Titre : La Dépêche de Brest : journal politique et maritime ["puis" journal de l'Union républicaine "puis" journal républicain quotidien "puis" quotidien républicain du matin]...
Auteur : Union républicaine (France). Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Brest)
Date d'édition : 1927-10-24
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32755951g
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 24 octobre 1927 24 octobre 1927
Description : 1927/10/24 (A41,N16008). 1927/10/24 (A41,N16008).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : Yroise, bibliothèque... Collection numérique : Yroise, bibliothèque numérique de Brest
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Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k3475904
Source : Bibliothèque municipale de Brest, PB A100
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 10/01/2021
SIX PAGES - 25 CENTIMES "\
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QUOTIDIEN REPUBLICAIN DU MATIN
25, ruo Jean Nlaoé, BREST
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Marcel COUDURIER
§
1
la
EDITION DE 5 HEURES
5
/
de Brest
éPÉGiîB
1 m & de l'Ouest
LUNDI 24 OCTOBRE 1927
41' année,'- N° 16.008
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NOS
TOIT
MORCEAUX CHOISIS f
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PUISSANTS
crise ministérielle, les députés se
trouvent en face du président de la
République, sans intermédiaires, et,
il faut le reconnaître, comme je l'ai
déjà dit, qu'en crise ministérielle le
président de la République gouverne
pa^ Emile FHGUET
Comme pays gouverné, la France_est
dans une situation très particu-
lière. Proserpine passait six mois
dans les enfers et six mois
| la lumière du soleil. La France est
eouvernée huit mois par sa Chambre .
5.c déDUtés et quatre mois par son : seul et absolument, étant absolument
ministère. Elle est gouvernée nuu
jnois parlementairement et quatre
mois despotiquement. Le gouverne-
ment de la France est un despotisme
jntermittent et une oligarchie inter-
mittente.
Pendant huit mois, la Chambre des
aéputés gouverne. Il n'est si mince
et si obscur incident politique sur
ouoi, immédiatement, la Chambre ne
traduise le ministère à sa barre pour
le sermonner, pour lui donner ses ins-
tructions, pour lui indiquer par le
menu toute la conduite qu'il doit te-
nir sous peine de révocation. Les mi-
nistres ne sont, pendant huit mois,
que des chefs de bureau qui sont
sonnés tous les matins par leur di-
recteur et qui reçoivent ^de lui «lo-
cations,, conseils, avis, ordres et tache
' — '- avec la raa-
minutieusement préparée
niére dont ils auront à l'accomplir.
L'interpellation à jet continu n est
pas autre chose que le gouvernement
transporté tout entier au palais Bour-
bon, et les ministres transformes en ^
agents purs et simples du pouvoir le" j fa constitution, de lui donner ni l'une
gislatif. Un fonctionnaire, je le con-, nj j>aut:re de ces garanties d'indépen-
nais, est désigné à la nomination du dance_ On a tenu beaucoup trop, à
ministre par ses chefs immédiats et mQn avis_ à ce que tout en France,
par ses pairs. Le ministre le fait ap- depu;s ie président de la République
peler: « Je ne puis pas vous nommer: jU3qU>au pius modeste fonctionnaire
j'aurais une interpellation. » Les nu- j e( au pjus humble contribuable, dé-
pistres, pendant les sessions, sont .es j pemiît étroitement du pouvoir légis-
eraployés de la Chambre des depu-1 lat;{_ Le chef d'Etat est donc subor-
tés. Us prennent leur revanche, timi- donné, comme tout le monde, à la
dément ou violemment, selon leur toute-puissante Chambre des députés
caractère, dès que la session est close ; pjans ies crises ministérielles, la
et il n'y a rien qui ressemble plus ; chambre des députés pèse sur lui.
à l'anarchie que cette alternance, que Elle ne luj la présence dans le pays de deux gou-t elre i'inspire avec une autorité qui ne
vernements, différents et rivaux, qui jlaisse pas d'être menaçante. « Prenez
gouvernent chacun à son tour. , j un te!> 0Uj sinorl) celui que vous pren
. vt*** j drez sera renversé à bref délai, et
La Chambre des députés gouverne, vous-même prenez garde à votre réé
encore par voie de erises ministériel-1 lection. »
les ou plutôt elle gouverne toujours Dans ces conditions, que vaut e
T>ar voie de crises ministérielles,.puis.- que •.snjpsif.s j f .cjl&is pr.f-H'ntçe! ?
nue l'efficacité de l'interpellation. Le p.us souvent il est un compromis,
tient à ce que chaque interpellation ne s; Hsfait personne, ne desoblige
suspend la menace d'une crise minis-1 précisément personne, et le nouveau
térielle sur la tête des ministres. La ; ministère,. peu différent du précédent,
crise ministérielle a, en France, un est accueilli avec une manière de re-
caractère très curieux. Elle est le signation melee d indifférence. Et a
point culminant de la puissance gou-son tour d être gouverne par la Cham-
vernementale du corps législatif, et en [ bre et de subir journellement des
même temps elle en est le terme. En j questions et des interpellations qui
la provoquant, le corps législatif use; sont des ordres
de tout son pouvoir et en même
temps il se désarme. Cinq minutes
avant de renverser les ministres, il
gouvernait absolument ; l'instant
d'après, il ne gouverne plus, et c'est
le président de la République qui gou-
verne. Plus puissante, donc, en me-
naçant du coup qu'en le donnant, la
Chambre aime beaucoup mieux mena-
cer que frapper.
■ -%V>V*
Elle frappe cependant, d'abord
pàrce qu'à ne jamais exécuter ses la
AU MAROC
t'ENLÈVEMENT
DES QUATRE EUROPÉENS
À BENIMELLAL
' *o*o* '
Casablanca, 23. — Le beau-frère de
Mme Prokoroff, enlevée à Beni-MeUal,
en la compagnie de MAL Yves Steeg et
Jean Maillet et de la baronne Steiiihel,
a fait la déclaration, suivante:
— Ne voyant rentrer ni ma belle-soeur
ni ses compagnons, à la nuit tombante,
je partis à leur recherche avec trois in-
digènes , de toute confiance. Après avoir
dépassé le marabout de Sidi-Ramoun,
nous rencontrâmes quinze chleuhs dissi-
dents, que nous dispersâmes à coups
de feu. La fusillade pouvant alerter tou-
tes les tribus, nous sommes rentrés h
toutes brides il la ferme, et nous en-
voyâmes un émissaire au capitaine Lu-
cas, chef des renseignements du Dar
Ould Zidouh.
« A ce moment arriva, toute ensan-
glantée, une chienne appartenant à M.
Jean Maillet. Nous repartîmes aussitôt,
saisis attendre l'arrivée des'secours. L'es
arabes nous informèrent qu'une auto
abandonnée se trouvait dans la forêt.
« Parvenus à l'endroit tragique, nous
ne Pûmes que constater qu'une affreuse
scène s'y était déroulée.'
n On croit pouvoir affirmer que les
prisonniers sont du côté d'Idermawi, au
pouvoir du puissant chef moniagnard
Moha Ou Saïd Bengrada. »
Les ravisseurs escomptent
une forte rançon
Casablanca. 23. — A 14 heures, on ne
sait encore rien de précis sur le sort
des disparus. On • espère toutefois voir,
«l'un moment à l'autre,-revenir les émis-
saires envoyés pour discuter le prix
d'une rançon. Une pluie violente, qui
tombe en matitaigno et : sur toute la ré-
gion de Beni-Mellal, rend les recherches
difficiles.
. Les indisènes affirment nue M. Maillet
et ses compagnons ne' sont pas maHrai-
tés; car leurs ravisseurs espèrent tou-
cher une forte somme ''quand ils les libé-
reront.
Ce que dit le «Journal des Débats»
Paris, 23. — Le « Journal des Débuts »
écrit : .
L'enlèvement de MM. Yves Steeg et
Jean Maillet et des deux, dames qui les
accompagnaient, suscite au Maroc une
vive émotion. Venant 'si ' peu de 'temps
après l'horrible tragédie de Kenifra, .alors
aile l'°"n infà même pas réussi encore a
libérer .les- deux orphelines laissées-, par
les victimes du drame, il oblige à se, de-
mander ce que peut-.bien: Wre la sècu-
ritd au Maroc, réputé ïaelllé.
Quand on voit des àrtgarids oser enle
ver des Fftiropéehs bl-h*.-efthétntlr à par-
ler de leur mise en liberté que s'il est
admis en principe ' 'q'u'uaiè rançon sera
versée, la question se no&e de savoir où
"ou5 en • sommes : ' s'erions-nr/u-s revenus
de vinsrt. ans en arrière ? Les coûteuses,
opérations li)r> et.de 1926 auraient-
elles été inuii'.os •? •
Il serait excessif de répondre par l'af-
firmative. Cependant, les événements
montrent qu'il y a un problème et un
problème grave à résoudre. Les opéra-
tions dans le Riff et. dans la tâche de
Taza oat amené un .progrès très sérieux
de la situation générée: deux gros
f^yete d'agitation 'antieuropéenne ont. été
étouffés, peut-être pas de façon défini-
tive d'ailleurs en ce qni ç°ncerne le pre
mier, autour duquel le service de sur-
veillance n'est pas concentré sous une
directionunique. Mais dès l'époque où
des opératiaas étaient en cours, on .pou-
i vait aisément prédire que l'anéantisse
***** ; ment des JBTSH centres de dissidence ne
Mais il y a plus: non seulement ; suffirait pas 5'étàblir partout une corn
maître de son choix. On peut même
remarquer, à cet égard, qu'il n'y a
pas seulement en France, comme je
le disais plus haut, deux gouverne-
ments alternatifs: il y en a trois; les
députés gouvernent pendant huit
mois; le ministre pendant quatre
mois; le président pendant les crises
ministérielles.
Cependant, même durant les crises
ministérielles, le corps législatif
trouve le moyen, indirectement, de
gouverner encore. Comme, par les in-
terpellations, il pesait sur les minis-
tres, par la crise ministérielle il pe-
sait sur le président. Le président de
la République est absolument maître
de ses choix, il est vrai: mais songez
que lui-même est l'élu du corps lé-
gislatif et subordonné à lui par la
perspective de sa réélection. Il fau-
drait, pour qu'il fût libre, non for-
mellement, mais réellement, qu'il fût
nommé à vie ou qu'il ne fût pas rééli-
gible. On s'est bien gardé, en faisant
AU MANS
La Chambre gouverne donc, par les
interpellations et par les crises mi-
nistérielles, d'une façon presque con-
tinue; c'est-à-dire qu'elle fait juste
ce qu'elle est impropre à faire, puis-
que c'est un axiome de la science po-
litique et même du bon sens, que la
délibération et le contrôle doivent
être à un corps nombreux, et le gou-
vernement à un seul ou à un très pe-
tit nombre.
DU MONUMENT AUX MORTS
, DE LA SARTHE
Le Mans. 23. — M. Pàinlevé, ministre
de la Ouerrt', a procédé aujourd'hui à
l'inauguration du monument érigé au
Mans aux enfants du département de là
Sarthe morts pour la France.
Accompagné du çénéral Carence, chef
de son cabinet militaire, le ministre est
arrivé à 11 h. 30 tn automobile.
Le cortège s'est formé à 14 h. 30. Pré-
cédé des drapeaux et des musiques et
escorté par les troupes de la garnison.
M. Pàinlevé et sa suite se sont rendus à
pied, à travers !es rues pavoisées, jus-
qu'au square La Fayette, où s'érige le
monument dû au ciseau du sculpteur
Paul Auban.
M. Painlevé, au milieu d'un impres-
sionnant silence, s'est incliné vers le
monument, sur le socle duquel il a dé-
posé une palme, puis il a prononcé un
discours, qu'il a terminé en ces termes :
Discours de M. Painlevé
Mes chers concitoyens, depuis plus trente mois que je porte la lourde charge
de n'avoir jamais rien proposé qui n'ait été
essentiel à la sécurité de la France et utile
à la paix du monde. Aidez-moi dans une
tache difficile.
Les devoirs que la défense nationale no-us
Impose — service actif, même abrégé, pé-
riodes de réserve — 9ont lourds à une épo-
que où il nous faut faire face aux suites
terribles de la guerre. Il faut assumer des
Impôts accablants qui ont une apparence
ingrate, puisqu'ils sont improductifs, sté-
riles, du moins en temps de paix, et «nie
notre espoir est qu'ils restent stériles. Mais
lis constituent une assurance contre le 'plus
grand des maux : la guerre. Ils nous per-
mettront de franchir, sans qu'un désastre
éclate, les années décisives qui doivent orien-
ter le. destin de l'humanité. Acceptons-les
vaillamment, en ayant foi dans l'avenir.
Et si j'essayais de traduire en quelques
mots les'co-nseils de courage et de constance
que nous donnent le courage et la constance
de ceux que nous honorons aujourd'hui, je
vous répéterais la formule qu'en septembre
1925, à Genève, après l'échec du protocole,
un mois avant Locarno, je proposais à la
Société des Nations : « Espérer, entrepren-
dre, persévérer!
Après avoir une dernière fois salué le
monument et les drapeaux, le ministre
s'est retiré. Jl quittera Le Mans dans la
soirée, après avoir assisté à un vin
d'honneur que lui offriront les associa-
tions des anciens combattants de la
Sarthe- et ■ auquel assisteront de nom-
breux mutilés. ■
il» 4SI II il.
Construction d'un nouveau
dirigeable américain
New-York, 23. — On mande d'Akron
(Ohio) : ..j,..
On construit actuellement un énorme
dirigeable pour le gouvernement amé-
ricain. Le coût de ce mastodonte de l'air
ne sera pas inférieur à cinq millions de
dollars.
La principale caractéristique de cet
aéronef sera un appareil de T. S. F.
extrêmement puissant, d'une portée de
2.5O0 milles.
Ce poste émetteur et récepteur per-
mettra au commandant du dirigeable de
rester en communication constante avec
sa base.
Les élections législatives
Dans le Loir-et-Cher
Blois, 23. — La Fédération républi-
caine du Loir-et-Cher a désigné M. Bo-
bert Barillet, député, comme candidat
dans la première circonscription de
BLois. ,
Il aura pour concurrent M. Raoul
Persil, ancien député radical national,
aicien collaborateur de M. Milierand:
BULLETIN
AU JAPON
La faiblesse cachée
i socialiste
mer pour quinze jours; elle frappe j indirectes qui ne dépende, et directe
ensuite et souvent pour une raison j mentj de Ja chambre des députés et
électorale qui est personnelle à cha- -
que député.
En France, la députatioa, et, d'une
manière plus générale, le parlemen-
tarisme est une carrière. Comme en
du Sénat. Il n'est vaisseau capillaire
de l'administration française où ne
pénètre l'influence du parlement, et
l'on peut dire que tous les fonction-
naires de France ont au moins à
Amérique, et pour les mêmes raisons, cornpter avec ies sénateurs et les dé-
un très petit nombre d'hommes su- j putés.
Périeurs s'occupe de politique active; A la vérité) je parlement n'admî-
et militante, et la politique est faite, j n;stre pas de la même manière qu'il
sauf exceptions rares, par des prof es- gouverne. C'est très différent; c'est
sionnels, besoigneux pour la plupart, encore pis. Le parlement gouverne en
"qui n'ont pas d'autre profession. A corps, les parlementaires admufiis-
ceux-là, il est très important, non pas ; trent individuellement. Le parlement,
d'être ministres, et ils n'y tiennent j et surt0ut la Chambre des députés,
pas extrêmement, mais de l'avoir ete, j gouvernent en pesant de tout leur
et d'être tenus pour susceptibles de]poids sur le pouvoir exécutif; pour
le redevenir, ou d'avoir été tout prèsjce quj est de l'administration, c'est
de l'être et d'être considérés comme j chaque député et chaque sénateur qui
.de qualité à l'être un jour. Dans lejprétend administrer son département
Personnel politique, être « ministra-
*le » est un titre. On le mettrait, pour
.."n peu, sur ses cartes de visite. En
tous cas, on le met très bien sous
forme périphrastique, dans ses circu-
laires électorales. Un député non
considéré comme ministrable n'est
Pas considéré du tout. On estime gé-
néralement qu'on peut le remplacer
Par un autre sans inconvénient. Etre
ininistrable est donc pour le politi-
cien presque une nécessité de carrière.
S'i'l est ministrable, ses électeurs ver-
ront en lui, dans un rêve, l'homme
*iui, à un moment donné, fera pleu-
voir sur l'arrondissement les faveurs
gouvernementales. Un député n'est
qu'un député ; il en a pour quatre ans,
sans survivance assurée, sans certi-
tude de se survivre à lui-même; un
députe ministrable est un député ina-
movible.
Pour s'assurer de grandes chances
«le réélection, tout député aspire donc
vio:tmment, soit à être ministre, soit
* figurer sur une «liste ministérielle»
•«'cours de ses quatre ans de légis-
lature. De la, le goût des députés et
aussi des sénateurs, quoique moins
Jlf naturellement chez, ceux-ci, ptiis-
NU Us sont nommés pour neuf ans à
Regard des crises ministérielles. De
*J. un certain désir qu'elles soient
«uutipliées et qu'elles soient longues
î0u. tout au moins, une faible répu-
^snce k ce qu'elles se multiplient et
^ ce qu'elles se prolongent. L'inter-
pellation, c'est l'arme du parlement et
°n procédé de gouvernement; la
";se ministérielle, c'est la manne
J^'emw.taire. Les députés n'aiment
*nt passer six mois sans que la
«««-ne tombe.
et qui y arrive sans difficulté. Fort
de son suffrage qu'il tient suspendu
sur la tâte du ministre, il dicte les
nominations, les révocations, les dé-
placements, les échanges les avance-
ments, toute la manipulation admi-
nistrative.
S'il est puissant à la Chambre, il
devient ainsi un roi local, Un gou-
verneur de département, beaucoup
plus puissant, bien entendu, que le
préfet, lés sous-préfets et les magis-
trats; s'il n'a pas une très grande au-
torité personnelle, il fait ce que font
tous les faibles, il s'associe, et alors
ce n'est pas M. Un Tel, député in-
fluent, qui administre le département
de l'Adour, c'est la députation asso-
ciée et combinant ses efforts qui di-
rige, au mieux de ses intérêts, l'ad-
ministration de ce département. L'ad-
ministration de la France est sous la
main, selon les pays, ou d'un homme
politique ou d'un syndicat politique.
Elle est dirigée ici selon le système
despotique, et là selon le système
oligarchique; tel département est une
monarchie, tel autre une aristocratie.! „„ . ..
Mais il n'en est aucun où, à côté de: CNirlevil e, 2rf. - Aujourithm di-
aïSlfe *e °fficWIe ^ïV^^'^l ne
apparente, il ny ait un gouvernement, ' Cnarleville Elles comprenaient d'abord
occulte et réel, très actif, parce qu'il f inauguration du buste de l'écrivain
y a plus d'intérêt à l'être que l'auto- remplaçant celui qui fut enlevé par les
rité officielle, très remuant, très im- Allemands.
périeux, très despotique, et, notez-le,
l-autan-t plus que les progrès même de
l'a pacification, progrès qu'on ne saurait
nier, ont pour co-'ollaire une témérité
plus grande de la part des Européens.
Il est hors de doou-que l'infortuné Ai.
Arnaud, que MM. Steeg et, Maillet se
sont rendus coupables d'imprudence.
Il serait donc excessif rie tirer des
conclusions pessimistes des pénibles
événements de Kcnifr-i et de Beni-Mellal.
considérés en eux-mêmes. Ils doivent
cependant retenir l'attention. D'abord, à
cause de leur succession rapide dans
le temps. Ensuite, parce qu'ils se pro-
duisent à un moment où une certaine
effervescence semble se nv"fi£feste.r
parmi les tribus no.n encore soumises.
Enfin, et surtout, parce qu'ils se sont
produits dans des régions voisines l'une
de l'autre.
Lu région du Tadla n'est ' pas encore
pacifiée'à l'heure actuelle. Il ne saurait
être question! pour le moment, d'entre-
prendre des opérations de grande enver-
gure visant, à nous rendre maîtres défi
crêtes de l'Ai tas. Ce serait une. entre-
prise des plu= -difficiles dans un pays
de haute monta.spe, encore mal connu,
dont cil ne' fait guère nue commercer
le relèvement tjposraphique Par photo-
graphies d'avion. Mais doptili longtemps.
deou-U qu'a été mise à" exécution la si
féconde ooneentipn du « Maroc utile »,
il était entendu 1 due dans cette région
il serait indisponible n'oechpor la cour-
tine de l'oued El ,AJb.fd, d'où, nous pour-
rions, sans nous lancer dans des opé-
rations tron ambitieuses, assurer la -sé-
curité du Tadla. -,
II v a un an. cette opération était, pré-
vue pour le printemos de 1927. Elle n'a
r>rw au- lieu.- Sans doute, cette inaction
n'était-elle due qu.'S dos causes sérieu-
ses. Mai? il nous est permis. d'insister
sur le fait aue les salopards qui ont a«i
•V Kenifra et aux environs de B*ni-M<0-
lai ont leur centre JB'pnératiçPs précisé-
ment vers l'oued El Atid.
Il faut espérer qu'on se décidera à ti-
rer les conséquences de ce fait.
—————-——■
EN L'HONNEUR DE RIMBAUD
DEBUTS
irresponsable.
Emile FAGUET.
COXONEI, ASSAILLI ET DÉPOUILLÉ
liontpellier, 23. — Le colonel Plan, du-
«UeJIlé avenue il'Assas, il Montpellier, a
son retour de voyase, n été assailli par
"'ois individus, qui lui ont dérobé son por-
AjouteTqu* :1a crise ministérielle ! S* C°
par elle-même, en soi, un
6r°cédé d*
gouvernement. Par
sacoche.
lal r. Problèmes nautiques, A. Colin, édit.,
**> TarU 1001.
Nous devons à M. Victor Mène une
bien curieuse anecdote. La scène se passe
il y a fort longtemps, clans le bureau
d'une jeune revue, où un jeune rédac-
teur en chef reçoit un non moins jeune
écrivain. Celui-ci lui avait soumis une
nouvelle.
— Monsieur, lui dit le rédacteur en
chef, laissez-moi vous parler en toute
sincérité. Je viens de lire vos productions.
Eh .' bien, faites n'importe quoi dans la
vie. Vendez de la moutarde ou de la
bonneterie, mais renoncez à la littéra-
ture. Vous ne serez jamais un écrivain.
Le jeune rédacteur en chef s'appelait
Georges Clemenceau, le jeune romancier
s'appelait Emile Zola.
La morale de cette histoire ? Mon
Dieu, il y a fort à parier que la nou-
velle d'Emile Zola ne valait rien. Comme
ceux de Balzac, les débuts d'Emile Zola
furent laborieux. Comment prévoir dans
nsraëlite ou dans Jane la Folle, le futur
auteur de César Birotteau et du Père
Goriot. . Les Mystères de Marseille ne
laissaient pas prévoir davantage Ger-
minal.
Clemenceau avait sans doute raison en
rendant sa copie à Emile Zola. Où il eut
tort, c'est quand il lui déclara : « Vende:
de la moutarde », car l'avenir n'est à
personne. Nombreux sont les romanciers
illustres qui commencèrent par des vers
idiots ou des mélodrames pleurnicharxls.
On ne sait avec exactitude si l'on doit
renvoyer un auteur à un métier plus
nourrissant que lorsque cet auteur est
arrivé à la maturité. Et encore !
Le mieux est de juger avec circons
pection et prudence l'oeuvre soumise,
et si elle est imparfaite de donner des
conseils de travail. Ça ne peut pas faire
de mal. Ainsi, un médecin qui n'est pas
tout à fait certain de son diagnostic, ré
dige une ordonnance anodine et préco^
nise les remèdes qui font du bien à tout
le monde.
Zola, d'ailleurs, ne se laissa pas dé-
monter. Il reprit son manuscrit et s'ins-
talla tranquillement à sa tâche quoti.
diénne.
Je dois dire que, de nos jours, les dé-
butants marquent plus d'impatience. J'en
appelle à tous mes confrères qid assu-
ment la tâche ingrate et difficile de
Paris, 23. — Tandis que le
parti socialiste affecte à légard du
parti radical-socialiste une sorte de
mépris hautain, les signes se mul-
tiplient de la faiblesse cachée sous
cet orgueil. Nous ne parlerons que
pour mémoire de ces appels déses-
pérés aux souscripteurs, de cette
confession écrite du péril où se
trouve actuellement le Populaire.
Plaie d'argent n'est point hon-
teuse, et si le parti socialiste ne
trouve point dans son sein l'argent
nécessaire pour faire vivre un jour-
nal, réduit cependant à sa plus
simple expression, nous n'en tire-
rons point argument. Nous ne
conseillerons même point à M.
Compère-Morel de vendre ses hô-
tels meublés et d'en affecter le pro-
duit à la caisse du Populaire.
Par contre, c'est notre droit de
souligner les aveux de la Vie so-
cialiste, dans laquelle M. Georges
Bourgin porte sur l'état de santé
de la section française de l'interna-
tionale un diagnostic assez pessi-
miste. M. Georges Bourgin estime,
en effet, que le parti socialiste, s'il
continue dans la voie actuelle, n'a
plus qu'à disparaître. Il lui manque
une confiance agissante. Il se laisse
envahir par l'apathie et l'indiffé-
rence. Ses troupes sont surtout
composées de demi-bourgeois, d'in-
tellectuels qui étouffent les rares
éléments ouvriers et prolétariens
demeurés fidèles aux doctrines de
Marx.
Le parti socialiste n'a plus ni foi,
ni curiosité. Seules, les querelles
personnelles l'intéressent encore.
— Où sont, dit M. Bourgin, les
monographies indispensables sur
les divers points du' programme
socialiste, capable de reviser ce que
la doctrine classique a de périmé
et d'erroné et d'amorcer les réalisa-
tions pratiques? f
M. Bourgin ne les voit pas. Pat-
contre, il trouve en abondance « les
combinaisons locales avec lesquelles
on veut confondre la vie du parti,
les petites concurrences de tendan-
ces où l'on prétend voir des heurts
de doctrines et qui ne sont le plus
souvent que des chocs de vanité, les
petites brochures redondantes et
ressassantes que l'on édite parfois
et qu'on ne lit pas souvent. »
Voilà pour la vie intérieure du
parti socialiste. Le tableau que
trace M. Bourgin de l'activité au
Parlement du groupe unifié n'est
guère plus brillant. Il dénonce
« l'action insuffisante des élus »,
la facilité avec laquelle ils s'accom-
modent de l'espèce d'annihilation
où ils ont vécu et qui s'est inscrite
dans les silences inattendus ou des
interventions insuffisamment sou-
tenues et négativement concluantes.
Bref, M. Georges Bourgin, écri-
vain socialiste, dans une revue so-
cialiste et que dirige M. Renaudel
en personne, pose à son parti ce
dilemme: « Vivre ou ne pas vivre.»
Son opinion était intéressante à
rapporter. Venant après d'autres
manifestations, après les déclara-
tions de M. Boncour, comme après
les appréciations de M. Pierre
Hamp, pour qui la politique, y
compris celle de son parti, est une
farce, elle prouve que le socialisme
commence à comprendre la vanité
de sa doctrine périmée et qu'il y
a, dans son sein, des hommes prêts
à abandonner la chimère de la
révolution, dont ils laisseront le
bénéfice au communiste, prêts aussi
à serrer de plus près les réalités.
Avec ces hommes-là, le parti
radical pourrait peut-être s'entendre-
Avec les autres, non. — L***.
Les événements de Chine
UN DIRIGEABLE
FAIT EXPLOSION
AUX MANOEUVRES NAVALES
« *o*c»
Londres, 13. — On mande de Toki»
aux Central Xews, qu'au cours des ma-
noeuvres navales qui ont commencé le
20 octobre, sur un front s'étendaht de-
puis Kobé jusqu'à Yokohama, un diri-
geable a fait, explosion.
Jusqu'à présent, on ne pense pas qu'il
y ait des morts à déplorer. Un des
hommes de l'équipage-a cependant été
gravement brûlé.
Le dirigeable en question avait été
construit par les'usines italiennes Nobile,
que dirige le général Nobile, un des
compagnons de l'explorateur Amundsen
au cours de son dernier voyage au-dessus
du pôle Nord, à bord du dirigeable
Norge.
Les manoeuvres navales japonaises,
dont le but est d'étudier la possibilité
d'une attaque du Japon par la voie des
airs, se font dans un certain secret. La
presse ne publie que peu de détails à ce
sujet et le ministère de la Marine à re-
fusé aux journalistes l'autorisation de
suivre ces manoeuvres.
Seuls les attachés navals étrangers ont
été admis à suivre certaines phases des
opérations.
; ~*
•Tragique partie de canot
Cinq jeunes gens noyés
Bovan, 23. — Près de Royan, à Saint-
Geor'ges-de-Didonne, après avoir fêté
joyeusement un anniversaire', six jeunes
gens décidèrent, malgré la tempête, de
faire une-promenade en mer. A peine
étaient-ils soriis. du port, que le vent,
souffrmt en rafales, fit chavirer leur
canot. Cinq furent noyés : Louis Ber-
nard, Eiie Bernard, Loins Depeux, Mar-
cel Cartron et Erable. Le sixième, Ray-
mond Pillen, réussit à se cramponner
à la quille du bateau et, quoiqu'il eût
la jambe droite cassée, il parvint à ga-
gner la rive, où il fut trouvé épuisé.
Transporté à l'hôpital, le blessé n'a
pas encore repris l'usage de la parole.
Quatre cadavres ont-été recueillis.
A CLERMONT-FERRAND
I. HENRY DE JOUVENEL
PARLE DE LA S. D. N.
4UX ANCIENS COMBATTANTS
•xz>:<>:-'
Clermont-Perrand, 23. — M. Henry dé
Jouvenel, qui présidait, aujourd'hui, , à
Clermont-Perrand, le congrès de la Fé-
dération des anciens combattants du
Puy-de-Dôme, a prononcé un discours
dans lequel il a exposé quelques-unes
des raisons qui l'ont fait donner sa dé-
mission de délégué français à l'assemblée
de la S. D. N.
Ayant passé en revue les événements
qui se sont succédé depuis l'armistice,
M. de Jouvenel constate qu'il a été fait
bon marché de la solidarité des peuples
et que le front unique pour la paix ne
fut pas réalisé. Et, s'adressant aux an-
ciens combattants, il déclare : « Certes,
vous n'êtes pas esclaves de formules. Si
l'on vous enseignait demain une méthode
de paix plus sûre que celle du pacte,
vous l'adopteriez. Mais si l'on ne vous
offre pour vous faire renoncer à l'idéal
de la S. D. N. que le retour aux vieilles
tractations diplomatiques qui n'ont jamais
engendré que la guerre,'vous répondrez:
« Voila l'utopie ».
« L'utopie n'est pas de fonder la paix
sur un système nouveau, mais de ia
demander à des routines dont l'expé-
rience a démontré la faillite. »
Et l'orateur constate que chaque nér
gociateur de Locarno a sigaé ces accords
dans une pensée différente et en a tire-
une conclusion différente.
— Le succès de la paix dépend d'une,
technique dé paix, ajoute l'orateur, et
cette technique c'est par la S. D. N.
qu'on peut la fonder, et elle n'est plus si
faible qu'elle ne puisse aujourd'hui abor-
der courageusement les taches pour les-
quelles elle , a été créée. »
Et M. de Jouvenel conclut en ces ter^
inest: -'..* '.-
« Ne craignons pas les difficultés pour
j la S. D. N. Craignons, au contraire, qu'on
I ne les lui épargne pour les laisser aux
nations. La seule crise qu'on puisse au-
jourd'hui redouter pour la S. D. N., c'est
| une crise*.de confiance en.elle-même. »
LE CONGRÈS RADICAL - S00IAL9S
SE TIENDRA A PARIS, DU 27 AU 30 OCTOBRE
, SOBOS
Les précédents Congrès -> La question des alliances
électorales -:- Les deux tendances -:- La thèse
de M. Chautemps -:- La lutte sera chaude, salle Wagram
-*vto:*w-
Paris, 2.3. —. Le 24*
Un destroyer américain,
canonné
Washington, 23. — L'amiral comman-
dant en Chine signale qu'hier, le des-
troyer américain Truxton a essuyé des
coups de fusil et cinq coups de canon,
au cours d'un engagement entre leê
troupes de Nankin et celles d'Hankéou.
Personne n'a été blessé-
Le destroyer n'a pas riposté, n'ayant
pu repérer la position des canons chi-
nois.
Le tricentenaire de Bossuet
Plusieurs discours ont été prononcés,
notamment par le maire de Charleville,
par le délégué de tâ Société des gens de choisir: Ils peuvent encore présenter de
lettres, par un délégué des écrivains! timides observations à des écrivains gri-
betge's, par M. Lucien Hubert, sénateur, sonnants^ ics autres, bien assurés de
des Ardennes. qui retraça 1 oeu\re du ,e som u $lgne de la vitesse, enten-
pOete. Lient défoncer les obstacles. La faute en
. Après l'inauguration, une visite a 6toj cst & lews aM qul ne cessent de lcur
KosluJn ££d.n^ «««la ™odestie *°
M. %S^SS^£ m Im,se
Les fêtes de Meaux
Meaux, 23. — La Société des amis de
Bossuet a célébré, aujourd'hui, à Meaux,
le tricentenaire de la naissance do Bos-
suet. ■-. t a^-i'iL^fcJ ' i
Cette solennité, qui était présidée par
le' cardinal Luçon, archevêque de Reims,
entouré de nombreux évêques et pré.
lats, a commencé par une messe ponti-
ficale à la cathédrale.
A 14 heures, salle Saint-Faron, M.
René D-oumic, secrétaire perpétuel de
l'Académie française, a, devant un bril-
lant auditoire lu un éloquent « hom-
mage de la docte compagnie. ». Puis, à
la cathédrale, Mgr Julien, évêque d'Ar-
ras, a prononcé l'éloge de l'Aigle de
Meaux.
congrès du parti i
socialiste se tiendra, cette année, à
Paris, du ZI au 30 de, ce mois.
Quand, l'an dernier, se posa la ques-j
Mon du prochain lieu de réunion, plu-1
sieurs villes,. comme toujours, brigué- j
renl l'honneur d'abriter ces assises.'
Angers et Reims — le vin d'Anjou et !e
vin de Champagne — eurent de chauds
partisans. Mais on fit observer qu'il est
de tradition-que le congrès qui précède
immédiatement les. élections générales
se réunit à paris. On ne pouvait aller à
rencontre d'une raison aussi majeure,
d'autant qu-'elle flattait chez un gran i
nombre le secret désir d'un séjour dans
la capitale.
Un coup d'oeil en arrière
Ces congrès tirent des circonstances
politiques leur intérêt propre. Boulogne,
en 1924, fut la consécration du triompt:-
du li mal, et le chef du premier gou-
vernement cartellisto y fit acclamer le
programme qu'il s'engageait à exécuter.
Il n'y eut aucun heurt: on était au len-
demain de la victoire.
Nice, l'an après, vit naître les pre-
miers dissentiments. Les principes d'J
cartel, en matière financière surtout,
avaient rencontre; de sérieuses difficul-
tés dans leur mù>c en application. L'im-
patience d'une fraction plus intransi-
geante du parti montait déjà au ton des
reproches et de la colère.
Le ministre des Finances d'alors, M.
Caillaux, que peu do temps avant on
était allé chercher dans sa retraite, et
que d'une voix on désignait comme le
seul magicien capable de ' libérer la
France et ses emmbarras d'argent, y lit
la cruelle expérience de ce qu'est un
aveu dénué d'artifices'. Bref, on se sé-
para sur le sentiment d'un échec poli-
tique dont il n'échappa à personne que
la fin du cartel était la conséquence
inévitable.
Refusant, en effet, de se faire soli-
daires de la situation qui allait découler
de cette impuissance fiscale, les socia-
listes, au cours de l'année qui suivit,
consommèrent la rupture en rétractant
par une série de votes leur engagement
relatif à la politique de soutien.
Bordeaux, en 1926, ne fut pourtant
qu'un écho très atténué du terrible ma-
laise que cette circonstance avait créé
dans le parti. Mais on y était venu dans
le dessein do s'en expliquer avec quel-
que rudesse. Après les graves crises
ministérielles nées des difficultés de la
trésorerie et du refus de collaboration
de. l'extrême-gauche, on y fut tout près
d'un schisme.
Les choses s'arrangèrent dans la cou-
lisse. La formation du cabinet d'union
nationale, qui déplaçait a la Chambre
| l'axe de la majorité, ot pour queiqties
' uns apparaissait comme un défi à la
consultation populaire du 11 mai 192i,
avait coupé le camp radical-socialiste en
deux et jeté le désarroi. Une partie, de-
meurée fidèle à. ses alliés de la veille,
était passée avec eux dans une opposi
tion irréductible. Les autres, qui reje-
taient sur ces mêmes alliés, la respon-
sabilité des échecs successifs de la po
litique cartelliste. et mus aussi par des
considérations qui, sous la menace du
périf ou courrait la France, leur avaient
fait placer l'intérêt du pays au-dessus
de l'intérêt du parti, avaient sans hési
ter donné leur concours à M. Poiqcaré.
M. Herriot était du nombre,
C'avait été un tollé parmi les intran-
sigeants, lesquels entendaient sur cetre
trahison exiger au congrès des comptes
de celui qui était leur président. La
nécessité de sauver l'unité du pa'-'ti
limita le débat à quelques rudes ren-
contres entre M. Fïanklin-Bouilion et
M. Dominique. Et, sur une déclaration
de M. Herriot, qu'il no se reportait pas
b. la présidence, on évita le scandale
d'une mise en accusation et le danger
d'une scission effective.
La préoccupation
des élections, prochaines
La question des élections primera évi-
demment les autres au congrès de de-
main, La dernière déclaration du parti,
rédiges avec beaucoup d'habileté et de
-tact par M. Maurice Sarr-aut, a laissé
ies deux fractions en présence sous la
loi d'un même dévouement à la foi
commune.' Elle n'a pas condamné. Elle
semble mème's'étre gardée de juger.
Le cas était difficile et il y a justice
à laisser parfois l'homme relever de s»
conscience, plus encore que des imp3_
ratifs d'une assemblée qJi hë "tient pas
se.s pouvoirs d'un suffrage populaire.
Ces deux tendances, q'uo rien n!a
rapprochées depuis, et dont la cons-
tance de deux votes opposés a plutôt
accusé les divergences, vont se retrou-
ver face- à face avec cette différence
toutefois sur l'an passé que la position
de ceux qui ont soutenu M. Poincaré
s'est fortifiée des résultats de sa poli-
tique. Entre elle, il s'agira-.de s'en tendre
sur la discipline, qui s'impose non plus
en matière d'alliances cette fois, mais
d'enten'tes; pour je deuxième tour de
scrutin, tant sur la droite du parti oue,
sur sa gauche. \
Et de nouveau s'évoquera l'opportu-
nité du cartel. C'est une affaire de poin-
tages locaux et un calcul de probabilités
d'où l'intérêt personnel risque de n'être
pas toujours exclu. Il importerait da-
vantage de savoir dans' quelle mesure
celui du parti lui-même s'y trouve lié.
Les uns. pour ne pas recommencer
une expérience qui ne leur paraît pas
avoir réussi, objecteront que la défec-
tion des socialistes au cours de la légis-
lature a rendu impossible la -mise en
application de ce, programme démocra-
tique minimum sur lequel s'était signée
l'alliance du 11 mai, et qu'en l'espèce
■lo.«. tout ou rien » du parti de M. Léon
Blum a permis la rentrée en scène dés
groupes du centre.
Les tenants du cartel auront assez de
dialectique pour distinguer entre les
nécessités. momentanées du combat qui
commandent, la recherche d'alliés en
vue de tâches analogues dans leur es-
prit,, quoique; différentes dans leurs
moyens, et, les exigences de doctrine
"qui, l'ennemi commun battu, laissent
aux coalisés de la veille leur propie
indépendance dans les liens d'un bon
voisinage.
Pour l'homme de la rue, c'est une
distinction un peu subtile, affirment
certains, qui avec M- Franklin-Bouillon
pensent qu'un accrffd - intervenu pour
l'instant de la bataille, n'est que duperie
— au moins pour l'un des contractants
— s'il est .suivi d'une rupture à l'heure
des réalisations de la victoire. .
M. Lamoui'eux, patronant la candida-
ture de M. Valude à Saint-Amand, s'ins-
pirait récémmént de la même logique,
quand il disait: «-Nous acceptons volon-
tiers une . collaboration loyale avec !P
parti socialiste, à la condition qu'à
accepte de prendre élans la proportion
do ses forcos parlementaires sa part
des responsabilités du pouvoir. »
— Mais, objecte-t-on, n'est.ce pas
une double gageure de prétendro faire sa
pan ausocialisme et d'appeler côte k
côte au gouvernement deux partis d'es-
sence aussi opposée, l'un d'origine bour-
geoise,, l'autre (t'origine révolutionnaires
Quelques discours
syniptomatiques
En -tout cas, quel quo soit l'intérêt
des autres questions inscrites à l'ordre
du jour du congrès: politique financière
et douanière, stabilisation de la monnaie
et des prix, réforme des finances localés,
modifications à apporter ;Y l'impôt sur
le revenu,- conditions du désarmement,
eto..., rien de tout cela n'aura le pas
sur )e souci de la prochaine consultation
du suffrage, Il pourrait so manifester
aveo âpreté, même si .les griefs de quel-
ques-uns contre le cabinet et les crain.
tes électorales d'un petit nombre sans
doute engageaient un débat sur la poli-
tique, intérieure pour dénoncer- l'union
nationale, et, dans un dessein hostile
au gouvernement, mettre mal en pofnt
les collaborateurs Tadieaux-soeialistes
de M, Poincaré, Il suffirait à M. Chau-
temps d'y reprendre la thèse qu'il dé-
veloppait'en un récent discours à Car-
c-assonne oq. déclarant que cette union
nationale n'étatt que prétendument un«
trêve des opinions et des personnes, ■?
la présentait comme la ■ contrainte im-
„ ,M, ---I Ill I *
QUOTIDIEN REPUBLICAIN DU MATIN
25, ruo Jean Nlaoé, BREST
AH0K.NEMBW18
Sft UâJlTROPHKS
ffRANCIt BT COLONIES...-.
©CHANGER 3» TARIF POBT.
BnuNttl* TARIR POSTAU,
\ sa € mois 3 mois
75 f. 40 t. 21 t
83 I. 42 f. 22 t.
160 t. 351. 45 t.
200f. 11 ©î< 60 f.
les abonnements partent des 1" et 18
et sont payables ifavance
RÉDACTEUR KK CHEF I
Marcel COUDURIER
§
1
la
EDITION DE 5 HEURES
5
/
de Brest
éPÉGiîB
1 m & de l'Ouest
LUNDI 24 OCTOBRE 1927
41' année,'- N° 16.008
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PUISSANTS
crise ministérielle, les députés se
trouvent en face du président de la
République, sans intermédiaires, et,
il faut le reconnaître, comme je l'ai
déjà dit, qu'en crise ministérielle le
président de la République gouverne
pa^ Emile FHGUET
Comme pays gouverné, la France_est
dans une situation très particu-
lière. Proserpine passait six mois
dans les enfers et six mois
| la lumière du soleil. La France est
eouvernée huit mois par sa Chambre .
5.c déDUtés et quatre mois par son : seul et absolument, étant absolument
ministère. Elle est gouvernée nuu
jnois parlementairement et quatre
mois despotiquement. Le gouverne-
ment de la France est un despotisme
jntermittent et une oligarchie inter-
mittente.
Pendant huit mois, la Chambre des
aéputés gouverne. Il n'est si mince
et si obscur incident politique sur
ouoi, immédiatement, la Chambre ne
traduise le ministère à sa barre pour
le sermonner, pour lui donner ses ins-
tructions, pour lui indiquer par le
menu toute la conduite qu'il doit te-
nir sous peine de révocation. Les mi-
nistres ne sont, pendant huit mois,
que des chefs de bureau qui sont
sonnés tous les matins par leur di-
recteur et qui reçoivent ^de lui «lo-
cations,, conseils, avis, ordres et tache
' — '- avec la raa-
minutieusement préparée
niére dont ils auront à l'accomplir.
L'interpellation à jet continu n est
pas autre chose que le gouvernement
transporté tout entier au palais Bour-
bon, et les ministres transformes en ^
agents purs et simples du pouvoir le" j fa constitution, de lui donner ni l'une
gislatif. Un fonctionnaire, je le con-, nj j>aut:re de ces garanties d'indépen-
nais, est désigné à la nomination du dance_ On a tenu beaucoup trop, à
ministre par ses chefs immédiats et mQn avis_ à ce que tout en France,
par ses pairs. Le ministre le fait ap- depu;s ie président de la République
peler: « Je ne puis pas vous nommer: jU3qU>au pius modeste fonctionnaire
j'aurais une interpellation. » Les nu- j e( au pjus humble contribuable, dé-
pistres, pendant les sessions, sont .es j pemiît étroitement du pouvoir légis-
eraployés de la Chambre des depu-1 lat;{_ Le chef d'Etat est donc subor-
tés. Us prennent leur revanche, timi- donné, comme tout le monde, à la
dément ou violemment, selon leur toute-puissante Chambre des députés
caractère, dès que la session est close ; pjans ies crises ministérielles, la
et il n'y a rien qui ressemble plus ; chambre des députés pèse sur lui.
à l'anarchie que cette alternance, que Elle ne luj
vernements, différents et rivaux, qui jlaisse pas d'être menaçante. « Prenez
gouvernent chacun à son tour. , j un te!> 0Uj sinorl) celui que vous pren
. vt*** j drez sera renversé à bref délai, et
La Chambre des députés gouverne, vous-même prenez garde à votre réé
encore par voie de erises ministériel-1 lection. »
les ou plutôt elle gouverne toujours Dans ces conditions, que vaut e
T>ar voie de crises ministérielles,.puis.- que •.snjpsif.s j f .cjl&is pr.f-H'ntçe! ?
nue l'efficacité de l'interpellation. Le p.us souvent il est un compromis,
tient à ce que chaque interpellation ne s; Hsfait personne, ne desoblige
suspend la menace d'une crise minis-1 précisément personne, et le nouveau
térielle sur la tête des ministres. La ; ministère,. peu différent du précédent,
crise ministérielle a, en France, un est accueilli avec une manière de re-
caractère très curieux. Elle est le signation melee d indifférence. Et a
point culminant de la puissance gou-son tour d être gouverne par la Cham-
vernementale du corps législatif, et en [ bre et de subir journellement des
même temps elle en est le terme. En j questions et des interpellations qui
la provoquant, le corps législatif use; sont des ordres
de tout son pouvoir et en même
temps il se désarme. Cinq minutes
avant de renverser les ministres, il
gouvernait absolument ; l'instant
d'après, il ne gouverne plus, et c'est
le président de la République qui gou-
verne. Plus puissante, donc, en me-
naçant du coup qu'en le donnant, la
Chambre aime beaucoup mieux mena-
cer que frapper.
■ -%V>V*
Elle frappe cependant, d'abord
pàrce qu'à ne jamais exécuter ses la
AU MAROC
t'ENLÈVEMENT
DES QUATRE EUROPÉENS
À BENIMELLAL
' *o*o* '
Casablanca, 23. — Le beau-frère de
Mme Prokoroff, enlevée à Beni-MeUal,
en la compagnie de MAL Yves Steeg et
Jean Maillet et de la baronne Steiiihel,
a fait la déclaration, suivante:
— Ne voyant rentrer ni ma belle-soeur
ni ses compagnons, à la nuit tombante,
je partis à leur recherche avec trois in-
digènes , de toute confiance. Après avoir
dépassé le marabout de Sidi-Ramoun,
nous rencontrâmes quinze chleuhs dissi-
dents, que nous dispersâmes à coups
de feu. La fusillade pouvant alerter tou-
tes les tribus, nous sommes rentrés h
toutes brides il la ferme, et nous en-
voyâmes un émissaire au capitaine Lu-
cas, chef des renseignements du Dar
Ould Zidouh.
« A ce moment arriva, toute ensan-
glantée, une chienne appartenant à M.
Jean Maillet. Nous repartîmes aussitôt,
saisis attendre l'arrivée des'secours. L'es
arabes nous informèrent qu'une auto
abandonnée se trouvait dans la forêt.
« Parvenus à l'endroit tragique, nous
ne Pûmes que constater qu'une affreuse
scène s'y était déroulée.'
n On croit pouvoir affirmer que les
prisonniers sont du côté d'Idermawi, au
pouvoir du puissant chef moniagnard
Moha Ou Saïd Bengrada. »
Les ravisseurs escomptent
une forte rançon
Casablanca. 23. — A 14 heures, on ne
sait encore rien de précis sur le sort
des disparus. On • espère toutefois voir,
«l'un moment à l'autre,-revenir les émis-
saires envoyés pour discuter le prix
d'une rançon. Une pluie violente, qui
tombe en matitaigno et : sur toute la ré-
gion de Beni-Mellal, rend les recherches
difficiles.
. Les indisènes affirment nue M. Maillet
et ses compagnons ne' sont pas maHrai-
tés; car leurs ravisseurs espèrent tou-
cher une forte somme ''quand ils les libé-
reront.
Ce que dit le «Journal des Débats»
Paris, 23. — Le « Journal des Débuts »
écrit : .
L'enlèvement de MM. Yves Steeg et
Jean Maillet et des deux, dames qui les
accompagnaient, suscite au Maroc une
vive émotion. Venant 'si ' peu de 'temps
après l'horrible tragédie de Kenifra, .alors
aile l'°"n infà même pas réussi encore a
libérer .les- deux orphelines laissées-, par
les victimes du drame, il oblige à se, de-
mander ce que peut-.bien: Wre la sècu-
ritd au Maroc, réputé ïaelllé.
Quand on voit des àrtgarids oser enle
ver des Fftiropéehs bl-h*.-efthétntlr à par-
ler de leur mise en liberté que s'il est
admis en principe ' 'q'u'uaiè rançon sera
versée, la question se no&e de savoir où
"ou5 en • sommes : ' s'erions-nr/u-s revenus
de vinsrt. ans en arrière ? Les coûteuses,
opérations li)r> et.de 1926 auraient-
elles été inuii'.os •? •
Il serait excessif de répondre par l'af-
firmative. Cependant, les événements
montrent qu'il y a un problème et un
problème grave à résoudre. Les opéra-
tions dans le Riff et. dans la tâche de
Taza oat amené un .progrès très sérieux
de la situation générée: deux gros
f^yete d'agitation 'antieuropéenne ont. été
étouffés, peut-être pas de façon défini-
tive d'ailleurs en ce qni ç°ncerne le pre
mier, autour duquel le service de sur-
veillance n'est pas concentré sous une
directionunique. Mais dès l'époque où
des opératiaas étaient en cours, on .pou-
i vait aisément prédire que l'anéantisse
***** ; ment des JBTSH centres de dissidence ne
Mais il y a plus: non seulement ; suffirait pas 5'étàblir partout une corn
maître de son choix. On peut même
remarquer, à cet égard, qu'il n'y a
pas seulement en France, comme je
le disais plus haut, deux gouverne-
ments alternatifs: il y en a trois; les
députés gouvernent pendant huit
mois; le ministre pendant quatre
mois; le président pendant les crises
ministérielles.
Cependant, même durant les crises
ministérielles, le corps législatif
trouve le moyen, indirectement, de
gouverner encore. Comme, par les in-
terpellations, il pesait sur les minis-
tres, par la crise ministérielle il pe-
sait sur le président. Le président de
la République est absolument maître
de ses choix, il est vrai: mais songez
que lui-même est l'élu du corps lé-
gislatif et subordonné à lui par la
perspective de sa réélection. Il fau-
drait, pour qu'il fût libre, non for-
mellement, mais réellement, qu'il fût
nommé à vie ou qu'il ne fût pas rééli-
gible. On s'est bien gardé, en faisant
AU MANS
La Chambre gouverne donc, par les
interpellations et par les crises mi-
nistérielles, d'une façon presque con-
tinue; c'est-à-dire qu'elle fait juste
ce qu'elle est impropre à faire, puis-
que c'est un axiome de la science po-
litique et même du bon sens, que la
délibération et le contrôle doivent
être à un corps nombreux, et le gou-
vernement à un seul ou à un très pe-
tit nombre.
DU MONUMENT AUX MORTS
, DE LA SARTHE
Le Mans. 23. — M. Pàinlevé, ministre
de la Ouerrt', a procédé aujourd'hui à
l'inauguration du monument érigé au
Mans aux enfants du département de là
Sarthe morts pour la France.
Accompagné du çénéral Carence, chef
de son cabinet militaire, le ministre est
arrivé à 11 h. 30 tn automobile.
Le cortège s'est formé à 14 h. 30. Pré-
cédé des drapeaux et des musiques et
escorté par les troupes de la garnison.
M. Pàinlevé et sa suite se sont rendus à
pied, à travers !es rues pavoisées, jus-
qu'au square La Fayette, où s'érige le
monument dû au ciseau du sculpteur
Paul Auban.
M. Painlevé, au milieu d'un impres-
sionnant silence, s'est incliné vers le
monument, sur le socle duquel il a dé-
posé une palme, puis il a prononcé un
discours, qu'il a terminé en ces termes :
Discours de M. Painlevé
Mes chers concitoyens, depuis plus
essentiel à la sécurité de la France et utile
à la paix du monde. Aidez-moi dans une
tache difficile.
Les devoirs que la défense nationale no-us
Impose — service actif, même abrégé, pé-
riodes de réserve — 9ont lourds à une épo-
que où il nous faut faire face aux suites
terribles de la guerre. Il faut assumer des
Impôts accablants qui ont une apparence
ingrate, puisqu'ils sont improductifs, sté-
riles, du moins en temps de paix, et «nie
notre espoir est qu'ils restent stériles. Mais
lis constituent une assurance contre le 'plus
grand des maux : la guerre. Ils nous per-
mettront de franchir, sans qu'un désastre
éclate, les années décisives qui doivent orien-
ter le. destin de l'humanité. Acceptons-les
vaillamment, en ayant foi dans l'avenir.
Et si j'essayais de traduire en quelques
mots les'co-nseils de courage et de constance
que nous donnent le courage et la constance
de ceux que nous honorons aujourd'hui, je
vous répéterais la formule qu'en septembre
1925, à Genève, après l'échec du protocole,
un mois avant Locarno, je proposais à la
Société des Nations : « Espérer, entrepren-
dre, persévérer!
Après avoir une dernière fois salué le
monument et les drapeaux, le ministre
s'est retiré. Jl quittera Le Mans dans la
soirée, après avoir assisté à un vin
d'honneur que lui offriront les associa-
tions des anciens combattants de la
Sarthe- et ■ auquel assisteront de nom-
breux mutilés. ■
il» 4SI II il.
Construction d'un nouveau
dirigeable américain
New-York, 23. — On mande d'Akron
(Ohio) : ..j,..
On construit actuellement un énorme
dirigeable pour le gouvernement amé-
ricain. Le coût de ce mastodonte de l'air
ne sera pas inférieur à cinq millions de
dollars.
La principale caractéristique de cet
aéronef sera un appareil de T. S. F.
extrêmement puissant, d'une portée de
2.5O0 milles.
Ce poste émetteur et récepteur per-
mettra au commandant du dirigeable de
rester en communication constante avec
sa base.
Les élections législatives
Dans le Loir-et-Cher
Blois, 23. — La Fédération républi-
caine du Loir-et-Cher a désigné M. Bo-
bert Barillet, député, comme candidat
dans la première circonscription de
BLois. ,
Il aura pour concurrent M. Raoul
Persil, ancien député radical national,
aicien collaborateur de M. Milierand:
BULLETIN
AU JAPON
La faiblesse cachée
i socialiste
mer pour quinze jours; elle frappe j indirectes qui ne dépende, et directe
ensuite et souvent pour une raison j mentj de Ja chambre des députés et
électorale qui est personnelle à cha- -
que député.
En France, la députatioa, et, d'une
manière plus générale, le parlemen-
tarisme est une carrière. Comme en
du Sénat. Il n'est vaisseau capillaire
de l'administration française où ne
pénètre l'influence du parlement, et
l'on peut dire que tous les fonction-
naires de France ont au moins à
Amérique, et pour les mêmes raisons, cornpter avec ies sénateurs et les dé-
un très petit nombre d'hommes su- j putés.
Périeurs s'occupe de politique active; A la vérité) je parlement n'admî-
et militante, et la politique est faite, j n;stre pas de la même manière qu'il
sauf exceptions rares, par des prof es- gouverne. C'est très différent; c'est
sionnels, besoigneux pour la plupart, encore pis. Le parlement gouverne en
"qui n'ont pas d'autre profession. A corps, les parlementaires admufiis-
ceux-là, il est très important, non pas ; trent individuellement. Le parlement,
d'être ministres, et ils n'y tiennent j et surt0ut la Chambre des députés,
pas extrêmement, mais de l'avoir ete, j gouvernent en pesant de tout leur
et d'être tenus pour susceptibles de]poids sur le pouvoir exécutif; pour
le redevenir, ou d'avoir été tout prèsjce quj est de l'administration, c'est
de l'être et d'être considérés comme j chaque député et chaque sénateur qui
.de qualité à l'être un jour. Dans lejprétend administrer son département
Personnel politique, être « ministra-
*le » est un titre. On le mettrait, pour
.."n peu, sur ses cartes de visite. En
tous cas, on le met très bien sous
forme périphrastique, dans ses circu-
laires électorales. Un député non
considéré comme ministrable n'est
Pas considéré du tout. On estime gé-
néralement qu'on peut le remplacer
Par un autre sans inconvénient. Etre
ininistrable est donc pour le politi-
cien presque une nécessité de carrière.
S'i'l est ministrable, ses électeurs ver-
ront en lui, dans un rêve, l'homme
*iui, à un moment donné, fera pleu-
voir sur l'arrondissement les faveurs
gouvernementales. Un député n'est
qu'un député ; il en a pour quatre ans,
sans survivance assurée, sans certi-
tude de se survivre à lui-même; un
députe ministrable est un député ina-
movible.
Pour s'assurer de grandes chances
«le réélection, tout député aspire donc
vio:tmment, soit à être ministre, soit
* figurer sur une «liste ministérielle»
•«'cours de ses quatre ans de légis-
lature. De la, le goût des députés et
aussi des sénateurs, quoique moins
Jlf naturellement chez, ceux-ci, ptiis-
NU Us sont nommés pour neuf ans à
Regard des crises ministérielles. De
*J. un certain désir qu'elles soient
«uutipliées et qu'elles soient longues
î0u. tout au moins, une faible répu-
^snce k ce qu'elles se multiplient et
^ ce qu'elles se prolongent. L'inter-
pellation, c'est l'arme du parlement et
°n procédé de gouvernement; la
";se ministérielle, c'est la manne
J^'emw.taire. Les députés n'aiment
*nt passer six mois sans que la
«««-ne tombe.
et qui y arrive sans difficulté. Fort
de son suffrage qu'il tient suspendu
sur la tâte du ministre, il dicte les
nominations, les révocations, les dé-
placements, les échanges les avance-
ments, toute la manipulation admi-
nistrative.
S'il est puissant à la Chambre, il
devient ainsi un roi local, Un gou-
verneur de département, beaucoup
plus puissant, bien entendu, que le
préfet, lés sous-préfets et les magis-
trats; s'il n'a pas une très grande au-
torité personnelle, il fait ce que font
tous les faibles, il s'associe, et alors
ce n'est pas M. Un Tel, député in-
fluent, qui administre le département
de l'Adour, c'est la députation asso-
ciée et combinant ses efforts qui di-
rige, au mieux de ses intérêts, l'ad-
ministration de ce département. L'ad-
ministration de la France est sous la
main, selon les pays, ou d'un homme
politique ou d'un syndicat politique.
Elle est dirigée ici selon le système
despotique, et là selon le système
oligarchique; tel département est une
monarchie, tel autre une aristocratie.! „„ . ..
Mais il n'en est aucun où, à côté de: CNirlevil e, 2rf. - Aujourithm di-
aïSlfe *e °fficWIe ^ïV^^'^l ne
apparente, il ny ait un gouvernement, ' Cnarleville Elles comprenaient d'abord
occulte et réel, très actif, parce qu'il f inauguration du buste de l'écrivain
y a plus d'intérêt à l'être que l'auto- remplaçant celui qui fut enlevé par les
rité officielle, très remuant, très im- Allemands.
périeux, très despotique, et, notez-le,
l-autan-t plus que les progrès même de
l'a pacification, progrès qu'on ne saurait
nier, ont pour co-'ollaire une témérité
plus grande de la part des Européens.
Il est hors de doou-que l'infortuné Ai.
Arnaud, que MM. Steeg et, Maillet se
sont rendus coupables d'imprudence.
Il serait donc excessif rie tirer des
conclusions pessimistes des pénibles
événements de Kcnifr-i et de Beni-Mellal.
considérés en eux-mêmes. Ils doivent
cependant retenir l'attention. D'abord, à
cause de leur succession rapide dans
le temps. Ensuite, parce qu'ils se pro-
duisent à un moment où une certaine
effervescence semble se nv"fi£feste.r
parmi les tribus no.n encore soumises.
Enfin, et surtout, parce qu'ils se sont
produits dans des régions voisines l'une
de l'autre.
Lu région du Tadla n'est ' pas encore
pacifiée'à l'heure actuelle. Il ne saurait
être question! pour le moment, d'entre-
prendre des opérations de grande enver-
gure visant, à nous rendre maîtres défi
crêtes de l'Ai tas. Ce serait une. entre-
prise des plu= -difficiles dans un pays
de haute monta.spe, encore mal connu,
dont cil ne' fait guère nue commercer
le relèvement tjposraphique Par photo-
graphies d'avion. Mais doptili longtemps.
deou-U qu'a été mise à" exécution la si
féconde ooneentipn du « Maroc utile »,
il était entendu 1 due dans cette région
il serait indisponible n'oechpor la cour-
tine de l'oued El ,AJb.fd, d'où, nous pour-
rions, sans nous lancer dans des opé-
rations tron ambitieuses, assurer la -sé-
curité du Tadla. -,
II v a un an. cette opération était, pré-
vue pour le printemos de 1927. Elle n'a
r>rw au- lieu.- Sans doute, cette inaction
n'était-elle due qu.'S dos causes sérieu-
ses. Mai? il nous est permis. d'insister
sur le fait aue les salopards qui ont a«i
•V Kenifra et aux environs de B*ni-M<0-
lai ont leur centre JB'pnératiçPs précisé-
ment vers l'oued El Atid.
Il faut espérer qu'on se décidera à ti-
rer les conséquences de ce fait.
—————-——■
EN L'HONNEUR DE RIMBAUD
DEBUTS
irresponsable.
Emile FAGUET.
COXONEI, ASSAILLI ET DÉPOUILLÉ
liontpellier, 23. — Le colonel Plan, du-
«UeJIlé avenue il'Assas, il Montpellier, a
son retour de voyase, n été assailli par
"'ois individus, qui lui ont dérobé son por-
AjouteTqu* :1a crise ministérielle ! S* C°
par elle-même, en soi, un
6r°cédé d*
gouvernement. Par
sacoche.
lal r. Problèmes nautiques, A. Colin, édit.,
**> TarU 1001.
Nous devons à M. Victor Mène une
bien curieuse anecdote. La scène se passe
il y a fort longtemps, clans le bureau
d'une jeune revue, où un jeune rédac-
teur en chef reçoit un non moins jeune
écrivain. Celui-ci lui avait soumis une
nouvelle.
— Monsieur, lui dit le rédacteur en
chef, laissez-moi vous parler en toute
sincérité. Je viens de lire vos productions.
Eh .' bien, faites n'importe quoi dans la
vie. Vendez de la moutarde ou de la
bonneterie, mais renoncez à la littéra-
ture. Vous ne serez jamais un écrivain.
Le jeune rédacteur en chef s'appelait
Georges Clemenceau, le jeune romancier
s'appelait Emile Zola.
La morale de cette histoire ? Mon
Dieu, il y a fort à parier que la nou-
velle d'Emile Zola ne valait rien. Comme
ceux de Balzac, les débuts d'Emile Zola
furent laborieux. Comment prévoir dans
nsraëlite ou dans Jane la Folle, le futur
auteur de César Birotteau et du Père
Goriot. . Les Mystères de Marseille ne
laissaient pas prévoir davantage Ger-
minal.
Clemenceau avait sans doute raison en
rendant sa copie à Emile Zola. Où il eut
tort, c'est quand il lui déclara : « Vende:
de la moutarde », car l'avenir n'est à
personne. Nombreux sont les romanciers
illustres qui commencèrent par des vers
idiots ou des mélodrames pleurnicharxls.
On ne sait avec exactitude si l'on doit
renvoyer un auteur à un métier plus
nourrissant que lorsque cet auteur est
arrivé à la maturité. Et encore !
Le mieux est de juger avec circons
pection et prudence l'oeuvre soumise,
et si elle est imparfaite de donner des
conseils de travail. Ça ne peut pas faire
de mal. Ainsi, un médecin qui n'est pas
tout à fait certain de son diagnostic, ré
dige une ordonnance anodine et préco^
nise les remèdes qui font du bien à tout
le monde.
Zola, d'ailleurs, ne se laissa pas dé-
monter. Il reprit son manuscrit et s'ins-
talla tranquillement à sa tâche quoti.
diénne.
Je dois dire que, de nos jours, les dé-
butants marquent plus d'impatience. J'en
appelle à tous mes confrères qid assu-
ment la tâche ingrate et difficile de
Paris, 23. — Tandis que le
parti socialiste affecte à légard du
parti radical-socialiste une sorte de
mépris hautain, les signes se mul-
tiplient de la faiblesse cachée sous
cet orgueil. Nous ne parlerons que
pour mémoire de ces appels déses-
pérés aux souscripteurs, de cette
confession écrite du péril où se
trouve actuellement le Populaire.
Plaie d'argent n'est point hon-
teuse, et si le parti socialiste ne
trouve point dans son sein l'argent
nécessaire pour faire vivre un jour-
nal, réduit cependant à sa plus
simple expression, nous n'en tire-
rons point argument. Nous ne
conseillerons même point à M.
Compère-Morel de vendre ses hô-
tels meublés et d'en affecter le pro-
duit à la caisse du Populaire.
Par contre, c'est notre droit de
souligner les aveux de la Vie so-
cialiste, dans laquelle M. Georges
Bourgin porte sur l'état de santé
de la section française de l'interna-
tionale un diagnostic assez pessi-
miste. M. Georges Bourgin estime,
en effet, que le parti socialiste, s'il
continue dans la voie actuelle, n'a
plus qu'à disparaître. Il lui manque
une confiance agissante. Il se laisse
envahir par l'apathie et l'indiffé-
rence. Ses troupes sont surtout
composées de demi-bourgeois, d'in-
tellectuels qui étouffent les rares
éléments ouvriers et prolétariens
demeurés fidèles aux doctrines de
Marx.
Le parti socialiste n'a plus ni foi,
ni curiosité. Seules, les querelles
personnelles l'intéressent encore.
— Où sont, dit M. Bourgin, les
monographies indispensables sur
les divers points du' programme
socialiste, capable de reviser ce que
la doctrine classique a de périmé
et d'erroné et d'amorcer les réalisa-
tions pratiques? f
M. Bourgin ne les voit pas. Pat-
contre, il trouve en abondance « les
combinaisons locales avec lesquelles
on veut confondre la vie du parti,
les petites concurrences de tendan-
ces où l'on prétend voir des heurts
de doctrines et qui ne sont le plus
souvent que des chocs de vanité, les
petites brochures redondantes et
ressassantes que l'on édite parfois
et qu'on ne lit pas souvent. »
Voilà pour la vie intérieure du
parti socialiste. Le tableau que
trace M. Bourgin de l'activité au
Parlement du groupe unifié n'est
guère plus brillant. Il dénonce
« l'action insuffisante des élus »,
la facilité avec laquelle ils s'accom-
modent de l'espèce d'annihilation
où ils ont vécu et qui s'est inscrite
dans les silences inattendus ou des
interventions insuffisamment sou-
tenues et négativement concluantes.
Bref, M. Georges Bourgin, écri-
vain socialiste, dans une revue so-
cialiste et que dirige M. Renaudel
en personne, pose à son parti ce
dilemme: « Vivre ou ne pas vivre.»
Son opinion était intéressante à
rapporter. Venant après d'autres
manifestations, après les déclara-
tions de M. Boncour, comme après
les appréciations de M. Pierre
Hamp, pour qui la politique, y
compris celle de son parti, est une
farce, elle prouve que le socialisme
commence à comprendre la vanité
de sa doctrine périmée et qu'il y
a, dans son sein, des hommes prêts
à abandonner la chimère de la
révolution, dont ils laisseront le
bénéfice au communiste, prêts aussi
à serrer de plus près les réalités.
Avec ces hommes-là, le parti
radical pourrait peut-être s'entendre-
Avec les autres, non. — L***.
Les événements de Chine
UN DIRIGEABLE
FAIT EXPLOSION
AUX MANOEUVRES NAVALES
« *o*c»
Londres, 13. — On mande de Toki»
aux Central Xews, qu'au cours des ma-
noeuvres navales qui ont commencé le
20 octobre, sur un front s'étendaht de-
puis Kobé jusqu'à Yokohama, un diri-
geable a fait, explosion.
Jusqu'à présent, on ne pense pas qu'il
y ait des morts à déplorer. Un des
hommes de l'équipage-a cependant été
gravement brûlé.
Le dirigeable en question avait été
construit par les'usines italiennes Nobile,
que dirige le général Nobile, un des
compagnons de l'explorateur Amundsen
au cours de son dernier voyage au-dessus
du pôle Nord, à bord du dirigeable
Norge.
Les manoeuvres navales japonaises,
dont le but est d'étudier la possibilité
d'une attaque du Japon par la voie des
airs, se font dans un certain secret. La
presse ne publie que peu de détails à ce
sujet et le ministère de la Marine à re-
fusé aux journalistes l'autorisation de
suivre ces manoeuvres.
Seuls les attachés navals étrangers ont
été admis à suivre certaines phases des
opérations.
; ~*
•Tragique partie de canot
Cinq jeunes gens noyés
Bovan, 23. — Près de Royan, à Saint-
Geor'ges-de-Didonne, après avoir fêté
joyeusement un anniversaire', six jeunes
gens décidèrent, malgré la tempête, de
faire une-promenade en mer. A peine
étaient-ils soriis. du port, que le vent,
souffrmt en rafales, fit chavirer leur
canot. Cinq furent noyés : Louis Ber-
nard, Eiie Bernard, Loins Depeux, Mar-
cel Cartron et Erable. Le sixième, Ray-
mond Pillen, réussit à se cramponner
à la quille du bateau et, quoiqu'il eût
la jambe droite cassée, il parvint à ga-
gner la rive, où il fut trouvé épuisé.
Transporté à l'hôpital, le blessé n'a
pas encore repris l'usage de la parole.
Quatre cadavres ont-été recueillis.
A CLERMONT-FERRAND
I. HENRY DE JOUVENEL
PARLE DE LA S. D. N.
4UX ANCIENS COMBATTANTS
•xz>:<>:-'
Clermont-Perrand, 23. — M. Henry dé
Jouvenel, qui présidait, aujourd'hui, , à
Clermont-Perrand, le congrès de la Fé-
dération des anciens combattants du
Puy-de-Dôme, a prononcé un discours
dans lequel il a exposé quelques-unes
des raisons qui l'ont fait donner sa dé-
mission de délégué français à l'assemblée
de la S. D. N.
Ayant passé en revue les événements
qui se sont succédé depuis l'armistice,
M. de Jouvenel constate qu'il a été fait
bon marché de la solidarité des peuples
et que le front unique pour la paix ne
fut pas réalisé. Et, s'adressant aux an-
ciens combattants, il déclare : « Certes,
vous n'êtes pas esclaves de formules. Si
l'on vous enseignait demain une méthode
de paix plus sûre que celle du pacte,
vous l'adopteriez. Mais si l'on ne vous
offre pour vous faire renoncer à l'idéal
de la S. D. N. que le retour aux vieilles
tractations diplomatiques qui n'ont jamais
engendré que la guerre,'vous répondrez:
« Voila l'utopie ».
« L'utopie n'est pas de fonder la paix
sur un système nouveau, mais de ia
demander à des routines dont l'expé-
rience a démontré la faillite. »
Et l'orateur constate que chaque nér
gociateur de Locarno a sigaé ces accords
dans une pensée différente et en a tire-
une conclusion différente.
— Le succès de la paix dépend d'une,
technique dé paix, ajoute l'orateur, et
cette technique c'est par la S. D. N.
qu'on peut la fonder, et elle n'est plus si
faible qu'elle ne puisse aujourd'hui abor-
der courageusement les taches pour les-
quelles elle , a été créée. »
Et M. de Jouvenel conclut en ces ter^
inest: -'..* '.-
« Ne craignons pas les difficultés pour
j la S. D. N. Craignons, au contraire, qu'on
I ne les lui épargne pour les laisser aux
nations. La seule crise qu'on puisse au-
jourd'hui redouter pour la S. D. N., c'est
| une crise*.de confiance en.elle-même. »
LE CONGRÈS RADICAL - S00IAL9S
SE TIENDRA A PARIS, DU 27 AU 30 OCTOBRE
, SOBOS
Les précédents Congrès -> La question des alliances
électorales -:- Les deux tendances -:- La thèse
de M. Chautemps -:- La lutte sera chaude, salle Wagram
-*vto:*w-
Paris, 2.3. —. Le 24*
Un destroyer américain,
canonné
Washington, 23. — L'amiral comman-
dant en Chine signale qu'hier, le des-
troyer américain Truxton a essuyé des
coups de fusil et cinq coups de canon,
au cours d'un engagement entre leê
troupes de Nankin et celles d'Hankéou.
Personne n'a été blessé-
Le destroyer n'a pas riposté, n'ayant
pu repérer la position des canons chi-
nois.
Le tricentenaire de Bossuet
Plusieurs discours ont été prononcés,
notamment par le maire de Charleville,
par le délégué de tâ Société des gens de choisir: Ils peuvent encore présenter de
lettres, par un délégué des écrivains! timides observations à des écrivains gri-
betge's, par M. Lucien Hubert, sénateur, sonnants^ ics autres, bien assurés de
des Ardennes. qui retraça 1 oeu\re du ,e som u $lgne de la vitesse, enten-
pOete. Lient défoncer les obstacles. La faute en
. Après l'inauguration, une visite a 6toj cst & lews aM qul ne cessent de lcur
KosluJn ££d.n^ «««la ™odestie *°
M. %S^SS^£ m Im,se
Les fêtes de Meaux
Meaux, 23. — La Société des amis de
Bossuet a célébré, aujourd'hui, à Meaux,
le tricentenaire de la naissance do Bos-
suet. ■-. t a^-i'iL^fcJ ' i
Cette solennité, qui était présidée par
le' cardinal Luçon, archevêque de Reims,
entouré de nombreux évêques et pré.
lats, a commencé par une messe ponti-
ficale à la cathédrale.
A 14 heures, salle Saint-Faron, M.
René D-oumic, secrétaire perpétuel de
l'Académie française, a, devant un bril-
lant auditoire lu un éloquent « hom-
mage de la docte compagnie. ». Puis, à
la cathédrale, Mgr Julien, évêque d'Ar-
ras, a prononcé l'éloge de l'Aigle de
Meaux.
congrès du parti i
socialiste se tiendra, cette année, à
Paris, du ZI au 30 de, ce mois.
Quand, l'an dernier, se posa la ques-j
Mon du prochain lieu de réunion, plu-1
sieurs villes,. comme toujours, brigué- j
renl l'honneur d'abriter ces assises.'
Angers et Reims — le vin d'Anjou et !e
vin de Champagne — eurent de chauds
partisans. Mais on fit observer qu'il est
de tradition-que le congrès qui précède
immédiatement les. élections générales
se réunit à paris. On ne pouvait aller à
rencontre d'une raison aussi majeure,
d'autant qu-'elle flattait chez un gran i
nombre le secret désir d'un séjour dans
la capitale.
Un coup d'oeil en arrière
Ces congrès tirent des circonstances
politiques leur intérêt propre. Boulogne,
en 1924, fut la consécration du triompt:-
du li mal, et le chef du premier gou-
vernement cartellisto y fit acclamer le
programme qu'il s'engageait à exécuter.
Il n'y eut aucun heurt: on était au len-
demain de la victoire.
Nice, l'an après, vit naître les pre-
miers dissentiments. Les principes d'J
cartel, en matière financière surtout,
avaient rencontre; de sérieuses difficul-
tés dans leur mù>c en application. L'im-
patience d'une fraction plus intransi-
geante du parti montait déjà au ton des
reproches et de la colère.
Le ministre des Finances d'alors, M.
Caillaux, que peu do temps avant on
était allé chercher dans sa retraite, et
que d'une voix on désignait comme le
seul magicien capable de ' libérer la
France et ses emmbarras d'argent, y lit
la cruelle expérience de ce qu'est un
aveu dénué d'artifices'. Bref, on se sé-
para sur le sentiment d'un échec poli-
tique dont il n'échappa à personne que
la fin du cartel était la conséquence
inévitable.
Refusant, en effet, de se faire soli-
daires de la situation qui allait découler
de cette impuissance fiscale, les socia-
listes, au cours de l'année qui suivit,
consommèrent la rupture en rétractant
par une série de votes leur engagement
relatif à la politique de soutien.
Bordeaux, en 1926, ne fut pourtant
qu'un écho très atténué du terrible ma-
laise que cette circonstance avait créé
dans le parti. Mais on y était venu dans
le dessein do s'en expliquer avec quel-
que rudesse. Après les graves crises
ministérielles nées des difficultés de la
trésorerie et du refus de collaboration
de. l'extrême-gauche, on y fut tout près
d'un schisme.
Les choses s'arrangèrent dans la cou-
lisse. La formation du cabinet d'union
nationale, qui déplaçait a la Chambre
| l'axe de la majorité, ot pour queiqties
' uns apparaissait comme un défi à la
consultation populaire du 11 mai 192i,
avait coupé le camp radical-socialiste en
deux et jeté le désarroi. Une partie, de-
meurée fidèle à. ses alliés de la veille,
était passée avec eux dans une opposi
tion irréductible. Les autres, qui reje-
taient sur ces mêmes alliés, la respon-
sabilité des échecs successifs de la po
litique cartelliste. et mus aussi par des
considérations qui, sous la menace du
périf ou courrait la France, leur avaient
fait placer l'intérêt du pays au-dessus
de l'intérêt du parti, avaient sans hési
ter donné leur concours à M. Poiqcaré.
M. Herriot était du nombre,
C'avait été un tollé parmi les intran-
sigeants, lesquels entendaient sur cetre
trahison exiger au congrès des comptes
de celui qui était leur président. La
nécessité de sauver l'unité du pa'-'ti
limita le débat à quelques rudes ren-
contres entre M. Fïanklin-Bouilion et
M. Dominique. Et, sur une déclaration
de M. Herriot, qu'il no se reportait pas
b. la présidence, on évita le scandale
d'une mise en accusation et le danger
d'une scission effective.
La préoccupation
des élections, prochaines
La question des élections primera évi-
demment les autres au congrès de de-
main, La dernière déclaration du parti,
rédiges avec beaucoup d'habileté et de
-tact par M. Maurice Sarr-aut, a laissé
ies deux fractions en présence sous la
loi d'un même dévouement à la foi
commune.' Elle n'a pas condamné. Elle
semble mème's'étre gardée de juger.
Le cas était difficile et il y a justice
à laisser parfois l'homme relever de s»
conscience, plus encore que des imp3_
ratifs d'une assemblée qJi hë "tient pas
se.s pouvoirs d'un suffrage populaire.
Ces deux tendances, q'uo rien n!a
rapprochées depuis, et dont la cons-
tance de deux votes opposés a plutôt
accusé les divergences, vont se retrou-
ver face- à face avec cette différence
toutefois sur l'an passé que la position
de ceux qui ont soutenu M. Poincaré
s'est fortifiée des résultats de sa poli-
tique. Entre elle, il s'agira-.de s'en tendre
sur la discipline, qui s'impose non plus
en matière d'alliances cette fois, mais
d'enten'tes; pour je deuxième tour de
scrutin, tant sur la droite du parti oue,
sur sa gauche. \
Et de nouveau s'évoquera l'opportu-
nité du cartel. C'est une affaire de poin-
tages locaux et un calcul de probabilités
d'où l'intérêt personnel risque de n'être
pas toujours exclu. Il importerait da-
vantage de savoir dans' quelle mesure
celui du parti lui-même s'y trouve lié.
Les uns. pour ne pas recommencer
une expérience qui ne leur paraît pas
avoir réussi, objecteront que la défec-
tion des socialistes au cours de la légis-
lature a rendu impossible la -mise en
application de ce, programme démocra-
tique minimum sur lequel s'était signée
l'alliance du 11 mai, et qu'en l'espèce
■lo.«. tout ou rien » du parti de M. Léon
Blum a permis la rentrée en scène dés
groupes du centre.
Les tenants du cartel auront assez de
dialectique pour distinguer entre les
nécessités. momentanées du combat qui
commandent, la recherche d'alliés en
vue de tâches analogues dans leur es-
prit,, quoique; différentes dans leurs
moyens, et, les exigences de doctrine
"qui, l'ennemi commun battu, laissent
aux coalisés de la veille leur propie
indépendance dans les liens d'un bon
voisinage.
Pour l'homme de la rue, c'est une
distinction un peu subtile, affirment
certains, qui avec M- Franklin-Bouillon
pensent qu'un accrffd - intervenu pour
l'instant de la bataille, n'est que duperie
— au moins pour l'un des contractants
— s'il est .suivi d'une rupture à l'heure
des réalisations de la victoire. .
M. Lamoui'eux, patronant la candida-
ture de M. Valude à Saint-Amand, s'ins-
pirait récémmént de la même logique,
quand il disait: «-Nous acceptons volon-
tiers une . collaboration loyale avec !P
parti socialiste, à la condition qu'à
accepte de prendre élans la proportion
do ses forcos parlementaires sa part
des responsabilités du pouvoir. »
— Mais, objecte-t-on, n'est.ce pas
une double gageure de prétendro faire sa
pan ausocialisme et d'appeler côte k
côte au gouvernement deux partis d'es-
sence aussi opposée, l'un d'origine bour-
geoise,, l'autre (t'origine révolutionnaires
Quelques discours
syniptomatiques
En -tout cas, quel quo soit l'intérêt
des autres questions inscrites à l'ordre
du jour du congrès: politique financière
et douanière, stabilisation de la monnaie
et des prix, réforme des finances localés,
modifications à apporter ;Y l'impôt sur
le revenu,- conditions du désarmement,
eto..., rien de tout cela n'aura le pas
sur )e souci de la prochaine consultation
du suffrage, Il pourrait so manifester
aveo âpreté, même si .les griefs de quel-
ques-uns contre le cabinet et les crain.
tes électorales d'un petit nombre sans
doute engageaient un débat sur la poli-
tique, intérieure pour dénoncer- l'union
nationale, et, dans un dessein hostile
au gouvernement, mettre mal en pofnt
les collaborateurs Tadieaux-soeialistes
de M, Poincaré, Il suffirait à M. Chau-
temps d'y reprendre la thèse qu'il dé-
veloppait'en un récent discours à Car-
c-assonne oq. déclarant que cette union
nationale n'étatt que prétendument un«
trêve des opinions et des personnes, ■?
la présentait comme la ■ contrainte im-
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