Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1896-06-10
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 10 juin 1896 10 juin 1896
Description : 1896/06/10 (Numéro 12794). 1896/06/10 (Numéro 12794).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE TEMPS. 10 Juin 1896 v
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«lôjà arrivé de Belgique pour venir en aide aux grê-
listes. Et la réunion s'est terminée au cri de « vive
la grève générale A bas les patrons! »
Dans ces conditions, il n'est pas vraisemblable
jue les fabricants reviennent sur leur décision de
fermer toutes les fabriques jeudi prochain.
On nous télégraphie de Rbubaix
La fermeture de l'usine Gratry, à Halluin, cause
Une certaine émotion tant à Halluin qu'à Menin.
Une scission se produit entre les ouvriers habitant
Halluin et ceux qui habitent les Baraques et Me-
nin.
Les ouvriers français formaient le quart du per-
sonnel, soit environ deux cents. Ils ont eu une pre-
inicre réunion, hier après-midi. Ils ont déclaré ne
plus vouloir supporter le joug des étrangers, ni
j; obéir aux meneurs de grèves, tous Belges. La liste
des Hàlluinois va être dressée et présentée à M.
Gratry aussitôt son retour.
Les chaisiers ont également tenu une réunion
aux Baraques. Ils y étaient presque tous. La reprise
,̃ du travail a été votée à une forte majorité, mais les
vernisseurs s'y refusent et forcent tout le monde au
chômage.
v. Il a été question de faire de suite des apprentis
vernisseurs. Le métier, paraît-il, est facile à appren-
dre. Cela mettrait fin à la grève dans quelques
jours.
AU JOUR LE JOUR
La mort de M. Jules Simon
On pensait que M. Jules Simon avait laissé un tes-
i tament, où pouvaient se trouver ses dernières re-
ï commàndations relatives à ses obsèques, ainsi que
la dernière expression de ses idées politiques. Jus-'
• qu'à cette heure, on n'a trouvé, dans ses papiers,
̃ aucun écrit de ce genre.
La date des obsèques n'est pas encore fixée on
pense toutefois que celles-ci seront célébrées dans
) les derniers jours de cette semaine, peut-être sa-
medi.
• Les ministres assisteront tous en corps aux obsè-
ques de M. Jules Simon. En outre, ils enverront col-
lectivement une couronne au nom du gouvernement
âe la République. Enfin, selon toutes probabilités,
M. Méline, président du conseil, prononcera un dis-
v cours.
Durant la soirée d'hier et la matinée d'aujourd'hui,
tout ce que Paris compte d'illustrations dans la po-
•̃̃ îitique, les lettres et les arts est venu s'inscrire au
domicile de M. Jules Simon. Des listes ont été dé-
posées, à cet effet, sur des tables recouvertes dé
drap noir, sous le vestibule de la maison, et elles
• se couvrent rapidement de signatures. Seuls les in-
cimes sont admis à-monter dans l'appartement mor-
tuaire.
Parmi les visiteurs des premières heures, nous
relevons les noms de MM. Casimir-Perier, Loubet,
président du Sénat, Henri Brisson, président de la
Chambre des députés, Georges Cochery, ministre
des finances, Henry Boucher, ministre du commerce
-et de l'industrie, le général Saussier, le ministre du
Japon, le baron de Thann, chargé d'affaires de Ba-
vière, Mme la baronne de Freedericksz, MM. lé gé-
néral Meredith Read,' Lépine, préfet de police,Bour-
geois, de Freycinei,. Yves Guyot, Tirman, Emile
Deschanef, de Vogué, Le'Myre de Vilers, JulesHër-
i)ette, ancien ambassadeur à.B«rlin, Georges Picot,
| Jules Guichard, Labeyrie, Hyacinthe Loyson, Morin
et Filhol, directeurs du Bon Marché, Mmcs Loc-
? xroy, Jeanne Hugo, Edmond About; Meissonier,
MM. Puvis de Chavannes, Injalbert, Poilpot, Jules
Clàretie, Edmond Haraucourt, prince de Sagan, Osi-
'.̃ ris, Ferdinand Brunetière, etc.
Les fleurs commencent, elles aussi, à affluer. Ci-
îons une très belle couronne, composée de plantes
et de fleurs bretonnes et normandes, envoyée par la
isociôté littéraire et artistique la Pomme, dont M.
Jules Simon fut deux fois le président. La société a
décidé, de plus, de se faire représenter aux obsè-
'f, ques par soh bureau composé de MM. Çhristophle,
• président, docteur Barré,- secrétaire général, Mar-
gat, trésorier, comte Hertz, archiviste, et par tous
les membres de la société, présents à Paris.
M. Lôpine, préfet de police, a envoyé à MmeJules
Simon une superbe gerbe de fleurs.
Le gouverneur du Crédit foncier, en ouvrant ce
matin la séance du conseil d'administration, a fait
part de la mort de M. Jules Simon, qui était admi-
nistrateur du Crédit foncier.
M. Labëyrie a rappelé que partout et toujours il
avait cherché, voulu et fait le bien et qu'au conseil
d'administration du Crédit foncier il était resté
Sdèle à sa ligne de conduite. Il avait conscience que,
comme le disait un des anciens gouverneurs, le Cré-
dit foncier n'était pas une affaire, mais une institu-
tion chargée d'un rôle moralisateur dans le pays et
destinée à arracher le débiteur à l'usure et à main-
tenir la famille par: la fixité de la propriété. C'était
pour cela qu'il y était entré et il espérait y réaliser
un de ses beaux rêves la possession par tout tra-
vailleur éeoname d'une maison confortable et hy-
giénique. '̃̃'̃
La présence d'un homme comme M. Jules Simon
était un honneur et une force pour le conseil d'ad-
ministration, où son assiduité, sa simplicité, sa bien-
veillance faisaient l'objet de l'admiration de tous.
Sa mort y laissera un vide irréparable.
Le conseil a chargé M. Labeyrie d'être l'interprète
de ses regrets profonds auprès de Mme Jules Simon
et ses deux fils.
Nous avons publié, dans le Petit Temps, le télé-
gramme de condoléances que M. Méline, président
du conseil des ministres, retenu à la séance de la
Chambre, avait adressé hier, à trois heures, à la fa-
mille de M. Jules Simon. Nous avons aussi annoncé
que le président de laRêpublique avait envoyé, dans
la soirée, le commandant de la Garenne porter à la
veuve et aux fils du regretté académicien l'expres-
sion de sa sympathie.
L'empereur Guillaume a adressé, à l'occasion de
la mort de M. Jules Simon, le télégramme suivant à
M. Félix Faure
La France pleure de nouveau" sur la tombe d'un de
ses grands fils M. Jules Simon est mort. Je resterai
toujours sous le charme de sa personne en me souve-
nant des jours où il me prêtait son appui précieux pour
améliorer le sort de la classe ouvrière.
Recevez, monsieur le président, l'expression de ma
vive sympathie.
Hier soir, à dix heures et demie, l'agence Havas,
sur la foi d'une fausse communication, envoyait
aux journaux la note suivante avec le texte d'un
prétendu télégramme adressé par l'empereur d'Al-
lemagne à la famille de M. Jules Simon
Apprenant la mort de M. Jules Simon, Sa Majesté
l'empereur d'Allemagne a spontanément donné à M. le
comte Munster l'ordre télégraphique de présenter à
Mme Jules Simon ses condoléances personnelles.
« Dans sa haute probité patriotique, dit Guillaume II,
ï'ancien membre du gouvernement de la Défense na-
tionale, signataire de la paix de Francfort, n'avait pas
hésité d'accepter la présidence de la délégation fran-
çaise au congrès socialiste tenu à Berlin; il s'y était
efforcé de faire prévaloir des idées de pacification et
d'héroïque renoncement qui furent accueillies avec fa-
veur par les autres délégués, MM. Burdeau et De-
lahaye, et le congrès tout entier.
"Le désarmement général qui eût été un bienfait
pour les deux nations fut contrarié par malheur par
les manifestations puériles et inconsidérées de la Li-
gue des patriotes.
» L'empereur s'incline devant la tombe de l'ami per-
sonnel, du philosophe qui sut oublier ses préférences
'• patriotiques devant l'intérêt humain et la paix du
monde. »
L'ambassadeur allemand a annoncé l'intention de
l'empereur de se faire représenter aux obsèques par
un envoyé spécial.
Ce télégramme et les renseignements qui l'accom-
pagnaient étaient apocryphes. Dès que l'agence Ha-
vas s'en est aperçue, elle a publié la note ci-après
Nous avons fait distribuer aux journaux, dans la
nuit, une note les priant de ne pas publier une com-
• Knmieation visant une prétendue dépêche de l'empe-
reur Guillaume à la famille de M. Jules Simon.
Cette communication apocryphe, dont la publication
'flous était demandée, portait la signature du docteur
Marius Rey, l'un des médecins ayant soigné M. Jules
Simon.
Elle nous avait été adressée par une dépêche dont
l'original va être par nous communiqué au parquet,
auquel nous adressons une plainte. ·
Le chef du service télégraphique de l'agence nous
fournit ces explications complémentaires
Ainsi que nous en avons l'habitude, nous avons en-
voyé hier soir un de nos rédacteurs chez M. Jules Si-
mon pour prier la famille de l'illustre défunt de nous
communiquer les télégrammes de condoléance qui lui
seraient adressés.
Deux heures et demie environ après que cette dé-
marche eut été faite, et juste au moment où nous ter-
• initiions notre service de dix heures et demie, nous re-
sevions un « petit bleu », déposé au bureau télégra-
phique de la place de la Madeleine et signé docteur
Marius Rey, l'un des médecins qui ont soigné M. Jules
Simon.
Ce pli renfermait la copie d'un télégramme envoyé
par l'empereur Guillaume II.
Dans la hâte des dernières nouvelles, et comme cette
communication nous paraissait être une réponse à la
demande que nous avions faite, nous n'avons pas lu
îrès attentivement le texte du prétendu télégramme.
C'est seulement après l'expédition de notre service
fcue nous en avons reconnu le caractère apocryphe.
Aussitôt nous avons averti les journaux.
̃ D'autre part, le docteur Rey nous a fait la décla-
ration suivante
Je n'ai fait aucune communication à l'agence Havas.
Dans le cas, d'ailleurs, où j'aurais eu, au nom de la
famille, à m'adresser à cette agence, j'aurais mis, sur
mon télégramme, la mention expresse autorisé par la
famille â communiquer et prié, mention que ne porte pas
te prétendu Jrteu. L'agence a été victime d'un inquali-
fiable Drocéiie.
GUILLAUME.
Le bronze de Delphes
Nous devons à l'obligeance de M. Homolle de
pouvoir aujourd'hui reproduire le bronze de Del-
phes dont nous avons parlé vendredi, le jour même
où il en communiquait diverses reproductions à ses
collègues de l'Académie des inscriptions et belles-
lettres. L'intéressante discussion que cette trou-
vaille a soulevée au cours de la séance n'a pas in-
firmé l'opinion que le savant directeur des fouilles
s'était faite et de la date probable de l'exécution et
de l'école à laquelle l'artiste appartint.
Quelques détails nouveaux peuvent néanmoins
s'ajouter à ceux que nous avons donnés l'autre jour.
La statue a été fondue en quatre morceaux, les
deux bras et le buste avec les demi-manches et la
tôte, les jambes et la partie inférieure du torse à
partir de la ceinture. L'artiste avait étudié avec un
soin minutieux les raccords. Les deux pièces prin-
cipales s'assemblent au-dessus de la ceinture, sous
les plis tombants de la tunique; il est impossible,
même à un œil exercé, de déterminer le point de
jonction. De même pour les bras, qui s'ajustent
sous la saillie des demi-manches. Quel est le sculp-
teur aujourd'hui qui se préoccupe, au moment de
l'exécution, de ces détails? Il en laisse tout le soin
au fondeur, qui mutile à son gré la figure, la coupe
en autant de morceaux qu'il lui plaît. Il en résulte
des coutures apparentes fort laides que le fondeur
fait limer, au risque d'enlever tout caractère au mo-
delé, par un ouvrier quelconque. Il est vrai que,
chez les Grecs, les sculpteurs étaient fondeurs en
même temps ils exécutaient leur œuvre en entier,
tandis qu'à présent, non seulement ils seraient in-
capables de la fondre, mais ils laissent à des prati-
ciens le travail du marbre qu'ils dédaignent et que,
la plupart du temps, ils ignorent.
Cette brillante découverte, on le sait, n'est pas
destinée à enrichir nos collections nationales. Le ré-
sultat des fouilles, quel qu'il soit, est- dévolu au gou-
vernement hellénique. Des travaux entrepris, la
France ne retirera, comme les autres nations, qu'un
bénéfice moral, mais ce, bénéfice est par lui-même
assez grand pour qu'elle se trouve suffisamment
payée par l'honneur.
Si toutef ois il y a un soupçon de vérité dans l'infor-
mation lancée par un de nos confrères relativement
à la construction sur place d'un musée où les décou-
vertes faites à Delphes seraient précieusement con-
servées, et qu'un Français, après l'avoir payé de
ses deniers, offrirait à la Grèce, il est permis de
s'étonner qu'un de nos compatriotes juge à propos
de renchérir sur les libéralités que nous faisons,
dans l'intérêt de la science, à la Grèce. Les deux ou
trois cent.mille francs que coûterait au minimum ce
musée trouveraient un emploi plus heureux, si le
donataire supposé, au lieu de les gaspiller en une
création inutile et dont la Grèce a de quoi faire les
frais, les affectait à des fouilles nouvelles. Les
Grecs y gagneraient de toutes façons, et l'honneur
en rejaillirait à la fois sur la France et sur l'admi-
rateur français de l'art grec.
Académie des sciences
Le professeur Laveran, chef du service de santé
du 11° corps d'armée, à Nantes, membre correspon-
dant de l'Académie, assiste à la séance.
Prix Larrey. L'Académie désigne comme mem-
bres de la commission du prix Larrey (destiné à ré-
compenser le meilleur ouvrago présenté par un
chirurgien des armées de terre ou de mer) qui doit
'être attribué cette année pour la première fois MM.
Guyon, Lannelongue, Marey, Bouchard et Potain.
Le pain blanc et lepain bis. -M. AiméGirard, en-
tretient l'Académie de la valeur alimentaire des
pains provenant de farines blutées à des taux d'ex-
traction différents c'est, en réalité, la question du
pain blanc et du pain bis qui, cette fois, est sou-
mise à l'analyse scientifique.
Dans l'appréciation de la valeur alimentaire de
l'un et l'autre pain, on volt souvent intervenir cette
opinion, toute de fantaisie, que le pain blanc n'est
pas nourrissant; quelques-uns vont jusqu'à dire
que les farines pures d'où ce pain provient ne con-
tiennent pas de gluten et que celui-ci est fait, tout
entier, d'amidon.
M. Aimé Girard s'est attaché à établir l'inexacti-
tude de cette manière de voir et à démontrer que le
pain blanc est tout aussi nourrissant que le pain
bis, parce qu'il est, au même degré que celui-ci, ri-,
che en gluten.
Reprenant les chiffres fournis par les grandes
moutures exécutées en 1894 et 1895 sous la surveil-
lance d'une commission officielle qu'il présidait,
mouture à la suite desquelles tous les produits suc-
cessifs ont été pesés et analysés, M. Aimé Girard
établit que dans un kilogramme de pain blanc pétri
à l'aide d'une farine de blé tendre pure et blutée à
60 0/0, l'analyse fait retrouver 85 grammes de glu-
ten sec, tandis que dans un pain bis provenant de la
farine du même blé, mais impure et blutée à 73 0/0,
la proportion de gluten ne dépasse pas 83 grammes
par kilogramme de pain.
Le poids du gluten, eh un mot, est sensiblement
le même dans l'un et l'autre pain, de telle sorte qu'au
préjugé qui consiste à dire que le pain blanc n'est
pas nourrissant il convient de substituer cette don-
née scientifique et certaine qu'à poids égal le pain
blanc des farines pures est au moins aussi nourris-
sant que le pain bis des farines inférieures.
Dans une prochaine séance, M. Aimé Girard se
propose de démontrer de même qu'au point de vue
de leur apport en acide phosphorique l'emploi des fa-
rines inférieures à la panification ne se justifie pas
plus qu'au point de vue précédent.
Le vanadium. Tous ceux qui se sont occupés
quelque peu de chimie savent que le vanadium est
un des corps les plus difficiles à préparer de la chi-
mie minérale. p p
Ce corps se combine avec la plus grande facilité à
l'oxygène, au silicium et à l'azote. Le vanadium
était donc une curiosité de laboratoire. M. Moissan
annonce qu'il a pu préparer plusieurs kilos de va-
nadium en réduisant l'acide vanadique par le char-
bon dans son four électrique. Il décrit longuement
quelques propriétés de ce corps qui avait fait anté-
rieurement le sujet d'un très beau travail de M. Ras-
coë. Le vanadium, qui n'avait jamais été fondu avant
les recherches de M. Moissan, donne un carbure par-
faitement cristallisé de formule C Va. Il peut s'unir
avec facilité aux différents métaux tels que le fer, le
cuivre et l'aluminium. Au contraire, il n'entre pas
en combinaison avec l'argent.
M. Moissàn rappelle que ces recherches ont pu
être faites grâce à l'existence d'une houille vanadi-
fère rencontrée en Amérique et dont M. Heeren a
bien voulu mettre une notable quantité à sa disposi-
tion.
Rayons de Rœntgen. Voici une nouvelle et inté-
ressante application de la photographie à travers
les corps opaques
M. d Arsonval présente à l'examen de ses collè-
gues, au nom de MM. Brissaut et Londe, un cliché
d'une netteté remarquable, représentant l'image
d'une balle de revolver engagée dans la masse cé-
rébrale d'un homme vivant.
La localisation du projectile est déterminée avec
une précision qui fait l'admiration de tous.
On voit d'ici les immenses services que cette mé-
thode est appelée à rendre dans l'étude des localisa-
tions cérébrales qui n'ont pas encore été indiquées
par Broca et les autres physiologistes qui se sont
occupés de ces délicates questions.
La survie des graines. Chacun connait l'histoire,
racontée jadis à loisir un peu partout, de grains de
blés trouvés dans les hypogées d'Egypte, qui dû-
ment humectés et semés, se mirent, dit la légende,
à germer, bien qu'ils fussent desséchés depuis des
milliers d'années.
Le travail sur la vie latente des graines que pré-
sente M. Jodin à l'Académie est un peu du même
ordre.
Cet auteur apporte par le menu l'observation de
pois et de graines de cresson qui ont conservé après
de longues années leur pouvoir germinatif. Des
pois conservés sous le mercure durant plus de dix
ans, ont germé après ce temps (4 sur 20.
M. Gautier fait observer que vie signi fonction-
nement, que ces graines n'avaient pas fonctionné et,
par conséquent, n'avaient pas vécu durant ce temps.
« Une graine, une spore, est un organisme, une ma-
chine sur le point de fonctionner, une horloge prête
à marquer l'heure, lorsque interviendra 1 eau, la
chaleur et énergie extérieure. M. Gautier soutient
ces idées depuis des années.
M. d' Arsonval x«$pelib à ce sujétau'il conserv»
dans son laboratoire des anguillules qui ont été des-
séchées en 1857 par Claude Bernard.
Il suffit d'humecter ces infiniment petits pour les
voir revenir progressivement à la vie.
M. Chatin rapporte un fait du même ordre d'idées.
Lorsqu'on démolit les vieilles fortifications de
Paris, on fut tout étonné de voir pousser en grand
nombre et autour des chantiers de démolition des
plantes qui, depuis des siècles, avaient disparu du
bassin de la Seine. Les germes, enfouis depuis des
centaines d'années sous les matériaux, avaient été
remis dans des conditions favorables de développe-
ment.
Le spectre des métalloïde!. M. A. de Gramont,
continuant ses études sur les spectres des métalloï-
des dans les sels fondus, montre qu'en faisant écla-
ter l'étincelle de la bobine de Ruhmkorff, munie d'un
fort condensateur dans un sulfate fondu quelconque,
et en particulier dans les sulfates alcalins comme
dans les sulfures,. on obtient toujours le spectre
de lignes du soufre avec une parfaite netteté. Ce
spectre est identique à celui qui se produit dans les
tubes de Plücker. p
Une théorie nouvelle de la vie. M. Edouard Per-
rier marque les grandes lignes d'un travail de M.
Le Dantec, ancien maitre de conférences à la Fa-
culté des sciences de Lyon, sur « une théorie nou-
velle de la vie ».
On considère le plus souvent la vie comme un
principe immatériel susceptible d'animer la matière
lorsque cette matière se présente dans des condi-
tions déterminées de structure l'auteur commence
par démontrer que chez les êtres inférieurs compo-
sés d'une seule cellule, toutes les manifestations de
la vie élémentaire se ramènent à des phénomènes
physiques et chimiques et que, par conséquent, le
principe de l'inertie leur est applicable.
Il explique ensuite comment ces êtres simples
donnent naissance aux êtres pluricellulaires (colo-
nies animales); Claude Bernard avait démontré chez
ces derniers le déterminisme physiologique, mais il
admettait un plan préconçu suivant lequel auraient
été construits les individus des diverses espèces.
C'était une conséquence de sa théorie de la « de-
struction fonctionnelle » l'auteur substitue à cette
théorie généralement admise la théorie contraire de
l' « assimilation fonctionnelle », qui explique « la
construction de l'animal par son fonctionnement
même », le balancement organique, l'état adulte, la
vieillesse, etc.
Enfin, au cours de son' travail tout entier, M. Le
Dantec s'efforce de décrire tous les phénomènes vi-
taux au moyen d'expressions claires et précises em-
pruntées uniquement au domaine des sciences
exactes.
FAITS DIVERS
Voici, d'après le Bureau central météorologique,
état général de l'atmosphère, aujourd'hui mardi,
9juin
La dépression qui se tenait au large de nos côtes
ouests'est avancée vers le Cotentin (Cherbourg, 746 mm.),
la baisse est de 6 mm. à Paris et de 7 à Carlsruhe.
Un minimum secondaire tend à se former dans le golfe
de Gênes. Le vent est faible du sud sur la Manche,
assez fort du nord à la pointe de Bretagne, des grains
sont signalés en Gascogne. Les pluies ontété générales.
En France, elles ont été accompagnées de nombreux
orages surtout dans l'Ouest et le Sud-Ouest. On a re-
cueilli 47 mm. d'eau à Limoges, 30 à Nice, 16 à Lorient,
9 à Cherbourg, 7 à Brest, au Mans, à Clermont, Lyon,
Marseille, 3 à Paris.
La température s'abaisse sur nos régions et en Ita-
lie. Ce matin le thermomètre marquait-j-9° à Bodœ, 15°
à Paris, Biarritz, 21° à Alger, 23 à Riga.
On notait + 2° à l'Aigoual, 1° au mont "Venteux, 5°
au pic du Midi.
En France, des pluies orageuses sont encore proba-
bles avec abaissement de température.
A Paris, hier et ce matin, averses.
Moyenne d'hier, 8 juin, 16°5, sensiblement égale à la
normale.
Depuis hier midi, température maximum, 21°6 mi-
nimum de ce matin, 13°8.
Baromètre à 7 heures du matin, 748,1. ̃< o
A la tour Eiffel maxim. 18,8.
Situation particulière aux ports
Manche. Mer belle à Dunkerque, à Calais, à Bou-
logne, au Havre et à Cherbourg..
Océan. Mer peu agitée à Brest; belle à Lorient.
Méditerranée. Mer houleuse à Marseille,. à Sicié;
peu agitée à Nice.
Corse. Mer peu agitée aux îles Sanguinaires.
Variations atmosohérioues du 9 juin:
JOCP. HEURES THEPJJOMKTRE BAROMÈTRE
Mardi. 8 h. matin 15 »/» au-dessus 747°"» 1/2
10 h. 16 »/» 748"m »/»
12h. 18 »/» 748m» 1/2
2 h. soir 17 1/2 748=» 1/2
On sait que Mme Liane de Pougy a reçu des
lettres de menaces. C'est maintenant le tour de
quelques artistes femmes de Paris de recevoir des
missives de cette espèce. Un mauvais plaisant a
écrit à un certain nombre d'entre elles qu' « il leur
ferait leur affaire ». Ces dames ont porté ces lettres
menaçantes à M. Cochefert, qui ne croit pas à l'exé-
cution de ces menaces, mais qui en fait néanmoins
rechercher l'auteur.
Une femme paraissant âgée de 25 à 30 ans se
tenait dissimulée cette nuit, vers minuit, derrière
une baraque de marchande de gâteaux établie quai
de Billy en amont du pont d'Iéna; elle s'était cou-
vert les yeux avec un bandeau. Tout à coup, comme
le tramway à vapeur allant de Versailles au Louvre
arrivait, elle se précipita sous les roues d'une des
voitures du train. Traînée sur un parcours de 15 mè-
tres, la malheureuse se fit des blessures qui ne tar-
dèrent pas à entraîner la mort. Cette femme n'avait
sur elle aucun papier. Son corps a été transporté à
la Morgue et l'on a commencé une enquête pour
établir son identité.
TROIS chevaux emballés. Un accident, dans
lequel il n'y a eu qu'un blessé, mais qui aurait pu
avoir de fort graves conséquences, est arrivé, ce
matin, à neuf heures, rue de Maubeuge.
Une lourde voiture de la Belle-Jardinière descen-
dait, au trot de ses trois grands chevaux, la rue,
lorsque l'attelage prit peur et s'emballa. Ce fut alors
une descente vertigineuse. Successivement, un fia-
cre, puis une charrette chargée de pavés de bois fu-
rent heurtés et culbutés; il n'y eut heureusement
aucun accident de personne.
La voiture approchait du carrefour Montmartre,,
sans que le cocher eût pu modérer l'allure enragée
de son attelage. A cette heure, le faubourg est déjà
plein de mouvement et un grand malheur allait être
sûrement à déplorer, lorsque, à dix mètres à peine
du carrefour, contre le trottoir de la brasserie Mül-
ler, les chevaux emballés se jetèrent sur une voi-
ture-balayeuse et s'abattirent du coup.
Ce fut une confusion épouvantable. Les brancards
des deux voitures volèrent en éclats. Des trois che-
vaux, l'un était blessé très grièvement; le timon de
la balayeuse était entré dans son poitrail. Le cocher
de la Belle-Jardinière était tombé sur le timon de sa
voiture, à cheval, et n'avait, par un hasard extraor-
dinaire, reçu aucun mal. Le conducteur de la ba-
layeuse, par contre, avait été projeté sur le sol et
blessé à la tête.
M. Collin, chimiste à Bailleul-sur-Thêrain (Oise),
revenait, dimanche soir, vers onze heures, en com-
pagnie de sa femme, d'un village voisin, lorsqu'ils
furent rejoints par deux cyclistes dans lesquels ils
reconnurent un autre chimiste nommé Wilhelm et
sa femme. « Bonsoir! » cria joyeusement Mme Col-
lin au couple; mais Wilhelm, descendant brusque-
ment de sa bicyclette, se précipita sur Collin, le ter-
rassa et, de deux coups de revolver dans la tête, le
tua net.
H enfourcha ensuite sa machine et, tranquille-
ment, rejoignit sa femme et alla se coucher, tandis
que Mme Collin, affolée, s'efforçait de ranimer le
cadavre de son mari. Un passant survint enfin vers
trois heures du matin et put lui venir en aide.
Wilhelm a été mis en état d'arrestation. Il pré-
tend, contrairement à l'évidence même, s'être trou-
vé en état de légitime défense. On croit au contraire
qu'il ne jouit pas de la plénitude de ses facultés
mentales.
L'Echo de l'Est raconte le suicide, dans des
circonstances particulièrement émouvantes d'un
caporal d'infanterie en garnison à Toul r
Ce caporal, dont on n'a pu nous dire le nom et qui
était, paraît-il, un excellent soldat, avait été détaché
avec quatre hommes au poste de Pagney-Derrière-
Barine. Pendant la nuit de mercredi à jeudi, un officier
chargé de la surveillance, ayant trouvé la sentinelle
endormie, pénétra dans le poste où dormaient les au-
-tres soldats et prit un fusil. Le caporal, en s'éveillant,
constata la disparition de l'arme. Ne sachant ce qui
s'était passé et croyant que le fusil avait été enlevé
par un espion, il fut pris d'un accès de désespoir. Sai-
sissant aussitôt son fusil, il se retira à l'écart suis
glissant une cartouche dans le canon, il s'en tira un i
coup dans la poitrine. La balle le traversa de part en
part.
Au bruit de la détonation, ses camarades accouru-
rent et le trouvèrent étendu dans une mare de sang.
Pendant que deux d'entre eux le relevaient et lui don-
naient tous les soins en leur pouvoir, les autres cou-
raient chercher des secours. Bientôt arrivèrent le curé
de Pagney et un médecin. Celui-ci, après avoir fait un
premier pansement, a ordonné le transfert du malheu-
reux à l'hôpital de Toul.
On nous télégraphie d'Angers ̃̃
Une masse énorme de terres et de rochers, éva-
luée à plus de dix mille mètres cubes, s'est effon-
drée pendant la nuit, entraînant la charpente dite
carrée qui porte le treuil et les volants d'extraction
de la carrière de Monthibert, à Trélazô. On ne peut
songer au dôblaycment de la carrière, qui est com-
blée sur une hauteur de cinquante mètres environ et
qui sera abandonnée à tout jamais.
Quatre-vingt-dix ouvriers d'à-bas et deux cent
trente ouvriers d'à-haut étaient occupés à Monthi-
bert. Mais, par bonheur, on ne travaille pas la nuit.
Grâce à cette circonstance, on n'a eu à déplorer la
mort d'aucune victime.
On attribue cet accident aux pluies de ces jours
derniers. Pourtant, il était redouté depuis longtemps
déjà, paraît-il, et un surveillant spécial était chargé
d'inspecter les fissures.
On nous télégraphie de Bordeaux
Hier après-midi, la barque de plaisance Nadia a
chaviré en Garonne, en face de Montferrand. Les
trois hommes qui la montaient ont disparu.
Ce matin on a pu redresser le bateau qui a été
conduit dans le chenal de Montferrand. Les cada-
vres n'ont pas été retrouvés. '̃
On nous télégraphie de Port-Vendres:
Le brick-goélette G.- C. n° 12, jaugeant 115 tonnes,
attaché au port de Brest et ayant sept hommes d'é-
quipage sous les ordres du capitaine Cotton, quit-
tait le port de Cette pour se rendre à Saint-Pierre-
et-Miquelon avec un chargement de sel marin et de
vin destiné aux pécheurs de morue.
A peine le bateau était-il entré dans le golfe du
Lion que le capitaine devint subitement fou. II sai-
sit une hache et voulut en frapper les matelots.
Ceux-ci purent saisir leur malheureux capitaine, le
ligottùrent et le descendirent dans sa cabine.
Un des hommes de l'équipage prit le commande-
ment du brick et rallia le port le plus voisin qui
était Port-Vendres. Une fois là, l'équipage a fait sa
déclaration aux autorités maritimes qui ont fait
transporter le capitaine Cotton à l'hôpital de Per-
pignan, d'où il a été dirigé ce matin sur l'asile d'alié-
nés de Limoux.
INFORMATIONS DIVERSES
Une soirée fraternelle réunissait hier soir, dans un
banquet, chez Marguery, des Parisiens originaires du
Rhône, de l'Ain, de l'Isère et de la Loire on fêtait des
nominations dans la Légion d'honneur MM. Gaille-
ton, maire de Lyon, promu grand-officier; Lépine, pré-
fet de police, promu commandeur; Berlier, ingénieur;
Dumont, directeur de la caisse d'épargne de Lyon;
Mangin, professeur au Conservatoire de musique;
Aimé Perret, peintre, et Savigné, imprimeur, nommés
Chevaliers.
M. Etienne Charavay, présidait, ayant à sa droite M.
Lépine, -à sa gauche notre confrère M. Adrien Duvand.
A la table, "d'honneur :se trouvaient également MM.
Berlier, Perret, Aynard, député de Lyon, Mangin et
Thévenet, ancien garde des sceaux.
Au dessert, M. Charavay a prononcé une allocution
dans laquelle il a énuméré les noms des hommes émi-
nents que les départements que nous citons plus haut
ont donnés à la France. M. Lépine a également prononcé
quelques paroles fort applaudies..
Un concert dans lequel se sont fait entendre Mlle
Ganne, de l'Opéra, M. Chambon, de l'Opéra, et une
éiève de Mme Marchesi, Mlle Brena, qui se destine
au théâtre, a terminé cette soirée familiale.
Une réunion publique se tiendra jeudi prochain,
à huit heures et demie, à la mairie du 4° arrondisse-
ment, pour examiner la question du Métropolitain en-
visagée au point de vue des quartiers du centre. M.
Paul Villain, ingénieur civil, exposera la question.
On nous écrit d'Orléans, le S juin
« Le général Duchesne a visité, aujourd'hui, le lycée
d'Orléans. Il a été reçu au parloir par l'inspecteur d'a-
cadémie et le proviseur, entouré de tous les fonction-
naires de l'établissement.
» Dans la cour d'honneur, un élève du cours de ma-
thématiques spéciales a souhaité la bienvenue au gé-
néral qui, à son tour dans une causerie toute familière,
a engagé ces élèves à se rappeler toujours que la dis-
cipline et l'obéissance sont les conditions de tout suc-
cès et la meilleure préparation aux épreuves de l'a-
venir. »
Le monument Carnot à Lyon. Le jury chargé
d'attribuer les prix aux auteurs des cinq projets pour
le monument élevé par la ville de Lyon au président
Carnot, retenus après un premier examen, a rendu hier
sa décision. Il n'y a pas de premier prix. Le deuxième
prix est accordé ex-xquo aux proiets Sursum corda, de
mm. Naudin, architecte, et Gauquié, statuaire, 2,500 fr.;
et Patrie, de MM. Huguet et Delorme, architectes, et
Lamothe, statuaire, 2,000 francs; le troisième prix est
accordé au projet Fama volât, de MM. Lefèvre, archi-
tecte et Perrin, statuaire, 1,500 francs. Une somme de
2,000 francs sera partagée entre les auteurs des deux
derniers projets Rhône, de MM. Roisin et Aubert, et
Mors et Vita, de MM. Tarchier et Vermare. A la suite
de cette décision du jury et de l'absence de premier
prix, il se pourrait que la municipalité, forte de l'arti-
cle 14 du cahier des charges concernant le concours,
n'adoptât aucun des projets exposés et traitât de
gré à gré avec un ou plusieurs artistes pour l'exécution
du monument.
Les membres du Congrès archéologique de France
ont quitté Morlaix hier matin et sont arrivés à Brest
pour y continuer leurs travaux. Ils ont visité, dans
l'après-midi, le château dont des restes importants re-
montent à l'époque de l'occupation romaine, l'arsenal,
la salle d'armes, les bâtiments armés dans le port de
guerre. Le soir, une réunion très intéressante a eu
lieu dans la salle de la Bourse elle était présidée par
le vice-amiral Barrera, préfet maritime, qui, dans une
allocution très applaudie, a souhaité la bienvenue aux
congressistes. Des études sur la belle église du Fol-
goet, sur le cap Sizun, etc. ont été successivement
lues. Une excursion à Plougastel-Daouls, où se trouve
un des calvaires les plus réputés de la Bretagne, va être
organisée.
LIBRAIRIE
L'ESSOR:
Par Paul BIARG5JEIUTTE
Lucien Trénis n'a que vingt ans. Entouré d'ex-
quises jeunes filles, libre de goûter le plaisir auprès
d'une indulgente maîtresse, il préfère s'éprendre
d'une femme mariée perverse, mère de son intime
ami. Après des conflits orageux et la faute, le dé-
nouement bien imprévu lui inflige une leçon si
am ère qu'on peut croire que le coupable, tombé
dans la noue au premier coup d'aile de son Essor, se
relèvera repentant et guéri. C'est la moralité de
cette œuvre sincère, chaude et frémissante comme
la vie. (Léon Chailley, éditeur.)
Revue Politique et Parlementaire, 110, rue dé
l'Université. Dir.: M. Fournier, Abon., 25 fr.,
U. P., 30 fr., le n° 3 fr. A. Colin et Cie, Paris.
Dans ses n0> 12 et 13, la Revue a publié deux ar-
ticles sur l'Impôt sur La Rente, de MM. Léon Say et
Fernand Faure. Ces deux études fondamentales ont
servi de bases à tous les projets et articles sur la
question à propos du budget de 1897.
Lire dans le n° du .10 juin qui vient de paraître,
sur des questions de la plus haute importance La
Banque de France et le renouvellement du privilège,
par M. Fournier de Flaix; la Réorganisation admi-
nistrative de V Algérie, par M. Fleury-Ravarin; le
Bimétallisme international, par M. X. et Y Etat gé-
néral et comparatif du régime fiscal de la France,
par M. Salefranque.
A côté d'articles consacrés à la vie polit. et par-
lem. à l'étranger et en France, la Revue publie tous
les mois des revues des questions fiscales, colo-
niales, commerciales, ouvrières, agricoles, etc.
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NOTES ET LECTURES
(ÉTKAITQ'BB.J
Un drame historique allemand (1)
On sait qu'une exposition s'est ouverte le mois
passé à Berlin, qui, pour se distinguer des exposi-
tions dites universelles, se pique d'être exclusive-
ment berlinoise, ce qui nel'empêchepas d'avoir une
rue du Caire parmi sesdousprincipaux. Elle a aussi,
cela va de soi, un vieux Berlin, dans le genre du
vieil Anvers, du vieil Amsterdam et du vieux Buda-
pest car il n'y a plus désormais une exposition si
industrielle, ni si agricole, qui puisse aller sans une
de ces reconstitutions en carton, très commodes
d'ailleurs, pour abriter des bazars, des magasins de
souvenirs et des cabarets.
J'imagine que l'on doit trouver en outre, à cette
exposition industrielle berlinoise, toutes les varié-
tés possibles de montagnes russes, et un village nè-
gre, et des spécimens de la bière de tous les pays.
Mais le seul trait vraiment original qu'elle me sem-
ble offrir, à en juger du moins par ses prospectus,
est son petit théâtre, avec le genre spécial des piè-
ces qu'on y joue. Les organisateurs de l'exposition
ont en effet imaginé de commander aux écrivains les
plus berlinois une série de petites pièces en un acte
formant, dans leur suite, quelque chose comme une
histoire de Berlin aux diverses époques. Il ne s'agis-
sait point, naturellement, d'écrire de véritables
drames ayant une action précise, ni moins encore
une portée symbolique mais aussi bien les drama-
turges allemands depuis Gœthe et Schiller jusqu'à
M. Hauptmann s'accommodent-ils volontiers d'un
théâtre où l'action est remplacée par une série de
tableaux, et peut-être n'y a-t-il point de pays où le
drame historique ait conservé plus d'amis.
De fait, les premières pièces de la série, à l'expo-
sition de Berlin, paraissent avoir eu beaucoup de
succès. Et si j'en juge par l'une d'entre elles, dont
j'ai la brochure sous les yeux, ce sont vraiment
d'excellents morceaux d'histoire locale, pleins de
couleur et de mouvement, pleins d'erudition aussi, et
plus instructifs à coup sûr que toutes les reconsti-
tutions en carton ou en plâtre. La petite pièce dont
je veux parler s'appelle la Pénitente; elle a pour
auteur M. Conrad Alberti, qui fut jadis avec MM.
Conrad et Bleibtren, le fondateur de l'école réaliste
en Allemagne, et qui compte aujourd'hui parmi les
meilleurs critiques et chroniqueurs berlinois.
Il a pris pour sujet de sa pièce un épisode très ca-
ractéristique de la vie berlinoise, se bornant seule-
ment à modifier certains noms, par un scrupule aisé
à comprendre. Son sujet, tel qu'il nous le présente,
est la mort soudaine de l'électeur Joachim et la dis-
grâce qui s'ensuit pour sa belle favorite, Anna Sy-
dow, qui, vingt ans durant, a régné sur Berlin. La
scène se passe dans la grande salle du palais des
-princes électeurs, le 3 janvier 1571 et c'est d'abord
une exposition fort habilement présentée, le peuple,
les bourgeois, et les fonctionnaires et les nobles se
promenant dans le palais, agités et bruyants, in-
quiets de n'avoir point de nouvelles de l'électeur,
qui chasse dans les bois de Koepernick. Un pres-
sentiment sombre pénètre toute cette foule, et sans
cesse on entend, mêlées aux demandes de nouvelles,
aux conjectures et aux faux renseignements, des
plaintes sur le despotisme de la favorite, sur sa ra-
pacité, sur les dépenses où elle a entraîné l'électeur.
On s'entretient du retour subit du jeune prince hé-
ritier, Jean-Georges, dont on connaît l'hostilité pour
la maîtresse de son père.
Bientôt, Jean-Georges lui-même entre en scène.
Mortellement inquiet et agité lui aussi de pressenti-
ments funèbres, il vient s'informer auprès des bour-
geois de Berlin. Il y a là un tableau tout à fait cu-
rieux et je ne crois pas qu'on ait jamais mieux mon-
tré le caractère essentiellement populaire de l'auto-
rité des princes électeurs à cette période de leur his-
toire. Ils sont en quelque sorte comme des bourg-
mestres, obligés à un contact incessant avec leurs
administrés. Et non seulement l'accès du palais est
ouvert à tous, mais voici que le prince héritier est
accosté au passage par des ouvriers, qui lui deman-
dent familièrement « s'il a de bonnes nouvelles du
seigneur son père ». Et un dialogue s'engage entre
le prince et l'un de ses ouvriers, un dialogue où le
pauvre diable, peu à peu mis en verve, dit tout haut
au fils de son souverain ce qu'autour de lui chacun
murmure tout bas, la haine de Berlin pour cette
bourguignonne, Anna Sydow, qui ruine la ville et
et elûiâne le cœur dij, prince àe celui de son peuple.
Soudain, un silence se fait dans la salle, et l'on
y voit entrer, accompagnée de sa fille Madeleine,
comtesse d'Arnebourg et du grand trésorier An-
dréas Kohl, la fière Anna Sydow qui vient, à son
tour, prendre des nouvelles. Indifférente aux regards
de haine de la foule, et aux sarcasmes des nobles,
et à la colère même qu'elle lit dans les yeux du jeune
prince, elle passe avec un sourire dédaigneux, tan-
dis que sa fille tremble et s'épouvante de cet air
d'orage qu'elle sent autour d'elle.
C'est à ce moment qu'un messager arrive, porteur
de la nouvelle funèbre. L'électeur est mort subite-
ment, la nuit, après avoir vu, la veille, le grand
cerf -fantôme. Jean -Georges est désormais seul
maître et la foule le somme d'inaugurer son règne
en châtiant la favorite de son père. Mais Anna Sy-
dow sait bien que le jeune prince ne peut rien contre
elle.. Il a, en effet, sur la demande expresse de son
père, signé l'engagement formel. de lui conserver
toujours les titres et dignités que le vieux Joachim
lui a conférés. Et, effet, Jean-Georges, malgré sa
colère et sa haine, n'ose point agir, tenu par son
serment et par cet engagement que son père l'a
forcé à signer. Mais voici que, pour achever de
vaincre ses scrupules, sa mère, la vieille princesse
Hedwige, infirme et à demi-morte, se fait conduire
auprès de lui. Elle le somme de châtier celle qui a
fait le malheur de sa vie; et de nouveau une scène
commence, d'un réalisme vraiment très dramatique,
une scène où, en présence du prince et de la foule,
la femme et la maîtresse de l'électeur qui vient de
mourir s'invectivent de la façon la plus indiscrète,
l'une se plaignant d'avoir été délaissée avant l'âge,
l'autre lui rappelant telles infirmités qui depuis long-
temps avaient éloigné d'elle le prince son mari. En-
fin, Jean-Georges se décide à annuler son serment.
Il dépouille Anna Sydow de tous ses titres et la con-
damne à faire pénitence publique. Mais déjà à ce
moment la véritable pièce est finie elle est toute
dans ces tableaux du début, si mouvementés et
d'une couleur si originale, et dans cette scène des
deux femmes, qui doit avoir eu pour le public ber-
linois un ragoût très particulier.
T. DE "Wyzewa.
SF'0~
Courses du Bois de Boulogne
C'est la grande semaine sportive. Au lendemain du
Grand-Steeple d'Auteuil, on se retrouvait hier à Long-
champs, où il y a également réunion aujourd'hui, jeudi,
samedi et dimanche.
Les concurrents se sont présentés en assez bon nom-
bre dans la plupart des épreuves, sauf dans le prix
d'Escoville (5,000 fr., 2,400 m.), qui s'est réduit à un
match entre Le Justicier(French) et Bonbon (E. Wat-
kins). Le cheval du baron de Schickler a vengé la dé-
faite récente d'Omnium II et sa propre défaite du prix
Royal-Oak de 1895 en battant nettement le cheval de
M. Albert Menier, malgré une très courageuse résis-
tance.
Pari mutuel Il fr. 50.
Les favoris ont été battus dans toutes les autres
courses.
Le prix des Champs-Elysées (4,000 fr., 1,800 m.) a été
gagné d'une encolure par Fréjus, à M. Albert Menier
(T. Brown), battant Vif-Argent, 2e, Marracq, 3e, et douze
autres chevaux.
Pari mutuel 402 fr. 50.
Fréjus a été réclamé pour 7,890 francs par M. de la
Vingtrie.
Le prix du Cèdre (10,000 fr., 2,200 m.) a été gagné
d'une longueur par Chanfrein, au baron de Rothschild
(W. Pratt), battant Pouzac, 2e, Majestad, 3e, Wasp et
Osymandias.
Pari mutuel: 65 francs.
Le prix de Fay (6,000 fr., 1,600 m.) a été gagné d'une
encolure par Gibraltar, à M. Caillault (French), battant
Idole, 2°, North-Star, 3°, Emmaûs, Stanislas, Brûle-
Tout et Soberano.
Pari mutuel 112 francs.
Le prix de Satory (12.000 fr., 4,000 m.) a été gagné
d'une longueur et demie par Addy, au vicomte d'Har-
court, très bien monté par Dodge, battant Fram-
boise III, 2°, Ecrevisse, 3°, et Alcide.
Pari mutuel 24 francs.
Le prix d'Ibos (handicap, 8,000 fr., 2,400 m.) a été ga^
gné d'une demi-longueur par Diane, àM.E. Prico
(Cockerton), battant Noteur, 2", Virtus, 3«, Maugiron,
Cabanon, Mississipi, Amie, Peluse, Boston, Cigarette II,
et Margot.
Pari mutuel 271 fr. 50.
En arrivant à Longchamps, nous avons appris la mort
du comte Rœderer, un de nos propriétaires-éleveurs les
plus justement considérés. Le comte Pierre Rœderer a
succombé à une longue et douloureuse maladie qui l'a-
vait fait renoncer au mandat de conseiller général de
l'Orne il était âgé de soixante-dix ans. Il est mort
dans sa propriété de Bois-Roussel, où il avait son éle-
vage. Après avoir fait courir sous ses couleurs, de 1854
à 1858, il était devenu un des associés de l'écurie De-
lamarre. C'est de son établissement d'élevage que sont
sortis Bois-Roussel, Patricien, Vermout, Vertugadin,
Apollon et Boiard pour ne nommer que les plus célè-
bres. l. g.
(1) Die Bûsserin, par M. Conrad Alberti, 1 vol. Berlin
A. Seydel.
ESCRIHE ̃< '•̃
LE TOURNOI INTERNATIONAL
Sabre, épèe et pistolet
Dans les deux dernières séances du tournoi, les plu£
forts tireurs de sabre français et italiens ont été oppo*
sés les uns aux autres. Comme nous l'avions prévu, la
supériorité des Italiens était absolument écrasante,
aussi bien pour-les amateurs que pour les maîtres. On
ne saurait s'en étonner, puisque l'escrime de cette
arme n'est pas sérieusement pratiquée dans nos salles
d'armes, tandis qu'en Italie, au contraire, on lui ac-
corde plutôt la préférence sur celle du fleuret. En
effet, dans les duels, elle est choisie de préférence, et
l'école magistrale de Rome, au point de vue de l'in-
struction militaire, la considère comme bien plus sé-
rieuse, puisqu'elle a pour but d'augmenter la valeur da
la cavalerie.
Aussi les premiers professeurs italiens s'adonnent-
ils d'une façon toute spéciale à l'étude du sabre, tandis
que nos maîtres renommés n'ont môme pas un échan-
tillon de cette arme pendu à titre de curiosité dans
leurs salles. Midelair, le professeur parisien, qui, après!
Chanderlot, en a la plus grande pratique, a été battu
sans peine par Greco. Après épreuves entre les maî-
tres italiens, tous vainqueurs des Français, ledit Greco
a été proclamé premier et Conte second.
Pour les amateurs, au nombre de quatre de chaque
côté, nous n'avions de champion sérieux que M. le oa-
pitaine Bardet, du 20» chasseurs à cheval, qui a digne-
ment soutenu la réputation de nos chevau-légers. Il a
triomphé de son premier adversaire et aurait égale-
ment battu le second, M. Malchiodi, si le jury n'avait
admis la prétention des Italiens detenir pour nuls les
coups de pointe d'arrêt dont ils n'ont pas l'habitude.
A l'épée, l'école italienne n'a produit aucun tireur
ayant des chances de succès contre les nôtres, résul-
tat non moins prévu que notre défaite au sabre.
Enfin, l'épilogue du tournoi a été un concours inter-
national de pistolet qui a eu lieu ce matin, à neuf
heures, au parc de Saint-Ouen. Dans l'assistance, on.
remarquait le roi Milan, M. Berge, gendre du prési-
dent de la République, Daniel Mérillon, président de
l'Union des sociétés de tir de la région de Paris.Gustave
Voulquin et un grand nombre d'amateurs connus.
Le tir sur silhouettes humaines, au commandement,
à vingt-cinq pas, a commencé à neuf heures et demie
et a été cessé à midi. Les concurrents étaient au nom-
bre de quarante.
Les vainqueurs ont été classés dans l'ordre suivant
1" M. Louviers, 2e Maurice Faure, 3° René Pensa, 4»
Cuvillier, 5e comte de Chabannes, 6° Lambert. Les prix
consistant en 500francs pour le premier, et 180 francs
pour le second et des médailles d'argent et de bronze
ont été remis aux vainqueurs par le roi Milan. Zouis
d'Burcourt.
CYCLISME
Le pneumatique que l'on a vu paraître le premief
est le Dunlop.
C'est encore celui qui a le mieux progressé.
DÉCLARATIONS DE FAILLITES
(Jugements du 6 juin) >t
Mouret, tapissier, boul. Malesherbes, 12. ̃̃̃̃>£̃
«a– «̃̃!̃ iiiMwiHiM^mniiiiiiiiMiMMwawiijriiiiiiwîîiâimMmwni nwiiniiwia– ^b^
3Eï3VBr.A.!3-iiX.IKrEï adhérente, nouveaux dentiers,
invisibles laissant le palais entièrement libre, Sia plus
belle invention do Part dentaire. Succès consacré.
SV£. AESX-ESie, 4., RUE BJEYER3EER,.4
j m
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A qui fera-t-on croire qu'il faille payer une. -bonne
machine 500 francs? Serait-ce parce qu'elle porte la
marque d'une célèbre maison, s'attribuant le titre
de première du monde, ou parce que tel champion
a battu tel fameux record de quelques dixièmes de
seconde?
Serait-ce parce que la machine est munie de tel
pneu, de telle chaîne, ou qu'elle n'en a pas, que la
fabrication est faite avec un tel soin que son prix
de revient-est de 499 fr. 75?
N'est-il pas plus honnête d'avouer que dans le
prix de 500 francs l'acheteur paye: coureurs, en-
traîneurs, matchs, intermédiaires, polémiques de
charlatans, frais fantastiques dont le public ne se
fait aucune idée? q
En supprimant tout cela, la Société parisienne,,
10, avenue de la Grande-Armée, Paris, la seule
maison qui ait pris cette initiative, vend la véritable
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̃ES£%^y i& °Sa Anémie Dyspepsie Goutte Rhumatisme ~»
FÊlai» H £^ B Gravello Eczéma Aithme etc.
TH ÉATR.ES ̃{
M. van Dyck a fait, hier soir, à l'Opéra, sa ren*
trée dans Lohengrin. Admirablement secondé par
Mme Rose Caron, il a été acclamé; les rappels ont
été nombreux.
Mme Félix Faure assistait à la représentation.
Ce soir, mardi
Au théâtre des Lettres, à huit heures, répétition gé-
nérale de Mélusine, de M. Peter, Sa Majesté, de M. ;Ser-
vent, l'Héritage, de M. Lafon.
M. Lucien Auge de Lassus a lu, hier, devant le
comité de la Comédie-Française, une comédie en qua-
tre actes et en vers, Ninon et Maintenon, qui n'a pas été
reçue.
M. Jules Claretie a demandé à Jean Bertheroy, pseu-
donyme de la jeune femme qui a écrit femmes antiques
et Mime Bathylle, l'à-propos destiné à célébrer Molière
le 15 janvier prochain à la Comédie-Française.
Le théâtre des Variétés annonce les cinq dernières
représentations de VŒU crevé, qui sera repris en sep-
tembre prochain.
Le 22 juin prochain, M. Mounet-Sully sera fêté en
un banquet sous la présidence d'honneur de M.
Henry Roujon, directeur dès beaux-arts à l'occasion
de la reprise dïlamlet, où il vient de triompher de nou-
veau.
Le comité d'organisation est presque entièrement
constitué. Citons MM. Jules Claretie, Francisque Sar-
cey, Henri do Bornier, Paul Meurice, Puvis de Cha-
vannes, Henry Fouquier, Rodin, José-Maria de Here-
dia, Sully Prudhomme, Mézières, Benjamin-Constan^
Henri de Régnier, Jean-Paul Laurens, Armand Dayot,
Duquesnel, Paul Ginisty, Ad. Aderer, René Benoist,
Ch. Formentin, Edouard Sarradin, H, Fierens-Gevaert,
Ed. Fournier, le docteur Pozzi, etc.
Une première réunion du comité a lieu ce soir, à cinq;
heures.
Mme Nirvana, cantatrice russe (comtesse de Pe-
thion), ayant eu primitivement l'idée d'organiser des
séances de musique russe, fut conduite par le succès à
donner plus d'extension à cette idée. Sous ce titre
plein de promesse, « l'Opéra russe », Mme Nirvana va
inaugurer une série de grandes auditions d'opéras
russes par lesquelles elle fera connaître au public les
compositeurs joués en Russie et ignorés à Paris.
Nous avons le vif regret d'apprendre la mort, à
cinquante ans. de M. Camille de Roddaz, l'un des au-
teurs de la Fiancée en loterie, récemment jouée avec
succès aux Folies-Dramatiques. Il a succombé aux
suites d'une pleurésie, dont il avait été atteint, le soir
même de la première représentation de sa dernière
oeuvre.
Notre ami avait eu des débuts difficiles. Amateur
d'art, il avait collaboré à plusieurs journaux pour la
chronique artistique. Mais le théâtre l'attirait avant
tout. Il fit représenter en Belgique un certain nom-
bre de pièces avec succès. Il se signala au public pari-
sien par la Nuit de Noël, en collaboration avec M. Mau-
rice Lefèvre, et créée à l'Ambigu par Mme Segond-
Weber, M. Chelles, etc., etc.
Cet hiver, l'Opéra doit donner un ballet, VEtoile, fait
en collaboration avec nous, et dont la musique est de
M. André Wormser. Il laisse quelques pièces en prépa-
ration, que ses collaborateurs tiendront à achever,
pour perpétuer le souvenir de l'ami précieux et fidèle
qu'ils viennent de perdre et apporter quelques conso-
lations à sa jeune femme si éprouvée.
Ses obsèques auront lieu demain mercredi, à deux
heures, à Houlbec. On prendra à la gare Saint-Lazare
le train de dix heures pour Vernon, où des voitures
attendront les personnes venues de Paris.
On annonce aussi la mort de Mlle Thomsen, de
la Comédie-Française, qui a succombé dans l'après-midi,
vers six heures, aux suites d'une pleurésie. La jeune
pensionnaire de la maison de Molière avait à peine
vingt-quatre ans. Elle avait paru pour la dernière fois
en matinée le 24 mai dernier, dans le rôle de Suzanne,
du Monde où l'on s'ennuie.
A sa sortie du Conservatoire, où la pauvre petite ar-
tiste avait obtenu un accessit, elle avait débuté au
Grand-Théâtre que M. Porel venait d'installer à l'Eden-
ïhéàtre et y avait interprété le rôle de soubrette dans
le Bourgeois gentilhomme et le Malade imaginaire. Enga-
gée à la Comédie-Française au mois de mai 1893, Mlle
Thomsen y avait débuté dans de petits rôles, Lise de
Crispin médecin, les pages de Severo Torelli, do Ruy Blas,
Henri m et sa cour et du Fils de l'Arétin.
Elle a joué Colombine avec M. Jules Truffier, dans le
Dîner de Pierrot. Su dernière création date de Manon
Roland, où elle a interprété le petit rôle de l'oiselière.
A son talent de comédienne Mlle Thomsen joignait
un réel talent de dessinateur son maître, Benjamin-
Constant, la considérait comme une élève des mieux
douées.
Rappelons encore l'audition populaire de la Dam-
nation de Faust qui sera donnée au Trocadéro, le 13 du
courant, sous la direction de M. Ed. Colonne.
Un grand nombre de fauteuils et de loges sont rete-
nus déjà.
Les prix des places sont les suivants
Fauteuils de parquet, 5 fr.; loges (la place), 4 fr.; am-
phithéâtre (l™ série), 3fr.; amphitéâtre (2« série), 2 fr,j
tribune, 50 centimes.
Le conseil d'administration du Grand-Cercle d'Aix-
les-Bains a eu la généreuse pensée d'envoyer à
l'ambassadeur de France en Russie, la somme de cinq
cents francs doux les victimes de la catastrophe de
Viscou.
tfr_ –> ̃ .̃>̃•'
«lôjà arrivé de Belgique pour venir en aide aux grê-
listes. Et la réunion s'est terminée au cri de « vive
la grève générale A bas les patrons! »
Dans ces conditions, il n'est pas vraisemblable
jue les fabricants reviennent sur leur décision de
fermer toutes les fabriques jeudi prochain.
On nous télégraphie de Rbubaix
La fermeture de l'usine Gratry, à Halluin, cause
Une certaine émotion tant à Halluin qu'à Menin.
Une scission se produit entre les ouvriers habitant
Halluin et ceux qui habitent les Baraques et Me-
nin.
Les ouvriers français formaient le quart du per-
sonnel, soit environ deux cents. Ils ont eu une pre-
inicre réunion, hier après-midi. Ils ont déclaré ne
plus vouloir supporter le joug des étrangers, ni
j; obéir aux meneurs de grèves, tous Belges. La liste
des Hàlluinois va être dressée et présentée à M.
Gratry aussitôt son retour.
Les chaisiers ont également tenu une réunion
aux Baraques. Ils y étaient presque tous. La reprise
,̃ du travail a été votée à une forte majorité, mais les
vernisseurs s'y refusent et forcent tout le monde au
chômage.
v. Il a été question de faire de suite des apprentis
vernisseurs. Le métier, paraît-il, est facile à appren-
dre. Cela mettrait fin à la grève dans quelques
jours.
AU JOUR LE JOUR
La mort de M. Jules Simon
On pensait que M. Jules Simon avait laissé un tes-
i tament, où pouvaient se trouver ses dernières re-
ï commàndations relatives à ses obsèques, ainsi que
la dernière expression de ses idées politiques. Jus-'
• qu'à cette heure, on n'a trouvé, dans ses papiers,
̃ aucun écrit de ce genre.
La date des obsèques n'est pas encore fixée on
pense toutefois que celles-ci seront célébrées dans
) les derniers jours de cette semaine, peut-être sa-
medi.
• Les ministres assisteront tous en corps aux obsè-
ques de M. Jules Simon. En outre, ils enverront col-
lectivement une couronne au nom du gouvernement
âe la République. Enfin, selon toutes probabilités,
M. Méline, président du conseil, prononcera un dis-
v cours.
Durant la soirée d'hier et la matinée d'aujourd'hui,
tout ce que Paris compte d'illustrations dans la po-
•̃̃ îitique, les lettres et les arts est venu s'inscrire au
domicile de M. Jules Simon. Des listes ont été dé-
posées, à cet effet, sur des tables recouvertes dé
drap noir, sous le vestibule de la maison, et elles
• se couvrent rapidement de signatures. Seuls les in-
cimes sont admis à-monter dans l'appartement mor-
tuaire.
Parmi les visiteurs des premières heures, nous
relevons les noms de MM. Casimir-Perier, Loubet,
président du Sénat, Henri Brisson, président de la
Chambre des députés, Georges Cochery, ministre
des finances, Henry Boucher, ministre du commerce
-et de l'industrie, le général Saussier, le ministre du
Japon, le baron de Thann, chargé d'affaires de Ba-
vière, Mme la baronne de Freedericksz, MM. lé gé-
néral Meredith Read,' Lépine, préfet de police,Bour-
geois, de Freycinei,. Yves Guyot, Tirman, Emile
Deschanef, de Vogué, Le'Myre de Vilers, JulesHër-
i)ette, ancien ambassadeur à.B«rlin, Georges Picot,
| Jules Guichard, Labeyrie, Hyacinthe Loyson, Morin
et Filhol, directeurs du Bon Marché, Mmcs Loc-
? xroy, Jeanne Hugo, Edmond About; Meissonier,
MM. Puvis de Chavannes, Injalbert, Poilpot, Jules
Clàretie, Edmond Haraucourt, prince de Sagan, Osi-
'.̃ ris, Ferdinand Brunetière, etc.
Les fleurs commencent, elles aussi, à affluer. Ci-
îons une très belle couronne, composée de plantes
et de fleurs bretonnes et normandes, envoyée par la
isociôté littéraire et artistique la Pomme, dont M.
Jules Simon fut deux fois le président. La société a
décidé, de plus, de se faire représenter aux obsè-
'f, ques par soh bureau composé de MM. Çhristophle,
• président, docteur Barré,- secrétaire général, Mar-
gat, trésorier, comte Hertz, archiviste, et par tous
les membres de la société, présents à Paris.
M. Lôpine, préfet de police, a envoyé à MmeJules
Simon une superbe gerbe de fleurs.
Le gouverneur du Crédit foncier, en ouvrant ce
matin la séance du conseil d'administration, a fait
part de la mort de M. Jules Simon, qui était admi-
nistrateur du Crédit foncier.
M. Labëyrie a rappelé que partout et toujours il
avait cherché, voulu et fait le bien et qu'au conseil
d'administration du Crédit foncier il était resté
Sdèle à sa ligne de conduite. Il avait conscience que,
comme le disait un des anciens gouverneurs, le Cré-
dit foncier n'était pas une affaire, mais une institu-
tion chargée d'un rôle moralisateur dans le pays et
destinée à arracher le débiteur à l'usure et à main-
tenir la famille par: la fixité de la propriété. C'était
pour cela qu'il y était entré et il espérait y réaliser
un de ses beaux rêves la possession par tout tra-
vailleur éeoname d'une maison confortable et hy-
giénique. '̃̃'̃
La présence d'un homme comme M. Jules Simon
était un honneur et une force pour le conseil d'ad-
ministration, où son assiduité, sa simplicité, sa bien-
veillance faisaient l'objet de l'admiration de tous.
Sa mort y laissera un vide irréparable.
Le conseil a chargé M. Labeyrie d'être l'interprète
de ses regrets profonds auprès de Mme Jules Simon
et ses deux fils.
Nous avons publié, dans le Petit Temps, le télé-
gramme de condoléances que M. Méline, président
du conseil des ministres, retenu à la séance de la
Chambre, avait adressé hier, à trois heures, à la fa-
mille de M. Jules Simon. Nous avons aussi annoncé
que le président de laRêpublique avait envoyé, dans
la soirée, le commandant de la Garenne porter à la
veuve et aux fils du regretté académicien l'expres-
sion de sa sympathie.
L'empereur Guillaume a adressé, à l'occasion de
la mort de M. Jules Simon, le télégramme suivant à
M. Félix Faure
La France pleure de nouveau" sur la tombe d'un de
ses grands fils M. Jules Simon est mort. Je resterai
toujours sous le charme de sa personne en me souve-
nant des jours où il me prêtait son appui précieux pour
améliorer le sort de la classe ouvrière.
Recevez, monsieur le président, l'expression de ma
vive sympathie.
Hier soir, à dix heures et demie, l'agence Havas,
sur la foi d'une fausse communication, envoyait
aux journaux la note suivante avec le texte d'un
prétendu télégramme adressé par l'empereur d'Al-
lemagne à la famille de M. Jules Simon
Apprenant la mort de M. Jules Simon, Sa Majesté
l'empereur d'Allemagne a spontanément donné à M. le
comte Munster l'ordre télégraphique de présenter à
Mme Jules Simon ses condoléances personnelles.
« Dans sa haute probité patriotique, dit Guillaume II,
ï'ancien membre du gouvernement de la Défense na-
tionale, signataire de la paix de Francfort, n'avait pas
hésité d'accepter la présidence de la délégation fran-
çaise au congrès socialiste tenu à Berlin; il s'y était
efforcé de faire prévaloir des idées de pacification et
d'héroïque renoncement qui furent accueillies avec fa-
veur par les autres délégués, MM. Burdeau et De-
lahaye, et le congrès tout entier.
"Le désarmement général qui eût été un bienfait
pour les deux nations fut contrarié par malheur par
les manifestations puériles et inconsidérées de la Li-
gue des patriotes.
» L'empereur s'incline devant la tombe de l'ami per-
sonnel, du philosophe qui sut oublier ses préférences
'• patriotiques devant l'intérêt humain et la paix du
monde. »
L'ambassadeur allemand a annoncé l'intention de
l'empereur de se faire représenter aux obsèques par
un envoyé spécial.
Ce télégramme et les renseignements qui l'accom-
pagnaient étaient apocryphes. Dès que l'agence Ha-
vas s'en est aperçue, elle a publié la note ci-après
Nous avons fait distribuer aux journaux, dans la
nuit, une note les priant de ne pas publier une com-
• Knmieation visant une prétendue dépêche de l'empe-
reur Guillaume à la famille de M. Jules Simon.
Cette communication apocryphe, dont la publication
'flous était demandée, portait la signature du docteur
Marius Rey, l'un des médecins ayant soigné M. Jules
Simon.
Elle nous avait été adressée par une dépêche dont
l'original va être par nous communiqué au parquet,
auquel nous adressons une plainte. ·
Le chef du service télégraphique de l'agence nous
fournit ces explications complémentaires
Ainsi que nous en avons l'habitude, nous avons en-
voyé hier soir un de nos rédacteurs chez M. Jules Si-
mon pour prier la famille de l'illustre défunt de nous
communiquer les télégrammes de condoléance qui lui
seraient adressés.
Deux heures et demie environ après que cette dé-
marche eut été faite, et juste au moment où nous ter-
• initiions notre service de dix heures et demie, nous re-
sevions un « petit bleu », déposé au bureau télégra-
phique de la place de la Madeleine et signé docteur
Marius Rey, l'un des médecins qui ont soigné M. Jules
Simon.
Ce pli renfermait la copie d'un télégramme envoyé
par l'empereur Guillaume II.
Dans la hâte des dernières nouvelles, et comme cette
communication nous paraissait être une réponse à la
demande que nous avions faite, nous n'avons pas lu
îrès attentivement le texte du prétendu télégramme.
C'est seulement après l'expédition de notre service
fcue nous en avons reconnu le caractère apocryphe.
Aussitôt nous avons averti les journaux.
̃ D'autre part, le docteur Rey nous a fait la décla-
ration suivante
Je n'ai fait aucune communication à l'agence Havas.
Dans le cas, d'ailleurs, où j'aurais eu, au nom de la
famille, à m'adresser à cette agence, j'aurais mis, sur
mon télégramme, la mention expresse autorisé par la
famille â communiquer et prié, mention que ne porte pas
te prétendu Jrteu. L'agence a été victime d'un inquali-
fiable Drocéiie.
GUILLAUME.
Le bronze de Delphes
Nous devons à l'obligeance de M. Homolle de
pouvoir aujourd'hui reproduire le bronze de Del-
phes dont nous avons parlé vendredi, le jour même
où il en communiquait diverses reproductions à ses
collègues de l'Académie des inscriptions et belles-
lettres. L'intéressante discussion que cette trou-
vaille a soulevée au cours de la séance n'a pas in-
firmé l'opinion que le savant directeur des fouilles
s'était faite et de la date probable de l'exécution et
de l'école à laquelle l'artiste appartint.
Quelques détails nouveaux peuvent néanmoins
s'ajouter à ceux que nous avons donnés l'autre jour.
La statue a été fondue en quatre morceaux, les
deux bras et le buste avec les demi-manches et la
tôte, les jambes et la partie inférieure du torse à
partir de la ceinture. L'artiste avait étudié avec un
soin minutieux les raccords. Les deux pièces prin-
cipales s'assemblent au-dessus de la ceinture, sous
les plis tombants de la tunique; il est impossible,
même à un œil exercé, de déterminer le point de
jonction. De même pour les bras, qui s'ajustent
sous la saillie des demi-manches. Quel est le sculp-
teur aujourd'hui qui se préoccupe, au moment de
l'exécution, de ces détails? Il en laisse tout le soin
au fondeur, qui mutile à son gré la figure, la coupe
en autant de morceaux qu'il lui plaît. Il en résulte
des coutures apparentes fort laides que le fondeur
fait limer, au risque d'enlever tout caractère au mo-
delé, par un ouvrier quelconque. Il est vrai que,
chez les Grecs, les sculpteurs étaient fondeurs en
même temps ils exécutaient leur œuvre en entier,
tandis qu'à présent, non seulement ils seraient in-
capables de la fondre, mais ils laissent à des prati-
ciens le travail du marbre qu'ils dédaignent et que,
la plupart du temps, ils ignorent.
Cette brillante découverte, on le sait, n'est pas
destinée à enrichir nos collections nationales. Le ré-
sultat des fouilles, quel qu'il soit, est- dévolu au gou-
vernement hellénique. Des travaux entrepris, la
France ne retirera, comme les autres nations, qu'un
bénéfice moral, mais ce, bénéfice est par lui-même
assez grand pour qu'elle se trouve suffisamment
payée par l'honneur.
Si toutef ois il y a un soupçon de vérité dans l'infor-
mation lancée par un de nos confrères relativement
à la construction sur place d'un musée où les décou-
vertes faites à Delphes seraient précieusement con-
servées, et qu'un Français, après l'avoir payé de
ses deniers, offrirait à la Grèce, il est permis de
s'étonner qu'un de nos compatriotes juge à propos
de renchérir sur les libéralités que nous faisons,
dans l'intérêt de la science, à la Grèce. Les deux ou
trois cent.mille francs que coûterait au minimum ce
musée trouveraient un emploi plus heureux, si le
donataire supposé, au lieu de les gaspiller en une
création inutile et dont la Grèce a de quoi faire les
frais, les affectait à des fouilles nouvelles. Les
Grecs y gagneraient de toutes façons, et l'honneur
en rejaillirait à la fois sur la France et sur l'admi-
rateur français de l'art grec.
Académie des sciences
Le professeur Laveran, chef du service de santé
du 11° corps d'armée, à Nantes, membre correspon-
dant de l'Académie, assiste à la séance.
Prix Larrey. L'Académie désigne comme mem-
bres de la commission du prix Larrey (destiné à ré-
compenser le meilleur ouvrago présenté par un
chirurgien des armées de terre ou de mer) qui doit
'être attribué cette année pour la première fois MM.
Guyon, Lannelongue, Marey, Bouchard et Potain.
Le pain blanc et lepain bis. -M. AiméGirard, en-
tretient l'Académie de la valeur alimentaire des
pains provenant de farines blutées à des taux d'ex-
traction différents c'est, en réalité, la question du
pain blanc et du pain bis qui, cette fois, est sou-
mise à l'analyse scientifique.
Dans l'appréciation de la valeur alimentaire de
l'un et l'autre pain, on volt souvent intervenir cette
opinion, toute de fantaisie, que le pain blanc n'est
pas nourrissant; quelques-uns vont jusqu'à dire
que les farines pures d'où ce pain provient ne con-
tiennent pas de gluten et que celui-ci est fait, tout
entier, d'amidon.
M. Aimé Girard s'est attaché à établir l'inexacti-
tude de cette manière de voir et à démontrer que le
pain blanc est tout aussi nourrissant que le pain
bis, parce qu'il est, au même degré que celui-ci, ri-,
che en gluten.
Reprenant les chiffres fournis par les grandes
moutures exécutées en 1894 et 1895 sous la surveil-
lance d'une commission officielle qu'il présidait,
mouture à la suite desquelles tous les produits suc-
cessifs ont été pesés et analysés, M. Aimé Girard
établit que dans un kilogramme de pain blanc pétri
à l'aide d'une farine de blé tendre pure et blutée à
60 0/0, l'analyse fait retrouver 85 grammes de glu-
ten sec, tandis que dans un pain bis provenant de la
farine du même blé, mais impure et blutée à 73 0/0,
la proportion de gluten ne dépasse pas 83 grammes
par kilogramme de pain.
Le poids du gluten, eh un mot, est sensiblement
le même dans l'un et l'autre pain, de telle sorte qu'au
préjugé qui consiste à dire que le pain blanc n'est
pas nourrissant il convient de substituer cette don-
née scientifique et certaine qu'à poids égal le pain
blanc des farines pures est au moins aussi nourris-
sant que le pain bis des farines inférieures.
Dans une prochaine séance, M. Aimé Girard se
propose de démontrer de même qu'au point de vue
de leur apport en acide phosphorique l'emploi des fa-
rines inférieures à la panification ne se justifie pas
plus qu'au point de vue précédent.
Le vanadium. Tous ceux qui se sont occupés
quelque peu de chimie savent que le vanadium est
un des corps les plus difficiles à préparer de la chi-
mie minérale. p p
Ce corps se combine avec la plus grande facilité à
l'oxygène, au silicium et à l'azote. Le vanadium
était donc une curiosité de laboratoire. M. Moissan
annonce qu'il a pu préparer plusieurs kilos de va-
nadium en réduisant l'acide vanadique par le char-
bon dans son four électrique. Il décrit longuement
quelques propriétés de ce corps qui avait fait anté-
rieurement le sujet d'un très beau travail de M. Ras-
coë. Le vanadium, qui n'avait jamais été fondu avant
les recherches de M. Moissan, donne un carbure par-
faitement cristallisé de formule C Va. Il peut s'unir
avec facilité aux différents métaux tels que le fer, le
cuivre et l'aluminium. Au contraire, il n'entre pas
en combinaison avec l'argent.
M. Moissàn rappelle que ces recherches ont pu
être faites grâce à l'existence d'une houille vanadi-
fère rencontrée en Amérique et dont M. Heeren a
bien voulu mettre une notable quantité à sa disposi-
tion.
Rayons de Rœntgen. Voici une nouvelle et inté-
ressante application de la photographie à travers
les corps opaques
M. d Arsonval présente à l'examen de ses collè-
gues, au nom de MM. Brissaut et Londe, un cliché
d'une netteté remarquable, représentant l'image
d'une balle de revolver engagée dans la masse cé-
rébrale d'un homme vivant.
La localisation du projectile est déterminée avec
une précision qui fait l'admiration de tous.
On voit d'ici les immenses services que cette mé-
thode est appelée à rendre dans l'étude des localisa-
tions cérébrales qui n'ont pas encore été indiquées
par Broca et les autres physiologistes qui se sont
occupés de ces délicates questions.
La survie des graines. Chacun connait l'histoire,
racontée jadis à loisir un peu partout, de grains de
blés trouvés dans les hypogées d'Egypte, qui dû-
ment humectés et semés, se mirent, dit la légende,
à germer, bien qu'ils fussent desséchés depuis des
milliers d'années.
Le travail sur la vie latente des graines que pré-
sente M. Jodin à l'Académie est un peu du même
ordre.
Cet auteur apporte par le menu l'observation de
pois et de graines de cresson qui ont conservé après
de longues années leur pouvoir germinatif. Des
pois conservés sous le mercure durant plus de dix
ans, ont germé après ce temps (4 sur 20.
M. Gautier fait observer que vie signi fonction-
nement, que ces graines n'avaient pas fonctionné et,
par conséquent, n'avaient pas vécu durant ce temps.
« Une graine, une spore, est un organisme, une ma-
chine sur le point de fonctionner, une horloge prête
à marquer l'heure, lorsque interviendra 1 eau, la
chaleur et énergie extérieure. M. Gautier soutient
ces idées depuis des années.
M. d' Arsonval x«$pelib à ce sujétau'il conserv»
dans son laboratoire des anguillules qui ont été des-
séchées en 1857 par Claude Bernard.
Il suffit d'humecter ces infiniment petits pour les
voir revenir progressivement à la vie.
M. Chatin rapporte un fait du même ordre d'idées.
Lorsqu'on démolit les vieilles fortifications de
Paris, on fut tout étonné de voir pousser en grand
nombre et autour des chantiers de démolition des
plantes qui, depuis des siècles, avaient disparu du
bassin de la Seine. Les germes, enfouis depuis des
centaines d'années sous les matériaux, avaient été
remis dans des conditions favorables de développe-
ment.
Le spectre des métalloïde!. M. A. de Gramont,
continuant ses études sur les spectres des métalloï-
des dans les sels fondus, montre qu'en faisant écla-
ter l'étincelle de la bobine de Ruhmkorff, munie d'un
fort condensateur dans un sulfate fondu quelconque,
et en particulier dans les sulfates alcalins comme
dans les sulfures,. on obtient toujours le spectre
de lignes du soufre avec une parfaite netteté. Ce
spectre est identique à celui qui se produit dans les
tubes de Plücker. p
Une théorie nouvelle de la vie. M. Edouard Per-
rier marque les grandes lignes d'un travail de M.
Le Dantec, ancien maitre de conférences à la Fa-
culté des sciences de Lyon, sur « une théorie nou-
velle de la vie ».
On considère le plus souvent la vie comme un
principe immatériel susceptible d'animer la matière
lorsque cette matière se présente dans des condi-
tions déterminées de structure l'auteur commence
par démontrer que chez les êtres inférieurs compo-
sés d'une seule cellule, toutes les manifestations de
la vie élémentaire se ramènent à des phénomènes
physiques et chimiques et que, par conséquent, le
principe de l'inertie leur est applicable.
Il explique ensuite comment ces êtres simples
donnent naissance aux êtres pluricellulaires (colo-
nies animales); Claude Bernard avait démontré chez
ces derniers le déterminisme physiologique, mais il
admettait un plan préconçu suivant lequel auraient
été construits les individus des diverses espèces.
C'était une conséquence de sa théorie de la « de-
struction fonctionnelle » l'auteur substitue à cette
théorie généralement admise la théorie contraire de
l' « assimilation fonctionnelle », qui explique « la
construction de l'animal par son fonctionnement
même », le balancement organique, l'état adulte, la
vieillesse, etc.
Enfin, au cours de son' travail tout entier, M. Le
Dantec s'efforce de décrire tous les phénomènes vi-
taux au moyen d'expressions claires et précises em-
pruntées uniquement au domaine des sciences
exactes.
FAITS DIVERS
Voici, d'après le Bureau central météorologique,
état général de l'atmosphère, aujourd'hui mardi,
9juin
La dépression qui se tenait au large de nos côtes
ouests'est avancée vers le Cotentin (Cherbourg, 746 mm.),
la baisse est de 6 mm. à Paris et de 7 à Carlsruhe.
Un minimum secondaire tend à se former dans le golfe
de Gênes. Le vent est faible du sud sur la Manche,
assez fort du nord à la pointe de Bretagne, des grains
sont signalés en Gascogne. Les pluies ontété générales.
En France, elles ont été accompagnées de nombreux
orages surtout dans l'Ouest et le Sud-Ouest. On a re-
cueilli 47 mm. d'eau à Limoges, 30 à Nice, 16 à Lorient,
9 à Cherbourg, 7 à Brest, au Mans, à Clermont, Lyon,
Marseille, 3 à Paris.
La température s'abaisse sur nos régions et en Ita-
lie. Ce matin le thermomètre marquait-j-9° à Bodœ, 15°
à Paris, Biarritz, 21° à Alger, 23 à Riga.
On notait + 2° à l'Aigoual, 1° au mont "Venteux, 5°
au pic du Midi.
En France, des pluies orageuses sont encore proba-
bles avec abaissement de température.
A Paris, hier et ce matin, averses.
Moyenne d'hier, 8 juin, 16°5, sensiblement égale à la
normale.
Depuis hier midi, température maximum, 21°6 mi-
nimum de ce matin, 13°8.
Baromètre à 7 heures du matin, 748,1. ̃< o
A la tour Eiffel maxim. 18,8.
Situation particulière aux ports
Manche. Mer belle à Dunkerque, à Calais, à Bou-
logne, au Havre et à Cherbourg..
Océan. Mer peu agitée à Brest; belle à Lorient.
Méditerranée. Mer houleuse à Marseille,. à Sicié;
peu agitée à Nice.
Corse. Mer peu agitée aux îles Sanguinaires.
Variations atmosohérioues du 9 juin:
JOCP. HEURES THEPJJOMKTRE BAROMÈTRE
Mardi. 8 h. matin 15 »/» au-dessus 747°"» 1/2
10 h. 16 »/» 748"m »/»
12h. 18 »/» 748m» 1/2
2 h. soir 17 1/2 748=» 1/2
On sait que Mme Liane de Pougy a reçu des
lettres de menaces. C'est maintenant le tour de
quelques artistes femmes de Paris de recevoir des
missives de cette espèce. Un mauvais plaisant a
écrit à un certain nombre d'entre elles qu' « il leur
ferait leur affaire ». Ces dames ont porté ces lettres
menaçantes à M. Cochefert, qui ne croit pas à l'exé-
cution de ces menaces, mais qui en fait néanmoins
rechercher l'auteur.
Une femme paraissant âgée de 25 à 30 ans se
tenait dissimulée cette nuit, vers minuit, derrière
une baraque de marchande de gâteaux établie quai
de Billy en amont du pont d'Iéna; elle s'était cou-
vert les yeux avec un bandeau. Tout à coup, comme
le tramway à vapeur allant de Versailles au Louvre
arrivait, elle se précipita sous les roues d'une des
voitures du train. Traînée sur un parcours de 15 mè-
tres, la malheureuse se fit des blessures qui ne tar-
dèrent pas à entraîner la mort. Cette femme n'avait
sur elle aucun papier. Son corps a été transporté à
la Morgue et l'on a commencé une enquête pour
établir son identité.
TROIS chevaux emballés. Un accident, dans
lequel il n'y a eu qu'un blessé, mais qui aurait pu
avoir de fort graves conséquences, est arrivé, ce
matin, à neuf heures, rue de Maubeuge.
Une lourde voiture de la Belle-Jardinière descen-
dait, au trot de ses trois grands chevaux, la rue,
lorsque l'attelage prit peur et s'emballa. Ce fut alors
une descente vertigineuse. Successivement, un fia-
cre, puis une charrette chargée de pavés de bois fu-
rent heurtés et culbutés; il n'y eut heureusement
aucun accident de personne.
La voiture approchait du carrefour Montmartre,,
sans que le cocher eût pu modérer l'allure enragée
de son attelage. A cette heure, le faubourg est déjà
plein de mouvement et un grand malheur allait être
sûrement à déplorer, lorsque, à dix mètres à peine
du carrefour, contre le trottoir de la brasserie Mül-
ler, les chevaux emballés se jetèrent sur une voi-
ture-balayeuse et s'abattirent du coup.
Ce fut une confusion épouvantable. Les brancards
des deux voitures volèrent en éclats. Des trois che-
vaux, l'un était blessé très grièvement; le timon de
la balayeuse était entré dans son poitrail. Le cocher
de la Belle-Jardinière était tombé sur le timon de sa
voiture, à cheval, et n'avait, par un hasard extraor-
dinaire, reçu aucun mal. Le conducteur de la ba-
layeuse, par contre, avait été projeté sur le sol et
blessé à la tête.
M. Collin, chimiste à Bailleul-sur-Thêrain (Oise),
revenait, dimanche soir, vers onze heures, en com-
pagnie de sa femme, d'un village voisin, lorsqu'ils
furent rejoints par deux cyclistes dans lesquels ils
reconnurent un autre chimiste nommé Wilhelm et
sa femme. « Bonsoir! » cria joyeusement Mme Col-
lin au couple; mais Wilhelm, descendant brusque-
ment de sa bicyclette, se précipita sur Collin, le ter-
rassa et, de deux coups de revolver dans la tête, le
tua net.
H enfourcha ensuite sa machine et, tranquille-
ment, rejoignit sa femme et alla se coucher, tandis
que Mme Collin, affolée, s'efforçait de ranimer le
cadavre de son mari. Un passant survint enfin vers
trois heures du matin et put lui venir en aide.
Wilhelm a été mis en état d'arrestation. Il pré-
tend, contrairement à l'évidence même, s'être trou-
vé en état de légitime défense. On croit au contraire
qu'il ne jouit pas de la plénitude de ses facultés
mentales.
L'Echo de l'Est raconte le suicide, dans des
circonstances particulièrement émouvantes d'un
caporal d'infanterie en garnison à Toul r
Ce caporal, dont on n'a pu nous dire le nom et qui
était, paraît-il, un excellent soldat, avait été détaché
avec quatre hommes au poste de Pagney-Derrière-
Barine. Pendant la nuit de mercredi à jeudi, un officier
chargé de la surveillance, ayant trouvé la sentinelle
endormie, pénétra dans le poste où dormaient les au-
-tres soldats et prit un fusil. Le caporal, en s'éveillant,
constata la disparition de l'arme. Ne sachant ce qui
s'était passé et croyant que le fusil avait été enlevé
par un espion, il fut pris d'un accès de désespoir. Sai-
sissant aussitôt son fusil, il se retira à l'écart suis
glissant une cartouche dans le canon, il s'en tira un i
coup dans la poitrine. La balle le traversa de part en
part.
Au bruit de la détonation, ses camarades accouru-
rent et le trouvèrent étendu dans une mare de sang.
Pendant que deux d'entre eux le relevaient et lui don-
naient tous les soins en leur pouvoir, les autres cou-
raient chercher des secours. Bientôt arrivèrent le curé
de Pagney et un médecin. Celui-ci, après avoir fait un
premier pansement, a ordonné le transfert du malheu-
reux à l'hôpital de Toul.
On nous télégraphie d'Angers ̃̃
Une masse énorme de terres et de rochers, éva-
luée à plus de dix mille mètres cubes, s'est effon-
drée pendant la nuit, entraînant la charpente dite
carrée qui porte le treuil et les volants d'extraction
de la carrière de Monthibert, à Trélazô. On ne peut
songer au dôblaycment de la carrière, qui est com-
blée sur une hauteur de cinquante mètres environ et
qui sera abandonnée à tout jamais.
Quatre-vingt-dix ouvriers d'à-bas et deux cent
trente ouvriers d'à-haut étaient occupés à Monthi-
bert. Mais, par bonheur, on ne travaille pas la nuit.
Grâce à cette circonstance, on n'a eu à déplorer la
mort d'aucune victime.
On attribue cet accident aux pluies de ces jours
derniers. Pourtant, il était redouté depuis longtemps
déjà, paraît-il, et un surveillant spécial était chargé
d'inspecter les fissures.
On nous télégraphie de Bordeaux
Hier après-midi, la barque de plaisance Nadia a
chaviré en Garonne, en face de Montferrand. Les
trois hommes qui la montaient ont disparu.
Ce matin on a pu redresser le bateau qui a été
conduit dans le chenal de Montferrand. Les cada-
vres n'ont pas été retrouvés. '̃
On nous télégraphie de Port-Vendres:
Le brick-goélette G.- C. n° 12, jaugeant 115 tonnes,
attaché au port de Brest et ayant sept hommes d'é-
quipage sous les ordres du capitaine Cotton, quit-
tait le port de Cette pour se rendre à Saint-Pierre-
et-Miquelon avec un chargement de sel marin et de
vin destiné aux pécheurs de morue.
A peine le bateau était-il entré dans le golfe du
Lion que le capitaine devint subitement fou. II sai-
sit une hache et voulut en frapper les matelots.
Ceux-ci purent saisir leur malheureux capitaine, le
ligottùrent et le descendirent dans sa cabine.
Un des hommes de l'équipage prit le commande-
ment du brick et rallia le port le plus voisin qui
était Port-Vendres. Une fois là, l'équipage a fait sa
déclaration aux autorités maritimes qui ont fait
transporter le capitaine Cotton à l'hôpital de Per-
pignan, d'où il a été dirigé ce matin sur l'asile d'alié-
nés de Limoux.
INFORMATIONS DIVERSES
Une soirée fraternelle réunissait hier soir, dans un
banquet, chez Marguery, des Parisiens originaires du
Rhône, de l'Ain, de l'Isère et de la Loire on fêtait des
nominations dans la Légion d'honneur MM. Gaille-
ton, maire de Lyon, promu grand-officier; Lépine, pré-
fet de police, promu commandeur; Berlier, ingénieur;
Dumont, directeur de la caisse d'épargne de Lyon;
Mangin, professeur au Conservatoire de musique;
Aimé Perret, peintre, et Savigné, imprimeur, nommés
Chevaliers.
M. Etienne Charavay, présidait, ayant à sa droite M.
Lépine, -à sa gauche notre confrère M. Adrien Duvand.
A la table, "d'honneur :se trouvaient également MM.
Berlier, Perret, Aynard, député de Lyon, Mangin et
Thévenet, ancien garde des sceaux.
Au dessert, M. Charavay a prononcé une allocution
dans laquelle il a énuméré les noms des hommes émi-
nents que les départements que nous citons plus haut
ont donnés à la France. M. Lépine a également prononcé
quelques paroles fort applaudies..
Un concert dans lequel se sont fait entendre Mlle
Ganne, de l'Opéra, M. Chambon, de l'Opéra, et une
éiève de Mme Marchesi, Mlle Brena, qui se destine
au théâtre, a terminé cette soirée familiale.
Une réunion publique se tiendra jeudi prochain,
à huit heures et demie, à la mairie du 4° arrondisse-
ment, pour examiner la question du Métropolitain en-
visagée au point de vue des quartiers du centre. M.
Paul Villain, ingénieur civil, exposera la question.
On nous écrit d'Orléans, le S juin
« Le général Duchesne a visité, aujourd'hui, le lycée
d'Orléans. Il a été reçu au parloir par l'inspecteur d'a-
cadémie et le proviseur, entouré de tous les fonction-
naires de l'établissement.
» Dans la cour d'honneur, un élève du cours de ma-
thématiques spéciales a souhaité la bienvenue au gé-
néral qui, à son tour dans une causerie toute familière,
a engagé ces élèves à se rappeler toujours que la dis-
cipline et l'obéissance sont les conditions de tout suc-
cès et la meilleure préparation aux épreuves de l'a-
venir. »
Le monument Carnot à Lyon. Le jury chargé
d'attribuer les prix aux auteurs des cinq projets pour
le monument élevé par la ville de Lyon au président
Carnot, retenus après un premier examen, a rendu hier
sa décision. Il n'y a pas de premier prix. Le deuxième
prix est accordé ex-xquo aux proiets Sursum corda, de
mm. Naudin, architecte, et Gauquié, statuaire, 2,500 fr.;
et Patrie, de MM. Huguet et Delorme, architectes, et
Lamothe, statuaire, 2,000 francs; le troisième prix est
accordé au projet Fama volât, de MM. Lefèvre, archi-
tecte et Perrin, statuaire, 1,500 francs. Une somme de
2,000 francs sera partagée entre les auteurs des deux
derniers projets Rhône, de MM. Roisin et Aubert, et
Mors et Vita, de MM. Tarchier et Vermare. A la suite
de cette décision du jury et de l'absence de premier
prix, il se pourrait que la municipalité, forte de l'arti-
cle 14 du cahier des charges concernant le concours,
n'adoptât aucun des projets exposés et traitât de
gré à gré avec un ou plusieurs artistes pour l'exécution
du monument.
Les membres du Congrès archéologique de France
ont quitté Morlaix hier matin et sont arrivés à Brest
pour y continuer leurs travaux. Ils ont visité, dans
l'après-midi, le château dont des restes importants re-
montent à l'époque de l'occupation romaine, l'arsenal,
la salle d'armes, les bâtiments armés dans le port de
guerre. Le soir, une réunion très intéressante a eu
lieu dans la salle de la Bourse elle était présidée par
le vice-amiral Barrera, préfet maritime, qui, dans une
allocution très applaudie, a souhaité la bienvenue aux
congressistes. Des études sur la belle église du Fol-
goet, sur le cap Sizun, etc. ont été successivement
lues. Une excursion à Plougastel-Daouls, où se trouve
un des calvaires les plus réputés de la Bretagne, va être
organisée.
LIBRAIRIE
L'ESSOR:
Par Paul BIARG5JEIUTTE
Lucien Trénis n'a que vingt ans. Entouré d'ex-
quises jeunes filles, libre de goûter le plaisir auprès
d'une indulgente maîtresse, il préfère s'éprendre
d'une femme mariée perverse, mère de son intime
ami. Après des conflits orageux et la faute, le dé-
nouement bien imprévu lui inflige une leçon si
am ère qu'on peut croire que le coupable, tombé
dans la noue au premier coup d'aile de son Essor, se
relèvera repentant et guéri. C'est la moralité de
cette œuvre sincère, chaude et frémissante comme
la vie. (Léon Chailley, éditeur.)
Revue Politique et Parlementaire, 110, rue dé
l'Université. Dir.: M. Fournier, Abon., 25 fr.,
U. P., 30 fr., le n° 3 fr. A. Colin et Cie, Paris.
Dans ses n0> 12 et 13, la Revue a publié deux ar-
ticles sur l'Impôt sur La Rente, de MM. Léon Say et
Fernand Faure. Ces deux études fondamentales ont
servi de bases à tous les projets et articles sur la
question à propos du budget de 1897.
Lire dans le n° du .10 juin qui vient de paraître,
sur des questions de la plus haute importance La
Banque de France et le renouvellement du privilège,
par M. Fournier de Flaix; la Réorganisation admi-
nistrative de V Algérie, par M. Fleury-Ravarin; le
Bimétallisme international, par M. X. et Y Etat gé-
néral et comparatif du régime fiscal de la France,
par M. Salefranque.
A côté d'articles consacrés à la vie polit. et par-
lem. à l'étranger et en France, la Revue publie tous
les mois des revues des questions fiscales, colo-
niales, commerciales, ouvrières, agricoles, etc.
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NOTES ET LECTURES
(ÉTKAITQ'BB.J
Un drame historique allemand (1)
On sait qu'une exposition s'est ouverte le mois
passé à Berlin, qui, pour se distinguer des exposi-
tions dites universelles, se pique d'être exclusive-
ment berlinoise, ce qui nel'empêchepas d'avoir une
rue du Caire parmi sesdousprincipaux. Elle a aussi,
cela va de soi, un vieux Berlin, dans le genre du
vieil Anvers, du vieil Amsterdam et du vieux Buda-
pest car il n'y a plus désormais une exposition si
industrielle, ni si agricole, qui puisse aller sans une
de ces reconstitutions en carton, très commodes
d'ailleurs, pour abriter des bazars, des magasins de
souvenirs et des cabarets.
J'imagine que l'on doit trouver en outre, à cette
exposition industrielle berlinoise, toutes les varié-
tés possibles de montagnes russes, et un village nè-
gre, et des spécimens de la bière de tous les pays.
Mais le seul trait vraiment original qu'elle me sem-
ble offrir, à en juger du moins par ses prospectus,
est son petit théâtre, avec le genre spécial des piè-
ces qu'on y joue. Les organisateurs de l'exposition
ont en effet imaginé de commander aux écrivains les
plus berlinois une série de petites pièces en un acte
formant, dans leur suite, quelque chose comme une
histoire de Berlin aux diverses époques. Il ne s'agis-
sait point, naturellement, d'écrire de véritables
drames ayant une action précise, ni moins encore
une portée symbolique mais aussi bien les drama-
turges allemands depuis Gœthe et Schiller jusqu'à
M. Hauptmann s'accommodent-ils volontiers d'un
théâtre où l'action est remplacée par une série de
tableaux, et peut-être n'y a-t-il point de pays où le
drame historique ait conservé plus d'amis.
De fait, les premières pièces de la série, à l'expo-
sition de Berlin, paraissent avoir eu beaucoup de
succès. Et si j'en juge par l'une d'entre elles, dont
j'ai la brochure sous les yeux, ce sont vraiment
d'excellents morceaux d'histoire locale, pleins de
couleur et de mouvement, pleins d'erudition aussi, et
plus instructifs à coup sûr que toutes les reconsti-
tutions en carton ou en plâtre. La petite pièce dont
je veux parler s'appelle la Pénitente; elle a pour
auteur M. Conrad Alberti, qui fut jadis avec MM.
Conrad et Bleibtren, le fondateur de l'école réaliste
en Allemagne, et qui compte aujourd'hui parmi les
meilleurs critiques et chroniqueurs berlinois.
Il a pris pour sujet de sa pièce un épisode très ca-
ractéristique de la vie berlinoise, se bornant seule-
ment à modifier certains noms, par un scrupule aisé
à comprendre. Son sujet, tel qu'il nous le présente,
est la mort soudaine de l'électeur Joachim et la dis-
grâce qui s'ensuit pour sa belle favorite, Anna Sy-
dow, qui, vingt ans durant, a régné sur Berlin. La
scène se passe dans la grande salle du palais des
-princes électeurs, le 3 janvier 1571 et c'est d'abord
une exposition fort habilement présentée, le peuple,
les bourgeois, et les fonctionnaires et les nobles se
promenant dans le palais, agités et bruyants, in-
quiets de n'avoir point de nouvelles de l'électeur,
qui chasse dans les bois de Koepernick. Un pres-
sentiment sombre pénètre toute cette foule, et sans
cesse on entend, mêlées aux demandes de nouvelles,
aux conjectures et aux faux renseignements, des
plaintes sur le despotisme de la favorite, sur sa ra-
pacité, sur les dépenses où elle a entraîné l'électeur.
On s'entretient du retour subit du jeune prince hé-
ritier, Jean-Georges, dont on connaît l'hostilité pour
la maîtresse de son père.
Bientôt, Jean-Georges lui-même entre en scène.
Mortellement inquiet et agité lui aussi de pressenti-
ments funèbres, il vient s'informer auprès des bour-
geois de Berlin. Il y a là un tableau tout à fait cu-
rieux et je ne crois pas qu'on ait jamais mieux mon-
tré le caractère essentiellement populaire de l'auto-
rité des princes électeurs à cette période de leur his-
toire. Ils sont en quelque sorte comme des bourg-
mestres, obligés à un contact incessant avec leurs
administrés. Et non seulement l'accès du palais est
ouvert à tous, mais voici que le prince héritier est
accosté au passage par des ouvriers, qui lui deman-
dent familièrement « s'il a de bonnes nouvelles du
seigneur son père ». Et un dialogue s'engage entre
le prince et l'un de ses ouvriers, un dialogue où le
pauvre diable, peu à peu mis en verve, dit tout haut
au fils de son souverain ce qu'autour de lui chacun
murmure tout bas, la haine de Berlin pour cette
bourguignonne, Anna Sydow, qui ruine la ville et
et elûiâne le cœur dij, prince àe celui de son peuple.
Soudain, un silence se fait dans la salle, et l'on
y voit entrer, accompagnée de sa fille Madeleine,
comtesse d'Arnebourg et du grand trésorier An-
dréas Kohl, la fière Anna Sydow qui vient, à son
tour, prendre des nouvelles. Indifférente aux regards
de haine de la foule, et aux sarcasmes des nobles,
et à la colère même qu'elle lit dans les yeux du jeune
prince, elle passe avec un sourire dédaigneux, tan-
dis que sa fille tremble et s'épouvante de cet air
d'orage qu'elle sent autour d'elle.
C'est à ce moment qu'un messager arrive, porteur
de la nouvelle funèbre. L'électeur est mort subite-
ment, la nuit, après avoir vu, la veille, le grand
cerf -fantôme. Jean -Georges est désormais seul
maître et la foule le somme d'inaugurer son règne
en châtiant la favorite de son père. Mais Anna Sy-
dow sait bien que le jeune prince ne peut rien contre
elle.. Il a, en effet, sur la demande expresse de son
père, signé l'engagement formel. de lui conserver
toujours les titres et dignités que le vieux Joachim
lui a conférés. Et, effet, Jean-Georges, malgré sa
colère et sa haine, n'ose point agir, tenu par son
serment et par cet engagement que son père l'a
forcé à signer. Mais voici que, pour achever de
vaincre ses scrupules, sa mère, la vieille princesse
Hedwige, infirme et à demi-morte, se fait conduire
auprès de lui. Elle le somme de châtier celle qui a
fait le malheur de sa vie; et de nouveau une scène
commence, d'un réalisme vraiment très dramatique,
une scène où, en présence du prince et de la foule,
la femme et la maîtresse de l'électeur qui vient de
mourir s'invectivent de la façon la plus indiscrète,
l'une se plaignant d'avoir été délaissée avant l'âge,
l'autre lui rappelant telles infirmités qui depuis long-
temps avaient éloigné d'elle le prince son mari. En-
fin, Jean-Georges se décide à annuler son serment.
Il dépouille Anna Sydow de tous ses titres et la con-
damne à faire pénitence publique. Mais déjà à ce
moment la véritable pièce est finie elle est toute
dans ces tableaux du début, si mouvementés et
d'une couleur si originale, et dans cette scène des
deux femmes, qui doit avoir eu pour le public ber-
linois un ragoût très particulier.
T. DE "Wyzewa.
SF'0~
Courses du Bois de Boulogne
C'est la grande semaine sportive. Au lendemain du
Grand-Steeple d'Auteuil, on se retrouvait hier à Long-
champs, où il y a également réunion aujourd'hui, jeudi,
samedi et dimanche.
Les concurrents se sont présentés en assez bon nom-
bre dans la plupart des épreuves, sauf dans le prix
d'Escoville (5,000 fr., 2,400 m.), qui s'est réduit à un
match entre Le Justicier(French) et Bonbon (E. Wat-
kins). Le cheval du baron de Schickler a vengé la dé-
faite récente d'Omnium II et sa propre défaite du prix
Royal-Oak de 1895 en battant nettement le cheval de
M. Albert Menier, malgré une très courageuse résis-
tance.
Pari mutuel Il fr. 50.
Les favoris ont été battus dans toutes les autres
courses.
Le prix des Champs-Elysées (4,000 fr., 1,800 m.) a été
gagné d'une encolure par Fréjus, à M. Albert Menier
(T. Brown), battant Vif-Argent, 2e, Marracq, 3e, et douze
autres chevaux.
Pari mutuel 402 fr. 50.
Fréjus a été réclamé pour 7,890 francs par M. de la
Vingtrie.
Le prix du Cèdre (10,000 fr., 2,200 m.) a été gagné
d'une longueur par Chanfrein, au baron de Rothschild
(W. Pratt), battant Pouzac, 2e, Majestad, 3e, Wasp et
Osymandias.
Pari mutuel: 65 francs.
Le prix de Fay (6,000 fr., 1,600 m.) a été gagné d'une
encolure par Gibraltar, à M. Caillault (French), battant
Idole, 2°, North-Star, 3°, Emmaûs, Stanislas, Brûle-
Tout et Soberano.
Pari mutuel 112 francs.
Le prix de Satory (12.000 fr., 4,000 m.) a été gagné
d'une longueur et demie par Addy, au vicomte d'Har-
court, très bien monté par Dodge, battant Fram-
boise III, 2°, Ecrevisse, 3°, et Alcide.
Pari mutuel 24 francs.
Le prix d'Ibos (handicap, 8,000 fr., 2,400 m.) a été ga^
gné d'une demi-longueur par Diane, àM.E. Prico
(Cockerton), battant Noteur, 2", Virtus, 3«, Maugiron,
Cabanon, Mississipi, Amie, Peluse, Boston, Cigarette II,
et Margot.
Pari mutuel 271 fr. 50.
En arrivant à Longchamps, nous avons appris la mort
du comte Rœderer, un de nos propriétaires-éleveurs les
plus justement considérés. Le comte Pierre Rœderer a
succombé à une longue et douloureuse maladie qui l'a-
vait fait renoncer au mandat de conseiller général de
l'Orne il était âgé de soixante-dix ans. Il est mort
dans sa propriété de Bois-Roussel, où il avait son éle-
vage. Après avoir fait courir sous ses couleurs, de 1854
à 1858, il était devenu un des associés de l'écurie De-
lamarre. C'est de son établissement d'élevage que sont
sortis Bois-Roussel, Patricien, Vermout, Vertugadin,
Apollon et Boiard pour ne nommer que les plus célè-
bres. l. g.
(1) Die Bûsserin, par M. Conrad Alberti, 1 vol. Berlin
A. Seydel.
ESCRIHE ̃< '•̃
LE TOURNOI INTERNATIONAL
Sabre, épèe et pistolet
Dans les deux dernières séances du tournoi, les plu£
forts tireurs de sabre français et italiens ont été oppo*
sés les uns aux autres. Comme nous l'avions prévu, la
supériorité des Italiens était absolument écrasante,
aussi bien pour-les amateurs que pour les maîtres. On
ne saurait s'en étonner, puisque l'escrime de cette
arme n'est pas sérieusement pratiquée dans nos salles
d'armes, tandis qu'en Italie, au contraire, on lui ac-
corde plutôt la préférence sur celle du fleuret. En
effet, dans les duels, elle est choisie de préférence, et
l'école magistrale de Rome, au point de vue de l'in-
struction militaire, la considère comme bien plus sé-
rieuse, puisqu'elle a pour but d'augmenter la valeur da
la cavalerie.
Aussi les premiers professeurs italiens s'adonnent-
ils d'une façon toute spéciale à l'étude du sabre, tandis
que nos maîtres renommés n'ont môme pas un échan-
tillon de cette arme pendu à titre de curiosité dans
leurs salles. Midelair, le professeur parisien, qui, après!
Chanderlot, en a la plus grande pratique, a été battu
sans peine par Greco. Après épreuves entre les maî-
tres italiens, tous vainqueurs des Français, ledit Greco
a été proclamé premier et Conte second.
Pour les amateurs, au nombre de quatre de chaque
côté, nous n'avions de champion sérieux que M. le oa-
pitaine Bardet, du 20» chasseurs à cheval, qui a digne-
ment soutenu la réputation de nos chevau-légers. Il a
triomphé de son premier adversaire et aurait égale-
ment battu le second, M. Malchiodi, si le jury n'avait
admis la prétention des Italiens detenir pour nuls les
coups de pointe d'arrêt dont ils n'ont pas l'habitude.
A l'épée, l'école italienne n'a produit aucun tireur
ayant des chances de succès contre les nôtres, résul-
tat non moins prévu que notre défaite au sabre.
Enfin, l'épilogue du tournoi a été un concours inter-
national de pistolet qui a eu lieu ce matin, à neuf
heures, au parc de Saint-Ouen. Dans l'assistance, on.
remarquait le roi Milan, M. Berge, gendre du prési-
dent de la République, Daniel Mérillon, président de
l'Union des sociétés de tir de la région de Paris.Gustave
Voulquin et un grand nombre d'amateurs connus.
Le tir sur silhouettes humaines, au commandement,
à vingt-cinq pas, a commencé à neuf heures et demie
et a été cessé à midi. Les concurrents étaient au nom-
bre de quarante.
Les vainqueurs ont été classés dans l'ordre suivant
1" M. Louviers, 2e Maurice Faure, 3° René Pensa, 4»
Cuvillier, 5e comte de Chabannes, 6° Lambert. Les prix
consistant en 500francs pour le premier, et 180 francs
pour le second et des médailles d'argent et de bronze
ont été remis aux vainqueurs par le roi Milan. Zouis
d'Burcourt.
CYCLISME
Le pneumatique que l'on a vu paraître le premief
est le Dunlop.
C'est encore celui qui a le mieux progressé.
DÉCLARATIONS DE FAILLITES
(Jugements du 6 juin) >t
Mouret, tapissier, boul. Malesherbes, 12. ̃̃̃̃>£̃
«a– «̃̃!̃ iiiMwiHiM^mniiiiiiiiMiMMwawiijriiiiiiwîîiâimMmwni nwiiniiwia– ^b^
3Eï3VBr.A.!3-iiX.IKrEï adhérente, nouveaux dentiers,
invisibles laissant le palais entièrement libre, Sia plus
belle invention do Part dentaire. Succès consacré.
SV£. AESX-ESie, 4., RUE BJEYER3EER,.4
j m
GBâîlDE RÉFORiSE DANS LES CYCLES
A qui fera-t-on croire qu'il faille payer une. -bonne
machine 500 francs? Serait-ce parce qu'elle porte la
marque d'une célèbre maison, s'attribuant le titre
de première du monde, ou parce que tel champion
a battu tel fameux record de quelques dixièmes de
seconde?
Serait-ce parce que la machine est munie de tel
pneu, de telle chaîne, ou qu'elle n'en a pas, que la
fabrication est faite avec un tel soin que son prix
de revient-est de 499 fr. 75?
N'est-il pas plus honnête d'avouer que dans le
prix de 500 francs l'acheteur paye: coureurs, en-
traîneurs, matchs, intermédiaires, polémiques de
charlatans, frais fantastiques dont le public ne se
fait aucune idée? q
En supprimant tout cela, la Société parisienne,,
10, avenue de la Grande-Armée, Paris, la seule
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machine de luxe extra en cinq tailles, net 275 francs
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Siè^e principal et Maison Paris
13, RUE DE LA CHAUSSËE-D'ANTIN
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TH ÉATR.ES ̃{
M. van Dyck a fait, hier soir, à l'Opéra, sa ren*
trée dans Lohengrin. Admirablement secondé par
Mme Rose Caron, il a été acclamé; les rappels ont
été nombreux.
Mme Félix Faure assistait à la représentation.
Ce soir, mardi
Au théâtre des Lettres, à huit heures, répétition gé-
nérale de Mélusine, de M. Peter, Sa Majesté, de M. ;Ser-
vent, l'Héritage, de M. Lafon.
M. Lucien Auge de Lassus a lu, hier, devant le
comité de la Comédie-Française, une comédie en qua-
tre actes et en vers, Ninon et Maintenon, qui n'a pas été
reçue.
M. Jules Claretie a demandé à Jean Bertheroy, pseu-
donyme de la jeune femme qui a écrit femmes antiques
et Mime Bathylle, l'à-propos destiné à célébrer Molière
le 15 janvier prochain à la Comédie-Française.
Le théâtre des Variétés annonce les cinq dernières
représentations de VŒU crevé, qui sera repris en sep-
tembre prochain.
Le 22 juin prochain, M. Mounet-Sully sera fêté en
un banquet sous la présidence d'honneur de M.
Henry Roujon, directeur dès beaux-arts à l'occasion
de la reprise dïlamlet, où il vient de triompher de nou-
veau.
Le comité d'organisation est presque entièrement
constitué. Citons MM. Jules Claretie, Francisque Sar-
cey, Henri do Bornier, Paul Meurice, Puvis de Cha-
vannes, Henry Fouquier, Rodin, José-Maria de Here-
dia, Sully Prudhomme, Mézières, Benjamin-Constan^
Henri de Régnier, Jean-Paul Laurens, Armand Dayot,
Duquesnel, Paul Ginisty, Ad. Aderer, René Benoist,
Ch. Formentin, Edouard Sarradin, H, Fierens-Gevaert,
Ed. Fournier, le docteur Pozzi, etc.
Une première réunion du comité a lieu ce soir, à cinq;
heures.
Mme Nirvana, cantatrice russe (comtesse de Pe-
thion), ayant eu primitivement l'idée d'organiser des
séances de musique russe, fut conduite par le succès à
donner plus d'extension à cette idée. Sous ce titre
plein de promesse, « l'Opéra russe », Mme Nirvana va
inaugurer une série de grandes auditions d'opéras
russes par lesquelles elle fera connaître au public les
compositeurs joués en Russie et ignorés à Paris.
Nous avons le vif regret d'apprendre la mort, à
cinquante ans. de M. Camille de Roddaz, l'un des au-
teurs de la Fiancée en loterie, récemment jouée avec
succès aux Folies-Dramatiques. Il a succombé aux
suites d'une pleurésie, dont il avait été atteint, le soir
même de la première représentation de sa dernière
oeuvre.
Notre ami avait eu des débuts difficiles. Amateur
d'art, il avait collaboré à plusieurs journaux pour la
chronique artistique. Mais le théâtre l'attirait avant
tout. Il fit représenter en Belgique un certain nom-
bre de pièces avec succès. Il se signala au public pari-
sien par la Nuit de Noël, en collaboration avec M. Mau-
rice Lefèvre, et créée à l'Ambigu par Mme Segond-
Weber, M. Chelles, etc., etc.
Cet hiver, l'Opéra doit donner un ballet, VEtoile, fait
en collaboration avec nous, et dont la musique est de
M. André Wormser. Il laisse quelques pièces en prépa-
ration, que ses collaborateurs tiendront à achever,
pour perpétuer le souvenir de l'ami précieux et fidèle
qu'ils viennent de perdre et apporter quelques conso-
lations à sa jeune femme si éprouvée.
Ses obsèques auront lieu demain mercredi, à deux
heures, à Houlbec. On prendra à la gare Saint-Lazare
le train de dix heures pour Vernon, où des voitures
attendront les personnes venues de Paris.
On annonce aussi la mort de Mlle Thomsen, de
la Comédie-Française, qui a succombé dans l'après-midi,
vers six heures, aux suites d'une pleurésie. La jeune
pensionnaire de la maison de Molière avait à peine
vingt-quatre ans. Elle avait paru pour la dernière fois
en matinée le 24 mai dernier, dans le rôle de Suzanne,
du Monde où l'on s'ennuie.
A sa sortie du Conservatoire, où la pauvre petite ar-
tiste avait obtenu un accessit, elle avait débuté au
Grand-Théâtre que M. Porel venait d'installer à l'Eden-
ïhéàtre et y avait interprété le rôle de soubrette dans
le Bourgeois gentilhomme et le Malade imaginaire. Enga-
gée à la Comédie-Française au mois de mai 1893, Mlle
Thomsen y avait débuté dans de petits rôles, Lise de
Crispin médecin, les pages de Severo Torelli, do Ruy Blas,
Henri m et sa cour et du Fils de l'Arétin.
Elle a joué Colombine avec M. Jules Truffier, dans le
Dîner de Pierrot. Su dernière création date de Manon
Roland, où elle a interprété le petit rôle de l'oiselière.
A son talent de comédienne Mlle Thomsen joignait
un réel talent de dessinateur son maître, Benjamin-
Constant, la considérait comme une élève des mieux
douées.
Rappelons encore l'audition populaire de la Dam-
nation de Faust qui sera donnée au Trocadéro, le 13 du
courant, sous la direction de M. Ed. Colonne.
Un grand nombre de fauteuils et de loges sont rete-
nus déjà.
Les prix des places sont les suivants
Fauteuils de parquet, 5 fr.; loges (la place), 4 fr.; am-
phithéâtre (l™ série), 3fr.; amphitéâtre (2« série), 2 fr,j
tribune, 50 centimes.
Le conseil d'administration du Grand-Cercle d'Aix-
les-Bains a eu la généreuse pensée d'envoyer à
l'ambassadeur de France en Russie, la somme de cinq
cents francs doux les victimes de la catastrophe de
Viscou.
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