Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1930-01-10
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 10 janvier 1930 10 janvier 1930
Description : 1930/01/10 (Numéro 24978). 1930/01/10 (Numéro 24978).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
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VENDREDI 10 JANVIER 1930
SOIXANTE-DIXIEME ANNEE, N° 2497S
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PUUS,D£îA5TraKHTS.tC0L0Ni"FRARÇ- Trois mois 30fr. S«w>i» 58fr. Uouliefn.
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jc'ÉiÈQUB PO 'S TA Z, Pari», Numéro 60
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Nouvelles de l'Elro,nmandes (i) la/- Hçichsbank. Revue de la
•pressa. E'Ajffa&a V'des^dMo'itërie'itikfifp.. i^és)
musées nationaux. Qwjsiioh-s' sociales.
-PASE-'S .'•̃ ̃ ̃ ,̃
4B3O, Edmond Jaloux.– Nouvelles dû Jour.
Marine Ui Porta de V «̃ Edgar-Quinet ».
A l'Hôtel de Ville.– Académies. La Vie
économique. .-̃̃•- ̃
Les, Livres, /André Thérive.
PAGE 4
'Faits -divers. Tribunaux. Art cl Curiosité.
Théâtres. Sports. Nouvelles commerciales.
page s, ';̃ "̃'
Bulletin financier. Bourse des valeurs..
PAGE 6 PAGE' 6.
Dermi:res Nouvelles. Conférence de la Haye
la Date des payements allemands; les Répara-'
lions orientales. ̃ Société des nations le Pro-
blème du blé. Les Affaires de chantage.
tBjmM-uttir-L~: "it'~L~L!uL: ~jù-L~a
Paris, le 9, janvier
'< Î
BULLETÎijU JOUR
LES ALLEMANDS ET LA CONFÉR NCE DE LA HAYE
La journée de conversations particulières
hier, à la Haye, a- permis de préparer le terrain
aux délibérations des « six » qui reprendront
aujourd'hui et qui s'annoncent comme devant
être importantésjes. AHeman d s se f râf>osâ'rit d'à-
border la question âes~sâncti'cms éve»tueHes,«au _i
sujet de laquelle la presse d'outre-Rhin polémi-
que avec tant de vivacité depuis des semaines.
C'est maintenant qu'on va' pouvoir se rendre
compte du véritable esprit dans lequel les por-
te-parole du Reich entendent faire aboutir la
conférence et, assurer l'exécution du plan
Young.
Qu'il y ait encore à Berlin nombre de gens 1
prêts à saisir toutes les occasions de pêcher en
eau trouble et d'exploiter à là fois contre le ca-
binet Müller et contre le plan Young les fluc-
tuations inévitables dans une conférence
comme celle-ci,' personne ne l'ignore et c'est
bien là ce qui inquiète parfois l'opinion dans
les pays alliés et qui commande de prendre
toutes les précautions utiles pour l'avenir. Hier,
certains organes allemands ont essayé de
iirer parti, aux fins que l'on devine, des paroles
courtoises mais fermes prononcées mardi
après-midi par M. Tardieu en réponse à l'appel
de M. Moldenhauer à la confiance sans réserve.
C'est la répétition de la manœuvre que les
mêmes élérnents allemands tentèrent l'année
dernière à Genève, lorsque M. Briand, répon-
dant au chancelier Mûllcr, parla avec la fer-
meté que commandaient les circonstances. Or,
à ia Haye, il n'y eut d'incident d'aucune sorte.
Nous avons constaté hier à cette place que le
président du conseil français a tenu le langage
qui s'imposait sans qu'à aucun moment la'dis-,
cussion perdît le ton courtois et cordial qui
caractérise la controverse avec la délégation
allemande. II est insensé de prétendre -que- M.
ïardîeu ait yoiftttrf aire in j ure aux représen-
tants du Reicli, qu'il ait voulu mettre en doute
leur capacité personnelle de négocier.
L'incident n'existe donc que dans l'imagina-
tion des nationalistes allemands excités, qui
veulent trouver bon gré mal gré un prétexte
pour essayer de justifier leur double manœuvre
contre le cabinet Müller et contre la politique
d'entente. Si les versions des paroles de M. Tar-
dieu transmises par les correspondants des
journaux et des agences diffèrent par des
nuances de mots, toutes s'accordent sur le
fond et l'on ne peut se 'méprendre de bonne
foi sur la pensée du chef de la délégation fran-
çaise. Il n'y eut dans son intervention rien qui
fût de nature à froisser les délégués allemands,
lesquels, au surplus, n'estimèrent pas devoir
réagir, ce qu'ils n'eussent pas manqué de
faire s'ils s'étaient sentis atteints. Que M. Tar-
dieu, en présence, de la résistance des Alle-
mands aux précautions qui s'imposent pour as-
surer la loyale exécution du plan Young, ait
constaté que si l'on a pleine confiance dans
les représentants actuels du Reich, on ne peut
compter pourtant qu'ils seront toujours au pou-
voir à Berlin et que l'état d'esprit qui se révèle
au cours de la discussion est parfois troublant,
c'est tout naturel. Le communiqué publié par la
délégation française met les choses clairement
au point lorsqu'il dit qu' « en réalité, et comme
le prouve l'absence de tout incident au sein
même de la commission, M. Tardieu, précisant
les conditions de .confiance réciproque qui do-
minent les débats de la Haye, s'est borné à rap-
peler à ses collègues allemands les inconvé-
nients d'une discussion trop prolongée sur des
questions de détail».
L'intervention de M. Tardieu, qui a certaine-
ment été comprise par les ministres du Reich
comme elle devait l'être, puisqûlaucun d'eux n'a
cru devoir protester contre les termes employés
par le président du cojiseil français, n'a pas
troublé l'atmosphère de cordialité dans laquelle
se déroule la conférence et que le chef de la
délégation française a tant contribué, dès le
premier jour, à créer. Nous ne doutons pas, en
ce qui nous concerne, que cette cordialité se
maintiendra jusqu'au bout de négociations, qui,
au point où l'on en est, ne peuvent pas ne pas
aboutir. Un règlement comme celui qu'il s'agit
de mettre au point exige la plus grande con-
fiance, et si celle-ci n'est pas encore telle
aujourd'hui qu'on puisse négliger de pren-
dre les plus élémentaires précautions con-
tre les surprises possibles, la faute en
est aux Allemands, à ces menées natio-
iialistes qui empoisonnent l'atmosphère de l'au-
tre côté du Rhin et à la manœuvre personnelle
de M. Schacht, laquelle a créé une situation
particulièrement délicate: et difficile pour la
délégation qui doit parler et agir à la Haye au
nom d'une Allemagne dont le gouvernement
est affaibli par la pression qu'exerce dans, la
coulisse le président de la Reichsbank,que d'au-
cuns appellent « l'empereur non couronné du
Reich ». Les récriminations de la presse natio-
naliste contre là situation à la Haye, où l'Alle-
magne apparaît .eonxpl.ètement isolée, ont sur-
tout, pour effet de souligner les fautes commi-
ses au cours de ces derniers mois par la cam-
pagne réaction naare contre le plan Young. Cette
campagne, inspirée par des préoccupations
dû politique intérieure et dirigée contre le ca-
binet de coalition présidé par M. Mûller, a
é*branlé\ dans le monde entier la confiance dans
la sincérité de la volonté de paix du peuple
allemand, encore que l'on sache que ce peuple
a besoin plus que tout autre de l'ordre et de
lit paix. Comment s'étonner dès lors que des
créanciers du Rcich -veuillent prendre touies
ips précautions nécessaires pour que l'expé-
rience du plan Young ne s'achève pas un jour
pn aventure et en duperie?
Nous allons voir l'attitude qu'adopteront offi-
ciellement les Allemands en ce qui concerne
la question des sanctions en cas de carence du
Reich. C'est la presse d"outre-Rhin qui a sou-
levé cette question avec une àpreté singulière
et qui a,pour ainsi dire.obligé le gouvernement
à la poser dans des conditions telles que l'adop-
tion du plan Youne impliquerait la suppres-
sion pure et simple de l'article 430 du traité de
Versailles. La France n'est certainement pas
seule à rie pouvoir admettre une telle thèse, car
toutes les 'puissances aîiiégs oi'éancières du
̃ lleiçh sont; 'hautemenV intéressées 'à ce que les,1
.droits qu'elles tiennent éù traite de paix sub-
:~s~cnt,sac%. comc.stJ.t,¡i;111 .possible. Si le. plan
Young est exécuté de bonne foi par l'Allc-
mague. la>questtdiv dès 'sanctions- éventuelles
:ne, -se posePâ \pQs-; niai» »si."à; un moment donné,
;le Reich' refusait 'de remplir ses -obligations et
que, de ce fait même; le pian Yourig.se trouvât
'anéanti, il" cet bien évident qu'on en revien-
dra'ji; à la situation pVévue par le traite de paix
et que l'art'ieic 430 reprendrait foute sa valeur.
Que l'on veuille* ménager dans la mesure
du possible l'amour-propre allemand que
l'on veuille assurer à T Allemagne toutes les
garanties désirables que les sanctions ne
joueront qu'à bon escient, dans des cas nette-
'ment définis et après une procédure de cons-
tatation de la nature de la carence dont per-
sonne ne pourra' contester l'autorité, on peut
le comprendre; mais quant au principe même
des sanctions si' l'Allemagne refuse de s'exé-
cuter, il ne saurait être abandonné.
Le tout est de trouver une formule accep-
table pour les' parties en cause. La note
remise hier par là délégation française expose
notre point de vue, pleinement approuvé par
les délégations .des pays alliés, et notam-
ment par M. Siunyden. On 'aurait peine à
comprendre que lè£ Allemands puissent refu-
ser d'admettre le principe des sanctions alors
que celles-éi ne pourront jouer en fait qu'après
qu'une violation manifeste du plan Young par
le Reich aura été formellement constatée par
une décision arbitrale. Il 'n'est vraiment lias
possible d'aller plus loin dans la voie de la
conciliation, surtout étant donné .qu'il dépend,
de l'Allemagne seule, .de sa bonne yo-lonté et,
de sabonne foi, que la question des sanctions
ne puisse jamais se poser.
DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES
Londres, 9 janvier.
Quatre officiers aviateurs ont trouvé la mort
dans une collision d'aéroplanes qui s'est produite
mercredi à Abou-el-Suer, en Egypte.
Le Caire, 9 janvier.
Une mosquée du quartier de Babelsharia s'est
effondrée. Deux femmes et un homme qui pas-
saient dans la rue ont été tués. Il y a eu six bles-
sés.. '̃.̃̃ '̃ ̃ ̃̃-
sé. Tirana, 9 janvier.
Le baron de. Vaux, ministre de France en Alba-
nie a présente hier au roi ses lettres de rappel.
Le ministre des. affaires' étrangères albanais a
donné un dîner en-son honneur.
Fort-de-France, 9 janvier.
Depuis dimanche des éruptions successives se
sont' produites au mont Pelé. Les cendres sont pro-
jetées jusqu'au nord-est et au sud de l'île et sont
accompagnées d'éclairs. La montagne est tou-
jours couverte à certains moments. L'activité con-
tinue. ,;̃> .••̃-
LES RtFOR!BES_PARLEI!flENTAIRES
•Nous avons, dans deux articles récents,
.commenté diverses propositions de modifica-
tions au règlement de là-Chamibre des. dépu-
tés. Les;unes' coRcetilent' les rectifications de
votes.; Elles ont notamment pour obj.et de pa-
rer à ce procédé inélégant, et qui prendrait
aisément tournure de scandale, qui consiste à
voter dans un sens au moment du scrutin et
dans un autre le lendemain par insertion au
Journal officiel. Il n'y a pas deux opinions.
successives et contradictoires, l'une tournée
vers le ministère, l'autre vers les électeurs. Il
y a un minimum de fidélité à ses convictions
que l'on doit observer. Les propositions qui
ont pour but de mettre fin à ces marchan-
dages, à ces capitulations de conscience sont
donc pertinentes..
D'autres, ont trait au scrutin public à la tri-
bulie. Celle de M. Coty, député de la Seine-
Inférieure, nous a paru tout à fait opérante.
II. y a, dans un tout autre ordre d'idées, une
proposition fort intéressante, déposée par un
des doyens de la vie parlementaire qui joint à
un esprit avisé une grande expérience des
choses de la politique, par M. Georges Bonne-
fous, député de Seine-et-Oise. La proposition
de l'ancien ministre du commerce vise le bud-
get, et plus spécialement la loi de finances.
Dans l'exposé des motifs, M. Bonnefous fait
valoir que les lois organiques ne sauraient 1
êire modifiées, ne devraient pas être modifiées
par la loi budgétaire, ni en matière de dé-
penses ni en matière de. crédits. Seules,, dit
excellemment l'auteur de la proposition, « des
lois nouvelles, étudiées en elles-mêmes et non
sous l'angle d'une discussion de crédits » doi-
vent modifier des lois organiques.
La loi de finances est devenue une sorte de
capharnaüm où s'enlasseni les textes les plus
hétéroclites. Son objet essentiel, exclusif et
limité disparaît sous l'amas de dispositions
multiples et. parasitaires. Les administrations
publiques, qui glissent dans la loi dé finances
des textes qui n'on,t pas un rapport direct avec
elle, lie. sont -pas entièrement responsables de
cette fâcheuse procédure. Elles mesurent les
délais souvent interminables qui s'écoulent
entre le dépôt d'une proposition de loi éma-
nant de l'initiative parlementaire, ou même
d'un projet de loi émanant de l'initiative gour
vernementale, et son vote définitif. Il faut
compter, non pas seulement par mois, mais
par années. Au contraire, la loi de finances
doit être promulguée chaque aiinée. Y insérer
un texte que l'administration tient pour urgent
ou pour nécessaire, c'est, à ses yeux, le moyen
le plus expéditif d'en obtenir le vote.
Seulement, les lois de finances finissent par
traiter de toutes choses et de quelques autres
encore de ornni re et quibusdani aliis. C'est
un fatras dans lequel les augures seuls, et en-
core, peuvent se retrouver. Quel est le Jusfi-
nienqui codifiera tous ces textes épars? La
ioi de finances de 1930 n'a pas moins de
170 articles. Tel article concerne l'effectif total
des officiers de l'armée active des difi'é-,
rents corps de la marine et de l'air,, tou-
chant ainsi au statut militaire de l'armée. Tel
autre vise l'assistance aux vieillards, infirmes
et incurables, modifiant ainsi la loi du 14 juil-
let 1905. On se souvient du bruit fait autour
des articles 70 et "îi d'une loi' de finances ré-
cente concernant certaines congrégations re-
ligieuses. que l~artlivif, 86
"M. Bonnefous'ivropoâeidônc que ̃ l'article 8G
du règlement de là Chamtore"– qui vise lasup-
pression ou la réduction d'une recette ou la
création d'une dépense nouvelle ou enfin une
augmentation de dépenses soit complété
par la disposition suivante « Tout amende-
ment ou toute proposition tendant' à suppri-
mer ou à modifier, par voie 'budgétaire, les
dispositions ou articles d'une loi organique en,
vigueur est irrecevable. » Proposition des plus
raisonnables, qui peut mettre une digue au
flot croissant des textes qui n'ont rien à voir
avec le budget.
Ces textes parasitaires ont un triple inconvé-
nient. Ils encombrent la discussion et la loi
budgétaire, la première déjà assez longue, la
seconde déjà assez touffue, pour qu'il ne soit
pas expédient d'y .ajouter ce qui ne doit pas
y trouver place. Une modification à des lois
organiques doit faire l'objet d'un débat spé-
cial, d'un débat préparé, plutôt que d'une de
ces discussions hâtives et incomplètes, comme
la discussion budgétaire y prête trop souvent.
Enfin la clarté de la législation y gagnera. On
ne séz~a pas de t4 ç e' dans la çom-.
ne §er_a pas obligé de rgehercher dans la corn-.
pilatiou des lois de finances des textes qûi:'ont
trait fi tout autro choso qu'à des dispositions
fluariGiiî'es. '«
I
t E' ? ·- ~nnprET
~ï~n t~~nUUKL&
L/emotion causée 'par le sort tiqui-eux du ly-
cée Condorcet nous fait un, devoir de revenir
sur- ce sujet. îs le bâtonnier Chenu-, kjui fut
président de l'Association des aucieas élèyes,
ni M. Déborde de Montcorin, qui lui succède,
ni l'Union des anciens élèves des lycées et
collèges, ni l'Amicale des professeurs- -n'ont
tort de s'émouvoir. Et si, renseignements- pui-
sés à bonne source,.on reprend le mot favori
du maréchal Foch « De quoi s'agit-il? », il y
a lieu de craindre, en effet, qu'il ne s'agisse
clo bâtir avenue de Glichy un lycée dont le be-
soin n'est pas pressant, au péril de laisser lom-
ber, -dans' le double sens du mot, le vieux lycc«
de la rue du Havre, que sa gloire suffirait à
défendre, même sans- la considération de son
indiscutable utilité. Pour lui aussi, à eette
heure, lo bë or not to bc, voilà la question.-
Elle ne date pas d'hier; et ce qui justement-
effraie les intéressés, c'est qu'elle ne souffre
plus de tergiversation. Les ruines d'un visage,
quoi qu'en dise le Bonhomme^ se peuvent long-
temps réparer, mais non celles d'une maison
de, celte importance. Depuis quelque dix, an-
nées, les ministres de l'instruction publique
sont saisis de celle affaire. Même sous le car-
tel, M. Lamoureux visitait les lieux depuis les
caves jusqu'aux combles. A ce moment,- Cori-
dorçet pensa occuper, en même ,temps .que le.-
Cercle mililai.re, le,, .terrain. sur lequel sî^len-
da'H la "caserne Ûe la Pépinière..Mais les pour-
parïei1S:'èn:tre":îes ministères, .intéressés furent
si difilciles -.et traînèrent en unie longueur si
regrettable que les Armées de terre et de mer
ont faussé compagnie à. l'Université, et qu'à
la place Làborde on ne voit pas de lycée, mais
que sur la- place Saint-Augustin on aperçoit,
souVla protection des panoplies, un bar amé-
ricain et une boutique de frivolités.
Il faut convenir que le Conseil municipal,
qui veut construire, de compte à demi avec
l'Etat, un lycée- nouveau sur- son terrain des
Epiriettes, n'oublie pas pourtant le quartier de
Saint-Lazare. Certes, entrant en possession du
lycée Condorcet inutilisé, il y trouvera, au dé-
faut de murs d'argent, un emplacement en or.
Mais il s'occupe de le faire renaître, et il n'en
méconnaît pas la nécessité. Dans sa séance
du 13 juillet 1028, il précisait les bases d'une
convention avec l'Etat on y trouve bien l'édi-
fication a frais communs, d'un lycée situé .au
bout de l'avenue de Clichy; mais il ajoutait
un article 2 ainsi conçu « Aménagement aux
frais exclusifs de l'Etat, sur le terrain de la
Pépinière, de 37 classes permettant de satis-
faire à tous les besoins de scolarité actuelle-
ment assurés par l'édifice" de la rue du Havre.»
De plus, sur l'insistance d'un certain nombre
de conseillers, il proposait de réserver le nom
do Condorcet à l'établissement que devait
aménager l'Etat, sous réserve de trouver un
nom nouveau pour celui des Epinettes. V.
Que répond le ministre de l'instruction pu-
blique, par une lettre en date du .M novem-
bue- • dÔ26? Il raaintifiwt son avùs favorabfe à
là reconstruction de compte à demi ayenue'de
Cïîchy, Mais1 il estime préférable de laisser en
dehors de la convention, l'article 2. Et la rai-
son qu'il en donne, c'est qu'il y aura lieu de
négocier, pour la Pépinière, avec les départe-
ments des finances et de la guerre, et qu'il
ne serait ni opportun ni courtois de sembler
leur dicter par avance leur décision ». De la
sorte, il oublie seulement d'ajouter que, de-
puis près de dix ans, la courtoisie ni l'oppor-
tunité n'ont avancé la question d'un pas. Qu'il
se, déclare, après cela, personnellement acquis
à cette mesure, les usagers, déjà plusieurs
fois déçus, sont fondés à y voir une chance
favorable, mais transitoire, et à lui préférer
nn engagement. Surtout s'ils considèrent que,
quelques jours à peine après que le Conseil
était saisi du mémoire, 'préfectoral contenant
ces renseignements et d un projet de conven-
tion concernant le seul lycée des Epineltes,
ils ont pu lire, le 29 décembre 1929, dans Paris-
Soir, une interview de la direction de l'en-
seignement secondaire, publiée sous le titre
« Quand le lycée Condorcet sera avenue de
Clichy. » Dans ces conditions, le véritable
Condorcet, dépossédé même de son nom par
son frère à venir, court un grand risque de
disparaître par prétérition, si l'article 2 ne de-
vient pas l'article premier.
Le Conseil municipal ne saurait être pris
sur le temps, puisqu'il en doit encore délibé-
rer et les usagers ne viendront pas trop tard
aussi pour lui rappeler instamment leurs ap-
préhensions. Les contribuables mêmes pour-
raient, de surcroît, se joindre à eux. Pendant
que les ministères usent de remise, la condi-
tion du vieux lycée s'aggrave; et pour. les seu-
les années 1928 et 1929 il a fallu dépenser,
tant en réparations, travaux de péril, réfec-
tions et installations demain inutiles, près de
trois cent cinquante mille francs; et la séance
continue. Il en coûte toujours, en effet, de
contrarier l'évidence. Or, il est évident qu'avant
de construire pour l'avenir un lycée paradi-
siaque aux fortifications, il importe d'en con-
server un nécessaire proche l'Opéra,, et que
les habitants du centre ont un plus urgent in-
térêt à disposer d'un Condorcet près de la
gare Saint-Lazare qu'aux Epinettes.
Salaires et traitements
L'année 1929 notons-le sans déplaisir a
été dans son ensemble une année de stabilité
sociale. Sans doute, de-ci de-là des grèves ont
éclaté, assez nombreuses; mais les conflits que
l'on a eu. à enregistrer sont toujours restés
localisés et n'ont jamais intéressé qu'un nom-
bre médiocre d'ouvriers.
Ce n'est pas que les fauteurs professionnels
de désordre, les communistes eh particulier,
n'aient tenté à plusieurs reprises de sérieux
efforts pour troubler l'ordre industriel. Mouve-
ments d'ensemble, conflits partiels, les agents
de Moscou ont tout .mis en œuvre' pour tenir en'
haleine lés massés ouvrières soi-disant révo-
lutionnaires. Leur persévérance n'a enregistré
que des échecs.
Les tentatives demobiUsatioij. générale du
1" mai et du 1" août ont servi surtout à mettre
en valeur l'énergie prévoyante du ministre, de
l'intérieur, qui était déjà M. Tardieu. Quant
aux combats locaux engagés par les syndicats
unitaires dans les mines du centre et du midi,
à Haliuin, à- Roanne, dans les ports, à Guise
même, au Familistère, où les militants com-
munistes réussirent à dresser une partie des
ouvriers contre leurs frères de classe, ils ont,
en règle générale, démontré seulement l'im-
puissance des agitateurs à galvaniser la masse
des travailleurs, qui paraît lasse de conflits sté-
riles et, sans objet.
Sans objet, disons-nous. Et, en effet, la classe
ouvrière française ignore d'abord complète-
ment la grande souffrance du chômage qui
anémie et démoralise les foules anglaise, allé-
mande et russe. D'autre part, la condition ma-
térielle du salarié français s'améliore réguliè-
rement et rapidement dans l'ordre et dans la
paix
On ne saurait trop insister à cet égard sur
les progrès remarquables accomplis, en Fraoçg
au cours des' deux dernières années,
Depuis que la "monnaie française a été. gta-
bilisée,1 on 'enregistre chez nous une hausse-
continus et considérable dê'-3 éaîâ!ises'!la?ii.-> ̃.rséuiiàje du pays.
E!n '1928, la. hausse, u>jwès,.lie.sï.euqu.êtes faites
chaque ;aimS£ au ̃.iïiqisjil.?&;tol)çe p^'Ieg ser-
vices de la statistique générale, avait été. en
moyenne, de 5 0/0 pour les hommes et de 8 0/0
pouf les femmes. Nous: ne possédons encore,
aucune donnée précise, sur le mouvement gé-
néral des salaires en. -1929; Mais il est tout; 'à'
fait' vraisemblable .que la- montée a. été plus
forte que l'aimée précédente. •,
Considérons quelques grandes corporations.
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, le salaire •!
minimum de l'ouvrier ,mineur a été augmenté
de près de 14 0/0. Dans les autres bassins,
l'augmentation a été du même ordre.
Eti mai dernier, à' la suite d'un accord inter-
venu entre le comité des armateurs et la fédé-
ration des syndicats maritimes, -les soldes des
marins ont été élcvées-en moyenne de 600
francs par an;'
Quant aux cheminots,' le- chiffre" de leur sa-
laire minimum a été porté de 7,220 francs, eu
janvier 1929 a' 7,600 au lor juiljet-et à 8,100 à
partir du 1" janvier dernier, soit une augmen-
tation de 12 6/0 au total.
Comme on peut bien penser, le Parlement
n'a pas voulu rester en arrière dans cette course
aux majorations. Avant de se séparer, en dé-
cembre dernier, il a tenu a voter de nouveaux
crédits pour augmenter les traitements des
fonctionnaires. L'échelle des traitements com-
prise entre 8;000 et 100,000 francs, a été dépla-
cée, et ses échelons extrêmes sont devenus
8,500 efll0#00, l'augmentation prenant date
du 1" ,}uillet";i929. Coût 687 'millions de francs.
Et ce n'est pas tout. Car il est prévu d'ores et
c'^yà que dans la prochaine loi de finances iJ
sera procédé à la revision des traitements et
des soldes dans les limites 9,000-125,000. A q.ugl
moment commencera l'augmentation annon- '«
cée ? On ne le dit pas encore. Mais trop d'indi-
ces permettent de penser que la date choisie
ne sera pas celle que M. Chéron, très prudem-
ment, eût souhaitée, celle du 1" avril 1931.
Dans l'ensemble, on peut affirmer que la
hausse des traitements et salaires dépasse cer-
tainement le coefficient 6 par rapport à 1914.
Beaucoup de petits fonctionnaires et d'ouvriers
bénéficient même de coefficients sensiblement t
plus élevés; très nettement supérieurs aux coef-
ficients, qui mesurent la hausse du coût de la
vie:
L'indice établi par la commission du coût de
la vie de la région parisienne n'était par exem-
ple que de 555 pour le troisième trimestre de
l'an passé.
Telle est la situation.. Elle mérite d'être si-
gnalée. Certes ni la nation, ni les industries ne
doivent lésiner sur les salaires de leurs colla-
boi'ateurs. Mais il n'est que juste de reconnaî-
tre que, depuis la stabilisation monétaire, la
classe des salariés est peut-être celle qui a été
la plus favorisée, celle pour laquelle il a été
le plus fait pour réparer lès pertes dues à la
guerre et à l'inflation.
'̃Le. calme 'dans lequel elle vit à l'heure ac-
iuëllè n'a donc rien qui doive surprendre. Ce
serait* cependant une illusion de croire que la
hausse constatée au cours des derniers mois
:pùîsse- continuer' tongtèmps suivant le même
r^tiisne. L'activité ̃: écoîïomique ne saurait "sup-
porter indéfiniment des charges croissantes.
Déjà certaines industries, et en particulier celle
des transports par voie ferrée, ploient sous un
•fardeau de" salaires et d'impôts qui s'avère
iécrasant.
Les charges de la main-d'œuvre, sous quel-
que forme qu'elles se présentent, ne peuvent
être accrues c'est là une loi inévitable
•que. dans la mesure même où s'accroissent la
capacité et da volonté de production de cette
main-d'œuvre. Aux nations qui l'oublient les
faits se chargent bien vite d'en apporter la dé-
monstration sous les espèces de la crise écono-
mique et du chômage.
Pensons-y il est temps encore à la
veille de l'échéance marquée pour la mise en
vigueur des assurances sociales.
LE RIDEAU TOMBÉ
LTn très grand comédien a dit adieu, l'autre soir,
à son public ordinaire et h son illustre Théâtre. Il
s'est incliné, pour la dernière fois, devant la salle
rouge et or d'où lui sont venus, depuis -plus d'un
demi-siècle, tant de bravos et d'acclamations. Les
bras les mains claquantes faisaient» ressem-
bler l'orchestre à un champ d'avoines remué par
le -Y.ent.' Il a vu, pour la dernière fois, à ses pieds,
&ph ami lo souffleur, qui: essuyait une larme. L'en-
vbt5 du rideau a brusquement passé devant ses
yè,ux. C'était fini. Les spectateurs sont, rentres chez
eifîj:, « les uns avec leur femme et les autres tout
seuls », comme dit la chanson. Rien ne changeait
dans leur vie. Mais le grand .comédien devait sen-
tir,, qu'une .catastrophe s'était produite, et. s'ima-
giner qu'il tombait dans un trou noir et que c'était
lui Malbrough, qu'on venait de porter en terre.
Jii la retraite de l'homme politique, ni! celle du
fonctionnaire, ni celle du soldat n'ont la brutalité
et) la tristesse de la retraite des comédiens. Le
temps qu'un carré de toile glisse en chuintant
entre le public et eux, et les voici passés de la
lumière à l'ombre, de l'excitation à l'ataraxie, et
de l'action au souvenir. C'est une épreuve si af-
freuse que bien peu ont -la force d'âme de s'y
résigner. Ils trichent. Ils promettent, ils se pror
mettent/ de revenir. Us annoncent des projets. Ils
gardent au fond du cœur l'espoir qu'on les rap-
pellera. Ils essayent du professorat, ce cautère.
Mais rien ne peut les consoler de la rupture.
Il est assez remarquable que nous ne possédions
aucun document psychologique sérieux sur la
vieillesse des grands artistes. Les romanciers ont
bien tracé quelques silhouettes. Mais un Delobelle,
un Brichanteau, ou même ce délicieux Saint-Guil-
laume qui joua devant un parterre de rois, à Li-
bourne, sont des manques, et des illuminés. Quel-
qites vrais comédiens, Got par exemple, ont écrit
leurs mémoires. Ce sont des souvenirs de jeu-
neêse et d'activité, précieux pour l'histoire du
théâtre, insignifiants pour l'étude de l'âme hu-
maine. On voudrait posséder les confessions d'un
vieil artiste fanalyse « prpustienne » do son mé-
canisme mental, de sa mélancolie, de ses regrets.
;Ikn,pus semble que ce serait passionnant.
**Songezique dès i'instant où il quitte le théâtre,
le comédien se trouve et cela est fort nouveau
pour lui en face de soi-même, et de soi tout
seul. Il s'est jusque-là efforcé d'être « d'autres- »,
àusli exactement qu'il le pouvait Il était d'autant
plus 'grand qu'il s'oubliait mieux lui-même qu'il
fénssi'ssait être davantage étranger à lui-même.
MoîïBel,' en ses minutes supérieure;, 'devenait
l'incestueux Œdipe ou le parricide Oreste, et, dans
Othello, son hallucination était telle que Desdé-
m-one -sentait le 'souffle lui, manquer sous l'oreil-
ler. Le merveilleux comédien qui vient de se
retirer a cru jongler avec les millions de Lechat
il, a pleuré les pleurs do Poliche. Cet autre, que les
hivernants croisent, à Nice, sur ia Promenade des
Anglais, et dont un petit nombre seulement recon-
naissent les étincelants yeux gris, la bouche lier-
métique et le profil, plus sévère et plus majes-
tueux qu'il n'a jamais été, a aimé Henriette, Cé-
cilé, Camille, Roxane et Dona Sol. Il a agité les
boucles de Clitandre, piaffé sous la redingote du
marquis de Presles, et fait courbette sous la sou-
tane de l'abbé Daniel. Les voici maintenant en pré-
sence d'un compagnon qu'ils connaissent à peine.
G!est leur moi. Ils ont sondé le caractère d'Air
ces te. Ils ont oublié d'étudier le leur. Ils ont beau-
coup observé autour d'eux fort peu en eux.' Ils
iissonipas habitués à rMro?pecti'on, mate plutôt,
si l'on 'ose '.dire, à •êxiirospsction. Hier -m&HipIeâr,]
ils deviennent soudain des «.uniques, «. Ce'a se
peut-il ?̃' 0a.viw-ster4p4.i6 -clés .a^îalgarps.d^ige. j
sonnages? On ne sait pas. j
IJis ont .la-.meraoi.ro, g-las^isyciis,, mmys «auriie
de- Nobles ivers, et) de; vers mûdi.o&res, de bft-lïès- s,W-
tences et de platitudes, qu'aucun, xl'enti'jî' j do.ijs,
Comment -tous ces. souv£nirsi,se .hiérarchise.nt-ilà,
dans leur cerveau ? En fonction de.la'beaùté litté-
raite, ou en fonction des succès remportés ? N'ern.-
ploient-ils pas plusieurs heures de; la, journée '.à
repenser Molière. et Musset, à. y .découvrir, un peu
tard, des nuances nouvelles e,Là, raffiner des into'-
iiatïoiis ? Que ce doit être tentant de. lateaer mot-
lerrient couler sa pensée le long de testes connus!
Le doyen des chanteurs français a dans sa tête
toute une bibliothèque musicale,. Il sait les cou-
plets qu'on chantait après la guerre de 1870,
l'Oiseau qui vient de France, et 1. Maître d'école
alsacien. lissait, ceux:, de la dernière guerre, hi,
Madelon et le Noël des enfants qui n'ont plus de'
maison, de Debussy.'Et deux cents rôle.s. Quand'
il sa promène,, toujours gaillard, .le col levé jus-
qu'aux oreilles, il se donne de petits concerts,, et
compte du bout de sa .caimq les vi'çtimes de don'
JUan. Ainsi, M. Le Bargy, devant; ia baie des An-
ges, se récile-l-il sans doute le Rat de ville et le
rat des cltiamps, que personne, jamais, n'a dit
comme lui. Le- crâne des vieux comédiens doit
être plein dé voix enîre-croisées, pareW à une forêt
m'agiquo où ne cessent jamais' les. chuchotements,
lès pépiements. Coia.doit être' bien curieux
Et tant d'autres choses! Ils ont yirpl'us de jolis
visages que nous, et de plus près! ,'lls' ont,' plus
longtemps que nous, parlé d'amour et cru aimer.
Quand ils enseignent, ils sont, jusqu'à;leur dernier
jour, environnés de' -jeunesse, et, pareils au vieil-'
lard Arkel, ifs..peuvent, 'on touchant,' de leurs lè-
vies la joué d'uiie ̃fe'mnic; croire encore a ladbu'
cour de la vie. Et puis. et puis. Ce doivent être
des- àrnes singulières, très riches, en surface- et
peut-être pas très profondes? Mais ces hypothèses
ne,servenl guère; elles amusent à peine; elles ris-
quent d'être injustes et injurieuses. Il y a un beau
livre à; écrire, sur ce sujet. Mais un comédien seul
peut l'écrire. R. K.
«.
LE RÈGLEMENT DE LA PAIX
Conférence de la Haye
(Par téléphone, de notre envoyé spécial)
La Haye, 9 janvier..
Les comités d'experts auxquels les puissances
intéressées aux réparations allemandes avai'ent
renvoyé pour examen divers articles du projet
de protocula final de la conférence, au sujet des-
quels, en première lecture, un accord ne -s'était
pas réalisé entre les Etats créanciers et l'Alle-
magne, ont siégé hier, matin et soir. Il ne sem-
ble pas que dans l'ensemble leur discussion ai!t
permis de réaliser de grands progrès. En particu-
lier MM. Kastl et Melcliior'ont, au sujet des dates
des payements mensuels à effectuer par l'Alle-
magne à la Banque des règlements- internationaux,
maintenu, au nom du Reich, l'opposition de celui!-
ci à l'adoption de la date du 15. lis oiit bien re-
connu que, dans les tableaux établis par le comité
Youhg, "la date Moyenne -du '1*' octobre tes an-
nuités courant' du 1er avfil au 3.1 mars -avait
étô: Choisie, ce qui impliquait des versements le
15 de chaque mois mais ils ont assuré que ce
choix du 1" octobre n'avait qu'une valeur d'hy-
pothèse sans correspondre à une décision .même
de principe. Ils ont ajouté que, pour tous les
payements commerciaux et le plan Young était
un règlement commercial l'usage était de s'ac-
quitter à terme échu. Les experts alliés ont ré-
pondu que l'usage n'était pas aussi général que
M. Kastl et Melchior voulaient le dire et que, par
exemple, la Grande-Bretagne, pour sa dette exté-
rieure, procédait le 15 de chaque mois à ses ver-
sements aux Etats-Unis et que c'était de même le
15 que s'effectuait le service de l'emprunt Dawes.
Sans qu'un accord ait ainsi' pu intervenir, M. Kastl
a quitté, dès hier soir, la Haye où il reviendra ce-
pendant dans quelques jours.
Les résultats des délibérations d'experts seront
communiqués ce matin aux différents gouverne-
ments, à midi, au vetour de M. Jaspar qui a passé
la journée d'hier à Bruxelles, dans,une séance de
la commission des réparations allemandes qui
commencera l'étude en seconde lecture du projet
de protocole final. Mais, si laborieuse que soit la
mise au point de ce protocole, tes divergences de
vues portent en réalité sur des points qui sont!,
sauf un, celui' du moratorium d'importance
secondaire. Les seule? questions de valeur qui se
posent, savoir celle de la liaison à établir entre le
fonctionnement diT plan Young et l'existence de
1 article 430 du traité de Versailles (ce que la
presse allemande appelle,le problème des « sanc-
tions »), celle' de là commercialisation effective de
I. dette allemande, et.cn.f\n la « question Schacht »
n'ont pas encore fait l'objet d'un examen officiel.
En ce qui concerne les sanctions, l'exposé très
général des vues françaises, approuvé par le gou-
vernement britannique ainsi que s'en est assuré
hier M. Tardieu au cours de son nouvel entretien
avec M. Snowden a été remis à la délégation al-
lemande. Il comporte, nous l'avons dit, une sus-
pension de facto dé l'article 430 à moins qu'une
décision arbitrale ne proclame que l'Allemagne
transgressa le plan Young. Interrogé sur, ses im-
pressions à la lecture de cet exposé, M. Curtius a
déclaré hier soir qu'il « éprouvait) quelque souci
au sujet de la possibilité d'arriver à un accord à
cet égard. »
Sur la commercialisation de, la dette allemande,
commercialisation à laquelle le Reich pourrait
être intéressé, des conversations sont en cours.
Quant à M. Schacht il assistera, on le sait, lundi
prochain, 13 janvier, à la 'séance que présidera
M. Reynolds, membre américain du comité d'or-
ganisation de la Banque des règlements interna-
tïonaux. En principe, les questions techniques .se-
condaires seront seules soumises à l'examen de ce
comité. En particulier aucun débat n'est prévu en
ce qui concerne l'installation de la Banque à Bâle,
la Belgique ayant renoncé à toute opposition à cet
égard. Mais on ne peut écarter l'hypothèse que le
président de la Reichsbank ne veuille entrepren-
dre lundi contre ce. qu'il appelle « les lalsifica-
tibris au pian Young », c'est-à-dire les accords de
la Haye du mois d'août» dernier, une offensive ana-
loguc à cello que marqua la publication le 6. dé-
cembre dernier, do. son: mémorandum. en. six.poihls,
En ce cas, et l'union des puissances créancières
étant absolue, il appartiendrait à la délégation et
au gouvernement allemand d'imposer leur volonté
̃ au président de la Reiehsbank.
Dans le domaine des réparations orientales, les
conversations ont continué et très sensiblement
progressé entre experts français, anglais 'et ita-
liens au sujet de .a Hongrie. MM. Loucheùr et
Pirelli ont en conséquence rendu visite au comte
Bethien, premier ministre de Hongrie, et il a été
convenu que la commission des réparations non
allemandes commencerait samedi matin et pour-
suivrait samedi après-midi et dimanche l'examen
des problèmes hongrois. ̃
'̃ Ce matin, à 10 h. 30, les puissances créancières
de la Bulgarie ayant délibéré hier après-midi sur
l'offre faite par tes "représentants de • ce pays, la
commission des réparations non allemandes s'oc-
cupera, MM. Bourof et Molof étant présents, de la
dette bulgare. D'autre part, de nouveaux entre-
tiens du chancelier autrichien Schober avec MM.
Marinkovitch et Mironesco ont eu lieu.
Nous avons signalé hier l'émotion causée dans
certains milieux allemands par certaines inter-
prétations données des paroles prononcées mardi
par M. Tardieu à 'a conférence, au sujet de TaC-
titude de la délégation du Reich. Mais à la fin
de l'après-midi] de mercredi pue mise au point of-
'ilc-icuîSiirançÀisCv «ont on trouvera le, texte plus
loin, été publiée et l'incident très mince qui
;s$taU produif pouvait être dès. lors -considéré
•coinBaô clos. Andr'S 'Ganeih: •̃ "-•. '̃̃̃•̃̃
A propos furrf déelapatioli ite M; Tardieu ï
,Noti'o envoyé, spécial1 à la Uajre.sjgnitfa.it hiep
l'émotion provoquée dans les milieux allemands
par certaines analyses, données dans' la presse
française de, la déclaration de M. Tardieu, au
cours' de la séance des Six mardi, touchant l'atti-
tude des représentants du Reich à la conférence;
Pour 'mctl.ro fln à cet incident, la délégation -fran.-?.
çaisc, à la Haye a communiqué .mercredi soir la,
'note .suivante,
« Quelques journaux allemands ont manifesté
une émotion qu'explique d'ailleurs leur position
politique au sujet de certaines paroles attribuées,
à M. André Tardieu au cours de la dernière séance
de ;a commission des réparations allemandes.
» En réalité et comme le prouve surabondant
ment l'absence de tout incident au sein même de
la commission, M. Tardieu, précisant les condi-
tions de confiance réciproque qui dominent les
débats de la Haye, s'est borné, à rappeler à ses
collègues allemands les inconvénients d'une dis-
cussion trop prolongée sur des questions de dé-
taii; Il a indiqué que de telles discussions ris-
quaient de troubler l'atmosphère indispensable ail
succès de la conférence. i-
» Les délégués allemands, dont M.' André Tar-.
dieu, en rappelant- les difficultés de l'eur tâche,
avait tenu a souligner la bonne volonté person-
neile, et l'activité de négociateurs, n'ont d'ailleurs
formulé, tout en maintenant leur position sur-' Je
fond; aucune protestation contre les tepmes em-
ployés par le président du conseil français. La dis-
cussion, au surplus. a conservé d'un bout à l'autre
un caractère d'entière cordialité. »
Commentaires de la presse allemande
Notre correspondant de Berlin téléphone jeudi matin
à' propos Uo -bet incident • -.=,A
La presse allemande commente assez vivement
la déclaration de M. Tardieu.̃
Il s'agit, écrit le Berliner Tageblatt, d'un empiéte-
ment.qu'il faut repousser de toute notre énergie sur
les affaires intérieures de l'Allemagne. S'il se confir-
mait que M. Tardieu a voulu suivre une tactique d'in-
timidation, il ne réussirait, dans ce cas, qu'à ranger
la majorité du peuple allemand d'une. façon plus fort»
que jamais derrière le gouvernement actuel.
SI..André Tardieu. dont la majorité paiiemenlaira
/lors des récents débats s'est révélée à peine supé-
rieure à la majorité.. d,u cabinet Mûllcr, semble douter
de la capacité de négociation de la délégation alle-
mande et le président du conseil français, aurait in-
sisté sur l'opposition que le gouvernement allemand
trouve dans son propre pays dans les milieux réaction-
naires et il aurait exprimé cette opinion que la délé-
gation allemande n'a pas en soi la .confiance néces-
saire. Pour qui a approché, -ces temps derniers, les mi-
nistres allemands qui, à la Haye, représentent, nos inté-
rOts, ces reprochées du ministre français sont incom-
préhensibles dans la mesure où, dès maintenant, on peut
voir. la situation. M. Tardieu entend, en exprimant ce
doute sur la capacité de négociation du ministre des
affaires étrangères du Reich et de son collègue, justi-
fier des exigences éventuelles1 sur des mesures de ».é-
curité à l'égard de l'application du plan Young, me.
sures do sécurité qu'il n'exigerait pas d'une déléga-
tion investie de la confiance du peuple allemand tout
entier.
Dans une dépêche postérieure à cet article, le
correspondant du, Berliner Taqeblàti à la Haye
dit
On a. l'impression que l'atmosphère. coinmence &
s'écl.alrcir" de. nouveau. ,gn -lotit cas, il serait' préma-
turé do. jarier' aujourd'hui d'une crise dans le sens
propre du, mot.
J'entends dire que la note française Ji propos des
sanctions a été remise mercredi matin à. M. Curtlus.
Juequà présent on 'observe sur le contenu de cetta
note le silence le plus absolu. Cependant, nous croyons
savoir que la délégation française propose eue dans
les cas critiques on soumette les litiges à un arbitrage
international. Le mot ne serait, pas prononce .dans la
note. ̃.̃••̃ • ̃ • •.<̃-•
J'apprends également que la réponse du. président
de la- Reichsbank aux questions qui-lui avaient été po-
sées par la delégation à l'occasion des débats- a.u -comité
Young' sur la date des payements est arrivée, ici. Cette
réponse est courte et se réfère simplement aux précé-
dentes. déclarations du président de la Reicnsbank. Il
annonce,, en outre, qu'il n'a pas l'intention de se rendre
à la Haye avant la réunion du comité d'organisation do
la Banque des règlements internationaux.
La Gazette de Voss écrit •
La conférence de la Haye s'est trouvée retardée parce
que M. Tardieu voulait remporter un succès .parle-
mentaire en expédiant son budget avant le 1" janvier.
Il en est résulté des difficultés pour le gouvernement
allemand. La vérité est que la majorité du Heiehstag
est tout aussi favorable que celle de la Chambre fran-
çaise à un plan Young qui ne sera pas détérioré., fe'il
fallait se demander lequel des deux gouvernements
est le plus sûr de son Parlement, dans les questions de
politique extérieure, 'la comparaison ne serait pas pré-
cisément favorable à1 M. Tardieu.
De la Germania (centre)
Il faut se demander si M. Tardieu n'a pas provoqué
cet incident avec l'intention de donner un avertisse-
ment à la conférence. Si la délégation allemande se
laissait intimider par cela et ne se défendait que" plus
prudemment, au lieu de passer à l'offensive, il se'-aib
superflu de négocier sur des questions dont la solu-
tion aurait pu nous être dictée par voie diplomatique^
La direction énergique de la délégation allemande,
qu'on ne saurait contester à M. Curtius, nous permet
encore un dernier espoir de résistance.
Du Lokal-Anzeigcr (nationaliste)
M. Tardieu menace comme si MM. Curtius et Mol»
denhauer étaient des collégiens à. qui il peut admi-
nistrer une punition. On peut admettre qu'il n'aurait
pas pris ce ton si, dès le début de., la. conférence, la
presse gouvernementale allemande n'avait déclaré qu'o
tout allait pour le mieux, que tout était réglé d'.avanoe.
Cette attitude a pu faire croire à M. Tardieu qu'il suf-
firait d'une menace pour désarçonner les représen-,
̃ tants de l'Allemagne, entre autres M. Moldenhauer. On
ne s'expliquerait pas autrement l'insolence de son tan-
gage car M. Tardieu a toujours été un 'homme politique
réaliste sachant mesurer ses expressions.
De la Deutsche Allgemeine Zeitung (national
liste ) ̃̃•'
Lo point capital des déclarations de M. André Tar-
dieu est dans le dernier paragraphe où il disait que
la. France se verrait éventuellement obligée de s'écar-
ter des bases actuelles des négociations. Cela parait
comme un coup 'très dur pour la conférence dont on
ne .sait encore s'il pourra être paré ou quelles autres
conséquences il aura. La « conversation de presse- » où
cette déclaration a été publiée était tout agressive
contre la délégation allemande.En particulier, M., Tar-
dieu répétait à plusieurs reprises qu'il avait posé aux
Allemands la question de savoir, au nom de qui ils
pariaient. A propos du ministre des finances du Reich,
M. Moldenhauer. il disait, en propres termes « II. a
défendu son bifteck!» (en français dans le texte). <
Mais on ne sait pas de quelle autorité est revêtu ce
gouvernement. »
Le Vonv&rts, socialiste, incrimine., au con-i
traire, l'attitude de la presse bourgeoise alle-
mande (y compris les populistes et une partie des
démocrates).
Les créanciers de l'Allemagne, dit-il, sont arrivé-?' à
la Haye avec le sentiment que M. Schacht était l'em-1
pereur non couronné du Reich allemand. Ces jours-ci,
il s'est passé des choses qui n'ont pu' que confirme"
cette impression, 'par exemple le refus de M. Schaeht
de venir à là Haye avant le 12 janvier, bien que la délé-
gation allemande l'eût instamment prié de venir plus
tôt.
Il y a lieu de croire que M.' Parlicr Gilbert' -a fait
des déclarations très graves ou tout au 'moms -pessir-.
«listes à propos de l'opinion de M. Sehacîit sur ses in-
tentions vis-à-vis do la conférence.
L'opinion, fréquemment exprimée dans la pressa
bourgeoise allemande, que M. Schacht- serait un atout
à jouer au cours des négociations et que. les Fran-
çais et les Anglais auraient peur de lui,- est pliis que
naïve. La vérité, c'est qu'il leur est désagréable de
lutter avec un adversaire absent et invisible et qu'ils ne
considèrent pas les délégués allemands comme plei-
nement qualifiés; De plus en plus, oh pose la question:
Qui gouverne réellement en Allemagne? '1
De la Correspondance diplomatique:
On a l'impression que ce jour de repos, qu'a été mer-
credi, a, dans une certaine mesure, éclàirci les idées
des deux eûtes et préparé le terrain pour une com-
paraison nette des deux points ds. vue dans les qnes«
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jc'ÉiÈQUB PO 'S TA Z, Pari», Numéro 60
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-A-isrcrESTa Z3-3.scTStra.s
̃ A.ï3.-rien. jKÉBR»A.K.O (isév-isi^), •. • ̃•̃;
Eraile HÉBRABD (îais-ieàs) ;̃
Adrien. E3:E:BR,AR.D'(ia2s-ës9).
ÎDiivectexjk. IjOTTIS-MIIjEj
Toutes !es lettres destinées à la Rédaction doivent être aè'sssées au Birtetenr
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page a', -i.i. ;•
Nouvelles de l'Elro,n
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musées nationaux. Qwjsiioh-s' sociales.
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Les, Livres, /André Thérive.
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Paris, le 9, janvier
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BULLETÎijU JOUR
LES ALLEMANDS ET LA CONFÉR NCE DE LA HAYE
La journée de conversations particulières
hier, à la Haye, a- permis de préparer le terrain
aux délibérations des « six » qui reprendront
aujourd'hui et qui s'annoncent comme devant
être importantésjes. AHeman d s se f râf>osâ'rit d'à-
border la question âes~sâncti'cms éve»tueHes,«au _i
sujet de laquelle la presse d'outre-Rhin polémi-
que avec tant de vivacité depuis des semaines.
C'est maintenant qu'on va' pouvoir se rendre
compte du véritable esprit dans lequel les por-
te-parole du Reich entendent faire aboutir la
conférence et, assurer l'exécution du plan
Young.
Qu'il y ait encore à Berlin nombre de gens 1
prêts à saisir toutes les occasions de pêcher en
eau trouble et d'exploiter à là fois contre le ca-
binet Müller et contre le plan Young les fluc-
tuations inévitables dans une conférence
comme celle-ci,' personne ne l'ignore et c'est
bien là ce qui inquiète parfois l'opinion dans
les pays alliés et qui commande de prendre
toutes les précautions utiles pour l'avenir. Hier,
certains organes allemands ont essayé de
iirer parti, aux fins que l'on devine, des paroles
courtoises mais fermes prononcées mardi
après-midi par M. Tardieu en réponse à l'appel
de M. Moldenhauer à la confiance sans réserve.
C'est la répétition de la manœuvre que les
mêmes élérnents allemands tentèrent l'année
dernière à Genève, lorsque M. Briand, répon-
dant au chancelier Mûllcr, parla avec la fer-
meté que commandaient les circonstances. Or,
à ia Haye, il n'y eut d'incident d'aucune sorte.
Nous avons constaté hier à cette place que le
président du conseil français a tenu le langage
qui s'imposait sans qu'à aucun moment la'dis-,
cussion perdît le ton courtois et cordial qui
caractérise la controverse avec la délégation
allemande. II est insensé de prétendre -que- M.
ïardîeu ait yoiftttrf aire in j ure aux représen-
tants du Reicli, qu'il ait voulu mettre en doute
leur capacité personnelle de négocier.
L'incident n'existe donc que dans l'imagina-
tion des nationalistes allemands excités, qui
veulent trouver bon gré mal gré un prétexte
pour essayer de justifier leur double manœuvre
contre le cabinet Müller et contre la politique
d'entente. Si les versions des paroles de M. Tar-
dieu transmises par les correspondants des
journaux et des agences diffèrent par des
nuances de mots, toutes s'accordent sur le
fond et l'on ne peut se 'méprendre de bonne
foi sur la pensée du chef de la délégation fran-
çaise. Il n'y eut dans son intervention rien qui
fût de nature à froisser les délégués allemands,
lesquels, au surplus, n'estimèrent pas devoir
réagir, ce qu'ils n'eussent pas manqué de
faire s'ils s'étaient sentis atteints. Que M. Tar-
dieu, en présence, de la résistance des Alle-
mands aux précautions qui s'imposent pour as-
surer la loyale exécution du plan Young, ait
constaté que si l'on a pleine confiance dans
les représentants actuels du Reich, on ne peut
compter pourtant qu'ils seront toujours au pou-
voir à Berlin et que l'état d'esprit qui se révèle
au cours de la discussion est parfois troublant,
c'est tout naturel. Le communiqué publié par la
délégation française met les choses clairement
au point lorsqu'il dit qu' « en réalité, et comme
le prouve l'absence de tout incident au sein
même de la commission, M. Tardieu, précisant
les conditions de .confiance réciproque qui do-
minent les débats de la Haye, s'est borné à rap-
peler à ses collègues allemands les inconvé-
nients d'une discussion trop prolongée sur des
questions de détail».
L'intervention de M. Tardieu, qui a certaine-
ment été comprise par les ministres du Reich
comme elle devait l'être, puisqûlaucun d'eux n'a
cru devoir protester contre les termes employés
par le président du cojiseil français, n'a pas
troublé l'atmosphère de cordialité dans laquelle
se déroule la conférence et que le chef de la
délégation française a tant contribué, dès le
premier jour, à créer. Nous ne doutons pas, en
ce qui nous concerne, que cette cordialité se
maintiendra jusqu'au bout de négociations, qui,
au point où l'on en est, ne peuvent pas ne pas
aboutir. Un règlement comme celui qu'il s'agit
de mettre au point exige la plus grande con-
fiance, et si celle-ci n'est pas encore telle
aujourd'hui qu'on puisse négliger de pren-
dre les plus élémentaires précautions con-
tre les surprises possibles, la faute en
est aux Allemands, à ces menées natio-
iialistes qui empoisonnent l'atmosphère de l'au-
tre côté du Rhin et à la manœuvre personnelle
de M. Schacht, laquelle a créé une situation
particulièrement délicate: et difficile pour la
délégation qui doit parler et agir à la Haye au
nom d'une Allemagne dont le gouvernement
est affaibli par la pression qu'exerce dans, la
coulisse le président de la Reichsbank,que d'au-
cuns appellent « l'empereur non couronné du
Reich ». Les récriminations de la presse natio-
naliste contre là situation à la Haye, où l'Alle-
magne apparaît .eonxpl.ètement isolée, ont sur-
tout, pour effet de souligner les fautes commi-
ses au cours de ces derniers mois par la cam-
pagne réaction naare contre le plan Young. Cette
campagne, inspirée par des préoccupations
dû politique intérieure et dirigée contre le ca-
binet de coalition présidé par M. Mûller, a
é*branlé\ dans le monde entier la confiance dans
la sincérité de la volonté de paix du peuple
allemand, encore que l'on sache que ce peuple
a besoin plus que tout autre de l'ordre et de
lit paix. Comment s'étonner dès lors que des
créanciers du Rcich -veuillent prendre touies
ips précautions nécessaires pour que l'expé-
rience du plan Young ne s'achève pas un jour
pn aventure et en duperie?
Nous allons voir l'attitude qu'adopteront offi-
ciellement les Allemands en ce qui concerne
la question des sanctions en cas de carence du
Reich. C'est la presse d"outre-Rhin qui a sou-
levé cette question avec une àpreté singulière
et qui a,pour ainsi dire.obligé le gouvernement
à la poser dans des conditions telles que l'adop-
tion du plan Youne impliquerait la suppres-
sion pure et simple de l'article 430 du traité de
Versailles. La France n'est certainement pas
seule à rie pouvoir admettre une telle thèse, car
toutes les 'puissances aîiiégs oi'éancières du
̃ lleiçh sont; 'hautemenV intéressées 'à ce que les,1
.droits qu'elles tiennent éù traite de paix sub-
:~s~cnt,sac%. comc.stJ.t,¡i;111 .possible. Si le. plan
Young est exécuté de bonne foi par l'Allc-
mague. la>questtdiv dès 'sanctions- éventuelles
:ne, -se posePâ \pQs-; niai» »si."à; un moment donné,
;le Reich' refusait 'de remplir ses -obligations et
que, de ce fait même; le pian Yourig.se trouvât
'anéanti, il" cet bien évident qu'on en revien-
dra'ji; à la situation pVévue par le traite de paix
et que l'art'ieic 430 reprendrait foute sa valeur.
Que l'on veuille* ménager dans la mesure
du possible l'amour-propre allemand que
l'on veuille assurer à T Allemagne toutes les
garanties désirables que les sanctions ne
joueront qu'à bon escient, dans des cas nette-
'ment définis et après une procédure de cons-
tatation de la nature de la carence dont per-
sonne ne pourra' contester l'autorité, on peut
le comprendre; mais quant au principe même
des sanctions si' l'Allemagne refuse de s'exé-
cuter, il ne saurait être abandonné.
Le tout est de trouver une formule accep-
table pour les' parties en cause. La note
remise hier par là délégation française expose
notre point de vue, pleinement approuvé par
les délégations .des pays alliés, et notam-
ment par M. Siunyden. On 'aurait peine à
comprendre que lè£ Allemands puissent refu-
ser d'admettre le principe des sanctions alors
que celles-éi ne pourront jouer en fait qu'après
qu'une violation manifeste du plan Young par
le Reich aura été formellement constatée par
une décision arbitrale. Il 'n'est vraiment lias
possible d'aller plus loin dans la voie de la
conciliation, surtout étant donné .qu'il dépend,
de l'Allemagne seule, .de sa bonne yo-lonté et,
de sabonne foi, que la question des sanctions
ne puisse jamais se poser.
DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES
Londres, 9 janvier.
Quatre officiers aviateurs ont trouvé la mort
dans une collision d'aéroplanes qui s'est produite
mercredi à Abou-el-Suer, en Egypte.
Le Caire, 9 janvier.
Une mosquée du quartier de Babelsharia s'est
effondrée. Deux femmes et un homme qui pas-
saient dans la rue ont été tués. Il y a eu six bles-
sés.. '̃.̃̃ '̃ ̃ ̃̃-
sé. Tirana, 9 janvier.
Le baron de. Vaux, ministre de France en Alba-
nie a présente hier au roi ses lettres de rappel.
Le ministre des. affaires' étrangères albanais a
donné un dîner en-son honneur.
Fort-de-France, 9 janvier.
Depuis dimanche des éruptions successives se
sont' produites au mont Pelé. Les cendres sont pro-
jetées jusqu'au nord-est et au sud de l'île et sont
accompagnées d'éclairs. La montagne est tou-
jours couverte à certains moments. L'activité con-
tinue. ,;̃> .••̃-
LES RtFOR!BES_PARLEI!flENTAIRES
•Nous avons, dans deux articles récents,
.commenté diverses propositions de modifica-
tions au règlement de là-Chamibre des. dépu-
tés. Les;unes' coRcetilent' les rectifications de
votes.; Elles ont notamment pour obj.et de pa-
rer à ce procédé inélégant, et qui prendrait
aisément tournure de scandale, qui consiste à
voter dans un sens au moment du scrutin et
dans un autre le lendemain par insertion au
Journal officiel. Il n'y a pas deux opinions.
successives et contradictoires, l'une tournée
vers le ministère, l'autre vers les électeurs. Il
y a un minimum de fidélité à ses convictions
que l'on doit observer. Les propositions qui
ont pour but de mettre fin à ces marchan-
dages, à ces capitulations de conscience sont
donc pertinentes..
D'autres, ont trait au scrutin public à la tri-
bulie. Celle de M. Coty, député de la Seine-
Inférieure, nous a paru tout à fait opérante.
II. y a, dans un tout autre ordre d'idées, une
proposition fort intéressante, déposée par un
des doyens de la vie parlementaire qui joint à
un esprit avisé une grande expérience des
choses de la politique, par M. Georges Bonne-
fous, député de Seine-et-Oise. La proposition
de l'ancien ministre du commerce vise le bud-
get, et plus spécialement la loi de finances.
Dans l'exposé des motifs, M. Bonnefous fait
valoir que les lois organiques ne sauraient 1
êire modifiées, ne devraient pas être modifiées
par la loi budgétaire, ni en matière de dé-
penses ni en matière de. crédits. Seules,, dit
excellemment l'auteur de la proposition, « des
lois nouvelles, étudiées en elles-mêmes et non
sous l'angle d'une discussion de crédits » doi-
vent modifier des lois organiques.
La loi de finances est devenue une sorte de
capharnaüm où s'enlasseni les textes les plus
hétéroclites. Son objet essentiel, exclusif et
limité disparaît sous l'amas de dispositions
multiples et. parasitaires. Les administrations
publiques, qui glissent dans la loi dé finances
des textes qui n'on,t pas un rapport direct avec
elle, lie. sont -pas entièrement responsables de
cette fâcheuse procédure. Elles mesurent les
délais souvent interminables qui s'écoulent
entre le dépôt d'une proposition de loi éma-
nant de l'initiative parlementaire, ou même
d'un projet de loi émanant de l'initiative gour
vernementale, et son vote définitif. Il faut
compter, non pas seulement par mois, mais
par années. Au contraire, la loi de finances
doit être promulguée chaque aiinée. Y insérer
un texte que l'administration tient pour urgent
ou pour nécessaire, c'est, à ses yeux, le moyen
le plus expéditif d'en obtenir le vote.
Seulement, les lois de finances finissent par
traiter de toutes choses et de quelques autres
encore de ornni re et quibusdani aliis. C'est
un fatras dans lequel les augures seuls, et en-
core, peuvent se retrouver. Quel est le Jusfi-
nienqui codifiera tous ces textes épars? La
ioi de finances de 1930 n'a pas moins de
170 articles. Tel article concerne l'effectif total
des officiers de l'armée active des difi'é-,
rents corps de la marine et de l'air,, tou-
chant ainsi au statut militaire de l'armée. Tel
autre vise l'assistance aux vieillards, infirmes
et incurables, modifiant ainsi la loi du 14 juil-
let 1905. On se souvient du bruit fait autour
des articles 70 et "îi d'une loi' de finances ré-
cente concernant certaines congrégations re-
ligieuses. que l~artlivif, 86
"M. Bonnefous'ivropoâeidônc que ̃ l'article 8G
du règlement de là Chamtore"– qui vise lasup-
pression ou la réduction d'une recette ou la
création d'une dépense nouvelle ou enfin une
augmentation de dépenses soit complété
par la disposition suivante « Tout amende-
ment ou toute proposition tendant' à suppri-
mer ou à modifier, par voie 'budgétaire, les
dispositions ou articles d'une loi organique en,
vigueur est irrecevable. » Proposition des plus
raisonnables, qui peut mettre une digue au
flot croissant des textes qui n'ont rien à voir
avec le budget.
Ces textes parasitaires ont un triple inconvé-
nient. Ils encombrent la discussion et la loi
budgétaire, la première déjà assez longue, la
seconde déjà assez touffue, pour qu'il ne soit
pas expédient d'y .ajouter ce qui ne doit pas
y trouver place. Une modification à des lois
organiques doit faire l'objet d'un débat spé-
cial, d'un débat préparé, plutôt que d'une de
ces discussions hâtives et incomplètes, comme
la discussion budgétaire y prête trop souvent.
Enfin la clarté de la législation y gagnera. On
ne séz~a pas de t4 ç e' dans la çom-.
ne §er_a pas obligé de rgehercher dans la corn-.
pilatiou des lois de finances des textes qûi:'ont
trait fi tout autro choso qu'à des dispositions
fluariGiiî'es. '«
I
t E' ? ·- ~nnprET
~ï~n t~~nUUKL&
L/emotion causée 'par le sort tiqui-eux du ly-
cée Condorcet nous fait un, devoir de revenir
sur- ce sujet. îs le bâtonnier Chenu-, kjui fut
président de l'Association des aucieas élèyes,
ni M. Déborde de Montcorin, qui lui succède,
ni l'Union des anciens élèves des lycées et
collèges, ni l'Amicale des professeurs- -n'ont
tort de s'émouvoir. Et si, renseignements- pui-
sés à bonne source,.on reprend le mot favori
du maréchal Foch « De quoi s'agit-il? », il y
a lieu de craindre, en effet, qu'il ne s'agisse
clo bâtir avenue de Glichy un lycée dont le be-
soin n'est pas pressant, au péril de laisser lom-
ber, -dans' le double sens du mot, le vieux lycc«
de la rue du Havre, que sa gloire suffirait à
défendre, même sans- la considération de son
indiscutable utilité. Pour lui aussi, à eette
heure, lo bë or not to bc, voilà la question.-
Elle ne date pas d'hier; et ce qui justement-
effraie les intéressés, c'est qu'elle ne souffre
plus de tergiversation. Les ruines d'un visage,
quoi qu'en dise le Bonhomme^ se peuvent long-
temps réparer, mais non celles d'une maison
de, celte importance. Depuis quelque dix, an-
nées, les ministres de l'instruction publique
sont saisis de celle affaire. Même sous le car-
tel, M. Lamoureux visitait les lieux depuis les
caves jusqu'aux combles. A ce moment,- Cori-
dorçet pensa occuper, en même ,temps .que le.-
Cercle mililai.re, le,, .terrain. sur lequel sî^len-
da'H la "caserne Ûe la Pépinière..Mais les pour-
parïei1S:'èn:tre":îes ministères, .intéressés furent
si difilciles -.et traînèrent en unie longueur si
regrettable que les Armées de terre et de mer
ont faussé compagnie à. l'Université, et qu'à
la place Làborde on ne voit pas de lycée, mais
que sur la- place Saint-Augustin on aperçoit,
souVla protection des panoplies, un bar amé-
ricain et une boutique de frivolités.
Il faut convenir que le Conseil municipal,
qui veut construire, de compte à demi avec
l'Etat, un lycée- nouveau sur- son terrain des
Epiriettes, n'oublie pas pourtant le quartier de
Saint-Lazare. Certes, entrant en possession du
lycée Condorcet inutilisé, il y trouvera, au dé-
faut de murs d'argent, un emplacement en or.
Mais il s'occupe de le faire renaître, et il n'en
méconnaît pas la nécessité. Dans sa séance
du 13 juillet 1028, il précisait les bases d'une
convention avec l'Etat on y trouve bien l'édi-
fication a frais communs, d'un lycée situé .au
bout de l'avenue de Clichy; mais il ajoutait
un article 2 ainsi conçu « Aménagement aux
frais exclusifs de l'Etat, sur le terrain de la
Pépinière, de 37 classes permettant de satis-
faire à tous les besoins de scolarité actuelle-
ment assurés par l'édifice" de la rue du Havre.»
De plus, sur l'insistance d'un certain nombre
de conseillers, il proposait de réserver le nom
do Condorcet à l'établissement que devait
aménager l'Etat, sous réserve de trouver un
nom nouveau pour celui des Epinettes. V.
Que répond le ministre de l'instruction pu-
blique, par une lettre en date du .M novem-
bue- • dÔ26? Il raaintifiwt son avùs favorabfe à
là reconstruction de compte à demi ayenue'de
Cïîchy, Mais1 il estime préférable de laisser en
dehors de la convention, l'article 2. Et la rai-
son qu'il en donne, c'est qu'il y aura lieu de
négocier, pour la Pépinière, avec les départe-
ments des finances et de la guerre, et qu'il
ne serait ni opportun ni courtois de sembler
leur dicter par avance leur décision ». De la
sorte, il oublie seulement d'ajouter que, de-
puis près de dix ans, la courtoisie ni l'oppor-
tunité n'ont avancé la question d'un pas. Qu'il
se, déclare, après cela, personnellement acquis
à cette mesure, les usagers, déjà plusieurs
fois déçus, sont fondés à y voir une chance
favorable, mais transitoire, et à lui préférer
nn engagement. Surtout s'ils considèrent que,
quelques jours à peine après que le Conseil
était saisi du mémoire, 'préfectoral contenant
ces renseignements et d un projet de conven-
tion concernant le seul lycée des Epineltes,
ils ont pu lire, le 29 décembre 1929, dans Paris-
Soir, une interview de la direction de l'en-
seignement secondaire, publiée sous le titre
« Quand le lycée Condorcet sera avenue de
Clichy. » Dans ces conditions, le véritable
Condorcet, dépossédé même de son nom par
son frère à venir, court un grand risque de
disparaître par prétérition, si l'article 2 ne de-
vient pas l'article premier.
Le Conseil municipal ne saurait être pris
sur le temps, puisqu'il en doit encore délibé-
rer et les usagers ne viendront pas trop tard
aussi pour lui rappeler instamment leurs ap-
préhensions. Les contribuables mêmes pour-
raient, de surcroît, se joindre à eux. Pendant
que les ministères usent de remise, la condi-
tion du vieux lycée s'aggrave; et pour. les seu-
les années 1928 et 1929 il a fallu dépenser,
tant en réparations, travaux de péril, réfec-
tions et installations demain inutiles, près de
trois cent cinquante mille francs; et la séance
continue. Il en coûte toujours, en effet, de
contrarier l'évidence. Or, il est évident qu'avant
de construire pour l'avenir un lycée paradi-
siaque aux fortifications, il importe d'en con-
server un nécessaire proche l'Opéra,, et que
les habitants du centre ont un plus urgent in-
térêt à disposer d'un Condorcet près de la
gare Saint-Lazare qu'aux Epinettes.
Salaires et traitements
L'année 1929 notons-le sans déplaisir a
été dans son ensemble une année de stabilité
sociale. Sans doute, de-ci de-là des grèves ont
éclaté, assez nombreuses; mais les conflits que
l'on a eu. à enregistrer sont toujours restés
localisés et n'ont jamais intéressé qu'un nom-
bre médiocre d'ouvriers.
Ce n'est pas que les fauteurs professionnels
de désordre, les communistes eh particulier,
n'aient tenté à plusieurs reprises de sérieux
efforts pour troubler l'ordre industriel. Mouve-
ments d'ensemble, conflits partiels, les agents
de Moscou ont tout .mis en œuvre' pour tenir en'
haleine lés massés ouvrières soi-disant révo-
lutionnaires. Leur persévérance n'a enregistré
que des échecs.
Les tentatives demobiUsatioij. générale du
1" mai et du 1" août ont servi surtout à mettre
en valeur l'énergie prévoyante du ministre, de
l'intérieur, qui était déjà M. Tardieu. Quant
aux combats locaux engagés par les syndicats
unitaires dans les mines du centre et du midi,
à Haliuin, à- Roanne, dans les ports, à Guise
même, au Familistère, où les militants com-
munistes réussirent à dresser une partie des
ouvriers contre leurs frères de classe, ils ont,
en règle générale, démontré seulement l'im-
puissance des agitateurs à galvaniser la masse
des travailleurs, qui paraît lasse de conflits sté-
riles et, sans objet.
Sans objet, disons-nous. Et, en effet, la classe
ouvrière française ignore d'abord complète-
ment la grande souffrance du chômage qui
anémie et démoralise les foules anglaise, allé-
mande et russe. D'autre part, la condition ma-
térielle du salarié français s'améliore réguliè-
rement et rapidement dans l'ordre et dans la
paix
On ne saurait trop insister à cet égard sur
les progrès remarquables accomplis, en Fraoçg
au cours des' deux dernières années,
Depuis que la "monnaie française a été. gta-
bilisée,1 on 'enregistre chez nous une hausse-
continus et considérable dê'-3 éaîâ!ises'!la?ii.-> ̃.rséuiiàje du pays.
E!n '1928, la. hausse, u>jwès,.lie.sï.euqu.êtes faites
chaque ;aimS£ au ̃.iïiqisjil.?&;tol)çe p^'Ieg ser-
vices de la statistique générale, avait été. en
moyenne, de 5 0/0 pour les hommes et de 8 0/0
pouf les femmes. Nous: ne possédons encore,
aucune donnée précise, sur le mouvement gé-
néral des salaires en. -1929; Mais il est tout; 'à'
fait' vraisemblable .que la- montée a. été plus
forte que l'aimée précédente. •,
Considérons quelques grandes corporations.
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, le salaire •!
minimum de l'ouvrier ,mineur a été augmenté
de près de 14 0/0. Dans les autres bassins,
l'augmentation a été du même ordre.
Eti mai dernier, à' la suite d'un accord inter-
venu entre le comité des armateurs et la fédé-
ration des syndicats maritimes, -les soldes des
marins ont été élcvées-en moyenne de 600
francs par an;'
Quant aux cheminots,' le- chiffre" de leur sa-
laire minimum a été porté de 7,220 francs, eu
janvier 1929 a' 7,600 au lor juiljet-et à 8,100 à
partir du 1" janvier dernier, soit une augmen-
tation de 12 6/0 au total.
Comme on peut bien penser, le Parlement
n'a pas voulu rester en arrière dans cette course
aux majorations. Avant de se séparer, en dé-
cembre dernier, il a tenu a voter de nouveaux
crédits pour augmenter les traitements des
fonctionnaires. L'échelle des traitements com-
prise entre 8;000 et 100,000 francs, a été dépla-
cée, et ses échelons extrêmes sont devenus
8,500 efll0#00, l'augmentation prenant date
du 1" ,}uillet";i929. Coût 687 'millions de francs.
Et ce n'est pas tout. Car il est prévu d'ores et
c'^yà que dans la prochaine loi de finances iJ
sera procédé à la revision des traitements et
des soldes dans les limites 9,000-125,000. A q.ugl
moment commencera l'augmentation annon- '«
cée ? On ne le dit pas encore. Mais trop d'indi-
ces permettent de penser que la date choisie
ne sera pas celle que M. Chéron, très prudem-
ment, eût souhaitée, celle du 1" avril 1931.
Dans l'ensemble, on peut affirmer que la
hausse des traitements et salaires dépasse cer-
tainement le coefficient 6 par rapport à 1914.
Beaucoup de petits fonctionnaires et d'ouvriers
bénéficient même de coefficients sensiblement t
plus élevés; très nettement supérieurs aux coef-
ficients, qui mesurent la hausse du coût de la
vie:
L'indice établi par la commission du coût de
la vie de la région parisienne n'était par exem-
ple que de 555 pour le troisième trimestre de
l'an passé.
Telle est la situation.. Elle mérite d'être si-
gnalée. Certes ni la nation, ni les industries ne
doivent lésiner sur les salaires de leurs colla-
boi'ateurs. Mais il n'est que juste de reconnaî-
tre que, depuis la stabilisation monétaire, la
classe des salariés est peut-être celle qui a été
la plus favorisée, celle pour laquelle il a été
le plus fait pour réparer lès pertes dues à la
guerre et à l'inflation.
'̃Le. calme 'dans lequel elle vit à l'heure ac-
iuëllè n'a donc rien qui doive surprendre. Ce
serait* cependant une illusion de croire que la
hausse constatée au cours des derniers mois
:pùîsse- continuer' tongtèmps suivant le même
r^tiisne. L'activité ̃: écoîïomique ne saurait "sup-
porter indéfiniment des charges croissantes.
Déjà certaines industries, et en particulier celle
des transports par voie ferrée, ploient sous un
•fardeau de" salaires et d'impôts qui s'avère
iécrasant.
Les charges de la main-d'œuvre, sous quel-
que forme qu'elles se présentent, ne peuvent
être accrues c'est là une loi inévitable
•que. dans la mesure même où s'accroissent la
capacité et da volonté de production de cette
main-d'œuvre. Aux nations qui l'oublient les
faits se chargent bien vite d'en apporter la dé-
monstration sous les espèces de la crise écono-
mique et du chômage.
Pensons-y il est temps encore à la
veille de l'échéance marquée pour la mise en
vigueur des assurances sociales.
LE RIDEAU TOMBÉ
LTn très grand comédien a dit adieu, l'autre soir,
à son public ordinaire et h son illustre Théâtre. Il
s'est incliné, pour la dernière fois, devant la salle
rouge et or d'où lui sont venus, depuis -plus d'un
demi-siècle, tant de bravos et d'acclamations. Les
bras les mains claquantes faisaient» ressem-
bler l'orchestre à un champ d'avoines remué par
le -Y.ent.' Il a vu, pour la dernière fois, à ses pieds,
&ph ami lo souffleur, qui: essuyait une larme. L'en-
vbt5 du rideau a brusquement passé devant ses
yè,ux. C'était fini. Les spectateurs sont, rentres chez
eifîj:, « les uns avec leur femme et les autres tout
seuls », comme dit la chanson. Rien ne changeait
dans leur vie. Mais le grand .comédien devait sen-
tir,, qu'une .catastrophe s'était produite, et. s'ima-
giner qu'il tombait dans un trou noir et que c'était
lui Malbrough, qu'on venait de porter en terre.
Jii la retraite de l'homme politique, ni! celle du
fonctionnaire, ni celle du soldat n'ont la brutalité
et) la tristesse de la retraite des comédiens. Le
temps qu'un carré de toile glisse en chuintant
entre le public et eux, et les voici passés de la
lumière à l'ombre, de l'excitation à l'ataraxie, et
de l'action au souvenir. C'est une épreuve si af-
freuse que bien peu ont -la force d'âme de s'y
résigner. Ils trichent. Ils promettent, ils se pror
mettent/ de revenir. Us annoncent des projets. Ils
gardent au fond du cœur l'espoir qu'on les rap-
pellera. Ils essayent du professorat, ce cautère.
Mais rien ne peut les consoler de la rupture.
Il est assez remarquable que nous ne possédions
aucun document psychologique sérieux sur la
vieillesse des grands artistes. Les romanciers ont
bien tracé quelques silhouettes. Mais un Delobelle,
un Brichanteau, ou même ce délicieux Saint-Guil-
laume qui joua devant un parterre de rois, à Li-
bourne, sont des manques, et des illuminés. Quel-
qites vrais comédiens, Got par exemple, ont écrit
leurs mémoires. Ce sont des souvenirs de jeu-
neêse et d'activité, précieux pour l'histoire du
théâtre, insignifiants pour l'étude de l'âme hu-
maine. On voudrait posséder les confessions d'un
vieil artiste fanalyse « prpustienne » do son mé-
canisme mental, de sa mélancolie, de ses regrets.
;Ikn,pus semble que ce serait passionnant.
**Songezique dès i'instant où il quitte le théâtre,
le comédien se trouve et cela est fort nouveau
pour lui en face de soi-même, et de soi tout
seul. Il s'est jusque-là efforcé d'être « d'autres- »,
àusli exactement qu'il le pouvait Il était d'autant
plus 'grand qu'il s'oubliait mieux lui-même qu'il
fénssi'ssait être davantage étranger à lui-même.
MoîïBel,' en ses minutes supérieure;, 'devenait
l'incestueux Œdipe ou le parricide Oreste, et, dans
Othello, son hallucination était telle que Desdé-
m-one -sentait le 'souffle lui, manquer sous l'oreil-
ler. Le merveilleux comédien qui vient de se
retirer a cru jongler avec les millions de Lechat
il, a pleuré les pleurs do Poliche. Cet autre, que les
hivernants croisent, à Nice, sur ia Promenade des
Anglais, et dont un petit nombre seulement recon-
naissent les étincelants yeux gris, la bouche lier-
métique et le profil, plus sévère et plus majes-
tueux qu'il n'a jamais été, a aimé Henriette, Cé-
cilé, Camille, Roxane et Dona Sol. Il a agité les
boucles de Clitandre, piaffé sous la redingote du
marquis de Presles, et fait courbette sous la sou-
tane de l'abbé Daniel. Les voici maintenant en pré-
sence d'un compagnon qu'ils connaissent à peine.
G!est leur moi. Ils ont sondé le caractère d'Air
ces te. Ils ont oublié d'étudier le leur. Ils ont beau-
coup observé autour d'eux fort peu en eux.' Ils
iissonipas habitués à rMro?pecti'on, mate plutôt,
si l'on 'ose '.dire, à •êxiirospsction. Hier -m&HipIeâr,]
ils deviennent soudain des «.uniques, «. Ce'a se
peut-il ?̃' 0a.viw-ster4p4.i6 -clés .a^îalgarps.d^ige. j
sonnages? On ne sait pas. j
IJis ont .la-.meraoi.ro, g-las^isyciis,, mmys «auriie
de- Nobles ivers, et) de; vers mûdi.o&res, de bft-lïès- s,W-
tences et de platitudes, qu'aucun, xl'enti'jî' j do.ijs,
Comment -tous ces. souv£nirsi,se .hiérarchise.nt-ilà,
dans leur cerveau ? En fonction de.la'beaùté litté-
raite, ou en fonction des succès remportés ? N'ern.-
ploient-ils pas plusieurs heures de; la, journée '.à
repenser Molière. et Musset, à. y .découvrir, un peu
tard, des nuances nouvelles e,Là, raffiner des into'-
iiatïoiis ? Que ce doit être tentant de. lateaer mot-
lerrient couler sa pensée le long de testes connus!
Le doyen des chanteurs français a dans sa tête
toute une bibliothèque musicale,. Il sait les cou-
plets qu'on chantait après la guerre de 1870,
l'Oiseau qui vient de France, et 1. Maître d'école
alsacien. lissait, ceux:, de la dernière guerre, hi,
Madelon et le Noël des enfants qui n'ont plus de'
maison, de Debussy.'Et deux cents rôle.s. Quand'
il sa promène,, toujours gaillard, .le col levé jus-
qu'aux oreilles, il se donne de petits concerts,, et
compte du bout de sa .caimq les vi'çtimes de don'
JUan. Ainsi, M. Le Bargy, devant; ia baie des An-
ges, se récile-l-il sans doute le Rat de ville et le
rat des cltiamps, que personne, jamais, n'a dit
comme lui. Le- crâne des vieux comédiens doit
être plein dé voix enîre-croisées, pareW à une forêt
m'agiquo où ne cessent jamais' les. chuchotements,
lès pépiements. Coia.doit être' bien curieux
Et tant d'autres choses! Ils ont yirpl'us de jolis
visages que nous, et de plus près! ,'lls' ont,' plus
longtemps que nous, parlé d'amour et cru aimer.
Quand ils enseignent, ils sont, jusqu'à;leur dernier
jour, environnés de' -jeunesse, et, pareils au vieil-'
lard Arkel, ifs..peuvent, 'on touchant,' de leurs lè-
vies la joué d'uiie ̃fe'mnic; croire encore a ladbu'
cour de la vie. Et puis. et puis. Ce doivent être
des- àrnes singulières, très riches, en surface- et
peut-être pas très profondes? Mais ces hypothèses
ne,servenl guère; elles amusent à peine; elles ris-
quent d'être injustes et injurieuses. Il y a un beau
livre à; écrire, sur ce sujet. Mais un comédien seul
peut l'écrire. R. K.
«.
LE RÈGLEMENT DE LA PAIX
Conférence de la Haye
(Par téléphone, de notre envoyé spécial)
La Haye, 9 janvier..
Les comités d'experts auxquels les puissances
intéressées aux réparations allemandes avai'ent
renvoyé pour examen divers articles du projet
de protocula final de la conférence, au sujet des-
quels, en première lecture, un accord ne -s'était
pas réalisé entre les Etats créanciers et l'Alle-
magne, ont siégé hier, matin et soir. Il ne sem-
ble pas que dans l'ensemble leur discussion ai!t
permis de réaliser de grands progrès. En particu-
lier MM. Kastl et Melcliior'ont, au sujet des dates
des payements mensuels à effectuer par l'Alle-
magne à la Banque des règlements- internationaux,
maintenu, au nom du Reich, l'opposition de celui!-
ci à l'adoption de la date du 15. lis oiit bien re-
connu que, dans les tableaux établis par le comité
Youhg, "la date Moyenne -du '1*' octobre tes an-
nuités courant' du 1er avfil au 3.1 mars -avait
étô: Choisie, ce qui impliquait des versements le
15 de chaque mois mais ils ont assuré que ce
choix du 1" octobre n'avait qu'une valeur d'hy-
pothèse sans correspondre à une décision .même
de principe. Ils ont ajouté que, pour tous les
payements commerciaux et le plan Young était
un règlement commercial l'usage était de s'ac-
quitter à terme échu. Les experts alliés ont ré-
pondu que l'usage n'était pas aussi général que
M. Kastl et Melchior voulaient le dire et que, par
exemple, la Grande-Bretagne, pour sa dette exté-
rieure, procédait le 15 de chaque mois à ses ver-
sements aux Etats-Unis et que c'était de même le
15 que s'effectuait le service de l'emprunt Dawes.
Sans qu'un accord ait ainsi' pu intervenir, M. Kastl
a quitté, dès hier soir, la Haye où il reviendra ce-
pendant dans quelques jours.
Les résultats des délibérations d'experts seront
communiqués ce matin aux différents gouverne-
ments, à midi, au vetour de M. Jaspar qui a passé
la journée d'hier à Bruxelles, dans,une séance de
la commission des réparations allemandes qui
commencera l'étude en seconde lecture du projet
de protocole final. Mais, si laborieuse que soit la
mise au point de ce protocole, tes divergences de
vues portent en réalité sur des points qui sont!,
sauf un, celui' du moratorium d'importance
secondaire. Les seule? questions de valeur qui se
posent, savoir celle de la liaison à établir entre le
fonctionnement diT plan Young et l'existence de
1 article 430 du traité de Versailles (ce que la
presse allemande appelle,le problème des « sanc-
tions »), celle' de là commercialisation effective de
I. dette allemande, et.cn.f\n la « question Schacht »
n'ont pas encore fait l'objet d'un examen officiel.
En ce qui concerne les sanctions, l'exposé très
général des vues françaises, approuvé par le gou-
vernement britannique ainsi que s'en est assuré
hier M. Tardieu au cours de son nouvel entretien
avec M. Snowden a été remis à la délégation al-
lemande. Il comporte, nous l'avons dit, une sus-
pension de facto dé l'article 430 à moins qu'une
décision arbitrale ne proclame que l'Allemagne
transgressa le plan Young. Interrogé sur, ses im-
pressions à la lecture de cet exposé, M. Curtius a
déclaré hier soir qu'il « éprouvait) quelque souci
au sujet de la possibilité d'arriver à un accord à
cet égard. »
Sur la commercialisation de, la dette allemande,
commercialisation à laquelle le Reich pourrait
être intéressé, des conversations sont en cours.
Quant à M. Schacht il assistera, on le sait, lundi
prochain, 13 janvier, à la 'séance que présidera
M. Reynolds, membre américain du comité d'or-
ganisation de la Banque des règlements interna-
tïonaux. En principe, les questions techniques .se-
condaires seront seules soumises à l'examen de ce
comité. En particulier aucun débat n'est prévu en
ce qui concerne l'installation de la Banque à Bâle,
la Belgique ayant renoncé à toute opposition à cet
égard. Mais on ne peut écarter l'hypothèse que le
président de la Reichsbank ne veuille entrepren-
dre lundi contre ce. qu'il appelle « les lalsifica-
tibris au pian Young », c'est-à-dire les accords de
la Haye du mois d'août» dernier, une offensive ana-
loguc à cello que marqua la publication le 6. dé-
cembre dernier, do. son: mémorandum. en. six.poihls,
En ce cas, et l'union des puissances créancières
étant absolue, il appartiendrait à la délégation et
au gouvernement allemand d'imposer leur volonté
̃ au président de la Reiehsbank.
Dans le domaine des réparations orientales, les
conversations ont continué et très sensiblement
progressé entre experts français, anglais 'et ita-
liens au sujet de .a Hongrie. MM. Loucheùr et
Pirelli ont en conséquence rendu visite au comte
Bethien, premier ministre de Hongrie, et il a été
convenu que la commission des réparations non
allemandes commencerait samedi matin et pour-
suivrait samedi après-midi et dimanche l'examen
des problèmes hongrois. ̃
'̃ Ce matin, à 10 h. 30, les puissances créancières
de la Bulgarie ayant délibéré hier après-midi sur
l'offre faite par tes "représentants de • ce pays, la
commission des réparations non allemandes s'oc-
cupera, MM. Bourof et Molof étant présents, de la
dette bulgare. D'autre part, de nouveaux entre-
tiens du chancelier autrichien Schober avec MM.
Marinkovitch et Mironesco ont eu lieu.
Nous avons signalé hier l'émotion causée dans
certains milieux allemands par certaines inter-
prétations données des paroles prononcées mardi
par M. Tardieu à 'a conférence, au sujet de TaC-
titude de la délégation du Reich. Mais à la fin
de l'après-midi] de mercredi pue mise au point of-
'ilc-icuîSiirançÀisCv «ont on trouvera le, texte plus
loin, été publiée et l'incident très mince qui
;s$taU produif pouvait être dès. lors -considéré
•coinBaô clos. Andr'S 'Ganeih: •̃ "-•. '̃̃̃•̃̃
A propos furrf déelapatioli ite M; Tardieu ï
,Noti'o envoyé, spécial1 à la Uajre.sjgnitfa.it hiep
l'émotion provoquée dans les milieux allemands
par certaines analyses, données dans' la presse
française de, la déclaration de M. Tardieu, au
cours' de la séance des Six mardi, touchant l'atti-
tude des représentants du Reich à la conférence;
Pour 'mctl.ro fln à cet incident, la délégation -fran.-?.
çaisc, à la Haye a communiqué .mercredi soir la,
'note .suivante,
« Quelques journaux allemands ont manifesté
une émotion qu'explique d'ailleurs leur position
politique au sujet de certaines paroles attribuées,
à M. André Tardieu au cours de la dernière séance
de ;a commission des réparations allemandes.
» En réalité et comme le prouve surabondant
ment l'absence de tout incident au sein même de
la commission, M. Tardieu, précisant les condi-
tions de confiance réciproque qui dominent les
débats de la Haye, s'est borné, à rappeler à ses
collègues allemands les inconvénients d'une dis-
cussion trop prolongée sur des questions de dé-
taii; Il a indiqué que de telles discussions ris-
quaient de troubler l'atmosphère indispensable ail
succès de la conférence. i-
» Les délégués allemands, dont M.' André Tar-.
dieu, en rappelant- les difficultés de l'eur tâche,
avait tenu a souligner la bonne volonté person-
neile, et l'activité de négociateurs, n'ont d'ailleurs
formulé, tout en maintenant leur position sur-' Je
fond; aucune protestation contre les tepmes em-
ployés par le président du conseil français. La dis-
cussion, au surplus. a conservé d'un bout à l'autre
un caractère d'entière cordialité. »
Commentaires de la presse allemande
Notre correspondant de Berlin téléphone jeudi matin
à' propos Uo -bet incident • -.=,A
La presse allemande commente assez vivement
la déclaration de M. Tardieu.̃
Il s'agit, écrit le Berliner Tageblatt, d'un empiéte-
ment.qu'il faut repousser de toute notre énergie sur
les affaires intérieures de l'Allemagne. S'il se confir-
mait que M. Tardieu a voulu suivre une tactique d'in-
timidation, il ne réussirait, dans ce cas, qu'à ranger
la majorité du peuple allemand d'une. façon plus fort»
que jamais derrière le gouvernement actuel.
SI..André Tardieu. dont la majorité paiiemenlaira
/lors des récents débats s'est révélée à peine supé-
rieure à la majorité.. d,u cabinet Mûllcr, semble douter
de la capacité de négociation de la délégation alle-
mande et le président du conseil français, aurait in-
sisté sur l'opposition que le gouvernement allemand
trouve dans son propre pays dans les milieux réaction-
naires et il aurait exprimé cette opinion que la délé-
gation allemande n'a pas en soi la .confiance néces-
saire. Pour qui a approché, -ces temps derniers, les mi-
nistres allemands qui, à la Haye, représentent, nos inté-
rOts, ces reprochées du ministre français sont incom-
préhensibles dans la mesure où, dès maintenant, on peut
voir. la situation. M. Tardieu entend, en exprimant ce
doute sur la capacité de négociation du ministre des
affaires étrangères du Reich et de son collègue, justi-
fier des exigences éventuelles1 sur des mesures de ».é-
curité à l'égard de l'application du plan Young, me.
sures do sécurité qu'il n'exigerait pas d'une déléga-
tion investie de la confiance du peuple allemand tout
entier.
Dans une dépêche postérieure à cet article, le
correspondant du, Berliner Taqeblàti à la Haye
dit
On a. l'impression que l'atmosphère. coinmence &
s'écl.alrcir" de. nouveau. ,gn -lotit cas, il serait' préma-
turé do. jarier' aujourd'hui d'une crise dans le sens
propre du, mot.
J'entends dire que la note française Ji propos des
sanctions a été remise mercredi matin à. M. Curtlus.
Juequà présent on 'observe sur le contenu de cetta
note le silence le plus absolu. Cependant, nous croyons
savoir que la délégation française propose eue dans
les cas critiques on soumette les litiges à un arbitrage
international. Le mot ne serait, pas prononce .dans la
note. ̃.̃••̃ • ̃ • •.<̃-•
J'apprends également que la réponse du. président
de la- Reichsbank aux questions qui-lui avaient été po-
sées par la delégation à l'occasion des débats- a.u -comité
Young' sur la date des payements est arrivée, ici. Cette
réponse est courte et se réfère simplement aux précé-
dentes. déclarations du président de la Reicnsbank. Il
annonce,, en outre, qu'il n'a pas l'intention de se rendre
à la Haye avant la réunion du comité d'organisation do
la Banque des règlements internationaux.
La Gazette de Voss écrit •
La conférence de la Haye s'est trouvée retardée parce
que M. Tardieu voulait remporter un succès .parle-
mentaire en expédiant son budget avant le 1" janvier.
Il en est résulté des difficultés pour le gouvernement
allemand. La vérité est que la majorité du Heiehstag
est tout aussi favorable que celle de la Chambre fran-
çaise à un plan Young qui ne sera pas détérioré., fe'il
fallait se demander lequel des deux gouvernements
est le plus sûr de son Parlement, dans les questions de
politique extérieure, 'la comparaison ne serait pas pré-
cisément favorable à1 M. Tardieu.
De la Germania (centre)
Il faut se demander si M. Tardieu n'a pas provoqué
cet incident avec l'intention de donner un avertisse-
ment à la conférence. Si la délégation allemande se
laissait intimider par cela et ne se défendait que" plus
prudemment, au lieu de passer à l'offensive, il se'-aib
superflu de négocier sur des questions dont la solu-
tion aurait pu nous être dictée par voie diplomatique^
La direction énergique de la délégation allemande,
qu'on ne saurait contester à M. Curtius, nous permet
encore un dernier espoir de résistance.
Du Lokal-Anzeigcr (nationaliste)
M. Tardieu menace comme si MM. Curtius et Mol»
denhauer étaient des collégiens à. qui il peut admi-
nistrer une punition. On peut admettre qu'il n'aurait
pas pris ce ton si, dès le début de., la. conférence, la
presse gouvernementale allemande n'avait déclaré qu'o
tout allait pour le mieux, que tout était réglé d'.avanoe.
Cette attitude a pu faire croire à M. Tardieu qu'il suf-
firait d'une menace pour désarçonner les représen-,
̃ tants de l'Allemagne, entre autres M. Moldenhauer. On
ne s'expliquerait pas autrement l'insolence de son tan-
gage car M. Tardieu a toujours été un 'homme politique
réaliste sachant mesurer ses expressions.
De la Deutsche Allgemeine Zeitung (national
liste ) ̃̃•'
Lo point capital des déclarations de M. André Tar-
dieu est dans le dernier paragraphe où il disait que
la. France se verrait éventuellement obligée de s'écar-
ter des bases actuelles des négociations. Cela parait
comme un coup 'très dur pour la conférence dont on
ne .sait encore s'il pourra être paré ou quelles autres
conséquences il aura. La « conversation de presse- » où
cette déclaration a été publiée était tout agressive
contre la délégation allemande.En particulier, M., Tar-
dieu répétait à plusieurs reprises qu'il avait posé aux
Allemands la question de savoir, au nom de qui ils
pariaient. A propos du ministre des finances du Reich,
M. Moldenhauer. il disait, en propres termes « II. a
défendu son bifteck!» (en français dans le texte). <
Mais on ne sait pas de quelle autorité est revêtu ce
gouvernement. »
Le Vonv&rts, socialiste, incrimine., au con-i
traire, l'attitude de la presse bourgeoise alle-
mande (y compris les populistes et une partie des
démocrates).
Les créanciers de l'Allemagne, dit-il, sont arrivé-?' à
la Haye avec le sentiment que M. Schacht était l'em-1
pereur non couronné du Reich allemand. Ces jours-ci,
il s'est passé des choses qui n'ont pu' que confirme"
cette impression, 'par exemple le refus de M. Schaeht
de venir à là Haye avant le 12 janvier, bien que la délé-
gation allemande l'eût instamment prié de venir plus
tôt.
Il y a lieu de croire que M.' Parlicr Gilbert' -a fait
des déclarations très graves ou tout au 'moms -pessir-.
«listes à propos de l'opinion de M. Sehacîit sur ses in-
tentions vis-à-vis do la conférence.
L'opinion, fréquemment exprimée dans la pressa
bourgeoise allemande, que M. Schacht- serait un atout
à jouer au cours des négociations et que. les Fran-
çais et les Anglais auraient peur de lui,- est pliis que
naïve. La vérité, c'est qu'il leur est désagréable de
lutter avec un adversaire absent et invisible et qu'ils ne
considèrent pas les délégués allemands comme plei-
nement qualifiés; De plus en plus, oh pose la question:
Qui gouverne réellement en Allemagne? '1
De la Correspondance diplomatique:
On a l'impression que ce jour de repos, qu'a été mer-
credi, a, dans une certaine mesure, éclàirci les idées
des deux eûtes et préparé le terrain pour une com-
paraison nette des deux points ds. vue dans les qnes«
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