Titre : L'Humanité : journal socialiste quotidien
Auteur : Parti communiste français. Auteur du texte
Éditeur : L'Humanité (Paris)
Éditeur : L'HumanitéL'Humanité (Saint-Denis)
Date d'édition : 1906-11-23
Contributeur : Jaurès, Jean (1859-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 23 novembre 1906 23 novembre 1906
Description : 1906/11/23 (Numéro 950). 1906/11/23 (Numéro 950).
Droits : Consultable en ligne
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
JOURNAL SOCIALISTE QUOTIDIEN
VENDREDI 23 NOVEMBRE 1000,
TROISIEME ANNEE.. N° 950..
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TllmuMii^fly
Le Numéro
5°.
Le Numéro
Directeur Politique;
JEAN JAURÈS
JEAN JAURES
TRIBUNE SYNDICALE
Impossible Tolérance
On a pu remarquer que depuis quel-
ques années surtout, de nombreux mili-
tants s'évertuent à donner à l'organisa-
tion ouvrière' un caractère ou plutôt un
vernis de profond libéralisme et de hau-
te tolérance. Au syndicat, clame-t-on, en
un geste magnifique., uae seule condi-
tion est imposée. celle d'être travail-
leur Tout homme prouvant qu'il rem-
plit cette obligation y est admis sans
préjudice de sa .croyance, religieuse, de
ses opinions politiques, royalistes, ré-
publicaines radicales, socialistes, liber-
taires ou indifférentes.
Ah certes, cette déclaration ne man-
que pas de grandeur ni de vertu attrac-
tive, niais' répétée avec affectation et
sans utilité, elle manque de franchise et
de réflexion.
Sans doute, le syndicat, comme la plu-
part des organisations humaines, accep-
te les demi-convertis et ceux mêmes qui
E9 le sont pas et ne le seront jamais. Son
"•rôle est d'aller détruire l'ignorance dans
ses repaires les plus obscurs. Mais com-
ment détruire l'ignorance en y substi-
tuant la lumière, si le libéralisme et la
tolérance si orgueilleusement affirmés
sont sincères, si le syndicat ne prend
du salarié que la partie musculaire et
laborieuse de son être pour respecter
.passivement toutes les erreurs, tous les
•'préjugés, toutes les faiblesses qui l'en-
chaînent et le terrassent.
En affirmant ce paradoxal principe de
tolérance et de respect, le syndicalisme
proclame implicitement une chose D'a-
bord, c'est que toutes les. forces, les
nuances et les supercheries politiques,
toutes les forces religieuses, tous les
mensonges, les absurdités, les préjugés
cultivés, enseignés, imposés, ne peuvent
opposer aucun obstacle à l'affranchisse-
ment du travail. C'est reconnaître qu'à
côté de ces monstres' avides et effrayants
>la classe, ouvrière -peut librement se
mouvoir, agir, s'élever sans aucune dif-
ficulté. ̃
Le syndicalisme' révolutionnaire, qui
parait affirmer la suffisance intrinsèque
de l'action économique est donc con-
traint de soutenir cette invraisemblable
erreur ou alors d'avouer loyalement
que, poursuivant ses étapes, il ne peut
logiquement faire preuve de tolérance
qu'à l'égard de tout ce qui n'entrave pas
sa mission ou la réalisation de son idéal
de transformation, qui embrasse l'en-
semble des choses.
Et si, effrayé par l'absurdité de lai pre-
mière et conséquente version ou par
l'audace de là seconde attitude qui im-
pose un aveu plus digne et préférable,
il refuse de conclure, il reconnaît par
son hésitation même que des forces con-
trecarrant puissamment son action exis-
tent, mais que par la limitation de son
rôle, il s'interdit l'exercice, d'une éduca-
tive et inévitable opposition.
Il se présente donc1 une troisième
solution et entre edles il lui faut
choisir D'abord l'attitude de puérile
négation et d'optimisme outré, ou alors
la méthode de tolérance logique mais
non systématiquement décorative, ou
enfin la loyale et sympathique délimi-
tation des rôles et des attributions avec,
comme conséquence, l'accord perma-
nent des parties coopérant aux parties
intégrantes de l'œuvre commune et gé-
nérale.
Je n'ignore pas qu'il est facile de sai-
sir entre ces conclusions des lignes tan-
gentielles au moyen desquelles les syn-
dicats feraient de la politique sans en
faire, seraient théoriquement tolérants
mais pratiquement tyranniques.
On peut soutenir que par la juste et
unique conception de leur misérable
condition et des remèdes qui peuvent
les libérer, les travailleurs s'élèveront
bien au-dessus de l'effroyable réalité et
que sans combattre ni leurs dieux, ni
leurs seigneurs, ni leurs politiques, ils
se dépouilleront soudain de la gangue
qui les enlaidit et les mutile, aussitôt
qu'ils auront aperçu le bonheur saisis-
sable au prix d'un commun effort.
Mais cela, c'est la transformation féé-
rique dont le théâtre du Châlelefr pos-
sède le secret et la rudesse des choses
ne laisse aucune espérance d'une modi-
fication aussi facile.
La^toisère, la résignatipp l'atavique
ignorance forment autant, de voiles opa-
ques à travers lesquels la raison ne pé-
nètre que difficilement et je doute fort
qu'un travailleur, conservant amoureu-
sement cette carapace et en exigeant
l'humiliant respect, soit un syndiqué
utile ou simplement tolérable.
Il est incontestable que la plus évi-
dente cécité, à l'égard de l'odieux régi-
me existant, ne peut être un obstacle à
l'admission au syndicat d'un travailleur
aussi dépourvu, mais l'affirmation préa-
lable d'une respectueuse tolérance à l'é-
gard de ses erreurs et de. ses préjugés
est un obstacle à la virilité consciente et
à la limpidité de notre action.
Pourquoi enfin ne pas s'élever au-des-
sus de toute espèce d'hypocrisie ? Indé-
pendance, liberté de conscience, tolé-
rance, des mots, de nouveaux menson-
ges. Il est faux, archifaux. et aucun de
nous n'en doute, que le syndicat reste
indifférent à ces marques de débilité, à
ces atrophies cérébrales.
Par son action, par sa vie même, le
syndicat est l'adversaire de tous les par-
tis rétrogrades ou simplement stagnants
et imprécis par tous les liens qui les
rattachent à l'Eglise à la servitude, à la
domination, à l'exploitation et à la ré-
signation, la tolérance syndicale ne va
pas et ne peut pas aller jusqu'à la crain-
te de la profanation de toutes les reli-
gions. Cela. est si indéniable', si néces-:
saire et si logique qu'il est impossible
de soutenir qu'un seul syndicat ouvrier,
digne de ce titre, désignerait ou laisse-
rait en fonction un secrétaire, à qui la
conscience commanderait l'accomplis-
sement régulier de ce qu'il appellerait
ses devoirs religieux.
Ne laissons donc pas, la confusion pla.-
ner plus longtemps sur ce mot si élas-
tique de liberté d'opinion et .laissons
les consciences vraiment religieuses
où elles • sont, c'est-à-dire, loin des
organisations ouvrières. Ne confond,
dons pas les sceptiques routiniers.
devant lesquels on peut sans dan-
ger bafouer les religions et qui nous
approuvent souvent, avec les aveugles
et passionnés croyants qui dédaignent
le progrès. et n'accordent leur conflainc©
qu'aux apôtres de leur culte.
Le libéralisme et la tolérance que se
plaît à affirmer le. syndicalisme ne peu-
vent être con'tenus que dans une lar-
ge liberté pour toutes les formes d'ac*
tion, pour toutes les énergies. Ils peu-
vent être résumés par l'indlépendance
mêrn# absolue des activités, mais non
dans la proclamation du droit pour cha-
cun de, se confiner dans l'inertie-, dans
l'obscurité et dans l'erreur.
Oui, la liberté dans les méthodes,
dans la vie et dans, le combat, mais non
pour la résignation ni pour l'attache-
ment aux forces déprimantes du passé.
RAOUL LENOIR.
ZOLA AU PANTHÉON
Il paraît que la droite du Sénat se pro-
pose de combattre le transfert des res-
tes de Zola au Panthéon. C'est M. Lin-
tilhac qui répondra aux réactionnaires.
Est-ce que le' général Mercier intervien-
dra dans le. débat ? 2
ECHOS
•̃̃̃̃̃ Enlevez les rails
On s'est mis, il y a quelque temps, à rem-
placer des rails de tramway, à partir de la
place du Trocadéro jusqu'à environ la moitié
de l'avenue Henri-Martin. Le travail est ter-
miné depuis quinze jours, et depuis quinze
jours également, les vieux rails attendent
qu'on les enlève. Le soir, on éclaire la ligne
qu'ils dessinent au long de l'avenue de la pe-
tite lanterne réglementaire. C'est provisoire,
et c'est pour cela que cela a des chances de
durer beaucoup plus de temps que si c'était
définitif.
tWVMW
«La Revue Socialiste »
Le numéro de novembre de la Revue so-
cialiste est tout particulièrement intéressant.
J. Erboville y commence une série sur l'Idée
de justice et sa valeur sociale, dont le pre-
mier article est tout à fait remarquable par
l'ampleur des vues et la sûreté de la docu-
mentation. Dans Demain, Louis Peine déve-
loppe l'idée curieuse, naguère émise par les
saint-simoniens, d'utiliser l'armée aux servi-
ces publics, afin de préparer la transition de
la socialisation du travail. Citons encore le
Penseur de Rodin et Novembre, deux poi-
gnants sonnets de Lucien Bourgeois, et la
Psychologie des radicaux, où J. Walter-Jour--
de, ramène à sa valeur la thèse du solidaris-
me qu'on tente d'opposer à' celle du socia-
lisme.
Dans Heureux ouvriers, malheureux capi-
talistes, Emile Châtelain relève les fantai-
sies des économistes qui prétendent que les
salaires s'élèvent aux dépens des revenus ca-
pitalistes. L'enquête sur la campagne pour la
réduction des heures de travail porte, dans ce
numéro, sur les grèves du bâtiment, notam-
ment les charpentiers, et celles de la voiture
et de l'ameublement.
Administration de la Revue socialiste loi,
rue de Vaugirard. Pour la rédaction, s'adres-
ser an directeur Eugène Fournière, I25 ave-
nue Lap'lace, Arcueil..
M. Viviani chez le cardinal Richard
On sait que le nouveau ministère du Tra-
vail n'est installé que provisoirement dans les
bâtiments de l'ancienne direction des Cultes,
rue de Grenelle.
Pour son installation définitive, on a suc-
cessivement songé au séminaire de Saint-Sul-
pice, à l'hôtel de Sens, où se trouve le service
géographique de l'armée et où sont les bu-
reaux du sous-chef d'état-major général. Le
choix du ministre paraît s'être arrêté sur l'ar-
chevêché, au cas où l'archevêque de Paris
serait obligé d'abandonner le palais archiépfs-
copal, si aucune association cultuelle légale
n'était formée avant le it décembre.
Les prélats mis à la tête du diocèse de Pa-
ris ont pris pour résidence l'hôtel situé rue
de Grenelle, près de l'esplanade des Invalides,
depuis le second Empire, le vieux palais épis-
copal situé dans l'île, entre la cathédrale et le
petit bras de là Seine, ayant été démoli après
une émeute populaire, en 1 831. Sur son em-
placement, on a. construit le presbytère ac-
tuel et prolongé le quai de l'Archevêché.
L'archevêché actuel occupe le numéro 127
de la rue de Grenelle. L'hôtel habité aujour-
d'hui encore par le cardinal Richard fut des-
siné par Cherpitel il fut d'abord l'hôtel de
Chanac, abbé de Pompadour puis celui de
Rochechouart, de Vauréal, archevêque de
Rennes, du duc de Ghâtelet.
Sous le premier Empire, Nompère de Cham-
pagny, duc de Cadore, l'acheta. Sous la Res-
tauration, les services de la maison du roi y
prirent place puis l'ambassade d'Autriche
s'y installa et l'archevêché la remplaça lors-
qu'elle émigra rue de Varenne.
De ses splendeurs passées, l'archevêché n'a
conservé riu'un grand salon de forme circu-
laire, situé au rez-de-chaussée, décoré de pi-
lastres, de trophées, de frises dorées sur fond
blanc, dans le plus pur style Louis XIV.
La statue de Flaubert
Un Comité vient de se constituer pour éri-
ger sur une place de la ville de Rouen la sta-
tue de Gustave Flaubert, par L. Bernstamm,
dont le plâtre a été exposé au dernier Salon
des Artistes français. Les présidents d'hon-
neur de ce Comité sont MM. Léon Bourgeois,
Jules Claretie et Auguste Leblond, maire de
Rouen, et le président, M. Dujardin-Beau-
metZj sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.
~~a 3l~Ui nJl,D:n~AJQ
LES GROS CONSTRUCTEURS
La folle campagne pour les grosses cui-
rasses continue. M. Thomson, ministre de
la Marine, a, on l'a vu, soutenu hier avec
âpreté, dans un discours qu'il terminera au-
jourd'hui, le projet d'entreprendre cette an-
née la construction de six nouveaux cui-
rassés.
On conçoit difficilement l'intérêt qu'il peut
y avoir à jeter sans cesse des millions aux
monstres dévorants de la grande métallur-
gie, afin de nous doter de ces énormes bâ-
timents de faible vitesse et de nombre li-
mité qui ne peuvent même pas accomplir
la tâche de protection .nationale! par la-
quelle on prétend les légitimer. Toutes les
fois que le rapport du budget de la Marine
a été confié à des hommes indépendants,
des constatations édifiantes ont été publiées
et tous les républicains compétents ont re-
connu que seules les flotilles de petits na-
vires, torpilleurs, et aujourd'hui sous-ma-
rins, pouvaient assurer la défense des
côtes.
Aussi, à moins d'être saisi de l'étrange
mégalomanie chauvine qui transportait hier
M. Millevoye à l'annonce que, pour les dé-
penses annuelles de notre marine de guer-
re, nous venions simplement au quatrième
rang, on peut se demander comment on
justifiera l'attribution aux massifs cuiras-'
sés à gros blindage, de crédits sans cesse
accrus hors de toute proportion sensée;
tandis qu'on laissera diminuer et dépérir
les petits bâtiments défensifs.
Que couvrent donc toutes les formules ta-
pageuses sur les « intérêts sacrés » et sur
le rang que doit tenir la France ? n
Il n'y a malheureusement pas de doute
pour ceux qui ont étudié la question.
M. Thomson doit en être averti. Il a in-
voqué hier des votes antérieurs émis de-
puis qu'il est rue Royale. Cela nous a re-
mis en mémoire ses débuts au ministère.
Il était depuis bien peu de temps titulaire
du portefeuille de la Marine quand, à la
fin de février 1905, il prépara et fit approu-
ver par la Chambre un programme de cons-
tructions neuves pour la flotte évalué par
lui-même à 121 millions par an pendant dou-
ze ans. Ce colossal engagement de dépen-
ses souleva à cette époque de vives polé-
miques.
Et lé souvenir nous revient d'un article
sensationnel rédigé à cette époque par M.
Caillaux, aujourd'hui ministre des Finan-
ces, dans les termes mesurés qui lui sont
habituels, Cet article fut publié par la Pe-
tite Gironde et il est peut-être utile d'en re-
produire les extraits suivants qui me tom-
bent sous les yeux
Par le jeu de la protection, disait M. Caillaux,
le prix des matières indispensables à la cons-
truction d'un navire, des machines, etc., est ma-
joré d'au moins 25 de telle sorte que, sur les
120 millions que nous dépenserons, en 1905 pour
notre flotte, 30 millions environ seront consa-
crés à enrichir les métallurgistes. M. Cliarles
Bos relevait que nous avions, durant ces six
dernières a'nûées^jzûM_5_mUli.awte^Qft-mSlMHîs
pour l'augmentation et l'entretien de nos forces
navales. De cette somme, il aurait dû distraire
4 à 500 millions qui sont entres dans les poches
d'un certain nombre d'industriels.
Si demain les Chambres approuvent un
nouveau programme de défense navale impli-
quant une charge d'un milliard à répartir en
douze ans, il faudra que les députés disent, que
les contribuables sachent que 600 millions seule-
ment iront à leur destination, que 400 millions
serviront à maintenir une administration vétuste
et à grossir les dividendes d'un certain nombre
d'entreprises industrielles.
Ces paroles ne paraissent point encore
avoir perdu leur portée. M. Caillaux, qui
était hier au banc dès ministres tandis que
parlait à la tribune M. Thomson, dont il
est devenu* le collègue, ne pourrait-il les
rappeler à ceux qui les auraient oubliées ?
¡.. HENRI DE LA «PORTE
LE DRAME DE BOIS-LE-ROI
SINGULIER TRIO
La villa Montcourî* Pour huit mille francs. Â coups de
revolver. Le blessé prend la fuite. L'enquête à Paris et
à Versai les. Les dessous d'une agence matrimoniale.
Un drame encore entouré d'un certain
mystère vient de se dérouler dans la char-
mante petite ville de Bois-le-Roi.
A la villa Montcourt, occupée par un
chimiste, M. Cesbron et par sa maîtresse,
Marie Guerin, arrivait, dans la journée de
mardi, un médecin d'origine anglaise, le
docteur Hébert, âgé de quarante-cinq ans,
auteur de plusieurs traités sur la théorie
des maladies microbiennes.
Dans la soirée du même jour, le chef de
gare de la petite commune vit arriver, en
courant, le docteur Hébert. Le malheureux
avait le visage en sang.
M. Cesbron et sa maîtresse, dit-il,
m'ont attiré dans un guet-apens. et ont tenté
de me tuer pour me soustraire le reçu d'u-
ne somme de 9.000 fr. qu'ils me devaient.
Après être resté deux heures évanoui dans
le jardin, j'ai^pu retrouver assez de force
pour escalader le mur et pour venir jus-
qu'ici.
Je veux prendre le train pour Ramb'O'Uil-
lefafln "de, me faire soigner. » •
Un train de marchandises entrait en ga-
re au même instant. M. Hébert prit place
dans un fourgon. Arrivé à Rambouillet, il
se fit soigner, puis regagna Paris.
Entre temps, les meurtriers avaient fui.
Le Parquet, saisi d'une plainte, fit organi-
ser une souricière autour de la villa Mont-
court. Le lendemain, la maîtresse de Ces-
bron était arrêtée au moment où elle cher-
chait à pénétrer dans sa demeure.
Grâce aux explications qu'elle donna, il
lut alors à peu près possible d'établir les
causes du drame. Hébert, Cesbron et
Marie Guerin exploitaient une agence ma-
trimoniale rapportant d'assez beaux bé-
néfices, car les trois complices faisaient
couramment usage de procédés indélicats
fort en honneur dans ce genre d'établisse-
ment. 5
C'est ainsi que, dernièrement, ils avaient
présenté une pseudo-héritière anglaise, Miss
N. à M. Sudre, attaché libre d'un de nos
sous-secrétariats. Miss N. avait, annon-
çait, 6 millions de dot. Présenté à cette ri-
che personne, par Hébert, chez les Cesbron,
Rattaché fit l.'iœgossible jfiur. flaire.. i& ùot
TENDRESSES
Les Débats accueillent! M. Maujan
avec, une bienveillance mêlée de dédain.
Le1 Temps lui ouvre ses bras et son
coeur. Venez, ami, les malentendus sont
dissipés. Vous vous apercevez enfin que
vous n'avez rien de commun avec ces
affreux socialistes, tout entiers possé-
dés par des haines de classe. La bonne
bourgeoisie modérée oublie vos véhé-
mences radicales que jamais d'ailleurs
elle ne. prit au tragique. Vous revenez
ui à la politique! républicaine: ». Que le
Dieu du juste milieu en soit loué.
C'est très biem et nous ne pouvons
que nous, féliciter, nous socialistes, de
ces raccommodements. M. Maujan ai-
dera le Temps à combattre le collecti-
visme, et le Temps aidera M. Maujan à
réaliser le programme radical-socialiste.
C'est avec les modérés, c'est par le con-
cours des amis de M. Hébrard que. M.
Maujan va. fai^ei triompher la limitation
légale de la journée de travail, l'impôt
global et progressif sur 1& revenu, les
retraites ouvrières, le rachat des che-
mins de, fer, la nationalisation des mi-
nes. ̃•
Ah quelle chance, si les radicaux
pouvaient vraiment se passer de nous i
Nous n'aurions pas- besoin de donner
une partie de; nota effort à des réfof-
mes qui ont à nos yeux une grande va-
leur mais qui ne suffisent pas à éman-
ciper les prolétaires. Et! nous pourrions
consacrer toute notre, action, toute no-
tre propagande, à l'idée de l'émancipa-
tion intégrale. M. Maujan s'est assuré,
pour la réalisation: du programme radi-
cal-socialiste, une équipe de modérés.
Nous voilà libres.
JEAN JAURÈS.
+ a » '̃̃
M. DE SELVES SÉVIT
M. de Selves, préfet de la Seine, vient,
une fois de plus, de sévir cruellement con-
tre les travailleurs tes plus misérables et
les plus opprimés de son administration.
Les infirmières et les infirmiers des hôpi-
taux de Paris avaient, comme on sait, ma-
nifesté sous fes fenêtres de M. Mesureur
qui n'a pas encore trouvé le moyen d'adou-
cir le fardeau ae surmenage qui les écrase
en leur accordant le repos hebdomadaire
réclamé dans totitegJeurS réunions.
Assimilant cette manirésTâtionie^ pro^
létaires exaspérés par la coupable insou-
ciance de leurs chefs à un acte séditieux,
M. de Sclvjes a renchéri sur les punitions
brutales en frappant un bon nombre de
ces travailleurs. Il ne lui a pas suffi de
laisser infliger, la peine de la privation de
salaires à des miséreux payés au taux des
esclaves il a ordonné que huit d'entre
eux fussent triés sur le- volet et jetés à la
rue.
Les sévices impitoyables du préfet de la
Seine n'empêcheront pas le prolétariat des
hôpitaux de Paris de crier sa juste indigna-
tion dont l'expression véhémente retentira
profondément dans l'opinion républicaine et
socialiste..
le médusait. En quelques jours, il fit ppur
30.000 francs d'achats.
Point n'est besoin de dire qu'ensuite, on
lui annonça que tout était rompu.
La police, invitée un beau jour, à mettre
un frein aux agissements des tenanciers
de l'agence, arrêtèrent. Marie Guerin. Cette
femme ne fut mise en' liberté provisoire
qu'après avoir versé une caution de huit
mille francs que lui avança le docteur..
C'est à la. suite d'une discussion qui écla-
ta au sujet de cette somme que Cesbron
blessa par deux 'fois à la tête son associé.
L'ENQUÊTE A PARIS
Muni de ces renseignements, le service
de la Sûreté, ouvrit .une enquête. Mais Ces-
bron et sa victime demeuraient introuva-
bles. Hier, enfin, une lettre datée de l'hô-
pital Lariboisière et signée du docteur Hé-
bert parvenait au Parquet de Rambouillet.
Dans cette lettre, le. blessé1 annonçait qu'il
était en traitement depuis mercredi dans
cet établissement et qu'il se mettait entiè-
rement la disposition de la. justice.
On sut alors une partie de la vérité, non
par le blessé, qui. ne pouvait parler, mais
par son entourage. En effet, sur commis-
sion rogatoire du parquet de Versailles, M.
Hamard ouvrit une enquête. Après avoir
consigné" à la disposition de là justice le
docteur Hébert, qui est en traitement salle
Chassaign^, il interrogea à nouveau Marie
Gùérin.
On sut ainsi que cette femme, née Marie-
VîcLorine-J.ustirie Pesnel, née à Paris le 20
mars 18G2, avait fait déjà de nombreuses
dupas sous les noms de veuve Renaud, Jus-
tine de la Rochette, veuve Copian veuve
Agripian et de Louise Dumortier.
Avant de s'installer à Bois-le-Roi, elle ha-
bitait à Paris 20, boulevard Saint-Ger-
main.
Elle a déjà été poursuivie par le parquet
de la Seine pour chantage et escroqueriss,
de complicité avec son associé, René-Au-
guste Cesbron, né à Chanzeaux (Maine-et-
Loire), la 7 septembre 1866.
Un mandat d'amener fut déoernè contre
-ce «tenùer pf'X te .parqjiet de Stersailles.. Ce
mandat ne put être exécuté, Cesbron ayant
réussi à prendre la fuite..
A VERSAILLES
Le parquet de Versailles s'occupe active-
ment du fameux couple. M, Mangin-Bae-
quet, procureur de la République, qui est
déjà saisi de trois plaintes émanant de M.
Louis. Laiaire, coimnierçant', 14-, ru«i Royale,
escroqué d'une quinzaine de mille francs à
l'occasion, d'un, mariage ébauché de M. Su-
du, le jeune attaché, et de M. Wo.od, ren-
tier, habitant à Waist-Ciïty (Londres), a en-
tendu hier les victimes des escroc® ainsi
que de nombreux témoins.
Il a opéré, d'autre part, des perquisitions
rue de la Paroisse, à Versailles >ces opéra-
tions ont amené la découverte d'un stock
considérable de papier timbré destiné aux
opérations de l'agence anait.ri,m.oniale ainsi
qu'une nombreuse .correspondance et
qu'une grande quantité de paroissiens et
de livres religieux.
On a pu établir, enfin, grâce à M. Sudre,
qui. a fait une enquête personnelle à Lon-
dres, que le docteur Hébert, qui possède un
font bel immeuble 14, York place, dans la
Cité, jouit à Londres d'une certaine noto-
riété.
A la suite de quelles circonstances a-t-il
été amené* à s'aboucher avec le .ménage
Cesbron ? C'est ce que l'interrogatoire qu'il
subira, des qu'il lui sera possible de parler,
établira peut-être.
Cette affaire promet d'être des plus inté-
ressantes à bien des points de vue. Ne va-t-
elle point faire pénétrer le lecteur dans les
officines où se trafiquent les unions les plus
étranges 1 Henry Macé~.
Henry Macé.
VISITES MINISTERIELLES
APRÈS LES CASERNES, LES HOPITAUX
Avant-hier, M. Chéron s'était présenté
inopinément à une caserne de Vincennes oc-
cupée par deux régiments d'artillsrie, et il
avait passé une inspection minutieuse des
chambrées, des cuisines, de l'infirmerie et
des locaux disciplinair-ss.
Hier, continuant sa tournée, le sous-secré-
taire d'Etat à la Guerre, s'est rendu à l'hô-
pital Saint-Martin.
Précisémsnt, le médecin inspecteur
Heuyer avait convoqué tous les médecins
de l'établissement en vue d'une inspection
qu'il désirait faire lui-même.
M. Chéron, accompagné du corps médi-
cal, a successivement parcouru las salles de
chirurgie, la salle d'opérations, les salles
de médecine, le service des contagieux.
Il a critiqué l'insuffisance dss moyens d'i-
solement des tuberculeux et l'installation
défectueuse du service des bains pour les
malades atteints da fièvre typhoïde.
Il a visité ensuite la cuisine, et la pharma-
cie.
Avant de quitter l'hôpital, M. Chéron, s'a-
dressant aux membres diu corps médical,
leur a dit tout ce qu'il attendait de leur
"spierrcB "ennr-ieiirs-Ktforts" pour Faméliora-
tion de l'hygiène dans l'armée. l'arn~éliora-
L'intérêt maintenant sera de savoir quel-
les mesures ces visites de casernes et d'hô-
pitaux suggéreront à M. Chéron. Mais quel
malheur que cet homme actif et sans doute
bien intentionné ait commencé par un pro-
jet bâtard sur les conseils de guerre qui
les maintient sous prétexte de les réfor-
mer au lieu de les supprimer nettement
̃ ̃ <̃»*»̃
l'IDEIlTÊ PMLEIENTÂIRE
La. Chambre a voté hier, sur la pro-
position du bureau, l'augmentation de
l'indemnité des députés qui a été portée
de 9.000 francs à 15.000. [̃
A là "suite de ce vote, le groupe socia-
liste, au Parlement a décidé d'inscrire à
son ordre du jour de ce matin vendre-
di l'examen d'un veTsementi mensuel
complémentaire, à faire au Parti par les
élus.
Au sujet du.vote même de la proposition, qui
fut émis dès le début de la séance, le Temps
publie la note d'allure semi-officieuse que voici
Le vote par lequel la Chambre a décidé
d'élever de 9.000 à .15.000 francs le chiffre
de l'indemnité des députés a été le résul-
tat des négociations engagées depuis quel-
ques jours entre les bureaux des deux
Chambres et va être suivi d'un vote analo-
gue au Sénat.
La question de l'augmentation de l'in-
demnité avait été soulevée dans la précé-
dente législature,. mais n'avait pas reçu de
solution.
Le bureau de la Chambre actuelle s'est
saisi de la question et s'est mis d'accord
avec la commission de comptabilité qui
est, on le sait, la commission du budget
de la Chambre pour qu'elles prit l'ini-
tiative de la proposition.
D'autre part,des négociations avaient été
engagées avec le bureau du Sénat pour qu'il
y eût en quelque sorte simultanéité dans
les décisions des deux assemblées.
Le bureau du Sénat estimait que l'indem-
nité devait être portée à 16.000 francs à
la Chambre on proposait 12.000. Finalement,
on s'est mis d'accord pour le chiffre de
15.000.
Quand le Sénat aura voté un projet • de
résolution semblable à celui de la. Cham-
bre, il restera à donner à la mesure sa con-
séquence législative par l'augmentation du
crédit affecté dans le-budget des finances à
la dotation des Chambres. Le supplément
de dépenses sera d'environ 5 millions et de-
mi pour les deux Chambres réunies.
UN PETIT MOtItL VOUS PLAIT
Le Matin d'hier annonçait que le pape
venait d'approuver la diocésaine du car-
dinal Lecot. Et la nouvelle était d'im-
porl.ance. Car par là la loi de Sépara-
tion recevrait dès maintenant une ap-
plication à peu près complète. Des dé-
pêches rectificatives déclarent que te
cardinal Lecot n'a rien reçu encore. Le
Matin s'est-il engagé trop vite ? Ou bien
a-t-il la primeur des nouvelles romai-
nes En tout cas, ces rumeurs, ces con-
troverses démontrent que le pape ne
saurait garder longtemps encore le si-
lence1. La question, est posée,, 11 faut y
répondre* '~T. i;
• ̃̃ i.fc-i
DEUX MOTS
DE RÉPONSE
La Fédération de l'Hérault a voté l'ordre!
du jour suivant
La Fédération socialiste de l'Hérault protesta
contre la présence assurée du citoyen Jaurès
à. une conférence qui doit être donnée par les
socialistes francs-maçons au bénéfice du journal
l'Humanité. ̃
Demain, les candidats maçons radicaux, ayant
en face d'eux des candidats socialistes non ma-
çons, se serviront de cette circonstance pour en-
tretenir l'équivoque dont le Parti socialiste fait
tous les frais.
Les maçons radicaux ne manqueront pas du
dire que Jaurès est avec la maçonnerie contra
les socialistes qui la combattent, comme ils se
sont servis de ce fait que quelques-uns d'entre
eux ont, jadis, à côté de Jaurès, donné des réu-
nions publiques, à Marseille notamment.
Etant donné les deux courants nettement mar-
qués qui se sont manifestés au Congrès national
de Limoges sur la question de la franc-maçon-
nerie, Jaurès doit tenir compte de sa situation
dans le Parti et ne pas paraître être avec une
majorité contre une minorité, même pour aider,
l'Humanité.
Il y a assez d'hommes de talent parmi les
socialistes francs-maçons pour que la conférence
puisse avoir lieu sans Jaurès et atleindre néan-
moins les résultats financiers escomptés.
La Fédération de l'Hérault invite les autres
Fédérations qui partagent la même manière de
voir à s'associer à la présente protestation.
Le secrétaire général de la Fédération
de l'Hérault,
Vincent Bès.
Je ne comprends pas très bien le vote de
la Fédération de l'Hérault. Si elle croit' que
ma démarche est incorrecte, qu'elle saisisse
le Parti de la question. Sinon, que signifient
ces regrets et ces blâmes ? Le Congrès de
Limoges, en passant à l'ordre du jour sur,
la question de la maçonnerie, a laissé pleine
liberté à tous les militants. J'use de cette
liberté comme il me convient, et c'est avec
joie que je réponds à l'appel de socialistes
excellents qui ont cherché un moyen de
soutenir un organe dont nous voulons faire
l'organe de la classe ouvrière et du Parti'
Je ne suis pas franc-maçon, mais j'estime
que le développement de la pensée libre, et
vraiment libre, sans aucun esprit d'into«<
lérance et de secte, peut servir puissam.
ment le socialisme.
Quant à Marseille, je n'y suis jamais alla
qu'appelé par les groupements socialistes
et s'il m'est arrivé, dans une élection mu-
nicipale où socialistes et radicaux avaient
fait liste commune, d'y prendre la parole à1
côté de radicaux, ce n'est pas à moi à dis-
cuter la tactique de tel ou tel groupements
Et depuis la constitution de l'unité socialiste,
je ne réponds qu'aux appels des groupes dU
Parti, ou avec leur assentiment.
En l'espèce, ce n'est pas la Fédération de
l'Hérault qui a qualité pour intervenir. C'esfi
la Fédération de la Seine.
JEAN JAURES
̃» a »
M. PI OU A LYON
M. Piou, présidant à Lyon le Congrès da
l'Action libérale, a prononcé un long dis.-
cours sur la situation politique. Il a re-
nouvelé toutes les déclamations des cléri-
caux contre l'œuvre de laïcité de la Répu-
blique, mais il semble bien s'être gardé de
toucher au point délicat pour les catholi-
ques, c'est-à-dire à la question de la diocé.»
saine de Bordeaux.
M. Piou attend sans doute que le pape ait
formulé son opinion à ce sujet. Les catholi-
ques français n'ont plus, même dans les,
questions d'organisation temporaire de l'Kglii
se, le moindre libre arbitre.
POUR LE REPOS HEBDOMADAIRE
FEDERATION DE LA SEINE
GRAND MEETIE PUBLIC
Mercredi soir 28 Novembre-
Salle des Mille Colonnes.
W, rue de la Gaiié
Orateurs Groussier, Rozier, Sembat, dé-
putes Voilin, conseiller général Landrini
président de la commission du travail au
Conseil municipal.
Prix d'entrée 0 fr. SO..
Les citoyens Hénaffe,Pannelier et Ransoflv
conseillers municipaux du'14", ont été spê^:
cialement convoqués.
LA REVOLUTION RUSSE
LA CAiPA&l ÉLECTORALE
Nos lecteurs se souviennent de la traduc-^
tion que nous avons donnée du manifestes
adressé par le citoyen Plekhanov au pro-
létariat russa organisé. Cet appel est -d'au^
tant plus important que la nécessité de con-
clure des alliances avec les partis d'opposi-i
tion est rendue pressante par les dernières
restrictions apportées aux règlements con-
cernant les élections. Il empruntait de plua
un ^caractère de gravité extrême aux hési-
tations des divers groupes composant le Pars,
ti ouvrier social démocrate russa.
La fraction du parti, que l'on appelle la
majorité, voudrait qu'une 'réglementation!
très stricts fût observée dans tous ces ac-
cords.
Le citoyen Lenine, l'un des membres les.
plus importants de ce groupe, vient de pu-
blier une brochure sur "la question. D'après
ce que nous en savons par 13 Tovarichlch,
Lenine déclarerait que dans les élections
primaires, aucun accord ne pourrait être
conclu, aucun bloc formé nvec aucun au-
tre parti. Dans les élections au second de-
gré, des alliances pourraient être faites avec
certains partis, groupe, du travail, etc., mais
elles devraient garder un caractère pure-
ment technique et porter sur la répartitioiï
proportionnelle des mandats de députés;-
Lenine repousserait toute entente avec les
cadets. Ses amis ne se montrent pas aussi!
intransigeants. Beaucoup d'entre eux ont
proposé qu'aux élections primaires les so-
cial-démocrates gardent toute leur indépen-
dance mais qu'aux autres opérations, ilal
concluent des accords avec tous les partis!
adversaires du gouvernement, même avec
les cadets. Las mêmes ententes pourront sa'
produire"" quand elles seront de nature à eni-s,
pêcher la victoire- des réactionnaires.
Dans la minorité, on a .déclaré assez geV
néralement que la social-démocratie avait xasi
intérêt considérable à mener le combat iS^
VENDREDI 23 NOVEMBRE 1000,
TROISIEME ANNEE.. N° 950..
RÉDACTION, ADMINISTRATION & 'ANNONCES
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IMW C.
TllmuMii^fly
Le Numéro
5°.
Le Numéro
Directeur Politique;
JEAN JAURÈS
JEAN JAURES
TRIBUNE SYNDICALE
Impossible Tolérance
On a pu remarquer que depuis quel-
ques années surtout, de nombreux mili-
tants s'évertuent à donner à l'organisa-
tion ouvrière' un caractère ou plutôt un
vernis de profond libéralisme et de hau-
te tolérance. Au syndicat, clame-t-on, en
un geste magnifique., uae seule condi-
tion est imposée. celle d'être travail-
leur Tout homme prouvant qu'il rem-
plit cette obligation y est admis sans
préjudice de sa .croyance, religieuse, de
ses opinions politiques, royalistes, ré-
publicaines radicales, socialistes, liber-
taires ou indifférentes.
Ah certes, cette déclaration ne man-
que pas de grandeur ni de vertu attrac-
tive, niais' répétée avec affectation et
sans utilité, elle manque de franchise et
de réflexion.
Sans doute, le syndicat, comme la plu-
part des organisations humaines, accep-
te les demi-convertis et ceux mêmes qui
E9 le sont pas et ne le seront jamais. Son
"•rôle est d'aller détruire l'ignorance dans
ses repaires les plus obscurs. Mais com-
ment détruire l'ignorance en y substi-
tuant la lumière, si le libéralisme et la
tolérance si orgueilleusement affirmés
sont sincères, si le syndicat ne prend
du salarié que la partie musculaire et
laborieuse de son être pour respecter
.passivement toutes les erreurs, tous les
•'préjugés, toutes les faiblesses qui l'en-
chaînent et le terrassent.
En affirmant ce paradoxal principe de
tolérance et de respect, le syndicalisme
proclame implicitement une chose D'a-
bord, c'est que toutes les. forces, les
nuances et les supercheries politiques,
toutes les forces religieuses, tous les
mensonges, les absurdités, les préjugés
cultivés, enseignés, imposés, ne peuvent
opposer aucun obstacle à l'affranchisse-
ment du travail. C'est reconnaître qu'à
côté de ces monstres' avides et effrayants
>la classe, ouvrière -peut librement se
mouvoir, agir, s'élever sans aucune dif-
ficulté. ̃
Le syndicalisme' révolutionnaire, qui
parait affirmer la suffisance intrinsèque
de l'action économique est donc con-
traint de soutenir cette invraisemblable
erreur ou alors d'avouer loyalement
que, poursuivant ses étapes, il ne peut
logiquement faire preuve de tolérance
qu'à l'égard de tout ce qui n'entrave pas
sa mission ou la réalisation de son idéal
de transformation, qui embrasse l'en-
semble des choses.
Et si, effrayé par l'absurdité de lai pre-
mière et conséquente version ou par
l'audace de là seconde attitude qui im-
pose un aveu plus digne et préférable,
il refuse de conclure, il reconnaît par
son hésitation même que des forces con-
trecarrant puissamment son action exis-
tent, mais que par la limitation de son
rôle, il s'interdit l'exercice, d'une éduca-
tive et inévitable opposition.
Il se présente donc1 une troisième
solution et entre edles il lui faut
choisir D'abord l'attitude de puérile
négation et d'optimisme outré, ou alors
la méthode de tolérance logique mais
non systématiquement décorative, ou
enfin la loyale et sympathique délimi-
tation des rôles et des attributions avec,
comme conséquence, l'accord perma-
nent des parties coopérant aux parties
intégrantes de l'œuvre commune et gé-
nérale.
Je n'ignore pas qu'il est facile de sai-
sir entre ces conclusions des lignes tan-
gentielles au moyen desquelles les syn-
dicats feraient de la politique sans en
faire, seraient théoriquement tolérants
mais pratiquement tyranniques.
On peut soutenir que par la juste et
unique conception de leur misérable
condition et des remèdes qui peuvent
les libérer, les travailleurs s'élèveront
bien au-dessus de l'effroyable réalité et
que sans combattre ni leurs dieux, ni
leurs seigneurs, ni leurs politiques, ils
se dépouilleront soudain de la gangue
qui les enlaidit et les mutile, aussitôt
qu'ils auront aperçu le bonheur saisis-
sable au prix d'un commun effort.
Mais cela, c'est la transformation féé-
rique dont le théâtre du Châlelefr pos-
sède le secret et la rudesse des choses
ne laisse aucune espérance d'une modi-
fication aussi facile.
La^toisère, la résignatipp l'atavique
ignorance forment autant, de voiles opa-
ques à travers lesquels la raison ne pé-
nètre que difficilement et je doute fort
qu'un travailleur, conservant amoureu-
sement cette carapace et en exigeant
l'humiliant respect, soit un syndiqué
utile ou simplement tolérable.
Il est incontestable que la plus évi-
dente cécité, à l'égard de l'odieux régi-
me existant, ne peut être un obstacle à
l'admission au syndicat d'un travailleur
aussi dépourvu, mais l'affirmation préa-
lable d'une respectueuse tolérance à l'é-
gard de ses erreurs et de. ses préjugés
est un obstacle à la virilité consciente et
à la limpidité de notre action.
Pourquoi enfin ne pas s'élever au-des-
sus de toute espèce d'hypocrisie ? Indé-
pendance, liberté de conscience, tolé-
rance, des mots, de nouveaux menson-
ges. Il est faux, archifaux. et aucun de
nous n'en doute, que le syndicat reste
indifférent à ces marques de débilité, à
ces atrophies cérébrales.
Par son action, par sa vie même, le
syndicat est l'adversaire de tous les par-
tis rétrogrades ou simplement stagnants
et imprécis par tous les liens qui les
rattachent à l'Eglise à la servitude, à la
domination, à l'exploitation et à la ré-
signation, la tolérance syndicale ne va
pas et ne peut pas aller jusqu'à la crain-
te de la profanation de toutes les reli-
gions. Cela. est si indéniable', si néces-:
saire et si logique qu'il est impossible
de soutenir qu'un seul syndicat ouvrier,
digne de ce titre, désignerait ou laisse-
rait en fonction un secrétaire, à qui la
conscience commanderait l'accomplis-
sement régulier de ce qu'il appellerait
ses devoirs religieux.
Ne laissons donc pas, la confusion pla.-
ner plus longtemps sur ce mot si élas-
tique de liberté d'opinion et .laissons
les consciences vraiment religieuses
où elles • sont, c'est-à-dire, loin des
organisations ouvrières. Ne confond,
dons pas les sceptiques routiniers.
devant lesquels on peut sans dan-
ger bafouer les religions et qui nous
approuvent souvent, avec les aveugles
et passionnés croyants qui dédaignent
le progrès. et n'accordent leur conflainc©
qu'aux apôtres de leur culte.
Le libéralisme et la tolérance que se
plaît à affirmer le. syndicalisme ne peu-
vent être con'tenus que dans une lar-
ge liberté pour toutes les formes d'ac*
tion, pour toutes les énergies. Ils peu-
vent être résumés par l'indlépendance
mêrn# absolue des activités, mais non
dans la proclamation du droit pour cha-
cun de, se confiner dans l'inertie-, dans
l'obscurité et dans l'erreur.
Oui, la liberté dans les méthodes,
dans la vie et dans, le combat, mais non
pour la résignation ni pour l'attache-
ment aux forces déprimantes du passé.
RAOUL LENOIR.
ZOLA AU PANTHÉON
Il paraît que la droite du Sénat se pro-
pose de combattre le transfert des res-
tes de Zola au Panthéon. C'est M. Lin-
tilhac qui répondra aux réactionnaires.
Est-ce que le' général Mercier intervien-
dra dans le. débat ? 2
ECHOS
•̃̃̃̃̃ Enlevez les rails
On s'est mis, il y a quelque temps, à rem-
placer des rails de tramway, à partir de la
place du Trocadéro jusqu'à environ la moitié
de l'avenue Henri-Martin. Le travail est ter-
miné depuis quinze jours, et depuis quinze
jours également, les vieux rails attendent
qu'on les enlève. Le soir, on éclaire la ligne
qu'ils dessinent au long de l'avenue de la pe-
tite lanterne réglementaire. C'est provisoire,
et c'est pour cela que cela a des chances de
durer beaucoup plus de temps que si c'était
définitif.
tWVMW
«La Revue Socialiste »
Le numéro de novembre de la Revue so-
cialiste est tout particulièrement intéressant.
J. Erboville y commence une série sur l'Idée
de justice et sa valeur sociale, dont le pre-
mier article est tout à fait remarquable par
l'ampleur des vues et la sûreté de la docu-
mentation. Dans Demain, Louis Peine déve-
loppe l'idée curieuse, naguère émise par les
saint-simoniens, d'utiliser l'armée aux servi-
ces publics, afin de préparer la transition de
la socialisation du travail. Citons encore le
Penseur de Rodin et Novembre, deux poi-
gnants sonnets de Lucien Bourgeois, et la
Psychologie des radicaux, où J. Walter-Jour--
de, ramène à sa valeur la thèse du solidaris-
me qu'on tente d'opposer à' celle du socia-
lisme.
Dans Heureux ouvriers, malheureux capi-
talistes, Emile Châtelain relève les fantai-
sies des économistes qui prétendent que les
salaires s'élèvent aux dépens des revenus ca-
pitalistes. L'enquête sur la campagne pour la
réduction des heures de travail porte, dans ce
numéro, sur les grèves du bâtiment, notam-
ment les charpentiers, et celles de la voiture
et de l'ameublement.
Administration de la Revue socialiste loi,
rue de Vaugirard. Pour la rédaction, s'adres-
ser an directeur Eugène Fournière, I25 ave-
nue Lap'lace, Arcueil..
M. Viviani chez le cardinal Richard
On sait que le nouveau ministère du Tra-
vail n'est installé que provisoirement dans les
bâtiments de l'ancienne direction des Cultes,
rue de Grenelle.
Pour son installation définitive, on a suc-
cessivement songé au séminaire de Saint-Sul-
pice, à l'hôtel de Sens, où se trouve le service
géographique de l'armée et où sont les bu-
reaux du sous-chef d'état-major général. Le
choix du ministre paraît s'être arrêté sur l'ar-
chevêché, au cas où l'archevêque de Paris
serait obligé d'abandonner le palais archiépfs-
copal, si aucune association cultuelle légale
n'était formée avant le it décembre.
Les prélats mis à la tête du diocèse de Pa-
ris ont pris pour résidence l'hôtel situé rue
de Grenelle, près de l'esplanade des Invalides,
depuis le second Empire, le vieux palais épis-
copal situé dans l'île, entre la cathédrale et le
petit bras de là Seine, ayant été démoli après
une émeute populaire, en 1 831. Sur son em-
placement, on a. construit le presbytère ac-
tuel et prolongé le quai de l'Archevêché.
L'archevêché actuel occupe le numéro 127
de la rue de Grenelle. L'hôtel habité aujour-
d'hui encore par le cardinal Richard fut des-
siné par Cherpitel il fut d'abord l'hôtel de
Chanac, abbé de Pompadour puis celui de
Rochechouart, de Vauréal, archevêque de
Rennes, du duc de Ghâtelet.
Sous le premier Empire, Nompère de Cham-
pagny, duc de Cadore, l'acheta. Sous la Res-
tauration, les services de la maison du roi y
prirent place puis l'ambassade d'Autriche
s'y installa et l'archevêché la remplaça lors-
qu'elle émigra rue de Varenne.
De ses splendeurs passées, l'archevêché n'a
conservé riu'un grand salon de forme circu-
laire, situé au rez-de-chaussée, décoré de pi-
lastres, de trophées, de frises dorées sur fond
blanc, dans le plus pur style Louis XIV.
La statue de Flaubert
Un Comité vient de se constituer pour éri-
ger sur une place de la ville de Rouen la sta-
tue de Gustave Flaubert, par L. Bernstamm,
dont le plâtre a été exposé au dernier Salon
des Artistes français. Les présidents d'hon-
neur de ce Comité sont MM. Léon Bourgeois,
Jules Claretie et Auguste Leblond, maire de
Rouen, et le président, M. Dujardin-Beau-
metZj sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.
~~a 3l~Ui nJl,D:n~AJQ
LES GROS CONSTRUCTEURS
La folle campagne pour les grosses cui-
rasses continue. M. Thomson, ministre de
la Marine, a, on l'a vu, soutenu hier avec
âpreté, dans un discours qu'il terminera au-
jourd'hui, le projet d'entreprendre cette an-
née la construction de six nouveaux cui-
rassés.
On conçoit difficilement l'intérêt qu'il peut
y avoir à jeter sans cesse des millions aux
monstres dévorants de la grande métallur-
gie, afin de nous doter de ces énormes bâ-
timents de faible vitesse et de nombre li-
mité qui ne peuvent même pas accomplir
la tâche de protection .nationale! par la-
quelle on prétend les légitimer. Toutes les
fois que le rapport du budget de la Marine
a été confié à des hommes indépendants,
des constatations édifiantes ont été publiées
et tous les républicains compétents ont re-
connu que seules les flotilles de petits na-
vires, torpilleurs, et aujourd'hui sous-ma-
rins, pouvaient assurer la défense des
côtes.
Aussi, à moins d'être saisi de l'étrange
mégalomanie chauvine qui transportait hier
M. Millevoye à l'annonce que, pour les dé-
penses annuelles de notre marine de guer-
re, nous venions simplement au quatrième
rang, on peut se demander comment on
justifiera l'attribution aux massifs cuiras-'
sés à gros blindage, de crédits sans cesse
accrus hors de toute proportion sensée;
tandis qu'on laissera diminuer et dépérir
les petits bâtiments défensifs.
Que couvrent donc toutes les formules ta-
pageuses sur les « intérêts sacrés » et sur
le rang que doit tenir la France ? n
Il n'y a malheureusement pas de doute
pour ceux qui ont étudié la question.
M. Thomson doit en être averti. Il a in-
voqué hier des votes antérieurs émis de-
puis qu'il est rue Royale. Cela nous a re-
mis en mémoire ses débuts au ministère.
Il était depuis bien peu de temps titulaire
du portefeuille de la Marine quand, à la
fin de février 1905, il prépara et fit approu-
ver par la Chambre un programme de cons-
tructions neuves pour la flotte évalué par
lui-même à 121 millions par an pendant dou-
ze ans. Ce colossal engagement de dépen-
ses souleva à cette époque de vives polé-
miques.
Et lé souvenir nous revient d'un article
sensationnel rédigé à cette époque par M.
Caillaux, aujourd'hui ministre des Finan-
ces, dans les termes mesurés qui lui sont
habituels, Cet article fut publié par la Pe-
tite Gironde et il est peut-être utile d'en re-
produire les extraits suivants qui me tom-
bent sous les yeux
Par le jeu de la protection, disait M. Caillaux,
le prix des matières indispensables à la cons-
truction d'un navire, des machines, etc., est ma-
joré d'au moins 25 de telle sorte que, sur les
120 millions que nous dépenserons, en 1905 pour
notre flotte, 30 millions environ seront consa-
crés à enrichir les métallurgistes. M. Cliarles
Bos relevait que nous avions, durant ces six
dernières a'nûées^jzûM_5_mUli.awte^Qft-mSlMHîs
pour l'augmentation et l'entretien de nos forces
navales. De cette somme, il aurait dû distraire
4 à 500 millions qui sont entres dans les poches
d'un certain nombre d'industriels.
Si demain les Chambres approuvent un
nouveau programme de défense navale impli-
quant une charge d'un milliard à répartir en
douze ans, il faudra que les députés disent, que
les contribuables sachent que 600 millions seule-
ment iront à leur destination, que 400 millions
serviront à maintenir une administration vétuste
et à grossir les dividendes d'un certain nombre
d'entreprises industrielles.
Ces paroles ne paraissent point encore
avoir perdu leur portée. M. Caillaux, qui
était hier au banc dès ministres tandis que
parlait à la tribune M. Thomson, dont il
est devenu* le collègue, ne pourrait-il les
rappeler à ceux qui les auraient oubliées ?
¡.. HENRI DE LA «PORTE
LE DRAME DE BOIS-LE-ROI
SINGULIER TRIO
La villa Montcourî* Pour huit mille francs. Â coups de
revolver. Le blessé prend la fuite. L'enquête à Paris et
à Versai les. Les dessous d'une agence matrimoniale.
Un drame encore entouré d'un certain
mystère vient de se dérouler dans la char-
mante petite ville de Bois-le-Roi.
A la villa Montcourt, occupée par un
chimiste, M. Cesbron et par sa maîtresse,
Marie Guerin, arrivait, dans la journée de
mardi, un médecin d'origine anglaise, le
docteur Hébert, âgé de quarante-cinq ans,
auteur de plusieurs traités sur la théorie
des maladies microbiennes.
Dans la soirée du même jour, le chef de
gare de la petite commune vit arriver, en
courant, le docteur Hébert. Le malheureux
avait le visage en sang.
M. Cesbron et sa maîtresse, dit-il,
m'ont attiré dans un guet-apens. et ont tenté
de me tuer pour me soustraire le reçu d'u-
ne somme de 9.000 fr. qu'ils me devaient.
Après être resté deux heures évanoui dans
le jardin, j'ai^pu retrouver assez de force
pour escalader le mur et pour venir jus-
qu'ici.
Je veux prendre le train pour Ramb'O'Uil-
lefafln "de, me faire soigner. » •
Un train de marchandises entrait en ga-
re au même instant. M. Hébert prit place
dans un fourgon. Arrivé à Rambouillet, il
se fit soigner, puis regagna Paris.
Entre temps, les meurtriers avaient fui.
Le Parquet, saisi d'une plainte, fit organi-
ser une souricière autour de la villa Mont-
court. Le lendemain, la maîtresse de Ces-
bron était arrêtée au moment où elle cher-
chait à pénétrer dans sa demeure.
Grâce aux explications qu'elle donna, il
lut alors à peu près possible d'établir les
causes du drame. Hébert, Cesbron et
Marie Guerin exploitaient une agence ma-
trimoniale rapportant d'assez beaux bé-
néfices, car les trois complices faisaient
couramment usage de procédés indélicats
fort en honneur dans ce genre d'établisse-
ment. 5
C'est ainsi que, dernièrement, ils avaient
présenté une pseudo-héritière anglaise, Miss
N. à M. Sudre, attaché libre d'un de nos
sous-secrétariats. Miss N. avait, annon-
çait, 6 millions de dot. Présenté à cette ri-
che personne, par Hébert, chez les Cesbron,
Rattaché fit l.'iœgossible jfiur. flaire.. i& ùot
TENDRESSES
Les Débats accueillent! M. Maujan
avec, une bienveillance mêlée de dédain.
Le1 Temps lui ouvre ses bras et son
coeur. Venez, ami, les malentendus sont
dissipés. Vous vous apercevez enfin que
vous n'avez rien de commun avec ces
affreux socialistes, tout entiers possé-
dés par des haines de classe. La bonne
bourgeoisie modérée oublie vos véhé-
mences radicales que jamais d'ailleurs
elle ne. prit au tragique. Vous revenez
ui à la politique! républicaine: ». Que le
Dieu du juste milieu en soit loué.
C'est très biem et nous ne pouvons
que nous, féliciter, nous socialistes, de
ces raccommodements. M. Maujan ai-
dera le Temps à combattre le collecti-
visme, et le Temps aidera M. Maujan à
réaliser le programme radical-socialiste.
C'est avec les modérés, c'est par le con-
cours des amis de M. Hébrard que. M.
Maujan va. fai^ei triompher la limitation
légale de la journée de travail, l'impôt
global et progressif sur 1& revenu, les
retraites ouvrières, le rachat des che-
mins de, fer, la nationalisation des mi-
nes. ̃•
Ah quelle chance, si les radicaux
pouvaient vraiment se passer de nous i
Nous n'aurions pas- besoin de donner
une partie de; nota effort à des réfof-
mes qui ont à nos yeux une grande va-
leur mais qui ne suffisent pas à éman-
ciper les prolétaires. Et! nous pourrions
consacrer toute notre, action, toute no-
tre propagande, à l'idée de l'émancipa-
tion intégrale. M. Maujan s'est assuré,
pour la réalisation: du programme radi-
cal-socialiste, une équipe de modérés.
Nous voilà libres.
JEAN JAURÈS.
+ a » '̃̃
M. DE SELVES SÉVIT
M. de Selves, préfet de la Seine, vient,
une fois de plus, de sévir cruellement con-
tre les travailleurs tes plus misérables et
les plus opprimés de son administration.
Les infirmières et les infirmiers des hôpi-
taux de Paris avaient, comme on sait, ma-
nifesté sous fes fenêtres de M. Mesureur
qui n'a pas encore trouvé le moyen d'adou-
cir le fardeau ae surmenage qui les écrase
en leur accordant le repos hebdomadaire
réclamé dans totitegJeurS réunions.
Assimilant cette manirésTâtionie^ pro^
létaires exaspérés par la coupable insou-
ciance de leurs chefs à un acte séditieux,
M. de Sclvjes a renchéri sur les punitions
brutales en frappant un bon nombre de
ces travailleurs. Il ne lui a pas suffi de
laisser infliger, la peine de la privation de
salaires à des miséreux payés au taux des
esclaves il a ordonné que huit d'entre
eux fussent triés sur le- volet et jetés à la
rue.
Les sévices impitoyables du préfet de la
Seine n'empêcheront pas le prolétariat des
hôpitaux de Paris de crier sa juste indigna-
tion dont l'expression véhémente retentira
profondément dans l'opinion républicaine et
socialiste..
le médusait. En quelques jours, il fit ppur
30.000 francs d'achats.
Point n'est besoin de dire qu'ensuite, on
lui annonça que tout était rompu.
La police, invitée un beau jour, à mettre
un frein aux agissements des tenanciers
de l'agence, arrêtèrent. Marie Guerin. Cette
femme ne fut mise en' liberté provisoire
qu'après avoir versé une caution de huit
mille francs que lui avança le docteur..
C'est à la. suite d'une discussion qui écla-
ta au sujet de cette somme que Cesbron
blessa par deux 'fois à la tête son associé.
L'ENQUÊTE A PARIS
Muni de ces renseignements, le service
de la Sûreté, ouvrit .une enquête. Mais Ces-
bron et sa victime demeuraient introuva-
bles. Hier, enfin, une lettre datée de l'hô-
pital Lariboisière et signée du docteur Hé-
bert parvenait au Parquet de Rambouillet.
Dans cette lettre, le. blessé1 annonçait qu'il
était en traitement depuis mercredi dans
cet établissement et qu'il se mettait entiè-
rement la disposition de la. justice.
On sut alors une partie de la vérité, non
par le blessé, qui. ne pouvait parler, mais
par son entourage. En effet, sur commis-
sion rogatoire du parquet de Versailles, M.
Hamard ouvrit une enquête. Après avoir
consigné" à la disposition de là justice le
docteur Hébert, qui est en traitement salle
Chassaign^, il interrogea à nouveau Marie
Gùérin.
On sut ainsi que cette femme, née Marie-
VîcLorine-J.ustirie Pesnel, née à Paris le 20
mars 18G2, avait fait déjà de nombreuses
dupas sous les noms de veuve Renaud, Jus-
tine de la Rochette, veuve Copian veuve
Agripian et de Louise Dumortier.
Avant de s'installer à Bois-le-Roi, elle ha-
bitait à Paris 20, boulevard Saint-Ger-
main.
Elle a déjà été poursuivie par le parquet
de la Seine pour chantage et escroqueriss,
de complicité avec son associé, René-Au-
guste Cesbron, né à Chanzeaux (Maine-et-
Loire), la 7 septembre 1866.
Un mandat d'amener fut déoernè contre
-ce «tenùer pf'X te .parqjiet de Stersailles.. Ce
mandat ne put être exécuté, Cesbron ayant
réussi à prendre la fuite..
A VERSAILLES
Le parquet de Versailles s'occupe active-
ment du fameux couple. M, Mangin-Bae-
quet, procureur de la République, qui est
déjà saisi de trois plaintes émanant de M.
Louis. Laiaire, coimnierçant', 14-, ru«i Royale,
escroqué d'une quinzaine de mille francs à
l'occasion, d'un, mariage ébauché de M. Su-
du, le jeune attaché, et de M. Wo.od, ren-
tier, habitant à Waist-Ciïty (Londres), a en-
tendu hier les victimes des escroc® ainsi
que de nombreux témoins.
Il a opéré, d'autre part, des perquisitions
rue de la Paroisse, à Versailles >ces opéra-
tions ont amené la découverte d'un stock
considérable de papier timbré destiné aux
opérations de l'agence anait.ri,m.oniale ainsi
qu'une nombreuse .correspondance et
qu'une grande quantité de paroissiens et
de livres religieux.
On a pu établir, enfin, grâce à M. Sudre,
qui. a fait une enquête personnelle à Lon-
dres, que le docteur Hébert, qui possède un
font bel immeuble 14, York place, dans la
Cité, jouit à Londres d'une certaine noto-
riété.
A la suite de quelles circonstances a-t-il
été amené* à s'aboucher avec le .ménage
Cesbron ? C'est ce que l'interrogatoire qu'il
subira, des qu'il lui sera possible de parler,
établira peut-être.
Cette affaire promet d'être des plus inté-
ressantes à bien des points de vue. Ne va-t-
elle point faire pénétrer le lecteur dans les
officines où se trafiquent les unions les plus
étranges 1 Henry Macé~.
Henry Macé.
VISITES MINISTERIELLES
APRÈS LES CASERNES, LES HOPITAUX
Avant-hier, M. Chéron s'était présenté
inopinément à une caserne de Vincennes oc-
cupée par deux régiments d'artillsrie, et il
avait passé une inspection minutieuse des
chambrées, des cuisines, de l'infirmerie et
des locaux disciplinair-ss.
Hier, continuant sa tournée, le sous-secré-
taire d'Etat à la Guerre, s'est rendu à l'hô-
pital Saint-Martin.
Précisémsnt, le médecin inspecteur
Heuyer avait convoqué tous les médecins
de l'établissement en vue d'une inspection
qu'il désirait faire lui-même.
M. Chéron, accompagné du corps médi-
cal, a successivement parcouru las salles de
chirurgie, la salle d'opérations, les salles
de médecine, le service des contagieux.
Il a critiqué l'insuffisance dss moyens d'i-
solement des tuberculeux et l'installation
défectueuse du service des bains pour les
malades atteints da fièvre typhoïde.
Il a visité ensuite la cuisine, et la pharma-
cie.
Avant de quitter l'hôpital, M. Chéron, s'a-
dressant aux membres diu corps médical,
leur a dit tout ce qu'il attendait de leur
"spierrcB "ennr-ieiirs-Ktforts" pour Faméliora-
tion de l'hygiène dans l'armée. l'arn~éliora-
L'intérêt maintenant sera de savoir quel-
les mesures ces visites de casernes et d'hô-
pitaux suggéreront à M. Chéron. Mais quel
malheur que cet homme actif et sans doute
bien intentionné ait commencé par un pro-
jet bâtard sur les conseils de guerre qui
les maintient sous prétexte de les réfor-
mer au lieu de les supprimer nettement
̃ ̃ <̃»*»̃
l'IDEIlTÊ PMLEIENTÂIRE
La. Chambre a voté hier, sur la pro-
position du bureau, l'augmentation de
l'indemnité des députés qui a été portée
de 9.000 francs à 15.000. [̃
A là "suite de ce vote, le groupe socia-
liste, au Parlement a décidé d'inscrire à
son ordre du jour de ce matin vendre-
di l'examen d'un veTsementi mensuel
complémentaire, à faire au Parti par les
élus.
Au sujet du.vote même de la proposition, qui
fut émis dès le début de la séance, le Temps
publie la note d'allure semi-officieuse que voici
Le vote par lequel la Chambre a décidé
d'élever de 9.000 à .15.000 francs le chiffre
de l'indemnité des députés a été le résul-
tat des négociations engagées depuis quel-
ques jours entre les bureaux des deux
Chambres et va être suivi d'un vote analo-
gue au Sénat.
La question de l'augmentation de l'in-
demnité avait été soulevée dans la précé-
dente législature,. mais n'avait pas reçu de
solution.
Le bureau de la Chambre actuelle s'est
saisi de la question et s'est mis d'accord
avec la commission de comptabilité qui
est, on le sait, la commission du budget
de la Chambre pour qu'elles prit l'ini-
tiative de la proposition.
D'autre part,des négociations avaient été
engagées avec le bureau du Sénat pour qu'il
y eût en quelque sorte simultanéité dans
les décisions des deux assemblées.
Le bureau du Sénat estimait que l'indem-
nité devait être portée à 16.000 francs à
la Chambre on proposait 12.000. Finalement,
on s'est mis d'accord pour le chiffre de
15.000.
Quand le Sénat aura voté un projet • de
résolution semblable à celui de la. Cham-
bre, il restera à donner à la mesure sa con-
séquence législative par l'augmentation du
crédit affecté dans le-budget des finances à
la dotation des Chambres. Le supplément
de dépenses sera d'environ 5 millions et de-
mi pour les deux Chambres réunies.
UN PETIT MOtItL VOUS PLAIT
Le Matin d'hier annonçait que le pape
venait d'approuver la diocésaine du car-
dinal Lecot. Et la nouvelle était d'im-
porl.ance. Car par là la loi de Sépara-
tion recevrait dès maintenant une ap-
plication à peu près complète. Des dé-
pêches rectificatives déclarent que te
cardinal Lecot n'a rien reçu encore. Le
Matin s'est-il engagé trop vite ? Ou bien
a-t-il la primeur des nouvelles romai-
nes En tout cas, ces rumeurs, ces con-
troverses démontrent que le pape ne
saurait garder longtemps encore le si-
lence1. La question, est posée,, 11 faut y
répondre* '~T. i;
• ̃̃ i.fc-i
DEUX MOTS
DE RÉPONSE
La Fédération de l'Hérault a voté l'ordre!
du jour suivant
La Fédération socialiste de l'Hérault protesta
contre la présence assurée du citoyen Jaurès
à. une conférence qui doit être donnée par les
socialistes francs-maçons au bénéfice du journal
l'Humanité. ̃
Demain, les candidats maçons radicaux, ayant
en face d'eux des candidats socialistes non ma-
çons, se serviront de cette circonstance pour en-
tretenir l'équivoque dont le Parti socialiste fait
tous les frais.
Les maçons radicaux ne manqueront pas du
dire que Jaurès est avec la maçonnerie contra
les socialistes qui la combattent, comme ils se
sont servis de ce fait que quelques-uns d'entre
eux ont, jadis, à côté de Jaurès, donné des réu-
nions publiques, à Marseille notamment.
Etant donné les deux courants nettement mar-
qués qui se sont manifestés au Congrès national
de Limoges sur la question de la franc-maçon-
nerie, Jaurès doit tenir compte de sa situation
dans le Parti et ne pas paraître être avec une
majorité contre une minorité, même pour aider,
l'Humanité.
Il y a assez d'hommes de talent parmi les
socialistes francs-maçons pour que la conférence
puisse avoir lieu sans Jaurès et atleindre néan-
moins les résultats financiers escomptés.
La Fédération de l'Hérault invite les autres
Fédérations qui partagent la même manière de
voir à s'associer à la présente protestation.
Le secrétaire général de la Fédération
de l'Hérault,
Vincent Bès.
Je ne comprends pas très bien le vote de
la Fédération de l'Hérault. Si elle croit' que
ma démarche est incorrecte, qu'elle saisisse
le Parti de la question. Sinon, que signifient
ces regrets et ces blâmes ? Le Congrès de
Limoges, en passant à l'ordre du jour sur,
la question de la maçonnerie, a laissé pleine
liberté à tous les militants. J'use de cette
liberté comme il me convient, et c'est avec
joie que je réponds à l'appel de socialistes
excellents qui ont cherché un moyen de
soutenir un organe dont nous voulons faire
l'organe de la classe ouvrière et du Parti'
Je ne suis pas franc-maçon, mais j'estime
que le développement de la pensée libre, et
vraiment libre, sans aucun esprit d'into«<
lérance et de secte, peut servir puissam.
ment le socialisme.
Quant à Marseille, je n'y suis jamais alla
qu'appelé par les groupements socialistes
et s'il m'est arrivé, dans une élection mu-
nicipale où socialistes et radicaux avaient
fait liste commune, d'y prendre la parole à1
côté de radicaux, ce n'est pas à moi à dis-
cuter la tactique de tel ou tel groupements
Et depuis la constitution de l'unité socialiste,
je ne réponds qu'aux appels des groupes dU
Parti, ou avec leur assentiment.
En l'espèce, ce n'est pas la Fédération de
l'Hérault qui a qualité pour intervenir. C'esfi
la Fédération de la Seine.
JEAN JAURES
̃» a »
M. PI OU A LYON
M. Piou, présidant à Lyon le Congrès da
l'Action libérale, a prononcé un long dis.-
cours sur la situation politique. Il a re-
nouvelé toutes les déclamations des cléri-
caux contre l'œuvre de laïcité de la Répu-
blique, mais il semble bien s'être gardé de
toucher au point délicat pour les catholi-
ques, c'est-à-dire à la question de la diocé.»
saine de Bordeaux.
M. Piou attend sans doute que le pape ait
formulé son opinion à ce sujet. Les catholi-
ques français n'ont plus, même dans les,
questions d'organisation temporaire de l'Kglii
se, le moindre libre arbitre.
POUR LE REPOS HEBDOMADAIRE
FEDERATION DE LA SEINE
GRAND MEETIE PUBLIC
Mercredi soir 28 Novembre-
Salle des Mille Colonnes.
W, rue de la Gaiié
Orateurs Groussier, Rozier, Sembat, dé-
putes Voilin, conseiller général Landrini
président de la commission du travail au
Conseil municipal.
Prix d'entrée 0 fr. SO..
Les citoyens Hénaffe,Pannelier et Ransoflv
conseillers municipaux du'14", ont été spê^:
cialement convoqués.
LA REVOLUTION RUSSE
LA CAiPA&l ÉLECTORALE
Nos lecteurs se souviennent de la traduc-^
tion que nous avons donnée du manifestes
adressé par le citoyen Plekhanov au pro-
létariat russa organisé. Cet appel est -d'au^
tant plus important que la nécessité de con-
clure des alliances avec les partis d'opposi-i
tion est rendue pressante par les dernières
restrictions apportées aux règlements con-
cernant les élections. Il empruntait de plua
un ^caractère de gravité extrême aux hési-
tations des divers groupes composant le Pars,
ti ouvrier social démocrate russa.
La fraction du parti, que l'on appelle la
majorité, voudrait qu'une 'réglementation!
très stricts fût observée dans tous ces ac-
cords.
Le citoyen Lenine, l'un des membres les.
plus importants de ce groupe, vient de pu-
blier une brochure sur "la question. D'après
ce que nous en savons par 13 Tovarichlch,
Lenine déclarerait que dans les élections
primaires, aucun accord ne pourrait être
conclu, aucun bloc formé nvec aucun au-
tre parti. Dans les élections au second de-
gré, des alliances pourraient être faites avec
certains partis, groupe, du travail, etc., mais
elles devraient garder un caractère pure-
ment technique et porter sur la répartitioiï
proportionnelle des mandats de députés;-
Lenine repousserait toute entente avec les
cadets. Ses amis ne se montrent pas aussi!
intransigeants. Beaucoup d'entre eux ont
proposé qu'aux élections primaires les so-
cial-démocrates gardent toute leur indépen-
dance mais qu'aux autres opérations, ilal
concluent des accords avec tous les partis!
adversaires du gouvernement, même avec
les cadets. Las mêmes ententes pourront sa'
produire"" quand elles seront de nature à eni-s,
pêcher la victoire- des réactionnaires.
Dans la minorité, on a .déclaré assez geV
néralement que la social-démocratie avait xasi
intérêt considérable à mener le combat iS^
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