
Parler pour ne rien dire ou se taire,
cela revient, en somme, à peu près au
même. Nos malheureux ministres ont-
ils joué la question à pair ou impair, ont-
ils tiré leur décision dans un chapeau ?
de toute façon ils étaient sûrs de perdre
la partie.
Au passage relatif à la revision de la
loi sur les aliénés, un député n'a pu
s'empêcher de dire « Mais alors, c'est
la revision de la Constitution t Ce
mot là vaut mieux que toute la décla-
ration. H. P.
IE MONDE ET LA VILLE
II y a trois grandes premières en per-
spective, ce qui nous rend trois fois
heureux en pensant au plaisir que nous
allons avoir la bonne fortune de .pro-
curer à un certain nombre de nos abon-
nés.
Ces premières sont Gillette de Nar-
bonne, aux Bouffes les Mères enne-
mies, à l'Ambigu, et le Voyage à travers
l'impossible, à la Porte-Saint-Martin.
Pour ces trois solennités, le Gaulois
aura des places le plus de places pos-
sible et, comme la plus rapprochée de
ces premières pourrait bien être très
prochaine, il prie ses abonnés qui dési-
rent participer à la répartition de venir
joindre leurs noms à la longue liste des
inscriptions déjà faites.
On n'accusera pas le ministère Duclerc
de cacher son jeu.
Il a fixé la rentrée des Chambres au
9 novembre.
Or le "9 novembre, c'est l'anniversaire
du 18 Brumaire.
Il n'y a peut être aucune prémédita-
tion de la part du chef du cabinet, et ce
n'est peut-être là qu'une coïncidence
toute fortuite.
Mais avouons qu'elle est curieuse. et
pleine de douces promesses.
C'est aujourd'hui que paraît, au Jouf-
nalofflciel, la nomination de M. Decrais,
directeur de la politique aux affaires s
étrangères, en qualité d'ambassadeur
de France près le Quirinal.
Le même jour doit paraître, à< Rome,
la nomination du général Menabrea, re-
présentant de l'Italie en Angleterre, à
l'ambassade de Paris.
M. Menabrea, quoique Italien, est, pa-
raît-il, natif de Cherbourg.
Un Italien dans la peau d'un Nor?
mand Hum gare aux chicanes 1 °^
M. Raoul Duval, l'éloquent orateur li-
béral, le vaillant travailleur qui man-
que au Parlement, était depuis quelques
jours fort souffrant d'un anthrax. à l'.é-
paule. Nous sommes heureux de rece-
voir de bonnes nouvelles de son état,
fort amélioré à la suite de l'incision que
le docteur Labbé a pratiquée, avec son
habileté ordinaire.
Nous espérons que la guérison sera
prompte. M. Raoul Duval est une des
très rares capacités qui se soient révé-
lées dans ces dernières années. Défen-
seur à la fois des principes conserva-
teurs et de la liberté, forçant tous les
partis à l'écouter, étudiant à fond les
questions avant de les traiter, ennemi,
avant tout du jacobinisme autoritaire,
c'est un de ces serviteurs comme le pays
en réclame.
Et cependant le suffrage universel
l'a laissé sous la remise, pendant qu'il
portait à la Chambre les nullités que
l'on connaît trop.
Bon voilà les bêtises qui recommen-
cent
On vient d'arrêter à la porte de l'Ely-
sée-Grévy le cinquante-septième fou de
l'année.
Interrogé sur ses intentions, ce qui-
dam a déclaré qu'il voulait communi-
quer au président de la République
« ses idées, tendant à la suppression du
budget. »
Quel budget?
Celui de la Présidence ?
Pas si fou, alors, ce quidam.
Mais je comprends qu'on l'ait fait
mettre à l'ombre.
#
Du reste, certaines lectures sont bien
faites pour troubler la cervelle, et l'on a
le vertige en lisant le travail compara-
tif qu'un statisticien anglais vient de
faire sur les budgets des diverses puis-
sances du monde.
De la comparaison des chiffres, il ré-
sulte que la France, dont le budget
monte à 128 millions de livres sterling,
paye autant d'impôts que l'Italie, l'Es-
pagne, le. Portugal, la Belgique, la Hol-
lande, la Suède, la Norvège, la Suisse.
Le quart de là totalité des impôts payés
par les peuples de l'Europe est fourni
par le peuple français.
Vive la République I
Les joyeusetés de la laïcisation
M. le maire du troisième arrondisse-
ment vient d'enjoindre à M. G. de-
meurant cité Boufflers, d'envoyer sans
retard sa fille à l'école municipale, le
prévenant qu'il serait passible d'une
forte amende s'il se dérobait à cette som-
mation.'
La prison n'est encore que dans une
perspective assez lointaine. mais ça
viendra.
M. G. a répondu
« Ma fille a vingt-deux mois. Comme
elle ne marche pas encore, faut-il en-
voyer la nourrice ayecelle? »
Le maire du troisième arrondissement
a fait un nez I II peut remplacer Hya-
cinthe.
Avant-hier, les châtelains du château
d'Ermenonville, le prince et la princesse
RadEhVill, recevaient quelques amis,
pour offrir le coup de l'étrier à un
transfuge.
En effet, le baron de Wedel-Jarls-
berg, de l'ambassade de Suède et Nor-
wège, quitte Paris, appelé à un posté
important au ministère des affaires
étrangères, à Stockholm.
A ce dîner d'adieu figuraient: lecomte
Théodore Zi.chy la charmante Mme de
de Reutèrskiold et M. Reuterskiold,
coflseiller de la légation suédo norvé-
gienne le comte de Clary -Aldrin-
gen, etc., etc.
Le baron de Wedel-Jarlsberg vient
d'être fait chevalier delà Légion d'hon-
neur.
Il doit s'en aller le cœur bien gros,
lui qui nous disait si souvent « Ah 1
que vous êtes heureux d'être Pari-'
sien »
Que se passait-il donc hier soir au nu-
méro 32 de l'avenue Hoche ? Un de nos
amis nous -a communiqué le billet sui-
vant, autographiê, et qui a été déposé
chez lui par un mystérieux commission-
naire, â la barbe rousse. Même le mes-
sager n*a voulu remettre qu'à notre ami
hii-fnême son étrange fldei-commis.
Trouvez-vous te jeudi 9 du courant, à huit
heures et demie, avenue Moche, n1 32, où vous
me demanderez.
SlLEKCE
A l'heure dite, une vingtaine de per-
sonnes stationnaient devant le n° 33. de
l'avenue Hoche. Tout à coup la porte
s'ouvrit, et toute cette foule s'y en-
gouffra.
Que se passait-il donc hier soir au
n° 32 de l'avenue Hochef
Aurons-nous deux évoques à l'Acadé-
mie française ?
Mgr de Lavigerie viendra-t-il s'as-
seoir prochainement à côté de Mgr Per-
raud ?
Toujours est-il que l'illustre cardinal
archevêque d'Alger vient da poser sa
candidature.
C'est l'honneur de l'Académie fran-
çaise d'avoir toujours su prendre l'ini-
tiative des protestations généreuses.
C'est pour elle une occasion unique de
revenir à cette belle tradition.
Au moment où l'on expulse Dieu des
écoles, en attendant qu on l'expulse de
ses temples, ce serait un bon exemple et
un excellentréconfortpour les conscien-
ces, que de lui offrir un fauteuil à l'Aca-
démie.
Et puis ça vexerait Cattiaux. Et c'est
si bon de vexer Cattiaux 1
Ce soir, grand départ de volontaires
qui vont faire leur service d'un an.
Le prince Victor est au nombre de ces
jeunes gens. Il se rend à Orléans, où il
va être incorporé dans le 32° régiment
d'artillerie, colonel Harel. ̃'
Animaliers, à vos pinceaux 1
L'année prochaine, l'Académie des
beaux arts décerneraleprix Troyon,dont
la valeur sera doublée par faveur ex-
ceptionnelle.
Les candidats devront s'exercer sur ce
thème:
« Des bœufs attelés à une charrette,
dirigés par un toucheur, descendent un
chemin creux, dans une forêt, un ma-
tin. » ̃ »'
Le sujet n'est peut-être pas nouveau,
nouveau. Il y aurait un moyen de le ra-
jeunir ce serait de mettre la charrette
avant les boeufs.
On ne fait pas autre chose en politi-
que, et personne ne réclame.
Les cigaliers font parler d'eux régu-
lièrement tous les mois. La faute (si
faute il y a) n'est point à eux seuls, mais -g
à cette exubérance, à ce débordement
de vie qui n'est qu'une simple atténua-
tion du beau soleil de Provence.
Donc la Cigale banquetait hier soir au
palais Royal, chez Richard. Il y avait
là des peintres Leyraud, Baudouin,
Saint-Pierre, J. P. Laurens, Grivolas
des sculpteurs Injalbert, Truphème,
Hugues; des musiciens Paladilhe j, dés
poètes (Baturellement), des écrivains.
Inter pocicla, M. Baudouin, a présenté
M. Benjamin Constant, qui a promis d'a-
mener son beau-père, M. Ârago. « II
sera ici en famille», a dit le récipien-
daire.
Puis M. Henri de Bornier a annoncé
le succès de M. Marius Poulet, le nou-
veau député de Brignoles.
En guise de remerciements, le député
radical a lu des verses, dans lesquels
soleil et vermeil mêlent agréablement
leurs rimes euphoniques, et l'assemblée
s'est dispersée, doucement émue, mais
bien décidée â recommencer le mois
prochain.
N.iB. ̃– Etre député radical et s'ap-
peler Poulet. Quel comble I,
Cueilli, hier, dans la salle des pas-
perdus du palais Bourbon, avant la
séance.
M. Gambetta croise M. Clemenceau.
Gambetta, le regardant à la dérobée.
Bon pied!
Clemenceau, même jeu. Bon œil 1
NOUVELLES A LA MAIN
Un capitaine au long cours, à un de
ses amis
Voyons,- est-ce que vous n'aimeriez
pas à faire le tour du monde ? 1
Si, vraiment! mais j'aimerais a
l'effectuer comme M. Jules Verne et M.
d'Ennery au coin de mon feu et les
pieds dans mes pantoufles 1
Une assez bonne boutade
« Post*$crlplum. Est-ce avec inten-
tion que vous avez décollé le timbre de
votre dernière lettre? Il n'y avait que la
colle et pas d© timbre.
» Une autre fois, si cela vous est égal,
je préfère le timbre et pas de colle !» a
;Le comble de l'adresse pour un bate-
lier,
̃̃^raverser. une crise morale
_[•' UN DOMINO
FIGURES DE CIRE
La Càambre et le Sénat sont les deux
mamelles de la politique, cette nourrice
quelquefois courtisée par des militaires. A
des époques précises, appelées vacances,
ces deux mamelles se dégonflent brusque-
ment.
Les voici de nouveau remplies c'est le
moment de présenter quelques avenus ^dê-
tails sur leurs principaux éléments physio-
logiques.̃̃
HENRI- BUISSON
Le Président de la Chambre a pour insi-
gnes une grosse clbcke, à l'aile de laquelle
il exprime son opinion. Quand la séance
.devient orageuse, le président se couvre;
mais il no faudrait pas croire que ce soit
avec sa cloche; car cette manière d'a-
gir est exclusivement réservée aux me-
lons.
"• II est convenu que M. Henri Brisson est
un républicain austère, co qui ne veut pas
dire que les républicains se mesurent
comme le bois à brûler.
M. Henri Brisson est ne. en 1839. Nous
ne pouvons pas dire exactement à quelle
époque il mourra.
GAMBETTA
Le gros lot de la baraque parlementaire:
un grand orateur de Chambre avec ua œil
au fond.
M. Gambeiia a diverses spécialités
.comme militaire, il a fait son volontariat
d'un, an pendant la Défense nationale.
En guise de souvenir, il a conserve un
ballon qu'il porte habituellement dans la
région abdominale.
Gomme homme de lettres, son principal
titre académique est la fameuse publica-
tion de; la Correspondance inédite d'Henri
Hoche fort, avec une préface de Joseph
Reinach.
Gomme homme d'Etat, il a envoyé nos
troupes aux portes de Tunis, d'où l'on a
fait le mot opportunisme.
EMMANUEL A.RÇNE
(Suite du précédent.)
On dit que, chaque soir, M. Gambetta
l'envoie dans les estaminets et les bals pu-
blics savoir ce qu'on pense du Grand Mi-
nistère. M. Arôns opère incognito ces pro-
menades nocturnes, ce qui l'a fait surnom-
mer Arène-al-Rasclud.
CLEMENCEAU
Le député des habitants de Montmartre,
à qui il offre, chaque année, une représen-
tation extraordinaire auGirque Fernando.
Sans trapèze, sans anneaux, sans barre
fixe, il exécute, aux applaudissements de
la foule, tes périlleuses acrobaties qui con-
stituent le mandat de député.
RANG
Guitariste célèbre qui chante, dans la
cour de l'hôtel Gamb8tta, son air fameux
de la Liberté.
Sl'ULLEll
Gambetta lui dit un jour « Beau blond,
veux-tu monter? » Neuf mois après, Gam-
betta donnait le jour à l&Rêpub tique fran-
çaise 52, rue de la Chaussée-d'Antin. La
mère et l'enfant se portent bien.
ANDMEUX
Il n'a fait que passer à la Chambra, â la
Préfecture de police, en Espagne. C'est un
homme de passe. Passons.
PAUL BERT
On n'est jamais trahi que par les chiens.
HENRY MARET
La panthère des Batignolles. Se plaît à
donner des petits noms d'empereur romain
à M. Gambetta.
VREYC1NET-
Morceau détaché de Gambetta.
JULES FERRY
Garçon, un ministère 1
VICTOR ET GLOVIS 110(30
Poètes français.
DE GAVARDIE
La parole a été donnée à M. de Gavardie
pour exprimer toutes ses pensées. Le pré-
sident la lui. retire vingt-cinq fois par
séance. Que sa volonté soit faite t
MARGUB
D'un mot, mis en sa place enseigna le pou-
h'oir.
\VALD£CK-RÉACHB
( Voir plus bas.) •
GERVILLE-KÔUSSEAU
(toir plus haut.)
DUPUIS ET COTONNET
»
Bloc -Notes Parisien
i1 ̃
L.E BBRTiB D&Y
DE S. A. R. LE PRINCE DE GALLES
S. A. R. Albert-Edouard prince de
Galles, né le 9 novembre 184 1, est entré
hier dans sa quarante-deuxième année.
Les cloches de Londres s'en sont donné,
hier matin, de sonner à toute volée l'âgede
l'héritier de la couronne d'Angleterre et
des Indes. Les deux puissantes voix de
bronze Big Tom de Westminster: et Great
Paul, de l'église Saint-Paul, ont envoyé
dans l'air le chiffre des années du. Prince,
mariant leurs coups à ceux du canon de la
tour de Londres, pendant que la garde dé-
filait devant le gouverneur de la tour,
représentant' le Prince absent.
La garde royale à pied et à cheval a eu
aussi son défilé en l'honneur de la solen-
nité du jour, et, à Buckingham-Palace, les
horsc-guards défilaient devant le duc de
Cambridge, commandant en chef de l'ar-
mée anglaise.
Le prince de Galles est à sa résidence
de Sandringham, comté de Norfolk, pen-
dant que dans la capitale toutes les églises
s'éveillent bruyamment par le carillon dit
pcal ofbells. `
Sandringham est un château bâti dans ce
style mélangé de gothique et de renais-
sance que les Anglais affectionnent et qu'ils
appellent Tuâor sèyJe.
Mais ce- qui est: beau surtout, o'est'jles
arbres et les prairies du panv On n-fi coçîr-
naît pas le vert quand on ne connaît-pas les
-paysages anglais. C'est la terre ̃ ctassitjtfe
de l'émeraude. • ..(.
Du cabinet de travail du Prince, sai?/^
brdry, dont le meuble principal est tine-bi-
bliothèque très riche en classique^ natfo*
nanx, on a une vue magnifique sur le parc.
Une collection d'estampes de Bartolozij,
le grand graveur lombard du siècle dernier,
décore les murs.
Le smoking room, ou fumoir, est pari U
culièrement décoré d'armes, d'objets pie»
cieux, de tentures, de meubles, rapportés
par le Prince de ses voyages et surtout'
des Indes. s
Les appartements de la princesse -do
Galles sont décorés dans le style Adams
(Adams est le Gouttière anglais "dn siècle
dernier); le mobilier est en cliippcndUe,
c'est-à-dire en bois de rosé sculpté, lr|s
apprécié des connaisseurs.
La journée d'hier a commencé par la
procession des tenants ou fermiers ve-
nant à la file apporter leurs hommages et
leurs vœux.
II y a, à Sandringham,' deux écoles pour
les enfants des deux sexes, dont la prin-
cesse de Galles surveille elle-même. la
bonne direction. Ces deux écoles étaienfe^n
fête distribution de gâteaux dé toute sor-
te, buns, phnn-calics et thé à discr,uii
tion toute la jotirnée. ̃:̃
Les tenants se sont réunis le soir j) ?la
ferme-modèle qui est attenante au château,
dans un grand dîner présidé par le major-
dome ou haaase~stczùard du palau
Dans la journée, chasse à 'tir pour Jesjhyj-
tés dont le nombre ne dépasse guère* qtura'e
fusils les deux aides de camp' du Priffoé,
le duc d'Edimbourg, le duc de C6fiiïâj3gtlt
et le comte de Teck, chacun avec un, àuVo ~c,
de camp, puis l'intimité ordinaire. ij ,,<
La princesse de Galles est allée dàïis son
poney carriage, qu'elle conduisait elle-
même, au devant des chasseurs..
Elle était suivie de quatre breacks' à
quatre chevaux, voiturant des i nw té s; es-
cortés du lunch de rigueur. ̃̃ "['
Habillée, comme c'est sa coutume à^ ?la
campagne, d'un costume de drap très~9int-
ple, collant, tout uni, faisant valoir, sa ra-
vissante taille..
Le soir, dîner d'une trentaine de Cou-
verts, suivi d'un grand bal auquel avaient
été conviées la noblesse et la geulry 'ti.ii
comté, environ huit cents personnes/ ̃>
Le soir, la princesse était en blanc, sans
bijoux, mais elle portait le grand côrifô'jï
de Victoria-Albert avec le chiffre en dia-
mants V. A. et le grand-cordon du D,mnè-
brog. ̃ ̃•'̃
De son côté la reine Victoria doûaail',
dans son palais de Windsor, un graiid dîner
en l'honneur du jour de naissance d.ù l'îic;-
ritier de la couronne.
Les Anglais ont beau ne pas: vouloir
créer à travers la Tamise un trait d'union
entre leur pays et le nôtre, ils n'émpêïJhe-
ront pas les Parisiens de saluei-i respec-
tueusement le prince de Galles en ce j\nir
et de joindre leurs voix, comme s'il îï!y
avait plus de détroit entre la France et
l'Angleterre, au carillon des cloches sa-
crées et aux souhaits des amis et de.s sujet»
de Son Altesse Royale, à l'occasion de ioit
birth Aay.
rouT-PARis V>
Journée Parlementai
Séance de rentrée
J'ignore si les députés, qui, suivant
l'expression consacrée, viennent, do ;8«
retremper dans le sein dn suffrage-uni-
versel, ont une assez haute opihiojV
d'eux-mêmes pour se figurer qm- U
monde a les yeux sur eux; maison
tout cas, la séance d'aujourd'hui serait t
de nature à leur enlever quelques illu-
sions.
Personne, ou presque personne dans
les tribunes, aucun étranger dé irùï-
que 4 la porte, trois pelés et un tdntfù.
Les couloirs même sont morneSiSp^il-
gré le bourdonnement des journansÏGs.
La déclaration du gouvernement hé-
cite aucun intérêt. On sait d'avaiico
qu'elle sera spongieuse comme le gint-
vernement lai-même, et que nous au-
rons un échantillon de plus de la bana/
lité ministérielle. f
M. Duclerc a cependant trouvé" Me
moyen d'enchérir encore sur la pauvre
idée qu'on s'en faisait. Nos lecteurs oat
sous les yeux cette rapsodie. Ce n'etfy
pas une déclaration, c'estun carnet, ùuo
espèce d'agenda, un block-notes.. Et on
dit que les ministres se sont pris a>àx:
cheveux pour accoucher de ce mor-
ceau
C'est à peine si l'on a-daigné- faire si-
lence pour en écouter la fastidieuse lec-
ture. Le pauvre M. Duclerc faisait mal 1
à voir, avec son geste compassé, et s$jj
airs graves, et son majestueux embauf
ras. A chaque instant, vous auriez cr»i
qu'il allait tomber en syncope, è£1f$.
ricanements qui ponctuaient cMcuw.
de ses phrasesÀn'étaient pas faits povà:
l'encourager. y
Quand il a parlé du maintien de i-'oéè-
dre, les radicaux ont grogné mais 3a
mauvaise humeur n'a pas duré îo»g£-
temps. Les bonnes promesses relatmiK
aux aliénés et aux logements ïnsalaibi^
ont mis la Chambre en joie. Vous reptê-
seutez-vous ce ministre à qui bn'ril-
mande un programme politique, et q%d
jure de s'occuper des logements iassa'ti-
bres ? Tout le monde riait, sauf pWit-
être M. Gambetta. Lorsque M. DueKerr.
est descendu de la tribune, quelques
centriers ont applaudi. Parmi ces pa-
veurs, nous avons remarqué M. Mïûe.
La perle du discours est un cdnipli^
ment dont il a plu au ministre d'assom
mer la Chambre. « La source de notre
influence extérieure est ici, elle est en
vous 1 » Ces messieurs ont paru flattés D
mais, en vérité, si notre influencé exté-
rieure n'a pas d'autre source que cet
asile du gâchis, nou§ sommes mm rt$
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