Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1924-06-10
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 10 juin 1924 10 juin 1924
Description : 1924/06/10 (Numéro 22950). 1924/06/10 (Numéro 22950).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
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MARDI 10 JUIN 1924
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SOMMAIBE
pace a
ftôuvëllës de l'Etranger. Lettre d'Espagne, Léon
RojjÙn. Les Difficultés de la politique inté-
rieure aux Etats-Tsnis, Nicholas Roosevelt. t
'Les Mémoires du feld-maréçhql de Waldersee.
'Nouvelles du Jour.– La Chambre. –:Le'Qua~
triérne centenaire de Ronsard^ ,̃'̃̃̃̃
En passant Sarcey et la muse du département,
PlBRRE'MlLtE.'
PAGE S
Marine. Art et Curiosité l'Œuvre du 'service
des antiquités syriennes, René Grousset.
Faits-divers. Aéronautique. Automobilisme.
Fat~-dt~er~. Ae~'oHaM~gMe. AM~omoMh'~me.
'Feuilleton « Filles d'Albion », Joël Ritt.
PAGE 4
tpéct tires étrangères, René Puàux. > Tribunaux. >
1 Lés Jeux olympiques de Paris. Théâtres. –♦
Sports. 'j •
̃Dernières Nouvelles. La Crise politique
A l'Elysée; la Déclaratiod ministérielle; Dans les
groupes de la Chambre*
Paris, 9 juin
BULLETÏN_DII JOUR
ÉTATS-UNIS, JAPON ET ANGLETERRE
Lés Américains, eux aussi, sont absorbés par
la politique, intérieure. Ils s'occupent jus-
qu'au 4 novembre de leur élection présiden-
tielle. Demain se réunit à Cleveland la conven-
tion du parti- républicain. Elle • acclamera la
É&fldidature de M. Coblidgè. '̃ Elle désigfriera un
candidat à la- vice-présidence et elle adoptera
le programme électoral qu'on est en train de
rédiger. On ne prévoit point d'incident, et l'on
décrit uniquement le, caractère grandiose du
spectacle qui va commencer. « A Cleveland,
câblait hier le correspondant américain du
Daily Telegraph, on a ménagé des places pour
5,000 délégués, pour 10,000 spectateurs et pour
;586 journalistes. L'orchestre est placé à mi-
hauteur entre la grande estrade et le plafond.
On estime que les communications radiotélé-
graphiques atteindront près de 20 millions
d'auditeurs. C'est là un fait tout nouveau dans
les assemblées des partis américains, et l'on
pense que les orateurs s'adresseront à l'audi-
toire invisible tout autant, qu'au public placé
sous leurs yeux. » Nous comprenons sans peine
que l'attention dés Américains soit accaparée/
pendant des' mois, par cette mobilisation poli-
tique de tout un continent.
Cependant, des événements plus lointains
mériteraient également d'occuper les Etats-
Unis* oU même de les préoccuper. Avant-hier
soir, Un incident est survenu à Tokio.Le ré-
fcit: en est fait par l'agence Reuter, qui ne pa-
raît point disposée à en amoindrir la portée.
Une troupe de Japonais ont envahi un hôtel où
se tenait comme toutes les semaines, une soi-
rée dansante à laquelle participaient des Amé-
ricains. L'agence. Reuter affirme même que le
chargé d'affaires américain était r présent,
avec « plusieurs membres du personnel de
l'ambassade •», Les envahisseurs n'ont pas
commis de violences, mais ils ont « mis fin à
la réunion par des propos insultants, afin $e
protestëi*:contre la. politique pratiquée -par. les
Américains vis-à-yis des immigrants ». En
outre, « des groupes d'agitateurs ont fait fer-
mer plusieurs établissements de plaisir où le
cinématographe, proj etait des films américains ».
Ce télégramme Reuter est reproduit ce matin
par les journaux anglais, avec des titres qui en
font ressortir l'aspect sensationnel.; «. Sérieux:
incident à Tokio », imprime le Daily Tele-
ïgraph. « Graves événements à Tokio », lit-on
dans le Morning Post. D'autre part, on sait que
leca.bjn.et japonais a démissionné. Depuis les
élections au, moins, son départ était inévitable.
Cependant, le correspondant du Times mande
à ce sujet « Beaucoup de gens considèrent
que la démission du cabinet a eu lieu sous l'in-
fluence du sentiment antiaméricain qui l'em-
porte, ici. » Ainsi, les inanifestations.de la. rue
sont sérieuses, et elles paraissent capables
d'agir sur la politique du gouvernement japo-
mais. Telle est.du moins l'impression que les
journaux anglais donnent à leurs lecteurs.
Fidèles que nous sommes à la cause de la
paix, entre les Etats-Unis et le Japon comme
entre les nations européennes; nous nous
sommes efforcés dé montrer déjà que le diffé-
rend actuel ne devrait pas mener à un conflit.
'A. commencer par le président Coolidge, tout
lé monde comprend que la récente loi améri-
caine a pu blesser la fierté nationale des Japo-
nais, en changeant la forme sous laquelle la
main-d'œuvre japonaise est exclue. Jusque-là,
l'exclusion avait lieu en vertu d'un accord diplo-
matique. Désormais elle a lieu en vertu d'un
texte législatif., On se résigne plus volontiers à
:une interdiction stipulée à l'amiable qu'à une in-
terdiction édictée par un acte de souveraineté.
Mais dans la mesure où la fierté japonaise pou-
vait se trouver blessée par la nouvelle loi, elle
pouvait être guérie aussi par les regrets qu'a
exprimés le président des Etats-Unis et par la
considération que tous lès autres peuples con-
tinuent de au Japon. L'incident pour-
rait donc être clos maintenant, sans humilia-
tion pour personne. En revanche, si la que-
relle devait se prolonger, la diplomatie japo-
naise s'apercevrait peut-être qu'elle est sur un
terrain médiocrement solide, en droit aussi bien
qu'en fait. '1
̃ En droit, la protestation japonaise du 31 mai
ne contient que des arguments très frêles. On
ne saurait en faire grief au gouvernement ja-
ponais ni à son distingué ministre des affaires
étrangères car la meilleure diplomatie du
monde ne peut pas invoquer, dans ses notes,
plus de titres quelle n'en a dans ses dossiers.
La note japonaise s'étend longuement sur le
traite de commerce de 1911 mais elle s'abs-i
tient sagement de pousser jusqu'au bout cette
partie de son raisonnement. Elle fait allusion
à l'accord de 1907 mais, si nous saisissons
bien sa pensée, c'est pour y rattacher une me-
nace de représailles plutôt que pour en tirer
une preuve de son bon droit. Quant aux argu-
ments de fait, ils se retourneraient en général 1
contre la thèse japonaise, si l'on voulait les ex-
ploiter à fond. Ainsi le gouvernement japonais
constate, dans sa protestation, que le nombre
des Japonais a très peu. augmenté aux, Etats-
Unis depuis l'arrangement de 1907. En quinze
ans, le nombre des ̃arrivants n'a dépassé que
de 8,681 le nombre des partants. Voilà une ob-
s'ervation que les Japonais ont intérêt à faire, -r
s?ils veulent simplement établir qu'on les a
brusqués inutilement. Mais s'ils prétendaient
poursuivre la querelle et exiger l'abrogation de
la nouvelle loi américaine, leur constatation se
retournerait contre eux on leur dirait qu'ils
ont tort de troubler le monde pour une affaire
minime. L'argument même de la fierté blessée
demande à être utilisé avec précaution. Un
Anglais qui a passé seize ans à Tokio, le doc-
teur Ingram Bryan, explique dans le Morning
Post de ce matin que les étrangers ne peuvent
pas acquérir de propriétés foncières au Japon,
tandis que les Japonais possèdent 350,000 acres
de terres en Californie. De plus, la nouvelle loi
américaine n'est pas sans précédent, et elle
ne vise pas spécialement les Japonais. Dès
1904, une loi américaine a exclu les immi-
grants chinois. En 1917, les personnes origi-
naires de l'Inde ont été exclues par une autre
loi. Le nouveau texte législatif ne désigne pas
nommément les Japonais, Il formule une règle
générale d'où résulte, entre autres conséquen-
ces, que la main-d'œuvre japonaise' est exclue
des Etats-Unis. Mais, remarque le docteur
Bryan, tous les ouvriers étrangers sont exclus
du Japon.
Pour ces raisons et pour quelques autres mo-
tifs, le différend ne peut guère s'envenimer
que si l'irritation japonaise trouve des encou-
ragements et des appuis en Angleterre. En trou-
verait-elle ? Le Daily Express de ce matin con-
seille aux Etats-Unis dé négocier une transac-
tion avec le gouvernement japonais. Cette sug-
gestion, quelles qu'en soient les origines et les
tendances, ne contribuera probablement pas' à
diminuer lés réclamations japonaises. 11 faut
tenir compte aussi d'un fait assez grave. Le
Congrès des Etats-Unis s'est séparé, samedi
soir, sans avoir définitivement adopté la loi
qui doit moderniser la' flotte américaine. Or il
y a' plus d'un mois que le gouvernement des
Etats-Unis, en publiant l'inquiétant rapport de
l'amiral Coontz, a révélé les insuffisances de sa
marine et l'impossibilité d'y parer immédia-
tement. ̃'̃••̃̃̃
DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES S
des BeraiKTOHDMere PAimewuisas DU s&mp»
Londres, 9 juin.
La grève du Métropolitain de Londres paraît
être près de sa fin. Les syndicats ont en effet re-
fusé de verser les fonds de grève et d'encourager
d'une façon quelconque un mouvement organisé en
dehors d'eux. Le leader des grévistes -a affirmé
qu'il n'a aucun.rapport avec les communistes, mais
qu'il a voulu trancher une question de salaires qui
est en négociation depuis deux ans. Les grévistes
reprennent peu à peu le travail;. toutefois les ser-
vices. ne sont, pas encore revenus à la normale.
̃'̃'>'̃̃ "̃̃̃̃̃ i '< • •• s "• .Londres,' ? Juin. •̃̃
iLe sultan arabe Ibn Saïd, qui règne sur le va>ste
pays du Nedjed, en Arabie, a invité un capitaine
anglais, ancien secrétaire particulier de sir Percy
Cox, à Bagdad, à visiter son pays, et notamment
à explorer le grand désert du Sud; il lui a fourni
des guides. Le capitaine est arrive à l'oasis de
Pabrin, dont il a, le premier, relevé la position
géographique. Les Bédouins qui habitent cette
région, inaccessible jusqu'ici, sont à peu près sau-
vages. Néanmoins le capitaine a reçu bon accueil
et à vécu une semaine parmi eux.
Continuant son exploration, le capitaine a dé-
couvert, sur le golfe Persique, les ruines d'un an-
cien port phénicien, dont on avait perdu les traces
et qui était mentionné dans un ouvrage de Ptolé-
mée.au deuxième siècle de l'ère chrétienne.
Le capitaine anglais, qui à vécu 'quelque temps
auprès du sultan du Nedjed, a été fort surpris de
voir que le sultan était tenu très au courant de
ce qui se passe en Europe, si au courant, même,
que c'est lui-qui a informé le capitaine de l'avène-
ment d'un ministère travailliste en Angleterre, fait
encore ignoré par lui.
Lisbonne, 9 juin.
• Les 29 officiers aviateurs portugais qui s'étaient
mutinésau camp d'aviation d'Amadora pour protes-
ter contre la destitution de leur chef se sont ren-
dus au colonel commandant les troupes qui fai-
saient le siège du camp.
Kowno, 9 juin.
Le ministère Galvanauskas a démissionné .à la
suite d'un vote du Parlement émis, à l'occasion de
la discussion du budget, sur la question des voies
ferrées de Memel à Kowno, vote contraire au pro-
jet gouvernemental qui prévoyait que les frais do
construction seraient couverts par un emprunt à
conclure en Angleterre.
M1SË AU; POINT
'II a' suffi d'une journée, à M. François-Marsal
i pour constituer son ministère. Ses collègues et
lui-même ont d'autant plus de mérite à assu-
mer la charge du pouvoir qu'elle comporte dans
les circonstances actuelles, ils le savent, plus
de difficultés que d'agrément.
Ils n'ont pas voulu se dérober à ce qu'ils ont
considéré avec/ raison comme un devoir civi-
que d'une haute importance. 11 n'ont pas voulu
i ruser avec 'leur conscience et chercher dans la
carence du pouvoir, qu'ils auraient organisée à
leur tour, et le moyen inconstitutionnel d'obte-
nir une démission justement discutée et l'abri
commode où l'on attend des jours politiques
meilleurs'.
Les nouveaux ministres vont demain devant
les Chambres pour donner lecture du message
présidentiel et pour soutenir la discussion qui
s'ouvrira sur la question constitutionnelle po-
sée par l'intransigeance socialiste et radicale
socialiste. Celle-ci ira-t-elle jusqu'à refuser
même le débat ? jusqu'à refuser d'entrer en
relations avec le ministère qui lui apporte, con-
formément aux lois constitutionnelles, un mes-
sage ? Ce serait alors même le droit de mes-
sage, inscrit à l'article 6 de la loi constitution-
nelle du 14 juillet 1875, qui serait supprimé.
Nous ne pouvons pas croire que, si intolérante
que s'annonce la majorité cartelliste, elle
veuille se lancer dans cette aventure. Abolir
sans débat le droit de message du président de
la République, supprimer le droit de discussion,
la liberté de la tribune, ce serait une. singu-
lière préface à la politique d'un cartel qui s'est
plaint à grand fracas nés décrets-lois, qui a
feint de redouter les dictatures et a promis de
rétablir les libertés que quatre ans de Bloc na-
tional avaient, paraît-il, méconnues.
Nous voulons.donc espérer que, sans ques-
tion préalable, la Chambre et le Sénat: seront
mis à même de délibérer sur le problème pré-
sidentiel qui préoccupe à juste titre l'opinion
publique.
Nous avons dit hier que les exigences du
cartel des gauches ne tendaient à rien de moins
qu'à porter atteinte à la durée du mandat pré-
sidentiel et à la nature des fonctions présiden-
ti-eiles. Nous avons soutenu cette thèse, -qui nous
paraît conforme à la lettre et à l'esprit de la
Constitution de 1875, que le président de la
République a le droit, sans dépasser les préro-
gatives qu'il tient de cette Constitution elle-
même, d'exposer la politique du gouvernement.
Mais, disent les trinitaires radicaux socia-
listes, socialistes et communistes, c'est ici
raisonner en général, argumenter in absiracto.
Il ne s'agit pas de savoir si un président peut,
d'une manière indéterminée dans le temps et
dans l'espace, énoncer des théories générales
sur la politique. Il s'agit d'un cas déterminé. Il
s'agit de M. Millerand.
Dans trois occasions, disent-ils, il a méconnu
les devoirs de sa charge en se prononçant pour
un parti contre un autre. Ce ne sont pas eux
qui ont ouvert la crise, c'est, concluent-ils, M.
Millerand. ;• ̃*̃.̃
Est-on bien sûr, même sur ce terrain, d'avoir
raison? Discours d'Evretix, communiqué du
Matin, scrutin d'arrondissement, voilà les trois
péchés de M. Millerand, ceux qui doivent, d'a-
près les eartellistes, ̃ entraîner sa démission.
Discours d'Evreux du 14 octobre 1923. Il
traite d'abord de questions générales d'ordre
extérieur.' Il retrace ensuite l'oeuvre du Parle-
ment en fonctions. lise modèle ainsi sur les
discours du trône d'un chef d'Etat constitution-
nel auquel nul parti arrivant au pouvoir à la
suite d'élections nouvelles ne songerait à de-
mander son abdication. Il rappelle notre vic-
toire -est-ce ce souvenir qui choquerait les
communistes? Il s'exprime -sur la Société des
nations en termes que ne désavouerait pas M.
iïerriot: « La Société des nations, dont la France
se. fait honneur d'avoir, il y a des siècles, émis
l'idée première, ne constitue pas seulement une
promesse. Sa courte existence lui a permis
déjà,, au travers.de heurts inévitables, de justi-
fier sa création par ses bienfaits. »
S'agit-il de nos alliances ? « Son souhait fer-
vent{à la France) est de resserrer-les liens d'a-
mitié et d'alliance noués car le oéri-1 commun
avec des peuples dont elle n'oublierajamais les
sacrifices. » ̃•
S'agit-il des grèves de 1920 ? « Fort de: la
coiïflance du Parlement, usant des armes ••lé-
gales avec modération, mais avec fermeté, le,
gouvernement de l'époque, a réussi à- mettre ,»n
terme à une ̃ '.agitation qui ne se serait pas pro-
longée sans dommage pour la santé morale
comme pour les intérêts matériels du pays. »
Qui pourrait le nier ? Les communistes sans
doute, les socialistes' révolutionnaires. Mais les
radicaux socialistes sont-ils liés à ce point par
leur cartel électoral avec les socialistes qu'ils
pourraient tolérer demain des grèv«s qui,, com-
me celles de 1920, auraient pour but avou-é de
faire en France une révolution calquée. sur
celle de la Russie soviétique ? ̃̃,
S'agit-il du budget, des questions religieuses,
des questions sociales? « Equilibrer les dépen-
ses publiques par des ressources suffisantes et
maintenir ainsi au crédit de la France le re-
nom dont il est digne; bannir des querelles po-
litiques les préoccupations confessionnelles et
consolider dé la sorte l'union entre les Fran-
çais poursuivre enfin 1b progrès social dans
une atmosphère de calme et de labeur ce
sont bien là, n'est-il pas vrai? les directions
que l'intérêt national prescrit do continuer &e
suivre. » L'équilibre du budget, la liberté de
conscience, ce sont les termes mêmes dont s'est
servi M. H'drriot dans sa lettre du' 2 juin der-
nier à M. Léon Blum pour lui exposer son pro-
gramme.
Mise en valeur de nos' colonies « notre do-
maine colonial veut être exploité » problème
indigène; et musulman qui « ne -peut être
éludé » politique de natalité « qui s'impose
aux gouvernants de la France avec un carac-
tère presque ̃tragique de gravité et d'urgence »
mais ce sont ies'idëes'de M. Herriot, de M. Pi-
nard. Comme on comprend le double commu-
niqué donné le 5 juin par l'Elysée d'une part,
par M. Herriot d'autre part, à l'issue de 'l'entre-
vue de M. Millerand et de M. Herriot Commu-
niqués desquels il résultait que l'entretien du
chef de l'Etat et du chef du parti radical socia-
liste n'avait révélé aucun désaccord sur les
grandes lignes de la politique nationale, tant
à l'extérieur qu'à l'intérieur.
Deux points cependant, dans le discours
d'Evreux, valent d'être signalés;: ceux qui con-
cernent le rétablissement de l'ambassade du
Vatican et l'autorisation à certaines congréga-
tions. ̃
Le discours d'Evreux disait « La reprise
des relations de la République avec le Saint-
Siège, commandée par la vue exacte de nos
intérêts au dehors autant que par l'exemple des
peuples même les moins suspects de sympa-
thie envers la papauté, se serait' à coup sûr
heurtée, six,ans plus tôt, à une étroite et fausse
conception du rôle de l'Etat républicain et laï-
que. La République a donné, par la séparation
des Eglises et de l'Etat, sa conclusion naturelle
et logique à la doctrine invariable du gouver-
nement français que l'intrusion d'aucune puis-
sance spirituelle dans le domaine du pouvoir
civil ne saurait être tolérée. »
C'est la théorie de Gambetta et de Waldeck--
Rousseau, de qui se réclame le chef du parti
radical socialiste, M. Herriot. Pourquoi hono-
rer chez les morts une doctrine qu'on discute
aux vivants ?
De même pour l'autorisation à accorder à
certaines congrégations, le "d iseburs d'Evréùx
rappelait les invariables déclarations de Wal-
deck-Rousseau par lesquelles l'auteur de la loi
de 1901- « n'entendait nullement exclure les
congrégations dont l'utilité serait reconnue et
l'autorisation décernée selon les formes pré-
vues». "̃
Ainsi, le discours d'Evreux a interprété la
politique du gouvernement existant. Sauf sur
les deux questions de l'ambassade du Vatican
et des congrégations, il ne se différencie jus-
qu'à nouvel ordre d'aucune des lignes géné-
rales de la politique sur lesquelles M. Herriot
a reconnu: ne pouvoir être en désaccord avec
le président de la République.
Quant à l'information du Matra du 27 mars,
elle eut lieu au lendemain de la brusque mise
en minorité du ministère Poincaré devant la
Chambre sur la question des pensions. Là en-
core, le texte s'éclaire à la lumière des préten-
tions actuelles des eartellistes. Cette informa-
tion, à laquelle on a attribué un caractère offi-
cieux, disait « Les grandes lignes de la poli-
tique française ne sauraient en aucun cas
changer pour une raison autre que la volonté
clairement exprimée du pays. » Et la note énu-
mérait limilativement ces « grandes lignes de
la politique française ». Elle disait « A l'exté-
rieur, la France ne saurait évacuer la Ruhr
avant payement total des réparations. A l'in-
térieur, la France veut rétablir, l'équilibre de
son budget, s'abstenir d'emprunts et n'engager
aucune dépense qui ne soit couverte par des.
recettes équivalentes. » Rien de plus, rien de
moins. Rien de plus en pénétrant dans plus
de détails, le président de la République aurait
exprimé les idées d'un parti. Rien de moins
en rappelant ces grandes questions, le prési-
dent de la République exprimait les idées de
la nation. •.̃̃̃̃.̃.
L'article se ierminait par cette phrase qu'ex-
ploitent à grand bruit les eartellistes aujour-
d'hui « Au cas où le pays se montrerait hos-
tile à la continuation de cette politique, le pré-
sident de la République en tirerait -immédiate-
ment, en ce qui le concerne, les conséquences:
qu'il jugerait opportunes. »
Le pays s'est-il donc déclaré favorable à
l'évacuation, immédiate de la Ruhr ? hostile à
l'équilibre du budget? M. Herriot; dans son
programme exposé à M. Léon Blum, reconnaît
lui-même que s'il prend le pouvoir il n'éva-
cuera pas la Ruhr immédiatement et n'aura
pas de plus grave souci que d'équilibrer le
budget. « Notre parti, a écrit M. Herriot, ne
croit pas possible l'évacuation de la Ruhr avant
que les gages prévus par les experts aient été
constitués et remis aux organismes internatio-
naux désormais qualifiés pour les gérer. »
Alors? ̃•
Reste enfin le dernier grief M. Millerand
s'est opposé au rétablissement du scrutin d'ar-
rondissement. Rien de pareil. Quand, au cours
de la discussion de la réforme électorale, on a
vu surgir des propositions de rétablissement
du scrutin uninominal, il n'y a eu, de là part
du président de la République, de manifesta-
tion ni directe. ni indirecte pour ou contre. Il"
y a eu, à la vérité, des articles de journaux,
dont le premier fut celui de M. Georges Bon'
nefous, député, président de la commission du-
suffrage universel, qui firent observer que le
président de la République avait le droit d'ap-
peler les Chambres à procéder à une -seconde
délibération, si le scrutin d'arrondissement
était rétabli. Les auteurs de cette controverse
'avaientrils reçu les confidences du président de
la République ? La question n'est même pas là.
Ce qui importe, c'est de savoir si le président
de la République aurait eu, dans l'espèce, le
droit de prendre l'initiative qui lui était attri-
buée. Or, le paragraphe 2 de l'article 7 de la
loi constitutionnelle du 10 juillet 1875 accorde
formellement au président de la République la
faculté de « demander, par un message mo-
tivé, aux deux Chambres une nouvelle délibé-
ration qui ne peut être refusée ». Sans doute,
aux yeux de certains exaltés, demander une
seconde délibération sur un projet voté par une
Chambre, c'est déjà porter atteinte à l'infailli-
bilité de l'Assemblée, c'est crime de lèse-ma-
jesté. Mais le droit présidentiel existe dans la
Constitution.
Ainsi, sur aucun ooint. dans aucun cas, le
président de la République n'a dépassé les
droits que lui attribue la Constitution. Mais,
dans plusieurs circonstances, il en a usé. Et
c'est l'exercice de ces droits, dont l'usage s'était
^èut-ctre peu' à peu perdu, qui est ap-
paru comme une intolérable usurpation aux
yeux d'hommes politiques- d'extrême gauche,
plus jaloux de l'empêcher, si régulier qu'il soit,
que soucieux d'en reconnaître la légalité, si
évidente quelle soit. > ̃ ̃ =•
A défaut de la majorité radicale socialiste de
la. Chambre, menée par les socialistes et.les
communistes, le Sénat, gardien, souverain de
la Constitution, laisserà-t-il passer un acte qui
porte à celle-ci un coup aussi rude ? Dans les
circonstances critiques, dans les conjonctures
parfois tragiques qui ont traversé l'existence de
la troisième République et qu'elle a toujours
surmontées gr-àce. à sa sagesse, grâce aussi à
la prudence du Sénat, c'est au Sénat qu'il con-
vient de faire appel comme à la ressource su-
prême pour éviter une faute qui; subordonne-
rait la présidence, de la République aux majo-
rités variables d'une des deux Assemblées et
pourrait avoir de graves conséquences. On
prête au Sénat l'intention d'attendre le vote de
la Chambre pour se prononcer lui-même. Nous
ne pouvons croire aune tactique qui mettrait le
Sénat à la suite de la majorité radicale socia-
liste, socialiste et communiste de la Chambre.
L'heure est assez sérieuse pour que chacun des
grands corps de l'Etat prenne ses responsabi-
lités..
OPINIONS DE- PROVINCE
La tâche la plus urgente de l'heure, une
heure qui aura passe, vite, c'est ..de défendre
la République. Car la République repose uni-
quement sur la fondation de la loi, et c'est
cette loi contre laquelle déferle en ce moment
la vague démagogique. Il ne s'agit pas de
M. Millerand, pour lequel tout Français a le
droit d'éprouver des sympathies ou des anti-
pathies, qu'il peut librement louer ou blâmer
pour ses actes même présidentiels. Il s'agitde
la présidence de la République. La loi consti-
tutionnelle, qui est, en attendant qu'on la mo-
difie si on le juge bon, le pacte.national entre
les partis, a institué cette magistrature su-
prême, a prescrit qu'elle durerait sept années,
et que le président de la République, qui a di-
verses prérogatives ajourner le Parlement
pour un mois, dissoudre la Chambre des dé-
putés avec l'avis conforme du Sénat,, opposer
aux lois un veto suspensif, etc., etc., ne .serait
responsable et devant les Chambres seule-
ment qu'au cas de haute trahison. La gau-
che, si elle en trouve les moyens, peut donc
inculper M. Millerand de haute trahison et,
par un vote de la Chambre, le traduire devant
le Sénat. Elle ne peut rien de plus contre lui,
.même s'il professe des opinions politiques
contraires aux siennes. C'est un droit qu'il pos-
sède aussi -bien que tout autre citoyen, Pourvu
que, dans l'exercice officiel de sa magistrature,
il observe strictement les règles constitution-
nelles, que tous: ses actes publics soient con-
tresignés par un ministre, il échappe à toute
poursuite, légale. ̃ ̃̃̃̃
Mais la gauche émet la prétention révolu-
tionnaire de supprimer en fait la présidence
yde la République, en la rendant à tout moment
serve de la majorité de la Chambre des dépu-
tés. Car si son raisonnement était admis, il
.s'ensuivrait que le président de la République
devrait être changé chaque fois que change-
rait cette majorité. Et l'on sait par une longue
expérience combien .sont instables nos majo-
rités parlementaires. On ferait dès lors une
consommation de présidents de la République
aussi énorme que de ministres. Ils s'écroule-
raient les uns sur les autres comme châteaux
de cartes. Le pouvoir exécutif tout entier et
bientôt sans doute le pouvoir judiciaire pas-
serait aux mains du pouvoir législatif. Chaque
majorité tour à tour aurait licence de tout faire
en France, tout ce qu'il lui plairait. Les libertés,
l,es droits," les garanties de tous les citoyens
seraient livrés à son bon plaisir. « Comité de
salut public », a déjà dit un des plus ardents
des démolisseurs de la présidence. En effet,
c'est là que ceux-ci veulent nous mener, en dé-
truisant d'abord la présidence de la Républi-
que. Mais si les majorités ont, dans notre dé-
mocratie, le- droit de gouverner, elles n'ont
nullement celui d'opprimer, selon leur fan-
taisie, les minorités." Et ces minorités ont pour
citadelle la loi.- C'est la loi seule toutes les
lois, et d'abord la loi' constitutionnelle qui
leur assure la vie sauve. Sans elle, elles se-
raient taillables, corvéables à merci. L'équi-
libre des pouvoirs publics est leur seule sécu-
rité. C'est ainsi que .le radicalisme, oublieux
même des choses d'hier, aussi longtemps que
le Bloc national était maître à la Chambre,
avait dans le Sénat plus, radical un appui
qui lui fut précieux en beaucoup de circons-
tances. A un moment donné, c'est'telle mino-
rité,. à un autre moment c'est telle autre qui
trouve sa sauvegarde dans la division des
pouvoirs. Ceux-ci fusionnés en un seul, c'est
la passion de l'heure qui tyrannise le pays.
Ivres de leurs succès, les radicaux et les socia-
listes ont la folie de vouloir abattre des rem-
parts derrière lesquels ils pourraient s'abriter
eux-mêmes aux jours inévitables de leurs
revers. v
En fait, la minorité actuelle est d'impor-
tance. A rie considérer que les chiffres du pre-
mier scrutin où l'on s'est compté à la Cham-
bre, 296 voix étant accordées à M. Painlevé, can-
didat des deux partis coalisés, le radical et le so-
cialiste, contre 209 à M. Maginot, porte-drapeau
des républicains, la minorité suit numérique-
ment d'assez près la majorité. Et ces 209 députés,
représentent presque la moitié de la France.
.Cette moitié du pays en admettant même
que l'absurde système de la loi électorale n'ait
pas produit de fausses additions ne de-
mande qu'à vivre paisiblement dans l'ordre
Républicain, et pense que veiller à la sécurité
:de, la. France et s'occuper de ses finances et
-de sa monnaie seraient des œuvres plus pres-
santes et .plus fructueuses que de livrer des
'batailles purement politiques, et particulière-
ment cette bataille autour de l'Elysée, à la-
quelle personne ne s'attendait. Mais puisque
radicaux et socialistes sont partis à l'assaut
et pour le butin, les républicains sont bien
obligés de leur opposer une solide résistance.
Carrées; derniers^ ne peuvent pas se dissimuler
que c'est justement cet ordre républicain qui
(est; en • question. Quand on leur aura pris la
iprésidence, et que le président nouveau ne sera
plus que l'instrument forcément servile de la
majorité qui l'aura hissé à la première magis-
trature de l'Etat pour y servir le parti plus
que la France, qui peut croire que la démoli-
tion de la République ne sera pas poussée plus
avant Si le Sénat résistait aux sommations
socialistes, ne serait-il pas menacé à son tour?
On se souvient encore du temps où, parce que
le, Sénat était très conservateur, sa suppression
figurait dans tous les programmes radicaux.
Et ce temps peut revenir. Si, du reste, la pré-
tention de la gauche l'emportait que tout dans
l'Etat doit se plier au gré de la majorité triom-
phante, nous assisterions bientôt à toutes sortes.
d' « épurations » dans la magistrature," dans
l'Université, dans les fonctions publiques qui
n'ont même aucun caractère politique. Les
droits de la minorité dans' la Chambre,, puis
dans le pays, seraient bientôt niés à leur tour.
La liberté de parole et de critique serait en-
levée à tous les Français qui refuseraient de
brûler de l'encens sous le nez des partis au
pouvoir. M. Herriot n'a-t-il pas déjà; promis là
première charrette pour ceux. qui ont osé dire
que le programme de la gauche, si elle l'ac-
complissait, serait désastreux pour le crédit de
l'Etat ? Et déjà il semble que, par-cette gauche,
défense sera faite à tout citoyen « mal pen-
sant » d'exprimer, son op in jon. ,-̃
Le Temps a justement' parlé d'une crise' du
régime. Disons, nettement -que- nous sommes
en face d'un mouvement révolutionnaire qui,
s'il aboutissait, serait en fait la, destruction de
la République fondée sur la loi. Ce sont ceux
qui prétendaient," il y 'a quelques semaines à
peine, se lever pour là défendre, qui aujour-
d'hui travaillent à la ruiner. Car à la place
d'un régime démocratique, réglé et .ordonné
par les lois, ils nous entraînent vers le sys-
tème des Conventions souveraines, souveraines
en apparence, mais despotiquement régies par
les clubs. Revenir- à la Convention, en 1924,
n'est-ce pas la pire des réactions? Et les ré-
publicains verront-ils à temps le péril, le péril
pour la démocratie et le péril pour la
France L. L. ,< ,••̃
LA CRISE POLITIQUE
Le ministère Frâneois-Marsal
è'.J 0)
M. François-Marsàl a pu dans la' journée d'hier
mener à^terme. ses négociations et 'constituer le
cabinet qu'il avait accepté de former. Ce cabinet, .i
composé de treize membres, contient huit mem-:
bres du cabinet Poirxaré démissionnaire; ce sont,
outre M. François-Marsal qui prend la présidence
du conseili tout en conservant les finances, MM..
Lefebvre,du Prey,, de Selves, Maginot, Fabry, Le
Trocquer, Gapus et Marin. Seul M. Lefebvre du
Prey, qui était ministre de la justice^ change dfi
portefeuille et prend celui des affaires étrangères.
Les cinq nouveaux ministres sont MM. Ratier,
sénateur, Landry, Jourdain, P. Flandin et Désiré
Ferry, députés. M. Ratier a été ministre de la jus-
tice dans le cabinet Barthou en 1913; M. Landry
a été ministre de la marine dans le cabinet Mille-
rand en 1920; M. Jourdain a été ministre du tra-
yail dans le cabinet Clemenceau en 1919; M. Flan-
din a été sous-secrétaire d'Etat de l'aviation.
Seul M. Désiré Ferry n'a jamais fait partie d'un
ministère. ̃
Yoici le tableau complet du. ministère
:̃̃̃•-̃̃̃• ,̃̃̃•̃ ̃ MM. ̃
Présidence du conseil et finances FRANÇOIS-MARSAL, tfn.
justice A"tony, RATIER, sénateur.
Affaires étrangères LEFEBVRE DU PREYi dép,
intérieur DE SELVES, sénateur.
Guerre et pensions .̃< MAGINOT, député.
Marine. Désiré FERRY, député.
Colonies. Jean FABRY, député.
Travaux publics et marine mar-,
chande. LE TROCQUER, députA,
Travail et hygiène JOURDAIN, députée
Agriculture CAPUS, député.
Instruction publiq., beaux-arts
et enseign. technique LANDRY, député.
Commerce, industrie et P.T.T. P.-E. FLANDIN, député.
'Régions libérées Louis MARIN, député.
On voit que le ministère, comprend trois séna-
teurs et dix députés..
Formé pour transmettre aux Chambres le mes-
sage annoncé du président de la République, le
nouveau cabinet n'apportera au Parlement qu'une
très brève déclaration, uniquement destinée à jus-
tifier la mission dont il s'est chargé et ne corn-*
portant par suite aucun programme proprement
dit. Il sera prêt à. soutenir le débat qui pourrait
s'engager devant l'une ou l'autre Assemblée ou
devant toutes les deux sur la situation politiqua
et la thèse constitutionnelle soulevée par la ques-
tion de la durée des pouvoirs présidentiels.
A l'issue de ses pourparlers, et après s'être as-
suré tous les concours qu'il, avait recherchés, M.
• Frànçois-Marsal a rendu visite à M. Gaston Dou-
merg'uo, président, .du Sénat.
M. François-Marsal est allé ensuite conférer avec
M. Raymond Poincaré à son domicile personnel.
Le nouveau président du conseil réunira ses
collaborateurs aujourd'hui, à quatre heures et de-
mie de l'après-midi, au ministère des finances. Il
ira ensuite les présenter au président de la Répu-
blique, qui signera les décrets portant constitution
du nouveau ministère. Les décrets paraîtront de-
main matin an Journal officiel.
Un conseil des ministres se tiendra mardi matin
à l'Elysée au cours duquel seront' arrêtés défini-
tivement les termes- du message présidentiel et de
la déclaration ministérielle:
̃M.-Reibol,- ancien ministre des régions libérées
dans le premier cabinet Poincaré, auquel on avait
offert un portefeuille dans le cabinet François-
.Marsal, s'est récusé, pour rester à sori siège de dé-
puté et participer au débat politique qui s'engagera
à la Chambre sur la déclaration ministérielle. A
défaut d'autre .initiative, M. Reibel se chargerait
de déposer une demande d'interpellation de façon
à provoquer à l'issue du débat le vote sur lequel ia
'Chambre sera appelée à se prononcer.
M. Paul Aubriot, député de la Seine, a écrit au
président de la Chambre pour demander à repren-
dre son .interpellation d'octobre 1923, au sujet du
discours d'Evreux.
M. Aubriot a déclaré. que sa lettre avait simple-
ment pour but de rappeler qu'il avait depuis long-
temps déposé cette interpellation, tendant à ob-
tenir du gouvernement des explications sur les
mesures quïl comptait prendre pour assurer l'exé-
cution du programme politique exposé par M Mil-
lerand dans son discours d'Evreux.
i ̃
LE RÈGLEMENT DÉ LA PAIX
Le plan des experts elles nêpales îraico-liriîaaflipes
Le Daily Tclegraph annonce que, au moment où,
du fait de la crise ministérielle française, les né-
gociations officielles entre la Cîrande-Bretagnc et
la France subissent pour le moment un temps
d'arrêt, des échanges de vues entre les chefs des.
partis travailliste-socialiste anglais et radical so-
cialiste français ont eu lieu dernièrement.
Ce même journal estime que l'accord qui se
fera, dès la constitution du prochain cabinet fran-
çais, dans l'entrevue décidée entre MM. Herriot
et Mac Donald, portera sur les points suivants s
.1° Mise:en application du projet Dawes, avec, comme
1 conséquence, l'évacuation économique de la Ruhr et de
la Rhénanie aussitôt que l'Allemagne aura voté les lois
nécessaires, que les conseils internationaux auront été
constituas ̃ et qu'ils seront en mesure de prendre en
main les attributions à eux dévolues;
2° Réduction immédiate de l'occupation militaire de
la Ruhr à des proportions invisibles et, retrait des trou-
ves aussitôt- que le projet Dawes fonctionnera sans
à-coups, avec la coopération allemande; ̃
3» Solution du problème de la sécurité par l'intermé-
diaire de la Société des nations, de préférence sous la
forme d'un pacte mutuel de garanties, se rapprochant
plus ou moins des propositions formulées par lorrt
Robert Cecil, l'Allemagne étant admise comme membre
de lai Société et facilitant la réussite de cette combinai-
son. M. Mac Donald, bien qu'il ne se montre pas fort
enthousiaste du pacte envisagé par lord Robert Cecil,
y serait plutôt moins défavorable que t ne le sont, en
'grande majorité, ses collègues du cabinet; L
4° Transfert à la Société des nations du contrôle des
armements allemands, aussitôt'que possible, après la
.nouvelle enquête interalliée récemment demandée par
la conférence des ambassadeurs;
5° Discussion de la réduction générale des armements
en liaison avec le pacte de garanties mutuelles. Da cette
façon, la France se trouverait amenée à réduire les
lourdes charges financières qu'elle doit subir du fait
de l'entretien de son armée, et qu'a: nécessitées l'action `
indépendante adoptée par elle,
L'œavrs de reconstruction en Arménie
On mande de Moscou
L'Arménie, entièrement ruinée pendant la guerre,
commence à se reconstruire, très activement. Ac- J
tuellement, étant donné que le développement de <
l'agriculture est en vremier lieu conditionné nar 1
l'irrigation artificielle, on creuse dé nombreux ca-*
naux, qui conduisent les eaux des fleuves et trans-
forment des milliers de déciatines de désert en
champs fertiles. Entre autres, un travail considé-
rable a été effectué en vue de la construction du
banal s'étèndant dans un tunnel d'une longueur de
2 verstes 1/2, dans la région du fleuve Zanda. Ré-
cemment a eu lieu à Erivan l'inauguration solen-
nelle du canal d'Edjiliar. Le canal irriguera 1,500
déoiatine3 de terrain; il sera utilisé pour les cul-
tures supérieures, surtout pour les plantations de
coton. Les frais de la construction du canal sp
montent à 60,000 roubles environ, dont une partie
a été versée par le comité de secours à l'Arménie,
de Moscou. 700 déciatincsde terrain seront enso-*
nïencées déjà l'année courante.
En outre, on restaure et, on électrifie 'les chaus-
sées qui constituent les principales voies de com-
munication''en Arménie, étant donné l'absence de
chemins de fer. En outre, l'Arménie souffrant du
manque'de combustible, on effectue des travaux-
importants pour l'établissement de stations élec-
triques puissantes dans tout le pays en vue d'ex-
ploiter sa richesse en houille blanche.
La capitale, Erivan, se réorganise, et on luf
donne respect d'une ville-jardin.
,N.H,, J,t'n.
IMPRESSIONS D'ALLEMAGNE
E31T BAVIERE
(D'un dorrespondant)' r
Munich, juin.
Arcs de triomphe à Rosenbaum, aux deux fron-
tières opposées, à Hof, pavoisé en honneur de la
fête, de la narine. 3;200 sociétés de vétérans, flam-
berge au vent, réunis, à l'occasion du cinquante-
naire du Kriegerbund bavarois, dans la capitale.
Toute la République des Wittelsbach, dans l'at-
tente de son 2-déeembre, n'eât que solennités, ma-
niffistatiQ-nsipatriotqiups, conmiemoration de hauts,
faits militaires ou d'assàsèinats politiques.
Dès la gare, à Munich, un va-et-vient formida-
ble, « lapos » (police du pays), en casque à pointe,
hitlériens en képis autrichiens, gamins imberbes
à l'allure martiale, vieux guerriers retombés en
enfance, transportent des bannières, trophées, uni-
formes et armes, tous objets de musée destinés à-
rehausser la mise en scène de l'ardente protesta-
tion contre la République et la paix.
Dans le « parc de l'exposition », samedi soir,
on a comme l'avant-goût des démonstrations du
lendemain. Parmi les hôtes d'honneur, le prince
Rupprecht, sympathique, réservé, très sûr de lui..
Apres le député Schwarzer qui regrette l'absence
des Palatins, après le colonel de Hahnke, apportant
les saluts de frères d'armes de la Haute-Autriche,
le « Prinz » monte sur l'estrade, salué par des ap-
plaudissements à tout rompre. Et, pour que per-
sonne ne puisse se méprendre sur le sens de la;
journée, il annonce « Votre devoir, votre tâche
les plus sacrés, c'est de communiquer l'esprit qui
nous anime aux générations futures. Si vous y
réussissez ce qui .ne fait pas de doute alors
je ne désespère plus du destin de la patrie ado-
rée !» ̃̃
Dimanche matin, le soleil du printemps met son
diadème d'or le plus brillant. Sur la place Royale,
la foule, dans un recueillement religieux, -con-
temple le: tableau impressionnant et qui rappelle,
jusque dans ses détails, les fêtes des jours re-
grettés d'un régime dynastique indiscutablement
populaire.
Autour de Rupprecht, de Louis-Ferdinand, de
Léopold avec .sa femme, les membres de la mai-
son Wittelsbach, au grand complet, les généraux
von Heeringen, von Bothmer, le président du con-
seil von Knilling, les ministres Schweyer et Matt.
Personne, en dehors de moi, ne s'étonne de la
présence du commandant de la Reichswehr, re- '1
présentée par une compagnie d'honneur, la géné-
ral. Kress von Kressenstein, successeur de von
Lossow. Fidèle à la Constitution, dévoué à von
Seeckt, que pouvait-il chercher à une manifes-
tation où l'orateur officiel, le generalleutnan?
Reuter, après avoir constaté que toute. la misère
allemande charge la conscience de la France, da
cette France que maudissent des millions de vic-
times innocentes, déclare que seule la révolution,
tombant dans le dos de la nation, a provoqué la
défaite, la honte et la misère!
Puis, avec emphase, il s'écrie
«. Soyez unis dans l'amour de la patrie, mais
aussi dans la haine de nos ennemis.
» Lorsque sonnera l'heure de la délivrance, on
verra se renouveler les temps héroïques de 191 i.
La vieille armée ressuscitée redeviendra de nou-
veau la terreur de nos ennemis! JI
« ..J'avais un camarade. », entonne l'orchestra
à la fin de cet interminable discours, et la foule
répond par le Deutschlandlieb, pendant que com-
mence un défilé de 20,000 vétérans, en uniforme et
en civil, bannières et étendards déployés, tan-
dis qu'un avion évolue au-dessus de la place. A1
la suite des emblèmes de la fédération et du
prince régent, se déroule pendant près d'une
heure et demie, à travers les rues décorées de
drapeaux blanc-bleu et rouge-noir^blanc, en tenue
historique, oripeaux séculaires, une longue théo-
rie de lansquenets, de cuirassiers de Pappenhoim.
de soldats dé Max-Emmanuel (le conquérant de
Belgrade), do héros légendaires de l'émeute do
1705, de combattants de la grande armée, ceux
du comte Wrede, de troupiers coiffés du casque
à. chenille et du casque d'acier.
Pour atténuer ce qu'un pareil défilé pourrait
avoir de fatigant, de temps en temps apparais-
sent des carrosses richement décorés, des chaï5
symboliques, ornés souvent avec goût. La foule
salue de cris de Ecil et de Hoch les groupes, les
uniformes, les véhicules particulièrement pitto:-
resques ou encore les chefs militaires populaires.
Les Tyroliens, dont la voiture porte l'inscription
Zuriick zum Reich (revenons à l'empire), les colo-
niaux que.l'on appelle ici « les Africains », et dont
l'attelage do douze énormes bœufs rappelant le
char du Transvaal est précédé par trois cava-
liers nègres, ont beaucoup; do succès. Quant au car-
rosse de la Bavaria, il est surmonté d'une immense
couronne royale.
Celui qui devrait un jour la porter part en
auto, la fête terminée, au milieu d'acclamations en-
thousiastes. Mais le loyalisme du peuple de Mu-
nich ne se satisfait pas de si peu. On se masse de-
vant le palais du « Prinz » et on chante Ileil unser
Kœniq, heil! avec une énergie tenace, jusqu'à ce
quo Rupprecht paraisse au bâton. On réclame
aussi la « reine », qui finit par se montrer, ne par-
lant guère, dans sa robe noire unie, avec son col-
lier de perles modeste, à l'imagination, assoiffée
de couleurs, de ces semi-méridionaux voisins de
l'Autriche et de l'Italie.
Pendant que le coupSe royal envoie, à droite.et
à gauche, des saluts affectueux et condescendante,
le public, grossi de centaines de manifestants en
uniforme, entonne le Deutschlandlied. C'est alors
qu'apparaît sur le balcon, en tenue militaire, lo
jeune kronprinz, avec sa femme. La veille, au parc
do l'exposition, il a fait une promesse solennelle,
sorte de voeu religieux, de servir fidèlement jus-
qu'au dernier soufflo son peuple chéri.
C'est tard dans la soirée que se termine nifestation.,
« Elle n'était pas monarchiste, mais monarchi-
que », dit, à côté de moi, un petit vieux rachitique,
h l'accent viennois. Et il a l'air enchanté.
Une Bouveiie version dei Livre fcSane
Le gouvernement du Reich donne une nouvelle
version du Livre blanc, dont la publication a causé
tant d'agitation en 1919.
La brochure contient la collection des pièces of-
ficielles et des documents provenant de l'état-major
do l'armée allemande, où disparaît peu à peu la
légende du « coup de poignard dans le dos de l'ar-
més allemande par les organisations révolution-
naires.
Ludendorff avait soulevé de nombreuses contes-
tations contre la première édition du Livre blanc;
mais un examen attentif des documents ci-dessus
montre que ces critiques et réserves sont presque
sans fondement. Un document, de Tétat-major alle-
mand, daté du 23 octobre' 1918, prouve notamment
rm'il était absolument impossible de continuer la
lutte, même sur la frontière allemande, car depuis
longtemps les réserves se trouvaient épuisées.
C'est en vue de réagir contre la propagande des
lationalistes extrêmes et des fidèles de Ludendorff'
}uo le gouvernement a publié les nouveaux docu-
ments qui font connaître le râle joué par lui à la
veille de l'armistice.
Les cinq nouveaux documents, suite du Livre
)lanc publié en 1919, démontrent que Ludendorff
;tait, de tous Je,« chefs de l'armée allemande, le
)lus désireux d'obtenir'un armistice rapide.
MARDI 10 JUIN 1924
"SOIXANTE-QUATRIEME ANNEE. «-. N' 22950
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les ABOioaunmTS datett des l" et 16 de chaque mois
Un numéro (PARIS et DÉPARTEMENTS; SO centime»
Directeur politique Emile-Adrien Hébrard
Tontss les lettres destinées à la Rédaction doivent être adressées au Directeur
Le Journal ne repond pas des manuscrits communiqué*
ADRESSE TÉLÉGRAPHIQUE TEMPS PAKIS
SOMMAIBE
pace a
ftôuvëllës de l'Etranger. Lettre d'Espagne, Léon
RojjÙn. Les Difficultés de la politique inté-
rieure aux Etats-Tsnis, Nicholas Roosevelt. t
'Les Mémoires du feld-maréçhql de Waldersee.
'Nouvelles du Jour.– La Chambre. –:Le'Qua~
triérne centenaire de Ronsard^ ,̃'̃̃̃̃
En passant Sarcey et la muse du département,
PlBRRE'MlLtE.'
PAGE S
Marine. Art et Curiosité l'Œuvre du 'service
des antiquités syriennes, René Grousset.
Faits-divers. Aéronautique. Automobilisme.
Fat~-dt~er~. Ae~'oHaM~gMe. AM~omoMh'~me.
'Feuilleton « Filles d'Albion », Joël Ritt.
PAGE 4
tpéct tires étrangères, René Puàux. > Tribunaux. >
1 Lés Jeux olympiques de Paris. Théâtres. –♦
Sports. 'j •
̃Dernières Nouvelles. La Crise politique
A l'Elysée; la Déclaratiod ministérielle; Dans les
groupes de la Chambre*
Paris, 9 juin
BULLETÏN_DII JOUR
ÉTATS-UNIS, JAPON ET ANGLETERRE
Lés Américains, eux aussi, sont absorbés par
la politique, intérieure. Ils s'occupent jus-
qu'au 4 novembre de leur élection présiden-
tielle. Demain se réunit à Cleveland la conven-
tion du parti- républicain. Elle • acclamera la
É&fldidature de M. Coblidgè. '̃ Elle désigfriera un
candidat à la- vice-présidence et elle adoptera
le programme électoral qu'on est en train de
rédiger. On ne prévoit point d'incident, et l'on
décrit uniquement le, caractère grandiose du
spectacle qui va commencer. « A Cleveland,
câblait hier le correspondant américain du
Daily Telegraph, on a ménagé des places pour
5,000 délégués, pour 10,000 spectateurs et pour
;586 journalistes. L'orchestre est placé à mi-
hauteur entre la grande estrade et le plafond.
On estime que les communications radiotélé-
graphiques atteindront près de 20 millions
d'auditeurs. C'est là un fait tout nouveau dans
les assemblées des partis américains, et l'on
pense que les orateurs s'adresseront à l'audi-
toire invisible tout autant, qu'au public placé
sous leurs yeux. » Nous comprenons sans peine
que l'attention dés Américains soit accaparée/
pendant des' mois, par cette mobilisation poli-
tique de tout un continent.
Cependant, des événements plus lointains
mériteraient également d'occuper les Etats-
Unis* oU même de les préoccuper. Avant-hier
soir, Un incident est survenu à Tokio.Le ré-
fcit: en est fait par l'agence Reuter, qui ne pa-
raît point disposée à en amoindrir la portée.
Une troupe de Japonais ont envahi un hôtel où
se tenait comme toutes les semaines, une soi-
rée dansante à laquelle participaient des Amé-
ricains. L'agence. Reuter affirme même que le
chargé d'affaires américain était r présent,
avec « plusieurs membres du personnel de
l'ambassade •», Les envahisseurs n'ont pas
commis de violences, mais ils ont « mis fin à
la réunion par des propos insultants, afin $e
protestëi*:contre la. politique pratiquée -par. les
Américains vis-à-yis des immigrants ». En
outre, « des groupes d'agitateurs ont fait fer-
mer plusieurs établissements de plaisir où le
cinématographe, proj etait des films américains ».
Ce télégramme Reuter est reproduit ce matin
par les journaux anglais, avec des titres qui en
font ressortir l'aspect sensationnel.; «. Sérieux:
incident à Tokio », imprime le Daily Tele-
ïgraph. « Graves événements à Tokio », lit-on
dans le Morning Post. D'autre part, on sait que
leca.bjn.et japonais a démissionné. Depuis les
élections au, moins, son départ était inévitable.
Cependant, le correspondant du Times mande
à ce sujet « Beaucoup de gens considèrent
que la démission du cabinet a eu lieu sous l'in-
fluence du sentiment antiaméricain qui l'em-
porte, ici. » Ainsi, les inanifestations.de la. rue
sont sérieuses, et elles paraissent capables
d'agir sur la politique du gouvernement japo-
mais. Telle est.du moins l'impression que les
journaux anglais donnent à leurs lecteurs.
Fidèles que nous sommes à la cause de la
paix, entre les Etats-Unis et le Japon comme
entre les nations européennes; nous nous
sommes efforcés dé montrer déjà que le diffé-
rend actuel ne devrait pas mener à un conflit.
'A. commencer par le président Coolidge, tout
lé monde comprend que la récente loi améri-
caine a pu blesser la fierté nationale des Japo-
nais, en changeant la forme sous laquelle la
main-d'œuvre japonaise est exclue. Jusque-là,
l'exclusion avait lieu en vertu d'un accord diplo-
matique. Désormais elle a lieu en vertu d'un
texte législatif., On se résigne plus volontiers à
:une interdiction stipulée à l'amiable qu'à une in-
terdiction édictée par un acte de souveraineté.
Mais dans la mesure où la fierté japonaise pou-
vait se trouver blessée par la nouvelle loi, elle
pouvait être guérie aussi par les regrets qu'a
exprimés le président des Etats-Unis et par la
considération que tous lès autres peuples con-
tinuent de au Japon. L'incident pour-
rait donc être clos maintenant, sans humilia-
tion pour personne. En revanche, si la que-
relle devait se prolonger, la diplomatie japo-
naise s'apercevrait peut-être qu'elle est sur un
terrain médiocrement solide, en droit aussi bien
qu'en fait. '1
̃ En droit, la protestation japonaise du 31 mai
ne contient que des arguments très frêles. On
ne saurait en faire grief au gouvernement ja-
ponais ni à son distingué ministre des affaires
étrangères car la meilleure diplomatie du
monde ne peut pas invoquer, dans ses notes,
plus de titres quelle n'en a dans ses dossiers.
La note japonaise s'étend longuement sur le
traite de commerce de 1911 mais elle s'abs-i
tient sagement de pousser jusqu'au bout cette
partie de son raisonnement. Elle fait allusion
à l'accord de 1907 mais, si nous saisissons
bien sa pensée, c'est pour y rattacher une me-
nace de représailles plutôt que pour en tirer
une preuve de son bon droit. Quant aux argu-
ments de fait, ils se retourneraient en général 1
contre la thèse japonaise, si l'on voulait les ex-
ploiter à fond. Ainsi le gouvernement japonais
constate, dans sa protestation, que le nombre
des Japonais a très peu. augmenté aux, Etats-
Unis depuis l'arrangement de 1907. En quinze
ans, le nombre des ̃arrivants n'a dépassé que
de 8,681 le nombre des partants. Voilà une ob-
s'ervation que les Japonais ont intérêt à faire, -r
s?ils veulent simplement établir qu'on les a
brusqués inutilement. Mais s'ils prétendaient
poursuivre la querelle et exiger l'abrogation de
la nouvelle loi américaine, leur constatation se
retournerait contre eux on leur dirait qu'ils
ont tort de troubler le monde pour une affaire
minime. L'argument même de la fierté blessée
demande à être utilisé avec précaution. Un
Anglais qui a passé seize ans à Tokio, le doc-
teur Ingram Bryan, explique dans le Morning
Post de ce matin que les étrangers ne peuvent
pas acquérir de propriétés foncières au Japon,
tandis que les Japonais possèdent 350,000 acres
de terres en Californie. De plus, la nouvelle loi
américaine n'est pas sans précédent, et elle
ne vise pas spécialement les Japonais. Dès
1904, une loi américaine a exclu les immi-
grants chinois. En 1917, les personnes origi-
naires de l'Inde ont été exclues par une autre
loi. Le nouveau texte législatif ne désigne pas
nommément les Japonais, Il formule une règle
générale d'où résulte, entre autres conséquen-
ces, que la main-d'œuvre japonaise' est exclue
des Etats-Unis. Mais, remarque le docteur
Bryan, tous les ouvriers étrangers sont exclus
du Japon.
Pour ces raisons et pour quelques autres mo-
tifs, le différend ne peut guère s'envenimer
que si l'irritation japonaise trouve des encou-
ragements et des appuis en Angleterre. En trou-
verait-elle ? Le Daily Express de ce matin con-
seille aux Etats-Unis dé négocier une transac-
tion avec le gouvernement japonais. Cette sug-
gestion, quelles qu'en soient les origines et les
tendances, ne contribuera probablement pas' à
diminuer lés réclamations japonaises. 11 faut
tenir compte aussi d'un fait assez grave. Le
Congrès des Etats-Unis s'est séparé, samedi
soir, sans avoir définitivement adopté la loi
qui doit moderniser la' flotte américaine. Or il
y a' plus d'un mois que le gouvernement des
Etats-Unis, en publiant l'inquiétant rapport de
l'amiral Coontz, a révélé les insuffisances de sa
marine et l'impossibilité d'y parer immédia-
tement. ̃'̃••̃̃̃
DÉPÊCHES TÉLÉGRAPHIQUES S
des BeraiKTOHDMere PAimewuisas DU s&mp»
Londres, 9 juin.
La grève du Métropolitain de Londres paraît
être près de sa fin. Les syndicats ont en effet re-
fusé de verser les fonds de grève et d'encourager
d'une façon quelconque un mouvement organisé en
dehors d'eux. Le leader des grévistes -a affirmé
qu'il n'a aucun.rapport avec les communistes, mais
qu'il a voulu trancher une question de salaires qui
est en négociation depuis deux ans. Les grévistes
reprennent peu à peu le travail;. toutefois les ser-
vices. ne sont, pas encore revenus à la normale.
̃'̃'>'̃̃ "̃̃̃̃̃ i '< • •• s "• .Londres,' ? Juin. •̃̃
iLe sultan arabe Ibn Saïd, qui règne sur le va>ste
pays du Nedjed, en Arabie, a invité un capitaine
anglais, ancien secrétaire particulier de sir Percy
Cox, à Bagdad, à visiter son pays, et notamment
à explorer le grand désert du Sud; il lui a fourni
des guides. Le capitaine est arrive à l'oasis de
Pabrin, dont il a, le premier, relevé la position
géographique. Les Bédouins qui habitent cette
région, inaccessible jusqu'ici, sont à peu près sau-
vages. Néanmoins le capitaine a reçu bon accueil
et à vécu une semaine parmi eux.
Continuant son exploration, le capitaine a dé-
couvert, sur le golfe Persique, les ruines d'un an-
cien port phénicien, dont on avait perdu les traces
et qui était mentionné dans un ouvrage de Ptolé-
mée.au deuxième siècle de l'ère chrétienne.
Le capitaine anglais, qui à vécu 'quelque temps
auprès du sultan du Nedjed, a été fort surpris de
voir que le sultan était tenu très au courant de
ce qui se passe en Europe, si au courant, même,
que c'est lui-qui a informé le capitaine de l'avène-
ment d'un ministère travailliste en Angleterre, fait
encore ignoré par lui.
Lisbonne, 9 juin.
• Les 29 officiers aviateurs portugais qui s'étaient
mutinésau camp d'aviation d'Amadora pour protes-
ter contre la destitution de leur chef se sont ren-
dus au colonel commandant les troupes qui fai-
saient le siège du camp.
Kowno, 9 juin.
Le ministère Galvanauskas a démissionné .à la
suite d'un vote du Parlement émis, à l'occasion de
la discussion du budget, sur la question des voies
ferrées de Memel à Kowno, vote contraire au pro-
jet gouvernemental qui prévoyait que les frais do
construction seraient couverts par un emprunt à
conclure en Angleterre.
M1SË AU; POINT
'II a' suffi d'une journée, à M. François-Marsal
i pour constituer son ministère. Ses collègues et
lui-même ont d'autant plus de mérite à assu-
mer la charge du pouvoir qu'elle comporte dans
les circonstances actuelles, ils le savent, plus
de difficultés que d'agrément.
Ils n'ont pas voulu se dérober à ce qu'ils ont
considéré avec/ raison comme un devoir civi-
que d'une haute importance. 11 n'ont pas voulu
i ruser avec 'leur conscience et chercher dans la
carence du pouvoir, qu'ils auraient organisée à
leur tour, et le moyen inconstitutionnel d'obte-
nir une démission justement discutée et l'abri
commode où l'on attend des jours politiques
meilleurs'.
Les nouveaux ministres vont demain devant
les Chambres pour donner lecture du message
présidentiel et pour soutenir la discussion qui
s'ouvrira sur la question constitutionnelle po-
sée par l'intransigeance socialiste et radicale
socialiste. Celle-ci ira-t-elle jusqu'à refuser
même le débat ? jusqu'à refuser d'entrer en
relations avec le ministère qui lui apporte, con-
formément aux lois constitutionnelles, un mes-
sage ? Ce serait alors même le droit de mes-
sage, inscrit à l'article 6 de la loi constitution-
nelle du 14 juillet 1875, qui serait supprimé.
Nous ne pouvons pas croire que, si intolérante
que s'annonce la majorité cartelliste, elle
veuille se lancer dans cette aventure. Abolir
sans débat le droit de message du président de
la République, supprimer le droit de discussion,
la liberté de la tribune, ce serait une. singu-
lière préface à la politique d'un cartel qui s'est
plaint à grand fracas nés décrets-lois, qui a
feint de redouter les dictatures et a promis de
rétablir les libertés que quatre ans de Bloc na-
tional avaient, paraît-il, méconnues.
Nous voulons.donc espérer que, sans ques-
tion préalable, la Chambre et le Sénat: seront
mis à même de délibérer sur le problème pré-
sidentiel qui préoccupe à juste titre l'opinion
publique.
Nous avons dit hier que les exigences du
cartel des gauches ne tendaient à rien de moins
qu'à porter atteinte à la durée du mandat pré-
sidentiel et à la nature des fonctions présiden-
ti-eiles. Nous avons soutenu cette thèse, -qui nous
paraît conforme à la lettre et à l'esprit de la
Constitution de 1875, que le président de la
République a le droit, sans dépasser les préro-
gatives qu'il tient de cette Constitution elle-
même, d'exposer la politique du gouvernement.
Mais, disent les trinitaires radicaux socia-
listes, socialistes et communistes, c'est ici
raisonner en général, argumenter in absiracto.
Il ne s'agit pas de savoir si un président peut,
d'une manière indéterminée dans le temps et
dans l'espace, énoncer des théories générales
sur la politique. Il s'agit d'un cas déterminé. Il
s'agit de M. Millerand.
Dans trois occasions, disent-ils, il a méconnu
les devoirs de sa charge en se prononçant pour
un parti contre un autre. Ce ne sont pas eux
qui ont ouvert la crise, c'est, concluent-ils, M.
Millerand. ;• ̃*̃.̃
Est-on bien sûr, même sur ce terrain, d'avoir
raison? Discours d'Evretix, communiqué du
Matin, scrutin d'arrondissement, voilà les trois
péchés de M. Millerand, ceux qui doivent, d'a-
près les eartellistes, ̃ entraîner sa démission.
Discours d'Evreux du 14 octobre 1923. Il
traite d'abord de questions générales d'ordre
extérieur.' Il retrace ensuite l'oeuvre du Parle-
ment en fonctions. lise modèle ainsi sur les
discours du trône d'un chef d'Etat constitution-
nel auquel nul parti arrivant au pouvoir à la
suite d'élections nouvelles ne songerait à de-
mander son abdication. Il rappelle notre vic-
toire -est-ce ce souvenir qui choquerait les
communistes? Il s'exprime -sur la Société des
nations en termes que ne désavouerait pas M.
iïerriot: « La Société des nations, dont la France
se. fait honneur d'avoir, il y a des siècles, émis
l'idée première, ne constitue pas seulement une
promesse. Sa courte existence lui a permis
déjà,, au travers.de heurts inévitables, de justi-
fier sa création par ses bienfaits. »
S'agit-il de nos alliances ? « Son souhait fer-
vent{à la France) est de resserrer-les liens d'a-
mitié et d'alliance noués car le oéri-1 commun
avec des peuples dont elle n'oublierajamais les
sacrifices. » ̃•
S'agit-il des grèves de 1920 ? « Fort de: la
coiïflance du Parlement, usant des armes ••lé-
gales avec modération, mais avec fermeté, le,
gouvernement de l'époque, a réussi à- mettre ,»n
terme à une ̃ '.agitation qui ne se serait pas pro-
longée sans dommage pour la santé morale
comme pour les intérêts matériels du pays. »
Qui pourrait le nier ? Les communistes sans
doute, les socialistes' révolutionnaires. Mais les
radicaux socialistes sont-ils liés à ce point par
leur cartel électoral avec les socialistes qu'ils
pourraient tolérer demain des grèv«s qui,, com-
me celles de 1920, auraient pour but avou-é de
faire en France une révolution calquée. sur
celle de la Russie soviétique ? ̃̃,
S'agit-il du budget, des questions religieuses,
des questions sociales? « Equilibrer les dépen-
ses publiques par des ressources suffisantes et
maintenir ainsi au crédit de la France le re-
nom dont il est digne; bannir des querelles po-
litiques les préoccupations confessionnelles et
consolider dé la sorte l'union entre les Fran-
çais poursuivre enfin 1b progrès social dans
une atmosphère de calme et de labeur ce
sont bien là, n'est-il pas vrai? les directions
que l'intérêt national prescrit do continuer &e
suivre. » L'équilibre du budget, la liberté de
conscience, ce sont les termes mêmes dont s'est
servi M. H'drriot dans sa lettre du' 2 juin der-
nier à M. Léon Blum pour lui exposer son pro-
gramme.
Mise en valeur de nos' colonies « notre do-
maine colonial veut être exploité » problème
indigène; et musulman qui « ne -peut être
éludé » politique de natalité « qui s'impose
aux gouvernants de la France avec un carac-
tère presque ̃tragique de gravité et d'urgence »
mais ce sont ies'idëes'de M. Herriot, de M. Pi-
nard. Comme on comprend le double commu-
niqué donné le 5 juin par l'Elysée d'une part,
par M. Herriot d'autre part, à l'issue de 'l'entre-
vue de M. Millerand et de M. Herriot Commu-
niqués desquels il résultait que l'entretien du
chef de l'Etat et du chef du parti radical socia-
liste n'avait révélé aucun désaccord sur les
grandes lignes de la politique nationale, tant
à l'extérieur qu'à l'intérieur.
Deux points cependant, dans le discours
d'Evreux, valent d'être signalés;: ceux qui con-
cernent le rétablissement de l'ambassade du
Vatican et l'autorisation à certaines congréga-
tions. ̃
Le discours d'Evreux disait « La reprise
des relations de la République avec le Saint-
Siège, commandée par la vue exacte de nos
intérêts au dehors autant que par l'exemple des
peuples même les moins suspects de sympa-
thie envers la papauté, se serait' à coup sûr
heurtée, six,ans plus tôt, à une étroite et fausse
conception du rôle de l'Etat républicain et laï-
que. La République a donné, par la séparation
des Eglises et de l'Etat, sa conclusion naturelle
et logique à la doctrine invariable du gouver-
nement français que l'intrusion d'aucune puis-
sance spirituelle dans le domaine du pouvoir
civil ne saurait être tolérée. »
C'est la théorie de Gambetta et de Waldeck--
Rousseau, de qui se réclame le chef du parti
radical socialiste, M. Herriot. Pourquoi hono-
rer chez les morts une doctrine qu'on discute
aux vivants ?
De même pour l'autorisation à accorder à
certaines congrégations, le "d iseburs d'Evréùx
rappelait les invariables déclarations de Wal-
deck-Rousseau par lesquelles l'auteur de la loi
de 1901- « n'entendait nullement exclure les
congrégations dont l'utilité serait reconnue et
l'autorisation décernée selon les formes pré-
vues». "̃
Ainsi, le discours d'Evreux a interprété la
politique du gouvernement existant. Sauf sur
les deux questions de l'ambassade du Vatican
et des congrégations, il ne se différencie jus-
qu'à nouvel ordre d'aucune des lignes géné-
rales de la politique sur lesquelles M. Herriot
a reconnu: ne pouvoir être en désaccord avec
le président de la République.
Quant à l'information du Matra du 27 mars,
elle eut lieu au lendemain de la brusque mise
en minorité du ministère Poincaré devant la
Chambre sur la question des pensions. Là en-
core, le texte s'éclaire à la lumière des préten-
tions actuelles des eartellistes. Cette informa-
tion, à laquelle on a attribué un caractère offi-
cieux, disait « Les grandes lignes de la poli-
tique française ne sauraient en aucun cas
changer pour une raison autre que la volonté
clairement exprimée du pays. » Et la note énu-
mérait limilativement ces « grandes lignes de
la politique française ». Elle disait « A l'exté-
rieur, la France ne saurait évacuer la Ruhr
avant payement total des réparations. A l'in-
térieur, la France veut rétablir, l'équilibre de
son budget, s'abstenir d'emprunts et n'engager
aucune dépense qui ne soit couverte par des.
recettes équivalentes. » Rien de plus, rien de
moins. Rien de plus en pénétrant dans plus
de détails, le président de la République aurait
exprimé les idées d'un parti. Rien de moins
en rappelant ces grandes questions, le prési-
dent de la République exprimait les idées de
la nation. •.̃̃̃̃.̃.
L'article se ierminait par cette phrase qu'ex-
ploitent à grand bruit les eartellistes aujour-
d'hui « Au cas où le pays se montrerait hos-
tile à la continuation de cette politique, le pré-
sident de la République en tirerait -immédiate-
ment, en ce qui le concerne, les conséquences:
qu'il jugerait opportunes. »
Le pays s'est-il donc déclaré favorable à
l'évacuation, immédiate de la Ruhr ? hostile à
l'équilibre du budget? M. Herriot; dans son
programme exposé à M. Léon Blum, reconnaît
lui-même que s'il prend le pouvoir il n'éva-
cuera pas la Ruhr immédiatement et n'aura
pas de plus grave souci que d'équilibrer le
budget. « Notre parti, a écrit M. Herriot, ne
croit pas possible l'évacuation de la Ruhr avant
que les gages prévus par les experts aient été
constitués et remis aux organismes internatio-
naux désormais qualifiés pour les gérer. »
Alors? ̃•
Reste enfin le dernier grief M. Millerand
s'est opposé au rétablissement du scrutin d'ar-
rondissement. Rien de pareil. Quand, au cours
de la discussion de la réforme électorale, on a
vu surgir des propositions de rétablissement
du scrutin uninominal, il n'y a eu, de là part
du président de la République, de manifesta-
tion ni directe. ni indirecte pour ou contre. Il"
y a eu, à la vérité, des articles de journaux,
dont le premier fut celui de M. Georges Bon'
nefous, député, président de la commission du-
suffrage universel, qui firent observer que le
président de la République avait le droit d'ap-
peler les Chambres à procéder à une -seconde
délibération, si le scrutin d'arrondissement
était rétabli. Les auteurs de cette controverse
'avaientrils reçu les confidences du président de
la République ? La question n'est même pas là.
Ce qui importe, c'est de savoir si le président
de la République aurait eu, dans l'espèce, le
droit de prendre l'initiative qui lui était attri-
buée. Or, le paragraphe 2 de l'article 7 de la
loi constitutionnelle du 10 juillet 1875 accorde
formellement au président de la République la
faculté de « demander, par un message mo-
tivé, aux deux Chambres une nouvelle délibé-
ration qui ne peut être refusée ». Sans doute,
aux yeux de certains exaltés, demander une
seconde délibération sur un projet voté par une
Chambre, c'est déjà porter atteinte à l'infailli-
bilité de l'Assemblée, c'est crime de lèse-ma-
jesté. Mais le droit présidentiel existe dans la
Constitution.
Ainsi, sur aucun ooint. dans aucun cas, le
président de la République n'a dépassé les
droits que lui attribue la Constitution. Mais,
dans plusieurs circonstances, il en a usé. Et
c'est l'exercice de ces droits, dont l'usage s'était
^èut-ctre peu' à peu perdu, qui est ap-
paru comme une intolérable usurpation aux
yeux d'hommes politiques- d'extrême gauche,
plus jaloux de l'empêcher, si régulier qu'il soit,
que soucieux d'en reconnaître la légalité, si
évidente quelle soit. > ̃ ̃ =•
A défaut de la majorité radicale socialiste de
la. Chambre, menée par les socialistes et.les
communistes, le Sénat, gardien, souverain de
la Constitution, laisserà-t-il passer un acte qui
porte à celle-ci un coup aussi rude ? Dans les
circonstances critiques, dans les conjonctures
parfois tragiques qui ont traversé l'existence de
la troisième République et qu'elle a toujours
surmontées gr-àce. à sa sagesse, grâce aussi à
la prudence du Sénat, c'est au Sénat qu'il con-
vient de faire appel comme à la ressource su-
prême pour éviter une faute qui; subordonne-
rait la présidence, de la République aux majo-
rités variables d'une des deux Assemblées et
pourrait avoir de graves conséquences. On
prête au Sénat l'intention d'attendre le vote de
la Chambre pour se prononcer lui-même. Nous
ne pouvons croire aune tactique qui mettrait le
Sénat à la suite de la majorité radicale socia-
liste, socialiste et communiste de la Chambre.
L'heure est assez sérieuse pour que chacun des
grands corps de l'Etat prenne ses responsabi-
lités..
OPINIONS DE- PROVINCE
La tâche la plus urgente de l'heure, une
heure qui aura passe, vite, c'est ..de défendre
la République. Car la République repose uni-
quement sur la fondation de la loi, et c'est
cette loi contre laquelle déferle en ce moment
la vague démagogique. Il ne s'agit pas de
M. Millerand, pour lequel tout Français a le
droit d'éprouver des sympathies ou des anti-
pathies, qu'il peut librement louer ou blâmer
pour ses actes même présidentiels. Il s'agitde
la présidence de la République. La loi consti-
tutionnelle, qui est, en attendant qu'on la mo-
difie si on le juge bon, le pacte.national entre
les partis, a institué cette magistrature su-
prême, a prescrit qu'elle durerait sept années,
et que le président de la République, qui a di-
verses prérogatives ajourner le Parlement
pour un mois, dissoudre la Chambre des dé-
putés avec l'avis conforme du Sénat,, opposer
aux lois un veto suspensif, etc., etc., ne .serait
responsable et devant les Chambres seule-
ment qu'au cas de haute trahison. La gau-
che, si elle en trouve les moyens, peut donc
inculper M. Millerand de haute trahison et,
par un vote de la Chambre, le traduire devant
le Sénat. Elle ne peut rien de plus contre lui,
.même s'il professe des opinions politiques
contraires aux siennes. C'est un droit qu'il pos-
sède aussi -bien que tout autre citoyen, Pourvu
que, dans l'exercice officiel de sa magistrature,
il observe strictement les règles constitution-
nelles, que tous: ses actes publics soient con-
tresignés par un ministre, il échappe à toute
poursuite, légale. ̃ ̃̃̃̃
Mais la gauche émet la prétention révolu-
tionnaire de supprimer en fait la présidence
yde la République, en la rendant à tout moment
serve de la majorité de la Chambre des dépu-
tés. Car si son raisonnement était admis, il
.s'ensuivrait que le président de la République
devrait être changé chaque fois que change-
rait cette majorité. Et l'on sait par une longue
expérience combien .sont instables nos majo-
rités parlementaires. On ferait dès lors une
consommation de présidents de la République
aussi énorme que de ministres. Ils s'écroule-
raient les uns sur les autres comme châteaux
de cartes. Le pouvoir exécutif tout entier et
bientôt sans doute le pouvoir judiciaire pas-
serait aux mains du pouvoir législatif. Chaque
majorité tour à tour aurait licence de tout faire
en France, tout ce qu'il lui plairait. Les libertés,
l,es droits," les garanties de tous les citoyens
seraient livrés à son bon plaisir. « Comité de
salut public », a déjà dit un des plus ardents
des démolisseurs de la présidence. En effet,
c'est là que ceux-ci veulent nous mener, en dé-
truisant d'abord la présidence de la Républi-
que. Mais si les majorités ont, dans notre dé-
mocratie, le- droit de gouverner, elles n'ont
nullement celui d'opprimer, selon leur fan-
taisie, les minorités." Et ces minorités ont pour
citadelle la loi.- C'est la loi seule toutes les
lois, et d'abord la loi' constitutionnelle qui
leur assure la vie sauve. Sans elle, elles se-
raient taillables, corvéables à merci. L'équi-
libre des pouvoirs publics est leur seule sécu-
rité. C'est ainsi que .le radicalisme, oublieux
même des choses d'hier, aussi longtemps que
le Bloc national était maître à la Chambre,
avait dans le Sénat plus, radical un appui
qui lui fut précieux en beaucoup de circons-
tances. A un moment donné, c'est'telle mino-
rité,. à un autre moment c'est telle autre qui
trouve sa sauvegarde dans la division des
pouvoirs. Ceux-ci fusionnés en un seul, c'est
la passion de l'heure qui tyrannise le pays.
Ivres de leurs succès, les radicaux et les socia-
listes ont la folie de vouloir abattre des rem-
parts derrière lesquels ils pourraient s'abriter
eux-mêmes aux jours inévitables de leurs
revers. v
En fait, la minorité actuelle est d'impor-
tance. A rie considérer que les chiffres du pre-
mier scrutin où l'on s'est compté à la Cham-
bre, 296 voix étant accordées à M. Painlevé, can-
didat des deux partis coalisés, le radical et le so-
cialiste, contre 209 à M. Maginot, porte-drapeau
des républicains, la minorité suit numérique-
ment d'assez près la majorité. Et ces 209 députés,
représentent presque la moitié de la France.
.Cette moitié du pays en admettant même
que l'absurde système de la loi électorale n'ait
pas produit de fausses additions ne de-
mande qu'à vivre paisiblement dans l'ordre
Républicain, et pense que veiller à la sécurité
:de, la. France et s'occuper de ses finances et
-de sa monnaie seraient des œuvres plus pres-
santes et .plus fructueuses que de livrer des
'batailles purement politiques, et particulière-
ment cette bataille autour de l'Elysée, à la-
quelle personne ne s'attendait. Mais puisque
radicaux et socialistes sont partis à l'assaut
et pour le butin, les républicains sont bien
obligés de leur opposer une solide résistance.
Carrées; derniers^ ne peuvent pas se dissimuler
que c'est justement cet ordre républicain qui
(est; en • question. Quand on leur aura pris la
iprésidence, et que le président nouveau ne sera
plus que l'instrument forcément servile de la
majorité qui l'aura hissé à la première magis-
trature de l'Etat pour y servir le parti plus
que la France, qui peut croire que la démoli-
tion de la République ne sera pas poussée plus
avant Si le Sénat résistait aux sommations
socialistes, ne serait-il pas menacé à son tour?
On se souvient encore du temps où, parce que
le, Sénat était très conservateur, sa suppression
figurait dans tous les programmes radicaux.
Et ce temps peut revenir. Si, du reste, la pré-
tention de la gauche l'emportait que tout dans
l'Etat doit se plier au gré de la majorité triom-
phante, nous assisterions bientôt à toutes sortes.
d' « épurations » dans la magistrature," dans
l'Université, dans les fonctions publiques qui
n'ont même aucun caractère politique. Les
droits de la minorité dans' la Chambre,, puis
dans le pays, seraient bientôt niés à leur tour.
La liberté de parole et de critique serait en-
levée à tous les Français qui refuseraient de
brûler de l'encens sous le nez des partis au
pouvoir. M. Herriot n'a-t-il pas déjà; promis là
première charrette pour ceux. qui ont osé dire
que le programme de la gauche, si elle l'ac-
complissait, serait désastreux pour le crédit de
l'Etat ? Et déjà il semble que, par-cette gauche,
défense sera faite à tout citoyen « mal pen-
sant » d'exprimer, son op in jon. ,-̃
Le Temps a justement' parlé d'une crise' du
régime. Disons, nettement -que- nous sommes
en face d'un mouvement révolutionnaire qui,
s'il aboutissait, serait en fait la, destruction de
la République fondée sur la loi. Ce sont ceux
qui prétendaient," il y 'a quelques semaines à
peine, se lever pour là défendre, qui aujour-
d'hui travaillent à la ruiner. Car à la place
d'un régime démocratique, réglé et .ordonné
par les lois, ils nous entraînent vers le sys-
tème des Conventions souveraines, souveraines
en apparence, mais despotiquement régies par
les clubs. Revenir- à la Convention, en 1924,
n'est-ce pas la pire des réactions? Et les ré-
publicains verront-ils à temps le péril, le péril
pour la démocratie et le péril pour la
France L. L. ,< ,••̃
LA CRISE POLITIQUE
Le ministère Frâneois-Marsal
è'.J 0)
M. François-Marsàl a pu dans la' journée d'hier
mener à^terme. ses négociations et 'constituer le
cabinet qu'il avait accepté de former. Ce cabinet, .i
composé de treize membres, contient huit mem-:
bres du cabinet Poirxaré démissionnaire; ce sont,
outre M. François-Marsal qui prend la présidence
du conseili tout en conservant les finances, MM..
Lefebvre,du Prey,, de Selves, Maginot, Fabry, Le
Trocquer, Gapus et Marin. Seul M. Lefebvre du
Prey, qui était ministre de la justice^ change dfi
portefeuille et prend celui des affaires étrangères.
Les cinq nouveaux ministres sont MM. Ratier,
sénateur, Landry, Jourdain, P. Flandin et Désiré
Ferry, députés. M. Ratier a été ministre de la jus-
tice dans le cabinet Barthou en 1913; M. Landry
a été ministre de la marine dans le cabinet Mille-
rand en 1920; M. Jourdain a été ministre du tra-
yail dans le cabinet Clemenceau en 1919; M. Flan-
din a été sous-secrétaire d'Etat de l'aviation.
Seul M. Désiré Ferry n'a jamais fait partie d'un
ministère. ̃
Yoici le tableau complet du. ministère
:̃̃̃•-̃̃̃• ,̃̃̃•̃ ̃ MM. ̃
Présidence du conseil et finances FRANÇOIS-MARSAL, tfn.
justice A"tony, RATIER, sénateur.
Affaires étrangères LEFEBVRE DU PREYi dép,
intérieur DE SELVES, sénateur.
Guerre et pensions .̃< MAGINOT, député.
Marine. Désiré FERRY, député.
Colonies. Jean FABRY, député.
Travaux publics et marine mar-,
chande. LE TROCQUER, députA,
Travail et hygiène JOURDAIN, députée
Agriculture CAPUS, député.
Instruction publiq., beaux-arts
et enseign. technique LANDRY, député.
Commerce, industrie et P.T.T. P.-E. FLANDIN, député.
'Régions libérées Louis MARIN, député.
On voit que le ministère, comprend trois séna-
teurs et dix députés..
Formé pour transmettre aux Chambres le mes-
sage annoncé du président de la République, le
nouveau cabinet n'apportera au Parlement qu'une
très brève déclaration, uniquement destinée à jus-
tifier la mission dont il s'est chargé et ne corn-*
portant par suite aucun programme proprement
dit. Il sera prêt à. soutenir le débat qui pourrait
s'engager devant l'une ou l'autre Assemblée ou
devant toutes les deux sur la situation politiqua
et la thèse constitutionnelle soulevée par la ques-
tion de la durée des pouvoirs présidentiels.
A l'issue de ses pourparlers, et après s'être as-
suré tous les concours qu'il, avait recherchés, M.
• Frànçois-Marsal a rendu visite à M. Gaston Dou-
merg'uo, président, .du Sénat.
M. François-Marsal est allé ensuite conférer avec
M. Raymond Poincaré à son domicile personnel.
Le nouveau président du conseil réunira ses
collaborateurs aujourd'hui, à quatre heures et de-
mie de l'après-midi, au ministère des finances. Il
ira ensuite les présenter au président de la Répu-
blique, qui signera les décrets portant constitution
du nouveau ministère. Les décrets paraîtront de-
main matin an Journal officiel.
Un conseil des ministres se tiendra mardi matin
à l'Elysée au cours duquel seront' arrêtés défini-
tivement les termes- du message présidentiel et de
la déclaration ministérielle:
̃M.-Reibol,- ancien ministre des régions libérées
dans le premier cabinet Poincaré, auquel on avait
offert un portefeuille dans le cabinet François-
.Marsal, s'est récusé, pour rester à sori siège de dé-
puté et participer au débat politique qui s'engagera
à la Chambre sur la déclaration ministérielle. A
défaut d'autre .initiative, M. Reibel se chargerait
de déposer une demande d'interpellation de façon
à provoquer à l'issue du débat le vote sur lequel ia
'Chambre sera appelée à se prononcer.
M. Paul Aubriot, député de la Seine, a écrit au
président de la Chambre pour demander à repren-
dre son .interpellation d'octobre 1923, au sujet du
discours d'Evreux.
M. Aubriot a déclaré. que sa lettre avait simple-
ment pour but de rappeler qu'il avait depuis long-
temps déposé cette interpellation, tendant à ob-
tenir du gouvernement des explications sur les
mesures quïl comptait prendre pour assurer l'exé-
cution du programme politique exposé par M Mil-
lerand dans son discours d'Evreux.
i ̃
LE RÈGLEMENT DÉ LA PAIX
Le plan des experts elles nêpales îraico-liriîaaflipes
Le Daily Tclegraph annonce que, au moment où,
du fait de la crise ministérielle française, les né-
gociations officielles entre la Cîrande-Bretagnc et
la France subissent pour le moment un temps
d'arrêt, des échanges de vues entre les chefs des.
partis travailliste-socialiste anglais et radical so-
cialiste français ont eu lieu dernièrement.
Ce même journal estime que l'accord qui se
fera, dès la constitution du prochain cabinet fran-
çais, dans l'entrevue décidée entre MM. Herriot
et Mac Donald, portera sur les points suivants s
.1° Mise:en application du projet Dawes, avec, comme
1 conséquence, l'évacuation économique de la Ruhr et de
la Rhénanie aussitôt que l'Allemagne aura voté les lois
nécessaires, que les conseils internationaux auront été
constituas ̃ et qu'ils seront en mesure de prendre en
main les attributions à eux dévolues;
2° Réduction immédiate de l'occupation militaire de
la Ruhr à des proportions invisibles et, retrait des trou-
ves aussitôt- que le projet Dawes fonctionnera sans
à-coups, avec la coopération allemande; ̃
3» Solution du problème de la sécurité par l'intermé-
diaire de la Société des nations, de préférence sous la
forme d'un pacte mutuel de garanties, se rapprochant
plus ou moins des propositions formulées par lorrt
Robert Cecil, l'Allemagne étant admise comme membre
de lai Société et facilitant la réussite de cette combinai-
son. M. Mac Donald, bien qu'il ne se montre pas fort
enthousiaste du pacte envisagé par lord Robert Cecil,
y serait plutôt moins défavorable que t ne le sont, en
'grande majorité, ses collègues du cabinet; L
4° Transfert à la Société des nations du contrôle des
armements allemands, aussitôt'que possible, après la
.nouvelle enquête interalliée récemment demandée par
la conférence des ambassadeurs;
5° Discussion de la réduction générale des armements
en liaison avec le pacte de garanties mutuelles. Da cette
façon, la France se trouverait amenée à réduire les
lourdes charges financières qu'elle doit subir du fait
de l'entretien de son armée, et qu'a: nécessitées l'action `
indépendante adoptée par elle,
L'œavrs de reconstruction en Arménie
On mande de Moscou
L'Arménie, entièrement ruinée pendant la guerre,
commence à se reconstruire, très activement. Ac- J
tuellement, étant donné que le développement de <
l'agriculture est en vremier lieu conditionné nar 1
l'irrigation artificielle, on creuse dé nombreux ca-*
naux, qui conduisent les eaux des fleuves et trans-
forment des milliers de déciatines de désert en
champs fertiles. Entre autres, un travail considé-
rable a été effectué en vue de la construction du
banal s'étèndant dans un tunnel d'une longueur de
2 verstes 1/2, dans la région du fleuve Zanda. Ré-
cemment a eu lieu à Erivan l'inauguration solen-
nelle du canal d'Edjiliar. Le canal irriguera 1,500
déoiatine3 de terrain; il sera utilisé pour les cul-
tures supérieures, surtout pour les plantations de
coton. Les frais de la construction du canal sp
montent à 60,000 roubles environ, dont une partie
a été versée par le comité de secours à l'Arménie,
de Moscou. 700 déciatincsde terrain seront enso-*
nïencées déjà l'année courante.
En outre, on restaure et, on électrifie 'les chaus-
sées qui constituent les principales voies de com-
munication''en Arménie, étant donné l'absence de
chemins de fer. En outre, l'Arménie souffrant du
manque'de combustible, on effectue des travaux-
importants pour l'établissement de stations élec-
triques puissantes dans tout le pays en vue d'ex-
ploiter sa richesse en houille blanche.
La capitale, Erivan, se réorganise, et on luf
donne respect d'une ville-jardin.
,N.H,, J,t'n.
IMPRESSIONS D'ALLEMAGNE
E31T BAVIERE
(D'un dorrespondant)' r
Munich, juin.
Arcs de triomphe à Rosenbaum, aux deux fron-
tières opposées, à Hof, pavoisé en honneur de la
fête, de la narine. 3;200 sociétés de vétérans, flam-
berge au vent, réunis, à l'occasion du cinquante-
naire du Kriegerbund bavarois, dans la capitale.
Toute la République des Wittelsbach, dans l'at-
tente de son 2-déeembre, n'eât que solennités, ma-
niffistatiQ-nsipatriotqiups, conmiemoration de hauts,
faits militaires ou d'assàsèinats politiques.
Dès la gare, à Munich, un va-et-vient formida-
ble, « lapos » (police du pays), en casque à pointe,
hitlériens en képis autrichiens, gamins imberbes
à l'allure martiale, vieux guerriers retombés en
enfance, transportent des bannières, trophées, uni-
formes et armes, tous objets de musée destinés à-
rehausser la mise en scène de l'ardente protesta-
tion contre la République et la paix.
Dans le « parc de l'exposition », samedi soir,
on a comme l'avant-goût des démonstrations du
lendemain. Parmi les hôtes d'honneur, le prince
Rupprecht, sympathique, réservé, très sûr de lui..
Apres le député Schwarzer qui regrette l'absence
des Palatins, après le colonel de Hahnke, apportant
les saluts de frères d'armes de la Haute-Autriche,
le « Prinz » monte sur l'estrade, salué par des ap-
plaudissements à tout rompre. Et, pour que per-
sonne ne puisse se méprendre sur le sens de la;
journée, il annonce « Votre devoir, votre tâche
les plus sacrés, c'est de communiquer l'esprit qui
nous anime aux générations futures. Si vous y
réussissez ce qui .ne fait pas de doute alors
je ne désespère plus du destin de la patrie ado-
rée !» ̃̃
Dimanche matin, le soleil du printemps met son
diadème d'or le plus brillant. Sur la place Royale,
la foule, dans un recueillement religieux, -con-
temple le: tableau impressionnant et qui rappelle,
jusque dans ses détails, les fêtes des jours re-
grettés d'un régime dynastique indiscutablement
populaire.
Autour de Rupprecht, de Louis-Ferdinand, de
Léopold avec .sa femme, les membres de la mai-
son Wittelsbach, au grand complet, les généraux
von Heeringen, von Bothmer, le président du con-
seil von Knilling, les ministres Schweyer et Matt.
Personne, en dehors de moi, ne s'étonne de la
présence du commandant de la Reichswehr, re- '1
présentée par une compagnie d'honneur, la géné-
ral. Kress von Kressenstein, successeur de von
Lossow. Fidèle à la Constitution, dévoué à von
Seeckt, que pouvait-il chercher à une manifes-
tation où l'orateur officiel, le generalleutnan?
Reuter, après avoir constaté que toute. la misère
allemande charge la conscience de la France, da
cette France que maudissent des millions de vic-
times innocentes, déclare que seule la révolution,
tombant dans le dos de la nation, a provoqué la
défaite, la honte et la misère!
Puis, avec emphase, il s'écrie
«. Soyez unis dans l'amour de la patrie, mais
aussi dans la haine de nos ennemis.
» Lorsque sonnera l'heure de la délivrance, on
verra se renouveler les temps héroïques de 191 i.
La vieille armée ressuscitée redeviendra de nou-
veau la terreur de nos ennemis! JI
« ..J'avais un camarade. », entonne l'orchestra
à la fin de cet interminable discours, et la foule
répond par le Deutschlandlieb, pendant que com-
mence un défilé de 20,000 vétérans, en uniforme et
en civil, bannières et étendards déployés, tan-
dis qu'un avion évolue au-dessus de la place. A1
la suite des emblèmes de la fédération et du
prince régent, se déroule pendant près d'une
heure et demie, à travers les rues décorées de
drapeaux blanc-bleu et rouge-noir^blanc, en tenue
historique, oripeaux séculaires, une longue théo-
rie de lansquenets, de cuirassiers de Pappenhoim.
de soldats dé Max-Emmanuel (le conquérant de
Belgrade), do héros légendaires de l'émeute do
1705, de combattants de la grande armée, ceux
du comte Wrede, de troupiers coiffés du casque
à. chenille et du casque d'acier.
Pour atténuer ce qu'un pareil défilé pourrait
avoir de fatigant, de temps en temps apparais-
sent des carrosses richement décorés, des chaï5
symboliques, ornés souvent avec goût. La foule
salue de cris de Ecil et de Hoch les groupes, les
uniformes, les véhicules particulièrement pitto:-
resques ou encore les chefs militaires populaires.
Les Tyroliens, dont la voiture porte l'inscription
Zuriick zum Reich (revenons à l'empire), les colo-
niaux que.l'on appelle ici « les Africains », et dont
l'attelage do douze énormes bœufs rappelant le
char du Transvaal est précédé par trois cava-
liers nègres, ont beaucoup; do succès. Quant au car-
rosse de la Bavaria, il est surmonté d'une immense
couronne royale.
Celui qui devrait un jour la porter part en
auto, la fête terminée, au milieu d'acclamations en-
thousiastes. Mais le loyalisme du peuple de Mu-
nich ne se satisfait pas de si peu. On se masse de-
vant le palais du « Prinz » et on chante Ileil unser
Kœniq, heil! avec une énergie tenace, jusqu'à ce
quo Rupprecht paraisse au bâton. On réclame
aussi la « reine », qui finit par se montrer, ne par-
lant guère, dans sa robe noire unie, avec son col-
lier de perles modeste, à l'imagination, assoiffée
de couleurs, de ces semi-méridionaux voisins de
l'Autriche et de l'Italie.
Pendant que le coupSe royal envoie, à droite.et
à gauche, des saluts affectueux et condescendante,
le public, grossi de centaines de manifestants en
uniforme, entonne le Deutschlandlied. C'est alors
qu'apparaît sur le balcon, en tenue militaire, lo
jeune kronprinz, avec sa femme. La veille, au parc
do l'exposition, il a fait une promesse solennelle,
sorte de voeu religieux, de servir fidèlement jus-
qu'au dernier soufflo son peuple chéri.
C'est tard dans la soirée que se termine
« Elle n'était pas monarchiste, mais monarchi-
que », dit, à côté de moi, un petit vieux rachitique,
h l'accent viennois. Et il a l'air enchanté.
Une Bouveiie version dei Livre fcSane
Le gouvernement du Reich donne une nouvelle
version du Livre blanc, dont la publication a causé
tant d'agitation en 1919.
La brochure contient la collection des pièces of-
ficielles et des documents provenant de l'état-major
do l'armée allemande, où disparaît peu à peu la
légende du « coup de poignard dans le dos de l'ar-
més allemande par les organisations révolution-
naires.
Ludendorff avait soulevé de nombreuses contes-
tations contre la première édition du Livre blanc;
mais un examen attentif des documents ci-dessus
montre que ces critiques et réserves sont presque
sans fondement. Un document, de Tétat-major alle-
mand, daté du 23 octobre' 1918, prouve notamment
rm'il était absolument impossible de continuer la
lutte, même sur la frontière allemande, car depuis
longtemps les réserves se trouvaient épuisées.
C'est en vue de réagir contre la propagande des
lationalistes extrêmes et des fidèles de Ludendorff'
}uo le gouvernement a publié les nouveaux docu-
ments qui font connaître le râle joué par lui à la
veille de l'armistice.
Les cinq nouveaux documents, suite du Livre
)lanc publié en 1919, démontrent que Ludendorff
;tait, de tous Je,« chefs de l'armée allemande, le
)lus désireux d'obtenir'un armistice rapide.
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