Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1913-11-26
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 26 novembre 1913 26 novembre 1913
Description : 1913/11/26 (Numéro 330). 1913/11/26 (Numéro 330).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k2901454
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
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LE FIGARO - MERCREDI 26 NOVEIVIBREM913
ment qui est, dû à M. Théodore Reinach
et qui est ainsi conçu :
Les rentes nouvelles seront, comme les
rentes actuellement existantes, exemptées de
tous droits de timbre et de transmission;
elles pourront être affectées aux mêmes em-
plois et remplois que celles-ci. Elles ne
pourront jamais être frappées d'un impôt sur
le coupon, le remboursement ou la prime
supérieure à l'impôt sur le revenu que sup-
portent les valeurs mobilières françaises no-
minatives. Elles seront, pendant dix ans, à
partir de leur création* exemptées de tout
impôt de ce genre.
Nous serons fixés aujourd'hui sur l'en-
semble de ces transactions.
Én tout état de cause le- débat com-
mence demain. On annonce que M.
Jaurès déposera une motion préjudicielle
tendant à l'ajournement de l'emprunt
jusqu'à la revision complète des dépen-
ses (militaires) auxquelles l'emprunt
doit faire face.
Enfin MM. Brousse et Chalamel de
manderont que le chiffre de l'émission
soit porté à 1,675 millions.
***
Gn s'est également beaucoup occupé
de l'emprunt au Sénat, qui a élu hier sa
commission des finances. '
En principe, les sénateurs sont favo-
rables à l'emprunt, mais ils estiment
qu'il doit être plus large et présenter
vraiment le caractère d'une opération de
liquidation.
Dans ces conditions, ils ne verraient
aucun inconvénient à ce que le chiffre
de l'emprunt soit majoré et porté à un
milliard et demi:
Mais d'assez vives critiques se sont
produites au sujet des 400 millions du
Maroc.
Dans le septième bureau, notamment,
MM. Aimond et Milliès-Lacroix se sont
vivement élevés contre un procédé finan-
cier qui tend à faire payer par l'emprunt
des dépenses auxquelles il a été pourvu
dans les budgets de 1912 et 1913. C'est le
compte provisionnel qui a surtout été
l'objet de vives attaques. On réclame de
toute part sa disparition et on veut un
budget sincèrement écrit ou aucune dé-
pense né soit dissimulée.
L'élection des commissaires s'est faite
sur ces bases.
Sont élus : MM- Touron, Amie, Bar-
bier, Dupont, Gervais, de Selves, Cachet,
Develle, Jénouvrier, Doumer, Lucien
Hubert, Peytral, P. Dreyfus, Antoine
Perrier, Gauthier (de l'Aude), Gérard,
Lourties, Aimond, Couyba, Milliès-La-
croix, Chastenet, Chautemps, Lintilhac,
Ribot, Bienvenu-Martin et Bérard.
La majorité de la nouvelle commission
est favorable à l'immunité de la rente.
Ajoutons qu'au huitième bureau M.
Charles Humbert a fait une déclaration
très nette au sujet des dépenses extraor-
dinaires à prévoir dans l'intérêt de la dé-
fense nationale. II a demandé que le re-
présentant du bureau à la commission
des finances s'engage à réclamer éner-
giquement la discussion, dans le plus
bref délai, du projet de loi sur les soldes
des officiers et sous-officiers. C'est là,
a-Wl ajouté, une question vitale pour
l'armée.
De plus, il importe aussi de donner
aux troupes les moyens do s'iDstruire,
champs de tir et champs de manoeuvre,
qui n'existent/ actuellement qu'en éten-
due-et en nombre tout à fait insuffisants,
et enfin des crédits considérables sont
d'une nécessité immédiate pour l'aug-
mentation, la réfection ou la rénovation
du matériel de toute nature de l'armée.
Refuser cet effort financier, ou seule-
ment le différer plus longtemps, équi-
vaudrait à rendre inutile l'énorme sa-
crifice que s'est imposé le pays en
acceptant lo rétablissement du service
de trois ans.
Les déclarations de M. Ch. Humbert
ont été vivement approuvées.
Auguste Avril.
LES AFFAIRES D'ORIENT
La Bulgarie et l'Autriche
Sofia, 25 novembre.
Les leaders de l'opposition laissent
transpirer les craintes que l'avenir de
la Bulgarie n'ait été engagé par un traité
signé par M. Ghennadieff, à Vienne.
Une déclaration de M. Radoslavoff
Berlin, 25 novembre.
Le premier acte de la nouvelle Cham-
bre bulgare, déclare M. Radoslavoff, au
Berliner Taqeblatt, sera la mise en accu-
sation de M. Daneff; il a ajouté que
les bruits courant sur une révolution et
l'abdication du roi Ferdinand sont des
inventions malveillantes des adversaires
russophiles du ministère - Ch. BONNE-
FON.
A propos d'une arrestation
Constantinople, 25 novembre.
On confirme que l'ambassadeur de
Russie a exigé qu'on lui livrât le prison-
nier turc Kavakly Mustapha, arrêté à
bord d'un navire russe. L'ambassadeur
a exigé aussi la révocation du préfet de
police Azmid bey, responsable delà su-
percherie dont le consul de Russie a été
la victime.
La Cour roumaine
Bucarest, 25 novembre.
La Cour royale est rentrée à Buca-
rest.
De nombreux habitants stationnaient
sur le parcours de la gare au palais et
ont acclamé les souverains.
Journaux suspendus
Constantinople, 25 novembre.
A la suite dé la suspension de sept
journaux paraissant à Constantinople
en langue grecque, une réunion extraor-
dinaire du Saint-Synode et du conseil
mixte du patriarcat oecuménique a dési-
gné une délégation qui s'est rendue en-
suiteauprès du ministre de la justice pour
protester contre cette mesure. La délé-
gation s'est rendue ensuite auprès du
ministre de l intérieur, qui a répondu
que la mesure de suspension avait été
prise par l'autorité militaire, mais qu'il
interviendrait pour obtenir qu'elle fût
rapportée.
La délégation est allée enfin auprès du
grand vizir, qui lui a répondu que la
mesure en question avait été prise à
cause de la publication d'articles ten-
dancieux et que le patriarcat, en défen-
dant la cause de ces journaux, semblait
s'associer implicitement aux idées de ces
journaux.
Le journal arménien Adazamar a été
également suspendu.
Déclarations du roi de'Bulgarie
Le roi de Bulgarie a reçu, hier, à Vienne,
un correspondant du Herald, auquel il a dit :
- C'est avec plaisir que je m'entretiens avec
le correspondant d'un journal américain, parce
que je suis partisan de ces principes chers à
tous les Américains d.'esprit cultivé, qui sont le
progrès et la marche en avant des nations. ,
Quant aux bruits ayant, trait au désir que j'au-
rais d'abdiquer le trône de Bulgarie, je ne puis
en-vérité concevoir où' ils ont pris naissance.
Nul plus que les Bulgares ne s'étonne de ces
rumeurs et le roi de .Bulgarie en est plus que
tout autre surpris.
Peut-on s'imaginer que je sois ici au loin, à
Ebenthal, chassant, comme je 1e faisais ces
jours derniers, alors que je serais sous la me-
nace d'événements ayant la gravité qu'on leur
attribue. Je fais, en ce moment, très exacte-
ment ce que je fais tous les ans, depuis long-
temps ; je chasse sur les tirés de mon frère. Je
suis venu à Cobourg revoir les tombes do mes
aïeux et, mon séjour terminé, je rentrerai à Sofia,
sans avoir jamais songé que je puisse rencon-
trer là-bas la moindre difficulté.
Au cours d'un règne qui dure depuis trente
ans déjà, il se peut que par moments j'ai songé
à abandonner la lourde tâche de tenir les rênes
du gouvernement. Mais, tel n'est point le cas,
certes, en ce moment où mon pays, plus qu'à
tout autre tournant de son histoire, a besoin du
secours de mon expérience.
Ne croyez pas un instant qu'il existe en Bul-
garie un parti hostile à la dynastie. Sans doute,
dans l'ardeur de la présente campagne électo-
rale, on peut entendre quelques paroles dures,
mais c'est bien tout. Les Bulgares sont un peuple
calme et raisonnable, peu enclin à l'enthou-
siasme. Cet enthousiasme, je ne l'attends pas de
leur part, mais les esprits ne sont pas mal dis-
posés. Ces nouvelles dénuées de bon sens ne
viennent pas de Sofia ; elles ont été inventées
hors de Bulgarie.
A l'Etranger
L'amiral de Lapeyrère
à Constantinople
Constantinople, 25 novembre.
Hier soir, à sept heures, l'amiral Boué de
Lapeyrère, l'ambassadeur de France et leurs
suites, se sont rendus au palais dans des voi-
tures de la cour. Ils ont été reçus par le
maître des cérémonies dans le grand salon.
Après s'être reposés quelques instants, l'a-
miral Boué de Lapeyrère, M. Bompard et le
contre-amiral Nicol ont été introduits auprès
du Sultan. L'ambassadeur de France a fait
les présentations.
Vers huit heures, le Sultan, suivi de ses
hôtes, a pénétré dans la salle du banquet.
Le Sultan avait, à sa droite, l'ambassadeur
de France ; à sa gauche, l'amiral Boué de
Lapeyrère, et, en face de lui, le prince héri-
tier, qui avait à ses côtés le grand vizir et le
ministre de la guerre.
Assistaient à ce banquet les officiers de la
suite de l'amiral et du stationnaire français,
ainsi que le personnel de l'ambassade et tous
les ministres.
Le colonel Djemal bey, le général Bau-
mann et les officiers français chargés de la
réorganisation de la gendarmerie ottomane,
ainsi que d'autres personnalités civiles et mi-
litaires, assistaient également au banquet.
Le Sultan a conféré les décorations sui-
vante : le grand cordon de l'Osmanié au vice-
amiral Boué de Lapeyrère; le grand cordon
du Medjidié, au contre-amiral Nicol ; la
deuxième classe du Medjidié, aux capitaines-
de vaisseau Mettez, Delafon, de La Tàste,
Sagot, du Vauroux et Morier ; la troisième
'classe de l'Osmanié, aux capitaines de fré-
gate Jolivet, Guénin, Delahet et à l'ingénieur
principal Gervais; la troisième classe du
Medjidié au médecin Fernandez, la qua-
trième classe de l'Osmanié au mécanicien
principal Ayule est aux lieutenants de vais-
seau Richard, Durand et Viel ; la quatrième
classe du Medjidié à l'enseigne de vaisseau
Michelîer.
Ce soir, à huit heures, a eu lieu un grand
dîner officiel à l'ambassade de France, en
l'honneur de l'amiral Boué de Lapeyrère. Y
assistaient : le grand vizir, les ministres,
quelques anciens ministres, le premier cham-
bellan, le premier secrétaire, le grand maître
des cérémonies du Sultan et les autres hauts
fonctionnaires civils et militaires du palais.
A onze heures, ce soir l'amiral partira avec
l'ambassadeur et Mme Bompard pour visiter
l'escadre ancrée à Hourla, près de Smyrne.
Le Tanine, dans un éditorial, fait remar-
quer que les marques de respect témoignées
à l'amiral Boué de Lapeyrère, dans tous les
milieux de Constantinople, dépassent les
limites de la simple courtoisie ; la visite
de l'amiral français a été une nouvelle occa-
sion de manifester l'amitié traditionnelle qui
a toujours existée entre la France et la Tur-
quie.
Après avoir souhaité la bienvenue à l'ami-
ral, le Tanine ajoute que le peuple français,
par sa langue, sa civilisation, sa culture" in-
tellectuelle et sa littérature, a rendu de nom-
breux services à la Turquie.
L'arrivée de la flotte française à Constanti-
nople, dit le journal, marque une nouvelle phase
dans les relations turco-françaises. Nous avons,
avec la France, deux sortes de relations ami-
cales ; d'un côté, une amitié stable et perma-
nente, et, d'un autre côté, des rapports influen-
cés par les circonstances.
La politique française prend peu à peu, à
l'heure actuelle, une tournure plus favorable à
la Turquie. Malgré son attachement à la Grèce,
la France s'oriente, dans la question des îles de
la mer Egée, du côté de la Russie et de l'Angle-
terre. Ce revirement mérite notre reconnaissance,
conclut le Tanine, et nous souhaitons qu'il con-
tinue.
Alliances et amitiés
Rome, 25 novembre.
Parlant de la visite de l'archiduc Ferdi-
nand à Londres, le Giornale d'Italia en tire la
conclusion que le système d'alliances actuel
comporte de bons rapports et des ententes
entre les puissances de la Triplice et de la
Triple Entente. Le journal ajoute- :
Il reste entendu que l'Italie se réserve, comme
l'Autriche, une certaine liberté d'action et que
les journaux autrichiens ne devraient pas se
plaindre si, par exemple, ils entendaient parler
d'une identité de vues avec la Russie sur des
questions particulières.
Un officier allemand accusé
de meurtre
Metz, 25 novembre.
Les débats du procès intenté au lieutenant
Tiegs, du 16e régiment d'artillerie à pied, en
garnison à Thionville, ac ;usé d'avoir com-
mis, le 28'septembre, une tentative de meur-
tre sur la personne de l'enseigne Foerster, du
même régiment, ont commencé ce matin de-
vant le conseil de guerre de la 31° division.
Deux médecins -, majors comparaissent
comme experts, ët il y a vingt-cinq témoins.
Sur la demande du commissaire du gou-
vernement, le huis clos a été prononcé dès
l'ouverture de l'audience, parce que la pu-
blicité des débats a été considérée comme
pouvant nuire aux intérêts du service mi-
litaire.
Ou prévoit que les débats dureront deux
jours.
D'après les renseignements qu'on a pu se
procurer, le lieutenant Tiegs nie avoir attiré
l'enseigne Foerster dans sa chambre pour le
supprimer ; il soutient que Foerster s'est
blessé par imprudence.
Il paraît, au contraire, que Foerster, peu
de temps avant sa mort, a parlé avec une
profonde affliction de l'acte de Tiegs et s'est
creusé continuellement l'esprit afin de dé-
couvrir les motifs pour lesquels le lieutenant
Tiegs avait tiré sur lui.
Trois socialistes au Sénat italien
Rome, 25 novembre.
. La presse souligne l'entrée au. Sénat de
trois socialistes, MM. Délia Torre, Catti et
Pulle.
Ils voient dans cette triple nomination la
preuve que le gouvernement, a voulu mon-
trer qu'il, tenait compte des éléments nou-
veaux envoyés à la Chambre par le suffrage
universel.
Le a Jeanne-d'Arc »
dans l'Afrique du Sud
Le Cap, 25 novembre, ù
Le croiseur-école français Jeanne-d'Arc est
arrivé dernièrement au Cap ; l'équipage du
navire a reçu, à Durban, un accueil des plus
cordiaux.
Le commandant Grasset est allé, accom-
pagné des autres officiers du bord, à Johan-
nesburg, où la population a fait aux marins
une chaleureuse ovation.
Les marins français ont visité Prétoria.
Les officiers, accompagnés du consul gé-
néral de France, ont rendu visite à lord
Gladstone, gouverneur général de l'Afrique
du Sud.
Une réception a eu lieu, hier soir, chez le
consul général de France.
COURTES DÉPÊCHES
- Une dépêche de Cadix à El Mundo, dit
qu'une compagnie allemande prendrait à
ferme les chantiers de construction navale
et que les études préliminaires seraient déjà
faites.
- Vingt mille ouvriers de Varsovie se
sont mis en grève.
- D'après une dépêche de Budapest au
Lokal-Anzeiger, M. Kossuth, chef de 1 opposi-
tion hongroise, qui est âgé de soixante-douze
ans, vient de se fiancer avec la veuve du
comte Benyovzky.
- Dans l'affaire d'espionnage de Genève,
le Conseil fédéral, se basant sur un article
de la Constitution édérale, a prononcé l'ev-
Eulsion du territoire suisse des nommés
arguier, Menezzi et Rosetti.
Figaro en Allemagne
Les incidents de Saverne
Berlin, 25 novembre. ,£
Les incidents de Saverne sont déjà portée
devant le Reichstag, qui est rentré aujour-
d'hui ; le député progressiste Roeser a déposé
une interpellation sur les « déclarations d'un
officier à, Saverne et les incidents qu'elles
ont provoqué ».
D'autre part, les déqutés alsaciens-lorrainl
ont dépose une interpellation ainsi conçue :
Le chancelier de l'Empire sait-il que, à Sa-,
verne, un officier du 99° régiment a usé à l'égard
des soldats alsaciens - lorrains d'expressions
excessivement offensantes et blessantes au plus
haut point pour les sentiments de toute la po-
pulation, sans que les autorités militaires aient
pris soin de punir suffisamment cette faute ? Que
compte faire le' chancelier pour protéger les
soldats alsaciens-lorrains contre de telles in-
sultes et toute la population d'Alsace-Lorraine
contre de telles provocations ?
Aucune date n'est encore fixée pour la dis-
cussion de ces interpellations.
Strasbourg, 25 novembre..
Le sergent Baillet, qui a été mis en liberté,
a refusé d'aller à Neuf-Brisach, où on voulait
l'envoyer en garnison, et a donné sa démis-
Dans les garnisons de la Haute-Alsace, les
soldats ont reçu l'ordre de signaler à leurs
Supérieurs toute. offense qui sérait faite. au
pays dont ils sont originaires et d'éviter ab-
solument de saisir la presse des cas qui
pourraient se produire.
La fraction du centre alsacien-lorrain a
voté la résolution suivante :
La fraction centriste du Landtag d'Alsace-
Lorraine, dans sa réunion d'hier, a pris position
do la façon la plus énergique dans la question
de l'incident do Saverne. Elle a protesté contre
les offenses au peuple alsacien-lorrain et contre
la manière dont les autorités ont traité lo cas.
Ello aura soin de mettre ce cas dans sa vraie
lumière, au cours de la prochaine session du
Landtag.
Rentrée du Reichstag
Le Reichstag a repris aujourd'hui ses tra-
vaux.
L'ordre du jour porte lecture des rapports
des commissions sur les pétitions présentées
et dont certaines, en particulier, sont rela-
tives au droit de vote des femmes pour les
élections au Reichstag, la protection contre
le boycottage, les faits de grève, etc.
Demain, doivent commencer les débats sur
le nouveau projet de loi relatif à l'espion-
nage, mais il y a de nombreuses interpella-
tions déposées, parmi lesquelles celles des
socialistes sur l'exclusion du député Liebk-
necht de la commission d'examen de livrai-
son des armements, le chômage et les assu-
rances aux chômeurs.
Dans les couloirs, les députés alsaciens,
très entourés, commentent les incidents de.
Saverne.
Les députés sont assez nombreux à leurs
bancs. M. Kaempf ouvre la séance à deux
heures et quart'. Il prononce, devant les
députés: debout, l'éloge funèbre des cinq dé-
putés morts pendant les vacances, parmi
lesquels le comte Kalitz et Bebel.
Les députés se lèvent à nouveau quand le
président, rappelant la dernière catastrophe
du Zeppelin, adresse aux victimes le salut
du Parlement allemand.
Bruits de retraite du statthalter
Strasbourg, 25 novembre.
Le Landtag d'Alsace-Lorraine reprendra
ses séances le mardi 6 janvier.
Le bruit court, m:>is il convient de le si-
gnaler sous toutes réserves, que le statthal-
ter, M. le comte de Wedel, quitterait défini-
tivement son poste dans quelques mois.
Il aurait déjà retenu une villa à Berlin.
Le nouveau Cameroun
La Taegliche Rundschau apprend que des
négociations sont engagées entre la Compa-
gnie forestière Sangha-Oubanghi et le gouver-
nement allemand. La Compagnie forestière
et quelques autres Compagnies possèdent
dans l'ancien Congo français, sur 21 millions
d'hectares, des concessions d'une durée de
vingt à trente ans. Le gouvernement propose
aux Compagnies d'abroger ces concessions et
lui offre en échange des territoires en toute
propriété. Les Compagnies réclament 5 mil-
lions d'hectares comme dédommagement.
Armée et marine
Le nombre dé réservistes qui seront appe-
lés aux grandes manoeuvres eh 1914 dépas-
sera 600,000 hommes.
Les négociations continuent entre le mi-
nistre de la guerre et l'ingénieur Unger à,
propos de l'achat de son dirigeable, mais elles
n'ont pas encore abouti.
Pol tique étrangère
Il est exact que M. Kokovtzoff a parlé au
chancelier de la mission-militaire a Fernande
et de la ville turque dans laquelle cette mis-
sion résidera ; il est question d'Andrinople
ou de Constantinople. Aucune décision défi-
nitive n'a été prise, mais la mission préfére-
erait vivre dans la capitale. Le Berliner
Lokal Anzeiger se dit très étonné de cette in-
discrétion commise,prétend-il, par un diplo-
mate russe.
LA COUR E.T LA VILLE
L'Empereur, qui part demain pour Prim-
kenau et Donaueschingen, assistera le'5 dé-
cembre à Stuttgart, aux fêtes du centenaire
des dragons de la reine Olga et reviendra le
7 décambre à Potsdam. >
La princesse Cécile est partie de Dantzig
pour Berlin et assistera demain à la fête de
bienfaisance au profit des pauvres honteux.
La princesse partira ensuite pour Copenha-
gue où elle va rendre visite au Roi et à la
Reine.
L'ambassadeur d'Allemagne à Paris, M.
de Schoen, a été nommé colonel, à la suite du
second régiment de dragons de Hesse. Il était
lieutenant-colonel. - Ch. BONNEFON.
Figaro à Londres
La situation ministérielle
Londres, 25 novembre.
Depuis une semaine, le cabinet siège pres-
que tous les jours durant de longues heures,
li est, naturellement, impossible de connaî-
tre le résultat des discussions, qui ont cer-
tainement lieu dans la chambre historique
de Downing Street ; mais si on en juge par
l'aspect extérieur des ministres, et plus par-
ticulièrement de M. Asquith, plus souriant
et plus optimiste que jama s, les choses ne
vont pas si mal à l'intérieur du ministère
que veulent.le faire croir . les unionistes.
M. Asquith semble avoir l'intention de
mettre une fois de plus en pratique sa fa-
meuse formule « wait and see ». Le 25 oc-
tobre dernier, dans son discoure de Lady-
bank, il a fait savoir à l'opposition qu'il
attendait ses suggestions et qu'il était prêt à
causer amicalement avec les leaders conser-
vateurs de la question de l'Ulster. Depuis, il
ne s'est produit aucun fait nouveau. On va
donc attendre les événements et chaque
parti restera sur ses positions, arme au pied.
Il est donc probable que le premier minis-
tre, qui doit parler jeudi soir, à Leeds, re-
prendra le programme du Home Rule. Le
plus gros danger à l'horizon parlementaire
paraît être, en effet, non l'Irlande, mais le
prochain budget de l'Amirauté. M. Winston
Churchill est résolu à défendre, envers et
contre tous, les crédits de son département.
Déjà les radicaux extrémistes partent en
guerre contre le premier lord de l'Amirauté,
q'ui gagne chaque jour de nouvelles sympa-
thies dans les rangs Unionistes impérial
listes.
M. Winston Churchill a-t-il pour lui l'una-
nimité du cabinet? Voilà qui est fort dou-
teux et qui explique probablement lo nom-
bre inusité de conseils qui ont eu lieu ces
temps-ci à Downing Street.
L'affaire du collier
A qui reviendra la prime de 250,000 francs
promise à celui qui permettrait de retrouver
le colliér ?
Comme il manque encore trois perles, il
est question, d'abord, de réduire la récom-
pense à environ 200,000 francs. D'autre part,
MM. Quadrandstein et Braunstatter .se que-
rellent au sujet de la part qui doit revenir à
chacun d'eux.
Un homme de loi français est arrivé à
Londres pour agir dans l'intérêt de l'un
d'eux.
Enfin, il est question de donner une partie
de la récompense à l'ouvrier qui a ramassé
la plus grande partie du collier sur la
chaussée.
LA COUR ET LA VILLE
*, On annonce la mort de lord Barkeley
Paget dans sa soixante-dixième année. Il
était un des fils du second marquis d'An-
glesey et oncle du marquis actuel. - J. Cou-
DURIER. ?
I HO,-.c ^sollx. sO&arîASiiest
I D'Ottawa %n dement Information ve-
nant de New-York, d'après laquelle la du-
chesse de Connaught serait gravement iùk-
lade. ~ . ' -. . ?
Les journaux annoncent que là goélette
française Railleuse a coulé bas, cette nuit,
dans le canal de Bristol.
Les six hommes dont se composaient l'é-
quipage ont pu être sauvés et débarqués à
Newport.
L'éminent astronome, sir Robert Bail
est mort ce soir, à l'âge de soixante-treize ans.
II était directeur de l'observatoire de Cam-
bridge depuis 1892. Sir Robert Bail était Ir-
landais et était le fils d'un naturaliste , cé-
lèbre.
Amérique Latine
Au Mexique
Mexico, 25 novembre.
L'intervention américaine, que l'on annon-
çait il y a une quinzaine de jours comme
imminente, paraît maintenant définitivement
abandonnée. Les Américains qui sont ici n'y
croient plus eux-mêmes, et ils ont d'ailleurs
fait revenir leurs femmes et leurs enfants
qu'ils avaient envoyés à La Vera-Cruz. .
-La ville est calme, comme s'il n'y avait
nulle menace et aucune insurrection. M-
Huerta, accompagné seulement du chef de la
police et d'un ami, s'est rendu hier -aux
courses de taureaux. En complet gris, coiffé
d'un chapeau mou,-il comptait passer ina-
perçu, mais il fut vite reconnu et salué d'ac-
clamations enthousiastes.
Washington, 25 novembre.
Le contre-amiral Fletcher, à bord du
Rhode-Island, part ce matin pour Tampico.
On le laisse juge d'avoir ou non une entrevue
avec les constitutionnalistes.
La Vera-Cruz, 25 novembre.
M. Lind a reçu l'ordre d'accompagner le
contre-amiral Fletcher.
Washington, 25 novembre.
Le contre-amiral Fletcher télégraphie que
tout est- calme à Tuxpam.
Le général Aguilar a renouvelé ses assu-
rances qu'il ne sera pas touché aux exploita-
tions pétrolifères.
New-York, 25 novembre.
Le général Huerta a- télégraphié que le
gouvernement est maître de la région des
exploitations pétrolifères de Tamaulipas,
Tampico et Tuxpam, qu'il réprimera l'insur-
rection et que le récent échec des fédéraux
était sans grande importance.
AU MAROC
El Guebbas à Casablanca
Tanger, 25 novembre.
Une dépêche de Casablanca, 24 no-
vembre, annonce l'arrivée d'El Guebbas,
le nouveau grand vizir, dans cette ville,
où il a été salué par M. Laronce, consul
de France, au nom du général Lyaùtey,
par les consuls étrangers, les autorités
chérifiennes et dé nombreux officiers.
El Guebbas était accompagné de M.
Gaillard, consul de France, et de Ben
Ghabrit.
VIENT DISPARAITRE
A quelque parti qu'on appartienne, les
articles politiques de M. G.Clemenceau à
Y Homme Libre ont éveillé l'attention pu-
blique. Ils viennent de paraître à la librai-
rie Payot et Cie, Paris (i vol., 3 ff. 50.)"
LES OBSÈQUES
DE
M. Edouard Lockroy
Les obsèques de M. Edouard Lockroy,
ancien vite-président de la Chambre des
députés, ancien ministre de la marine,
ont eu lieu hier matin, à dix heures, au
milieu d'une grande affluence.
Le deuil était conduit par M. Georges
Victor-Hugo, beau-fils de M. Lockroy,
et par les petits-fils de Mme Lockroy,
MM. Charles Daudet, Jean Victor-Hugo,
François Victor-Hugo, ainsi que par
quelques intimes, l'amiral Darrieus, MM.
Georges Payelle, premier président de
la Cour des comptes ; Malapeyre, Edouard
Ignace, d'Auriac, Renekhoff, Gustave
Simon, etc.
Mme Poincaré, accompagnée du lieu-
tenant-colonel Aubert, représentant le
Président de la République, est venue
saluer la famille du défunt.
De superbes couronnes avaient été en-
voyées par le Conseil des ministres, le
ministre de la marine et la marine fran-
çaise, l'Association des journalistes ré-
publicains, dont M. Lockroy était pré-
sident honoraire; le Syndicat de la
presse maritime, dont il était le prési-
dent; le comité Lockroy.le journal Le
Temps, la Dépêche de Toulouse, la Li-
gue franco-italienne, la Fédération des
mécaniciens, chauffeurs, électriciens des
Chemins de fer, etc., etc.
Remarqué dans l'assistance ;
M. Barthou, président du Conseil; M. An-
tonin Dubost, président du Sénat; le prési-
dent de la Chambre et Mme Paul Deschanel,
le ministre dès affaires étrangères et Mme
; Pichon, le ministre dé l'intérieur et Mme
L.-L. Klotz, M. Antony Ratier, ministre de
la justice ; M. Baudin, ministre de la marine;
M. Loubet, M. Fallières, M. Lopin, représen-
tant le ministre du commerce et de l'indus-
trie ; le ministre de Serbie et Mme Vesnitch,
M. Camille Krantz, ancien ministre; M. et
Mme Henri Lozé, M. Charles Dupuy, M. Ga-
briel Hanotaux, M.Georges Leygues, M. et Mme
Henry Roujon, M. J. Méline, M. Hennion, pré-
fet de police; général ët Mme Rouvier, M. Pal-
lain, gouverneur de la Banque de France; vice-
amiral Le Bris, vice-amiral Besson, vice-ami-
ral d'Abmour, M. Lépine,. M. de Selves, M.
Chaumet, M. Messimy, M.G. Privat-Deschanel,
amiral Guillau, M, Chassaigne-Goyon, prési-
dent du Conseil municipal ; amiral Cros, M.
Adrien Hébrard, vice-amiral Arago, M. et
Mme Jules Claretie, M. et Mme Albert Cle-
menceau, amiral Ch. Poidloue, baron M. de
Gunzburg, baron A. d'Aymery, M. Maurice
Quentin, président du Conseil général ; vice-
amiral Fournier, M. Joseph Reinach, Mme
Paul de Saint-Victor, M. et Mme Derain, M.
Michel Ménard, général Môrdrelle, M. Paul
Strauss, M. Fernand Devise, vice-amiral Le
Brun,'M. Ernest Dupuy,- M. Maurice Sarraut,
M. Ernest Bloch, vice-amiral de Jonquières,
M. E. Cauvin, M. R. Allain-Targé, M. E.
Allain-Targé, M. Jules Simon, vice-amiral et
Mme Bienaimé, M. Camille Sée, vice-amiral
Germinet, MM. Charles-Roux, René Renoult,
Ri-voil, Léon Savoyé, Edouard Julia, Léon
Hennique, Porel ;
M. Paul Ollendorff, M. et Mme Alphonse
Lazard, M. Jaéques Hébrard, M. et Mme Gus-
tave Rivet, M. Achille Maureau, 'M. et Mme
J. Girard, comte et' comtesse de Vauvineux.
M. C. Coletti, Mlles Gustave Dreyfus, M.
Adolphe. Aderer, capitaine Spuller, capitaine
i Gi-Ttiisne, Mv^R. Raquent, M. Charles Nof-
' berg, MM« Léopoldièt Henri Goir'and.'M. Mau '
|rica Gaussoi-gues, M. -Louis Guichar J, M» et-
iMme Pierre i?èe, Tieiitanant-côlonel Rolin.
capitaine de frégate Fàtou, baron Raiberti,
M. Poirrier, docteur Charcot, M. Henry Paté,
Mme Henriette de La Porte, M. Camille
Le. Senne, M. et Mme Paul Goldsclimidt,
M. Louis Le Gall, M. et Mme Emile Strauss,
M. Paul Simon, Mme Juliette Massenet,
M. et Mme Armand Dayot, M. Guicliard,
Mme Roi, M. J. Bloch-Ollendorff, M. et
Mme de Saint-Sauveur, MM. Jean et Pierre
Simon, M. Ernest Dupuy, M. Georges Co-
chery, M. Andrieux, M. et Mme Helleu,
M. Cosnard, M. et Mme Lazare Weiller, M.
L. Puech, Mme Paul Calmann-Lévy, M.
Paul Ginisty, M. et Mme Gérard Molina,
capitaine de frégate Champeaux. M. et Mme
Gaston Thomson, M. Edouard Picard, Mme
Brunet, docteur Molina, M. et Mme Emile
Blémont, docteur P. Naquet, M. Paul De-
gouy, etc.
Le départ du cortège du domicile mor-
tuaire a-eu lieu à dix heures un quart,
dans l'ordre suivant:
Après les personnes conduisant le
deuil : le président de la Chambre des
députés, le ministre de la marine, le
lieutenant-colonel Aubert, attaché à la
Présidence de la ^République; lès repré-
sentants, des ministres, les officiers gé-
néraux, les officiers. Une dé égation du
comité du Syndicat de la presse mari-
time, le directeur et une délégation du
comité de la Ligue maritime française,
le président et une délégation de la Fé-
dération des mécaniciens-chauffeurs-
électriciens, etc., et, par l'avenue du
Bois-de-Boulogne, les Champs-Elysées,
la rue de Rivoli, la rue de la Roquette, a
gagné le cimetière du Père-Lachaise où
l'inhumation a eu lieu dans la sépulture
de famille.
M. Paul. Deschanel, président de la
Chambre des députés, a pris le premier
la parole..Il a rappelé les diverses phases
de la vie de M. Lockroy surtout comme
homme politique et il continua en disant
qu'Edouard Lockroy était un homme vif,
ardent, tout nerfs, tout esprit. II avait ma-
nié le pinceau, l'épée, la plume. Il avait
couru droit aux grandes choses : l'art, la
liberté, la science Deux idées ont dominé
sa vie: l'organisation de la démocratie et
la grandeur française, idées connexes, car
la condition de la grandeur française est
la paix sociale qui n'est possible que pour
la fraternité. U s'indignait de tout ce qui
pouvait affaiblir la patrie. Et aussi le
génie de la France inspirait l'écrivain.
Relisez le Journal de son arrière-grand'-
mère, petit chef-d'oeuvre d'observation et de
grâce ; ses pages colorées sur la Sicile et ce
portrait de Garibaldi, qu'on ne peut oublier
une fois qu'on l'a vu ; son voyage en Syrie,
qui fait songer à Fromentin ; ses Souvenirs,
que le l'emps publiait naguère : toujours il
parle une langue claire, saine, sobre, bien
française, comme lui.
Rappelez-vous la page mélancolique de ce
dernier livre, où il conte qu'au soir de sa vie
il est retourné dans une petite auberge près
de Port-Royal, où il allait au temps de sa
jeunesse...
Et il termine ainsi :
Qu'importe que la maison soit détruite et
que les tombes même ne soient plus que
poussière si, de telles vies, sort le rayon
de la pensée française, immortel comme la
nature et toujours plus pénétrant, comme la
justice ?
M. Pierre Baudin, ministre de la ma-
rine, prend la parole au nom du gouver-
nement :
C'est, dit-il,aux souvenirs et aux archives du
ministère de la marine qu'il faut se référer si
l'on veut mesurer toute sa valeur d'homme
d'Etat et d'organisateur.
Son esprit possédait une facilite d'intuition
très rare. M. Jules Claretie, son ami de tou-
jours, nous a fait part, dans une préface, de
ce trait que, dès 1870, Lockroy, roulant vers
la frontière, parlait du rôle de la marine
dans les guerres modernes.
Il a été trois fois ministre de la marine :
dans le ministère Léon Bourgeois de 1895,
dans: le ministère Brisson en 1898, et dans le
ministère Dupuy à la fin de la même année.
Son administration a été marquée par des
décisions importantes et des réformes que. le
temps a consolidées.
C'est lui qui a commencé l'effort de réorga-
nisation de la maride. II a voulu la renou-
nel'er ëntièrement pour la mettre au niveau
des découvertes scientifiques et des arme-
ments modernes. Il a été le premier à rom-
pre résolument et énergiquement avec les
errements anciens dans lesquels s'obstinaient
des esprits attardés.
Son oeuvre à la marine a toujours été bien-
faisante. Elle s'est toujours inspirée d'une
pensée directe et objective qui lui fait lo plus
grand honneur.
Et le ministre de la marine termine
ainsi : -
Messieurs, la République perd aujourd'hui
un des hommes qui l'ont le mieux servie. Au
nom du gouvernement, je salue dans un sen-
timent de reconnaissance, de pieux respect
et d'admiration, la dépouille morteile d'E-
douard Lockroy. *
M.Jules Claretie a surtout parlé de
l'homme exquis que fut Edouard Lock-j-
roy, .de l'excellent journaliste, de l'ami
sûr et dévoué qu'il resta au pouvoir
comme.dans la retraite, de l'incompara-
ble causeur.de l'improvisateur d'articles '
décisifs et de l'admirable travailleur.
Puis viennent les discours de M. Paul
Strauss, sénateur, président de l'Asso-
ciation professionnelle des journalistës
républicains, et de M. Herblot, président
de la Fédération des mécaniciens-chauf-
feurs-électriciens.
E. Delaroche.
kE THÉÂTRE CHEZ SOI
Cette question du « théâtre chez; soi »,
que j'ai traitée dans mon article du
7 novembre, a vivement intéressé la
plupart des abonnés au téléphone. Elle
constitue un joli progrès, un de ces pro-
grès qui entrent rapidement dans les
moeurs, parce qu'ils augmentent notre
bien-être et ajoutent de l'agrément au
plaisir de vivre.
Est-on fatigué, maussade, ennuyé par
les affaires ou par un vilain soir de pluie,
on décroche le récepteur : « Allo ! Allô !..:
Donnez-moi l'Opéra, l'Opéra-Comique, la
Comédie-Française, la Galté-Lyrique, »
que sais-je? Et l'on écoute, on entend la
pièce complète, si on le désire, ou le mor-
ceau préféré, l'artiste aimé. On ferme les
yeux, on s'isole en soi-même et forcé-
ment, lorsqu'il s'agit d'une oeuvre con-
nue, on revoit la scène, les personna-
ges, les décors... toute la pièce. Gela, les
pieds sur les chenêts en fumant un ci-
gare , en dégustant le petit verre de li-
queur. C'estexquis ! Si l'on songe qu'en
moyenne ce luxe peut revenir à un franc
dix par jour...
Et lorsqu'on est malade, obligé de
garder le lit, la chambre, quelle distrac-
tion, quel soulagement ! La chose est si
vraie que les journaux illustrés repro-
duisaient, il y a quelques jours, des pho-
tographies prises à Londres : « Les ser-
mons par téléphone dans les hôpitaux
de. Londres ; ». . Des malades, ' assis' sur
leur lit, les récepteurs aux oreilles, écou-
tent avidement.
Quantité de grands hôtels se sont
adressés à la Société des Auditions Elec-
triques et du Théâtrophone (23, rue
Louis-le-Grand, à Paris) pour faire ins-
taller des appareils dans le# plus belles
chambres : c'est, en effet, ajouter à tout
le confort que les riches étrangers qui
traversent Paris sont habitués à ren-
contrer chez nous, une distraction et uu
agrément de tout premier ordre. Cela à
la suite de mon article car, depuis cette
époque, beaucoup de voyageurs deman-
lent un appartement avec « théâtro-
phone ». Plaisir pour les uns, recettes
pour les autres : j'ai la satisfaction d'a-
voir fait oeuvre utile.
Il est intéressant de répéter qu'il suffit
de quelques heures pour faire, sans que
le moindre dégât soit à redouter, les
instal ations nécessaires. Pour les per-
sonnes n'ayant pas le téléphone ou pour
les riches particuliers, on peut recourir
au fil spécial ; dans ce cas l'augmenta-
tion de prix est compensée par l'agré-
ment d'avoir constamment plusieurs
postes d'audition à sa disposition - ce
qui permet d'inviter des amis. - G. L.
La Presse de ce matin
Le Journal officiel publie ce matin :
Un mouvement dans lés eaux et forêts.
Un décret aux termes duquel M. Fighiera,
sous-directeur au ministère du commerce et de
l'industrie, est nommé délégué du gouvernement
à l'Exposition internationale de l'industrie du
livre et des arts graphiques de .Leipzig en 1914.
U Action française :
Incident au Congrès.
La séance d'ouverture du congrès do l'Action
française avait lieu hier soir, à la salle des
Sociétés savantes.
Dès le début, un gros incident a créé une émo-
tion intense. Alors que tous les chefs du groupe-
mont royaliste étaient déjà sur l'estrade, cinq
commissaires des Camelots du Roi vinrent y dé-
poser, menottes aux mains et les pieds enchaî-
nés, le nommé Jean-Conrad Müller, convaincu
d'être depuis son entrée aux Camelots du Roi,
indicateur actif do la Préfecture de police. Mill-
ier venait d'être arrêté dans la salle par le ser-
vice des renseignements des Camelots du Roi.
Les camelots du Roi avaient, il y a quelques
jours, nommé Muller commissaire d'une de leurs
équipes. Pour l'éprouver on lui proposa de
prendre part à une expédition soi-disant desti-
née au bris de la statuo de Waldeck-Rousseau,
aux Tuileries.
Le soir même Muller, tombant dans le piège,
téléphona cette nouvelle à la préfecture de
police.
L'Echo de Paris :
L'emprunt.
D'une interview de M. Aimond, rappor-
teur général du budget au Sénat, par M. Mar-
cel Hutin.
- La vérité toute nue est que l'impôt sur la
rente est à la fois une erreur économique et une
erreur nationale... Uue menace à ternie sur le
coupon équivaut à une menace au comptant 1 II
faut que M. Barthou reste intraitable sur ce
point !
L'Humanité, de M. Jean Jaurès :
Les incidents de Saverne.
Si le gouvernement allemand a quelque clair-
voyance et quelque souci de l'avenir dé l'Eu-
rope, il montrera qu'il a compris la leçon des
événements, et les événements signifient à tous
que la conscience des Alsaciens-Lorrains ne se
laissera point forcer par la violence.
Autant le peuple d'Alsace-Lorraine est résolu
à écarter tout ce qui pourrait troubler la-paix,
autant il est décide à jouer entre la France et
l'Allemagne un rôle de conciliation et de modé-
ration, autant aussi il a le sentiment vif de sa
dignité, la fierté de ses souvenirs, le souci pas-
sionné de son libre développement. Et ceux qui
le brutalisent commettent la pire maladresse.
LE FIGARO - MERCREDI 26 NOVEIVIBREM913
ment qui est, dû à M. Théodore Reinach
et qui est ainsi conçu :
Les rentes nouvelles seront, comme les
rentes actuellement existantes, exemptées de
tous droits de timbre et de transmission;
elles pourront être affectées aux mêmes em-
plois et remplois que celles-ci. Elles ne
pourront jamais être frappées d'un impôt sur
le coupon, le remboursement ou la prime
supérieure à l'impôt sur le revenu que sup-
portent les valeurs mobilières françaises no-
minatives. Elles seront, pendant dix ans, à
partir de leur création* exemptées de tout
impôt de ce genre.
Nous serons fixés aujourd'hui sur l'en-
semble de ces transactions.
Én tout état de cause le- débat com-
mence demain. On annonce que M.
Jaurès déposera une motion préjudicielle
tendant à l'ajournement de l'emprunt
jusqu'à la revision complète des dépen-
ses (militaires) auxquelles l'emprunt
doit faire face.
Enfin MM. Brousse et Chalamel de
manderont que le chiffre de l'émission
soit porté à 1,675 millions.
***
Gn s'est également beaucoup occupé
de l'emprunt au Sénat, qui a élu hier sa
commission des finances. '
En principe, les sénateurs sont favo-
rables à l'emprunt, mais ils estiment
qu'il doit être plus large et présenter
vraiment le caractère d'une opération de
liquidation.
Dans ces conditions, ils ne verraient
aucun inconvénient à ce que le chiffre
de l'emprunt soit majoré et porté à un
milliard et demi:
Mais d'assez vives critiques se sont
produites au sujet des 400 millions du
Maroc.
Dans le septième bureau, notamment,
MM. Aimond et Milliès-Lacroix se sont
vivement élevés contre un procédé finan-
cier qui tend à faire payer par l'emprunt
des dépenses auxquelles il a été pourvu
dans les budgets de 1912 et 1913. C'est le
compte provisionnel qui a surtout été
l'objet de vives attaques. On réclame de
toute part sa disparition et on veut un
budget sincèrement écrit ou aucune dé-
pense né soit dissimulée.
L'élection des commissaires s'est faite
sur ces bases.
Sont élus : MM- Touron, Amie, Bar-
bier, Dupont, Gervais, de Selves, Cachet,
Develle, Jénouvrier, Doumer, Lucien
Hubert, Peytral, P. Dreyfus, Antoine
Perrier, Gauthier (de l'Aude), Gérard,
Lourties, Aimond, Couyba, Milliès-La-
croix, Chastenet, Chautemps, Lintilhac,
Ribot, Bienvenu-Martin et Bérard.
La majorité de la nouvelle commission
est favorable à l'immunité de la rente.
Ajoutons qu'au huitième bureau M.
Charles Humbert a fait une déclaration
très nette au sujet des dépenses extraor-
dinaires à prévoir dans l'intérêt de la dé-
fense nationale. II a demandé que le re-
présentant du bureau à la commission
des finances s'engage à réclamer éner-
giquement la discussion, dans le plus
bref délai, du projet de loi sur les soldes
des officiers et sous-officiers. C'est là,
a-Wl ajouté, une question vitale pour
l'armée.
De plus, il importe aussi de donner
aux troupes les moyens do s'iDstruire,
champs de tir et champs de manoeuvre,
qui n'existent/ actuellement qu'en éten-
due-et en nombre tout à fait insuffisants,
et enfin des crédits considérables sont
d'une nécessité immédiate pour l'aug-
mentation, la réfection ou la rénovation
du matériel de toute nature de l'armée.
Refuser cet effort financier, ou seule-
ment le différer plus longtemps, équi-
vaudrait à rendre inutile l'énorme sa-
crifice que s'est imposé le pays en
acceptant lo rétablissement du service
de trois ans.
Les déclarations de M. Ch. Humbert
ont été vivement approuvées.
Auguste Avril.
LES AFFAIRES D'ORIENT
La Bulgarie et l'Autriche
Sofia, 25 novembre.
Les leaders de l'opposition laissent
transpirer les craintes que l'avenir de
la Bulgarie n'ait été engagé par un traité
signé par M. Ghennadieff, à Vienne.
Une déclaration de M. Radoslavoff
Berlin, 25 novembre.
Le premier acte de la nouvelle Cham-
bre bulgare, déclare M. Radoslavoff, au
Berliner Taqeblatt, sera la mise en accu-
sation de M. Daneff; il a ajouté que
les bruits courant sur une révolution et
l'abdication du roi Ferdinand sont des
inventions malveillantes des adversaires
russophiles du ministère - Ch. BONNE-
FON.
A propos d'une arrestation
Constantinople, 25 novembre.
On confirme que l'ambassadeur de
Russie a exigé qu'on lui livrât le prison-
nier turc Kavakly Mustapha, arrêté à
bord d'un navire russe. L'ambassadeur
a exigé aussi la révocation du préfet de
police Azmid bey, responsable delà su-
percherie dont le consul de Russie a été
la victime.
La Cour roumaine
Bucarest, 25 novembre.
La Cour royale est rentrée à Buca-
rest.
De nombreux habitants stationnaient
sur le parcours de la gare au palais et
ont acclamé les souverains.
Journaux suspendus
Constantinople, 25 novembre.
A la suite dé la suspension de sept
journaux paraissant à Constantinople
en langue grecque, une réunion extraor-
dinaire du Saint-Synode et du conseil
mixte du patriarcat oecuménique a dési-
gné une délégation qui s'est rendue en-
suiteauprès du ministre de la justice pour
protester contre cette mesure. La délé-
gation s'est rendue ensuite auprès du
ministre de l intérieur, qui a répondu
que la mesure de suspension avait été
prise par l'autorité militaire, mais qu'il
interviendrait pour obtenir qu'elle fût
rapportée.
La délégation est allée enfin auprès du
grand vizir, qui lui a répondu que la
mesure en question avait été prise à
cause de la publication d'articles ten-
dancieux et que le patriarcat, en défen-
dant la cause de ces journaux, semblait
s'associer implicitement aux idées de ces
journaux.
Le journal arménien Adazamar a été
également suspendu.
Déclarations du roi de'Bulgarie
Le roi de Bulgarie a reçu, hier, à Vienne,
un correspondant du Herald, auquel il a dit :
- C'est avec plaisir que je m'entretiens avec
le correspondant d'un journal américain, parce
que je suis partisan de ces principes chers à
tous les Américains d.'esprit cultivé, qui sont le
progrès et la marche en avant des nations. ,
Quant aux bruits ayant, trait au désir que j'au-
rais d'abdiquer le trône de Bulgarie, je ne puis
en-vérité concevoir où' ils ont pris naissance.
Nul plus que les Bulgares ne s'étonne de ces
rumeurs et le roi de .Bulgarie en est plus que
tout autre surpris.
Peut-on s'imaginer que je sois ici au loin, à
Ebenthal, chassant, comme je 1e faisais ces
jours derniers, alors que je serais sous la me-
nace d'événements ayant la gravité qu'on leur
attribue. Je fais, en ce moment, très exacte-
ment ce que je fais tous les ans, depuis long-
temps ; je chasse sur les tirés de mon frère. Je
suis venu à Cobourg revoir les tombes do mes
aïeux et, mon séjour terminé, je rentrerai à Sofia,
sans avoir jamais songé que je puisse rencon-
trer là-bas la moindre difficulté.
Au cours d'un règne qui dure depuis trente
ans déjà, il se peut que par moments j'ai songé
à abandonner la lourde tâche de tenir les rênes
du gouvernement. Mais, tel n'est point le cas,
certes, en ce moment où mon pays, plus qu'à
tout autre tournant de son histoire, a besoin du
secours de mon expérience.
Ne croyez pas un instant qu'il existe en Bul-
garie un parti hostile à la dynastie. Sans doute,
dans l'ardeur de la présente campagne électo-
rale, on peut entendre quelques paroles dures,
mais c'est bien tout. Les Bulgares sont un peuple
calme et raisonnable, peu enclin à l'enthou-
siasme. Cet enthousiasme, je ne l'attends pas de
leur part, mais les esprits ne sont pas mal dis-
posés. Ces nouvelles dénuées de bon sens ne
viennent pas de Sofia ; elles ont été inventées
hors de Bulgarie.
A l'Etranger
L'amiral de Lapeyrère
à Constantinople
Constantinople, 25 novembre.
Hier soir, à sept heures, l'amiral Boué de
Lapeyrère, l'ambassadeur de France et leurs
suites, se sont rendus au palais dans des voi-
tures de la cour. Ils ont été reçus par le
maître des cérémonies dans le grand salon.
Après s'être reposés quelques instants, l'a-
miral Boué de Lapeyrère, M. Bompard et le
contre-amiral Nicol ont été introduits auprès
du Sultan. L'ambassadeur de France a fait
les présentations.
Vers huit heures, le Sultan, suivi de ses
hôtes, a pénétré dans la salle du banquet.
Le Sultan avait, à sa droite, l'ambassadeur
de France ; à sa gauche, l'amiral Boué de
Lapeyrère, et, en face de lui, le prince héri-
tier, qui avait à ses côtés le grand vizir et le
ministre de la guerre.
Assistaient à ce banquet les officiers de la
suite de l'amiral et du stationnaire français,
ainsi que le personnel de l'ambassade et tous
les ministres.
Le colonel Djemal bey, le général Bau-
mann et les officiers français chargés de la
réorganisation de la gendarmerie ottomane,
ainsi que d'autres personnalités civiles et mi-
litaires, assistaient également au banquet.
Le Sultan a conféré les décorations sui-
vante : le grand cordon de l'Osmanié au vice-
amiral Boué de Lapeyrère; le grand cordon
du Medjidié, au contre-amiral Nicol ; la
deuxième classe du Medjidié, aux capitaines-
de vaisseau Mettez, Delafon, de La Tàste,
Sagot, du Vauroux et Morier ; la troisième
'classe de l'Osmanié, aux capitaines de fré-
gate Jolivet, Guénin, Delahet et à l'ingénieur
principal Gervais; la troisième classe du
Medjidié au médecin Fernandez, la qua-
trième classe de l'Osmanié au mécanicien
principal Ayule est aux lieutenants de vais-
seau Richard, Durand et Viel ; la quatrième
classe du Medjidié à l'enseigne de vaisseau
Michelîer.
Ce soir, à huit heures, a eu lieu un grand
dîner officiel à l'ambassade de France, en
l'honneur de l'amiral Boué de Lapeyrère. Y
assistaient : le grand vizir, les ministres,
quelques anciens ministres, le premier cham-
bellan, le premier secrétaire, le grand maître
des cérémonies du Sultan et les autres hauts
fonctionnaires civils et militaires du palais.
A onze heures, ce soir l'amiral partira avec
l'ambassadeur et Mme Bompard pour visiter
l'escadre ancrée à Hourla, près de Smyrne.
Le Tanine, dans un éditorial, fait remar-
quer que les marques de respect témoignées
à l'amiral Boué de Lapeyrère, dans tous les
milieux de Constantinople, dépassent les
limites de la simple courtoisie ; la visite
de l'amiral français a été une nouvelle occa-
sion de manifester l'amitié traditionnelle qui
a toujours existée entre la France et la Tur-
quie.
Après avoir souhaité la bienvenue à l'ami-
ral, le Tanine ajoute que le peuple français,
par sa langue, sa civilisation, sa culture" in-
tellectuelle et sa littérature, a rendu de nom-
breux services à la Turquie.
L'arrivée de la flotte française à Constanti-
nople, dit le journal, marque une nouvelle phase
dans les relations turco-françaises. Nous avons,
avec la France, deux sortes de relations ami-
cales ; d'un côté, une amitié stable et perma-
nente, et, d'un autre côté, des rapports influen-
cés par les circonstances.
La politique française prend peu à peu, à
l'heure actuelle, une tournure plus favorable à
la Turquie. Malgré son attachement à la Grèce,
la France s'oriente, dans la question des îles de
la mer Egée, du côté de la Russie et de l'Angle-
terre. Ce revirement mérite notre reconnaissance,
conclut le Tanine, et nous souhaitons qu'il con-
tinue.
Alliances et amitiés
Rome, 25 novembre.
Parlant de la visite de l'archiduc Ferdi-
nand à Londres, le Giornale d'Italia en tire la
conclusion que le système d'alliances actuel
comporte de bons rapports et des ententes
entre les puissances de la Triplice et de la
Triple Entente. Le journal ajoute- :
Il reste entendu que l'Italie se réserve, comme
l'Autriche, une certaine liberté d'action et que
les journaux autrichiens ne devraient pas se
plaindre si, par exemple, ils entendaient parler
d'une identité de vues avec la Russie sur des
questions particulières.
Un officier allemand accusé
de meurtre
Metz, 25 novembre.
Les débats du procès intenté au lieutenant
Tiegs, du 16e régiment d'artillerie à pied, en
garnison à Thionville, ac ;usé d'avoir com-
mis, le 28'septembre, une tentative de meur-
tre sur la personne de l'enseigne Foerster, du
même régiment, ont commencé ce matin de-
vant le conseil de guerre de la 31° division.
Deux médecins -, majors comparaissent
comme experts, ët il y a vingt-cinq témoins.
Sur la demande du commissaire du gou-
vernement, le huis clos a été prononcé dès
l'ouverture de l'audience, parce que la pu-
blicité des débats a été considérée comme
pouvant nuire aux intérêts du service mi-
litaire.
Ou prévoit que les débats dureront deux
jours.
D'après les renseignements qu'on a pu se
procurer, le lieutenant Tiegs nie avoir attiré
l'enseigne Foerster dans sa chambre pour le
supprimer ; il soutient que Foerster s'est
blessé par imprudence.
Il paraît, au contraire, que Foerster, peu
de temps avant sa mort, a parlé avec une
profonde affliction de l'acte de Tiegs et s'est
creusé continuellement l'esprit afin de dé-
couvrir les motifs pour lesquels le lieutenant
Tiegs avait tiré sur lui.
Trois socialistes au Sénat italien
Rome, 25 novembre.
. La presse souligne l'entrée au. Sénat de
trois socialistes, MM. Délia Torre, Catti et
Pulle.
Ils voient dans cette triple nomination la
preuve que le gouvernement, a voulu mon-
trer qu'il, tenait compte des éléments nou-
veaux envoyés à la Chambre par le suffrage
universel.
Le a Jeanne-d'Arc »
dans l'Afrique du Sud
Le Cap, 25 novembre, ù
Le croiseur-école français Jeanne-d'Arc est
arrivé dernièrement au Cap ; l'équipage du
navire a reçu, à Durban, un accueil des plus
cordiaux.
Le commandant Grasset est allé, accom-
pagné des autres officiers du bord, à Johan-
nesburg, où la population a fait aux marins
une chaleureuse ovation.
Les marins français ont visité Prétoria.
Les officiers, accompagnés du consul gé-
néral de France, ont rendu visite à lord
Gladstone, gouverneur général de l'Afrique
du Sud.
Une réception a eu lieu, hier soir, chez le
consul général de France.
COURTES DÉPÊCHES
- Une dépêche de Cadix à El Mundo, dit
qu'une compagnie allemande prendrait à
ferme les chantiers de construction navale
et que les études préliminaires seraient déjà
faites.
- Vingt mille ouvriers de Varsovie se
sont mis en grève.
- D'après une dépêche de Budapest au
Lokal-Anzeiger, M. Kossuth, chef de 1 opposi-
tion hongroise, qui est âgé de soixante-douze
ans, vient de se fiancer avec la veuve du
comte Benyovzky.
- Dans l'affaire d'espionnage de Genève,
le Conseil fédéral, se basant sur un article
de la Constitution édérale, a prononcé l'ev-
Eulsion du territoire suisse des nommés
arguier, Menezzi et Rosetti.
Figaro en Allemagne
Les incidents de Saverne
Berlin, 25 novembre. ,£
Les incidents de Saverne sont déjà portée
devant le Reichstag, qui est rentré aujour-
d'hui ; le député progressiste Roeser a déposé
une interpellation sur les « déclarations d'un
officier à, Saverne et les incidents qu'elles
ont provoqué ».
D'autre part, les déqutés alsaciens-lorrainl
ont dépose une interpellation ainsi conçue :
Le chancelier de l'Empire sait-il que, à Sa-,
verne, un officier du 99° régiment a usé à l'égard
des soldats alsaciens - lorrains d'expressions
excessivement offensantes et blessantes au plus
haut point pour les sentiments de toute la po-
pulation, sans que les autorités militaires aient
pris soin de punir suffisamment cette faute ? Que
compte faire le' chancelier pour protéger les
soldats alsaciens-lorrains contre de telles in-
sultes et toute la population d'Alsace-Lorraine
contre de telles provocations ?
Aucune date n'est encore fixée pour la dis-
cussion de ces interpellations.
Strasbourg, 25 novembre..
Le sergent Baillet, qui a été mis en liberté,
a refusé d'aller à Neuf-Brisach, où on voulait
l'envoyer en garnison, et a donné sa démis-
Dans les garnisons de la Haute-Alsace, les
soldats ont reçu l'ordre de signaler à leurs
Supérieurs toute. offense qui sérait faite. au
pays dont ils sont originaires et d'éviter ab-
solument de saisir la presse des cas qui
pourraient se produire.
La fraction du centre alsacien-lorrain a
voté la résolution suivante :
La fraction centriste du Landtag d'Alsace-
Lorraine, dans sa réunion d'hier, a pris position
do la façon la plus énergique dans la question
de l'incident do Saverne. Elle a protesté contre
les offenses au peuple alsacien-lorrain et contre
la manière dont les autorités ont traité lo cas.
Ello aura soin de mettre ce cas dans sa vraie
lumière, au cours de la prochaine session du
Landtag.
Rentrée du Reichstag
Le Reichstag a repris aujourd'hui ses tra-
vaux.
L'ordre du jour porte lecture des rapports
des commissions sur les pétitions présentées
et dont certaines, en particulier, sont rela-
tives au droit de vote des femmes pour les
élections au Reichstag, la protection contre
le boycottage, les faits de grève, etc.
Demain, doivent commencer les débats sur
le nouveau projet de loi relatif à l'espion-
nage, mais il y a de nombreuses interpella-
tions déposées, parmi lesquelles celles des
socialistes sur l'exclusion du député Liebk-
necht de la commission d'examen de livrai-
son des armements, le chômage et les assu-
rances aux chômeurs.
Dans les couloirs, les députés alsaciens,
très entourés, commentent les incidents de.
Saverne.
Les députés sont assez nombreux à leurs
bancs. M. Kaempf ouvre la séance à deux
heures et quart'. Il prononce, devant les
députés: debout, l'éloge funèbre des cinq dé-
putés morts pendant les vacances, parmi
lesquels le comte Kalitz et Bebel.
Les députés se lèvent à nouveau quand le
président, rappelant la dernière catastrophe
du Zeppelin, adresse aux victimes le salut
du Parlement allemand.
Bruits de retraite du statthalter
Strasbourg, 25 novembre.
Le Landtag d'Alsace-Lorraine reprendra
ses séances le mardi 6 janvier.
Le bruit court, m:>is il convient de le si-
gnaler sous toutes réserves, que le statthal-
ter, M. le comte de Wedel, quitterait défini-
tivement son poste dans quelques mois.
Il aurait déjà retenu une villa à Berlin.
Le nouveau Cameroun
La Taegliche Rundschau apprend que des
négociations sont engagées entre la Compa-
gnie forestière Sangha-Oubanghi et le gouver-
nement allemand. La Compagnie forestière
et quelques autres Compagnies possèdent
dans l'ancien Congo français, sur 21 millions
d'hectares, des concessions d'une durée de
vingt à trente ans. Le gouvernement propose
aux Compagnies d'abroger ces concessions et
lui offre en échange des territoires en toute
propriété. Les Compagnies réclament 5 mil-
lions d'hectares comme dédommagement.
Armée et marine
Le nombre dé réservistes qui seront appe-
lés aux grandes manoeuvres eh 1914 dépas-
sera 600,000 hommes.
Les négociations continuent entre le mi-
nistre de la guerre et l'ingénieur Unger à,
propos de l'achat de son dirigeable, mais elles
n'ont pas encore abouti.
Pol tique étrangère
Il est exact que M. Kokovtzoff a parlé au
chancelier de la mission-militaire a Fernande
et de la ville turque dans laquelle cette mis-
sion résidera ; il est question d'Andrinople
ou de Constantinople. Aucune décision défi-
nitive n'a été prise, mais la mission préfére-
erait vivre dans la capitale. Le Berliner
Lokal Anzeiger se dit très étonné de cette in-
discrétion commise,prétend-il, par un diplo-
mate russe.
LA COUR E.T LA VILLE
L'Empereur, qui part demain pour Prim-
kenau et Donaueschingen, assistera le'5 dé-
cembre à Stuttgart, aux fêtes du centenaire
des dragons de la reine Olga et reviendra le
7 décambre à Potsdam. >
La princesse Cécile est partie de Dantzig
pour Berlin et assistera demain à la fête de
bienfaisance au profit des pauvres honteux.
La princesse partira ensuite pour Copenha-
gue où elle va rendre visite au Roi et à la
Reine.
L'ambassadeur d'Allemagne à Paris, M.
de Schoen, a été nommé colonel, à la suite du
second régiment de dragons de Hesse. Il était
lieutenant-colonel. - Ch. BONNEFON.
Figaro à Londres
La situation ministérielle
Londres, 25 novembre.
Depuis une semaine, le cabinet siège pres-
que tous les jours durant de longues heures,
li est, naturellement, impossible de connaî-
tre le résultat des discussions, qui ont cer-
tainement lieu dans la chambre historique
de Downing Street ; mais si on en juge par
l'aspect extérieur des ministres, et plus par-
ticulièrement de M. Asquith, plus souriant
et plus optimiste que jama s, les choses ne
vont pas si mal à l'intérieur du ministère
que veulent.le faire croir . les unionistes.
M. Asquith semble avoir l'intention de
mettre une fois de plus en pratique sa fa-
meuse formule « wait and see ». Le 25 oc-
tobre dernier, dans son discoure de Lady-
bank, il a fait savoir à l'opposition qu'il
attendait ses suggestions et qu'il était prêt à
causer amicalement avec les leaders conser-
vateurs de la question de l'Ulster. Depuis, il
ne s'est produit aucun fait nouveau. On va
donc attendre les événements et chaque
parti restera sur ses positions, arme au pied.
Il est donc probable que le premier minis-
tre, qui doit parler jeudi soir, à Leeds, re-
prendra le programme du Home Rule. Le
plus gros danger à l'horizon parlementaire
paraît être, en effet, non l'Irlande, mais le
prochain budget de l'Amirauté. M. Winston
Churchill est résolu à défendre, envers et
contre tous, les crédits de son département.
Déjà les radicaux extrémistes partent en
guerre contre le premier lord de l'Amirauté,
q'ui gagne chaque jour de nouvelles sympa-
thies dans les rangs Unionistes impérial
listes.
M. Winston Churchill a-t-il pour lui l'una-
nimité du cabinet? Voilà qui est fort dou-
teux et qui explique probablement lo nom-
bre inusité de conseils qui ont eu lieu ces
temps-ci à Downing Street.
L'affaire du collier
A qui reviendra la prime de 250,000 francs
promise à celui qui permettrait de retrouver
le colliér ?
Comme il manque encore trois perles, il
est question, d'abord, de réduire la récom-
pense à environ 200,000 francs. D'autre part,
MM. Quadrandstein et Braunstatter .se que-
rellent au sujet de la part qui doit revenir à
chacun d'eux.
Un homme de loi français est arrivé à
Londres pour agir dans l'intérêt de l'un
d'eux.
Enfin, il est question de donner une partie
de la récompense à l'ouvrier qui a ramassé
la plus grande partie du collier sur la
chaussée.
LA COUR ET LA VILLE
*, On annonce la mort de lord Barkeley
Paget dans sa soixante-dixième année. Il
était un des fils du second marquis d'An-
glesey et oncle du marquis actuel. - J. Cou-
DURIER. ?
I HO,-.c ^sollx. sO&arîASiiest
I D'Ottawa %n dement Information ve-
nant de New-York, d'après laquelle la du-
chesse de Connaught serait gravement iùk-
lade. ~ . ' -. . ?
Les journaux annoncent que là goélette
française Railleuse a coulé bas, cette nuit,
dans le canal de Bristol.
Les six hommes dont se composaient l'é-
quipage ont pu être sauvés et débarqués à
Newport.
L'éminent astronome, sir Robert Bail
est mort ce soir, à l'âge de soixante-treize ans.
II était directeur de l'observatoire de Cam-
bridge depuis 1892. Sir Robert Bail était Ir-
landais et était le fils d'un naturaliste , cé-
lèbre.
Amérique Latine
Au Mexique
Mexico, 25 novembre.
L'intervention américaine, que l'on annon-
çait il y a une quinzaine de jours comme
imminente, paraît maintenant définitivement
abandonnée. Les Américains qui sont ici n'y
croient plus eux-mêmes, et ils ont d'ailleurs
fait revenir leurs femmes et leurs enfants
qu'ils avaient envoyés à La Vera-Cruz. .
-La ville est calme, comme s'il n'y avait
nulle menace et aucune insurrection. M-
Huerta, accompagné seulement du chef de la
police et d'un ami, s'est rendu hier -aux
courses de taureaux. En complet gris, coiffé
d'un chapeau mou,-il comptait passer ina-
perçu, mais il fut vite reconnu et salué d'ac-
clamations enthousiastes.
Washington, 25 novembre.
Le contre-amiral Fletcher, à bord du
Rhode-Island, part ce matin pour Tampico.
On le laisse juge d'avoir ou non une entrevue
avec les constitutionnalistes.
La Vera-Cruz, 25 novembre.
M. Lind a reçu l'ordre d'accompagner le
contre-amiral Fletcher.
Washington, 25 novembre.
Le contre-amiral Fletcher télégraphie que
tout est- calme à Tuxpam.
Le général Aguilar a renouvelé ses assu-
rances qu'il ne sera pas touché aux exploita-
tions pétrolifères.
New-York, 25 novembre.
Le général Huerta a- télégraphié que le
gouvernement est maître de la région des
exploitations pétrolifères de Tamaulipas,
Tampico et Tuxpam, qu'il réprimera l'insur-
rection et que le récent échec des fédéraux
était sans grande importance.
AU MAROC
El Guebbas à Casablanca
Tanger, 25 novembre.
Une dépêche de Casablanca, 24 no-
vembre, annonce l'arrivée d'El Guebbas,
le nouveau grand vizir, dans cette ville,
où il a été salué par M. Laronce, consul
de France, au nom du général Lyaùtey,
par les consuls étrangers, les autorités
chérifiennes et dé nombreux officiers.
El Guebbas était accompagné de M.
Gaillard, consul de France, et de Ben
Ghabrit.
VIENT DISPARAITRE
A quelque parti qu'on appartienne, les
articles politiques de M. G.Clemenceau à
Y Homme Libre ont éveillé l'attention pu-
blique. Ils viennent de paraître à la librai-
rie Payot et Cie, Paris (i vol., 3 ff. 50.)"
LES OBSÈQUES
DE
M. Edouard Lockroy
Les obsèques de M. Edouard Lockroy,
ancien vite-président de la Chambre des
députés, ancien ministre de la marine,
ont eu lieu hier matin, à dix heures, au
milieu d'une grande affluence.
Le deuil était conduit par M. Georges
Victor-Hugo, beau-fils de M. Lockroy,
et par les petits-fils de Mme Lockroy,
MM. Charles Daudet, Jean Victor-Hugo,
François Victor-Hugo, ainsi que par
quelques intimes, l'amiral Darrieus, MM.
Georges Payelle, premier président de
la Cour des comptes ; Malapeyre, Edouard
Ignace, d'Auriac, Renekhoff, Gustave
Simon, etc.
Mme Poincaré, accompagnée du lieu-
tenant-colonel Aubert, représentant le
Président de la République, est venue
saluer la famille du défunt.
De superbes couronnes avaient été en-
voyées par le Conseil des ministres, le
ministre de la marine et la marine fran-
çaise, l'Association des journalistes ré-
publicains, dont M. Lockroy était pré-
sident honoraire; le Syndicat de la
presse maritime, dont il était le prési-
dent; le comité Lockroy.le journal Le
Temps, la Dépêche de Toulouse, la Li-
gue franco-italienne, la Fédération des
mécaniciens, chauffeurs, électriciens des
Chemins de fer, etc., etc.
Remarqué dans l'assistance ;
M. Barthou, président du Conseil; M. An-
tonin Dubost, président du Sénat; le prési-
dent de la Chambre et Mme Paul Deschanel,
le ministre dès affaires étrangères et Mme
; Pichon, le ministre dé l'intérieur et Mme
L.-L. Klotz, M. Antony Ratier, ministre de
la justice ; M. Baudin, ministre de la marine;
M. Loubet, M. Fallières, M. Lopin, représen-
tant le ministre du commerce et de l'indus-
trie ; le ministre de Serbie et Mme Vesnitch,
M. Camille Krantz, ancien ministre; M. et
Mme Henri Lozé, M. Charles Dupuy, M. Ga-
briel Hanotaux, M.Georges Leygues, M. et Mme
Henry Roujon, M. J. Méline, M. Hennion, pré-
fet de police; général ët Mme Rouvier, M. Pal-
lain, gouverneur de la Banque de France; vice-
amiral Le Bris, vice-amiral Besson, vice-ami-
ral d'Abmour, M. Lépine,. M. de Selves, M.
Chaumet, M. Messimy, M.G. Privat-Deschanel,
amiral Guillau, M, Chassaigne-Goyon, prési-
dent du Conseil municipal ; amiral Cros, M.
Adrien Hébrard, vice-amiral Arago, M. et
Mme Jules Claretie, M. et Mme Albert Cle-
menceau, amiral Ch. Poidloue, baron M. de
Gunzburg, baron A. d'Aymery, M. Maurice
Quentin, président du Conseil général ; vice-
amiral Fournier, M. Joseph Reinach, Mme
Paul de Saint-Victor, M. et Mme Derain, M.
Michel Ménard, général Môrdrelle, M. Paul
Strauss, M. Fernand Devise, vice-amiral Le
Brun,'M. Ernest Dupuy,- M. Maurice Sarraut,
M. Ernest Bloch, vice-amiral de Jonquières,
M. E. Cauvin, M. R. Allain-Targé, M. E.
Allain-Targé, M. Jules Simon, vice-amiral et
Mme Bienaimé, M. Camille Sée, vice-amiral
Germinet, MM. Charles-Roux, René Renoult,
Ri-voil, Léon Savoyé, Edouard Julia, Léon
Hennique, Porel ;
M. Paul Ollendorff, M. et Mme Alphonse
Lazard, M. Jaéques Hébrard, M. et Mme Gus-
tave Rivet, M. Achille Maureau, 'M. et Mme
J. Girard, comte et' comtesse de Vauvineux.
M. C. Coletti, Mlles Gustave Dreyfus, M.
Adolphe. Aderer, capitaine Spuller, capitaine
i Gi-Ttiisne, Mv^R. Raquent, M. Charles Nof-
' berg, MM« Léopoldièt Henri Goir'and.'M. Mau '
|rica Gaussoi-gues, M. -Louis Guichar J, M» et-
iMme Pierre i?èe, Tieiitanant-côlonel Rolin.
capitaine de frégate Fàtou, baron Raiberti,
M. Poirrier, docteur Charcot, M. Henry Paté,
Mme Henriette de La Porte, M. Camille
Le. Senne, M. et Mme Paul Goldsclimidt,
M. Louis Le Gall, M. et Mme Emile Strauss,
M. Paul Simon, Mme Juliette Massenet,
M. et Mme Armand Dayot, M. Guicliard,
Mme Roi, M. J. Bloch-Ollendorff, M. et
Mme de Saint-Sauveur, MM. Jean et Pierre
Simon, M. Ernest Dupuy, M. Georges Co-
chery, M. Andrieux, M. et Mme Helleu,
M. Cosnard, M. et Mme Lazare Weiller, M.
L. Puech, Mme Paul Calmann-Lévy, M.
Paul Ginisty, M. et Mme Gérard Molina,
capitaine de frégate Champeaux. M. et Mme
Gaston Thomson, M. Edouard Picard, Mme
Brunet, docteur Molina, M. et Mme Emile
Blémont, docteur P. Naquet, M. Paul De-
gouy, etc.
Le départ du cortège du domicile mor-
tuaire a-eu lieu à dix heures un quart,
dans l'ordre suivant:
Après les personnes conduisant le
deuil : le président de la Chambre des
députés, le ministre de la marine, le
lieutenant-colonel Aubert, attaché à la
Présidence de la ^République; lès repré-
sentants, des ministres, les officiers gé-
néraux, les officiers. Une dé égation du
comité du Syndicat de la presse mari-
time, le directeur et une délégation du
comité de la Ligue maritime française,
le président et une délégation de la Fé-
dération des mécaniciens-chauffeurs-
électriciens, etc., et, par l'avenue du
Bois-de-Boulogne, les Champs-Elysées,
la rue de Rivoli, la rue de la Roquette, a
gagné le cimetière du Père-Lachaise où
l'inhumation a eu lieu dans la sépulture
de famille.
M. Paul. Deschanel, président de la
Chambre des députés, a pris le premier
la parole..Il a rappelé les diverses phases
de la vie de M. Lockroy surtout comme
homme politique et il continua en disant
qu'Edouard Lockroy était un homme vif,
ardent, tout nerfs, tout esprit. II avait ma-
nié le pinceau, l'épée, la plume. Il avait
couru droit aux grandes choses : l'art, la
liberté, la science Deux idées ont dominé
sa vie: l'organisation de la démocratie et
la grandeur française, idées connexes, car
la condition de la grandeur française est
la paix sociale qui n'est possible que pour
la fraternité. U s'indignait de tout ce qui
pouvait affaiblir la patrie. Et aussi le
génie de la France inspirait l'écrivain.
Relisez le Journal de son arrière-grand'-
mère, petit chef-d'oeuvre d'observation et de
grâce ; ses pages colorées sur la Sicile et ce
portrait de Garibaldi, qu'on ne peut oublier
une fois qu'on l'a vu ; son voyage en Syrie,
qui fait songer à Fromentin ; ses Souvenirs,
que le l'emps publiait naguère : toujours il
parle une langue claire, saine, sobre, bien
française, comme lui.
Rappelez-vous la page mélancolique de ce
dernier livre, où il conte qu'au soir de sa vie
il est retourné dans une petite auberge près
de Port-Royal, où il allait au temps de sa
jeunesse...
Et il termine ainsi :
Qu'importe que la maison soit détruite et
que les tombes même ne soient plus que
poussière si, de telles vies, sort le rayon
de la pensée française, immortel comme la
nature et toujours plus pénétrant, comme la
justice ?
M. Pierre Baudin, ministre de la ma-
rine, prend la parole au nom du gouver-
nement :
C'est, dit-il,aux souvenirs et aux archives du
ministère de la marine qu'il faut se référer si
l'on veut mesurer toute sa valeur d'homme
d'Etat et d'organisateur.
Son esprit possédait une facilite d'intuition
très rare. M. Jules Claretie, son ami de tou-
jours, nous a fait part, dans une préface, de
ce trait que, dès 1870, Lockroy, roulant vers
la frontière, parlait du rôle de la marine
dans les guerres modernes.
Il a été trois fois ministre de la marine :
dans le ministère Léon Bourgeois de 1895,
dans: le ministère Brisson en 1898, et dans le
ministère Dupuy à la fin de la même année.
Son administration a été marquée par des
décisions importantes et des réformes que. le
temps a consolidées.
C'est lui qui a commencé l'effort de réorga-
nisation de la maride. II a voulu la renou-
nel'er ëntièrement pour la mettre au niveau
des découvertes scientifiques et des arme-
ments modernes. Il a été le premier à rom-
pre résolument et énergiquement avec les
errements anciens dans lesquels s'obstinaient
des esprits attardés.
Son oeuvre à la marine a toujours été bien-
faisante. Elle s'est toujours inspirée d'une
pensée directe et objective qui lui fait lo plus
grand honneur.
Et le ministre de la marine termine
ainsi : -
Messieurs, la République perd aujourd'hui
un des hommes qui l'ont le mieux servie. Au
nom du gouvernement, je salue dans un sen-
timent de reconnaissance, de pieux respect
et d'admiration, la dépouille morteile d'E-
douard Lockroy. *
M.Jules Claretie a surtout parlé de
l'homme exquis que fut Edouard Lock-j-
roy, .de l'excellent journaliste, de l'ami
sûr et dévoué qu'il resta au pouvoir
comme.dans la retraite, de l'incompara-
ble causeur.de l'improvisateur d'articles '
décisifs et de l'admirable travailleur.
Puis viennent les discours de M. Paul
Strauss, sénateur, président de l'Asso-
ciation professionnelle des journalistës
républicains, et de M. Herblot, président
de la Fédération des mécaniciens-chauf-
feurs-électriciens.
E. Delaroche.
kE THÉÂTRE CHEZ SOI
Cette question du « théâtre chez; soi »,
que j'ai traitée dans mon article du
7 novembre, a vivement intéressé la
plupart des abonnés au téléphone. Elle
constitue un joli progrès, un de ces pro-
grès qui entrent rapidement dans les
moeurs, parce qu'ils augmentent notre
bien-être et ajoutent de l'agrément au
plaisir de vivre.
Est-on fatigué, maussade, ennuyé par
les affaires ou par un vilain soir de pluie,
on décroche le récepteur : « Allo ! Allô !..:
Donnez-moi l'Opéra, l'Opéra-Comique, la
Comédie-Française, la Galté-Lyrique, »
que sais-je? Et l'on écoute, on entend la
pièce complète, si on le désire, ou le mor-
ceau préféré, l'artiste aimé. On ferme les
yeux, on s'isole en soi-même et forcé-
ment, lorsqu'il s'agit d'une oeuvre con-
nue, on revoit la scène, les personna-
ges, les décors... toute la pièce. Gela, les
pieds sur les chenêts en fumant un ci-
gare , en dégustant le petit verre de li-
queur. C'estexquis ! Si l'on songe qu'en
moyenne ce luxe peut revenir à un franc
dix par jour...
Et lorsqu'on est malade, obligé de
garder le lit, la chambre, quelle distrac-
tion, quel soulagement ! La chose est si
vraie que les journaux illustrés repro-
duisaient, il y a quelques jours, des pho-
tographies prises à Londres : « Les ser-
mons par téléphone dans les hôpitaux
de. Londres ; ». . Des malades, ' assis' sur
leur lit, les récepteurs aux oreilles, écou-
tent avidement.
Quantité de grands hôtels se sont
adressés à la Société des Auditions Elec-
triques et du Théâtrophone (23, rue
Louis-le-Grand, à Paris) pour faire ins-
taller des appareils dans le# plus belles
chambres : c'est, en effet, ajouter à tout
le confort que les riches étrangers qui
traversent Paris sont habitués à ren-
contrer chez nous, une distraction et uu
agrément de tout premier ordre. Cela à
la suite de mon article car, depuis cette
époque, beaucoup de voyageurs deman-
lent un appartement avec « théâtro-
phone ». Plaisir pour les uns, recettes
pour les autres : j'ai la satisfaction d'a-
voir fait oeuvre utile.
Il est intéressant de répéter qu'il suffit
de quelques heures pour faire, sans que
le moindre dégât soit à redouter, les
instal ations nécessaires. Pour les per-
sonnes n'ayant pas le téléphone ou pour
les riches particuliers, on peut recourir
au fil spécial ; dans ce cas l'augmenta-
tion de prix est compensée par l'agré-
ment d'avoir constamment plusieurs
postes d'audition à sa disposition - ce
qui permet d'inviter des amis. - G. L.
La Presse de ce matin
Le Journal officiel publie ce matin :
Un mouvement dans lés eaux et forêts.
Un décret aux termes duquel M. Fighiera,
sous-directeur au ministère du commerce et de
l'industrie, est nommé délégué du gouvernement
à l'Exposition internationale de l'industrie du
livre et des arts graphiques de .Leipzig en 1914.
U Action française :
Incident au Congrès.
La séance d'ouverture du congrès do l'Action
française avait lieu hier soir, à la salle des
Sociétés savantes.
Dès le début, un gros incident a créé une émo-
tion intense. Alors que tous les chefs du groupe-
mont royaliste étaient déjà sur l'estrade, cinq
commissaires des Camelots du Roi vinrent y dé-
poser, menottes aux mains et les pieds enchaî-
nés, le nommé Jean-Conrad Müller, convaincu
d'être depuis son entrée aux Camelots du Roi,
indicateur actif do la Préfecture de police. Mill-
ier venait d'être arrêté dans la salle par le ser-
vice des renseignements des Camelots du Roi.
Les camelots du Roi avaient, il y a quelques
jours, nommé Muller commissaire d'une de leurs
équipes. Pour l'éprouver on lui proposa de
prendre part à une expédition soi-disant desti-
née au bris de la statuo de Waldeck-Rousseau,
aux Tuileries.
Le soir même Muller, tombant dans le piège,
téléphona cette nouvelle à la préfecture de
police.
L'Echo de Paris :
L'emprunt.
D'une interview de M. Aimond, rappor-
teur général du budget au Sénat, par M. Mar-
cel Hutin.
- La vérité toute nue est que l'impôt sur la
rente est à la fois une erreur économique et une
erreur nationale... Uue menace à ternie sur le
coupon équivaut à une menace au comptant 1 II
faut que M. Barthou reste intraitable sur ce
point !
L'Humanité, de M. Jean Jaurès :
Les incidents de Saverne.
Si le gouvernement allemand a quelque clair-
voyance et quelque souci de l'avenir dé l'Eu-
rope, il montrera qu'il a compris la leçon des
événements, et les événements signifient à tous
que la conscience des Alsaciens-Lorrains ne se
laissera point forcer par la violence.
Autant le peuple d'Alsace-Lorraine est résolu
à écarter tout ce qui pourrait troubler la-paix,
autant il est décide à jouer entre la France et
l'Allemagne un rôle de conciliation et de modé-
ration, autant aussi il a le sentiment vif de sa
dignité, la fierté de ses souvenirs, le souci pas-
sionné de son libre développement. Et ceux qui
le brutalisent commettent la pire maladresse.
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