Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1919-02-06
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
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Description : 06 février 1919 06 février 1919
Description : 1919/02/06 (Numéro 21033). 1919/02/06 (Numéro 21033).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k243547r
Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
3. *-> !L3B T0MPS. 6 $éwr*er i9i9.
listes allemands, oppose à la résolution de M. Al-
bert Thomas la résolution suivante sur la ques-
tion des responsabilités
Le parti soçialtste aUemand est d'avis que la guerre
mondiale est, d'une façon générale, une conséquence de
la -politique impérialiste des dernières décades; elle
iieoowaît toutefois en roêfne temps le devoir d'établir
te faits qui f uroat la cause immédiate du massacre des
peuples pendant quatre aus.
Ces faits sont, en première ligne, l'ultimatum autri-
chien à la Serbie, la mobilisation générale russe et da
déolaration de guerre de l'Allemagne à la Russie et à la
France .qui en résulta.
Le parti socialiste allemand décline toute responsabi-
lité pour le déchaînement et la conduite de la guerre; il
n'a pas Voulu la guerre et ne l'a pas conduite.
Afin que les responsabilités collectives et pensonoielles
BOien-t établies, le parti socialiste aHemand demande
l'éclaircissement complot de cas faiits, ainsi que le
commença le gouvernement russe des Soviets; et il est
pf^t, comme l'a déclaré aussi le go-uvernemeèt socialiste
Sa la République allemande, immédiatement après la
révolution, à examiner de la façon la plus rigoureuse et
& publier les documents concernant la guerre. Mais il
Attend des camarades de tous les autres pays bel-
aigéranta qu'ils réclament de leurs gouvernements la
8*èmfi procéitae, ailn que la .question des responsabilités
soit pleinement éclaircle.
La SoKialdemoKratie ailemande fut toujours peo-
émt ta guerre pour ia paix, l'entente et la concMia-
tion entre les peuples, et fut pour cette raison attaquée
4e la façon la plus vive par les partisans de la guerre
«t pap les annexionnistes pangermanistes.
a^a délégation des socialistes allemands déclare que
fentrée des troupes allemandes en Belgique représente
npe violation du droit des gens, et que toutes les tenta-
tives ultérieures pcw justifier l'enlrée des troupes alle-
ntapdes en Belgique par l'attitude de la Belgique avant
4 guerre doivent être considérées comme ayant
éofooué; et cllo répète la déclaration faite par le gou-
vernement socialiste allemand que, concernant la restau-
ration de la Belgique, elle se place sur le terrain des
Revendications wilsonniennes.
I^a sozialdemotoatie allemande appuiera par tous
les moyens toutes les mesures devant garantir, dans
U Société des nations a créer, aux petites nations avant
tout la plaine indépendance et la sécurité.
Le parti comprend pleinement les sentiments éveillés
ta Belgique et dans le mande entier par l'entrée des
teoups allemandes en Belgique. Il ne son®e qu'avec un
douloureux regret aux dures souffrances que le peuple
|»lg>e, innocent de la guerre, eut à supporter pendant
oqatre ans.
Ç,a jeune République allemande n'a aucune raison ménager qui que ce eoit dont la responsabilité dana le
'ééçhatnement du massacre des peupies peut Otre
établie.
La Soziaildemokratie allemande usera de toute son
Influence afin que les responsables soient appelas à
çeodNi pleinement Jeura oomptes.
IftsQ tSôclapaiion do M. Friedrich AdSor
A la fin de la séance de mardi de la conférence
Socialiste, Friedrich Adler, délégué autrichien, a
affirmé que la guerre avait parfaitement été pré-
marée par rAutrwhe-'Hongrie de conoert avec
v$Aitema@ne. •• ̃ •»
(< L1 Autriche-Hongrie, a-t-il déclaré, n aurait
iras commis la bêtise de faire la guerre si elle
m'avait pas été assurée de l'appui de l' Allemagne,
» Nous savons parfaitement que le 5 juillet
1914 a été ippur les empires centraux un jour dé-
cisi,f, car il y a eu à Berlin un conseil de la cou-
ronne où le comte Hoyos avait été envoyé de
̃Vienne avec une lettre de l'empereur Joseph pour
léuillaume II.
» La guerre a été décidée dans ce conseil avec
la complicité de M. de Bethmann-Holweg. »
iSJ. Adler a exprimé ensuite son scepticisme au
«mt du résultat de la conférence actuelle qui,
toour porter réellement dos fruits, devrait être pré-
cédée d'un long travail critique, et il redoute les
doctrines.
la déimissSosi de WI. Vandorvelde
Comme nous l'avons annoncé, M. Emile Vander-
jrelde, ministre de la justice et leader du parti ou-
trier belge, a donné sa démission de président du
bureau socialiste international. M. Vandervelde a
pris cette décision à la suite de la résolution du
Sarti ouvrier belge de ne pas envoyer de délègues
la conférence de Berne. Dans la lettre de démis-
sion qu'il adresse aux secrétaires et membres du
bureau socialiste international, M. Vandervelde
isjit notamment
Ansoela et •moi étions d'accord pour penser que des
Belges devaient aller à Berne; qu'ils devaient y aller
bout y assurer la reprise des relations entre les socia-
Sstes restés fidèles au socialisme, mais aussi, et au préa-
lable, pour se dresser au seuil du congrès contre ceux
qui ont failli aux principes do l'Internationale, en vo-
tent des crédits pour une guerre d'agression, en se
faisant complices par leur silence des bourreaux de
notre 'pavs, en soutenant jusqu'au bout un régime de
frieurtfd. et de proie, qui n'a pas çfe5 renversé Dar leurs
jlfforts, mais par leur défaite. :•••̃
Notre opinion n'a pas .prévalu.
Nous nous sommes heurtés au ressentinieaït profond,
irréductible, exaspéré par quatre ans d'indicibles souf-
frances, de la masse d'un prolétariat qui se souvient
lues déportations, des massacres, des attentats sans
nombre dont elle a étô la victime.
Cela étant, je n'ai qu'une attitude à .prendre.
Respectueux de la discipline socialiste, je me sou-
mets à la décisions notro conseil général je n'irai
|»as à Berne.
Mais, président du bureau socialiste international, je
mets mon mandat à la disposition de ceux à qui je dois
Se très grand honneur de me l'avoir conféré. Je le fais
avec une émotion douloureuse. Internationaliste de
eœur et .d'unie, je rêvais d'être de ceux qui prendraient
̃une large part à la reconstitution, plus Impérieuse-
ment nécessaire que jamais, de l'Internationale. Mes
rofandaiit» au bureau socialiste international en on décidé
autremsBt je m'incline et je passe la main à d'autres.
fe souhaite qu'ils réussissent. Je reste profondément
frUaçhé à l'œuvre qu'ils vont poursuivre, et j'ai l'ar-
aent espoir que dans un avenir très prochain, le parti
ouvrier belge reprendra sa place dans l'Internationale
Reconstituée.
Sues cohueîssîosis
j&a délégation française a nommé MM. Longuet
£t Benaudel membres de la commission chargée
de discuter cette nuit ">îa question des responsab-
ilités.
iLe délégué tchèque Nemac a été adjoint à la
commission en dernîèrû heure.
Lorsque la délégation française aura obtenu sa-
tisfaction dans la question des responsabilités,
ieonîme l'exigent. les membres ex-majoritaires, elle
participera aux travaux des commissions pour
lesquelles elle a désigné les membres suivants
Questions territoriales MM. Mistral et Albert
fFhomas; Société des nations MM. Caehin et Mi-
\L1ETOM 'DU
1 DU 6 FÉVRIER 1919
LES LIVRES
Jbmen Benda le Bouquet de Gtycèrc. i plaquette.
Emile-Paul.
\M. Julien. Benda est un écrivain partic-ulière-
ine-nt eher aux amateurs d'idées. Penseur in-
génieux et liardi, dialecticien subtil et aventu-
reux, d'ailleurs armé d'une érudition vaste et
(toujours prête, il ne cesse de poser des problè-
mes, de découvrir des points de vue nouveaux,
Bu de rajeunir les anciens, d'alléguer des auto-
rités imprévues, bref de (provoquer à. la diiseus-
sion, qui est d'un des plaisirs favoris des idéo-
iogues. Il serait lui-même fort déçu si l'on^ se
iContentaii de lui décerner les éloges que méri-
tent sa science et son talent. Il compte bien
trouver des contradicteurs, il les appelle, et,
« dans les combats d'esprit savant maître d'es-
erime », il ne désire que de ferrailler, c'est-
à-dire d'argumenter. Son goût de ces pacifi-
ques tournois est si vif qu'il compose déjà- ses
ouvrages selon ce modèle et adopte, après Pla-
ton et Renan, la forme du dialogue philosophi-
que ainsi fait-il discuter ses personnages en-
tre eux, avaat de discuter lui-même avec ses
lecteurs. Malheureusement, j'ai le regret de me
itrouver d'accord avec lui sur' les principales
fflièses énoncées dans tes trois dialogues du
Bouquet de Qlycère; et je me vois obligé, pour
lui donner satisfaction, de mie rabattre sur des
ifaroutilles.
Dans le premier dialogue, Philarète ou du
courage, au jeune homme partant .pour la
guerre qui Lui 'dit « Eh non, je n'ai pas
̃peur », Socrate répond « En vérité, tu me
déconcertes; je 4e croyais plus courageux. »
Paradoxe ? Dans la forme, oui bien; mais îe
(fond est assez juste. La plupart de ceux qui
n'ont pas peur du tout n'ont aucun titre à être
admirés, n'étant que des inconscients, des igno-
rants, des êtres bornés et sans imagination, qu-i
; • se ,le représenier avec force.
Oii admettra cependant que certains liom-
tae© imiissent concevoir toute la sravité du ®ë-
lhaud; questions ouvrières MM. Frossard et Pois-
son..
8011. 5La conférence syndicaliste
La conférence syndicaliste internationale ne
tiendra sa première séance que mercredi soir, vers
sept heures, à la Maison du peuple. Elle aura lieu
dans la salle voisine de celle où se déroulera la
conférence socialiste.
Bien que la conférence syndicaliste ne soit pas
ouverte, plusieurs entrevues ont eu lieu depuis
huit jours entre les représentants des divers mou-
vements nationaux. On peut même ajouter que, au
cours de ces entrevues, an a élaboré un pro-
gramme de travail qui ne semble pas satisfaire les
sept délégués français MM. Luquet, Bourderon,
Savoie, Chauvin, Rivelli, Dumas et Doumeng, arri-
vés lundi soir à Berne. Jusqu'ici, en effet, on n'a
discuté qu'une seule question celle de la législa-
tion internationale du travail. Or, la délégation
française, que compléteront demain sans doute
MM. Jouhaux, Merrheim, Bidega.rray et Lefèvre,
entend que soient examinées et la question du siège
du secrétariat syndical international et do sa
constitution, et la question des responsabilités de
la guerre. C'est ce qui sera réclamé au cours d'une
nouvelle réunion préparatoire fixée aujourd'hui à
deux heures, laquelle seront convoqués tous les
délégués syndicaux présenta. M. Lubs, délégué t;
syndicaliste d'Alsa.ce-Lorraine, est arrivé; II se
déclare d'accord avec ses collègues français, M.
Qudegeest, secrétaire de la centrale syndicale hol-
landaise, qui remplit depuis dix-huit mois les
fonctions de' secrétaire international provisoire, a
annonce son arrivée. On annonce également la
annoncé son arrivé(,. On annonce
venue probable de M. Legien.
L'agitation syndicaliste
LE PERSONNEL DES TRANSPORTS EN COMMUN
Les délégués des syndicats de transports en com-
mun, autobus, tramways, Métropolitain et Nord-
Sud, se sont rencontrés hier, au ministère des
travaux publics, dans un salon mis à leur dispo-
sition, avec les représentants des compagnies. Une
nouvelle entrevue a lieu ce matin.
LES ELECTRICIENS
E GE R
Une entrevue a eu lieu hier après-midi, rue
Tronchet, 27, au siège de la chambre syndicale des
producteurs et distributeurs d'énergie électrique,
entre les délégués du syndicat des ouvriers élec-
triciens et les représentants du syndicat patronal.
Après examen contradictoire des nouvelles reven-
dications formulées par le personnel, certains ac-
cords sont intervenus. Sur d'autres points, une
entente ne paraît pas devoir se conclure aussi ai-
sément. Une nouvelle entrevue doit avoir lieu, à
l'issue de laquelle, si un accord n'intervenait pas,
l'arbitrage du ministre des travaux publics serait
sollicité.
~O~TSM.ES BEUmCX~AMS
El» crise aJSmentaîre
Le «beurre étant, aussi rare que cher, la 2" corni-
mission. du Conseil municipal se préoccupe de
développer la vente d'aliments de substitution,
tels que le saindoux et le lard gras, que le mi-
nistère du ravitaillement met la disposition do
'la vitle'de Paris.
Chez les salaisonniers, la mise on vente de ces
produits devra être exclusive de ceux de toute
autre provenance, et des affiches très appa/rentes
l'indiqueront à la clientèle.
Pour les charcutiers, la question est moins
si'mp'le, car chez eux, le saindoux et le lard gras
peuvent subir des transformations' et être vendus
sous d'autres espèces à des prix supérieurs. La
2° commission va voir, avec M. Roussy, président
du syndicat des charcutiers, comment il serait
possible de donner à la ville de Paris la garantie
que des produits fournis par elle ne pourront subir
aucune majoration de prix.
La commission a, en outre, émis un avis favo-
rable à 'l'abrogation du décret qui oblige tout le
bétail à destination de Paris à passer par la Vil-
lette. Cet avis a été donné ù la demande des che-
viLlards des abattoirs de Vaugirard, où les ani-
iraux pourraient alors arriver directement.
La s8mpWfflc»iB«» du travail administratif
Dans une note qu'il adressait le 18 juin dernier
à ses directeurs et chefs de service, M. Autrand,
préfet de la Seine, invoquait l'accroissement do
besogne résultant de l'état de guerre et la mobi-
lisation d'une notable partie du personnel, atti-
rant leur attention sur la « nécessité de simplifier
les procédés do travail administratif dans toute
la mesure compatible avec la bonne exécution du
service ». Et M. Auirand indiquait un certain nom-
bre d'améliorations, d'uo caractère général,. dont il
demandait la réalisation immédiate et qui peuvent
se résumer ainsi
Eviter de donner à la rédaction des arrêts des
développements excessifs; supprimer, dans les no-
tes et rapports, conçus en termes très précis, tou-
tes les locutions inutiles dont l'usage n'a d'autre
raison de subsister que le respect d'anciennes tra-
ditions pour activer l'étude des affaires, recourir
le plus largement possible aux conversations ordi-
nàires ou téléphoniques; développer la pratique
•de la dictée sténographique, qui devra être em-
ployée pour tous les textes courts ou n'offrant pas
de difficultés spéciales de rédaction; réduire au
strict minimum les dépenses de papier et d'im-
pression.
Enfin, le préfet, do la Seine priait les directeurs
et chefs de service d'inviter les agents placés sous
leur autorité à signaler les améliorations que leur
suggéreraient leur initiative ou leur expérience.
Ils devaient lui faire connaître le nom de ceux
qui, à cette occasion, se seraient distingués.
Toutes les prescriptions de cette note, vieille
déjà de six mois, ont-elles été bien appliquées, et
ont-elles donné des résultats satisfaisants?
Nous trouvons la réponse à ces questions dans
une seconde circulaire adressée récemment par
M. AuU'and aux directeurs et chefs de service et
que nous avons sous les yeux.
Ce document constate « que des efforts sérieux
ont été faits pour simplifier les procédés de tra-
vail administratif et que d'appréciables résultats
ont été obtenus ». Il ajoute cependant que, sur
bien des points, des lacunes ont été constatées
dans nombre de bureaux n'a pas encore suffisam-
ment pénétré l'esprit d'économie. Et le préfet de
la Seine insiste à nouveau auprès de ses chefs-de
service sur rtoportane des instructions qu'ils ont
reçues.
Certes, il no serait pas bien grave que dans un
trop grand nombre de projets ou d'expéditions eût
ril et demeurer néanmoins impassibles, par
indifférence, mépris de la vie et bravade au
destin. 11 y a là un cas, peut-être exceptionnel,
mais qui doit être noté. Ajoutons que le dan-
ger n'est pas un élément indispensable, en dé-
pit des plaisanteries faciles, qui retomberaient
sur Platon. Car le même Socrate, en un autre
endroit (au IV livre de la République) dit
« Nous appelons courageux un homme quel-
conque, pourvu que cette partie de l'âme où
réside la colère suive toujours, au milieu des
peines et des plaisirs, les ordres de la raison,
soit qu'il y ait danger ou non à les exécuter. »
II faut souvent du courage, dans la vie ci-
vile; il en faut pour accomplir tout effort pé-
nible, ne fût-ce, par exemple, que pour écrire
un article lorsqu'on aurait envie d'aller se pro-
mener.
Mais il est bien clair que l'homme le plus
courageux, et qui a le plus de mérite à l'être,
est celui qui, affrontant la mort, la redoute et
se maîtrise. Un de mes amis, officier de ré-
serve, au moment de partir pour le front, où il
a d'ailleurs été tué, me disait « J'aurai
peut-être peur, mais cela ne se verra pas. »
Socrate a raison voilà le vrai courage. Mais
cela ne lui suffit pas encore il raffine à }a
façon de Corneille. Il conteste la bravoure
de ceux qui chantent, parlent et font du bruit
pour, s'étourdir, autrement dit pour empêcher
l'idée de danger, et donc la peur, de se former
en eux. Et pareillement la vaillance de ceux
qui obéissent à la crainte de la honte, à l'am-
bition de la gloire. Et encore l'intrépidité de
ceux qui se laissent porter par l'enivrement de
la vengeance et de l'action. Ne sont pleine-
ment courageux pour le Socrate de M. Benda
que ceux qui sont capables de tenir stoïque-
ment, sans ivresse d'aucune sorte ou même
sans espoir, et ceux qui, n'ayant d'autre mo-
bile que l'amour de la pairie, étreignent
« cette idée avec une telle passion, avec un tel
désir de ne la point voir périr, que cette pas-
sion détruit en eux l'appétit de s'enfuir et
d'assurer leur vie ». Philarète en convient,
mais ajoute « Vois, ô notre maître, comme
ton œuVre est cruelle. Je courai-s joyeux au
combat; mon âmo était légère à braver le tré-
pas elle est grave à présent. » Et Socrate ré-
pond « L'âme qui forme vraiment l'idée de
la patrie n'a pas à être légère, mon enfant. »
j Tout en reconnaissant la hauteur de ces pen-
sées, digne de celle du sujet, on .hasardera quel-
j «gués menues observations. Socrate est bien se-
été relevée la survivance de locutions de pure
forme, et par suite, complètement inutiles, telles
que « J'ai l'honneur de vous prier de » Mais
il a été constaté que sur des projets de rédacteurs
qui s'étaient conformés aux instructions du préfet,
cas expressions avaient été rétablies.
D'autre part, la dictée sténographique de lettres,
notes ou rapports reste trop rarement pratiquée.
L'économie de papier pourrait être plus impor-
tante.
Enfin, le nombre infini des cas portés à sa con-
naissance d'employés ayant fait connaître les
améliorations qui leur paraîtraient souhaitables
incite le préfet de la Seine à penser que ses ins-
tructions sur ce point « n'ont pas été suivies .avec
toute la bonne volonté nécessaire ».
M. Autrand insiste, encore pour que toutes les
suggestions dignes d'être retenues lui soient si-
gnalées, désireux qu'il est de récompenser, ainsi
qu'il lui a déjà été donné de le faire, les agents
qui feraient preuve d'initiative.
ACADEMIES, UNIVERSITES, ECOLES
Académie de médecine
Présidence de M. E. Detorane..
Les suites des intoxications par les gaz. ̃ <3n
avait étudié jusqu'ici surtout les accidents immé-
diats dus aux gaz toxiques qui furent si largement
employés au cours de la guerre. M. Aohard donne
d'intéressantes précisions sur les séquelles que
laisse parfois cette intoxication, et il appuie ses
conclusions sur l'examen de 3,525 cas observés en
deux ans, dont 84 0/0 causés par les gaz vésicants
et 1Q 0/0 par les gaz suffocants. Il est d'ailleurs
remarquable que ce sont ces derniers qui donnent
lieu aux suites les plus sérieuses. Les plus impor-
tants de ces symptômes tardifs (ils peuvent se
montrer encore quarante mois après l'atteinte)
intéressent les poumons. Ce sont ceux, principa-
lement, de l'emphysème et de la bronchite chro-
nique, mais il faut signaler un état spécial qui si-
mule la tuberculose (petites lrémoptysies, signes
d'auscultation aux sommets, amaigrissement, fiè-
vre) et où le bacille de Koeh n'est pas en jeu;
ajoutons cependant quo la tuberculose peut sur-
venir comme complication secondaire, mais bien
moins fréquemment qu'on ne le croyait tout d'a-
bord et surtout sous forme d'un réveil de lésions
anciennes. A côté de ces séquelles pulmonaires,
on en observe du côté du larynx, des yeux, de la
peau» de l'estomac, du cœur, exceptionnellement
du foie et des reins. Des troubles d ordre nerveux
ou des retentissements sur la santé e.n général ont
été ég'»l
Le traitement de la filariose. La filaire sous-
cutanée, ou ver de Guinée, est un ver parasite des
tissus humains, qui cause des accidents de natures
diverses, souvent fort sérieux,et dont les nombreux
traitements préconisés me peuvent toujours
avoir raison. Estimant qu'il fallait rechercher un
remède capable de tuer l'animal, quel que fut son
habitat, M. Janselme a eu recours, dans un cas ré-
cent, aux injections intraveineuses de novarsé-
nobenzol. Après quatre injections, les parasites
furent expulsés et la guérison complète ne s'est
pas démentie depuis, L'auteur de cette communi-
cation se borne à constater le fait de cette gué-
vison.
Le service médical dans la marine marchande.
ILe sous-secrétaire d'Etat de a marine mar-
chande avait demandé à MAcadâmie son avis sur
la création d'un corps de santé spécialement des-
tiné à servir sur les bâtiments de commerce, les-
quels sont tenus d'avoir un médecin à bord quand
leur population atteint 100 personnes. Jusqu'ici
les médecins sont recrutés et entretenus par les
armateurs eux-mêmes. Le sous-secrétaire d'Etat
demandait en outre quels diplômes devraient être
exigés do ces médecins spécialisés. L'Académie,
se déclarant incamipétentû sur la première partie
de la question, estime quo si ce corps de santé
de- la marine marchanda est créé, ses membres
devront être titulaires du diplôme de médecin
sanitaire maritime ou de celui de médecin co-
lonial, délivré par les instituts spéciaux qui exis-
tent à Paris, à Marseille et à Bordeaux. Le rap-
port, qui se termine par ces conclusions, a été lu
par |i. Kermorgant,
Autres communications. M. Méry présente
un rapport s-ur le fonctionnement de i'asile des
débiles de Médan (fondation Zola), en 191 4-191 7,
et conclut que cet asile s'adresse surtout aux dé-
̃biles par affections du tube digestif, à la suite de
maladies infectieuses, ou par débilité causée par
la fcuiberculose du foy&r (familial, t M. Apmato-
gaud propose îi l'Académie de 'favoriser, par tous
les anoyens à sa disposition, l'enseignement de
l'ambideiKtrie (usaaro égal des deux mains) dans les
famij'les, et d'inviter le ministre de d'instruction
publique la rendre obligatoire dans les établis-
sements primaires, et secondaires.
Cours ̃'ei'à'onféïëirtcës' ̃"̃
M. Frédéric Masson poursuit à l'Université des
Annales avec un succès considérable la belle série
do ses conférences sur Mme Bonaparte. Hier il
évoquait les réunions de Malmaison et fit revivre la
société qui se pressait dans le château, ses diver-
tissements qui parfois rappellent un peu les ré-
créations de collège, et auxquels Mme Campan,
Mme de Rémusat et d'autres femmes charmantes
prenaient part. Ces intéressantes conférences sont
publiées dans le Journal de l'Université des « An-
nales »,
> Sous les. auspices de « 1 Vie moins chère »,
école iwctionate des économies et de l'épargne. Mme A.
jVfûlil-Weiss continuera, les 6, 13, 20 et 27 février, à
4 h. 1A2 très précises, amphithéâtre du Conservatoire
national des arts et'métiers, la série de ses conférences.
Des préparations culinaires, comme par le passé, com-
pléteront l'exposé oral. Le sujet traité demain sera
« Nos aliments d'origine animale, »
~a'?-.
CQfflTOCE, INDUSTBJE ET âSRSCOLTPE
La crise du beurre
Depuis qu'on a annoncé que les cpnianerçants
qui vendraient des denrées a des prix jugés exces-
sifs seraient passibles do poursuites en conseil de
guerre, il est à peu près impossible de trouver du
beurre. Les détaillants sont unanimes à déclarer
qu'obligés eux-mêmes d'acheter lé beurre à des
prix très supérieurs à la taxe ils ne peuvent pas la
respecter en le revendant. Aussi peut-on voir
maintenant à la devanture do nombreuses bouti-
ques cet éçriteau « On ne vend plus de beurre. »
Une crémière avait affiché uq'avis ainsi conçu
« Je ne tiens pas à aller en conseil de guerre; si
vous voulez du beurre, allez en demander à M.
Boretî »
vère: il n'y a pas grand mal à tâcher de se main-
tenir en gaieté sous le feu; c'est la vieille mé-
thode française, elle a du bon, et n'empêche pas
de concevoir la noblesse de la cause pour la-
quelle on se bat. De même, le point d'honneur
personnel est un adjuvant utile, qui n'exclut
pas davantage les considérations plus larges. Il
n'y a que la fureur brutale, l'appétit du car-
nage, que M. Benda ait tout à fait raison de re-
jeter comme indignes d'hommes civilisés. Pour
le surplus, il élimine trop. Ce n'est plus seule-
ment du courage, c'est une sorte d'ascétisme. Un
ascète encore plus rigoriste pourra prétendre
que l'amour de la patrie est encore un mobile
trop charnel, trop intéressé, et que le plus beau
courage consiste à se battre sans aucun motif
extérieur, rien que pour se prouver à soi-même
la puissance de sa volonté.
M. Julien Benda s'engage bien un peu dans
cette voie, puisqu'il ajoute en note, feignant de
n'être que l'éditeur et le traducteur d'un opus-
cule grec: « .Notons bien l'insistance de Socrate
pour que l'idée de patrie ne demeure pas une
idée, mais devienne une passion (de l'esprit, il
est vrai), Le penseur grec semble pressentir ici
la doctrine spinoziste, selon laquelle une pas-
sion ne peut être vaincue que par une autre pas-
sion, jamais par un état purement intellectuel. »
Ces lignes risquent de donner à ceux qui le con-
naîtraient mal une fausse idée de Spinoza. On
sait bien qu'il a écrit: « Une passion ne peut
être empêchée ou détruite que par une passion
contraire et plus forte » (Ethique, IV, propos. 7),
et plus loin: « La vraie connaissance du bien et
du mal, en tant que vraie, ne peut empêcher au-
cune passion; elle ne le peut qu'en tant qu'on
la considère comme une passion. » (Ibid. pro-
pos. 14.) Mais tout le sens général de VEthique
n'en est pas moins que les passions nous ré-
duisent en esclavage, et que la liberté de l'hom-
me réside dans la puissance de l'entendement:
on reconnaît dans ces expressions les titres mê-
mes des quatrième et cinquième parties. Spi-
noza admet l'empire de la raison sur les pas-
sions, et c'est pour lui la marque d'un homme
libre. Il rectifie même ce que la propos. 7 de la
̃IVe partie aurait de trop absolu; la simple con-
naissance des passions, qui est bien une opéra-
tion de l'esprit, est indiquée par lui comme un
des moyens que nous avons de les réduire (V,
scholies des propos. 4 et 20). Et d'ailleurs, ce
qu'il y a de plus intellectuel au monde, ce n'est
pas une idée froide et inerte, c'est cette idée
.émouvant la sensibilité, c'est la raison même
Un agent trouva trop forte l'ironie de l'affiche,
et la jugeant irrespectueuse pour le ministre, il
obligea la commerçante à la retirer.
Une délégation du syndicat des crémiers a été
reçue par le préfet de police et lui a exposé son
•point de vue au sujet de la crise. Pour prouver sa
bonne foi, le syndicat a demandé au préfet de faire
saisir désormais tous les jours, dans toutes les
gares de la région parisienne et les bureaux de
poste, les expéditions de beurre, tant aux commer-
çants qu'aux particuliers; de faire vendre aux
Halles, publiquement et à la taxe, aux crémiers,
par les mandataires et commissionnaires, cette
marchandise, laquelle sera revendue au public,
par les crémiers, également à la taxe.
Beaucoup de commerçants estiment que le seul
remède à la crise est la suppression de la taxe.
Le remorquage en Seine
Le sous-secrétaire d'Etat des travaux publics et
des transports a demandé au ministre de la ma-
rine de mettre à la disposition de l'office national
de la navigation dix patrouilleurs pouvant être
utilisés comme remorqueurs sur la Seine.
Ê'entente intervenue entre les deux ministères
permettra de renforcer les moyens de remorquage
et d'accélérer ainsi l'évacuation des nombreuses
péniches chargées qui sont en instance de départ
a Rouen, par suite de la dernière crue de la Seine
et de l'arrêt de la navigation qui en a été la con-
séquence.
ABT ET CURIOSITE
U exposition de VlawiocH
De tous les peintres engendrés par Cézanne, le
mieux doué, à coup sûr, et le plus personnel est
Maurice de Vlaminck. A ce maître qu'il n'a connu
que par ses oeuvres, il a emprunté, au début de
sa carrière, autant de défauts que de qualités.
Quand Cézanne vieilli, et affligé d'une maladie
de la vision qui ne lui permettait plus de voir les
êtres et les choses que de travers, les représentait
tout do guingois, de Vlaminck, en dépit d'un or-
gane parfaitement sain, en faisait tout autant. Il
a vite compris que cette servilité dans l'imitation
n'avait aucune raison d'ôtre. En l'arrachant à ses
occupations pour un temps et en lui donnant l'oc-
casion de réfléchir, la guerre lui a rendu, d'autre
part, un inappréciable service. Il s'est remis avec
une nouvelle ardeur à l'étude, et c'est le résultat
de cette nouvelle campagne de peintre qu'il nous
montre, rue Royale, 20, chez Druet.
Dans les soixante-douze pièces dont cet en-
semble se compose, il y a de tout un peu, des pay-
sages, des marines, des natures mortes et des
fleurs. Peut-être est-ce dans cette dernière caté-
gorie qu'il a réalisé les travaux les plus person-
nels. La distinction du ton et la franchise de la
touche en sont les qualités dominantes. On ne l'ai-
mera pas moins dans ses études de sites mari-
times. Il y déploie une largeur, il y apporte une
sincérité vigoureuse et une compréhension des
effets de ciel et d'eau qui attireront infailliblement
l'attention. Ses études de paysage pur sont em-
preintes des mêmes qualités, mais la solidité do
l'exécution n'y est point partout la même, et il lui
arrive souvent de travailler en décorateur plus
qu'en peintre. Le progrès y est néanmoins mani-
feste, et il y a tout à parier que son évolution nous
le fora voir de plus en plus maître de lui, et de
plus en plus soucieux de la réalité dans ses inteiv
prétations de nature,
Aux peintures il joint quelques faïences oruiées
d'un décor de fleurs et d'arabesques très agréable
à l'œil, et qui ne plairont pas moins par la simpli-
cité de leurs formes que par la robustesse et l'am-
pleur de leur exécution. Thiébault-Sisson.
•] FAITS DIVERS
Bulletin du Bureau central môtéorplogique
Mercredi 5 février. La dépression signalée hier à
l'ouest des îles Britanniques s'est étendue vers l'est et
Le sud; le minimum persiste près de l'Irlande; on note
749 mm. aux îles Soil'ly, 757 à Paris, 758 h Biarritz.
Les pluies ont repris sur l'ouest 4e l'Europe; en
̃FiCaiw», on a. reouioilli 20 mm. d'eau à la pointe Saint-
Mattiieu, H à Loriont, 8 Nantes, 8 à Bianritz.
La température a monté fortement dans nos régions
de l'ouest; elle a baissé dans l'est.
En France, des pluies sont probabLes dans l'ouest,
aveo temps assez doux; elles aemont précédées d'aver-
ses de neige dans l'est, où la température se tiendra
dans le voisinage do la normal.
Au Parc-Saint-Maur, la température -moyenne, 0°, a
été inférieure de 3° à la normale,
EïEUiss» i!B!cî nier, le ministre de l'agriculture et du ravitail-
lement transmettait à la préfecture de police une
dénonciation" d'un marchand" de 16gu;nïes en gros,
M. Pupin, rue de la Chapelle, 43, qui l'informait
qu'il s était rendu acquéreur de sacs de riz portant
f estampille officielle du ministère du ravitaille-
ment. Le service de la répression des fraudes éta-
blit que ce riz avait été livré à une coopérative de
consommation et pay>é à l'administration du ravi-
laiillôment au prix de faveur fixé pour cette caté-
gorie spéciale de consommateurs.
Le parquet chargea M. Deiss d'ouvrir une ins-
truction. M. Vannier, expert, a constaté que le riz
en question, fourni à la coopérative au prix de
175 francs, a atteint finalement le prix de 4O0 fr.
Temponnement. Sur la ligne de Paris à
Strasbourg, le train express 47, venant de Paris, a
tamponné hier matin à 5 heures un train de per-
missionnaires allant dans le même sens entre les
gares de iLoxevilte et de Lérouville, au poste sé-
maphorique de Courcelles-au-Bois. On compte
parmi les permissionnaires 9 morts et 21 blessés.
lin vol dans urne v&cett® manSoipaSe.
Le comptable de la recette municipale d'Avignon,
un nommé Gontard, a disparu en emportant 5i,ûO0
francs. Il avait remis au receveur, M. Cote, quel-
ques jours avant sa fuite. les clefs du coffre, en
disant que se sentant malade, il ne viendrait pas
au bureau le lendemain. Comme son employé n'a-
vait plus donné de ses nouvelles, le receveur exa-
mina la comptabilité et releva des malversations
et des irrégularités dont quelques-unes remon-
taient à 1«17. M. Cote a déposé une plainte au
parquet contre son employé infidèle.
mORHATIONS DIVERSES
M. Robert Billecard, docteur en droit, sous-
préfet de Nogent-sur-Seine, capitaine au 21* ba-
taillon de chasseurs à pied, décoré de la Croix de
devenant énergie et passion. UÂmor intellec-
lualis Dei, voilà le souverain bien.
Ne soyons pas plus royalistes que le roi, nd i
plus intellectualistes que Spinoza. L'intellectua-
lisme de M. Benda, en' soi très légitime et très
sympathique, est peut-être trop ombrageux,
trop abstrait et trop atostraefeur de quintes-
sence. Par certains biais, il tend la main à l'é-
cole de Cousin et d'Adolphe Garnier, qui par-
tageait l'âme en trois facultés ou comparti-
ments étanches. Mais l'âme humaine est com-
me la République française: une et indivisible.
II n'y a pas chez l'homme d'états intellectuels,
sensibles ou volitifs, qui soient absolument
purs. Il n'y a que des combinaisons des trois
éléments, à différentes doses. Le véritable in-
tellectualisme ne réclame, pas pour l'entende-
ment un monopole, mais une présidence de
droit. Il nst libéral et s'étend au domaine des
arts et du concret: celui de M. Benda est stric-
tement géométrique et un peu jacobin. Il a sou-
vent nié c lui de Nietzsche, à tort, je crois, mal-
gré le scepticisme métaphysique de l'auteur de
Zaratkustra. M'ais ce serait une autre» discus-
sion.
Dans le second dialogue, CaUicrate ou la
Furie intellectuelle, le jeune IpMolès, la guerre
étant déclarée, accuse le vieux philosophe
Qallicrate d'avoir perdu la patrie par ses doc-
trines pacifiques. Le vieux philosophe se .dé-
fend tant bien que mal' il pourrait mieux
faire. « Je n'ai jamais dit, exfplkjue-t-il,» qu'il
ne fallait pas préparer la guerre. Non, ré-
pond Iphiclès, mais tu as dit qu'il ne fallait
pas l'aimer. Gomme si on faisait jamais bien
ce qu'on n'aime pas. ̃» Callicrate semble collé
ce n'est pourtant pas sans réplique. Ce que Cal-
iicrate a dit qu'il ne fallait pas aimer, c'est la
guerre d'agression et de conquête; aussi n'est-
ce point celle-là qu'ont à faire ses jeunes con-
enoyens. Mais il ne leur a dit qu'il ne f ail-
lait pas aimer la guerre défensive; il a certai-
nement admis qu'il fallait du moins la pré-
férer de beaucoup à la ruine de la ipatrie: donc,
ses élèves, ayant à lutter pour l'existence de
leur pays, pourront aimer assez cette guerre-là
pour la bien faire. En fait, c'est ce qui est ar-
rivé. Les Français n'auraient certes (pas dé-
claré la guerre mais ils ont bien défendu !a
France. Callicrate n'a ri-e-n à se reprocher.
Pouvant se couvrir de raisons excellentes,
pourquoi en clierche-t-il de moins bonnes?
« Non, Iphiclès, la mesure de la valeur de l'être
n'est pas dans Ja pyissaTice flii'il a de se eonger-
guerre, est nommé chef adjoint du cabinet du mi-
nistre des régions libérées.
C'est le docteur Barié, chargé de cours, mé-
decin honoraire des hôpitaux, qui vient d'être
promu officier de la Légion d'honneur, et non le
docteur Barit, comme on l'a imprimé par erreur.
Hier s'est tenue à la Bourse de commerce de
Paris une grande assemblée de négociants et
d'industriels convoquée par la « Ligue d'action et
de défense du commerce et de l'industrie » et
l' « Union nationale der défense économique ». Ces
associations, dont le programme uniforme est Je
retour à la liberté commerciale, l'intensification de
la production nationale dans tous les domaines et
J'expansion économique du pays par le libre jeu
des initiatives, ont décidé leur fusion en un seul
groupe sous le titre de « Fédération nationale du
commerce, de l'industrie et de l'agriculture
Les adhésions sont reçues au siège provisoire de
la Fédération nationale du commerce, de l'indus-
trie et de l'agriculture, Bourse de commerce, Paris.
-!ianBm-nr! nM~m~BtiHK~'TmS!ii-<'MMti
ST*T»ST?QÏJE MtHVKCIPAlI!;
Le service de la statistique a enregistré pendant
la 5° semaine 1,009 décès, au lieu de 1.002 pendant
la semaine précédente, et au lieu de 974, moyenne
ordinaire de la saison.
La fièvre typhoïde a causé 5 décès, la rou-
geole 2, la scarlatine 1, la coqueluche 1, la
diphtérie 1, la diarrhée infantile 19, la grippe 77.
Il y a eu 16 morts violentes et 4 suicides.
On a célébré à. Paris 506 mariages.' On a enre-
gistré la naissance de 543 enfants vivants (283
garçons et 261 filles), dont 346 légitimes et 197
illégitimes. Parmi ces derniers, 6 ont été reconnus
séance tenante. 1
===
nécrologie"
Les obsèques du médecin-major de 2e classe
Edmond Dupré, ancien interne des hôpitaux de
Paris, adjoint au maire do Laval, chevalier de la
Légion d'honneur, décédé à la suite de maladie
contractée en service, se feront vendredi 7 du cou-
rant. On se réunira à 3 h. 1/2, rue José-Maria-de-
Heredia, 14 (7e), pour se rendre à la gare Montpar-
nasse, l'inhumation devant avoir lieu à Brou (Eure-
et-Loir), le samedi 8 du courant, à 2 heures.
De la part de Mme Edmond Dupré; du lieutsnant
Raymond Dupre, chevalier de la Légion d'honneur,
décoré de la Croix de guerre; de Mme Raymond
Dupré; du maréchal des logis Antoine Dupré, dé-
coré de la Croix de guerre; et des familles Léon
Dupré, Lucien et Arthur Meyer, et Ernest Ricois.
On annonce la mort de M. A. Fanet, avoué
honoraire ancien président de la chambre des
avoués à la cour, chevalier de la Légion d'honneur,
décédé quai du Louvre, 30. Do la part des familles
Fanet, Coquard et Seringe. Les obsèques auront
lieu le jeudi 6 du courant, a' midi, en l'église
Saint-Germain-l'Auxerrois. Inhumation au Père-
Lachaise. Ni fleurs ni couronnes. Il ne sera pas
envoyé de faire-part.
-On nous prie d'annoncer la mort de M. Domingo
Barthe, décédé à Biarritz, à la villa Emilia, muni
des sacrements de l'Eglise. Le service religieux a
été célébré le 31 janvier en l'église Sainte-Eugénie.
Une messe anniversaire pour le repos de l'âme
de Mme Paul Le Bret sera célébrée le mardi 11 fé-
vrier, à dix heures, à Saint-Philippe du Roule.
Le docteur H. Gimbert, le professeur et Mine
Teissicr, profondément touchés des témoignages
de sympathie qu'ils ont reçus Ci l'occasion de la
perte cruelle de leur femme et fille Mme H. Gim-
bert, née Yvonne Teissier, adressent, à, tous leurs
vifs remerciements et l'expression de leur recon-
naissance.
Un service de bout de l'an sera célébré le ven-
dredi 7 février, à 10 heures, en l'église Saint-Pierre
de Chaillot, chapelle de la Sainte-Vierge, à la
mémoire de Mme Abel Boularan-Deval.Le présent
avis tient lieu d'invitation.
A vie divers
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4-0, avenue des Champs-Elysées (Elysées 50-19)
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.Jt* JE73L- -&-3-.
Ce soir :̃
A la Comédie-Française, à huit heures (pre-
mière représentation): le Sourire du Faune, co-
médie en un acte, en vers, de M- André Rivoipo.
M'M. Lafon (le jardinier), Eteni3 d'Inès (l'rançois),
Roger Gaillard (Pascal), Dorival (le marquis), Mlle
Nizan (Rose).
La Cruche, comédie en deux actes, en (prose, de
MM. Georges Courteline et Wolff. MM. Raphaël
Duflos (Lavernié), Crou-6 OLaurianc), Lafon (Mar-
vejol); Mmes Gahrielle Robiniie {Camille), Hu-
guetto Duflos (Margot), Lagraage (une ganwne).
{loger aie (Ursule).
À l'Opéra, Castor et Pollux, avec Mlles Lubin,
Berth&n; Jane Laval, MM. Laflitte, Lestelly, Gresse;
Mmes Àïda Boni, Jeanne Dumas, Anna Johnsson,
Sehwarz, Lequien, M. Albert Aveline. Orchestre,
M. A. Bachelet.
A l'Opéra-Comique, la Tosco, avec M. Maurice
Renaud, qui interprétera pour la première fois
le rôle de Searpia; Mlle Andrée Vally et M. Jean
Marny.
A 'l'Opéra,
Par suite d'une indisposition dartiste, la pre-
mière représentation du Barbier de Séville, an-
noncée pour le 7 février, est reportée au 12 lé-
vrier, et sera remplacée vendredi par une repré-
sentation de Faust, avec Mlle Vécart, dans le vôl?
de Marguerite.
A la Comédie-Française.
Au cours de 'la représentation à laquelle,, hier,
assista le prince Alexandre de Serbie, Albert
Lambert a récité un chaleureux poème de M. de
La Soudière, qui a été très applaudi..
Notre confrère d'Excekior annonce aujourd'hui
que, informations prises, M. Dessonnes reprendra
son service le 12 février.
ta direction des vendredis de l'Athénée a définiti-
vement fixé le programme de la matinée qu'elle consacre
ver; elle i.'est pas dans la longueur de sou exis-
tence; elk est dans la qualité d'être où il a su
atteindre. 0 ma patrie, si tu dois périr sous la
rage de ces fauves, tu périras le terme le plus
parfait d'intelligence et de sentiment où soit ja-
mais montée l'humaine matière. » Tristes con-
sojatipns, ou plus exactement cruelles aggra-
vations de peine! Qu'est-ce qu'une perfection
qui n'est pas durable? Ce Callicrate professe un
atlreux pessimisme: cet intellectuel doute de
l'intelligence, puisqu'elle lui semble d'autant
plus vulnérable que plus précieuse. Il ne
l'exalte donc qu( pour la sacrifier. Il faut au
contraire qu'elle soit invincible: à ses servi-
teurs d'y pourvoh. Iphiclès agit bien, mais il
r&isonne un peu à côté, lorsque partant pour là
fiont, il s'écrie: « Adieu, raison chérie et trois
fois vénérée. » et se déclare réduit à « épouser
h. haine liicLuse, productrice de force et de sa-
lut ». L'envahisseur impose à Iphiclès un de-
voir tragique; mais le jeune homme ne quitte
pas le culte de la déesse, puisque c'est pour elle
qu'il va se battre.
Le troisième dialogue, Isaac ou la passion
moraliste, met aux prises un vieux philosophe
hollandais, le docteur Snyders, et son disciple
Isaac Zandvort. Celui-ci s'étonne que son maî-
tre poursuive tranquillement ses recherches
et ses expériences, sans paraître s'intéresser à
cette guerre où le sort du monde se joue. « Et
pourtant vous êtes philosophe. Qu'est-ce donc
alors que la philosophie? » Le maître répond
qu'elle consiste dans Fétude de l'essentiel, tan-
dis qu'une guerre quelconque, ou plus généra-
lement l'histoire politique n'est qu'anecdote et
fait-divers dans le développement des choses.
Il est intéressant de savoir comment la famille
des corbeaux s'est constituée dans la série zoo-
logique: il l'est beaucoup moins d'apprendre
qu'un groupe de corbeaux noirs s'est querellé
un jour avec des corbeaux bleus pour la pos-
session d'un bois. Les hommes sont plaisants
d'attacher tant d'importance à leurs petites af-
i aires, et de les juger seules dignes de l'atten-
tion du philosophe. N'a-t-on pas fait dater la
philosophie du jour où un penseur renonça
aux spéculations easmogoniques et traita uni-
quement de l'homme?
Si le docteur Snyders le per-met, ûtt lui
objectera que Socrate n'a pas cru que l'homme
dût être le' seul souci du philosophe,, et qu'il a
bien visé lui a-ussi à, expliquer l'univers, mais
a seulement inventé une méthode nouvelle,
•assez féconde, en eHant du guiîet à l'objet. 4e
h Edmond Rostand. Les Musarc&ses seront dites par Mlle
Nipaa et par M, Lehmann; Mme Véra S&rgine dira les
plus belles œuvres du poète. D'autres pages des Musar-
dises seront également dites par M. Roger Gaillard; Mlle
Révonne, Mlle Paulette Pax. M. Galipam dira le Vieux
pion; une scène des Romanesques sera interprétée par
Mlle Beriiie Bovy et M. Gut'hène, M. Rozeaberg jouera
aveo M. Mawioe Lehmann une des plus belles scènes
de Cyrano de Bergerac Mme Simone dira l'Hymne
au Soleil, de Chantécler. Cette unique matinée comwen-
cera à 3 h. 30, -précédée par une caus©a>ie de M, René
rçiuro.
Nous apprenons le mariage de Mlle Guyta-Réal
avec M. Elysée Baiily. Les témoins de la mariée étaient
M. Camille Le Senne, présideiot d'hoo-noiir de l'Associa-
tien de la critique, et M. Henri Auriol, ancien député;
œux du marié les docteurs PeMtjean et Boucher.
Une jeune violoniste de grand mérite, Mlle Marie
Boegwr, d«)iineira, sous le patronage de M. Vincent
d'Indy, et avec le concours de Mlle Marthe Drou, son
premier concert la dimanche 0 février, à 3 heures après-
injdi, à la Scliola, Cantorum, jmic Saint-Jaoques, 269. Au
programme BaoUioven, Baofa, Vincent d'Iody, Chaus*
son, Armand-Parent, etc.
nmaasrreywr,rni~aTemïwusmî~m~
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INFORMATIONS HM.ftNClêRES
-T- Que sept miHions de souscripteurs aient, au
ooi^ps du dernier emprunt de la Libération, ap-
porté aux caisses de 1 Etat une bonne part de leurs
économies, vpiii qui atteste leur instinct de pré-
voyance et l'intérêt attaché par eux aux conditions
de l'oipération. Cependant, un communiqué du mi-
nistere des finances no'/s a avisés récemment qu«
la faveur dçnt jouissent les prêts à court tewn4
consentis h l'Etat sous forme de souscription sas
bons et obligations de la Défense nationale n'avait.
en aucune manière, diminué.
Aujourd'hui! les bons du Trésor sont répandus
un peu partout. Les indigènes appartenant aua
tribus du Gabon et de la Polynésie en achètent pat
l'intermédiaire de nos adiministrateurs coloniaux,
et les pôcb-eui's bretons du grand banc de Terre-
Neuve en acquièrent aux bureaux de poste de
Saint-Pierre-et-Miquelon. A l'étranger, Je succès
qu'a récemment obtenu en Angleterre l'adjudica-
tion faite pour le renouvellement de 8 millions de
livres de bons du Trésor français à un an témoi-
gne de l'estime dans laquelle ces effets sont tenus
par, un pays appejé tout à tour « le banquier du
monde » et la « plus grande mo-ison de commerce
de t'univers ».
C'est qu'à une époque où la cherté de la vie est
l'objet des préoccupations de tous, chacun se rend
compte qu'il importe de tirer parti des moindres
épargnes et de convertir en bons et obligations de
la Défense nationale le contenu de ces fonds de
tiroirs et de ces cassettes dans lesquels les gens
économes de jadjs sa glaisarent à entasser leurs
réserves Se niînïërâïre.
A Genève, 100 francs français cotent
89 52 1/2; 100 marks, 55 90; 100 couronnes aus-
tro-hongroises, 27 80; 100 lire, 76 40; 1<ÙO roubles,
47; 10 pesetas, 98" S5,1
GRAINS New- York, i fôv.: Blé roux d'hiver disp.
dur 237 1/2.
Chicago, 4 février. Maïs fév. 125 5/8. mars 122 518.
COTONS. New York,4fév.:fév.23 88;mars2343.
La Havre. 4 février: fév. 228 »»; mars 2!S»»; avril
213 »»: mai 210: juiq 207 »»
Fourrages et pailles (La Chapelle)
La circulation étant plus facile sur routes, le mar»
chô est mieux approvisionné, mais les besoins se res-
sentent de la faiblesse des apports aux marchés pré-
cédants. Aussi la tendance est-elle très soutenue, voire
ferme sur les pailles. On cote les 100 bottes de 5 kilos
franco dans Paris et selon qualités luzerne 260 à
270; regain 250 à 260: foin 225 à 250: paille de blé 70
à 80; paille d'avoine 55 à 70
¡ CESSATION DE PAYEMENTS
Citasseriaud, eatrepr. d'insertions, rue Halévy, 24,
puis boulevard Mçanmartre, 31g.
Jl'J'WUI.YJTJIS • VITRES £7 ©LACES l
R M *^f tlfcf ^K*» 7i ^çsHat to'jjQun et> vaginite &i g
WBBWWaffaMWWjBP^ftBBP Stootf "roort4tita lu mallieuf Ç30T K
J.SCOaY.162.faab.St-Mai'tîii.PariB(ip»). t
^Téléph^Norii Ot-30 K TQ. ,prt> la tore do 'l'\i»j. g
De PARIS à Sa COTE-D'AZUR
(CANNES. RICE. KOfiTE-CARtO. S1ENTÛH)
Relations dirootas par trains rapides avec voitures de Iaxe.«
l'esprit au anonde extérieur. Le dédain du doc-
teur pour la politique est juste, si l'on n'entend
par là que les vaines agitations et le bavardage
quotidien du forum il ne l'est plus, s'il s'agit
d'une science sur laquelle un Platon, un Aris-
tote, ont si profondément médité, et de laquelle
en somme tout dépend. Car le docteur Snyders s
lui-même, ne peut travailler d«8 son état de phi-
losophe que si la politique lui procure la li-
berté et la sécurité. Enfin, dans la récente
guerre, il no s'agissait pas simplement de la
possession d'un bois, mais de l'avenir même do
l'humanité, ainsi que l'observe très opportuné-
ment le jeune Isaac Zandvort.
L'entêté docteur refuse d'admettre que les
belligérants représentent deux espèces mo-
rales, contrairement à l'avis de M. Benda lui-
même, qui l'indique dans une note. D'ailleurs,
Snyders conteste l'importance philosophique
du point de vue moral, et raille assez spirituel-
lement l'école criticiste, qui en a peut-être
abuse. Ce docteur n'est pas le premier venu.
Son disciple si bien intentionné se donne par-
fois quelques torts, par exemple lorsque dans
la question des deux espèces morales, il s'ap-
puie pour les juger irréductibles sur cette opi-
nion de Hegel, que « la volonté des citoyens
n'existe pas ». Hegel a pu s'accorder acciden-
tellement, sur certains points, avec la politi-
que absolutiste, mais un bon étudiant en phi-
losophie comme Isaac ne peut con,fondre
avec le vulgaire égoïsme réactionnaire une
doctrine idéaliste qui ne voit dans la politique
et l'histoire que les moyens du pcogrès de
l'esprit.
En définitive, le docteur Snyders rappelle
fort â propos la valeur et la primauté des étu-
des spéculatives. Mais son mépris des affaires
humaines est excessif, et néglige même les in-
térêts vitaux de la science, qui a besoin d'un
milieu habitable. Ce docteur parle moins en
savant qu'en mystique, radicalement détaché
des choses d'ici-has, y compris la patrie, la
science et la civilisation. Mais Archimède, que
la mathématique accaparait au point de lui
faire oublier le soin de sa nourriture et de sa
vie, lArchimcde, qui fut. tué par un solda.t ro-
main 8-lçrg qnj'iî s'absorbait sur une figura
géométrique pendant la prise de Syracuse,
n'en avait pas moins défendu l'hellénisme et
protégé sa ville contre l'ennemi pendant1 trois
années par ses géniales .inventions,
>Paw SouD»\y.
listes allemands, oppose à la résolution de M. Al-
bert Thomas la résolution suivante sur la ques-
tion des responsabilités
Le parti soçialtste aUemand est d'avis que la guerre
mondiale est, d'une façon générale, une conséquence de
la -politique impérialiste des dernières décades; elle
iieoowaît toutefois en roêfne temps le devoir d'établir
te faits qui f uroat la cause immédiate du massacre des
peuples pendant quatre aus.
Ces faits sont, en première ligne, l'ultimatum autri-
chien à la Serbie, la mobilisation générale russe et da
déolaration de guerre de l'Allemagne à la Russie et à la
France .qui en résulta.
Le parti socialiste allemand décline toute responsabi-
lité pour le déchaînement et la conduite de la guerre; il
n'a pas Voulu la guerre et ne l'a pas conduite.
Afin que les responsabilités collectives et pensonoielles
BOien-t établies, le parti socialiste aHemand demande
l'éclaircissement complot de cas faiits, ainsi que le
commença le gouvernement russe des Soviets; et il est
pf^t, comme l'a déclaré aussi le go-uvernemeèt socialiste
Sa la République allemande, immédiatement après la
révolution, à examiner de la façon la plus rigoureuse et
& publier les documents concernant la guerre. Mais il
Attend des camarades de tous les autres pays bel-
aigéranta qu'ils réclament de leurs gouvernements la
8*èmfi procéitae, ailn que la .question des responsabilités
soit pleinement éclaircle.
La SoKialdemoKratie ailemande fut toujours peo-
émt ta guerre pour ia paix, l'entente et la concMia-
tion entre les peuples, et fut pour cette raison attaquée
4e la façon la plus vive par les partisans de la guerre
«t pap les annexionnistes pangermanistes.
a^a délégation des socialistes allemands déclare que
fentrée des troupes allemandes en Belgique représente
npe violation du droit des gens, et que toutes les tenta-
tives ultérieures pcw justifier l'enlrée des troupes alle-
ntapdes en Belgique par l'attitude de la Belgique avant
4 guerre doivent être considérées comme ayant
éofooué; et cllo répète la déclaration faite par le gou-
vernement socialiste allemand que, concernant la restau-
ration de la Belgique, elle se place sur le terrain des
Revendications wilsonniennes.
I^a sozialdemotoatie allemande appuiera par tous
les moyens toutes les mesures devant garantir, dans
U Société des nations a créer, aux petites nations avant
tout la plaine indépendance et la sécurité.
Le parti comprend pleinement les sentiments éveillés
ta Belgique et dans le mande entier par l'entrée des
teoups allemandes en Belgique. Il ne son®e qu'avec un
douloureux regret aux dures souffrances que le peuple
|»lg>e, innocent de la guerre, eut à supporter pendant
oqatre ans.
Ç,a jeune République allemande n'a aucune raison
'ééçhatnement du massacre des peupies peut Otre
établie.
La Soziaildemokratie allemande usera de toute son
Influence afin que les responsables soient appelas à
çeodNi pleinement Jeura oomptes.
IftsQ tSôclapaiion do M. Friedrich AdSor
A la fin de la séance de mardi de la conférence
Socialiste, Friedrich Adler, délégué autrichien, a
affirmé que la guerre avait parfaitement été pré-
marée par rAutrwhe-'Hongrie de conoert avec
v$Aitema@ne. •• ̃ •»
(< L1 Autriche-Hongrie, a-t-il déclaré, n aurait
iras commis la bêtise de faire la guerre si elle
m'avait pas été assurée de l'appui de l' Allemagne,
» Nous savons parfaitement que le 5 juillet
1914 a été ippur les empires centraux un jour dé-
cisi,f, car il y a eu à Berlin un conseil de la cou-
ronne où le comte Hoyos avait été envoyé de
̃Vienne avec une lettre de l'empereur Joseph pour
léuillaume II.
» La guerre a été décidée dans ce conseil avec
la complicité de M. de Bethmann-Holweg. »
iSJ. Adler a exprimé ensuite son scepticisme au
«mt du résultat de la conférence actuelle qui,
toour porter réellement dos fruits, devrait être pré-
cédée d'un long travail critique, et il redoute les
doctrines.
la déimissSosi de WI. Vandorvelde
Comme nous l'avons annoncé, M. Emile Vander-
jrelde, ministre de la justice et leader du parti ou-
trier belge, a donné sa démission de président du
bureau socialiste international. M. Vandervelde a
pris cette décision à la suite de la résolution du
Sarti ouvrier belge de ne pas envoyer de délègues
la conférence de Berne. Dans la lettre de démis-
sion qu'il adresse aux secrétaires et membres du
bureau socialiste international, M. Vandervelde
isjit notamment
Ansoela et •moi étions d'accord pour penser que des
Belges devaient aller à Berne; qu'ils devaient y aller
bout y assurer la reprise des relations entre les socia-
Sstes restés fidèles au socialisme, mais aussi, et au préa-
lable, pour se dresser au seuil du congrès contre ceux
qui ont failli aux principes do l'Internationale, en vo-
tent des crédits pour une guerre d'agression, en se
faisant complices par leur silence des bourreaux de
notre 'pavs, en soutenant jusqu'au bout un régime de
frieurtfd. et de proie, qui n'a pas çfe5 renversé Dar leurs
jlfforts, mais par leur défaite. :•••̃
Notre opinion n'a pas .prévalu.
Nous nous sommes heurtés au ressentinieaït profond,
irréductible, exaspéré par quatre ans d'indicibles souf-
frances, de la masse d'un prolétariat qui se souvient
lues déportations, des massacres, des attentats sans
nombre dont elle a étô la victime.
Cela étant, je n'ai qu'une attitude à .prendre.
Respectueux de la discipline socialiste, je me sou-
mets à la décisions notro conseil général je n'irai
|»as à Berne.
Mais, président du bureau socialiste international, je
mets mon mandat à la disposition de ceux à qui je dois
Se très grand honneur de me l'avoir conféré. Je le fais
avec une émotion douloureuse. Internationaliste de
eœur et .d'unie, je rêvais d'être de ceux qui prendraient
̃une large part à la reconstitution, plus Impérieuse-
ment nécessaire que jamais, de l'Internationale. Mes
rofandaiit» au bureau socialiste international en on décidé
autremsBt je m'incline et je passe la main à d'autres.
fe souhaite qu'ils réussissent. Je reste profondément
frUaçhé à l'œuvre qu'ils vont poursuivre, et j'ai l'ar-
aent espoir que dans un avenir très prochain, le parti
ouvrier belge reprendra sa place dans l'Internationale
Reconstituée.
Sues cohueîssîosis
j&a délégation française a nommé MM. Longuet
£t Benaudel membres de la commission chargée
de discuter cette nuit ">îa question des responsab-
ilités.
iLe délégué tchèque Nemac a été adjoint à la
commission en dernîèrû heure.
Lorsque la délégation française aura obtenu sa-
tisfaction dans la question des responsabilités,
ieonîme l'exigent. les membres ex-majoritaires, elle
participera aux travaux des commissions pour
lesquelles elle a désigné les membres suivants
Questions territoriales MM. Mistral et Albert
fFhomas; Société des nations MM. Caehin et Mi-
\L1ETOM 'DU
1 DU 6 FÉVRIER 1919
LES LIVRES
Jbmen Benda le Bouquet de Gtycèrc. i plaquette.
Emile-Paul.
\M. Julien. Benda est un écrivain partic-ulière-
ine-nt eher aux amateurs d'idées. Penseur in-
génieux et liardi, dialecticien subtil et aventu-
reux, d'ailleurs armé d'une érudition vaste et
(toujours prête, il ne cesse de poser des problè-
mes, de découvrir des points de vue nouveaux,
Bu de rajeunir les anciens, d'alléguer des auto-
rités imprévues, bref de (provoquer à. la diiseus-
sion, qui est d'un des plaisirs favoris des idéo-
iogues. Il serait lui-même fort déçu si l'on^ se
iContentaii de lui décerner les éloges que méri-
tent sa science et son talent. Il compte bien
trouver des contradicteurs, il les appelle, et,
« dans les combats d'esprit savant maître d'es-
erime », il ne désire que de ferrailler, c'est-
à-dire d'argumenter. Son goût de ces pacifi-
ques tournois est si vif qu'il compose déjà- ses
ouvrages selon ce modèle et adopte, après Pla-
ton et Renan, la forme du dialogue philosophi-
que ainsi fait-il discuter ses personnages en-
tre eux, avaat de discuter lui-même avec ses
lecteurs. Malheureusement, j'ai le regret de me
itrouver d'accord avec lui sur' les principales
fflièses énoncées dans tes trois dialogues du
Bouquet de Qlycère; et je me vois obligé, pour
lui donner satisfaction, de mie rabattre sur des
ifaroutilles.
Dans le premier dialogue, Philarète ou du
courage, au jeune homme partant .pour la
guerre qui Lui 'dit « Eh non, je n'ai pas
̃peur », Socrate répond « En vérité, tu me
déconcertes; je 4e croyais plus courageux. »
Paradoxe ? Dans la forme, oui bien; mais îe
(fond est assez juste. La plupart de ceux qui
n'ont pas peur du tout n'ont aucun titre à être
admirés, n'étant que des inconscients, des igno-
rants, des êtres bornés et sans imagination, qu-i
;
Oii admettra cependant que certains liom-
tae© imiissent concevoir toute la sravité du ®ë-
lhaud; questions ouvrières MM. Frossard et Pois-
son..
8011. 5La conférence syndicaliste
La conférence syndicaliste internationale ne
tiendra sa première séance que mercredi soir, vers
sept heures, à la Maison du peuple. Elle aura lieu
dans la salle voisine de celle où se déroulera la
conférence socialiste.
Bien que la conférence syndicaliste ne soit pas
ouverte, plusieurs entrevues ont eu lieu depuis
huit jours entre les représentants des divers mou-
vements nationaux. On peut même ajouter que, au
cours de ces entrevues, an a élaboré un pro-
gramme de travail qui ne semble pas satisfaire les
sept délégués français MM. Luquet, Bourderon,
Savoie, Chauvin, Rivelli, Dumas et Doumeng, arri-
vés lundi soir à Berne. Jusqu'ici, en effet, on n'a
discuté qu'une seule question celle de la législa-
tion internationale du travail. Or, la délégation
française, que compléteront demain sans doute
MM. Jouhaux, Merrheim, Bidega.rray et Lefèvre,
entend que soient examinées et la question du siège
du secrétariat syndical international et do sa
constitution, et la question des responsabilités de
la guerre. C'est ce qui sera réclamé au cours d'une
nouvelle réunion préparatoire fixée aujourd'hui à
deux heures, laquelle seront convoqués tous les
délégués syndicaux présenta. M. Lubs, délégué t;
syndicaliste d'Alsa.ce-Lorraine, est arrivé; II se
déclare d'accord avec ses collègues français, M.
Qudegeest, secrétaire de la centrale syndicale hol-
landaise, qui remplit depuis dix-huit mois les
fonctions de' secrétaire international provisoire, a
annonce son arrivée. On annonce également la
annoncé son arrivé(,. On annonce
venue probable de M. Legien.
L'agitation syndicaliste
LE PERSONNEL DES TRANSPORTS EN COMMUN
Les délégués des syndicats de transports en com-
mun, autobus, tramways, Métropolitain et Nord-
Sud, se sont rencontrés hier, au ministère des
travaux publics, dans un salon mis à leur dispo-
sition, avec les représentants des compagnies. Une
nouvelle entrevue a lieu ce matin.
LES ELECTRICIENS
E GE R
Une entrevue a eu lieu hier après-midi, rue
Tronchet, 27, au siège de la chambre syndicale des
producteurs et distributeurs d'énergie électrique,
entre les délégués du syndicat des ouvriers élec-
triciens et les représentants du syndicat patronal.
Après examen contradictoire des nouvelles reven-
dications formulées par le personnel, certains ac-
cords sont intervenus. Sur d'autres points, une
entente ne paraît pas devoir se conclure aussi ai-
sément. Une nouvelle entrevue doit avoir lieu, à
l'issue de laquelle, si un accord n'intervenait pas,
l'arbitrage du ministre des travaux publics serait
sollicité.
~O~TSM.ES BEUmCX~AMS
El» crise aJSmentaîre
Le «beurre étant, aussi rare que cher, la 2" corni-
mission. du Conseil municipal se préoccupe de
développer la vente d'aliments de substitution,
tels que le saindoux et le lard gras, que le mi-
nistère du ravitaillement met la disposition do
'la vitle'de Paris.
Chez les salaisonniers, la mise on vente de ces
produits devra être exclusive de ceux de toute
autre provenance, et des affiches très appa/rentes
l'indiqueront à la clientèle.
Pour les charcutiers, la question est moins
si'mp'le, car chez eux, le saindoux et le lard gras
peuvent subir des transformations' et être vendus
sous d'autres espèces à des prix supérieurs. La
2° commission va voir, avec M. Roussy, président
du syndicat des charcutiers, comment il serait
possible de donner à la ville de Paris la garantie
que des produits fournis par elle ne pourront subir
aucune majoration de prix.
La commission a, en outre, émis un avis favo-
rable à 'l'abrogation du décret qui oblige tout le
bétail à destination de Paris à passer par la Vil-
lette. Cet avis a été donné ù la demande des che-
viLlards des abattoirs de Vaugirard, où les ani-
iraux pourraient alors arriver directement.
La s8mpWfflc»iB«» du travail administratif
Dans une note qu'il adressait le 18 juin dernier
à ses directeurs et chefs de service, M. Autrand,
préfet de la Seine, invoquait l'accroissement do
besogne résultant de l'état de guerre et la mobi-
lisation d'une notable partie du personnel, atti-
rant leur attention sur la « nécessité de simplifier
les procédés do travail administratif dans toute
la mesure compatible avec la bonne exécution du
service ». Et M. Auirand indiquait un certain nom-
bre d'améliorations, d'uo caractère général,. dont il
demandait la réalisation immédiate et qui peuvent
se résumer ainsi
Eviter de donner à la rédaction des arrêts des
développements excessifs; supprimer, dans les no-
tes et rapports, conçus en termes très précis, tou-
tes les locutions inutiles dont l'usage n'a d'autre
raison de subsister que le respect d'anciennes tra-
ditions pour activer l'étude des affaires, recourir
le plus largement possible aux conversations ordi-
nàires ou téléphoniques; développer la pratique
•de la dictée sténographique, qui devra être em-
ployée pour tous les textes courts ou n'offrant pas
de difficultés spéciales de rédaction; réduire au
strict minimum les dépenses de papier et d'im-
pression.
Enfin, le préfet, do la Seine priait les directeurs
et chefs de service d'inviter les agents placés sous
leur autorité à signaler les améliorations que leur
suggéreraient leur initiative ou leur expérience.
Ils devaient lui faire connaître le nom de ceux
qui, à cette occasion, se seraient distingués.
Toutes les prescriptions de cette note, vieille
déjà de six mois, ont-elles été bien appliquées, et
ont-elles donné des résultats satisfaisants?
Nous trouvons la réponse à ces questions dans
une seconde circulaire adressée récemment par
M. AuU'and aux directeurs et chefs de service et
que nous avons sous les yeux.
Ce document constate « que des efforts sérieux
ont été faits pour simplifier les procédés de tra-
vail administratif et que d'appréciables résultats
ont été obtenus ». Il ajoute cependant que, sur
bien des points, des lacunes ont été constatées
dans nombre de bureaux n'a pas encore suffisam-
ment pénétré l'esprit d'économie. Et le préfet de
la Seine insiste à nouveau auprès de ses chefs-de
service sur rtoportane des instructions qu'ils ont
reçues.
Certes, il no serait pas bien grave que dans un
trop grand nombre de projets ou d'expéditions eût
ril et demeurer néanmoins impassibles, par
indifférence, mépris de la vie et bravade au
destin. 11 y a là un cas, peut-être exceptionnel,
mais qui doit être noté. Ajoutons que le dan-
ger n'est pas un élément indispensable, en dé-
pit des plaisanteries faciles, qui retomberaient
sur Platon. Car le même Socrate, en un autre
endroit (au IV livre de la République) dit
« Nous appelons courageux un homme quel-
conque, pourvu que cette partie de l'âme où
réside la colère suive toujours, au milieu des
peines et des plaisirs, les ordres de la raison,
soit qu'il y ait danger ou non à les exécuter. »
II faut souvent du courage, dans la vie ci-
vile; il en faut pour accomplir tout effort pé-
nible, ne fût-ce, par exemple, que pour écrire
un article lorsqu'on aurait envie d'aller se pro-
mener.
Mais il est bien clair que l'homme le plus
courageux, et qui a le plus de mérite à l'être,
est celui qui, affrontant la mort, la redoute et
se maîtrise. Un de mes amis, officier de ré-
serve, au moment de partir pour le front, où il
a d'ailleurs été tué, me disait « J'aurai
peut-être peur, mais cela ne se verra pas. »
Socrate a raison voilà le vrai courage. Mais
cela ne lui suffit pas encore il raffine à }a
façon de Corneille. Il conteste la bravoure
de ceux qui chantent, parlent et font du bruit
pour, s'étourdir, autrement dit pour empêcher
l'idée de danger, et donc la peur, de se former
en eux. Et pareillement la vaillance de ceux
qui obéissent à la crainte de la honte, à l'am-
bition de la gloire. Et encore l'intrépidité de
ceux qui se laissent porter par l'enivrement de
la vengeance et de l'action. Ne sont pleine-
ment courageux pour le Socrate de M. Benda
que ceux qui sont capables de tenir stoïque-
ment, sans ivresse d'aucune sorte ou même
sans espoir, et ceux qui, n'ayant d'autre mo-
bile que l'amour de la pairie, étreignent
« cette idée avec une telle passion, avec un tel
désir de ne la point voir périr, que cette pas-
sion détruit en eux l'appétit de s'enfuir et
d'assurer leur vie ». Philarète en convient,
mais ajoute « Vois, ô notre maître, comme
ton œuVre est cruelle. Je courai-s joyeux au
combat; mon âmo était légère à braver le tré-
pas elle est grave à présent. » Et Socrate ré-
pond « L'âme qui forme vraiment l'idée de
la patrie n'a pas à être légère, mon enfant. »
j Tout en reconnaissant la hauteur de ces pen-
sées, digne de celle du sujet, on .hasardera quel-
j «gués menues observations. Socrate est bien se-
été relevée la survivance de locutions de pure
forme, et par suite, complètement inutiles, telles
que « J'ai l'honneur de vous prier de » Mais
il a été constaté que sur des projets de rédacteurs
qui s'étaient conformés aux instructions du préfet,
cas expressions avaient été rétablies.
D'autre part, la dictée sténographique de lettres,
notes ou rapports reste trop rarement pratiquée.
L'économie de papier pourrait être plus impor-
tante.
Enfin, le nombre infini des cas portés à sa con-
naissance d'employés ayant fait connaître les
améliorations qui leur paraîtraient souhaitables
incite le préfet de la Seine à penser que ses ins-
tructions sur ce point « n'ont pas été suivies .avec
toute la bonne volonté nécessaire ».
M. Autrand insiste, encore pour que toutes les
suggestions dignes d'être retenues lui soient si-
gnalées, désireux qu'il est de récompenser, ainsi
qu'il lui a déjà été donné de le faire, les agents
qui feraient preuve d'initiative.
ACADEMIES, UNIVERSITES, ECOLES
Académie de médecine
Présidence de M. E. Detorane..
Les suites des intoxications par les gaz. ̃ <3n
avait étudié jusqu'ici surtout les accidents immé-
diats dus aux gaz toxiques qui furent si largement
employés au cours de la guerre. M. Aohard donne
d'intéressantes précisions sur les séquelles que
laisse parfois cette intoxication, et il appuie ses
conclusions sur l'examen de 3,525 cas observés en
deux ans, dont 84 0/0 causés par les gaz vésicants
et 1Q 0/0 par les gaz suffocants. Il est d'ailleurs
remarquable que ce sont ces derniers qui donnent
lieu aux suites les plus sérieuses. Les plus impor-
tants de ces symptômes tardifs (ils peuvent se
montrer encore quarante mois après l'atteinte)
intéressent les poumons. Ce sont ceux, principa-
lement, de l'emphysème et de la bronchite chro-
nique, mais il faut signaler un état spécial qui si-
mule la tuberculose (petites lrémoptysies, signes
d'auscultation aux sommets, amaigrissement, fiè-
vre) et où le bacille de Koeh n'est pas en jeu;
ajoutons cependant quo la tuberculose peut sur-
venir comme complication secondaire, mais bien
moins fréquemment qu'on ne le croyait tout d'a-
bord et surtout sous forme d'un réveil de lésions
anciennes. A côté de ces séquelles pulmonaires,
on en observe du côté du larynx, des yeux, de la
peau» de l'estomac, du cœur, exceptionnellement
du foie et des reins. Des troubles d ordre nerveux
ou des retentissements sur la santé e.n général ont
été ég'»l
Le traitement de la filariose. La filaire sous-
cutanée, ou ver de Guinée, est un ver parasite des
tissus humains, qui cause des accidents de natures
diverses, souvent fort sérieux,et dont les nombreux
traitements préconisés me peuvent toujours
avoir raison. Estimant qu'il fallait rechercher un
remède capable de tuer l'animal, quel que fut son
habitat, M. Janselme a eu recours, dans un cas ré-
cent, aux injections intraveineuses de novarsé-
nobenzol. Après quatre injections, les parasites
furent expulsés et la guérison complète ne s'est
pas démentie depuis, L'auteur de cette communi-
cation se borne à constater le fait de cette gué-
vison.
Le service médical dans la marine marchande.
ILe sous-secrétaire d'Etat de a marine mar-
chande avait demandé à MAcadâmie son avis sur
la création d'un corps de santé spécialement des-
tiné à servir sur les bâtiments de commerce, les-
quels sont tenus d'avoir un médecin à bord quand
leur population atteint 100 personnes. Jusqu'ici
les médecins sont recrutés et entretenus par les
armateurs eux-mêmes. Le sous-secrétaire d'Etat
demandait en outre quels diplômes devraient être
exigés do ces médecins spécialisés. L'Académie,
se déclarant incamipétentû sur la première partie
de la question, estime quo si ce corps de santé
de- la marine marchanda est créé, ses membres
devront être titulaires du diplôme de médecin
sanitaire maritime ou de celui de médecin co-
lonial, délivré par les instituts spéciaux qui exis-
tent à Paris, à Marseille et à Bordeaux. Le rap-
port, qui se termine par ces conclusions, a été lu
par |i. Kermorgant,
Autres communications. M. Méry présente
un rapport s-ur le fonctionnement de i'asile des
débiles de Médan (fondation Zola), en 191 4-191 7,
et conclut que cet asile s'adresse surtout aux dé-
̃biles par affections du tube digestif, à la suite de
maladies infectieuses, ou par débilité causée par
la fcuiberculose du foy&r (familial, t M. Apmato-
gaud propose îi l'Académie de 'favoriser, par tous
les anoyens à sa disposition, l'enseignement de
l'ambideiKtrie (usaaro égal des deux mains) dans les
famij'les, et d'inviter le ministre de d'instruction
publique la rendre obligatoire dans les établis-
sements primaires, et secondaires.
Cours ̃'ei'à'onféïëirtcës' ̃"̃
M. Frédéric Masson poursuit à l'Université des
Annales avec un succès considérable la belle série
do ses conférences sur Mme Bonaparte. Hier il
évoquait les réunions de Malmaison et fit revivre la
société qui se pressait dans le château, ses diver-
tissements qui parfois rappellent un peu les ré-
créations de collège, et auxquels Mme Campan,
Mme de Rémusat et d'autres femmes charmantes
prenaient part. Ces intéressantes conférences sont
publiées dans le Journal de l'Université des « An-
nales »,
> Sous les. auspices de « 1 Vie moins chère »,
école iwctionate des économies et de l'épargne. Mme A.
jVfûlil-Weiss continuera, les 6, 13, 20 et 27 février, à
4 h. 1A2 très précises, amphithéâtre du Conservatoire
national des arts et'métiers, la série de ses conférences.
Des préparations culinaires, comme par le passé, com-
pléteront l'exposé oral. Le sujet traité demain sera
« Nos aliments d'origine animale, »
~a'?-.
CQfflTOCE, INDUSTBJE ET âSRSCOLTPE
La crise du beurre
Depuis qu'on a annoncé que les cpnianerçants
qui vendraient des denrées a des prix jugés exces-
sifs seraient passibles do poursuites en conseil de
guerre, il est à peu près impossible de trouver du
beurre. Les détaillants sont unanimes à déclarer
qu'obligés eux-mêmes d'acheter lé beurre à des
prix très supérieurs à la taxe ils ne peuvent pas la
respecter en le revendant. Aussi peut-on voir
maintenant à la devanture do nombreuses bouti-
ques cet éçriteau « On ne vend plus de beurre. »
Une crémière avait affiché uq'avis ainsi conçu
« Je ne tiens pas à aller en conseil de guerre; si
vous voulez du beurre, allez en demander à M.
Boretî »
vère: il n'y a pas grand mal à tâcher de se main-
tenir en gaieté sous le feu; c'est la vieille mé-
thode française, elle a du bon, et n'empêche pas
de concevoir la noblesse de la cause pour la-
quelle on se bat. De même, le point d'honneur
personnel est un adjuvant utile, qui n'exclut
pas davantage les considérations plus larges. Il
n'y a que la fureur brutale, l'appétit du car-
nage, que M. Benda ait tout à fait raison de re-
jeter comme indignes d'hommes civilisés. Pour
le surplus, il élimine trop. Ce n'est plus seule-
ment du courage, c'est une sorte d'ascétisme. Un
ascète encore plus rigoriste pourra prétendre
que l'amour de la patrie est encore un mobile
trop charnel, trop intéressé, et que le plus beau
courage consiste à se battre sans aucun motif
extérieur, rien que pour se prouver à soi-même
la puissance de sa volonté.
M. Julien Benda s'engage bien un peu dans
cette voie, puisqu'il ajoute en note, feignant de
n'être que l'éditeur et le traducteur d'un opus-
cule grec: « .Notons bien l'insistance de Socrate
pour que l'idée de patrie ne demeure pas une
idée, mais devienne une passion (de l'esprit, il
est vrai), Le penseur grec semble pressentir ici
la doctrine spinoziste, selon laquelle une pas-
sion ne peut être vaincue que par une autre pas-
sion, jamais par un état purement intellectuel. »
Ces lignes risquent de donner à ceux qui le con-
naîtraient mal une fausse idée de Spinoza. On
sait bien qu'il a écrit: « Une passion ne peut
être empêchée ou détruite que par une passion
contraire et plus forte » (Ethique, IV, propos. 7),
et plus loin: « La vraie connaissance du bien et
du mal, en tant que vraie, ne peut empêcher au-
cune passion; elle ne le peut qu'en tant qu'on
la considère comme une passion. » (Ibid. pro-
pos. 14.) Mais tout le sens général de VEthique
n'en est pas moins que les passions nous ré-
duisent en esclavage, et que la liberté de l'hom-
me réside dans la puissance de l'entendement:
on reconnaît dans ces expressions les titres mê-
mes des quatrième et cinquième parties. Spi-
noza admet l'empire de la raison sur les pas-
sions, et c'est pour lui la marque d'un homme
libre. Il rectifie même ce que la propos. 7 de la
̃IVe partie aurait de trop absolu; la simple con-
naissance des passions, qui est bien une opéra-
tion de l'esprit, est indiquée par lui comme un
des moyens que nous avons de les réduire (V,
scholies des propos. 4 et 20). Et d'ailleurs, ce
qu'il y a de plus intellectuel au monde, ce n'est
pas une idée froide et inerte, c'est cette idée
.émouvant la sensibilité, c'est la raison même
Un agent trouva trop forte l'ironie de l'affiche,
et la jugeant irrespectueuse pour le ministre, il
obligea la commerçante à la retirer.
Une délégation du syndicat des crémiers a été
reçue par le préfet de police et lui a exposé son
•point de vue au sujet de la crise. Pour prouver sa
bonne foi, le syndicat a demandé au préfet de faire
saisir désormais tous les jours, dans toutes les
gares de la région parisienne et les bureaux de
poste, les expéditions de beurre, tant aux commer-
çants qu'aux particuliers; de faire vendre aux
Halles, publiquement et à la taxe, aux crémiers,
par les mandataires et commissionnaires, cette
marchandise, laquelle sera revendue au public,
par les crémiers, également à la taxe.
Beaucoup de commerçants estiment que le seul
remède à la crise est la suppression de la taxe.
Le remorquage en Seine
Le sous-secrétaire d'Etat des travaux publics et
des transports a demandé au ministre de la ma-
rine de mettre à la disposition de l'office national
de la navigation dix patrouilleurs pouvant être
utilisés comme remorqueurs sur la Seine.
Ê'entente intervenue entre les deux ministères
permettra de renforcer les moyens de remorquage
et d'accélérer ainsi l'évacuation des nombreuses
péniches chargées qui sont en instance de départ
a Rouen, par suite de la dernière crue de la Seine
et de l'arrêt de la navigation qui en a été la con-
séquence.
ABT ET CURIOSITE
U exposition de VlawiocH
De tous les peintres engendrés par Cézanne, le
mieux doué, à coup sûr, et le plus personnel est
Maurice de Vlaminck. A ce maître qu'il n'a connu
que par ses oeuvres, il a emprunté, au début de
sa carrière, autant de défauts que de qualités.
Quand Cézanne vieilli, et affligé d'une maladie
de la vision qui ne lui permettait plus de voir les
êtres et les choses que de travers, les représentait
tout do guingois, de Vlaminck, en dépit d'un or-
gane parfaitement sain, en faisait tout autant. Il
a vite compris que cette servilité dans l'imitation
n'avait aucune raison d'ôtre. En l'arrachant à ses
occupations pour un temps et en lui donnant l'oc-
casion de réfléchir, la guerre lui a rendu, d'autre
part, un inappréciable service. Il s'est remis avec
une nouvelle ardeur à l'étude, et c'est le résultat
de cette nouvelle campagne de peintre qu'il nous
montre, rue Royale, 20, chez Druet.
Dans les soixante-douze pièces dont cet en-
semble se compose, il y a de tout un peu, des pay-
sages, des marines, des natures mortes et des
fleurs. Peut-être est-ce dans cette dernière caté-
gorie qu'il a réalisé les travaux les plus person-
nels. La distinction du ton et la franchise de la
touche en sont les qualités dominantes. On ne l'ai-
mera pas moins dans ses études de sites mari-
times. Il y déploie une largeur, il y apporte une
sincérité vigoureuse et une compréhension des
effets de ciel et d'eau qui attireront infailliblement
l'attention. Ses études de paysage pur sont em-
preintes des mêmes qualités, mais la solidité do
l'exécution n'y est point partout la même, et il lui
arrive souvent de travailler en décorateur plus
qu'en peintre. Le progrès y est néanmoins mani-
feste, et il y a tout à parier que son évolution nous
le fora voir de plus en plus maître de lui, et de
plus en plus soucieux de la réalité dans ses inteiv
prétations de nature,
Aux peintures il joint quelques faïences oruiées
d'un décor de fleurs et d'arabesques très agréable
à l'œil, et qui ne plairont pas moins par la simpli-
cité de leurs formes que par la robustesse et l'am-
pleur de leur exécution. Thiébault-Sisson.
•] FAITS DIVERS
Bulletin du Bureau central môtéorplogique
Mercredi 5 février. La dépression signalée hier à
l'ouest des îles Britanniques s'est étendue vers l'est et
Le sud; le minimum persiste près de l'Irlande; on note
749 mm. aux îles Soil'ly, 757 à Paris, 758 h Biarritz.
Les pluies ont repris sur l'ouest 4e l'Europe; en
̃FiCaiw», on a. reouioilli 20 mm. d'eau à la pointe Saint-
Mattiieu, H à Loriont, 8 Nantes, 8 à Bianritz.
La température a monté fortement dans nos régions
de l'ouest; elle a baissé dans l'est.
En France, des pluies sont probabLes dans l'ouest,
aveo temps assez doux; elles aemont précédées d'aver-
ses de neige dans l'est, où la température se tiendra
dans le voisinage do la normal.
Au Parc-Saint-Maur, la température -moyenne, 0°, a
été inférieure de 3° à la normale,
EïEUiss» i!B!cî
lement transmettait à la préfecture de police une
dénonciation" d'un marchand" de 16gu;nïes en gros,
M. Pupin, rue de la Chapelle, 43, qui l'informait
qu'il s était rendu acquéreur de sacs de riz portant
f estampille officielle du ministère du ravitaille-
ment. Le service de la répression des fraudes éta-
blit que ce riz avait été livré à une coopérative de
consommation et pay>é à l'administration du ravi-
laiillôment au prix de faveur fixé pour cette caté-
gorie spéciale de consommateurs.
Le parquet chargea M. Deiss d'ouvrir une ins-
truction. M. Vannier, expert, a constaté que le riz
en question, fourni à la coopérative au prix de
175 francs, a atteint finalement le prix de 4O0 fr.
Temponnement. Sur la ligne de Paris à
Strasbourg, le train express 47, venant de Paris, a
tamponné hier matin à 5 heures un train de per-
missionnaires allant dans le même sens entre les
gares de iLoxevilte et de Lérouville, au poste sé-
maphorique de Courcelles-au-Bois. On compte
parmi les permissionnaires 9 morts et 21 blessés.
lin vol dans urne v&cett® manSoipaSe.
Le comptable de la recette municipale d'Avignon,
un nommé Gontard, a disparu en emportant 5i,ûO0
francs. Il avait remis au receveur, M. Cote, quel-
ques jours avant sa fuite. les clefs du coffre, en
disant que se sentant malade, il ne viendrait pas
au bureau le lendemain. Comme son employé n'a-
vait plus donné de ses nouvelles, le receveur exa-
mina la comptabilité et releva des malversations
et des irrégularités dont quelques-unes remon-
taient à 1«17. M. Cote a déposé une plainte au
parquet contre son employé infidèle.
mORHATIONS DIVERSES
M. Robert Billecard, docteur en droit, sous-
préfet de Nogent-sur-Seine, capitaine au 21* ba-
taillon de chasseurs à pied, décoré de la Croix de
devenant énergie et passion. UÂmor intellec-
lualis Dei, voilà le souverain bien.
Ne soyons pas plus royalistes que le roi, nd i
plus intellectualistes que Spinoza. L'intellectua-
lisme de M. Benda, en' soi très légitime et très
sympathique, est peut-être trop ombrageux,
trop abstrait et trop atostraefeur de quintes-
sence. Par certains biais, il tend la main à l'é-
cole de Cousin et d'Adolphe Garnier, qui par-
tageait l'âme en trois facultés ou comparti-
ments étanches. Mais l'âme humaine est com-
me la République française: une et indivisible.
II n'y a pas chez l'homme d'états intellectuels,
sensibles ou volitifs, qui soient absolument
purs. Il n'y a que des combinaisons des trois
éléments, à différentes doses. Le véritable in-
tellectualisme ne réclame, pas pour l'entende-
ment un monopole, mais une présidence de
droit. Il nst libéral et s'étend au domaine des
arts et du concret: celui de M. Benda est stric-
tement géométrique et un peu jacobin. Il a sou-
vent nié c lui de Nietzsche, à tort, je crois, mal-
gré le scepticisme métaphysique de l'auteur de
Zaratkustra. M'ais ce serait une autre» discus-
sion.
Dans le second dialogue, CaUicrate ou la
Furie intellectuelle, le jeune IpMolès, la guerre
étant déclarée, accuse le vieux philosophe
Qallicrate d'avoir perdu la patrie par ses doc-
trines pacifiques. Le vieux philosophe se .dé-
fend tant bien que mal' il pourrait mieux
faire. « Je n'ai jamais dit, exfplkjue-t-il,» qu'il
ne fallait pas préparer la guerre. Non, ré-
pond Iphiclès, mais tu as dit qu'il ne fallait
pas l'aimer. Gomme si on faisait jamais bien
ce qu'on n'aime pas. ̃» Callicrate semble collé
ce n'est pourtant pas sans réplique. Ce que Cal-
iicrate a dit qu'il ne fallait pas aimer, c'est la
guerre d'agression et de conquête; aussi n'est-
ce point celle-là qu'ont à faire ses jeunes con-
enoyens. Mais il ne leur a dit qu'il ne f ail-
lait pas aimer la guerre défensive; il a certai-
nement admis qu'il fallait du moins la pré-
férer de beaucoup à la ruine de la ipatrie: donc,
ses élèves, ayant à lutter pour l'existence de
leur pays, pourront aimer assez cette guerre-là
pour la bien faire. En fait, c'est ce qui est ar-
rivé. Les Français n'auraient certes (pas dé-
claré la guerre mais ils ont bien défendu !a
France. Callicrate n'a ri-e-n à se reprocher.
Pouvant se couvrir de raisons excellentes,
pourquoi en clierche-t-il de moins bonnes?
« Non, Iphiclès, la mesure de la valeur de l'être
n'est pas dans Ja pyissaTice flii'il a de se eonger-
guerre, est nommé chef adjoint du cabinet du mi-
nistre des régions libérées.
C'est le docteur Barié, chargé de cours, mé-
decin honoraire des hôpitaux, qui vient d'être
promu officier de la Légion d'honneur, et non le
docteur Barit, comme on l'a imprimé par erreur.
Hier s'est tenue à la Bourse de commerce de
Paris une grande assemblée de négociants et
d'industriels convoquée par la « Ligue d'action et
de défense du commerce et de l'industrie » et
l' « Union nationale der défense économique ». Ces
associations, dont le programme uniforme est Je
retour à la liberté commerciale, l'intensification de
la production nationale dans tous les domaines et
J'expansion économique du pays par le libre jeu
des initiatives, ont décidé leur fusion en un seul
groupe sous le titre de « Fédération nationale du
commerce, de l'industrie et de l'agriculture
Les adhésions sont reçues au siège provisoire de
la Fédération nationale du commerce, de l'indus-
trie et de l'agriculture, Bourse de commerce, Paris.
-!ianBm-nr! nM~m~BtiHK~'TmS!ii-<'MMti
ST*T»ST?QÏJE MtHVKCIPAlI!;
Le service de la statistique a enregistré pendant
la 5° semaine 1,009 décès, au lieu de 1.002 pendant
la semaine précédente, et au lieu de 974, moyenne
ordinaire de la saison.
La fièvre typhoïde a causé 5 décès, la rou-
geole 2, la scarlatine 1, la coqueluche 1, la
diphtérie 1, la diarrhée infantile 19, la grippe 77.
Il y a eu 16 morts violentes et 4 suicides.
On a célébré à. Paris 506 mariages.' On a enre-
gistré la naissance de 543 enfants vivants (283
garçons et 261 filles), dont 346 légitimes et 197
illégitimes. Parmi ces derniers, 6 ont été reconnus
séance tenante. 1
===
nécrologie"
Les obsèques du médecin-major de 2e classe
Edmond Dupré, ancien interne des hôpitaux de
Paris, adjoint au maire do Laval, chevalier de la
Légion d'honneur, décédé à la suite de maladie
contractée en service, se feront vendredi 7 du cou-
rant. On se réunira à 3 h. 1/2, rue José-Maria-de-
Heredia, 14 (7e), pour se rendre à la gare Montpar-
nasse, l'inhumation devant avoir lieu à Brou (Eure-
et-Loir), le samedi 8 du courant, à 2 heures.
De la part de Mme Edmond Dupré; du lieutsnant
Raymond Dupre, chevalier de la Légion d'honneur,
décoré de la Croix de guerre; de Mme Raymond
Dupré; du maréchal des logis Antoine Dupré, dé-
coré de la Croix de guerre; et des familles Léon
Dupré, Lucien et Arthur Meyer, et Ernest Ricois.
On annonce la mort de M. A. Fanet, avoué
honoraire ancien président de la chambre des
avoués à la cour, chevalier de la Légion d'honneur,
décédé quai du Louvre, 30. Do la part des familles
Fanet, Coquard et Seringe. Les obsèques auront
lieu le jeudi 6 du courant, a' midi, en l'église
Saint-Germain-l'Auxerrois. Inhumation au Père-
Lachaise. Ni fleurs ni couronnes. Il ne sera pas
envoyé de faire-part.
-On nous prie d'annoncer la mort de M. Domingo
Barthe, décédé à Biarritz, à la villa Emilia, muni
des sacrements de l'Eglise. Le service religieux a
été célébré le 31 janvier en l'église Sainte-Eugénie.
Une messe anniversaire pour le repos de l'âme
de Mme Paul Le Bret sera célébrée le mardi 11 fé-
vrier, à dix heures, à Saint-Philippe du Roule.
Le docteur H. Gimbert, le professeur et Mine
Teissicr, profondément touchés des témoignages
de sympathie qu'ils ont reçus Ci l'occasion de la
perte cruelle de leur femme et fille Mme H. Gim-
bert, née Yvonne Teissier, adressent, à, tous leurs
vifs remerciements et l'expression de leur recon-
naissance.
Un service de bout de l'an sera célébré le ven-
dredi 7 février, à 10 heures, en l'église Saint-Pierre
de Chaillot, chapelle de la Sainte-Vierge, à la
mémoire de Mme Abel Boularan-Deval.Le présent
avis tient lieu d'invitation.
A vie divers
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Ce soir :̃
A la Comédie-Française, à huit heures (pre-
mière représentation): le Sourire du Faune, co-
médie en un acte, en vers, de M- André Rivoipo.
M'M. Lafon (le jardinier), Eteni3 d'Inès (l'rançois),
Roger Gaillard (Pascal), Dorival (le marquis), Mlle
Nizan (Rose).
La Cruche, comédie en deux actes, en (prose, de
MM. Georges Courteline et Wolff. MM. Raphaël
Duflos (Lavernié), Crou-6 OLaurianc), Lafon (Mar-
vejol); Mmes Gahrielle Robiniie {Camille), Hu-
guetto Duflos (Margot), Lagraage (une ganwne).
{loger aie (Ursule).
À l'Opéra, Castor et Pollux, avec Mlles Lubin,
Berth&n; Jane Laval, MM. Laflitte, Lestelly, Gresse;
Mmes Àïda Boni, Jeanne Dumas, Anna Johnsson,
Sehwarz, Lequien, M. Albert Aveline. Orchestre,
M. A. Bachelet.
A l'Opéra-Comique, la Tosco, avec M. Maurice
Renaud, qui interprétera pour la première fois
le rôle de Searpia; Mlle Andrée Vally et M. Jean
Marny.
A 'l'Opéra,
Par suite d'une indisposition dartiste, la pre-
mière représentation du Barbier de Séville, an-
noncée pour le 7 février, est reportée au 12 lé-
vrier, et sera remplacée vendredi par une repré-
sentation de Faust, avec Mlle Vécart, dans le vôl?
de Marguerite.
A la Comédie-Française.
Au cours de 'la représentation à laquelle,, hier,
assista le prince Alexandre de Serbie, Albert
Lambert a récité un chaleureux poème de M. de
La Soudière, qui a été très applaudi..
Notre confrère d'Excekior annonce aujourd'hui
que, informations prises, M. Dessonnes reprendra
son service le 12 février.
ta direction des vendredis de l'Athénée a définiti-
vement fixé le programme de la matinée qu'elle consacre
ver; elle i.'est pas dans la longueur de sou exis-
tence; elk est dans la qualité d'être où il a su
atteindre. 0 ma patrie, si tu dois périr sous la
rage de ces fauves, tu périras le terme le plus
parfait d'intelligence et de sentiment où soit ja-
mais montée l'humaine matière. » Tristes con-
sojatipns, ou plus exactement cruelles aggra-
vations de peine! Qu'est-ce qu'une perfection
qui n'est pas durable? Ce Callicrate professe un
atlreux pessimisme: cet intellectuel doute de
l'intelligence, puisqu'elle lui semble d'autant
plus vulnérable que plus précieuse. Il ne
l'exalte donc qu( pour la sacrifier. Il faut au
contraire qu'elle soit invincible: à ses servi-
teurs d'y pourvoh. Iphiclès agit bien, mais il
r&isonne un peu à côté, lorsque partant pour là
fiont, il s'écrie: « Adieu, raison chérie et trois
fois vénérée. » et se déclare réduit à « épouser
h. haine liicLuse, productrice de force et de sa-
lut ». L'envahisseur impose à Iphiclès un de-
voir tragique; mais le jeune homme ne quitte
pas le culte de la déesse, puisque c'est pour elle
qu'il va se battre.
Le troisième dialogue, Isaac ou la passion
moraliste, met aux prises un vieux philosophe
hollandais, le docteur Snyders, et son disciple
Isaac Zandvort. Celui-ci s'étonne que son maî-
tre poursuive tranquillement ses recherches
et ses expériences, sans paraître s'intéresser à
cette guerre où le sort du monde se joue. « Et
pourtant vous êtes philosophe. Qu'est-ce donc
alors que la philosophie? » Le maître répond
qu'elle consiste dans Fétude de l'essentiel, tan-
dis qu'une guerre quelconque, ou plus généra-
lement l'histoire politique n'est qu'anecdote et
fait-divers dans le développement des choses.
Il est intéressant de savoir comment la famille
des corbeaux s'est constituée dans la série zoo-
logique: il l'est beaucoup moins d'apprendre
qu'un groupe de corbeaux noirs s'est querellé
un jour avec des corbeaux bleus pour la pos-
session d'un bois. Les hommes sont plaisants
d'attacher tant d'importance à leurs petites af-
i aires, et de les juger seules dignes de l'atten-
tion du philosophe. N'a-t-on pas fait dater la
philosophie du jour où un penseur renonça
aux spéculations easmogoniques et traita uni-
quement de l'homme?
Si le docteur Snyders le per-met, ûtt lui
objectera que Socrate n'a pas cru que l'homme
dût être le' seul souci du philosophe,, et qu'il a
bien visé lui a-ussi à, expliquer l'univers, mais
a seulement inventé une méthode nouvelle,
•assez féconde, en eHant du guiîet à l'objet. 4e
h Edmond Rostand. Les Musarc&ses seront dites par Mlle
Nipaa et par M, Lehmann; Mme Véra S&rgine dira les
plus belles œuvres du poète. D'autres pages des Musar-
dises seront également dites par M. Roger Gaillard; Mlle
Révonne, Mlle Paulette Pax. M. Galipam dira le Vieux
pion; une scène des Romanesques sera interprétée par
Mlle Beriiie Bovy et M. Gut'hène, M. Rozeaberg jouera
aveo M. Mawioe Lehmann une des plus belles scènes
de Cyrano de Bergerac Mme Simone dira l'Hymne
au Soleil, de Chantécler. Cette unique matinée comwen-
cera à 3 h. 30, -précédée par une caus©a>ie de M, René
rçiuro.
Nous apprenons le mariage de Mlle Guyta-Réal
avec M. Elysée Baiily. Les témoins de la mariée étaient
M. Camille Le Senne, présideiot d'hoo-noiir de l'Associa-
tien de la critique, et M. Henri Auriol, ancien député;
œux du marié les docteurs PeMtjean et Boucher.
Une jeune violoniste de grand mérite, Mlle Marie
Boegwr, d«)iineira, sous le patronage de M. Vincent
d'Indy, et avec le concours de Mlle Marthe Drou, son
premier concert la dimanche 0 février, à 3 heures après-
injdi, à la Scliola, Cantorum, jmic Saint-Jaoques, 269. Au
programme BaoUioven, Baofa, Vincent d'Iody, Chaus*
son, Armand-Parent, etc.
nmaasrreywr,rni~aTemïwusmî~m~
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INFORMATIONS HM.ftNClêRES
-T- Que sept miHions de souscripteurs aient, au
ooi^ps du dernier emprunt de la Libération, ap-
porté aux caisses de 1 Etat une bonne part de leurs
économies, vpiii qui atteste leur instinct de pré-
voyance et l'intérêt attaché par eux aux conditions
de l'oipération. Cependant, un communiqué du mi-
nistere des finances no'/s a avisés récemment qu«
la faveur dçnt jouissent les prêts à court tewn4
consentis h l'Etat sous forme de souscription sas
bons et obligations de la Défense nationale n'avait.
en aucune manière, diminué.
Aujourd'hui! les bons du Trésor sont répandus
un peu partout. Les indigènes appartenant aua
tribus du Gabon et de la Polynésie en achètent pat
l'intermédiaire de nos adiministrateurs coloniaux,
et les pôcb-eui's bretons du grand banc de Terre-
Neuve en acquièrent aux bureaux de poste de
Saint-Pierre-et-Miquelon. A l'étranger, Je succès
qu'a récemment obtenu en Angleterre l'adjudica-
tion faite pour le renouvellement de 8 millions de
livres de bons du Trésor français à un an témoi-
gne de l'estime dans laquelle ces effets sont tenus
par, un pays appejé tout à tour « le banquier du
monde » et la « plus grande mo-ison de commerce
de t'univers ».
C'est qu'à une époque où la cherté de la vie est
l'objet des préoccupations de tous, chacun se rend
compte qu'il importe de tirer parti des moindres
épargnes et de convertir en bons et obligations de
la Défense nationale le contenu de ces fonds de
tiroirs et de ces cassettes dans lesquels les gens
économes de jadjs sa glaisarent à entasser leurs
réserves Se niînïërâïre.
A Genève, 100 francs français cotent
89 52 1/2; 100 marks, 55 90; 100 couronnes aus-
tro-hongroises, 27 80; 100 lire, 76 40; 1<ÙO roubles,
47; 10 pesetas, 98" S5,1
GRAINS New- York, i fôv.: Blé roux d'hiver disp.
dur 237 1/2.
Chicago, 4 février. Maïs fév. 125 5/8. mars 122 518.
COTONS. New York,4fév.:fév.23 88;mars2343.
La Havre. 4 février: fév. 228 »»; mars 2!S»»; avril
213 »»: mai 210: juiq 207 »»
Fourrages et pailles (La Chapelle)
La circulation étant plus facile sur routes, le mar»
chô est mieux approvisionné, mais les besoins se res-
sentent de la faiblesse des apports aux marchés pré-
cédants. Aussi la tendance est-elle très soutenue, voire
ferme sur les pailles. On cote les 100 bottes de 5 kilos
franco dans Paris et selon qualités luzerne 260 à
270; regain 250 à 260: foin 225 à 250: paille de blé 70
à 80; paille d'avoine 55 à 70
¡ CESSATION DE PAYEMENTS
Citasseriaud, eatrepr. d'insertions, rue Halévy, 24,
puis boulevard Mçanmartre, 31g.
Jl'J'WUI.YJTJIS • VITRES £7 ©LACES l
R M *^f tlfcf ^K*» 7i ^çsHat to'jjQun et> vaginite &i g
WBBWWaffaMWWjBP^ftBBP Stootf "roort4tita lu mallieuf Ç30T K
J.SCOaY.162.faab.St-Mai'tîii.PariB(ip»). t
^Téléph^Norii Ot-30 K TQ. ,prt> la tore do 'l'\i»j. g
De PARIS à Sa COTE-D'AZUR
(CANNES. RICE. KOfiTE-CARtO. S1ENTÛH)
Relations dirootas par trains rapides avec voitures de Iaxe.«
l'esprit au anonde extérieur. Le dédain du doc-
teur pour la politique est juste, si l'on n'entend
par là que les vaines agitations et le bavardage
quotidien du forum il ne l'est plus, s'il s'agit
d'une science sur laquelle un Platon, un Aris-
tote, ont si profondément médité, et de laquelle
en somme tout dépend. Car le docteur Snyders s
lui-même, ne peut travailler d«8 son état de phi-
losophe que si la politique lui procure la li-
berté et la sécurité. Enfin, dans la récente
guerre, il no s'agissait pas simplement de la
possession d'un bois, mais de l'avenir même do
l'humanité, ainsi que l'observe très opportuné-
ment le jeune Isaac Zandvort.
L'entêté docteur refuse d'admettre que les
belligérants représentent deux espèces mo-
rales, contrairement à l'avis de M. Benda lui-
même, qui l'indique dans une note. D'ailleurs,
Snyders conteste l'importance philosophique
du point de vue moral, et raille assez spirituel-
lement l'école criticiste, qui en a peut-être
abuse. Ce docteur n'est pas le premier venu.
Son disciple si bien intentionné se donne par-
fois quelques torts, par exemple lorsque dans
la question des deux espèces morales, il s'ap-
puie pour les juger irréductibles sur cette opi-
nion de Hegel, que « la volonté des citoyens
n'existe pas ». Hegel a pu s'accorder acciden-
tellement, sur certains points, avec la politi-
que absolutiste, mais un bon étudiant en phi-
losophie comme Isaac ne peut con,fondre
avec le vulgaire égoïsme réactionnaire une
doctrine idéaliste qui ne voit dans la politique
et l'histoire que les moyens du pcogrès de
l'esprit.
En définitive, le docteur Snyders rappelle
fort â propos la valeur et la primauté des étu-
des spéculatives. Mais son mépris des affaires
humaines est excessif, et néglige même les in-
térêts vitaux de la science, qui a besoin d'un
milieu habitable. Ce docteur parle moins en
savant qu'en mystique, radicalement détaché
des choses d'ici-has, y compris la patrie, la
science et la civilisation. Mais Archimède, que
la mathématique accaparait au point de lui
faire oublier le soin de sa nourriture et de sa
vie, lArchimcde, qui fut. tué par un solda.t ro-
main 8-lçrg qnj'iî s'absorbait sur une figura
géométrique pendant la prise de Syracuse,
n'en avait pas moins défendu l'hellénisme et
protégé sa ville contre l'ennemi pendant1 trois
années par ses géniales .inventions,
>Paw SouD»\y.
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