Titre : Le Gaulois : littéraire et politique
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1882-06-20
Contributeur : Pène, Henri de (1830-1888). Directeur de publication
Contributeur : Tarbé des Sablons, Edmond Joseph Louis (1838-1900). Directeur de publication
Contributeur : Meyer, Arthur (1844-1924). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32779904b
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Format : Nombre total de vues : 94503 Nombre total de vues : 94503
Description : 20 juin 1882 20 juin 1882
Description : 1882/06/20 (Numéro 1011). 1882/06/20 (Numéro 1011).
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k524275h
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 22/02/2008
Paris S 5» centimes: Départements et Gares t 5£O> centimes,'
Mardi 20 Juin 1682,
Quinzième Ânziës–* Deuxième Série– Kui^Sm 1011
». DE CYON (
Adminittrattur-Déltgui
t, ANNONCES •
j*M. Cb. Ll;r>nte, Cerf et ̃̃•
6, H.ACK DE LA BOOESh", S :<,
lit â CAdministration du Journal ̃"
'̃•' (
1 ADMINISTRATION* Ùr, 4
•* boulevard dos Itallani, t
»B UIX HBDBKS A CINQ HlUUt
Les «bonnement» partant
";it tJLÉS S î M O ÏT
Directeur Politique /"a
ABONNEMENTS >
Fams Trois Lois.> «S fr. §♦
©Spartkuïnts Trais moi». 18 fr.
RÉDACTION
f, boulevard dea Italiens, •
1>B DBDX HEURES A MINUIT
fttl MANUSCRITS RI SE"RONT PAS XSNDOI
« SECWW ME
;'V-P RE M I Ê RE J 0 U R M Ë E
Un Café des Boulevards
̃Premier Consommateur, achevant
de lire la « Gazette des Tribunaux ».
Eh bien, je viens de lire tous les détails
de l'affaire, l'acquittement me paraît
certain. Je ne comprends même pas
qu'on ait commencé un pareil procès ?
'Second Consommateur, timidement.
t- S'il y:&vait une condamnation, serait-
elle grave?
̃ Chcëiir des Consommateurs, avec
autorité -–II n'y aura pas de condam-
nation. ̃̃ ̃-• ̃ -.̃̃̃: f -,̃.̃̃̃
v seconde journée;
Un Bureau de Journal
LE Romancier. Que dit-on, au Pa-
lais, de l'issue probable du procès ?
L'Avocat.– Condamnation, parbleu! 1
Et aux travaux forcés. Personne n'en
doute. Les voilà encore une fois revenus,
ces bons Pères!
LE Romancier. On ne se doutait
pas au commencement qu'il fût jésuite.
If n'en a pas dit un mot dans son inter-
Togatoire. Par ordre du général, proba-
blement. C'était fort habile. Tout le
monde le croyait innocent. Comment
a"-t-on découvert sa qualité ?
!L' Avocat. C'est moi, c'est le jour-
nal. J'ai un ami qui l'avait connu â la
rue des Postes. Nous l'avons. dit dans un
entrefilet. L'avocat général l'a fait com-
• paçaître-aussitôt. « Etes- vous jésuite i ?
Non, dit l'autre. »
Le Choeur. II a dit non ¡
L'Avocat. Il a dit non. Et d'un front
« Mais, dit l'avocat général, vous l'avez
été? Oui, a-t-il répondu; mais j'ai
quitté la compagnie en 1880, avec la
permission du général, pour continuer
d'ôtre -instituteur. Je n'étais ni profès,
ni prêtre je n'étais même pas dans les
ordres. Mon établissement ayant été
fermé en 188ti, je suis allé à Orléans
fonder une maison 4e banque. Où
vous avez commis des faux et des escro-
queries ? »
"Le Chœur. Ah ah qu'a-t-iï dit à
cela?
L'Avocat. Comme toujours, qu'on
ne lui représentait aucun faux, qu'il
ji'en avait pas commis, que sa banque
n'avait pas prospéré, mais que son hon-
neur était sauf. Enfin', tout ce que vous
pouvez imaginer.
Le Geœdr. Aux galères, le coquin f
Il faut en finir avec cette engeance.
f: TROISIÈME JOURNÉE
Une Réunion publique électorale
La séance est. pour deux heures. Il est
une heure et demie. 11 n'y a encore dans la
salle que les membres du bureau provi-
soire.
Le; premier Assesseur. Personne
ne viendra; nous avons mal choisi notre
jour. Tout le monde voudra ètfe à la
cour d'assises.
Autre Assesseur. –Nous aurions dû
remettre la séance. L'élection n'est que
pour dimanche en huit. Nous avions le
temps.
'Le'. PRÉSIDENT provisoire. Vous
êtes fous J'ai convoqué la réunion pour
aujourd'hui, dès que j'ai su que l'affaire
serait plaidêe. Il faut que les ju'ges, sur
leur siège, sachent que nous les surveil-
lons ici.
UN Assesseur. -»- Bab. la condamna-
tion était infaillible. Il n'y a pas de jé-
suite dans le tribunal. Tous bons répu-
blicains..
Le Président. Pas si infaillible
que cela. Il est coupable, cela va sans
dire. Mais, entre nous, il n'y a pas de
preuves suffisantes. (On mtmtmre'.)
C'est comme je vous le dis. Je m'étais
d'abord chargé de la défense (Nouveaux
murmures.) avant de savoir sa qualité,
naturellement. Il n'y avait que des
doutes, pas autre chose. La cause pou-
vait être gagnée.
Plusieurs Assesseurs, Eh bien
s'ils l'acquittent, leur affaire est bonne
pour dimanche en huit. Nous n'en
sommes plus aux balivernes sentimen-
tales de 1883 et -1884. v
QUATRIÈME JOURNÉE •
>.
(Sur le boulevard. Il fait nuit. Tout le
monde a un journal à la main;)
UN Passant. Acquitté t
UN autre Passant, Acquitté l
Sûr toute la ligne.. Acquitta 1
acquitté! acquitté!, l
Un jeune lioMME, Acquitté c'est
monstrueux. Que va-t-on faire de ces
juges-là? ̃ •
Un -VjBTLLà.RD. Ils n'ont pas été
unanimes. ̃•
Le Chœur. Soit mais qu'ils s'ex-
pliquent! nous ne voterons, dimanche,
que pour celui qui a bien voté.
LE Vieillard. Mais qui est-il ? Le
̃vote est sëcretl' ,̃.̃>.
*'̃- C4NQUIÈME JOURNÉE
Le Comité électoral
~Le Président. II Cy en a qu'un
bon, sur troiSj Mais quel est-il ? Levotè
-est secret. • •
UN Membre. Nous pouvons les
blackbouler tous lés trois. îï. est impos-
sible de discerner l'innocent. Le vote est
secret.
Le Président. Blackbouler celui
qui a bien voté, ce serait d'un effet dé-
plorable. Il faut que le peuple soit juste.
Mais la difficulté est de choisir entre les
trois. Le vote est secret. `
UN Membre. Pas moyen de les in-
terroger. Ce serait contraire au devoir
professionnel. Ils ne répondraient pas.
Le vote est secret.
(On apporte, une lettre.)
LE Président. Une lettre? Il jette
les yeux sur l'adresse. Que vois-je ? ?,
Tous. –Que voit-il? `
L e PRÉSIDENT. (Il fait circuler la let-
tre toute cachetée.) Voyez-vous-mê-
mes.
LES Membres, l'un après l'aiitreè
Gastaniloret! C'est l'écriture de Gastan-
floret Et nous, qui nous faisions un
scrupule de les interroger
UN Membre. Cela ne m'étonne
pas que Gastanfloret ait bien voté. Il
tient tant à sa place
LE Président. II vend ses cama-
rades. C'est l'acte d'un pleutre >
(On apporte deux autres lettres. Eclats
de rire universels.)
Tous, au président. Décachetez l
Décachetez I
LE PRÉSIDENT. Je commence par
Gastanfloret. Lisant « Mon cher pré-
sident, le bruit court qu'on nous inter-
rogera sur notre vote d'hier. Quant à
moi, je viens vous prier de ne pas même
m'appeler si l'on prend une pareille me-
sure. J'aime mieux renoncer à ma car-
rière de magistrat. Je n'irai pas violer
le secret professionnel et dénoncer mes
deux collègues qui, après tout, n'ont
cédé qu'à d'honorables scrupules de
conscience. »
(Il s'élève dans la salle un joyeux tu-
multe. De toutes parts A l'autre! 1 A
l'autre!)
Le PRÉSIDENT, avec gravité. Voici
la lettre de Bidet Tourembénin. « J'ai
voté suivant ma conscience. Le secret
professionnel m'est imposé. Ceux qui
douteraient de moi n'ont donc pas lu
mes articles sur le cléricalisme, publiés
la semaine dernière dans Y Avant-Garde
de Romainville?. »
Detoôtes parts. Assez! assez! 1
(Le président s'apprête à décacheter la
troisième lettre). -̃'̃̃ -^> ^»- «^
DE TOUTES parts. C'est inutile! 1
c'est inutile,! ,,X4#4^ -• y
(Lo président jette la troisième lettre au
panier. (Applaudissements). Il prend du'
bout des doigts la lettre de bidet Tourem-
bénin et celle de Gastaniloret, et il les jette
également au panier. (Applaudissements
prolongés et redoublés.)
LE Président} après avoir réclamé le
silence. Citoyens, quel est le jésuite ?
(On rit, on applaudit, on se lève.)
LE Président, frappant sur la table
avec sa canne, -r Un moment il faut
choisir nos trois candidats!
Une voix. Belamy ) 1
UNE AUTRE voix. Transtavary 1
(Une foule de voix crient une foule de
noms. Le tintamarre devient étourdissant.
Le président frappe à coups redoublés sur
la table. Fort heureusement sa canne se
casse en deux, et cet incident amène un
moment de silence. Le président en profite
pour dire aux' garçons de salle apportez-
nous les professions de foi des candidats.
Trois garçons de salle entrent par la
porte du fond portant chacun sur le dos
une hotta immense, remplie à déborder d'af-
fiches électorales. Sur Tordre du président,
ils les versent sur la table, qui se trouve
absolument encombrée. Les membres en ont
par dessus les yeux.
Pendant qu'ils se livrent à des gestes de
désespoir, les trois garçons reviennent
avec ;trois nouvelles hottes, remplies de
trois nouvelles charges de candidats, Cette
fois, la table se rompt sous le poids, et les
professions de fol innombrables, jonchent
le parquet.)' .̃'
Le. Président, avec calmer *-t Com-
mençons le triage. '• ̃ ̃<̃
t ̃̃̃ ̃ïvt-m'X.,
'-N;ô<è'E'ôhos".
.Ze Temps iOjuin ISSi ï> Al
En France, des pluies sont tombées dans le? ré-
gions du nord et de l'est elles vont continuer dans
cette dernière, tandis que sur le versant de la Man-
che, le ciel va se découvrir, mais quelques averses
sont encore probables..
AUJOURD'HUI
A 6 haurea et demie, dîner au Qrând-Hôtel
admission jusqu'à 7 heures.
Pendant la durée du dîner, l'orchestre de
M. Desgranges jouera dans la nouvelle salie do
musique.
HKNB
Potago pot-au-feu `
• Hors-d'ceuvre `
Bar sauça aux câpres •
Pommos de terre à l'anglaise
Pièce de bneuf à la printaniers
Yol-au-Vijnt à la financière,,
Chapons du Mans au cresson v
Salade e
Haricots verts à la maîtrè-d'nôtèl
1 j.! f Tartes^ aux cerises
Glace
Parfait au café
'̃ 1 ̃ Desserts • -.̃̃̃•>.
Fromages, fruits et petits-four*
Le salon des dames est ouvert aux voyageurs.
Piano, orgue, tables de jeux. Dîner à la carte
au restaurant. Billards au Café Divan.
Le programma, du dîner-concert." (Voir à la
4-paga.)
̃ ̃ • ###; • •̃̃••
Au ThéâtEe-Français. Bataille de damés et
Jèm^hudi'y. i
A l'Opéra-Comique. Les Nocet de Figaro.
as 3 ,.X,;
̃̃'̃ DEMAIM
A l'Opéra. Françoise de Rimini.
̃Au Théâtre-Français. Le Marquis rie Vil-
lemer.
A l'Opéra- Comique. Joseph.
LA POLITIQUE
II y a eu hier matin conseil des mi-
nistres, motivé par. les affaires d'E-
gypte.
La conférence est décidée. Elle aura
lieu du 22 au. 24 juin, et plus probable-
ment le 22;; .i6lTe-.se réunira à Constan-
tinopk3.
Toutes les puissances, sauf la Turquie,
y ont adhéré:
Les délibérations seront rigoureuse-
ment restreintes à la question égyp-
tienne. Il est inexact que les représen-
tants des puissances doivent s'occuper
de la question tunisienne.
Le prince Orloff dément absolument
la nouvelle de son prochain remplace-
ment à l'ambassade de Paris.
Le prince déclare, à qui veut l'enten-
dre, que son plus cher désir est de con-
tinuer à séjourner à Paris.
LE MONDE ET LA VILLE
Hier soir, grand dîner à l'Ambassade
d'Espagne.
Les convives de la duchesse et du duc
de Fernan-Nunez étaient lord Lyons,
le prince de Hohenlohe-Schillingsfûrst,
le comte de Beust M. et Mme Plunkett,
de l'ambassade d'Angleterre le baron
et la baronne Gustave de Rothschild, la
princesse de Sagan, la marquise de Gal-
liffet, le marquis et la marquise de G ua-
dalmina, le baron et la baronne Finot, le
baron et la baronne Haber, la comtesse
Octave de Béhagues, le marquis de Gua-
dalcazar, le marquis de la Mina, fils du
duc de Fernan-Nunez, le marquis de
Castel-Moncayo.M. Dupuy de Lôme, etc.
Après le dîner, grande réception, sui-
vie de bal, avec l'orchestre de Wald-
teufel.
S. M. la reine d'Espagne est venue â
onze heures et demie prendre part à la
réception, où toute la haute société était
conviée.
Le duc d'Aumale a quitté dimanche
matin le château de Chantilly pour se
rendre en Angleterre. La célèbre biblio-
thèque du duc de Hamilton est en
vente; le prince désire acquérir quel-
ques volumes de cette riche collection.
 son retour, le duc se propose de visi-
ter les champs de bataille illustrés par
les victoires du grand Gondé.
Sur la foi de notre correspondant de
Berlin, nous avons annoncé l'arrivée
prochaine à Paris du comte Ignatieff.
Nous doutons cependant que le mi-
nistre disgracié du Czar s'aventure à
quitter la Russie. Il risquerait de trou-
vera l'étranger un. accueil peu flatteur,
et peut-être même une ovation dans le
genre de celle qui fut faite autrefois, à
Londres, au général Haynau, « l'hyène
de Brescia». i ̃.
Le prince de Joinvîlle et le prince
de Saxe-Cobourg arriveront à Cauterets
le 25 de ce mois; le duc de Nemours y
Viendra plus tard, probablement dans
la première quinzaine de juillet.
La duchesse d'Edimbourg a débarqué
hier à Calais,' se rendant à Cobourg.
Le comte de Wimpffen, le nouvel am-
bassadeur d' Autriche-Hongrie près le
gouvernement, français est attendu dans
la première quinzaine du mois pro-
chain. •̃
Son prédécesseur, le comte de Beùst,
quitte PaVis le 24 juin courant. L'ambas-
sade d'Autriche ne restera donc que
fort peu de temps sane titulaire.
A l'occasion du quinzième anniver-
saire de la mort de l'empereur Maxi-
milien, un service funèbre a été célébré
hier, à midi, à l'église Saint-Augus-
tin, par les soins de M. Mora, ancien
ministre plénipotentiaire et grand-maî-
tre des cérémonies. La messe a été dite
par M. l'abbé Giboulet. Une cinquan-
taine de personnes ont assisté à cette cé-
rémonie. "̃ ̃;
M. de Courcel, ambassadeur de France
à Berlin, en raison des considérations
de premier ordre qui le retiennent à son
ppste, retardera son voyage à Paris jus-
qu'au milieu dumois prochain.
}.
1 Le mariage de MlleBoyer de Sainte-
Suzanne, fille du gouverneur général de
la principauté de Monaco, avec M. Henj y
de Pampelonne, est fixé aux premiers
jours de. juillet.
M. le comte de Bruc, duc de Busi-
gnano, chargé d'affaires de la républi-
que de Saint-Marin, est parti ce matin
pour Trouville.
La duchesse l'accompagne aux bains
de mer.
L'Académie des sciences a, dans sa
séance d'hier lundi, arrêté la liste des
candidats à la place de membre corres-
pondant dans te section de physique,
vacante par le décès de M. Billet.
Voici l'ordre dans lequel ils ont été
̃classés: s:
.1° M. Lallemand, présenté par M.
Cornu.
2° MM. Allvard, Crovat, Terqum,
Violle, présentés tous les quatre par M.
Deusains.
On annonce que huit généraux de
brigade vont être promus généraux de
division, à savoir les généraux Davenet,
c d'Ornant, Lamy, Gressët, Mônîluisant,
Thoaaassin, Vincendon et Giïyon-Ver-
nier.
Trois appartiennent à l'état-major,
deux à l'artillerie, deux à l'infanterie et
un à la cavalerie.
Les colonels suivants seraient nommés
généraux de brigade
MM. Ferron, du génie, actuellement
sous-chef d'état-major général du mi-
nistre
Pesine, de l'état-major,. sous-chef du
cabinet du ministre;
De Noue et de Bastard, de l'artillerie,
Pereira et Behugue, de l'infanterie.
M. le comte de Moltké-Hvitfeld, le
sympathique ministre du Danemark à
Paris, vient de passer par de cruelles
émotions. Son jeune fils a été, pendant
quelques jours, entre la vie et la mort.
Heureusement, la santé robuste de
l'enfant et les soins attentifs dont il
était entouré ï'ôht' rendu sain et sauf.
Quelques jours de convalescence et le
rétablissement sera complet.
Un groupe d'artistes fait signer, en ce
moment, une pétition adressée au mi-
nistre des beaux-arts, et lui demande
d'ajourner à l'année 1884 le salon trien-
nal de 1883.
Les artistes cherchent à démontrer au
ministre que leur nouvelle association
aurait beaucoup de mal à supporter, à
ses débuts, la concurrence d'une exposi-
tion organisée par l'Etat.
L'exposition de peinture (toiles et
aquarelles) organisée à Epinay-sur-
Seine par MM. Lasellaz, G. Déneux,
Pozier et Mlle Paraf-Javal, dans la salle
de la mairie de cette commune, attire
en ce moment une affiuence considéra-
ble de visiteurs. Cette exposition sera
close le dimanche 25 juin.
Nous sommes heureux de constater
le succès chaque jour grandissant du
nouveau roman de notre confrère Al-
bert Delpit la Marquise, dont les édi-
tions se succèdent et s'enlèvent avec un
entrain dont le sympathique éditeur
Ollendorff doit, à bon droit, se réjouir.
NOUVELLES A LA MAIN
Cri du cœur d'un gendre, apprenant
hier soir le vote de la loi qui rétablit le
divorce:
Une loi qui nous permettra de pos-
séder plusieurs belles-mères !En voilà
encore une drôle d'invention
Un mot des plus atroces attribué à l'ex-
pharmacièn Fenayron.
Le juge d'instruction lui demandait
-–Comment n'avez-vous pas été ef-
frayé par les cris de douleur de votre
victime ?
Moi, monsieur le juge mais j'ai
toujours aimé la musique ftAubcrt!
Entre belles:petites
Comment vont tes amours avec le
jeune Ernest?. Est-il convenable?
Tu sais. il n'est pas riche! De
petits cadeaux, de loin en loin
Comment?. de petits cadeaux!
Mais alors, il n'entretient que l'amitié
Entre boulevardiers
Pourquoi ne viens-tu pas chez mon
coiffeur?. Je t'assure que tu en serais
très content. C'est un véritable artiste.
Laisse-moi donc tranquille avec ton
coiffeur! il frise. le ridicule
(UN DOtMN8>
»
DEUX UKASES
La chute du comte Ignatiefi paraît si-
gnaler un revirement dans la politique
que le gouvernement russe a suivie
pendant trop longtemps contre ses su-
jets israélites. 0
Le Sénat dirigeant vient, en effet, de
promulguer deux ukases, dont la ten-
dance évidente est de mettre fin aux
persécutions barbares que le sinistre
prédécesseur du comte Tolstoï avait fa-
vorisées ouvertement.
Le premier de ces ukases est ainsi
conçu: ( ̃
Après avoir écouté les propositions du
comité des ministres, au sujet des désor-
dres qui ont éclaté et pendant lesquels des
excès contre .la population juive ont été
commis, Sa Majesté Impériale a ordonné
qu'il soit porté à la connaissance du pu-
blic que le gouvernement a décidé de
punir énergiquemént tous les excès diri-
'gés contre la personne et l'avoir des juifs,
comme gens placés sous la protection des
lois générales pour toute la population, à
l'égal des autres sujets de Sa Majesté l'Em-
pereur. En conséquence de 'quoi, le Sénat
charge les autorités provinciales, dans les
lieux de l'habitation fixe des juifs, d'y veil-
ler et de faire que les décrets du Sénat à
ce sujet soient lus dans les villages pen-
dant les assemblées communales, et dans
les villes et les bourgs, exposés à la vue du
publie et publiés par voie d'impression se-
lon l'ordre établi.
Voici les termes du second ukase
Le Sénat dirigeant prescrit, par le pré-
sent ukase, d'informer les autorités pro-
vinciales qu'on leur impose comme devoir
de prendre à temps des mesures préventi-
ves dans le but d'éloigner les causes de
désordres pareils et de les étouffer à leur
origine même, s'ils devaient encore se re-
produire et en cas d'incurie, à ce sujet,
de la part des autorités provinciales et des
autorités de la police, si, le pouvant, elles
ne se sont pas empressées de prévenir les
actes de violence, les coupables seront
soumis à la perte de leur emploi.
Puis» comme il est prouvé, par de tris-
tes exemples antérieurs, que la population
locale, excitée par des gens malintentionnés,
dans des buts de gain ou autres a pris
part aux-désordres, le devoir incombe aux
autorités de la province d'expliquer aux
municipalités dans les villes et dans les
bourgs qu'indêpendammettt des disposi-
tions de la police localeÇ' les directions
communales et les corps constitués doi-
vent, en vue de la défense de l'ordre et de
la paix publique, prendre de leur côté les
mesures les plus vigilantes dans le but de
prévenir toutes les tentatives de provo-
quer dès désordres, et à cet effet expliquer
à la population locale que toute violence
arbitraire à l'égard d'une personne ou d'un
avoir quelconque est un acte très cou-
pable. •̃j; .̃ '•'
.f'.`
On ne saurait nier les bonnes inten-
tions manifestées dans ces deux exhor-
tations. Quant à l'effet que le gouverne-
ment russe s'en peut promettre, il nous
paraît bien chimérique. Il n'est malheu-
reusement que trop probable que les
populations rurales riront au nez de
ceux qui viendront leur prêcher l'éga-
lité de tous les sujets du Czar, vu que la
situation exceptionnelle créée aux Israé-
lites par la législation existante n'est
un secret pour personne en Russie.
Un simple décret abolissant déflnive-
ment les exceptions et restrictions qui
entravent la liberté individuelle des is-
raélites russes vaudrait mieux qu'une
centaines d'ukases bien intentionnés,
mais nullement efficaces, dans le genre
de ceux que vient de publier le Sénat
dirigeant de l'empiré. N,
A L'ORPHELINAT D'ALSACE-LORRAINE
Rien de plus riant, comme situation,
comme aspect, que cet Orphelinat d'Al-
sace-Lorraine, perdu au fond de cette par-
tie du Vésinet qui ressemble à un coin de
Regent's-Park, avec ses lacs minuscules
endormis dans la verdure des pelouses, et,
sur un rideau de feuillage, les taches blan-
ches des façades de ses habitations de plai-
sance.
La propriété dans laquelle il est installé
a jadis appartenu à Mme la comtesse Lio-
nel de Chabrillan, alias Céleste Moga-
dor, l'ex-mabilienne, l'écuyère émérite,
l'ancien bas-bleu, dont tout un chacun
connaît les aventures, les vicissitudes et
les Mémoires.
La maison avec son toit en poivrière et
ses fenêtres à meneaux, s'élève entre cour
et jardin. Dans la cour, à droite, la chapelle,
toute égayée de fleurs avec, au milieu, la
dalle de marbre qui recouvre la tombe du
fondateur de l'œuvre Gabriel-Jacobi de
Naurois, ancien officier. Dans le jardin,
en suite des grands arbres qui ombragent
les récréations, les potagers auxquels maî-
tresses et élèves travaillent avec la même
vaillance et la même bonne humeur. Dans
la maison, une propreté flamande des
planchers qui reluisent comme des mi-
roirs des cuivres qui flamboient comme
des ors des meubles frottés à- tour de bras
des lits merveilleux de blancheur; une in-
firmerie qui donnerait envie d'être malade.
Eh bien, depuis six ans que l'établisse-
ment existe, savez-vous combien de pen-
sionnaires se sont alitées dans cette in-
firmerie?
Pas une seule
Vous avez bien lu pas une seule!
Non,pasune maladie, pas une indisposi-
tion, pas un malaise
Mon Dieu, l'air pur du Vésinet y est
peut-être pour beaucoup.
Mais vous avouerez, avec moi, que les
soins prodigués aux enfants y sont aussi
pour quelque chose.
̃• ̃̃>̃,•
C'était fête, dimanche, parmi ce petit
monde de fillettes et de bonnes sœurs,
comme l'on dit dans le pays, une i'ête
de famille, assurément, toute modeste et
tout intime la distribution des prix.
Un vieux soldat des armées de l'Est,
amputé et décoré, nous remet, à la
porte, le programme de la cérémonie, qui
commence, à deux heures et demie, dans
un préau tapissé de feuilles de houblon et
de branches de sapin, souvenirs des mon-
tagnes vosgiennes.
Les orphelines sont là, massées devant
une estrade, avec leur robe de deuil, leur
fichu écarlate noué à l'alsacienne, les
pointes rejetées sur le dos, -r- et le papil-
lon national qui ouvra ses ailes noires ;sur
leurs chevelures/ la plupart d'un blond
d'épi. Elles sont charmantes, ces enfants.
Un intérêt poignant se dégage de leur phy-
sionomie, sur laquelle une gravité précoce
transparaît à travers les grâces de la jeu-
nesse.
Sur l'estrade ont pris place M. le comte
d'Haussonville, un des «hauts et puissants
seigneurs » de ce vieux duché de Lorraine
pour lequel ses ancêtres ont héroïquement
besogné d'estoc et 'de taille, et dont il a
écrit l'histoire;- MM..Xavier Marinier et
Mézières, ses collègues à l'Académie M.
Stephen Liégeart, M. de Raigecourt, M. de
Moltke, ambassadeur de Danemark Mme
la duchesse de Galliera et nombre de nota-
bilités parisiennes et de membres de la So-
ciété de patronage des Alsaciens-Lorrains.
Dans le public, beaucoup de dames entoi-
lettées, presque toute la colonie étrangère<
du Vésinet et de Saint-Germain, et quel-
ques-uns de ces promeneurs que le diman-
che éparpille dans la banlieue. C'est dans
la bouche de l'un de ceux-ci que je sur-
prends cette réflexion, véritable caracté-
ristique du snobisme parisiennant
Comment 1 on peut entrer sans carte
ni lettre d'invitation?. Alors, c'est que
ce n'est pas bien curieux.
(̃
Après différents morceaux exécutés par
l'excellente fanfare du rt° chasseurs,
M. Xavier Marinier prend la parole un
grand vieillard aux cheveux blancs aplatis
derrière lès oreilles.
Et ce n'est pas un discours en trois pointé
qu'il nous fait non, c'est ù'rië allocution
familière, paternelle, qu'il adresse à « ces
pauvres chères filles qui n'ont plus que la
France. pour mère ». Il rend hommage au
zèle, au dévouement, à' l'abnégation sans
bornes de leurs institutrices aux religieu-
ses de cet ordre de' Saint-Charles qui:, >
fondé, au dix-septième siècle, par un avo-
cat au parlement de Metz, a multiplié les
'i~ . ,)
établissements de bienfaisance eh Lorriàûe^.
en Alsace^ en Fraache-CôHïté, "en Chaîna
pagne et jusque par delà le Rhin. 11< àoùs
rappelle avec une éloquence émue le tetops
où toute terre était nôtre, du munster"- dé
Strasbourg aux remparts messins/ et où
tout était gai, prospère, français dans! "fea&-
provinces où tout semble marcher par trois,
et où l'on voit « trois châteaux sur lbntéra&
colline, trois, églises dans le mêmêvilîa^^i
trois villages dans le même vallon. •'<; c
Ensuite, les enfants ont chanté. ̃ ̃̃̃:pi-& i
Elles ont chanté avec leurs voix fraîches
et grêles, avec une justesse adrttirablej avèb
un merveilleux sentiment de la mesure;
Elles ont chanté je ne sais quoi- d'inflo-ï
cent et de doux un lied au pnbtempsr,'(unj
hymne de gratitude. <%̃ <
Et, tandis qu'elles égrenaient ses; «boirèS
paisibles en notes claires et argentines,
me semblait entendre sortir de leur boijc^ç
avec des vibrations d'un menaçant
éclat ces strophes d'une chanson que
j'ai retenue là-bas, au lendemain de nos,
désastres, d'une femme dont toute la fa-
mille avait été fusillée par les Allemands :̃,
Dieu sait combien de jour» en fore
ÎS'ous devons attendrei'âlirore r r
Bont la rayonnaate clartà. j. *•
Réveillera j» liberté 1 "• • «
Mais quand sonnera l'heune sainte, r<
Quelque étroite que soit l'enceinte, J
Autour de mon père endormi
Dormira plus d'un ennemi! °
""r'f"' P. DE THAlUtS
` PETITE BOURSE DUr SOIR Î
1 (\ i~r}:f::
D1X, H6URgS 1 » i
DIX HEURES
3 0/0. 80 97,81,20! *̃ •
5 0/0 114 55,48,77..
Turc.. 12 12, 10, 07.
Italien 90 75,90.
Egypte 287 50,85, 94.
Banque ottomane. 750 62, 48, 75, §0, 57
Panama 530. >
Extérieure 28 1/8, 1/2.
Lots turcs. 55 75,74
Actions Rio 605.
H.
COURRIER E)E PARIS
̃̃̃̃̃ A LA MAIfilE- :M1j
< –'y'r
Voilà le divorce une seconde fois voté.
Au moment où la Chambre nous ôté;
ainsi notre dernier espoir, et où le Séjaàt t
seul nous reste, il n'est pas sans intérêt
de rechercher ce que va dévenir le mét-
riage. Bien entendu, je parle du mariage1
civil, du mariage à la mairie, le sie'ttjL'gjçji'
compte, pour la dot. V,
On a constaté depuis longtemps que,1
malgré sa supériorité, il manque de,-
prestige. La cérémonie de la mairie n'énl
est vraiment pas une, et beaucoup. W
bons esprits s'en plaignent; Uhe'sàW
glacée, quoique sans glaces, avec dès'
toiles d'araignées dans les encoignure^
des bancs mornes et durs, çùi vous pe-'
trifient et vous écorchent des employé
égrillards, un maire1 distrait; pas pir
bout de rubâu, sauf son écharpe, qu'il
appelle lui-môme sa sous-ventrière une'
sorte de gouaillerie bourgeoise répiah-
due sur toutes choses une promiscuité'
telle que les couples ont quelquefois
toutes les peines du mondé à se rejoin-'
dre, et qu'il arrive que les secrétaires'
eux-œêmes, dans cette confusion, çoin-
mettent les quiproquos les plus boùjf«r
fons: voilà le taûleaù! Il est désolant*/
et Paul de Kock, qui l'a peint souvent,
ne l'a jamais chargé. Le mariage à la
mairie, c'est encore, à l'heure qu'il est,'
du Paul de Kock pur.
Le mariage à l'église, à la bonne1
heure! Ici tout est solennel et majes-
tueux tout vous impressionne et vouV
frappe. La fête (car c'en est une) ne perd
point pour cela son air de fête, mais de
fête grandiose et sacrée. Elle parle ià-
limagination, elle parle au coeur. E1M
vous attire et vous retient par tout ce
qu'il y a de meilleur en vous. Personne
n'a envie de rire, et tout le monde est
heureux. L'acte a sa grandeur qui voira
saisit, sa douceur qui vous pénètre. Ços
tapis, ces fleurs, ces coussins, ces or-
gues, ce grand souffle religieux qui
plane sur toute la cérémonie, contri-
buent à lui imprimer un caractère im*
posant et ineffaçable. Consultez tous leé
vieillards qui font leur cinquantaine,
ce dont ils se souviennent, ce n'est pas
du mariage à la mairie.
**#
On comprend que sa pauvreté, sa
maigreur, ait inquiété .ses vrais amis, et
qu'ils se préoccupent' sérieusement des
moyens de l'étoffer un peu, de lui don-
ner meilleur air et meilleure mine, dé 1%
mettre en position de se soutenir aupr.èi
de son voisin et rival de l'église. llya^
déjà longtemps qu'ils songent à, fairj
quelque chose pour lui. Les nouvelles
mairies commandent des tableaux, dej
fresques; et les peintres les plus diatifta
gués ne dédaignent pas de concourir, a
cette ornementation d'un nouveau genpeï
Nous avons tous vu et apprécié ieMf%
riage à la Mairie, de, Gervex, toile prjg
mée. C'était un fort joli morceau, %tj
moins dans ses parties accessoires^
mais je doute qu'il ait beaucoup relent
dans l'opinion des hommes, la cérémo-
nie qu'il représente. Au contraire,, le§
lacunes, les. misères du mariage à .]%
mairie y apparaissent de toutes parts:
C'est bien la scène que l'on connaît, tou,->
jours un peu comique, avec des conviai
qui bâillent^ et une municipalité. On 1
je ne vous dis que ça; vous la rappelegî
vous, la municipalité de Gervex? Git
employé idiot, ce maire ventripotent, et
cet ensemble ridicule, que le peintre
avait d'ailleurs dissimulé de son mieux,
pour ne décourager personne
Il paraît hien que cet appel aux beaux*»
arts n'a pas suffi pour rendre à la mai-
rie son prestige perdu, car les études
continuent, et l'on cherche d'autre$>
moyens. Le besoin de donner un ppyf
plus de majesté à la cérémonie duma-
Mardi 20 Juin 1682,
Quinzième Ânziës–* Deuxième Série– Kui^Sm 1011
». DE CYON (
Adminittrattur-Déltgui
t, ANNONCES •
j*M. Cb. Ll;r>nte, Cerf et ̃̃•
6, H.ACK DE LA BOOESh", S :<,
lit â CAdministration du Journal ̃"
'̃•' (
1 ADMINISTRATION* Ùr, 4
•* boulevard dos Itallani, t
»B UIX HBDBKS A CINQ HlUUt
Les «bonnement» partant
";it tJLÉS S î M O ÏT
Directeur Politique /"a
ABONNEMENTS >
Fams Trois Lois.> «S fr. §♦
©Spartkuïnts Trais moi». 18 fr.
RÉDACTION
f, boulevard dea Italiens, •
1>B DBDX HEURES A MINUIT
fttl MANUSCRITS RI SE"RONT PAS XSNDOI
« SECWW ME
;'V-P RE M I Ê RE J 0 U R M Ë E
Un Café des Boulevards
̃Premier Consommateur, achevant
de lire la « Gazette des Tribunaux ».
Eh bien, je viens de lire tous les détails
de l'affaire, l'acquittement me paraît
certain. Je ne comprends même pas
qu'on ait commencé un pareil procès ?
'Second Consommateur, timidement.
t- S'il y:&vait une condamnation, serait-
elle grave?
̃ Chcëiir des Consommateurs, avec
autorité -–II n'y aura pas de condam-
nation. ̃̃ ̃-• ̃ -.̃̃̃: f -,̃.̃̃̃
v seconde journée;
Un Bureau de Journal
LE Romancier. Que dit-on, au Pa-
lais, de l'issue probable du procès ?
L'Avocat.– Condamnation, parbleu! 1
Et aux travaux forcés. Personne n'en
doute. Les voilà encore une fois revenus,
ces bons Pères!
LE Romancier. On ne se doutait
pas au commencement qu'il fût jésuite.
If n'en a pas dit un mot dans son inter-
Togatoire. Par ordre du général, proba-
blement. C'était fort habile. Tout le
monde le croyait innocent. Comment
a"-t-on découvert sa qualité ?
!L' Avocat. C'est moi, c'est le jour-
nal. J'ai un ami qui l'avait connu â la
rue des Postes. Nous l'avons. dit dans un
entrefilet. L'avocat général l'a fait com-
• paçaître-aussitôt. « Etes- vous jésuite i ?
Non, dit l'autre. »
Le Choeur. II a dit non ¡
L'Avocat. Il a dit non. Et d'un front
« Mais, dit l'avocat général, vous l'avez
été? Oui, a-t-il répondu; mais j'ai
quitté la compagnie en 1880, avec la
permission du général, pour continuer
d'ôtre -instituteur. Je n'étais ni profès,
ni prêtre je n'étais même pas dans les
ordres. Mon établissement ayant été
fermé en 188ti, je suis allé à Orléans
fonder une maison 4e banque. Où
vous avez commis des faux et des escro-
queries ? »
"Le Chœur. Ah ah qu'a-t-iï dit à
cela?
L'Avocat. Comme toujours, qu'on
ne lui représentait aucun faux, qu'il
ji'en avait pas commis, que sa banque
n'avait pas prospéré, mais que son hon-
neur était sauf. Enfin', tout ce que vous
pouvez imaginer.
Le Geœdr. Aux galères, le coquin f
Il faut en finir avec cette engeance.
f: TROISIÈME JOURNÉE
Une Réunion publique électorale
La séance est. pour deux heures. Il est
une heure et demie. 11 n'y a encore dans la
salle que les membres du bureau provi-
soire.
Le; premier Assesseur. Personne
ne viendra; nous avons mal choisi notre
jour. Tout le monde voudra ètfe à la
cour d'assises.
Autre Assesseur. –Nous aurions dû
remettre la séance. L'élection n'est que
pour dimanche en huit. Nous avions le
temps.
'Le'. PRÉSIDENT provisoire. Vous
êtes fous J'ai convoqué la réunion pour
aujourd'hui, dès que j'ai su que l'affaire
serait plaidêe. Il faut que les ju'ges, sur
leur siège, sachent que nous les surveil-
lons ici.
UN Assesseur. -»- Bab. la condamna-
tion était infaillible. Il n'y a pas de jé-
suite dans le tribunal. Tous bons répu-
blicains..
Le Président. Pas si infaillible
que cela. Il est coupable, cela va sans
dire. Mais, entre nous, il n'y a pas de
preuves suffisantes. (On mtmtmre'.)
C'est comme je vous le dis. Je m'étais
d'abord chargé de la défense (Nouveaux
murmures.) avant de savoir sa qualité,
naturellement. Il n'y avait que des
doutes, pas autre chose. La cause pou-
vait être gagnée.
Plusieurs Assesseurs, Eh bien
s'ils l'acquittent, leur affaire est bonne
pour dimanche en huit. Nous n'en
sommes plus aux balivernes sentimen-
tales de 1883 et -1884. v
QUATRIÈME JOURNÉE •
>.
(Sur le boulevard. Il fait nuit. Tout le
monde a un journal à la main;)
UN Passant. Acquitté t
UN autre Passant, Acquitté l
Sûr toute la ligne.. Acquitta 1
acquitté! acquitté!, l
Un jeune lioMME, Acquitté c'est
monstrueux. Que va-t-on faire de ces
juges-là? ̃ •
Un -VjBTLLà.RD. Ils n'ont pas été
unanimes. ̃•
Le Chœur. Soit mais qu'ils s'ex-
pliquent! nous ne voterons, dimanche,
que pour celui qui a bien voté.
LE Vieillard. Mais qui est-il ? Le
̃vote est sëcretl' ,̃.̃>.
*'̃- C4NQUIÈME JOURNÉE
Le Comité électoral
~Le Président. II Cy en a qu'un
bon, sur troiSj Mais quel est-il ? Levotè
-est secret. • •
UN Membre. Nous pouvons les
blackbouler tous lés trois. îï. est impos-
sible de discerner l'innocent. Le vote est
secret.
Le Président. Blackbouler celui
qui a bien voté, ce serait d'un effet dé-
plorable. Il faut que le peuple soit juste.
Mais la difficulté est de choisir entre les
trois. Le vote est secret. `
UN Membre. Pas moyen de les in-
terroger. Ce serait contraire au devoir
professionnel. Ils ne répondraient pas.
Le vote est secret.
(On apporte, une lettre.)
LE Président. Une lettre? Il jette
les yeux sur l'adresse. Que vois-je ? ?,
Tous. –Que voit-il? `
L e PRÉSIDENT. (Il fait circuler la let-
tre toute cachetée.) Voyez-vous-mê-
mes.
LES Membres, l'un après l'aiitreè
Gastaniloret! C'est l'écriture de Gastan-
floret Et nous, qui nous faisions un
scrupule de les interroger
UN Membre. Cela ne m'étonne
pas que Gastanfloret ait bien voté. Il
tient tant à sa place
LE Président. II vend ses cama-
rades. C'est l'acte d'un pleutre >
(On apporte deux autres lettres. Eclats
de rire universels.)
Tous, au président. Décachetez l
Décachetez I
LE PRÉSIDENT. Je commence par
Gastanfloret. Lisant « Mon cher pré-
sident, le bruit court qu'on nous inter-
rogera sur notre vote d'hier. Quant à
moi, je viens vous prier de ne pas même
m'appeler si l'on prend une pareille me-
sure. J'aime mieux renoncer à ma car-
rière de magistrat. Je n'irai pas violer
le secret professionnel et dénoncer mes
deux collègues qui, après tout, n'ont
cédé qu'à d'honorables scrupules de
conscience. »
(Il s'élève dans la salle un joyeux tu-
multe. De toutes parts A l'autre! 1 A
l'autre!)
Le PRÉSIDENT, avec gravité. Voici
la lettre de Bidet Tourembénin. « J'ai
voté suivant ma conscience. Le secret
professionnel m'est imposé. Ceux qui
douteraient de moi n'ont donc pas lu
mes articles sur le cléricalisme, publiés
la semaine dernière dans Y Avant-Garde
de Romainville?. »
Detoôtes parts. Assez! assez! 1
(Le président s'apprête à décacheter la
troisième lettre). -̃'̃̃ -^> ^»- «^
DE TOUTES parts. C'est inutile! 1
c'est inutile,! ,,X4#4^ -• y
(Lo président jette la troisième lettre au
panier. (Applaudissements). Il prend du'
bout des doigts la lettre de bidet Tourem-
bénin et celle de Gastaniloret, et il les jette
également au panier. (Applaudissements
prolongés et redoublés.)
LE Président} après avoir réclamé le
silence. Citoyens, quel est le jésuite ?
(On rit, on applaudit, on se lève.)
LE Président, frappant sur la table
avec sa canne, -r Un moment il faut
choisir nos trois candidats!
Une voix. Belamy ) 1
UNE AUTRE voix. Transtavary 1
(Une foule de voix crient une foule de
noms. Le tintamarre devient étourdissant.
Le président frappe à coups redoublés sur
la table. Fort heureusement sa canne se
casse en deux, et cet incident amène un
moment de silence. Le président en profite
pour dire aux' garçons de salle apportez-
nous les professions de foi des candidats.
Trois garçons de salle entrent par la
porte du fond portant chacun sur le dos
une hotta immense, remplie à déborder d'af-
fiches électorales. Sur Tordre du président,
ils les versent sur la table, qui se trouve
absolument encombrée. Les membres en ont
par dessus les yeux.
Pendant qu'ils se livrent à des gestes de
désespoir, les trois garçons reviennent
avec ;trois nouvelles hottes, remplies de
trois nouvelles charges de candidats, Cette
fois, la table se rompt sous le poids, et les
professions de fol innombrables, jonchent
le parquet.)' .̃'
Le. Président, avec calmer *-t Com-
mençons le triage. '• ̃ ̃<̃
t ̃̃̃ ̃ïvt-m'X.,
'-N;ô<è'E'ôhos".
.Ze Temps iOjuin ISSi ï> Al
En France, des pluies sont tombées dans le? ré-
gions du nord et de l'est elles vont continuer dans
cette dernière, tandis que sur le versant de la Man-
che, le ciel va se découvrir, mais quelques averses
sont encore probables..
AUJOURD'HUI
A 6 haurea et demie, dîner au Qrând-Hôtel
admission jusqu'à 7 heures.
Pendant la durée du dîner, l'orchestre de
M. Desgranges jouera dans la nouvelle salie do
musique.
HKNB
Potago pot-au-feu `
• Hors-d'ceuvre `
Bar sauça aux câpres •
Pommos de terre à l'anglaise
Pièce de bneuf à la printaniers
Yol-au-Vijnt à la financière,,
Chapons du Mans au cresson v
Salade e
Haricots verts à la maîtrè-d'nôtèl
1 j.! f Tartes^ aux cerises
Glace
Parfait au café
'̃ 1 ̃ Desserts • -.̃̃̃•>.
Fromages, fruits et petits-four*
Le salon des dames est ouvert aux voyageurs.
Piano, orgue, tables de jeux. Dîner à la carte
au restaurant. Billards au Café Divan.
Le programma, du dîner-concert." (Voir à la
4-paga.)
̃ ̃ • ###; • •̃̃••
Au ThéâtEe-Français. Bataille de damés et
Jèm^hudi'y. i
A l'Opéra-Comique. Les Nocet de Figaro.
as 3 ,.X,;
̃̃'̃ DEMAIM
A l'Opéra. Françoise de Rimini.
̃Au Théâtre-Français. Le Marquis rie Vil-
lemer.
A l'Opéra- Comique. Joseph.
LA POLITIQUE
II y a eu hier matin conseil des mi-
nistres, motivé par. les affaires d'E-
gypte.
La conférence est décidée. Elle aura
lieu du 22 au. 24 juin, et plus probable-
ment le 22;; .i6lTe-.se réunira à Constan-
tinopk3.
Toutes les puissances, sauf la Turquie,
y ont adhéré:
Les délibérations seront rigoureuse-
ment restreintes à la question égyp-
tienne. Il est inexact que les représen-
tants des puissances doivent s'occuper
de la question tunisienne.
Le prince Orloff dément absolument
la nouvelle de son prochain remplace-
ment à l'ambassade de Paris.
Le prince déclare, à qui veut l'enten-
dre, que son plus cher désir est de con-
tinuer à séjourner à Paris.
LE MONDE ET LA VILLE
Hier soir, grand dîner à l'Ambassade
d'Espagne.
Les convives de la duchesse et du duc
de Fernan-Nunez étaient lord Lyons,
le prince de Hohenlohe-Schillingsfûrst,
le comte de Beust M. et Mme Plunkett,
de l'ambassade d'Angleterre le baron
et la baronne Gustave de Rothschild, la
princesse de Sagan, la marquise de Gal-
liffet, le marquis et la marquise de G ua-
dalmina, le baron et la baronne Finot, le
baron et la baronne Haber, la comtesse
Octave de Béhagues, le marquis de Gua-
dalcazar, le marquis de la Mina, fils du
duc de Fernan-Nunez, le marquis de
Castel-Moncayo.M. Dupuy de Lôme, etc.
Après le dîner, grande réception, sui-
vie de bal, avec l'orchestre de Wald-
teufel.
S. M. la reine d'Espagne est venue â
onze heures et demie prendre part à la
réception, où toute la haute société était
conviée.
Le duc d'Aumale a quitté dimanche
matin le château de Chantilly pour se
rendre en Angleterre. La célèbre biblio-
thèque du duc de Hamilton est en
vente; le prince désire acquérir quel-
ques volumes de cette riche collection.
 son retour, le duc se propose de visi-
ter les champs de bataille illustrés par
les victoires du grand Gondé.
Sur la foi de notre correspondant de
Berlin, nous avons annoncé l'arrivée
prochaine à Paris du comte Ignatieff.
Nous doutons cependant que le mi-
nistre disgracié du Czar s'aventure à
quitter la Russie. Il risquerait de trou-
vera l'étranger un. accueil peu flatteur,
et peut-être même une ovation dans le
genre de celle qui fut faite autrefois, à
Londres, au général Haynau, « l'hyène
de Brescia». i ̃.
Le prince de Joinvîlle et le prince
de Saxe-Cobourg arriveront à Cauterets
le 25 de ce mois; le duc de Nemours y
Viendra plus tard, probablement dans
la première quinzaine de juillet.
La duchesse d'Edimbourg a débarqué
hier à Calais,' se rendant à Cobourg.
Le comte de Wimpffen, le nouvel am-
bassadeur d' Autriche-Hongrie près le
gouvernement, français est attendu dans
la première quinzaine du mois pro-
chain. •̃
Son prédécesseur, le comte de Beùst,
quitte PaVis le 24 juin courant. L'ambas-
sade d'Autriche ne restera donc que
fort peu de temps sane titulaire.
A l'occasion du quinzième anniver-
saire de la mort de l'empereur Maxi-
milien, un service funèbre a été célébré
hier, à midi, à l'église Saint-Augus-
tin, par les soins de M. Mora, ancien
ministre plénipotentiaire et grand-maî-
tre des cérémonies. La messe a été dite
par M. l'abbé Giboulet. Une cinquan-
taine de personnes ont assisté à cette cé-
rémonie. "̃ ̃;
M. de Courcel, ambassadeur de France
à Berlin, en raison des considérations
de premier ordre qui le retiennent à son
ppste, retardera son voyage à Paris jus-
qu'au milieu dumois prochain.
}.
1 Le mariage de MlleBoyer de Sainte-
Suzanne, fille du gouverneur général de
la principauté de Monaco, avec M. Henj y
de Pampelonne, est fixé aux premiers
jours de. juillet.
M. le comte de Bruc, duc de Busi-
gnano, chargé d'affaires de la républi-
que de Saint-Marin, est parti ce matin
pour Trouville.
La duchesse l'accompagne aux bains
de mer.
L'Académie des sciences a, dans sa
séance d'hier lundi, arrêté la liste des
candidats à la place de membre corres-
pondant dans te section de physique,
vacante par le décès de M. Billet.
Voici l'ordre dans lequel ils ont été
̃classés: s:
.1° M. Lallemand, présenté par M.
Cornu.
2° MM. Allvard, Crovat, Terqum,
Violle, présentés tous les quatre par M.
Deusains.
On annonce que huit généraux de
brigade vont être promus généraux de
division, à savoir les généraux Davenet,
c d'Ornant, Lamy, Gressët, Mônîluisant,
Thoaaassin, Vincendon et Giïyon-Ver-
nier.
Trois appartiennent à l'état-major,
deux à l'artillerie, deux à l'infanterie et
un à la cavalerie.
Les colonels suivants seraient nommés
généraux de brigade
MM. Ferron, du génie, actuellement
sous-chef d'état-major général du mi-
nistre
Pesine, de l'état-major,. sous-chef du
cabinet du ministre;
De Noue et de Bastard, de l'artillerie,
Pereira et Behugue, de l'infanterie.
M. le comte de Moltké-Hvitfeld, le
sympathique ministre du Danemark à
Paris, vient de passer par de cruelles
émotions. Son jeune fils a été, pendant
quelques jours, entre la vie et la mort.
Heureusement, la santé robuste de
l'enfant et les soins attentifs dont il
était entouré ï'ôht' rendu sain et sauf.
Quelques jours de convalescence et le
rétablissement sera complet.
Un groupe d'artistes fait signer, en ce
moment, une pétition adressée au mi-
nistre des beaux-arts, et lui demande
d'ajourner à l'année 1884 le salon trien-
nal de 1883.
Les artistes cherchent à démontrer au
ministre que leur nouvelle association
aurait beaucoup de mal à supporter, à
ses débuts, la concurrence d'une exposi-
tion organisée par l'Etat.
L'exposition de peinture (toiles et
aquarelles) organisée à Epinay-sur-
Seine par MM. Lasellaz, G. Déneux,
Pozier et Mlle Paraf-Javal, dans la salle
de la mairie de cette commune, attire
en ce moment une affiuence considéra-
ble de visiteurs. Cette exposition sera
close le dimanche 25 juin.
Nous sommes heureux de constater
le succès chaque jour grandissant du
nouveau roman de notre confrère Al-
bert Delpit la Marquise, dont les édi-
tions se succèdent et s'enlèvent avec un
entrain dont le sympathique éditeur
Ollendorff doit, à bon droit, se réjouir.
NOUVELLES A LA MAIN
Cri du cœur d'un gendre, apprenant
hier soir le vote de la loi qui rétablit le
divorce:
Une loi qui nous permettra de pos-
séder plusieurs belles-mères !En voilà
encore une drôle d'invention
Un mot des plus atroces attribué à l'ex-
pharmacièn Fenayron.
Le juge d'instruction lui demandait
-–Comment n'avez-vous pas été ef-
frayé par les cris de douleur de votre
victime ?
Moi, monsieur le juge mais j'ai
toujours aimé la musique ftAubcrt!
Entre belles:petites
Comment vont tes amours avec le
jeune Ernest?. Est-il convenable?
Tu sais. il n'est pas riche! De
petits cadeaux, de loin en loin
Comment?. de petits cadeaux!
Mais alors, il n'entretient que l'amitié
Entre boulevardiers
Pourquoi ne viens-tu pas chez mon
coiffeur?. Je t'assure que tu en serais
très content. C'est un véritable artiste.
Laisse-moi donc tranquille avec ton
coiffeur! il frise. le ridicule
(UN DOtMN8>
»
DEUX UKASES
La chute du comte Ignatiefi paraît si-
gnaler un revirement dans la politique
que le gouvernement russe a suivie
pendant trop longtemps contre ses su-
jets israélites. 0
Le Sénat dirigeant vient, en effet, de
promulguer deux ukases, dont la ten-
dance évidente est de mettre fin aux
persécutions barbares que le sinistre
prédécesseur du comte Tolstoï avait fa-
vorisées ouvertement.
Le premier de ces ukases est ainsi
conçu: ( ̃
Après avoir écouté les propositions du
comité des ministres, au sujet des désor-
dres qui ont éclaté et pendant lesquels des
excès contre .la population juive ont été
commis, Sa Majesté Impériale a ordonné
qu'il soit porté à la connaissance du pu-
blic que le gouvernement a décidé de
punir énergiquemént tous les excès diri-
'gés contre la personne et l'avoir des juifs,
comme gens placés sous la protection des
lois générales pour toute la population, à
l'égal des autres sujets de Sa Majesté l'Em-
pereur. En conséquence de 'quoi, le Sénat
charge les autorités provinciales, dans les
lieux de l'habitation fixe des juifs, d'y veil-
ler et de faire que les décrets du Sénat à
ce sujet soient lus dans les villages pen-
dant les assemblées communales, et dans
les villes et les bourgs, exposés à la vue du
publie et publiés par voie d'impression se-
lon l'ordre établi.
Voici les termes du second ukase
Le Sénat dirigeant prescrit, par le pré-
sent ukase, d'informer les autorités pro-
vinciales qu'on leur impose comme devoir
de prendre à temps des mesures préventi-
ves dans le but d'éloigner les causes de
désordres pareils et de les étouffer à leur
origine même, s'ils devaient encore se re-
produire et en cas d'incurie, à ce sujet,
de la part des autorités provinciales et des
autorités de la police, si, le pouvant, elles
ne se sont pas empressées de prévenir les
actes de violence, les coupables seront
soumis à la perte de leur emploi.
Puis» comme il est prouvé, par de tris-
tes exemples antérieurs, que la population
locale, excitée par des gens malintentionnés,
dans des buts de gain ou autres a pris
part aux-désordres, le devoir incombe aux
autorités de la province d'expliquer aux
municipalités dans les villes et dans les
bourgs qu'indêpendammettt des disposi-
tions de la police localeÇ' les directions
communales et les corps constitués doi-
vent, en vue de la défense de l'ordre et de
la paix publique, prendre de leur côté les
mesures les plus vigilantes dans le but de
prévenir toutes les tentatives de provo-
quer dès désordres, et à cet effet expliquer
à la population locale que toute violence
arbitraire à l'égard d'une personne ou d'un
avoir quelconque est un acte très cou-
pable. •̃j; .̃ '•'
.f'.`
On ne saurait nier les bonnes inten-
tions manifestées dans ces deux exhor-
tations. Quant à l'effet que le gouverne-
ment russe s'en peut promettre, il nous
paraît bien chimérique. Il n'est malheu-
reusement que trop probable que les
populations rurales riront au nez de
ceux qui viendront leur prêcher l'éga-
lité de tous les sujets du Czar, vu que la
situation exceptionnelle créée aux Israé-
lites par la législation existante n'est
un secret pour personne en Russie.
Un simple décret abolissant déflnive-
ment les exceptions et restrictions qui
entravent la liberté individuelle des is-
raélites russes vaudrait mieux qu'une
centaines d'ukases bien intentionnés,
mais nullement efficaces, dans le genre
de ceux que vient de publier le Sénat
dirigeant de l'empiré. N,
A L'ORPHELINAT D'ALSACE-LORRAINE
Rien de plus riant, comme situation,
comme aspect, que cet Orphelinat d'Al-
sace-Lorraine, perdu au fond de cette par-
tie du Vésinet qui ressemble à un coin de
Regent's-Park, avec ses lacs minuscules
endormis dans la verdure des pelouses, et,
sur un rideau de feuillage, les taches blan-
ches des façades de ses habitations de plai-
sance.
La propriété dans laquelle il est installé
a jadis appartenu à Mme la comtesse Lio-
nel de Chabrillan, alias Céleste Moga-
dor, l'ex-mabilienne, l'écuyère émérite,
l'ancien bas-bleu, dont tout un chacun
connaît les aventures, les vicissitudes et
les Mémoires.
La maison avec son toit en poivrière et
ses fenêtres à meneaux, s'élève entre cour
et jardin. Dans la cour, à droite, la chapelle,
toute égayée de fleurs avec, au milieu, la
dalle de marbre qui recouvre la tombe du
fondateur de l'œuvre Gabriel-Jacobi de
Naurois, ancien officier. Dans le jardin,
en suite des grands arbres qui ombragent
les récréations, les potagers auxquels maî-
tresses et élèves travaillent avec la même
vaillance et la même bonne humeur. Dans
la maison, une propreté flamande des
planchers qui reluisent comme des mi-
roirs des cuivres qui flamboient comme
des ors des meubles frottés à- tour de bras
des lits merveilleux de blancheur; une in-
firmerie qui donnerait envie d'être malade.
Eh bien, depuis six ans que l'établisse-
ment existe, savez-vous combien de pen-
sionnaires se sont alitées dans cette in-
firmerie?
Pas une seule
Vous avez bien lu pas une seule!
Non,pasune maladie, pas une indisposi-
tion, pas un malaise
Mon Dieu, l'air pur du Vésinet y est
peut-être pour beaucoup.
Mais vous avouerez, avec moi, que les
soins prodigués aux enfants y sont aussi
pour quelque chose.
̃• ̃̃>̃,•
C'était fête, dimanche, parmi ce petit
monde de fillettes et de bonnes sœurs,
comme l'on dit dans le pays, une i'ête
de famille, assurément, toute modeste et
tout intime la distribution des prix.
Un vieux soldat des armées de l'Est,
amputé et décoré, nous remet, à la
porte, le programme de la cérémonie, qui
commence, à deux heures et demie, dans
un préau tapissé de feuilles de houblon et
de branches de sapin, souvenirs des mon-
tagnes vosgiennes.
Les orphelines sont là, massées devant
une estrade, avec leur robe de deuil, leur
fichu écarlate noué à l'alsacienne, les
pointes rejetées sur le dos, -r- et le papil-
lon national qui ouvra ses ailes noires ;sur
leurs chevelures/ la plupart d'un blond
d'épi. Elles sont charmantes, ces enfants.
Un intérêt poignant se dégage de leur phy-
sionomie, sur laquelle une gravité précoce
transparaît à travers les grâces de la jeu-
nesse.
Sur l'estrade ont pris place M. le comte
d'Haussonville, un des «hauts et puissants
seigneurs » de ce vieux duché de Lorraine
pour lequel ses ancêtres ont héroïquement
besogné d'estoc et 'de taille, et dont il a
écrit l'histoire;- MM..Xavier Marinier et
Mézières, ses collègues à l'Académie M.
Stephen Liégeart, M. de Raigecourt, M. de
Moltke, ambassadeur de Danemark Mme
la duchesse de Galliera et nombre de nota-
bilités parisiennes et de membres de la So-
ciété de patronage des Alsaciens-Lorrains.
Dans le public, beaucoup de dames entoi-
lettées, presque toute la colonie étrangère<
du Vésinet et de Saint-Germain, et quel-
ques-uns de ces promeneurs que le diman-
che éparpille dans la banlieue. C'est dans
la bouche de l'un de ceux-ci que je sur-
prends cette réflexion, véritable caracté-
ristique du snobisme parisiennant
Comment 1 on peut entrer sans carte
ni lettre d'invitation?. Alors, c'est que
ce n'est pas bien curieux.
(̃
Après différents morceaux exécutés par
l'excellente fanfare du rt° chasseurs,
M. Xavier Marinier prend la parole un
grand vieillard aux cheveux blancs aplatis
derrière lès oreilles.
Et ce n'est pas un discours en trois pointé
qu'il nous fait non, c'est ù'rië allocution
familière, paternelle, qu'il adresse à « ces
pauvres chères filles qui n'ont plus que la
France. pour mère ». Il rend hommage au
zèle, au dévouement, à' l'abnégation sans
bornes de leurs institutrices aux religieu-
ses de cet ordre de' Saint-Charles qui:, >
fondé, au dix-septième siècle, par un avo-
cat au parlement de Metz, a multiplié les
'i~ . ,)
établissements de bienfaisance eh Lorriàûe^.
en Alsace^ en Fraache-CôHïté, "en Chaîna
pagne et jusque par delà le Rhin. 11< àoùs
rappelle avec une éloquence émue le tetops
où toute terre était nôtre, du munster"- dé
Strasbourg aux remparts messins/ et où
tout était gai, prospère, français dans! "fea&-
provinces où tout semble marcher par trois,
et où l'on voit « trois châteaux sur lbntéra&
colline, trois, églises dans le mêmêvilîa^^i
trois villages dans le même vallon. •'<; c
Ensuite, les enfants ont chanté. ̃ ̃̃̃:pi-& i
Elles ont chanté avec leurs voix fraîches
et grêles, avec une justesse adrttirablej avèb
un merveilleux sentiment de la mesure;
Elles ont chanté je ne sais quoi- d'inflo-ï
cent et de doux un lied au pnbtempsr,'(unj
hymne de gratitude. <%̃ <
Et, tandis qu'elles égrenaient ses; «boirèS
paisibles en notes claires et argentines,
me semblait entendre sortir de leur boijc^ç
avec des vibrations d'un menaçant
éclat ces strophes d'une chanson que
j'ai retenue là-bas, au lendemain de nos,
désastres, d'une femme dont toute la fa-
mille avait été fusillée par les Allemands :̃,
Dieu sait combien de jour» en fore
ÎS'ous devons attendrei'âlirore r r
Bont la rayonnaate clartà. j. *•
Réveillera j» liberté 1 "• • «
Mais quand sonnera l'heune sainte, r<
Quelque étroite que soit l'enceinte, J
Autour de mon père endormi
Dormira plus d'un ennemi! °
""r'f"' P. DE THAlUtS
` PETITE BOURSE DUr SOIR Î
1 (\ i~r}:f::
D1X, H6URgS 1 » i
DIX HEURES
3 0/0. 80 97,81,20! *̃ •
5 0/0 114 55,48,77..
Turc.. 12 12, 10, 07.
Italien 90 75,90.
Egypte 287 50,85, 94.
Banque ottomane. 750 62, 48, 75, §0, 57
Panama 530. >
Extérieure 28 1/8, 1/2.
Lots turcs. 55 75,74
Actions Rio 605.
H.
COURRIER E)E PARIS
̃̃̃̃̃ A LA MAIfilE- :M1j
< –'y'r
Voilà le divorce une seconde fois voté.
Au moment où la Chambre nous ôté;
ainsi notre dernier espoir, et où le Séjaàt t
seul nous reste, il n'est pas sans intérêt
de rechercher ce que va dévenir le mét-
riage. Bien entendu, je parle du mariage1
civil, du mariage à la mairie, le sie'ttjL'gjçji'
compte, pour la dot. V,
On a constaté depuis longtemps que,1
malgré sa supériorité, il manque de,-
prestige. La cérémonie de la mairie n'énl
est vraiment pas une, et beaucoup. W
bons esprits s'en plaignent; Uhe'sàW
glacée, quoique sans glaces, avec dès'
toiles d'araignées dans les encoignure^
des bancs mornes et durs, çùi vous pe-'
trifient et vous écorchent des employé
égrillards, un maire1 distrait; pas pir
bout de rubâu, sauf son écharpe, qu'il
appelle lui-môme sa sous-ventrière une'
sorte de gouaillerie bourgeoise répiah-
due sur toutes choses une promiscuité'
telle que les couples ont quelquefois
toutes les peines du mondé à se rejoin-'
dre, et qu'il arrive que les secrétaires'
eux-œêmes, dans cette confusion, çoin-
mettent les quiproquos les plus boùjf«r
fons: voilà le taûleaù! Il est désolant*/
et Paul de Kock, qui l'a peint souvent,
ne l'a jamais chargé. Le mariage à la
mairie, c'est encore, à l'heure qu'il est,'
du Paul de Kock pur.
Le mariage à l'église, à la bonne1
heure! Ici tout est solennel et majes-
tueux tout vous impressionne et vouV
frappe. La fête (car c'en est une) ne perd
point pour cela son air de fête, mais de
fête grandiose et sacrée. Elle parle ià-
limagination, elle parle au coeur. E1M
vous attire et vous retient par tout ce
qu'il y a de meilleur en vous. Personne
n'a envie de rire, et tout le monde est
heureux. L'acte a sa grandeur qui voira
saisit, sa douceur qui vous pénètre. Ços
tapis, ces fleurs, ces coussins, ces or-
gues, ce grand souffle religieux qui
plane sur toute la cérémonie, contri-
buent à lui imprimer un caractère im*
posant et ineffaçable. Consultez tous leé
vieillards qui font leur cinquantaine,
ce dont ils se souviennent, ce n'est pas
du mariage à la mairie.
**#
On comprend que sa pauvreté, sa
maigreur, ait inquiété .ses vrais amis, et
qu'ils se préoccupent' sérieusement des
moyens de l'étoffer un peu, de lui don-
ner meilleur air et meilleure mine, dé 1%
mettre en position de se soutenir aupr.èi
de son voisin et rival de l'église. llya^
déjà longtemps qu'ils songent à, fairj
quelque chose pour lui. Les nouvelles
mairies commandent des tableaux, dej
fresques; et les peintres les plus diatifta
gués ne dédaignent pas de concourir, a
cette ornementation d'un nouveau genpeï
Nous avons tous vu et apprécié ieMf%
riage à la Mairie, de, Gervex, toile prjg
mée. C'était un fort joli morceau, %tj
moins dans ses parties accessoires^
mais je doute qu'il ait beaucoup relent
dans l'opinion des hommes, la cérémo-
nie qu'il représente. Au contraire,, le§
lacunes, les. misères du mariage à .]%
mairie y apparaissent de toutes parts:
C'est bien la scène que l'on connaît, tou,->
jours un peu comique, avec des conviai
qui bâillent^ et une municipalité. On 1
je ne vous dis que ça; vous la rappelegî
vous, la municipalité de Gervex? Git
employé idiot, ce maire ventripotent, et
cet ensemble ridicule, que le peintre
avait d'ailleurs dissimulé de son mieux,
pour ne décourager personne
Il paraît hien que cet appel aux beaux*»
arts n'a pas suffi pour rendre à la mai-
rie son prestige perdu, car les études
continuent, et l'on cherche d'autre$>
moyens. Le besoin de donner un ppyf
plus de majesté à la cérémonie duma-
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 81.2%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 81.2%.
- Collections numériques similaires Arts de la marionnette Arts de la marionnette /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "Pam1"The Romanic review : a quarterly journal devoted to research, the publications of texts and documents, critical discussions, notes, news and comment, in the field of the romance languages and literatures / edited by Henry Alfred Todd and Raymond Weeks /ark:/12148/bpt6k119586.highres Bibliothèque de l'École des Chartes /ark:/12148/bpt6k12501c.highresCommun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=colnum adj "BnPlCo00"
- Auteurs similaires Pène Henri de Pène Henri de /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Pène Henri de" or dc.contributor adj "Pène Henri de")Tarbé des Sablons Edmond Joseph Louis Tarbé des Sablons Edmond Joseph Louis /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Tarbé des Sablons Edmond Joseph Louis" or dc.contributor adj "Tarbé des Sablons Edmond Joseph Louis") Meyer Arthur Meyer Arthur /services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&maximumRecords=50&collapsing=true&exactSearch=true&query=(dc.creator adj "Meyer Arthur" or dc.contributor adj "Meyer Arthur")
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k524275h/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k524275h/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k524275h/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bpt6k524275h/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k524275h
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k524275h
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bpt6k524275h/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest