Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1905-07-03
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 03 juillet 1905 03 juillet 1905
Description : 1905/07/03 (Numéro 184). 1905/07/03 (Numéro 184).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
Description : Collection numérique : Arts de la marionnette Collection numérique : Arts de la marionnette
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k287029b
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
51e Année 3e Série ̃̃– W 184
Lô Numéro quotidien ss SEINE & SEINE-ET-OiSE 15 centimes DÉPARTEMENTS -.20 centimes
Lundi 3 Juillet 1905
Gaston CALMETTE
Directeur-Gérant
H. DE VILLEMESSANT
Fondateur
RÉDACTION ADMINISTRATIO»
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RÉDACTION ADMINISTRATION!
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de France, et d'Algérie'
C Loaé par ceux-ci» blâmé par ceux-là, me moquant des sots, bravant les méchants, je me hâte
1 de rire de tont~.de peur d'être obligé d'en pleurer. » (Beaumarchais.)
SOMMAIEB
La Mort de /a Séparation i: A. de Mux, de
l'Académie française.
La Vie de Paris la Plage: Comtesse Aoa.
La question du Maroc. ̃_•'̃̃
La salle de Morgan au musée du Louvre Louis
HOURTrCQ.
Les événements de Russie.̃
Figaro à Londres.
ta guerre russo-japonaise En Mandchourie:
DE Beyire.
M. Wàldeck-Rousseau et M. Combes: Le Con-
cordât Memob.
Dessin: Von arme!: CARAN d'Achk.
L'encouragement au bien: CH. Dadzats.
La Vie littéraire: Marcel BALLOT. Il.
Trente Ans de théâtre ADRIEN Bernheim.
Mouvement médical Horace Biakqhon.
Feuilleton Un Monsieur très bien Gustave
Guiches., .̃̃̃
Mort de la Séparation
Aujourd'hui même, la -Chambre aura
terminé, je ne dis pas achevé, l'œuvre
funeste qui, depuis plus de trois mois, lui
donne l'illusion de la vie.
Je m'étais promis d'abord de résumer,
pour les lecteurs du Figqro, cette labo-
rieuse discussion que j'ai, pas à pas,
suivie devant eux.
Je n'en ai plus le coeur. A quoi bon
piétiner ce je. ne sais quoi « qui n'a plus
de nom dans aucune langue »?
La loi de séparation est votée au Pa-
lais-Bourbon, mais la séparation est
morte. •
Elle est morte, tuée par l'admirable
ténacité de. ceux qui l'ont combattue,
J'en puis parler à l'aise et, pour la pre-
mière fois, cette liberté m'est douce,
puisqu'elle me donne le droit de rendre
à la minorité une justice qui, paraît-il,
lui est contestée..
C'est un bruit assez étrange. Quelques-
uns, dit-on, reprochent aux catholiques
d'avoir discuté, voté, amendé la propo-
sition, surtout d'avoir obligé leurs ad-
versaires à l'améliorer Il fallait protes-
ter le premier jour et s'en tenir là Sans
doute aussi, ne plus voter-et ne'plus
siéger ? On assure que le geste eût été
d'une belle crânerie moi, je trouve qu'il
eût -ât£Vvà.la.-lQ!S, coupable. et maladroit-
Ou il faut déserter les assemblées, ou
il faut s'y mêler a la lutte, et quand on
lutte, ce n'est pas seulement pour faire
des gestes, c'est pour remporterai on le
peut, des avantages.
Demandez à la masse des catholiques
comment ils auraient jugé leurs députés
si, pouvant, par exemple, leur conserver
leurs églises et* leurs processions, ils
avaient, avec un beau dédain, refusé dé
le faire
Opportunisme, politique des résultats,
tant qu'on voudra cela vaut mieux que
l'émigration à. l'intérieur. >•
Et. puis quoi ? si on n'eût pas .discuté,
pied à pied, mot par mot, la loi eût été
votée à Pâques, < comme le voulaient M.
Jaurès et ses amis le Sénat; peut-être,
serait déjà près- de la -voter aussi. Où
serait le profit? ?-
̃Non, il faut renverser ces paradoxes.
Si la. séparation fi ni par soulever contre
ellé l'opinion du pays, on le doit, à ceux
qui ont organisé, dirigé, soutenu cette
magnifique" résistance de trois mois.
01 U
;̃; .-̃£-̃̃
Rappelez-vous les premiers jours Le
public étaitindifîérent: d'aucuns, même,
vantaient la séparation comme une déli-
vrance. L'apostasie officielle de la France,
C'était sans doute un malheur, mais les
âpres joies de la liberté allaient en com-
penser le dommage!
Et puis ladiscussion a commencé ses
échos, peu à peu, ont réveillé Fattention;
on a écouté, réfléchi, et qu'est-il arrivé ?
La pétition contre la séparation, en deux
mois, a réuni près de quatre millions de
signatures, exactement trois millions
huit cent cinquante-trois mille deux
cent trente-huit, au dernier compte: et
le paquet monte toujours.
La presse socialiste affecte 'd'en rire.
M. le ministre Bienvenu-Martin, dans
une de ses excursions dominicales, s'y
est aussi exercé: « Ce sont des signa-
tures de bonnes femmes et de sacris-
tains, extorquées par le curé et par le
hobereau » Mais dans les départe-
ments, cela ne prend pas. Voilà qu'on
affiche sur les murs, dans les cirçons-
criptions des radicaux, le chiffre des élec-
teurs qui ont signé et de ceux qui avaient
voté pour le député du Bloc: or, ceux-là
mettent ceux-ci en minorité! M. Sarrien,
qui pourrait être ministre, a eu cette sur-
prise, et aussi M. démentel qui l'est, et
encore d'autres seigneurs de moindre
importance..
Alors, vous avez vu ce qui s'est passé.
Au retour des vacances de Pâques, tout
à coup le ton a changé. Les églises, les
processions, les cloches, on nous a tout
abandonné. On s'estdemandé d'où venait
ce bel accès de libéralisme, et, pour un
peu; on aurait cru à la conversion des
jacobins. Tout simplement, là-bas, au
pays, on avait causé avec les bonnes gens,
et on s'était aperçu que l'idée de la sépa-
ration, une foisbien comprise, n'était pas
du tout populaire. Le cas était grave: il fal-
lait aviser Entre la Loge et l'électeur,
comment faire? Si on essayait, sans re-
noncer à la séparation, de la rendre im-
possible, en ayant l'air de. la rendre ac-
ceptàble 1 Depuis la rentrée de mai, la
Chambre agite ce "problème tenez pour
certain que c'est l'explication de son
incohérence.
*̃̃
Voilà comment la séparation, déjà mal
en point, s'en va tout doucement au tom-
beau. Personne, au fond, n'en veut plus.
Les catholiques, d'abord, naturellement
outre que la rupture du Concordat et la
spoliation du clergé demeurent pour eux
d'invincibles raisons de principe contre
la loi, ils ont appris par la discussion
cette discussion qu'on leur reproche et
qui leur fut si profitable quels pièges, à
peine dissimulés, le jacobinisme a caché
sous ses apparentes concessions. En dé-
pit des belles paroles, ils n'ont oublié ni
les'fameuses « circonstances de fait »,
inventées pour soumettre à l'arbitraire
ministériel toute l'organisation du culte,
ni le petit Code pénal spécial institué,
pour finir, à l'usage des curés et des
vicaires.
Les autres, c'est pire eifcqre! Ecoutez-
les.dans les couloirs On leur avait dit
« La séparation ? rien de plus facile
une belle déclaration de principes et la
suppression, du budget des cultes; un
point, c'est tout. » Et puis, une fois à
l'oeuvre, voilà qu'on leur a découvert
des monceaux de difficultés dont ils ne
se doutaient pas! Et il fallait les voir! 1
chaque fois qu'il était question d'une li-
berté, on se récriait « Mais les droits
de l'Etat! l'ordre public la surveillance
des curés! » et le pauvre M. Briand de
répondre « Mais, mes chers collègues,
vous oubliez qu'en régime de séparation
il n'y a plus de Concordat, plus de lois
organiques!» Alors c'était un désarroi,
et on votait' une liberté, que le lende-
main on essayait de reprendre. Tant et
si bien qu'à présent on ne sait plus du
toutou on en est..
Le budget des cultes n'est même pas
supprimé, étant en partie rétabli par les
pensions. Le plus clair, c'est que le gou-
vernement n'aura plus rien à, voir dans
la nomination des évêques et des curés,
et c'est de quoi rendre rêveurs nos sépa-
ratistes qui se demandent ce qu'ils ont
gagné à l'affaire.
Aussi, grande colère de la Lanterne ̃
Au moment où la Chambre abor-
dait les articles relatifs à la police des
cultes, elle dénonçait «la dernière tra-
hison »! On avait, à propos des contra-
ventions possibles dans l'organisation
des associations cultuelles, supprimé
la peine de Temprispnn<}ment. « Est-ce
que cela va devenir un système ? s'écrie la
Lanterne. Ce serait vraiment la fin de la
séparation et nous qui avons souhaité
tant de fois comme une-victoire décisive
le vote de cette grande réforme..1, nous
préférerions la voir ajourner encore. »
Je vous dis que la. séparation est morte.
;̃̃•̃•̃: '̃ /"r" ̃
Et- savez- vous ce qui l'a tuée plus sûre-
ment que le pétitiobnement, plus défini-
tivement que la discussion? C'esU'odieux
spectacle' offert au pays par ces disputes
byzantines, à l'heure mêm.e où tout à
coup le grand frisson de l'émotion pa-
triotique a passé dans ses moelles.
Ce jour-là, les voiles sont tombés le
péril clérical, l'affranchissement de la
raison, là-victoire de l'esprit laïque ont
paru. des; mots vides qui, soudain, ont
glacé lés cœurs •
Pour la forme, surtout pour. éviter
d'autres sujets, on a continué, au Palais-
Bourhon, à. parloter sans entrain, sans
conviction, devant les banquettesdéser-
tées. Au dehors, nul n'a plus^écouté.
Une voix montait, toujours plus forte,
que, seule, on entendait; d'abord jetant
l'émoi, bientôt faisant taire les- alarmes
et les plaintes elles-mêmes les plus jiîs-
fifiéés, dominant le bouTdônnemehtdes
doctrines dissolvantes, étouffant le siffle-
ment des sectaires, prenant enfin ̃pos-
session des esprits et des âmes. 'C'était
la voix de la patrie! ̃:
Vous souvenez-vous de cette sympho-
nie de Beethoven qu'en -.mai dernier fit
entendre ici Félix Weingartner, et dont
Pierre Lalo donna pour ses auditeurs
une si belle analyse? C'est: d'abord un
souffle inquiet et frémissant « Un petit
souffle a passé sur ma face et le poil de
ma chair s'est hérissé dans l'ombre. »
Puis, dans ces ténèbres, comme une lu-
mière foudroyante soudain jaillit le
thème final: fa destinée est surmontée
une fois de plus! Berlioz conte qu'en
l'entendant, un vieux soldat de la Grande
Armée se leva tout droit et cria «L'Em-
pereur! » •
Ainsi un souffle a passé sur notre
chair; un moment l'émotion a troublé
les, âmes; et puis, tout à coup, dans l'obs-
curité qui les angoissait, des mots ont
éclaté, stridents, comme, dans le jour
assombri, des éclairs lointains; alors,
d'un sursaut, tous, nous nous sommes
levés, tout droit, en criant «La France »,-
et ce fut la mort de la séparation.
A. de Mun,
de l'Académie française.
LA VIE DE PARIS
LA PLAGE
Paris n'est pas au bord de la mer, ne songe
même plus, en ce moment, à devenir «port de
mer >, et, néanmoins, possède., grâce à l'argot
mondain, une belle plage de sable jaune,
très ensoleillée quand le ciel est bleu, et très
exposée au vent lorsque souffle la bise.
Une étroite nappe de verdure, enserrée
dans un affreux grillage, remplace peu avan-
tageusement les flots absents.; et le bruit in-
fernal, des autos, des voitures, des cyclistes et
des piétons se remuant, criant, s'agitant, ne
donne nullement l'idée du grandiose mugisse-
ment des vagues et du poétique murmure des
ondes calmes. Beaucoup cependant sincère-
ment préfèrent, même en été, ce coin de < leur
Paris aux plus belles-plages d'autres, faute
de mieux, se contentent de ce semblant d'illu-
sions maritimes,: les heureux de la vie sont
les sages qui, en toutes choses, d'un semblant
d'illusion réalisée, font un brin de bonheur.
A vrai dire, le vaste trottoir de l'ex-avenue
de l'Impératrice, car, on l'a deviné, c'est de lui
qu'il s'agit, est le seul endroit de notre chère
grande ville affairée où réellement on se pro-
mène quelquefois. Dans les rues, sur les bou-
levards, même aux Champs-Elysées, on fait
des courses ou des visites ici, seulement, et
plus loin, au bois de Boulogne, qui déjà n'est
plus tout à fait Paris, on marche en causant,
ou l'on cause en marchant, pourvu que l'on
soit deux, surtout, peut-être; si l'on n'est que
deux.
Le dimanche matin, quand le temps le per-
met, il y a spécialement grande affluence. A
l'issue de la messe de onze heures, les belles
paroissiennes de Chaillot, de Saint-Philippe du
Roule, de Saint-Honoré d'Eylau, etc., etc.,
font, comme à Trouville ou Dieppe, leur tour
de plage. Avant la dispersion générale, pre-
nons vite un instantané:
La princesse Ferdinand de Lucinge, ravis-
sante dans un costume court, de coupe irré-
prochable, et le prince F. de Lucinge croisent
le duc, la duchesse et Mlle de Bassano qui,
après avoir été reprendre leur chien favori
un beau king-charles, hâtent le pas pour
arriver le plus vite possible au Bois où ils
continueront leur « footing » en face de la rue
Sp,ontini, cependant, ils s'arrêtent un instant
pour causer avec le comte et la comtesse Louis
de Viel-Castel –née. Bassano qui rejoi-
nent leur jolie installation de la rue Pomereu.
Au même instant, Mme et Mlle Fourton atten-
dent Mme Henri Letellier la mère et les deux
sœurs forment un trio, très admiré dans l'ave-:
nue comme partout où on l'aperçoit. Rien de.
surprenant à ce que de pareils modèles aient
tenté le crayon d'Helleu dont la femme passe
quelques instants plus tard. Grande, blonde,
mince, avec des yeux pervenche qui parlent,
un nez légèrement retroussé, Mme Helleu est
le type de la c Parisienne tel que son mari
le transmet à la postérité. Sa fille ainée, une"
belle 'fillette d'jane douzaine d'années, l'ac-
compagne.
Plus loin, la duchesse de Noailles, une aris-
tocratique apparition, se dirige vers le coach
du duc quoiqu'elle habite tout près, rue de la
Faisanderie, elle ne vient que très rarement.;
Le baron Van Zuylen et ses deux fils descen-
dent d'automobile. On entoure et on félicite
Mlle Suzanne Lemaire, fille de Mme Made-
leine Lemaire pour le coffret très réussi qu'elle
a envoyé au Salon de la Nationale t. Le cof-
fret de Suzette > est un des succès de la sai-
son artistique. Ici et là le comte et la com-
tesse de Castéja avec leurs enfants; Mme
Delyannis, femme du ministre de Grèce à
Paris, portant sous son. bras son mignon
toy-terrier le baron et la baronne de Linsin-
gen le baron 'et la baronne Engelhardt, qui
surveillent leurs, fillettes Mme Trouard-
Riplle avec son- fils, dont elle parait être la
sœur, plus belle que jamais dans le costume
de piqué blanc jupe longue et grande redin-
goté -tout -uni«Sf adopté en ce moment par les»
femmes qui décrètent la mode la comtesse et
Mlle. Récopé; Mme Maurice Sarah-Bernhardt
et ses enfants; M. et Mlles Lemoyne M. et
Mlle Saint-Paul; la comtesse et Mlle de Ca-
zotte la marquise de Fraysseix et ses char-
mantes filles rainée,; mariée au comte de
Beaufranchetjila. seconde, qui fait.au pastel de
ravissante portraits.; la. baronne et Mlles de
Kertanguy .̃:•' l'une d'elles tout récemment
fiancée au'baron de .Berthois, et très compli-
mentée. V '̃ ̃
Beaucoup déjeunes filles fréquentent .Je, sa-
lon, à la fois très' éclectique et "familial, qu'est
« la Plage »; en revanche, malgré son appel-
lation, peut-être même à cause de cette ap-
pellation quelque peu ironique, elles ne s'aven-
turent qu'exceptionnellement dansJé « Sentier
de.la Vertu envahi par une quantité de jolies
femmes rivalisant d'élégance, et par. des cé-
lébrités féminines et masculines se recrutant
dans les plus divers mondes. Je reconnais suc
cessivement allant de ce côté la comtesse de
L'Èspée née de Beaurepaire,' Mmes G. Kohn,
René Maizeroy, Suzanne Oevoyod, Gabrielle
Dorziat, Çappiello, baronne de Marchi, Mmes
F. et W. Blumenthal, Edmond Përier, la com-
tesse Horric de Beaucaire, M.. Le Roux de
Villers, Wanters, Mmes Delss, de Lucius, le
comte des Mazières, Madge, Dorville, Saint-
Geniès, le marquis de Naurois, la marquise de
Montferrier, M. et MmeGreger, M. Lavoignat,
Sem, Louise Balthy, Nelly.Van Streten, M.
Vien, le comte Pillet-Will,' Mme Jeanniot,
Mme Merino, Mme Jagerschmidt, le comte
d'Elva, Mme de Pomairols, la comtesse de
Frise, M. et Mme Paul Gers, le comte et la
comtesse dé La Jourdonnie, le comte dejal-
lerange, le comte et la comtesse de Reiset,
M. dé Martigny." ̃ l,
En face.de.Mme Traktir tout un clan d'An-
glaises fixées à Paris: Mrs Jones., une contem-
poraine de la reine Victoria, la plus aimable des
doyennes du quartier la baronne de Ziegesar,
miss Lardner trois charmantes jeunes ma-
mans Mrs Stuart Wolseley, femme de l'atta-
ché militaire à l'ambassade d'Angleterre;
Mrs Humpherey et Mrs Behrens. Les papas
examinent les chevaux attelés ou montés, les
babies jouent entre eux. «Joujou » Humphe-
rey interrompt une partie de cache-cache pour
crier « bonzour à M. Santos-Dumont, qui
passe en électrique et ne l'entend pas. Un
chien grogné près d'un des petits jumeaux
Behrens, qui semble un peu .effrayé son frère
lui dit très haut: < Tu n'es donc pas Anglais,
tu as peur
Dans le tas des enfants que leurs gouver-
nantes ou leurs nurses regardent faire des
pàtés de sable ou envoyer une toupie dans les
jambes des promeneurs, une' jolie fillette de
sept ou huit ans attire spécialement l'atten-
tion ses parents dépensent, parait-il, plus de
soixante mille francs par an pour sa toilette.
Quelle folie !.s'écvie-t-on à l'unanimité.
Le marquis de Noailles regarde songeur
toute cette jeunesse qui jacasse dans les plus
diverses langues, car il y a là au moins autant
de petits étrangers que de petits Français;
continueront-ils à fraterniser affectueusement?
Seront-ils, au contraire, appelés à s'entre-tuer?
Leurs jeunes papas, leurs grands frères évite-
ront-ils cette terrible éventualité?. L'ambas-
sadeur qui a rendu tant d'éminents services à
la France, le grand seigneur qui savait se
faire écouter sur les bords de la Sprée, sem-
ble un instant se le demander.
Puis il relève la tête, contemple l'Arc de
triomphe, dont la masse imposante se profile
à l'horizon proche, et lentement s'éloigne,
respectueusement salué par tous ceux qui le
reconnaissent.
Coœtssse Ada.
Échos
? La Température
Une hausse importapte du baromètre s'est
produite dans le sud-ouest du continent, ame-
nant une amélioration du temps sur nos ré-
gions. Hier matin, la pression était assez uni-
formément élevée sur .toute l'Europe à Biar-
ritz, on notait 767mm; à Paris, vers midi,
765mm g. Néanmoins, on signale encore quel-
ques-orages dans le nord-ouest et l'est de la
Eirance. Sur nos côtes, la mer 'est belle géné-
ralemént.
La température devient très élevée sur l'Eu-
rope centrale. Elle était hier, à Paris 190 au-
dessus de zéro à sept heures du matin et 280
à trois heures de l'après-midi. Très belle
journée.
Départements, le matin, à sept heures. Au-
dessus de \è.ro 140 Limoges, 150 à Brest,
à Rochefort, à Bordeaux et à Clermont, 160 à
Boulogne, à Lorient, au Mans et à Toulouse,
170 à Biarritz et à l'île d'Aix, 18° à, Dunker-
que, à Nancy et à Lyon, igo à Belfort, 200 à
Besançon et à Cette, 210 à Perpignan et à
Nice, 230 à Oran, 26o à Alger.
En France, un temps beau et chaud est pro-
bable. Le soir, le baromètre était à 766mm.
Dieppe (à 2 h. 39 de Paris). Beau temps,
mer belle. Thermomètre igo.
tàu1 New York Herald:
Berlin Beau. Température à midi, 250.
Londres Beau. Température minima, 130
màxima, 220. Vent faible du sud-sud-ouest.
Baromètre, 764"!™.
New-York Orageux, brumeux des aver-
ses. Température minima, 200 maxima, 220.
Vent sud faible. Baromètre en baisse.
?•"•̃.̃ '_̃'̃ Les Courses .̃̃
Aujourd'hui; à deux heures, Courses à
Sàint-Gloud. Gagnants du Figaro
'Prix des Tulipes Ecurie Vanderbilt ou
Alerte.
Prix des Saules Madrigal II ou Le
Souvenir.
'Prix des Cytises Malta ou Orgueil.
Prix de la Souree Dwina ou Iridian
Dànce.
IJàndicflp dEté Loriot ou Ecurie
Lieux..
Prix des Cèdres Champ d'Or ou Te-
bes.s.a.. ̃̃̃.
t LES PROCESSIONS
lw On ne voit pas bien comment les
**< processions peuvent empêcher les
libres penseurs de penser librement. Si
ce spectacle ne lesintéresse pas, ils n'ont
qu'à n'y point assister. Il est un peu fort
que quelques "poignées de jacobins grin-
cheux régentent .des villes entiëres et
réussissent à priver leurs concitoyens
d'une cérémonie que-la majorité trouve
belle et qui est, à tout le moins, inoffen-
siy.e., ..•̃•̃•••
Au cours du débat sur la séparation
des Eglises.et de l'Etat, malgré les pré-
jugés anticléricaux qui sont si puissants
au Palais-Bourbon, .la Chambre a refusé
formellement d'interdire les processions.
On sait que le droit de les autoriser ap-
partient ,aux'rm8:ires, sous. je contrôle
dés préfets. Les maires sont dès magis-
trats élus et qui représentent l'opinion
dominante dans leur commune par
conséquent, lorsqu'ils autorisent une
procession, on est certain qu'ils répon-
dent au désir du plus grand nombre des
habitants.
Lés libres penseurs se proclament dé-
mocrates ils devraient donc s'incliner
devant les volontés du peuple: P9.S du
tout Ils ne les respectent que lorsqu'elles
sont d'accord avec leurs passions. Pour
faire échec aux arrêtés des maires libé-
raux, ils ont imaginé un moyen très
simple. Ils annoncent une manifestation
hostile sur le passage de la procession
catholique. Alors le préfet interdit celle-
ci sous prétexte qu'elle pourrait donner
lieu à des désordres, et le tour est joué.
C'est à peu près 'comme si l'on condui-
sait les honnêtes gens au poste pour les
protéger contre les mauvaises rencon-
tres.
A Châtellerault, il y a mieux. Le maire,
homme énergique, avait interdit la ma-
nifestation anticléricale,, et il avait eu
cent fois raison. De cette façon, l'ordre
ne risquait plus d'être compromis, puis-
que l'on coupait court aux manœuvres
agressives destinées à le troubler. Le
préfet n'en a pas moins pris un arrêté
supprimant aussi la procession. Pour-
quoi ?
Un autre maire; celui de Bergerac, a
eu une idée ingénieuse*. Il a autorisé la
procession; il a autorisé égalemsht le
cortège de la libre pensée. Mais il a assi-
gné aux libres penseurs tin itinéraire
qui ne leur permet pas d'entrer en contact
avec les catholiques. Autrement dit, 1
il accorde à tout le monde la liberté, mais
il ne tolère pas que personne entrave la
liberté d'autrui. Ce n'est pas mal jugé.
Seulement, dès l'instant qu'ils ne pour-
ront plus molester les catholiques, les
libres penseurs considéreront que leur
propre cortège n'a plusde raison d'être.
A Travers Paris
La garden party offerte hier par le
Président .de la République et Mme
Loubet a été tout à fait réussie.
Dès 'trois heures, les ministres ont
commencé à arriver à l'Elvsée et à défi-
ler devant M. et Mme Loubet qui les. re-
cevaient entourés des personnes de la
maison civile et militaire et de leur fa-
mille dans le grand salon voisin de la
salle de l'Hémicycle.
Une heure plus tard, il y avait foule
dans le parc.et un grand nombre de
membres du corps diplomatique, du
Parlement, de l'Institut faisaient cercle
sur la grande pelouse, tandis que dans la
salle des fêtes une matinée dansante
était donnée aux jeunes gens.
Saint-Cyr manquait à la dernière gar-
den party. Nos élèves officiers étaient, en
,effet, ily a quinze jours au came de CM-
Ions, mais ils ont rattrapé hier le temps
perdu en valsant jusqu'au soir avec les
jeunes personnes des trois Maisons de la
la Légion d'honneur de Saint-Denis,
d'Ecouen et des Loges.
Favorisée par un temps charmant, la
fête a duré jusqu'à sept heures et ce n'est
que vers huit heures qu'on a fermé les
portes de l'Elysée.
La nouvelle reine du Félibrige, Mlle
Marguerite Bouët, la charmante fille de
notre confrère Léon Bouët, a tenu hier à
Sceaux sa Cour d'amour, entourée des
reines ses devancières, Mlles Yvonne
Bonneau, Jeanne Chazalette, Duparc, et
d'un groupe gracieux de demoiselles
d'honneur..
Mme Loubet avait eu la délicate- pen-
sée de s'associer la fête en offrant une
ravissante broche la jeune reine, bro-
che que celle-ci avait piquée au fichu
complétant son costume provençal.
Mlle Marguerite Bouët, après avoir lu
son message en vers devant l'assemblée
du Félibrige, est allée suivie du cortège
des reines et demoiselles d'honneur cou-
ronner les bustes de Florian, d'Aubanel
et de Paul Arène. »
On s'est ensuite rehd$ à la mairie de
Sceaux où a eu lieu la proclamation des
lauréats, suivie d'un concert, inauguré
par un discours de' M-, Camille Pelletan.
L'ancien ministre aie la marine est
mieux inspiré par Clémence Isaure que
par M. Combes s'il avait borné ses am-
bitions à diriger, au lieu de nos cuiras-
sés, la flotte de Watteau, il aurait obtenu
les plus jolis succès. On l'a applaudi et
sans que cette fois il en coûtât rien à la
France. Une savoureuse improvisation
de M. Sextius Michel a été aussi fort
goûtée.
La journée s'est terminée par un grand
banquet et une joyeuse farandole»
Lâchasse.
Les préfets viennent d'être consultés
sur les dates des récoltes dans leurs dé-
parlements.
Dès,,que leurs réponses seront parve-
nues au ministère de l'agriculture, on y
déterminera les différentes zones d'ou-
verture de la chasse qui aura lieu pour
certaines régions:duMidi dans quelques
semaines. ̃
Elles causent. •
Eh bien! ma chère, avez-vous as-
sisté au moins aux courses enfantines
qu'organise le Polo? Vos enfants y ont-
ils pris part?
Ne m'en parlez pas, je suis furieuse.
J'y ai conduit mon petit Paul. Savez-vous
ce qu'on lui a fait?. On -l'a,' handicapé de
si terrible manière, qu'il a "été dernier.
Comme au lycée, alors.
.Oui. Mais au lycée, ça- m'est égal.
Ça n'a aucune importance. Ça ne se sait
pas. Ça ne se voit pas., Et puis, de bon-
nes études n'ont jamais servi à rien
dans la vie. Ce n'est pas ça, n'est-ce pas,
qui vous fait trouver une- belle situa-
tion ? Tenez, le petit de X. n'a ja-
mais eu que des boules noires a ses exa-
mens. Est-ce que ça l'a empêché d'avoir
toutes boules blanches' lorsqu'il .s'est
présenté au Cercle? Tandis qu'une course
malheureuse, c'est ennuyeux, très en-
nuyeux. Quant on sort beaucoup dans
le monde des sports, je vous assure que
ça n'est pas drôle..
Il me semble, ma chère, que vous
exagérez.
Si ce n'était que mon petit Paul.
Mais dans la course desfillettes, flgurezr.
vous que Suzanne s'est dérobée au bout
de cent mètres. Je l'avais pourtant fait
entrainer par son institutrice qui, depuis
plus de quinze jours, lui' faisait faire
trois fois au trot, aller et retour, l'avenue
du Bois. Et même elle a failli en mourir,,
cette pauvre Frâulein, tant elle avait pris
sa tâche au sérieux. Voilà le résultat.
Suzanne était à bout de souffle au pre-
mier tournant. Et dire qu'il faudra la
marier.
Evidemment, pour toutes les jeu-
nes filles. le mari, c'est le rêve, le but.
Le poteau. ̃
Le commandant Lenfant, dont la su-
perbe exploration terminée l'an. dernier
à pareille époque ouvrait une voie di-
recte de communication du Niger au
Tchad, va repartir pour l'Afrique.
Il est chargé cette fois de la délicate
mission de parcourir et de délimiter
géographiquement les territoires mi-
toyéns du Cameroun allemand et du
Congo français.
L'affluence des vraies élégantes chez
Béchoff-David allant toujours crescendo,
il est important que ces grands favoris
de la vogue élargissent proportionnelle-
ment leur cadre.
C'est donc désormais dans un bel im-
meuble de la place Vendôme qu'ils pré-
senteront leurs délicieuses créations. En
attendant cette installation, ils consen-
tent, sur tous les modèles existants, à
d'énormes réductions de prix.
Que de Parisiennes vont enfin réaliser
leur rêve et s'offrir un manteau de grand
chic ou un stylish costume portant la
signature tant appréciée
Sous ce titre Nos Enfants au collège,
notre collaborateur et ami le docteur
Maurice de Fleury publie aujourd'hui, à
la librairie Armand Colin, les articles
qui ont eu, l'an dernier, un si vif succès
quand il les donnait au Figaro sous la
signature « Un Père de famille ».
Pour, en faire un volume, l'excellent
médecin-psychologue leur a adjoint un
grand nombre de chapitres inédits, trai-
tant du choix d'une école, du rôle du
médecin neurologiste dans l'éducation,
de la suppression du latin, de l'esprit
scientifique, de la psychologie de l'éco-
lier, du libre arbitre chez l'enfant, des
vertus de l'émulation, etc., e,tc.
A la veille des vacances» ce bon ou-
vrage est pour inspirer les plus sages
méditations aux pères de famille et à
ceux qui font profession d'éducateurs.
Tous ceux qu'intéressent, de près ou de
loin, ces questions vitales, touchant l'édu-
cation de nos fils, ne pourront que ga-
gner à lire cet ouvrage, un des meilleurs
qu'ait écrits l'auteur de l'Introduction à
la médecine de l'esprit.
A peine depuis quelques jours le
« pac » a fait son apparition et c'est
déjà un gros succès. Cet ingénieux pa-
quet, absolument hermétique, qui per-
met de livrer au public les excellents
Biscuits Pernot tels qu'il sortent du four,
réalise un progrès fort goûté des con-
sommateurs.
Non contents de rapporter de Saint-
Louis le Grand Prix de l'Exposition, les
Biscuits Pernot ont voulu, en acquérant
ce brevet américain, prouver qu'ils
étaient de jour en jour plus dignes, de la
place qu'ils occupent à la tête de la Bis^
cuiterie française.
Hors Paris
Voici venir les mois pendant lesquels
Genève se transforme en un immense
quartier général pour tous les voyageurs
en mouvement vers le Léman et la vallée
du Rhône. Aussi l'animation est-elle
grande à l'Hôtel Beaurivage que sa situa-
tion exceptionnelle, ses aménagements
intérieurs, son excellente cuisine et sa
cave renommée désignent sans conteste
à toutes les préférences de la société in-
ternationale amie d'un irréprochable
confort.. ̃
Nouvelles a la Main,
Voyage en Suisse.
Voyez-vous ce rocher, dit le guide,
c'est de là-haut qu'un Anglais s'est tué
dernièrement. •
Par accident?
Non pas! Pour son plaisir.
Le jeu des définitions.1
EXÉCUTEUR DES hautes oeuvres. Chef
de section..
̃' •. 'Le Masque 'de Fer.
LA QUESTION DU MAROC
l,e « lïpdiis yivendii »
Ces deux mots « modus vivendi » revien-
nent, paraît-il, comme un leitmotiv parmi
les propos que l'on tient aii sujet des rela-
tions futures avec la France dans les plus
hautes sphères de la politique allemande. On
se rend donc un compte très exact de l'état
d'âm/e delà nation française; et le-« modus
vivëndi » est l'étape première par où l'on sait
qu'il convient de passer.
̃LèS' idées qu'on trouvera datis la note ci-
dessous sont celles qui ont cours, précisé-
ment, dans le milieu très fermé dont nous
parlons. Nous -en avons un témoignage dont
nous pouvons garantir l'exactitude et la va-
leur. Il est .intéressant de savoir .comment
on explique l'attitude de l' Allemagne dans
la question marocaine, les raisons qui ont
dicté l;interverition brusque de la diploma-
tie allemande en cette affaire, comment on
interprète la situation actuelle et surtout
comment on envisage les relations à établir
entre les deux pays.
Laissons la parole à notre témoin, 'qui a pu
recueillir directement, dans un séjour récent
en Allemagne, les impressions les plus inté-
ressantes
« II est difficile, à l'heure actuelle, de
dire quelle sera la forme adoptée pour
résoudre! les affaires présentement- sou-
mises à l'examen des chancelleries
allemande et française. Quelle ïi.ue soit
cette solution, j'ai la conviction absolue
qu'elle sera pacifique, l'Allemagne ni la
France n'étant désireuses de se lancer
dans l'aléa d'un conflit qui ne- saurait
en aucun cas, être profitable à aucune
des deux inàtions. Mais il ne faut pas
perdre de. vue que la question du Maroc
n'est qu'un incident, je dirais presque
secondaire, de la vie internationale des
deux pays, l'aboutissement logique de la
politique de la France durant ces der-
nières années.
» Quoi qu'on en ait dit. l'Allemagne
avait fort bien compris et admis, naguère,
que l'alliance russe constituait pour la
France un contrepoids nécessaire au
danger permanent que certains hommes
politiques françaisredoutaient de .la part
dé la Triple.Alliance. Même après cette
alliance, l'Allemagne n'a pas cessé de
chercher une entente avec la France de-
vànt aboutir au moins, dans le présent,
à un modus vivendi permettant de régler
à l'amiable, par une diplomatie cour-
toise, les incidents qui pourraient surgir
entre les deux pays.
» Mais du jour où le gouvernement
allemand a compris que toute la politi-
que de la France avait pour but unique
d'isoler l'Allemagne en Europe, soit en
faisant avec l'Angleterre une entente
cordiale seulement pour les deux pays,
soit en essayant de détacher l'Italie de la
Triple Alliance ou du moins d'en affaiblir
la portée, il lui était impossible de garder ^j
vis-à-vis dp la France un silence qui au- 3
rait été une abdication de ses droits. De Jf
là est né l'incident marocain qui aurait 11
pu naître bien plus tôt si avant d'en- ve- a
nir là, l'Allemagne n'avait cherché, para
tous les moyens possibles, à ramen la m[
diplomatie française à une plus juste
conception des choses.
» La retraite de M. Delcassé semble
avoir mis fin à cette politique de dé-
fiance vis-à-vis de l'Allemagne. L'avenir •
des relations entre les deux pays est
maintenant entre les mains du gouver-
nement français, qui trouvera en Alle-
magne j'en ai l'absolue conviction, un
sincère désir de résoudre rapidement
l'incident marocain et de prendre les
Lô Numéro quotidien ss SEINE & SEINE-ET-OiSE 15 centimes DÉPARTEMENTS -.20 centimes
Lundi 3 Juillet 1905
Gaston CALMETTE
Directeur-Gérant
H. DE VILLEMESSANT
Fondateur
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de France, et d'Algérie'
C Loaé par ceux-ci» blâmé par ceux-là, me moquant des sots, bravant les méchants, je me hâte
1 de rire de tont~.de peur d'être obligé d'en pleurer. » (Beaumarchais.)
SOMMAIEB
La Mort de /a Séparation i: A. de Mux, de
l'Académie française.
La Vie de Paris la Plage: Comtesse Aoa.
La question du Maroc. ̃_•'̃̃
La salle de Morgan au musée du Louvre Louis
HOURTrCQ.
Les événements de Russie.̃
Figaro à Londres.
ta guerre russo-japonaise En Mandchourie:
DE Beyire.
M. Wàldeck-Rousseau et M. Combes: Le Con-
cordât Memob.
Dessin: Von arme!: CARAN d'Achk.
L'encouragement au bien: CH. Dadzats.
La Vie littéraire: Marcel BALLOT. Il.
Trente Ans de théâtre ADRIEN Bernheim.
Mouvement médical Horace Biakqhon.
Feuilleton Un Monsieur très bien Gustave
Guiches., .̃̃̃
Mort de la Séparation
Aujourd'hui même, la -Chambre aura
terminé, je ne dis pas achevé, l'œuvre
funeste qui, depuis plus de trois mois, lui
donne l'illusion de la vie.
Je m'étais promis d'abord de résumer,
pour les lecteurs du Figqro, cette labo-
rieuse discussion que j'ai, pas à pas,
suivie devant eux.
Je n'en ai plus le coeur. A quoi bon
piétiner ce je. ne sais quoi « qui n'a plus
de nom dans aucune langue »?
La loi de séparation est votée au Pa-
lais-Bourbon, mais la séparation est
morte. •
Elle est morte, tuée par l'admirable
ténacité de. ceux qui l'ont combattue,
J'en puis parler à l'aise et, pour la pre-
mière fois, cette liberté m'est douce,
puisqu'elle me donne le droit de rendre
à la minorité une justice qui, paraît-il,
lui est contestée..
C'est un bruit assez étrange. Quelques-
uns, dit-on, reprochent aux catholiques
d'avoir discuté, voté, amendé la propo-
sition, surtout d'avoir obligé leurs ad-
versaires à l'améliorer Il fallait protes-
ter le premier jour et s'en tenir là Sans
doute aussi, ne plus voter-et ne'plus
siéger ? On assure que le geste eût été
d'une belle crânerie moi, je trouve qu'il
eût -ât£Vvà.la.-lQ!S, coupable. et maladroit-
Ou il faut déserter les assemblées, ou
il faut s'y mêler a la lutte, et quand on
lutte, ce n'est pas seulement pour faire
des gestes, c'est pour remporterai on le
peut, des avantages.
Demandez à la masse des catholiques
comment ils auraient jugé leurs députés
si, pouvant, par exemple, leur conserver
leurs églises et* leurs processions, ils
avaient, avec un beau dédain, refusé dé
le faire
Opportunisme, politique des résultats,
tant qu'on voudra cela vaut mieux que
l'émigration à. l'intérieur. >•
Et. puis quoi ? si on n'eût pas .discuté,
pied à pied, mot par mot, la loi eût été
votée à Pâques, < comme le voulaient M.
Jaurès et ses amis le Sénat; peut-être,
serait déjà près- de la -voter aussi. Où
serait le profit? ?-
̃Non, il faut renverser ces paradoxes.
Si la. séparation fi ni par soulever contre
ellé l'opinion du pays, on le doit, à ceux
qui ont organisé, dirigé, soutenu cette
magnifique" résistance de trois mois.
01 U
;̃; .-̃£-̃̃
Rappelez-vous les premiers jours Le
public étaitindifîérent: d'aucuns, même,
vantaient la séparation comme une déli-
vrance. L'apostasie officielle de la France,
C'était sans doute un malheur, mais les
âpres joies de la liberté allaient en com-
penser le dommage!
Et puis ladiscussion a commencé ses
échos, peu à peu, ont réveillé Fattention;
on a écouté, réfléchi, et qu'est-il arrivé ?
La pétition contre la séparation, en deux
mois, a réuni près de quatre millions de
signatures, exactement trois millions
huit cent cinquante-trois mille deux
cent trente-huit, au dernier compte: et
le paquet monte toujours.
La presse socialiste affecte 'd'en rire.
M. le ministre Bienvenu-Martin, dans
une de ses excursions dominicales, s'y
est aussi exercé: « Ce sont des signa-
tures de bonnes femmes et de sacris-
tains, extorquées par le curé et par le
hobereau » Mais dans les départe-
ments, cela ne prend pas. Voilà qu'on
affiche sur les murs, dans les cirçons-
criptions des radicaux, le chiffre des élec-
teurs qui ont signé et de ceux qui avaient
voté pour le député du Bloc: or, ceux-là
mettent ceux-ci en minorité! M. Sarrien,
qui pourrait être ministre, a eu cette sur-
prise, et aussi M. démentel qui l'est, et
encore d'autres seigneurs de moindre
importance..
Alors, vous avez vu ce qui s'est passé.
Au retour des vacances de Pâques, tout
à coup le ton a changé. Les églises, les
processions, les cloches, on nous a tout
abandonné. On s'estdemandé d'où venait
ce bel accès de libéralisme, et, pour un
peu; on aurait cru à la conversion des
jacobins. Tout simplement, là-bas, au
pays, on avait causé avec les bonnes gens,
et on s'était aperçu que l'idée de la sépa-
ration, une foisbien comprise, n'était pas
du tout populaire. Le cas était grave: il fal-
lait aviser Entre la Loge et l'électeur,
comment faire? Si on essayait, sans re-
noncer à la séparation, de la rendre im-
possible, en ayant l'air de. la rendre ac-
ceptàble 1 Depuis la rentrée de mai, la
Chambre agite ce "problème tenez pour
certain que c'est l'explication de son
incohérence.
*̃̃
Voilà comment la séparation, déjà mal
en point, s'en va tout doucement au tom-
beau. Personne, au fond, n'en veut plus.
Les catholiques, d'abord, naturellement
outre que la rupture du Concordat et la
spoliation du clergé demeurent pour eux
d'invincibles raisons de principe contre
la loi, ils ont appris par la discussion
cette discussion qu'on leur reproche et
qui leur fut si profitable quels pièges, à
peine dissimulés, le jacobinisme a caché
sous ses apparentes concessions. En dé-
pit des belles paroles, ils n'ont oublié ni
les'fameuses « circonstances de fait »,
inventées pour soumettre à l'arbitraire
ministériel toute l'organisation du culte,
ni le petit Code pénal spécial institué,
pour finir, à l'usage des curés et des
vicaires.
Les autres, c'est pire eifcqre! Ecoutez-
les.dans les couloirs On leur avait dit
« La séparation ? rien de plus facile
une belle déclaration de principes et la
suppression, du budget des cultes; un
point, c'est tout. » Et puis, une fois à
l'oeuvre, voilà qu'on leur a découvert
des monceaux de difficultés dont ils ne
se doutaient pas! Et il fallait les voir! 1
chaque fois qu'il était question d'une li-
berté, on se récriait « Mais les droits
de l'Etat! l'ordre public la surveillance
des curés! » et le pauvre M. Briand de
répondre « Mais, mes chers collègues,
vous oubliez qu'en régime de séparation
il n'y a plus de Concordat, plus de lois
organiques!» Alors c'était un désarroi,
et on votait' une liberté, que le lende-
main on essayait de reprendre. Tant et
si bien qu'à présent on ne sait plus du
toutou on en est..
Le budget des cultes n'est même pas
supprimé, étant en partie rétabli par les
pensions. Le plus clair, c'est que le gou-
vernement n'aura plus rien à, voir dans
la nomination des évêques et des curés,
et c'est de quoi rendre rêveurs nos sépa-
ratistes qui se demandent ce qu'ils ont
gagné à l'affaire.
Aussi, grande colère de la Lanterne ̃
Au moment où la Chambre abor-
dait les articles relatifs à la police des
cultes, elle dénonçait «la dernière tra-
hison »! On avait, à propos des contra-
ventions possibles dans l'organisation
des associations cultuelles, supprimé
la peine de Temprispnn<}ment. « Est-ce
que cela va devenir un système ? s'écrie la
Lanterne. Ce serait vraiment la fin de la
séparation et nous qui avons souhaité
tant de fois comme une-victoire décisive
le vote de cette grande réforme..1, nous
préférerions la voir ajourner encore. »
Je vous dis que la. séparation est morte.
;̃̃•̃•̃: '̃ /"r" ̃
Et- savez- vous ce qui l'a tuée plus sûre-
ment que le pétitiobnement, plus défini-
tivement que la discussion? C'esU'odieux
spectacle' offert au pays par ces disputes
byzantines, à l'heure mêm.e où tout à
coup le grand frisson de l'émotion pa-
triotique a passé dans ses moelles.
Ce jour-là, les voiles sont tombés le
péril clérical, l'affranchissement de la
raison, là-victoire de l'esprit laïque ont
paru. des; mots vides qui, soudain, ont
glacé lés cœurs •
Pour la forme, surtout pour. éviter
d'autres sujets, on a continué, au Palais-
Bourhon, à. parloter sans entrain, sans
conviction, devant les banquettesdéser-
tées. Au dehors, nul n'a plus^écouté.
Une voix montait, toujours plus forte,
que, seule, on entendait; d'abord jetant
l'émoi, bientôt faisant taire les- alarmes
et les plaintes elles-mêmes les plus jiîs-
fifiéés, dominant le bouTdônnemehtdes
doctrines dissolvantes, étouffant le siffle-
ment des sectaires, prenant enfin ̃pos-
session des esprits et des âmes. 'C'était
la voix de la patrie! ̃:
Vous souvenez-vous de cette sympho-
nie de Beethoven qu'en -.mai dernier fit
entendre ici Félix Weingartner, et dont
Pierre Lalo donna pour ses auditeurs
une si belle analyse? C'est: d'abord un
souffle inquiet et frémissant « Un petit
souffle a passé sur ma face et le poil de
ma chair s'est hérissé dans l'ombre. »
Puis, dans ces ténèbres, comme une lu-
mière foudroyante soudain jaillit le
thème final: fa destinée est surmontée
une fois de plus! Berlioz conte qu'en
l'entendant, un vieux soldat de la Grande
Armée se leva tout droit et cria «L'Em-
pereur! » •
Ainsi un souffle a passé sur notre
chair; un moment l'émotion a troublé
les, âmes; et puis, tout à coup, dans l'obs-
curité qui les angoissait, des mots ont
éclaté, stridents, comme, dans le jour
assombri, des éclairs lointains; alors,
d'un sursaut, tous, nous nous sommes
levés, tout droit, en criant «La France »,-
et ce fut la mort de la séparation.
A. de Mun,
de l'Académie française.
LA VIE DE PARIS
LA PLAGE
Paris n'est pas au bord de la mer, ne songe
même plus, en ce moment, à devenir «port de
mer >, et, néanmoins, possède., grâce à l'argot
mondain, une belle plage de sable jaune,
très ensoleillée quand le ciel est bleu, et très
exposée au vent lorsque souffle la bise.
Une étroite nappe de verdure, enserrée
dans un affreux grillage, remplace peu avan-
tageusement les flots absents.; et le bruit in-
fernal, des autos, des voitures, des cyclistes et
des piétons se remuant, criant, s'agitant, ne
donne nullement l'idée du grandiose mugisse-
ment des vagues et du poétique murmure des
ondes calmes. Beaucoup cependant sincère-
ment préfèrent, même en été, ce coin de < leur
Paris aux plus belles-plages d'autres, faute
de mieux, se contentent de ce semblant d'illu-
sions maritimes,: les heureux de la vie sont
les sages qui, en toutes choses, d'un semblant
d'illusion réalisée, font un brin de bonheur.
A vrai dire, le vaste trottoir de l'ex-avenue
de l'Impératrice, car, on l'a deviné, c'est de lui
qu'il s'agit, est le seul endroit de notre chère
grande ville affairée où réellement on se pro-
mène quelquefois. Dans les rues, sur les bou-
levards, même aux Champs-Elysées, on fait
des courses ou des visites ici, seulement, et
plus loin, au bois de Boulogne, qui déjà n'est
plus tout à fait Paris, on marche en causant,
ou l'on cause en marchant, pourvu que l'on
soit deux, surtout, peut-être; si l'on n'est que
deux.
Le dimanche matin, quand le temps le per-
met, il y a spécialement grande affluence. A
l'issue de la messe de onze heures, les belles
paroissiennes de Chaillot, de Saint-Philippe du
Roule, de Saint-Honoré d'Eylau, etc., etc.,
font, comme à Trouville ou Dieppe, leur tour
de plage. Avant la dispersion générale, pre-
nons vite un instantané:
La princesse Ferdinand de Lucinge, ravis-
sante dans un costume court, de coupe irré-
prochable, et le prince F. de Lucinge croisent
le duc, la duchesse et Mlle de Bassano qui,
après avoir été reprendre leur chien favori
un beau king-charles, hâtent le pas pour
arriver le plus vite possible au Bois où ils
continueront leur « footing » en face de la rue
Sp,ontini, cependant, ils s'arrêtent un instant
pour causer avec le comte et la comtesse Louis
de Viel-Castel –née. Bassano qui rejoi-
nent leur jolie installation de la rue Pomereu.
Au même instant, Mme et Mlle Fourton atten-
dent Mme Henri Letellier la mère et les deux
sœurs forment un trio, très admiré dans l'ave-:
nue comme partout où on l'aperçoit. Rien de.
surprenant à ce que de pareils modèles aient
tenté le crayon d'Helleu dont la femme passe
quelques instants plus tard. Grande, blonde,
mince, avec des yeux pervenche qui parlent,
un nez légèrement retroussé, Mme Helleu est
le type de la c Parisienne tel que son mari
le transmet à la postérité. Sa fille ainée, une"
belle 'fillette d'jane douzaine d'années, l'ac-
compagne.
Plus loin, la duchesse de Noailles, une aris-
tocratique apparition, se dirige vers le coach
du duc quoiqu'elle habite tout près, rue de la
Faisanderie, elle ne vient que très rarement.;
Le baron Van Zuylen et ses deux fils descen-
dent d'automobile. On entoure et on félicite
Mlle Suzanne Lemaire, fille de Mme Made-
leine Lemaire pour le coffret très réussi qu'elle
a envoyé au Salon de la Nationale t. Le cof-
fret de Suzette > est un des succès de la sai-
son artistique. Ici et là le comte et la com-
tesse de Castéja avec leurs enfants; Mme
Delyannis, femme du ministre de Grèce à
Paris, portant sous son. bras son mignon
toy-terrier le baron et la baronne de Linsin-
gen le baron 'et la baronne Engelhardt, qui
surveillent leurs, fillettes Mme Trouard-
Riplle avec son- fils, dont elle parait être la
sœur, plus belle que jamais dans le costume
de piqué blanc jupe longue et grande redin-
goté -tout -uni«Sf adopté en ce moment par les»
femmes qui décrètent la mode la comtesse et
Mlle. Récopé; Mme Maurice Sarah-Bernhardt
et ses enfants; M. et Mlles Lemoyne M. et
Mlle Saint-Paul; la comtesse et Mlle de Ca-
zotte la marquise de Fraysseix et ses char-
mantes filles rainée,; mariée au comte de
Beaufranchetjila. seconde, qui fait.au pastel de
ravissante portraits.; la. baronne et Mlles de
Kertanguy .̃:•' l'une d'elles tout récemment
fiancée au'baron de .Berthois, et très compli-
mentée. V '̃ ̃
Beaucoup déjeunes filles fréquentent .Je, sa-
lon, à la fois très' éclectique et "familial, qu'est
« la Plage »; en revanche, malgré son appel-
lation, peut-être même à cause de cette ap-
pellation quelque peu ironique, elles ne s'aven-
turent qu'exceptionnellement dansJé « Sentier
de.la Vertu envahi par une quantité de jolies
femmes rivalisant d'élégance, et par. des cé-
lébrités féminines et masculines se recrutant
dans les plus divers mondes. Je reconnais suc
cessivement allant de ce côté la comtesse de
L'Èspée née de Beaurepaire,' Mmes G. Kohn,
René Maizeroy, Suzanne Oevoyod, Gabrielle
Dorziat, Çappiello, baronne de Marchi, Mmes
F. et W. Blumenthal, Edmond Përier, la com-
tesse Horric de Beaucaire, M.. Le Roux de
Villers, Wanters, Mmes Delss, de Lucius, le
comte des Mazières, Madge, Dorville, Saint-
Geniès, le marquis de Naurois, la marquise de
Montferrier, M. et MmeGreger, M. Lavoignat,
Sem, Louise Balthy, Nelly.Van Streten, M.
Vien, le comte Pillet-Will,' Mme Jeanniot,
Mme Merino, Mme Jagerschmidt, le comte
d'Elva, Mme de Pomairols, la comtesse de
Frise, M. et Mme Paul Gers, le comte et la
comtesse dé La Jourdonnie, le comte dejal-
lerange, le comte et la comtesse de Reiset,
M. dé Martigny." ̃ l,
En face.de.Mme Traktir tout un clan d'An-
glaises fixées à Paris: Mrs Jones., une contem-
poraine de la reine Victoria, la plus aimable des
doyennes du quartier la baronne de Ziegesar,
miss Lardner trois charmantes jeunes ma-
mans Mrs Stuart Wolseley, femme de l'atta-
ché militaire à l'ambassade d'Angleterre;
Mrs Humpherey et Mrs Behrens. Les papas
examinent les chevaux attelés ou montés, les
babies jouent entre eux. «Joujou » Humphe-
rey interrompt une partie de cache-cache pour
crier « bonzour à M. Santos-Dumont, qui
passe en électrique et ne l'entend pas. Un
chien grogné près d'un des petits jumeaux
Behrens, qui semble un peu .effrayé son frère
lui dit très haut: < Tu n'es donc pas Anglais,
tu as peur
Dans le tas des enfants que leurs gouver-
nantes ou leurs nurses regardent faire des
pàtés de sable ou envoyer une toupie dans les
jambes des promeneurs, une' jolie fillette de
sept ou huit ans attire spécialement l'atten-
tion ses parents dépensent, parait-il, plus de
soixante mille francs par an pour sa toilette.
Quelle folie !.s'écvie-t-on à l'unanimité.
Le marquis de Noailles regarde songeur
toute cette jeunesse qui jacasse dans les plus
diverses langues, car il y a là au moins autant
de petits étrangers que de petits Français;
continueront-ils à fraterniser affectueusement?
Seront-ils, au contraire, appelés à s'entre-tuer?
Leurs jeunes papas, leurs grands frères évite-
ront-ils cette terrible éventualité?. L'ambas-
sadeur qui a rendu tant d'éminents services à
la France, le grand seigneur qui savait se
faire écouter sur les bords de la Sprée, sem-
ble un instant se le demander.
Puis il relève la tête, contemple l'Arc de
triomphe, dont la masse imposante se profile
à l'horizon proche, et lentement s'éloigne,
respectueusement salué par tous ceux qui le
reconnaissent.
Coœtssse Ada.
Échos
? La Température
Une hausse importapte du baromètre s'est
produite dans le sud-ouest du continent, ame-
nant une amélioration du temps sur nos ré-
gions. Hier matin, la pression était assez uni-
formément élevée sur .toute l'Europe à Biar-
ritz, on notait 767mm; à Paris, vers midi,
765mm g. Néanmoins, on signale encore quel-
ques-orages dans le nord-ouest et l'est de la
Eirance. Sur nos côtes, la mer 'est belle géné-
ralemént.
La température devient très élevée sur l'Eu-
rope centrale. Elle était hier, à Paris 190 au-
dessus de zéro à sept heures du matin et 280
à trois heures de l'après-midi. Très belle
journée.
Départements, le matin, à sept heures. Au-
dessus de \è.ro 140 Limoges, 150 à Brest,
à Rochefort, à Bordeaux et à Clermont, 160 à
Boulogne, à Lorient, au Mans et à Toulouse,
170 à Biarritz et à l'île d'Aix, 18° à, Dunker-
que, à Nancy et à Lyon, igo à Belfort, 200 à
Besançon et à Cette, 210 à Perpignan et à
Nice, 230 à Oran, 26o à Alger.
En France, un temps beau et chaud est pro-
bable. Le soir, le baromètre était à 766mm.
Dieppe (à 2 h. 39 de Paris). Beau temps,
mer belle. Thermomètre igo.
tàu1 New York Herald:
Berlin Beau. Température à midi, 250.
Londres Beau. Température minima, 130
màxima, 220. Vent faible du sud-sud-ouest.
Baromètre, 764"!™.
New-York Orageux, brumeux des aver-
ses. Température minima, 200 maxima, 220.
Vent sud faible. Baromètre en baisse.
?•"•̃.̃ '_̃'̃ Les Courses .̃̃
Aujourd'hui; à deux heures, Courses à
Sàint-Gloud. Gagnants du Figaro
'Prix des Tulipes Ecurie Vanderbilt ou
Alerte.
Prix des Saules Madrigal II ou Le
Souvenir.
'Prix des Cytises Malta ou Orgueil.
Prix de la Souree Dwina ou Iridian
Dànce.
IJàndicflp dEté Loriot ou Ecurie
Lieux..
Prix des Cèdres Champ d'Or ou Te-
bes.s.a.. ̃̃̃.
t LES PROCESSIONS
lw On ne voit pas bien comment les
**< processions peuvent empêcher les
libres penseurs de penser librement. Si
ce spectacle ne lesintéresse pas, ils n'ont
qu'à n'y point assister. Il est un peu fort
que quelques "poignées de jacobins grin-
cheux régentent .des villes entiëres et
réussissent à priver leurs concitoyens
d'une cérémonie que-la majorité trouve
belle et qui est, à tout le moins, inoffen-
siy.e., ..•̃•̃•••
Au cours du débat sur la séparation
des Eglises.et de l'Etat, malgré les pré-
jugés anticléricaux qui sont si puissants
au Palais-Bourbon, .la Chambre a refusé
formellement d'interdire les processions.
On sait que le droit de les autoriser ap-
partient ,aux'rm8:ires, sous. je contrôle
dés préfets. Les maires sont dès magis-
trats élus et qui représentent l'opinion
dominante dans leur commune par
conséquent, lorsqu'ils autorisent une
procession, on est certain qu'ils répon-
dent au désir du plus grand nombre des
habitants.
Lés libres penseurs se proclament dé-
mocrates ils devraient donc s'incliner
devant les volontés du peuple: P9.S du
tout Ils ne les respectent que lorsqu'elles
sont d'accord avec leurs passions. Pour
faire échec aux arrêtés des maires libé-
raux, ils ont imaginé un moyen très
simple. Ils annoncent une manifestation
hostile sur le passage de la procession
catholique. Alors le préfet interdit celle-
ci sous prétexte qu'elle pourrait donner
lieu à des désordres, et le tour est joué.
C'est à peu près 'comme si l'on condui-
sait les honnêtes gens au poste pour les
protéger contre les mauvaises rencon-
tres.
A Châtellerault, il y a mieux. Le maire,
homme énergique, avait interdit la ma-
nifestation anticléricale,, et il avait eu
cent fois raison. De cette façon, l'ordre
ne risquait plus d'être compromis, puis-
que l'on coupait court aux manœuvres
agressives destinées à le troubler. Le
préfet n'en a pas moins pris un arrêté
supprimant aussi la procession. Pour-
quoi ?
Un autre maire; celui de Bergerac, a
eu une idée ingénieuse*. Il a autorisé la
procession; il a autorisé égalemsht le
cortège de la libre pensée. Mais il a assi-
gné aux libres penseurs tin itinéraire
qui ne leur permet pas d'entrer en contact
avec les catholiques. Autrement dit, 1
il accorde à tout le monde la liberté, mais
il ne tolère pas que personne entrave la
liberté d'autrui. Ce n'est pas mal jugé.
Seulement, dès l'instant qu'ils ne pour-
ront plus molester les catholiques, les
libres penseurs considéreront que leur
propre cortège n'a plusde raison d'être.
A Travers Paris
La garden party offerte hier par le
Président .de la République et Mme
Loubet a été tout à fait réussie.
Dès 'trois heures, les ministres ont
commencé à arriver à l'Elvsée et à défi-
ler devant M. et Mme Loubet qui les. re-
cevaient entourés des personnes de la
maison civile et militaire et de leur fa-
mille dans le grand salon voisin de la
salle de l'Hémicycle.
Une heure plus tard, il y avait foule
dans le parc.et un grand nombre de
membres du corps diplomatique, du
Parlement, de l'Institut faisaient cercle
sur la grande pelouse, tandis que dans la
salle des fêtes une matinée dansante
était donnée aux jeunes gens.
Saint-Cyr manquait à la dernière gar-
den party. Nos élèves officiers étaient, en
,effet, ily a quinze jours au came de CM-
Ions, mais ils ont rattrapé hier le temps
perdu en valsant jusqu'au soir avec les
jeunes personnes des trois Maisons de la
la Légion d'honneur de Saint-Denis,
d'Ecouen et des Loges.
Favorisée par un temps charmant, la
fête a duré jusqu'à sept heures et ce n'est
que vers huit heures qu'on a fermé les
portes de l'Elysée.
La nouvelle reine du Félibrige, Mlle
Marguerite Bouët, la charmante fille de
notre confrère Léon Bouët, a tenu hier à
Sceaux sa Cour d'amour, entourée des
reines ses devancières, Mlles Yvonne
Bonneau, Jeanne Chazalette, Duparc, et
d'un groupe gracieux de demoiselles
d'honneur..
Mme Loubet avait eu la délicate- pen-
sée de s'associer la fête en offrant une
ravissante broche la jeune reine, bro-
che que celle-ci avait piquée au fichu
complétant son costume provençal.
Mlle Marguerite Bouët, après avoir lu
son message en vers devant l'assemblée
du Félibrige, est allée suivie du cortège
des reines et demoiselles d'honneur cou-
ronner les bustes de Florian, d'Aubanel
et de Paul Arène. »
On s'est ensuite rehd$ à la mairie de
Sceaux où a eu lieu la proclamation des
lauréats, suivie d'un concert, inauguré
par un discours de' M-, Camille Pelletan.
L'ancien ministre aie la marine est
mieux inspiré par Clémence Isaure que
par M. Combes s'il avait borné ses am-
bitions à diriger, au lieu de nos cuiras-
sés, la flotte de Watteau, il aurait obtenu
les plus jolis succès. On l'a applaudi et
sans que cette fois il en coûtât rien à la
France. Une savoureuse improvisation
de M. Sextius Michel a été aussi fort
goûtée.
La journée s'est terminée par un grand
banquet et une joyeuse farandole»
Lâchasse.
Les préfets viennent d'être consultés
sur les dates des récoltes dans leurs dé-
parlements.
Dès,,que leurs réponses seront parve-
nues au ministère de l'agriculture, on y
déterminera les différentes zones d'ou-
verture de la chasse qui aura lieu pour
certaines régions:duMidi dans quelques
semaines. ̃
Elles causent. •
Eh bien! ma chère, avez-vous as-
sisté au moins aux courses enfantines
qu'organise le Polo? Vos enfants y ont-
ils pris part?
Ne m'en parlez pas, je suis furieuse.
J'y ai conduit mon petit Paul. Savez-vous
ce qu'on lui a fait?. On -l'a,' handicapé de
si terrible manière, qu'il a "été dernier.
Comme au lycée, alors.
.Oui. Mais au lycée, ça- m'est égal.
Ça n'a aucune importance. Ça ne se sait
pas. Ça ne se voit pas., Et puis, de bon-
nes études n'ont jamais servi à rien
dans la vie. Ce n'est pas ça, n'est-ce pas,
qui vous fait trouver une- belle situa-
tion ? Tenez, le petit de X. n'a ja-
mais eu que des boules noires a ses exa-
mens. Est-ce que ça l'a empêché d'avoir
toutes boules blanches' lorsqu'il .s'est
présenté au Cercle? Tandis qu'une course
malheureuse, c'est ennuyeux, très en-
nuyeux. Quant on sort beaucoup dans
le monde des sports, je vous assure que
ça n'est pas drôle..
Il me semble, ma chère, que vous
exagérez.
Si ce n'était que mon petit Paul.
Mais dans la course desfillettes, flgurezr.
vous que Suzanne s'est dérobée au bout
de cent mètres. Je l'avais pourtant fait
entrainer par son institutrice qui, depuis
plus de quinze jours, lui' faisait faire
trois fois au trot, aller et retour, l'avenue
du Bois. Et même elle a failli en mourir,,
cette pauvre Frâulein, tant elle avait pris
sa tâche au sérieux. Voilà le résultat.
Suzanne était à bout de souffle au pre-
mier tournant. Et dire qu'il faudra la
marier.
Evidemment, pour toutes les jeu-
nes filles. le mari, c'est le rêve, le but.
Le poteau. ̃
Le commandant Lenfant, dont la su-
perbe exploration terminée l'an. dernier
à pareille époque ouvrait une voie di-
recte de communication du Niger au
Tchad, va repartir pour l'Afrique.
Il est chargé cette fois de la délicate
mission de parcourir et de délimiter
géographiquement les territoires mi-
toyéns du Cameroun allemand et du
Congo français.
L'affluence des vraies élégantes chez
Béchoff-David allant toujours crescendo,
il est important que ces grands favoris
de la vogue élargissent proportionnelle-
ment leur cadre.
C'est donc désormais dans un bel im-
meuble de la place Vendôme qu'ils pré-
senteront leurs délicieuses créations. En
attendant cette installation, ils consen-
tent, sur tous les modèles existants, à
d'énormes réductions de prix.
Que de Parisiennes vont enfin réaliser
leur rêve et s'offrir un manteau de grand
chic ou un stylish costume portant la
signature tant appréciée
Sous ce titre Nos Enfants au collège,
notre collaborateur et ami le docteur
Maurice de Fleury publie aujourd'hui, à
la librairie Armand Colin, les articles
qui ont eu, l'an dernier, un si vif succès
quand il les donnait au Figaro sous la
signature « Un Père de famille ».
Pour, en faire un volume, l'excellent
médecin-psychologue leur a adjoint un
grand nombre de chapitres inédits, trai-
tant du choix d'une école, du rôle du
médecin neurologiste dans l'éducation,
de la suppression du latin, de l'esprit
scientifique, de la psychologie de l'éco-
lier, du libre arbitre chez l'enfant, des
vertus de l'émulation, etc., e,tc.
A la veille des vacances» ce bon ou-
vrage est pour inspirer les plus sages
méditations aux pères de famille et à
ceux qui font profession d'éducateurs.
Tous ceux qu'intéressent, de près ou de
loin, ces questions vitales, touchant l'édu-
cation de nos fils, ne pourront que ga-
gner à lire cet ouvrage, un des meilleurs
qu'ait écrits l'auteur de l'Introduction à
la médecine de l'esprit.
A peine depuis quelques jours le
« pac » a fait son apparition et c'est
déjà un gros succès. Cet ingénieux pa-
quet, absolument hermétique, qui per-
met de livrer au public les excellents
Biscuits Pernot tels qu'il sortent du four,
réalise un progrès fort goûté des con-
sommateurs.
Non contents de rapporter de Saint-
Louis le Grand Prix de l'Exposition, les
Biscuits Pernot ont voulu, en acquérant
ce brevet américain, prouver qu'ils
étaient de jour en jour plus dignes, de la
place qu'ils occupent à la tête de la Bis^
cuiterie française.
Hors Paris
Voici venir les mois pendant lesquels
Genève se transforme en un immense
quartier général pour tous les voyageurs
en mouvement vers le Léman et la vallée
du Rhône. Aussi l'animation est-elle
grande à l'Hôtel Beaurivage que sa situa-
tion exceptionnelle, ses aménagements
intérieurs, son excellente cuisine et sa
cave renommée désignent sans conteste
à toutes les préférences de la société in-
ternationale amie d'un irréprochable
confort.. ̃
Nouvelles a la Main,
Voyage en Suisse.
Voyez-vous ce rocher, dit le guide,
c'est de là-haut qu'un Anglais s'est tué
dernièrement. •
Par accident?
Non pas! Pour son plaisir.
Le jeu des définitions.1
EXÉCUTEUR DES hautes oeuvres. Chef
de section..
̃' •. 'Le Masque 'de Fer.
LA QUESTION DU MAROC
l,e « lïpdiis yivendii »
Ces deux mots « modus vivendi » revien-
nent, paraît-il, comme un leitmotiv parmi
les propos que l'on tient aii sujet des rela-
tions futures avec la France dans les plus
hautes sphères de la politique allemande. On
se rend donc un compte très exact de l'état
d'âm/e delà nation française; et le-« modus
vivëndi » est l'étape première par où l'on sait
qu'il convient de passer.
̃LèS' idées qu'on trouvera datis la note ci-
dessous sont celles qui ont cours, précisé-
ment, dans le milieu très fermé dont nous
parlons. Nous -en avons un témoignage dont
nous pouvons garantir l'exactitude et la va-
leur. Il est .intéressant de savoir .comment
on explique l'attitude de l' Allemagne dans
la question marocaine, les raisons qui ont
dicté l;interverition brusque de la diploma-
tie allemande en cette affaire, comment on
interprète la situation actuelle et surtout
comment on envisage les relations à établir
entre les deux pays.
Laissons la parole à notre témoin, 'qui a pu
recueillir directement, dans un séjour récent
en Allemagne, les impressions les plus inté-
ressantes
« II est difficile, à l'heure actuelle, de
dire quelle sera la forme adoptée pour
résoudre! les affaires présentement- sou-
mises à l'examen des chancelleries
allemande et française. Quelle ïi.ue soit
cette solution, j'ai la conviction absolue
qu'elle sera pacifique, l'Allemagne ni la
France n'étant désireuses de se lancer
dans l'aléa d'un conflit qui ne- saurait
en aucun cas, être profitable à aucune
des deux inàtions. Mais il ne faut pas
perdre de. vue que la question du Maroc
n'est qu'un incident, je dirais presque
secondaire, de la vie internationale des
deux pays, l'aboutissement logique de la
politique de la France durant ces der-
nières années.
» Quoi qu'on en ait dit. l'Allemagne
avait fort bien compris et admis, naguère,
que l'alliance russe constituait pour la
France un contrepoids nécessaire au
danger permanent que certains hommes
politiques françaisredoutaient de .la part
dé la Triple.Alliance. Même après cette
alliance, l'Allemagne n'a pas cessé de
chercher une entente avec la France de-
vànt aboutir au moins, dans le présent,
à un modus vivendi permettant de régler
à l'amiable, par une diplomatie cour-
toise, les incidents qui pourraient surgir
entre les deux pays.
» Mais du jour où le gouvernement
allemand a compris que toute la politi-
que de la France avait pour but unique
d'isoler l'Allemagne en Europe, soit en
faisant avec l'Angleterre une entente
cordiale seulement pour les deux pays,
soit en essayant de détacher l'Italie de la
Triple Alliance ou du moins d'en affaiblir
la portée, il lui était impossible de garder ^j
vis-à-vis dp la France un silence qui au- 3
rait été une abdication de ses droits. De Jf
là est né l'incident marocain qui aurait 11
pu naître bien plus tôt si avant d'en- ve- a
nir là, l'Allemagne n'avait cherché, para
tous les moyens possibles, à ramen la m[
diplomatie française à une plus juste
conception des choses.
» La retraite de M. Delcassé semble
avoir mis fin à cette politique de dé-
fiance vis-à-vis de l'Allemagne. L'avenir •
des relations entre les deux pays est
maintenant entre les mains du gouver-
nement français, qui trouvera en Alle-
magne j'en ai l'absolue conviction, un
sincère désir de résoudre rapidement
l'incident marocain et de prendre les
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