Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1913-10-12
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 12 octobre 1913 12 octobre 1913
Description : 1913/10/12 (Numéro 285). 1913/10/12 (Numéro 285).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE FIGARO DIMANCHE 12 OCTOBRE 1913
quement tous ces circuits entre eux le
circuit de Maison Blanche à Galveston
dans le Texas; puis celui de Galveston
ù Coatza-Coalcos, a travers le golfe du
Mexique; do Coatza-Coalcos à Salina-
Gruz, nouveau relai, puis, par câble
sous-marin, un autre relai jusqu'à San-
Juan-del-Sur en Nicaragua. Enfin, der-
nier circuit entre San-Juan-del-Sur et
Gamboa, sur le canal de Panama.
Et maintenant, on peut facilement
comprendre comment put s'exercer la
volonté du président Wilson, par un
geste du doigt. En pressant sur le
premier bouton à la Maison-Blanche,
le Président ferma le premier circuit,
et le courant passa entre Washington
et Galveston. Ce courant mit en mou-
vement le contact qui permettait de fer-
merle second circuit entre Galveston et
Coatza-Coalcos, et ainsi de suite jusqu'au
dernier circuit sur lequel était établi
l'appareil destiné à faire éclater la charge
de dynamite, lès quarante mille kilos
entassés. C'est ainsi qu'automatique-
ment quatre secondes après le mo-
ment où le Président avait pressé le
bouton à la Maison-Blanche, le courant
passait dans la mine dé Gamboa, portait
au rouge le fil de platine ou mettait en
action le percuteur.
Ainsi s'explique, comme on voit, et
avec la simplicité des miracles scientiti-
ques, le geste fabuleux d'un président des
Etats-Unis qui. à l'aube du vingtième
siècle, réunit d'une pression du doigt, à
plus de six mille kilomètres de distance,
deux océans séparés depuis le commen-
cement des hommes.
François Poncetton.
fce j^nclej* la fine
SALONS
Mme Poincaré ,est venue passer l'après-
midi de mardi à Arnaga, la splendide rési-
dence de M. et Mme Rostand.
A cette occasion; M. Rostand avait invité
;ï Arnaga tous les élèves de l'école de Cambb
qui ont chanté des chœurs français et basr
ques.
A- sa descente du train, un bouquet a été
offert à Mme Poincaré par trois petites filles.
Aprcs avoir pris le thé, Mme Poincaré est
repartie pour Hendaye.
En son château des Ifs, la marquise de
Lanjamet a recommencé la série de ses ré-
ceptions.
Parmi les invités
Général et Mme Zurlinden, comtesse de Cau-
mont-Marivault, comte et comtesse de Grancey,
comte et comtesse de Vautibault,comto et com-
icss;e de Tilière, comte d'Elva, M. Henri de
Mbr-gan-Maricourt, baron et baronne J. Le Va-
vasseur, M. Maurice Darlu, etc.
DANS LES AMBASSADES
S. Exe. M. Paul Cambon, ambassadeur
de Frauce en Angleterre, après avoir assisté
au mariage de S. A. R. le prince Arthur de
Connaugtit avec S. A. R. la duchesse de Fife,
se rendra à Nice, où le 22 courant, doit être
célébré le mariage de son fils, M. Henri Cam-
bon, attaché au Quai d'Orsay, avec Mlle de
La Taille.
Le comte Balny d'Avricourt, ministre
plénipotentiaire chargé des légations de Mo-
naco à Paris et à Madrid, est arrivé hier soir
à Paris venant de Madrid par le Sud-Ex-
press.
• S. Exe. M. Barrére est rentré à Rome et;
a repris la direction de l'ambassade de
France.
Moukhtar bey, ancien ministre de Tur-
quie à Athènes, est nommé ambassadeur à
Saint-Pétersbourg-, en remplacement de Tur-
khan pacha, qui demanda d'être relevé de ses
fonctions vu son grand âge.
RENSEIGNEMENTS MONDAINS
M. Maurice Quentin, président du Conseil
général de la Seine, a reçu les insignes de
commandeur de l'Ordre de Charles III, avec
plaque.
De Venise
Le peintre Fèrnand Laroche, qui, pendant
plus de vingt-cinq ans. habita le Chili, vient
de révéler un talent inconnu qui fera bientôt
l'étonncment de Paris. A Venise, où il réside
actuellement, il a récemment terminé le por-
trait d'un de nos meilleurs confrères, Léon de
Joncièrcs. Ce portrait que Mme Ernesta Stern
lui demanda d'exposer dans le merveilleux
palais qu'elle possède sur le .Grand Canal, a
non seulement fait l'admiration d'un modèle
aussi justement compétent, mais encore celles
de toutes les hautes personnalités actuelle-
ment à Venise, ,quï veulent déjà se presser
dans son atelier,- impatientes de poser devant
le grand artiste.
CHARITÉ
Fête de charité des plus réussies à Châ-
teau-Gontier. Au programme une conférence
sur « Marie- Antoinette à Trianon », par Mlle
de Sardent, qui a tenu son auditoire sous le
charme de sa parole chaude et élégante, docu-
mentant sa causerie, fidèlement historique,
d'épisodes touchants, de détails remplis de
poésie, et, lors du drame de 1793, d'émotion
forte et douloureuse..
Au. cours de cette conférence très applaudie
Mme Maurice Galla a délicieusement inter-
prété des romances de l'époque.
Une vente de fleurs faite par de charmantes
jeunes filles, un très intéressant concert, des
poésies, des monologues et une quête faite par
la comtesse de Bréon et Mme Duboys-Fres-
nais, accompagnées par M. Benard-Tertrois
et le comte de Cheffontaine ont terminé cette
matinée qui réunissait l'élite de la région.
Reconnu
Comte et comtesse de Villebois-Mareuil, mar-
quise d'Andigué, comtesse et Mlle de Ruillé,
vicomte et vicomtesse de La Jaille, Mlle de Saint-
Luc, baronne de Sardent, comte et comtesse de
Bréon. comte et comtesse de Cheffontaine, com-
tesse de Bonneau, M. et Mme Meslay, Mme Bol-
langer, M. et Mme Gallo, Mme et Mlle do La
Serre, M. de La Serre, Mme et Mlle des Doudes,
M. et Mme Le Tourneur, baronne de Lande-
voisin. Mmes de La Potterie, de Montifault, Be-
noist-Geoffroy, Le Motteux, etc.
m»i
CERCLES
Au dernier scrutin du Traveller's-Club
ont été élus membres de ce cercle
'M. le colonel J. A. Cambell Youuger, par-
rains MM. G. Thorpe Wilson et le major Ri-
chard B. Chai'teris M. Oscar Anderson, par-
rains MM. J. Bnclnvort Dixon et Milan Soulc
M. Basil Throckmorton, parrains MM. R. F.
D. Fitz Gibbon et P- H- Antrobns; M. Arthur
A. Kiiigslaiid. parrains MM. Walter F. Kings-
]and et Pedro de Fiorez M. Carlos Maria de
Alvear, parrains MM- R. Gonzales-Moreno et
Jorge Àtuclia M. John A. Me Vickar, parrains
MM. i. Clark Grew et J. Clark Hoppin M. Ben-
jamin Voiles, parrains MM. F. S. Withorbee
ut M. Orme Wilson; M. le vicomte Tredcgar,
parrains MM. l'honorable Wiiïred Kgerton et
H. H. Hungerford M. Richard M. Tobin, par-
rains MM. Warren D. Robbins et C. Raoul
Buval M. l'honorable Sydney J. D. Joicey,
parrains MM. A. John Hugh Smith et Olaf
Hambrô M. John Sanford, parrains MM. H.
B. Duryca et F. R. Hitchcock M. le capitaine
Claude Dansey, parrains MM. B. P. Steinman
et H. M. Stourton M. Edouard Goujon, par-
rains MM. le comte Tristan de Gramedo et
Pierre Deschamps.
MARIAGES
Hier a été célébré, à l'église Notre-Dame
de Boulogne, le mariage de la jolie et char-
uianti: Mlle Béatrix de Pracomtal avec M.
Robert Meunier du Houssoy.
Lea témoins de la mariée étaient h: mar-
quis d'Aulan, son grand-père, et le marquis
de Pracomtal, son cousin; les témoins du ma-
rié le comte G. Meunier du Houssoy, son
oncle, et M. R. Fouret, son cousin.
La quête a été faite par Mlle Jeanne Des-
closiéres avec le comte Guillaume de Pra-
comtal, et Mlle Thérèse Meunier du Houssoy
avec M. Alain de Pracomtal.
Après la cérémonie, un lunch, très restreint
et très élégant a réuni chez la comtesse Ros-
taing de Pracomtal les parents et quelques
amis intimes des mariés.
M. A. Henry, fils, de M, Eugène Henry,
consul de Perse, est fiancé à Mlle' Juliette
Faure, fille du colonel de cavalerie en ré-
traite.
Le mariage de M. Paul Maisonnicr, at-
taché à la Banque de France, avec Mlle Mar-
guerite Sallantin, a été célébré hier, en l'é-
glise Saint-Augustin. Les témoins étaient,
pour le marié: M. Hubert, directeur de la
succursale de la Banque de France au Havre,
et Mme Bosc, née de Luppé pour la mariée
le lieutenant Sallantin et M. Bonnet, avocat à
la Cour de cassation.
M. Henri Chassignat-Gigot, avocat à la
Cour d'appel, est fiancé à Mlle Marcelle De-
mange, fille du général Demange, membre du
comité de l'état-major.
Le mariage de M.. René Jarnouën de
Villartay avec Mlle Anne-Marie Lecomte d'Y-
mouville, a été béni mercredi, en l'église
d'Hérouvillc,par le R.P.Bon de Saint-Quentin,
missionnaire oblat de Marie, qui transmis
aux jeunes mariés la bénédiction de S. S.
PinX..
Les témoins étaient pour le marié MM.
Alfred et Louis Jarnouën de Villartay, ses
oncles pour la mariée M. Robert Jarnouën
de Villartav, son beau-père, et le comte de
Langlc, son oncle.
Le mariage du lieutenant Henri Hartung,
du r/ dragons, avec Mlle Marguerite Reuss,
sera célébré, le 25 courant, au temple protes-
tant de Fontainebleau.
M. Gaston Birlé, ingénieur, est fiancé à
Mlle Trotabas, fille du vice-président du Tri-
bunal de Nice, et de Mme Trotabas, née
Aubin.
Le comte de Bousignac est fiancé à Mme
Garnier, née de La Poix de Fréminville, fille
du commandant de Fréminville, décédé, et de
madame née Lévesque.
-Le lieutenant de vaisseau Georges Lcfè-
vre, chevalier de la Légion d'honneur, aide
de camp du vice-amiral Bellue, préfet mari-
time, s'est fiancé, à Toulon, à Mlle Jeanne
Rigal, belle-sœur du capitaine de frégate Pé-
rierd'Hauterive.
Le mariage de M. André Lenoir, sta-
tuaire, avec Mlle Marie-Louise Comby, fille
du docteur Comby, médecin à l'hôpital des
Enfants-Malades, a été célébré hier, en l'église
Saint-Philippe du Roule. Les témoins étaient
pour le marié, Mme Waltber et M. A. Blan-
chccotte, architecte, son beau-frère pour la
mariée: le général Comby, son oncle, et M.
Porche, ingénieur des ponts et chaussées, of-
ficièr de la Légion d'honneur.
La quête était faite par Mlles M. Faisans,
M.-T. Comby, A. Blanchecotte et G. Walt-
ber, accompagnées par MM. L. Blanchecotte,
Ch. Peignot, J. Belin et J. Comby.
Le chanoine de Beaupertuis a béni, en
l'église du Pizou (Dordognc), le mariage de
Mlle Jane Combescot, fille du maitre de for-
ges, avec le lieutenant de vaisseau François
Clavel, du port de Toulon.
DEUIL
Nous apprenons le décès de Mme André
Costct, femme du sympathique chef du Service
des retours de la maison Hachette, et belle-
sœur de M. E. Delcsalle, directeur des Messa-
geries Hachette.
Les obsèques ontlicu aujourd'hui dimanche,
à midi, à l'église Saint-Jean-Saint-François,
rue: Chariot.
M. Paul Prioux, directeur des Grandes
papeteries Prioux, fondées depuis plus d'un
siècle, est décédé au château de Couvrelles,
près de Soissons, à l'âge de soixante et un
ans. Sa perte sera particulièrement déplorée
dans le monde de l'édition, de l'imprimerie et
de là presse,
Les obsèques ont été célébrées hier à midi.
Les obsèques de Mme Hubault, née
Renié, ont été célébrées vendredi, à dix heu-
res, en l'église Saint-Germain-des-Prés.
.Le deuil était conduit par MM. de Mo-
nistrol, secrétaire adjoint de la direction des
chemins de fer de l'Etat, chevalier de la Lé-
gion d'honneur, son gendre Paul Foucart,
membre de l'Institut, son beau-frère Léon
Renié, le général Bertin et Mangin, ses ne-
veux. L'absoute a été donnée par S. G. Mgr
Baudrillart, recteur de l'Institut catholique.
L'inhumation a eu lieu au cimetière du Père-
Lachaise.
La messe anniversaire d'Alphonse Le-
merre, aura lieu mercredi prochain, 15 octo-
bre, à 11 heures, à la chapelle du cimetière du
Père-Lachaise.
A l'issue de la messe, on se rendra à la
tombe de l'éditeur du «Parnasse » sur laquelle
ses amis ont fait élever une stèle due au sculp-
teur Marius Cladel. Cet avis tient lieu d'invi-
tation.
M. Maurice Joly de Bammeville, ingé-
nieur des arts et manufactures, ancien chef
d'exploitation de la Compagnie générale des
eaux,est décédé. Ses obsèques seront célébrées
demain, à dix heures, en l'église de l'Etoile,
avenue de la Grande-Armée.
M. Jean Caruel est décédé à Sedan. Il
était le fils du capitaine de cavalerie Caruel,
et de madame, née Rousseau et le petit-fils
de M. Jules Rousseau, manufacturier, mem-
bre de la. Chambre de commerce de Sedan,
chevalier de la Légion d'honneur. Les obsè-
ques ont été célébrées vendredi, à Sedan.
Le docteur Charles Bciling est décédé
avant-hier à Vienne (Autriche), à un âge très
avancé.
M. Beiling avait commencé sa carrière dans
l'enseignement. Après avoir dirigé pendant
quatre ans l'éducation du prince Thomas de
Savoie, frère de la reine Marguerite, il devint
professeur agrégé à Paris, au collège Rollin.
Après la guerre de 1870, il fut nommé profes-
seur à l'Ecole polytechnique et à l'Académie
de commerce de Vienne. Depuis une quinzaine
d'années, il envoyait au Journal des Débats
d'intéressantes informations sur les affaires
d'Autriche-Hongrie.
Nous apprenons la mort De M. Nar-
cisse Gucrrapain, ancien maire de Bar-sur-
Aube, décédé à Paris, à l'âge de quatre-
vingt-quatre ans. Les obsèques ont été célé-
brées hier à Bar-sur-Aubc De la mar-
quise Marie-Antoinette Farnoron Saibante,
décédée à Venise, à l'âge de soixante-dix-
neuf ans Du capitaine Adolphe Fouillet,
au ^i2c régiment d'infanterie de réserve, dé-
cédé à Nice, dont les obsèques ont eu lieu
vendredi; Du Révérend' Adamson, pasteur
de l'église américaine de Nice, décédé dans
sa soixante-sixième année De Mme Lévy-
Picard, décédée en son domicile, avenue Car-
not, à Besançon, dont les obsèques auront
lieu aujourd'hui dans cette ville De M.
Léon Sala, docteur en droit, ancien conseiller
général des Basses-Pyrénées, décédé à Ossés,
à l'âge de cinquante-huit ans; De M. Ni-
colas Prolejaeff président de la Banque
russe, décédé mardi dernier à Biarritz.
E. Delaroche.
LA JOURNÉE
–~ee–-
Ann'n>9rsaires S. A. R. la princesse Mirko
de Monténégro. S. A. R. la princesse Eli-
sabeth de Roumanie.
Mariages M. Alexandre Algiu et Mlle Flu-
rica Bratiano (chapelle roumaine, 9 heures du
soir)
A L'INSTITUT
Académie des sciences morales
LE NERF DE LA GUERRE EX ALLEMAGNE. LE
PRIX DE JOEST. REFUS D'UN LEGS
M. Bergson, qui préside 'la séance,
assisté de M. Stourm, secrétaire perpé-
tuel, donne la parole à M. André Sayous,
secrétaire général. de la Fédération des
industriels et des commerçants français,
pour une communication sur la situation
financière et monétaire de l'Allemagne
en cas de guerre. v
La Banque d'Empire, dit M. A. Sayous,
a, depuis le début de 1913, augmenté son
stock d'or de cinq cents millions de francs
environ, et le trésor de guerre de la tour de
Spandau, d'une soixantaine de millions -de
francs.
Et pourtant la situation dans laquelle
l'Allemagne se trouverait aux points de vue
financier et monétaire, dans l'éventualité
d'une guerre, n'apparaît pas bien meilleure
aujourd'hui qu'hier.
Les dépenses militaires d'un grand conflit
international ne seraient pas inférieures à
dix milliards de francs et atteindraient pio-
bablement quinze milliards
Or, il serait très difficile, en pleine crise,
de recueillir une somme aussi énorme. La
Banque d'Empire, malgré son désir de faire
le possible et l'impossible pour l'Etat, ne
pourrait prêter qu'un concours assez limité,
à moins de tenter l'aventure d'émettre des
billets de banque pour une somme entre
quatre et six fois supérieure à son encaisse.
Tous les Etats auraient certes beaucoup de
peine à trouver les capitaux nécessaires pour
couvrir les dépenses immédiates d'une grande
guerre; mais tel serait plus particulièrement
le cas de l'Allemagne.
M. Delbos présente deux ouvrages de
M. Jules Baillet Introduction à l'étude
des idées morales dans l'antique Egypte,
et le Régime pharaonique dans ses rap-
ports avec révolution de la morale en
Egypte. •
L'Académie, sur le prix quinquennal
de Joëst, d'une valeur de 2,000 francs,
« pour celui qui aura fait la découverte
ou écrit l'ouvrage le plus utile au bien
public », décerne une récompense de
1,500 francs à M. André Chéradame
pour son ouvrage la Crise française, et
une récompense de 500 francs à M. le
lieutenant Robert Jacomet pour son ou-
vrage les Lois de la guerre continentale.
M. Stourm annonce à ses confrères
que le Conseil d'Etat vient do rendre un
décret autorisant l'Académie à refuser,
comme elle en avait exprimé l'intention,
un legs Pichard de 1,000, francs « pour
récompenser et recommander aux pou-
voir publics un mémoire sur cette ques-
tion Moyens de prévenir ou de répri-
mer les procédés vexatoires, privés ou
publics, mauvais traitements, diffama-
tions, obsessions, etc., qui peuvent con-
duire l'individu qui en est la victime
consciente ou inconsciente à l'halluci-
nation, à la folie, au meurtre ou au sui-
cide, etc. »
L'Académie fixe au 6 décembre sa
séance publique annuelle sous la Cou-
pole. ̃
pole. •
Académie des beaux-arts
LES GRANDS PRIX HOUX. CONCOURS TROYON
A la suite des concours Roux,, dix-
sept prix, s'élevant à la somme de 38,i70
francs, sont ainsi attribués v
fieiniurc 5,000 francs à.M. Paltzvélève de
MM. Bonnat et'Humbert '2,700 francs à M.
Pougheon, élève de MM. Jean-Paul Laurens
et A. Laurens; 2,000 francs à M.Gény, élève
de MM. F. Flameng, R. Collin et Déchenaud.
Sculpture 5,400 francs à M. Bruno, élève
,de MM. Coutan et Sicard; 4,750 francs à M.
Diosi, élève de MM. Coutan et Verlet 3,000
francs à M. Cellier, élève de MM. Coutan et
Larche 2,000 francs à M. Sartorio, élève de
MM. Iujalbert et Hannaux 1,300 francs à
M. Paupion, élève de M. Antonin Mercié.
Architecture, 2,700 francs à M. Rigolet,
élève de M. Jaussely 1,300 francs à M. De-
lagrange, élève de M. Paulin 1,000 francs à
M. Delaon, élève de M. Laloux.
Gravure 2,700 francs à M. Manchon, élève
do MM. Waltner et Gabriel Ferrier 1,300
francs à M. Buthaud, élève de MM. Waltnor
et G. Ferrier; 1,000 francs à M. Paulin, élève
de MM. J. Jacquet, Laguillcrmie, R. Collin
et G. Ferrier.
Enluminure 1,000 francs à M. Ch. Martin,
élève de MM. Bonnat, Mersori et R. Collin
680 francs à Mlle Preignard, élève de MM.
Humbert et R. Collin 340 francs à Mlle Jou-
clard, élève de M. Humbert..
L'Académie propose pour le concours
Troyon de 1915, le sujet suivant Che-
vaux conduits à la rivière.
La séance se termine par l'audition de
la notice sur « Girodet et les héros d'Os-
sian », que M. Henri Lemonnier vient
d'écrire et qu'il lira le 25 octobre sous la
Coupole. Ch. Dauzats.
Le Congrès de chirurgie
~-V'
Le congrus de chirurgie vient de pren-
dre fin après une session extrêmement
brillante. Beaucoup de monde à toutes
les séances jusqu'au dernier moment;
beaucoup de monde aussi dans les ser-
vices où opèrent publiquement le pro-
fesseur Kirmisson, le professeur Pozzi,
le professeur Quénu, les professeurs
agrégés -Walther, J.-L. Faure, Pierre
Du val, Morestin, et M. Demouiin, chi-
rurgien de l'hôpital Boucicaut. Beaucoup
d'assistants encore à la clinique privée,
où le docteur de Martel, qu'il faut comp-
ter parmi les plus ingénieux inventeurs
d'instruments et de procédés chirurgi-
caux, a opéré onze malades, dont plu-
sieurs pour des lésions du système ner-
veux central.
MM. Pauchet (d'Amiens), Delangre
(de Tournay), Gros et Barthélémy (de
Nancy), Reynès (de Marseille), Billon
(de Marseille' Jullien (d'Amiens1!, Du-
puy de Frenelle (de Paris), ont présente
de nouveaux appareils.
MM. Barbarin (de Paris), Calot (de
Berck), Mencière (de Reipis), Lance (de
Paris) ont traité de la méthode d'Abbott.
Le professeur Moure (de Bordeaux) a
fait une importante communication sur
le traitement des mastoïdites aiguës, et
le professeur Lagrange, dont on connaît
la haute compétence en ophthalmologie,
a parlé des angiomes de l'orbite. Le doc-
teur de Martel a fait voir toute l'impor-
tance d'une technique spéciale dans les
opérations portant sur le système ner-
veux.
A propos du traitement des plaies du
crâne par petits projectiles, ont pris part
à la discussion :MM.Willems(deGand),
Lejars, Doyen, Potheral, Auvray, Bau-
det (de Paris), Sabadini (d'Alger!, Imbert
(de Marseille) Peugniès (d'Amiens),
Vauverts (de Lille). Cliavanaz (de Bor-
deaux), Bergalonne (de Genève), Làr-
denno'is (de Reims), Bergas (de Ver-
sailles). Daspres (de Toulon), Deboucaud
(de Bordeaux) et Gauthier (de Luxeuil).
M. le professeur agrégé Chevassu, chi-
rurgien des hôpitaux, a traité devant le
congrès de chirurgie et devant le congrès
d'urologie d'un sujet singulièrement in-
téressant, de ce que l'on est convenu
d'appeler la Constante d'Ambard. Cette
expression d'allures mathématiques mé-
rite quelques mots d'explication.
En 1904 et 1905, le professeur Widal
présentait à la Société de biologie, en
collaboration avec M. Javal, une série
d'études fondamentales sur le dosage de
l'urée dans le sang. Normalement,.un
litre de sang doit contenir de 0,15 à 0,50
centigrammes d'urée; lorsque ce chiffre
s'élève à 2, 3 et même 4 ou 5 grammes,
comme on l'a observé, c'est que l'on est
en présence d'un phénomène de réten-
tion, d'un pronostic particulièrement
grave.
Partant de ces travaux, le docteur
Ambard, chef de laboratoire à l'hôpital
Necker, dans le service du professeur
Legueu, eut l'idée, fort ingénieuse, d'éta-
blir, un rapport constant entre l'urée du
sang et l'urée des « excreta ». Ce rap-
port, chez l'individu normal, est inva-
riablement de 0,070; il s'accroît et peut
aller jusqu'à 1,390 chez les urémiques.
Le docteur Chevassu propose la re-
cherche régulière de la constante d'Am-
bard avant toute intervention sur
l'appareil rénal, dans le but d'augmen-
ter les chances de réussite durable, et
d'éviter les interventions par trop dan-
gereuses.
Horace Bianchon.
Autour de la Politique
Avant le Congrès radical
La Dépêche de Toulouse publiera demain
une interview de M. Caillaux, ancien prési-
dent du conseil.
En voici les passages essentiels
J'ai eu souvent l'occasion de dire qu'on qua-
lifie improprement notre parti, ou plutôt insuffi-
samment, en l'appelant « le parti radical » ou
bien en disant qu'il est composé desrépublicains-
de gauche, des radicaux et des radicaux-socia-
listes, A la vérité, nous sommes le grand parti
démocratique français,- qui, également éloigné
des agitations révolutionnaires et des menées de
la réaction, continue les partis de gauche, les-
quels, pendant le siècle dernier, ont lutté pour
conserver et agrandir la liberté française.
La période des vastes conquêtes est close. Il
faut maintenant organiser la démocratie. C'est
tout le problème de l'heure. Il n'en est pas de
plus grand. Pour le résoudre, il faut au préa-
lable organiser fortement les partis deux con-
ditions dont je suis sûr qu'elles sont nécessaires,
dont je ne dis pas qu'elles sont suffisantes, doi-
vent être tout d'abord réunies. Il faut fixer une
discipline, il faut déterminer un programme de
réalisations immédiates assez précis et assez me-
suré tout à la fois, pour qu'on puisse dire que
quiconque no l'acceptera pas n'est ni un répu-
blicain ni un démocrate sincère.
Je ne doute pas que le congrès db^ Pau, s'il
entre dans ces vues, ne parvienne aisément et à
fixer une discipline et à arrêter un programme
de législature, un programme minimum. Je n'ai
pas la prétention d'étudier ici, ni même d'envi-
sager les points principaux de ce programme. Il
me parait cependant qu'il devra comprendre les
mesures nécessaires pour protéger, développer
l'école laïque, qu'on ne défendra pas avec des
paroles, mais avec des actes, qu'il lui faudra
aller assez loin dans cette voie pour que l'ensei-
gnement national soit définitivement mis à l'abri
des atteintes du parti clérical.
Il me semble encore qu'un parti comme le nô-
tre qui est, qui doit être un grand parti national
qui, s'il a toujours protesté contre l'exploitation
du patriotisme si souvent tentée par d'autres a,
datisses'tradittons.'tL&ns son 'histoire,' la1 défense
de la patrie et-do la liberté françaises qui furent
également menacées à certaines heures par l'é-
tranger et par ceux qui se -joignirent à lui, a le'
devoir d'exiger une organisation plus complète,
plus méthodique de la défense nationale, orga-
nisation qui, plus étroitement liée à la concep-
tion do la nation armée, exclurait tout gaspillage
d'hommes et d'argent.
Parlant de l'impôt sur le revenu, M. Cail-
laux déclare
Il faut que ce projet aboutisse dans ses
principes, dans son cadre, dans ses lignes es-
sentielles et sans doute étant données les nou-
velles charges militaires, il devra être complété
par un impôt progressif sur le capital, bâti sur
le même modèle. Mais je m'arrête. Gouverner
avec son parti pour la France, a été ma for-
mule do gouvernement. Agir avec son parti
pour organiser la démocratie an bien de la
France, telle est ma formule de militant. »
M. Caillaux termine en affirmant qu'avant
tout et par-dessus tout, il faut se dégager de
la politique de clientèle.
Un banquet à M. Barthou
Un banquet sera offert, le 26 octobre, à M.
Barthou, président du Conseil, par le comité
républicain do l'arrondissement d'Oloron, à
l'occasion de la fête du Comice agricole et de
l'inauguration de l'école primaire supérieure
des filles.
Déplacements ministériels
M. Etienne, ministre de la guerre, s'est
rendu hier à Nancy. Il a été reçu sur le quai
de la gare par MM. Reboul, préfet le géné-
ral Focli, commandant le 20° corps d'armée,
et son oftlcier d'ordonnance le commandant
Picard le médecin inspecteur Schneider, di-
recteur du service de santé M. Nérot, ins-
pecteur principal de la Compagnie de l'Est.
Le ministre est descendu à la préfecture
où des appartements lui ont été réservés.
Il inaugurera aujourd'hui, à Longwy (Meur-
the-et-Moselle), une station d'aviation il se
rendra ensuite à Longuyou où ira le rejoindre
le général Chevalier, directeur du génie au
ministère de la guerre, et visitera les nou-
veaux casernements construits pour loger les
9° et 18° bataillons de chasseurs à pied. De
Longuyon, le ministre ira â Verdun où il cou-
chera et où lundi il vi'sitera les casernements
en cours d'achèvement. Il ira également à
Conllans-Jarny et à Labry (Meurthe-et-Mo-
selle) inspecter les haraquements où vient
d'arriver le 16° bataillon de chasseurs à pied
venant de Lille.
M. Klotz, ministre de l'intérieur, présidera
aujourd'hui, à Rollot (Somme), le banquet
qui suivra l'inauguration de lalignedeMont-
didier à Lassigny.
M. Jean Morel, ministre des colonies, s'est
rendu ce matin à la Clayette (Saône-et-Loire),
pour présider la cérémonie patriotique au
cours de laquelle on doit remettre les mé-
dailles à 140 combattants de 1870-1871. A
midi, M. Morel présidera un grand banquet
populaire et prononcera un discours.
M. Alfred Massé, ministre du commerce, est
arrivé hier soir à Poitiers et est descendu
à la préfecture. Il se rendra à Chauvigny
par train spécial et présidera Un grand ban-
quet démocratique. M. Massé rentrera le soir
à Paris.
M. Henry Chérqn, ministre du travail, pré-,
sidera aujourd'hui la cérémonie d'inaugura-
tion de la mairie et du bureau de poste de
Manerbe (Calvados) et procédera a la l'e-
mise de la médaille de 1870-1871 aux anciens
combattants habitant la commune.
Mouvement judiciaire
Le garde des sceaux a envoyé à la signa-
ture du Président de la République, à Mar-
seille, un important mouvement judiciaire,
qui a pour point de départ la nomination au
poste de conseiller à la Cour d'appel de Paris
de M. Chênebenoit, juge d'instruction au tri-
bunal de la Seine, en remplacement de M.
Laporte, admis à faire valoir ses droits à la
retraite et nomme conseiller honoraire.
M. CMnebenoit appartient au tribunal de
la Seine depuis 1903, où il remplit depuis
neuf ans les fonctions de juge d'instruction.
M. Chôncbenoit est remplacé, comme juge
d'instruction, par M. Durand, substitut du
procureur de la République.
Un banquet en l'honneur
du consul général des Etats-Unis
La colonie américaine de Paris a beau-
coup de qualités, mais par-dessus tout
au monde elle possède l'esprit, pratique
de la solidarité. Hier soir, à l'Elysée-
Palace, la Chambre de commerce des
Etats-Unis et le Cercle américain de
Paris offraient un banquet en l'honneur
du consul général M. Frank H. Mason,
qui depuis huit ans exerce ses fonctions
avec un zèle, une intelligence et une vo-
lonté auxquelsnon seulementses compa-
triotes, mais les Français qui le connais-
sent- et ils sont nombreux rendent
un juste hommage.
Le bruit a couru que bientôt pas
tout de suite M. Frank Mason allait
volontairement prendre sa retraite. Alors
toute la colonie américaine s'est émue
et, hier soir, toutes les personnalités de
cette colonie et, au premier rang, l'am-
bassadeur des Etats-Ums, l'honorable
Myron T. Herrick, .se trouvaient réunis
,à table, autour du consul général.
Ce fut une fête de famille très tou-
chante que présidait M. Shoninger, le
très sympathique président de la Cham-
bre de commerce américaine.
 l'heure des toasts, M. Shoninger se
leva le premier; très éloquemment, il fit
l'éloge de M. Frank Mason, d'abord offi-
cier, puis journaliste, brillant dans le
reportage et dans l' « éditorial », puis
enfin entrant en 1880 dans la carrière
consulaire.
11 y avait plus de cent cinquante
convives, et les applaudissements écla-
taient de toutes parts.
Puis M. Benet lut une résolution de
sympathie, de gratitude, d'affection pour
M. Frank Mason, et les bravos reten-
tirent de nouveau.
Ce fut alors le tour du consul général
de prendre la parole. Tour à tour, humo-*
riste, historien, diplomate, journaliste,
il charma tous les convives, et ce fut une
ovation qui accueillit ses paroles, lors-
qu'il déclara que des guerres pour-
raient encore survenir, mais qu'aucun
conflit sérieux n'était possible entre les
Etats-Unis et la République française,
tant les liens d'affection et d'intérêt qui
les reliaient étaient puissants.
M. lnman Barnard, notre très dis-
tingué confrère de la presse mexicaine,
et vice-président du Club américain de
Paris, fit à son tour l'éloge de M. Frank
H. Mason, et enfin l'ambassadeur des
Etats-Unis, M. Herrick, dans un langage
des plus élégants et des plus fins, traça
un définitif portrait du consul général
qui se retirera de sa propre volonté, à
l'heure qu'il choisira, pour faire place
aux jeunes, quoi qu'il soit « loin d'être
un invalide » et qu'il mérite d'être un
exemple pour ceux qui le suivront.
Des hurrahs accueillirent ce petit dis-
cours La solidarité américaine ne s'était
jamais manifestée de façon plus intense.
M. Andrew Lillié, doyen de la colonie,
deuxième vice-président du Cercle amé-
ricain s'était fait également applaudir en
vantant la belle carrière de M. Mason.
Le consul général des Etats-Unis a
reçu, à la fin du banquet,, un cadeau su-
perbe, une magnifique corbeille en. ar-
gent recouverte .du..drapeau., des Etats-
Unis. Mais bientôt dans cette corbeille
seront placées des fleurs, celles que les
convives de ce banquet inoubliable au-
raient désiré envoyer à Mine Mason, qui
fut associée dans tous les toasts portés à
son mari, et parmi ces fleurs figurera
certainement, dominant toutes les autres,
la rose de France, symbole de fidélité et
de gratitude au diplomate très distingué
qui honora notre pays de sa constante
amitié.
Maurice Leudet.
A l'Ermitage
de Sérignan
UNE SÉANCE DE POSE
L'autre jour, quand nous arrivâmes à Séri-
gnan, où bientôt le Président de la République
viendra saluer J.-H. Fabre, c'était l'heure de
la sieste. La maison était tranquille. Le maî-
tre reposait sur un canapé, la tête dans son
vaste feutre. A ses pieds le chien dormait.
Dehors, attentives à ne pas troubler le som-
meil du maître, les jeunes filles lisaient. Bien
que notre visite fût attendue, nous avions
l'air d'arriver fort mal à propos.
Depuis le matin, le grand statuaire Char-
pentier charriait une grosse motte de terre
glaise et se demandait s'il ne convenait pas
d'ajourner à plus tard la première séance de
pose.
A ce moment, un léger bruit vint de la
salle à manger c'était le vieillard qui rêvait
peut-être.
Doucement, avec des précautions infinies,
nous nous approchâmes de lui. Nos pas, dis-
crets pourtant, semblèrent le réveiller. Ses
grands yeux noirs nous fixèrent, puis souri-
rent.
Il y a des bourgeois qui sacrent et grima-
cent quand on interrompt leur sommeil. Lui
se dressa sur son séant sans se plaindre, nous
tendit la main, et cinq minutes plus tard po-
sait devant le sculpteur avec une docilité
souriante.
Ah cotte heure de pose Quel admirable ta-
bleau aurait pu prendre là un cinématogra-
phe Fabro avait simplement demandé la
permission de fumer quelques pipes et
fumait abondamment, si bien que des nua-
ges bleus venaient parfois auréoler son cha-
peau.
Devant lui, Charpentier travaillait avec
allégresse, avec respect; il avait conscience
d'avoir sous les yeux un incomparable mo-
dèle. Ses poings fiévreux tapaient dans le
bloc de glaise comme s'il eût voulu d'abord
réveiller la matière inerte c'était comme
une sorte de corps à corps. Puget devait ru-
doyer ainsi l'argile d'où sortirent ses cariati-
des.
Puis, peu à peu, les mains du maître se
calmèrent, et à mesure que la tête se déta-
chait de la motte informe, ses doigts pétris-
saient plus doucement. Au bout d'une demi-
heure, c'était déjà Lui Toute la famille sui-
vait avec une curiosité ravie l'éclosion du
chef-d'œuvre, et l'auguste vieillard, entre
deux bouffées de pipe, disait des mots que
nous recueillions pieusement. Enfin une voix
s'éleva d'un coin de la salle « Il va par-
ler » C'était la fille aînée du savant qui
ne pouvait plus longtemps contenir son émb-
tion.
Il n'y avait pas une heure que Fabre posait,
et son buste était déjà là, frémissant de res-
semblance et de vie D'autres n'avaient vu
dans" ce noble visage que les rides et l'usure
de l'âge. Charpentier en avait découvert et
traduit la magnifique sérénité,
Eh bien! père, n'est-ce pas qu'il est
ressemblant ? questionna la plus jeune des
enfants.
Je n'en sais rien, répondit le savant.
Je ne me suis jamais vu. Je n'avais pas le
temps
Quelle pensée à inscrire sur le socle du
prochain monument 1 Ch,: Formentîn.
Ch. Formentin.
DANS LA MARINE
Pour la sécurité du tir
On se souvient sans doute du doulou-
reux accident qui survint, au mois de
juin 1912, à bord du croiseur Jules-
Michelet, mettant une fois de plus
notre marine en deuil. Une charge de
poudre s'enflamma prématurément lors-
qu'on l'introduisit dans un canon,
parce que des débris en ignition, prove-
nant du coup précédent, se trouvaient
encore dans l'âme de la pièce.
Il fut ainsi démontré, de la manière la
plus douloureuse, puisqu'il y eut mort
d'hommes, que la chasse d'air com-
primé que l'on pratiquait dans nos canons
n'était pas suffisante pour projeter au
dehors ces débris en ignition. Acceptable
avec des canons de modèles anciens, ce
système de nettoyage ne l'était plus de-
puisque les canons allaient toujours en
augmentant de longueur. On décida donc
de revenir au vieux système des artil-
leurs d'autrefois, qui, tout bêtement,
lavaient à grande eau leur canon après
chaque coup.
A l'époque de l'accident du Michelet,
un système de nettoyage à l'eau pour nos
nouveaux canons était déjà à l'étude,
sous l'inspiration du capitaine de vais-
seau Schwerer, commandant à bord du
Pothuau, de l'Ecole pratique d'artillerie
navale. Il consistait à pulvériser dans
l'âme, au moyen de l'air comprimé, une
certaine quantité d'eau, d'où son nom
d écouvillonnage hydro pneumatique.
L'accident du Michelet eut pour effet do
faire hâter les études en question et de
provoquer l'adoption de ce nouveau sys-
tème.
Il a donné toute satisfaction depuis
lors. Quelques officiers avaient craint,
au début, que l'eau dont on allait se ser-
vir vint endommager les multiples ap-
pareils électriques encerclant les canons
modernes dans les tourelles cuirassées
qui les abritent. Mais ces craintes furent
vaines. La quantité d'eau pulvérisée est
très minime et aucun inconvénient n'est
venu infirmer l'emploi du système hydro-
pneumatique. Et l'on peut dire que, sur
ce point du moins, la sécurité du tir est
devenue absolue dans notre marine.
Marc Landry.
URF.
'"RF.!
est vendue j }
à qui?. Tous. i
Combien 2S centilties j
Si vous voulez y comprendre
quelque chose, attendez le |
16 Octobre–]
LE SECRÉTAIRE
*̃ '̃ '̃̃ DE LA .• '••
Fédération des Locataires
ET LE CONSEIL MUNICIPAL
Le secrétaire de la Fédération des locataires,
qui tenta jeudi dernier d'installer une famille
de sans-logis sur la place de l'Opéra, a main-
tenant imaginé d'avoir recours à une nou-
velle méthode.
Estimant que le Conseil municipal de Paris
a une part de responsabilité dans la crise des
logements, M. Cochon a annoncé qu'il avait
l'intention d'envoyer des familles nombreu-
ses, accompagnées d'un délégué de la Fédé-
ration des locataires, sonner à la porte des
conseillers municipaux et prendre possession
des appartements occupés par nos édiles.
Cette nouvelle méthode a été mise hier en
pratique. M. Henri Galli, ancien président
du Conseil municipal, a eu les honneurs de
cette inauguration. La famille Alegrat, com-
posée d'une veuve et de trois enfants, s'est
présentée, accompagnée du secrétaire de M.
Cochon, rue d'Offômont au numéro 17, où
habite le distingué conseiller du quartier de
l'Arsenal.
Il a été répondu à Mme Alegrat qui insis-
tait pour voir M. Galli, que ce dernier se
trouvait actuellement en délégation en Espa-
gne. On l'a engagée à se rendre à THôtel-dc-
Ville et à demander à être reçue par le secré-
taire de M. Galli. Le délégué de la Fédération
des locataires s'est alors retiré, emmenant
dans sa retraite Mme Alegrat et ses enfants.
Mais tandis que M^ Cochon prenait ainsi à
partie nos édiles, l'un d'eux, M. Adrien Ou-
din, se préoccupait des' agissements encom-
brants de M. Cochon et écrivait au préfet de
police la lettre suivante
Paris, 11 octobre 1913.
Monsieur "le préfet,
La. circulation sur la place de l'Opéra a été
interrompue pendant un assez long temps, jeudi;
dans le courant de l'après-midi.
Bien que très désireux de voter toutes les me-
sures et tous les subsides capables d'améliorer
le sort des malheureux et surtout des familles
nombreuses, j'ai été révolté par le lamentable
spectacle dont a été témoin le quartier que je
représente, et je ne puis comprendre que, sous
prétexte de philanthropie, la misère soit étalée
sur la voie publique par des gens qui ne crai.
gnent pas de se prêter à une aussi sinistre co-
médie.
Comme des facéties semblables sont annon-
cées dans les journaux, par les soins d'un
homme qui semble vraiment trop rechercher une
réclame aussi facile que personnelle, j'aurai
l'honneur, à l'une des prochaines séances du
Conseil municipal, de vous demander les mesu-
res sévères quo vous comptez prendre pour em-
pêcher le retour de faits aussi regrettables, tant
au point de vue de la circulation publique qu'au
point de vue purement moral.
Je vous prie d'agréer, etc.,
Adrien OuDiN,
Conseiller municipal.
Nous approuvons pleinement l'initiative
de M. Adrien Oudin. Peut-être que si des
entreprises du genre de celle dont nous ,par->
lions l'autre jour, et qui avait à sa tête un
homme de la plus haute honorabilité, M. le
sénateur Bérenger, rencontraient plus d'appui
de la part de l'Administration, M. Cochon
ferait moins de vain bruit autour de vraies
misères,
quement tous ces circuits entre eux le
circuit de Maison Blanche à Galveston
dans le Texas; puis celui de Galveston
ù Coatza-Coalcos, a travers le golfe du
Mexique; do Coatza-Coalcos à Salina-
Gruz, nouveau relai, puis, par câble
sous-marin, un autre relai jusqu'à San-
Juan-del-Sur en Nicaragua. Enfin, der-
nier circuit entre San-Juan-del-Sur et
Gamboa, sur le canal de Panama.
Et maintenant, on peut facilement
comprendre comment put s'exercer la
volonté du président Wilson, par un
geste du doigt. En pressant sur le
premier bouton à la Maison-Blanche,
le Président ferma le premier circuit,
et le courant passa entre Washington
et Galveston. Ce courant mit en mou-
vement le contact qui permettait de fer-
merle second circuit entre Galveston et
Coatza-Coalcos, et ainsi de suite jusqu'au
dernier circuit sur lequel était établi
l'appareil destiné à faire éclater la charge
de dynamite, lès quarante mille kilos
entassés. C'est ainsi qu'automatique-
ment quatre secondes après le mo-
ment où le Président avait pressé le
bouton à la Maison-Blanche, le courant
passait dans la mine dé Gamboa, portait
au rouge le fil de platine ou mettait en
action le percuteur.
Ainsi s'explique, comme on voit, et
avec la simplicité des miracles scientiti-
ques, le geste fabuleux d'un président des
Etats-Unis qui. à l'aube du vingtième
siècle, réunit d'une pression du doigt, à
plus de six mille kilomètres de distance,
deux océans séparés depuis le commen-
cement des hommes.
François Poncetton.
fce j^nclej* la fine
SALONS
Mme Poincaré ,est venue passer l'après-
midi de mardi à Arnaga, la splendide rési-
dence de M. et Mme Rostand.
A cette occasion; M. Rostand avait invité
;ï Arnaga tous les élèves de l'école de Cambb
qui ont chanté des chœurs français et basr
ques.
A- sa descente du train, un bouquet a été
offert à Mme Poincaré par trois petites filles.
Aprcs avoir pris le thé, Mme Poincaré est
repartie pour Hendaye.
En son château des Ifs, la marquise de
Lanjamet a recommencé la série de ses ré-
ceptions.
Parmi les invités
Général et Mme Zurlinden, comtesse de Cau-
mont-Marivault, comte et comtesse de Grancey,
comte et comtesse de Vautibault,comto et com-
icss;e de Tilière, comte d'Elva, M. Henri de
Mbr-gan-Maricourt, baron et baronne J. Le Va-
vasseur, M. Maurice Darlu, etc.
DANS LES AMBASSADES
S. Exe. M. Paul Cambon, ambassadeur
de Frauce en Angleterre, après avoir assisté
au mariage de S. A. R. le prince Arthur de
Connaugtit avec S. A. R. la duchesse de Fife,
se rendra à Nice, où le 22 courant, doit être
célébré le mariage de son fils, M. Henri Cam-
bon, attaché au Quai d'Orsay, avec Mlle de
La Taille.
Le comte Balny d'Avricourt, ministre
plénipotentiaire chargé des légations de Mo-
naco à Paris et à Madrid, est arrivé hier soir
à Paris venant de Madrid par le Sud-Ex-
press.
• S. Exe. M. Barrére est rentré à Rome et;
a repris la direction de l'ambassade de
France.
Moukhtar bey, ancien ministre de Tur-
quie à Athènes, est nommé ambassadeur à
Saint-Pétersbourg-, en remplacement de Tur-
khan pacha, qui demanda d'être relevé de ses
fonctions vu son grand âge.
RENSEIGNEMENTS MONDAINS
M. Maurice Quentin, président du Conseil
général de la Seine, a reçu les insignes de
commandeur de l'Ordre de Charles III, avec
plaque.
De Venise
Le peintre Fèrnand Laroche, qui, pendant
plus de vingt-cinq ans. habita le Chili, vient
de révéler un talent inconnu qui fera bientôt
l'étonncment de Paris. A Venise, où il réside
actuellement, il a récemment terminé le por-
trait d'un de nos meilleurs confrères, Léon de
Joncièrcs. Ce portrait que Mme Ernesta Stern
lui demanda d'exposer dans le merveilleux
palais qu'elle possède sur le .Grand Canal, a
non seulement fait l'admiration d'un modèle
aussi justement compétent, mais encore celles
de toutes les hautes personnalités actuelle-
ment à Venise, ,quï veulent déjà se presser
dans son atelier,- impatientes de poser devant
le grand artiste.
CHARITÉ
Fête de charité des plus réussies à Châ-
teau-Gontier. Au programme une conférence
sur « Marie- Antoinette à Trianon », par Mlle
de Sardent, qui a tenu son auditoire sous le
charme de sa parole chaude et élégante, docu-
mentant sa causerie, fidèlement historique,
d'épisodes touchants, de détails remplis de
poésie, et, lors du drame de 1793, d'émotion
forte et douloureuse..
Au. cours de cette conférence très applaudie
Mme Maurice Galla a délicieusement inter-
prété des romances de l'époque.
Une vente de fleurs faite par de charmantes
jeunes filles, un très intéressant concert, des
poésies, des monologues et une quête faite par
la comtesse de Bréon et Mme Duboys-Fres-
nais, accompagnées par M. Benard-Tertrois
et le comte de Cheffontaine ont terminé cette
matinée qui réunissait l'élite de la région.
Reconnu
Comte et comtesse de Villebois-Mareuil, mar-
quise d'Andigué, comtesse et Mlle de Ruillé,
vicomte et vicomtesse de La Jaille, Mlle de Saint-
Luc, baronne de Sardent, comte et comtesse de
Bréon. comte et comtesse de Cheffontaine, com-
tesse de Bonneau, M. et Mme Meslay, Mme Bol-
langer, M. et Mme Gallo, Mme et Mlle do La
Serre, M. de La Serre, Mme et Mlle des Doudes,
M. et Mme Le Tourneur, baronne de Lande-
voisin. Mmes de La Potterie, de Montifault, Be-
noist-Geoffroy, Le Motteux, etc.
m»i
CERCLES
Au dernier scrutin du Traveller's-Club
ont été élus membres de ce cercle
'M. le colonel J. A. Cambell Youuger, par-
rains MM. G. Thorpe Wilson et le major Ri-
chard B. Chai'teris M. Oscar Anderson, par-
rains MM. J. Bnclnvort Dixon et Milan Soulc
M. Basil Throckmorton, parrains MM. R. F.
D. Fitz Gibbon et P- H- Antrobns; M. Arthur
A. Kiiigslaiid. parrains MM. Walter F. Kings-
]and et Pedro de Fiorez M. Carlos Maria de
Alvear, parrains MM- R. Gonzales-Moreno et
Jorge Àtuclia M. John A. Me Vickar, parrains
MM. i. Clark Grew et J. Clark Hoppin M. Ben-
jamin Voiles, parrains MM. F. S. Withorbee
ut M. Orme Wilson; M. le vicomte Tredcgar,
parrains MM. l'honorable Wiiïred Kgerton et
H. H. Hungerford M. Richard M. Tobin, par-
rains MM. Warren D. Robbins et C. Raoul
Buval M. l'honorable Sydney J. D. Joicey,
parrains MM. A. John Hugh Smith et Olaf
Hambrô M. John Sanford, parrains MM. H.
B. Duryca et F. R. Hitchcock M. le capitaine
Claude Dansey, parrains MM. B. P. Steinman
et H. M. Stourton M. Edouard Goujon, par-
rains MM. le comte Tristan de Gramedo et
Pierre Deschamps.
MARIAGES
Hier a été célébré, à l'église Notre-Dame
de Boulogne, le mariage de la jolie et char-
uianti: Mlle Béatrix de Pracomtal avec M.
Robert Meunier du Houssoy.
Lea témoins de la mariée étaient h: mar-
quis d'Aulan, son grand-père, et le marquis
de Pracomtal, son cousin; les témoins du ma-
rié le comte G. Meunier du Houssoy, son
oncle, et M. R. Fouret, son cousin.
La quête a été faite par Mlle Jeanne Des-
closiéres avec le comte Guillaume de Pra-
comtal, et Mlle Thérèse Meunier du Houssoy
avec M. Alain de Pracomtal.
Après la cérémonie, un lunch, très restreint
et très élégant a réuni chez la comtesse Ros-
taing de Pracomtal les parents et quelques
amis intimes des mariés.
M. A. Henry, fils, de M, Eugène Henry,
consul de Perse, est fiancé à Mlle' Juliette
Faure, fille du colonel de cavalerie en ré-
traite.
Le mariage de M. Paul Maisonnicr, at-
taché à la Banque de France, avec Mlle Mar-
guerite Sallantin, a été célébré hier, en l'é-
glise Saint-Augustin. Les témoins étaient,
pour le marié: M. Hubert, directeur de la
succursale de la Banque de France au Havre,
et Mme Bosc, née de Luppé pour la mariée
le lieutenant Sallantin et M. Bonnet, avocat à
la Cour de cassation.
M. Henri Chassignat-Gigot, avocat à la
Cour d'appel, est fiancé à Mlle Marcelle De-
mange, fille du général Demange, membre du
comité de l'état-major.
Le mariage de M.. René Jarnouën de
Villartay avec Mlle Anne-Marie Lecomte d'Y-
mouville, a été béni mercredi, en l'église
d'Hérouvillc,par le R.P.Bon de Saint-Quentin,
missionnaire oblat de Marie, qui transmis
aux jeunes mariés la bénédiction de S. S.
PinX..
Les témoins étaient pour le marié MM.
Alfred et Louis Jarnouën de Villartay, ses
oncles pour la mariée M. Robert Jarnouën
de Villartav, son beau-père, et le comte de
Langlc, son oncle.
Le mariage du lieutenant Henri Hartung,
du r/ dragons, avec Mlle Marguerite Reuss,
sera célébré, le 25 courant, au temple protes-
tant de Fontainebleau.
M. Gaston Birlé, ingénieur, est fiancé à
Mlle Trotabas, fille du vice-président du Tri-
bunal de Nice, et de Mme Trotabas, née
Aubin.
Le comte de Bousignac est fiancé à Mme
Garnier, née de La Poix de Fréminville, fille
du commandant de Fréminville, décédé, et de
madame née Lévesque.
-Le lieutenant de vaisseau Georges Lcfè-
vre, chevalier de la Légion d'honneur, aide
de camp du vice-amiral Bellue, préfet mari-
time, s'est fiancé, à Toulon, à Mlle Jeanne
Rigal, belle-sœur du capitaine de frégate Pé-
rierd'Hauterive.
Le mariage de M. André Lenoir, sta-
tuaire, avec Mlle Marie-Louise Comby, fille
du docteur Comby, médecin à l'hôpital des
Enfants-Malades, a été célébré hier, en l'église
Saint-Philippe du Roule. Les témoins étaient
pour le marié, Mme Waltber et M. A. Blan-
chccotte, architecte, son beau-frère pour la
mariée: le général Comby, son oncle, et M.
Porche, ingénieur des ponts et chaussées, of-
ficièr de la Légion d'honneur.
La quête était faite par Mlles M. Faisans,
M.-T. Comby, A. Blanchecotte et G. Walt-
ber, accompagnées par MM. L. Blanchecotte,
Ch. Peignot, J. Belin et J. Comby.
Le chanoine de Beaupertuis a béni, en
l'église du Pizou (Dordognc), le mariage de
Mlle Jane Combescot, fille du maitre de for-
ges, avec le lieutenant de vaisseau François
Clavel, du port de Toulon.
DEUIL
Nous apprenons le décès de Mme André
Costct, femme du sympathique chef du Service
des retours de la maison Hachette, et belle-
sœur de M. E. Delcsalle, directeur des Messa-
geries Hachette.
Les obsèques ontlicu aujourd'hui dimanche,
à midi, à l'église Saint-Jean-Saint-François,
rue: Chariot.
M. Paul Prioux, directeur des Grandes
papeteries Prioux, fondées depuis plus d'un
siècle, est décédé au château de Couvrelles,
près de Soissons, à l'âge de soixante et un
ans. Sa perte sera particulièrement déplorée
dans le monde de l'édition, de l'imprimerie et
de là presse,
Les obsèques ont été célébrées hier à midi.
Les obsèques de Mme Hubault, née
Renié, ont été célébrées vendredi, à dix heu-
res, en l'église Saint-Germain-des-Prés.
.Le deuil était conduit par MM. de Mo-
nistrol, secrétaire adjoint de la direction des
chemins de fer de l'Etat, chevalier de la Lé-
gion d'honneur, son gendre Paul Foucart,
membre de l'Institut, son beau-frère Léon
Renié, le général Bertin et Mangin, ses ne-
veux. L'absoute a été donnée par S. G. Mgr
Baudrillart, recteur de l'Institut catholique.
L'inhumation a eu lieu au cimetière du Père-
Lachaise.
La messe anniversaire d'Alphonse Le-
merre, aura lieu mercredi prochain, 15 octo-
bre, à 11 heures, à la chapelle du cimetière du
Père-Lachaise.
A l'issue de la messe, on se rendra à la
tombe de l'éditeur du «Parnasse » sur laquelle
ses amis ont fait élever une stèle due au sculp-
teur Marius Cladel. Cet avis tient lieu d'invi-
tation.
M. Maurice Joly de Bammeville, ingé-
nieur des arts et manufactures, ancien chef
d'exploitation de la Compagnie générale des
eaux,est décédé. Ses obsèques seront célébrées
demain, à dix heures, en l'église de l'Etoile,
avenue de la Grande-Armée.
M. Jean Caruel est décédé à Sedan. Il
était le fils du capitaine de cavalerie Caruel,
et de madame, née Rousseau et le petit-fils
de M. Jules Rousseau, manufacturier, mem-
bre de la. Chambre de commerce de Sedan,
chevalier de la Légion d'honneur. Les obsè-
ques ont été célébrées vendredi, à Sedan.
Le docteur Charles Bciling est décédé
avant-hier à Vienne (Autriche), à un âge très
avancé.
M. Beiling avait commencé sa carrière dans
l'enseignement. Après avoir dirigé pendant
quatre ans l'éducation du prince Thomas de
Savoie, frère de la reine Marguerite, il devint
professeur agrégé à Paris, au collège Rollin.
Après la guerre de 1870, il fut nommé profes-
seur à l'Ecole polytechnique et à l'Académie
de commerce de Vienne. Depuis une quinzaine
d'années, il envoyait au Journal des Débats
d'intéressantes informations sur les affaires
d'Autriche-Hongrie.
Nous apprenons la mort De M. Nar-
cisse Gucrrapain, ancien maire de Bar-sur-
Aube, décédé à Paris, à l'âge de quatre-
vingt-quatre ans. Les obsèques ont été célé-
brées hier à Bar-sur-Aubc De la mar-
quise Marie-Antoinette Farnoron Saibante,
décédée à Venise, à l'âge de soixante-dix-
neuf ans Du capitaine Adolphe Fouillet,
au ^i2c régiment d'infanterie de réserve, dé-
cédé à Nice, dont les obsèques ont eu lieu
vendredi; Du Révérend' Adamson, pasteur
de l'église américaine de Nice, décédé dans
sa soixante-sixième année De Mme Lévy-
Picard, décédée en son domicile, avenue Car-
not, à Besançon, dont les obsèques auront
lieu aujourd'hui dans cette ville De M.
Léon Sala, docteur en droit, ancien conseiller
général des Basses-Pyrénées, décédé à Ossés,
à l'âge de cinquante-huit ans; De M. Ni-
colas Prolejaeff président de la Banque
russe, décédé mardi dernier à Biarritz.
E. Delaroche.
LA JOURNÉE
–~ee–-
Ann'n>9rsaires S. A. R. la princesse Mirko
de Monténégro. S. A. R. la princesse Eli-
sabeth de Roumanie.
Mariages M. Alexandre Algiu et Mlle Flu-
rica Bratiano (chapelle roumaine, 9 heures du
soir)
A L'INSTITUT
Académie des sciences morales
LE NERF DE LA GUERRE EX ALLEMAGNE. LE
PRIX DE JOEST. REFUS D'UN LEGS
M. Bergson, qui préside 'la séance,
assisté de M. Stourm, secrétaire perpé-
tuel, donne la parole à M. André Sayous,
secrétaire général. de la Fédération des
industriels et des commerçants français,
pour une communication sur la situation
financière et monétaire de l'Allemagne
en cas de guerre. v
La Banque d'Empire, dit M. A. Sayous,
a, depuis le début de 1913, augmenté son
stock d'or de cinq cents millions de francs
environ, et le trésor de guerre de la tour de
Spandau, d'une soixantaine de millions -de
francs.
Et pourtant la situation dans laquelle
l'Allemagne se trouverait aux points de vue
financier et monétaire, dans l'éventualité
d'une guerre, n'apparaît pas bien meilleure
aujourd'hui qu'hier.
Les dépenses militaires d'un grand conflit
international ne seraient pas inférieures à
dix milliards de francs et atteindraient pio-
bablement quinze milliards
Or, il serait très difficile, en pleine crise,
de recueillir une somme aussi énorme. La
Banque d'Empire, malgré son désir de faire
le possible et l'impossible pour l'Etat, ne
pourrait prêter qu'un concours assez limité,
à moins de tenter l'aventure d'émettre des
billets de banque pour une somme entre
quatre et six fois supérieure à son encaisse.
Tous les Etats auraient certes beaucoup de
peine à trouver les capitaux nécessaires pour
couvrir les dépenses immédiates d'une grande
guerre; mais tel serait plus particulièrement
le cas de l'Allemagne.
M. Delbos présente deux ouvrages de
M. Jules Baillet Introduction à l'étude
des idées morales dans l'antique Egypte,
et le Régime pharaonique dans ses rap-
ports avec révolution de la morale en
Egypte. •
L'Académie, sur le prix quinquennal
de Joëst, d'une valeur de 2,000 francs,
« pour celui qui aura fait la découverte
ou écrit l'ouvrage le plus utile au bien
public », décerne une récompense de
1,500 francs à M. André Chéradame
pour son ouvrage la Crise française, et
une récompense de 500 francs à M. le
lieutenant Robert Jacomet pour son ou-
vrage les Lois de la guerre continentale.
M. Stourm annonce à ses confrères
que le Conseil d'Etat vient do rendre un
décret autorisant l'Académie à refuser,
comme elle en avait exprimé l'intention,
un legs Pichard de 1,000, francs « pour
récompenser et recommander aux pou-
voir publics un mémoire sur cette ques-
tion Moyens de prévenir ou de répri-
mer les procédés vexatoires, privés ou
publics, mauvais traitements, diffama-
tions, obsessions, etc., qui peuvent con-
duire l'individu qui en est la victime
consciente ou inconsciente à l'halluci-
nation, à la folie, au meurtre ou au sui-
cide, etc. »
L'Académie fixe au 6 décembre sa
séance publique annuelle sous la Cou-
pole. ̃
pole. •
Académie des beaux-arts
LES GRANDS PRIX HOUX. CONCOURS TROYON
A la suite des concours Roux,, dix-
sept prix, s'élevant à la somme de 38,i70
francs, sont ainsi attribués v
fieiniurc 5,000 francs à.M. Paltzvélève de
MM. Bonnat et'Humbert '2,700 francs à M.
Pougheon, élève de MM. Jean-Paul Laurens
et A. Laurens; 2,000 francs à M.Gény, élève
de MM. F. Flameng, R. Collin et Déchenaud.
Sculpture 5,400 francs à M. Bruno, élève
,de MM. Coutan et Sicard; 4,750 francs à M.
Diosi, élève de MM. Coutan et Verlet 3,000
francs à M. Cellier, élève de MM. Coutan et
Larche 2,000 francs à M. Sartorio, élève de
MM. Iujalbert et Hannaux 1,300 francs à
M. Paupion, élève de M. Antonin Mercié.
Architecture, 2,700 francs à M. Rigolet,
élève de M. Jaussely 1,300 francs à M. De-
lagrange, élève de M. Paulin 1,000 francs à
M. Delaon, élève de M. Laloux.
Gravure 2,700 francs à M. Manchon, élève
do MM. Waltner et Gabriel Ferrier 1,300
francs à M. Buthaud, élève de MM. Waltnor
et G. Ferrier; 1,000 francs à M. Paulin, élève
de MM. J. Jacquet, Laguillcrmie, R. Collin
et G. Ferrier.
Enluminure 1,000 francs à M. Ch. Martin,
élève de MM. Bonnat, Mersori et R. Collin
680 francs à Mlle Preignard, élève de MM.
Humbert et R. Collin 340 francs à Mlle Jou-
clard, élève de M. Humbert..
L'Académie propose pour le concours
Troyon de 1915, le sujet suivant Che-
vaux conduits à la rivière.
La séance se termine par l'audition de
la notice sur « Girodet et les héros d'Os-
sian », que M. Henri Lemonnier vient
d'écrire et qu'il lira le 25 octobre sous la
Coupole. Ch. Dauzats.
Le Congrès de chirurgie
~-V'
Le congrus de chirurgie vient de pren-
dre fin après une session extrêmement
brillante. Beaucoup de monde à toutes
les séances jusqu'au dernier moment;
beaucoup de monde aussi dans les ser-
vices où opèrent publiquement le pro-
fesseur Kirmisson, le professeur Pozzi,
le professeur Quénu, les professeurs
agrégés -Walther, J.-L. Faure, Pierre
Du val, Morestin, et M. Demouiin, chi-
rurgien de l'hôpital Boucicaut. Beaucoup
d'assistants encore à la clinique privée,
où le docteur de Martel, qu'il faut comp-
ter parmi les plus ingénieux inventeurs
d'instruments et de procédés chirurgi-
caux, a opéré onze malades, dont plu-
sieurs pour des lésions du système ner-
veux central.
MM. Pauchet (d'Amiens), Delangre
(de Tournay), Gros et Barthélémy (de
Nancy), Reynès (de Marseille), Billon
(de Marseille' Jullien (d'Amiens1!, Du-
puy de Frenelle (de Paris), ont présente
de nouveaux appareils.
MM. Barbarin (de Paris), Calot (de
Berck), Mencière (de Reipis), Lance (de
Paris) ont traité de la méthode d'Abbott.
Le professeur Moure (de Bordeaux) a
fait une importante communication sur
le traitement des mastoïdites aiguës, et
le professeur Lagrange, dont on connaît
la haute compétence en ophthalmologie,
a parlé des angiomes de l'orbite. Le doc-
teur de Martel a fait voir toute l'impor-
tance d'une technique spéciale dans les
opérations portant sur le système ner-
veux.
A propos du traitement des plaies du
crâne par petits projectiles, ont pris part
à la discussion :MM.Willems(deGand),
Lejars, Doyen, Potheral, Auvray, Bau-
det (de Paris), Sabadini (d'Alger!, Imbert
(de Marseille) Peugniès (d'Amiens),
Vauverts (de Lille). Cliavanaz (de Bor-
deaux), Bergalonne (de Genève), Làr-
denno'is (de Reims), Bergas (de Ver-
sailles). Daspres (de Toulon), Deboucaud
(de Bordeaux) et Gauthier (de Luxeuil).
M. le professeur agrégé Chevassu, chi-
rurgien des hôpitaux, a traité devant le
congrès de chirurgie et devant le congrès
d'urologie d'un sujet singulièrement in-
téressant, de ce que l'on est convenu
d'appeler la Constante d'Ambard. Cette
expression d'allures mathématiques mé-
rite quelques mots d'explication.
En 1904 et 1905, le professeur Widal
présentait à la Société de biologie, en
collaboration avec M. Javal, une série
d'études fondamentales sur le dosage de
l'urée dans le sang. Normalement,.un
litre de sang doit contenir de 0,15 à 0,50
centigrammes d'urée; lorsque ce chiffre
s'élève à 2, 3 et même 4 ou 5 grammes,
comme on l'a observé, c'est que l'on est
en présence d'un phénomène de réten-
tion, d'un pronostic particulièrement
grave.
Partant de ces travaux, le docteur
Ambard, chef de laboratoire à l'hôpital
Necker, dans le service du professeur
Legueu, eut l'idée, fort ingénieuse, d'éta-
blir, un rapport constant entre l'urée du
sang et l'urée des « excreta ». Ce rap-
port, chez l'individu normal, est inva-
riablement de 0,070; il s'accroît et peut
aller jusqu'à 1,390 chez les urémiques.
Le docteur Chevassu propose la re-
cherche régulière de la constante d'Am-
bard avant toute intervention sur
l'appareil rénal, dans le but d'augmen-
ter les chances de réussite durable, et
d'éviter les interventions par trop dan-
gereuses.
Horace Bianchon.
Autour de la Politique
Avant le Congrès radical
La Dépêche de Toulouse publiera demain
une interview de M. Caillaux, ancien prési-
dent du conseil.
En voici les passages essentiels
J'ai eu souvent l'occasion de dire qu'on qua-
lifie improprement notre parti, ou plutôt insuffi-
samment, en l'appelant « le parti radical » ou
bien en disant qu'il est composé desrépublicains-
de gauche, des radicaux et des radicaux-socia-
listes, A la vérité, nous sommes le grand parti
démocratique français,- qui, également éloigné
des agitations révolutionnaires et des menées de
la réaction, continue les partis de gauche, les-
quels, pendant le siècle dernier, ont lutté pour
conserver et agrandir la liberté française.
La période des vastes conquêtes est close. Il
faut maintenant organiser la démocratie. C'est
tout le problème de l'heure. Il n'en est pas de
plus grand. Pour le résoudre, il faut au préa-
lable organiser fortement les partis deux con-
ditions dont je suis sûr qu'elles sont nécessaires,
dont je ne dis pas qu'elles sont suffisantes, doi-
vent être tout d'abord réunies. Il faut fixer une
discipline, il faut déterminer un programme de
réalisations immédiates assez précis et assez me-
suré tout à la fois, pour qu'on puisse dire que
quiconque no l'acceptera pas n'est ni un répu-
blicain ni un démocrate sincère.
Je ne doute pas que le congrès db^ Pau, s'il
entre dans ces vues, ne parvienne aisément et à
fixer une discipline et à arrêter un programme
de législature, un programme minimum. Je n'ai
pas la prétention d'étudier ici, ni même d'envi-
sager les points principaux de ce programme. Il
me parait cependant qu'il devra comprendre les
mesures nécessaires pour protéger, développer
l'école laïque, qu'on ne défendra pas avec des
paroles, mais avec des actes, qu'il lui faudra
aller assez loin dans cette voie pour que l'ensei-
gnement national soit définitivement mis à l'abri
des atteintes du parti clérical.
Il me semble encore qu'un parti comme le nô-
tre qui est, qui doit être un grand parti national
qui, s'il a toujours protesté contre l'exploitation
du patriotisme si souvent tentée par d'autres a,
datisses'tradittons.'tL&ns son 'histoire,' la1 défense
de la patrie et-do la liberté françaises qui furent
également menacées à certaines heures par l'é-
tranger et par ceux qui se -joignirent à lui, a le'
devoir d'exiger une organisation plus complète,
plus méthodique de la défense nationale, orga-
nisation qui, plus étroitement liée à la concep-
tion do la nation armée, exclurait tout gaspillage
d'hommes et d'argent.
Parlant de l'impôt sur le revenu, M. Cail-
laux déclare
Il faut que ce projet aboutisse dans ses
principes, dans son cadre, dans ses lignes es-
sentielles et sans doute étant données les nou-
velles charges militaires, il devra être complété
par un impôt progressif sur le capital, bâti sur
le même modèle. Mais je m'arrête. Gouverner
avec son parti pour la France, a été ma for-
mule do gouvernement. Agir avec son parti
pour organiser la démocratie an bien de la
France, telle est ma formule de militant. »
M. Caillaux termine en affirmant qu'avant
tout et par-dessus tout, il faut se dégager de
la politique de clientèle.
Un banquet à M. Barthou
Un banquet sera offert, le 26 octobre, à M.
Barthou, président du Conseil, par le comité
républicain do l'arrondissement d'Oloron, à
l'occasion de la fête du Comice agricole et de
l'inauguration de l'école primaire supérieure
des filles.
Déplacements ministériels
M. Etienne, ministre de la guerre, s'est
rendu hier à Nancy. Il a été reçu sur le quai
de la gare par MM. Reboul, préfet le géné-
ral Focli, commandant le 20° corps d'armée,
et son oftlcier d'ordonnance le commandant
Picard le médecin inspecteur Schneider, di-
recteur du service de santé M. Nérot, ins-
pecteur principal de la Compagnie de l'Est.
Le ministre est descendu à la préfecture
où des appartements lui ont été réservés.
Il inaugurera aujourd'hui, à Longwy (Meur-
the-et-Moselle), une station d'aviation il se
rendra ensuite à Longuyou où ira le rejoindre
le général Chevalier, directeur du génie au
ministère de la guerre, et visitera les nou-
veaux casernements construits pour loger les
9° et 18° bataillons de chasseurs à pied. De
Longuyon, le ministre ira â Verdun où il cou-
chera et où lundi il vi'sitera les casernements
en cours d'achèvement. Il ira également à
Conllans-Jarny et à Labry (Meurthe-et-Mo-
selle) inspecter les haraquements où vient
d'arriver le 16° bataillon de chasseurs à pied
venant de Lille.
M. Klotz, ministre de l'intérieur, présidera
aujourd'hui, à Rollot (Somme), le banquet
qui suivra l'inauguration de lalignedeMont-
didier à Lassigny.
M. Jean Morel, ministre des colonies, s'est
rendu ce matin à la Clayette (Saône-et-Loire),
pour présider la cérémonie patriotique au
cours de laquelle on doit remettre les mé-
dailles à 140 combattants de 1870-1871. A
midi, M. Morel présidera un grand banquet
populaire et prononcera un discours.
M. Alfred Massé, ministre du commerce, est
arrivé hier soir à Poitiers et est descendu
à la préfecture. Il se rendra à Chauvigny
par train spécial et présidera Un grand ban-
quet démocratique. M. Massé rentrera le soir
à Paris.
M. Henry Chérqn, ministre du travail, pré-,
sidera aujourd'hui la cérémonie d'inaugura-
tion de la mairie et du bureau de poste de
Manerbe (Calvados) et procédera a la l'e-
mise de la médaille de 1870-1871 aux anciens
combattants habitant la commune.
Mouvement judiciaire
Le garde des sceaux a envoyé à la signa-
ture du Président de la République, à Mar-
seille, un important mouvement judiciaire,
qui a pour point de départ la nomination au
poste de conseiller à la Cour d'appel de Paris
de M. Chênebenoit, juge d'instruction au tri-
bunal de la Seine, en remplacement de M.
Laporte, admis à faire valoir ses droits à la
retraite et nomme conseiller honoraire.
M. CMnebenoit appartient au tribunal de
la Seine depuis 1903, où il remplit depuis
neuf ans les fonctions de juge d'instruction.
M. Chôncbenoit est remplacé, comme juge
d'instruction, par M. Durand, substitut du
procureur de la République.
Un banquet en l'honneur
du consul général des Etats-Unis
La colonie américaine de Paris a beau-
coup de qualités, mais par-dessus tout
au monde elle possède l'esprit, pratique
de la solidarité. Hier soir, à l'Elysée-
Palace, la Chambre de commerce des
Etats-Unis et le Cercle américain de
Paris offraient un banquet en l'honneur
du consul général M. Frank H. Mason,
qui depuis huit ans exerce ses fonctions
avec un zèle, une intelligence et une vo-
lonté auxquelsnon seulementses compa-
triotes, mais les Français qui le connais-
sent- et ils sont nombreux rendent
un juste hommage.
Le bruit a couru que bientôt pas
tout de suite M. Frank Mason allait
volontairement prendre sa retraite. Alors
toute la colonie américaine s'est émue
et, hier soir, toutes les personnalités de
cette colonie et, au premier rang, l'am-
bassadeur des Etats-Ums, l'honorable
Myron T. Herrick, .se trouvaient réunis
,à table, autour du consul général.
Ce fut une fête de famille très tou-
chante que présidait M. Shoninger, le
très sympathique président de la Cham-
bre de commerce américaine.
 l'heure des toasts, M. Shoninger se
leva le premier; très éloquemment, il fit
l'éloge de M. Frank Mason, d'abord offi-
cier, puis journaliste, brillant dans le
reportage et dans l' « éditorial », puis
enfin entrant en 1880 dans la carrière
consulaire.
11 y avait plus de cent cinquante
convives, et les applaudissements écla-
taient de toutes parts.
Puis M. Benet lut une résolution de
sympathie, de gratitude, d'affection pour
M. Frank Mason, et les bravos reten-
tirent de nouveau.
Ce fut alors le tour du consul général
de prendre la parole. Tour à tour, humo-*
riste, historien, diplomate, journaliste,
il charma tous les convives, et ce fut une
ovation qui accueillit ses paroles, lors-
qu'il déclara que des guerres pour-
raient encore survenir, mais qu'aucun
conflit sérieux n'était possible entre les
Etats-Unis et la République française,
tant les liens d'affection et d'intérêt qui
les reliaient étaient puissants.
M. lnman Barnard, notre très dis-
tingué confrère de la presse mexicaine,
et vice-président du Club américain de
Paris, fit à son tour l'éloge de M. Frank
H. Mason, et enfin l'ambassadeur des
Etats-Unis, M. Herrick, dans un langage
des plus élégants et des plus fins, traça
un définitif portrait du consul général
qui se retirera de sa propre volonté, à
l'heure qu'il choisira, pour faire place
aux jeunes, quoi qu'il soit « loin d'être
un invalide » et qu'il mérite d'être un
exemple pour ceux qui le suivront.
Des hurrahs accueillirent ce petit dis-
cours La solidarité américaine ne s'était
jamais manifestée de façon plus intense.
M. Andrew Lillié, doyen de la colonie,
deuxième vice-président du Cercle amé-
ricain s'était fait également applaudir en
vantant la belle carrière de M. Mason.
Le consul général des Etats-Unis a
reçu, à la fin du banquet,, un cadeau su-
perbe, une magnifique corbeille en. ar-
gent recouverte .du..drapeau., des Etats-
Unis. Mais bientôt dans cette corbeille
seront placées des fleurs, celles que les
convives de ce banquet inoubliable au-
raient désiré envoyer à Mine Mason, qui
fut associée dans tous les toasts portés à
son mari, et parmi ces fleurs figurera
certainement, dominant toutes les autres,
la rose de France, symbole de fidélité et
de gratitude au diplomate très distingué
qui honora notre pays de sa constante
amitié.
Maurice Leudet.
A l'Ermitage
de Sérignan
UNE SÉANCE DE POSE
L'autre jour, quand nous arrivâmes à Séri-
gnan, où bientôt le Président de la République
viendra saluer J.-H. Fabre, c'était l'heure de
la sieste. La maison était tranquille. Le maî-
tre reposait sur un canapé, la tête dans son
vaste feutre. A ses pieds le chien dormait.
Dehors, attentives à ne pas troubler le som-
meil du maître, les jeunes filles lisaient. Bien
que notre visite fût attendue, nous avions
l'air d'arriver fort mal à propos.
Depuis le matin, le grand statuaire Char-
pentier charriait une grosse motte de terre
glaise et se demandait s'il ne convenait pas
d'ajourner à plus tard la première séance de
pose.
A ce moment, un léger bruit vint de la
salle à manger c'était le vieillard qui rêvait
peut-être.
Doucement, avec des précautions infinies,
nous nous approchâmes de lui. Nos pas, dis-
crets pourtant, semblèrent le réveiller. Ses
grands yeux noirs nous fixèrent, puis souri-
rent.
Il y a des bourgeois qui sacrent et grima-
cent quand on interrompt leur sommeil. Lui
se dressa sur son séant sans se plaindre, nous
tendit la main, et cinq minutes plus tard po-
sait devant le sculpteur avec une docilité
souriante.
Ah cotte heure de pose Quel admirable ta-
bleau aurait pu prendre là un cinématogra-
phe Fabro avait simplement demandé la
permission de fumer quelques pipes et
fumait abondamment, si bien que des nua-
ges bleus venaient parfois auréoler son cha-
peau.
Devant lui, Charpentier travaillait avec
allégresse, avec respect; il avait conscience
d'avoir sous les yeux un incomparable mo-
dèle. Ses poings fiévreux tapaient dans le
bloc de glaise comme s'il eût voulu d'abord
réveiller la matière inerte c'était comme
une sorte de corps à corps. Puget devait ru-
doyer ainsi l'argile d'où sortirent ses cariati-
des.
Puis, peu à peu, les mains du maître se
calmèrent, et à mesure que la tête se déta-
chait de la motte informe, ses doigts pétris-
saient plus doucement. Au bout d'une demi-
heure, c'était déjà Lui Toute la famille sui-
vait avec une curiosité ravie l'éclosion du
chef-d'œuvre, et l'auguste vieillard, entre
deux bouffées de pipe, disait des mots que
nous recueillions pieusement. Enfin une voix
s'éleva d'un coin de la salle « Il va par-
ler » C'était la fille aînée du savant qui
ne pouvait plus longtemps contenir son émb-
tion.
Il n'y avait pas une heure que Fabre posait,
et son buste était déjà là, frémissant de res-
semblance et de vie D'autres n'avaient vu
dans" ce noble visage que les rides et l'usure
de l'âge. Charpentier en avait découvert et
traduit la magnifique sérénité,
Eh bien! père, n'est-ce pas qu'il est
ressemblant ? questionna la plus jeune des
enfants.
Je n'en sais rien, répondit le savant.
Je ne me suis jamais vu. Je n'avais pas le
temps
Quelle pensée à inscrire sur le socle du
prochain monument 1 Ch,: Formentîn.
Ch. Formentin.
DANS LA MARINE
Pour la sécurité du tir
On se souvient sans doute du doulou-
reux accident qui survint, au mois de
juin 1912, à bord du croiseur Jules-
Michelet, mettant une fois de plus
notre marine en deuil. Une charge de
poudre s'enflamma prématurément lors-
qu'on l'introduisit dans un canon,
parce que des débris en ignition, prove-
nant du coup précédent, se trouvaient
encore dans l'âme de la pièce.
Il fut ainsi démontré, de la manière la
plus douloureuse, puisqu'il y eut mort
d'hommes, que la chasse d'air com-
primé que l'on pratiquait dans nos canons
n'était pas suffisante pour projeter au
dehors ces débris en ignition. Acceptable
avec des canons de modèles anciens, ce
système de nettoyage ne l'était plus de-
puisque les canons allaient toujours en
augmentant de longueur. On décida donc
de revenir au vieux système des artil-
leurs d'autrefois, qui, tout bêtement,
lavaient à grande eau leur canon après
chaque coup.
A l'époque de l'accident du Michelet,
un système de nettoyage à l'eau pour nos
nouveaux canons était déjà à l'étude,
sous l'inspiration du capitaine de vais-
seau Schwerer, commandant à bord du
Pothuau, de l'Ecole pratique d'artillerie
navale. Il consistait à pulvériser dans
l'âme, au moyen de l'air comprimé, une
certaine quantité d'eau, d'où son nom
d écouvillonnage hydro pneumatique.
L'accident du Michelet eut pour effet do
faire hâter les études en question et de
provoquer l'adoption de ce nouveau sys-
tème.
Il a donné toute satisfaction depuis
lors. Quelques officiers avaient craint,
au début, que l'eau dont on allait se ser-
vir vint endommager les multiples ap-
pareils électriques encerclant les canons
modernes dans les tourelles cuirassées
qui les abritent. Mais ces craintes furent
vaines. La quantité d'eau pulvérisée est
très minime et aucun inconvénient n'est
venu infirmer l'emploi du système hydro-
pneumatique. Et l'on peut dire que, sur
ce point du moins, la sécurité du tir est
devenue absolue dans notre marine.
Marc Landry.
URF.
'"RF.!
est vendue j }
à qui?. Tous. i
Combien 2S centilties j
Si vous voulez y comprendre
quelque chose, attendez le |
16 Octobre–]
LE SECRÉTAIRE
*̃ '̃ '̃̃ DE LA .• '••
Fédération des Locataires
ET LE CONSEIL MUNICIPAL
Le secrétaire de la Fédération des locataires,
qui tenta jeudi dernier d'installer une famille
de sans-logis sur la place de l'Opéra, a main-
tenant imaginé d'avoir recours à une nou-
velle méthode.
Estimant que le Conseil municipal de Paris
a une part de responsabilité dans la crise des
logements, M. Cochon a annoncé qu'il avait
l'intention d'envoyer des familles nombreu-
ses, accompagnées d'un délégué de la Fédé-
ration des locataires, sonner à la porte des
conseillers municipaux et prendre possession
des appartements occupés par nos édiles.
Cette nouvelle méthode a été mise hier en
pratique. M. Henri Galli, ancien président
du Conseil municipal, a eu les honneurs de
cette inauguration. La famille Alegrat, com-
posée d'une veuve et de trois enfants, s'est
présentée, accompagnée du secrétaire de M.
Cochon, rue d'Offômont au numéro 17, où
habite le distingué conseiller du quartier de
l'Arsenal.
Il a été répondu à Mme Alegrat qui insis-
tait pour voir M. Galli, que ce dernier se
trouvait actuellement en délégation en Espa-
gne. On l'a engagée à se rendre à THôtel-dc-
Ville et à demander à être reçue par le secré-
taire de M. Galli. Le délégué de la Fédération
des locataires s'est alors retiré, emmenant
dans sa retraite Mme Alegrat et ses enfants.
Mais tandis que M^ Cochon prenait ainsi à
partie nos édiles, l'un d'eux, M. Adrien Ou-
din, se préoccupait des' agissements encom-
brants de M. Cochon et écrivait au préfet de
police la lettre suivante
Paris, 11 octobre 1913.
Monsieur "le préfet,
La. circulation sur la place de l'Opéra a été
interrompue pendant un assez long temps, jeudi;
dans le courant de l'après-midi.
Bien que très désireux de voter toutes les me-
sures et tous les subsides capables d'améliorer
le sort des malheureux et surtout des familles
nombreuses, j'ai été révolté par le lamentable
spectacle dont a été témoin le quartier que je
représente, et je ne puis comprendre que, sous
prétexte de philanthropie, la misère soit étalée
sur la voie publique par des gens qui ne crai.
gnent pas de se prêter à une aussi sinistre co-
médie.
Comme des facéties semblables sont annon-
cées dans les journaux, par les soins d'un
homme qui semble vraiment trop rechercher une
réclame aussi facile que personnelle, j'aurai
l'honneur, à l'une des prochaines séances du
Conseil municipal, de vous demander les mesu-
res sévères quo vous comptez prendre pour em-
pêcher le retour de faits aussi regrettables, tant
au point de vue de la circulation publique qu'au
point de vue purement moral.
Je vous prie d'agréer, etc.,
Adrien OuDiN,
Conseiller municipal.
Nous approuvons pleinement l'initiative
de M. Adrien Oudin. Peut-être que si des
entreprises du genre de celle dont nous ,par->
lions l'autre jour, et qui avait à sa tête un
homme de la plus haute honorabilité, M. le
sénateur Bérenger, rencontraient plus d'appui
de la part de l'Administration, M. Cochon
ferait moins de vain bruit autour de vraies
misères,
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