Titre : L'Humanité : journal socialiste quotidien
Auteur : Parti communiste français. Auteur du texte
Éditeur : L'Humanité (Paris)
Éditeur : L'HumanitéL'Humanité (Saint-Denis)
Date d'édition : 1906-11-23
Contributeur : Jaurès, Jean (1859-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 23 novembre 1906 23 novembre 1906
Description : 1906/11/23 (Numéro 950). 1906/11/23 (Numéro 950).
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
L'HUMANITE
ïèment dans les élections primaires pour
iirer de sa propagande le plus grand béné-
fice possible ;,mais qua ceci fait, il était
futile de s'allier même aux cadets dans les
^opération 'électorales ultérieures. Le citoyen
iMartov proposait la combinaison suivante
.conclura des alliances avec les partis qui
'tmt pour revendication minima l'Assemblée.
^Constituante et avec les organisations ou-
.ivrières qui, tout en n'appartenant pas au
ijparti ont des tendances progressistes d'au-
tres accords, avec les partis d'opposition,
'^pourraient également se produire dans le
«as où les circonstances l'exigeraient abso-
lument. Le Comité central aurait alors à se
prononcer en dernier ressort.
L'appel du citoyen Plekhanov venait donc
à son Ii2ure.
:̃̃ ^>
LA SITUATION
Uss démarches de M. Iswolski
La Rie/ch croit savoir que le voyage de
'M. Iswolski abouti. Il s'agissait d'obtenir
'des délais nouveaux pour le paiement des
amortissements de la datte. Il parait que la
maison Mendelsqhn a fini par accéder à la
demande du ministre moyennant un intérêt
Se 6 1/2 pour cent.
Le premier délai avait été consenti à 5,
le;sèoond à 5 1/2 pour cent.
La réaction en Finlande
Le Sénat finlandais a décidé que l'admi-
nistration serait tenue d'exécuter immédia-
tement, mêrns lorsqu'elles sont envoyées
•'iélégraphiquement, toutes les instructions
ides autorités de l'Empire concernant les de-
mandes de perquisitions, d'arrestations ou
id'-extraditions des sujets de l'empire <( qui
Se cachent en Finlande pour éviter le châti-
ment de crimes, commis, par eux sur le ter-
ritoire de l'empire ». ̃̃-̃̃̃
Arrestations
'Aux environs de Pétersbourg de nom-
breux employés du chemin de fer Péters-
ibourg-Moscou ont été arrêtés pendant la
jouit. t.
La population de Kazan est vivement sur-
excitée par les arrestations nombreuses et
le plus souvent injustifiées.
A Moscou, arrestations et perquisitions
̃continuent. Le préfet a déclaré qu'il lui était
impossible dans la situation actuelle de le-
yer l'état de protection extraordinaire.
Dépôts d'armes
'On a trouvé dans un faubourg de Péters-
bourg, au numéro 5 de la rue Polevaïa, 1,000
'cartouches pour armes de guerre, de la pou-
Idre sans fumée, des caisses de cartouches
'de revolver, de la nitroglycérine et une di-
Kaine d'obus non chargés. On a, en outre,
mis la main sur un grand nombre de bro-
chures révolutionnairss.
«»^»
Ea Chambre
La Marine. Discours de M. Pelletan.
Tout au début, M. Baudot, président de
la commission de comptabilité, donne lec-
ture d'une proposition tendant à porter à
il5,000 francs l'indemnité législative. (Adop-
té- sans débats.) ̃
.'La Chambre reprit ensuite la discussion sur
la Marine. M Le Bail prononça un discours,
itrès documenté, hérissé de chiffres et de
laits qu'on ne saurait résumer et concluant
'à suivra le ministre dans la voie de l'ac-
Croissement du nombre des cuirassés.
Avec' M. Pelletan, qui discuta quelques-
luns de ces chiffres et. répondit par avance
'aux arguments que la ministre de la Mari-
né devait fournir à l'appui de sa thèse, on
est en face *Tun ensemble de vues précises
et qu'on peut analyser, sans être contraint-
d'entrer dans les détails que l'espace rigou-
reusement limité ne nous permet pas de re-
produire. Ca discours fit une impression
considérable à gauche, et sa lecture, dans
l'Officiel, apparaîtra à beaucoup comme un
Exposé aussi concluant que remarquable,
contra la politique navale -die M. Thomson.
"M. Pelletan reproche, en effet, à ce der-
nier trois choses 1° de demander un ef-
fort budgétaire trop considérabls, en le
.liant, par la mise en chantier de six cui-
rassés^ des budgets futurs qui devront sup-
porter les charges résultant des travaux
commencés 2°' d'affaiblir la puissance in-
'dustrielle navale du pays, en donnant à l'in-
iâustrie privée un développement excessif
,qui réduit la fabrication de nos arsenaux
S°" de négliger la défense mobile, las moyens
ide défensive et d'offensive que présentent
îles unités de combat nouvelles, torpilleurs
:et submersibles, sacrifiés, dans les prévi-
sions- de dépenses, aux cuirassés.
Notre budget a subi, depuis la rentré des
avatars successifs qui l'ont élevé au chiffre
'der4 milliards, avec 200 millions d'emprunt
'et 100 millions d'impôts nouveaux. Dans les
dépenses qui ont accru la masse du budigat,
scelles de la Marine se dressent en une mas-
se majestueuse da 280 millions.
Non seulement ce sont là des' dépenses
exagérées, mais ce sont encore des dépen-
ses mal engagées et qui n'auront pas l'effi-
cacité die défense qu'on attend d'elles. Gin
anet, en effet, six cuirassés sur chantier s*î->
taultanémeniL
On est contraint d'abandonner la construe-
ition des croiseurs cuirassés. Il faut esipa-
cer, au contraire, la construction de 'cuiras-
sés, si l'on ne veut pas risquer de pendre^
î*e;nseigne.ment des faits et des progrès de
la science effectués pendant la période très
longue de construction que nécessitera sem-
blable effort. Sans doute, les cuirassés ainsi
construits seront de la même famille ils
'auront les imêmes défauts, présenteront les
'mêmes inconvénients qu'on aurait pu cor-
̃ Figer en esipaçant la mise sur chantier,
'comme on fait dans les autres pays.
Mais on veut lier la Chambre pour les
budgets futurs. Il faut que la cause des oui-
FEUILLETON DU 23 NOVEMBRE 1906
LES ROUGON-MACQUART
Histoire natuhelle ET SOCIALE D'UNE famille sous
LE SECOND emp1iu3
̃m liwwvWw*"
il Eitar fles Mis
PAn
EMILE ZOLA
IV ̃
SUITE «
Depuis longtemps. Mouret n'était plus à
l'entresol, debout près de la rampe du hall.
̃Brusquement, il reparu!, en haut du grand
'escalier qui descendait au rez-de-chaussée
et, de là. il domina encore la maison en-
iière. Son visage se colorait, la foi re-
naissait et le grandissait, devant le flot de
inonde qui, peu à peu, emplissait le maga-
sin. C'était enfin la poussée attendue, l'é-
Crasemenl de l'après-midi, dont il avait un
instant désespéré, dans sa fièvre tous les
commis se trouvaient à leur poste, un der-
nier coup de cloche venait de sonner.la fin
de la troisième table la désastreuse mali-
née, due sans doute à une averse tombée
.vers neuf heures, pouvait encore être
réparée, car le ciel bleu du matin avait re-
pris sa gaieté de victoire,. Maintenant, les
rayons de l'entresol s'animaient, il dut se
'ranger pour laisser passer les dames qui,
par petits groupes, .montaient :'â .la lingerie
rasiséig soit bien mauvaise pour qu'on se
défie du jugement de l'avenir et qu'on en-
gage par avance d'une façon irrémédiable
cet avenir.
Ce n'est pas tout. On donne la constiruc-'
tion, pour la plus grande partie, à l'indus-
trie privée. Qu'est-ce que l'industrie privée?
Les ateliers ide construction autres que ceux
placés sous la direction et le contrôle im-
médiat de l'Etat. Mais c'est là un trompe-
l'ceil. En réalité, ces ebantiens- da consitruc-
tioo dits privés dépendant de l'Etat pour la
production, si par les dividendes ils dépen-
dent de directeurs et dictionnaires. Car
ces industries sont sous traites à la loi de
la concurrence. Par leurs relations dans
les bureaux, par l'entente et la camaraderie
que crée le .recrutement de leurs état-
majors, elles font peser sur radministra-
"tion de telles influences de presse et autres,
qu'elles, sont assurées de toutes' les Com-
plaisances. Et ce sonitces industries qui
dénoncent la (production, des arsenaux Et
c'elst aux frais de l'Etat, ,aui bénéfice d'inté-
rêts industriels privés par les dividendes
qu'on crée de véritables arsenaux sous-
traits au contrôle et à la direction de l'Etat.
H y a là un danger contre lequel s'élève
avec force M. Pelletan. On enferme, en
effet, cette ind>usit.r-ie dans la construction
d'un type de navire .toujours le même. Or,
qui peut dire si le typ'e de cuirassé actuel
ne sera, pas inutilisé demain ?
Ici, Pelletan aborde la querelle des .cui-
rassés et des unités mobiles. Il trouve qu'on
consacre trop aux uns et pas assez aux au-
tres. Il est vrai que la défense mébile des
côtes, la construction des flottilles de tor-
pilleurs et de submersibles coûtent infini-
ment moins cher et enflerait moins le bud-
get. Or, la défense des côtes, celle des co-
lonies ne sont pas assurées. On. a retranché
sur les crédits, qu'on devait leur appliquer
pour tout donner aux mastodontes d'acier.
Il faudra. pourtant s'en préoccuper dans les
budgets prochains. Et ces charges néces-
saires viendront, à une époque indétermi-
née mais sûrement, aggraver encore les
dépenses budgétaires bien excessivement
grossies.. ̃ ̃
Mais les centaines de millions que ces ef-
forts désordonnés exigent seront pris, sur
quoi ? Sur le budget de la solidarité sociale.
Il y a là une dette impérieuse, inéluctable,
à laquelle on ns saurait se soustraire et Pel-
letan adjure la Chambre de ne pas: entamer
ce trésor sacré.
L'orateur est très applaudi à gauche, par-
ticulièrement sur les bancs socialistes.
M. le ministre de la Marine lui succède
et, tout de suite, il invoque un argument de
fait contre lequel Jaurès proteste. Le minis-
tre reproche aux adversaires de l'accroisse-
ment de crédits de ne pas les avoir combat-
tus au mois de février dernier. Jaurès dit,
de sa place « J'avais fait un effort, un an
auparavant mais comprenant l'inutilité de
cet effort, je ne l'ai pas renouvelé l'année
suivante ».
M. Thomson s'efforce ensuite de montrer
que partout, à l'étranger comme en France,
on tâche de construire le plus rapidement
possible. « La folie est générale, dit Jau-
rès, et nous ns donnons pas plus le bon
exemple que les autres. » Le ministre en-
tre ensuite dans une série de détails tsch-
niques pour prouver que les six cuirassés
projetés sont au moins aussi forts que les
plus forts construits à l'étranger. A ce point
de son argumentation, la Chambre remet la
suite de son discours à aujourd'hui.
Séance du matin
Le matin, la Chambre avait entrepris le
commencement die la discussion du budget
de l'Agriculture. A signaler un discours du
citoyen Devèze sur la châtaigne, fort inté-
ressant, car c'est la première fois qu'il est
parlé de ce produit à la Chambre.
G. R.
'«» g ̃» i
NOUVELLES POLITIQUES
L. R.
Election sénatoriale
Le collège électoral sénatorial de l'Euro va-
être convoqué pour le 13 janvier 1907, à l'effet
d'élire un sénateur en remplacement de M. Tho-
rel, décédé.
Les conseils municipaux éliront leurs déléguée
le 9 décembre prochain.
Les cultuelles libres
La commission de décentralisation a entendu,
hier, M. Guieysse, sur la proposition qu'il a dé-
posée 'récemment et qui tend à permettre de
faire la dévolution des biens aux associations
cultuelles libres, c'està-dire formées en dehors
de la conformité aux règles du culte. exigée par
l'article 4 de la loi de séparation.
La commission, considérant que cette propo-
sition était en contradiction avec le vote par le-
quel la Chambre a approuvé, il y a ouelques
jours, les déclarations faites par M. Briand, à la
tribune, a remis, pour statuer, jusqu'après le
11 décembre prochain.
•- =8»gK»
DANS LE LUXEMBOURG
Le maréchal de la cour comim'unique un.
bulletin signalant un nouveau trouble de
circulation au cerveau du grand-duc. Une
paralysie du côté droit s'est déclarée elle
augmente légèrement. La connaissance et
les facultés intelLectuelles du patient n'ont
pas changé.
o-gMi>-
LA CONVENTION FRANCO-SUISSE
L'échange des ratifications pour la con-
Viéntioii commerciale franco-suisse .a eu
lieu mercredi soir à dix heures et demie,
entre le baron de Villiers, chargé d'affaires
de J'ambassade de France, et le conseiller
fédéral Deucher, chef du département fédé-
ral du commerce, au domicile de ce 'der-
nier.
La oonvention. entrera fen vigueur au-
jourd'hui.
et aux confections tandis que, derrière lui,
aux dentelles et aux châles, il entendait
voler de gros chiffres. Mais la vue des gale-
ries, au rez-de-chaussée,le rassurait surtout:
on s'écrasait devant la mercerie, le blanc
et les lainages eux-mêmes étaient envahis,
le défilé des acheteuses se serrait, presque
toutes en chapeau à présent, avec quelques
bonnets de ménagères attardées. Dans le
hall des soieries, sous la blonde lumière, des
dames s'étaient dégantées, pour palper dou-
cement des pièces de Paris-Bonheur, en
causant à demi-voix. Et il ne se trompait
plus aux bruits qui lui arrivaient du dehors,
roulements de fiacres, claquement de por-
tières, brouhaha grandissant de foule. Il
sentait, à ses pieds, la machine se mettre I
en branle, s'échauffer et revivre, depuis
les caisses où l'or sonnait, depuis les tables
où les garçons de magasin se hiltaient d'em-
paqueter les marchandises, jusqu'aux pro-
fondeurs., du sous-sol, au service du départ,
qui s'emplissait de paquets descendus, et
dont le grondement souterrain faisait vibrer
la maison. Au milieu de la cohue, l'inspec-
teur Jouve se promenait gravement, guet-
tant les voleuses.
Tiens c'est toi dit Mouret tout à
coup, en reconnaissant Paul de Vallagnosc,
que lui amenait un garçon. Non, non, tu
ne me déranges pas. Et, d'ailleurs, tu n'as
qu'à me suivre, si tu veux tout voir, car
aujourd'hui je reste sur la brèche.
Il gardait des inquiétudes. Sans doute le
mande venait, mais la vente serait-elle le
triomphe espéré ? Pourtant, il riait avec
Paul, il l'emmena gaiement.
Ça paraît vouloir s'allumer un peu,
dit Hnlin à Favier. Seulement, je n'ai pas
de chance, il y a des jours de guignon, ma
parole Je viens cncorœde faire un Rouen
cette tuile ne m'a rien acheté.
Et il désignait du menton une dame qui
s'en allait, en jetant des regards dégoûtés
surjoufes les étoffes. Ce ne serait'pas avec
La Reprise des Inventaires
LES VIOLENCES DES PUftllftUC
UN INVENTAIR-E DiFFÉRÉ
La mise en pratique de la loi a provoqué des troubles graves
dans le Finistère. Soldats et manifestants blessés. La
propagande cléricale a partout ailleurs avorté. Un
cayfc de violation de la liberté de la presse.
Avant de donmieir le ctoimpte rendu des in-
ventaires effectués dams la journée d'hier,
il est de notre devoir de noter un fait qui
marque la singularité des temps que nous
traversons sous le pouvoir d'un président
du Conseil dont le' Sénat approuvait tout
récemment par son silence l'attitude impé-
rieuse eit cavalière.
C'était dernièrameinit le' gérant de notre
confrère ouvrier la Voix du Peuple qui,
pour un article antimilitariste publié à l'oc-
casion du départ de la classe, était appré-
hendé à Paris sans autre forme de procès
et .contraint de ise présenter devant le juge
d'instruction de Marseille. Un de nos con-
frères conservateurs de l'Ouest, le Nouvel-
liste de Bretagne, qui parait à Rennes,vient
à son tour d'expérknenter Le: bon plaisir
gouvernemental. Il avait publié, dans son
numéro du 21 novembre, dès renseigne-
ments particuliers sur les ordres donnés
par le sous-préfet de Morlaix au commis
saire, à l'armée, à la gendarmerie il avait
tracé l'itinéraire qui serait suivi par les au-
torités et leur escorte.
La raison d'Etat s'est trouvée mise en
jeu par cet exercice normal de la liberté de
la presse. L'infonmation du Nouvelliste
ayant reproduit presque fexituellement, pa-
raît-il, les termes d'une lettre reçue par le
sous-préfet de Morlaix, une plainte fut dé-
posée au parquât. Le juge d'instruction en-
voya aussitôt à Rennes une .commission ro-
gatoire donnant ordire de faire une perqui-
sition dans les bureaux du journal pour y
retrouver l'original de la communication in-
sérée. Le commissaire central et le com-
missaire de police de l'arrondissement flan-
qué de son secrétaire et d'un agent de la
sûreté ont pénétré dans les bureaux du
Nouvelliste et, .malgré tes protestations lé-
gitimes de l'adiminisitrateiuir qu'ils 'menacè-
rent même d'employer la force, ils furetè-
rent partout et se retirèrent bredouilles.
Ces sortes de faits se passent de com-
mentaires,; ils sont exactement calqués sur
le modèle ide ceux qui. ont lieu en Russie au
nom de la raison d'Etat qui motive, dans ce
malheureux pays, les- abus de pouvoir les
plus monstrueux. Le juge d'instruction de
Morlaix et les policiers de Rennes ont, danls
l'espèce, suivi l'exemple des sbires du
tsar.
M. Berthou'lat, membre' du bureau du
syndicat de la presse .parisienne, vient d'a-
dresser à M. Jean Dupuy une lettre de pro-
testation contre ces procédés scandaleux
qui donnent à la liberté de la presse une
entrave violente. Il a invité Le président du
syndicat h réunir d'urgence te comité pour
formuler une protestation collective que M.
Clemenceau entendra. Et si M. Clemenceau
n'a cure de cette protestation, une fois de
plus, nous prendrons .acte.
Le bilan actuel
Les inventaires ont été terminés dans la
Loire-Inférieure, la Corse et le Haut-Rhin.
Il'en reste 1,100 à effectuer dans 18 dé-
partements. Il est vraisemblable qu'ils se-
ront achevés aujourd'hui ou demain,- à. l'ex-
ception de ceux qui doivent être entrepris
dans les montagnes, de l'Aveyron, du Tarn,
dp. rA.rdè-eiio et de la Lozère, où la neige,
tombée en abondance depuis trois jours, ne
permet pas de poursuivre les opérations
avec la même rapidité.
Les incidents de Plouzané
Dans le Fïnislère,k Pluozané, un charivari
infernal a accueilli le commissaire central et
le receveur del "enregistremie.nt.Le tocsin, son-
nait. Les hommes soufflaient dans -des con-
ques, les femmes frappaient isuir des chau-
drons. La foule hurlait .des injures. Les
soimimaitions faites et la grande porte de l'é-
glise enfooiioêe, il fallut abattre la pyramide
de chaises amoncelées à rentrée, tandis'
que deux jerruriers essayaient de forcer une
autre porte. Impuissants à forcer le barra-
ge formé par la troupe, les manifestants
trépignent de fureur. Le recteur crie à l'un
des serawieris qu'il l'excommunie. Et l'ou-
vrier de répondre sur un ton goguenard
« Pour 20 f rancis par jour je manche pour
être excommunié tant que l'on vouidra.»
Tandis que l'inventaire s'effectue dans
l'église de Plouzané, les manifestants se di-
rigent vers Locmaria où le tocsin sonne à
touite volée. La foule surexcitée remplit Le
cimetière attenant à l'église. La cavalerie
doit chairgeir pour entrer et dégager la prin-
cipale porte de l'église devant laquelle s'était
formée une haie. épaisse -de manifestanits.
Refoulés au .dehors du cimetièr*, ceux-ci
lancent des fagots par-dessuis le mur sur
la tête des gendarmes.
La porte de l'église ayant cédé isous les
coups des sapeurs, les fidèles qui font al-
terner, à l'intérieur, les cantiques et les vo-
ciférationSj.pasB'emt par l'ouverture des pan-
neaux défoncés des poutres qui fort heu-
reusement ne blessent personne.
L'inventaire terminé, la troupe subit en
se retirant une attaque à l'improviste par
des manifestanits qui s'étaient .cachés der-
rièire le mur du cimetière et criblent de
ses mille francs- d'appointements qu'il s'en-
graisserait, s'il ne vendait rien d'habitude,
il se faisait sept ou huit francs de tant pour
cent et de guelte, ce qui lui donnait,avec son
fixe, une dizaine de francs par- jour, en
moyenne. Favier n'arrivait guère qu'à huit;
et voilà que ce sabot lui enlevait les mor-
ceaux de la bouche, car il sortait de débiter
une nouvelle robe Un garçon froid qui n'a-
vait jamais su égayer une cliente C'était
exaspérant.
Les bonnetons et les bobinards ont
l'air de battre monnaie, murmura Favier
en parlant des vendeurs de la bonneterie
et de la mercerie.
Mais Hutin, qui fouillait le magasin du
regard, dit brusquement î
Connaissez-vous madame Desforges,
la bonne amie du patron ?. Tenez cette
brune à la ganterie, celle à qui Mignot es-
sayé des gants..
Il se tut, puis il reprit tout bas, comme
parlant à Mignot, qu'il ne quittait plus des
yeux
Va, va, mon.bonhomme, frotte-lui bien
les doigts, pour ce que ça t'avance On les
connaît, tes conquêtes
Il y avait, entre lui et le gantier, une ri-
valité de jolis hommes,, qui tous deux affec-
taient de coqueter avec les clientes. D'ail-
leurs, ils n'auraient pu, ni l'un ni l'autre,
se vanter d'aucune bonne fortune réelle
Mignot vivait sur la légende d'une femme
de commissaire de police tombée amou-
reuse de lui, tandis que Hutin avait vérita-
blement conquis à son rayon une passe-
• mentière, lasse de traîner dans les hôtels
louches du quartier mais ils mentaient,
ils laissaient volontiers croire à des aven-
tures mystérieuses, à des rendez-vous don-
nés par des comtesses, entre deux achats.
Vous devriez la faire, dit Favier de
son air de pince sans-rire.
C'est une idée s'écria Hutin. Si elle
vient -ici, je l'entortit^il-me'laut-côntsouS!^
.co" .¡
pierres les gens de l'escorte. Le commissai-
re central est blessé, couvent de boue; bles-
sés- aussi un hussard, un gendarme et plu-
sieurs sapeurs-, mais sans gravité.
A Plouarzel, Bresles, la Roche-Maurice,
Lanildonl, .pas autre chose que des portes
enfoncées.
A Lannenprat, l'incident le plus sérieux
est marqué par la résistance du recteur, M.
Richard, que l'on mot en état d'arrestation.
Quelques bagarres sans grande importance
ont eu lieu à Audierne.
La troupe repoussée
Des incidents plus violents encore ont eu
lieu dans le même département, à Plouguer-
neau. Plus de 2.000 personnes étaient ras-
semblées dans l'église depuis trois heures
du matin.
L'agent diu fisc, accompagné d'un com-
missaire de police, de huit" gendarmes à
cheval, d'un peloton die cuirassiers et d'un
peloton de hussards,- 'est arrivé devant l'é-
glise à huit heures. Les paysans, armés
de bâtons, poussent des cris hostiles, le
tocsin sonne. La grille de :la place attenant
à l'église est barricadée il faut une heure
pour la forcer.
Les paysans se précipitent alors. Des ba-
garres se produisent entre les cavaliers qui
ont mis pied à terne et les paysans. Ceux-
ci frappent à .coups de bâton. Les soldats
et gendarmes, plus ou moins contusionnés,
sont repousses. Le commissaire de police or-
donne aux soldats de monter à cheval. Les
paysans effrayent les chevaux de leurs cris
et de leurs- bâtons.
Deux charges soniî ordonnées. Dans la
mêlée beaucoup (de paysans sont griève-
ment blessés-, ainsi que des gendarmes, des
hussards et des cuirassiers.
Il est impossible de pratiquer l'inventai-
re. Le commise aire .de police fait reposer
les troupes en attendant des renforts.
Çà et là
A Lagouna-Daoulas on a dû enfoncer les
portes ainsi qu'à Birman. Il en a été de
même en Çhatfsrite-Infërieure dans plu-
sieurs localités où des bagarres légères se
sonit produites. ̃
Dans l'Ardèche, 'malgré la nieige qui tom-
be sur les hauts (plateaux, les inventaires
s'effectuent rapidement et sans incidents
graves. Dans l'Aube, les. prescriptions lé-
gales sont appliquées idans le plus grand
calme..
Dans la Lozère, les cléricaux avaient as-
sez fortement sursxcilê les âmes simplistes
des populations de la montagne pour espé-
rer qu'ils créeraient des difficultés sérieu-
ses au gouvernement. Ils ont été jusqu'à
préssnt déçus dans leurs prévisions.
Une colonne de 200 hommes d'infanterie
et de cavalerie est partie,: hier matin à l'au-
be pour appuyer l'opération .c' ;s inventaires
à Chastelnouvel, qui se dresse- à plus de
mille mètres d'altitude. Le tocsin sonne à
leur approche. Devant l'église puissamment
barricadée, les paysans se groupent derrière
les trqupejLJlui-Pnt passé sans encombre, et
̃cTfànfent des cantiques 3n patois, interrom-
pus par In cri de « Vive la liberté! » Mais
ils perriK'MoW; aux sapeurs au génie d'en-
foncer lo nort^ ils n'opposent aucuns ré-
sistance. L'inventaire a lieu ensuite paisi-
blement après une protestation diu curé. La
propagande cléricale a sur ce point complè-
tement avorté.
Un curé qui proteste
En Meurthe-et-Moselle, l'abbé Biaise, curé
du Sacré-Cœur de Nancy, dont on a fait
hier l'inventaire, vient d'adresser une lettre
ouverte au préfet de Meurthe-et-Moselle où
il dit protester au nom du Code civil contre la
violation d'une p:ropriété,,privée et la péné-
tration dans son domicile partieulter.
Ayant bâiti l'église à ses frais, il veut en
demeurer seul maître légitime et légail.
L'abbé Biaise ajoute qu'il entend par tous
les moyens de droit constituer personnelle-
ment le préfet comme responsable des faits.
Un officier en accusation
Le capitaine Magniez, du 8° d'infanterie,
qui a refusé de donner des ordres à Saint-
Jean-Cappal (Nord), est l'objet d'une enquê-
te de l'autorité militaire.
Le général Plec, commandant la 3° briga-
de, demande la mise en accusation du ca-
pitaine devant le conseil da guerre du lw
corps d'armée,
–«- ̃
La Situation au Maroc
Envoi de renforts espagnols
Lels croiseurs Maria-de-Molina .et Infanta-
Isabel sont partis pour Tanger ayant h
bord un bataillon d'infanterie de marine
et des renforts pour les cuirassés Pelayo
et Carlos-Quinto.
L'intendance de la marine a ouvert un
crédit spécial de 206.000 pesetas pour sub-
venir aux frais de mobilisation de détache-
A la ganterie, toute une rangée de dames
étaient assises devant l'étroit comptoir, ten-
du de velours vert, à coins de métal nicke-
lé et les commis souriants amoncelaient
devant elles les boîtes plates, d'un rosé vif,
qu'ils sortaient du comptoir même, pareil-
les aux tiroirs étiquetés d'un cartonnier.
Mignot surtout penchait sa jolie figure pou-
pine, donnait de tendres inflexions à sa
voix grasseyante de Parisien. Déjà il avait
vendu à madame Desforges douze paires de
gants de chevreau, des gants Bonheur, la
spécialité de '.a maison. Elle avait ensuite
demandé trois paires de gants de Suède. Et,
maintenant, elle essayait des gants de Saxe,
par crainte que la pointure ne fût pas
exacte.
Oh à la perfection, madame répé-
tait Mignot. Le six trois quarts serait trop
grand pour une main comme la vôtre.
A demi couché sur le comptoir, il lui te-
nait la main; prenait les doigts un à un,
faisait glisser le gant d'une caresse longue,
reprise et appuyée et il la regardait, com-
me s'il eût attendu, sur son visage, la dé-
faillance d'une joie voluptueuse. Mais elle, le
coude au bord du velours, le poignet levé,
lui livrait ses doigts de l'air tranquille dont
̃elle donnait son pied à sa femme de cham-
bre, pour que celle-ci boutonnât ses botti-
nes. Il n'était pas un homme, elle l'em-
ployait aux usages intimes avec son dédain
familier des gens à son service, sans le re-
garder même.
Je ne vous fais pas de mal, madame ?
Elle répondit non, d'un signe de tête.
L'odeur des gants de Saxe, cette odeur de
fauve comme sucrée de musc, la troublait
d'habitude et elle en riait parfois, elle con-
fessait son goût pour ce parfum équivo-
que, où il y a de la bête en folie, tombée
dans la boîSe à poudre de riz d'une fille.
Mais, devant ce comptoir banal, elle ne
sentait pas les gants, ils ne mettaient au-
cunô chaléifr' sensuene'' entre elle et ce ven-
•memts d'infanterie de marine ©n raison, dé
la situation du Maroc, \J
L'opinion de la presse
A propos de l'envoi de ces navires, la
Epoca déclare qu'elle ne voit dams Les ter-
mes de l'Acte d'Algésiras, lequel n'ost d'ail-
leurs pas encore ratifié, rien qui oblige le
gouvernement à faire une démonstration
précipitée qui, s'il se produisait un incident
quelconque, pourrait faire pren,dre un tout
autre chemin et qu'aucun danger immédiat
ne parait justifier.
La Epoca ne croit pas que les navires
espagnols restent longtemps seuls dans tes
eaux de Tanger, et Le journal termine en
se demandant Où allons-nous ? 2
Par contre, le Diario Universal déclare
formellement que la nation et le gouverne-
ment espagnols ont intérêt a jouer le rôle
qui leur a été confié à Algésiras. Il serait
contraire à la dignité de l'Espagne cit ce
serait manquer à ses engagements de îsîs^'
ser la France agir seule, alors qu'LI y a
à Tanger 10.000 Espagnols a la merci dur
brigand Raisouli avec lequel traite le Magh-
zen et que peut-être encourage quelque ca-
binet européen.
Le Diarto Universal ajoute
Alors même que l'acte d'Algésiras n'existerait
pas, nous aurions, de toute façon, le devoir im-
périeux de défendre nos compatriotes
Et le journal s'étonne qu'on cherche à
égarer l'opinion publique sur .ce point et à
faire que le gouvernement s'abstienne de
toute action extérieure.
Nouvel incident à Tanger
L'Agence Havas dit qu'un Espagnol a
bousculé mercredi, sur le manche de Tan-
ger, un caïd qui a auuelé aussitôt un sol-
dai pour le faire arrêter.
L'Espagnol s'est réfugié dans un café où
il a été arrêté par la police espagnole, Celle-
ci a essayé de le conduire au consulat si-
tué en dehors de la ville, mais la police ma-
rocaine s'y est opposée, re.fusantt de recon-
naître l'autorité de la police espagnole. Fi-
nalement, l'Espagnol a été conduit à la lé-
gation espagnole située dans la ville.
INFORMATIONS* .r
Henryk Sienkiewicz et la question polonaise
Le grand écrivain polonais H. Sienkiewicz a
adresse à Guillaume II une longue lettre où il
lui demande, pour l'honneur de l'Allemagne, de
sa dynastie et du représentant de l'idée monar-
chique, de respecter les engagements pris dans
le manifeste royal de 1867, garantissant aux su-
jets polonais entrant dans la Confédération de
l'Allemagne du Nord, qu'il ne serait porté au-
cune atteinte ni, à leur langue, ni à leur reli-
gion.
Les municipalités suburbaines à l'Hôtel de Ville
La réception annuelle des municipalités su-
burbaines par. le Conseil général de la Seine,
les sénateurs," députés et hauts personnages ad-
ministratifs, a eu lieu hier à l'Hôtel de Ville.
Plusieurs discours ont été prononcés par MM.
Ranson, président du Conseil général de Sel-
ves et Lépine, préfets de la Seine et de police.
«-«-»̃
T TT1 Ci TE?1 "KT A HP
i~Jlt !bi~i.~A-L
Les saisies-arrêts sur les salaires ouvriers.
L'indemnité parlementaire. Le blanc
de céruse.
M. Antonin Dubost a ouvert hier la séan-
ce à 3 heures 15.
M. Jean Dupuy a déposé, au nom de la
commission des finances, un rapport sur
le projet adopté par la Chambre autori-
sant les prêts aux sociétés coopératives agri-
coles.
Le Sénat reprend la discussion de la
proposition, relative à la saisie-arrêt sur
les salaires et petits traitements des ou-
vriers et employés.
M. Louis Legrand vient défendre un
amendement qu'il a déposé dans le but de
simplifier la procédure proposée pair la
commission pour la consignation des som-
mes saisies. M. Louis Legrand s'intéresse
surtout au greffier qui, à son avis, ne doit
pas être chargé d'un nouveau travail et
vbîr augmenter ses responsabilités finan-
cières et au tiers saisi qui, dit-il, ne doit
pas se déranger, car il n'est pas « cause
que son ouvrier a des créanciers ».
M. Savary, rapporteur, répond que, pour
le greffier, les craintes de M. Legrand sont
exagérées, et que d'autre part M. Legrand
a tort d'oublier que le débiteur est souvent
un malheureux et que la loi doit avant tout
se préoccuper de ne pas consommer sa
ruine. En réalité, l'amendement de M. Le-
grand apporte, non des simplifications mais
des complications.
MM. Boulanger, Guyot-Dessaigne, Dela-
haye prennent également la parole sur l'a-
mendement de M. Legrand qui est repous-
sé par 150 voix contre 115.
Les conclusions de la commission sont
adoptées .pour l'article 10, puis pour tous
les autres articles, y compris l'article 17
nouveau' sur lequel un deuxième amende-
ment de M. Legrand est rejeté.
L'ensemble de la loi est adopté.
M. Goirand est nommé membre de la
commission supérieure de la Caisse natio-
nale des retraites pour la vieillesse.
M. Bassinet dépose au nom de la commis-
sion de comptabilité le rapport concluant à
l'adoption de la proposition de loi qui élève
l'indemnité parlementaire de 9.000 à 15.000
francs.
L'extrême urgence est déclarée et la pro-
position votée après quelques observations
de MAI. Brager, Halgan et Gauthier (Haute-
Saône).
La discussion sur l'emploi du blanc de
céruse est renvoyée à aujourd'hui.
La séance est levée à six heures du soir.
deur quelconque faisant son métier. 1
El avec ça, madame ?
Rien, merci. Veuillez porter ça à la
caisse 10, pour madame Desforges, n'est-
ce pas ?
En habituée de la maison, elle donnait
son nom à une caisse et y envoyait cha-
cune de ses emplettes, sans se faire suivre
par un commis. Quand elle se fut éloi-
gnée, Mignot cligna les yeux, en se tournant
vers son voisin; auquel aurait bien voulu
laisser croire que des choses extraordinai-
res venaient de se passer.
̃ Hem ? murmura-t-il crûment, on la
ganterait jusqu'au boul l
Cependant, madame Desforgea contiouait
ses achats. Elle revint à gauche, s'arrêta
au blanc, pour prendre des torchons. pui?,
elle fil le tour, poussa jusqu'aux lainages,
au fond de la galerie. Comme elle était con-
tente de sa cuisinière, elle désirait lui don-
ner une robe. Le rayon des lainages débor-
dait d'une foule compacte, toutes les peti-
tes bourgeoises s'y portaient, tâlaient les
étoffes, s absorbaient en muets calculs et
elle dut s'asseoir un instant. Dans les ca-
ses s'étageaient de grosses pièces, que les
vendeurs descendaient, une à une, d'un
brusque effort des bras. Aussi, commen-
çaient-ils à ne plus se reconnaître sur les
comptoirs envahis, où les tissus se mêlaient
et s'écroulaient. C'était une mer montante
de teintes neutres, de tons sourds de laine,
les cris fer, les gris jaunes, les gris bleus,
où éclataient -ça et là des bariolures écos-
saises un fond rouge sang de flanelle. Et
les éliquelfes blanches des pièces étaient
comme une volée de rares flocons blancs,
mouchetant un sol noir de décembre.
Derrière une pile de popeline, Liénard
plaisantait avec une grande fille on che-
veux, une ouvrière du quarlier. envoyée
pa,r sa patronne pour rasisorlir du mérinos.
Il abominait ces jours de grosse vente, qui
lui cassait lés bras,' et il lâchait d'esquiver
Au Conseil Supérieur in Travail
L'enseignement professionnel
Le Conseil supérieur du travail, réuni
hier matin au ministère du Travail, sous la
présidence de M. Heurteau, vice-iprésident,
a poursuivi l'examen de la question relati-
ve u re.nseignie.m en:t professionnel.
Après rejet, par 29 voix contre 17, d'un;
amendement de M. Hérissey, l'article 58 du
projet, amendé par MM. Japy et Honoré,
est adopté.
Le chef d'établissement est tenu également de:
s'assurer de l'assiduité au cours de ses jeunes
ouvriers et employés. A cet effet, chaque élève
sera muni d'un livret qui devra être visé par les
professeurs des cours à chaque leçon et par le
chef d'établissement ou son délégué et par les
parents au moins une fois par semaine.
Après intervention de MM. Isaac, M-
quel, Darcy, Albert Benoist, Raoul Jay et
Briat. rapporteur, l'article 59, amendé par
M. Isaac, estt adopté
Toutefois, le chef d'établissement est dispensé
de la double obligation prévue par les articles
57 et 58 en ce qui concerne 1° les jeunes gens
et jeunes filles qui justifient d'un diplôme ou
certificat délivré par une école publique ou par
une école privée d'enseignement technique re-
connue par l'Etat ou par le comité départemen-
tal de renseignement technique 2° les jeunes
gens et jeunes qui ont obtenu leur certificat.
de capacité professionnelle dans les conditions
déterminées par l'article 60 ci-après.
Un article 59 bis, proposé par le citoyen1
Groussier et une addition faite par le ci-
toyen Keufer, sont adoptés par 30 voix con-
tre 13, après une discussion à laquelle pren-
nent part les citoyens Groussier, Moreau,
Coupât, Keufer et Briat, MM. Manoury,
Mortier, Borderel, Raoul Jay. Ils sont ainsi
conçus
Les chefs d'établissements industriels ou com-
merciaux qui s'obligent à enseigner la pratique
de leur profession à des. jeunes gens ou des
jeunes filles âgés de moins de dix-huit ans, en,
se conformant aux dispositions de la loi du 22
février 1851, relative aux contrats sur l'appren-
tissage, et qui leur font suivre les cours profes-
sionnels ou de perfectionnement organisés con-
formément aux dispositions du. présent titre, bé-
néficieront d'une réduction de leur patente.
Le taux de cette réduction sera le rapport du
nombre des enfants occupés dans les conditions
ci-dessus, au nombre total des personnes em-
ployées dans rétablissement, sans que toutefois
le montant de la patente puisse être réduit de
plus de 20
Un décret d'administration publique détermi-
nera les conditions d'application de la présente
disposition.
Il établira que le nombre des apprentis devra
être proportionnel au nombre des ouvriers occu-
pés par le patron qui aura organisé l'enseigne-
ment professionnel dans ses ateliers.
Après intervention de MM. Darcy, Tou-
ron et du citoyen Coupat, l'article 60, amen-
dé par M. Japy, est adopte.
Les jeunes gens et jeunes filles qui suivent
les cours professionnels sont admis, à la fin de
chaque année, à concourir pour l'examen d'ap-
titude. Ceux qui auront subi l'examen avec suc-
cès recevront un. certificat d'aptitude qui les dis-
pensera de suivre les cours dans les années sui-
vantes.
Ceux qui n'auront pas obtenu, le certificat
seront tenus de suivré les cours pendant trois
ans. Après quoi, ils recevront un certificat d'an-
nées d'études les dispensapt à l'avenir de l'obli-
gation de suivre les cours.
Enfin, les élèves qui, au bout d'au moins un
an d'assiduité au cours, seront reconnus par
leurs professeurs comme n'ayant pas les apti-
tudes nécessaires pour, en profiler, pourront ob-
tenir, sur la demande de leurs parents ou tuteur/j
une dispense pour les deux années suivantes.
Toutefois, la commission locale pourra dispenser
dés cours les enfants jugés incapables de les
suivre.
Les épreuves théoriques et pratiques de l'exa-
men sont déterminées par arrêté du ministre du
Commerce et de l'Industrie après avis de la com-
mission locale professionnelle.
L'examen est subi devant un jury composé de
l'inspecteur départemental de l'enseignement
technique, ou, à son défaut, d'un délégué du
préfet, président, des professeurs des cours et
d'un nombre égal de patrons' et d'ouvriers ou
employés de la profession, nommés par le préfef
et choisis, autant que possible, parmi les mem-
bres de la commission locale professionnelle.
Un article 60 bis, proposé par M. Besse,
est voté par 26 voix sur 26 votants
Des bourses de voyage et de séjour en France,
à l'étranger, aux colonies, seront instituées pour
les élèves titulaires du certificat d'études profes.
sionnelles, dispensés, de suivre les cours, mais
désirant approfondir leurs connaissances techni-
ques.
Ces bourses seront attribuées, par concours,
dans chaque département il sera tenu compte
aux candidats de leurs efforts, de leur travail
et des récompenses obtenues dans le cours d'a-
dultes organisé par l'Etat ou les institutions re-
connues aptes à donner l'enseignement profes-
sionnel suivant les dispositions de l'article 54.
Les candidats devront avoir dix-huit ans au
moins et ne pas dépasser vingt-cinq pour les
jeunes filles et les jeunes gens. Sous cette forma
et ces dispositions, des délégations ouvrières aux
expositions seront réservées aux élèves précités
à la condition qu'ils soient ouvriers ou employés
en exercice depuis au moins six mois.
Les bourses instituées par le* présent article nc
peuvent être mises à la disposition des écoles
spéciales arts et métiers, école centrale, écoles
de commerce, de chimie, etc., déjà, dotées des
mêmes avantages.
Sur l'article 61, une nouvelle rédaction,
présentée par M. Darcy, est adoptée à l'u-
nanimité. ̃
Seront dispenses de suivre les cours profes-
sionnels 'organisés en application des articles
précédents les jeunes gens qui passeront au préa-
lable avec succès l'examen d'aptitude «se par
l'article 60.
L'article 62 donne lieu à un débat auquel
prennent part MM. Albert Benoist, les ci-
toyens Briat, Craissae, Moreau, Coupât,
Raoul Jay, Troubat, Meyzonnier, Touron,
Isaac, de Montgolfier, Japy, Borderel. Deux
amendements sont déposés. Craissac retire
son amendement et se ''allie à l'amende-
ment modifié de M. Isaac. L'article 62 est
voté, puis l'amendement Isaac est adopta
à l'unanimité des votants moins une voix
Séance ce matin.
la besogne, largement entretenu par son
pèrt,-se moquant de vendre, en faisant tout
juste assez pour ne pas être mis à la porte.
Ecoutez' donc, mademoiselle Fanny, di-
sait-il. Vous êtes toujours pressée. Est-ce
que la vigogne croisée allait bien, lifctre
jour ? Vous savez que j'irai touehër'ma
guelte chez vous..
Mais l'ouvrière s'échappait en riant, et
Liénard se trouva devant madame D'esfor-
ges, à laquelle il ne put s'empêcher de de-
mander •-
Que désire madame 1
Elle voulait une robe pas cher, solide
pourtant. Liénard, dans le but d'épargner
ses bras, ce qui éiait son unique souci, "ma-
nœuvra pour lui faire prendre une des étof-
fes déjà dépliées sur le comptoir. Il y. avait
là des cachemires, des serges, des Vigognes
et il lui jurait qu ^'existait rien' de meil-
leur, on n'en voyait pas la fin. Mais aucun
no semblait la satisfaire. Elle avait avisé,
dans une case, un escot bleuâlre. Alors, il
finit par se décider, il descendit lesco-t,
qu'elle jugea Irop rude. Ensuite, ce furent
une chévioMe,. des diagonales, des grisail-
les, toutes les variétés de la laine, qu'elle
put la curiosité de toucher pour le plaisir,
décidée au fond à prendre n'importe quoi.
Le jeune homme dut ainsi déménager les
cases les plus hautes ses épaules cra-
quaient, le comptoir avait disparu sous le
grain soyeux des cachemires et des pope-
lines, sous le poiTrêche des cheviotfes,sous
le duvet pelucheux des vigognes. Tous les
tissus et fouies les teintes y passaieni.
Même, sans avoir la moindre envie d'en
acheter, elle se fit montrer de l'a grenacr. îe
ei de la gaze de Chambéry. Puis, cras idi
elle en eut assez
Oh mon Dieu la première 'est ̃ n-
core la meilleure. C'est pour ma cuisiriè-
re. Oui, la 'serge à petit pointillé, celk à.
deux.fra.ncs.. ̃ ̃
"'̃̃̃ (A suivre.}
ïèment dans les élections primaires pour
iirer de sa propagande le plus grand béné-
fice possible ;,mais qua ceci fait, il était
futile de s'allier même aux cadets dans les
^opération 'électorales ultérieures. Le citoyen
iMartov proposait la combinaison suivante
.conclura des alliances avec les partis qui
'tmt pour revendication minima l'Assemblée.
^Constituante et avec les organisations ou-
.ivrières qui, tout en n'appartenant pas au
ijparti ont des tendances progressistes d'au-
tres accords, avec les partis d'opposition,
'^pourraient également se produire dans le
«as où les circonstances l'exigeraient abso-
lument. Le Comité central aurait alors à se
prononcer en dernier ressort.
L'appel du citoyen Plekhanov venait donc
à son Ii2ure.
:̃̃ ^>
LA SITUATION
Uss démarches de M. Iswolski
La Rie/ch croit savoir que le voyage de
'M. Iswolski abouti. Il s'agissait d'obtenir
'des délais nouveaux pour le paiement des
amortissements de la datte. Il parait que la
maison Mendelsqhn a fini par accéder à la
demande du ministre moyennant un intérêt
Se 6 1/2 pour cent.
Le premier délai avait été consenti à 5,
le;sèoond à 5 1/2 pour cent.
La réaction en Finlande
Le Sénat finlandais a décidé que l'admi-
nistration serait tenue d'exécuter immédia-
tement, mêrns lorsqu'elles sont envoyées
•'iélégraphiquement, toutes les instructions
ides autorités de l'Empire concernant les de-
mandes de perquisitions, d'arrestations ou
id'-extraditions des sujets de l'empire <( qui
Se cachent en Finlande pour éviter le châti-
ment de crimes, commis, par eux sur le ter-
ritoire de l'empire ». ̃̃-̃̃̃
Arrestations
'Aux environs de Pétersbourg de nom-
breux employés du chemin de fer Péters-
ibourg-Moscou ont été arrêtés pendant la
jouit. t.
La population de Kazan est vivement sur-
excitée par les arrestations nombreuses et
le plus souvent injustifiées.
A Moscou, arrestations et perquisitions
̃continuent. Le préfet a déclaré qu'il lui était
impossible dans la situation actuelle de le-
yer l'état de protection extraordinaire.
Dépôts d'armes
'On a trouvé dans un faubourg de Péters-
bourg, au numéro 5 de la rue Polevaïa, 1,000
'cartouches pour armes de guerre, de la pou-
Idre sans fumée, des caisses de cartouches
'de revolver, de la nitroglycérine et une di-
Kaine d'obus non chargés. On a, en outre,
mis la main sur un grand nombre de bro-
chures révolutionnairss.
«»^»
Ea Chambre
La Marine. Discours de M. Pelletan.
Tout au début, M. Baudot, président de
la commission de comptabilité, donne lec-
ture d'une proposition tendant à porter à
il5,000 francs l'indemnité législative. (Adop-
té- sans débats.) ̃
.'La Chambre reprit ensuite la discussion sur
la Marine. M Le Bail prononça un discours,
itrès documenté, hérissé de chiffres et de
laits qu'on ne saurait résumer et concluant
'à suivra le ministre dans la voie de l'ac-
Croissement du nombre des cuirassés.
Avec' M. Pelletan, qui discuta quelques-
luns de ces chiffres et. répondit par avance
'aux arguments que la ministre de la Mari-
né devait fournir à l'appui de sa thèse, on
est en face *Tun ensemble de vues précises
et qu'on peut analyser, sans être contraint-
d'entrer dans les détails que l'espace rigou-
reusement limité ne nous permet pas de re-
produire. Ca discours fit une impression
considérable à gauche, et sa lecture, dans
l'Officiel, apparaîtra à beaucoup comme un
Exposé aussi concluant que remarquable,
contra la politique navale -die M. Thomson.
"M. Pelletan reproche, en effet, à ce der-
nier trois choses 1° de demander un ef-
fort budgétaire trop considérabls, en le
.liant, par la mise en chantier de six cui-
rassés^ des budgets futurs qui devront sup-
porter les charges résultant des travaux
commencés 2°' d'affaiblir la puissance in-
'dustrielle navale du pays, en donnant à l'in-
iâustrie privée un développement excessif
,qui réduit la fabrication de nos arsenaux
S°" de négliger la défense mobile, las moyens
ide défensive et d'offensive que présentent
îles unités de combat nouvelles, torpilleurs
:et submersibles, sacrifiés, dans les prévi-
sions- de dépenses, aux cuirassés.
Notre budget a subi, depuis la rentré des
avatars successifs qui l'ont élevé au chiffre
'der4 milliards, avec 200 millions d'emprunt
'et 100 millions d'impôts nouveaux. Dans les
dépenses qui ont accru la masse du budigat,
scelles de la Marine se dressent en une mas-
se majestueuse da 280 millions.
Non seulement ce sont là des' dépenses
exagérées, mais ce sont encore des dépen-
ses mal engagées et qui n'auront pas l'effi-
cacité die défense qu'on attend d'elles. Gin
anet, en effet, six cuirassés sur chantier s*î->
taultanémeniL
On est contraint d'abandonner la construe-
ition des croiseurs cuirassés. Il faut esipa-
cer, au contraire, la construction de 'cuiras-
sés, si l'on ne veut pas risquer de pendre^
î*e;nseigne.ment des faits et des progrès de
la science effectués pendant la période très
longue de construction que nécessitera sem-
blable effort. Sans doute, les cuirassés ainsi
construits seront de la même famille ils
'auront les imêmes défauts, présenteront les
'mêmes inconvénients qu'on aurait pu cor-
̃ Figer en esipaçant la mise sur chantier,
'comme on fait dans les autres pays.
Mais on veut lier la Chambre pour les
budgets futurs. Il faut que la cause des oui-
FEUILLETON DU 23 NOVEMBRE 1906
LES ROUGON-MACQUART
Histoire natuhelle ET SOCIALE D'UNE famille sous
LE SECOND emp1iu3
̃m liwwvWw*"
il Eitar fles Mis
PAn
EMILE ZOLA
IV ̃
SUITE «
Depuis longtemps. Mouret n'était plus à
l'entresol, debout près de la rampe du hall.
̃Brusquement, il reparu!, en haut du grand
'escalier qui descendait au rez-de-chaussée
et, de là. il domina encore la maison en-
iière. Son visage se colorait, la foi re-
naissait et le grandissait, devant le flot de
inonde qui, peu à peu, emplissait le maga-
sin. C'était enfin la poussée attendue, l'é-
Crasemenl de l'après-midi, dont il avait un
instant désespéré, dans sa fièvre tous les
commis se trouvaient à leur poste, un der-
nier coup de cloche venait de sonner.la fin
de la troisième table la désastreuse mali-
née, due sans doute à une averse tombée
.vers neuf heures, pouvait encore être
réparée, car le ciel bleu du matin avait re-
pris sa gaieté de victoire,. Maintenant, les
rayons de l'entresol s'animaient, il dut se
'ranger pour laisser passer les dames qui,
par petits groupes, .montaient :'â .la lingerie
rasiséig soit bien mauvaise pour qu'on se
défie du jugement de l'avenir et qu'on en-
gage par avance d'une façon irrémédiable
cet avenir.
Ce n'est pas tout. On donne la constiruc-'
tion, pour la plus grande partie, à l'indus-
trie privée. Qu'est-ce que l'industrie privée?
Les ateliers ide construction autres que ceux
placés sous la direction et le contrôle im-
médiat de l'Etat. Mais c'est là un trompe-
l'ceil. En réalité, ces ebantiens- da consitruc-
tioo dits privés dépendant de l'Etat pour la
production, si par les dividendes ils dépen-
dent de directeurs et dictionnaires. Car
ces industries sont sous traites à la loi de
la concurrence. Par leurs relations dans
les bureaux, par l'entente et la camaraderie
que crée le .recrutement de leurs état-
majors, elles font peser sur radministra-
"tion de telles influences de presse et autres,
qu'elles, sont assurées de toutes' les Com-
plaisances. Et ce sonitces industries qui
dénoncent la (production, des arsenaux Et
c'elst aux frais de l'Etat, ,aui bénéfice d'inté-
rêts industriels privés par les dividendes
qu'on crée de véritables arsenaux sous-
traits au contrôle et à la direction de l'Etat.
H y a là un danger contre lequel s'élève
avec force M. Pelletan. On enferme, en
effet, cette ind>usit.r-ie dans la construction
d'un type de navire .toujours le même. Or,
qui peut dire si le typ'e de cuirassé actuel
ne sera, pas inutilisé demain ?
Ici, Pelletan aborde la querelle des .cui-
rassés et des unités mobiles. Il trouve qu'on
consacre trop aux uns et pas assez aux au-
tres. Il est vrai que la défense mébile des
côtes, la construction des flottilles de tor-
pilleurs et de submersibles coûtent infini-
ment moins cher et enflerait moins le bud-
get. Or, la défense des côtes, celle des co-
lonies ne sont pas assurées. On. a retranché
sur les crédits, qu'on devait leur appliquer
pour tout donner aux mastodontes d'acier.
Il faudra. pourtant s'en préoccuper dans les
budgets prochains. Et ces charges néces-
saires viendront, à une époque indétermi-
née mais sûrement, aggraver encore les
dépenses budgétaires bien excessivement
grossies.. ̃ ̃
Mais les centaines de millions que ces ef-
forts désordonnés exigent seront pris, sur
quoi ? Sur le budget de la solidarité sociale.
Il y a là une dette impérieuse, inéluctable,
à laquelle on ns saurait se soustraire et Pel-
letan adjure la Chambre de ne pas: entamer
ce trésor sacré.
L'orateur est très applaudi à gauche, par-
ticulièrement sur les bancs socialistes.
M. le ministre de la Marine lui succède
et, tout de suite, il invoque un argument de
fait contre lequel Jaurès proteste. Le minis-
tre reproche aux adversaires de l'accroisse-
ment de crédits de ne pas les avoir combat-
tus au mois de février dernier. Jaurès dit,
de sa place « J'avais fait un effort, un an
auparavant mais comprenant l'inutilité de
cet effort, je ne l'ai pas renouvelé l'année
suivante ».
M. Thomson s'efforce ensuite de montrer
que partout, à l'étranger comme en France,
on tâche de construire le plus rapidement
possible. « La folie est générale, dit Jau-
rès, et nous ns donnons pas plus le bon
exemple que les autres. » Le ministre en-
tre ensuite dans une série de détails tsch-
niques pour prouver que les six cuirassés
projetés sont au moins aussi forts que les
plus forts construits à l'étranger. A ce point
de son argumentation, la Chambre remet la
suite de son discours à aujourd'hui.
Séance du matin
Le matin, la Chambre avait entrepris le
commencement die la discussion du budget
de l'Agriculture. A signaler un discours du
citoyen Devèze sur la châtaigne, fort inté-
ressant, car c'est la première fois qu'il est
parlé de ce produit à la Chambre.
G. R.
'«» g ̃» i
NOUVELLES POLITIQUES
L. R.
Election sénatoriale
Le collège électoral sénatorial de l'Euro va-
être convoqué pour le 13 janvier 1907, à l'effet
d'élire un sénateur en remplacement de M. Tho-
rel, décédé.
Les conseils municipaux éliront leurs déléguée
le 9 décembre prochain.
Les cultuelles libres
La commission de décentralisation a entendu,
hier, M. Guieysse, sur la proposition qu'il a dé-
posée 'récemment et qui tend à permettre de
faire la dévolution des biens aux associations
cultuelles libres, c'està-dire formées en dehors
de la conformité aux règles du culte. exigée par
l'article 4 de la loi de séparation.
La commission, considérant que cette propo-
sition était en contradiction avec le vote par le-
quel la Chambre a approuvé, il y a ouelques
jours, les déclarations faites par M. Briand, à la
tribune, a remis, pour statuer, jusqu'après le
11 décembre prochain.
•- =8»gK»
DANS LE LUXEMBOURG
Le maréchal de la cour comim'unique un.
bulletin signalant un nouveau trouble de
circulation au cerveau du grand-duc. Une
paralysie du côté droit s'est déclarée elle
augmente légèrement. La connaissance et
les facultés intelLectuelles du patient n'ont
pas changé.
o-gMi>-
LA CONVENTION FRANCO-SUISSE
L'échange des ratifications pour la con-
Viéntioii commerciale franco-suisse .a eu
lieu mercredi soir à dix heures et demie,
entre le baron de Villiers, chargé d'affaires
de J'ambassade de France, et le conseiller
fédéral Deucher, chef du département fédé-
ral du commerce, au domicile de ce 'der-
nier.
La oonvention. entrera fen vigueur au-
jourd'hui.
et aux confections tandis que, derrière lui,
aux dentelles et aux châles, il entendait
voler de gros chiffres. Mais la vue des gale-
ries, au rez-de-chaussée,le rassurait surtout:
on s'écrasait devant la mercerie, le blanc
et les lainages eux-mêmes étaient envahis,
le défilé des acheteuses se serrait, presque
toutes en chapeau à présent, avec quelques
bonnets de ménagères attardées. Dans le
hall des soieries, sous la blonde lumière, des
dames s'étaient dégantées, pour palper dou-
cement des pièces de Paris-Bonheur, en
causant à demi-voix. Et il ne se trompait
plus aux bruits qui lui arrivaient du dehors,
roulements de fiacres, claquement de por-
tières, brouhaha grandissant de foule. Il
sentait, à ses pieds, la machine se mettre I
en branle, s'échauffer et revivre, depuis
les caisses où l'or sonnait, depuis les tables
où les garçons de magasin se hiltaient d'em-
paqueter les marchandises, jusqu'aux pro-
fondeurs., du sous-sol, au service du départ,
qui s'emplissait de paquets descendus, et
dont le grondement souterrain faisait vibrer
la maison. Au milieu de la cohue, l'inspec-
teur Jouve se promenait gravement, guet-
tant les voleuses.
Tiens c'est toi dit Mouret tout à
coup, en reconnaissant Paul de Vallagnosc,
que lui amenait un garçon. Non, non, tu
ne me déranges pas. Et, d'ailleurs, tu n'as
qu'à me suivre, si tu veux tout voir, car
aujourd'hui je reste sur la brèche.
Il gardait des inquiétudes. Sans doute le
mande venait, mais la vente serait-elle le
triomphe espéré ? Pourtant, il riait avec
Paul, il l'emmena gaiement.
Ça paraît vouloir s'allumer un peu,
dit Hnlin à Favier. Seulement, je n'ai pas
de chance, il y a des jours de guignon, ma
parole Je viens cncorœde faire un Rouen
cette tuile ne m'a rien acheté.
Et il désignait du menton une dame qui
s'en allait, en jetant des regards dégoûtés
surjoufes les étoffes. Ce ne serait'pas avec
La Reprise des Inventaires
LES VIOLENCES DES PUftllftUC
UN INVENTAIR-E DiFFÉRÉ
La mise en pratique de la loi a provoqué des troubles graves
dans le Finistère. Soldats et manifestants blessés. La
propagande cléricale a partout ailleurs avorté. Un
cayfc de violation de la liberté de la presse.
Avant de donmieir le ctoimpte rendu des in-
ventaires effectués dams la journée d'hier,
il est de notre devoir de noter un fait qui
marque la singularité des temps que nous
traversons sous le pouvoir d'un président
du Conseil dont le' Sénat approuvait tout
récemment par son silence l'attitude impé-
rieuse eit cavalière.
C'était dernièrameinit le' gérant de notre
confrère ouvrier la Voix du Peuple qui,
pour un article antimilitariste publié à l'oc-
casion du départ de la classe, était appré-
hendé à Paris sans autre forme de procès
et .contraint de ise présenter devant le juge
d'instruction de Marseille. Un de nos con-
frères conservateurs de l'Ouest, le Nouvel-
liste de Bretagne, qui parait à Rennes,vient
à son tour d'expérknenter Le: bon plaisir
gouvernemental. Il avait publié, dans son
numéro du 21 novembre, dès renseigne-
ments particuliers sur les ordres donnés
par le sous-préfet de Morlaix au commis
saire, à l'armée, à la gendarmerie il avait
tracé l'itinéraire qui serait suivi par les au-
torités et leur escorte.
La raison d'Etat s'est trouvée mise en
jeu par cet exercice normal de la liberté de
la presse. L'infonmation du Nouvelliste
ayant reproduit presque fexituellement, pa-
raît-il, les termes d'une lettre reçue par le
sous-préfet de Morlaix, une plainte fut dé-
posée au parquât. Le juge d'instruction en-
voya aussitôt à Rennes une .commission ro-
gatoire donnant ordire de faire une perqui-
sition dans les bureaux du journal pour y
retrouver l'original de la communication in-
sérée. Le commissaire central et le com-
missaire de police de l'arrondissement flan-
qué de son secrétaire et d'un agent de la
sûreté ont pénétré dans les bureaux du
Nouvelliste et, .malgré tes protestations lé-
gitimes de l'adiminisitrateiuir qu'ils 'menacè-
rent même d'employer la force, ils furetè-
rent partout et se retirèrent bredouilles.
Ces sortes de faits se passent de com-
mentaires,; ils sont exactement calqués sur
le modèle ide ceux qui. ont lieu en Russie au
nom de la raison d'Etat qui motive, dans ce
malheureux pays, les- abus de pouvoir les
plus monstrueux. Le juge d'instruction de
Morlaix et les policiers de Rennes ont, danls
l'espèce, suivi l'exemple des sbires du
tsar.
M. Berthou'lat, membre' du bureau du
syndicat de la presse .parisienne, vient d'a-
dresser à M. Jean Dupuy une lettre de pro-
testation contre ces procédés scandaleux
qui donnent à la liberté de la presse une
entrave violente. Il a invité Le président du
syndicat h réunir d'urgence te comité pour
formuler une protestation collective que M.
Clemenceau entendra. Et si M. Clemenceau
n'a cure de cette protestation, une fois de
plus, nous prendrons .acte.
Le bilan actuel
Les inventaires ont été terminés dans la
Loire-Inférieure, la Corse et le Haut-Rhin.
Il'en reste 1,100 à effectuer dans 18 dé-
partements. Il est vraisemblable qu'ils se-
ront achevés aujourd'hui ou demain,- à. l'ex-
ception de ceux qui doivent être entrepris
dans les montagnes, de l'Aveyron, du Tarn,
dp. rA.rdè-eiio et de la Lozère, où la neige,
tombée en abondance depuis trois jours, ne
permet pas de poursuivre les opérations
avec la même rapidité.
Les incidents de Plouzané
Dans le Fïnislère,k Pluozané, un charivari
infernal a accueilli le commissaire central et
le receveur del "enregistremie.nt.Le tocsin, son-
nait. Les hommes soufflaient dans -des con-
ques, les femmes frappaient isuir des chau-
drons. La foule hurlait .des injures. Les
soimimaitions faites et la grande porte de l'é-
glise enfooiioêe, il fallut abattre la pyramide
de chaises amoncelées à rentrée, tandis'
que deux jerruriers essayaient de forcer une
autre porte. Impuissants à forcer le barra-
ge formé par la troupe, les manifestants
trépignent de fureur. Le recteur crie à l'un
des serawieris qu'il l'excommunie. Et l'ou-
vrier de répondre sur un ton goguenard
« Pour 20 f rancis par jour je manche pour
être excommunié tant que l'on vouidra.»
Tandis que l'inventaire s'effectue dans
l'église de Plouzané, les manifestants se di-
rigent vers Locmaria où le tocsin sonne à
touite volée. La foule surexcitée remplit Le
cimetière attenant à l'église. La cavalerie
doit chairgeir pour entrer et dégager la prin-
cipale porte de l'église devant laquelle s'était
formée une haie. épaisse -de manifestanits.
Refoulés au .dehors du cimetièr*, ceux-ci
lancent des fagots par-dessuis le mur sur
la tête des gendarmes.
La porte de l'église ayant cédé isous les
coups des sapeurs, les fidèles qui font al-
terner, à l'intérieur, les cantiques et les vo-
ciférationSj.pasB'emt par l'ouverture des pan-
neaux défoncés des poutres qui fort heu-
reusement ne blessent personne.
L'inventaire terminé, la troupe subit en
se retirant une attaque à l'improviste par
des manifestanits qui s'étaient .cachés der-
rièire le mur du cimetière et criblent de
ses mille francs- d'appointements qu'il s'en-
graisserait, s'il ne vendait rien d'habitude,
il se faisait sept ou huit francs de tant pour
cent et de guelte, ce qui lui donnait,avec son
fixe, une dizaine de francs par- jour, en
moyenne. Favier n'arrivait guère qu'à huit;
et voilà que ce sabot lui enlevait les mor-
ceaux de la bouche, car il sortait de débiter
une nouvelle robe Un garçon froid qui n'a-
vait jamais su égayer une cliente C'était
exaspérant.
Les bonnetons et les bobinards ont
l'air de battre monnaie, murmura Favier
en parlant des vendeurs de la bonneterie
et de la mercerie.
Mais Hutin, qui fouillait le magasin du
regard, dit brusquement î
Connaissez-vous madame Desforges,
la bonne amie du patron ?. Tenez cette
brune à la ganterie, celle à qui Mignot es-
sayé des gants..
Il se tut, puis il reprit tout bas, comme
parlant à Mignot, qu'il ne quittait plus des
yeux
Va, va, mon.bonhomme, frotte-lui bien
les doigts, pour ce que ça t'avance On les
connaît, tes conquêtes
Il y avait, entre lui et le gantier, une ri-
valité de jolis hommes,, qui tous deux affec-
taient de coqueter avec les clientes. D'ail-
leurs, ils n'auraient pu, ni l'un ni l'autre,
se vanter d'aucune bonne fortune réelle
Mignot vivait sur la légende d'une femme
de commissaire de police tombée amou-
reuse de lui, tandis que Hutin avait vérita-
blement conquis à son rayon une passe-
• mentière, lasse de traîner dans les hôtels
louches du quartier mais ils mentaient,
ils laissaient volontiers croire à des aven-
tures mystérieuses, à des rendez-vous don-
nés par des comtesses, entre deux achats.
Vous devriez la faire, dit Favier de
son air de pince sans-rire.
C'est une idée s'écria Hutin. Si elle
vient -ici, je l'entortit^il-me'laut-côntsouS!^
.co" .¡
pierres les gens de l'escorte. Le commissai-
re central est blessé, couvent de boue; bles-
sés- aussi un hussard, un gendarme et plu-
sieurs sapeurs-, mais sans gravité.
A Plouarzel, Bresles, la Roche-Maurice,
Lanildonl, .pas autre chose que des portes
enfoncées.
A Lannenprat, l'incident le plus sérieux
est marqué par la résistance du recteur, M.
Richard, que l'on mot en état d'arrestation.
Quelques bagarres sans grande importance
ont eu lieu à Audierne.
La troupe repoussée
Des incidents plus violents encore ont eu
lieu dans le même département, à Plouguer-
neau. Plus de 2.000 personnes étaient ras-
semblées dans l'église depuis trois heures
du matin.
L'agent diu fisc, accompagné d'un com-
missaire de police, de huit" gendarmes à
cheval, d'un peloton die cuirassiers et d'un
peloton de hussards,- 'est arrivé devant l'é-
glise à huit heures. Les paysans, armés
de bâtons, poussent des cris hostiles, le
tocsin sonne. La grille de :la place attenant
à l'église est barricadée il faut une heure
pour la forcer.
Les paysans se précipitent alors. Des ba-
garres se produisent entre les cavaliers qui
ont mis pied à terne et les paysans. Ceux-
ci frappent à .coups de bâton. Les soldats
et gendarmes, plus ou moins contusionnés,
sont repousses. Le commissaire de police or-
donne aux soldats de monter à cheval. Les
paysans effrayent les chevaux de leurs cris
et de leurs- bâtons.
Deux charges soniî ordonnées. Dans la
mêlée beaucoup (de paysans sont griève-
ment blessés-, ainsi que des gendarmes, des
hussards et des cuirassiers.
Il est impossible de pratiquer l'inventai-
re. Le commise aire .de police fait reposer
les troupes en attendant des renforts.
Çà et là
A Lagouna-Daoulas on a dû enfoncer les
portes ainsi qu'à Birman. Il en a été de
même en Çhatfsrite-Infërieure dans plu-
sieurs localités où des bagarres légères se
sonit produites. ̃
Dans l'Ardèche, 'malgré la nieige qui tom-
be sur les hauts (plateaux, les inventaires
s'effectuent rapidement et sans incidents
graves. Dans l'Aube, les. prescriptions lé-
gales sont appliquées idans le plus grand
calme..
Dans la Lozère, les cléricaux avaient as-
sez fortement sursxcilê les âmes simplistes
des populations de la montagne pour espé-
rer qu'ils créeraient des difficultés sérieu-
ses au gouvernement. Ils ont été jusqu'à
préssnt déçus dans leurs prévisions.
Une colonne de 200 hommes d'infanterie
et de cavalerie est partie,: hier matin à l'au-
be pour appuyer l'opération .c' ;s inventaires
à Chastelnouvel, qui se dresse- à plus de
mille mètres d'altitude. Le tocsin sonne à
leur approche. Devant l'église puissamment
barricadée, les paysans se groupent derrière
les trqupejLJlui-Pnt passé sans encombre, et
̃cTfànfent des cantiques 3n patois, interrom-
pus par In cri de « Vive la liberté! » Mais
ils perriK'MoW; aux sapeurs au génie d'en-
foncer lo nort^ ils n'opposent aucuns ré-
sistance. L'inventaire a lieu ensuite paisi-
blement après une protestation diu curé. La
propagande cléricale a sur ce point complè-
tement avorté.
Un curé qui proteste
En Meurthe-et-Moselle, l'abbé Biaise, curé
du Sacré-Cœur de Nancy, dont on a fait
hier l'inventaire, vient d'adresser une lettre
ouverte au préfet de Meurthe-et-Moselle où
il dit protester au nom du Code civil contre la
violation d'une p:ropriété,,privée et la péné-
tration dans son domicile partieulter.
Ayant bâiti l'église à ses frais, il veut en
demeurer seul maître légitime et légail.
L'abbé Biaise ajoute qu'il entend par tous
les moyens de droit constituer personnelle-
ment le préfet comme responsable des faits.
Un officier en accusation
Le capitaine Magniez, du 8° d'infanterie,
qui a refusé de donner des ordres à Saint-
Jean-Cappal (Nord), est l'objet d'une enquê-
te de l'autorité militaire.
Le général Plec, commandant la 3° briga-
de, demande la mise en accusation du ca-
pitaine devant le conseil da guerre du lw
corps d'armée,
–«- ̃
La Situation au Maroc
Envoi de renforts espagnols
Lels croiseurs Maria-de-Molina .et Infanta-
Isabel sont partis pour Tanger ayant h
bord un bataillon d'infanterie de marine
et des renforts pour les cuirassés Pelayo
et Carlos-Quinto.
L'intendance de la marine a ouvert un
crédit spécial de 206.000 pesetas pour sub-
venir aux frais de mobilisation de détache-
A la ganterie, toute une rangée de dames
étaient assises devant l'étroit comptoir, ten-
du de velours vert, à coins de métal nicke-
lé et les commis souriants amoncelaient
devant elles les boîtes plates, d'un rosé vif,
qu'ils sortaient du comptoir même, pareil-
les aux tiroirs étiquetés d'un cartonnier.
Mignot surtout penchait sa jolie figure pou-
pine, donnait de tendres inflexions à sa
voix grasseyante de Parisien. Déjà il avait
vendu à madame Desforges douze paires de
gants de chevreau, des gants Bonheur, la
spécialité de '.a maison. Elle avait ensuite
demandé trois paires de gants de Suède. Et,
maintenant, elle essayait des gants de Saxe,
par crainte que la pointure ne fût pas
exacte.
Oh à la perfection, madame répé-
tait Mignot. Le six trois quarts serait trop
grand pour une main comme la vôtre.
A demi couché sur le comptoir, il lui te-
nait la main; prenait les doigts un à un,
faisait glisser le gant d'une caresse longue,
reprise et appuyée et il la regardait, com-
me s'il eût attendu, sur son visage, la dé-
faillance d'une joie voluptueuse. Mais elle, le
coude au bord du velours, le poignet levé,
lui livrait ses doigts de l'air tranquille dont
̃elle donnait son pied à sa femme de cham-
bre, pour que celle-ci boutonnât ses botti-
nes. Il n'était pas un homme, elle l'em-
ployait aux usages intimes avec son dédain
familier des gens à son service, sans le re-
garder même.
Je ne vous fais pas de mal, madame ?
Elle répondit non, d'un signe de tête.
L'odeur des gants de Saxe, cette odeur de
fauve comme sucrée de musc, la troublait
d'habitude et elle en riait parfois, elle con-
fessait son goût pour ce parfum équivo-
que, où il y a de la bête en folie, tombée
dans la boîSe à poudre de riz d'une fille.
Mais, devant ce comptoir banal, elle ne
sentait pas les gants, ils ne mettaient au-
cunô chaléifr' sensuene'' entre elle et ce ven-
•memts d'infanterie de marine ©n raison, dé
la situation du Maroc, \J
L'opinion de la presse
A propos de l'envoi de ces navires, la
Epoca déclare qu'elle ne voit dams Les ter-
mes de l'Acte d'Algésiras, lequel n'ost d'ail-
leurs pas encore ratifié, rien qui oblige le
gouvernement à faire une démonstration
précipitée qui, s'il se produisait un incident
quelconque, pourrait faire pren,dre un tout
autre chemin et qu'aucun danger immédiat
ne parait justifier.
La Epoca ne croit pas que les navires
espagnols restent longtemps seuls dans tes
eaux de Tanger, et Le journal termine en
se demandant Où allons-nous ? 2
Par contre, le Diario Universal déclare
formellement que la nation et le gouverne-
ment espagnols ont intérêt a jouer le rôle
qui leur a été confié à Algésiras. Il serait
contraire à la dignité de l'Espagne cit ce
serait manquer à ses engagements de îsîs^'
ser la France agir seule, alors qu'LI y a
à Tanger 10.000 Espagnols a la merci dur
brigand Raisouli avec lequel traite le Magh-
zen et que peut-être encourage quelque ca-
binet européen.
Le Diarto Universal ajoute
Alors même que l'acte d'Algésiras n'existerait
pas, nous aurions, de toute façon, le devoir im-
périeux de défendre nos compatriotes
Et le journal s'étonne qu'on cherche à
égarer l'opinion publique sur .ce point et à
faire que le gouvernement s'abstienne de
toute action extérieure.
Nouvel incident à Tanger
L'Agence Havas dit qu'un Espagnol a
bousculé mercredi, sur le manche de Tan-
ger, un caïd qui a auuelé aussitôt un sol-
dai pour le faire arrêter.
L'Espagnol s'est réfugié dans un café où
il a été arrêté par la police espagnole, Celle-
ci a essayé de le conduire au consulat si-
tué en dehors de la ville, mais la police ma-
rocaine s'y est opposée, re.fusantt de recon-
naître l'autorité de la police espagnole. Fi-
nalement, l'Espagnol a été conduit à la lé-
gation espagnole située dans la ville.
INFORMATIONS* .r
Henryk Sienkiewicz et la question polonaise
Le grand écrivain polonais H. Sienkiewicz a
adresse à Guillaume II une longue lettre où il
lui demande, pour l'honneur de l'Allemagne, de
sa dynastie et du représentant de l'idée monar-
chique, de respecter les engagements pris dans
le manifeste royal de 1867, garantissant aux su-
jets polonais entrant dans la Confédération de
l'Allemagne du Nord, qu'il ne serait porté au-
cune atteinte ni, à leur langue, ni à leur reli-
gion.
Les municipalités suburbaines à l'Hôtel de Ville
La réception annuelle des municipalités su-
burbaines par. le Conseil général de la Seine,
les sénateurs," députés et hauts personnages ad-
ministratifs, a eu lieu hier à l'Hôtel de Ville.
Plusieurs discours ont été prononcés par MM.
Ranson, président du Conseil général de Sel-
ves et Lépine, préfets de la Seine et de police.
«-«-»̃
T TT1 Ci TE?1 "KT A HP
i~Jlt !bi~i.~A-L
Les saisies-arrêts sur les salaires ouvriers.
L'indemnité parlementaire. Le blanc
de céruse.
M. Antonin Dubost a ouvert hier la séan-
ce à 3 heures 15.
M. Jean Dupuy a déposé, au nom de la
commission des finances, un rapport sur
le projet adopté par la Chambre autori-
sant les prêts aux sociétés coopératives agri-
coles.
Le Sénat reprend la discussion de la
proposition, relative à la saisie-arrêt sur
les salaires et petits traitements des ou-
vriers et employés.
M. Louis Legrand vient défendre un
amendement qu'il a déposé dans le but de
simplifier la procédure proposée pair la
commission pour la consignation des som-
mes saisies. M. Louis Legrand s'intéresse
surtout au greffier qui, à son avis, ne doit
pas être chargé d'un nouveau travail et
vbîr augmenter ses responsabilités finan-
cières et au tiers saisi qui, dit-il, ne doit
pas se déranger, car il n'est pas « cause
que son ouvrier a des créanciers ».
M. Savary, rapporteur, répond que, pour
le greffier, les craintes de M. Legrand sont
exagérées, et que d'autre part M. Legrand
a tort d'oublier que le débiteur est souvent
un malheureux et que la loi doit avant tout
se préoccuper de ne pas consommer sa
ruine. En réalité, l'amendement de M. Le-
grand apporte, non des simplifications mais
des complications.
MM. Boulanger, Guyot-Dessaigne, Dela-
haye prennent également la parole sur l'a-
mendement de M. Legrand qui est repous-
sé par 150 voix contre 115.
Les conclusions de la commission sont
adoptées .pour l'article 10, puis pour tous
les autres articles, y compris l'article 17
nouveau' sur lequel un deuxième amende-
ment de M. Legrand est rejeté.
L'ensemble de la loi est adopté.
M. Goirand est nommé membre de la
commission supérieure de la Caisse natio-
nale des retraites pour la vieillesse.
M. Bassinet dépose au nom de la commis-
sion de comptabilité le rapport concluant à
l'adoption de la proposition de loi qui élève
l'indemnité parlementaire de 9.000 à 15.000
francs.
L'extrême urgence est déclarée et la pro-
position votée après quelques observations
de MAI. Brager, Halgan et Gauthier (Haute-
Saône).
La discussion sur l'emploi du blanc de
céruse est renvoyée à aujourd'hui.
La séance est levée à six heures du soir.
deur quelconque faisant son métier. 1
El avec ça, madame ?
Rien, merci. Veuillez porter ça à la
caisse 10, pour madame Desforges, n'est-
ce pas ?
En habituée de la maison, elle donnait
son nom à une caisse et y envoyait cha-
cune de ses emplettes, sans se faire suivre
par un commis. Quand elle se fut éloi-
gnée, Mignot cligna les yeux, en se tournant
vers son voisin; auquel aurait bien voulu
laisser croire que des choses extraordinai-
res venaient de se passer.
̃ Hem ? murmura-t-il crûment, on la
ganterait jusqu'au boul l
Cependant, madame Desforgea contiouait
ses achats. Elle revint à gauche, s'arrêta
au blanc, pour prendre des torchons. pui?,
elle fil le tour, poussa jusqu'aux lainages,
au fond de la galerie. Comme elle était con-
tente de sa cuisinière, elle désirait lui don-
ner une robe. Le rayon des lainages débor-
dait d'une foule compacte, toutes les peti-
tes bourgeoises s'y portaient, tâlaient les
étoffes, s absorbaient en muets calculs et
elle dut s'asseoir un instant. Dans les ca-
ses s'étageaient de grosses pièces, que les
vendeurs descendaient, une à une, d'un
brusque effort des bras. Aussi, commen-
çaient-ils à ne plus se reconnaître sur les
comptoirs envahis, où les tissus se mêlaient
et s'écroulaient. C'était une mer montante
de teintes neutres, de tons sourds de laine,
les cris fer, les gris jaunes, les gris bleus,
où éclataient -ça et là des bariolures écos-
saises un fond rouge sang de flanelle. Et
les éliquelfes blanches des pièces étaient
comme une volée de rares flocons blancs,
mouchetant un sol noir de décembre.
Derrière une pile de popeline, Liénard
plaisantait avec une grande fille on che-
veux, une ouvrière du quarlier. envoyée
pa,r sa patronne pour rasisorlir du mérinos.
Il abominait ces jours de grosse vente, qui
lui cassait lés bras,' et il lâchait d'esquiver
Au Conseil Supérieur in Travail
L'enseignement professionnel
Le Conseil supérieur du travail, réuni
hier matin au ministère du Travail, sous la
présidence de M. Heurteau, vice-iprésident,
a poursuivi l'examen de la question relati-
ve u re.nseignie.m en:t professionnel.
Après rejet, par 29 voix contre 17, d'un;
amendement de M. Hérissey, l'article 58 du
projet, amendé par MM. Japy et Honoré,
est adopté.
Le chef d'établissement est tenu également de:
s'assurer de l'assiduité au cours de ses jeunes
ouvriers et employés. A cet effet, chaque élève
sera muni d'un livret qui devra être visé par les
professeurs des cours à chaque leçon et par le
chef d'établissement ou son délégué et par les
parents au moins une fois par semaine.
Après intervention de MM. Isaac, M-
quel, Darcy, Albert Benoist, Raoul Jay et
Briat. rapporteur, l'article 59, amendé par
M. Isaac, estt adopté
Toutefois, le chef d'établissement est dispensé
de la double obligation prévue par les articles
57 et 58 en ce qui concerne 1° les jeunes gens
et jeunes filles qui justifient d'un diplôme ou
certificat délivré par une école publique ou par
une école privée d'enseignement technique re-
connue par l'Etat ou par le comité départemen-
tal de renseignement technique 2° les jeunes
gens et jeunes qui ont obtenu leur certificat.
de capacité professionnelle dans les conditions
déterminées par l'article 60 ci-après.
Un article 59 bis, proposé par le citoyen1
Groussier et une addition faite par le ci-
toyen Keufer, sont adoptés par 30 voix con-
tre 13, après une discussion à laquelle pren-
nent part les citoyens Groussier, Moreau,
Coupât, Keufer et Briat, MM. Manoury,
Mortier, Borderel, Raoul Jay. Ils sont ainsi
conçus
Les chefs d'établissements industriels ou com-
merciaux qui s'obligent à enseigner la pratique
de leur profession à des. jeunes gens ou des
jeunes filles âgés de moins de dix-huit ans, en,
se conformant aux dispositions de la loi du 22
février 1851, relative aux contrats sur l'appren-
tissage, et qui leur font suivre les cours profes-
sionnels ou de perfectionnement organisés con-
formément aux dispositions du. présent titre, bé-
néficieront d'une réduction de leur patente.
Le taux de cette réduction sera le rapport du
nombre des enfants occupés dans les conditions
ci-dessus, au nombre total des personnes em-
ployées dans rétablissement, sans que toutefois
le montant de la patente puisse être réduit de
plus de 20
Un décret d'administration publique détermi-
nera les conditions d'application de la présente
disposition.
Il établira que le nombre des apprentis devra
être proportionnel au nombre des ouvriers occu-
pés par le patron qui aura organisé l'enseigne-
ment professionnel dans ses ateliers.
Après intervention de MM. Darcy, Tou-
ron et du citoyen Coupat, l'article 60, amen-
dé par M. Japy, est adopte.
Les jeunes gens et jeunes filles qui suivent
les cours professionnels sont admis, à la fin de
chaque année, à concourir pour l'examen d'ap-
titude. Ceux qui auront subi l'examen avec suc-
cès recevront un. certificat d'aptitude qui les dis-
pensera de suivre les cours dans les années sui-
vantes.
Ceux qui n'auront pas obtenu, le certificat
seront tenus de suivré les cours pendant trois
ans. Après quoi, ils recevront un certificat d'an-
nées d'études les dispensapt à l'avenir de l'obli-
gation de suivre les cours.
Enfin, les élèves qui, au bout d'au moins un
an d'assiduité au cours, seront reconnus par
leurs professeurs comme n'ayant pas les apti-
tudes nécessaires pour, en profiler, pourront ob-
tenir, sur la demande de leurs parents ou tuteur/j
une dispense pour les deux années suivantes.
Toutefois, la commission locale pourra dispenser
dés cours les enfants jugés incapables de les
suivre.
Les épreuves théoriques et pratiques de l'exa-
men sont déterminées par arrêté du ministre du
Commerce et de l'Industrie après avis de la com-
mission locale professionnelle.
L'examen est subi devant un jury composé de
l'inspecteur départemental de l'enseignement
technique, ou, à son défaut, d'un délégué du
préfet, président, des professeurs des cours et
d'un nombre égal de patrons' et d'ouvriers ou
employés de la profession, nommés par le préfef
et choisis, autant que possible, parmi les mem-
bres de la commission locale professionnelle.
Un article 60 bis, proposé par M. Besse,
est voté par 26 voix sur 26 votants
Des bourses de voyage et de séjour en France,
à l'étranger, aux colonies, seront instituées pour
les élèves titulaires du certificat d'études profes.
sionnelles, dispensés, de suivre les cours, mais
désirant approfondir leurs connaissances techni-
ques.
Ces bourses seront attribuées, par concours,
dans chaque département il sera tenu compte
aux candidats de leurs efforts, de leur travail
et des récompenses obtenues dans le cours d'a-
dultes organisé par l'Etat ou les institutions re-
connues aptes à donner l'enseignement profes-
sionnel suivant les dispositions de l'article 54.
Les candidats devront avoir dix-huit ans au
moins et ne pas dépasser vingt-cinq pour les
jeunes filles et les jeunes gens. Sous cette forma
et ces dispositions, des délégations ouvrières aux
expositions seront réservées aux élèves précités
à la condition qu'ils soient ouvriers ou employés
en exercice depuis au moins six mois.
Les bourses instituées par le* présent article nc
peuvent être mises à la disposition des écoles
spéciales arts et métiers, école centrale, écoles
de commerce, de chimie, etc., déjà, dotées des
mêmes avantages.
Sur l'article 61, une nouvelle rédaction,
présentée par M. Darcy, est adoptée à l'u-
nanimité. ̃
Seront dispenses de suivre les cours profes-
sionnels 'organisés en application des articles
précédents les jeunes gens qui passeront au préa-
lable avec succès l'examen d'aptitude «se par
l'article 60.
L'article 62 donne lieu à un débat auquel
prennent part MM. Albert Benoist, les ci-
toyens Briat, Craissae, Moreau, Coupât,
Raoul Jay, Troubat, Meyzonnier, Touron,
Isaac, de Montgolfier, Japy, Borderel. Deux
amendements sont déposés. Craissac retire
son amendement et se ''allie à l'amende-
ment modifié de M. Isaac. L'article 62 est
voté, puis l'amendement Isaac est adopta
à l'unanimité des votants moins une voix
Séance ce matin.
la besogne, largement entretenu par son
pèrt,-se moquant de vendre, en faisant tout
juste assez pour ne pas être mis à la porte.
Ecoutez' donc, mademoiselle Fanny, di-
sait-il. Vous êtes toujours pressée. Est-ce
que la vigogne croisée allait bien, lifctre
jour ? Vous savez que j'irai touehër'ma
guelte chez vous..
Mais l'ouvrière s'échappait en riant, et
Liénard se trouva devant madame D'esfor-
ges, à laquelle il ne put s'empêcher de de-
mander •-
Que désire madame 1
Elle voulait une robe pas cher, solide
pourtant. Liénard, dans le but d'épargner
ses bras, ce qui éiait son unique souci, "ma-
nœuvra pour lui faire prendre une des étof-
fes déjà dépliées sur le comptoir. Il y. avait
là des cachemires, des serges, des Vigognes
et il lui jurait qu ^'existait rien' de meil-
leur, on n'en voyait pas la fin. Mais aucun
no semblait la satisfaire. Elle avait avisé,
dans une case, un escot bleuâlre. Alors, il
finit par se décider, il descendit lesco-t,
qu'elle jugea Irop rude. Ensuite, ce furent
une chévioMe,. des diagonales, des grisail-
les, toutes les variétés de la laine, qu'elle
put la curiosité de toucher pour le plaisir,
décidée au fond à prendre n'importe quoi.
Le jeune homme dut ainsi déménager les
cases les plus hautes ses épaules cra-
quaient, le comptoir avait disparu sous le
grain soyeux des cachemires et des pope-
lines, sous le poiTrêche des cheviotfes,sous
le duvet pelucheux des vigognes. Tous les
tissus et fouies les teintes y passaieni.
Même, sans avoir la moindre envie d'en
acheter, elle se fit montrer de l'a grenacr. îe
ei de la gaze de Chambéry. Puis, cras idi
elle en eut assez
Oh mon Dieu la première 'est ̃ n-
core la meilleure. C'est pour ma cuisiriè-
re. Oui, la 'serge à petit pointillé, celk à.
deux.fra.ncs.. ̃ ̃
"'̃̃̃ (A suivre.}
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