Titre : Figaro : journal non politique
Éditeur : Figaro (Paris)
Date d'édition : 1902-07-31
Contributeur : Villemessant, Hippolyte de (1810-1879). Directeur de publication
Contributeur : Jouvin, Benoît (1810-1886). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34355551z
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 31 juillet 1902 31 juillet 1902
Description : 1902/07/31 (Numéro 212). 1902/07/31 (Numéro 212).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
Description : Collection numérique : BIPFPIG63 Collection numérique : BIPFPIG63
Description : Collection numérique : BIPFPIG69 Collection numérique : BIPFPIG69
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Description : Collection numérique : France-Brésil Collection numérique : France-Brésil
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
ILE FIGARO- JEUDI 31 JUILLET 1902
rateur, furent aussi attachées que la
nôtre au principe d'égalité; ils eurent,
comme nous, la passion de la liberté.
« C'est la culture classique qui dicta la
première protestation contre le pouvoir
personnel, le Contre un, deLaBoétie. »
Les Anciens n'ignorèrent même pas
« entièrement » la Solidarité.
Pas entièrement. Et ici en effet l'ora-
teur reconnaît que les Anciens ne nous
suffisent plus; que la littérature et la phi-
losophie, depuis cent ans, ont créé de ce
côté un idéal trop vaste, et rendu l'âme
moderne trop impatiente de conquêtes
que l'antiquité ne pouvait nicomprendre
ni pressentir. Mais tout de même la no-
tion de cet idéal nouveau, n'est-ce pas
de la culture classique qu'elle est sortie,
et à l'enseignement des Anciens que nous
devons de l'avoir acquise ?
C'est à cette conclusion très applaudie
que le ministre, qui répondait à M.
Nollet,. a très habilement enchaîné son
discours. Et je dois dire que le succès de
M. Chaumié a été très vif.
Tout d'abord le ministre prend la dé-
fense des novateurs contre ceux qui leur
reprochent de vouloir « rompre avec la
tradition de la culture classique ». Ce se-
rait en même ternes, dit le ministre,
a commettre une ingratitude et manquer
à un devoir sacré ».
Une large place sera donc consacrée
aux lettres 'anciennes dans les pro-
grammes nouveaux; et ceux qu'attire
cet enseignement en pourront d'autant,
mieux profiter que « le poids lourd des
camarades arriérés » n'y entravera plus
leur propre marche.
Mais, cette concession: nécessaire faite
au passé, n'est-il pas temps, dit M. Chau-
mié, de se préoccuper du présent et des
leçons.qu'il enferme, lui aussi?
Le monde a marché. Tout, autour de nous,
.s'est transformé et se transforme avec une vi-
tesse vertigineuse chaque jour ouvre aux
connaissances humaines un champ nouveau,
hier inconnu, dont les limites s'étendent, s'é-
loignent, et ouvrent sans cesse un nouvel ho-
rizon aux yeux de l'explorateur qui le veut
conqnêrir..
Les barrières qui enfermaient les nations
tombent ou s'entr'ouvrent. La facilité de jour
en jour croissante des communications, les
relations de commerce, les besoins des échan-
ges créent entre les peuples une pénétration
réciproque de plus en plus intime, et font de
ja connaissance des langues vivantes, qui
jadis pouvait presque être considérée comme
un luxe, une inéluctable nécessité.
D'autre part, et en même temps, le trésor
de notre littérature s'enrichit chaque pé-
riode qui s'accomplit ajoute à l'histoire une
page nouvelle qui ne peut rester ignorée, et
l'histoire elle-même, plus fouillée, aidée par
les recherches des erudits, éclairée par la
critique, agrandissant son domaine, amène
en pleine lumière des coins du passé jusque-
là laissés dans l'ombre, et souvent revise ses
anciens jugements.
Nous devons donc préparer notre jeu-
nesse à connaître et à aimer aussi ce pré-
sent-là. De là la nécessité d'un autre en-
seignement non pas inférieur à l'autre
et. « d'une dignité amoindrie », mais égal.
Aussi bien la science a-t-elle aussi sa
vertu éducatrice et sa beauté. Elle aussi
est une école de méthode, de 'précision,
de sincérité et de logique; elle aussi a sa
poésie.
Un navire est sur la mer; la nuit, la
brume l'environnent, rien ne le relie à la
terré, il est seul. Et voici que d'un appareil
nouveau installé dans sa mâture une vibra-
iioiï mystérieuse se détache, s'étend, s'ampli-
fie, et tout à coup le développement de son
orbite heurte, éveille au loin sur le rivage ou
sur un bateau qui passe un autre appareil
sensible qui' attendait. Une communication
est établie, une réponse est donnée à un ap-
pel.
Ne sommes-nous pas confondus, et ce spec-
tacle n'éyeille-t-il pas notre enthousiasme ?
Dirai-je les éléments domptés et asservis
devenus des instruments souples et dociles
que peut manier la main d'un enfant, la dis-
tance supprimée, la terre étudiée dans les
couches profondes qui la forment aussi bien
que dans la parure de ses fleurs; la chimie et
les richesses de ses applications la lumière,
la clialeur, la force produites ou transfor-
mées les infiniment petits laissant surpren-
dre les lois de leur évolution; les conquêtes
déjà; faites par la science donnant une auda-
cieuse confiance dans l'avenir qui réserve des
conquêtes plus grandes encore, et aussi par-
fois comme une sévère et grandiose leçon,
des cataclysmes terribles, qui viennent dure-
ment rappeler à l'homme enivré de sa gran-
deur, sa faiblesse et sa fragilité.
Le savant qui étudie la nature, qui pénètre
ses mystères et lui arrache ses secrets lui
rend le même hommage élevé et pieux que le
#"poète qui la chante.
Le rite du culte est différent, la religion est
la même.
Et si enfin la science a ses poètes, elle
a aussi ses héros et ses martyrs en sorte
qu'il n'est pas un seul des aspects « de
Feuilleton du FIGARO du 31 juillet
ILa. Colère
'1
l
• 'i- Suite
Cette injonction, qui lui râclait la
gorge à cause de la contraction nerveuse
de, la colère, s'adressait à la femme de
chambre qui servait à table.
Elle sortait de la salle pour accomplir
l'ordre.
Et Mme Bouscabès, blanche d'appré-
hension, en profitait pour tenter d'apai-
ser son mari
Voyons, mon ami, je t'en supplie,
calme-toi. Ça n'en vaut pas la peine.
Pour un dîner manqué, voyons 1
Mais l'intensité de la colère est tout à
fait indépendante de la gravité de sa
cause. Il y a même lieu de remarquer
que la colère n'est que l'effervescence
propre aux médiocres contrariétés.
Quand l'âme est véritablement frappée,
c'est de désespoir ou de haine qu'elle
s'embrase.
Mme Bouscabès, conciliante du geste
et de la voix, ajoutait
Je sais bien que c'est désagréable.
'Cependant c'est la première fois que cela
lui arrive. Elle n'a pas eu de chance.
voilà Mon ami. je t'en prie I.
Il ne l'entendait même pas.
On lui eût offert un présent considéra.
ble pour renoncer à se déchaîner, qu'i]
n'y eût pas renoncé.
Le courroux était en lui comme la sève
qui gonfle les bourgeons. Il fautqu'elle
Reproduction interdite.
l'universelle et supérieure beauté qu'on v
ne retrouve en elle. f
En plaçant à côté l'un de l'autre et à un n
rang égal ces deux enseignements, nous
aurons, conclut le ministre, inculqué aux r
jeunes gens la plus haute et la plus né-
cessaire des idées morales, l'idée de s
solidarité. Car tous les âges de l'histoire, Il
toutes les générations, tous les progrès p
sont solidaires les uns des autres. j\
La civilisation qui vous entoure est le fruit D
du lent travail des siècles le bien-être maté- d
riel et moral dont vous jouissez a été préparé
et peu à peu conquis au prix de leurs peines, '̃l
de leurs sueurs, et souvent de leurs larmes et L
de leur sang, par ceux qui vous ont précédés,
et qui, eux, n'en ont pas cueilli le fruit les
plus grands génies eussent été impuissants à n
faire la moindre de leurs découvertes sans le a
patrimoine commun d'expérience et de savoir s
accumulé par leurs devanciers. s
Quelle que soit votre valeur personnelle, c
que seriez-vous et que pourriez-vous sans u
1 appui et le concours incessant de ces mil- g
liers d'êtres dont la plupart vous sont incon- d
nus et qui forment la société ? f.
Une seule chose importe donc, déclare d d
en terminant l'orateur Faire son de- °
voir. Tous nos pères ont travaillé pour
nous; acquittons-nous envers eux « en
travaillant pour ceux qui naîtront de |
nous ». d
La parole est à M. Niewenglowski,
inspecteur d'académie, et voilà de tous
les discours le plus impatiemment at-
tendu le palmarès.
Il nous a donné, cette année, quelques J.
surprises. Ainsi, aucun des grands ly-
cées auxquels semble réservée d'ordi-
naire la gloire des hautes récompenses
ne figure à la liste des prix d'honneur.
C'est Chaptal qui triomphe en mathéma- n
tiques spéciales, Michelet en philosophie, b
Rollin en rhétorique, Voltaire en seconde r
moderne. il
Condorcet vient, dans la totalisation
des récompenses, en tète de liste, et se F
répartit à peu près également dans toutes o
les facultés; mais il est serré de près par d
Louis-le-Grand qui partage en rhéto-
rique avec Henri-IV une grande par- n
tie des nominations. Il est intéressant c
cependant de signaler l'exceptionnel suc- t
cès remporté cette année en rhétorique p
par Rollin qui a obtenu dans cette
classe, à côté de Louis-le-Grand et à
à>He?iri-IV, quatorze nominations, dont s
le prix d'honneur décerné à l'un des élè- c
ves les plus brillants de cet établisse- d
ment, M. Georges Ascoli. c
Pour Chaptalaussi, l'année a été bonne. à
Sur la liste des treize lycées et collèges c
qui ont pris part au Concours général, d
Chaptal occupe le troisième rang. C'est
à une composition très remarquable, s
me dit-on, d'un de ses élèves, M. Bou- p
deville, qu'est décerné, en mathéma- h
tiqnes spéciales, le prix d'honneur. Le s
succès de Chaptal s'est affirmé surtout ï
dans les classes d'enseignement mo-
derne. En première et en troisième mo- t:
dernes, ce collège a remporté la moitié i
des récompenses. p
'Il n'y a pas eu, cette année, de « grand
lauréat », et je n'ai guère relevé, pendant C
la lecture du palmarès, qu'une dizaine I
de noms plusieurs fois répétés, dans le c
tumulte des applaudissements et des ri- I
tournelles de l'orchestre officiel en phi- z
losophie, M. Maspero, de Louis-le-Grand; I
en première moderne, M. Lattès, de (
Chaptal en rhétorique, MM. Herbette, à
de Condorcet René Hubert, de Rollin
Piganiol, de Louis-le-Grand; en seconde c
classique, MM. Rouillard, de Louis-le- I
Grand Weill et Bechmann, de Condor- r
cet; en seconde moderne, M. Haury, de
Chaptal; en troisième classique, M. Mas- £
sigli, de Louis-le-Grand. c
Et tous défilent, ravis, les bras char- s
gés des beaux livres dorés. Seuls, les f
« prix d'honneur » ne rapportent à leur
banc que la petite couronne en papiervert.
Ceux-là auraient une charge trop lourde 1
à déplacer, et les volumes qui leur sont c
destinés restent alignés sur des tabourets
drapés de velours rouge, en face du mi- i
nistre. t
Etes-vous curieux de savoir quels sont £
ces volumes? Voici i
Le prix d'honneur de M.'Boudeville, r
en mathématiques spéciales, comprend: a
le volume du Centenaire de l'Ecole nor- É
maie, la Mécanique de Lagrange, la Ci- 1
nématique de Kœnigs et les quatre tomes r
de la Théorie des sur faces de Darboux. i
Et pour corriger un peu l'aridité de ces c
lectures, le Président de la République y c
ajoute trois gros volumes de Poncelet i
Applications d'analyse, et Propriétés pro- c
tives des figures, et le Système du c
Monde de Laplace.
M. Fischer, prix d'honneur de philoso-
phie, reçoit dix volumes la Morale de c
Plutarque, les OEuvres de Platon, le à
XIX™ Siècle, de Petit de Julleville Du i
s'ouvre un passage. A moins de le gar-
rotter et de le bâillonner, on ne l'aurait
pas maté.
Ramassé sur son indignation, chauffé
à blanc, il guettait l'entrée de la cuisi-
nière.
Dès qu'elle parut au seuil de la salle
à manger, déplaisante au reste à consi-
dérer, trapue et noiraude, la face rechi-
gnée, l'œil mauvais, il surgit comme à la
détente d'un ressort, et, saisissant le plat
d'épinards, il le projeta, d'un geste ven-
geur, sur le parquet aux' pieds de la
délinquante, après avoir eu la déman-
geaison de le lui jeter àla tête. En même
temps il se mettait à l'invectiver avec une
grossièreté de l'excès de laquelle il avait
conscience, mais qui le soulageait telle-
ment qu'il s'y complaisait, réitérant les
formules de l'injure, les ponctuant à
coups de fourchette, une fourchette
dont il s'était armé et dont, en allant
et venant à travers la pièce, il lardait
furieusement les meubles au,passage.
La crise aboutissait à cette déclaration:
Il n'y a que quinze jours que vous êtes
ici, ma fille? Mais demain, à la porte
comme un chien, entendez-vous »
Puis il revenait sur elle « Comme
1 un chien, à la porte, c'est dit ?. comme
un chien Je veux pouvoir manger chez
moi. Je n'ai pas envie d'aller passer ma
vie au restaurant! je n'ai pas envie de
mourir de faim »
Il était à l'autre extrémité de la salle.
Il s'arrêtait, les dents grinçantes. On
pouvait penser que c'était fini. Mais ça
repartait, avec deux terribles horions de
sa fourchette, dont les dents laissaient
leur empreinte sur la tablette du buffet
« Je veux pouvoir diner chez moi, en-
[ tendez-vous Je ne suis pas disposé à
mourir de faim 1 Tout raté, tout, tout,
tout Les yeux lui sortaient de. l'orbite.
[ sous ses gros sourcils en délire. Il avait
1 lès lèvres exsangues et contractées. Il
répéta5 en-marchant sur Ia=coupablè avec 1
vrai, du beau, du bien de Cousin, et
l'Evolution de la poésie lyrique, de Bru-
netière.
M. Georges Ascoli, prix d'honneur de
rhétorique, reçoit du ministère les Cau-
series du lundi, de Sainte-Beuve, en
seize volumes, et le Prévost-Paradol de
M. Gréard; deM. Loubet, l'Histoire des
peuples de l'Orient, en trois volumes, de
Maspéro.
A M. Millot, prix d'honneur deseconde
moderne, on donne une grande édition
des Fables de La Fontaine, et treize vo-
lumes de Sainte-Beuve, les Nouveaux
Lundis. >
A deux heures, la cérémonie est ter-
minée. Au seuil de la Faculté des lettres
apparaît la silhouette de M. Lépine qui
s'assure d'un coup d'œil que la, rue est
calme. On entend un commandement;
un clairon sonne « aux champs» dans le
grand silence, et tandis qu'à cent mètres
de là se répand la foule joyeuse des
familles et des lauréats, un landau que
des cavaliers précèdent et que suivent
d'autres voitures descend rapidement la
rue de la Sorbonne assis à côté de
M. Liard, le ministre répond à quelques
saluts discrets, et le cortège file. Nous
sommes trente à peine qui avons assisté
à cette sortie. Pas un cri n'a été poussé.
Emile Berr.
.s~
Au Salon du Mobilier
Les gens de bien trouveront certaine-
ment excellente l'idée qu'a'eue la Cham-
bre syndicale de l'ameublement d'orga-
niser, au Grand Palais, un Salon des
industries du mobilier.
Le nid, c'est la bonne moitié de la vie.
Plus joli est le cadre où l'on se met, plus
on se plait à y vivre, à y rester. Le luxe
du home est moral.
Il faut donc remercier ceux qui s'ingé-
nient à perfectionner l'ameublement, qui
créent de nouveaux modèles.. C'est du
bien-être, c'est de l'agrément qu'ils nous
préparent.
Quand la nouvelle exposition sera tout
à fait terminée, les bons ménages il
s'en trouve à, Paris bien plus qu'on ne
croit se feront un devoir, un plaisir
de se rendre au Salon du mobilier, d'y
choisir une chambre à coucher, une salle
à manger, un cabinet de travail, une
chaise seulement, si on n'a besoin que
d'une chaise.
Plus on achètera, plus l'exposition
sera intéressante, car les objets acquis
pourront être immédiatement livrés les
habitués, alors, verront un salon Renais-
sance là où il y avait la veille un salon
Empire.
L'initiateur de ce Salon est, dit-on, no-
tre confrère 0. Lartigue qui organisa, en
1896, au palais de l'Industrie, la belle ex-
position du Théâtre et de la Musique.
MM. Ferdinand Férol, président de la
Chambre syndicale de l'ameublement;
Béquet, président de la Chambre syndi-
cale des miroitiers Bouvard, Delaunay-
Belleville, Stéphane Dervillé, Expert Be-
zançon, P. Fresson, Henri Dutar, Emile
Foa, etc., approuvèrent l'idée de M.
0. Lartigue; ils l'aidèrent puissamment
à la mener à bien.
Si elle avait été réalisée en province,
on eût vu hier un très joli Salon, mais à
Paris les exposants se croiraient désho-
norés s'ils étaient prêts le jour annoncé.
Le ministre, qui a inauguré hier le
Salon du mobilier, a dû se rappeler ce
qu'était, le 15 avril 1900, la grande Expo-
sition. Hier, la plupart des stands étaient
fermés à l'aide de rideaux de toile.
A quatre heures et demie, la Marseil-
laise a retenti. On venait de signaler
l'approche de M. Trouillot, ministre du
commerce.
Aussitôt MM. Lépine, préfet de police;
Autrand, secrétaire général de la préfec-
ture de la Seine, représentant M. de
Selves; Boiron, Muller, Bardin, Gou-
main, etc., membres du Comité de di-
rection du nouveau Salon, s'élancent
vers le seuil du palais, dont le portail a
été orné par Dalsème de tapis d'Orient.
Le président de l'exposition, M. Ferdi-
nand Pérol, souhaite la bienvenue au
ministre il le remercie du concours
qu'il lui a prêté, tout en assurant l'an-
cien ministre du commerce, également
invité, M. Millerand qui a eu à s'oc-
cuper de ce Salon quand il n'était encore
qu'en projet de la gratitude qu'il lui a
vouée.
M. Trouillot félicite les organisateurs
de leur excellente initiative. Il attribue
à M. Millerand toute l'élaboration de ce
Salon et l'invite à l'inaugurer côté de
un reflux de fureur: « Tout, tout, tout
raté, raté 1 Vous êtes une misérable, en-
tendez-vous »
Puis il parut à bout de surexcitation.
Sa volonté commençait en effet à réagir.
II se domina, il alla reprendre sa place à
table.
Mais ça couvait encore et comme la
cuisinière profitait de l'accalmie pour dis-
paraître, il se releva, il bondit à la porte
qu'elle venait de refermer derrière elle;
et, pendant qu'elle regagnait sa cuisine
au fil du corridor, il assouvit ce qui lui
restait de délire, en ce hurlement final
« Et on ne piétine pas ça 1 On ne jette
pas ça par la fenêtre Je vous tuerais,
entendez-vous,je.vous tuerais » »
Après quoi il claquait la porte avec la
violence d'un homme qui achève son en-
nemi,d'un suprême revers de massue; et
il revenait s'asseoir, définitivement cette
fois, les nerfs détendus, entre sa femme
livide d'angoisse et sa fille pâmée de
rire.
Tel «tait l'inciden auquel Louise venait t
de faire allusion. Elle lui recommandait
de ne pas attaquer à coups de fourchette
le mobilier des Moustiers. C'eût été là en
effet un fâcheux préambule aux paroles
d'alliance qu'il venait de lui promettre
d'échanger avec eux au cours de la jour-
née.
Il l'attira encore vers lui et l'embrassa
sur le front
Maintenant va dire bonjour à ta
mère et laisse-moi me lever. Quelle
heure est-il, Lou?
Elle regarda la pendule de bronze doré
qui, sous la garde de deux candélabres
de même métal, avait pour but d'enri-
chir la cheminée
Huit heures et quart, père.
Puis elle passait dans la chambre voi-
sine, qui était celle de sa mère, pendant
que Bouscabès sortait du lit.
Tout en se chaussant et en mettant
lui. Il remercie également M. Roujon,
directeur des beaux-arts, d'être venu
prendre part à l'inauguration
Aujourd'hui, 'dit-il, le mobilier ne
dépend plus que du département du com-
merce. Il relève surtout du département-
des beaux-arts.
Et le ministre se laisse conduire dans
les stands ouverts.
Il s'arrête longtemps devant celui de
M. Linke, dont on se rappelle l'expôsi-
tion sensationnelle qui eut tant de suc-
cès en 1900 le superbe bureau et cette
bibliothèque grandiose qui ont attiré
l'attention .du monde entier. M. Linke a
cette année de très jolis meubles deux
bureaux, des commodes, un régulateur
et une superbe chambre à coucher
Louis XV. Celle-ci sera vite enlevée.
L'officier de paix qui est chargé du
service d'ordre, M. Murat, a beaucoup
de mal. M. Trouillot, en effet, n'est pas
encore habitué à visiter officiellement
les expositions. Au lieu de se laisser
conduire, il va au gré de ses désirs. Un
corridor lui offre à droite un chemin
commode. Il voit à gauche le nom célè-
bre de Krieger, dont la maison est diri-
gée aujourd'hui par MM. Damon et Colin.
Il se dirige comme il peut vers ce stand
et admire des meubles divers. Il y a là
surtout un paravent doré, style Louis XV,
dont les peintures sont très suggestives.
Quelqu'un dans le cortège intrigue fort,
par son bel uniforme, les invités. Ils
demandent aux membres du cortège
« quel est cet officier supérieur ». C'est
l'aimable colonel Meaux-Saint-Marc, re-
présentant ici le Président de la Répu-
blique, qu'il s'apprête à rejoindre à Ram-
bouillet. Il nous dit que M. Loubet ne
profite guère de la campagne il ne
quitte point son bureau de travail où il
lit et écrit du matin au soir.
Pendant ce temps, M. Trouillot, re-
venu près de l'entrée, considère le très
joli stand de M. Jémont.dont les meu-
bles divers sont du goût le plus sûr.
Chemin faisant, nous nous trouvons
dans un couloir ombreux nous allons
déboucher devant une série de dioramas
où nous verrons couper, tailler les ar-
bres les plus divers dans les pays boisés
de la France et de l'étranger. En une se-
conde, nous passons de l'Auvergne à la
Hongrie, de l'Amérique à l'île de Java.
Mais le cortège est trop nombreux: on
étouffe dans ce couloir! A la sortie, l'œil
est récréé par un treillage artistique du
plus heureux effet. Il est dû à la maison
Bocquet, qui décora en 1900 le palais du
Costume, le palais de la Bosnie, etc.
Ce treillage forme un salon rustique
qui aura grand succès. Il est meublé de
bronzes qu'on ira voir.
Ils seraient bien jolis sur les meubles
de Jansen, le célèbre tapissier de la rue
Royale, dont le stand fait merveille. Il
est plein de meubles très luxueux dont
les visiteurs rêveront.
Mais d'où vient ce bruit? C'est déjà
l'un des pianos de la maison Stransky
.frères, qui se joue. mécaniquement, se-
lon sa mission. •
Il y a là un piano mécanique à sept
octaves, cadre en fer, cordes croisées,
qui se joue à volonté au doigté ordinaire
ou mécaniquement à l'aide de cartons
perforés un piano qui non seulement
marche mécaniquement, mais qui en-
core est éclairé à l'électricité un auto-
pianiste, c'est-à-dire un appareil de 61
touches qui s'adapte à tous les pianos et
remplace un exécutant.
Tout de suite, le piano électrique joue
la Marseillaise. Est-ce pour fêter la ré-
cente croix de M. Edouard Stransky?
Mais voici JM.Pérol qui s'efface devant
M. Roujon.
Celui-ci présente à M. Trouillot le di-
recteur des Gobelins, 1\1. Guiffrey, et son
éminent collaborateur, M. Fernand Cal-
mettes. Il les invite à faire au ministre
les honneurs des tapisseries des Gobe-
lins qui occupent la moitié du premier
étage trois siècles de tapisseries, trois
siècles d'art! A côté de l'histoire d'Esther
une merveille les armes de Bor-
deaux, la plus récente des tapisseries
exécutées par les Gobelins pour l'hôtel
de ville dé Bordeaux. Le sujet en a été
peint par M. Georges Claude.
Le ministre visite ensuite la longue
exposition de tableaux qui emplit toute
la galerie. Les tableaux ne sont-ils point
partie notable de l'ameublement?
La promenade se termine par un arrêt
au buffet, où l'on toaste au succès de la
nouvelle exposition.
Et les coupes se vident avec d'autant
plus de plaisir qu'il fait très chaud et que
les invités souhaitent réellement que. le
Salon de l'ameublement soit bientôt le
rendez-vous de toutes les familles.
Charles Chincholle.
son pantalon il pensait au mariage de sa
fille, à ce bonheur qu'il se contraignait à
à accepter allègrement pour elle, en
se sacrifiant soi-même. Et, comme il
sentait qu'un remous de tristesse allait
lui reprendre le cœur, il voulut s'y déro-
ber en se jetant dans des idées à côté,
indifférentes.
Comme tous les névrosés, sujets à la
colère, il manquait de caractère: Un
homme qui ne domine pas l'emporte-
ment dont il se sent tenté sous le plus fu-
tile prétexte, est au fond, et malgré les
manifestations intermittentes de volonté
dont il est capable en ses heures de sang-
froid, un être de mollesse.
Bouscabès pensa en ce moment à la
domestique à propos de laquelle il s'était
i exaspéré la veille en dînant.
Une bouffée de regrets et de mansué-
tude lui monta au cerveau. « Cette pau-
vre fille. après tout. ce n'est pas un
crime de manquer un dîner Je lui ai
crié que je la chasserais comme un
chien? Je vais aller la prévenir qu'elle
peut rester. »
Et il s'émouvait à l'avance du plaisir
qu'elle allait avoir à recueillir ce commu-
niqué. Sa propre bonté lui mouillait les
yeux. Il ne voulut pas différer. Avant
même de passer dire bonjour à sa femme,
il se mobilisa vers la cuisine, en pantou-
fles et sans avoir passé d'autre vêtement
que son pantalon.
La cuisinière était, à ce moment, en
train de ranger les bols en lesquels elle
venait, avec le domestique et la femme
de chambre, de prendre le déjeuner du
matin.
La femme de chambre était partie faire
la chambre de Louise et l'aider à sa toi-
lette. Le domestique était descendu dans
la cour. à ses harnais et à ses voitures.
En apercevant son maître, la' fille se
ref rogna, et, l'œil venimeux dans sa
tourde face noiraude, elle grommela que
monsieur eût à lui faire son compte.
AVIS PIVER.S
Diamant imit. par faite. ERNEST, 24 bd Italiens
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rapides. Elle peut également servir très éco-
nomiquement pour la conservation des four.
rures et habits d'hiver.
t'
Gazette des Tribunaux
POLICE CORRECTIONNELLE Manifestants.
C'est par petits paquets, conformément
au système de M. Lépine, que la Police
correctionnelle expédie les affaires de
manifestants.
Quatre de ces affaires ont occupé, hier,
l'audience de la 10e Chambre correction-
nelle, présidée par M. Rouyer.
Au cours de la première affaire, M. le
substitut Casabianca a prononcé un ré-
quisitoire dont quelques passages'sont à
reproduire
Je suis attristé, a dit M. le substitut, de
voir parmi les prévenus des jeunes gens qui
se piquent, dans leur vie privée, de bonnes
manières et de distinction. Plus on occupe
un rang social important, plus on se doit à
soi-même de donner le bon exemple. Nous
vivons dans un pays de démocratie où les
citoyens ont à leur disposition des armes di-
verses bulletin de vote, liberté de la presse
et liberté de réunion. Nous avons aussi la
liberté de la tribune. Un gouvernement sou-
cieux de son devoir et conscient de sa respon-
sabilité ne peut tolérer des manifestations de
nature à constituer un danger public. Il se
trouvera toujours des forces de police pour
empêcher les troubles dans la rue et des
tribunaux pour condamner ceux qui auront
provoqué des désordres. C'est une calom-
nie et une légèreté de prétendre que la po-
lice est brutale. Les agents dominent leurs
nerfs, subissent les outrages et les invectives
sans mot dire. Ils remplissent correctement
leur devoir.
Répliquant au ministère public, M0
Albert Thublin, avocat d'un des mani-
festants, s'est levé
Ces manifestations, a-t-il dit, étaient
nécessaires. Il n'est pas possible qu'un pays
se laisse gouverner comme un troupeau de
moutons.
Après cet « échange de vués » entre M.
le substitut Casabianca et M0 Albert Thié-
blin, le Tribunal a jugé quatorze des ma-
nifestants du 25 juillet. Un seul, M. Mar-
cel Marchadier, tailleur d'habits, âgé de
dix-huit ans, a été acquitté..
Les autres manifestants poursuivis ont
été, après plaidoiries de M° Albert Thu-
blin, Georges Bonnefous, Maurice Quen-
tin; Boye, de Bouillane et Max Botton,
condamnés, soit pour outrages, soitpour
rébellion envers les agents, savoir
M. Denis Bour, 23 ans, externe des hôpi-
taux, à 50 francs d'amende ayoc la loi Béren-
ger M. Hoffmann, 19 ans, étudiant en droit
de deuxième année, à 25 francs d'amende;
M. Constant Piette, 21 ans, représentant de
commerce, à 25 francs d'amende M. Anatole
de Perusse des Cars, 20 ans, étudiant libre, à
8 jours de prison avec sursis et à 50 francs
d'amende; M. Louis Pelard, 28 ans, garçon
de café, à 16 francs d'amende M. Gaston Le-
blanc, 21 ans, fumiste, à 8 jours de prison
M. Alexandre Courtepoix de Blay, 38 ans, ar-
tiste peintre et propriétaire, à 100 francs d'a-
mende M. Louis Deosud, 20 ans, employé de
banque, à 25 francs d'amende M. Alfred
Dubois, 47 ans, cuisinier, a 8 jours de prison
avec sursis et 50 francs d'amende M. Charles
Besançon, 36 ans, concierge, à 25 francs d'a-
mende M. Barbier de Preville, employé d'as-
surances, à 16 francs d'amende M. Salzeda
(par défaut) à 2 mois de prison, et M. Hubel
Hermann, 52 ans, précepteur, de nationalité
prussienne, à 100 francs d'amende.
NOUVELLES JUDICIAIRES
M.JulesGilbertestun financierpleinde
ressources.
En 1898, il fondait la Banque Gilbert
et C°, que deux ans après, il transformait
en Banque générale industrielle.
Dès lors M. Jules Gilbert créa succes-
sivement la Caisse des Reporis, l'Union
syndicale d'Epargne, le Syndicat pour
l'épuration des caoutchoucs, le Syndicat
pour la stérilisation des eaux de rivière
par l'ozone, la Société des tréfileries de
l'Ouest, la société la Perle nationale, la
Mais il leva bénévolement les épaules
Voyons, Aurélie, ne pensez plus à
ce que je vous ai dit hier soir. Je suis très
vif, mais, vous savez, je suis très bon.
Vous pouvez rester.
Elle secoua la tête
Non, non, je m'en vais. et tout de
suite.
Vous avez tort.
Je n'ai pas l'habitude qu'on me crie
après comme ça. Le pain qu'on mange
est trop dur.
Il eut un ricanement
Vous êtes une forte tête. C'est bien,
réglons. Donnez-moi votre livre de dé-
penses.
Elle sortit de la table de la cuisine le
petit cahier, avec le crayon dont elle se
servait.
Bouscabès examina le compte
Vous avez reçu 20 francs hier, ma-
tin vous avez dépensé 16 francs vous
redevez 4 francs. D'autre part, voilà
quinze jours que vous êtes entrée ici.
Non, seize jours.
Vous êtes entrée le 2 avril, après le
dîner, à huit heures du soir. Nous som-
mes aujourd'hui le i7. Il y aura ce soir
quinze jours que vous êtes ici: je ne vous
dois donc que quinze jours.
Mais elle se mit à compter sur ses
doigts 2, 3, 4, 5, etc. Elle leva seize
doigts l'un après l'autre. Elle répéta
C'est seize jours que vous me devez.
Par exemple c'est fort! Compre-
nez donc que du 2 au 3, ça fait un jour,
et vous n'avez pas à compter 2 d'a-
bord, mais 3 1
Il avait élevé la voix avec une pointe
d'impatience. « •;•.̃,
Elle acquiesça
C'est bon. Je n'aime pas les raisons.
Je suis encore bonne pour perdre trente
sous qu'on me doit.
Il sentit, devant cette obstination à ne
pas comprendre, ou cette feinte d'inintel-
ligence, s'allumer son im£atience,, et il
éleva encore le ton Y N
Société des 'ardoisières de Baccarat, là
Sanatorium frigorifique de Saïgon, les
Tramways électriques des Sables-d'O-
lonne, la Société du Datura et la Société
des produits philodermiques.
Tous ces syndicats et toutes.ces socié--
tés aboutirent naturellement à la liqui-
dation,
Cent quatre-vingts plaintes furent dé-
posées contre M. Jules Gilbert.
Le financier, dont les détournements
s'élèveraient à 800,000 francs, a comparu
hier devant la 8e Chambre correction-
nelle où, après plaidoirie de M0 Lagasse,
il a été condamné à dix-huit mois d'em-
prisonnement pour abus de confiance et
escroqueries.
Intérim.
..s,
etiejaro à la cD ourse?
Mercredi 30 juillet.
Le voici presque terminé ce mois de juillet
sur lequelle monde de la Bourse avait bâti
tant de rêves dorés.
Avec quel enthousiasme en parlait-on et
combien etait-il désiré 1
Que d'affaires nouvelles devait-il apporter
et quelle activité devait le signaler 1
Mais le destin en avait sans doute décidé
autrement, car les belles visions se sont vite'
évanouies.
Manquant à ses promesses dès le début,-
chaque jour par la suite démolissait et ruinait
les plus belles prophéties.
Les boursiers en garderont le souvenir, (
mais c'est une boule noire qui marquera sa'
place dans les annales de la finance.
La réponse des primes, qui s'est effectuée
aujourd'hui, a provoqué, comme l'on s'y atten-
dait, l'abandon de tous les engagements con-
ditionnels.
Cotte opération s'est faite dans le plus grand
calme,.car la baisse ininterrompue qui s'est
produite sur tous les compartiments du mar-
ché rendait inutile toute lutte à ce sujet.
Quant aux variations enregistrées pendant
le cours de la séance, elles ont été, en général,
peu importantes et la tendance est restée très
calme.
Toutefois, en clôture, quelques valeurs se
sont légèrement raffermies.
Les valeurs minières, favorablement in-
fluencées par le discours prononcé hier par
M. Chamberlain ont bénéficié d'un certain
nombre de demandes.
Le 3 0/0 s'améliore de 100 27 à 100 37, et la
3 1/2 reprend de 101 67 à 101 77.
Les établissements de crédit restent très?
calmes. La Banque de Paris finit à 1,022, la.'
Comptoir regagne 2 francs à 588 et le Lyon-
nais se tient à 1,055.
Nos chemins terminent irrégulièrement.
Tandis que le Nord faiblit de 1,950 à 1,939 et
que le Métropolitain s'alourdit à 532, le Lyon
progresse de 1,415 à 1,424.
Le Gaz est calme à 754, le Suez fléchit do>'
3.930 à 3,922 et les Métaux reculent à 470.
A l'exception de la Thomson, qui perd 5 fr.
à 600, les autres valeurs de transport finissent
très calmes. Les Omnibus clôturent à 740 et
la Parisienne électrique reste à 218.
Parmi les fonds d'états étrangers, Te 4 0/0'
Brésilien regagne 15 centimes à 72 55, l'Ex-*
térieure est peu animée à 80 80 et l'Italien
revient à 101 95. Les rentes turques assez ac-
tives s'améliorent sensiblement. La Série C
passe de 29 82 à 30 fr. et la Série D s'avance
de 28 fr. à 28 22.
Les chemins espagnols se retrouvent aux
environs de leurs précédents cours.
LeRio s'améliore à 1,082, la Briansk pro-
gresse à 190 et la Sosnowice s'avance à 1,709.
La Huanchaca termine à 96 50 et les Obli-
gations â 0/0 Wagons-Lits progressent à 470i
Parmi les valeurs minières, la De Beers
finit à 581, la Rand Mines passe de 291 à 294,,
la Goldfields s'élève à 209 50 et la Eerste Fa-
brieken Distitlery. est ferme à 23 50.
Le Boursier,
INFORMATIONS FINANCIÈRES
GOUVERNEMENT général DE l'Indo-Chine. On.
sait que les 155,000 obligations 3 0/0 de 500 fr.
composant la nouvelle série de 1 emprunt de
200 millions, autorisé par la loi du 25 décembre
1898, sont complètement affranchies de tous im-
pôts par. le gouvernement de l'Indo-Chine. Elles
rapportent donc un intérêt annuel de 15 francs
net payables par coupon semestriel. `
Remboursables en 75 ans à 500 francs, elles
sont émises à 465 francs et portent jouissance à
partir du 16 août.
RÉPONSE DES PRIMES. 3 0/0, 100 27; Banque
de Paris, 1,022 Crédit Lyonnais, 1,055 Nord, 1,845;
Métropolitain, 534 Omnibus, 735; Omnibus, 735;
Tramwys Sud,. 192 Suez, 3,925 Thomson-Hous-
ton, 603 Espagne extérieure, 80 87.; Italien 5 0/0,
101 95 Turc D, 28 20; Banque ottomane, 560;
Rio-Tinto, 1,076; Sosnowice, 1,703. ̃•
Chartered, 79 50 Goldflelds consolidés, 209
De Beers ordin., 584 50 East Rand, 219 50
Huanchaca, 9750-May Cons,124-Rand-Mines,
294 Transvaal cons., 140 Village, 225.
DERNIERS COURS ÉTRANGERS
Changes
Barcelone. Change sur Paris. *«1 37 25
Gênes. 1010~
Valparaiso. Londres. 1515/16
Rio-Janeiro.. .1 12178
Agio Buenos-Ayres. 12990
Métaux
Cuivre. Comptant 52 15/. contre 52 7f 6
Terme. 53 52 12/6
Plomb anglais 11 7/6 6 Espagnol 11 2/6
̃
Comment! trente sous que l'on vous
doit ? Mais si je vous devais trente sous,
soyez certaine que je vous les payerais,
ma fille Je veux bien vous donner mille
francs, dix mille francs, ce que vous vou-
drez mais je ne veux pas que vous pré-
tendiez que je vous les dois
Avalez-moi toute crue, comme hier
soir. Vous me devez seize jours vous ne
m'en payez que quinze, c'est bien.
Il marqua le pas rageusement, mais
en se tenant en bride et en se bornant à
proférer quelques exclamations guttu-
rales « Ah! Ah Ah » Puis il cria
Passons Je vous paie seize jours! 1
16.jours à 30 sous. 24francs.
Plus mes huit jours, puisque je ne
les fais pas et que c'est vous qui m'avez
dit hier soir que je partirais ce matin.
12 francs. 12 et 24, 36. moins 4.
Mais vous me devez le blanchissage.
Soit. Combien? 2
20 francs.
20 francs Vous avez sali pour
20 francs de linge en quinze jours?
Oui.
Non.
C'est comme ça. Je suis logée, nour-
rie, blanchie. Vous me devez le blan-
chissage.
Vous vous moquez de moi 20
francs ?
Elle dénoua son tablier, elle le jeta sur
la table
Du reste, c'est bien. Je n'ai pas l'ha-
bitude qu'on me chicane. Vous verrez ça
devant le juge de paix.
Alors il cessa de se contenir. Il lança
le petit livre et le crayon au hasard
Vous êtes folle, ma fille! Allez, filez,
débarrassez-moi le plancher l,
En même temps il lui mettait la main
à l'épaule pour la pousser vers la porte.
Elle se retourna violemment
Dites donc, vous, ne me touchez
pas, voleur, brute, voleur
J[A suivre^} Henri Pagat.
rateur, furent aussi attachées que la
nôtre au principe d'égalité; ils eurent,
comme nous, la passion de la liberté.
« C'est la culture classique qui dicta la
première protestation contre le pouvoir
personnel, le Contre un, deLaBoétie. »
Les Anciens n'ignorèrent même pas
« entièrement » la Solidarité.
Pas entièrement. Et ici en effet l'ora-
teur reconnaît que les Anciens ne nous
suffisent plus; que la littérature et la phi-
losophie, depuis cent ans, ont créé de ce
côté un idéal trop vaste, et rendu l'âme
moderne trop impatiente de conquêtes
que l'antiquité ne pouvait nicomprendre
ni pressentir. Mais tout de même la no-
tion de cet idéal nouveau, n'est-ce pas
de la culture classique qu'elle est sortie,
et à l'enseignement des Anciens que nous
devons de l'avoir acquise ?
C'est à cette conclusion très applaudie
que le ministre, qui répondait à M.
Nollet,. a très habilement enchaîné son
discours. Et je dois dire que le succès de
M. Chaumié a été très vif.
Tout d'abord le ministre prend la dé-
fense des novateurs contre ceux qui leur
reprochent de vouloir « rompre avec la
tradition de la culture classique ». Ce se-
rait en même ternes, dit le ministre,
a commettre une ingratitude et manquer
à un devoir sacré ».
Une large place sera donc consacrée
aux lettres 'anciennes dans les pro-
grammes nouveaux; et ceux qu'attire
cet enseignement en pourront d'autant,
mieux profiter que « le poids lourd des
camarades arriérés » n'y entravera plus
leur propre marche.
Mais, cette concession: nécessaire faite
au passé, n'est-il pas temps, dit M. Chau-
mié, de se préoccuper du présent et des
leçons.qu'il enferme, lui aussi?
Le monde a marché. Tout, autour de nous,
.s'est transformé et se transforme avec une vi-
tesse vertigineuse chaque jour ouvre aux
connaissances humaines un champ nouveau,
hier inconnu, dont les limites s'étendent, s'é-
loignent, et ouvrent sans cesse un nouvel ho-
rizon aux yeux de l'explorateur qui le veut
conqnêrir..
Les barrières qui enfermaient les nations
tombent ou s'entr'ouvrent. La facilité de jour
en jour croissante des communications, les
relations de commerce, les besoins des échan-
ges créent entre les peuples une pénétration
réciproque de plus en plus intime, et font de
ja connaissance des langues vivantes, qui
jadis pouvait presque être considérée comme
un luxe, une inéluctable nécessité.
D'autre part, et en même temps, le trésor
de notre littérature s'enrichit chaque pé-
riode qui s'accomplit ajoute à l'histoire une
page nouvelle qui ne peut rester ignorée, et
l'histoire elle-même, plus fouillée, aidée par
les recherches des erudits, éclairée par la
critique, agrandissant son domaine, amène
en pleine lumière des coins du passé jusque-
là laissés dans l'ombre, et souvent revise ses
anciens jugements.
Nous devons donc préparer notre jeu-
nesse à connaître et à aimer aussi ce pré-
sent-là. De là la nécessité d'un autre en-
seignement non pas inférieur à l'autre
et. « d'une dignité amoindrie », mais égal.
Aussi bien la science a-t-elle aussi sa
vertu éducatrice et sa beauté. Elle aussi
est une école de méthode, de 'précision,
de sincérité et de logique; elle aussi a sa
poésie.
Un navire est sur la mer; la nuit, la
brume l'environnent, rien ne le relie à la
terré, il est seul. Et voici que d'un appareil
nouveau installé dans sa mâture une vibra-
iioiï mystérieuse se détache, s'étend, s'ampli-
fie, et tout à coup le développement de son
orbite heurte, éveille au loin sur le rivage ou
sur un bateau qui passe un autre appareil
sensible qui' attendait. Une communication
est établie, une réponse est donnée à un ap-
pel.
Ne sommes-nous pas confondus, et ce spec-
tacle n'éyeille-t-il pas notre enthousiasme ?
Dirai-je les éléments domptés et asservis
devenus des instruments souples et dociles
que peut manier la main d'un enfant, la dis-
tance supprimée, la terre étudiée dans les
couches profondes qui la forment aussi bien
que dans la parure de ses fleurs; la chimie et
les richesses de ses applications la lumière,
la clialeur, la force produites ou transfor-
mées les infiniment petits laissant surpren-
dre les lois de leur évolution; les conquêtes
déjà; faites par la science donnant une auda-
cieuse confiance dans l'avenir qui réserve des
conquêtes plus grandes encore, et aussi par-
fois comme une sévère et grandiose leçon,
des cataclysmes terribles, qui viennent dure-
ment rappeler à l'homme enivré de sa gran-
deur, sa faiblesse et sa fragilité.
Le savant qui étudie la nature, qui pénètre
ses mystères et lui arrache ses secrets lui
rend le même hommage élevé et pieux que le
#"poète qui la chante.
Le rite du culte est différent, la religion est
la même.
Et si enfin la science a ses poètes, elle
a aussi ses héros et ses martyrs en sorte
qu'il n'est pas un seul des aspects « de
Feuilleton du FIGARO du 31 juillet
ILa. Colère
'1
l
• 'i- Suite
Cette injonction, qui lui râclait la
gorge à cause de la contraction nerveuse
de, la colère, s'adressait à la femme de
chambre qui servait à table.
Elle sortait de la salle pour accomplir
l'ordre.
Et Mme Bouscabès, blanche d'appré-
hension, en profitait pour tenter d'apai-
ser son mari
Voyons, mon ami, je t'en supplie,
calme-toi. Ça n'en vaut pas la peine.
Pour un dîner manqué, voyons 1
Mais l'intensité de la colère est tout à
fait indépendante de la gravité de sa
cause. Il y a même lieu de remarquer
que la colère n'est que l'effervescence
propre aux médiocres contrariétés.
Quand l'âme est véritablement frappée,
c'est de désespoir ou de haine qu'elle
s'embrase.
Mme Bouscabès, conciliante du geste
et de la voix, ajoutait
Je sais bien que c'est désagréable.
'Cependant c'est la première fois que cela
lui arrive. Elle n'a pas eu de chance.
voilà Mon ami. je t'en prie I.
Il ne l'entendait même pas.
On lui eût offert un présent considéra.
ble pour renoncer à se déchaîner, qu'i]
n'y eût pas renoncé.
Le courroux était en lui comme la sève
qui gonfle les bourgeons. Il fautqu'elle
Reproduction interdite.
l'universelle et supérieure beauté qu'on v
ne retrouve en elle. f
En plaçant à côté l'un de l'autre et à un n
rang égal ces deux enseignements, nous
aurons, conclut le ministre, inculqué aux r
jeunes gens la plus haute et la plus né-
cessaire des idées morales, l'idée de s
solidarité. Car tous les âges de l'histoire, Il
toutes les générations, tous les progrès p
sont solidaires les uns des autres. j\
La civilisation qui vous entoure est le fruit D
du lent travail des siècles le bien-être maté- d
riel et moral dont vous jouissez a été préparé
et peu à peu conquis au prix de leurs peines, '̃l
de leurs sueurs, et souvent de leurs larmes et L
de leur sang, par ceux qui vous ont précédés,
et qui, eux, n'en ont pas cueilli le fruit les
plus grands génies eussent été impuissants à n
faire la moindre de leurs découvertes sans le a
patrimoine commun d'expérience et de savoir s
accumulé par leurs devanciers. s
Quelle que soit votre valeur personnelle, c
que seriez-vous et que pourriez-vous sans u
1 appui et le concours incessant de ces mil- g
liers d'êtres dont la plupart vous sont incon- d
nus et qui forment la société ? f.
Une seule chose importe donc, déclare d d
en terminant l'orateur Faire son de- °
voir. Tous nos pères ont travaillé pour
nous; acquittons-nous envers eux « en
travaillant pour ceux qui naîtront de |
nous ». d
La parole est à M. Niewenglowski,
inspecteur d'académie, et voilà de tous
les discours le plus impatiemment at-
tendu le palmarès.
Il nous a donné, cette année, quelques J.
surprises. Ainsi, aucun des grands ly-
cées auxquels semble réservée d'ordi-
naire la gloire des hautes récompenses
ne figure à la liste des prix d'honneur.
C'est Chaptal qui triomphe en mathéma- n
tiques spéciales, Michelet en philosophie, b
Rollin en rhétorique, Voltaire en seconde r
moderne. il
Condorcet vient, dans la totalisation
des récompenses, en tète de liste, et se F
répartit à peu près également dans toutes o
les facultés; mais il est serré de près par d
Louis-le-Grand qui partage en rhéto-
rique avec Henri-IV une grande par- n
tie des nominations. Il est intéressant c
cependant de signaler l'exceptionnel suc- t
cès remporté cette année en rhétorique p
par Rollin qui a obtenu dans cette
classe, à côté de Louis-le-Grand et à
à>He?iri-IV, quatorze nominations, dont s
le prix d'honneur décerné à l'un des élè- c
ves les plus brillants de cet établisse- d
ment, M. Georges Ascoli. c
Pour Chaptalaussi, l'année a été bonne. à
Sur la liste des treize lycées et collèges c
qui ont pris part au Concours général, d
Chaptal occupe le troisième rang. C'est
à une composition très remarquable, s
me dit-on, d'un de ses élèves, M. Bou- p
deville, qu'est décerné, en mathéma- h
tiqnes spéciales, le prix d'honneur. Le s
succès de Chaptal s'est affirmé surtout ï
dans les classes d'enseignement mo-
derne. En première et en troisième mo- t:
dernes, ce collège a remporté la moitié i
des récompenses. p
'Il n'y a pas eu, cette année, de « grand
lauréat », et je n'ai guère relevé, pendant C
la lecture du palmarès, qu'une dizaine I
de noms plusieurs fois répétés, dans le c
tumulte des applaudissements et des ri- I
tournelles de l'orchestre officiel en phi- z
losophie, M. Maspero, de Louis-le-Grand; I
en première moderne, M. Lattès, de (
Chaptal en rhétorique, MM. Herbette, à
de Condorcet René Hubert, de Rollin
Piganiol, de Louis-le-Grand; en seconde c
classique, MM. Rouillard, de Louis-le- I
Grand Weill et Bechmann, de Condor- r
cet; en seconde moderne, M. Haury, de
Chaptal; en troisième classique, M. Mas- £
sigli, de Louis-le-Grand. c
Et tous défilent, ravis, les bras char- s
gés des beaux livres dorés. Seuls, les f
« prix d'honneur » ne rapportent à leur
banc que la petite couronne en papiervert.
Ceux-là auraient une charge trop lourde 1
à déplacer, et les volumes qui leur sont c
destinés restent alignés sur des tabourets
drapés de velours rouge, en face du mi- i
nistre. t
Etes-vous curieux de savoir quels sont £
ces volumes? Voici i
Le prix d'honneur de M.'Boudeville, r
en mathématiques spéciales, comprend: a
le volume du Centenaire de l'Ecole nor- É
maie, la Mécanique de Lagrange, la Ci- 1
nématique de Kœnigs et les quatre tomes r
de la Théorie des sur faces de Darboux. i
Et pour corriger un peu l'aridité de ces c
lectures, le Président de la République y c
ajoute trois gros volumes de Poncelet i
Applications d'analyse, et Propriétés pro- c
tives des figures, et le Système du c
Monde de Laplace.
M. Fischer, prix d'honneur de philoso-
phie, reçoit dix volumes la Morale de c
Plutarque, les OEuvres de Platon, le à
XIX™ Siècle, de Petit de Julleville Du i
s'ouvre un passage. A moins de le gar-
rotter et de le bâillonner, on ne l'aurait
pas maté.
Ramassé sur son indignation, chauffé
à blanc, il guettait l'entrée de la cuisi-
nière.
Dès qu'elle parut au seuil de la salle
à manger, déplaisante au reste à consi-
dérer, trapue et noiraude, la face rechi-
gnée, l'œil mauvais, il surgit comme à la
détente d'un ressort, et, saisissant le plat
d'épinards, il le projeta, d'un geste ven-
geur, sur le parquet aux' pieds de la
délinquante, après avoir eu la déman-
geaison de le lui jeter àla tête. En même
temps il se mettait à l'invectiver avec une
grossièreté de l'excès de laquelle il avait
conscience, mais qui le soulageait telle-
ment qu'il s'y complaisait, réitérant les
formules de l'injure, les ponctuant à
coups de fourchette, une fourchette
dont il s'était armé et dont, en allant
et venant à travers la pièce, il lardait
furieusement les meubles au,passage.
La crise aboutissait à cette déclaration:
Il n'y a que quinze jours que vous êtes
ici, ma fille? Mais demain, à la porte
comme un chien, entendez-vous »
Puis il revenait sur elle « Comme
1 un chien, à la porte, c'est dit ?. comme
un chien Je veux pouvoir manger chez
moi. Je n'ai pas envie d'aller passer ma
vie au restaurant! je n'ai pas envie de
mourir de faim »
Il était à l'autre extrémité de la salle.
Il s'arrêtait, les dents grinçantes. On
pouvait penser que c'était fini. Mais ça
repartait, avec deux terribles horions de
sa fourchette, dont les dents laissaient
leur empreinte sur la tablette du buffet
« Je veux pouvoir diner chez moi, en-
[ tendez-vous Je ne suis pas disposé à
mourir de faim 1 Tout raté, tout, tout,
tout Les yeux lui sortaient de. l'orbite.
[ sous ses gros sourcils en délire. Il avait
1 lès lèvres exsangues et contractées. Il
répéta5 en-marchant sur Ia=coupablè avec 1
vrai, du beau, du bien de Cousin, et
l'Evolution de la poésie lyrique, de Bru-
netière.
M. Georges Ascoli, prix d'honneur de
rhétorique, reçoit du ministère les Cau-
series du lundi, de Sainte-Beuve, en
seize volumes, et le Prévost-Paradol de
M. Gréard; deM. Loubet, l'Histoire des
peuples de l'Orient, en trois volumes, de
Maspéro.
A M. Millot, prix d'honneur deseconde
moderne, on donne une grande édition
des Fables de La Fontaine, et treize vo-
lumes de Sainte-Beuve, les Nouveaux
Lundis. >
A deux heures, la cérémonie est ter-
minée. Au seuil de la Faculté des lettres
apparaît la silhouette de M. Lépine qui
s'assure d'un coup d'œil que la, rue est
calme. On entend un commandement;
un clairon sonne « aux champs» dans le
grand silence, et tandis qu'à cent mètres
de là se répand la foule joyeuse des
familles et des lauréats, un landau que
des cavaliers précèdent et que suivent
d'autres voitures descend rapidement la
rue de la Sorbonne assis à côté de
M. Liard, le ministre répond à quelques
saluts discrets, et le cortège file. Nous
sommes trente à peine qui avons assisté
à cette sortie. Pas un cri n'a été poussé.
Emile Berr.
.s~
Au Salon du Mobilier
Les gens de bien trouveront certaine-
ment excellente l'idée qu'a'eue la Cham-
bre syndicale de l'ameublement d'orga-
niser, au Grand Palais, un Salon des
industries du mobilier.
Le nid, c'est la bonne moitié de la vie.
Plus joli est le cadre où l'on se met, plus
on se plait à y vivre, à y rester. Le luxe
du home est moral.
Il faut donc remercier ceux qui s'ingé-
nient à perfectionner l'ameublement, qui
créent de nouveaux modèles.. C'est du
bien-être, c'est de l'agrément qu'ils nous
préparent.
Quand la nouvelle exposition sera tout
à fait terminée, les bons ménages il
s'en trouve à, Paris bien plus qu'on ne
croit se feront un devoir, un plaisir
de se rendre au Salon du mobilier, d'y
choisir une chambre à coucher, une salle
à manger, un cabinet de travail, une
chaise seulement, si on n'a besoin que
d'une chaise.
Plus on achètera, plus l'exposition
sera intéressante, car les objets acquis
pourront être immédiatement livrés les
habitués, alors, verront un salon Renais-
sance là où il y avait la veille un salon
Empire.
L'initiateur de ce Salon est, dit-on, no-
tre confrère 0. Lartigue qui organisa, en
1896, au palais de l'Industrie, la belle ex-
position du Théâtre et de la Musique.
MM. Ferdinand Férol, président de la
Chambre syndicale de l'ameublement;
Béquet, président de la Chambre syndi-
cale des miroitiers Bouvard, Delaunay-
Belleville, Stéphane Dervillé, Expert Be-
zançon, P. Fresson, Henri Dutar, Emile
Foa, etc., approuvèrent l'idée de M.
0. Lartigue; ils l'aidèrent puissamment
à la mener à bien.
Si elle avait été réalisée en province,
on eût vu hier un très joli Salon, mais à
Paris les exposants se croiraient désho-
norés s'ils étaient prêts le jour annoncé.
Le ministre, qui a inauguré hier le
Salon du mobilier, a dû se rappeler ce
qu'était, le 15 avril 1900, la grande Expo-
sition. Hier, la plupart des stands étaient
fermés à l'aide de rideaux de toile.
A quatre heures et demie, la Marseil-
laise a retenti. On venait de signaler
l'approche de M. Trouillot, ministre du
commerce.
Aussitôt MM. Lépine, préfet de police;
Autrand, secrétaire général de la préfec-
ture de la Seine, représentant M. de
Selves; Boiron, Muller, Bardin, Gou-
main, etc., membres du Comité de di-
rection du nouveau Salon, s'élancent
vers le seuil du palais, dont le portail a
été orné par Dalsème de tapis d'Orient.
Le président de l'exposition, M. Ferdi-
nand Pérol, souhaite la bienvenue au
ministre il le remercie du concours
qu'il lui a prêté, tout en assurant l'an-
cien ministre du commerce, également
invité, M. Millerand qui a eu à s'oc-
cuper de ce Salon quand il n'était encore
qu'en projet de la gratitude qu'il lui a
vouée.
M. Trouillot félicite les organisateurs
de leur excellente initiative. Il attribue
à M. Millerand toute l'élaboration de ce
Salon et l'invite à l'inaugurer côté de
un reflux de fureur: « Tout, tout, tout
raté, raté 1 Vous êtes une misérable, en-
tendez-vous »
Puis il parut à bout de surexcitation.
Sa volonté commençait en effet à réagir.
II se domina, il alla reprendre sa place à
table.
Mais ça couvait encore et comme la
cuisinière profitait de l'accalmie pour dis-
paraître, il se releva, il bondit à la porte
qu'elle venait de refermer derrière elle;
et, pendant qu'elle regagnait sa cuisine
au fil du corridor, il assouvit ce qui lui
restait de délire, en ce hurlement final
« Et on ne piétine pas ça 1 On ne jette
pas ça par la fenêtre Je vous tuerais,
entendez-vous,je.vous tuerais » »
Après quoi il claquait la porte avec la
violence d'un homme qui achève son en-
nemi,d'un suprême revers de massue; et
il revenait s'asseoir, définitivement cette
fois, les nerfs détendus, entre sa femme
livide d'angoisse et sa fille pâmée de
rire.
Tel «tait l'inciden auquel Louise venait t
de faire allusion. Elle lui recommandait
de ne pas attaquer à coups de fourchette
le mobilier des Moustiers. C'eût été là en
effet un fâcheux préambule aux paroles
d'alliance qu'il venait de lui promettre
d'échanger avec eux au cours de la jour-
née.
Il l'attira encore vers lui et l'embrassa
sur le front
Maintenant va dire bonjour à ta
mère et laisse-moi me lever. Quelle
heure est-il, Lou?
Elle regarda la pendule de bronze doré
qui, sous la garde de deux candélabres
de même métal, avait pour but d'enri-
chir la cheminée
Huit heures et quart, père.
Puis elle passait dans la chambre voi-
sine, qui était celle de sa mère, pendant
que Bouscabès sortait du lit.
Tout en se chaussant et en mettant
lui. Il remercie également M. Roujon,
directeur des beaux-arts, d'être venu
prendre part à l'inauguration
Aujourd'hui, 'dit-il, le mobilier ne
dépend plus que du département du com-
merce. Il relève surtout du département-
des beaux-arts.
Et le ministre se laisse conduire dans
les stands ouverts.
Il s'arrête longtemps devant celui de
M. Linke, dont on se rappelle l'expôsi-
tion sensationnelle qui eut tant de suc-
cès en 1900 le superbe bureau et cette
bibliothèque grandiose qui ont attiré
l'attention .du monde entier. M. Linke a
cette année de très jolis meubles deux
bureaux, des commodes, un régulateur
et une superbe chambre à coucher
Louis XV. Celle-ci sera vite enlevée.
L'officier de paix qui est chargé du
service d'ordre, M. Murat, a beaucoup
de mal. M. Trouillot, en effet, n'est pas
encore habitué à visiter officiellement
les expositions. Au lieu de se laisser
conduire, il va au gré de ses désirs. Un
corridor lui offre à droite un chemin
commode. Il voit à gauche le nom célè-
bre de Krieger, dont la maison est diri-
gée aujourd'hui par MM. Damon et Colin.
Il se dirige comme il peut vers ce stand
et admire des meubles divers. Il y a là
surtout un paravent doré, style Louis XV,
dont les peintures sont très suggestives.
Quelqu'un dans le cortège intrigue fort,
par son bel uniforme, les invités. Ils
demandent aux membres du cortège
« quel est cet officier supérieur ». C'est
l'aimable colonel Meaux-Saint-Marc, re-
présentant ici le Président de la Répu-
blique, qu'il s'apprête à rejoindre à Ram-
bouillet. Il nous dit que M. Loubet ne
profite guère de la campagne il ne
quitte point son bureau de travail où il
lit et écrit du matin au soir.
Pendant ce temps, M. Trouillot, re-
venu près de l'entrée, considère le très
joli stand de M. Jémont.dont les meu-
bles divers sont du goût le plus sûr.
Chemin faisant, nous nous trouvons
dans un couloir ombreux nous allons
déboucher devant une série de dioramas
où nous verrons couper, tailler les ar-
bres les plus divers dans les pays boisés
de la France et de l'étranger. En une se-
conde, nous passons de l'Auvergne à la
Hongrie, de l'Amérique à l'île de Java.
Mais le cortège est trop nombreux: on
étouffe dans ce couloir! A la sortie, l'œil
est récréé par un treillage artistique du
plus heureux effet. Il est dû à la maison
Bocquet, qui décora en 1900 le palais du
Costume, le palais de la Bosnie, etc.
Ce treillage forme un salon rustique
qui aura grand succès. Il est meublé de
bronzes qu'on ira voir.
Ils seraient bien jolis sur les meubles
de Jansen, le célèbre tapissier de la rue
Royale, dont le stand fait merveille. Il
est plein de meubles très luxueux dont
les visiteurs rêveront.
Mais d'où vient ce bruit? C'est déjà
l'un des pianos de la maison Stransky
.frères, qui se joue. mécaniquement, se-
lon sa mission. •
Il y a là un piano mécanique à sept
octaves, cadre en fer, cordes croisées,
qui se joue à volonté au doigté ordinaire
ou mécaniquement à l'aide de cartons
perforés un piano qui non seulement
marche mécaniquement, mais qui en-
core est éclairé à l'électricité un auto-
pianiste, c'est-à-dire un appareil de 61
touches qui s'adapte à tous les pianos et
remplace un exécutant.
Tout de suite, le piano électrique joue
la Marseillaise. Est-ce pour fêter la ré-
cente croix de M. Edouard Stransky?
Mais voici JM.Pérol qui s'efface devant
M. Roujon.
Celui-ci présente à M. Trouillot le di-
recteur des Gobelins, 1\1. Guiffrey, et son
éminent collaborateur, M. Fernand Cal-
mettes. Il les invite à faire au ministre
les honneurs des tapisseries des Gobe-
lins qui occupent la moitié du premier
étage trois siècles de tapisseries, trois
siècles d'art! A côté de l'histoire d'Esther
une merveille les armes de Bor-
deaux, la plus récente des tapisseries
exécutées par les Gobelins pour l'hôtel
de ville dé Bordeaux. Le sujet en a été
peint par M. Georges Claude.
Le ministre visite ensuite la longue
exposition de tableaux qui emplit toute
la galerie. Les tableaux ne sont-ils point
partie notable de l'ameublement?
La promenade se termine par un arrêt
au buffet, où l'on toaste au succès de la
nouvelle exposition.
Et les coupes se vident avec d'autant
plus de plaisir qu'il fait très chaud et que
les invités souhaitent réellement que. le
Salon de l'ameublement soit bientôt le
rendez-vous de toutes les familles.
Charles Chincholle.
son pantalon il pensait au mariage de sa
fille, à ce bonheur qu'il se contraignait à
à accepter allègrement pour elle, en
se sacrifiant soi-même. Et, comme il
sentait qu'un remous de tristesse allait
lui reprendre le cœur, il voulut s'y déro-
ber en se jetant dans des idées à côté,
indifférentes.
Comme tous les névrosés, sujets à la
colère, il manquait de caractère: Un
homme qui ne domine pas l'emporte-
ment dont il se sent tenté sous le plus fu-
tile prétexte, est au fond, et malgré les
manifestations intermittentes de volonté
dont il est capable en ses heures de sang-
froid, un être de mollesse.
Bouscabès pensa en ce moment à la
domestique à propos de laquelle il s'était
i exaspéré la veille en dînant.
Une bouffée de regrets et de mansué-
tude lui monta au cerveau. « Cette pau-
vre fille. après tout. ce n'est pas un
crime de manquer un dîner Je lui ai
crié que je la chasserais comme un
chien? Je vais aller la prévenir qu'elle
peut rester. »
Et il s'émouvait à l'avance du plaisir
qu'elle allait avoir à recueillir ce commu-
niqué. Sa propre bonté lui mouillait les
yeux. Il ne voulut pas différer. Avant
même de passer dire bonjour à sa femme,
il se mobilisa vers la cuisine, en pantou-
fles et sans avoir passé d'autre vêtement
que son pantalon.
La cuisinière était, à ce moment, en
train de ranger les bols en lesquels elle
venait, avec le domestique et la femme
de chambre, de prendre le déjeuner du
matin.
La femme de chambre était partie faire
la chambre de Louise et l'aider à sa toi-
lette. Le domestique était descendu dans
la cour. à ses harnais et à ses voitures.
En apercevant son maître, la' fille se
ref rogna, et, l'œil venimeux dans sa
tourde face noiraude, elle grommela que
monsieur eût à lui faire son compte.
AVIS PIVER.S
Diamant imit. par faite. ERNEST, 24 bd Italiens
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rapides. Elle peut également servir très éco-
nomiquement pour la conservation des four.
rures et habits d'hiver.
t'
Gazette des Tribunaux
POLICE CORRECTIONNELLE Manifestants.
C'est par petits paquets, conformément
au système de M. Lépine, que la Police
correctionnelle expédie les affaires de
manifestants.
Quatre de ces affaires ont occupé, hier,
l'audience de la 10e Chambre correction-
nelle, présidée par M. Rouyer.
Au cours de la première affaire, M. le
substitut Casabianca a prononcé un ré-
quisitoire dont quelques passages'sont à
reproduire
Je suis attristé, a dit M. le substitut, de
voir parmi les prévenus des jeunes gens qui
se piquent, dans leur vie privée, de bonnes
manières et de distinction. Plus on occupe
un rang social important, plus on se doit à
soi-même de donner le bon exemple. Nous
vivons dans un pays de démocratie où les
citoyens ont à leur disposition des armes di-
verses bulletin de vote, liberté de la presse
et liberté de réunion. Nous avons aussi la
liberté de la tribune. Un gouvernement sou-
cieux de son devoir et conscient de sa respon-
sabilité ne peut tolérer des manifestations de
nature à constituer un danger public. Il se
trouvera toujours des forces de police pour
empêcher les troubles dans la rue et des
tribunaux pour condamner ceux qui auront
provoqué des désordres. C'est une calom-
nie et une légèreté de prétendre que la po-
lice est brutale. Les agents dominent leurs
nerfs, subissent les outrages et les invectives
sans mot dire. Ils remplissent correctement
leur devoir.
Répliquant au ministère public, M0
Albert Thublin, avocat d'un des mani-
festants, s'est levé
Ces manifestations, a-t-il dit, étaient
nécessaires. Il n'est pas possible qu'un pays
se laisse gouverner comme un troupeau de
moutons.
Après cet « échange de vués » entre M.
le substitut Casabianca et M0 Albert Thié-
blin, le Tribunal a jugé quatorze des ma-
nifestants du 25 juillet. Un seul, M. Mar-
cel Marchadier, tailleur d'habits, âgé de
dix-huit ans, a été acquitté..
Les autres manifestants poursuivis ont
été, après plaidoiries de M° Albert Thu-
blin, Georges Bonnefous, Maurice Quen-
tin; Boye, de Bouillane et Max Botton,
condamnés, soit pour outrages, soitpour
rébellion envers les agents, savoir
M. Denis Bour, 23 ans, externe des hôpi-
taux, à 50 francs d'amende ayoc la loi Béren-
ger M. Hoffmann, 19 ans, étudiant en droit
de deuxième année, à 25 francs d'amende;
M. Constant Piette, 21 ans, représentant de
commerce, à 25 francs d'amende M. Anatole
de Perusse des Cars, 20 ans, étudiant libre, à
8 jours de prison avec sursis et à 50 francs
d'amende; M. Louis Pelard, 28 ans, garçon
de café, à 16 francs d'amende M. Gaston Le-
blanc, 21 ans, fumiste, à 8 jours de prison
M. Alexandre Courtepoix de Blay, 38 ans, ar-
tiste peintre et propriétaire, à 100 francs d'a-
mende M. Louis Deosud, 20 ans, employé de
banque, à 25 francs d'amende M. Alfred
Dubois, 47 ans, cuisinier, a 8 jours de prison
avec sursis et 50 francs d'amende M. Charles
Besançon, 36 ans, concierge, à 25 francs d'a-
mende M. Barbier de Preville, employé d'as-
surances, à 16 francs d'amende M. Salzeda
(par défaut) à 2 mois de prison, et M. Hubel
Hermann, 52 ans, précepteur, de nationalité
prussienne, à 100 francs d'amende.
NOUVELLES JUDICIAIRES
M.JulesGilbertestun financierpleinde
ressources.
En 1898, il fondait la Banque Gilbert
et C°, que deux ans après, il transformait
en Banque générale industrielle.
Dès lors M. Jules Gilbert créa succes-
sivement la Caisse des Reporis, l'Union
syndicale d'Epargne, le Syndicat pour
l'épuration des caoutchoucs, le Syndicat
pour la stérilisation des eaux de rivière
par l'ozone, la Société des tréfileries de
l'Ouest, la société la Perle nationale, la
Mais il leva bénévolement les épaules
Voyons, Aurélie, ne pensez plus à
ce que je vous ai dit hier soir. Je suis très
vif, mais, vous savez, je suis très bon.
Vous pouvez rester.
Elle secoua la tête
Non, non, je m'en vais. et tout de
suite.
Vous avez tort.
Je n'ai pas l'habitude qu'on me crie
après comme ça. Le pain qu'on mange
est trop dur.
Il eut un ricanement
Vous êtes une forte tête. C'est bien,
réglons. Donnez-moi votre livre de dé-
penses.
Elle sortit de la table de la cuisine le
petit cahier, avec le crayon dont elle se
servait.
Bouscabès examina le compte
Vous avez reçu 20 francs hier, ma-
tin vous avez dépensé 16 francs vous
redevez 4 francs. D'autre part, voilà
quinze jours que vous êtes entrée ici.
Non, seize jours.
Vous êtes entrée le 2 avril, après le
dîner, à huit heures du soir. Nous som-
mes aujourd'hui le i7. Il y aura ce soir
quinze jours que vous êtes ici: je ne vous
dois donc que quinze jours.
Mais elle se mit à compter sur ses
doigts 2, 3, 4, 5, etc. Elle leva seize
doigts l'un après l'autre. Elle répéta
C'est seize jours que vous me devez.
Par exemple c'est fort! Compre-
nez donc que du 2 au 3, ça fait un jour,
et vous n'avez pas à compter 2 d'a-
bord, mais 3 1
Il avait élevé la voix avec une pointe
d'impatience. « •;•.̃,
Elle acquiesça
C'est bon. Je n'aime pas les raisons.
Je suis encore bonne pour perdre trente
sous qu'on me doit.
Il sentit, devant cette obstination à ne
pas comprendre, ou cette feinte d'inintel-
ligence, s'allumer son im£atience,, et il
éleva encore le ton Y N
Société des 'ardoisières de Baccarat, là
Sanatorium frigorifique de Saïgon, les
Tramways électriques des Sables-d'O-
lonne, la Société du Datura et la Société
des produits philodermiques.
Tous ces syndicats et toutes.ces socié--
tés aboutirent naturellement à la liqui-
dation,
Cent quatre-vingts plaintes furent dé-
posées contre M. Jules Gilbert.
Le financier, dont les détournements
s'élèveraient à 800,000 francs, a comparu
hier devant la 8e Chambre correction-
nelle où, après plaidoirie de M0 Lagasse,
il a été condamné à dix-huit mois d'em-
prisonnement pour abus de confiance et
escroqueries.
Intérim.
..s,
etiejaro à la cD ourse?
Mercredi 30 juillet.
Le voici presque terminé ce mois de juillet
sur lequelle monde de la Bourse avait bâti
tant de rêves dorés.
Avec quel enthousiasme en parlait-on et
combien etait-il désiré 1
Que d'affaires nouvelles devait-il apporter
et quelle activité devait le signaler 1
Mais le destin en avait sans doute décidé
autrement, car les belles visions se sont vite'
évanouies.
Manquant à ses promesses dès le début,-
chaque jour par la suite démolissait et ruinait
les plus belles prophéties.
Les boursiers en garderont le souvenir, (
mais c'est une boule noire qui marquera sa'
place dans les annales de la finance.
La réponse des primes, qui s'est effectuée
aujourd'hui, a provoqué, comme l'on s'y atten-
dait, l'abandon de tous les engagements con-
ditionnels.
Cotte opération s'est faite dans le plus grand
calme,.car la baisse ininterrompue qui s'est
produite sur tous les compartiments du mar-
ché rendait inutile toute lutte à ce sujet.
Quant aux variations enregistrées pendant
le cours de la séance, elles ont été, en général,
peu importantes et la tendance est restée très
calme.
Toutefois, en clôture, quelques valeurs se
sont légèrement raffermies.
Les valeurs minières, favorablement in-
fluencées par le discours prononcé hier par
M. Chamberlain ont bénéficié d'un certain
nombre de demandes.
Le 3 0/0 s'améliore de 100 27 à 100 37, et la
3 1/2 reprend de 101 67 à 101 77.
Les établissements de crédit restent très?
calmes. La Banque de Paris finit à 1,022, la.'
Comptoir regagne 2 francs à 588 et le Lyon-
nais se tient à 1,055.
Nos chemins terminent irrégulièrement.
Tandis que le Nord faiblit de 1,950 à 1,939 et
que le Métropolitain s'alourdit à 532, le Lyon
progresse de 1,415 à 1,424.
Le Gaz est calme à 754, le Suez fléchit do>'
3.930 à 3,922 et les Métaux reculent à 470.
A l'exception de la Thomson, qui perd 5 fr.
à 600, les autres valeurs de transport finissent
très calmes. Les Omnibus clôturent à 740 et
la Parisienne électrique reste à 218.
Parmi les fonds d'états étrangers, Te 4 0/0'
Brésilien regagne 15 centimes à 72 55, l'Ex-*
térieure est peu animée à 80 80 et l'Italien
revient à 101 95. Les rentes turques assez ac-
tives s'améliorent sensiblement. La Série C
passe de 29 82 à 30 fr. et la Série D s'avance
de 28 fr. à 28 22.
Les chemins espagnols se retrouvent aux
environs de leurs précédents cours.
LeRio s'améliore à 1,082, la Briansk pro-
gresse à 190 et la Sosnowice s'avance à 1,709.
La Huanchaca termine à 96 50 et les Obli-
gations â 0/0 Wagons-Lits progressent à 470i
Parmi les valeurs minières, la De Beers
finit à 581, la Rand Mines passe de 291 à 294,,
la Goldfields s'élève à 209 50 et la Eerste Fa-
brieken Distitlery. est ferme à 23 50.
Le Boursier,
INFORMATIONS FINANCIÈRES
GOUVERNEMENT général DE l'Indo-Chine. On.
sait que les 155,000 obligations 3 0/0 de 500 fr.
composant la nouvelle série de 1 emprunt de
200 millions, autorisé par la loi du 25 décembre
1898, sont complètement affranchies de tous im-
pôts par. le gouvernement de l'Indo-Chine. Elles
rapportent donc un intérêt annuel de 15 francs
net payables par coupon semestriel. `
Remboursables en 75 ans à 500 francs, elles
sont émises à 465 francs et portent jouissance à
partir du 16 août.
RÉPONSE DES PRIMES. 3 0/0, 100 27; Banque
de Paris, 1,022 Crédit Lyonnais, 1,055 Nord, 1,845;
Métropolitain, 534 Omnibus, 735; Omnibus, 735;
Tramwys Sud,. 192 Suez, 3,925 Thomson-Hous-
ton, 603 Espagne extérieure, 80 87.; Italien 5 0/0,
101 95 Turc D, 28 20; Banque ottomane, 560;
Rio-Tinto, 1,076; Sosnowice, 1,703. ̃•
Chartered, 79 50 Goldflelds consolidés, 209
De Beers ordin., 584 50 East Rand, 219 50
Huanchaca, 9750-May Cons,124-Rand-Mines,
294 Transvaal cons., 140 Village, 225.
DERNIERS COURS ÉTRANGERS
Changes
Barcelone. Change sur Paris. *«1 37 25
Gênes. 1010~
Valparaiso. Londres. 1515/16
Rio-Janeiro.. .1 12178
Agio Buenos-Ayres. 12990
Métaux
Cuivre. Comptant 52 15/. contre 52 7f 6
Terme. 53 52 12/6
Plomb anglais 11 7/6 6 Espagnol 11 2/6
̃
Comment! trente sous que l'on vous
doit ? Mais si je vous devais trente sous,
soyez certaine que je vous les payerais,
ma fille Je veux bien vous donner mille
francs, dix mille francs, ce que vous vou-
drez mais je ne veux pas que vous pré-
tendiez que je vous les dois
Avalez-moi toute crue, comme hier
soir. Vous me devez seize jours vous ne
m'en payez que quinze, c'est bien.
Il marqua le pas rageusement, mais
en se tenant en bride et en se bornant à
proférer quelques exclamations guttu-
rales « Ah! Ah Ah » Puis il cria
Passons Je vous paie seize jours! 1
16.jours à 30 sous. 24francs.
Plus mes huit jours, puisque je ne
les fais pas et que c'est vous qui m'avez
dit hier soir que je partirais ce matin.
12 francs. 12 et 24, 36. moins 4.
Mais vous me devez le blanchissage.
Soit. Combien? 2
20 francs.
20 francs Vous avez sali pour
20 francs de linge en quinze jours?
Oui.
Non.
C'est comme ça. Je suis logée, nour-
rie, blanchie. Vous me devez le blan-
chissage.
Vous vous moquez de moi 20
francs ?
Elle dénoua son tablier, elle le jeta sur
la table
Du reste, c'est bien. Je n'ai pas l'ha-
bitude qu'on me chicane. Vous verrez ça
devant le juge de paix.
Alors il cessa de se contenir. Il lança
le petit livre et le crayon au hasard
Vous êtes folle, ma fille! Allez, filez,
débarrassez-moi le plancher l,
En même temps il lui mettait la main
à l'épaule pour la pousser vers la porte.
Elle se retourna violemment
Dites donc, vous, ne me touchez
pas, voleur, brute, voleur
J[A suivre^} Henri Pagat.
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