Titre : Le Petit Marocain
Éditeur : Petit Marocain (Casablanca)
Date d'édition : 1943-08-08
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb344696449
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 08 août 1943 08 août 1943
Description : 1943/08/08 (A31,N7297). 1943/08/08 (A31,N7297).
Description : Collection numérique : Protectorats et mandat... Collection numérique : Protectorats et mandat français
Description : Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique... Collection numérique : Bibliothèque Diplomatique Numérique
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4693422m
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-96197
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 14/08/2017
Le Petit Marocain
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Casablanca la Gan AOUT 1943
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Casablanca accueille le général de Gaulle
par d'enthousiastes et vibrantes ovations
DE JUIN 1940
A AOUT 1943
DE RABAT — En juillet 1941 je
gagnais l'Angleterre. J'allais
rejoindre les Forces françaises
libres, répondant à l'appel du géné-
ral de Gaulle que j'avais entendu
de Sarrebourg où j'étais prisonnier.
J'ai la joie de retrouver le Maroc
à l'heure même où un peuple una-
nime y acclame le Président du Co-
mité National de la .Libération.
Que les temps sont changés !
En juin 1940, alors que tout s'ef-
fondrait en France, que des gouver-
nants pris de panique installaient le
pays dans la défaite et mettaient un
véritable acharnement à faire aux
Français des âmes de vaincus, un
homme lançait un appel qui, en
d'autres temps, eut pu être signé de
Gambetta, de Clémenceau, de Foch
ou de Lyautey.
Appel patriotique certes, mats
combien prophétique. La proclama-
tion désormais historique; « La Fran-
ce a perdu une 'bataille, mais la
France n'a pas perdu la guerre .,
prédisait exactement ce qu'allait de-
venir le conflit mondial.
Le général de Gaulle a maintenu
la France dans le camp des Alliés,
c'est-à-dire dans le camp des vain-
queurs. Sans cesse présente au com-
bat, la France participera à la vic-
toire et à la paix.
Né d'une défaite dont Il s'est sin-
gulièrement accommodé, le gouver-
nement de Vichy sera balayé avec
la victoire comme ont déjà été ba-
layés les espoirs de Laval de voir
l'Allemagne gagner la guerre.
On saura un jour au' prix de
quelles difficultés et de quels sa-
crifices la France Combattante a pu
naitre et croître dans l'espérance. Du
premier appel lancé de Londres et
auquel nous avons répondu de tous
les coins du monde, à la formation
de l'actuel Comité National, la route
a été dure, mais elle conduit déjà à
la libération de l'Empire français,
prélude de la libération -de la Fran-
ce et de l'écrasement de ses enne-
mis.
Cela les Français l'ont compris
dans la métropole et dans le monde
mais les amis de la France ne l'ont
pas moins fortement senti.
De juin 1942 à mars 1943, au
cours de nombreuses missions en
Amérique, j'en ai eu des preuves
multiples.
Alors que beaucoup de pays
avaient encore un représentant offi-
ciel de Vichy, c'était le délégué of-
ficieux du général de Gaulle et du
Comité de Londres que l'on consi-
dérait comme le véritable ministre
de France.
A la Havane, j'ai été reçu de fa-
çon officielle par le gouvernement,
l'armée, la marine, les facultés où
devant un auditoire immense et vi-
brant, j'ai pu, comme j'allais le fai-
re dans tous les pays d'Amérique,
documenter mes auditeurs sur la ré-
sistance en France et le développe-
ment des Forces françaises libres.
Au Brésil, même ferveur, à Rio,
Sao-Paulo, Porto-Alegre, Pelotas. A
Montevideo, j'ai été reçu en au-
dience officielle par le ministre uru-
guayen des Affaires étrangères que
Je venais saluer au nom du géné-
ral de Gaulle.
Au Chili, au Pérou, en Equateur,
au Guatemala, à Costa-Rica même
enthousiasme et même compréhen-
sion du véritable sentiment français.
En Colombie, dans ce rude et fier
pays que baigne le Pacifique à des
milliers de milles des côtes de Bre-
tagne ou de ISrAvence, dg hommes
du peuple se sont si tues 'te jour
où ils ont appris la prise de Paris.
Ils ignoraient tout de la langue fran-
çaise, n'auraient jamais eu les
moyens de venir visiter notre pays,
et cependant ces âmes simples et
pures ont accompli un geste déses-
péré et la vie leur a semblé miséra-
ble à l'heure où Paris n'était plus
libre !
Passant au Mexique le jour de la
fête nationale de l'indépendance,
j'ai été invité à la grande revue et
tous les délégués alliés, dans un
sentiment délicat, ont tenu à ce que
la place d'honneur soit donnée au
représentant de la France Combat-
tante.
Courtisans du malheur, les peu-
ples de l'Amérique latine et centra-
le ont souffert des misères de la
France comme d'une offense per-
sonnelle et ils ont tous compris,
dans leur merveilleux instinct, que
la vraie France ne s'inclinerait Ja-
mais devant l'Allemagne, que tout
séparait l'opinion française de son
gouvernement.
Je n'ai fait que traverser les
Etats-Unis pour me rendre du Me-
xique au Canada, mais j'ai pu ce-
pendant y constater l'amitié touchan-
te qu'y rencontre un officier fran-
çais.
Au Canada français, j'ai retrouvé
avec émotion la vie de nos provin-
ces et j'ai reçu des autorités civiles,
religieuses ou militaires, un accueil
vraiment fraternel. Mon passage
coïncidait avec la première rencon-
tre des généraux de Gaulle et Gi-
raud à Casablanca.
Le prem!er pas vers l'unité fran-
çaise a provoqué dans toute la pro-
vince de Québec un enthousiasme
indescriptible.
Je ne puis citer tous nos amis là-
bas car ils sont légion, mais je ne
puis taire le nom du général Vanier,
glorieux mutilé de la guerre de 1914,
ministre du Canada en France jus-
qu'à l'armistice de juin 1940. Grand
ami et grand admirateur du général
de Garnie dont il n'a cessé d'exalter
l'œuvre, le général Vanier est main-
tenant ministre du Canada à Lon-
dres auprès des Nations alliées.
Tous les espoirs sont permis à un
pays qui ayant subi les pires revers,
connu les pires erreurs politiques et
militaires, conserve le prestige et les
amitiés que la. France garde dans le
monde.
. Juin 1940 - août 1943 ! oui, en
vérité, que les temps sont changés.
A l'heure où le Président du Comité
de la. Libération est l'hôte du Ma-
roc, l'unité des Français est faite et
leur union totale pour la libération
prochaine de notre patrie.
Partout les Alliés avancent, par-
tout l'ennemi recule, débordé. La
victoire est une certitude. L'honneur
du général de Gaulle aura été de
conserver à la France son vrai vi-
sage à l'une des heures les plus
atroces de son histoire.
Lieutenant-colonel
Gustave GOUNOUILHOU.
Le général de Gaulle, accompagné du général Catroux, est reçu à Rabat à sa descente d'avion
par M. l'ambassadeur Puaux, résident général de France au Maroc (Ph. Belin - W.H. 2005)
La grande cité marocaine
a vécu une journée inoubliable
L'événement que nous attendions tous depuis si longtemps, avec une im-
patience sans cesse grandissante, s'est produit.
Le général de Gaulle et arrivé, à Casablanca et hier il a été notre hôte.
Et nous tous qui noùs promettions de l'acclamer, depuis tant de jours, nous
étions là, massés, serrés, entassés, écrasés sur tous les trottoirs du parcours
qu'il devait suivre, depuis le début de l'après-midi, pour le voir passer l'es-
pace d'une seconde. Mais cet instant, si court fût-il, était suffisant pour nous
permettre de lui crier d'une seule voix, toute notre reconnaissance, pour nous
avoir fait espérer et toute notre affection. Tous ensemble nous avons formé,
avec nos amis marocains, une foule immense qui l'a accueilli, par une immen-
se clameUr de joie, d'enthousiasme et d'espérance, une immense clameur née
sur la place Nicolas Paquet, qui vécut avec une incroyable vigueur et une
extraordinaire énergie le long des boulevards et des avenues et qui ne voulut
pas mourir, même lorsque la haute silliqggtte., désormais Jéçendaire, ejit. dis-
paru dans le parc de la Région. s"
Et lui, notre Chef, qui nous guide depuis le 18 juin 1940, qui seul, a per-
sonnifié la France, la vraie, au moment où tout croulait sous les assauts des
armées germaniques et les coups insidieux des capitulards de Bordeaux, assis
dans sa voiture, tantôt grave et tantôt souriant, ému par l'enthousiasme d'un
peuple qui renaît à l'espérance, par toute cette ferveur qui montait vers lui,
saluait, saluait sans arrêt.
Ces acclamations, délirantes, ces ovations interminables, ont donné au
général de Gaulle la mesure du patriotisme. ardent qui anime notre peuple.
Elles lui ont montré notre union derrière le Comité français de la Libération,
notre volonté de combattre pour la libération de la France et les libertés ré-
publicaines.
Si les Casablancais ont vécu, hier, une Inoubliable journée, une de celles
qu'ils garderont précieusement au plus profond de leur cœur, le général de
Gaulle se rappellera certainement son entrée solennelle à Casablanca, comme
l'une des plus émouvantes manifestations qui marqueront dans son cœur, la
résurrection de la France.
Mais combien privilégiés ont été ceux qui ont assisté à l'arrivée à la Ré-
gion, lorsque la foule chantait la « Marseillaise » pendant que le général de
Gaulle, qui avait à ses côtés le général Catroux et M. l'Ambassadeur Puaux,
saluait le glorieux drapeau des Sénégalais. Que d'hommes ont pleuré qui n'es-
péraient plus, * après la plus effroyable catastrophe de notre Histoire, vivre
des minutes aussi sublimes, lorsque notre grand chef passa au milieu des mil-
liers de « V » pendant que les cris de « Vive de Gaulle - emplissaient le
clel casablancais.
Mais le général de Gaulle ne pouvatt pas passer cette première Journée au
milieu de nous sans prendre un contact étroit avec ses plus fidèles troupes,
avec celles qui combattirent avec lui et suivirent ses directives aux jours
sombres de juin 1940, quand Vichy commandait. Ce contact entre le chef et
ses hommes fut profondément émouvant. C'était toute l'âme de la France qui
résiste qui se manifestait là avec une incroyable puissance.
Aujourd'hui, Casablanca va revivre dans l'allégresse et l'enthousiasme des
heures qui apporteront une preuve définitive au Chef du Comité français de la
libération nationale, de notre union et de notre patriotisme.
(Photo Verdy - W.H. 2007)
M Marazzani et M. Cousté accueillent, à l'entrée de la ville de Casablanca,
le général de Gaulle
La cérémonie à Bouznika
A partir de 15 heures, Bouznika présente
une animation inaccoutumée. De part et
d'autre du monument élevé à la gloire
des Goums et devant lequel le général de
Gaulle doit se recueillir, deux sections de
Goumiers, en burnous bruns, prennent po-
sition. Sur la petite place, de hautes per-
sonnalités civiles- et militaires arrivent' et
notamment M. Contard, chef de la Région
de Casablanca, le contre-amiral comman-
dant la marine au Maroc ; le général com-
mandant la division ; le général comman-
dant les Goums, le général Lahure. M. Ca-
pitant. secrétaire général de la Région, - et
M. Bonhomme, chef de cabinet.
15 heures 40. Le cortège officiel appa-
raît. En tête vient la voiture bleue, re-
connaissable à son fanion à croix de Lor-
raine du Président du Comité français de
la Libération. Le général de Gaulle en des-
cend ainsi que M. l'ambassadeur Puaux
qui' lui présente toutes les hautes autorités
présentes, tandis que toute la population
du petit centre, rassemblée au carrefour
de la route de Rabat, lance avec vigueur
les premiers « Vive de Gaulle ! »
Le général de Gaulle dont chacun se platt
à admirer la simplicité s'avance vers la
stèle au pied de laquelle il dépose la
gerbe de fleurs que viennent de lui re-
mettre deux Moghaznis en grande tenue.
Les goumiers présentent les armes.
Une minute de recueillement en hom-
mage à ceux qui sont morts et à ceux qui
représentent l'année française dans les
combats de Sicile, précède la revue passée
par le général de Gaulle des détachements
qui rendent les honneurs tandis que le,
applaudissements reprennent.
Le cortège se reforme et par la routw
de Rabat file à toute allure vers Casablanca
salué au passage par les habitants des
fermes et les populations des petites ag-
glomérations.
Dans le cortège on note la présence du
général Catroux et M. Palewski, le colonel
Billote, le commandant de Courcel et le
capitaines Charles Roux, ainsi que M. Mar.
Chai, secrétaire général du Protectorat et
les cabinets civil et militaire du Résident
général.
AUX DROITS DES PORTES
A 16 heures 30, le cortège arrive devant
le droit des portes. Le général de Gaulle
est accueilli par S.E. le pacha de Casa-
blanca, M. Marazzani, vice-président de la
Commission municipale et M. Cousté, chef
des Services municipaux. Après que cha-
cun de ces derniers eut prononcé des pa-
roles de bienvenue à l'adresse du Président
du Comité de la Libération nationale, le
cortège se reforma pour son entrée solen-
nelle dans la ville.
Le premier contact
de notre population
avec le général de Gaulle
Casablanca s'était couverte de drapeaux
pour recevoir le général de ''-Gaulle. Les
couleurs alliées décoraient les façades et
flottaient sur tous les balcons. Par dessus
les avenues, des milliers de petits drapeaux
donnaient à la ville son air des plus grands
Jours de fête. Sur de grandes banderoles
se détachaient en lettres énormes « Vive
de Gaulle », « Vive la France », « Vive
la République ! ï.
Casablanca accueille le général de Gaulle
par d'enthousiastes et vibrantes ovations
JAMAIS RABAT
n'avait connu
un tel délire
Audience solennelle au Palais
de Sa Majesté le Sultan
Rabat a vécu hier matin des heures
d'enthousiasme. Le séjour au Maroc du
général de Gaulle a permis aux sentiments
accrochés au cœur de toute une popula-
tion de s'exprimer avec une foi vibrante,
d'acclamer sa joie présente et ses espé-
rances pour l'avenir. C'est en rendant un
pieux hommage au Maréchal Lyautey que
le général de Gaulle a commencé officiel-
lement sa journée d'hier.
Un cortège se forma à la Résidence où
les honneurs étaient rendus par un déta-
chement de goumiers revêtus de la gan-
doura blanche. Le général de Gaulle ap-
paraît, entouré du général Catroux, de M.
l'ambassadeur Résident général Gabriel
Puaux, de M. Meyrier, délégué à la Rési-
dence, de M. Marchai, secrétaire général
du Protectorat, et de M. Palewski, direc-
teur de son Cabinet.
Au mausolée
Le cortège gagne le mausolée où sta-
tionne une foule nombreuse ; les honneurs
sont rendus par une compagnie de tirail-
leurs marocains. L'apparition du général
de Gaulle déclenche une ovation indescrip-
tible. Les cris de « Vive la France ! Vive
de Gaulle 1 » s'élèvent dans l'air. Le gé-
néral salue ; il arrive auprès du mauso-
lée où la foule est également massée et
l'accueille avec une joie débordante. Le
général se recueille un instant, pénètre
dans le mausolée et dépose une gerbe de
fleurs sur le tombeau.
Au palais de S.M. le Sultan
Toujours sous les ovations de plus en
plus fréquentes, le cortège se reforme pour
se rendre au palais de S.M. le Sultan, où
le général de Gaulle est reçu en audience
solennelle.
Escortés d'un peloton de spahis en gran.
de tenue, le général de Gaulle, M. Gabriel
Puaux, le général Lascroux et les diffé-
rentes personnalités qui les accompagnent
pénètrent dans la cour où l'infanterie de
la Garde Chérifienne rend les honneurs.
c La Marseillaise » éclate, suivie de
l'hymne chérifien pendant que le général
de Gaulle salue le drapeau.
Puis il s'avance vers la cour d'honneur
où il est reçu par S.E. Si Mammeri, chef
adjoint du Protocole et M. Lemaire, con-
seiller du Gouvernement chérifien.
Dans la salle du Trône
Le général de Gaulle, le général ca-
troux, M. Puaux et les personnes qui les
accompagnent sont introduits dans la sal-
(Photo Verdy - W.H. 2006)
Le général de Gaulle salue le drapeau des Sénégalais, à son arrivée devant
la région de Casablanca
le du Trône où S.M. les reçoit avec une
affabilité particulière. Après les présenta-
tions, la conversation s'engage entre le sou-
verain et ses hôtes. S.M. se déclare parti-
culièrement heureuse de recevoir aujour-
d'hui pour la première fois officiellement
le général de Gaulle et lui souhaite la
bienvenue :
« Nous ne vous féliciterons Jamais as-
sez, déclare notamment S.M., pour votre
œuvre que l'on doit qualifier de bien fran-
çaise, car l'homme n'a pas de meilleur
chemin à suivre que servir son pays. L'ar-
deur avec laquelle vous vous êtes donné
à cette tâche vous permet de réussir ».
Le général de Gaulle se déclare très
honoré des paroles bienveillantes que Sa
Majesté veut bien lui adresser. Il déclare
également qu'il a travaillé pour la France
et continuera de s'y dônner tout entier
pour qu'elle soit heureuse dans l'avenir.
Sa Majesté répond : « Quand vous étiez
à Londres, j'ai suivi de très près vos ef-
forts, j'ai écouté souvent vos paroles à la
radio, et votre attitude me permettait d'es-
pérer que la France aurait de meilleurs
jours ».
Le général de Gaulle répète qu'il n'a
jamais cessé d'espérer. Sa Majesté dit que
les conclusions sont toujours dignes des
premiers efforts.
« Nous voyons, dit-Elle, comment eela
commence et nous savons comment cela
doit finir ».
Sa Majesté regrette que le général de
Gaulle ne dispose que de peu de temps.
Elle aurait aimé voir son séjour à Rabat
se prolonger davantage mais Elle ajoute
qu'Elle espère que ce n'est pas la dernière
visite du président du Comité Français de
la Libération Nationale. D'autre part, le
souverain espère une fois la guerre ter-
minée pouvoir aller en France où Elle ren-
dra sa visite au général de Gaulle.
Le général de Gaulle associe en termes
chaleureux le général Catroux qui est à
ses côtés à son œuvre de résistance et de
libération.
« Le jour cù le général Catroux est ve-
nu à vos côtésl, répond Sa Majesté, la cer-
titude de la victoire française est deve-
nue plus forte en moi. J'ai eu l'occasion
d'apprécier au Maroc le général Catroux.
Il était tout naturel qu'il soit à vos côtés
pour la grande tâche que vous avez en-
treprise, car, termine le Souverain, qui se
ressemble s'assemble ».
Le général de Gaulle remercie Sa Ma-
jesté Sidi Mohammed des paroles si bien-
veillantes qu'Elle vient de prononcer et
reçoit des mains du Sultan le Grand Cor-
don du Ouissam Alaouite. Sa Majesté re-
met également à M. Palewski les insignes
de Grand Officier. Le colonel Billotte, le
commandant de Courcelles, le comman-
dant Jousselin, sont faits commandeurs :
le capitaine Charles Roux est fait officier.
Place Lyautey
Après l'audience de Sa Majesté, le cor-
tège descendit par le Grand Méchouar et
le cours Lyautey jusqu'à la place de la
Gare, salué tout le long du parcours par
des acclamations délirantes de la foule
massée sur les trottoirs. Sur la place de
la Gare, abondamment décorée de bande-
roles et de drapeaux, une foule littérale-
ment délirante, entassée sur les trottoirs,
en grappes aux fenêtres et sur les terras-
ses des immeubles, accueille le président
du Comité Français de la Libération Na-
tionale par une indescriptible ovation qui
se prolonge pendant toute la durée des
présentations des groupements de résistan-
ce et qui atteint son paroxysme au mo-
ment où le1 général de Gaulle monte len-
tement à la tribune pour prononcer l'allo-
cution qui fut hachée d'acclamations.
L'allocution du président du Comité
Français de la Libération Nationale s'ache-
va dans une magnifique « Marseillaise ».
chantée par des milliers de patriotes mas-
sés sur la place et ses abords. Le général
de Gaulle, visiblement ému, descendit de
la tribune, longuement acclamé et au mi-
lieu de la place, salua la foule, les bras
en « V », tandis que retentissaient toujours
les cris incessants de « Vive de Gaulle 1
Vive la République Vive la France ! ».
Il remonta en compagnie de M. Puaux
dans la voiture qui devait le ramener à
la Maison de France, tandis que la foule
l'acclamait sans fin.
A la Résidence
Le général de Gaulle a gagné la Rési-
dence. Il reçoit d'abord les officiers de la
garnison, puis les notables indigènes, israéli-
tes et musulmans. Ces derniers sont con-
duits par le Grand Vizir, Son Excellence
El Mokri, et l'on remarque parmi eux Son
Excellence El Glaoui, Pacha de Marrakech.
..J'ai été heureux, déclare dans une courte
allocution le Président du Comité français
de la Libération nationale, de constater la
ferveur du sentiment qui lie les musulmans
du Maroc à la France.
Et le Grand Vizir d'insister alors sur
le fonds que peut faire la Patrie du con-
cours inaliénable du Marot:.
Le général de Gaulle reçoit la presse
« L'épuration se fera comme il faut qu'elle se fasse : normalement, par en haut
et sous l'autorité et la responsabilité de ceux qui en ont la charge »
déclare le Président du Comité de la Libération Nationale
Un peu plus tard, le général de Gaulle
entouré du général Catroux et de M.
Gabriel Puaux, Résident général, reçoit les
représentants des journaux du Maroc et
les envoyés spéciaux de la presse alliée et
d'Afrique du nord.
— J'ai, déclare-t-il, été profondément
ému de la réception que Rabat a bien
voulu me faire, et, d'abord, dans la
personne de M. Puaux, ambassadeur de
France, résident général, et des autorités
civiles et militaires et puis de la popula-
tion. Il y avait là une manifestation gé-
nérale et profonde qui dépassait infini-
ment les personnes de chacun et qui était
du meilleur aloi et de la meilleure souche
française.
C'est un sentiment éminemment récon-
fortant que j'ai personnellement éprouvé,
et j'espère que les autres Français et Fran-
çaises, l'auront éprouvé comme moi-même.
Il étatt émouvant de sentir cette unani-
mité des forces de leur pays, leur résolu-
tion de le tirer de l'ablnie où il avait
provisoirement roulé et l'espérance de le
refaire grand, heureux et fort. Il y avait
là un sentiment unanime que j'ai constaté
partout jusqu'à présent en Afrique du
nord et qui sera, extrêmement puissant en
France. Voilà pourquoi nous nous en ü-
rerons très bien. C'est ma conviction, la
France est inébranlable. La défaite est pas-
sée sur nous, comme une tempête sur un
roc, 9n s'en apercevra. Voilà le sentiment
que je voulais vous exprimer très simple-
ment après la réception très belle de Rabat.
UN JOURNALISTE ALGERIEN. — Vous
venez de dire que la France serait forte.
Ceci comporte le respect de l'alliance dans
laquelle nous nous trouvons, une position
proprement française, qui doit ménager
d'ores et déjà l'avenir. N'y a-t-il pas là,
sur le plan uniquement national, une œu-
vre de rapprochement à faire, par exem-
ple avec le peuple russe ?
GENERAL DE GAULLE. — Etes-vous
bien sûr qu'il y a une si grande différence
entre les deux peuples ?
Je suis absolument convaincu qu'il y a
dans le peuple Français une compréhen-
sion très profonde du peuple russe, de ses
misères et de ses douleurs, de ses gloires
et je crois qu'il en est de même pour le
peuple russe vis-à-vis du peuple français.
Nous avons des relations avec le gouver-
nement soviétique ; mais nous avons aussi
des Français qui se trouvent en Russie, en
particulier des aviateurs très glorieux qui
sont reçus admirablement et luttent dans
une camaraderie émouvante aux côtés des
aviateurs soviétiques. Actuellement, il n'y
a aucune opposition entre les deux peu-
ples.
J'ai l'impression qu'après cette guerre,
il y aura un rapprochement général élé-
mentaire des peuples entre eux, des mas-
ses entre elles et que ce sera un grand
bénéfice pour le monde.
UN JOURNALISTE ALGERIEN. — Mon
Général, à Alger, j'ai entendu exprimer
l'équation suivante :
Unification + épuration = renaissance.
L'opinion publique attend l'épuration.
DE GAULLE. — Entendons-nous bien.
Il est certain que, pour que l'union se
fasse, se prolonge et se maintienne, il faut
que certains hommes qui ont pris une part
personnelle dans un politique condamnée
par le pays, soient écartés. Du reste, un
certain nombre l'ont été. Les principaux
responsables, d'ailleurs, vous les connais-
sez, ce sont les gens qui, de Vichy oat
orienté les administrations, l'armée et mê-
me une certaine portion du peuple français,
vers une politique absolument contraire à
son honneur, et à ses intérêts. Ceux-là
seront condamnés.
Les discours du général
de Gaulle et de M. Parent
seront radiodiffusés
à partir de 9 heures 30
Dimanche 8 août, place Adminis-
tjrâfiive, à Casablanca, à 9 heures 30,
YL "Pm'eri\, puis le général de Gaul-
le prononceront des discours qui se-
ront radiodiffusés par Radio-Maroc
sur les longueurs d'ondes suivantes:
ondes moyennes 499 m., ondes cour-
tes 21 m. 48. 23 m. 33, 25 m. 15.
Ces émissions feront relayées par
Alger (318 m. et 25 m.)
La retransmission de ces discours
sera assurée à Rabat au moyen de
hauts-parleurs installés place Lyau.-
tey.
Allocution radiodiffusée
du général de GAULLE
Voici le texte de l'allocution prononcée hier matin à Rabat
par le général de Gaulle :
Sur le dur chemin qui nous mène vers le salut du pays et
vers la rénovation nationale, rien n'est plus réconfortant
qu'un moment comme celui-ci.
Il suffit que nous nous trouvions réunis entre Français
et Françaises, librement et sincèrement, pour que toutes nos
pensées, toutes nos ardeurs, toutes nos espérances soient
aussitôt confondues.
On proposait l'union des Français ; mais elle est faite !
Rabat, à son tour, en fournit la preuve éclatante. Ils sont
passés les jours de malheur et de deuil, et voici venir les
jours d'action, de fierté et de reneuveau.
De Rabat, au nom du Comité français de la Libération
nationale, j'adresse mon salut au Maroc, au Maroc dont je
viens d'avoir l'honneur de voir t'Ajuguste Souverain,
au Maroc, lié à nous, hier pour le pire et demain pour le
meilleur,
au Maroc, qui est le témoignage vivant de la compréhen-
sion réciproque et de l'union profonde de la France et de
l'Islam,
au Maroc, dont l'essor est la preuve vivante de la gran.
deur et du génie de la grande nation que nous sommes,
grandeur et génie que le malheur a pu un moment obscurcir,
mais qui vont reparaître au grand soleil de la Victoire.
Quand la bataille
de France commencera
une armée française
considérable combattra
aux côtés des Alliés
écrit le correspondant de
« Daily Express » à New-York
LONDRES, 7 août. — Le correspondant
du « Daily Express » à New-York écrit :
Une armée française considérable com-
battra aux côtés des divisions britanniques
et américaines quand la bataille de, France
commencera. Cette armée sera créée grâce
à l'aide financière apportée par la loi
« Prét-bail » lorsque les pourparlers ett.
cours seront parvenus à un accord au sujet
de la rèconnaissance du Comité français
de la Libération nationale.
WASHINGTON. — On annonce le pro-
chain départ de Lord Halifax, ambassa-
eteur de Grande-Bretagne en U.S.A. pour
Londres.
RAPPEL
à la discrétion
AMER, t août — le secrétariat
à l'information cetilmunique :
Il est rappelé à la population que
la plus grande discrétion s'impose à
l'heure où des opérations militaires
décisives sont en cours. Chacun doit
considérer comme un devoir patrio-
tique élémentaire de s'abstenir de
tout propos ou de tout écrit impru-
dent relatif soit aux forcçs armées
en général (mouvements de troupes
ou de navires, par exemple) soit à la
situation intérieure ou extérieure du
pays. De telles indiscrétions font le
jeu de l'ennemi. Elles seront désor-
mais relevées et les délinquants se-
ront poursuivis devant les tribunaux
militaires.
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Pharmacies : De jour : Du Serpent, 10,
Pl. de France; T. A 05-56 ; Moderne, Bd.
Liberté angle r. Av. Française, T. A 05-62;
du Maarif, Rte Maz;,,,,n et r. Canigou,
T. B 01-28. Pour les quartiers : Roches-
Noires, Gare et Gironde : Phie. des Ro-
ches-Noires, Gare et Gironde ; Phie. des
Roches-Noires, 218, Av. St-Aulaire. De
nuit : Phie. de l'Hôtel de Ville.
De jour : Dr. Denizet-Lafontaine, 23, r.
de l'Horloge, T. A 18-58 ; De nuit : Dr.
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Casablanca la Gan AOUT 1943
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Casablanca accueille le général de Gaulle
par d'enthousiastes et vibrantes ovations
DE JUIN 1940
A AOUT 1943
DE RABAT — En juillet 1941 je
gagnais l'Angleterre. J'allais
rejoindre les Forces françaises
libres, répondant à l'appel du géné-
ral de Gaulle que j'avais entendu
de Sarrebourg où j'étais prisonnier.
J'ai la joie de retrouver le Maroc
à l'heure même où un peuple una-
nime y acclame le Président du Co-
mité National de la .Libération.
Que les temps sont changés !
En juin 1940, alors que tout s'ef-
fondrait en France, que des gouver-
nants pris de panique installaient le
pays dans la défaite et mettaient un
véritable acharnement à faire aux
Français des âmes de vaincus, un
homme lançait un appel qui, en
d'autres temps, eut pu être signé de
Gambetta, de Clémenceau, de Foch
ou de Lyautey.
Appel patriotique certes, mats
combien prophétique. La proclama-
tion désormais historique; « La Fran-
ce a perdu une 'bataille, mais la
France n'a pas perdu la guerre .,
prédisait exactement ce qu'allait de-
venir le conflit mondial.
Le général de Gaulle a maintenu
la France dans le camp des Alliés,
c'est-à-dire dans le camp des vain-
queurs. Sans cesse présente au com-
bat, la France participera à la vic-
toire et à la paix.
Né d'une défaite dont Il s'est sin-
gulièrement accommodé, le gouver-
nement de Vichy sera balayé avec
la victoire comme ont déjà été ba-
layés les espoirs de Laval de voir
l'Allemagne gagner la guerre.
On saura un jour au' prix de
quelles difficultés et de quels sa-
crifices la France Combattante a pu
naitre et croître dans l'espérance. Du
premier appel lancé de Londres et
auquel nous avons répondu de tous
les coins du monde, à la formation
de l'actuel Comité National, la route
a été dure, mais elle conduit déjà à
la libération de l'Empire français,
prélude de la libération -de la Fran-
ce et de l'écrasement de ses enne-
mis.
Cela les Français l'ont compris
dans la métropole et dans le monde
mais les amis de la France ne l'ont
pas moins fortement senti.
De juin 1942 à mars 1943, au
cours de nombreuses missions en
Amérique, j'en ai eu des preuves
multiples.
Alors que beaucoup de pays
avaient encore un représentant offi-
ciel de Vichy, c'était le délégué of-
ficieux du général de Gaulle et du
Comité de Londres que l'on consi-
dérait comme le véritable ministre
de France.
A la Havane, j'ai été reçu de fa-
çon officielle par le gouvernement,
l'armée, la marine, les facultés où
devant un auditoire immense et vi-
brant, j'ai pu, comme j'allais le fai-
re dans tous les pays d'Amérique,
documenter mes auditeurs sur la ré-
sistance en France et le développe-
ment des Forces françaises libres.
Au Brésil, même ferveur, à Rio,
Sao-Paulo, Porto-Alegre, Pelotas. A
Montevideo, j'ai été reçu en au-
dience officielle par le ministre uru-
guayen des Affaires étrangères que
Je venais saluer au nom du géné-
ral de Gaulle.
Au Chili, au Pérou, en Equateur,
au Guatemala, à Costa-Rica même
enthousiasme et même compréhen-
sion du véritable sentiment français.
En Colombie, dans ce rude et fier
pays que baigne le Pacifique à des
milliers de milles des côtes de Bre-
tagne ou de ISrAvence, dg hommes
du peuple se sont si tues 'te jour
où ils ont appris la prise de Paris.
Ils ignoraient tout de la langue fran-
çaise, n'auraient jamais eu les
moyens de venir visiter notre pays,
et cependant ces âmes simples et
pures ont accompli un geste déses-
péré et la vie leur a semblé miséra-
ble à l'heure où Paris n'était plus
libre !
Passant au Mexique le jour de la
fête nationale de l'indépendance,
j'ai été invité à la grande revue et
tous les délégués alliés, dans un
sentiment délicat, ont tenu à ce que
la place d'honneur soit donnée au
représentant de la France Combat-
tante.
Courtisans du malheur, les peu-
ples de l'Amérique latine et centra-
le ont souffert des misères de la
France comme d'une offense per-
sonnelle et ils ont tous compris,
dans leur merveilleux instinct, que
la vraie France ne s'inclinerait Ja-
mais devant l'Allemagne, que tout
séparait l'opinion française de son
gouvernement.
Je n'ai fait que traverser les
Etats-Unis pour me rendre du Me-
xique au Canada, mais j'ai pu ce-
pendant y constater l'amitié touchan-
te qu'y rencontre un officier fran-
çais.
Au Canada français, j'ai retrouvé
avec émotion la vie de nos provin-
ces et j'ai reçu des autorités civiles,
religieuses ou militaires, un accueil
vraiment fraternel. Mon passage
coïncidait avec la première rencon-
tre des généraux de Gaulle et Gi-
raud à Casablanca.
Le prem!er pas vers l'unité fran-
çaise a provoqué dans toute la pro-
vince de Québec un enthousiasme
indescriptible.
Je ne puis citer tous nos amis là-
bas car ils sont légion, mais je ne
puis taire le nom du général Vanier,
glorieux mutilé de la guerre de 1914,
ministre du Canada en France jus-
qu'à l'armistice de juin 1940. Grand
ami et grand admirateur du général
de Garnie dont il n'a cessé d'exalter
l'œuvre, le général Vanier est main-
tenant ministre du Canada à Lon-
dres auprès des Nations alliées.
Tous les espoirs sont permis à un
pays qui ayant subi les pires revers,
connu les pires erreurs politiques et
militaires, conserve le prestige et les
amitiés que la. France garde dans le
monde.
. Juin 1940 - août 1943 ! oui, en
vérité, que les temps sont changés.
A l'heure où le Président du Comité
de la. Libération est l'hôte du Ma-
roc, l'unité des Français est faite et
leur union totale pour la libération
prochaine de notre patrie.
Partout les Alliés avancent, par-
tout l'ennemi recule, débordé. La
victoire est une certitude. L'honneur
du général de Gaulle aura été de
conserver à la France son vrai vi-
sage à l'une des heures les plus
atroces de son histoire.
Lieutenant-colonel
Gustave GOUNOUILHOU.
Le général de Gaulle, accompagné du général Catroux, est reçu à Rabat à sa descente d'avion
par M. l'ambassadeur Puaux, résident général de France au Maroc (Ph. Belin - W.H. 2005)
La grande cité marocaine
a vécu une journée inoubliable
L'événement que nous attendions tous depuis si longtemps, avec une im-
patience sans cesse grandissante, s'est produit.
Le général de Gaulle et arrivé, à Casablanca et hier il a été notre hôte.
Et nous tous qui noùs promettions de l'acclamer, depuis tant de jours, nous
étions là, massés, serrés, entassés, écrasés sur tous les trottoirs du parcours
qu'il devait suivre, depuis le début de l'après-midi, pour le voir passer l'es-
pace d'une seconde. Mais cet instant, si court fût-il, était suffisant pour nous
permettre de lui crier d'une seule voix, toute notre reconnaissance, pour nous
avoir fait espérer et toute notre affection. Tous ensemble nous avons formé,
avec nos amis marocains, une foule immense qui l'a accueilli, par une immen-
se clameUr de joie, d'enthousiasme et d'espérance, une immense clameur née
sur la place Nicolas Paquet, qui vécut avec une incroyable vigueur et une
extraordinaire énergie le long des boulevards et des avenues et qui ne voulut
pas mourir, même lorsque la haute silliqggtte., désormais Jéçendaire, ejit. dis-
paru dans le parc de la Région. s"
Et lui, notre Chef, qui nous guide depuis le 18 juin 1940, qui seul, a per-
sonnifié la France, la vraie, au moment où tout croulait sous les assauts des
armées germaniques et les coups insidieux des capitulards de Bordeaux, assis
dans sa voiture, tantôt grave et tantôt souriant, ému par l'enthousiasme d'un
peuple qui renaît à l'espérance, par toute cette ferveur qui montait vers lui,
saluait, saluait sans arrêt.
Ces acclamations, délirantes, ces ovations interminables, ont donné au
général de Gaulle la mesure du patriotisme. ardent qui anime notre peuple.
Elles lui ont montré notre union derrière le Comité français de la Libération,
notre volonté de combattre pour la libération de la France et les libertés ré-
publicaines.
Si les Casablancais ont vécu, hier, une Inoubliable journée, une de celles
qu'ils garderont précieusement au plus profond de leur cœur, le général de
Gaulle se rappellera certainement son entrée solennelle à Casablanca, comme
l'une des plus émouvantes manifestations qui marqueront dans son cœur, la
résurrection de la France.
Mais combien privilégiés ont été ceux qui ont assisté à l'arrivée à la Ré-
gion, lorsque la foule chantait la « Marseillaise » pendant que le général de
Gaulle, qui avait à ses côtés le général Catroux et M. l'Ambassadeur Puaux,
saluait le glorieux drapeau des Sénégalais. Que d'hommes ont pleuré qui n'es-
péraient plus, * après la plus effroyable catastrophe de notre Histoire, vivre
des minutes aussi sublimes, lorsque notre grand chef passa au milieu des mil-
liers de « V » pendant que les cris de « Vive de Gaulle - emplissaient le
clel casablancais.
Mais le général de Gaulle ne pouvatt pas passer cette première Journée au
milieu de nous sans prendre un contact étroit avec ses plus fidèles troupes,
avec celles qui combattirent avec lui et suivirent ses directives aux jours
sombres de juin 1940, quand Vichy commandait. Ce contact entre le chef et
ses hommes fut profondément émouvant. C'était toute l'âme de la France qui
résiste qui se manifestait là avec une incroyable puissance.
Aujourd'hui, Casablanca va revivre dans l'allégresse et l'enthousiasme des
heures qui apporteront une preuve définitive au Chef du Comité français de la
libération nationale, de notre union et de notre patriotisme.
(Photo Verdy - W.H. 2007)
M Marazzani et M. Cousté accueillent, à l'entrée de la ville de Casablanca,
le général de Gaulle
La cérémonie à Bouznika
A partir de 15 heures, Bouznika présente
une animation inaccoutumée. De part et
d'autre du monument élevé à la gloire
des Goums et devant lequel le général de
Gaulle doit se recueillir, deux sections de
Goumiers, en burnous bruns, prennent po-
sition. Sur la petite place, de hautes per-
sonnalités civiles- et militaires arrivent' et
notamment M. Contard, chef de la Région
de Casablanca, le contre-amiral comman-
dant la marine au Maroc ; le général com-
mandant la division ; le général comman-
dant les Goums, le général Lahure. M. Ca-
pitant. secrétaire général de la Région, - et
M. Bonhomme, chef de cabinet.
15 heures 40. Le cortège officiel appa-
raît. En tête vient la voiture bleue, re-
connaissable à son fanion à croix de Lor-
raine du Président du Comité français de
la Libération. Le général de Gaulle en des-
cend ainsi que M. l'ambassadeur Puaux
qui' lui présente toutes les hautes autorités
présentes, tandis que toute la population
du petit centre, rassemblée au carrefour
de la route de Rabat, lance avec vigueur
les premiers « Vive de Gaulle ! »
Le général de Gaulle dont chacun se platt
à admirer la simplicité s'avance vers la
stèle au pied de laquelle il dépose la
gerbe de fleurs que viennent de lui re-
mettre deux Moghaznis en grande tenue.
Les goumiers présentent les armes.
Une minute de recueillement en hom-
mage à ceux qui sont morts et à ceux qui
représentent l'année française dans les
combats de Sicile, précède la revue passée
par le général de Gaulle des détachements
qui rendent les honneurs tandis que le,
applaudissements reprennent.
Le cortège se reforme et par la routw
de Rabat file à toute allure vers Casablanca
salué au passage par les habitants des
fermes et les populations des petites ag-
glomérations.
Dans le cortège on note la présence du
général Catroux et M. Palewski, le colonel
Billote, le commandant de Courcel et le
capitaines Charles Roux, ainsi que M. Mar.
Chai, secrétaire général du Protectorat et
les cabinets civil et militaire du Résident
général.
AUX DROITS DES PORTES
A 16 heures 30, le cortège arrive devant
le droit des portes. Le général de Gaulle
est accueilli par S.E. le pacha de Casa-
blanca, M. Marazzani, vice-président de la
Commission municipale et M. Cousté, chef
des Services municipaux. Après que cha-
cun de ces derniers eut prononcé des pa-
roles de bienvenue à l'adresse du Président
du Comité de la Libération nationale, le
cortège se reforma pour son entrée solen-
nelle dans la ville.
Le premier contact
de notre population
avec le général de Gaulle
Casablanca s'était couverte de drapeaux
pour recevoir le général de ''-Gaulle. Les
couleurs alliées décoraient les façades et
flottaient sur tous les balcons. Par dessus
les avenues, des milliers de petits drapeaux
donnaient à la ville son air des plus grands
Jours de fête. Sur de grandes banderoles
se détachaient en lettres énormes « Vive
de Gaulle », « Vive la France », « Vive
la République ! ï.
Casablanca accueille le général de Gaulle
par d'enthousiastes et vibrantes ovations
JAMAIS RABAT
n'avait connu
un tel délire
Audience solennelle au Palais
de Sa Majesté le Sultan
Rabat a vécu hier matin des heures
d'enthousiasme. Le séjour au Maroc du
général de Gaulle a permis aux sentiments
accrochés au cœur de toute une popula-
tion de s'exprimer avec une foi vibrante,
d'acclamer sa joie présente et ses espé-
rances pour l'avenir. C'est en rendant un
pieux hommage au Maréchal Lyautey que
le général de Gaulle a commencé officiel-
lement sa journée d'hier.
Un cortège se forma à la Résidence où
les honneurs étaient rendus par un déta-
chement de goumiers revêtus de la gan-
doura blanche. Le général de Gaulle ap-
paraît, entouré du général Catroux, de M.
l'ambassadeur Résident général Gabriel
Puaux, de M. Meyrier, délégué à la Rési-
dence, de M. Marchai, secrétaire général
du Protectorat, et de M. Palewski, direc-
teur de son Cabinet.
Au mausolée
Le cortège gagne le mausolée où sta-
tionne une foule nombreuse ; les honneurs
sont rendus par une compagnie de tirail-
leurs marocains. L'apparition du général
de Gaulle déclenche une ovation indescrip-
tible. Les cris de « Vive la France ! Vive
de Gaulle 1 » s'élèvent dans l'air. Le gé-
néral salue ; il arrive auprès du mauso-
lée où la foule est également massée et
l'accueille avec une joie débordante. Le
général se recueille un instant, pénètre
dans le mausolée et dépose une gerbe de
fleurs sur le tombeau.
Au palais de S.M. le Sultan
Toujours sous les ovations de plus en
plus fréquentes, le cortège se reforme pour
se rendre au palais de S.M. le Sultan, où
le général de Gaulle est reçu en audience
solennelle.
Escortés d'un peloton de spahis en gran.
de tenue, le général de Gaulle, M. Gabriel
Puaux, le général Lascroux et les diffé-
rentes personnalités qui les accompagnent
pénètrent dans la cour où l'infanterie de
la Garde Chérifienne rend les honneurs.
c La Marseillaise » éclate, suivie de
l'hymne chérifien pendant que le général
de Gaulle salue le drapeau.
Puis il s'avance vers la cour d'honneur
où il est reçu par S.E. Si Mammeri, chef
adjoint du Protocole et M. Lemaire, con-
seiller du Gouvernement chérifien.
Dans la salle du Trône
Le général de Gaulle, le général ca-
troux, M. Puaux et les personnes qui les
accompagnent sont introduits dans la sal-
(Photo Verdy - W.H. 2006)
Le général de Gaulle salue le drapeau des Sénégalais, à son arrivée devant
la région de Casablanca
le du Trône où S.M. les reçoit avec une
affabilité particulière. Après les présenta-
tions, la conversation s'engage entre le sou-
verain et ses hôtes. S.M. se déclare parti-
culièrement heureuse de recevoir aujour-
d'hui pour la première fois officiellement
le général de Gaulle et lui souhaite la
bienvenue :
« Nous ne vous féliciterons Jamais as-
sez, déclare notamment S.M., pour votre
œuvre que l'on doit qualifier de bien fran-
çaise, car l'homme n'a pas de meilleur
chemin à suivre que servir son pays. L'ar-
deur avec laquelle vous vous êtes donné
à cette tâche vous permet de réussir ».
Le général de Gaulle se déclare très
honoré des paroles bienveillantes que Sa
Majesté veut bien lui adresser. Il déclare
également qu'il a travaillé pour la France
et continuera de s'y dônner tout entier
pour qu'elle soit heureuse dans l'avenir.
Sa Majesté répond : « Quand vous étiez
à Londres, j'ai suivi de très près vos ef-
forts, j'ai écouté souvent vos paroles à la
radio, et votre attitude me permettait d'es-
pérer que la France aurait de meilleurs
jours ».
Le général de Gaulle répète qu'il n'a
jamais cessé d'espérer. Sa Majesté dit que
les conclusions sont toujours dignes des
premiers efforts.
« Nous voyons, dit-Elle, comment eela
commence et nous savons comment cela
doit finir ».
Sa Majesté regrette que le général de
Gaulle ne dispose que de peu de temps.
Elle aurait aimé voir son séjour à Rabat
se prolonger davantage mais Elle ajoute
qu'Elle espère que ce n'est pas la dernière
visite du président du Comité Français de
la Libération Nationale. D'autre part, le
souverain espère une fois la guerre ter-
minée pouvoir aller en France où Elle ren-
dra sa visite au général de Gaulle.
Le général de Gaulle associe en termes
chaleureux le général Catroux qui est à
ses côtés à son œuvre de résistance et de
libération.
« Le jour cù le général Catroux est ve-
nu à vos côtésl, répond Sa Majesté, la cer-
titude de la victoire française est deve-
nue plus forte en moi. J'ai eu l'occasion
d'apprécier au Maroc le général Catroux.
Il était tout naturel qu'il soit à vos côtés
pour la grande tâche que vous avez en-
treprise, car, termine le Souverain, qui se
ressemble s'assemble ».
Le général de Gaulle remercie Sa Ma-
jesté Sidi Mohammed des paroles si bien-
veillantes qu'Elle vient de prononcer et
reçoit des mains du Sultan le Grand Cor-
don du Ouissam Alaouite. Sa Majesté re-
met également à M. Palewski les insignes
de Grand Officier. Le colonel Billotte, le
commandant de Courcelles, le comman-
dant Jousselin, sont faits commandeurs :
le capitaine Charles Roux est fait officier.
Place Lyautey
Après l'audience de Sa Majesté, le cor-
tège descendit par le Grand Méchouar et
le cours Lyautey jusqu'à la place de la
Gare, salué tout le long du parcours par
des acclamations délirantes de la foule
massée sur les trottoirs. Sur la place de
la Gare, abondamment décorée de bande-
roles et de drapeaux, une foule littérale-
ment délirante, entassée sur les trottoirs,
en grappes aux fenêtres et sur les terras-
ses des immeubles, accueille le président
du Comité Français de la Libération Na-
tionale par une indescriptible ovation qui
se prolonge pendant toute la durée des
présentations des groupements de résistan-
ce et qui atteint son paroxysme au mo-
ment où le1 général de Gaulle monte len-
tement à la tribune pour prononcer l'allo-
cution qui fut hachée d'acclamations.
L'allocution du président du Comité
Français de la Libération Nationale s'ache-
va dans une magnifique « Marseillaise ».
chantée par des milliers de patriotes mas-
sés sur la place et ses abords. Le général
de Gaulle, visiblement ému, descendit de
la tribune, longuement acclamé et au mi-
lieu de la place, salua la foule, les bras
en « V », tandis que retentissaient toujours
les cris incessants de « Vive de Gaulle 1
Vive la République Vive la France ! ».
Il remonta en compagnie de M. Puaux
dans la voiture qui devait le ramener à
la Maison de France, tandis que la foule
l'acclamait sans fin.
A la Résidence
Le général de Gaulle a gagné la Rési-
dence. Il reçoit d'abord les officiers de la
garnison, puis les notables indigènes, israéli-
tes et musulmans. Ces derniers sont con-
duits par le Grand Vizir, Son Excellence
El Mokri, et l'on remarque parmi eux Son
Excellence El Glaoui, Pacha de Marrakech.
..J'ai été heureux, déclare dans une courte
allocution le Président du Comité français
de la Libération nationale, de constater la
ferveur du sentiment qui lie les musulmans
du Maroc à la France.
Et le Grand Vizir d'insister alors sur
le fonds que peut faire la Patrie du con-
cours inaliénable du Marot:.
Le général de Gaulle reçoit la presse
« L'épuration se fera comme il faut qu'elle se fasse : normalement, par en haut
et sous l'autorité et la responsabilité de ceux qui en ont la charge »
déclare le Président du Comité de la Libération Nationale
Un peu plus tard, le général de Gaulle
entouré du général Catroux et de M.
Gabriel Puaux, Résident général, reçoit les
représentants des journaux du Maroc et
les envoyés spéciaux de la presse alliée et
d'Afrique du nord.
— J'ai, déclare-t-il, été profondément
ému de la réception que Rabat a bien
voulu me faire, et, d'abord, dans la
personne de M. Puaux, ambassadeur de
France, résident général, et des autorités
civiles et militaires et puis de la popula-
tion. Il y avait là une manifestation gé-
nérale et profonde qui dépassait infini-
ment les personnes de chacun et qui était
du meilleur aloi et de la meilleure souche
française.
C'est un sentiment éminemment récon-
fortant que j'ai personnellement éprouvé,
et j'espère que les autres Français et Fran-
çaises, l'auront éprouvé comme moi-même.
Il étatt émouvant de sentir cette unani-
mité des forces de leur pays, leur résolu-
tion de le tirer de l'ablnie où il avait
provisoirement roulé et l'espérance de le
refaire grand, heureux et fort. Il y avait
là un sentiment unanime que j'ai constaté
partout jusqu'à présent en Afrique du
nord et qui sera, extrêmement puissant en
France. Voilà pourquoi nous nous en ü-
rerons très bien. C'est ma conviction, la
France est inébranlable. La défaite est pas-
sée sur nous, comme une tempête sur un
roc, 9n s'en apercevra. Voilà le sentiment
que je voulais vous exprimer très simple-
ment après la réception très belle de Rabat.
UN JOURNALISTE ALGERIEN. — Vous
venez de dire que la France serait forte.
Ceci comporte le respect de l'alliance dans
laquelle nous nous trouvons, une position
proprement française, qui doit ménager
d'ores et déjà l'avenir. N'y a-t-il pas là,
sur le plan uniquement national, une œu-
vre de rapprochement à faire, par exem-
ple avec le peuple russe ?
GENERAL DE GAULLE. — Etes-vous
bien sûr qu'il y a une si grande différence
entre les deux peuples ?
Je suis absolument convaincu qu'il y a
dans le peuple Français une compréhen-
sion très profonde du peuple russe, de ses
misères et de ses douleurs, de ses gloires
et je crois qu'il en est de même pour le
peuple russe vis-à-vis du peuple français.
Nous avons des relations avec le gouver-
nement soviétique ; mais nous avons aussi
des Français qui se trouvent en Russie, en
particulier des aviateurs très glorieux qui
sont reçus admirablement et luttent dans
une camaraderie émouvante aux côtés des
aviateurs soviétiques. Actuellement, il n'y
a aucune opposition entre les deux peu-
ples.
J'ai l'impression qu'après cette guerre,
il y aura un rapprochement général élé-
mentaire des peuples entre eux, des mas-
ses entre elles et que ce sera un grand
bénéfice pour le monde.
UN JOURNALISTE ALGERIEN. — Mon
Général, à Alger, j'ai entendu exprimer
l'équation suivante :
Unification + épuration = renaissance.
L'opinion publique attend l'épuration.
DE GAULLE. — Entendons-nous bien.
Il est certain que, pour que l'union se
fasse, se prolonge et se maintienne, il faut
que certains hommes qui ont pris une part
personnelle dans un politique condamnée
par le pays, soient écartés. Du reste, un
certain nombre l'ont été. Les principaux
responsables, d'ailleurs, vous les connais-
sez, ce sont les gens qui, de Vichy oat
orienté les administrations, l'armée et mê-
me une certaine portion du peuple français,
vers une politique absolument contraire à
son honneur, et à ses intérêts. Ceux-là
seront condamnés.
Les discours du général
de Gaulle et de M. Parent
seront radiodiffusés
à partir de 9 heures 30
Dimanche 8 août, place Adminis-
tjrâfiive, à Casablanca, à 9 heures 30,
YL "Pm'eri\, puis le général de Gaul-
le prononceront des discours qui se-
ront radiodiffusés par Radio-Maroc
sur les longueurs d'ondes suivantes:
ondes moyennes 499 m., ondes cour-
tes 21 m. 48. 23 m. 33, 25 m. 15.
Ces émissions feront relayées par
Alger (318 m. et 25 m.)
La retransmission de ces discours
sera assurée à Rabat au moyen de
hauts-parleurs installés place Lyau.-
tey.
Allocution radiodiffusée
du général de GAULLE
Voici le texte de l'allocution prononcée hier matin à Rabat
par le général de Gaulle :
Sur le dur chemin qui nous mène vers le salut du pays et
vers la rénovation nationale, rien n'est plus réconfortant
qu'un moment comme celui-ci.
Il suffit que nous nous trouvions réunis entre Français
et Françaises, librement et sincèrement, pour que toutes nos
pensées, toutes nos ardeurs, toutes nos espérances soient
aussitôt confondues.
On proposait l'union des Français ; mais elle est faite !
Rabat, à son tour, en fournit la preuve éclatante. Ils sont
passés les jours de malheur et de deuil, et voici venir les
jours d'action, de fierté et de reneuveau.
De Rabat, au nom du Comité français de la Libération
nationale, j'adresse mon salut au Maroc, au Maroc dont je
viens d'avoir l'honneur de voir t'Ajuguste Souverain,
au Maroc, lié à nous, hier pour le pire et demain pour le
meilleur,
au Maroc, qui est le témoignage vivant de la compréhen-
sion réciproque et de l'union profonde de la France et de
l'Islam,
au Maroc, dont l'essor est la preuve vivante de la gran.
deur et du génie de la grande nation que nous sommes,
grandeur et génie que le malheur a pu un moment obscurcir,
mais qui vont reparaître au grand soleil de la Victoire.
Quand la bataille
de France commencera
une armée française
considérable combattra
aux côtés des Alliés
écrit le correspondant de
« Daily Express » à New-York
LONDRES, 7 août. — Le correspondant
du « Daily Express » à New-York écrit :
Une armée française considérable com-
battra aux côtés des divisions britanniques
et américaines quand la bataille de, France
commencera. Cette armée sera créée grâce
à l'aide financière apportée par la loi
« Prét-bail » lorsque les pourparlers ett.
cours seront parvenus à un accord au sujet
de la rèconnaissance du Comité français
de la Libération nationale.
WASHINGTON. — On annonce le pro-
chain départ de Lord Halifax, ambassa-
eteur de Grande-Bretagne en U.S.A. pour
Londres.
RAPPEL
à la discrétion
AMER, t août — le secrétariat
à l'information cetilmunique :
Il est rappelé à la population que
la plus grande discrétion s'impose à
l'heure où des opérations militaires
décisives sont en cours. Chacun doit
considérer comme un devoir patrio-
tique élémentaire de s'abstenir de
tout propos ou de tout écrit impru-
dent relatif soit aux forcçs armées
en général (mouvements de troupes
ou de navires, par exemple) soit à la
situation intérieure ou extérieure du
pays. De telles indiscrétions font le
jeu de l'ennemi. Elles seront désor-
mais relevées et les délinquants se-
ront poursuivis devant les tribunaux
militaires.
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