Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1926-03-30
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 30 mars 1926 30 mars 1926
Description : 1926/03/30 (Numéro 23604). 1926/03/30 (Numéro 23604).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
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TÉtÊPHQHE CINQ UGOTS. Gutenberg 03.07 03.Q8 03.09-03.33 Q3.33
CHÈQUE JPO8TAÏ** XfvméVQ GQ
SOMMAIRE
'̃ PAGE 2 .>̃ ̃̃•̃̃̃
Nouvelles de l'Etranger. Mort du, due d'Or-
léans^ Manifestations politiques. Courrier
littéraire Fléchie? et les Grands Jours d'Au-
vergne, Emilie Hsnriot. La Vie .économique
et sociale la Situation de l'industrie houillère
française.
PAGE 3
Ïes Nouvelles propositions DU MINISTRE DES finan-
ces. Nouvelles du four. Chronique électo-
rale l'Election du 2° secteur, de la Seine,
Revue de la presse.'
PAGE 4
'Académies. Le Décor de la vie les Cités satel-
lites, Léakdre Vaillat. Art et Curiosité.
Faits-divers: Automobilisme^
feuilleton « Diane aux abois », par Jacques
ESTARVIELLE.
PAGE 5
Théâtres. Sports. Nouvelles commerciales. >–
Informations financières Bourse des valeurs.
PAGE 6
pERNiÈRES Nouvelles. Chambre A la commis-
sion, des finances l'Impôt, sur le chiffre d'af-
faires; la Taxe à la production; Fixation de la
date du débat. -r- Avivés les élections du 2° sec-
teur Un manifestant tué; A la présidence du
conseil; Déclaration de la préfecture de police.
M. Steeg à Paris.
Pa^iS, 29 mars
BULLETIN DU JOUR
L'ÉLAN DU FASCISME ITALIEN
Le septième anniversaire de la fondation du
parti fasciste a donné lieu dans toute l'Italie
à de grandes démonstrations populaires. M.
Mussolini ne pouvait manquer, à cette occa-
sion, de glorifier l'œuvre accomplie depuis le
jour où eut lieu la marche sur Rome, et il l'a
fait avec cette éloquence où le mot pittoresque
donne tout son relief à l'idée, au sentiment, à
l'impression dont il s'agit d'imprégner pro-
fondément l'âme des foules. Dans le message
qu'il a lancé dès vendredi à tous les groupe-
ments fascistes, il a dit qu' « avoir sauvé une
nation de la déchéance est un mérite écla-
tant, mais qu'il faut maintenant, sous le sym-
bole invincible du Faisceau, travailler sans
trêve au développement de la puissance maté-
rielle et morale du peuple italien ». Dans le
discours qu'il a prononcé hier à la grande
réunion de l'hippodrome Villaglori, à Rome,
dans lequel il a recommandé à ses partisans une
discipline de fer, il s'est écrié « Si le fascisme
réussit à forger ainsi le caractère des Italiens,
soyez tranquilles et certains que lorsque la roue
de la destinée passera devant nous, nous, se-
rons prêts à la saisir. » Entre ces deux pensées,
exprimées dans le style imagé propre au
« Duce », se trouve définie toute l'action du
fascisme telle qu'elle se développe actuelle-
ment.
Ce qui a créé le fascisme de l'autre côté des
Alpes, ce qui lui a donné la force d'agir uti-
lement et de devenir ce que nous v;oypnvs qu'il
est aujourd'hui, ce fut lanécessité impérieuse,
à une heure particuiièremfsnttiPàgique, de sau-
ver la nation de la déchéance politique dont
elle était menacée par la démagogie, le socia-
lisme révolutionnaire et le communisme bol-
cheviste, en d'autres termes par toutes les for-
ces de dissolution nationale et sociale. Quelles
que soient les erreurs qui aient pu être commi-
ses par la suite, quelles que soient les fautes
auxquelles il s'est trouvé entraîné par les cir-
constances, le fascisme garde à son actif
d'avoir sauvé l'Italie de l'anarchie, alors
qu'il semblait bien qu'on ne pouvait plus
rien attendre de l'action des partis tradition-
nels, qui se succédaient au pouvoir par l'effet
de coalitions momentanées d'intérêts politi-
ques strictement limités. Il a fallu cette lame
de fond du fascisme pour en ilnir d'un coup,
de l'autre côté des Alpes, avec toutes les peti-
tesses et toutes les misères morales de l'après-
guerre, pour raffermir l'ordre dans un pays où
tout glissait au désordre. Qu'un tel redresse-
ment ait été possible au moment le plus criti-
que, c'est tout à l'éloge de la nature du peuple
italien, de la sincérité et de la générosité de
son sentiment national. Une nation capable
d'un tel sursaut de conscience à l'instant du
péril à le droit d'avoir confiance en elle-même.
Mais l'élan avec lequel elle voulut se sauver
elle-même la porta au delà du but qui s'im-
posait à son effort. Ce ne fut qu'à l'expérience
des événements que l'on reconnut que le fas-
cisme totalement réalisé dans le domaine po-
litique avait, lui aussi, le caractère d'une véri-
table révolution, c'est-à-dire d'un bouleverse-
ment profond dd réghne'qui existait jusque-là
et dont l'usure était cause des malaises déter-
minant peu à peu la paralysie de toute la vie
nationale.
Ml Mussolini n'a jamais nié que, dès lo
début, dans son esprit; l'aboutissement du
mouvement fasciste devait avoir, ce caractère
d'une révolution sur laquelle il n'y aurait plus
à revenir une fois qu'elle aurait été accomplie.
Hier encore, il a répété, aux acclamations de
ses partisans, que la contre-révolution que les
fascistes ont anéantie à l'intérieur et qui, à
l'en croire, essaye en vain de s'organiser à
l'étranger, est le plus sûr témoignage que les
fascistes firent une révolution. S'il en avait
été autrement, si après avoir barré définitive-
ment la route au bolchevisme et avoir rétabli
l'ordre, les fascistes avaient favorisé le retour
à' un régime constitutionnel normal, ils n'en
auraient pas moins sauvé l'Italie, mais lui
auraient épargné l'épreuve de luttes intérieu-
res qui ne sont pas moins dangereuses, après
tout, que les luttes révolutionnaires. M. Mus-
solini l'avait compris il y a deux ans, lorsqu'il
1eut des velléités de s'orienter vers la politique
dite de « normalisation ». Il faut bien consta-"j
ter que ce furent d'abord les fautes com--
mises par les anciens partis, surtout par les
partis qui se retirèrent « sur le mont Aven-
'tin », suprême aveu d'impuissance, qui lui ont
rendu très difficile, sinon impossible, toute
« normalisation », de nature à faire rentrer la
révolution fasciste dans le cadre constitutionnel.
A défaut de toute conciliation avec les anciens
partis, il ne restait plus-au « Duce » qu'à aller
jusqu'au bout de l'idée fasciste; si les élé-
ments modérés se refusaient à toute réconci-
liation, il devenait le prisonnier des éléments
du fascisme intégral et se voyait contraint
'de créer un ordre de choses absolument nou-
veau, afin de bien marquer que l'avènement du
fascisme était réellement une révolution défi-
nitive, rompant franchement avec le passé.
Dans son discours d'hier, M. Mussolini, s'a-
dressant à ce qu'il appelle, les éléments res-
ponsables » des autres Etats, s'est écrié
:« Si vous voulez vivre, il faut en finir avec
le parlementarisme bavard, il faut donner des
pouvoirs au pouvoir exécutif; si vous voulez
vivre, il-faut affronter le problème le plus lourd
'de ce siècle, celui des rapports entre le ca-
'pital et le travail, problème que le fascisme
a résolu pleinement en mettant le capital et
le travail au même niveau, en face d'un objec-
tif commun la prospérité et la grandeur de
la nation. » II n'est pas certain que le fas-
cisme italien ait résolu- ce grave problème
'aussi pleinement que le « Duce » le prétend.
Il s'est servi du syndicalisme à ses fins poli-
tiques, tout comme le socialisme et le commu-
nisme., s!eji_s.er.vj^fll..aux uns. de lejit.,Doliliaue.,
a eux, mais l'expérience seule nous dira si lé
syndicalisme ainsi î assoupli ne hâtera pas
l'usure et la «récomposition du fascisme. En
somme, lorsqu'on va au fond des choses, on
constate que l'ordre nouveau créé par le fas-
cisme en Italie ressemblé éri bien "dès points
à l'ordre nouveau créé par le communisme en
Russie. Les buts sont essentiellement différents,
car à Rome on vise l'ordre et la grandeur
nationale, tandis qu'à Moscou on vise le désor-
dre et l'anarchie sociale; les procédés sont dif-
férents, eux aussi, mais d'un côté comme de
l'autre c'est la dictature, le gouvernement d'un
parti solidement organisé, qui déclare être
toute la nation et en qui se résument l'esprit,
le caractère, les méthodes et les moyens
d'un régime. ̃
Que M. Mussolini, comme chef suprême du
fascisme, s'enorgueillisse de l'oeuvre accomplie
au cours de ces dernières années, on le conçoit
sans peine. Reste à savoir vers quelles fins lé
portera, par l'implacable logique des choses,
son puissant effort. Tout régime révolution-
naire,.toute dictature s'appuyant,sur un parti
traduisant les aspirations nationales, ne peut
se maintenir et durer que si l'ardeur de ce parti
est constamment exaltée par l'espoir de réali-
ser de nouvelles conquêtes, d'atteindre un plus
haut idéal. En Russie soviétique,, c'est la vo-
lonté de provoquer la révolution universelle qui
a maintenu pendant sept années les forma-
tions bolchevistes en état de lutter contre toutes
les difficultés. Vers quel idéal l'élan fasciste
poussera-t-il le peuple italien? Par son essence
même, le fascisme est porté vers l'impéria-
lisme, manifestation suprême de l'orgueil na-
tional. Il y a d'ailleurs de cela des signes aux-
quels ilserajt difficile de se tromper, et l'ex-
pression de « la grande' Rome impériale, âme
immense du monde latin », dont aime à se ser-
vir le «Duce», marque nettement cette tendan-
ce.L'autre jour, en soulignant dans un discours
les progrès de la marine marchande italienne,
M. Celestia, sous-secrétaire d'Etat aux com-
munications, proclama qu'il appartient à l'Ita-
lie de coloniser l'Afrique méditerranéenne. Ce
sont là des manifestations auxquelles il faut
prêter toute l'attention qu'elles méritent parce
qu'elles sont caractéristiques d'un état d'esprit.
DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES
MM CORRESPONDANTS PARTICULMRg DU SStttpft
Sarrebruck, 29 mars.
A l'occasion du départ de M. Rault, qui aban-
donne 'le 1" avril les fonctions de président et de
membre français de la commission do gouverne-
ment du territoire de la Sarre, la colonie fran-
çaise a organisé une réception, au cercle français
des mines. M. Defline, directeur général des mines,
et M. Bomelaere, au nom des industriels fran-
çais de la Sarre, lui ont adressé des adieux de la
colonie française auxquels M. Rault a répondu en
termes émus.
L'ABDIGÀTIÔN
Deux communistes, MM. Duclos et Fournie,
prennent à la Chambre, en qualffé"de députés
u r-àr secteur* j&V ÎG eçtûeptâ* Étimessim MM. Ignace et .ïi. Bonnet, âSceïlés, qui
avaient été élus sur le programme de l'Union
républicaine nationale le 11 mai 1924. A ce
moment, la liste communiste avait obtenu une
moyenne de 40,781 voix. Il y a quinze jours,
elle recueillait 37,000 voix environ; hier, elle
a réuni 63,250 suffrages, grâce à l'appoint des
voix socialistes et radicales, grâce aussi à
l'abstention d'un nombre considérable d'élec-
teurs.
« Si les Parisiens votent en masse, avions-
nous écrit, si les 70,000 abstentionnistes du
premier tour se réveillent de leur léthargie, la
victoire des candidats de l'ordre est assurée.
S'ils persistent au contraire dans leur apa-
thie et leur indifférence, la liste communiste
peut l'emporter. »,Que s'est-il produit? Dix pour
cent seulement des abstentionnistes ont accom-
pli leur devoir; tous les autres ont persisté
dans leur indolence; 57,000 électeurs pari-
siens n'ont pas pris parti et ont permis ainsi
la victoire révolutionnaire.
Cette proportion énorme d'abstentionnistes,
qui atteint, à peu de chose près, le. chiffre
des voix de l'un ou de l'autre des partis en
présence, est un indice grave de l'affaiblis-
sement de l'esprit public. On peut, sans hé-
siter, l'attribuer à un dégoût croissant des mé-
thodes politiques actuelles, de l'aboulie gou-
vernementale et parlementaire.. Quand un
gouvernement hésite là prendre la moindre
responsabilité, quand il. n'ose accomplir sa
mission, quand il favorise sournoisement les
partis de désordre, quand là Chambre se débat
dans des convulsions d'impuissance, les cj-
toyens ( désespèrent du salut public. Mais qui
donc est responsable de cette désaffection pro-
fonde des intérêts nationaux sinon le cartel?
Le dégoût qu'il a répandu dans le pays s'étend
peu à peu au régime lui-même. Quand la tête
est vide, et que la volonté fait défaut, les mem-
bres restent inertes. Cette paralysie a gagné
plus d'un tiers du corps électoral dans le
2° secteur de la Seine. Est-ce là une victoire
cartelliste?,.
Les journaux du bloc radical communiste
se félicitent ce matin de la belle discipline
observée par leurs troupes. Belle discipline,
en effet: Les candidats de Moscou, pour les-
quels s'étaient prononcés 37,000 électeurs, ont
réuni d'abord les 15,000 voix socialistes du
premier tour. Rien de plua naturel et de plus
logique. Les deux partis socialiste et commu-
niste sont d'accord pour détruire les bases de
notre civilisation; ils.se rejoignent sur le ter-
rain de la lutte des classes et de la guerre
civile. Tous deux considèrent le bulletin de
vote comme un moyen d'arriver au pouvoir,
mais l'un et l'autre ont pour but la.dictature et
la terreur.
Mais les radicaux ont obéi eux aussi avec
discipline aux ordres de. leurs chefs. Socialis-
tes et communistes groupaient 52,000 voix les
candidats de Moscou ont recueilli 63,000 suf-
frages. D'où vient cet appoint ? Presque ma-
thématiquement des 11,000 voix de la liste ra-
dicale socialiste, suivant les ordres de la Fé-
dération radicale.,de la Seine devant lesquels
le comité exécutif de là rue de Valois s'est in-
cliné et que M. Herriot a confirmés. Les dépu-
tés du cartel acclameront sans doute leurs
nouveaux -teins quand ils feront ieûi" entrée à la
Chambre et M. Herriot pourra leur adresser ses
félicitations puisqu'ils auront permis ce bel et
rare exemple de discipline du parti radical.
Mais cette discipline est-e5,}e autre chose qu'une
abdication ? Le chant triomphal des organes
cartellistes ressemble ce matin à un chant fu-
nèbre. Un général félon peut-il se féliciter de
la désertion en masse, avec discipline, de ses
troupes à qui il a donné l'ordre de passer à
l'ennemi ?
A l'ennemi. Qui pourrait en douter? On a
lancé, on a répandu complaisamment contre
les candidats- d'Union nationale l'accusation
ridicule de fascisme. Mais les partis dont ils
se réclamaient ont gouverné la France de 1919
à 1924. Quand donc ont-ils violé la légalité
républicaine? Quelles « victimes » de ce gou-
vernement pourraient nous présenter les accu-
sateurs? Au contraire, depuis le.il mai 1924, le
sang des patriotes at-coulé à plusieurs repri-
ses. Ce nest. pas suas le gouvernement du
Bloc national que les meurtres de Marseille et
de la rue Pamrémo.nt se spufc produits. jtiier.
encore, pour fêter sans doute là victoire dû car-
tel élargi jusqu'à la révolution, un jeune adhé-
rent des Jeunesses patriotes a été sacrifié. Nous,
giisâons .en effet sur la pente du fascisme,
mais du fascisme rouge, dé cette dictature dite
prolétarienne qui a couvert la Russie de sang
cf. de,. ruines. ̃
'C'est à cela, que s'est rallié le parti de M.
Herriot. C'est se moquer que de donner pour
excuse qu'il a seulement voulu barrer la route
au «" fascisme "»." C'est là agiter un épouvan-
tai!; pour cacher. le, péril véritable, qui grandit
et qui se précise.
Le, *parti 'ftVJl se vante d'avoir pour ancêtres
lesi jacobins conclut l'alliance avec les héber-
tiste|- modernes sans se soucier des répercus-
sioj|| .que l'éclat de cette élection parisienne
v^fiftpVoquer à l'étranger. Et comment ne pas
ra.p~ïer à ce propos la fameuse interpellation
de' Camille Desmoulins à Hébert « Ne sais-tu
donc pas, Hébert, que quand les tyrans d'Eu-
rope: veulent avilir la République, quand ils
veulent faire croire que la France est cou-
veulent faire croire que la. France. est cou-
verte :dès ténèbres de la barbarie, que Paris,
cette ville si vantée par son atticisme. et son
goût, est peuplée de vandales; ne sais-tu pas,
malheureux, que ce sont des lambeaux >de tes
feuilles qu'ils insèrent dans leurs gazettes
coçime si le peuple était aussi bête, aussi igno-
rant -que tu voudrais le faire croire à M. Pitt.
comme si tes saletés étaient celles de la na-
tion; comme si .un égout de Paris était la
Sème;» .̃̃̃. ̃̃̃ ̃-̃•̃ p, •̃
Certes, le parti radical a voulu seulement,
sans doute, manifester son irritation de son
impuissance et donner l'illusion de sa force
en faisant élire les communistes. La manjDéu--
vre .a été remarquable, ïj, y- avait dans- Te ^.2^
se^èeûp iule poignée de radicaux hésitants qtti
pfpùVàicnt porter leurs voix aux candid.àts dé
ly0rdre. Une liste dissidente qui avait toutes les
faveurs officielles les a recueillies. Sept mille
électeurs de la rue de Valois, qui répugnaient
encore 'à saluer de leur bulletin le drapeau
rouge, furent habilement entraînés dans une
v^ie do garage. On comprend maintenant pour
quelles raisons le parti radical-communiste
tient aussi âprement à garder dans toutes les
combinaisons de cabinets le ministère do la
place Beàuvau. -•. i
̃ Et maintenant ? Le parti de Moscou compte
à la Clrambre deux fidèles de plus. Quel sur-
croît d'autorité peut bien en recevoir le gou-
vernement ?
NOS FINANCES
De nouvelles propositions viennent d'être, éla-
borées par le ministre des finances pour l'équi-
libre., du ;budget de 1926. Elles sont exposées
dans ^ne lettre de M. Raoul Péret au président
de la. 'commission des finances de la Chambre.
On trouvera plus loin ce document.
Le nouveau projet constitue une suprême
tentative de transaction. La commission des
finances pourrait ne pas y,demeurer insensi-
ble, si, elle jugeait suffisantes les concessions
qui restent faites à l'esprit cartelliste dont elle
s'est principalement inspirée jusqu'ici.
.^11 es ne laissent M$ que d'itfû importantes.,
comme il est aisé d'e s'en assurer par -l'analyse
des nouveaux moyens d'équilibre.
Toutes revisions effectuées des dépenses et
des "recettes considérées, à l'heure présente,
comme certaines, sur les unes et sur les au-
tres bien des réserves seraient, d'ailleurs, à
formuler, le ministre des finances arrive à
chiffrer à la somme de 2 milliards 506 millions
et demi les recettes supplémentaires à trouver
pour les neuf derniers mois de l'année 1926.
Les valeurs mobilières seraient frappées par
un relèvement du droit de timbre. La surcharge
ressort à 100 millions pour une année entière.
50 millions sont admis pour neuf mois.
Une majoration des droits de mutation sur
les ventes d'immeubles et sur les ventes de
fonds de commerce est acceptée, bien que les
mesures envisagées soient reconnues « suscep-
tibles d'entraîner un ralentissement de l'acti-
vité des transactions ». Aux yeux des auteurs
de la proposition, elle est bel et bien un hom-
mage à l'impôt sur le capital. M. Raoul Po-
ret en écarte « toute progressivité ».; On.ns
peut que Ten féliciter; mais les tentations se-
ront grandes.
L'ensemble des produits de cette majoration
fournirait 330 millions pour neuf mois, et 440
millions pour une année entière.
Avec les 50 millions des valeurs mobilières,
voilà 380 millions proposés.
Le projet y ajoute 281 millions et demi (375
millions pour un' an), de contributions indi-
rectes' diverses: boissons .hygiéniques, eaux
minérales, spécialités pharmaceutiques. On at-
teint 661 millions et demi. A quelles autres
sources puise-t-on?
La « taxe civique » donnerait 570 millions.
Nous n'avons pas à en redire les périls; nos
lecteurs les connaissent
Alors il manque encore 1,275 millions,
bien entendu pour la recette à réaliser durant
les neuf mois envisagés. ̃:
La taxe sur le chiffre d'affaires procùrerait
cette somme. Le gouvernement la main-
tient ? Oui et non.
Rarement on aura lu un éloge aussi forte-
ment motivé de la taxe sur le chiffre d'affaires.
Nous ne résistons pas au plaisir de détacher
de la lettre ministérielle cette page, où le bon
sens éclate à chaque ligne
Cette taxé, "écrit M. Raoul Péret, peut être recouvrée
iranïëdiatement et régulièrement, mois par mois, sans
création de personnel pour l'administration, comme
sans gêne nouvelle pour le contribuable; portant sur
un impôt à grand rendement, dont l'application est
éprourée depuis plus de cinq années et dont le produit
suit de -près les-variations du prix de la vie, elle ne
laisse place à aucun mécompte.
J'ajoute,qu'à l'heure actuélle, elle ne rencontre peut-
être pas, dans les milieux intéressés, une hostilité aussi
nette' qu'on le croit communément: l'extension du ré-
gime du forfait, eh libérant les petits commerçants du
contrôle constant des agents dou flsc, a, en effet, enlevé
à la taxe sur le chiffre d'affaires le caractère vexa-
toire qu'elle avait paru prendre en certains cas. A
l'heure présente, il n'est pas sûr qu'une majoration de
la taxe ne soit pas préférée par les intéressés à la
création .de nouveaux impôts, dont l'assiette les sou-
mettrait peut-être des formalités et à des contrôles
qui viendraient s'ajouter à ceux auxquels ils sont déjà,
soumis. :?
Après quoi, « dans une pensée de concilia-
tion » cette double proposition est faite ré-
duire de 600 millions le produit attendu, pour
neuf mois, de la taxe; et, en outre, la transfor-
mer en un impôt limité aux « grossistes », et
aux demi-grossistes ».
Elle ne donnerait plus que 1,275 millions, au
lieu des 1,715 millions primitivement; comptés.
Au moment où le nombre seul des contri-
buables peut assurer le rendement élevé d'un
impftty cette concession peut-elle paraître op-
portune?1
Mais la question essentielle n'est même :pas
là. Peilt-on espérer un ralliement de,, la com-
mission des finances? • Auraî-t-clle été désar-
mée? '? ̃
Il y a, ait commencement de la lettre du
minière des finances, une série d'observa-
tions que tous les esprits soucieux de l'avenir
devraient méditer. Ces buts sont visés
Suppression du recours aux avances de la Banque
de France pour le payement des dépenses publiques;
maintien de la marge disponible sur le- montant des
av.cçnçes. autorisées, pour faire face, le cas échéant, à
des demande'? do remboursement de bons de la Dé-
fêiisç iiktiojiaie: ekjiai-dcssus tout, affermissement ils
..la confiance et du crédit public, tant à d'intérieur
qji'i l'étranger. ,,)
'Un durable équilibre budgétaire est,, certes,
parmi'les moyens d'atteindre,, à ces résultats,,
mais a la condition, pourtant, qu'il concoure
au « raffermissement de la confiance ».
,Un excédent de recettes de 47 millions est
présenté. Si les menaces socialistes ne sont pas
réprimées, si la gangrène communiste gagne
de proche en proche, que deviendront et le
budget et la trésorerie ?
M. Raoul Péret a' fait preuve de courage en
prononçant le mot décisif, celui de « con =
fiance ». La commission des finances en com-
prendra-t-elle toute, là valeur ?
• » '̃
LA TAXE CYNIQUE) ï
Le scénario de la politique française tourne à
;îa iscie de revue. De semaine en semaine, nous
nous trouvons en face d'événements qui font « du
pareil au même »; Un ministre des finances de--
mande au Parlement le vote 'd'impôts indirects,
la commission du budget en propose d'autres,
plus ou moins chimériques, ta Chambro refuse
tout et la-Mvre monte de 10 points. Nous en som-
mes à UQ. Encore un petit effort de M. Renaudel.
cet hercale de foire, et nous décrocherons le
maximum à '9a tête de Turc. Enfin nous aurons
fait faiWite et « les ^puissances d'argent » seront
vaincues puisque tout le monde sera ruine, ce qui
est l'idéal de, la justice distributive du néant.
Pourtant, avant de trébucher, nos gouverne-
ments résistent. Mais, à chaque ma'liheur nouveau,
des ininisftres, interohangeables^ reviennent, tou-
jours 'prêts à c-hercher -des à<àîoninM)demiints avec
atte majorité .qui n'en veut aucun. ;fiette^ î oj& ;jt
;!hontorable M. Raoul Péret, qui est te dernier sur-
vivant du carré des cartellistes modérés, jette en
pâture aux socialistes insatiables la « taxe ci-
vique », où l'on trouve « à boire et à manger ».
En principe, cette taxe est destinée à faire payer
"universalité des citoyens majeurs. Bravo, dit-on,
voilà un impôt de capitation qui va compenser
l'impôt progressif payé par 1,250,000 contribuables
sur 40 millions de Français Mais le ver est dans
!ie fruit, car cette « taxe civique » est, elle aussi,
progressive, modérément pour commencer, com-
,pie il en fut autrefois de 'l'impôt général. Qu'àd-
viendra-t-il demain quand ladite taxe aura été
subrepticement transformée en prélèvement sur
ie capital?
Déjà l'opération est engagée. L'argumentation
est simple. Comment!, il s'agit d'une taxe civique,'
par conséquent d'un. sacrifice patriotique, et « les
gros » ne donneraient pas autant que « Jes pe-
tits »! Des journalistes qui, ignorant tout de'
l'économie financière, mériteraient de siéger à lia
Chambre, ont lancé l'idée. Elle fait son c-hemin.
Des amendements surgissent.
Il faut cependant se demander, comme Je inaré-
chal JFoch après Figaro, de quoi il est question.
Quand il fut avéré que 1,250,000 contribuables
seulement avouaient plus de 7,000 francs de re-
venu, ou i2,000 avec fles charges de famifc
moyennes, ce fut. un telle. On imagina aussitôt
la déalaration obligatoire qui ne fut rejetée qu'en
̃raison de l'encombrement que 10 à 11 • millions de
dossiers improvisés- eussent provoqué dans l'ad-
rn'.inistration des finances. C'est pour revenir à
coite disposition que l'on invente iaujourd'hui la
tSlS cWlqtfô." F&ift Dfen! Mais 1tô~ V^-t-eWe p^s
ia^"#o surgir 'Je même nombre do cotes, fiscal es ï
Alors, pourquoi sMe pa«- revenir purement et sim-
plement à ce qui fut abandonné plutôt que de
créer encore une super taxe, non pas pour ceux'
tout?
Car, enfin, il faut mettre les points sur les i.
Ces 1,250,000. contribuables assujettis l'impôt
géiiéral, arrivent à décaisser plus de la moitié du
budget si l'on veut bien reconnaitre qu'ils acquit-;
tent également les taxes sur la fortune et les taxes
somp.tuaires dont ne peuvent se prétendre rede-
vables ceux qui accusent moins. de 7,000 francs de
revenus. Pour les deux premiers mois de 1926,
les,, taxes., directes sur le revenu, la contribution
foncière et les valeurs mobilières ont donné 39,5
̃ppur 100 du total des. recettes, les taxes sur la
fortune et les droits de timbre 20 0/0, les taxes
somptuaires 4,20 0/0, les alcools et les tabacs
12,3 0/0 et les taxes de consommation proprement
somme, lui aussi, fournit donc environ 70 0/0 du
budget. Que peut-on lui demander de plus?
,,Un « intellectuel » qui vit de son travail, avec
un, .rendement moyen, donne à l'Etat environ deux
mois de labeur par an. Aucune prestation de l'an-
cien régime n'atteignit cette proportion. Quant au
« riche », à celui qui gagne, toujours par son tra-
yailj plus de 550,000 francs, il doit payer, au delà
deipe.s 550,000 francs, une dîme de 97,2 0/0 s'il est
célibataire, et de 75 à SO 0/0 s'il est père de fa-
m"|Wev C'est une confiscation saris phrase.. Voilà
la catégorie, sociale que l'on voudrait encore, frapr
pejç d'une taxe civique qui devient une taxe cy-
nique..
̃ Vous défendez et les riches », nous diront les
(iéniagogùes. Npn, nous défendons les producr
tours, les créateurs du travail, ceux sans l'intelli-
gence desquels le pays serait accablé par le chô-
mage. Enseigner aux classes laborieuses qu'elles
doivent améliorer leur sort en dépouillant des
hommes qui suscitent l'activité générale, c'est une
lâcheté et une bêtise.
.M.rHerriot disait récemment que, sorti du peu-
ple, il ne renierait jamais le peuple et ne rom-
iprait, pas avec lui. Nous sommes d'ailleurs tous
sortis du; peuple. Est-ce une raison pour refuser
de le guider et, tout au contraire, se laisser pous-
ser par ses passions? C'est trop, commode, en vé-
rité, d'oublier tous les principes de la pensée mé-
thodique pour rester en accord avec l'ignorance.
La sensiblerie n'est pas une excuse. En n'osant
pas. imposer au pays les remèdes nécessaires, les
démagogues agissent comme ces mères qui lais-
sent mourir leurs enfants plutôt que de leur faire
absorber une drogue désagréable au goût. Ces
m$res-Jà. n'ont pas le droit de prétendre qu'elles
aimaient. Ed. J,
LE RÈGLEMENT DE LA PAIX
..L G E E
Après rassemblée de la Société des nations
L'attitude des travaillistes
» 'Commentant' l'échec des pourparlers de <3e-
riàve, M: Arthur Ponsoby, sous-secrétaire .d'Etat
des -affaires- étrangères dans l'ancien cabinet trar
vàMWsfe, -écrit dans le Reynolds
^Erf'-çe qui concerne la Grande-Bretagne, nous ne vju-
loris'pàs de détours, nous voulons renforcer les:pou-
voifS de la Société des nations. C'est en ce sens que
noôs- désirons voir le gouvernement britannique diri-
ger .ses efforts. Des pactes et de nouvelles alliances
comportant des obligations à longue échéance ne font
pas partie de notre programme. Nous devons deman-
der i M, Chamberlain de nous représenter, non pas de e
partir pour les assemblées de la Société des nations
avec un esprit vide, mais d'exprimer sans hésitation
aussi bien en public que' dans les conférences et réu-
nions privées l'opinion que son Parlement et sa nation
désirent lui voir soutenir.
Peut-être les hommes d'Etat des autres nations ne
sont-ils pas de cet avis, mais la Grande-Bretagne compte
pour quelque chose et nos décisions peuvent avyir
une grande influence. La 'Suède, qui est une petite na-
tion, a, grâce à la clarté de sa voix, sauvé la Société
des nations. Nous sommes sûrement capables d'ei
faire autant. Nous ne voulons plus courir, une foiS
de plus, un' risque quelconque. L'Allemagne est tou-
jours en dehors de la Société des nations et l'Améri-
que moins désireuse que jamais d'y entrer. Aussi notre
responsabilité sur ce sujet est grando parce que not'.c
mfluence est grande.
Kuus pe_iîouYons nous empCeiier. de cr^iadre, au;^
d'habiles diplomates étrangers, qui ont découvert une
dupe facile en la personne de Chamberlain, ne soient
encourages à nouveau dans l'avenir, à le pousser à
accepter leurs désirs.
Le Vatican et la Société des nations
h'Osservatore romano publie une note démen-
tant l'information que l'attitude du Brésil à Ge-
nève aurait été inspirée par le Vatican, qui,
n'ayant pu entrer dans la Société des nations, au-
rait tout fait pour la saboter. L'organe du Saint-
Siège ajoute
Il est superflu de déclarer que ces informations sont
complètement inexactes et imaginaires. De irfeme qu'il
n'a jamais demandé à faire partie de la Société des na-
tions, le Saint-Siège, non seulement s'est bien gardé
de faire quoi que ce soit pour en entraver l'action
mais toute son activité et des documents pontifi-
caux nombreux et réitérés le démontrent a toujours
tendu à la pacification des âmes et à atténuer les con-
séquences néfastes de la guerre et, par conséquent, à.
faciliter, par la préparation des esprits, la tâche de la
Société des nations même..
LE PROBLEME DES DETTES INTERALLIEES
M. Smoot et les prêts américains à l'Europe
On mande de Washington
L'attentibn du sénateur Smoot ayant été at-
tirée sur l'interprétation qui pouvait être donnée
au passage de son discours où, il soutenait que.
l'Europe ne pourrait rembourser les prêts con-
sentis par les banquiers .américains, le sénateur
a fait les déclarations complémentaires suivanr
tes
Je n'ai pas voulu indiquer que les emprunts étrangers
.ne constituaient pas des plàopmerits offrant, les garan-
ties désirables. Je- n'ai pas .voulu, dire que les emprunts
consentis 'par les banques 'né seraient pas rembourses:
quand' 'viendrait leur échéance. J'ai voulu dire que los
\eraprunts effectués par les pays étrangers augmente-
raient comme ont fait les emprunts des banques an-
glaisés avant la guen-e et qu'ils continueraient à aug-
menter aussi longtemps que les Etats-Unis resteraient
le centre monétaire du monde.
Le sénateur Reed au cours de la séanoo
du Sénat de jeudis, avaù provoqué la déclaration
de M. Smoot, a expliqué do son côté, qu'il ne
s'était pas trompé sur le sens véritable des pa-
roles de M. Smoot.
Nous avons, dit M. Reed, fait en Europe des place-
ments permanents qui subsisteront, à moins que quel-
que cataclysme ne transfère le centre monétaire mondial
dans un autre pays. Mais les emprunts seront rembouiv
ses quand ils,viendront à échéance.
En qui concerne l'accord avec l'Italie pour la
consolidation de la delta italienne, le débat re-
prendra aujourd'hui lundi devant le Sénat et
l'impression générale est que la ratification sera
votée.
On signale toutefois que l'association des
francs-maçons américains vient de lancer un ap-
pel dans le journal Fellowship Forum, aux 67
sénateurs, américains qui font partie de la franc-
maçonnerie, leur demandant de voter contre la
ratification do l'accord italo-américain, car il ne
faut pas oublier, dit la protestation, la façon hon- .1'
teuse dont les francs-maçons italiens ont été trai-
tés par Mussolini .L'association des francs-ma-
çons adjure les 67 sénateurs de rester fidèles à
leur serment maçonnique.
Les Etats-Unis et tes dettes des alliés
Sous le titre « Cent mille livres par jour à
l'Amérique,»; le Reynolds écrit
Notre pays verse 100,000 ilivres par jour aux Etats-
Unis pour des dettes qui furent principalement con-
tractées *%h ïqom 9ç là Fffanoe ê£ de Tïtaïïè, "ïwBs n'a-
wns pourtant jamais ireconnu la 3 us liée de ces paye-
ments. Dans quelques années, lorsque les problèmes
des dettes de guerre auront été places sur une base
̃permanente, il arrivera ceci que tout ce qui sera payé
.par l'Altema-gne au titre des réparations sera envoyé
en Amérique, pays qui s'est enrichi grace à la guerre
et bien peu de cet argent fera retour aux alliés de
l'Amérique qui ont pourtant le plus souffert de la
guerre. Cela semble peut-être juste en Amérique, mais
oe sera une injustice aux yeux de tous les autres pays
du monde.
JDA.2T& LE LEV-A-ITT
nNs'sr~iE
L'activité des insurgés
Les derniers télégrammes reçus de Syrie si-
gnalent une recrudescence de l'activité des in-
surgés.
Aux environs de Damas, la colonne Martv, quit-
tant le village do Sednaya pour Mnine, a eu un
engagement avec un groupe de rebeliles. Ceux-ci
ont été repoussés après avoir essuyé de grosses
pertes.
Un groupe de chars d'assaut, se portant au de-
vant de la colonne, s'est heurté, à Barze, à un
groupe important de rebelles qui attendait te pas-
sage des troupes. 'Les chars d'assaut ont ouvert
le feu sur l'ennemi qui a eu trente tués.
Les Tcherkesses ont repoussé des groupes de
rebelles qui voulaient occuper le village de Kat-
tana.
D'autre part, un combat s'est engagé à l'ouest
de Catlem entre des partisans et des rébd'les. Ceux-
ci ont laissé 10 tués sur le terrain.
Informations de source britannique
Notre correspondant de Londres nous téléphone lundi
matin:
Une nouvelle attaque des Druses contre Damas
et une alliance possible entro les Druses et les
Wahabites fanatiques du désert sont annoncées
par une dépêche de Caiffa au Times. A la suite
de l'arrivée de M. de Jouveued à Damas. les in-
surgés ont attaqué sur tous les points et ont
maintenu un feu nourri pendant toute la nuit.
Les Druses annoncent qu ils ont occupé Ledja,
région rocheuse située entre 'le Djebel-Druse et
Damas, qu'ils en ont fortifié ies défenses natu-
relles, qu'ils ont gagné à leur cause un certain
nombre de Bédouins et qu'ils ont chassé ceux qui
nous restaient fidèles. De source druso également,
on annonce de Caiffa qu'un certain nombre de
Wahabites se sont ouvertement révoltés et ont
passé dans le Djebel. On ajoute que, suivant cer-
tains bruits, tout lo Djebel-Druse est en train de
se convertir au wahabisme. Cette doctrine, dans
sa forme extrême, recommande l'extermination
non seulement de tous les infidèles, mais encore
de tous les musulmans qui ont été en rapport
avec eux et elle interdit de toucher au moindre
objet provenant des infidèles ou souillés par leur
contact.
DANS LE PROCHE-ORIENT
La crise gouvernementale roumaine
On mande de Bucarest
En vue de la formation du nouveau cabinet.
le roi a consulté dimanche. les leaders de l'/op»
position, MM. Michalache, chef du parti paysan,
général Averesco, chef du parti du peuple, et
lorga, un des chefs du parti national.
i Aucune décision n'a encore été prise.
Mesures spéciales en Grèce
On mande d'Athènes
A la suite de certaines informations disant qud
le colonel Plastiras, après avoir quitté Belgrade,
a échappé à la vigilance des autorités yougosla-
ves, le gouvernement a pris ici certaines mesu-
res de précaution eu faisant surveiller les per-
sonnes soupçonnées d'avoir entretenu des rap-
porls. avec le colonel.
Ces mesures, d'une étendue très restreinte, ont
pour but de prévenir toute tentative de troubler
l'ordre. Elles sont d'un caractère provisoire.
La situation financière de la Yougoslavie
On mande de Belgrade:
A l'occafsion de la discussion du budget, 'le mi-
nistre des finances, M. Stoyàdinovitch, a pro-
noncé un discours dans lequel il a donné des in-
formations concernant son vovage réeent en Amé-
rique, en Angleterre et en France. Il a exprimé
l'espoir qu'un accord avec les Etats-Unis d'Amé-
rique interviendra à bref délai. l'l a ajouté que
les négociations pour la consolidation des dettes
de guerre envers ia Grande-Bretagne commence-
ront ensuite. Le ministre a déclaré que les. em-
prunts serbes contractés sa. France avant la
guerre feront l'objet de l'examen Je plus attentif
du gouvernement.
Passant en revue les recettes de l'Etat, te mà-
nistre a souligne leur augmentation constante.
-Les recettes des impôts directs depuis 1923 ont
progressé de 1,183 millions à 1,898 millions. Les
recettes des douanes, pour la même période de
trois ans sont pasrsées de 1,432 millions à 1,812
millions. Les recettes d'octroi de 592 à 786 mil-
lions. Les timbres et l'enregistrement de 832 à
1,190 mi'Mions.' Le progrès des recettes prouve que
'es prévisions pour rexercico 1926-1927 srjront
réalisées.
Les nouvelles dépenses sont consacrées à la
reconstruction et à la réparation des lignes fer-
roviaires, des routes, à l'instruction publique et
à l'amélioration des conditions de l'agriculture.
La valeur du dinar est restée stable durant toute
la dernière ann'ée, l'amélioration de 'la monnaie
nationale sera également poursuivie. L'équilibre
budgétaire est assuré. Le chiffre total du budget
est fixé à 12,504 millions.
Autour de la convention d'Angora
Notre correspondant particulier à Constantlnoplo
nous écrit:
Certaines informations de journaux parisiens"
ayant répandu le bruit que le gouvernement fran-
çais ferait des difficultés pour ratifier 3a récente
convention d'Angora, et la presse turque s'étant
fait l'écho de cette rumeur, M. Sarraut, ambas-
sadeur de France en Turquie, a remis Jes choees
au point par des déclarations au journal Milliet.
Au sujet de ce même document, le ministre des
affaires étrangères Tewfik Rouchdi bey a répondu
comme suit à une question qui lui avait été po-«
sée par un journaliste « La convention d'An-
gora récemment conclue avec la France est une
couvre inspirée parles intérêts communs des deux
parties. Ep étu'dïa.nt Sa situation et 'tes facteurs
généraux qui ont conduit à cet accord, on se rend
compte que loin d'être une modification de l'an-
cien état de choses, il n'est que lé prélude d'un
nouveau développement des .relations » ajnicafcs
qui avaient commencé entre la France et la Tur-
quie avec le premier accord d'Angora, mais qui
avaient à maintes reprises subi certains ébran-
lements. »
Lettre d'Italie
1..
POLITIQUE ET PROPAGANDE COLONIALES
Le voyage de M. Mussolini à Tripoli
La «journée coloniale ». Le festin de Lazare
~w )
(De notre correspondant particulier)
Rome, mars.
L'Afrique est maintenant au premier plan de
l'activité politique de l'Italie d'outre-mer. Un
ministre des colonies actif, le prince di Scalea,
après maints voyages en Tripolitainè, pousse une
pointe jusqu'au sanctuaire des Sénoussites ré-
cemment occupe par les troupes italiennes. A ces
tribus, jusqu'à présent réfractaires à l'influence
colonisatrice, opprimées par leurs chefs, le mi-
nistre a dit « Venez à nous en toute confiance,
nous vous défendrons; en retour vous laisserez
passer librement les caravanes; vous respecterez
le tricolore italien ». Il fallait donner à ces hom-
mes du désert la certitude qu'il s'agissait d'une
occupation sérieuse. Pour en faire des auxiliaires,
fl a fallu leur prouver que l'Italie ne les aban-
donnerait pas en route. Les blockhaus fortifiés
qu'on, construit seront les inébranlables témoins
de la puissance militaire de l'Italie, de sa vertu
coloniale, de sa volonté de rester maîtresse dans
cfS.'fêgionâ.
Une politique colonîaio hésitante, salis 'prépa-
ration militaire et économique, sans possibilités
d'exploiter les territoires occupés, sans marine
marchande, a abouti il y a trente ans au désastre
d'Adoua. L'Italie alors par dépit de l'occupation
de l'Egpyte par l'Angleterre, do la Tunisie par la
France, avait été à Massaoua « pour chercher
selon la phrase historique du ministre Mancini',
dans la mer Rouge les clefs de la Méditerra-
née A cette époque, i! n'y avait pas de propa-
gande coloniale agissante, les masses étaient in-
différentes, aux premiers revers nettement hos-
tiles la conscience coloniale n'existait pas. La san-
glante guerre avec Ménélik, des défaites retentis-
santes mirent fin à ces projets d'expansion colo-
niale mal conçus et mal exécutés. Le désastre
d'Adoua entraîna la chute de Crispi et il fallut
attendre quinze ans avant de songer à reprendre,
avec Tripoli, une politique méditerranéenne.
Avant l'avènement du fascisme, la Chambre,
dominée par les socialistes, accueillait sans sour-
ciller les propositions funestes des révolution-
naires d'abandonner les postes avancés en Afrique
sans penser que ce recul attirerait sur les popu-
lations restées fidèles à 'l'Italie, sur leurs familles,
et sur leur territoire, tes cruelles représailles des
anciens oppresseurs. Cette triste page de l'histoire
coloniale italienne fut effacée par l'œuvre de re-
dressement de Volpi. U rétablit le prestige de
l'Italie par son voyage en Tnpo'itaine, démontrant
aux indigènes qu'on pouvait compter sur ia pa-
role et la fermeté de l'Italie. La récompense ne
se lit pas attendre; lo roi nomma de futur ministre
des finances Volpi comte de Misurata. La légende
d'une Tripalitaine stérile propagée par Nilti et
ses; amis qui parlaient avec mépris; du cette
« grande boîte de sable », est détruite. Des capi-
taux et des bras transformeront la Tripolitaine,
en feront une colonie agricole prospère.
L'émigration aux Etats-Unis est pratiquement
suspendue; dans d'autres pays elle se heurte aussi
à des difficultés. A propos de l'établissement en
France de nombreux Italiens, on fait remarquer
à Rome, qu'envoyer des Huiliers d'Italiens cul-
tiver les champs français abandonnés par leurs
propriétaires, c est faire un métier de dupe, parce
qu'un grand nombre do ces émigrants renoncent
au pays qui les a vus naître, tandis que la nation
qui les accueille s'enrichit au détriment du.pays
qui les envoie. Tel est le raisonnement, je pense,
qui a poussé M. Mussolini à faire un voyage en
TripoJiteine, pour réveiller l'activité coloniale
italienne. Cette visite aura certainement des ré-
sultats pratiques et prochains à cause de la puis-
sante suggestion qu'exerce le premier ministre sur
toutes les énergies nationales. Le « Duce » a dé-
crété une » journée coloniale » coïncidant avec son
retour de Tripoli. Déjà des cartes du domaine
colonial italien s'étalent sur les murs des salles
d'écoles dans les villes et les villages; maîtres et
maîtresses évoquent les fastes des conquêtes et de
la civilisation de la Rome de Sylila et des Césars.
Les Italiens ne laisseront pas de réclamer leurs
droits hisl.oriques dans le bassin méditerranéen.
C'est de Tripoli que M. Mussolini veut lancer son
« message colonial » il doit déclarer que l'Italie
revendique sa place, au soleiH, qu'elle réalisera
son programme d expansion et portera son pavil-
lon national dans les pays neufs où elle cherche
des débouchés pour sa croissante population, atasi
que-pour ses exportations..Le 21 avril, le signal
donné du Capitole sera recueilli, par toutes les vil-
les d'Italie et les colonies de la Tripolitaine, de la
Cyrénaïque, du Dodécanèse, de l'Erythrée, de.la
Somalie célébreront la « journée coloniale ». Par-
tout des orateurs, ainsi que les gouverneurs ou-
tre-mer, expliqueront aux Italiens que les colo-
nies constituent un des principaux éléments de
prospérité et de prestige pour le pays.
L'Italie ne prétend pas que les nations pour-
vues de colonies luil offrent gracieusement leurs
possessions d'outre-mer elle demande simple-
ment, nous dit Francesco Coppola, dans un article
de la revue Politica, « que là où s'ouvrent de nou-
velles voies, grâce au sang et au labeur italiens,
certaines puissances saturées de possessions co-
loniïiles trop vastes pour leurs besoins et leurs
capacités démographiques, ne barrent pas, par
avidité et, jalousie aveugles, la route à l'Italie.
quS n'admettra pas qu'on tente artificiellement
d'arrêter le cours de l'histoire et d'immobiliser la
carte du monde pour maintenir l'Italie dans son
étroitesse actuelle».
On ne saurai!) trop signaler le reproche insis-<
tant fait aux alliés d'avoir exclu l'Italie du par-
tage des colonies allemandes et des territoires de
l'empi're ottoman mis sous mandat. Vous avez pu-
blié les protestations indignées de la presse ita-
lienne quand on-a a lancé la nouvelle que l'Allema-
gne obtiendrait de la Société des nations un man-
at' colonial. « Pas avant que l'injustice commise
à l'égard de l'Italie soit réparée », a-t-on ri-
posté de Rome. Francesco Coppola reprend pour
son compte ce veto catégorique déclarant que
l'Italie ne tolérera pas, d'abord, que la Société des
nations, par des protocoles ou autres maehina-
iioav.iim)ose une. immobilité forcée à un^écuili-i-
SOIXANTE-SIXIEME ANNEE, m N4 23604-.
MARDI 30 MARS i926
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Le Journal décline toute responsabilité quant é leur teneur
TÉtÊPHQHE CINQ UGOTS. Gutenberg 03.07 03.Q8 03.09-03.33 Q3.33
CHÈQUE JPO8TAÏ** XfvméVQ GQ
SOMMAIRE
'̃ PAGE 2 .>̃ ̃̃•̃̃̃
Nouvelles de l'Etranger. Mort du, due d'Or-
léans^ Manifestations politiques. Courrier
littéraire Fléchie? et les Grands Jours d'Au-
vergne, Emilie Hsnriot. La Vie .économique
et sociale la Situation de l'industrie houillère
française.
PAGE 3
Ïes Nouvelles propositions DU MINISTRE DES finan-
ces. Nouvelles du four. Chronique électo-
rale l'Election du 2° secteur, de la Seine,
Revue de la presse.'
PAGE 4
'Académies. Le Décor de la vie les Cités satel-
lites, Léakdre Vaillat. Art et Curiosité.
Faits-divers: Automobilisme^
feuilleton « Diane aux abois », par Jacques
ESTARVIELLE.
PAGE 5
Théâtres. Sports. Nouvelles commerciales. >–
Informations financières Bourse des valeurs.
PAGE 6
pERNiÈRES Nouvelles. Chambre A la commis-
sion, des finances l'Impôt, sur le chiffre d'af-
faires; la Taxe à la production; Fixation de la
date du débat. -r- Avivés les élections du 2° sec-
teur Un manifestant tué; A la présidence du
conseil; Déclaration de la préfecture de police.
M. Steeg à Paris.
Pa^iS, 29 mars
BULLETIN DU JOUR
L'ÉLAN DU FASCISME ITALIEN
Le septième anniversaire de la fondation du
parti fasciste a donné lieu dans toute l'Italie
à de grandes démonstrations populaires. M.
Mussolini ne pouvait manquer, à cette occa-
sion, de glorifier l'œuvre accomplie depuis le
jour où eut lieu la marche sur Rome, et il l'a
fait avec cette éloquence où le mot pittoresque
donne tout son relief à l'idée, au sentiment, à
l'impression dont il s'agit d'imprégner pro-
fondément l'âme des foules. Dans le message
qu'il a lancé dès vendredi à tous les groupe-
ments fascistes, il a dit qu' « avoir sauvé une
nation de la déchéance est un mérite écla-
tant, mais qu'il faut maintenant, sous le sym-
bole invincible du Faisceau, travailler sans
trêve au développement de la puissance maté-
rielle et morale du peuple italien ». Dans le
discours qu'il a prononcé hier à la grande
réunion de l'hippodrome Villaglori, à Rome,
dans lequel il a recommandé à ses partisans une
discipline de fer, il s'est écrié « Si le fascisme
réussit à forger ainsi le caractère des Italiens,
soyez tranquilles et certains que lorsque la roue
de la destinée passera devant nous, nous, se-
rons prêts à la saisir. » Entre ces deux pensées,
exprimées dans le style imagé propre au
« Duce », se trouve définie toute l'action du
fascisme telle qu'elle se développe actuelle-
ment.
Ce qui a créé le fascisme de l'autre côté des
Alpes, ce qui lui a donné la force d'agir uti-
lement et de devenir ce que nous v;oypnvs qu'il
est aujourd'hui, ce fut lanécessité impérieuse,
à une heure particuiièremfsnttiPàgique, de sau-
ver la nation de la déchéance politique dont
elle était menacée par la démagogie, le socia-
lisme révolutionnaire et le communisme bol-
cheviste, en d'autres termes par toutes les for-
ces de dissolution nationale et sociale. Quelles
que soient les erreurs qui aient pu être commi-
ses par la suite, quelles que soient les fautes
auxquelles il s'est trouvé entraîné par les cir-
constances, le fascisme garde à son actif
d'avoir sauvé l'Italie de l'anarchie, alors
qu'il semblait bien qu'on ne pouvait plus
rien attendre de l'action des partis tradition-
nels, qui se succédaient au pouvoir par l'effet
de coalitions momentanées d'intérêts politi-
ques strictement limités. Il a fallu cette lame
de fond du fascisme pour en ilnir d'un coup,
de l'autre côté des Alpes, avec toutes les peti-
tesses et toutes les misères morales de l'après-
guerre, pour raffermir l'ordre dans un pays où
tout glissait au désordre. Qu'un tel redresse-
ment ait été possible au moment le plus criti-
que, c'est tout à l'éloge de la nature du peuple
italien, de la sincérité et de la générosité de
son sentiment national. Une nation capable
d'un tel sursaut de conscience à l'instant du
péril à le droit d'avoir confiance en elle-même.
Mais l'élan avec lequel elle voulut se sauver
elle-même la porta au delà du but qui s'im-
posait à son effort. Ce ne fut qu'à l'expérience
des événements que l'on reconnut que le fas-
cisme totalement réalisé dans le domaine po-
litique avait, lui aussi, le caractère d'une véri-
table révolution, c'est-à-dire d'un bouleverse-
ment profond dd réghne'qui existait jusque-là
et dont l'usure était cause des malaises déter-
minant peu à peu la paralysie de toute la vie
nationale.
Ml Mussolini n'a jamais nié que, dès lo
début, dans son esprit; l'aboutissement du
mouvement fasciste devait avoir, ce caractère
d'une révolution sur laquelle il n'y aurait plus
à revenir une fois qu'elle aurait été accomplie.
Hier encore, il a répété, aux acclamations de
ses partisans, que la contre-révolution que les
fascistes ont anéantie à l'intérieur et qui, à
l'en croire, essaye en vain de s'organiser à
l'étranger, est le plus sûr témoignage que les
fascistes firent une révolution. S'il en avait
été autrement, si après avoir barré définitive-
ment la route au bolchevisme et avoir rétabli
l'ordre, les fascistes avaient favorisé le retour
à' un régime constitutionnel normal, ils n'en
auraient pas moins sauvé l'Italie, mais lui
auraient épargné l'épreuve de luttes intérieu-
res qui ne sont pas moins dangereuses, après
tout, que les luttes révolutionnaires. M. Mus-
solini l'avait compris il y a deux ans, lorsqu'il
1eut des velléités de s'orienter vers la politique
dite de « normalisation ». Il faut bien consta-"j
ter que ce furent d'abord les fautes com--
mises par les anciens partis, surtout par les
partis qui se retirèrent « sur le mont Aven-
'tin », suprême aveu d'impuissance, qui lui ont
rendu très difficile, sinon impossible, toute
« normalisation », de nature à faire rentrer la
révolution fasciste dans le cadre constitutionnel.
A défaut de toute conciliation avec les anciens
partis, il ne restait plus-au « Duce » qu'à aller
jusqu'au bout de l'idée fasciste; si les élé-
ments modérés se refusaient à toute réconci-
liation, il devenait le prisonnier des éléments
du fascisme intégral et se voyait contraint
'de créer un ordre de choses absolument nou-
veau, afin de bien marquer que l'avènement du
fascisme était réellement une révolution défi-
nitive, rompant franchement avec le passé.
Dans son discours d'hier, M. Mussolini, s'a-
dressant à ce qu'il appelle, les éléments res-
ponsables » des autres Etats, s'est écrié
:« Si vous voulez vivre, il faut en finir avec
le parlementarisme bavard, il faut donner des
pouvoirs au pouvoir exécutif; si vous voulez
vivre, il-faut affronter le problème le plus lourd
'de ce siècle, celui des rapports entre le ca-
'pital et le travail, problème que le fascisme
a résolu pleinement en mettant le capital et
le travail au même niveau, en face d'un objec-
tif commun la prospérité et la grandeur de
la nation. » II n'est pas certain que le fas-
cisme italien ait résolu- ce grave problème
'aussi pleinement que le « Duce » le prétend.
Il s'est servi du syndicalisme à ses fins poli-
tiques, tout comme le socialisme et le commu-
nisme., s!eji_s.er.vj^fll..aux uns. de lejit.,Doliliaue.,
a eux, mais l'expérience seule nous dira si lé
syndicalisme ainsi î assoupli ne hâtera pas
l'usure et la «récomposition du fascisme. En
somme, lorsqu'on va au fond des choses, on
constate que l'ordre nouveau créé par le fas-
cisme en Italie ressemblé éri bien "dès points
à l'ordre nouveau créé par le communisme en
Russie. Les buts sont essentiellement différents,
car à Rome on vise l'ordre et la grandeur
nationale, tandis qu'à Moscou on vise le désor-
dre et l'anarchie sociale; les procédés sont dif-
férents, eux aussi, mais d'un côté comme de
l'autre c'est la dictature, le gouvernement d'un
parti solidement organisé, qui déclare être
toute la nation et en qui se résument l'esprit,
le caractère, les méthodes et les moyens
d'un régime. ̃
Que M. Mussolini, comme chef suprême du
fascisme, s'enorgueillisse de l'oeuvre accomplie
au cours de ces dernières années, on le conçoit
sans peine. Reste à savoir vers quelles fins lé
portera, par l'implacable logique des choses,
son puissant effort. Tout régime révolution-
naire,.toute dictature s'appuyant,sur un parti
traduisant les aspirations nationales, ne peut
se maintenir et durer que si l'ardeur de ce parti
est constamment exaltée par l'espoir de réali-
ser de nouvelles conquêtes, d'atteindre un plus
haut idéal. En Russie soviétique,, c'est la vo-
lonté de provoquer la révolution universelle qui
a maintenu pendant sept années les forma-
tions bolchevistes en état de lutter contre toutes
les difficultés. Vers quel idéal l'élan fasciste
poussera-t-il le peuple italien? Par son essence
même, le fascisme est porté vers l'impéria-
lisme, manifestation suprême de l'orgueil na-
tional. Il y a d'ailleurs de cela des signes aux-
quels ilserajt difficile de se tromper, et l'ex-
pression de « la grande' Rome impériale, âme
immense du monde latin », dont aime à se ser-
vir le «Duce», marque nettement cette tendan-
ce.L'autre jour, en soulignant dans un discours
les progrès de la marine marchande italienne,
M. Celestia, sous-secrétaire d'Etat aux com-
munications, proclama qu'il appartient à l'Ita-
lie de coloniser l'Afrique méditerranéenne. Ce
sont là des manifestations auxquelles il faut
prêter toute l'attention qu'elles méritent parce
qu'elles sont caractéristiques d'un état d'esprit.
DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES
MM CORRESPONDANTS PARTICULMRg DU SStttpft
Sarrebruck, 29 mars.
A l'occasion du départ de M. Rault, qui aban-
donne 'le 1" avril les fonctions de président et de
membre français de la commission do gouverne-
ment du territoire de la Sarre, la colonie fran-
çaise a organisé une réception, au cercle français
des mines. M. Defline, directeur général des mines,
et M. Bomelaere, au nom des industriels fran-
çais de la Sarre, lui ont adressé des adieux de la
colonie française auxquels M. Rault a répondu en
termes émus.
L'ABDIGÀTIÔN
Deux communistes, MM. Duclos et Fournie,
prennent à la Chambre, en qualffé"de députés
u r-àr secteur* j&V ÎG eçtûeptâ* Étimessim
avaient été élus sur le programme de l'Union
républicaine nationale le 11 mai 1924. A ce
moment, la liste communiste avait obtenu une
moyenne de 40,781 voix. Il y a quinze jours,
elle recueillait 37,000 voix environ; hier, elle
a réuni 63,250 suffrages, grâce à l'appoint des
voix socialistes et radicales, grâce aussi à
l'abstention d'un nombre considérable d'élec-
teurs.
« Si les Parisiens votent en masse, avions-
nous écrit, si les 70,000 abstentionnistes du
premier tour se réveillent de leur léthargie, la
victoire des candidats de l'ordre est assurée.
S'ils persistent au contraire dans leur apa-
thie et leur indifférence, la liste communiste
peut l'emporter. »,Que s'est-il produit? Dix pour
cent seulement des abstentionnistes ont accom-
pli leur devoir; tous les autres ont persisté
dans leur indolence; 57,000 électeurs pari-
siens n'ont pas pris parti et ont permis ainsi
la victoire révolutionnaire.
Cette proportion énorme d'abstentionnistes,
qui atteint, à peu de chose près, le. chiffre
des voix de l'un ou de l'autre des partis en
présence, est un indice grave de l'affaiblis-
sement de l'esprit public. On peut, sans hé-
siter, l'attribuer à un dégoût croissant des mé-
thodes politiques actuelles, de l'aboulie gou-
vernementale et parlementaire.. Quand un
gouvernement hésite là prendre la moindre
responsabilité, quand il. n'ose accomplir sa
mission, quand il favorise sournoisement les
partis de désordre, quand là Chambre se débat
dans des convulsions d'impuissance, les cj-
toyens ( désespèrent du salut public. Mais qui
donc est responsable de cette désaffection pro-
fonde des intérêts nationaux sinon le cartel?
Le dégoût qu'il a répandu dans le pays s'étend
peu à peu au régime lui-même. Quand la tête
est vide, et que la volonté fait défaut, les mem-
bres restent inertes. Cette paralysie a gagné
plus d'un tiers du corps électoral dans le
2° secteur de la Seine. Est-ce là une victoire
cartelliste?,.
Les journaux du bloc radical communiste
se félicitent ce matin de la belle discipline
observée par leurs troupes. Belle discipline,
en effet: Les candidats de Moscou, pour les-
quels s'étaient prononcés 37,000 électeurs, ont
réuni d'abord les 15,000 voix socialistes du
premier tour. Rien de plua naturel et de plus
logique. Les deux partis socialiste et commu-
niste sont d'accord pour détruire les bases de
notre civilisation; ils.se rejoignent sur le ter-
rain de la lutte des classes et de la guerre
civile. Tous deux considèrent le bulletin de
vote comme un moyen d'arriver au pouvoir,
mais l'un et l'autre ont pour but la.dictature et
la terreur.
Mais les radicaux ont obéi eux aussi avec
discipline aux ordres de. leurs chefs. Socialis-
tes et communistes groupaient 52,000 voix les
candidats de Moscou ont recueilli 63,000 suf-
frages. D'où vient cet appoint ? Presque ma-
thématiquement des 11,000 voix de la liste ra-
dicale socialiste, suivant les ordres de la Fé-
dération radicale.,de la Seine devant lesquels
le comité exécutif de là rue de Valois s'est in-
cliné et que M. Herriot a confirmés. Les dépu-
tés du cartel acclameront sans doute leurs
nouveaux -teins quand ils feront ieûi" entrée à la
Chambre et M. Herriot pourra leur adresser ses
félicitations puisqu'ils auront permis ce bel et
rare exemple de discipline du parti radical.
Mais cette discipline est-e5,}e autre chose qu'une
abdication ? Le chant triomphal des organes
cartellistes ressemble ce matin à un chant fu-
nèbre. Un général félon peut-il se féliciter de
la désertion en masse, avec discipline, de ses
troupes à qui il a donné l'ordre de passer à
l'ennemi ?
A l'ennemi. Qui pourrait en douter? On a
lancé, on a répandu complaisamment contre
les candidats- d'Union nationale l'accusation
ridicule de fascisme. Mais les partis dont ils
se réclamaient ont gouverné la France de 1919
à 1924. Quand donc ont-ils violé la légalité
républicaine? Quelles « victimes » de ce gou-
vernement pourraient nous présenter les accu-
sateurs? Au contraire, depuis le.il mai 1924, le
sang des patriotes at-coulé à plusieurs repri-
ses. Ce nest. pas suas le gouvernement du
Bloc national que les meurtres de Marseille et
de la rue Pamrémo.nt se spufc produits. jtiier.
encore, pour fêter sans doute là victoire dû car-
tel élargi jusqu'à la révolution, un jeune adhé-
rent des Jeunesses patriotes a été sacrifié. Nous,
giisâons .en effet sur la pente du fascisme,
mais du fascisme rouge, dé cette dictature dite
prolétarienne qui a couvert la Russie de sang
cf. de,. ruines. ̃
'C'est à cela, que s'est rallié le parti de M.
Herriot. C'est se moquer que de donner pour
excuse qu'il a seulement voulu barrer la route
au «" fascisme "»." C'est là agiter un épouvan-
tai!; pour cacher. le, péril véritable, qui grandit
et qui se précise.
Le, *parti 'ftVJl se vante d'avoir pour ancêtres
lesi jacobins conclut l'alliance avec les héber-
tiste|- modernes sans se soucier des répercus-
sioj|| .que l'éclat de cette élection parisienne
v^fiftpVoquer à l'étranger. Et comment ne pas
ra.p~ïer à ce propos la fameuse interpellation
de' Camille Desmoulins à Hébert « Ne sais-tu
donc pas, Hébert, que quand les tyrans d'Eu-
rope: veulent avilir la République, quand ils
veulent faire croire que la France est cou-
veulent faire croire que la. France. est cou-
verte :dès ténèbres de la barbarie, que Paris,
cette ville si vantée par son atticisme. et son
goût, est peuplée de vandales; ne sais-tu pas,
malheureux, que ce sont des lambeaux >de tes
feuilles qu'ils insèrent dans leurs gazettes
coçime si le peuple était aussi bête, aussi igno-
rant -que tu voudrais le faire croire à M. Pitt.
comme si tes saletés étaient celles de la na-
tion; comme si .un égout de Paris était la
Sème;» .̃̃̃. ̃̃̃ ̃-̃•̃ p, •̃
Certes, le parti radical a voulu seulement,
sans doute, manifester son irritation de son
impuissance et donner l'illusion de sa force
en faisant élire les communistes. La manjDéu--
vre .a été remarquable, ïj, y- avait dans- Te ^.2^
se^èeûp iule poignée de radicaux hésitants qtti
pfpùVàicnt porter leurs voix aux candid.àts dé
ly0rdre. Une liste dissidente qui avait toutes les
faveurs officielles les a recueillies. Sept mille
électeurs de la rue de Valois, qui répugnaient
encore 'à saluer de leur bulletin le drapeau
rouge, furent habilement entraînés dans une
v^ie do garage. On comprend maintenant pour
quelles raisons le parti radical-communiste
tient aussi âprement à garder dans toutes les
combinaisons de cabinets le ministère do la
place Beàuvau. -•. i
̃ Et maintenant ? Le parti de Moscou compte
à la Clrambre deux fidèles de plus. Quel sur-
croît d'autorité peut bien en recevoir le gou-
vernement ?
NOS FINANCES
De nouvelles propositions viennent d'être, éla-
borées par le ministre des finances pour l'équi-
libre., du ;budget de 1926. Elles sont exposées
dans ^ne lettre de M. Raoul Péret au président
de la. 'commission des finances de la Chambre.
On trouvera plus loin ce document.
Le nouveau projet constitue une suprême
tentative de transaction. La commission des
finances pourrait ne pas y,demeurer insensi-
ble, si, elle jugeait suffisantes les concessions
qui restent faites à l'esprit cartelliste dont elle
s'est principalement inspirée jusqu'ici.
.^11 es ne laissent M$ que d'itfû importantes.,
comme il est aisé d'e s'en assurer par -l'analyse
des nouveaux moyens d'équilibre.
Toutes revisions effectuées des dépenses et
des "recettes considérées, à l'heure présente,
comme certaines, sur les unes et sur les au-
tres bien des réserves seraient, d'ailleurs, à
formuler, le ministre des finances arrive à
chiffrer à la somme de 2 milliards 506 millions
et demi les recettes supplémentaires à trouver
pour les neuf derniers mois de l'année 1926.
Les valeurs mobilières seraient frappées par
un relèvement du droit de timbre. La surcharge
ressort à 100 millions pour une année entière.
50 millions sont admis pour neuf mois.
Une majoration des droits de mutation sur
les ventes d'immeubles et sur les ventes de
fonds de commerce est acceptée, bien que les
mesures envisagées soient reconnues « suscep-
tibles d'entraîner un ralentissement de l'acti-
vité des transactions ». Aux yeux des auteurs
de la proposition, elle est bel et bien un hom-
mage à l'impôt sur le capital. M. Raoul Po-
ret en écarte « toute progressivité ».; On.ns
peut que Ten féliciter; mais les tentations se-
ront grandes.
L'ensemble des produits de cette majoration
fournirait 330 millions pour neuf mois, et 440
millions pour une année entière.
Avec les 50 millions des valeurs mobilières,
voilà 380 millions proposés.
Le projet y ajoute 281 millions et demi (375
millions pour un' an), de contributions indi-
rectes' diverses: boissons .hygiéniques, eaux
minérales, spécialités pharmaceutiques. On at-
teint 661 millions et demi. A quelles autres
sources puise-t-on?
La « taxe civique » donnerait 570 millions.
Nous n'avons pas à en redire les périls; nos
lecteurs les connaissent
Alors il manque encore 1,275 millions,
bien entendu pour la recette à réaliser durant
les neuf mois envisagés. ̃:
La taxe sur le chiffre d'affaires procùrerait
cette somme. Le gouvernement la main-
tient ? Oui et non.
Rarement on aura lu un éloge aussi forte-
ment motivé de la taxe sur le chiffre d'affaires.
Nous ne résistons pas au plaisir de détacher
de la lettre ministérielle cette page, où le bon
sens éclate à chaque ligne
Cette taxé, "écrit M. Raoul Péret, peut être recouvrée
iranïëdiatement et régulièrement, mois par mois, sans
création de personnel pour l'administration, comme
sans gêne nouvelle pour le contribuable; portant sur
un impôt à grand rendement, dont l'application est
éprourée depuis plus de cinq années et dont le produit
suit de -près les-variations du prix de la vie, elle ne
laisse place à aucun mécompte.
J'ajoute,qu'à l'heure actuélle, elle ne rencontre peut-
être pas, dans les milieux intéressés, une hostilité aussi
nette' qu'on le croit communément: l'extension du ré-
gime du forfait, eh libérant les petits commerçants du
contrôle constant des agents dou flsc, a, en effet, enlevé
à la taxe sur le chiffre d'affaires le caractère vexa-
toire qu'elle avait paru prendre en certains cas. A
l'heure présente, il n'est pas sûr qu'une majoration de
la taxe ne soit pas préférée par les intéressés à la
création .de nouveaux impôts, dont l'assiette les sou-
mettrait peut-être des formalités et à des contrôles
qui viendraient s'ajouter à ceux auxquels ils sont déjà,
soumis. :?
Après quoi, « dans une pensée de concilia-
tion » cette double proposition est faite ré-
duire de 600 millions le produit attendu, pour
neuf mois, de la taxe; et, en outre, la transfor-
mer en un impôt limité aux « grossistes », et
aux demi-grossistes ».
Elle ne donnerait plus que 1,275 millions, au
lieu des 1,715 millions primitivement; comptés.
Au moment où le nombre seul des contri-
buables peut assurer le rendement élevé d'un
impftty cette concession peut-elle paraître op-
portune?1
Mais la question essentielle n'est même :pas
là. Peilt-on espérer un ralliement de,, la com-
mission des finances? • Auraî-t-clle été désar-
mée? '? ̃
Il y a, ait commencement de la lettre du
minière des finances, une série d'observa-
tions que tous les esprits soucieux de l'avenir
devraient méditer. Ces buts sont visés
Suppression du recours aux avances de la Banque
de France pour le payement des dépenses publiques;
maintien de la marge disponible sur le- montant des
av.cçnçes. autorisées, pour faire face, le cas échéant, à
des demande'? do remboursement de bons de la Dé-
fêiisç iiktiojiaie: ekjiai-dcssus tout, affermissement ils
..la confiance et du crédit public, tant à d'intérieur
qji'i l'étranger. ,,)
'Un durable équilibre budgétaire est,, certes,
parmi'les moyens d'atteindre,, à ces résultats,,
mais a la condition, pourtant, qu'il concoure
au « raffermissement de la confiance ».
,Un excédent de recettes de 47 millions est
présenté. Si les menaces socialistes ne sont pas
réprimées, si la gangrène communiste gagne
de proche en proche, que deviendront et le
budget et la trésorerie ?
M. Raoul Péret a' fait preuve de courage en
prononçant le mot décisif, celui de « con =
fiance ». La commission des finances en com-
prendra-t-elle toute, là valeur ?
• » '̃
LA TAXE CYNIQUE) ï
Le scénario de la politique française tourne à
;îa iscie de revue. De semaine en semaine, nous
nous trouvons en face d'événements qui font « du
pareil au même »; Un ministre des finances de--
mande au Parlement le vote 'd'impôts indirects,
la commission du budget en propose d'autres,
plus ou moins chimériques, ta Chambro refuse
tout et la-Mvre monte de 10 points. Nous en som-
mes à UQ. Encore un petit effort de M. Renaudel.
cet hercale de foire, et nous décrocherons le
maximum à '9a tête de Turc. Enfin nous aurons
fait faiWite et « les ^puissances d'argent » seront
vaincues puisque tout le monde sera ruine, ce qui
est l'idéal de, la justice distributive du néant.
Pourtant, avant de trébucher, nos gouverne-
ments résistent. Mais, à chaque ma'liheur nouveau,
des ininisftres, interohangeables^ reviennent, tou-
jours 'prêts à c-hercher -des à<àîoninM)demiints avec
atte majorité .qui n'en veut aucun. ;fiette^ î oj& ;jt
;!hontorable M. Raoul Péret, qui est te dernier sur-
vivant du carré des cartellistes modérés, jette en
pâture aux socialistes insatiables la « taxe ci-
vique », où l'on trouve « à boire et à manger ».
En principe, cette taxe est destinée à faire payer
"universalité des citoyens majeurs. Bravo, dit-on,
voilà un impôt de capitation qui va compenser
l'impôt progressif payé par 1,250,000 contribuables
sur 40 millions de Français Mais le ver est dans
!ie fruit, car cette « taxe civique » est, elle aussi,
progressive, modérément pour commencer, com-
,pie il en fut autrefois de 'l'impôt général. Qu'àd-
viendra-t-il demain quand ladite taxe aura été
subrepticement transformée en prélèvement sur
ie capital?
Déjà l'opération est engagée. L'argumentation
est simple. Comment!, il s'agit d'une taxe civique,'
par conséquent d'un. sacrifice patriotique, et « les
gros » ne donneraient pas autant que « Jes pe-
tits »! Des journalistes qui, ignorant tout de'
l'économie financière, mériteraient de siéger à lia
Chambre, ont lancé l'idée. Elle fait son c-hemin.
Des amendements surgissent.
Il faut cependant se demander, comme Je inaré-
chal JFoch après Figaro, de quoi il est question.
Quand il fut avéré que 1,250,000 contribuables
seulement avouaient plus de 7,000 francs de re-
venu, ou i2,000 avec fles charges de famifc
moyennes, ce fut. un telle. On imagina aussitôt
la déalaration obligatoire qui ne fut rejetée qu'en
̃raison de l'encombrement que 10 à 11 • millions de
dossiers improvisés- eussent provoqué dans l'ad-
rn'.inistration des finances. C'est pour revenir à
coite disposition que l'on invente iaujourd'hui la
tSlS cWlqtfô." F&ift Dfen! Mais 1tô~ V^-t-eWe p^s
ia^"#o surgir 'Je même nombre do cotes, fiscal es ï
Alors, pourquoi sMe pa«- revenir purement et sim-
plement à ce qui fut abandonné plutôt que de
créer encore une super taxe, non pas pour ceux'
tout?
Car, enfin, il faut mettre les points sur les i.
Ces 1,250,000. contribuables assujettis l'impôt
géiiéral, arrivent à décaisser plus de la moitié du
budget si l'on veut bien reconnaitre qu'ils acquit-;
tent également les taxes sur la fortune et les taxes
somp.tuaires dont ne peuvent se prétendre rede-
vables ceux qui accusent moins. de 7,000 francs de
revenus. Pour les deux premiers mois de 1926,
les,, taxes., directes sur le revenu, la contribution
foncière et les valeurs mobilières ont donné 39,5
̃ppur 100 du total des. recettes, les taxes sur la
fortune et les droits de timbre 20 0/0, les taxes
somptuaires 4,20 0/0, les alcools et les tabacs
12,3 0/0 et les taxes de consommation proprement
budget. Que peut-on lui demander de plus?
,,Un « intellectuel » qui vit de son travail, avec
un, .rendement moyen, donne à l'Etat environ deux
mois de labeur par an. Aucune prestation de l'an-
cien régime n'atteignit cette proportion. Quant au
« riche », à celui qui gagne, toujours par son tra-
yailj plus de 550,000 francs, il doit payer, au delà
deipe.s 550,000 francs, une dîme de 97,2 0/0 s'il est
célibataire, et de 75 à SO 0/0 s'il est père de fa-
m"|Wev C'est une confiscation saris phrase.. Voilà
la catégorie, sociale que l'on voudrait encore, frapr
pejç d'une taxe civique qui devient une taxe cy-
nique..
̃ Vous défendez et les riches », nous diront les
(iéniagogùes. Npn, nous défendons les producr
tours, les créateurs du travail, ceux sans l'intelli-
gence desquels le pays serait accablé par le chô-
mage. Enseigner aux classes laborieuses qu'elles
doivent améliorer leur sort en dépouillant des
hommes qui suscitent l'activité générale, c'est une
lâcheté et une bêtise.
.M.rHerriot disait récemment que, sorti du peu-
ple, il ne renierait jamais le peuple et ne rom-
iprait, pas avec lui. Nous sommes d'ailleurs tous
sortis du; peuple. Est-ce une raison pour refuser
de le guider et, tout au contraire, se laisser pous-
ser par ses passions? C'est trop, commode, en vé-
rité, d'oublier tous les principes de la pensée mé-
thodique pour rester en accord avec l'ignorance.
La sensiblerie n'est pas une excuse. En n'osant
pas. imposer au pays les remèdes nécessaires, les
démagogues agissent comme ces mères qui lais-
sent mourir leurs enfants plutôt que de leur faire
absorber une drogue désagréable au goût. Ces
m$res-Jà. n'ont pas le droit de prétendre qu'elles
aimaient. Ed. J,
LE RÈGLEMENT DE LA PAIX
..L G E E
Après rassemblée de la Société des nations
L'attitude des travaillistes
» 'Commentant' l'échec des pourparlers de <3e-
riàve, M: Arthur Ponsoby, sous-secrétaire .d'Etat
des -affaires- étrangères dans l'ancien cabinet trar
vàMWsfe, -écrit dans le Reynolds
^Erf'-çe qui concerne la Grande-Bretagne, nous ne vju-
loris'pàs de détours, nous voulons renforcer les:pou-
voifS de la Société des nations. C'est en ce sens que
noôs- désirons voir le gouvernement britannique diri-
ger .ses efforts. Des pactes et de nouvelles alliances
comportant des obligations à longue échéance ne font
pas partie de notre programme. Nous devons deman-
der i M, Chamberlain de nous représenter, non pas de e
partir pour les assemblées de la Société des nations
avec un esprit vide, mais d'exprimer sans hésitation
aussi bien en public que' dans les conférences et réu-
nions privées l'opinion que son Parlement et sa nation
désirent lui voir soutenir.
Peut-être les hommes d'Etat des autres nations ne
sont-ils pas de cet avis, mais la Grande-Bretagne compte
pour quelque chose et nos décisions peuvent avyir
une grande influence. La 'Suède, qui est une petite na-
tion, a, grâce à la clarté de sa voix, sauvé la Société
des nations. Nous sommes sûrement capables d'ei
faire autant. Nous ne voulons plus courir, une foiS
de plus, un' risque quelconque. L'Allemagne est tou-
jours en dehors de la Société des nations et l'Améri-
que moins désireuse que jamais d'y entrer. Aussi notre
responsabilité sur ce sujet est grando parce que not'.c
mfluence est grande.
Kuus pe_iîouYons nous empCeiier. de cr^iadre, au;^
d'habiles diplomates étrangers, qui ont découvert une
dupe facile en la personne de Chamberlain, ne soient
encourages à nouveau dans l'avenir, à le pousser à
accepter leurs désirs.
Le Vatican et la Société des nations
h'Osservatore romano publie une note démen-
tant l'information que l'attitude du Brésil à Ge-
nève aurait été inspirée par le Vatican, qui,
n'ayant pu entrer dans la Société des nations, au-
rait tout fait pour la saboter. L'organe du Saint-
Siège ajoute
Il est superflu de déclarer que ces informations sont
complètement inexactes et imaginaires. De irfeme qu'il
n'a jamais demandé à faire partie de la Société des na-
tions, le Saint-Siège, non seulement s'est bien gardé
de faire quoi que ce soit pour en entraver l'action
mais toute son activité et des documents pontifi-
caux nombreux et réitérés le démontrent a toujours
tendu à la pacification des âmes et à atténuer les con-
séquences néfastes de la guerre et, par conséquent, à.
faciliter, par la préparation des esprits, la tâche de la
Société des nations même..
LE PROBLEME DES DETTES INTERALLIEES
M. Smoot et les prêts américains à l'Europe
On mande de Washington
L'attentibn du sénateur Smoot ayant été at-
tirée sur l'interprétation qui pouvait être donnée
au passage de son discours où, il soutenait que.
l'Europe ne pourrait rembourser les prêts con-
sentis par les banquiers .américains, le sénateur
a fait les déclarations complémentaires suivanr
tes
Je n'ai pas voulu indiquer que les emprunts étrangers
.ne constituaient pas des plàopmerits offrant, les garan-
ties désirables. Je- n'ai pas .voulu, dire que les emprunts
consentis 'par les banques 'né seraient pas rembourses:
quand' 'viendrait leur échéance. J'ai voulu dire que los
\eraprunts effectués par les pays étrangers augmente-
raient comme ont fait les emprunts des banques an-
glaisés avant la guen-e et qu'ils continueraient à aug-
menter aussi longtemps que les Etats-Unis resteraient
le centre monétaire du monde.
Le sénateur Reed au cours de la séanoo
du Sénat de jeudis, avaù provoqué la déclaration
de M. Smoot, a expliqué do son côté, qu'il ne
s'était pas trompé sur le sens véritable des pa-
roles de M. Smoot.
Nous avons, dit M. Reed, fait en Europe des place-
ments permanents qui subsisteront, à moins que quel-
que cataclysme ne transfère le centre monétaire mondial
dans un autre pays. Mais les emprunts seront rembouiv
ses quand ils,viendront à échéance.
En qui concerne l'accord avec l'Italie pour la
consolidation de la delta italienne, le débat re-
prendra aujourd'hui lundi devant le Sénat et
l'impression générale est que la ratification sera
votée.
On signale toutefois que l'association des
francs-maçons américains vient de lancer un ap-
pel dans le journal Fellowship Forum, aux 67
sénateurs, américains qui font partie de la franc-
maçonnerie, leur demandant de voter contre la
ratification do l'accord italo-américain, car il ne
faut pas oublier, dit la protestation, la façon hon- .1'
teuse dont les francs-maçons italiens ont été trai-
tés par Mussolini .L'association des francs-ma-
çons adjure les 67 sénateurs de rester fidèles à
leur serment maçonnique.
Les Etats-Unis et tes dettes des alliés
Sous le titre « Cent mille livres par jour à
l'Amérique,»; le Reynolds écrit
Notre pays verse 100,000 ilivres par jour aux Etats-
Unis pour des dettes qui furent principalement con-
tractées *%h ïqom 9ç là Fffanoe ê£ de Tïtaïïè, "ïwBs n'a-
wns pourtant jamais ireconnu la 3 us liée de ces paye-
ments. Dans quelques années, lorsque les problèmes
des dettes de guerre auront été places sur une base
̃permanente, il arrivera ceci que tout ce qui sera payé
.par l'Altema-gne au titre des réparations sera envoyé
en Amérique, pays qui s'est enrichi grace à la guerre
et bien peu de cet argent fera retour aux alliés de
l'Amérique qui ont pourtant le plus souffert de la
guerre. Cela semble peut-être juste en Amérique, mais
oe sera une injustice aux yeux de tous les autres pays
du monde.
JDA.2T& LE LEV-A-ITT
nNs'sr~iE
L'activité des insurgés
Les derniers télégrammes reçus de Syrie si-
gnalent une recrudescence de l'activité des in-
surgés.
Aux environs de Damas, la colonne Martv, quit-
tant le village do Sednaya pour Mnine, a eu un
engagement avec un groupe de rebeliles. Ceux-ci
ont été repoussés après avoir essuyé de grosses
pertes.
Un groupe de chars d'assaut, se portant au de-
vant de la colonne, s'est heurté, à Barze, à un
groupe important de rebelles qui attendait te pas-
sage des troupes. 'Les chars d'assaut ont ouvert
le feu sur l'ennemi qui a eu trente tués.
Les Tcherkesses ont repoussé des groupes de
rebelles qui voulaient occuper le village de Kat-
tana.
D'autre part, un combat s'est engagé à l'ouest
de Catlem entre des partisans et des rébd'les. Ceux-
ci ont laissé 10 tués sur le terrain.
Informations de source britannique
Notre correspondant de Londres nous téléphone lundi
matin:
Une nouvelle attaque des Druses contre Damas
et une alliance possible entro les Druses et les
Wahabites fanatiques du désert sont annoncées
par une dépêche de Caiffa au Times. A la suite
de l'arrivée de M. de Jouveued à Damas. les in-
surgés ont attaqué sur tous les points et ont
maintenu un feu nourri pendant toute la nuit.
Les Druses annoncent qu ils ont occupé Ledja,
région rocheuse située entre 'le Djebel-Druse et
Damas, qu'ils en ont fortifié ies défenses natu-
relles, qu'ils ont gagné à leur cause un certain
nombre de Bédouins et qu'ils ont chassé ceux qui
nous restaient fidèles. De source druso également,
on annonce de Caiffa qu'un certain nombre de
Wahabites se sont ouvertement révoltés et ont
passé dans le Djebel. On ajoute que, suivant cer-
tains bruits, tout lo Djebel-Druse est en train de
se convertir au wahabisme. Cette doctrine, dans
sa forme extrême, recommande l'extermination
non seulement de tous les infidèles, mais encore
de tous les musulmans qui ont été en rapport
avec eux et elle interdit de toucher au moindre
objet provenant des infidèles ou souillés par leur
contact.
DANS LE PROCHE-ORIENT
La crise gouvernementale roumaine
On mande de Bucarest
En vue de la formation du nouveau cabinet.
le roi a consulté dimanche. les leaders de l'/op»
position, MM. Michalache, chef du parti paysan,
général Averesco, chef du parti du peuple, et
lorga, un des chefs du parti national.
i Aucune décision n'a encore été prise.
Mesures spéciales en Grèce
On mande d'Athènes
A la suite de certaines informations disant qud
le colonel Plastiras, après avoir quitté Belgrade,
a échappé à la vigilance des autorités yougosla-
ves, le gouvernement a pris ici certaines mesu-
res de précaution eu faisant surveiller les per-
sonnes soupçonnées d'avoir entretenu des rap-
porls. avec le colonel.
Ces mesures, d'une étendue très restreinte, ont
pour but de prévenir toute tentative de troubler
l'ordre. Elles sont d'un caractère provisoire.
La situation financière de la Yougoslavie
On mande de Belgrade:
A l'occafsion de la discussion du budget, 'le mi-
nistre des finances, M. Stoyàdinovitch, a pro-
noncé un discours dans lequel il a donné des in-
formations concernant son vovage réeent en Amé-
rique, en Angleterre et en France. Il a exprimé
l'espoir qu'un accord avec les Etats-Unis d'Amé-
rique interviendra à bref délai. l'l a ajouté que
les négociations pour la consolidation des dettes
de guerre envers ia Grande-Bretagne commence-
ront ensuite. Le ministre a déclaré que les. em-
prunts serbes contractés sa. France avant la
guerre feront l'objet de l'examen Je plus attentif
du gouvernement.
Passant en revue les recettes de l'Etat, te mà-
nistre a souligne leur augmentation constante.
-Les recettes des impôts directs depuis 1923 ont
progressé de 1,183 millions à 1,898 millions. Les
recettes des douanes, pour la même période de
trois ans sont pasrsées de 1,432 millions à 1,812
millions. Les recettes d'octroi de 592 à 786 mil-
lions. Les timbres et l'enregistrement de 832 à
1,190 mi'Mions.' Le progrès des recettes prouve que
'es prévisions pour rexercico 1926-1927 srjront
réalisées.
Les nouvelles dépenses sont consacrées à la
reconstruction et à la réparation des lignes fer-
roviaires, des routes, à l'instruction publique et
à l'amélioration des conditions de l'agriculture.
La valeur du dinar est restée stable durant toute
la dernière ann'ée, l'amélioration de 'la monnaie
nationale sera également poursuivie. L'équilibre
budgétaire est assuré. Le chiffre total du budget
est fixé à 12,504 millions.
Autour de la convention d'Angora
Notre correspondant particulier à Constantlnoplo
nous écrit:
Certaines informations de journaux parisiens"
ayant répandu le bruit que le gouvernement fran-
çais ferait des difficultés pour ratifier 3a récente
convention d'Angora, et la presse turque s'étant
fait l'écho de cette rumeur, M. Sarraut, ambas-
sadeur de France en Turquie, a remis Jes choees
au point par des déclarations au journal Milliet.
Au sujet de ce même document, le ministre des
affaires étrangères Tewfik Rouchdi bey a répondu
comme suit à une question qui lui avait été po-«
sée par un journaliste « La convention d'An-
gora récemment conclue avec la France est une
couvre inspirée parles intérêts communs des deux
parties. Ep étu'dïa.nt Sa situation et 'tes facteurs
généraux qui ont conduit à cet accord, on se rend
compte que loin d'être une modification de l'an-
cien état de choses, il n'est que lé prélude d'un
nouveau développement des .relations » ajnicafcs
qui avaient commencé entre la France et la Tur-
quie avec le premier accord d'Angora, mais qui
avaient à maintes reprises subi certains ébran-
lements. »
Lettre d'Italie
1..
POLITIQUE ET PROPAGANDE COLONIALES
Le voyage de M. Mussolini à Tripoli
La «journée coloniale ». Le festin de Lazare
~w )
(De notre correspondant particulier)
Rome, mars.
L'Afrique est maintenant au premier plan de
l'activité politique de l'Italie d'outre-mer. Un
ministre des colonies actif, le prince di Scalea,
après maints voyages en Tripolitainè, pousse une
pointe jusqu'au sanctuaire des Sénoussites ré-
cemment occupe par les troupes italiennes. A ces
tribus, jusqu'à présent réfractaires à l'influence
colonisatrice, opprimées par leurs chefs, le mi-
nistre a dit « Venez à nous en toute confiance,
nous vous défendrons; en retour vous laisserez
passer librement les caravanes; vous respecterez
le tricolore italien ». Il fallait donner à ces hom-
mes du désert la certitude qu'il s'agissait d'une
occupation sérieuse. Pour en faire des auxiliaires,
fl a fallu leur prouver que l'Italie ne les aban-
donnerait pas en route. Les blockhaus fortifiés
qu'on, construit seront les inébranlables témoins
de la puissance militaire de l'Italie, de sa vertu
coloniale, de sa volonté de rester maîtresse dans
cfS.'fêgionâ.
Une politique colonîaio hésitante, salis 'prépa-
ration militaire et économique, sans possibilités
d'exploiter les territoires occupés, sans marine
marchande, a abouti il y a trente ans au désastre
d'Adoua. L'Italie alors par dépit de l'occupation
de l'Egpyte par l'Angleterre, do la Tunisie par la
France, avait été à Massaoua « pour chercher
selon la phrase historique du ministre Mancini',
dans la mer Rouge les clefs de la Méditerra-
née A cette époque, i! n'y avait pas de propa-
gande coloniale agissante, les masses étaient in-
différentes, aux premiers revers nettement hos-
tiles la conscience coloniale n'existait pas. La san-
glante guerre avec Ménélik, des défaites retentis-
santes mirent fin à ces projets d'expansion colo-
niale mal conçus et mal exécutés. Le désastre
d'Adoua entraîna la chute de Crispi et il fallut
attendre quinze ans avant de songer à reprendre,
avec Tripoli, une politique méditerranéenne.
Avant l'avènement du fascisme, la Chambre,
dominée par les socialistes, accueillait sans sour-
ciller les propositions funestes des révolution-
naires d'abandonner les postes avancés en Afrique
sans penser que ce recul attirerait sur les popu-
lations restées fidèles à 'l'Italie, sur leurs familles,
et sur leur territoire, tes cruelles représailles des
anciens oppresseurs. Cette triste page de l'histoire
coloniale italienne fut effacée par l'œuvre de re-
dressement de Volpi. U rétablit le prestige de
l'Italie par son voyage en Tnpo'itaine, démontrant
aux indigènes qu'on pouvait compter sur ia pa-
role et la fermeté de l'Italie. La récompense ne
se lit pas attendre; lo roi nomma de futur ministre
des finances Volpi comte de Misurata. La légende
d'une Tripalitaine stérile propagée par Nilti et
ses; amis qui parlaient avec mépris; du cette
« grande boîte de sable », est détruite. Des capi-
taux et des bras transformeront la Tripolitaine,
en feront une colonie agricole prospère.
L'émigration aux Etats-Unis est pratiquement
suspendue; dans d'autres pays elle se heurte aussi
à des difficultés. A propos de l'établissement en
France de nombreux Italiens, on fait remarquer
à Rome, qu'envoyer des Huiliers d'Italiens cul-
tiver les champs français abandonnés par leurs
propriétaires, c est faire un métier de dupe, parce
qu'un grand nombre do ces émigrants renoncent
au pays qui les a vus naître, tandis que la nation
qui les accueille s'enrichit au détriment du.pays
qui les envoie. Tel est le raisonnement, je pense,
qui a poussé M. Mussolini à faire un voyage en
TripoJiteine, pour réveiller l'activité coloniale
italienne. Cette visite aura certainement des ré-
sultats pratiques et prochains à cause de la puis-
sante suggestion qu'exerce le premier ministre sur
toutes les énergies nationales. Le « Duce » a dé-
crété une » journée coloniale » coïncidant avec son
retour de Tripoli. Déjà des cartes du domaine
colonial italien s'étalent sur les murs des salles
d'écoles dans les villes et les villages; maîtres et
maîtresses évoquent les fastes des conquêtes et de
la civilisation de la Rome de Sylila et des Césars.
Les Italiens ne laisseront pas de réclamer leurs
droits hisl.oriques dans le bassin méditerranéen.
C'est de Tripoli que M. Mussolini veut lancer son
« message colonial » il doit déclarer que l'Italie
revendique sa place, au soleiH, qu'elle réalisera
son programme d expansion et portera son pavil-
lon national dans les pays neufs où elle cherche
des débouchés pour sa croissante population, atasi
que-pour ses exportations..Le 21 avril, le signal
donné du Capitole sera recueilli, par toutes les vil-
les d'Italie et les colonies de la Tripolitaine, de la
Cyrénaïque, du Dodécanèse, de l'Erythrée, de.la
Somalie célébreront la « journée coloniale ». Par-
tout des orateurs, ainsi que les gouverneurs ou-
tre-mer, expliqueront aux Italiens que les colo-
nies constituent un des principaux éléments de
prospérité et de prestige pour le pays.
L'Italie ne prétend pas que les nations pour-
vues de colonies luil offrent gracieusement leurs
possessions d'outre-mer elle demande simple-
ment, nous dit Francesco Coppola, dans un article
de la revue Politica, « que là où s'ouvrent de nou-
velles voies, grâce au sang et au labeur italiens,
certaines puissances saturées de possessions co-
loniïiles trop vastes pour leurs besoins et leurs
capacités démographiques, ne barrent pas, par
avidité et, jalousie aveugles, la route à l'Italie.
quS n'admettra pas qu'on tente artificiellement
d'arrêter le cours de l'histoire et d'immobiliser la
carte du monde pour maintenir l'Italie dans son
étroitesse actuelle».
On ne saurai!) trop signaler le reproche insis-<
tant fait aux alliés d'avoir exclu l'Italie du par-
tage des colonies allemandes et des territoires de
l'empi're ottoman mis sous mandat. Vous avez pu-
blié les protestations indignées de la presse ita-
lienne quand on-a a lancé la nouvelle que l'Allema-
gne obtiendrait de la Société des nations un man-
at' colonial. « Pas avant que l'injustice commise
à l'égard de l'Italie soit réparée », a-t-on ri-
posté de Rome. Francesco Coppola reprend pour
son compte ce veto catégorique déclarant que
l'Italie ne tolérera pas, d'abord, que la Société des
nations, par des protocoles ou autres maehina-
iioav.iim)ose une. immobilité forcée à un^écuili-i-
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