Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1882-10-20
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 20 octobre 1882 20 octobre 1882
Description : 1882/10/20 (Numéro 96). 1882/10/20 (Numéro 96).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k5243978
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 22/02/2008
Vendredi 20 Octobre 1882
PAR~T A S CeniîïasS.– BÊ~'ARTEMENTS.ET GARES ~<~CENTlMEà
Seizième Année Troisième Série –Numéro 96
~K'mtl~ SaES:YJEJBS
B~ee~BK
Dïreotoer, f 4 ÿ,tl.
ABONNEMENTS ~) t/)
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Bixmois. S?fr. Sixmoia. Sà~jM~
Mn an. 54tfr. Un an. 6~)!L~-
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9'toizmoM(UnioBpMttle.). 46 ?.
RÉDACTION
"e,banÏe?M.ô des, ïm-ïi«&it,W.
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ANNONCES
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ADMINISTRATION
t~D!XBEnB.Bt,AOIna!!KpMZ
~BOMNEMEMTS,PET)'6ESANNOMeKS
RENSEIGNEMENTS
tonlev&yd des ït*Hene, $
FANTAISIE
A PROPOS DES
MAI'MLEAC'HES
Il y a des personnes qui ne peuvent,
sans s'abandonner à un rire nerveux,
lire certaine3 expressions dont la presse
fourmille. Pour mémoire, il convient
de citer ï?a!<< ~6Mc/ ce~c~es ~p~~a~Mes, etc.
A ces personnes, je recommande une
locution nouvelle qui est en train de
faire son chemin. C'est ~yes~c de la
J~"
Que Madagascar ait un prestige aux
yeux de la France, cela est admissible.
Certes, quelques-uns de nos compa-
triotes, abusés par une consonance,
prennent Madagascar pour une huile
e~ui se met dans les cheveux. Mais les
études scolaires ont appris au plus
grand nombre que c'est un vaste terri-
toire circonscrit par la mer,et qu'il suffit
d'aller s'installer à l'extrémité du cap
de Bonne-Espérance, la face tournée
vers le pôle Sud, pour avoir ça à main
gauche, en remontant.
Les gourmets, en outre, savent que
Madagascar produit de la cannelle, du
poivre exquis, du gingembre, du coton
et de l'indigo.
Tout cela pose une île.
Mais que la France, patrie de Montai-
gne, de Turenne, de Voltaire et de Mi-
rabeau, la grande France qui s'est cou-
verte de gloire au Kremlin, au Caire,
sur l'Elbe et l'Adige, inspire le moindre
sentiment de respect ou d'admiration
aux naturels de Madagascar, voilà ce
qu'il est permis de nier.
Ceux qui pensent que ces indigènes
se réunissent, le soir, en troupes des
deux' sexes, pour s'entretenir du pres-
tige de la France, tombent dans une
étrange erreur.
Par le récit des voyageurs, nous sa-
vons, au contraire, que ces êtres sim-
ples s'occupent plus particulièrement
de boire du jus de banane et de se pro-
poser des amours faciles dans une lan-
gue rudimentair~.
..i~
Pourquoi s'occuperaient-ils, du reste,
de questions extérieures, alors que la
politique intérieure elle-même échappe
nécessairement à leur examen ? `1
Car voilà une chose à laquelle il est
naturel de rénéchir
Si, chez nous, la politique fait le fand
de la.plupart des conversation, c'est
qu'elle est accessible même aux person-
nes qui ont un défaut de prononciation.
Proust par-ci, Bert par-là c'est bien-
tôt dit.
Mais lorsqu'il s'agit dans un pays
chaud (et c'est le cas de Madagascar), de
discuter les paroles et les actes d'hom-
mes d'Etat qui s'appellent Ramaniraka,
Rainilaiarivony, Ravonihatriniarivo,
j'estime qu'on y regarde à deux fois.
Comment, d'ailleurs, entreprendre
d'exprimer, dans une langue pareille,
qu'une~ ordonnance royale semble ~M-
'coMsMrait de temps et d'aptitudes spéciales, je
vous le laisse à penser.
Un ofâcier de marine m'a conté un
désagrément qu'il éprouva, en 1871, à
Madagascar. Cette historiette établira,
d'une manière bien nette, la nature du
prestige que la France y exerce.
Un de nos nationaux avait réclamé
l'assistance du gouvernement pour sou-
tenir sa réclamation. En fait, la ques-
tion n'était pas grave. Il s'agissait d'une
douzaine de fourchettes en ruolz que des
indigènes avaient dérobées, probable-
ment avec l'intention de se les passer
dans le nez pour plaire aux femmes.
Mais c'est la manie des nationaux de
se réclamer, à tout propos, de leurs gou-
vernements. Le même sentiment pousse,
en France, les bourgeois les plus paisi-
bles a. menacer, quiconque leur résiste,
du cousin qu'ils prétendent avoir dans
l'enregistrement.
Quoi qu'il en ait été, un vaisseau d'un
certain rang vint mouiller à quelque
distance de la côte, et une barque fut
expédiée sous le commandement de
l'officier dont je tiens le récit. Celui-ci,
en abordant, prévint ses hommes d'avoir
à se tenir prêts pour la première alerte.
Il leur assura qu'il répondait de tout
et gagna tranquillement la demeure de
notre national.
Une demi-heure après, le petit équi-
page voyait son chef et le protégé fran-
çais accourir ventre à terre.
Une vingtaine de grands Madécasses
galopaient à leurs trousses, et leurs
allongeaient gravement de formidables
coups de pied dans la région posté-
rieure.
Cette imposante escorte, qui était, du
reste, composée des principaux digni-
taires de la tribu, s'arrêta à une portée
de fusil du rivage.
L'ofncier de marine, qui était moins
acclimaté que son compagnon, fut pris,
en regagnant le bord, d'une crise de
rage, qui faillit le tuer et le soir même,
on bombarda la région à outrance.
Mais les nègres s'étaient retirés dans
Finterieur des terres ils se menaient
du prestige dont on voulait les frapper.
Je songeais à cette aventure en aper-
cevant, l'autre jour, les envoyés malga-
ches dans l'allée des Acacias.
Ils étaient largement installés dans
de confortables voitures, entourés d'é-
gards, vêtus à la mode, intéressants à
contempler sans être toutefois ce qu'on
appelle < bien de sa personne
On leur avait fait voir des jockeys,
des bookmakers et des .cocottes. Ils se
sentaient pris au sérieux, traités d'am-
bassadeurs, parfaitement distingués d'a-
vec les Galibis.
Ils avaient été introduits par M. Mol-
lard reçus par M. Duclerc. Bientôt
même on leur donnera, selon l'usage,
des bustes de biscuit de Sèvres, en les
prévenant que ça ne se mange pas.
Et je me plaisais à imaginer ces Mal-
gaches revenus chez eux, ayant repris
leurs nudités sévères, achevant peut-
être d'user à leur grand soleil les éton-
nants chapeaux à haute forme qu'ils ont
achetés ici.
.Us recommençaient à régler les li-
tiges internationaux à coups de pied
quelque part. Ils riaient de notre civili-
sation incommode et compliquée. Ils
faisaient, en malgache, les imitations
des grands personnages qui les ont re-
çus sur le continent européen t.
Mais c'était là une pure rêverie. Pour
rien au monde, je ne voudrais sou-
tenir une opinion défavorable aux pléni-
potentiaires de la reine Ranavalo II; et,
puisqu'ils sont venus chez nous pour si-
gner un traité avec le gouvernement,
je serais heureux qu'on leur accordât
de généreuses concessions.
Car tout n'est pas rose dans le métier
de noir.
Que risque, en somme, le chef de no-
tre ministère si le résultat des négocia-
tions l'amenait à. être désavoué?
Une interpellation de M. Louis Le-
grand ? Une autre de M. Delafosse? Le
vote d'un ordre du jour pur et simple ou
légèrement motivé?
Au contraire, il est permis de supposer
qu'à Madagascar le désaveu affecterait
un caractère plus solennel.
Ce serait un véritable chagrin et en
même temps une sorte d'humiliation
pour le Parisien bon enfant s'il appre-'
nait que les ambassadeurs hovas aux-
quels il a rendu pendant une semaine
les honneurs de sa ville ont eu, dès leur
retour, la langue coupée, ou qu'on les a
assis, devant les badauds de Tananarive,
sur les cornes de rhinocéros présentés
en liberté par un chambellan..
e PAUL HERV)EU
Nos Echos
<
AUJOURD'HUI
A 6 heures, dîner au Grand-Hôtel, admission
jusqu'à 6 heures et demie.
Pendant la durée du dîner, l'orchestre de
M. Desgranges jouera dans la nouvelle salle de
musique.
MENU
Potage Parmentier
Hors-d'œuvre
Filets de soles à la, Choisy
Pommes de terre à la hollandaise
Contrefitets à la Novers
Vol-au-vent de morue fraîche à la Béchamel
Poularde de la. Bresse au cresson
Salade
Haricots verts à l'anglaise
Pudding de semoule
Glace à l'orange
Desserts
La salon des dames est ouvert aux voyageurs.
Piano, tables de jeux.– Dîner à la carte au res-
taurant. Billards au Café Divan.
Le programme du dîner-concert. (Voir & la
4' page.) =~
Musée Grévin, 10, boulevard Montmartre.
De onze heures du matin à onze heures du soir.
Opéra, 8 h. 1/4. AMa.
Français, 7 h. 3/4. Le, Feu oftt coMOM:.
Les .Rai~t~cttt..
Opéra-Comique, 8 h. Mt~KO~.
LA POL!T)OUE
M. Brédif s'est embarqué hier à Mar-
seille, à bord du ~~o!, pour aller occuper
son poste au Caire.
Notre correspondant, qui a été reçu
par le nouveau représentant financier
de la France en Egypte, lui a demandé
son opinion sur Te récent article du
TM:tes affirmant que la France recon-
naît l'impossibilité de maintenir le con-
trôle anglo-français, et conseillant la li-
quidation de cette institution.
Voici textuellement la réponse de M.
Brédif
Je ne pars pas jpOM~ MgMiMe~ co~-
Notre correspondant ayant insisté au-
près de son interlocuteur pour savoir
si, à son avis, l'occupation anglaise ap-
porterait une modification dans l'orga-
nisation du contrôle, M. Brédif a ré-
pondu j
Ah ) quant à cela, demandez-le à
M. Duclerc.
Une dépêche de Madrid,qui nous par-
vient au dernier moment, nous donne le
renseignement suivant, qu'il nous est,
comme on le comprendra, de reste, im-
possible de contrôler.
Mais, la nouvelle émane d'une per-
sonne en position d'être bien ren-
seignée
seignée: Madrid, 19 octobre.
< Le maréchal Serrano a mené abonne
fin la difficile entreprise de fonder la
~Mc/te d~KSsM~e, en attirant dans son
giron les hommes les plus marquants
qui figuraient jusqu'à présent dans l'état-
major du parti républicain modéré, tels
que MM. Martos, Echegaray, Sardoal,
Montero-Rios, etc.
Ce fait est d'une grande portée pour
la consolidation de la monarchie.
t Le programme du nouveau parti a
été arrêté, mais ne sera publié que la
veille de la réouverture des Certes.
Le cabinet actuel, devant l'impossi-
bilité de lutter avec la gauche dynasti-
que, semble disposée à se rallier à ce
nouveau parti.
La prochaine rentrée du maréchal
Serrano aux affaires est considérée
comme certaine. 11
LE MONDE ET LA VtLLE
L"(V/M~ d'hier matin a publié la liste
des élèves reçus à Saint-Cyr.
Comme les années précédentes le col-
lège Stanislas et l'école de la rue des
Postes ont obtenu de grands succès.
Nous relevons parmi les 421 saint-
cyriens de la promotion les noms de
MM. de la Giraudiëre, de Villiers du
Terrage, de Maistre, de Planhol, Gran-
din de l'Eprevier, Keller. de Grammont,
de Marcilly, de la Motterouge, de Su-
gny. de Fabrègues. de Douhet, de Ke-
rann.ech, de la Rochelambert, de Lafont
de Trémont, de Chabannes, de Terves,
de Biencourt, de la Croix de Vaubois,
de Fontarce, Franceschetti, de Ressé-
guyer. Tardif de Moidrey, de Château-
neuf-Randon, de Castelnau, de Souancé
de Mauléon-Narbonne, de Villefort~
de Francaueville, de la Rue, de Luynes,
de Breteuil, de,Jumilhac,de Gharmo~lle
de Frasnois, de Saint-Vulfran, Duroy de
Bruignac, de Cheveigné, (~e Mandell
d'Ecosse, d'Aurelle de Paladines, de Sé-
.beville, de Belleau, de Guillebert des
Essarts, de Vau!grehant, de Sûsbielle~
dePrandières, de Cumont, de la Roche-
foucauld, de Bonneville, Courtot de Cis-
sey, de Boisgelin, de Nicolay, G&zalas-
Gaillon, de Rohan-Ghabot, LaSon de
Ladebat, de Congny, de Bouchard, de
Pierres, etc., etc.
Le ministre de l'instruction publique,
ratifiant le vote du conseil supérieur
des Beaux-Arts, anomméM. Falguières
professeur de sculpture à l'école des
Beaux-Arts en remplacement de M.
Jouffroy.
Cette nomination a été accueillie avec
grande faveur par les élèves de l'E-
cole..
Dans sa séance d'hier, et sur la propo-
sition de M. Camille Doucet, il a été dé-
cidé que l'élection des deux successeurs
de M. Charles Blanc et de M. le comte
de Champagny aurait lieu le 23 du mois
prochain.
On se souvient qu'au mois de juillet
dernier, pendant trois tours de scrutin
consécutifs, MM. Edouard Pailleron et
Charles de Mazade, qui tous deux avaient
posé leur candidature au fauteuil de M.
Charles Blanc, obtinrent le même nom-
bre de voix et que l'élection fut ren-
voyée.
On pense que, cette fois, les deux can-
didats seront élus aux deux fauteuils
vacants.
Leun banquet à l'hôtel Continental. Tous
les correspondants parisiens du New-
ro~.NeraM assistaient au dîner, que
présidait le directeur pour Paris, M.
Kyan.
Au dessert, trois toasts ont été portés
au président de la République française,
au roi des Belges et au. président des
Etats-Unis. Stanley a pris ensuite la pa-
role et a prononcé un long discours en
anglais.
Dîner intime hier à ~Ambassade d'Es-
pagne, en l'honneur de Mme la maré-
chale Serrano, duchesse de la Torre.
Parmi les invités le duc et la du-
chesse d'Albe, la comtesse Santovenia, `
fille aînée de la maréchale, et le comte
Santovenia, M. J. de Arellano, premier.
secrétaire de l'ambassa.de, et Mme de
Arellano, le baron de Bonifayo, le mar-
quis de GastelMoncayo. r ) 2
Télégramme de Berlin:
L'empereur Guillaume, qui est en ce
moment à Baden-Baden, rentrera à Ber-
lin vers la un de la semaine prochaine.
On organise dans le Harz, chez le
comte de Stolberg. et à Ludwigslust,
chez le duc deMecklembourg-Schwerin,
de grandes chasses auxquelles assistera
la famille impériale.
Va-et-vient parisien
S. A. R. le prince de Galles, accom-
pagné de son aide de camp, M. le colo-
nel Clarke, a quitté Paris hier soir, à
sept heures quarante, à destination de
Londres.
LL. AA. le grand-duc et la grande-du-
chesse Wladimir iront passer la jour-
née de dimanche chez le duc et la du-
chesse de Mouchy.
Sir Charles Bilke a quitté Paris hier
soir.
Lord Lyons, ambassadeur d'Angle-
terre, fera sa rentrée à Paris dans les
premiers jours de la semaine prochaine.
Lady Holland, dont nous avons an-
noncé l'arrivée à l'hôtel du Rhin, est
partie, hier soir, de Paris, pour se ren-
dre à Turin, à Florence et enfin à son
magnifique palais de Naples.
Une rencontre à l'épée doit avoir lieu
aujourd'hui entre deux princes bien
connus dans le monde parisien.
Les motifs de l'affaire étant d'ordre
privé, nous n'en dirons pas davantage.
Ainsi que nous l'annoncions, la vente
du domaine de la Malmaison a eu lieu
hier, au palais de Justice de Versailles,
sur la mise à prix, nxée parle tribunal,
de 400,000 francs. ;<,
Les enchérisseurs étaient peu nom-
breux, malgré l'espoir que Ton avait
de vendre dans de bonnes conditions
cette magnifique propriété.
Finalement, la. Malmaison a été adju-
gé3 à M. Pellerin, avoué de Versail-
les, au prix, outre les charges, de
453,000 francs.
M. Pellerin n'a pas .fait connaître le
nom de son client pour lequel il a ac-
quis le domaine mais nous croyons sa-
voir que cet avoué a agi au nom d'une
société constituée tout exprès, et dont
les statuts ne seront signés qu'aujour-
d'hui.
Que va devenir la Malmaison entre
les mains de ses nouveaux acqué-
reurs ?.
27:S< is <6 ~MM
NOUVELLES A LA MA!N
Pont SaintrMichel.
D'où reviens-tu donc?
–J'ai voulu revoir la Morgue, avant
sa translation.
Y avait-il beaucoup de noyés ?
Non je n'y ai vu qu'un homme,
encore vert.
–Comment) encore?. Tu veux
dire: t Déjà!
Entendu au café Riche.
On joue aux dominos; un nègre
gagne avec une persistance curieuse.
'Alors Aurelien Seholl, qui assiste à la
partie:
Tiens ) l c'est Toussaint-Laferme-
ture t
UN DOMtNO
DGURES DE CtRE
CHARLES LECOCQ
C'est à Bruxelles, aàis-tu,
Qu'un jour il ouvrit boutique:
Il chanta turlututu
Sur un air très mélodique.
Mais, depuis, sa barbe pique
Et te temps s'est bien vengé.
Il a, disait un critique,
L'aspect d'un Bacchus antique,
Sur lequel il a neigé.
Sans savoir si Gounod clame,
Il dit zut l'art profond,
En traits qui vont droit à l'âme,
Et sur un si joli ton
Que Madame Howard se pâme.
Saint-Saëns peut en enrager `.
II brûle une cigarette
Aux dieux qu'il vient d'outrager
Et, sur une pirouette,
i<~L~°. '~SM, léger!
Par hasard, un chant de B&mmo,
Rapide comme un frisson,
Long comme un regard de femme,
Passo-t-il dans sa maison ?
11 chasse le polisson.
Car il habite une auberge
Où dansent des bouchons d'or,
Où la vigne seule est vierge,
Où la gaieté chante encor
Où sans .peur qu'on l'y renverse,
Sans bémol et sans apprêt,
Sur l'ennui qui pleut à verse,
Leoocq verse, verse, verse,
Loooeq verse un vin clairet.
NUITTER ET ~Afo~r
FABLE
Lëcocq un jour inventa
Dos airs joyeux qu'il porta
Au beau premier librettiste:
« Je crois, dit-il, qu'ils sont bons
/Mais, par malheur, nous manquons
'De livrets; cela m'attriste
Monsieur Nuitter consola
Le compositeur morose:
–«N'ayez cure de cela!
Je me charge do la. chose
Aussitôt'il se rendit
Près de Beaumont et lui dit:
–"Leeoqachanté.mabelle';
Un libretto~vous appelle!
Et, du jour au lendemain,
Naquit !eCcettr'e<~a.MoiM.
Brasseur a pris l'opérette
De Leeoq-Beaumont-Nuitter;
Fasse-t-elle autant recette
Que !e JoMr e); !ce ~VK[< (ter)
ESOPE ET C"
LA
MORT M MMWMS
Montbars, le joyeux comique du Pa-
lais-Royal, vient de mourir presque su-
bitement.
Quand nous disions, il y a quelques
jours à peine, que son état présentait
plus de gravité, nous ne pensions pas
dire si vrai et être à ce point prophète
de malheur.
Il y a une semaine, trois jours avant
la première représentation du ?~MC~r-
d'un malaise qui l'obligea à rentrer chez
lui pour n'en plus sortir vivant.
Il venait d'être atteint d'une attaque
de rhumatismes goutteux.
Ses jambes et ses doigts ennêrent;
mais, sa bonne humeur ne se démentant
pas un seul instant, ses camarades
étaient loin de prévoir un si triste dé-
nouement.
Hier soir pourtant, à sept heures,
Montbars''se sentit oppressé; on appela
le médecin qui, malgré tous ses soins,
ne put délivrer le pauvre comédien de
l'étouËement qui devait le tuer un quart
d'heure après.
Le nom véritable de Montbars était
Kolitowich. n'était né en 1844 à Paris.
Il commença par s'adonner à l'archi-
tecture mais il faut croire que son suc-
cès comme architecte ne fut pas à la
hauteur de sa bonue volonté, car bien-
tôt il entrait. au théâtre Montmartre
poojy jouer les comiques dans les mé-
îodrames de l'endroit.
De Montmartre, il passa auxBouSes,
où il fut remarqué dans les MSM~MoMS
Menus-Plaisirs, ou il joua. une féerie de
ClairvUie ? CocoMe a~ o?i<~s (t'o~, et
enfin entra, .en 1873, au théâtre du Pa-
lais-Royal où-il débutait le 20 juin dans
une folie intitulée les ~s~r~s des Bati-
~MO~CS.
Dans les premières années qu'il passa
au Palais-Royal, Montbars ne fut pas
très remarqué.
Il avait pourtant montré bien de la
fantaisie dans le ,BM~ay~ po's~cM~,
le~medM~e~ Oseay, leM~o<, le
Petit Foya~e et la -BoM~e.
Mais le public, si souvent prodigue de
ses faveurs irraisonnées est parfois aveu-
gle, et aveugle de la pire façon, à
la façon de celui qui ne veut pas voir.
La réputation de Montbars date du
Mari de la de~M~M~e, qui fut son plus
grand succès avec les ~oo-a~trcs de M.
.B~oKdeaM et le -BoMrreo;M des cr~es.
On se souvient aussi de la verve avec
laquelle il joua le Fo~e de .Pg~c/ïo~
à î'Odéon et M~e~ ~o~o~' au Châ-
telet.
Montbars était, à la ville, le spirituel
et toujours joyeux bon vivant que vous
avez vu sur la scène.
Il n'était pas ennemi de ce qu'il appe-
lait lui-même e des fumisteries et lan-
çait à froid les plaisanteries les plus in-
vraisemblables.
C'est ainsi qu'il arriva presque à per-
suader à ses amis les plus intimes qu'il
descendait des Romanoff, et qu'il ne dé-
sespérait pas de remonter sur je ne sais
plus quel trône imaginaire de ses an-
cêtres ) 1
Montbars avait, en scène, un sang-
froid auquel on peut dire qu'il doit, non
pas son talent, mais le commencement
de sa réputation.
C'était le soir de la première du Mari
de -C'<~M
A la scène épique où il mariait une
jeune personne en lui inculquant des
principes d'honneur panachés d'aperçus
sur l'opérette en général et sur la ~OM-
~~dedMAf~ts en particulier, un cama-
rade jaloux de son succès grommelle
entre ses dents
Se démène-t-il assez ? Vous verrez
qu'il va sauter sur la table
Montbars entend et d'un bond il est,
en eNet, sur les pupitres de la mairie,
avec son écharpe tricolore, haranguant
la noce absolument ahurie comme le
public par ce détail non prévu de
mise en scène.
Les spectateurs furent saisis d'un rire
fou, et le succès de Montbars ne se dé-
mentit plus depuis cette heure-là ) 1
Montbars était un homme de famille.
'Il-s'était construit lui-même nous
avons dit qu'il était architecte, et l'on
revient toujours aux premières amours
une maison où il habitait avec sa
femme et sa nlle, et qu'il quittait rare-
ment.
Il y avait chez lui table ouverte et
les amis y étaient nombreux.
Un couvert restait toujours inoccupé.
C'est curieux, lui dis-je un jour,
qu'il manque continuellement un invité.
Oui répondit simplement le pau-
vre Montbars, avec bonhomie et les lar-
mes aux yeux, c'est le couvert de ma
pauvre vieille mère ) II me semble tou-
jours qu'elle va revenir. Et puis.
comme je ne suis pas plus parfait que
les autres, ça m'empêche de l'oublier) 1
Pauvre Montbars! Il ne se doutait pas
en disant cela, il y a dix jours, qu'il
irait rejoindre l'absente chérie aussi
,vite 1
t Il tMOMMMMXMM
Bloc-Notes Parisien
Ptoxém&tesanstesavetr
Samedi, dans un grand hôtel garni de
Paris, un mariage a eu lieu, qui rappelle le
fameux mot d'un révolutionnaire célèbre
racontant ses noces avec une citoyenne
de son calibre <: Je l'épousai à la face de
la Nature.~ 1
La Nature, cette fois-ci, était représentée
par une table plantureusement servie, cou-
verte de bougies et de fleurs, autour de
laquelle avaient pris place un certain nom-
bre d'invités et trois familles, car il y avait
trois familles en présence. Le baptême du
~~?< F~M~~ est bien dépassé.
Il s'agissait de noces comme on n'en voit
guère, de noces d'une liberté au-delà de
laquelle il ny arien.
M. Elisée Reclus mariait ses deux filles
sans le concours du prêtre, cela va sans
dire et même sans le concours du maire
ou de son adjoint.
Deux unions libres à la fois.
A l'issue du repas, M. Elisée Reclus
le père des deux mariées sans mariage
éleva son verre et la voix aurait dit feu
Scribe, dans cette langue dont il avait le
secret pour raconter à ses invités qu'ils
allaient, pour couronner la fête, voir deux
jeunes personnes les deux filles de l'il-
lustre géographe de la Commune s'en
aller chacune au bras de son chacun.
Je ne ris pas, je ne raille pas, je raconte,
et je vous assure que je n'eus jamais moins
envie de rire.
Ma fille Joséphine, dit M. Elisée Re-~
dus librement– je vous unis à M. Vic-
tor (je préviens que les prénoms sont de
fantaisie) ma fille Marie, soyez la femme
de M. Edouard.
Là-dessus, M. Edouard et Mlle Marie,–
Mlle Joséphine et M. Victor, s'en allèrent
bras dessus, bras dessous, librement.
Nous ne prendrons pas la liberté de sui-
vre ces deux couples. Nous leur souhai-
tons, quand même, tputes les prospérités
possibles.
Nous savons honorer, dans le père décès
deux demoiselles, qui sont des dames à
présent, tout me porte à l'espérer un
travailleur considérable, -un républicain
sincère et, assure-t-on, d'un admirable dé-
sintéressement c'est un merle rouée, oi-
seau encore plus rare que les ~~les
blancs.
Quand des homm~ ~eur M.
R~~ P~~ent plaisir à faire contracter
à leurs filles des hymens que les singes
nos ancêtres, selon Darwin ne désa-
voueraient pas, on se demande combien de
temps la société pourra résister eifcore à la
démolition de toutes ses sauvegardes.
M. Elisée Reclus a rappelé, dans son
speech, que lui-même s'était deux fois ma-
rié librement.
Don Juan s'était donc librement marié
mille et une fois de plus que lui, et il loue-
rait la continence de M. Reclus. Sur ce ter-
rain de la liberté ab&olue des unions, les
gros chiffres passent pour faire le bonheur.
Quand un travailleur a des côtés respecta-
bles comme M. Reclus, raison de plus pour
s'affliger que l'ancien condamné à la dépor-
tation des conseils de guerre de 1871, dont
M. Thiers commua la peine au mois de jan-
vier suivant, donne de si funestes exem-
ples. Hélas 1 être un homme intelligent et
supprimer tout ce qui élève l'homme au-
dessus de la matière, tout ce qui le distin-
gue de la brute.
Accoupler ses filles,au lieu de les marier,
et afficher ce que les honnêtes gens pétris
de vieux préjugés auraient appelé leur dé.
shonneur t
C'est ainsi que, suivant un vers détesta-
ble aussi bien que classique
Qu~nd la borne est franchie, il n'est plus 'de ti-
< [mite.
c'est ainsi que la suppression de la bénédic-
tion nuptiale conduit, par une logique fa-
tale, à biffer même l'inscription sur les re-
gistres de la loi. C'est ainsi que la Répu-
blique conduit à la Commune, et que le
socialisme est le commencement d'un re-
tour à la barbarie.
On ne s'arrête pas dans cette voie-là,
Une sorte de mormonisme s'établissant
en plein Paris, et pis que le mormonisme,
car les Mormons croient en Dieu: voilà
l'évangile selon M. Elisée Reclus, qui ma-
rie ses filles comme on boit un verre de
vin de champagne.
Il se prend pour un philosophe. C'est un
proxénète sans le savoir.
TouT-pams
PETITE BOURSE DU SOIR
50/0. H660.55.
Italien. 89 20. `
Turc. ]290,96,92.
Banquaottomano. 807 50.
Lots turcs. 59 25, 50.
Egypte. 36312,36437.
Ottomane 1873. 6425.
Extérieur nouveau. 643/4.
Rio. 66250.66750.
-Pa.n&ma, 505, 495.49625.
Phénix espagnol. 585.58625.
Téléphone. 61750
Autrichiens. 730,725.
Peu d'affaires sur le marché de rentes. Un peu
d'animation sur celui des valeurs. On reste fa&te' ¡
on clôture en gênerai. Le Panama a encore fai-
bli il reste offert.
4-
LES a
CHM!BRES PRUSS)EMNES
Les élections générales ont eu lieu
hier dans le royaume de Prusse. On trou-
vera plus loin, sous la rubrique Ze (?a!<-
~s~WoM<, les résultats qui nous par-
viennent, mais peut-être nous saura-t-
on gré de présenter ici un tableau de l'or-
ganisation des pouvoirs publics en At-.
lemagne. Tout le monde parle de la
Prusse on ne la connaît, hélas! que
bien superficiellement.
Dans la presse, on confond souvent
::Ie Landtag avec la Chambre des députés
prussiens. Le Landtag ou Diète est, en
Prusse, de même que dans les Etats se-
condaires d'Allemagne, la réunion de
deux Chambres celle des seigneurs et
celle des députés. La première équivaut.
au Sénat,ou Chambre des pairs,ou Cham-
bre haute de tous les Etats constituUoa-
nels d'Europe.
Le ReichstagouDiètede l'Empire dif-
fére des Diètes des Etats confédérés al-
lemands en ce qu'il n'est composé que
d'une seule Chambre élue par le sun'rage
universel.
Chambre d<*s S~tgMears e,
A tous seigneurs, tout honneur Quoi-
qu'il s'agisse exclusivement, à l'heure
présente, des élections générales pour
la Chambre des députés prussiens, jl ne
sera point inutile de toucher quelques
mots de la Chambre des seigneurs
raison de l'explication à laquelle la con
fusion dont il vient d'être parlé a donné
lieu.
Cette Chambre se compose de mem-
bres héréditaires et de membres à vie
présentés par certaines corporations à
1 agrément du Roi.
Les membres héréditaires sont: les
chefs des familles princiëres de Hohenzol-
lern-Hechmgen et Hohenzollern-Sigma-
nngen; les chefs des familles médiatisées
dans les Etats du roi de Prusse; et ennn
les pnnces.comtes et seigneurs appelés
selon l'ordonnance royale du 3 février-
1847, à faire partie de la curie seigneu-
riale du Langtag réuni.
Sont membres à vie: des personnes
présentées à l'agrément du Rdï dans les
conditions qu'on va voir; les titulaires
des quatre grandes magistratures du.
royaume; quelques personnes appelées
syndics de la couronne et devant don-
ner leurappréciation dans d'importantes
questions de droit que le monarque leur
peut soumettre, ainsi que dans les af-
faires judiciaires de la Chambre haute..
Maintenant, le droit de présentation.
appartient
1° Aux chapitres qu.i avaient droit au.
trefois a des. sièges à la curie sei~nen-
n~Ie du Landtag réuni;
~ux corporations provinciales de
comtes possédant des biens seigneu-
riaux
3° Aux corporations de familles nobles
auxquelles le Roi a spécialement octroyé
le droit de présentation;
PAR~T A S CeniîïasS.– BÊ~'ARTEMENTS.ET GARES ~<~CENTlMEà
Seizième Année Troisième Série –Numéro 96
~K'mtl~ SaES:YJEJBS
B~ee~BK
Dïreotoer, f 4 ÿ,tl.
ABONNEMENTS ~) t/)
P&piLa OépaftemeaSf j-
~'amms. Sfr.UnmoM.6~,
Trais moH. 1350 Trois mom. M~
Bixmois. S?fr. Sixmoia. Sà~jM~
Mn an. 54tfr. Un an. 6~)!L~-
XtpamgM
9'toizmoM(UnioBpMttle.). 46 ?.
RÉDACTION
"e,banÏe?M.ô des, ïm-ïi«&it,W.
ttttBBtntmmzttt.MHnn~
rARIS-JOMi~L'
<~<[e
ANNONCES
&a&<- CEt. LAG-BANGi-E!, G.Ë:R~ A 'e?"
S<
ADMINISTRATION
t~D!XBEnB.Bt,AOIna!!KpMZ
~BOMNEMEMTS,PET)'6ESANNOMeKS
RENSEIGNEMENTS
tonlev&yd des ït*Hene, $
FANTAISIE
A PROPOS DES
MAI'MLEAC'HES
Il y a des personnes qui ne peuvent,
sans s'abandonner à un rire nerveux,
lire certaine3 expressions dont la presse
fourmille. Pour mémoire, il convient
de citer ï?a!<< ~6M
A ces personnes, je recommande une
locution nouvelle qui est en train de
faire son chemin. C'est ~yes~c de la
J~"
Que Madagascar ait un prestige aux
yeux de la France, cela est admissible.
Certes, quelques-uns de nos compa-
triotes, abusés par une consonance,
prennent Madagascar pour une huile
e~ui se met dans les cheveux. Mais les
études scolaires ont appris au plus
grand nombre que c'est un vaste terri-
toire circonscrit par la mer,et qu'il suffit
d'aller s'installer à l'extrémité du cap
de Bonne-Espérance, la face tournée
vers le pôle Sud, pour avoir ça à main
gauche, en remontant.
Les gourmets, en outre, savent que
Madagascar produit de la cannelle, du
poivre exquis, du gingembre, du coton
et de l'indigo.
Tout cela pose une île.
Mais que la France, patrie de Montai-
gne, de Turenne, de Voltaire et de Mi-
rabeau, la grande France qui s'est cou-
verte de gloire au Kremlin, au Caire,
sur l'Elbe et l'Adige, inspire le moindre
sentiment de respect ou d'admiration
aux naturels de Madagascar, voilà ce
qu'il est permis de nier.
Ceux qui pensent que ces indigènes
se réunissent, le soir, en troupes des
deux' sexes, pour s'entretenir du pres-
tige de la France, tombent dans une
étrange erreur.
Par le récit des voyageurs, nous sa-
vons, au contraire, que ces êtres sim-
ples s'occupent plus particulièrement
de boire du jus de banane et de se pro-
poser des amours faciles dans une lan-
gue rudimentair~.
..i~
Pourquoi s'occuperaient-ils, du reste,
de questions extérieures, alors que la
politique intérieure elle-même échappe
nécessairement à leur examen ? `1
Car voilà une chose à laquelle il est
naturel de rénéchir
Si, chez nous, la politique fait le fand
de la.plupart des conversation, c'est
qu'elle est accessible même aux person-
nes qui ont un défaut de prononciation.
Proust par-ci, Bert par-là c'est bien-
tôt dit.
Mais lorsqu'il s'agit dans un pays
chaud (et c'est le cas de Madagascar), de
discuter les paroles et les actes d'hom-
mes d'Etat qui s'appellent Ramaniraka,
Rainilaiarivony, Ravonihatriniarivo,
j'estime qu'on y regarde à deux fois.
Comment, d'ailleurs, entreprendre
d'exprimer, dans une langue pareille,
qu'une~ ordonnance royale semble ~M-
'coMsM
vous le laisse à penser.
Un ofâcier de marine m'a conté un
désagrément qu'il éprouva, en 1871, à
Madagascar. Cette historiette établira,
d'une manière bien nette, la nature du
prestige que la France y exerce.
Un de nos nationaux avait réclamé
l'assistance du gouvernement pour sou-
tenir sa réclamation. En fait, la ques-
tion n'était pas grave. Il s'agissait d'une
douzaine de fourchettes en ruolz que des
indigènes avaient dérobées, probable-
ment avec l'intention de se les passer
dans le nez pour plaire aux femmes.
Mais c'est la manie des nationaux de
se réclamer, à tout propos, de leurs gou-
vernements. Le même sentiment pousse,
en France, les bourgeois les plus paisi-
bles a. menacer, quiconque leur résiste,
du cousin qu'ils prétendent avoir dans
l'enregistrement.
Quoi qu'il en ait été, un vaisseau d'un
certain rang vint mouiller à quelque
distance de la côte, et une barque fut
expédiée sous le commandement de
l'officier dont je tiens le récit. Celui-ci,
en abordant, prévint ses hommes d'avoir
à se tenir prêts pour la première alerte.
Il leur assura qu'il répondait de tout
et gagna tranquillement la demeure de
notre national.
Une demi-heure après, le petit équi-
page voyait son chef et le protégé fran-
çais accourir ventre à terre.
Une vingtaine de grands Madécasses
galopaient à leurs trousses, et leurs
allongeaient gravement de formidables
coups de pied dans la région posté-
rieure.
Cette imposante escorte, qui était, du
reste, composée des principaux digni-
taires de la tribu, s'arrêta à une portée
de fusil du rivage.
L'ofncier de marine, qui était moins
acclimaté que son compagnon, fut pris,
en regagnant le bord, d'une crise de
rage, qui faillit le tuer et le soir même,
on bombarda la région à outrance.
Mais les nègres s'étaient retirés dans
Finterieur des terres ils se menaient
du prestige dont on voulait les frapper.
Je songeais à cette aventure en aper-
cevant, l'autre jour, les envoyés malga-
ches dans l'allée des Acacias.
Ils étaient largement installés dans
de confortables voitures, entourés d'é-
gards, vêtus à la mode, intéressants à
contempler sans être toutefois ce qu'on
appelle < bien de sa personne
On leur avait fait voir des jockeys,
des bookmakers et des .cocottes. Ils se
sentaient pris au sérieux, traités d'am-
bassadeurs, parfaitement distingués d'a-
vec les Galibis.
Ils avaient été introduits par M. Mol-
lard reçus par M. Duclerc. Bientôt
même on leur donnera, selon l'usage,
des bustes de biscuit de Sèvres, en les
prévenant que ça ne se mange pas.
Et je me plaisais à imaginer ces Mal-
gaches revenus chez eux, ayant repris
leurs nudités sévères, achevant peut-
être d'user à leur grand soleil les éton-
nants chapeaux à haute forme qu'ils ont
achetés ici.
.Us recommençaient à régler les li-
tiges internationaux à coups de pied
quelque part. Ils riaient de notre civili-
sation incommode et compliquée. Ils
faisaient, en malgache, les imitations
des grands personnages qui les ont re-
çus sur le continent européen t.
Mais c'était là une pure rêverie. Pour
rien au monde, je ne voudrais sou-
tenir une opinion défavorable aux pléni-
potentiaires de la reine Ranavalo II; et,
puisqu'ils sont venus chez nous pour si-
gner un traité avec le gouvernement,
je serais heureux qu'on leur accordât
de généreuses concessions.
Car tout n'est pas rose dans le métier
de noir.
Que risque, en somme, le chef de no-
tre ministère si le résultat des négocia-
tions l'amenait à. être désavoué?
Une interpellation de M. Louis Le-
grand ? Une autre de M. Delafosse? Le
vote d'un ordre du jour pur et simple ou
légèrement motivé?
Au contraire, il est permis de supposer
qu'à Madagascar le désaveu affecterait
un caractère plus solennel.
Ce serait un véritable chagrin et en
même temps une sorte d'humiliation
pour le Parisien bon enfant s'il appre-'
nait que les ambassadeurs hovas aux-
quels il a rendu pendant une semaine
les honneurs de sa ville ont eu, dès leur
retour, la langue coupée, ou qu'on les a
assis, devant les badauds de Tananarive,
sur les cornes de rhinocéros présentés
en liberté par un chambellan..
e PAUL HERV)EU
Nos Echos
<
AUJOURD'HUI
A 6 heures, dîner au Grand-Hôtel, admission
jusqu'à 6 heures et demie.
Pendant la durée du dîner, l'orchestre de
M. Desgranges jouera dans la nouvelle salle de
musique.
MENU
Potage Parmentier
Hors-d'œuvre
Filets de soles à la, Choisy
Pommes de terre à la hollandaise
Contrefitets à la Novers
Vol-au-vent de morue fraîche à la Béchamel
Poularde de la. Bresse au cresson
Salade
Haricots verts à l'anglaise
Pudding de semoule
Glace à l'orange
Desserts
La salon des dames est ouvert aux voyageurs.
Piano, tables de jeux.– Dîner à la carte au res-
taurant. Billards au Café Divan.
Le programme du dîner-concert. (Voir & la
4' page.) =~
Musée Grévin, 10, boulevard Montmartre.
De onze heures du matin à onze heures du soir.
Opéra, 8 h. 1/4. AMa.
Français, 7 h. 3/4. Le, Feu oftt coMOM:.
Les .Rai~t~cttt..
Opéra-Comique, 8 h. Mt~KO~.
LA POL!T)OUE
M. Brédif s'est embarqué hier à Mar-
seille, à bord du ~~o!, pour aller occuper
son poste au Caire.
Notre correspondant, qui a été reçu
par le nouveau représentant financier
de la France en Egypte, lui a demandé
son opinion sur Te récent article du
TM:tes affirmant que la France recon-
naît l'impossibilité de maintenir le con-
trôle anglo-français, et conseillant la li-
quidation de cette institution.
Voici textuellement la réponse de M.
Brédif
Je ne pars pas jpOM~ MgMiMe~ co~-
Notre correspondant ayant insisté au-
près de son interlocuteur pour savoir
si, à son avis, l'occupation anglaise ap-
porterait une modification dans l'orga-
nisation du contrôle, M. Brédif a ré-
pondu j
Ah ) quant à cela, demandez-le à
M. Duclerc.
Une dépêche de Madrid,qui nous par-
vient au dernier moment, nous donne le
renseignement suivant, qu'il nous est,
comme on le comprendra, de reste, im-
possible de contrôler.
Mais, la nouvelle émane d'une per-
sonne en position d'être bien ren-
seignée
seignée: Madrid, 19 octobre.
< Le maréchal Serrano a mené abonne
fin la difficile entreprise de fonder la
~Mc/te d~KSsM~e, en attirant dans son
giron les hommes les plus marquants
qui figuraient jusqu'à présent dans l'état-
major du parti républicain modéré, tels
que MM. Martos, Echegaray, Sardoal,
Montero-Rios, etc.
Ce fait est d'une grande portée pour
la consolidation de la monarchie.
t Le programme du nouveau parti a
été arrêté, mais ne sera publié que la
veille de la réouverture des Certes.
Le cabinet actuel, devant l'impossi-
bilité de lutter avec la gauche dynasti-
que, semble disposée à se rallier à ce
nouveau parti.
La prochaine rentrée du maréchal
Serrano aux affaires est considérée
comme certaine. 11
LE MONDE ET LA VtLLE
L"(V/M~ d'hier matin a publié la liste
des élèves reçus à Saint-Cyr.
Comme les années précédentes le col-
lège Stanislas et l'école de la rue des
Postes ont obtenu de grands succès.
Nous relevons parmi les 421 saint-
cyriens de la promotion les noms de
MM. de la Giraudiëre, de Villiers du
Terrage, de Maistre, de Planhol, Gran-
din de l'Eprevier, Keller. de Grammont,
de Marcilly, de la Motterouge, de Su-
gny. de Fabrègues. de Douhet, de Ke-
rann.ech, de la Rochelambert, de Lafont
de Trémont, de Chabannes, de Terves,
de Biencourt, de la Croix de Vaubois,
de Fontarce, Franceschetti, de Ressé-
guyer. Tardif de Moidrey, de Château-
neuf-Randon, de Castelnau, de Souancé
de Mauléon-Narbonne, de Villefort~
de Francaueville, de la Rue, de Luynes,
de Breteuil, de,Jumilhac,de Gharmo~lle
de Frasnois, de Saint-Vulfran, Duroy de
Bruignac, de Cheveigné, (~e Mandell
d'Ecosse, d'Aurelle de Paladines, de Sé-
.beville, de Belleau, de Guillebert des
Essarts, de Vau!grehant, de Sûsbielle~
dePrandières, de Cumont, de la Roche-
foucauld, de Bonneville, Courtot de Cis-
sey, de Boisgelin, de Nicolay, G&zalas-
Gaillon, de Rohan-Ghabot, LaSon de
Ladebat, de Congny, de Bouchard, de
Pierres, etc., etc.
Le ministre de l'instruction publique,
ratifiant le vote du conseil supérieur
des Beaux-Arts, anomméM. Falguières
professeur de sculpture à l'école des
Beaux-Arts en remplacement de M.
Jouffroy.
Cette nomination a été accueillie avec
grande faveur par les élèves de l'E-
cole..
Dans sa séance d'hier, et sur la propo-
sition de M. Camille Doucet, il a été dé-
cidé que l'élection des deux successeurs
de M. Charles Blanc et de M. le comte
de Champagny aurait lieu le 23 du mois
prochain.
On se souvient qu'au mois de juillet
dernier, pendant trois tours de scrutin
consécutifs, MM. Edouard Pailleron et
Charles de Mazade, qui tous deux avaient
posé leur candidature au fauteuil de M.
Charles Blanc, obtinrent le même nom-
bre de voix et que l'élection fut ren-
voyée.
On pense que, cette fois, les deux can-
didats seront élus aux deux fauteuils
vacants.
Le
les correspondants parisiens du New-
ro~.NeraM assistaient au dîner, que
présidait le directeur pour Paris, M.
Kyan.
Au dessert, trois toasts ont été portés
au président de la République française,
au roi des Belges et au. président des
Etats-Unis. Stanley a pris ensuite la pa-
role et a prononcé un long discours en
anglais.
Dîner intime hier à ~Ambassade d'Es-
pagne, en l'honneur de Mme la maré-
chale Serrano, duchesse de la Torre.
Parmi les invités le duc et la du-
chesse d'Albe, la comtesse Santovenia, `
fille aînée de la maréchale, et le comte
Santovenia, M. J. de Arellano, premier.
secrétaire de l'ambassa.de, et Mme de
Arellano, le baron de Bonifayo, le mar-
quis de GastelMoncayo. r ) 2
Télégramme de Berlin:
L'empereur Guillaume, qui est en ce
moment à Baden-Baden, rentrera à Ber-
lin vers la un de la semaine prochaine.
On organise dans le Harz, chez le
comte de Stolberg. et à Ludwigslust,
chez le duc deMecklembourg-Schwerin,
de grandes chasses auxquelles assistera
la famille impériale.
Va-et-vient parisien
S. A. R. le prince de Galles, accom-
pagné de son aide de camp, M. le colo-
nel Clarke, a quitté Paris hier soir, à
sept heures quarante, à destination de
Londres.
LL. AA. le grand-duc et la grande-du-
chesse Wladimir iront passer la jour-
née de dimanche chez le duc et la du-
chesse de Mouchy.
Sir Charles Bilke a quitté Paris hier
soir.
Lord Lyons, ambassadeur d'Angle-
terre, fera sa rentrée à Paris dans les
premiers jours de la semaine prochaine.
Lady Holland, dont nous avons an-
noncé l'arrivée à l'hôtel du Rhin, est
partie, hier soir, de Paris, pour se ren-
dre à Turin, à Florence et enfin à son
magnifique palais de Naples.
Une rencontre à l'épée doit avoir lieu
aujourd'hui entre deux princes bien
connus dans le monde parisien.
Les motifs de l'affaire étant d'ordre
privé, nous n'en dirons pas davantage.
Ainsi que nous l'annoncions, la vente
du domaine de la Malmaison a eu lieu
hier, au palais de Justice de Versailles,
sur la mise à prix, nxée parle tribunal,
de 400,000 francs. ;<,
Les enchérisseurs étaient peu nom-
breux, malgré l'espoir que Ton avait
de vendre dans de bonnes conditions
cette magnifique propriété.
Finalement, la. Malmaison a été adju-
gé3 à M. Pellerin, avoué de Versail-
les, au prix, outre les charges, de
453,000 francs.
M. Pellerin n'a pas .fait connaître le
nom de son client pour lequel il a ac-
quis le domaine mais nous croyons sa-
voir que cet avoué a agi au nom d'une
société constituée tout exprès, et dont
les statuts ne seront signés qu'aujour-
d'hui.
Que va devenir la Malmaison entre
les mains de ses nouveaux acqué-
reurs ?.
27:S< is <6 ~MM
NOUVELLES A LA MA!N
Pont SaintrMichel.
D'où reviens-tu donc?
–J'ai voulu revoir la Morgue, avant
sa translation.
Y avait-il beaucoup de noyés ?
Non je n'y ai vu qu'un homme,
encore vert.
–Comment) encore?. Tu veux
dire: t Déjà!
Entendu au café Riche.
On joue aux dominos; un nègre
gagne avec une persistance curieuse.
'Alors Aurelien Seholl, qui assiste à la
partie:
Tiens ) l c'est Toussaint-Laferme-
ture t
UN DOMtNO
DGURES DE CtRE
CHARLES LECOCQ
C'est à Bruxelles, aàis-tu,
Qu'un jour il ouvrit boutique:
Il chanta turlututu
Sur un air très mélodique.
Mais, depuis, sa barbe pique
Et te temps s'est bien vengé.
Il a, disait un critique,
L'aspect d'un Bacchus antique,
Sur lequel il a neigé.
Sans savoir si Gounod clame,
Il dit zut l'art profond,
En traits qui vont droit à l'âme,
Et sur un si joli ton
Que Madame Howard se pâme.
Saint-Saëns peut en enrager `.
II brûle une cigarette
Aux dieux qu'il vient d'outrager
Et, sur une pirouette,
i<~L~°. '~SM, léger!
Par hasard, un chant de B&mmo,
Rapide comme un frisson,
Long comme un regard de femme,
Passo-t-il dans sa maison ?
11 chasse le polisson.
Car il habite une auberge
Où dansent des bouchons d'or,
Où la vigne seule est vierge,
Où la gaieté chante encor
Où sans .peur qu'on l'y renverse,
Sans bémol et sans apprêt,
Sur l'ennui qui pleut à verse,
Leoocq verse, verse, verse,
Loooeq verse un vin clairet.
NUITTER ET ~Afo~r
FABLE
Lëcocq un jour inventa
Dos airs joyeux qu'il porta
Au beau premier librettiste:
« Je crois, dit-il, qu'ils sont bons
/Mais, par malheur, nous manquons
'De livrets; cela m'attriste
Monsieur Nuitter consola
Le compositeur morose:
–«N'ayez cure de cela!
Je me charge do la. chose
Aussitôt'il se rendit
Près de Beaumont et lui dit:
–"Leeoqachanté.mabelle';
Un libretto~vous appelle!
Et, du jour au lendemain,
Naquit !eCcettr'e<~a.MoiM.
Brasseur a pris l'opérette
De Leeoq-Beaumont-Nuitter;
Fasse-t-elle autant recette
Que !e JoMr e); !ce ~VK[< (ter)
ESOPE ET C"
LA
MORT M MMWMS
Montbars, le joyeux comique du Pa-
lais-Royal, vient de mourir presque su-
bitement.
Quand nous disions, il y a quelques
jours à peine, que son état présentait
plus de gravité, nous ne pensions pas
dire si vrai et être à ce point prophète
de malheur.
Il y a une semaine, trois jours avant
la première représentation du ?~MC~r-
d'un malaise qui l'obligea à rentrer chez
lui pour n'en plus sortir vivant.
Il venait d'être atteint d'une attaque
de rhumatismes goutteux.
Ses jambes et ses doigts ennêrent;
mais, sa bonne humeur ne se démentant
pas un seul instant, ses camarades
étaient loin de prévoir un si triste dé-
nouement.
Hier soir pourtant, à sept heures,
Montbars''se sentit oppressé; on appela
le médecin qui, malgré tous ses soins,
ne put délivrer le pauvre comédien de
l'étouËement qui devait le tuer un quart
d'heure après.
Le nom véritable de Montbars était
Kolitowich. n'était né en 1844 à Paris.
Il commença par s'adonner à l'archi-
tecture mais il faut croire que son suc-
cès comme architecte ne fut pas à la
hauteur de sa bonue volonté, car bien-
tôt il entrait. au théâtre Montmartre
poojy jouer les comiques dans les mé-
îodrames de l'endroit.
De Montmartre, il passa auxBouSes,
où il fut remarqué dans les MSM~MoMS
ClairvUie ? CocoMe a~ o?i<~s (t'o~, et
enfin entra, .en 1873, au théâtre du Pa-
lais-Royal où-il débutait le 20 juin dans
une folie intitulée les ~s~r~s des Bati-
~MO~CS.
Dans les premières années qu'il passa
au Palais-Royal, Montbars ne fut pas
très remarqué.
Il avait pourtant montré bien de la
fantaisie dans le ,BM~ay~ po's~cM~,
le~medM~e~ Oseay, leM~o<, le
Petit Foya~e et la -BoM~e.
Mais le public, si souvent prodigue de
ses faveurs irraisonnées est parfois aveu-
gle, et aveugle de la pire façon, à
la façon de celui qui ne veut pas voir.
La réputation de Montbars date du
Mari de la de~M~M~e, qui fut son plus
grand succès avec les ~oo-a~trcs de M.
.B~oKdeaM et le -BoMrreo;M des cr~es.
On se souvient aussi de la verve avec
laquelle il joua le Fo~e de .Pg~c/ïo~
à î'Odéon et M~e~ ~o~o~' au Châ-
telet.
Montbars était, à la ville, le spirituel
et toujours joyeux bon vivant que vous
avez vu sur la scène.
Il n'était pas ennemi de ce qu'il appe-
lait lui-même e des fumisteries et lan-
çait à froid les plaisanteries les plus in-
vraisemblables.
C'est ainsi qu'il arriva presque à per-
suader à ses amis les plus intimes qu'il
descendait des Romanoff, et qu'il ne dé-
sespérait pas de remonter sur je ne sais
plus quel trône imaginaire de ses an-
cêtres ) 1
Montbars avait, en scène, un sang-
froid auquel on peut dire qu'il doit, non
pas son talent, mais le commencement
de sa réputation.
C'était le soir de la première du Mari
de -C'<~M
A la scène épique où il mariait une
jeune personne en lui inculquant des
principes d'honneur panachés d'aperçus
sur l'opérette en général et sur la ~OM-
~~dedMAf~ts en particulier, un cama-
rade jaloux de son succès grommelle
entre ses dents
Se démène-t-il assez ? Vous verrez
qu'il va sauter sur la table
Montbars entend et d'un bond il est,
en eNet, sur les pupitres de la mairie,
avec son écharpe tricolore, haranguant
la noce absolument ahurie comme le
public par ce détail non prévu de
mise en scène.
Les spectateurs furent saisis d'un rire
fou, et le succès de Montbars ne se dé-
mentit plus depuis cette heure-là ) 1
Montbars était un homme de famille.
'Il-s'était construit lui-même nous
avons dit qu'il était architecte, et l'on
revient toujours aux premières amours
une maison où il habitait avec sa
femme et sa nlle, et qu'il quittait rare-
ment.
Il y avait chez lui table ouverte et
les amis y étaient nombreux.
Un couvert restait toujours inoccupé.
C'est curieux, lui dis-je un jour,
qu'il manque continuellement un invité.
Oui répondit simplement le pau-
vre Montbars, avec bonhomie et les lar-
mes aux yeux, c'est le couvert de ma
pauvre vieille mère ) II me semble tou-
jours qu'elle va revenir. Et puis.
comme je ne suis pas plus parfait que
les autres, ça m'empêche de l'oublier) 1
Pauvre Montbars! Il ne se doutait pas
en disant cela, il y a dix jours, qu'il
irait rejoindre l'absente chérie aussi
,vite 1
t Il tMOMMMMXMM
Bloc-Notes Parisien
Ptoxém&tesanstesavetr
Samedi, dans un grand hôtel garni de
Paris, un mariage a eu lieu, qui rappelle le
fameux mot d'un révolutionnaire célèbre
racontant ses noces avec une citoyenne
de son calibre <: Je l'épousai à la face de
la Nature.~ 1
La Nature, cette fois-ci, était représentée
par une table plantureusement servie, cou-
verte de bougies et de fleurs, autour de
laquelle avaient pris place un certain nom-
bre d'invités et trois familles, car il y avait
trois familles en présence. Le baptême du
~~?< F~M~~ est bien dépassé.
Il s'agissait de noces comme on n'en voit
guère, de noces d'une liberté au-delà de
laquelle il ny arien.
M. Elisée Reclus mariait ses deux filles
sans le concours du prêtre, cela va sans
dire et même sans le concours du maire
ou de son adjoint.
Deux unions libres à la fois.
A l'issue du repas, M. Elisée Reclus
le père des deux mariées sans mariage
éleva son verre et la voix aurait dit feu
Scribe, dans cette langue dont il avait le
secret pour raconter à ses invités qu'ils
allaient, pour couronner la fête, voir deux
jeunes personnes les deux filles de l'il-
lustre géographe de la Commune s'en
aller chacune au bras de son chacun.
Je ne ris pas, je ne raille pas, je raconte,
et je vous assure que je n'eus jamais moins
envie de rire.
Ma fille Joséphine, dit M. Elisée Re-~
dus librement– je vous unis à M. Vic-
tor (je préviens que les prénoms sont de
fantaisie) ma fille Marie, soyez la femme
de M. Edouard.
Là-dessus, M. Edouard et Mlle Marie,–
Mlle Joséphine et M. Victor, s'en allèrent
bras dessus, bras dessous, librement.
Nous ne prendrons pas la liberté de sui-
vre ces deux couples. Nous leur souhai-
tons, quand même, tputes les prospérités
possibles.
Nous savons honorer, dans le père décès
deux demoiselles, qui sont des dames à
présent, tout me porte à l'espérer un
travailleur considérable, -un républicain
sincère et, assure-t-on, d'un admirable dé-
sintéressement c'est un merle rouée, oi-
seau encore plus rare que les ~~les
blancs.
Quand des homm~ ~eur M.
R~~ P~~ent plaisir à faire contracter
à leurs filles des hymens que les singes
nos ancêtres, selon Darwin ne désa-
voueraient pas, on se demande combien de
temps la société pourra résister eifcore à la
démolition de toutes ses sauvegardes.
M. Elisée Reclus a rappelé, dans son
speech, que lui-même s'était deux fois ma-
rié librement.
Don Juan s'était donc librement marié
mille et une fois de plus que lui, et il loue-
rait la continence de M. Reclus. Sur ce ter-
rain de la liberté ab&olue des unions, les
gros chiffres passent pour faire le bonheur.
Quand un travailleur a des côtés respecta-
bles comme M. Reclus, raison de plus pour
s'affliger que l'ancien condamné à la dépor-
tation des conseils de guerre de 1871, dont
M. Thiers commua la peine au mois de jan-
vier suivant, donne de si funestes exem-
ples. Hélas 1 être un homme intelligent et
supprimer tout ce qui élève l'homme au-
dessus de la matière, tout ce qui le distin-
gue de la brute.
Accoupler ses filles,au lieu de les marier,
et afficher ce que les honnêtes gens pétris
de vieux préjugés auraient appelé leur dé.
shonneur t
C'est ainsi que, suivant un vers détesta-
ble aussi bien que classique
Qu~nd la borne est franchie, il n'est plus 'de ti-
< [mite.
c'est ainsi que la suppression de la bénédic-
tion nuptiale conduit, par une logique fa-
tale, à biffer même l'inscription sur les re-
gistres de la loi. C'est ainsi que la Répu-
blique conduit à la Commune, et que le
socialisme est le commencement d'un re-
tour à la barbarie.
On ne s'arrête pas dans cette voie-là,
Une sorte de mormonisme s'établissant
en plein Paris, et pis que le mormonisme,
car les Mormons croient en Dieu: voilà
l'évangile selon M. Elisée Reclus, qui ma-
rie ses filles comme on boit un verre de
vin de champagne.
Il se prend pour un philosophe. C'est un
proxénète sans le savoir.
TouT-pams
PETITE BOURSE DU SOIR
50/0. H660.55.
Italien. 89 20. `
Turc. ]290,96,92.
Banquaottomano. 807 50.
Lots turcs. 59 25, 50.
Egypte. 36312,36437.
Ottomane 1873. 6425.
Extérieur nouveau. 643/4.
Rio. 66250.66750.
-Pa.n&ma, 505, 495.49625.
Phénix espagnol. 585.58625.
Téléphone. 61750
Autrichiens. 730,725.
Peu d'affaires sur le marché de rentes. Un peu
d'animation sur celui des valeurs. On reste fa&te' ¡
on clôture en gênerai. Le Panama a encore fai-
bli il reste offert.
4-
LES a
CHM!BRES PRUSS)EMNES
Les élections générales ont eu lieu
hier dans le royaume de Prusse. On trou-
vera plus loin, sous la rubrique Ze (?a!<-
~s~WoM<, les résultats qui nous par-
viennent, mais peut-être nous saura-t-
on gré de présenter ici un tableau de l'or-
ganisation des pouvoirs publics en At-.
lemagne. Tout le monde parle de la
Prusse on ne la connaît, hélas! que
bien superficiellement.
Dans la presse, on confond souvent
::Ie Landtag avec la Chambre des députés
prussiens. Le Landtag ou Diète est, en
Prusse, de même que dans les Etats se-
condaires d'Allemagne, la réunion de
deux Chambres celle des seigneurs et
celle des députés. La première équivaut.
au Sénat,ou Chambre des pairs,ou Cham-
bre haute de tous les Etats constituUoa-
nels d'Europe.
Le ReichstagouDiètede l'Empire dif-
fére des Diètes des Etats confédérés al-
lemands en ce qu'il n'est composé que
d'une seule Chambre élue par le sun'rage
universel.
Chambre d<*s S~tgMears e,
A tous seigneurs, tout honneur Quoi-
qu'il s'agisse exclusivement, à l'heure
présente, des élections générales pour
la Chambre des députés prussiens, jl ne
sera point inutile de toucher quelques
mots de la Chambre des seigneurs
raison de l'explication à laquelle la con
fusion dont il vient d'être parlé a donné
lieu.
Cette Chambre se compose de mem-
bres héréditaires et de membres à vie
présentés par certaines corporations à
1 agrément du Roi.
Les membres héréditaires sont: les
chefs des familles princiëres de Hohenzol-
lern-Hechmgen et Hohenzollern-Sigma-
nngen; les chefs des familles médiatisées
dans les Etats du roi de Prusse; et ennn
les pnnces.comtes et seigneurs appelés
selon l'ordonnance royale du 3 février-
1847, à faire partie de la curie seigneu-
riale du Langtag réuni.
Sont membres à vie: des personnes
présentées à l'agrément du Rdï dans les
conditions qu'on va voir; les titulaires
des quatre grandes magistratures du.
royaume; quelques personnes appelées
syndics de la couronne et devant don-
ner leurappréciation dans d'importantes
questions de droit que le monarque leur
peut soumettre, ainsi que dans les af-
faires judiciaires de la Chambre haute..
Maintenant, le droit de présentation.
appartient
1° Aux chapitres qu.i avaient droit au.
trefois a des. sièges à la curie sei~nen-
n~Ie du Landtag réuni;
~ux corporations provinciales de
comtes possédant des biens seigneu-
riaux
3° Aux corporations de familles nobles
auxquelles le Roi a spécialement octroyé
le droit de présentation;
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