Titre : Journal des débats politiques et littéraires
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1867-04-05
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Description : 05 avril 1867 05 avril 1867
Description : 1867/04/05. 1867/04/05.
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : Révolution - Empire (1789-1815)
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Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIe République - Second Empire (1848-1870)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : IIIe République (1870-1914)
Description : Collection numérique : Histoire diplomatique :... Collection numérique : Histoire diplomatique : d'une guerre à l'autre (1914-1945)
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Source : Bibliothèque nationale de France
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Date de mise en ligne : 15/10/2007
M~M~MML
'N S~ÀBO~È'
&Rome,
~ma: fBSRM: MER~E, place ColonRë~
PourIa.PrusseetIaRuss}e,
chgz le directeur des postes, à Cologne
et&SaiTebruckfPrueao);
Pour l'AHemagae et l'Autriche,
cttez le aireoteur des postes, & Kehl (Bade),
) et chezja. G.-A' ALE~ju~DaE, à Strasbourg.
Lee annonces sont reçues
Chez MM. FACCHEY, t.AFF!TE, BUUJER et C~,
8,pIa.cedeIa.Bourso,
et au bureau du joc~At.;
e.ueSdoi.Yenttoujoursëtreagrèèesp.M'Ia.rédactton
~MEMSAYML
ONi~ABO~NE i
rue des Prêt.res~amb-Germam-l'Auxeo'ois, 4&!
PBtX DE L'ABONNEMENT I
Un an. Stxmms. TroMmma.
T)6part€JBens. M fr. 46 tr. 20 ff.
Pan3.i. '!2fr. :Gîr, Ir. <8~.
Un Numéro, Paris, M centimes.
lu MNpoN, apply to cowtH Mid son, foreiga
Dewspapcrs omce, 2, Sain~-Ann's tane, G. P. 0.;
and DH.!ZY, BA~Es et c*. l, Finch lane,
Corniull, et, i, Cecil street, Strand.
~yT~jocRNA)L DE~ DÉBATS ne répond pas
Jettes'mahusS&s qui lui sont adressés, et ne s~
~M-gopa~deTee renvoyer..
JCtJMAL BES DEBATS
M~t tTT~t~C t~ t tTT~B AtDt7~
r~Ltn
'MaLAj~~
PARIS,4 ÂVRit.
Aujourd'hui, à l'ouverture de la séance
de la Chambre des Députés, M. Schneider
a donné lecture d'un décret qui le nomme
président du Corps-Législatif.
On parle depuis quelque temps déjà d'un
traité d'alliance qui serait en voie de hëgocia-
tton entre laPrusse et l'Autriche, et les bruits
répandus a ce sujet ont pris naturellement
plus de consistance depuis que la question du
Luxembourg a été soulevée..D'âpres le lan-
gage des feuilles dëyiënhë, l'opinion publi-
que en Autriche serait peu favorable à l'al-
liance dont il s'agit. Le souvenir de la der-
nière guerre est encore trop récent pour que
.les Autrichiens se sentent animés d'une bien
vive tendresse envers la. Prusse quelque
bon chrétien que l'on ~oit a. Vienne, on
n'y pousse pas la résignation au point d'ou-
blier le désastre de Sadowa. Les journaux
autrichiens pensent que les partisans ~élés
dé l'alliance austro-prussienne n'ont d'au-
tre but que d'engager l'Autriche a tirer
~es marrons du feu au bénénce de la Prusse,
cette alliance devant surtout être conclue,
selon eux, en Vue dés complications qui
peuvent surgir de la question du Luxem-
bourg. La Prusse ayant MqUÎs une prëpon~
dérance incontestée en Allemagne, c'est a
elle qu'il appartient de veiller a la défense
des intérêts germaniques, et non point à
l'Autriche, qui est exclue par les traités de
toute Confédération allemande, dans le Sud
comme danâ le Nord. Ainsi parlent les
journaux de Vienne, et nous devons fécond
naître que leur raisonnement est assez
juste mais où ils semblent se contre-
dire, c'est lorsqu'ils ajoutent que l'Au-
triche, bien qu'exclue de toutes les Con-
fédérations, ne se considère pàa cepen-
dant comme tout a. fait désintéressée dans
îes questions allemandes. Elle ne serait pas
fondée, en ce cas, a repousser les proposi-
tions de la Prusse si ces proposi-tions
existent réellement, ce qui nous paraît assez
vraisemblable:
îl semblé en effet que, préoccupée de ta a
~ra.vë question du moment, la Prusse s'ef-
M''cë de grouper autour d'elle toutes les ré-
sistàncesque peuvent oûrir les intérêts et les
passions des peuples allemands, dans le Sud
aussi bien que dans le ~ord. Nous voyotiS en
ëSët par unë'dëpëchë de Munich, adressée au
~o~e deLondres, que dësmanifestatipnspu-
bliques se préparent en Bavière au sujet de la
question du Luxembourg « contre les em-
piétemehs d'une puissance étrangère sur un
territoire allemand, x Ce sont les propres
termes de la dépêche. Les promoteurs de
ces démonstrations se proposeraient de faire
adopter une proposition déclarant que le peu-
ple bavarois considérerait tout acte de fai-
blesse de la. Prusse dans le règlement de la
question du Luxembourg comme l'équiva-
lent d'un consentement donné par cette
puissance & la cession du duché.
Le G'~f reproduit en outre un ar-
ticle d'un journal de Londres, d'après le-
quel le gouvernement prussien se serait
adressé an gouvernement britannique pour
léprierd'intervenirauprèsduroideHollande
à l'ënet d'obtenir de lui qu'il ne aoit pas
<Ïohné suite aux négociationa entamées
~vec la. France relativement à la cession du
Luxembourg. On pourrait conclure de
(~ette nouvelle, sj elle se connrmê, ¡
que là Prusse, tout eh prenant ses me-
sures pouf parer à toute, éventualité, ï
admerait pourtant mieux n'avoir pas à
fntérvenir directement dans les négo-
ciations qui concernent l'affaire du Luxem-
bourg, et qu'il lui paraîtrait préférable à tous
égards que'ies obstacles vinssent d'ailleurs
que de BerHn. Il est facile de voir par là
que la situation est assez tendus et que les
difficultés qui arrêtent la marche des né-
gociations ne seront pas des plus aisées a,
~ésoudpe.
Une dépêche de Florence; en date du
avril, annonce que le cabinet Ricasoli a
déposé sa démission entre les tnams du
foi..
Le journal ~Ke croit savoir que,
contrairement aux conseils des grandes
puissances européennes, la Porte refuserait
de céder la Crète au royaume hellénique~
Z< MC<'<~M'< de &t ~
BOURSE DE PARÏS
CLOTURE lè~. !e'î. HAUSSK. BAISSE.
S 0/0'
Comptant. 68?~ .74 68~ n 5.
Fia cour.. 68 60. 68 ?1/2. n 71/2
.< t/~
(;om~ant.. 98 )' 97 50 30.
Fin coùT.. 99 °--
· TiHé~apSHe pfïréé.
BerIin,le3aVriî.
rLe prince royal de Saxe a apporté au. prince
Frederic-Cha.rIes !a. gr ind'cro~x. de l'Ordre ~e la.
couronne de I{ue f~f{M''
repartie pour Ur$sd<~
Le Reichstag continue rexamen d~ projet uo
t':oMs!.iné' la 9" sëetio'tt [or~ais&Uon )THlit3.ire fe'~ale),
I-'Opposition a. exprime !o désir que t:<. durcf. de la.
présence sous les di'~pnaax fut réduit.e .deux ans.
Le Hônci'td de MoIU..e, citcf de l'e!,nt,-m.'ra.l de l'année, a tMtrc'sorUr <;tie ce~c réduction,
iL))CU que Itnmciëreinent dosirabie, sernit mihta:-
rcment impossible en pt'èsence de ]a si'U3.)ion ~e-
~erale et des at'memens qui se font de tous les cô-
'tes. Cependant la Prusse n'e menAce pe~onn'?. t .e
'terme de trois ans a permis qu'après !.<. batHiUed')
KùBni~sr-ietx ht Prusse tut. plus forte qu.'uup 'ra-
~ut. et'c'lt.Le terme de'trois ans explique It t'ii~fence
cnort'ne qui exi'~t.' c'!tt\; les t'erks des Pr. sstCM
et des Au.tricilicus. ainsi que'Ies sentiniens de so-
'nd.Mt.f'! etitre'ies ciiefs ~Ateur briilâui.o des Autrichiens est restée san's
fruitt parée qua la durée du serrice actif autrichien,
!({ui) par des raisons uhanciéres, n'avaltèté que.de
quinze et de dix-huit mois, avait relâché les liens
de la discipline.
Le général Vpgel de Falkenstein s'est exprime
dans le même sens.
Le député Kryger a développe une proposition
du parti danois tendante à suspendre l'obligation
du service militaire pour les Schleswigois du nord
jusqu'après le vote des populations.' Cette .propo-
sition est basée sur les stipulations du traite de
Prague.
~t. de Bismark a répondu a M. Kryger.
Le ministre craint que le discoure du préopi-
naht n'égare un grand nombre do Schleswigci!!
du nord et ne les fasse tomber sous le coup des
lois pénales. Tous les Schleswigois du nord, dit-il,
sont Prussiens; ils doivent, jusque ce que le, vote
ait eu lieu, obéir aux lois prussiennes, et subir les
conséquences do leur conduite s~ils font le con-
traire. Le préOpinaht, ajoute le ministre, inter-
prète inexactement les stipulations du traité de
Prague. Chaque Schleswigois a, jusqu'en iMO, le
droit de se faire Danois, et alors d ser~L traité par
nous comme têt.
Berlin, le 3 a.vril.
Les députés de la Hesse supérieure au Reichstag
ont l'intention de demander s'il existe pour le mo-
ment des obstacles à l'entrée du grand-duché de
Hesse dans la Confédéràtion du Nord, quels spnt
ces obstacles, e,t,subsidlairement s'ils sont dune
nature permanente. Vienne, le 4 avril.
La commerce et de navigation conclu le 23 février
186'! avec la Belgique. ,.< <
La Presse dit quun projet de loi relatif a. la po-
sition de la Croatie vis-à-vis de la Hongrie sera
prochainement soumis à la Diète hongroise.
Florence, le 3 &vril, soir.
On lit dans fJ~M
jLe~Euji Était généralement répandu aujour-
'Q~ur~quc~uS les ministres avaient donné leur
démission. Nous croyons savoir que rien n'est en-
core définitivement arrêté.
11 résulte de nos informations, que la Porte
refuse de céder la Crète au royaume hellénique. Il
Cônstantinoplé, le 3 avril.
Le prince de Servie a exprimé au Sultan sa gra-
titude pour l'évacuation des forteresses serbes.
S.~t. La fait au prince un accueil des plus. àf-
.fabjtos et lui a comêré les insignes de l'Osmanié,
garnis de diamans..
On apprend do bonne source que la Note fran-
çaise remise il. y a quelques jours ne propose nul-
lement d'une manière absolue la cession de lile
de Crète, mais qu'elle conseille de soumettre la
question au suffrage universel de la population
candiote.
Cônstantinoplé, la 3 avrii.
Le journal~ ~M!<' dit que le principe des
nationalités proposé par la Russie est inapplica-
ble dans l'empire ottoman, à cause de la diversité
des races qui composent sa population. Le gou-
vernement turc considère ces suggestions comme
tendantes au démembrement de l'empire.
Lisbonne, le 3 avriL
Le roi et la reine ont ajourné leur départ.
Lé projet do réforme de l'administration -civile
subira dé grandes modifications.
Madrid, le 3 avril, soir.
La,PeKVera-Cruz, le 2 mars (par Brest).
L'évacuation dd corps expéditionnaire français
se continue rapidement. Les derniers trahsports
pa.rt!ront dans quelques jours. Les communica-
tions régulières de notre Dort, avec Tampico
ont été reprises par le steamer auxiliaire 6'o-
KO? < appa.rteuant à la Compagnie générale
transatlantique. Co paquebot a déjà fait coup
sur coup deux voyages et a ramené un grand
nombre de negocians de Tampico et de l'intérieur,
qui ont fait de forts achats sur notre place. Le
commandant des forces dissidentes & Tampico a
donné les garanties les ptus explicites aux opéra-
tions do commerce sous pavillon français.
En raison des mouvemons militaires qui s'opè-
rent entre Vera'Cruz et Mexico, les convois d'ar-
gent provenaut des mines de San-Luis etGua.-
naxuato prennent aujourd'hui la route dé Tam-
pico, et ce port va retrouver son ancienne impor-
tance comme exportation et comme importation.
New-York, le 3 avril, soir
(par le câble atlantique).
Le .B~sM dit que lés notabitités du Sud, sui-
vant les conseils de M. Johnson, so proposent dé
prier la Cour suprême d'arrêter la mise à exécu-
tion de la loi de reconstruction du Sud.
New-York, le 3 avril
(par lé câble atlantique).
D'après des avis ofuciels reçus a Washington,
Maximilion serait à Queretaro. Toutes les commu-
.aications seraient coupées.
(S~'MC< M~'apA~M jEMMM-.otM/~r.)
)t<
Florence, 16 4 avril, ~t'ois heures du
soir.
Le baron Ricàsoli vient d'informer la Chambre
des Députes que le ministère avait remis ce ma-
tin sa démission entre les ma!hsduroi,quiî'a
acceptëë. LaHaye,Ie4avril,
La Chambre des Députes a ûxô & demain l'in-
terpotlauon do M. de fhorbëcke, sur la déclara-
tion de M. do Bismàr!f. que la Hotlandé aurait of-
fert ses bons offices a la Prusse et & la France
dan~ la question du Luxembourg.
Trieste.lc~avril.
Le bAtiment français D~M?, ayant à bord
i ,MO volontaires mexicains, est arrive à Lissa.
Londres, le < avril, soir.
Là' corfespdn'dancë diplomatique relative a la
saisie du navire anglais Q.'Me'M- t'c<û/ effectuée
le iS janvier 18M par un croiseur espagnol, vient
(Têtrëpubliëe.
Dans une dépêche du 30 mars dernier, en ré-
ponse à une dépêche du gênerai Calohje du 9 jan-
vier, lord Stanley déclare que la saisie du navire
en question est un acte iUègal et injustiiiable.
H demande la restitution immédiate du navire et
de la cargaison, avec une indemnité pécuniaire
pour le capitaine et l'équipage, et avec l'expres-
sion des regrets du gouvernement espagnol au
gouvernement anglais pour l'outrage fait au pa-
vilto&angiaM..
_Lord Stanley espère que.Ie gouvernement ospa-:
(fnol ne laissera pas cette question prendra la
torme d'un ditrérénd sérieux entre rA.nglcterre et
t'Espagne. Londres, le4a'vnl.
Le bilan hebdomadaira de la Banque d'Angle-
{éiTe donne les résultats suivans
Diminution Késerve des billets, 9S9,9'?OIiv. st.;
compte du Trésor, '!U'i,~0:i liv. st. encaisse mé-
ta.lIique,tlS,294iiv.st.
Augmentation Comptespart)cuaers,SOt,SS81. st.;
pûfKiteninBS, 733,6uThv. st.
(S~P!M ~7~y)'S~)/M~e ~P
Décidémeut nous jouons de malheur aYec
le télégraphe. 11 suRU., depuis quelque
~enips, qu'une dépêche soit importante
pour qu'elle uous soit transmise d'une fa-
non incomplète ou tardive. Le jour de l'ou-
"verture du Parlement italien, l'agence Ha-
v~s oubliait dans le discours du Trône la.
phrase relative à la Hquidution de~ bicus du
clergé. Lundi dernier, le télégraphe, qui
nous donnait des nouvelles de Londres.
de Saint-Pétersbourg, de New-York et de
tous les points du globe où il ne se pas-
sait rien d'intéressant pour nous,nous
taisait la singulière plaisantprie de rete-
nir deux dépêches de Berlui, analys:nt,
i'uue le discours de M. de Bennigsen sur l'af-
faire du Luxembourg, et l'autre la réponse
de M. de~ismark. Cesdeuxtelégrammes, cx-
uédiés de Berlin, le. premier à onze heures
trois quarts du matin, le second a midi,
n'arrivaient à l'agence Havae'que k len-'
demain, l'un à onze heures un quart, l'au-
tre à onze heures vingtr-cinqmmutes, un peu
après l'arrivée à Paris des journaux de Lon-
dres qui, mieux servis que nous par l'é-
lectricité) racontaient tout au long la. séance
du Reichstag.
Hier un fait analogue s'est représente.
Un télégramme daté de Berlin, le 3 avril,
nous parvient de bonne heure il nous ap-
prend que les journaux du matin annon-
cent la prochaine arrivée dans la capitale
de la Prusse du roi des Belges, du comte de
Flandre et de la famille de Hohenzollern.
Quel que soit l'intérêt de cette nouvelle,
nous la connaissions, pour ainsi dire, avant
qu'on nous l'eût communiquée, puisque de-
puis longtemps déjà nous savons quels liens
de famille vont unir les familles royales de
Belgique et de Prusse. Mais, par un enet
étrange du mauvais sort attaché en ce
moment aux télégrammes importans de
l'agence Havas, deux dépêches parties
du même lieu avant-hier dans la soi-
rée ne sont arrivées qu'hier, trop tard
pour être insérées dans les journaux du
soir et dans l'édition des départemens des
.journaux du matin. L'une de ces dépê-
ches nous apprend que le .ministre de
la marine a affirmé devant le Reichstag
!La nécessité de protéger le commerce alle-
mand par une puissante flotte de guerre.
De l'autre il résulte que les interpellations
de M. de Bennigsen sur l'anaire du Luxem-
'boûl'g vont avoir une suite, et qu'une
« proposition projetée par les membres
du parti national libéral o est l'objet de
'< délibérations préalables avec les autres
fractions du Reichstag.
D'où proviennent ces mutilations et ces
retards dans nos dépêches ? Pour la lacune
étrange que nous avons signalée dans le
discours du roi d'Italie, admettons, si l'on
veut, une distraction d'un employé. Sup-
posons que, le jour des interpellations de
M. deBennigsêh, la ligne de Berlin a Paris a
été occupée uniquement par des communi-
cations probablement fort actives ce-jour-la
entre notre ambassadeur en Prusse et le mi-
nistère des affaires étrangères. Comment
expliquer le retard des deux dépêches d'hier?
La preuve que la ligne n'était pas réservée
exclusivement aux dépêches officielles,
c'est qu'on a trouvé moyen de nous expé-
dier ce télégramme insignifiant sur les o%-
des journaux prussiens relativement
au voyage du roi des Belges et du comte de
Flandre bien qu'il soit daté du 3 tandis
que les deux dépêches intéressantes qui sont
arrivées si tard sont datées de la veille au
soir. U est surprenant que précisément
quand une dépêche est importante elle .nous
arrive avec une extrême lenteur.
Est-ce au gouvernement prussien que
nous devons nous en prendre du retard que
~nous signalons? Puisqu'il n'a pas empêché
le départ des dépêches adressées à Lon-
dres, commen't et pourquoi aurait-il re-
tardé celles de l'agence Havas? Faut-il
accuser l'administration française ? Il nous
est difficile de comprendre quel intérêt
le gouvernement peut avoir a retarder
la connaissance d'ëvénemens qu'il lui
serait absolument impossible de nous
cacher, et qu'il juge d'ailleurs plutôt heu-
reux que regrettables, comme on a pu
ile voir avant-hier dans ~oK~ew?' ~M
~'OM' et hier dans 76. C'oM~~tOM~. Quoi
'qu'il en soit, nous devons appeler l'atten-
tion la plus sérieuse de l'agence Havas sur
;ces retards de son service. Tous les
Français, ou du moins presque tous, se
trouvent par-la pendant* de longues heures
dans l'ignorance de discussions ou d'é-
!vénemens qui, tandis que nous les ignorons
encore, produisent déjà leurs cpnsé-
;quences financières et commerciales sur
tous les'autres marchés de l'Europe. Qu'on
juge quelles conséquences fâcheuses il en
peut résulter pour nous. D'ailleurs, en de-
~hora même de cette considération si grave,
Qe. pouvons-nous pas,. ne devons-nous pas
être quelque peu honteux de rester ainsi de
temps en temps les seuls en Europe à igno-
rer ce qui précisément nous touche le~plus?
Nous sommes convaincus qu'il nous suffira
d'avoir appelé l'attention de l'agence Ha-
vas sur, ces retards regrettables pour qu'elle
veille, a ce qu'ils ne puissent plus se re-
nouveler.. EDMOND ViLLETARD.
On écrit uë Berlin, le avril
« La fraction des libéraux nationaux entrera
ce soir en délibération sur une propo'sition re-
lative au maintien de la liaison du Luxembourg
avec l'Allemagne, proposition qu'elle doit pré-
senterdemain au Reichstag. Bien qu'il nepuisse
subsister de doute sur les sentimens qui régnent L
à cet égard dans le Reicbstag,une telle mani-
festation né'sera pas inutile en ce moment. Le
président des commissaires fédéraux a fait al-
lusion à la pression morale dont le gouverne-
ment a besoin pour le traitement de cette af-
faire, et la nécessité qu'il y a. pour lui d'agir
d'accord avec l'opinion publique, dont le Reichs-
tag a le devoir autant que le droit d'être l'ex-
pression en ce moment, x (G'On lit. dans la 6't< Le contingent du grand-duché de Hessé
no fera pas partie du 11° corps de l'armée de la,
Confédération du Kord, comme on en avait le
projet d'abord mais la division Tiessoise sera
réunie & la. division badoise et formera avec
~elle un nouveau corps d'armée, le. 13°, qui
se composera de neuf réguaens -(cinq hes-
sois, quatre badois), de cinq régimens de cava-
lerie (deux hessbis, trois badois), de dix batte-
ries badoises et do cinq batteries hessoises,
enun d'un bataillon de pionniers .badois. Ce
corps sera donc, organisé complètement sur le
modèle prussien.
Dn ecrii. de Berlin, le 2 avril =
« Le Parlement a voté, dans .la séance de ce
'jour, les Bhapitres relatifs aux postes et télé-
~graphes, ala marine de guerre et a la marine
marchande et aux affaires consulaires, sans de
notables modincations. Dans les articles qui >i
couc~rnent la. marine de guerre, il a été inséré
seulement une disposition d'après laquelle la
marine de guerre aurait le même pavillon que
la marine marchande, c'egt-a-dire noir, blanc,
rouge.
)) Comme la discussion préliminaire touche
a sa mi, tes délégués des Etats du Nord,sont
attendus ici, aiin de se concerter sur l'attitude
a prendre, vis-à-vis des mpdincations du pro-
jet de'Coùstitution proposées par le Reichsiag.
)) 11 est probable que les discussions seront
entièrement terminées d'ici*, à Pâques les
-'Chambresiprussiehnes seront alors convoquées
immédiatement pour donner leur adhésion à
la Constitution arrêtée par le Parlement.
') Les journaux ont annoncé dernièrement que
le roi de Prusse se rendrait a l'Exposition uni-
verselle vers la fin du mois de mai. L'assertion
a été démentie ensuite, parce qu'il y aurait eu
malentendu; ce serait le prince royal, choisi
par le roi, qui se rendrait à Paris a l'époque
déterminée.
» Dans certains cercles on s'étonne de ce
que les négociations entre Paris et La Haye
aient eu lieu, sinon à l'insu, du moins sans la
participation de la Prusse. On prête au roi des
Pays-Bas l'intention de vouloir résoudre sans
la Prusse la question do savoir si la Prusse a
ou n'a pas le droit de tenir garnison dans la
forteresse de Luxembourg. Les négociations
qui ont eu lieu a ce sujet entre Berlin et.La
Haye n'ont pas abouti. o
(C~'M~o~SMce BimM.)
On lit dans la Presse de Vienne
« Un journal, qui est l'organe des Prussiens,
'annonçait hier que le représentant de l'Autri-
che à Berlin aurait reçu l'ordre de ne pas lais-
ser le cabinet prussien douter un instant que,
dans le cas d'une certaine éventualité, l'Autri-
che ne marclie & côté de l'Allemagne.
» Il résulte de renseignemens puisés a
bonne source, que cette nouvelle peut être
placée sur le môme rang que celle dé la con-
clusion des préliminaires dim traité d'alliance
austro-prussien qui a été démentie.
? En général, il paraitrait que jusqu'ici la
question du Luxembourg n'a pas encore été
soulevée dans les entrevues du comte de Bis-
mark et du comte Wimpnen.
)<* Le comte de Bismark évite soigneusement
de parler de cette an'aire, et le comte Wimpnen
n'a pas sujet d'en faire mention. »
.î.
Le ~o~M~ j?<~M publie la. Note sui-
vante, au sujet de la question da grand-
duché de Luxembourg. Nous la. reprodui-
sons à. titre de renseignement, et sans en
prendre la responsabilité.
« Berlin, le 31 mars.
)) Voici, en ce qui concerne la Prusse, l'état
de la question Le duché appartenait & l'an-
cienne Confédération germanique en vertu des
traités de 1818.
» Cette Confédération n'existant plus, les
troupes prussiennes qui occupent, la forteresse
de Luxembourg auraient été déjà reurées si
cette occupation avait eu un caractère purement
fédéral. Mais la Hollande et la Prusse ont
conclu en 1816 et 1819 des traités particuliers
stipulant que la forteresse fédérale de Luxem-
bourg serait occupée on cojnmun, la Prusse
fournissant les trois quarts de la garnison et la
Hollande l'autre quart. En même temps le
grand-duc céda au roi de Prusse le droit de
nommer le gouverneur militaire de la forte-
resse, droit qui avait été spécialement donné
au roi de Hollande.
)) Quand la Prusse brisa ses relations avec
la Diète de Francfort, le cabinet de Hollande
demanda à Berlin si la Prusse entendait main-
tenir ses troupes dans la forteresse. Le comte
Perponcher, ministre de Prusse à La Haye,
répondit que désormais les troupes prussien-
nes tiendraient garnison à Luxembourg, non
pas a titre fédéral, mais. en vertu des traités
internationaux de 1816 etj819.
» En conséquence, si la Hollande cède ce du-
ché à la France, ces traités prennent fin et
ne peuvent pas lier la puissance cession-
naire. Nonobstant toutes les assertions con-
traires, la Prusse n'empêche en aucune façon
l'annulation de ces traités, et elle n'a jamais
.demandé aucune garantie quelconque. Les
.Prussiens évacueront purement et simplement
le duché aussitôt que les deux puissances con-
tractantes seront arrivées à un arrangement
~dénuitif..
» Mais la Prusse réclamera, en son nom et a.u
nom de l'ex-Confédération germanique, les
~sommes dépensées depuis 1818 pour la con-
struction et l'armement de la forteresse. En
1820, l'ancienne Confédération germanique a
pris à sa charge l'entretien des forteresses iédé-
rales. Ainsi le comité chargé de la. liquidation
des anciens États confédérés réclame les dé-
penses de l'entretien de~Luxembourg, de 1820àl8M, etia Prusse de 1816
,à 1820 et ~e 1866 jusqu'au jour de l'évacua-
tion.
» Ces dépenses forment une somme assez
i ronde. Est-ce la Hollande qui la paiera, ou la
Franco ? Voilà le point délicat, e
D'autre part ~7M~M<~eë ~~c publie
la dépêche suivante
<; Berlin, le mardi 2 avril.
< Les bruits de changemens qui auraient eu
lieu parmi les hauts fonctionnaires du gouver-
nement luxembourgeois, et' toutes les asser-
tions de mesures qui auraient été prises par
précaution, sont controuvés et paraissent deg
manœuvres de Bourse.
La A'ministérielle), en parlant de l'éventualité d'une
guerre entre la France et l'Allemagne à
cause du Luxembourg, fait observer que la
possession du Luxembourg no coutre-balan-
cerait nullement les sacriiices d'une guerre.
De môme, la France victorieuse ferait revivre
l'animosité d'autrefois, heureusement écartée
maintenant. Que ta France considère bien tout
avant d'attaquer un peuple qui défend son
intégrité nationale. La guerre rendrait dou-
teuse .une situation stthie que la France s'ef-
force d'établir. »
T~ëa événemens de Roubafx ont donné
lieu a. une manifestation qui ne peut être
passée sous silence c'est une déclaration
de l'MOCM'~O~ M~'M~MMM~C ~C.S'
~M~ représentée par trois membres de
la commission de Paris, qui signent avec le
titre de eo~~oMi'~M~ MM. Tolain Fri- i
bourg et Varlin. L'Association internatio-
nale des travailleurs.est peu connue de nos
lecteurs mais il est bon qu'elle le soit,
quoiqu'elle nous semble n'exister encore
qu'à l'état d'essai ou d'embryon. Elle n'aspire
a. rien moins qu'a embrasser les ouvriers
de toutes les professions manufacturières
de l'Europe et il est certain qu'elle a de
nombreuses ramineations déjà en Angleterre
et sur le continent. Ce serait donc la plus
vaste Société qui ait jamais été formée. On
l'a vu a l'occasion de la grève qui a der-
nièrement tenu en suspens à Paris l'indu-
strie du bronze, le principal objet de cette
Association serait d'intervenir dans les mo-
mens de grèves en soutenant non seule-
ment de sou influence, mais aussi de ses
subsides les ouvriers inoccupés de la pro-
fession où la ~rève aurait été déclarée.
L'Associationinternationale avaitau moins
un mot a dire au sujet de ce qui s'est passé
aRoubaix, puisque ces événeiùens regret-
tables avaient leur point de départ dans
une grève. C'est ce quelle a fait par l'or-
-gane des troisnous de citer. Elle~?'oM~les ~~emcM dont
se sont rendus co~s~~ des ~o~~MM
Elle avertit les ouvriers en général que-dë
~~<°~~ ~M~MC~ etous les ~J~M~ Elle déclare que la.
machine, à titre d'instrument de travail
doit être ~cc. Ce sont des vérités salu-
taires et opportunes. Malheureusement les
considérans du jugement n'en valent pas le
dispositif. D'après la lettre de MM. les eo~-
~~mencé la destruction des machines et le
sac des ateliers, tous les torts étaient du
côté des patrons. Ges torts sont éuumérës
dans la lettre, et l'énumération mérite qu'on
qu'on s'y arrête.
Parmi ces torts réels ou supposés, il en
est un dont il est à regretter que les eo~-
~'tM~oM~M de l'Association internationale
aient cru devoir l'alléguer c'est la pré-
sence des gendarmes dans les établisse-
mens le jour des dévastations ou les jours
précédons. De toutes les formes sous les-
quelles peut se présenter la force armée
la gendarmerie est celle dont on peut
le moins avoir d'ombrage, par deux rai-
sons la première, c'est que le gendarme est
un agent prudent, accoutumé a se compor-
ter avec intelligence et modération, et les
eoy~~om~M~ de l'Association internationale
ne disent pas que les gendarmes de Roubaix
se soient montrés diHëremment. La seconde,
c'est que, la brigade de gendarmerie se com-
posant de cinq hommes seulement, l'agglo-
mération de trois ou quatre brigades (et
il est vraibemblable qu'il n'y en a pas s
davantage a. Roubaix) ne forme jamais
une force bien menaçante. La présence
de la gendarmerie devant une foule exerce
une influence morale bien plus qu'elle
n'est un moyen matériel d'intimidation.
On ne s'explique .pas qu'après les scènes
de désordre et de destruction qui ont
eu lieu, on vienne critiquer la gendarmerie
de s'être montrée a Roubaix. On serait bien
plutôt, en droit, après l'événement, de criti-
quer J.'autorité de n'avoir pas fait une démon-
'Btration plus imposante, en appelant, dès l'o-
rigine, des troupes, afin de contenir une po-
pulation dont l'irritation était connue. Ce
n'eût été que de la prévoyance, et dé là plus
élémentaire.
Un autre tort plus sérieux imputé aux
chefs d'industrie par les cl'Association internationale consiste dans
un règlement intérieur qui imposerait deë
mesures attentatoires a la dignité et des
amendes d'une ~~MM~ /?~~M~. Nous
né savons pas en quoi le règlement dont il
s'agit blessait la dignité de ceux qui y étaient
soumis. Mais, a cet égard, il était possi-
ble et facile de redresser les griefs que
pouvaient avoir les ouvriers. Un règlement
tracé par les patrons tout seuls ne peut
être sans appel. L'intervention officieuse
de l'autorité en aurait vraisemblable-
ment obtenu aussitôt la réforme dans ce
qu'il pouvait, avoir d'abusif. Quant aux
amendes, c'est l'unique sanction qui puisse
être donnée aux dispositions du règlement,
le seul moyen d'en assurer l'observation;
mais elles doivent être très modérées. Il est
d'usage absolu qu'au lieu de profiter au pa-
tron, elles soient versées dans une caisse
de secours dont les ressources sont exclu-
sivement réservées aux ouvriers. Les cor-
~'trevenu cette règle. Ils ne font même pas
connaître en quoi les amendes étaient d'une
~M~~MM~J y~am~. Ils eussent mieux fait
de s'en expliquer clairement. Le procès
s'instruit par-devant 1& public, et il est bon
qu'on lui communique toutes les circon-
stances de l'affaire, toutes les pièces du dos-
sier.
Un troisième grief signalé par les eo?'-
)'~)OM<~M~ se présente avec plus de préci-
sion que le précédent on aurait introduit
une machine imposant aux tiaeeurs plus de
travail sans augmenter leur salaire en pro-
portion, et, par le moyen de ce métier, on
aurait supprimé un grand nombre d'ou-
vriers. Tout travail veut sa récompense; si
la machine nouvelle exige plus d'effort ma-
tériel ou plus d'intelligence, le salaire doit
être augmenté. En est-il bien ainsi? Les
correspondans le disent." Ils en sont per-
suadés. A cet égard pourtant, il serait bon
d'avoir aussi l'opinion d~s patrons et, en
outre, le témoignage d'ingénieurs impar-
tiaux. C'est une question de fait aisée a dé-
battre et à vider. Il est à désirer qu'elle soit
l'objet d'un examen sérieux. L'intérêt des
patrons est qu'elle soit scrutée !t. fond.
Il reste le fait d'avoir .renvoyé un ~MM{
MON~e d'ouvriers. Ici il y avait lieu a des
ménagemens attentifs. En droit strict,
le patron ne doit da salaire qu'aux ou-
vriers qu'il occupe et on ne saurait le
forcer d'occuper personne au delà de ses
besoins. Mais quand un§ ville entière
change son matériel industriel et qu'il
doit s'ensuivre la cessation brusque du Ira–
vail pour un nombre considérable de per-
sonnes, le'droit strict est. hors de propos, et
les patrons, s'ils l'invoquaient, commet-
traient une faute. Il est utile, il est morale-
ment indispensable de ménager la trans-
ition. Les patrons, en pareil cas, doivent
procéder par degrés. C'est un devoir pour
eux, à titre de bons citoyens, amis de
l'ordre et de la paix publique, de faire en
sorte que le bien général qui doit ..être le
résultat du perfectionnement du matériel
soit accompagné d'aussi peu de sounrancea
individuelles qu'il se pourra. Dans une telle
occasion, les patrons doivent s'efforcer
d'adoucir pour la population ouvrière, les
effets de la. transformation..Ils le doivent
d'autant plus qu'ils sont dans une po-
sition meilleure. Or les dernières années
ont été bonnes pour l'industrie roubai-
sienne. Le traité de commerce, dont Rou-
baix s'était enrayé d'abord, lui avait ouvert
dcsdébouchésinespérés, et procuré, dit-on,
des bénéfices très satisfaisans. C'était pour
les chefs d'industrie de Roubaix une haute
convenance de s'en souvenir quand ils se
sont déterminés à introduire le nouveau
métier, et qu'ils se sont trouvés ainsi eu
face d'un certain nombre d'ouvriers de-
venus provisoirement inutiles. Oniesac-
cuse de n'en avoir rieu fait. On nous per-
s mettra de ne pas admettre que l'accusa;-
tiou soit fondee, jusqu'à ce que les chefs
d'industrie ajent parlé mais ~n trouva.
naturel aussi que nous exprimions leY~ui.
qu'ils parlent. Il est de leur intérêt d~
poser ce qu'ils ont fait. L'opinion publi~a'e)~
a besoin d'être édifiée. Elle s'est émue 3<
désordres dont Roubaix a été le théâtre. IT~~
est d'intérêt général que tout ce qui s'est
passé dans cette ville soit soumis al'appré–
dation du public on ne saurait répandra
trop de lumière sur tous ces faits, qui tien-
nent à l'important sujet des rapports deëf
ouvriers avec les patrons. Ce sont dés-
ormais des affaires politiques, il ne fau&'
pas le méconnaître. La publication des
e~v~oK~ de l'Association internatio-
nale est pour les patrons une mise en'
demeure, et les patrons s'abuseraient s'ils
ne la prenaient ainsi. De leur côté, les
se sont placés dans une position qui n'est
pas avantageuse. Des assertions sommaires
ne sufnsent pas dans dé~ ànaires ausst
graves, chacun est tenu d'apporter deà
preuves à l'appui de ses affirmations.
Quoique les eo~~poM~M~ de l'Association
internationale a'e soient àppliqués~ant tout,
dans leur Manifeste, a mettre en relief le~
torts qu'ils attribuent aux patrons~ il leur ?
fallu un certain courage pour blâmer, ainst
qu'ils l'ont fait, les désordrea de Roubaix.
Leur langage de réprobation n'est pas sans
énergie; il aurait cependant pu en avoir
davantage.. II .ne fâHait pas dire aux bu-
triers Less'en e~t suivi, c'est la présence des gendar-
mes dans les fabriques, c'est l'introduction
dunouveau métier, c'est l'établissement d'un
règlement plus sévère dans le~ fabriques
il fallait leur dire que les causes <~ ~M~N
~MM~ les causes non accidentelles o~
secondaires, mais dominantes, étaient l'i-
gnorance des ouvriers sur leurs propres in-"
térêts et la faiblesse avec laquelle un cer-~
tain nombre d'entre eux s abandonnent
a. de mauvais penchans. Il eût été plus
sage de représenter aux populations que s~
elles avaient de meilleures habitudes, St
elles fuyaient les cabarets, beaucoup trop
fréquentés dans leTSford, elles ne seraient
pas autant, s beaucoup près, a la merci des
mcidens qui peuvent suspendre le travail*
Lê~ eo~tionale auraient mieux été dans le rôle de
chefs intelligens et de bons guides, s'ils
avaient dit aux ouvriers Vous êtes igno-
rans, instruisez-vous profitez des facilités
qu'on vous donne aujourd'hui pour vous
instruire. Plusieurs d'entre vous manquent
de sobriété qu'ils se corrigent qu'ils tra-
vaillent les six jours de la semaine qu'ils
se préparent ainsi quelques économies pour.
les. temps de chômage. Les ouvriers de
l'Allemagne du Nord n'ont pas des salaires.
plus élevés que les vôtres, et pourtant ils.
ont fourni les fonds des MO ou 1,000 ban-
ques du peuple qui se sont formées sur le'
modèle recommandé par M. SchuItze-De-
litsch, banques qui fonctionnent à la fois
comme des Caisses d'épargne et des institu-
tions de crédit. MM. les eo~SMo~M de
l'Association internationale attachent un
grand prix a an~rmir et à étendre l'autorité
qu'ils exercent sur leurs confrères l'auto-
rité, pour justifier sa prérogative; a besoin
quelquefois de dire la vérité tout entière,.
quelque pénible qu'elle puisse être en-
tendre..
Il n'eût pas été inopportun peut-être de
rappeler aux ouvriers de Roubaix et aux.'
populations en général comment cette partie
des ouvriers anglais qui, avant la guerre~
civile des Etats-Unis, tirait ses salaires de
l'industrie cotonmëre, avait pu traverser
la crise cruelle déterminée par la cessation
des arrivages de coton américain. Des rele-
vés dignes de foi attestent que la privation.
de salaire pendant la durée de cette crise
est représentée par la somme énorme de
730 miHions de francs. C'est l'estimation que'
nous trouvons dans l'écrit d'un m'ànufactu-
rier philanthrope fort estimé de l'autre côté
du détroit, M. Henri Ash~orth. Pour sub-
venir une perte pareille, on a fait des'
souscriptions publiques, et elles ont pro-
curé des ressources supérieures à tout ce
qu'avaient produit jusque-la les souscrip-
tions de bienfaisance, près de 40 millions
de francs. Mais ce n'était guère que le ving-.
tième du déficit qui venait frapper la po-
pulation. Les ouvriers del'Anglëterre avaient
contracté d'avance des habitudes d'épar-
gne. Ils ont ainsi tfou-vé chez eux-mêmes
des secours plus abondana que tout ce qui'
leur venait du dehors. Ils ont soùnërt, mais;
ils ont franchi le dénié. La conduite des pa-
îtrons envers lea ouvriers a. été admirable,'
m~is celle deS ouvriers l'a. été plus encore.;
C'est ce modèle qu'il est regrettable que
.les correspondans de l'Association interna-
tionale n'aient pas gignalé à l'occasion des
troubles de Roubaix. Les ouvriers anglais,
'atteints par un chômage sans exemple, se
sont comportés en hommes qui savent qu'ils
portent la principale responsabilité de leur
propre salut. C'est.par la qu'ils sont sortis
victorieux de l'épreuve. Cette idée de la.
responsabilité n'apparaît pas dans leMani-
i feste des eo~~o?~~ de l'Association in-
ternationale lacune énorme qu'ils auront a.
cœur de combler s'ils veulent que leurs con-
seils méritent d'être écoutés et puissent pro-
Ster a l'harmonie sociale, qui est le preinief
intérêt de tous.
& ~C~
On lit dans .P<~M
« Nous apprenons par une dépêche de 1~
Havane du 27 mars, venue par le câble, que
du 23 au 25, les batimens français formant, la.
dernière division de la tlotte de transport ont
passé en vue de l'ile, venant de la Vera-Cruz.
» Leur état était excellent et la situation des
troupes était très satisfaisante. FM~.
Nouvelles étrangères.
AtJTNGHE.
F~mMe, 1'
On'lit<}anste ~{M~e~f;
« Comme il est dans Tintérêt de la Prusse de
prouver que ce qu'elle a accomplil'année dernière
non seulement n'n pas a.t'faiMi l'AHemagne, mais
Fa an contraire rapprochée de Fanion désirée,
nous comprenons parfaitement que, dans ces
derniers temps, on s'occupe en Prusse avec une
certaine prédilection de. l'éventualité d'une ai-
liance entre Berlin et Vienne.
'N S~ÀBO~È'
&Rome,
~ma: fBSRM: MER~E, place ColonRë~
PourIa.PrusseetIaRuss}e,
chgz le directeur des postes, à Cologne
et&SaiTebruckfPrueao);
Pour l'AHemagae et l'Autriche,
cttez le aireoteur des postes, & Kehl (Bade),
) et chezja. G.-A' ALE~ju~DaE, à Strasbourg.
Lee annonces sont reçues
Chez MM. FACCHEY, t.AFF!TE, BUUJER et C~,
8,pIa.cedeIa.Bourso,
et au bureau du joc~At.;
e.ueSdoi.Yenttoujoursëtreagrèèesp.M'Ia.rédactton
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PBtX DE L'ABONNEMENT I
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T)6part€JBens. M fr. 46 tr. 20 ff.
Pan3.i. '!2fr. :Gîr, Ir. <8~.
Un Numéro, Paris, M centimes.
lu MNpoN, apply to cowtH Mid son, foreiga
Dewspapcrs omce, 2, Sain~-Ann's tane, G. P. 0.;
and DH.!ZY, BA~Es et c*. l, Finch lane,
Corniull, et, i, Cecil street, Strand.
~yT~jocRNA)L DE~ DÉBATS ne répond pas
Jettes'mahusS&s qui lui sont adressés, et ne s~
~M-gopa~deTee renvoyer..
JCtJMAL BES DEBATS
M~t tTT~t~C t~ t tTT~B AtDt7~
r~Ltn
'MaLAj~~
PARIS,4 ÂVRit.
Aujourd'hui, à l'ouverture de la séance
de la Chambre des Députés, M. Schneider
a donné lecture d'un décret qui le nomme
président du Corps-Législatif.
On parle depuis quelque temps déjà d'un
traité d'alliance qui serait en voie de hëgocia-
tton entre laPrusse et l'Autriche, et les bruits
répandus a ce sujet ont pris naturellement
plus de consistance depuis que la question du
Luxembourg a été soulevée..D'âpres le lan-
gage des feuilles dëyiënhë, l'opinion publi-
que en Autriche serait peu favorable à l'al-
liance dont il s'agit. Le souvenir de la der-
nière guerre est encore trop récent pour que
.les Autrichiens se sentent animés d'une bien
vive tendresse envers la. Prusse quelque
bon chrétien que l'on ~oit a. Vienne, on
n'y pousse pas la résignation au point d'ou-
blier le désastre de Sadowa. Les journaux
autrichiens pensent que les partisans ~élés
dé l'alliance austro-prussienne n'ont d'au-
tre but que d'engager l'Autriche a tirer
~es marrons du feu au bénénce de la Prusse,
cette alliance devant surtout être conclue,
selon eux, en Vue dés complications qui
peuvent surgir de la question du Luxem-
bourg. La Prusse ayant MqUÎs une prëpon~
dérance incontestée en Allemagne, c'est a
elle qu'il appartient de veiller a la défense
des intérêts germaniques, et non point à
l'Autriche, qui est exclue par les traités de
toute Confédération allemande, dans le Sud
comme danâ le Nord. Ainsi parlent les
journaux de Vienne, et nous devons fécond
naître que leur raisonnement est assez
juste mais où ils semblent se contre-
dire, c'est lorsqu'ils ajoutent que l'Au-
triche, bien qu'exclue de toutes les Con-
fédérations, ne se considère pàa cepen-
dant comme tout a. fait désintéressée dans
îes questions allemandes. Elle ne serait pas
fondée, en ce cas, a repousser les proposi-
tions de la Prusse si ces proposi-tions
existent réellement, ce qui nous paraît assez
vraisemblable:
îl semblé en effet que, préoccupée de ta a
~ra.vë question du moment, la Prusse s'ef-
M''cë de grouper autour d'elle toutes les ré-
sistàncesque peuvent oûrir les intérêts et les
passions des peuples allemands, dans le Sud
aussi bien que dans le ~ord. Nous voyotiS en
ëSët par unë'dëpëchë de Munich, adressée au
~o~e deLondres, que dësmanifestatipnspu-
bliques se préparent en Bavière au sujet de la
question du Luxembourg « contre les em-
piétemehs d'une puissance étrangère sur un
territoire allemand, x Ce sont les propres
termes de la dépêche. Les promoteurs de
ces démonstrations se proposeraient de faire
adopter une proposition déclarant que le peu-
ple bavarois considérerait tout acte de fai-
blesse de la. Prusse dans le règlement de la
question du Luxembourg comme l'équiva-
lent d'un consentement donné par cette
puissance & la cession du duché.
Le G'~f reproduit en outre un ar-
ticle d'un journal de Londres, d'après le-
quel le gouvernement prussien se serait
adressé an gouvernement britannique pour
léprierd'intervenirauprèsduroideHollande
à l'ënet d'obtenir de lui qu'il ne aoit pas
<Ïohné suite aux négociationa entamées
~vec la. France relativement à la cession du
Luxembourg. On pourrait conclure de
(~ette nouvelle, sj elle se connrmê, ¡
que là Prusse, tout eh prenant ses me-
sures pouf parer à toute, éventualité, ï
admerait pourtant mieux n'avoir pas à
fntérvenir directement dans les négo-
ciations qui concernent l'affaire du Luxem-
bourg, et qu'il lui paraîtrait préférable à tous
égards que'ies obstacles vinssent d'ailleurs
que de BerHn. Il est facile de voir par là
que la situation est assez tendus et que les
difficultés qui arrêtent la marche des né-
gociations ne seront pas des plus aisées a,
~ésoudpe.
Une dépêche de Florence; en date du
avril, annonce que le cabinet Ricasoli a
déposé sa démission entre les tnams du
foi..
Le journal ~Ke croit savoir que,
contrairement aux conseils des grandes
puissances européennes, la Porte refuserait
de céder la Crète au royaume hellénique~
Z< MC<'<~M'< de &t ~
BOURSE DE PARÏS
CLOTURE lè~. !e'î. HAUSSK. BAISSE.
S 0/0'
Comptant. 68?~ .74 68~ n 5.
Fia cour.. 68 60. 68 ?1/2. n 71/2
.< t/~
(;om~ant.. 98 )' 97 50 30.
Fin coùT.. 99 °--
· TiHé~apSHe pfïréé.
BerIin,le3aVriî.
rLe prince royal de Saxe a apporté au. prince
Frederic-Cha.rIes !a. gr ind'cro~x. de l'Ordre ~e la.
couronne de I{ue f~f{M''
repartie pour Ur$sd<~
Le Reichstag continue rexamen d~ projet uo
t':oMs!.i
I-'Opposition a. exprime !o désir que t:<. durcf. de la.
présence sous les di'~pnaax fut réduit.e .deux ans.
Le Hônci'td de MoIU..e, citcf de l'e!,nt,-m.'
iL))CU que Itnmciëreinent dosirabie, sernit mihta:-
rcment impossible en pt'èsence de ]a si'U3.)ion ~e-
~erale et des at'memens qui se font de tous les cô-
'tes. Cependant la Prusse n'e menAce pe~onn'?. t .e
'terme de trois ans a permis qu'après !.<. batHiUed')
KùBni~sr-ietx ht Prusse tut. plus forte qu.'uup 'ra-
~ut. et'c'lt
cnort'ne qui exi'~t.' c'!tt\; les t'erks des Pr. sstCM
et des Au.tricilicus. ainsi que'Ies sentiniens de so-
'nd.Mt.f'! etitre'ies ciiefs
fruitt parée qua la durée du serrice actif autrichien,
!({ui) par des raisons uhanciéres, n'avaltèté que.de
quinze et de dix-huit mois, avait relâché les liens
de la discipline.
Le général Vpgel de Falkenstein s'est exprime
dans le même sens.
Le député Kryger a développe une proposition
du parti danois tendante à suspendre l'obligation
du service militaire pour les Schleswigois du nord
jusqu'après le vote des populations.' Cette .propo-
sition est basée sur les stipulations du traite de
Prague.
~t. de Bismark a répondu a M. Kryger.
Le ministre craint que le discoure du préopi-
naht n'égare un grand nombre do Schleswigci!!
du nord et ne les fasse tomber sous le coup des
lois pénales. Tous les Schleswigois du nord, dit-il,
sont Prussiens; ils doivent, jusque ce que le, vote
ait eu lieu, obéir aux lois prussiennes, et subir les
conséquences do leur conduite s~ils font le con-
traire. Le préOpinaht, ajoute le ministre, inter-
prète inexactement les stipulations du traité de
Prague. Chaque Schleswigois a, jusqu'en iMO, le
droit de se faire Danois, et alors d ser~L traité par
nous comme têt.
Berlin, le 3 a.vril.
Les députés de la Hesse supérieure au Reichstag
ont l'intention de demander s'il existe pour le mo-
ment des obstacles à l'entrée du grand-duché de
Hesse dans la Confédéràtion du Nord, quels spnt
ces obstacles, e,t,subsidlairement s'ils sont dune
nature permanente. Vienne, le 4 avril.
La commerce et de navigation conclu le 23 février
186'! avec la Belgique. ,.< <
La Presse dit quun projet de loi relatif a. la po-
sition de la Croatie vis-à-vis de la Hongrie sera
prochainement soumis à la Diète hongroise.
Florence, le 3 &vril, soir.
On lit dans fJ~M
jLe~Euji Était généralement répandu aujour-
'Q~ur~quc~uS les ministres avaient donné leur
démission. Nous croyons savoir que rien n'est en-
core définitivement arrêté.
11 résulte de nos informations, que la Porte
refuse de céder la Crète au royaume hellénique. Il
Cônstantinoplé, le 3 avril.
Le prince de Servie a exprimé au Sultan sa gra-
titude pour l'évacuation des forteresses serbes.
S.~t. La fait au prince un accueil des plus. àf-
.fabjtos et lui a comêré les insignes de l'Osmanié,
garnis de diamans..
On apprend do bonne source que la Note fran-
çaise remise il. y a quelques jours ne propose nul-
lement d'une manière absolue la cession de lile
de Crète, mais qu'elle conseille de soumettre la
question au suffrage universel de la population
candiote.
Cônstantinoplé, la 3 avrii.
Le journal~ ~M!<' dit que le principe des
nationalités proposé par la Russie est inapplica-
ble dans l'empire ottoman, à cause de la diversité
des races qui composent sa population. Le gou-
vernement turc considère ces suggestions comme
tendantes au démembrement de l'empire.
Lisbonne, le 3 avriL
Le roi et la reine ont ajourné leur départ.
Lé projet do réforme de l'administration -civile
subira dé grandes modifications.
Madrid, le 3 avril, soir.
La,PeK
L'évacuation dd corps expéditionnaire français
se continue rapidement. Les derniers trahsports
pa.rt!ront dans quelques jours. Les communica-
tions régulières de notre Dort, avec Tampico
ont été reprises par le steamer auxiliaire 6'o-
KO? < appa.rteuant à la Compagnie générale
transatlantique. Co paquebot a déjà fait coup
sur coup deux voyages et a ramené un grand
nombre de negocians de Tampico et de l'intérieur,
qui ont fait de forts achats sur notre place. Le
commandant des forces dissidentes & Tampico a
donné les garanties les ptus explicites aux opéra-
tions do commerce sous pavillon français.
En raison des mouvemons militaires qui s'opè-
rent entre Vera'Cruz et Mexico, les convois d'ar-
gent provenaut des mines de San-Luis etGua.-
naxuato prennent aujourd'hui la route dé Tam-
pico, et ce port va retrouver son ancienne impor-
tance comme exportation et comme importation.
New-York, le 3 avril, soir
(par le câble atlantique).
Le .B~sM dit que lés notabitités du Sud, sui-
vant les conseils de M. Johnson, so proposent dé
prier la Cour suprême d'arrêter la mise à exécu-
tion de la loi de reconstruction du Sud.
New-York, le 3 avril
(par lé câble atlantique).
D'après des avis ofuciels reçus a Washington,
Maximilion serait à Queretaro. Toutes les commu-
.aications seraient coupées.
(S~'MC< M~'apA~M jEMMM-.otM/~r.)
)t<
Florence, 16 4 avril, ~t'ois heures du
soir.
Le baron Ricàsoli vient d'informer la Chambre
des Députes que le ministère avait remis ce ma-
tin sa démission entre les ma!hsduroi,quiî'a
acceptëë. LaHaye,Ie4avril,
La Chambre des Députes a ûxô & demain l'in-
terpotlauon do M. de fhorbëcke, sur la déclara-
tion de M. do Bismàr!f. que la Hotlandé aurait of-
fert ses bons offices a la Prusse et & la France
dan~ la question du Luxembourg.
Trieste.lc~avril.
Le bAtiment français D~M?, ayant à bord
i ,MO volontaires mexicains, est arrive à Lissa.
Londres, le < avril, soir.
Là' corfespdn'dancë diplomatique relative a la
saisie du navire anglais Q.'Me'M- t'c<û/ effectuée
le iS janvier 18M par un croiseur espagnol, vient
(Têtrëpubliëe.
Dans une dépêche du 30 mars dernier, en ré-
ponse à une dépêche du gênerai Calohje du 9 jan-
vier, lord Stanley déclare que la saisie du navire
en question est un acte iUègal et injustiiiable.
H demande la restitution immédiate du navire et
de la cargaison, avec une indemnité pécuniaire
pour le capitaine et l'équipage, et avec l'expres-
sion des regrets du gouvernement espagnol au
gouvernement anglais pour l'outrage fait au pa-
vilto&angiaM..
_Lord Stanley espère que.Ie gouvernement ospa-:
(fnol ne laissera pas cette question prendra la
torme d'un ditrérénd sérieux entre rA.nglcterre et
t'Espagne. Londres, le4a'vnl.
Le bilan hebdomadaira de la Banque d'Angle-
{éiTe donne les résultats suivans
Diminution Késerve des billets, 9S9,9'?OIiv. st.;
compte du Trésor, '!U'i,~0:i liv. st. encaisse mé-
ta.lIique,tlS,294iiv.st.
Augmentation Comptespart)cuaers,SOt,SS81. st.;
pûfKiteninBS, 733,6uThv. st.
(S~P!M ~7~y)'S~)/M~e ~P
Décidémeut nous jouons de malheur aYec
le télégraphe. 11 suRU., depuis quelque
~enips, qu'une dépêche soit importante
pour qu'elle uous soit transmise d'une fa-
non incomplète ou tardive. Le jour de l'ou-
"verture du Parlement italien, l'agence Ha-
v~s oubliait dans le discours du Trône la.
phrase relative à la Hquidution de~ bicus du
clergé. Lundi dernier, le télégraphe, qui
nous donnait des nouvelles de Londres.
de Saint-Pétersbourg, de New-York et de
tous les points du globe où il ne se pas-
sait rien d'intéressant pour nous,nous
taisait la singulière plaisantprie de rete-
nir deux dépêches de Berlui, analys:nt,
i'uue le discours de M. de Bennigsen sur l'af-
faire du Luxembourg, et l'autre la réponse
de M. de~ismark. Cesdeuxtelégrammes, cx-
uédiés de Berlin, le. premier à onze heures
trois quarts du matin, le second a midi,
n'arrivaient à l'agence Havae'que k len-'
demain, l'un à onze heures un quart, l'au-
tre à onze heures vingtr-cinqmmutes, un peu
après l'arrivée à Paris des journaux de Lon-
dres qui, mieux servis que nous par l'é-
lectricité) racontaient tout au long la. séance
du Reichstag.
Hier un fait analogue s'est représente.
Un télégramme daté de Berlin, le 3 avril,
nous parvient de bonne heure il nous ap-
prend que les journaux du matin annon-
cent la prochaine arrivée dans la capitale
de la Prusse du roi des Belges, du comte de
Flandre et de la famille de Hohenzollern.
Quel que soit l'intérêt de cette nouvelle,
nous la connaissions, pour ainsi dire, avant
qu'on nous l'eût communiquée, puisque de-
puis longtemps déjà nous savons quels liens
de famille vont unir les familles royales de
Belgique et de Prusse. Mais, par un enet
étrange du mauvais sort attaché en ce
moment aux télégrammes importans de
l'agence Havas, deux dépêches parties
du même lieu avant-hier dans la soi-
rée ne sont arrivées qu'hier, trop tard
pour être insérées dans les journaux du
soir et dans l'édition des départemens des
.journaux du matin. L'une de ces dépê-
ches nous apprend que le .ministre de
la marine a affirmé devant le Reichstag
!La nécessité de protéger le commerce alle-
mand par une puissante flotte de guerre.
De l'autre il résulte que les interpellations
de M. de Bennigsen sur l'anaire du Luxem-
'boûl'g vont avoir une suite, et qu'une
« proposition projetée par les membres
du parti national libéral o est l'objet de
'< délibérations préalables avec les autres
fractions du Reichstag.
D'où proviennent ces mutilations et ces
retards dans nos dépêches ? Pour la lacune
étrange que nous avons signalée dans le
discours du roi d'Italie, admettons, si l'on
veut, une distraction d'un employé. Sup-
posons que, le jour des interpellations de
M. deBennigsêh, la ligne de Berlin a Paris a
été occupée uniquement par des communi-
cations probablement fort actives ce-jour-la
entre notre ambassadeur en Prusse et le mi-
nistère des affaires étrangères. Comment
expliquer le retard des deux dépêches d'hier?
La preuve que la ligne n'était pas réservée
exclusivement aux dépêches officielles,
c'est qu'on a trouvé moyen de nous expé-
dier ce télégramme insignifiant sur les o%-
des journaux prussiens relativement
au voyage du roi des Belges et du comte de
Flandre bien qu'il soit daté du 3 tandis
que les deux dépêches intéressantes qui sont
arrivées si tard sont datées de la veille au
soir. U est surprenant que précisément
quand une dépêche est importante elle .nous
arrive avec une extrême lenteur.
Est-ce au gouvernement prussien que
nous devons nous en prendre du retard que
~nous signalons? Puisqu'il n'a pas empêché
le départ des dépêches adressées à Lon-
dres, commen't et pourquoi aurait-il re-
tardé celles de l'agence Havas? Faut-il
accuser l'administration française ? Il nous
est difficile de comprendre quel intérêt
le gouvernement peut avoir a retarder
la connaissance d'ëvénemens qu'il lui
serait absolument impossible de nous
cacher, et qu'il juge d'ailleurs plutôt heu-
reux que regrettables, comme on a pu
ile voir avant-hier dans ~oK~ew?' ~M
~'OM' et hier dans 76. C'oM~~tOM~. Quoi
'qu'il en soit, nous devons appeler l'atten-
tion la plus sérieuse de l'agence Havas sur
;ces retards de son service. Tous les
Français, ou du moins presque tous, se
trouvent par-la pendant* de longues heures
dans l'ignorance de discussions ou d'é-
!vénemens qui, tandis que nous les ignorons
encore, produisent déjà leurs cpnsé-
;quences financières et commerciales sur
tous les'autres marchés de l'Europe. Qu'on
juge quelles conséquences fâcheuses il en
peut résulter pour nous. D'ailleurs, en de-
~hora même de cette considération si grave,
Qe. pouvons-nous pas,. ne devons-nous pas
être quelque peu honteux de rester ainsi de
temps en temps les seuls en Europe à igno-
rer ce qui précisément nous touche le~plus?
Nous sommes convaincus qu'il nous suffira
d'avoir appelé l'attention de l'agence Ha-
vas sur, ces retards regrettables pour qu'elle
veille, a ce qu'ils ne puissent plus se re-
nouveler.. EDMOND ViLLETARD.
On écrit uë Berlin, le avril
« La fraction des libéraux nationaux entrera
ce soir en délibération sur une propo'sition re-
lative au maintien de la liaison du Luxembourg
avec l'Allemagne, proposition qu'elle doit pré-
senterdemain au Reichstag. Bien qu'il nepuisse
subsister de doute sur les sentimens qui régnent L
à cet égard dans le Reicbstag,une telle mani-
festation né'sera pas inutile en ce moment. Le
président des commissaires fédéraux a fait al-
lusion à la pression morale dont le gouverne-
ment a besoin pour le traitement de cette af-
faire, et la nécessité qu'il y a. pour lui d'agir
d'accord avec l'opinion publique, dont le Reichs-
tag a le devoir autant que le droit d'être l'ex-
pression en ce moment, x (G'
no fera pas partie du 11° corps de l'armée de la,
Confédération du Kord, comme on en avait le
projet d'abord mais la division Tiessoise sera
réunie & la. division badoise et formera avec
~elle un nouveau corps d'armée, le. 13°, qui
se composera de neuf réguaens -(cinq hes-
sois, quatre badois), de cinq régimens de cava-
lerie (deux hessbis, trois badois), de dix batte-
ries badoises et do cinq batteries hessoises,
enun d'un bataillon de pionniers .badois. Ce
corps sera donc, organisé complètement sur le
modèle prussien.
Dn ecrii. de Berlin, le 2 avril =
« Le Parlement a voté, dans .la séance de ce
'jour, les Bhapitres relatifs aux postes et télé-
~graphes, ala marine de guerre et a la marine
marchande et aux affaires consulaires, sans de
notables modincations. Dans les articles qui >i
couc~rnent la. marine de guerre, il a été inséré
seulement une disposition d'après laquelle la
marine de guerre aurait le même pavillon que
la marine marchande, c'egt-a-dire noir, blanc,
rouge.
)) Comme la discussion préliminaire touche
a sa mi, tes délégués des Etats du Nord,sont
attendus ici, aiin de se concerter sur l'attitude
a prendre, vis-à-vis des mpdincations du pro-
jet de'Coùstitution proposées par le Reichsiag.
)) 11 est probable que les discussions seront
entièrement terminées d'ici*, à Pâques les
-'Chambresiprussiehnes seront alors convoquées
immédiatement pour donner leur adhésion à
la Constitution arrêtée par le Parlement.
') Les journaux ont annoncé dernièrement que
le roi de Prusse se rendrait a l'Exposition uni-
verselle vers la fin du mois de mai. L'assertion
a été démentie ensuite, parce qu'il y aurait eu
malentendu; ce serait le prince royal, choisi
par le roi, qui se rendrait à Paris a l'époque
déterminée.
» Dans certains cercles on s'étonne de ce
que les négociations entre Paris et La Haye
aient eu lieu, sinon à l'insu, du moins sans la
participation de la Prusse. On prête au roi des
Pays-Bas l'intention de vouloir résoudre sans
la Prusse la question do savoir si la Prusse a
ou n'a pas le droit de tenir garnison dans la
forteresse de Luxembourg. Les négociations
qui ont eu lieu a ce sujet entre Berlin et.La
Haye n'ont pas abouti. o
(C~'M~o~SMce BimM.)
On lit dans la Presse de Vienne
« Un journal, qui est l'organe des Prussiens,
'annonçait hier que le représentant de l'Autri-
che à Berlin aurait reçu l'ordre de ne pas lais-
ser le cabinet prussien douter un instant que,
dans le cas d'une certaine éventualité, l'Autri-
che ne marclie & côté de l'Allemagne.
» Il résulte de renseignemens puisés a
bonne source, que cette nouvelle peut être
placée sur le môme rang que celle dé la con-
clusion des préliminaires dim traité d'alliance
austro-prussien qui a été démentie.
? En général, il paraitrait que jusqu'ici la
question du Luxembourg n'a pas encore été
soulevée dans les entrevues du comte de Bis-
mark et du comte Wimpnen.
)<* Le comte de Bismark évite soigneusement
de parler de cette an'aire, et le comte Wimpnen
n'a pas sujet d'en faire mention. »
.î.
Le ~o~M~ j?<~M publie la. Note sui-
vante, au sujet de la question da grand-
duché de Luxembourg. Nous la. reprodui-
sons à. titre de renseignement, et sans en
prendre la responsabilité.
« Berlin, le 31 mars.
)) Voici, en ce qui concerne la Prusse, l'état
de la question Le duché appartenait & l'an-
cienne Confédération germanique en vertu des
traités de 1818.
» Cette Confédération n'existant plus, les
troupes prussiennes qui occupent, la forteresse
de Luxembourg auraient été déjà reurées si
cette occupation avait eu un caractère purement
fédéral. Mais la Hollande et la Prusse ont
conclu en 1816 et 1819 des traités particuliers
stipulant que la forteresse fédérale de Luxem-
bourg serait occupée on cojnmun, la Prusse
fournissant les trois quarts de la garnison et la
Hollande l'autre quart. En même temps le
grand-duc céda au roi de Prusse le droit de
nommer le gouverneur militaire de la forte-
resse, droit qui avait été spécialement donné
au roi de Hollande.
)) Quand la Prusse brisa ses relations avec
la Diète de Francfort, le cabinet de Hollande
demanda à Berlin si la Prusse entendait main-
tenir ses troupes dans la forteresse. Le comte
Perponcher, ministre de Prusse à La Haye,
répondit que désormais les troupes prussien-
nes tiendraient garnison à Luxembourg, non
pas a titre fédéral, mais. en vertu des traités
internationaux de 1816 etj819.
» En conséquence, si la Hollande cède ce du-
ché à la France, ces traités prennent fin et
ne peuvent pas lier la puissance cession-
naire. Nonobstant toutes les assertions con-
traires, la Prusse n'empêche en aucune façon
l'annulation de ces traités, et elle n'a jamais
.demandé aucune garantie quelconque. Les
.Prussiens évacueront purement et simplement
le duché aussitôt que les deux puissances con-
tractantes seront arrivées à un arrangement
~dénuitif..
» Mais la Prusse réclamera, en son nom et a.u
nom de l'ex-Confédération germanique, les
~sommes dépensées depuis 1818 pour la con-
struction et l'armement de la forteresse. En
1820, l'ancienne Confédération germanique a
pris à sa charge l'entretien des forteresses iédé-
rales. Ainsi le comité chargé de la. liquidation
des anciens États confédérés réclame les dé-
penses de l'entretien de
,à 1820 et ~e 1866 jusqu'au jour de l'évacua-
tion.
» Ces dépenses forment une somme assez
i ronde. Est-ce la Hollande qui la paiera, ou la
Franco ? Voilà le point délicat, e
D'autre part ~7M~M<~eë ~~c publie
la dépêche suivante
<; Berlin, le mardi 2 avril.
< Les bruits de changemens qui auraient eu
lieu parmi les hauts fonctionnaires du gouver-
nement luxembourgeois, et' toutes les asser-
tions de mesures qui auraient été prises par
précaution, sont controuvés et paraissent deg
manœuvres de Bourse.
La A'
guerre entre la France et l'Allemagne à
cause du Luxembourg, fait observer que la
possession du Luxembourg no coutre-balan-
cerait nullement les sacriiices d'une guerre.
De môme, la France victorieuse ferait revivre
l'animosité d'autrefois, heureusement écartée
maintenant. Que ta France considère bien tout
avant d'attaquer un peuple qui défend son
intégrité nationale. La guerre rendrait dou-
teuse .une situation stthie que la France s'ef-
force d'établir. »
T~ëa événemens de Roubafx ont donné
lieu a. une manifestation qui ne peut être
passée sous silence c'est une déclaration
de l'MOCM'~O~ M~'M~MMM~C ~C.S'
~M~ représentée par trois membres de
la commission de Paris, qui signent avec le
titre de eo~~oMi'~M~ MM. Tolain Fri- i
bourg et Varlin. L'Association internatio-
nale des travailleurs.est peu connue de nos
lecteurs mais il est bon qu'elle le soit,
quoiqu'elle nous semble n'exister encore
qu'à l'état d'essai ou d'embryon. Elle n'aspire
a. rien moins qu'a embrasser les ouvriers
de toutes les professions manufacturières
de l'Europe et il est certain qu'elle a de
nombreuses ramineations déjà en Angleterre
et sur le continent. Ce serait donc la plus
vaste Société qui ait jamais été formée. On
l'a vu a l'occasion de la grève qui a der-
nièrement tenu en suspens à Paris l'indu-
strie du bronze, le principal objet de cette
Association serait d'intervenir dans les mo-
mens de grèves en soutenant non seule-
ment de sou influence, mais aussi de ses
subsides les ouvriers inoccupés de la pro-
fession où la ~rève aurait été déclarée.
L'Associationinternationale avaitau moins
un mot a dire au sujet de ce qui s'est passé
aRoubaix, puisque ces événeiùens regret-
tables avaient leur point de départ dans
une grève. C'est ce quelle a fait par l'or-
-gane des trois
se sont rendus co~s~~ des ~o~~MM
Elle avertit les ouvriers en général que-dë
~~<°~~ ~M~MC~ etous les ~J~M~ Elle déclare que la.
machine, à titre d'instrument de travail
doit être ~cc. Ce sont des vérités salu-
taires et opportunes. Malheureusement les
considérans du jugement n'en valent pas le
dispositif. D'après la lettre de MM. les eo~-
~~mencé la destruction des machines et le
sac des ateliers, tous les torts étaient du
côté des patrons. Ges torts sont éuumérës
dans la lettre, et l'énumération mérite qu'on
qu'on s'y arrête.
Parmi ces torts réels ou supposés, il en
est un dont il est à regretter que les eo~-
~'tM~oM~M de l'Association internationale
aient cru devoir l'alléguer c'est la pré-
sence des gendarmes dans les établisse-
mens le jour des dévastations ou les jours
précédons. De toutes les formes sous les-
quelles peut se présenter la force armée
la gendarmerie est celle dont on peut
le moins avoir d'ombrage, par deux rai-
sons la première, c'est que le gendarme est
un agent prudent, accoutumé a se compor-
ter avec intelligence et modération, et les
eoy~~om~M~ de l'Association internationale
ne disent pas que les gendarmes de Roubaix
se soient montrés diHëremment. La seconde,
c'est que, la brigade de gendarmerie se com-
posant de cinq hommes seulement, l'agglo-
mération de trois ou quatre brigades (et
il est vraibemblable qu'il n'y en a pas s
davantage a. Roubaix) ne forme jamais
une force bien menaçante. La présence
de la gendarmerie devant une foule exerce
une influence morale bien plus qu'elle
n'est un moyen matériel d'intimidation.
On ne s'explique .pas qu'après les scènes
de désordre et de destruction qui ont
eu lieu, on vienne critiquer la gendarmerie
de s'être montrée a Roubaix. On serait bien
plutôt, en droit, après l'événement, de criti-
quer J.'autorité de n'avoir pas fait une démon-
'Btration plus imposante, en appelant, dès l'o-
rigine, des troupes, afin de contenir une po-
pulation dont l'irritation était connue. Ce
n'eût été que de la prévoyance, et dé là plus
élémentaire.
Un autre tort plus sérieux imputé aux
chefs d'industrie par les c
un règlement intérieur qui imposerait deë
mesures attentatoires a la dignité et des
amendes d'une ~~MM~ /?~~M~. Nous
né savons pas en quoi le règlement dont il
s'agit blessait la dignité de ceux qui y étaient
soumis. Mais, a cet égard, il était possi-
ble et facile de redresser les griefs que
pouvaient avoir les ouvriers. Un règlement
tracé par les patrons tout seuls ne peut
être sans appel. L'intervention officieuse
de l'autorité en aurait vraisemblable-
ment obtenu aussitôt la réforme dans ce
qu'il pouvait, avoir d'abusif. Quant aux
amendes, c'est l'unique sanction qui puisse
être donnée aux dispositions du règlement,
le seul moyen d'en assurer l'observation;
mais elles doivent être très modérées. Il est
d'usage absolu qu'au lieu de profiter au pa-
tron, elles soient versées dans une caisse
de secours dont les ressources sont exclu-
sivement réservées aux ouvriers. Les cor-
~'
connaître en quoi les amendes étaient d'une
~M~~MM~J y~am~. Ils eussent mieux fait
de s'en expliquer clairement. Le procès
s'instruit par-devant 1& public, et il est bon
qu'on lui communique toutes les circon-
stances de l'affaire, toutes les pièces du dos-
sier.
Un troisième grief signalé par les eo?'-
)'~)OM<~M~ se présente avec plus de préci-
sion que le précédent on aurait introduit
une machine imposant aux tiaeeurs plus de
travail sans augmenter leur salaire en pro-
portion, et, par le moyen de ce métier, on
aurait supprimé un grand nombre d'ou-
vriers. Tout travail veut sa récompense; si
la machine nouvelle exige plus d'effort ma-
tériel ou plus d'intelligence, le salaire doit
être augmenté. En est-il bien ainsi? Les
correspondans le disent." Ils en sont per-
suadés. A cet égard pourtant, il serait bon
d'avoir aussi l'opinion d~s patrons et, en
outre, le témoignage d'ingénieurs impar-
tiaux. C'est une question de fait aisée a dé-
battre et à vider. Il est à désirer qu'elle soit
l'objet d'un examen sérieux. L'intérêt des
patrons est qu'elle soit scrutée !t. fond.
Il reste le fait d'avoir .renvoyé un ~MM{
MON~e d'ouvriers. Ici il y avait lieu a des
ménagemens attentifs. En droit strict,
le patron ne doit da salaire qu'aux ou-
vriers qu'il occupe et on ne saurait le
forcer d'occuper personne au delà de ses
besoins. Mais quand un§ ville entière
change son matériel industriel et qu'il
doit s'ensuivre la cessation brusque du Ira–
vail pour un nombre considérable de per-
sonnes, le'droit strict est. hors de propos, et
les patrons, s'ils l'invoquaient, commet-
traient une faute. Il est utile, il est morale-
ment indispensable de ménager la trans-
ition. Les patrons, en pareil cas, doivent
procéder par degrés. C'est un devoir pour
eux, à titre de bons citoyens, amis de
l'ordre et de la paix publique, de faire en
sorte que le bien général qui doit ..être le
résultat du perfectionnement du matériel
soit accompagné d'aussi peu de sounrancea
individuelles qu'il se pourra. Dans une telle
occasion, les patrons doivent s'efforcer
d'adoucir pour la population ouvrière, les
effets de la. transformation..Ils le doivent
d'autant plus qu'ils sont dans une po-
sition meilleure. Or les dernières années
ont été bonnes pour l'industrie roubai-
sienne. Le traité de commerce, dont Rou-
baix s'était enrayé d'abord, lui avait ouvert
dcsdébouchésinespérés, et procuré, dit-on,
des bénéfices très satisfaisans. C'était pour
les chefs d'industrie de Roubaix une haute
convenance de s'en souvenir quand ils se
sont déterminés à introduire le nouveau
métier, et qu'ils se sont trouvés ainsi eu
face d'un certain nombre d'ouvriers de-
venus provisoirement inutiles. Oniesac-
cuse de n'en avoir rieu fait. On nous per-
s mettra de ne pas admettre que l'accusa;-
tiou soit fondee, jusqu'à ce que les chefs
d'industrie ajent parlé mais ~n trouva.
naturel aussi que nous exprimions leY~ui.
qu'ils parlent. Il est de leur intérêt d~
poser ce qu'ils ont fait. L'opinion publi~a'e)~
a besoin d'être édifiée. Elle s'est émue 3<
désordres dont Roubaix a été le théâtre. IT~~
est d'intérêt général que tout ce qui s'est
passé dans cette ville soit soumis al'appré–
dation du public on ne saurait répandra
trop de lumière sur tous ces faits, qui tien-
nent à l'important sujet des rapports deëf
ouvriers avec les patrons. Ce sont dés-
ormais des affaires politiques, il ne fau&'
pas le méconnaître. La publication des
e~v~oK~ de l'Association internatio-
nale est pour les patrons une mise en'
demeure, et les patrons s'abuseraient s'ils
ne la prenaient ainsi. De leur côté, les
pas avantageuse. Des assertions sommaires
ne sufnsent pas dans dé~ ànaires ausst
graves, chacun est tenu d'apporter deà
preuves à l'appui de ses affirmations.
Quoique les eo~~poM~M~ de l'Association
internationale a'e soient àppliqués~ant tout,
dans leur Manifeste, a mettre en relief le~
torts qu'ils attribuent aux patrons~ il leur ?
fallu un certain courage pour blâmer, ainst
qu'ils l'ont fait, les désordrea de Roubaix.
Leur langage de réprobation n'est pas sans
énergie; il aurait cependant pu en avoir
davantage.. II .ne fâHait pas dire aux bu-
triers Les
mes dans les fabriques, c'est l'introduction
dunouveau métier, c'est l'établissement d'un
règlement plus sévère dans le~ fabriques
il fallait leur dire que les causes <~ ~M~N
~MM~ les causes non accidentelles o~
secondaires, mais dominantes, étaient l'i-
gnorance des ouvriers sur leurs propres in-"
térêts et la faiblesse avec laquelle un cer-~
tain nombre d'entre eux s abandonnent
a. de mauvais penchans. Il eût été plus
sage de représenter aux populations que s~
elles avaient de meilleures habitudes, St
elles fuyaient les cabarets, beaucoup trop
fréquentés dans leTSford, elles ne seraient
pas autant, s beaucoup près, a la merci des
mcidens qui peuvent suspendre le travail*
Lê~ eo~
chefs intelligens et de bons guides, s'ils
avaient dit aux ouvriers Vous êtes igno-
rans, instruisez-vous profitez des facilités
qu'on vous donne aujourd'hui pour vous
instruire. Plusieurs d'entre vous manquent
de sobriété qu'ils se corrigent qu'ils tra-
vaillent les six jours de la semaine qu'ils
se préparent ainsi quelques économies pour.
les. temps de chômage. Les ouvriers de
l'Allemagne du Nord n'ont pas des salaires.
plus élevés que les vôtres, et pourtant ils.
ont fourni les fonds des MO ou 1,000 ban-
ques du peuple qui se sont formées sur le'
modèle recommandé par M. SchuItze-De-
litsch, banques qui fonctionnent à la fois
comme des Caisses d'épargne et des institu-
tions de crédit. MM. les eo~SMo~M de
l'Association internationale attachent un
grand prix a an~rmir et à étendre l'autorité
qu'ils exercent sur leurs confrères l'auto-
rité, pour justifier sa prérogative; a besoin
quelquefois de dire la vérité tout entière,.
quelque pénible qu'elle puisse être en-
tendre..
Il n'eût pas été inopportun peut-être de
rappeler aux ouvriers de Roubaix et aux.'
populations en général comment cette partie
des ouvriers anglais qui, avant la guerre~
civile des Etats-Unis, tirait ses salaires de
l'industrie cotonmëre, avait pu traverser
la crise cruelle déterminée par la cessation
des arrivages de coton américain. Des rele-
vés dignes de foi attestent que la privation.
de salaire pendant la durée de cette crise
est représentée par la somme énorme de
730 miHions de francs. C'est l'estimation que'
nous trouvons dans l'écrit d'un m'ànufactu-
rier philanthrope fort estimé de l'autre côté
du détroit, M. Henri Ash~orth. Pour sub-
venir une perte pareille, on a fait des'
souscriptions publiques, et elles ont pro-
curé des ressources supérieures à tout ce
qu'avaient produit jusque-la les souscrip-
tions de bienfaisance, près de 40 millions
de francs. Mais ce n'était guère que le ving-.
tième du déficit qui venait frapper la po-
pulation. Les ouvriers del'Anglëterre avaient
contracté d'avance des habitudes d'épar-
gne. Ils ont ainsi tfou-vé chez eux-mêmes
des secours plus abondana que tout ce qui'
leur venait du dehors. Ils ont soùnërt, mais;
ils ont franchi le dénié. La conduite des pa-
îtrons envers lea ouvriers a. été admirable,'
m~is celle deS ouvriers l'a. été plus encore.;
C'est ce modèle qu'il est regrettable que
.les correspondans de l'Association interna-
tionale n'aient pas gignalé à l'occasion des
troubles de Roubaix. Les ouvriers anglais,
'atteints par un chômage sans exemple, se
sont comportés en hommes qui savent qu'ils
portent la principale responsabilité de leur
propre salut. C'est.par la qu'ils sont sortis
victorieux de l'épreuve. Cette idée de la.
responsabilité n'apparaît pas dans leMani-
i feste des eo~~o?~~ de l'Association in-
ternationale lacune énorme qu'ils auront a.
cœur de combler s'ils veulent que leurs con-
seils méritent d'être écoutés et puissent pro-
Ster a l'harmonie sociale, qui est le preinief
intérêt de tous.
& ~C~
On lit dans .P<~M
« Nous apprenons par une dépêche de 1~
Havane du 27 mars, venue par le câble, que
du 23 au 25, les batimens français formant, la.
dernière division de la tlotte de transport ont
passé en vue de l'ile, venant de la Vera-Cruz.
» Leur état était excellent et la situation des
troupes était très satisfaisante. FM~.
Nouvelles étrangères.
AtJTNGHE.
F~mMe, 1'
On'lit<}anste ~{M~e~f;
« Comme il est dans Tintérêt de la Prusse de
prouver que ce qu'elle a accomplil'année dernière
non seulement n'n pas a.t'faiMi l'AHemagne, mais
Fa an contraire rapprochée de Fanion désirée,
nous comprenons parfaitement que, dans ces
derniers temps, on s'occupe en Prusse avec une
certaine prédilection de. l'éventualité d'une ai-
liance entre Berlin et Vienne.
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