Titre : La Liberté
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1936-08-08
Contributeur : Muller, Charles (1823-1898). Directeur de publication
Contributeur : Girardin, Émile de (1806-1881). Directeur de publication
Contributeur : Détroyat, Léonce (1829-1898). Directeur de publication
Contributeur : Berthoulat, Georges (1859-1930). Directeur de publication
Contributeur : Aymard, Camille (1881-1964). Directeur de publication
Contributeur : Ferry, Désiré (1886-1940). Directeur de publication
Contributeur : Doriot, Jacques (1898-1945). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb328066631
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 08 août 1936 08 août 1936
Description : 1936/08/08 (A72,N26594). 1936/08/08 (A72,N26594).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k41043254
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-189
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 11/11/2018
LA LIBERTÉ
0,30 Journal politique du soir, fondé en 1831 - 0,30
N- 26.594 DIRECTEUR : DÉSIRÉ FERRY
PARIS, SAMEDI 8 AOUT 1936
DIRECTION [" 122, Rue Réaumur, U" 72e ANNEE
ADMINISTRATION L Tél. : Gutenberg 81-30 NouvELLE SEKtH
LOGIQUE...
...ET SINCÉRITÉ
Au Luxembourg, la proposi-
Lion Labro tisse, rendant obliga-
toire l'enseignement des devoirs
envers la patrie, a été adoptée à
l'unanimité, MINISTRES
1831 COMPRIS', - I
Au Palais-Bourbon, le minis-
tre de VEducation nationale,
chargé d'appliquer ce texte, a
1 voté contre. ET TOUS LES
MINISTRES ONT VOTE
CONTRE ! '
1865 |
LA NEUTRALITE
ET LE PLAN FRANÇAIS
Devons-nous
renoncer
a l'appui
de l'Angleterre
en cas
de graves
complications
internationales?
L'initiative française en vue d'un
■ accord international de non-inter- c
vention en Espagne est venue tard. c
Les circonstances dans lesquelles v
elle s'est produite permettent de se c
demander tout d'abord si elle re- ç
jflète les idées du gouvernement tout
entier ou celles du seul M. Yvon d
Delbos, et, ensuite, ce qui est plus 1
grave, quel en est le degré de s i-n- <3
t évité.
Tout ce que, nous connaissons, t
tout ce que nous apprenons chaque
jour des tractations relatives à des
livraisons d'armes aux bolchevistes j
de Madrid, laisse l'impression de
,!manœuvres louches où la bonne foi
-ide M. Léon El um et de certains de (
ses ministres apparaît des plus js
suspectes, si, du moins, on peut en-
pore lui accorder le bénéfice du {
1
,,klotite. Même si aucune livraison c
d'armes n'avait été effectuée jus- :
qu'ici, l'intention n'en aurait pas <
moins existé. Or, cette intention a T
été suivie d'effet ; les livraisons
d'armes et de munitions par le gou- 5
vernement français aux gens du (
F rente popular espagnol sont de (
Chaque jour. (
Dans ces conditions, la démarche i
française auprès des Puissances 1
n'est, aux yeux de ceflles-ci, qu'un
"insidieux moyen propre à faire naî- j
tre un prétexte pour faire ou ver- ]
tement ce que l'on fait déjà plus ou i
moins secrètement. Aucun jeu ne
'.saurait être plus dangereux, plus
jpropre à faire surgir des compli-
cations. d'où pourrait tout naturel- £
bernent surgir la guerre. |
jw* ]
* Que veut notre gouvernement en j
jmbliant* comme -il vient de l,e faire, -
le résultat de l'enquête sur les
avions italiens tombés en zone
française ? Il tend évidemment à
omettre en cause le gouvernement ,
romain. Le contimuniqué _ fait à la
presse indique, en effet, que les j
jappareils saisis sont des appareils j
Oniiitaires dont les cocardes avaient ,
(été recouvertes de peinture blan- ,
iiche, et qui portaient leur armement ;
,'Jde guerre, sauf les bombes. On
ajoute que plusieurs des pilotes, qui
Missimulaient leur véritaible iden-
tité, étaient des militaires encore
porteurs de leurs livrets de solde.
; Ces précisions ont certainement
votir ,p but .de rejeter sur l'Italie la
¡res,ponsabmité de l'immixtion et
îld'en prendre acte pour déclarer que
lie gouvernement français, dès lors,
Si'a plus de scrupules à observer.
Comment ne s'est-on pas rendu
Acompte au Quai d'Orsay que. le grief
imous serait immédiatement re-
tourné ?
La discussion s'aigrissant, cha-
cun prétendra, revendiquant le bon
fidroit, n'en faire qu'à sa guise. C'est
ainsi que naissent les conflits ar-
:/rnés.
M. Hitler est un homme moins
commode que M. Mussolini. La pres-
:8e d'Outre-Rhin, en présence de la
loaote française, a tout de suite posé
ifla question la plus brûlante : Est-
•jee que l'U.R.S.S. n'est pais en état
\Id'ingérence permanente dans les af-
faires d'Espagne ? Est-ce qu elle
!!n'envoie pas officiellement de l ar-
gent aux gens de Madrid ? Est-ce
qu'elle n'organise pas des souscrip-
tions pour en recueillir davantage ?
est,cé bien tout ?
, Prenons garde.
Le premier geste des officiers du
'DeutscMand envoyé à Ceuta fut
(pour rendre visite au général Fran-
co. D'autres marins allemands ont
-jdé'filé dans Séville, capitale des in-
surgés du Sud, au milieu de 1 en-
thousiasme délirant d'une foule
criant : « Heil Hitler ! » Le cor-
respondant de 1 ' Intran si g e ci lit, qui
narre La scène, avoue l'anxiété qui
d'à étreint après avoir « reçu ce
coup brusquement en pleine poitri-
ne ». Il y a d'ailleurs des avions al-
lemands en service chez les parti-,
sana du général Franco.
Henry LEMERY.
EN RHENANIE
L'Allemagne
augmente
le nombre
de ses troupes
massées
à la frontière
française
Précisions inquiétantes
sur le « geste symbolique »
Cologne, 7 août. (De notre correspon-
riant particulier.) — Lorsque, le 7 mars
dernier, le Ftihrer envoyait la Reichs-
wehr réoccuper la zone démilitarisée, il
déclara Qu'il ne fallait voir dans ce fait
iul « un geste symbolique ».
Or, l'Allemagne ne cesse actuellement
ie renforcer ses garnisons rhénanes dans
une proportion qui justifie toutes les in-
quiétudes.
A Carlsruhe. ville située à 12 kilomè-
tres de la frontière française, sont sta-
tionnés 4.000 hommes.
Il y a notamment le régiment d'infan-
terie numéro 109, deux sections d'artil-
lerie de campagne, un bataillon de télé-
graphistes, un escadron de cavalerie, des
chars d'assaut, une section A. A., une
section de grosses mitrailleuses, un ba-
taillon de chars blindés, une section
d'aviateurs, une section de lance-
mines et une école d'aviation. Les
casernes qui existent dans la ville
ne suffisent pas à abriter ces troupes,
on a réquisitionné des écoles et des
usines pour les héberger.
A Ludwigshafen sont casernés les ré-
giments d'infanterie 17, 18 et 31. Là en-
core, les casernes ne sont pas suffisantes
et l'on a été forcé de distribuer les sol-
dats dans plusieurs garages de la ville,
à la Rheinschule et au « Gesellschafts-
haus ».
A Sarrebruck, le deuxième bataillon du
régiment d'infanterie n° 38, qui occupa
la ville le 7 mars, a été renforcé par un
régiment motorisé et blindé n° 5.
*
**
Les effectifs des formations militari-
sées S.S. de Rhénanie s'élèvent actuelle-
ment à 20.000 hommes et comprennent
des formations spécialement motorisées,
les « Motor Standarten » n02 et n° 19, le
2c et le 3e « Bann » du génie. La direc-
tion-de«ces formations rhénanes se trou*
ve à Coblence sous la présidence de
l' « obergruppenfûhrer », prince héritier
de Waldeck, ainsi qu'aux chefs-lieux de
commandement XIX, à Carlsuhe, et
XXIX, à Mannheim. Ces groupes sont à
leur tour dirigés par l'état-major de la
Reichswehr.
Nous trouvons de plus des formations
S.A. parfaitement militarisées, des grou-
pes « Sudwest », « Palatinat Electoral »,
« Hesse » et « Rhin-Inférieur ». Pour se
faire une idée de l'importance de ces
formations, il suffira d'invoquer que le
groupe « Rhin-Inférieur » a 90.000 hom-
mes d'effectifs !
Le pain à 1 fr. 80
EN RAISON DE LA HAUSSE DES
COURS DU BLE ET DE LA FARINE,
LE PRIX DU PAIN SERA PORTE A
1 fr. 80 LE KILO A DATER DU
8 AOUT 1936.
La Reine Wilhelmine qui abdiquerait
en faveur de la princesse Juliana
Eu raison des grèves agricoles, le t ravail des champs se fait- sous la
. surveillance de la garde mobile *
LES RÉPERCUSSIONS INTERNATIONALES DE LA RÉVOLUTION ESPAGNOLE
Le Reich répond
à la note française
sur la non-ingérence
mais menace en même temps
le Gouvernement de Madrid
L'exécution de quatre Allemands à Barcelone soulève, à
Berlin, une vive émotion, car on y voit un prétexte
suffisant pour intervenir au nom de « la sécurité collective
contre le bolchevisme »
Le cuirassé « Jaime Ier » bombarde Algésiras
Le destroyer allemand « Ieaéai,.d » dans les eaux espagnoles
Berlin, 7 août. — La réponse du Reich
à la note française sera remise, ce soir,
au Quai d'Orsay par l'ambassadeur
d'Allemagne à Paris.
La presse ne donne aucune précision
sur ce que sera cette réponse, par con-
tre, elle commente avec véhémence la
nouvelle de la mort de quatre Allemands
fusillés près de Barcelone.
C'est un assassinat politique, déclare
le Lokal Anzeiger. Sur ses drapeaux, la
canaille bolchevique a inscrit l'anéan-
tissement de tous ceux qui ne pensent
pas comme elle. Cette canaille gagne
{partout du terrain là où le groupe des
militaires n'a pas encore pénétré.
C'est là un danger croissant pour
toute l'Europe. Plus que jamais se pose
la question d'une sécurité collective con-
tre le bolchevisme.
Après s'être élevé contre « la presse
démocratique » qui « ne cache pas sa
sympathie pour les milices rouges », ce
journal déclare :
L'Allemagne exige satisfaction. Elle
exige aussi la punition des coupables.
,S'il existe encore une sorte de morale
internationale collective, toutes les na-
tions devraient se ranger aux côtés cl13
l'Allemagne pour donner plus de poids
à ses exigences.
La Germania oppose « aux horreurs
et aux monstruosités communistes de
l'Espagne la splendeur sereine des Jeux
Olympiques de Berlin et leurs luttes
chevaleresques. Ce sont, dit-elle, deux
mondes opposés. »
Le texte de la formule française
L'Angleterre et l'U.R.S.S. ayant déjà
répondu à la note française concernant
la non-intervention dans les affaires
d Espagne, l'Italie venant d'approuver
en principe l'initiative de Paris et la
réponse allemande étant. attendue au-
jourd'hui, le gouvernement français a
préparé une formule de non-interven-
tion qu'elle a communiquée aux puis-
sances déjà approchées. Cette formule,
d'ailleurs assez longue et complexe, ne
sera publiée qu'après son éventuelle ac-
ceptation par les puissances.
Le devoir de neutralité
La paix est, chaque jour, à la
merci d'un incident.
Déjà, dans le détroit de Gi-
braltar et dan$ les eaux du Ma-
roc espagnol, trop de bombes et
d'obus se sont égarés autour des
navires anglais ou allemands.
On peut imaginer les conséquen-
ces d'un coup malheureux frap-
pant un bateau de guerre ou un
navire marchand d'une nation
prompte à la riposte. Il pourrait,
comme le coup de pistolet de
Saragosse, abattant Sotelo, met-
tre le feu à l'Europe.
L'attitude de l'Allemagne dans
le conflit espagnol est de plus
en plus inquiétante. Que signifie
l'envoi du Deutschland en Mé-
diterranée ? Il aurait suffi, pour
protéger les nationaux et les
biens allemands, d'un ou deux
destroyers ou croiseurs légers.
Mais le Reich a envoyé son unité
la plus moderne et la plus puis-
sante, le « cuirassé de poche ».
dont les possibilités ont mis en
émoi toutes les marines du mon-
de. Pourquoi ?
Imaginons le pire. Supposons
que la guerre éclate brusquement.
Nous n'avons pas, à l'heure pré-
sente, dans notre flotté un bâti-
ment de taille à se mesurer avec
le Deutschland. Nos croiseurs
modernes, capables d'une grande
~ vitesse, sont, à côté de lui, des
navires de verre, sans protection
suffisante. Nos vieux cuirassés
sont loin d'avoir une rapidité
comparable, qui leur permette de
le poursuivre en haute mer.
Le Deutschland, à lui seul,
pourrait jeter la perturbation
dans nos transports militaires.
Sa présence doit nous faire ré-
fléchir, d'autant plus qu'aucune
raison sérieuse ne la justifie aux
abords de Tanger.
*
Il y a plus grave encore. L'Al-
lemagne et l'Italie s'engagent,
en étr-oite union, dans l'affaire
espagnole. La solidarité des deux
régimes autoritaires se manifes-
te en face de l'anarchie repré-
sentée par le gouvernement de
Madrid. L'Italie a livré des
avions au général Franco et
l'Allemagne lui envoie un offi-
cier supérieur de la marine hitlé-
rienne en visite^ protocolaire.
L'accord et, peut-être, la collu-
sion, sont évidents.
Sur le terrain diplomatique, le
gouvernement de M. Hitler su-
bordonne la déclaration de neu-
tralité que nous lui demandons
à une déclaration analogue de la
Russie soviétique. En principe, il
a raison. Mais son attitude est
sujette à caution, de même, bien
entendu, que l'attitude, de Mos-
cou, dont on connaît le respect
pour la parole donnée. La quête
officielle pour venir au secours
des combattants marxistes d'Es-
pagne est venue, hier, aggraver
la situation.
Qu'au moins le gouvernement
français soit exempt de tout re-
proche en ne donnant à personne
un prétexte pour transgresser l'a
neutralité. Est-ce le cas ? On hé-
site à le croire. L'affaire de la
réquisition d'avions français par
le Frente popular est inquiétan-
te. Elle date du 29 juillet et n'a
donné lieu qu'à une protestation
bien tardive et bien timide de la j
part du gouvernement. Nous ris-
quons d'être accusés de duplicité.
L'Allemagne et l'Italie peuvent
être tentées de s'en prévaloir. j
Il faut que, de toute ^ urgence, !
le gouvernement français dissipe ;
les équivoques et fasse un re-
dressement. Le veut-il ? Le peut- ;
il ? Notre neutralité, hautement
affirmée, doit être absolue. Elle
doit exclure aussi bien les envois
d'armes que les envois d'hom-1
mes, fussent-ils des volontaires;
ou même de soi-disant « techni-j
ciens » recrutés par les révolue
tionnaires espagnols.
C'est à ce prix que la paix
peut encore être préservée, Si-
non, la rivalité qui s'engage sur
le sol d'Espagne entre les forces
« fascistes » et les forces « anti-
fascistes » de l'Europe aboutira,
fatalement, à un conflit général.
La « guerre de religion politi-
que », que condamnait M. Yvon
Delbos, éclatera sur notre conti-
~ nent, — et ce ne sont pas peut-
être les démocraties qui, dans
cette bataille, auront les plus
grandes chances de l ',eml)orter.
Désiré FERRY.
Le Front populaire affirme que le petit commerce * la petite boutiquier est un ana-
Cette prétention est audacieuse de la part de ceux qui professent que le boutiquier
cronisme et que, dans son propre intérêt, il importe de le supp rimer. misère,.
Admettons toutefois, que certains petits commerçants et industriels ont, égarés par
voté - rouge Que et pensez=vous des grèves permanentes, cette ^de : l'occupation de vos locaux, de l'augmentation
des Est=ce pour et, mSi^la^o"!^^" question que le gouvernement manifeste à grand
fracas Ceux=ci une pourraient soudaine sollicitude s'y laîsser à prendre l'égard si des les tribunaux de commerce n'accéléraient brusquement
leur exécution par la voie légale des faillites. Juillet 91 faillites ont été pronon-
A Paris et pour tout le département de la Seine, du 28 au 31 juillet, 91 fai»^es bienveilïante >
cées, dont 52 pour cette échéance de fin de mois qui devait donner lieu a une
prorogation.A cette cadence, le Front populaire se trouvera bientôt en présence d'un ligue de faillis légale-
, ment constituée I ' •
EN ANGLETERRE
Trente-deux
cadavres
ont pu être
retirés
de la mine
de
Wharncliffe
Aucun mineur n'aurait
survécu à l'explosion
Lonares. 7 août. (Ue noire correspon-
laiit particulier.) — Les sauveteurs 3
poursuivent leurs efforts héroïques pour ;
retrouver les mineurs ensevelis dans la ;
nine de Wharncliffe Woodmoor, située
près de Barnsley, dans le Yorkshire.
Trente-deux cadavres ont été ramenés
1 la surface, mais les galeries étaient
occupées par 57 mineurs au moment de
l'explosion.
On ne conserve aucun espoir d'en sau- ,
ver même quelques-uns ; des volontai-
res qui ont participé au travail de se-
cours ont déclaré que les conditions au
fond des galeries étaient telles que ceux
que l'explosion a pu épargner n'auront
certainement pas pu échapper à l'action
des gaz toxiques qui se dégagent des
parois.
Cette catastrophe minière est la plus
importante qui se soit produite en An
gLeterre depuis celle de Gresford, en
septembre 1934, qui fit 265 victimes.
Des scènes déchirantes
Au fur et à mesure de leur arrivée
sur le carreau de la mine, les corps des
malheureuses victimes sont transportés
dans une salle d'école aménagée en cha-
pelle ardente. Plusieurs corps sont com-
plètement méconnaissables et ne sont
plus qu'un amas de chairs et d'os carbo-
nisés.
Plusieurs personnes se sont évanouies
devant ce spectacle atroce, tandis que
des hommes, des femmes et des en-
fants attendent sous la pluie les résul-
tats des dernières recherches, ne vou-
lant pas désespérer >du sort d'un parent
ou d'un ami. Beaucoup sont à peine
vêtus, n'ayant qu'un pardessus jeté sur
leurs vêtements de nuit.
Une foule prie, agenouillée dans la
boue, avec le Révérend Narman Knig, le
vicaire de C^rltan, qui a dit un service ]
religieux devant l'entrée de la mine. ' )
Une souscription publique
Le capitaine Crooksbank, ministre des
mines, a dirigé lui-même les premières
recherches et a porté à la connaissance
des familles des victimes des messages
de condoléances envoyés par le roi et
le premier ministre, M. Stanley Bald-
win.
Le maire de Barnsley, qui représente
actuellement, à Prague, la Fédération
des mineurs britanniques, rentre d'ur-
gence en Angleterre. En attendant son
arrivée prochaine, l'adjoint organise
une souscription publique pour venir en
aide aux femmes des victimes.
Précisons, enfin, qu'un seul mineur
avait été ramené vivant à la surface.
Mais il devait bientôt succomber à ses
atroces blessures sans avoir repris con-
naissance.
Aucun témoin du drame n'y a donc
survécu. Personne ne nous en dira les
horreurs.
Une enquête permettra, cependant
d'établir les causes de la catastrophe.
Les parents des victimes attendent
des nouvelles à l'entrée de la mine
(Photo Keystone)
La. mine de Barusley où s'est produire la terrible explosion
./*■ ---«•* - tBbojto Keyston«k|]
A LA RECHERCHE
DE L'ELITE DE DEMAIN
Restaurer la loi
réformer
la fiscalité
principes
essentiels
de la nouvelle
conscience
publique
Le maréchal Pétain vient de ré-
tablir la vérité en proclamant cette
formule : dans la paix, le travail et
la liberté.
Qui ne voit la différence que cet-
te douce et sereine formule de Fran-
ce oppose à celle des Soviets : la
pain, la paix... et la liberté ?
Les gens de Moscou subordon-
nent la liberté et la paix au pain
qu'ils exigent, quels que soient le
volume et le revenu du travail.
Cette formule soviétique est 'belli-
queuse. Elle explique pourquoi une
nouvelle opinion publique se forme
en France pour rappeler, comme
vient de le faire le maréchal Pétain,
qu'il n'y a pas de pain sans un tra-
vail qui dépend d'une paix que la li.
iberté individuelle garantit à tous.
♦
**
Ce rappel à la raison se fonde
non seulement sur le désir de_ met-
tre un terme à l'anarchie, mais en-
core, et surtout, sur la nécessité de
restaurer l'ordre public par la Loi.
Cette nécessité est naturellement
mise en doute par tous ceux qui, à
toutes les époques, mettent à profit
le désordre public ; cet attentat est
sans lendemain.
Restaurer la Loi est une nécessité
historique qui s'impose avec d'au-
tant plus de force qu'elle croît avec
l'injustice fiscale, car l'impôt meur-
trier sanctionne des lois oppressives.
Un pouvoir arbitraire peut résis-
ter ou essayer de temporiser. Il ne
réussit finalement qu'à imposer,
pour un temps plus ou moins court,
des ordres qui ne sont pas l'Ordre
qu'appelle et qu'obtient tou jours une
conscience publique alertée.
L'avertissement solennel de Tur-
,got est devenu un symbole : « Sire,
il faut clarifier la Loi pour qua
l'impôt ne soit plus matière à plai-
doirie mais à paiement correct. » Et
il reste éternellement vrai qu'una
faction qui s'empare du pouvoir par
la force ou la ruse est un tyran à
plusieurs bonnets.
* *
Adam Smith, dans ses rechercher
sur la nature et les causes de la ri-
chesse des nations, pensait, à la veil-
le de la Révolution française, que
l'impôt livré à l'arbitraire de lois
de circonstances appelle de la part
~ des citoyens l'exercice du droit. ma-
turel de représailles comme un de-
voir comparable à celui que leur im-
pose la défense de leurs frontières
nationales.
En 1922, après cinq années de
l gouvernement révolutionnaire a.
Moscou, le commissaire aux finances
de l'U.R.S.S., camarade Krestinski,
proclama la nécessité d'une « con-
tribution publique égale pour tous »
afin que son taux réduit puisse ga-
rantir à l'Etat un budget en parfait
équilibre grâce à des recettes sûres
et durables.
Et si, en une période exception-
nelle, un gouvernement provisoire
doit faire appel à la fortune pubU-
que, mobilière et immobilière, il ne
peut .réussir qu'en associant l'Etat
aux intérêts privés, au lieu de les
pourchasser et finalement les pulvé-
riser sans profit pour personne. La,
première Constitution francaise de
1791 a consacré ce principe d'équi-
té et d'habileté politique en réser-
vant aux contribuables qui acquit-
taient alors des impôts directs u-n
tiers des sièges au Parlement : exac-
tement 249 sièges sur 745.
Gaudin, ministre des finances de
Napoléon Ier, a, lui-même, conf ié son
regret que la « trépidante voracité
impériale » ne lui ait pas permis de
mettre de l'ordre dans un fatras lé-
gislatif qui avait nui à la meilleure
perception d'un impôt devenu simul-
tanément oppressif et improductif.
P. A. GIRARD.
(1) Voir la Liberté des 24 , 28 et 31 juillet.
0,30 Journal politique du soir, fondé en 1831 - 0,30
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PARIS, SAMEDI 8 AOUT 1936
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Au Luxembourg, la proposi-
Lion Labro tisse, rendant obliga-
toire l'enseignement des devoirs
envers la patrie, a été adoptée à
l'unanimité, MINISTRES
1831 COMPRIS', - I
Au Palais-Bourbon, le minis-
tre de VEducation nationale,
chargé d'appliquer ce texte, a
1 voté contre. ET TOUS LES
MINISTRES ONT VOTE
CONTRE ! '
1865 |
LA NEUTRALITE
ET LE PLAN FRANÇAIS
Devons-nous
renoncer
a l'appui
de l'Angleterre
en cas
de graves
complications
internationales?
L'initiative française en vue d'un
■ accord international de non-inter- c
vention en Espagne est venue tard. c
Les circonstances dans lesquelles v
elle s'est produite permettent de se c
demander tout d'abord si elle re- ç
jflète les idées du gouvernement tout
entier ou celles du seul M. Yvon d
Delbos, et, ensuite, ce qui est plus 1
grave, quel en est le degré de s i-n- <3
t évité.
Tout ce que, nous connaissons, t
tout ce que nous apprenons chaque
jour des tractations relatives à des
livraisons d'armes aux bolchevistes j
de Madrid, laisse l'impression de
,!manœuvres louches où la bonne foi
-ide M. Léon El um et de certains de (
ses ministres apparaît des plus js
suspectes, si, du moins, on peut en-
pore lui accorder le bénéfice du {
1
,,klotite. Même si aucune livraison c
d'armes n'avait été effectuée jus- :
qu'ici, l'intention n'en aurait pas <
moins existé. Or, cette intention a T
été suivie d'effet ; les livraisons
d'armes et de munitions par le gou- 5
vernement français aux gens du (
F rente popular espagnol sont de (
Chaque jour. (
Dans ces conditions, la démarche i
française auprès des Puissances 1
n'est, aux yeux de ceflles-ci, qu'un
"insidieux moyen propre à faire naî- j
tre un prétexte pour faire ou ver- ]
tement ce que l'on fait déjà plus ou i
moins secrètement. Aucun jeu ne
'.saurait être plus dangereux, plus
jpropre à faire surgir des compli-
cations. d'où pourrait tout naturel- £
bernent surgir la guerre. |
jw* ]
* Que veut notre gouvernement en j
jmbliant* comme -il vient de l,e faire, -
le résultat de l'enquête sur les
avions italiens tombés en zone
française ? Il tend évidemment à
omettre en cause le gouvernement ,
romain. Le contimuniqué _ fait à la
presse indique, en effet, que les j
jappareils saisis sont des appareils j
Oniiitaires dont les cocardes avaient ,
(été recouvertes de peinture blan- ,
iiche, et qui portaient leur armement ;
,'Jde guerre, sauf les bombes. On
ajoute que plusieurs des pilotes, qui
Missimulaient leur véritaible iden-
tité, étaient des militaires encore
porteurs de leurs livrets de solde.
; Ces précisions ont certainement
votir ,p but .de rejeter sur l'Italie la
¡res,ponsabmité de l'immixtion et
îld'en prendre acte pour déclarer que
lie gouvernement français, dès lors,
Si'a plus de scrupules à observer.
Comment ne s'est-on pas rendu
Acompte au Quai d'Orsay que. le grief
imous serait immédiatement re-
tourné ?
La discussion s'aigrissant, cha-
cun prétendra, revendiquant le bon
fidroit, n'en faire qu'à sa guise. C'est
ainsi que naissent les conflits ar-
:/rnés.
M. Hitler est un homme moins
commode que M. Mussolini. La pres-
:8e d'Outre-Rhin, en présence de la
loaote française, a tout de suite posé
ifla question la plus brûlante : Est-
•jee que l'U.R.S.S. n'est pais en état
\Id'ingérence permanente dans les af-
faires d'Espagne ? Est-ce qu elle
!!n'envoie pas officiellement de l ar-
gent aux gens de Madrid ? Est-ce
qu'elle n'organise pas des souscrip-
tions pour en recueillir davantage ?
est,cé bien tout ?
, Prenons garde.
Le premier geste des officiers du
'DeutscMand envoyé à Ceuta fut
(pour rendre visite au général Fran-
co. D'autres marins allemands ont
-jdé'filé dans Séville, capitale des in-
surgés du Sud, au milieu de 1 en-
thousiasme délirant d'une foule
criant : « Heil Hitler ! » Le cor-
respondant de 1 ' Intran si g e ci lit, qui
narre La scène, avoue l'anxiété qui
d'à étreint après avoir « reçu ce
coup brusquement en pleine poitri-
ne ». Il y a d'ailleurs des avions al-
lemands en service chez les parti-,
sana du général Franco.
Henry LEMERY.
EN RHENANIE
L'Allemagne
augmente
le nombre
de ses troupes
massées
à la frontière
française
Précisions inquiétantes
sur le « geste symbolique »
Cologne, 7 août. (De notre correspon-
riant particulier.) — Lorsque, le 7 mars
dernier, le Ftihrer envoyait la Reichs-
wehr réoccuper la zone démilitarisée, il
déclara Qu'il ne fallait voir dans ce fait
iul « un geste symbolique ».
Or, l'Allemagne ne cesse actuellement
ie renforcer ses garnisons rhénanes dans
une proportion qui justifie toutes les in-
quiétudes.
A Carlsruhe. ville située à 12 kilomè-
tres de la frontière française, sont sta-
tionnés 4.000 hommes.
Il y a notamment le régiment d'infan-
terie numéro 109, deux sections d'artil-
lerie de campagne, un bataillon de télé-
graphistes, un escadron de cavalerie, des
chars d'assaut, une section A. A., une
section de grosses mitrailleuses, un ba-
taillon de chars blindés, une section
d'aviateurs, une section de lance-
mines et une école d'aviation. Les
casernes qui existent dans la ville
ne suffisent pas à abriter ces troupes,
on a réquisitionné des écoles et des
usines pour les héberger.
A Ludwigshafen sont casernés les ré-
giments d'infanterie 17, 18 et 31. Là en-
core, les casernes ne sont pas suffisantes
et l'on a été forcé de distribuer les sol-
dats dans plusieurs garages de la ville,
à la Rheinschule et au « Gesellschafts-
haus ».
A Sarrebruck, le deuxième bataillon du
régiment d'infanterie n° 38, qui occupa
la ville le 7 mars, a été renforcé par un
régiment motorisé et blindé n° 5.
*
**
Les effectifs des formations militari-
sées S.S. de Rhénanie s'élèvent actuelle-
ment à 20.000 hommes et comprennent
des formations spécialement motorisées,
les « Motor Standarten » n02 et n° 19, le
2c et le 3e « Bann » du génie. La direc-
tion-de«ces formations rhénanes se trou*
ve à Coblence sous la présidence de
l' « obergruppenfûhrer », prince héritier
de Waldeck, ainsi qu'aux chefs-lieux de
commandement XIX, à Carlsuhe, et
XXIX, à Mannheim. Ces groupes sont à
leur tour dirigés par l'état-major de la
Reichswehr.
Nous trouvons de plus des formations
S.A. parfaitement militarisées, des grou-
pes « Sudwest », « Palatinat Electoral »,
« Hesse » et « Rhin-Inférieur ». Pour se
faire une idée de l'importance de ces
formations, il suffira d'invoquer que le
groupe « Rhin-Inférieur » a 90.000 hom-
mes d'effectifs !
Le pain à 1 fr. 80
EN RAISON DE LA HAUSSE DES
COURS DU BLE ET DE LA FARINE,
LE PRIX DU PAIN SERA PORTE A
1 fr. 80 LE KILO A DATER DU
8 AOUT 1936.
La Reine Wilhelmine qui abdiquerait
en faveur de la princesse Juliana
Eu raison des grèves agricoles, le t ravail des champs se fait- sous la
. surveillance de la garde mobile *
LES RÉPERCUSSIONS INTERNATIONALES DE LA RÉVOLUTION ESPAGNOLE
Le Reich répond
à la note française
sur la non-ingérence
mais menace en même temps
le Gouvernement de Madrid
L'exécution de quatre Allemands à Barcelone soulève, à
Berlin, une vive émotion, car on y voit un prétexte
suffisant pour intervenir au nom de « la sécurité collective
contre le bolchevisme »
Le cuirassé « Jaime Ier » bombarde Algésiras
Le destroyer allemand « Ieaéai,.d » dans les eaux espagnoles
Berlin, 7 août. — La réponse du Reich
à la note française sera remise, ce soir,
au Quai d'Orsay par l'ambassadeur
d'Allemagne à Paris.
La presse ne donne aucune précision
sur ce que sera cette réponse, par con-
tre, elle commente avec véhémence la
nouvelle de la mort de quatre Allemands
fusillés près de Barcelone.
C'est un assassinat politique, déclare
le Lokal Anzeiger. Sur ses drapeaux, la
canaille bolchevique a inscrit l'anéan-
tissement de tous ceux qui ne pensent
pas comme elle. Cette canaille gagne
{partout du terrain là où le groupe des
militaires n'a pas encore pénétré.
C'est là un danger croissant pour
toute l'Europe. Plus que jamais se pose
la question d'une sécurité collective con-
tre le bolchevisme.
Après s'être élevé contre « la presse
démocratique » qui « ne cache pas sa
sympathie pour les milices rouges », ce
journal déclare :
L'Allemagne exige satisfaction. Elle
exige aussi la punition des coupables.
,S'il existe encore une sorte de morale
internationale collective, toutes les na-
tions devraient se ranger aux côtés cl13
l'Allemagne pour donner plus de poids
à ses exigences.
La Germania oppose « aux horreurs
et aux monstruosités communistes de
l'Espagne la splendeur sereine des Jeux
Olympiques de Berlin et leurs luttes
chevaleresques. Ce sont, dit-elle, deux
mondes opposés. »
Le texte de la formule française
L'Angleterre et l'U.R.S.S. ayant déjà
répondu à la note française concernant
la non-intervention dans les affaires
d Espagne, l'Italie venant d'approuver
en principe l'initiative de Paris et la
réponse allemande étant. attendue au-
jourd'hui, le gouvernement français a
préparé une formule de non-interven-
tion qu'elle a communiquée aux puis-
sances déjà approchées. Cette formule,
d'ailleurs assez longue et complexe, ne
sera publiée qu'après son éventuelle ac-
ceptation par les puissances.
Le devoir de neutralité
La paix est, chaque jour, à la
merci d'un incident.
Déjà, dans le détroit de Gi-
braltar et dan$ les eaux du Ma-
roc espagnol, trop de bombes et
d'obus se sont égarés autour des
navires anglais ou allemands.
On peut imaginer les conséquen-
ces d'un coup malheureux frap-
pant un bateau de guerre ou un
navire marchand d'une nation
prompte à la riposte. Il pourrait,
comme le coup de pistolet de
Saragosse, abattant Sotelo, met-
tre le feu à l'Europe.
L'attitude de l'Allemagne dans
le conflit espagnol est de plus
en plus inquiétante. Que signifie
l'envoi du Deutschland en Mé-
diterranée ? Il aurait suffi, pour
protéger les nationaux et les
biens allemands, d'un ou deux
destroyers ou croiseurs légers.
Mais le Reich a envoyé son unité
la plus moderne et la plus puis-
sante, le « cuirassé de poche ».
dont les possibilités ont mis en
émoi toutes les marines du mon-
de. Pourquoi ?
Imaginons le pire. Supposons
que la guerre éclate brusquement.
Nous n'avons pas, à l'heure pré-
sente, dans notre flotté un bâti-
ment de taille à se mesurer avec
le Deutschland. Nos croiseurs
modernes, capables d'une grande
~ vitesse, sont, à côté de lui, des
navires de verre, sans protection
suffisante. Nos vieux cuirassés
sont loin d'avoir une rapidité
comparable, qui leur permette de
le poursuivre en haute mer.
Le Deutschland, à lui seul,
pourrait jeter la perturbation
dans nos transports militaires.
Sa présence doit nous faire ré-
fléchir, d'autant plus qu'aucune
raison sérieuse ne la justifie aux
abords de Tanger.
*
Il y a plus grave encore. L'Al-
lemagne et l'Italie s'engagent,
en étr-oite union, dans l'affaire
espagnole. La solidarité des deux
régimes autoritaires se manifes-
te en face de l'anarchie repré-
sentée par le gouvernement de
Madrid. L'Italie a livré des
avions au général Franco et
l'Allemagne lui envoie un offi-
cier supérieur de la marine hitlé-
rienne en visite^ protocolaire.
L'accord et, peut-être, la collu-
sion, sont évidents.
Sur le terrain diplomatique, le
gouvernement de M. Hitler su-
bordonne la déclaration de neu-
tralité que nous lui demandons
à une déclaration analogue de la
Russie soviétique. En principe, il
a raison. Mais son attitude est
sujette à caution, de même, bien
entendu, que l'attitude, de Mos-
cou, dont on connaît le respect
pour la parole donnée. La quête
officielle pour venir au secours
des combattants marxistes d'Es-
pagne est venue, hier, aggraver
la situation.
Qu'au moins le gouvernement
français soit exempt de tout re-
proche en ne donnant à personne
un prétexte pour transgresser l'a
neutralité. Est-ce le cas ? On hé-
site à le croire. L'affaire de la
réquisition d'avions français par
le Frente popular est inquiétan-
te. Elle date du 29 juillet et n'a
donné lieu qu'à une protestation
bien tardive et bien timide de la j
part du gouvernement. Nous ris-
quons d'être accusés de duplicité.
L'Allemagne et l'Italie peuvent
être tentées de s'en prévaloir. j
Il faut que, de toute ^ urgence, !
le gouvernement français dissipe ;
les équivoques et fasse un re-
dressement. Le veut-il ? Le peut- ;
il ? Notre neutralité, hautement
affirmée, doit être absolue. Elle
doit exclure aussi bien les envois
d'armes que les envois d'hom-1
mes, fussent-ils des volontaires;
ou même de soi-disant « techni-j
ciens » recrutés par les révolue
tionnaires espagnols.
C'est à ce prix que la paix
peut encore être préservée, Si-
non, la rivalité qui s'engage sur
le sol d'Espagne entre les forces
« fascistes » et les forces « anti-
fascistes » de l'Europe aboutira,
fatalement, à un conflit général.
La « guerre de religion politi-
que », que condamnait M. Yvon
Delbos, éclatera sur notre conti-
~ nent, — et ce ne sont pas peut-
être les démocraties qui, dans
cette bataille, auront les plus
grandes chances de l ',eml)orter.
Désiré FERRY.
Le Front populaire affirme que le petit commerce * la petite boutiquier est un ana-
Cette prétention est audacieuse de la part de ceux qui professent que le boutiquier
cronisme et que, dans son propre intérêt, il importe de le supp rimer. misère,.
Admettons toutefois, que certains petits commerçants et industriels ont, égarés par
voté - rouge Que et pensez=vous des grèves permanentes, cette ^de : l'occupation de vos locaux, de l'augmentation
des Est=ce pour et, mSi^la^o"!^^" question que le gouvernement manifeste à grand
fracas Ceux=ci une pourraient soudaine sollicitude s'y laîsser à prendre l'égard si des les tribunaux de commerce n'accéléraient brusquement
leur exécution par la voie légale des faillites. Juillet 91 faillites ont été pronon-
A Paris et pour tout le département de la Seine, du 28 au 31 juillet, 91 fai»^es bienveilïante >
cées, dont 52 pour cette échéance de fin de mois qui devait donner lieu a une
prorogation.A cette cadence, le Front populaire se trouvera bientôt en présence d'un ligue de faillis légale-
, ment constituée I ' •
EN ANGLETERRE
Trente-deux
cadavres
ont pu être
retirés
de la mine
de
Wharncliffe
Aucun mineur n'aurait
survécu à l'explosion
Lonares. 7 août. (Ue noire correspon-
laiit particulier.) — Les sauveteurs 3
poursuivent leurs efforts héroïques pour ;
retrouver les mineurs ensevelis dans la ;
nine de Wharncliffe Woodmoor, située
près de Barnsley, dans le Yorkshire.
Trente-deux cadavres ont été ramenés
1 la surface, mais les galeries étaient
occupées par 57 mineurs au moment de
l'explosion.
On ne conserve aucun espoir d'en sau- ,
ver même quelques-uns ; des volontai-
res qui ont participé au travail de se-
cours ont déclaré que les conditions au
fond des galeries étaient telles que ceux
que l'explosion a pu épargner n'auront
certainement pas pu échapper à l'action
des gaz toxiques qui se dégagent des
parois.
Cette catastrophe minière est la plus
importante qui se soit produite en An
gLeterre depuis celle de Gresford, en
septembre 1934, qui fit 265 victimes.
Des scènes déchirantes
Au fur et à mesure de leur arrivée
sur le carreau de la mine, les corps des
malheureuses victimes sont transportés
dans une salle d'école aménagée en cha-
pelle ardente. Plusieurs corps sont com-
plètement méconnaissables et ne sont
plus qu'un amas de chairs et d'os carbo-
nisés.
Plusieurs personnes se sont évanouies
devant ce spectacle atroce, tandis que
des hommes, des femmes et des en-
fants attendent sous la pluie les résul-
tats des dernières recherches, ne vou-
lant pas désespérer >du sort d'un parent
ou d'un ami. Beaucoup sont à peine
vêtus, n'ayant qu'un pardessus jeté sur
leurs vêtements de nuit.
Une foule prie, agenouillée dans la
boue, avec le Révérend Narman Knig, le
vicaire de C^rltan, qui a dit un service ]
religieux devant l'entrée de la mine. ' )
Une souscription publique
Le capitaine Crooksbank, ministre des
mines, a dirigé lui-même les premières
recherches et a porté à la connaissance
des familles des victimes des messages
de condoléances envoyés par le roi et
le premier ministre, M. Stanley Bald-
win.
Le maire de Barnsley, qui représente
actuellement, à Prague, la Fédération
des mineurs britanniques, rentre d'ur-
gence en Angleterre. En attendant son
arrivée prochaine, l'adjoint organise
une souscription publique pour venir en
aide aux femmes des victimes.
Précisons, enfin, qu'un seul mineur
avait été ramené vivant à la surface.
Mais il devait bientôt succomber à ses
atroces blessures sans avoir repris con-
naissance.
Aucun témoin du drame n'y a donc
survécu. Personne ne nous en dira les
horreurs.
Une enquête permettra, cependant
d'établir les causes de la catastrophe.
Les parents des victimes attendent
des nouvelles à l'entrée de la mine
(Photo Keystone)
La. mine de Barusley où s'est produire la terrible explosion
./*■ ---«•* - tBbojto Keyston«k|]
A LA RECHERCHE
DE L'ELITE DE DEMAIN
Restaurer la loi
réformer
la fiscalité
principes
essentiels
de la nouvelle
conscience
publique
Le maréchal Pétain vient de ré-
tablir la vérité en proclamant cette
formule : dans la paix, le travail et
la liberté.
Qui ne voit la différence que cet-
te douce et sereine formule de Fran-
ce oppose à celle des Soviets : la
pain, la paix... et la liberté ?
Les gens de Moscou subordon-
nent la liberté et la paix au pain
qu'ils exigent, quels que soient le
volume et le revenu du travail.
Cette formule soviétique est 'belli-
queuse. Elle explique pourquoi une
nouvelle opinion publique se forme
en France pour rappeler, comme
vient de le faire le maréchal Pétain,
qu'il n'y a pas de pain sans un tra-
vail qui dépend d'une paix que la li.
iberté individuelle garantit à tous.
♦
**
Ce rappel à la raison se fonde
non seulement sur le désir de_ met-
tre un terme à l'anarchie, mais en-
core, et surtout, sur la nécessité de
restaurer l'ordre public par la Loi.
Cette nécessité est naturellement
mise en doute par tous ceux qui, à
toutes les époques, mettent à profit
le désordre public ; cet attentat est
sans lendemain.
Restaurer la Loi est une nécessité
historique qui s'impose avec d'au-
tant plus de force qu'elle croît avec
l'injustice fiscale, car l'impôt meur-
trier sanctionne des lois oppressives.
Un pouvoir arbitraire peut résis-
ter ou essayer de temporiser. Il ne
réussit finalement qu'à imposer,
pour un temps plus ou moins court,
des ordres qui ne sont pas l'Ordre
qu'appelle et qu'obtient tou jours une
conscience publique alertée.
L'avertissement solennel de Tur-
,got est devenu un symbole : « Sire,
il faut clarifier la Loi pour qua
l'impôt ne soit plus matière à plai-
doirie mais à paiement correct. » Et
il reste éternellement vrai qu'una
faction qui s'empare du pouvoir par
la force ou la ruse est un tyran à
plusieurs bonnets.
* *
Adam Smith, dans ses rechercher
sur la nature et les causes de la ri-
chesse des nations, pensait, à la veil-
le de la Révolution française, que
l'impôt livré à l'arbitraire de lois
de circonstances appelle de la part
~ des citoyens l'exercice du droit. ma-
turel de représailles comme un de-
voir comparable à celui que leur im-
pose la défense de leurs frontières
nationales.
En 1922, après cinq années de
l gouvernement révolutionnaire a.
Moscou, le commissaire aux finances
de l'U.R.S.S., camarade Krestinski,
proclama la nécessité d'une « con-
tribution publique égale pour tous »
afin que son taux réduit puisse ga-
rantir à l'Etat un budget en parfait
équilibre grâce à des recettes sûres
et durables.
Et si, en une période exception-
nelle, un gouvernement provisoire
doit faire appel à la fortune pubU-
que, mobilière et immobilière, il ne
peut .réussir qu'en associant l'Etat
aux intérêts privés, au lieu de les
pourchasser et finalement les pulvé-
riser sans profit pour personne. La,
première Constitution francaise de
1791 a consacré ce principe d'équi-
té et d'habileté politique en réser-
vant aux contribuables qui acquit-
taient alors des impôts directs u-n
tiers des sièges au Parlement : exac-
tement 249 sièges sur 745.
Gaudin, ministre des finances de
Napoléon Ier, a, lui-même, conf ié son
regret que la « trépidante voracité
impériale » ne lui ait pas permis de
mettre de l'ordre dans un fatras lé-
gislatif qui avait nui à la meilleure
perception d'un impôt devenu simul-
tanément oppressif et improductif.
P. A. GIRARD.
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