Titre : Paris-midi : seul journal quotidien paraissant à midi / dir. Maurice de Waleffe
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1920-12-07
Contributeur : De Waleffe, Maurice (1874-1946). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32832672n
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 07 décembre 1920 07 décembre 1920
Description : 1920/12/07 (A10,N3238). 1920/12/07 (A10,N3238).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k47337776
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-229
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 31/12/2017
Paris-Midi
50e
15:
.
ABONNEMENTS: 1 AN 6 MOIS 3 MOIS
Paris, Seine, S.-et-O, 40 fr. 20 fr. 10 fr.
Départ. et Colonies.. 44 fr. 22 fr. 11 fr.
Etranger p.... 60 fr. 30 fr. 15 fr. ,
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Mmài 7 Décembre 19ZP<
1 10, ANNEE. — N- 3.238 -
EN ATTENDANT LE RETOUR DE TINO
Les Alliés annulent le dernier emprunt
Le plaidoyer de Constantin
Il fallait s'y attendre. Le roi Constan-
tin est un incompris. Vous ne l'auriez
point cru il nous aimait.
Il nous aimait, vous dis-je. Il l'a dit
!à M. Jules Sauerwein, et le redit sous
cape il tous les échos de France et sur-
tout d'Angleterre. A cinq reprises, pen.
dant la guerre, il prit son élan pour ve-
nir se battre à nos côtés. Et chaque fois,
l'Entente l'invita à se rasseoir. A qui la
faute ?
Il est vrai qu'on allègue contre lui
'certaÙzs petits. faits ennuyeux, par
exemple cette fusillade du Zappeion qui
coûta la vie à des marins français. Mais
là encore, Tino n'est pas en peine de ré-
pondre. Il y avait eu un Grec tué par
'Une balle de fusil Gras. Sans doute au-
'cun marin français, Constantin le re-
connaît lui-même, ne possédait de fusil
Gras. Mais enfin, chacun voit que l'ex-
plication est satisfaisante.
En vérité, il faut réviser tous nos ju-
gements. Ces souverains que nous crû-
mes nos ennemis, peut-être nous ai-
maient-ils aussi. Fer -dinand de Bulgarie,
prenant congé à Sofia de lJi. de Pana-
fieu, ne lui disait-il pas : « J'aime la
France ! » Par amour pour la France,
il ajoutait même que nous ferions bien
fde conclure la paix, et, ayant ainsi par-
ilé, et mis sa conscience en repos, nous
plantait par amour un couteau dans le
dos.
Guillaume Il lui-même, le bon Guil-
laume, nous aimait. Cette correspon-
'dance entre lui et le ménage Tino, dont
il semblait que nous fissions les frais,
était couchée dans un langage à clé. En
réalité, on s'y occupait de notre bonheur,
et quand Constantin s'y vantait d'avoir
lait assassiner nos marins, cela voulait
dire que l'événement du Zappeion lui
paraissait déplorable.
Il n'y &ut en Grèce qu'un homr@e
'abominable, véritablement hostile aux
Alliés, bon à pendre, l'infâme Venize.
los. Aussi bien, Constantin le pur s'ap-
prêt e-t -il sans la moindre vergogne à
, s'approprier les résultats de la politique
menée par ce 'l'laÍtre. Il annonce qu'il
garde la Thrace, et s'empare dè VAsie-
Mineure, quitte à laisser sous les armes
'ces bons sujets qui ont voté pour lui
afin d'être promptement 'démobilisés.
Et dans le for de sa conscience, le roi
Constantin trouve cette opération piste
'et naturelle.
Mais ceci nous promet des complica-
tions divertissantes. Nous verrons Cons-
tantin rappeler au besoin M, Venizelos.
pour tenter, ayant repris sa couronne,
de se réconcilier avec l'Entente. Le
malheur, c'est que la France et l'Angle-
terre paraissent s'entendre air ce chapi-
tre plus étroitement qu'il ne pense. Or
quand ces deux pays ont le mauvais
goût d'être unis, il n'y (l plus qu'à se
,vouer à tous, les saints. Constantin ris-
que de s'.en apercevoir.
Un Diplomate.
L'argument sonnant
Londres, 7 'décembre.
On mande d'Athènes au Times, qu'hier
matin- lord Granville, ministre de Grande-
Bretagne ,a remis au gouvernement hel-
lénaiqu'e une note annonçant la révocation
par les Alliés du dernier emprunt de 400
millions de drachmes.
Le ministre de Serbie se conformera à
l'attitude qu'adopteront ses collègues de
l'Entente, lors de l'arrivée de Constantin.
(Ha,va.s.:
Le peuple grec ignore la situation
Athènes, 6 Décembre.
Les résultats du plébiscite, qu'il n'est
pas difficile de s'imaginer, donneront, tout
le laisse prévoir, une majorité écrasante
à 'Constantin. Il est peu de sections de vo-
te où des bulletins hostiles au retour de
l'ancien roi aient été déposés. Lie peuple
continue à manifester pour Constantin. Il
ignore assurément toute la gravité de laJ
situation et j.usqu'à la note des' Alliés qui
lui a été cachée par le gouvernement. j
(Daily Mail.) \
Constantin s'apprête
Lucerne, 6 Décembre. j
Le premier télégramme relatif au plé- J
'bi6ci.te qu'ait reçu à Lucerne l'ex-roi Cons-
tantin lui a été adressé par M. Thootokis,
T'ancien ministre de Grèce à Berlin, au-
jourd'hui député et qui lui annonçait de
Corfou que les résultats du scrutin étaient
preeque tous en faveur de son retour.
Quoi qu'il en soit, des pourparlers ont
lieu déjà entre - Athènes et Lucerne pour
régW,r Je dép&rt po&ir la; Grkre. - dfe Tino et
décider s'il s'embarquera à Venise ou à
Brindisi. Il a été décidé, déjà que le dia-
doque accompagnera son père à sa rentrée
à Athènes. (New-York Herald.)
Les Constantiniens remplacent
les Venizelistes
: Londres, 7 décembre.
Les constantiniens remplacent déjà dans
les capitales étrangères îles ambassadeurs
de M. Venizelos. M. Rizos-Rangabes est. ar-
rivé à Londres aujourd'hui comme 'char-
gé d'affaires et a pris immédiatement
possession des ardhives et de la légation
dont M. Cadlamanos, et tout eon personnel
s'étaient aussitôt retirés après l'échec de
Venizelos.
EN ANGLETERRE
La crise du textile
et la baisse
La crise de l' industrie textile britanni-
que est devenue particulièrement grave au
,CO,UfS diui dernier trimestre, la production
iayant dépassé de beaucoup la demande.
Les. restrictions des acheteurs, l'arrêt de
la production dans la Russie et l'Europe
centrale, les crises économiques qui sévis-
sent partout, l'Inde surtout, grand débou-
ché des textiles anglais, en proie à des
'difficultés, sont les principales causes de
la situation du textile anglais.
L'industrie du coton et celle de la laine
se trouvent ainsi dans une situation pré-
caire.
. Les filateurs et tisseurs avaient suffisam-
ment dis commandes au début de l'année,
mais peu d'entre eux ont fait plus du
quart de leur chiffre normal d'affaires de-
puis mai, car ils ont reçu depuis de nom-
breuses demandes d'annulation d'ordres.
Dans les toiles, les prix très élevés sem-
blent avoir éloigné les acheteurs. En juil-
let, les filateurs irlandais avaient dressé
urne liste de prix minima, pour 9 mois ;
mais la Belgique et la France ayant offert
sur le marché anglais des fils à un prix in-
férieur, les filateurs anglais durent dimi.
nuer leurs prix jusqu'à 50 %. sans d'ail-
leurs vaincre laj réserve des clients.
Dans le jute même baisse et même mé-
-y-ente.
La crise est générale dans tout le tex-
. itile anglais. Pour lutter contre elle, les
industriels se groupent en consortiums ou
. essaient d'organiser la vente directe au
consommateur.
Ces circonstances aident à comprendre
la hâte que la gouvernement brxtanniqne
' met à renouer les relations commerciales
avec la Russie.
NEIGE FONDUE...
L'Observatoire de Montsouris nous eom-
Smunique :
Temps lJ1"umeux. Quelques faibles pluies.
Neige fondante. Température stationnaire.
Depuis hier midi, température maximum
3°1, minimum 2ol.
EE8TAURANT ITALIEN POCCARDI, Boul.
des Italiens et 12, rue Favart, aujourd'hui
CANELLONl. ALLA MPOLlIdNA
PETITS FAITS DE L'ETRANGER
Du sucre pour la France
La France négocie avec la Tehéco-Slo-
.va-quie l'achat de 10.000 wagons de sucre.
Le budget des Soviets
Le Hu$vudstadsblad donne les détails
suivants relatifs au budget de 1920, des
soviets : dépenses 1.150 milliards de rou-
bles contre 125.800 millions en 1919 et
46.700 millions en 1918 ; recettes 150 mil-
liards contre respectivement 50.600 millions
et 30.900 millions ; déficit total pour les 3
années de régime soviétiste : 1.106.10i> mil-
lions ; déficit des chemins de fer de l'Etat
pour 1920 : 51 milliards.. {Agence - écono-
miClue et financière.) .
Les minorités en Bohême
Prague, 6 décembre.
Les légionnaires se livrent à des actes
d'arbitraire contre les israélites nés dans
le pays, qu'ils expulsent de certaines loca-
lités.. La population juive, inquiète, n'ose
plus sortir le soir dans les rues.
Les Alliés et la Hongrie
Budapest, 6 décembre.
Le gouvernement hongrois a reçu une
note de la Conférence des Ambassadeurs
portant que les Alliés sont décidas à exiger
la protection des minorités religieuses et
ethniques.
Les obus explosent
: 75 obus de 6 et de 10 inches qui se trou-
vaient sur le pont du torpilleur Amachson
ont fait explosion, blessant sérieusement
dix personnes. L'explosion causa de nom-
breux dégâts dans Fort-Hamilton, une sec-
tion de Brooklyn, où plusieurs maisons fu-
rent ûndomma.géôg. ..
Le nouveau testament
Un agent de change de Chicago, M. Earl
Reynolds, a dicté hier son testament en le
faisant enregistrer par un phonographe.
La voix de deux de ses amis a été égale-
ment enregistrée comme témoins.
Les grèves de Barcelone
La situation de la grève marque une ten-
dance à l'amélioration ; la circulation des
véhicules de toutes sortes s'est considéra-
blement accrue ; les tramways eux-mêmes
ont commencé à circuler.
Le cheik des Senoussis à Rome
L ennr Said Idriss, le chef de la fa-
meuse secte des SælouEsj, est arrivé à
Rome pour présenter au roi ses honuna-
ges.' Le potentat africain et sa suite ont
fait sensation dans la Ville éternelle,.
LE CASSE-TÊTE DALMATE
Tout peut s'arranger,
dit d'Annunzio
Rome, 7 décembre.
On mande de Trieste :
La 'commission de députés qui s'est ren-
due à Fiume a conféré .avec d'Annunzio,
Elle a visité fies environs de Fiume vens
Oussak. La conférence avec d'Annunzio
a duré trois heures. La commission a fait
remarquer qu'elle n'avait aucun mandat
officiel. Aux questions posées par la dédé.
gation, d'Annunzio répondit qu'il avait
l'impression qu'il y a des malentendus
qui peuvent être aplanis et qu'il n'est pas
difficile de trouver une- solution satisfai-
sanie pour, les intérêts de Fiume et de
l'Italie. — (Havas.)
Des carabiniers partent pour Zara
1 Rome, 7 décembre.
' i Lé Giornale^d'Iialia annonce d'Ancône
que 500 garder et carabiniers se sont em-
ibarqués aujourd'hui;, pour Zara, jCa situa-
tion en Dalmatie devient âe plus en plus
délicate. L'Idea Nazionale annonce de la
même ville que l'évacuation des groupes
d'occupation de Dalmatie est commencée.
(Havas.)
Manifestations à Rome
Rome, 7 décembre.
Ce soir, queLques centaines d'étudiants
et jeunes gens nationalistes, auprès avoir
assisté à un meeting pour la Dalmatie,
tentèrent d'approcher de la Chambre des
députés pour dmproviser une manifesta-
tion hostile au gouvernement ; ils furent
dispersés sans incidents graves par la
cavalerie. — (Ha&m,)
Les Italiens évacuent la Dalmatie
D'autre part., un télégramme d'Ancône
annonce que, conformément au traité de
Rapallo, les troupes italiennes commencent
à évacuer la LOallmatie. Les garnisons de
Verpolie et de Kietagne sont déjà arrivées
à Zara ; celles de Novaglia et d'Oarovazzo
vont partir. — (Radio.)
Prochain accord entre Rome et Fiume
Rome, 8 'Décembre.
Il se confirme que le différend entre
d'Annunzio et le gouvernement italien va
être prochainement résolu. La régence de
Fiume à fait en effet Temoftrà- au général;
Caviglia une a7épcnse dont les éléments
peuvent former une; base de discussion et:
seront examinés par lIe gouvernement ita.
lien dans Oe plus grand esprit de conci-
liation.
I/Epoca assure que l'accord se ferait sur
les bases "suivantes :
1° L'Italie (reconnaîtrait la régence 'du]
Carruaro.
20 Les troupes f ruinai nés quitteraient
Veglia 'et Arbe où elles fieraient remplacées
par des troupee régulières.
3° La question du port de Baros serait
traitée directeme.nt entre la Yougoslavie
et l'Italie, mais 'cette dernière s'engage-
rait à soutenir le point de vue de d'An-
nunzio.
LA TRAGIQUE IRLANDE
Toujours des arrestations
Dublin, 6 décembre.
Aujourd'hui, pendant que les membres
du Conseil municipal siégeaient, sous la
présidence du lord-maire, des policemen
auxiliaires firent irruption dans la salle
et arrêtèrent six conseillers.
A Dublin, seulement pendant la der-
nière quin&a.ine, plus de 600 personnes ont
été arrêtées. La nuit dernière, environ
500 prisonniers ont été conduits à bord
d'un destroyer anglais. L'opération ter-
minée, le destroyer prit le large dans la
direction du nord de l'Irlande. Depuis
l'arrestation de leurs pères, de leurs frè-
res, de leurs maris, les 'femmes jouent
un rôle important dans le mouvement
sinn-feiner et plusieurs d'entre elles pré-
sident maintenant des tribunaux républi-
cains.
Hier, à Skerries, dans le comté de Du-
blin, le secrétaire de l'Union des ouvriers
des transports a été tué à coups de revol-
ver par des inconnus qui ont réussi à
prendre la fuite. - (Radio.)
Un échec du gouvernement
Londres, 7 décembre.
Le gouvernement a subi une nouvelle
défaite 1 hier soir à la Chambre des Lords
sur la question du Home Rule. L'article 70
die cette loi dit que, si une des deux par-
ties dans lesquelles l'Irlande sera divisée,
refuse d'élire un' parlement, cette partie
sera gouvernée comme une colonie de la
Couronne. Cet article' était dirigé contre
le Sud de l'île où prévaut le mouvement
sinn-fein. En fin de ',séance, . un amende-
ment présenté par lo'rd Salisbury deman-
dant l'annulation de cet article fut adopté
par 51 voix contre 50, bien qu'il ait été
vivement combat par le lord chancelier.
L'opinion de M. Henderson
LQndres, 7 Décembre.
M. Henderson, chef de la. délégation tra-
vailliste en Irlande, dont on n'attendait le
retour à Londres que mercredi, est arrivé
hier soir. D'après les journaux, il aura
aujourd'hui une entrevue avec le premier
ministre.
M. Henderson déclare que, dans tous les
milieux d'Irlande, il a constaté le désir
unanime d'e paix. A son avis, le moment
actuel est le plus favorable que l'on puisse
choisir pour effectuer une réconciliation.
Mais il ne cache pas que si on Le laisse
échapper, la guerre civile atteindra un de-
gré d'horreur et de violence que l'on n'a
pas Moore vu dans l'histoire des luttes
irlandaises. (Radio.)
LES GRANDS PROBLÈMES
La dépression commerciale
n'est pas près de cesser
Mais la transition s'opérera sans heurts
New-York, 6 décembre.
Suivant la revue mensuelle du Board
Fédéral Réserva, il ne faut pas s'attendre
à ce que la dépression commerciale qui,
existe dans la plupart des milieux cesse
bientôt. Une des causes de cette dépres-
sion c'est la tendance évidente des consom-
mateurs à attendre une baisse des prix.
La production a continué fi, se ralentir
pendant le mois de novembre, mais les
ventes faites à prix réduit par Je-s détail-
lants ont .amené un accroissement d'achat.
Toutefois, l'amélioration des transports
e.t la plus grande facilité des crédits exer-
ceront unie influence favorable dans un
avenir prochain. Le courant des exporta-
tions se maintient assez bien, parce qu'on
expédie à destination de l'Europe de for-
tes quantités d'articles de première né-
cessité.
La fin de l'année commerciale marque
le point de transition, de la situation du
temps de guerre à une situation économi-
que normale pour la vie industrielle inter-
nationale. Les difficultés de cett.e transi-
tion ne s'aggraveront pas beaucoup et la
situation normale se rétablira avec moins
de peine qu'on n'en trouve généralement
dans les périodes de remaniement.
Gela tient surtout là la forte position
bancaire. La diminution des exportations
américaines est due, dans une certaine me-
sure, à la détérioration continue des ohan-
ges. Les exportations américaines dépen-
dent étroitement du volume des importa-
tions et on peut en conclure qu'il devra y
avoir un accroissement d'exportations aux
Etats-Unis gr-âoe aux crédits accordés aux
pays étrangers. (Havas.)
L'ECOLE D'EFFICACITÉ
La France a besoin d'hommes
qui « réalisent »
Lancer des idées n'est rien, les réaliser
est tout, écrit M. José •Germain, dans un
j article intitulé la « Nouvelle Ecolo d'Effi-
cacité », de la Revue Mondiale.
Quelques 'hommes issus de -la guerre ont
décidé de créer cette école de l'efficacité
ayant pour base : une instruction solide,
une curiosité de tous les instants, l'art de
raisonner simplement et par-dessus tout
~ Je besoin d'agir avec adresse et désintéres-
seonént.
ùni8 société qui se fonderait demain pour
mettre au point la centième partie des
,idlé£,s lancées bénévolement dans la circu-
latiion par le génie français, verserait ïeg
'plus beaux dividendes du monde à ses ac-
tionnaires..
.Louis Fo'rest, Lorrain opiniâtre, serait,
écrit M. José Germain, un des rares Franc
çais qui' pourraient la diriger.
En tête des statuts du Club des Cen.t,
fondé par lui en une bonne vieille hôtelle-
rie normande, il fit inscrire :
« Le Club des Cent admet aussi des
snobs. El a été en effet observé que lorsque
les snobs se rendent compte qae le sno-
bisme ne leur vaut aucun avantage par-
ticulier, ils deviennent rapidement aussi
intelligents que les autres. »
Mais relever la cuisine française, sur-
veiller et améliorer il'hôte'Ne'rie de nos
iplus bailles régions, s'efforcer d'en chasser
le mercanti et fie métèque, tout cela n'est
Tien auprès du but suprême : découvrir
la France.
N'est-ce pas ae Club des Cent qui, un
beau jour, découvre le Limousin ? Une
visite du Président de la République con-
sacre bientôt après la découverte. On gé-
néralise la méthode, puisqu'elle réussit :
les Et3lts Généraux du Tourisme se réu-
nissent et il en sort l'organisation touris-
tique actuelle.
Louis Férest fonde ensuite « Juvenia »,
destinée à créer le cinéma éducateur et
il en sort cette première production gran-
diose sur l'astronomie populaire : « Les
Mystères du Ciel ».
E. M. José Germain conclut en observant
qu'au lieu de dire : (c nous ferons », on
doit dire : Un tel a fait ceci et cela. A
i'instant où notre France blessée a tant
besoin d'hommes qui réalisent, celui qui
parle doit avoir honte de perdre du temps,
celui qui écoute doit s,e, refuser à entendra
des formules creuses.
Quand la nouvelle génération appliquera
son solide réalisme non à la poursuite de
fins égoïstes, mais à de généreuses tenta.
tives, tout altruistes et supérieures, elle
réussira pleinement.
Alors, l'école d'efficacité aura ' triomphé.
L'EMIR FAYÇAL
a de bons amis en Angleterre
Londres, 7 décembre.
Au coure d'une interview accordée au
correspondant du Morning Post, l'émir
Fayçal a déclaré qu'il était heureux de se
trouver une fois de plus en. Angleterre, où, '
dit-i!, il trouve, de très bons amis. Il a
ajouté qu'dl était très touché dé l'accueil
aimable, qui lui a été fait partout.
Au sujet de la Mësopota.ini.e, l'émTr a
exprimé le plus grand espoir relativement
à la situation dans cette région, mainte-
nant que sir Bei-tie Cox se trouve à Bag-
da.d. (Havas).,
EN ALGERIE
La question
du mouton
11 y a en co moment une question tio
l'Algérie. Nos députés ont appris que [œ
Algériens ont faim, et fis voudraient savoir
pourquoi. Je vais le leur dire, y étant allé
voir.
Les Algériens ont faiim parce que l'Al-
gérie a leu soif, une soif torride et presque
sans exemple. Dans ces pays d'Afrique cii
l'année se divise en saison sèche et saison
des pluies, soudain, l'an dernier, sans qu'au-
cun météorologiste puisse dlire pourquoi, la,
sa'ison. des pluies a été supprimée. Il irai
pas plu une goutte d'eau pendant douze -
moie. Alors, qui est mort? C'est le mouton..
Car il 'Arabe vit du mouton. Pas il,e Ka-
byle, qui cultive, mais l'Arabe, resté uni
peuplé pasteur bi.bl-i'que, allant de. points
d'eau en points d'eau dans les grands sables
.du Sud. Au m ornent de l'a transhumance,
il remonte jusqu'à la lisière des pays dé
culture, où ,i,I échange ses moutons contre
des céréales.
Avant la guerre, un mouton valait cent
sous, et l'Algérie en exporta'it un mHlion,¡
Pendant la guerre, voyant que des commis-
sions de ravitaillement payaient n'importe
quel prix, Je berger arabe, qui n'est pias
sot, raréfia l'a marchandise pour faire mon-
ter les cours, comme un simple mandataire
aux HaMes. Et lé mouton de cent sous se
paya cent francs.
Allah mfeénicordieux — loué soit son:
nom ! — ne bénit pas cette coupable spé-
culation sur le malheur d'autrui. Tandis que
les tribus arabes gardaient dans le déserf
les trois quarts de leurs troupeaux, afin do
nous vendre l'autre quart vingt fois plus
cher, advint la sécheresse que je vous ai
dite. Le mouton creva, dans la p!I'QPortloili
de 75 pour 100. Et il'Ara-be qui., hier en-
core, roulait sur Œ,'œ.:. se trouva dépourvu.
D'y a d'autres questions en Algérie : celie;
de la crise des vins, par exemple, dont lai
moitié est restée pour compte aux viticul-
teurs. Mais ceux-ci, avaient mis de t'arg&nt
,de côté. Je passais h'ier à Tipaza, petit vil-
lage sur Ta côte, qui fut jadis une grande
cité fpoma'ine, maïs qui n'abrite plus que
1.500 habitants. Eh bien! sur ces quinze
cents haMtan.ts, • on m'a nommé une dou-
zaine de millionnaires, dont certains riches
à sept .ou huit millions gagnés avec leur .vin
pendant l1a guerre. Ces Algériens-là peu-
vent supporter une année de mévente.
L'Arabe, lui, n'avait point fait d'écono-^
mies. Par ailleurs, presque i'nca'pable
tr,avei-t-er, ne sachant que prier et rêver,;
— un berger, en, langue arabe, s'appelle
UiD buveur de soleil — il ne peut vivre pré-
sentement que du blé que aie gouvernement
d'Alger est forcé, hélas ! d'importer d'Amé-
ruque.
Et voilà comment AI1Wah miséricordieux
— 'loué soit son nom! — protège tout de
même-oos Elus. Car c'est nous, vi;ls Roumis,
qui, après avoir payé le gigot trop cher,
sommes encore obligés1 de nourrir mainte'
fiant notre spéeulatemr.
MAURICE DE WALEFFE.
M. Abel est arrivé
M. Abel, gouverneur général de VAlgé-
rie, accompagné de Mme Abel et de M.
Schneider, son chefde cabinet, est arrivé
à Paris, 'ce matin à 9 heures.
M. Abel vient en France pOW" ;as.s:4C13.r,
vendredi au 4£bat qUi aura lieu é M
Chambre sur la famine 'en Algérie.
LES COURSES
Perrière Heure Hippique
(DE NOS CORRESPONDANTS PARTICULIERS)
•De 'Chantilly :
Rikuit, War Rocket, Dorville, Marry
Mischief sont au mieux.
Je vous recommande WA'R ROCK£-T,,
De 'Maisons :
Glatie, Bder&tf, PhilheHène, Brave,
Riaptn sont bien.
Je vous recommande RAPIN. 1
Les pronostics raisonnes de Paris-Midi :
Ire oonrse ; RIKUIT, Reask, Glatie.
2e «orùrse : ELDERED, War Rocket, Rêve de
Mondaine.
3° course : ECURIE BOUS SAC, War Rocket,
Mimsténal.
4° couiise : BRAVE, Reine des Bois, Axis.
Se course : DORVILLE, Revolt, Paillette.
60 courte : RAPIN, ?Yle-ri,y Misc/rief, Labou.
reur.
Aux Halles, ce matin
Hier, cc fut un marché quelconque à la VU-
lette. Il n'y avait, que 3.650 bœufs, 1.000 veaux,
10.000 moutons et 3.800 porcs. Petits apports
des abattali,s. Faible hausse de 10 fr. sur le
veau, plus torte sur le mouton qui augmente
de 50 fr. aux J.OO kilos dans les 2c et 30) qualités.
Baisse de 50 fr. sur les reins de porc. Ce der-
nier va probablement baisser encore ; mais
cela ne s'aperçoit guère dans les charcuteries
de quartier.
A la volaille, apports normaux. Peu de va-
riation dans les cours. Poulet Tour c.Mte, 11 lè
14,50, rnoy. 13,75 ; Brcsse, 13 à 15.50, moy. 14,50;
Midi, 13 u. 14.50. moy*. lL Tïreiagnc, 12 à 13,50,
v.wy. 13. Le lapin monte à 9,80. Hausse éga.
lement sur le cÙnant, qui se cote à la pièce ;
de ferme, 14 à 2Z, moy. 1S ; _Iiantais, 18 it 30^
50e
15:
.
ABONNEMENTS: 1 AN 6 MOIS 3 MOIS
Paris, Seine, S.-et-O, 40 fr. 20 fr. 10 fr.
Départ. et Colonies.. 44 fr. 22 fr. 11 fr.
Etranger p.... 60 fr. 30 fr. 15 fr. ,
PARIS, 30, Rue Louis- le -'Gratid. — Téléph.: Gut, 55-92
N° du Compte Chèque Postal : 2877 ADRESSB TÉLÉGRAPHIQUE: PARIMIDI.
Mmài 7 Décembre 19ZP<
1 10, ANNEE. — N- 3.238 -
EN ATTENDANT LE RETOUR DE TINO
Les Alliés annulent le dernier emprunt
Le plaidoyer de Constantin
Il fallait s'y attendre. Le roi Constan-
tin est un incompris. Vous ne l'auriez
point cru il nous aimait.
Il nous aimait, vous dis-je. Il l'a dit
!à M. Jules Sauerwein, et le redit sous
cape il tous les échos de France et sur-
tout d'Angleterre. A cinq reprises, pen.
dant la guerre, il prit son élan pour ve-
nir se battre à nos côtés. Et chaque fois,
l'Entente l'invita à se rasseoir. A qui la
faute ?
Il est vrai qu'on allègue contre lui
'certaÙzs petits. faits ennuyeux, par
exemple cette fusillade du Zappeion qui
coûta la vie à des marins français. Mais
là encore, Tino n'est pas en peine de ré-
pondre. Il y avait eu un Grec tué par
'Une balle de fusil Gras. Sans doute au-
'cun marin français, Constantin le re-
connaît lui-même, ne possédait de fusil
Gras. Mais enfin, chacun voit que l'ex-
plication est satisfaisante.
En vérité, il faut réviser tous nos ju-
gements. Ces souverains que nous crû-
mes nos ennemis, peut-être nous ai-
maient-ils aussi. Fer -dinand de Bulgarie,
prenant congé à Sofia de lJi. de Pana-
fieu, ne lui disait-il pas : « J'aime la
France ! » Par amour pour la France,
il ajoutait même que nous ferions bien
fde conclure la paix, et, ayant ainsi par-
ilé, et mis sa conscience en repos, nous
plantait par amour un couteau dans le
dos.
Guillaume Il lui-même, le bon Guil-
laume, nous aimait. Cette correspon-
'dance entre lui et le ménage Tino, dont
il semblait que nous fissions les frais,
était couchée dans un langage à clé. En
réalité, on s'y occupait de notre bonheur,
et quand Constantin s'y vantait d'avoir
lait assassiner nos marins, cela voulait
dire que l'événement du Zappeion lui
paraissait déplorable.
Il n'y &ut en Grèce qu'un homr@e
'abominable, véritablement hostile aux
Alliés, bon à pendre, l'infâme Venize.
los. Aussi bien, Constantin le pur s'ap-
prêt e-t -il sans la moindre vergogne à
, s'approprier les résultats de la politique
menée par ce 'l'laÍtre. Il annonce qu'il
garde la Thrace, et s'empare dè VAsie-
Mineure, quitte à laisser sous les armes
'ces bons sujets qui ont voté pour lui
afin d'être promptement 'démobilisés.
Et dans le for de sa conscience, le roi
Constantin trouve cette opération piste
'et naturelle.
Mais ceci nous promet des complica-
tions divertissantes. Nous verrons Cons-
tantin rappeler au besoin M, Venizelos.
pour tenter, ayant repris sa couronne,
de se réconcilier avec l'Entente. Le
malheur, c'est que la France et l'Angle-
terre paraissent s'entendre air ce chapi-
tre plus étroitement qu'il ne pense. Or
quand ces deux pays ont le mauvais
goût d'être unis, il n'y (l plus qu'à se
,vouer à tous, les saints. Constantin ris-
que de s'.en apercevoir.
Un Diplomate.
L'argument sonnant
Londres, 7 'décembre.
On mande d'Athènes au Times, qu'hier
matin- lord Granville, ministre de Grande-
Bretagne ,a remis au gouvernement hel-
lénaiqu'e une note annonçant la révocation
par les Alliés du dernier emprunt de 400
millions de drachmes.
Le ministre de Serbie se conformera à
l'attitude qu'adopteront ses collègues de
l'Entente, lors de l'arrivée de Constantin.
(Ha,va.s.:
Le peuple grec ignore la situation
Athènes, 6 Décembre.
Les résultats du plébiscite, qu'il n'est
pas difficile de s'imaginer, donneront, tout
le laisse prévoir, une majorité écrasante
à 'Constantin. Il est peu de sections de vo-
te où des bulletins hostiles au retour de
l'ancien roi aient été déposés. Lie peuple
continue à manifester pour Constantin. Il
ignore assurément toute la gravité de laJ
situation et j.usqu'à la note des' Alliés qui
lui a été cachée par le gouvernement. j
(Daily Mail.) \
Constantin s'apprête
Lucerne, 6 Décembre. j
Le premier télégramme relatif au plé- J
'bi6ci.te qu'ait reçu à Lucerne l'ex-roi Cons-
tantin lui a été adressé par M. Thootokis,
T'ancien ministre de Grèce à Berlin, au-
jourd'hui député et qui lui annonçait de
Corfou que les résultats du scrutin étaient
preeque tous en faveur de son retour.
Quoi qu'il en soit, des pourparlers ont
lieu déjà entre - Athènes et Lucerne pour
régW,r Je dép&rt po&ir la; Grkre. - dfe Tino et
décider s'il s'embarquera à Venise ou à
Brindisi. Il a été décidé, déjà que le dia-
doque accompagnera son père à sa rentrée
à Athènes. (New-York Herald.)
Les Constantiniens remplacent
les Venizelistes
: Londres, 7 décembre.
Les constantiniens remplacent déjà dans
les capitales étrangères îles ambassadeurs
de M. Venizelos. M. Rizos-Rangabes est. ar-
rivé à Londres aujourd'hui comme 'char-
gé d'affaires et a pris immédiatement
possession des ardhives et de la légation
dont M. Cadlamanos, et tout eon personnel
s'étaient aussitôt retirés après l'échec de
Venizelos.
EN ANGLETERRE
La crise du textile
et la baisse
La crise de l' industrie textile britanni-
que est devenue particulièrement grave au
,CO,UfS diui dernier trimestre, la production
iayant dépassé de beaucoup la demande.
Les. restrictions des acheteurs, l'arrêt de
la production dans la Russie et l'Europe
centrale, les crises économiques qui sévis-
sent partout, l'Inde surtout, grand débou-
ché des textiles anglais, en proie à des
'difficultés, sont les principales causes de
la situation du textile anglais.
L'industrie du coton et celle de la laine
se trouvent ainsi dans une situation pré-
caire.
. Les filateurs et tisseurs avaient suffisam-
ment dis commandes au début de l'année,
mais peu d'entre eux ont fait plus du
quart de leur chiffre normal d'affaires de-
puis mai, car ils ont reçu depuis de nom-
breuses demandes d'annulation d'ordres.
Dans les toiles, les prix très élevés sem-
blent avoir éloigné les acheteurs. En juil-
let, les filateurs irlandais avaient dressé
urne liste de prix minima, pour 9 mois ;
mais la Belgique et la France ayant offert
sur le marché anglais des fils à un prix in-
férieur, les filateurs anglais durent dimi.
nuer leurs prix jusqu'à 50 %. sans d'ail-
leurs vaincre laj réserve des clients.
Dans le jute même baisse et même mé-
-y-ente.
La crise est générale dans tout le tex-
. itile anglais. Pour lutter contre elle, les
industriels se groupent en consortiums ou
. essaient d'organiser la vente directe au
consommateur.
Ces circonstances aident à comprendre
la hâte que la gouvernement brxtanniqne
' met à renouer les relations commerciales
avec la Russie.
NEIGE FONDUE...
L'Observatoire de Montsouris nous eom-
Smunique :
Temps lJ1"umeux. Quelques faibles pluies.
Neige fondante. Température stationnaire.
Depuis hier midi, température maximum
3°1, minimum 2ol.
EE8TAURANT ITALIEN POCCARDI, Boul.
des Italiens et 12, rue Favart, aujourd'hui
CANELLONl. ALLA MPOLlIdNA
PETITS FAITS DE L'ETRANGER
Du sucre pour la France
La France négocie avec la Tehéco-Slo-
.va-quie l'achat de 10.000 wagons de sucre.
Le budget des Soviets
Le Hu$vudstadsblad donne les détails
suivants relatifs au budget de 1920, des
soviets : dépenses 1.150 milliards de rou-
bles contre 125.800 millions en 1919 et
46.700 millions en 1918 ; recettes 150 mil-
liards contre respectivement 50.600 millions
et 30.900 millions ; déficit total pour les 3
années de régime soviétiste : 1.106.10i> mil-
lions ; déficit des chemins de fer de l'Etat
pour 1920 : 51 milliards.. {Agence - écono-
miClue et financière.) .
Les minorités en Bohême
Prague, 6 décembre.
Les légionnaires se livrent à des actes
d'arbitraire contre les israélites nés dans
le pays, qu'ils expulsent de certaines loca-
lités.. La population juive, inquiète, n'ose
plus sortir le soir dans les rues.
Les Alliés et la Hongrie
Budapest, 6 décembre.
Le gouvernement hongrois a reçu une
note de la Conférence des Ambassadeurs
portant que les Alliés sont décidas à exiger
la protection des minorités religieuses et
ethniques.
Les obus explosent
: 75 obus de 6 et de 10 inches qui se trou-
vaient sur le pont du torpilleur Amachson
ont fait explosion, blessant sérieusement
dix personnes. L'explosion causa de nom-
breux dégâts dans Fort-Hamilton, une sec-
tion de Brooklyn, où plusieurs maisons fu-
rent ûndomma.géôg. ..
Le nouveau testament
Un agent de change de Chicago, M. Earl
Reynolds, a dicté hier son testament en le
faisant enregistrer par un phonographe.
La voix de deux de ses amis a été égale-
ment enregistrée comme témoins.
Les grèves de Barcelone
La situation de la grève marque une ten-
dance à l'amélioration ; la circulation des
véhicules de toutes sortes s'est considéra-
blement accrue ; les tramways eux-mêmes
ont commencé à circuler.
Le cheik des Senoussis à Rome
L ennr Said Idriss, le chef de la fa-
meuse secte des SælouEsj, est arrivé à
Rome pour présenter au roi ses honuna-
ges.' Le potentat africain et sa suite ont
fait sensation dans la Ville éternelle,.
LE CASSE-TÊTE DALMATE
Tout peut s'arranger,
dit d'Annunzio
Rome, 7 décembre.
On mande de Trieste :
La 'commission de députés qui s'est ren-
due à Fiume a conféré .avec d'Annunzio,
Elle a visité fies environs de Fiume vens
Oussak. La conférence avec d'Annunzio
a duré trois heures. La commission a fait
remarquer qu'elle n'avait aucun mandat
officiel. Aux questions posées par la dédé.
gation, d'Annunzio répondit qu'il avait
l'impression qu'il y a des malentendus
qui peuvent être aplanis et qu'il n'est pas
difficile de trouver une- solution satisfai-
sanie pour, les intérêts de Fiume et de
l'Italie. — (Havas.)
Des carabiniers partent pour Zara
1 Rome, 7 décembre.
' i Lé Giornale^d'Iialia annonce d'Ancône
que 500 garder et carabiniers se sont em-
ibarqués aujourd'hui;, pour Zara, jCa situa-
tion en Dalmatie devient âe plus en plus
délicate. L'Idea Nazionale annonce de la
même ville que l'évacuation des groupes
d'occupation de Dalmatie est commencée.
(Havas.)
Manifestations à Rome
Rome, 7 décembre.
Ce soir, queLques centaines d'étudiants
et jeunes gens nationalistes, auprès avoir
assisté à un meeting pour la Dalmatie,
tentèrent d'approcher de la Chambre des
députés pour dmproviser une manifesta-
tion hostile au gouvernement ; ils furent
dispersés sans incidents graves par la
cavalerie. — (Ha&m,)
Les Italiens évacuent la Dalmatie
D'autre part., un télégramme d'Ancône
annonce que, conformément au traité de
Rapallo, les troupes italiennes commencent
à évacuer la LOallmatie. Les garnisons de
Verpolie et de Kietagne sont déjà arrivées
à Zara ; celles de Novaglia et d'Oarovazzo
vont partir. — (Radio.)
Prochain accord entre Rome et Fiume
Rome, 8 'Décembre.
Il se confirme que le différend entre
d'Annunzio et le gouvernement italien va
être prochainement résolu. La régence de
Fiume à fait en effet Temoftrà- au général;
Caviglia une a7épcnse dont les éléments
peuvent former une; base de discussion et:
seront examinés par lIe gouvernement ita.
lien dans Oe plus grand esprit de conci-
liation.
I/Epoca assure que l'accord se ferait sur
les bases "suivantes :
1° L'Italie (reconnaîtrait la régence 'du]
Carruaro.
20 Les troupes f ruinai nés quitteraient
Veglia 'et Arbe où elles fieraient remplacées
par des troupee régulières.
3° La question du port de Baros serait
traitée directeme.nt entre la Yougoslavie
et l'Italie, mais 'cette dernière s'engage-
rait à soutenir le point de vue de d'An-
nunzio.
LA TRAGIQUE IRLANDE
Toujours des arrestations
Dublin, 6 décembre.
Aujourd'hui, pendant que les membres
du Conseil municipal siégeaient, sous la
présidence du lord-maire, des policemen
auxiliaires firent irruption dans la salle
et arrêtèrent six conseillers.
A Dublin, seulement pendant la der-
nière quin&a.ine, plus de 600 personnes ont
été arrêtées. La nuit dernière, environ
500 prisonniers ont été conduits à bord
d'un destroyer anglais. L'opération ter-
minée, le destroyer prit le large dans la
direction du nord de l'Irlande. Depuis
l'arrestation de leurs pères, de leurs frè-
res, de leurs maris, les 'femmes jouent
un rôle important dans le mouvement
sinn-feiner et plusieurs d'entre elles pré-
sident maintenant des tribunaux républi-
cains.
Hier, à Skerries, dans le comté de Du-
blin, le secrétaire de l'Union des ouvriers
des transports a été tué à coups de revol-
ver par des inconnus qui ont réussi à
prendre la fuite. - (Radio.)
Un échec du gouvernement
Londres, 7 décembre.
Le gouvernement a subi une nouvelle
défaite 1 hier soir à la Chambre des Lords
sur la question du Home Rule. L'article 70
die cette loi dit que, si une des deux par-
ties dans lesquelles l'Irlande sera divisée,
refuse d'élire un' parlement, cette partie
sera gouvernée comme une colonie de la
Couronne. Cet article' était dirigé contre
le Sud de l'île où prévaut le mouvement
sinn-fein. En fin de ',séance, . un amende-
ment présenté par lo'rd Salisbury deman-
dant l'annulation de cet article fut adopté
par 51 voix contre 50, bien qu'il ait été
vivement combat par le lord chancelier.
L'opinion de M. Henderson
LQndres, 7 Décembre.
M. Henderson, chef de la. délégation tra-
vailliste en Irlande, dont on n'attendait le
retour à Londres que mercredi, est arrivé
hier soir. D'après les journaux, il aura
aujourd'hui une entrevue avec le premier
ministre.
M. Henderson déclare que, dans tous les
milieux d'Irlande, il a constaté le désir
unanime d'e paix. A son avis, le moment
actuel est le plus favorable que l'on puisse
choisir pour effectuer une réconciliation.
Mais il ne cache pas que si on Le laisse
échapper, la guerre civile atteindra un de-
gré d'horreur et de violence que l'on n'a
pas Moore vu dans l'histoire des luttes
irlandaises. (Radio.)
LES GRANDS PROBLÈMES
La dépression commerciale
n'est pas près de cesser
Mais la transition s'opérera sans heurts
New-York, 6 décembre.
Suivant la revue mensuelle du Board
Fédéral Réserva, il ne faut pas s'attendre
à ce que la dépression commerciale qui,
existe dans la plupart des milieux cesse
bientôt. Une des causes de cette dépres-
sion c'est la tendance évidente des consom-
mateurs à attendre une baisse des prix.
La production a continué fi, se ralentir
pendant le mois de novembre, mais les
ventes faites à prix réduit par Je-s détail-
lants ont .amené un accroissement d'achat.
Toutefois, l'amélioration des transports
e.t la plus grande facilité des crédits exer-
ceront unie influence favorable dans un
avenir prochain. Le courant des exporta-
tions se maintient assez bien, parce qu'on
expédie à destination de l'Europe de for-
tes quantités d'articles de première né-
cessité.
La fin de l'année commerciale marque
le point de transition, de la situation du
temps de guerre à une situation économi-
que normale pour la vie industrielle inter-
nationale. Les difficultés de cett.e transi-
tion ne s'aggraveront pas beaucoup et la
situation normale se rétablira avec moins
de peine qu'on n'en trouve généralement
dans les périodes de remaniement.
Gela tient surtout là la forte position
bancaire. La diminution des exportations
américaines est due, dans une certaine me-
sure, à la détérioration continue des ohan-
ges. Les exportations américaines dépen-
dent étroitement du volume des importa-
tions et on peut en conclure qu'il devra y
avoir un accroissement d'exportations aux
Etats-Unis gr-âoe aux crédits accordés aux
pays étrangers. (Havas.)
L'ECOLE D'EFFICACITÉ
La France a besoin d'hommes
qui « réalisent »
Lancer des idées n'est rien, les réaliser
est tout, écrit M. José •Germain, dans un
j article intitulé la « Nouvelle Ecolo d'Effi-
cacité », de la Revue Mondiale.
Quelques 'hommes issus de -la guerre ont
décidé de créer cette école de l'efficacité
ayant pour base : une instruction solide,
une curiosité de tous les instants, l'art de
raisonner simplement et par-dessus tout
~ Je besoin d'agir avec adresse et désintéres-
seonént.
ùni8 société qui se fonderait demain pour
mettre au point la centième partie des
,idlé£,s lancées bénévolement dans la circu-
latiion par le génie français, verserait ïeg
'plus beaux dividendes du monde à ses ac-
tionnaires..
.Louis Fo'rest, Lorrain opiniâtre, serait,
écrit M. José Germain, un des rares Franc
çais qui' pourraient la diriger.
En tête des statuts du Club des Cen.t,
fondé par lui en une bonne vieille hôtelle-
rie normande, il fit inscrire :
« Le Club des Cent admet aussi des
snobs. El a été en effet observé que lorsque
les snobs se rendent compte qae le sno-
bisme ne leur vaut aucun avantage par-
ticulier, ils deviennent rapidement aussi
intelligents que les autres. »
Mais relever la cuisine française, sur-
veiller et améliorer il'hôte'Ne'rie de nos
iplus bailles régions, s'efforcer d'en chasser
le mercanti et fie métèque, tout cela n'est
Tien auprès du but suprême : découvrir
la France.
N'est-ce pas ae Club des Cent qui, un
beau jour, découvre le Limousin ? Une
visite du Président de la République con-
sacre bientôt après la découverte. On gé-
néralise la méthode, puisqu'elle réussit :
les Et3lts Généraux du Tourisme se réu-
nissent et il en sort l'organisation touris-
tique actuelle.
Louis Férest fonde ensuite « Juvenia »,
destinée à créer le cinéma éducateur et
il en sort cette première production gran-
diose sur l'astronomie populaire : « Les
Mystères du Ciel ».
E. M. José Germain conclut en observant
qu'au lieu de dire : (c nous ferons », on
doit dire : Un tel a fait ceci et cela. A
i'instant où notre France blessée a tant
besoin d'hommes qui réalisent, celui qui
parle doit avoir honte de perdre du temps,
celui qui écoute doit s,e, refuser à entendra
des formules creuses.
Quand la nouvelle génération appliquera
son solide réalisme non à la poursuite de
fins égoïstes, mais à de généreuses tenta.
tives, tout altruistes et supérieures, elle
réussira pleinement.
Alors, l'école d'efficacité aura ' triomphé.
L'EMIR FAYÇAL
a de bons amis en Angleterre
Londres, 7 décembre.
Au coure d'une interview accordée au
correspondant du Morning Post, l'émir
Fayçal a déclaré qu'il était heureux de se
trouver une fois de plus en. Angleterre, où, '
dit-i!, il trouve, de très bons amis. Il a
ajouté qu'dl était très touché dé l'accueil
aimable, qui lui a été fait partout.
Au sujet de la Mësopota.ini.e, l'émTr a
exprimé le plus grand espoir relativement
à la situation dans cette région, mainte-
nant que sir Bei-tie Cox se trouve à Bag-
da.d. (Havas).,
EN ALGERIE
La question
du mouton
11 y a en co moment une question tio
l'Algérie. Nos députés ont appris que [œ
Algériens ont faim, et fis voudraient savoir
pourquoi. Je vais le leur dire, y étant allé
voir.
Les Algériens ont faiim parce que l'Al-
gérie a leu soif, une soif torride et presque
sans exemple. Dans ces pays d'Afrique cii
l'année se divise en saison sèche et saison
des pluies, soudain, l'an dernier, sans qu'au-
cun météorologiste puisse dlire pourquoi, la,
sa'ison. des pluies a été supprimée. Il irai
pas plu une goutte d'eau pendant douze -
moie. Alors, qui est mort? C'est le mouton..
Car il 'Arabe vit du mouton. Pas il,e Ka-
byle, qui cultive, mais l'Arabe, resté uni
peuplé pasteur bi.bl-i'que, allant de. points
d'eau en points d'eau dans les grands sables
.du Sud. Au m ornent de l'a transhumance,
il remonte jusqu'à la lisière des pays dé
culture, où ,i,I échange ses moutons contre
des céréales.
Avant la guerre, un mouton valait cent
sous, et l'Algérie en exporta'it un mHlion,¡
Pendant la guerre, voyant que des commis-
sions de ravitaillement payaient n'importe
quel prix, Je berger arabe, qui n'est pias
sot, raréfia l'a marchandise pour faire mon-
ter les cours, comme un simple mandataire
aux HaMes. Et lé mouton de cent sous se
paya cent francs.
Allah mfeénicordieux — loué soit son:
nom ! — ne bénit pas cette coupable spé-
culation sur le malheur d'autrui. Tandis que
les tribus arabes gardaient dans le déserf
les trois quarts de leurs troupeaux, afin do
nous vendre l'autre quart vingt fois plus
cher, advint la sécheresse que je vous ai
dite. Le mouton creva, dans la p!I'QPortloili
de 75 pour 100. Et il'Ara-be qui., hier en-
core, roulait sur Œ,'œ.:. se trouva dépourvu.
D'y a d'autres questions en Algérie : celie;
de la crise des vins, par exemple, dont lai
moitié est restée pour compte aux viticul-
teurs. Mais ceux-ci, avaient mis de t'arg&nt
,de côté. Je passais h'ier à Tipaza, petit vil-
lage sur Ta côte, qui fut jadis une grande
cité fpoma'ine, maïs qui n'abrite plus que
1.500 habitants. Eh bien! sur ces quinze
cents haMtan.ts, • on m'a nommé une dou-
zaine de millionnaires, dont certains riches
à sept .ou huit millions gagnés avec leur .vin
pendant l1a guerre. Ces Algériens-là peu-
vent supporter une année de mévente.
L'Arabe, lui, n'avait point fait d'écono-^
mies. Par ailleurs, presque i'nca'pable
tr,avei-t-er, ne sachant que prier et rêver,;
— un berger, en, langue arabe, s'appelle
UiD buveur de soleil — il ne peut vivre pré-
sentement que du blé que aie gouvernement
d'Alger est forcé, hélas ! d'importer d'Amé-
ruque.
Et voilà comment AI1Wah miséricordieux
— 'loué soit son nom! — protège tout de
même-oos Elus. Car c'est nous, vi;ls Roumis,
qui, après avoir payé le gigot trop cher,
sommes encore obligés1 de nourrir mainte'
fiant notre spéeulatemr.
MAURICE DE WALEFFE.
M. Abel est arrivé
M. Abel, gouverneur général de VAlgé-
rie, accompagné de Mme Abel et de M.
Schneider, son chefde cabinet, est arrivé
à Paris, 'ce matin à 9 heures.
M. Abel vient en France pOW" ;as.s:4C13.r,
vendredi au 4£bat qUi aura lieu é M
Chambre sur la famine 'en Algérie.
LES COURSES
Perrière Heure Hippique
(DE NOS CORRESPONDANTS PARTICULIERS)
•De 'Chantilly :
Rikuit, War Rocket, Dorville, Marry
Mischief sont au mieux.
Je vous recommande WA'R ROCK£-T,,
De 'Maisons :
Glatie, Bder&tf, PhilheHène, Brave,
Riaptn sont bien.
Je vous recommande RAPIN. 1
Les pronostics raisonnes de Paris-Midi :
Ire oonrse ; RIKUIT, Reask, Glatie.
2e «orùrse : ELDERED, War Rocket, Rêve de
Mondaine.
3° course : ECURIE BOUS SAC, War Rocket,
Mimsténal.
4° couiise : BRAVE, Reine des Bois, Axis.
Se course : DORVILLE, Revolt, Paillette.
60 courte : RAPIN, ?Yle-ri,y Misc/rief, Labou.
reur.
Aux Halles, ce matin
Hier, cc fut un marché quelconque à la VU-
lette. Il n'y avait, que 3.650 bœufs, 1.000 veaux,
10.000 moutons et 3.800 porcs. Petits apports
des abattali,s. Faible hausse de 10 fr. sur le
veau, plus torte sur le mouton qui augmente
de 50 fr. aux J.OO kilos dans les 2c et 30) qualités.
Baisse de 50 fr. sur les reins de porc. Ce der-
nier va probablement baisser encore ; mais
cela ne s'aperçoit guère dans les charcuteries
de quartier.
A la volaille, apports normaux. Peu de va-
riation dans les cours. Poulet Tour c.Mte, 11 lè
14,50, rnoy. 13,75 ; Brcsse, 13 à 15.50, moy. 14,50;
Midi, 13 u. 14.50. moy*. lL Tïreiagnc, 12 à 13,50,
v.wy. 13. Le lapin monte à 9,80. Hausse éga.
lement sur le cÙnant, qui se cote à la pièce ;
de ferme, 14 à 2Z, moy. 1S ; _Iiantais, 18 it 30^
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