Titre : Le Temps
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1881-07-19
Contributeur : Nefftzer, Auguste (1820-1876). Fondateur de la publication. Directeur de publication
Contributeur : Hébrard, Adrien (1833-1914). Directeur de publication
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Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
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Description : 19 juillet 1881 19 juillet 1881
Description : 1881/07/19 (Numéro 7392). 1881/07/19 (Numéro 7392).
Description : Collection numérique : Bibliographie de la presse... Collection numérique : Bibliographie de la presse française politique et d'information générale
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Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
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Source : Bibliothèque nationale de France
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 15/10/2007
LE TEMPS. 19 juillet IRfeî.'
temps en Italie j'eus quelques conversations avec
des journalistes italiens qui sont, eu tête à tête,
charmants; comme les Italiens savent l'être; je
passai une journée dans le monde officiel à Rome;
j'eus recours, en un mot, à toutes les sourcesd'in-
formations qui s'offrent à un voyageur qui passe
et a besoin de voir vite. Ma première question fut
partout
Cette presse, si insultante et si haineuse, re-
crêsenle-t-eîle vraiment l'opinion?
Oui et non, me dit on. La masse du peuple,
toute remplie encore des souvenirs des guerres de
l'indépendance, aime toujours les Français pour
la part qu'ils, y ont prise, et si le suffrage univer-
sel existait chez nous, la majorité vous serait
certainement sympathique. Tout autres sont les
sentiments de ce qu'on peut appeler le pays politi
que II se compose de dix ou douze mille personnes,
qui ne sont point l'opinion, mais qui la font
à la longue, car elles disposent de la presse, et de
'la tribune. Ces politiciens, qu'ils appartiennent à
ia droite ou à la gauche, qu'ils soient catholiques
ou garibaldiens, ont un trait commun c'est qu'ils
sont profondément patriotes, et, comme tels, ils
vous jalousent et vous délestent.
Et pourquoi, bon Dieu! Chez nous, nous en
sommes toujours au mouvement généreux de 59.
Nous croyons encore à la fraternité des races
latines.
a– Je crois, me dit un de mes interlocutenrs, je
xrois qu'en France vous connaissez très mal 1 Ita-
lie et le caractère italien. M. Brachet vient de pu-
blier un livre qui vous aidera à vous renseigner.
Seulement M. Brachet s'est tenu à un point de
vue spécial, il s'est contenté de signaler ce qu il y
avait d'agressif contre la France dans l'enseigne-
ment en Italie, et de montrer que Y irrédentisme,
que nos hommes politiques désavouent du haut cle
•la tribune, est prêché officiellement dans les écoles.
C'est l'enseignement tout entier qu'il faudrait bien
connaître pour comprendre les sentiments d'un
Italien. Depuis l'école primaire jusqu'aux écoles
supérieures, il est débordé par l'histoire. Rome et
J'empire romain offrent tant de thèmes à de beaux
discours qu'instituteurs et professeurs y cher-
chent chaque jour l'occasion de briller devant
leurs élèves. Ce glorieux et formidable passé af-
fole absolument l'imagination de ce peuple. Vous
avez pu voir dans les affaires de Tunisie quelle est
chez lui la puissance des souvenirs un des argu-
ments les plus fréquemment invoqués, pour dé-
montrer qu'il ne fallait pas laisser la France s'é-
tablir à Tunis, c'est qu'il est impossioie a noiuts uc
subsister en face de Carthage. En France, cela fe-
rait rire; en Italie, cela touche tout le monde. Les
Italiens se considèrent comme les héritiers des
Romains, et, si on ne tient pas compte de cette
conviction, on ne comprendrien àleur façon d'en-
vi=a"-er les questions extérieures. Ils revendiquent
l'héritage dans son entier, et, s'ils ne rêvent point
de dominer une seconde fois le monde par la force,
ils sont du moins persuadés qu'ils sont nés pour
exercer sur lui une suprématie intellectuelle.
Tous autres Français, vous ne vous considérez
'pas comme appelés à exercer cette suprématie,
vous vous considérez tout naïvement comme
l'exerçant, et c'est ce qui vous rend insupportables
aux Italien». Quand vous croyez être aimables
pour eux, vous les criblez de coups d'épingle, la
lecture de vos journaux est une torture pour l'a-
mour-propre national. Si vous parlez de nous avec
sympathie, c'est toujours sur un ton de condes-
cendance qui nous horipile comme un père à son
fils, vous nous appelez la jeune Italie, vous nous
donnez des conseils, vous nous rappelez qu'il est
imprudent d'aller trop vite, que nous sommes pau-
vres, que notre unité n'est pas faite encore, que
nous n'avons pas encore de mœurs parlementai-
res, que ce n'est guère que dans un siècle ou deux
que nous pourrons jouer un rôle dans la politique
européenne. Vous dites cela tranquillement à des.
gens passionnés, dévorés de l'ambition d'occuper
le premier rang dans le monde. A peine êtes-vous
plus offensants quand vous vous fâchez et quand
vous nous jetez à la tête ce que vous avez fait pour
.nous.
Que faut-il en conclure? Si je voyais la
presse française tout entière montée contre une
puissance étrangère, au diapason où je trouve la
presse italienne excitée contre nous, je regarde-
rais la guerre comme inévitable.
Oh me dit-on, avec des passions beaucoup
plus profondes, les Italiens ont beaucoup plus de
sang-froid que les Français. On n'a pas été dressé
par douze cents ans d'oppression pour perdre, du
jour au lendemain, les qualités de finesse, de per-
spicacité et de prudence acquises dans ces épreu-
ves séculaires. Personne, en Italie, ne songe à une
guerre contre la France, parce que chacun sent
bien qu'en ce moment elle serait une folie. On crie
beaucoup, mais, au milieu de ce déchaînement ap-
̃pareut, personne ne perd la tête, et, si demain les
,circonstances l'exigeaient, vous verriez le ton chan-
ger immédiatement. (En effet, lorsque les démons-
trations antifrançaises ont commencé à devenir
inquiétantes en se répétant et en se multipliant, le
langage des journaux s'est fort adouci.) Et encore,
dans tout ce tapage qui vous surprend et vous in-
quiète, si vous pouviez bien pénétrer les causes,
vous verriez très probablement que le calcul y
joue un aussi grand rôle que l'amour-propre
blessé.
Le calcul est double. En premier lieu, en échauf-
pant l'opinion contre la France, on embarrasse le
ministère. C'est un excellent moyen d'opposition.
Il faut vous dire qu'ici les partis sont à peine cons-
titués ou plutôt ils ne le sont pas du tout. La Cham-
,bre des députés ressemble beaucoup à l'Italie du
quinzième siècle. Au quinzième siècle, il y avait
dans ce pays cinq ou six grands condottieres,ch'fs
de bandes dont l'intervention décidait en dernier
lieu des querelles. La politique du temps consistait
à s'assurer leur concours. Quand le pape en avait
le plus réuni, c'était lui qui l'emportait, ou bien
c'était Florence, ou Ferrare, ou Milan. Aujourd'hui
la Chambre est partagée entre cinq ou six chefs
qui ont chacun derrière eux vingt, trente ou
cinquante députés, et il n'y a pas d'autre politique
pour arriver au pouvoir que de s'en associer as-
sez pour former une majorité. Grand nombre de
députés sont sans fortune ils ne reçoivent au-
cune indemnité, et pourtant ce n'est un mystère
pour personne que beaucoup d'entre eux n'ont
d'autres ressources que celles qu'ils peuvent tirer
de leurs fonctions. Il en résulte que, dans les pour-
.parlers d'une crise ministérielle, les chefs des di-
'vers partis auxquels on s'adresse sont beaucoup
plus occupés de stipuler des avantages pour leurs
adhérents que de faire prévaloir des articles de
programme. Cela rend inintelligibles pour des
j~c~~S~M~MiB~MM'M~C~
ces; mais l'usage exclusif d'un timbre, surtout
.du timbre sombre, est très nuisible à la voix.
D'ailleurs; dans les -voyelles du langage parlé,
les timbres sont mélangés avec une grande
'variété; une prononciation correcte est, à mon
• .avis, un moyen aussi simple qu'efficace contre
l'abus d'un timbre quelconque. M. Lemaire pro-
teste avec raison contre la manie de beaucoup,
de chanteurs de chercher à grossir leurs voix
ils' ne font ainsi que les gàter par l'abus du
timbre sombre, sans leur donner plus de por-
tée, au contraire plus ils les grossissent,
plus ils leur font perdre en puissance.
Puisqu'il n'y a que deux registres princi-
paux, celui dit de poitrine et celui de tète, et
/̃ deux timbres principaux le timbre clair et le
timbre sombre, il est évident que les sons dits
de voix mixte, sont le résultat d'une modifica-
tion de l'intensité et du timbre de la voix de poi-
trine « qui fait entendre dans ce cas des sons
doux et clairs ». Le dernier mot n'est point
exact. M. Lemaire paraît hésiter à rejeter com-
plètement la définition du docteur Mandl appe-
lant sons mixtes les sons communs au registre e
de poitrine et au registre de tète.
Je puis affirmer à M. Lemaire que Mandl s'é-
tait simplement laissé induire en erreur par je
ne sais plus quels chanteurs nullement fainilia-
jrisés avec la physiologie de la voix. C'est une
des erreurs sur lesquelles j'ai réussi à l'éclairer;
si M. Lemaire, au lieu de se contenter du traité
des maladies du larynx et du pharynx, avait
consulté V Hygiène delà voix, il aurait trouvé à
la page 39 la définition suivante « On appelle
voix mixte les sons les plus élevés de la voix
de poitrine adoucis et sombres.' »
"̃ Je crois avec M. Lemaire que les exercices
proposés pour augmenter la faculté respira-
toire sont pour le moins inutiles, quand ils ne
sont pas nuisibles. A moins qu'un élève "n'ait
pris l'habitude d'un modo vicieux de respira-
tion, il faut le laisser respirer naturellement et
ne lui enseigner que la manière d'attaquer les
sons, de les soutenir, et de reprendre haleine à
propos et à son aise.
Je suis le plus souvent d'accord avec .M. Le-
maire, mais je ne le suis pas sur une question
essentielle, la pose de la voix toutes les criti-
ques qu'il fait lui-même ou qu'il emprunte à
d'autres auteurs contre ce que Garcia appelle le
coup de glotte portent à faux et ne sont en par-
tie du moins que l'effet d'un malentendu.
.Pour ai/innftr h* son. il faut d'abord asoirer
étrangers habitués à la pratique régulière du par- J
lemeiitarisme les crises ministérielles d'ici, et cela
vous explique qu'on puisse parler comme d'une
combinaison possible de réunir dans le même ca-
binet M. Crispi et M. Sella, ce qui, si les divisions
politiques correspondaient réellement à celles des
partis français, équivaudrait à former un minis-
tère où l'on mettrait ensemble M. Buffet et M.
Louis Blanc.
Dans de pareilles conditions, l'opposition ne se
soucie guère de principes, puisqu'elle n'a pas de
programme mieux délimité que le ministère. Si
une de ses campagnes réussit, son succès n'impli-
que nullement le triomphe des idées opposées à
celles qu'elle a combattues. Renverser un ministère,
c'est avant tout faire naître l'occasion de nouvelles
combinaisons où chacun espère avoir sa place. La
corde patriotique étant celle qui vibre le plus ai-
sément, l'opposition en abuse. Ce sont ses jour-
naux qui, pendant toute la campagne de Tunisie,
criaient le plus fort que c'en était fait à jamais du
prestige de l'Italie si la France s'établissait à Tu-
nis ils mettaient chaque jour le ministère en de-
meure d'agir énergiquement. Pour savoir jusqu'à
quel point on était pressé de voir l'Italie sortir de
son attitude expectante, rappelez-vous la crise du
'commencement d'avril dernier. Le ministère Cai-
roli fut renversé pour avoir tenu un langage trop
conciliant envers la France. Mais, sitôt qu'il fùt
par terre, la France fut oubliée. On combina et on
recombina pendant sept où huit jours, et finale-
ment il se trouva une majorité pour soutenir M.
Depretis, un des rares hommes qui semblent sin-
cères dans la sympathie qu'ils professent offi-
ciellement pour la France. •'̃<
Et quel autre calcul croyez-vous voir dans les
colères de la presse italienne contre la France?
Celui-ci, que, à force de parler des intérêts
de l'Italie en Tunisie, on compte y faire croire.
L'argent est trop rare en Italie pour aller tenter
fortune au dehors, et l'échec de l'appel fait par la
Compagnie Rubaltino aux capitaux italiens pour
la ligne de la Goulette est resté célèbre. N'impor-
te plus d'un Italien pense à part soi que, pour
apaiser tout ce bruit, la France pourrait songer à
une compensation.
Je me souviens de ce dernier propos dans mes
conversations avec des journalistes italiens
Par votre conduite enTunisie, me disaient-ils,
vous avez perdu à jamais l'amitié de l'Italie.
Avouez, leur répoudais-je, que nous n'en
avons jamais beaucoup joui.
Cependant, reprenaient-ils, on pourrait enco-
re s'entendre. Si vous vouliez, en Egypte.
Comme je n'étais qu'un simple reporter, sans
aucune espèce de pouvoir diplomatique, je jugeai
oiseux. de pousser la conver»atipn plus loin de ce
côté.
Les mêmes journalistes me disaient
Notre situation est admirable. Nous sommes
placés entre l'Allemagne et la France, et nous
choisirons l'alliance que nous jugerons la plus
avantageuse. Et, laissant toujours percer le bout de
l'oreille du système qui consiste à considérer qu'au
bout d'un certain temps des revendications cons-
tituent des droits, ils ajoutaient
Si nous voulions abandonner Trieste, l'Alle-
magne nous donnerait carte blanche.
Un bon Français, négociant établi depuis long-
temps à Florence et qui, déplorant comme moi l'a-
nimosité qui se développe entre les deux peuples,
avait envoyé son obole à la souscription ouverte
en faveur des victimes des manifestations anti-
italiennes et antifrançaises indistinctement, me
fit l'amitié de'm'accompagner jusqu'à la gare.
Je souhaite, me dit-il en route, que ce qui
vient de se passer vous ouvre les yeux en France.
Nous avons ce travers de nous croire aimables et
aimés, et pour beaucoup de nos écrivains l'amitié
de l'Italie est encore une chose qui va de soi-même
et sur laquelle on ne saurait discuter. Les affaires
de Tunisie ont montré ce qu'il en est. Si vous ne
voulez pas croire à l'antipathie des Italiens, soyez
au moins bien convaincu de leur parfaite indépen-
dance d'esprit dans leurs rapports avec la France
ils n'ont point d'autre guide que leurs intérêts, et
franchement nous serions mal venus à le leur
reprocher. C'est à nous de nous défaire d'une cer-
taine niaiserie sentimentale qui nous abuse trop
souvent. Ainsi, quand je vois répéter ce lieu com-
mun, que la communauté d'origine et de sàngrend
une querelle impossible entre les deux peuples, je
ne puis m'empêcher de songer au mot de Mal-
herbe.
Comment, lui disait-on, vous avez un procès
avec votre frère?
Eh répondit-il, avec qui voulez-vous donc
que j'en aie? Avec le Grand Turc? '?
LETTRES DE SUISSE
Berne, 14 juillet.
question du congrès socialiste devant le
Grand-Conseil de Zurich.
Le Grand-Conseil zuricois vient de consacrer
deux jours à la discussion du recours contre la
décision du gouvernement interdisant la réunion,
à Zurich, du congrès international des socialistes.
Cette décision avait été provoquée par une péti-
tition signée par 30,070 électeurs. Au sein du con-
seil d'Etat, une minorité composée de M. Stoessel,
conseiller national, et de M. Hauser, député aux
Etats, s'était prononcée contre la mesure et avait
même publié à ce sujet une protestation contenant
une verte critique de l'arrêté pris par leurs col-
lègues. Cet arrêté y prêtait un peu le flanc par les
considérants dont il était précédé, et qui, il faut le
reconnaître, laissaient à désirer au point de vue
de la doctrine et de la logique. Après tout, il s'a-
gissait ici essentiellement d'une question de fait et
d'opportunité. Aucun Etat n'abdiquera jamais
sa souveraineté au point d'admettre que sa
Constitution puisse être invoquée contre lui par
des étrangers, pour l'obliger à subir de la part de
ces derniers des actes qu'il envisage comme dan-
gereux pour l'ordre public ou pour ses relations
extérieures. On ne conteste à personne en Suisse
le droit de réunion, et ces jours-ci va s'ouvrir à
Fribourg le tir fédéral, qui réunira de toutes les
parties de la Suisse des milliers de citoyens armés.
Mais que des étrangers annoncent l'intention d'or-
ganiser en Suisse un grand tir international, et
s'y donnent de tons les pays rendez-vous en ariies,
il est évident que le ou les gouvernements suisses
auront à voir s'ils peuvent sans inconvénients et
sans danger tolérer une réunion semblable. Eut
̃modus m rébus.
l'air et ouvrir la bouche, sinon le son ne sort
j pas pur; en même temps, il faut fermer la glotte
| hermétiquement.
« II faut, dit 11. Lemaire avec raison, qu'a-
près avoir introduit l'air dans-les poumons,
l'élève n'en laisse échapper aucune parcelle
avant d'attaquer le son. Ce défaut, presque gé-
néral chez les commençants, a pour effet de
fatiguer la poitrine, do compromettre la respi-
ration et par suite d'empêcher de soutenir le
son. »
C'est bien mais comment faut-il attaquer le
son? M.- Lemaire veut qu'on le fasse « douce-
ment », c'est-à-dire que la glotte fermée s'ouvre
doucement Garcia, au contraire, dont la mé-
thode n'est autre chose quo la bonne méthode
italienne que lui avait transmise son père, veut
j que la glotte s'ouvre par un mouvement sec
i (j'évite le mot coup, qui est faux et prête à un
1 malentendu), semblable /à l'action des lèvres
prononçant énergiquement le p. Cette compa-
raison donne une idée exacte du mouvement à
exécuter. C'est donc fort mal à ,propos qu'on a
parlé de « pincement », voire même de « déchi-
rement » de la glotte.
Autant vaudrait parler de pincement et de
déchirement des lèvres dans la prononciation
de la lettre p. Assurément tout exercice vocal
mal fait, peut être nuisible mais il ne s'agit
I ici ni de secousses de la poitrine, ni de contrac-
tions exagérées.Tii d'étranglement du larynx
il s'agit simplement de fermer la glotte, puis
d'attaquer le son par un mouvement net de dé-
tente et à pleine voix sur la voyelle a. C'est le
seul moyen de donner à la voix la fernieté et
l'assurance nécessaires et de la faire sortir,
c'est-à-dire d'en développer la sonorité avec
toute la plénitude possible. Ce n'est pas en chau-
tant « doucement » qu'on y parviendra.
M. Lemaire traite d'une manière très détail-
lée des ornements du chant usités autrefois et
aujourd'hui; c'est un chapitre curieux, surtout
pour la lecture des anciennes partitions; la
grande majorité de ces ornements a vieilli; et
si l'on cherchait leur valeur expressive, on
n'en trouverait guère. Pourrait-on me dire,
par exemple, ce que signifie le trille ? Il
peut avoir une raison d'être dans la musique
instrumentale; mais dans la musique vocale,
.est-il autre chose qu'une affaire de virtuosité?
Encore, sur cent chanteurs de l'un ou de l'autre
sexe, quatre-vingt-dix-neuf au moins le .font
très mai ̃•"
La protestation de la minorité du conseil d'Etat
alléguait que l'interprétation donnée à l'art. 3 de
la Constitution aboutirait à priver les étrangers
établis ou non de toutes les garanties et de tous
les droits constitutionnels. « Parmi les pétitionnai-
res, ajoutait:"élle, il s'en trouve dès. milliers qui
ont cru donner leur signature à une démonstra-
tion contre les assassins nihiliaies; mais, quoiqu'il
en soit, 30,000 signatures. ne .sauraient nous obli-
ger à rendre une décision." "que nous, envisageons
comme une violation de la Constitutjo'rU'. '•-̃-
« Nous protestons donc, dans. l'intérêt de l'hon-
neur et de la dignité de notre pays, qui a été as-
sez fort jusqu'ici pour supporter la coptradiction
des idées. Depuis qu'en Suisse le peuple a mis fin
à la suprématie,; de| villes tt des classes privilé-
giées,. on a eu dans ce fait même une garantie
d'ordre et de tranquillité; toutes les opinions, sans
distinction de nationalité ont leurs représentants
par la plume, la parole ou dans les assemblées, et
chez nous, comme ailleurs, on ferait bien d'obser-
ver et de méditer .les, enseignements de l'histoire,
qui prouvent que les révolutions violentes sont
évitées dans la mesure de la latitude qu'on laisse
au combat pacifique des idée?. »
Ce qui précède vous fera comprendre sur quel
terrain le débat s'est engagé; Toutefois, comme le
conseil d'Etat est nommé directement par le peu-
ple, et ne relève pas du Grand-Conseil, la minorité
de la commission, en épousant les idées exposées
dans la protestation, était d'accord avec la majo-
rité pour écarter le recours, en"se basant sur ce
que le gouvernement avait agi dans les limites de
sa compétence. Mais elle proposait en revanche
de déclarer que son arrêté impliquait une viola-
tion de la Constitution. Cette manière de voir n'a
pas été partagée par l'Assemblée, qui par 107 voix
contre 89 a écarté le recours. On dit que l'affaire
va être portée devant le tribunal fédéral, mais il
est peu probable que les recourants y obtiennent
plus de succès. On a le sentiment, en Suisse,
qu'une réunion comme celle annoncée ne se pas-
serait pas sans provoquer des conflits, notre po-
pulation, à tort ou à raison, n'étant pas disposée
à tolérer chez nous des manifestations qui frois-
sent ses sentiments, en cherchant à imposer à la
Suisse vis-à-vis des autres pays une attitude diffé-
rente de celle que comporte sa neutralité.
TUNISIE
L'agence Havas nous communique la dépêche
suivante
Tunis, 17 juillet.
Les généraux Logerot et Maurand, avec leur état-
major, ont été présentés hier par M. Roustan au bey,
qui leur a fait un accueil bienveillant.
Le général Logerot a reçu le grand cordon du Ni-
cham, et le général Maurand les insignes de grand of-
ficier.
Un Arabe venant de Sfax raconte que Sfax avait
été sérieusement fortifié et entouré de tranchées pro-
fondes, ce qui donnerait un certain caractère de véra-
cité aux bruits que les Arabes seraient commandés
par un ancien officier algérien.
On signale une certaine agitation dans l'armée tuni-
sienne depuis quelques jours. Beaucoup de soldats, qui
sont du Sud, voudraient regagner leur foyers et re-
joindre les révoltés.
Le cuirassé italien Castelfîdardo est arrivé hier soir
à la Goulette.
La musique militaire viendra aujourd'hui pour la
première fois se faire entendre à la population tuni-
sienne. ̃ j, -£.
On nous écrit de Toulon, le 17 juillet
Trois détachements appartenant aux 14e, 78e et
107« régiments de ligne, et comprenant un effectif
de 41 officiers et 817 hommes de troupe, doivent
arriver à Toulon, par train spécial, le 18 du cou-
rant à 5 heures 45 du soir.
Un bataillon de chasseurs à pied, dont le nu-
méro n'est pas indiqué, est annoncé comme de-
vant arriver également en gare de Toulon le len-
demain 19, à 11 heures 45 du matin, ainsi que
deux sections d'artillerie.
Ces troupes seront embarquées sur le transport
l'Européen, dont la destination n'est pas connue à
l'heure où je vous écris.
La chaloupe-canonnière le Trornblon, -destinée à
surveiller la côte orientale de la Tunisie, doit en-
trer en armement le 19 de ce mois. L'artillerie de
ce petit navire, dont l'équipage sera tout au plus
de 24 hommes, est relativement formidable. Elle
se compose d'une pièce de 24 centimètres à l'avant
et d'un canon de 10 centimètres à l'arrière.
Le Tromblon, dont le tirant d'eau est très fai-
ble, est appelé, je crois, à rendre de précieux ser-
vices dans les eaux de la Tunisie il lui sera pos-
sible du moins de. s'approcher des côtes jusqu'à la
distance d'une ou deux encablures, ce qu'un autre
bâtiment de guerre n'a pu faire jusqu'ici.
Le transport de l'Etat YOtse doit se rendre pro-
chainement devant Sfax, pour y ravitailler le La
Galissonniàre et la Pique.
Indépendamment du matériel destiné à ces deux
navires, l'Oise va prendre en chargement un cer-
tain nombre de chalands canots-tambours
sorte de chalands-plats en tôle reconnus indis-
pensables pour le débarquement des troupes sur
toute l'étendue du littoral du golfe de Gabès.
Dès que la Décidée, attendue d'un moment à
l'autre de Port-Saïd, aura pu être réparée et ravi-
taillée dans notre port, elle ira renforcer l'escadre
de la Méditerranée, en ce moment mouillée entre
Sfax et les îles de Kerkennah.
J'apprends au dernier moment qu'une brigade
de 3.0U0 hommes va se concentrer à Toulon et se
tenir prête à prendre la mer au premier signal.
ALGÉRIE
Nous extrayons les renseignements suivants des
dépêches et correspondances de l'agence Havas
Saïda, 11 juillet.
Les prisonniers ramenés de Géry ville par la colonne
Daillhol viennent d'arriver à Saïda. Ils sont au nombre
de sept, dont deux soupçonnés d'être les assassins de
Weinbrenner l'un d'eux, qui a voulu s'échapper, a
été tué en route, par un sergent de zouaves. Un autre,
étantdétenu à Géry villa, a tenté d'empoisonner le puits
de la redoute.
II reste encore à Géryville plus de deux cents pri-
sonniers.
Il arrive aussi près de quatre-vingts malades ou
ècloppés.
Il est certain que Bou-Amema a avec lui un nombre
considérable de Beni-Gu.il (tribu marocaine de la fron-
tière) et des moharis (chameaux coureurs).
Le préfet d'Oran, revenu hier de Frendah à cheval,
est parti ce matin pour Oran avec le directeur de l'ex-
ploitation de l'alfa.
Les chaleurs sont accablantes sur les Hauts-Pla-
teaux les troupes souffrent beaucoup le sirocco ne
Pour la liste des voyelles, M. Lemaire, a con-
sulté les grammairiens; un fait qu'aucun d'eux
ne lui a appris, c'est que la voyelle nasale in ne
répond pas à i comme an répond à a; in est la
nasale de è, et un est la nasale, non pas de u,
mais de eu. Pour les consonnes, M. Lemaire
emploie la dénomination de consonnes guttura-
les quoiqu'il sache qu'elle est impropre. La dé-
signation vraie pour gu, h, est consonne pala-
tale M. Lemaire appelle palatales des conson-
nes dont le vrai nom est linguo-dentales.
La seconde partie du volume comprend l'his-
toire du chant; c'est; je crois, là première fois
qu'on a écrit cette histoire d'une manière spé-
ciale et détaillée; elle offre incontestablement
des renseignements très intéressants.
Nous ne pouvons rien dire de l'antiquité, si-
non que chez les Grecs le chant était en grand
honneur; nous sommes beàûcuop mieux ren-
seignés sur le moyen âge. Un fait qui étonne
au premier abord, c'est qu'il existait à cette
époque un véritable art du chant et que les
chanteurs brodaient le plain-chant comme plus
tard les chanteurs d'opéra brodaient leurs ca-
vatines et leurs airs de bravoure.
L'emploi des nuances d'intensité et de mou-
vements était pratiqué dans la musique profane
comme dans la musique religieuse. Dès le* com-
mencement du moyen âge, les Italiens eurent
une grande supériorité sur les chanteurs fran-
çais. Doués de voix plus légères et plus souples,
ils avaient su de bonne heure les exercer et,
dès le huitième siècle, la virtuosité avait été
l'objet d'une étude spéciale. C'est l'Italie qui
donna le premier exemple de la fondation d'é-
coles de chant, d8 conservatoires et de maî-
trises. On ne sait s'il en a existé dans les der-
niers siècles de l'ompive romain c'est au nom
de Grégoire le Grand que se rattache le sou-
venir do ces grandes écoles qui donnèrent
naissance à celles de France, d'Allemagne et
d'Angleterre.
Au quatorzième siècle, quand la musique
profane commença à prendre une place sé-
rieuse dans l'art, "le pape, les évêques et les
moines crurent opportun de donner plus de
gravité au chant religieux, en le dépouillant
do ses ornements. Au commencement du qua-
torzième siècle, le pape Jean XXII bannit
sévèrement les ornements du chant sacré.
Saint Bernard avait inséré dans les statuts de
Vordre de Citeaux la prescription suivante
cesse de souffler, toute opération offensive' sérieuse est
impossible.
Aujourd'hui, après la paie des ouvriers des usines
de compression de la compagnie de l'alfa, à Aïn-el-
Hadjar, les ateliers seront fermés.
Trois cents ouvriers et ouvrières, les derniers res-
tés, vont se trouver sans ouvrage.
Une dépêche d'Alger, du 17, annonce que le com-
mandant Dufilhol a fait fusiller cinq prisonniers
Rezaïna qui avaient fait partie des bandes de
Bou-Amema.
Nous ignorons si ce sont ceux dont il est ques-
tion dans la lettre de Saïda reproduite plus haut.
:̃ :̃•• Oran, 17 juillet.
Le transport espagnol Volcano, arrivé ici hier, re-
part demain, rapatriant 200 nationaux.
Les Hamian, restés iidèles, ont opéré une razzia im-
portante sur les contingents de Bou-Amema.
Le général Delebecque, recevant les corps consti-
tués, a promis une prompte pacification de la pro-
vince.
Un abonné du XIX<= Siècle, propriétaire dans la
province d'Oran, adresse à ce journal une lettre
dont nous extrayons les passages suivants qui
nous paraissent renfermer une appréciation assez
exacte de la situation
Misserghin, le 10 juillet 1881.
Nous traversons une année d'épreuves. Et d'abord,
1881 est une année de sécheresse, comme de mémoire
d'homme, on n'en avait vu en Algérie. Les céréales
et les fourrages sont absolument perdus, et la vigne a
tellement souffert que beaucoup de pieds s'étiolent et
meurent. La récolte des raisins, la seule qui se fera
dans la province d'Oran, sera bien petite.
L'insurrection qui se prolonge, les massacres de
Saïda qui font abandonner l'exploitation de l'alfa, in-
dustrie qui nourrissait des milliers de familles depuis
les Hauts-Plateaux jusqu'à Oran même la famine qui
commence, tout cela est fort triste et a pour consé-
quence d'aigrir les caractères.
On voit des dangers imaginaires, alors qu'il n'y en a
-que de trop réels. Les Arabes, tourmentés par la faim,
vexés par les expropriations, excités par les fanati-
ques qui vont comportant une vieille prophétie annon-
çant notre expulsion d'Afrique.cinquante ans après no-
tre arrivée, et par une année de' famine, commettent
de nombreux criines. >- *?̃• • ̃' ̃̃̃̃̃«>%?
De là à une insurrection générale il y a loin, mais
les colons, plongés eux-mêmes dans la misère, voient
tout en noir, d'autant plus facilement que le gouver-
nement ne fait absolument rien pour personne. Il pro-
met des travaux publics, des chemins de fer, etc.,
mais rien ne se fait. Les deux millions votés ne por-
teront aucun remède à la situation.
Le correspondant du XIX" Siècle conclut en
proposant divers remèdes, entre autres la mobili-
̃ sation de gomns. cavaliers indigènes, auxquels « la
solde et les vivres seraient rigoureusement distri-
bués », il croit fermement que leur fidélité n'est
qu'une affaire d'honnêteté de notre part ».
De larges secours devraient être aussi distri-
bués aux colons et aux Arabes.
Les voies et moyens, conclut-il, sont du travail par-
tout, des prêts à ceux qui offrent des garanties et, ma
foi à ceux mêmes qui n'en offrent pas.
La France ne peut laisser, aux portes de l'Europe
:'Algérie donner le même spectacle que l'Inde anglaise
où la famine a dépeuplé des provinces entières, mais
où les. Anglais avaient pour excuse l'éloignemont de
la métropole.
Le correspondant du Figaro a rencontré à Saï-
da un charretier espagnol au service de M. Cam-
pillo, nommé Martinez, échappé au massacre et
qui a été sept jours prisonnier de Bou-Amema.
Martinez est un homme de quarante ans, depuis
dix ans dans le pays et parlant l'arabe. Voici le
récit de son odyssée raconté par lui-même
Je sortais mes chevaux d'un hangar, le 11 juin,
lorsque je vis une nuée d'Arabes courir dans l'alfa.
J'entendis des cris de femmes, des coups de feu, une
série de petites escarmouches dans toute-la plaine. Au
même instant, deux cavaliers me prirent par le dos,
et, me menaçant .de leurs pistolets, m'entraînèrent,
avec mes bêtes, sous menace de mort. Mon fils était
avec moi; ils le frappèrent en lui disant de conduire
le convoi avec moi et promptement.
C'est probablement à ma qualité de charretier que
j'ai dû ne pas être tué par eux.
D'autres les rejoignirent, puis -d'autres encore; on
nous entoura, et je fus placé dans le convoi pour con-
duire les attelages qu'ils emmenaient avec eux. je m
rendis compt à ce moment, de l'étendue du pillage
et des assassinats, car nous marchions sur des morts.
On lit halte à la tin du jour au bord d'un ravin, puis
on se remit en route une nouvelle journée, puis une
troisième. Bou-Amema et ses Arabes, emmenant nos
provisions et nos femmes, ne se pressaient pas. On al-
lait tranquillement, sur une longue colonne.
Arrivés le troisième soir au bord du Chott, que
Bou-Amema devait faire passer à sa troupe le lende-
main, je demandai énergiquement aux Arabes à voir
ce chef, Je voulais luf%arler et lui demander de quel
droit il s'attaquait a de pauvres Espagnols comme
nous, Un caid soumis aux Français avait demandé
également à voir Bou-Amema.
Mais les Arabes nous dissuadèrent da tenter cette
démarche. Un vieux chef à barbe blanche, qui parais-
sait commander le peloton où je me trouvais, me dit
que si je tenais à le voir, il me conduirait à lui, mais
que Bou Amema me ferait couper la tête aussitôt. Je
n'insistai pas.
Pendant une journée encore nous restâmes au bord
• du Chott. J'ai oublié de vous dire que les Arabes nous
avaient mis tout nus avant de nous emmener, et que,
pour me couvrir la nuit, un ancien ami m'avait donné
la veste d'un chasseur d'Afrique prisonnier comme
• nous.
Je dis un ancien ami, parce que tous ces pillards ne
i sont autres que les Trafi, avec lesquels nous avons
des relations depuis dix ans. Pendant, les récoltes d'al-
3 fa, ils chargeaient nos cueillettes sur leurs chameaux.
3 Dans toute la bande de voleurs et d'assassins qui em-
menait le convoi, je rencontrais plus de dix ligures de
î chameliers, de bourriquotiers qui riaient de me voir
et me'donnaient des tapes sur la tête,
Pendant ce dernier soir, j'ai vu Bou-Amema passer il
cheval. Il est d'une taille commune, mais nullement
obèse, comme on l'a dit. Il a une belle tête de voleur
(sic) et tons les Arabes baisent son burnous. lis
croient qu'il peut tout et qu'il leur fera exécuter
beaû'coup d'autres razzias chez les Roumis.
Il a défendu qu'on nous laissât communiquer en-
s semble, et tout prisonnier fait par les Arabes -est isolé
de ses compagnons. La veille du jour où il a passé le
Chott, j'ai dit l'ancien chamelier qui m'avait passé
e la veste que nous voudrions bien nous en aller. Il a
e consulté quelques autres Trafl, anciens convoyeurs
e des chantiers aussi, et on nous a lâchés, mon fils, le
a caïd et moi. Nous sommes partis à toutes jambes vers
Frenda et Tiaret, d'où nous sommes revenus ici.
BULLETIN DE L'ÉTRANGER
DÉPÊCHES HAVAS ET RENSEIGNEMENTS PARTICULIERS
Allemagne
L'administatlon des postes de l'empire, qui, on
le sait, est une administration modèle, vient de
prendre une mesure dont se félicitent vivement
« Il faut que des hommes chantent d'une ma-
nière virile et non avec des voix aiguës et fac-
tices comme des voix de femmes ou d'une
manière lascive et légère comme des histrions.»
TI ajoute que les chantres feront bien de ne pas
chanter du nez, de ménager leur respiration et
de ne pas crier outre mesure. Cependant la ré-
forme ne s'appliqua pas à tous les ordres et,
vers le seizième siècle, la mode des broderies
et des, ornements du plain-chant reprit plus
d'empire que jamais.
Les ornements sur le texte liturgique étaient
même fort usités à la chapelle Sixtine. L'em-
ploi de la voix dé fausset était également très
commun. Le trille avait presque disparu à par-
tir du quatorzième siècle, mais à la fin du sei-
zième un chanteur de la chapelle pontificale le
remit à la mode.
Il ne s'agissait point pour les chantres du
moyen âge d'improviser au hasard des varia-
tions sur le chant; autour d'eux un choeur nom-
breux exécutait les notes écrites et obligeait le
virtuose à s'astreindre aux règles do l'harmo-
nie telles qu'elles étaient fixées à cette époque.
Au commencement du seizième siècle, l'art
du « déchant » comme on l'appelait, était
à son apogée et il se maintint ainsi pendant
plus de cent ans. Il s'exerçait sur les madri-
gaux aussi bien que sur les motets etles messes.
Le déchant devint le contre-point alla mente qui
était de .deux sortes dans la première
un seul chanteur fleurissait sa partie, tandis
que les autres chantaient la musique telle qu'elle
était écrite; dans la seconde sorte, chaque
chanteur variait sa partie, et il fallait néces-
sairement procéder avec un certain ordre pour
éviter la confusion. Dans les planches de mu-
sique qui se trouvent à la fin du volume de
M. Lemaire, on voit quelques exemples
de cette façon d'orner la musique.
Je ferai remarquer incidemment qu'il manque
un fragment d'un air de Purcell qui, d'après
page 304, devrait se trouver dans les planches
supplémentaires.
La création de l'opéra donna une importance
nouvelle à l'art du chant, qui grandit pendant
le ^ix-septième siècle, pour prendre dans le e
dix-huitième une importance exagérée au dé-
trinient des compositeurs aussi bien que de l'ac-
tion et de l'expression dramatique.
Le fait est bien connu on trouvera dans le
volume de MM. Lemaire et Lavoix l'histoire
débiilléft de ̃ flclte transformation, ainsi aue
j~~L.L~L.jj. '5~f,
les habitants des campagnes. Les facteurs ruraux
au lieu de faire leur tournée à pied, la font en voi-
ture. Les communications postales sont ainsi de-
venues infiniment plus promptes.
On a donné aux facteurs un sabre pour se dé-
fendre contre les attaques.
< Autriche-Hongrie A
La presse autrichienne examine l'importance i
que pourra avoir la prochaine entrevue de l'empe- f
reur d'Allemagne et de l'empereur d'Autriche. Le t
Fremdenblalt, journal officieux, assure que cette
entrevue n'aura pas de caractère politique propre-
ment dit.
Les journaux viennois s'occupent également ]
d'une correspondance qui a été adressée de Vienne
à la Post de Berlin, et qui parlait d'ouvertures que
l'Italie viendrait de faire à l'Autriche dans le but c
d'amener un traité entre les deux pays sir la base 1
d'uu arrangement territorial. Le correspondant de "̃
la Post ajoutait que M. de Haymerlé avait fait bon <
accueil à ces ouvertures. ]
La Presse de Vienne dit que «cette dernière <
assertion ne doit être accueillie qu'avec une ex-
trême réserve, bien que le correspondant de la 1
Post ait souvent de bons renseignements ». La i
Presse ajoute ]
En tout cas, ce qui mérite d'être remarqué, c'est la
lettre extraordinairement amicale que M. de Bismarck
a adressée à M. Mancini lors de l'entrée en fonctions
de M. Mancini comme ministre des affaire-s étran-
gères. .̃'
Angleterre
On nous écrit de Londres, 17 juillet
La discussion des articles du bill agraire sera
sans doute terminée cette semaine.
En ce moment le cabinet, qui croit fermement
le bill viable et qui se prépare à l'exécuter immé-
diatement, s'occupe de la nomination des trois
commissaires qui devront siéger dans cette espèce
de tribunal agraire, qui doit être ce grand instru-
ment de la réforme. On avait offert un siège à M.
Shaw, le député irlandais bien connu, ancien
leader du parti autonomiste, qui sait rester mo-
déré quoique home ru'er, et que les parnellistes
trouvent rétrograde. M. Shaw a refusé, parce que
le poste de commissaire entraînerait sa démission
de membre du Parlement, et que le traitement pro-
posé (50,000 francs) n'aurait pas été une compensa-
tion suffisante des sacrifices de position qu'il au-
rait dû faire. Aussi vient-on de porter le traite-
ment de 2,000 à 3,000 livres sterling (75,000 francs),
et on espère que l'attorney général pour l'Irlande,
M. Hugh Law, un des parrains du bill, acceptera
le premier siège. On annonçera mardi au Parle-
ment les noms des trois commissaires.
Hier soir s'est ouvert à Albert-Hall, sous la pré-
sidence de lord Spencer, président du conseil pri-
vé, assisté de lord Granville et de plusieurs mem-
bres du gouvernement et des deux Chambres, le
congrès international sanitaire qui doit durer jus-
qu'au milieu du mois prochain.
Au camp de Wimbledon, où ont lieu annuelle-
ment, pendant deux semaines, d'excellents con-
cours de tir que le pays suit avec intérêt, les meil-
leurs tireurs de la Chambre des lords et de la
Chambre des communes se sont mesurés hier
après-midi. L'an dernier, c'étaient les représen-
tants des communes qui avaient battu les lords,
mais pas de beaucoup de cinq points seulement,
L'usage de ce duel à la cible remonte seulement à
l'année 1862. On tire à 500 yards; chaque compéti-
teur brûle vingt cartouches. Les meilleurs tireurs
du Parlement ne sont certainement pas les ora-
teurs les plus célèbres leurs noms sont parfaite-
ment inconnus. Du reste. la lutte n'est pas très
sérieuse; ce concours n'est guère qu'une partie de
plaisir, un prétexte à excursion hors de Londres.
Le cas de M. Bradlaugh devient critique. Le dé-
puté évincé se consolait de son exclusion en pré-
parant une démarché à Westminster pour le 3
août, escorté de ses partisans qui devaient se sub-
diviser en groupes de dix, dont chacun devait
présenter une pétition en sa faveur. Le speaker
a déclaré que les pétitions ne peuvent être présen-
tées qub par l'entremise d'un membre; il n'y a
que deux cas de privilège pour la corporation de
Londres et celle de Dublin. Je me rappelle, eh ef-
fet, avoir vu le lord-maire de Dublin en manteau
rouge venir à la barre du Parlement avec des pé-
titions contre le coercion bill. Mais il paraît que
les citoyens de Londres et même le maire de Nort-
hampton n'ont pas le même droit.
l. c.
Italie
Les journaux libéraux avancés se montrent très
irrités du jugement sévère du tribunal, qui a con-
damné les jeunes gens arrêtés à la suite des mani-
festations anticléricales qui ont eu lieu pendant la
translation des cendres de Pie IX.
La Riforma s'écrie emphatiquement que les
condamnations ramènent l'Italie au moyen âge.
La Capitale se plaint ainèremeut que l'on ait
poursuivi ceux qui criaient Vive le roi mais
non ceux qui criaient Vive le pape-roi!
L' Italie, au contraire, condamne sagement la
quantité énorme demanifestations dontlesgrandes
villes de la péninsule ont été le théâtre ces temps
derniers. Le même journal donne sur les disposi-
tions du ministère les renseignements suivants
L'enquête ordonnée par le ministre de l'intérieur sur
les faits qui ont marqué la translation des cendres de
Pie IX est presque terminée.
On dit qu'une grande part de responsabilité retombe
sur les autorités de la sûreté publique aussi paraît-il
certain que le ministre prendra de sévères mesures
disciplinaires contre quelques hauts fonctionnaires.
lin attendant, l'honorable M. Depretis, d'accord avec
ses collègues du ministère, a donné des ordres sévères
pour empêcher toute sorte de manifestations. Il est
probable que pour quelque temps les concerts de la
place Colonna, point de départ des manifestations, se-
ront suspendus.
On annonce que M. Mancini a adressé à nos repré-
sentants à l'étranger une note sur les faits qui se sont
passés pendant la translation de la dépouille mortelle
de Pie IX.
Nous signalions hier la note de l'Italie relative
à un arrangement entre les Compagnies Florio et
Valéry, au sujet du procès auquel a donné
lieu l'abordage de Y Oacle-Joscvh par YQriigia.
Le Pctzt Marseillais publie sur ce même procès
la noie suivante
Nos lecteurs se rappellent qne le tribunal de Livour
ne a récemment condamné à quatre mois de prison
M. Renucci, maître d'équipage de Y Oncle- Joseph, coulé
par YOrligia. Nous apprenons aujourd'hui qne M. lle-
nucci fait appel de ce jugement, qui a profondément
surpris notre monde maritime. L'appel sera porté de-
vant le tribunal de Lucques.
D'autre part, nous parlions hier d'un arrangement à
intervenir entre les Compagnies Valéry, propriétaire de
l'Oncle-Joseph, et Florio, propriétaire de YOrligia, et
tendant à terminer à l'amiable le procès actuellement
pendant Aujourd'hui nous apprenons que les pourpar-
lers n'ont pas abouti.
Belgique
Malgré le vote de la Chambre des représentants,
qui a renvoyé un avenir iudètermitiè la solution
de la question électorale, les manifestations démo-
cratiques en faveur du suffrage universel conti-
nuent en Belgique.
Vendredi, à Vorviers, un meeting de partisans
du suffrage universel s'est terminé par le vote
l'histoire du chant en France, avec des notices
sur les principaux chanteurs français ou ita'-
liens jusqu'à jios jours. Je ferai seulement
remarquer que parmi les chanteurs de l'Opéra-
Comique on trouve les noms de Moreati-Sainti,
d'Audran et d'Hermann-Léon, tandis que Cou-
der et Mocker sont oubliés. BattaUle aussi au-
rait fort bien pu prendre place à côté.d'Her-
mann-Léon.
J'aurais désiré trouver dans la conclusion du
livre un tableau plus précis et plus complet des
causes de la décadence de l'art du chant et de
la situation actuelle. L'auteur du chapitre nous
renvoie à une brochure de Gustave Bertrand,
qui a été le premier collaborateur de M. Le-
maire c'était donc pure justice de rendre hom-
mage à sa mémoire. Quant à sa brochure, les
éléments eu sont pris do droite et de gauche;
mes feuilletons entre autres lui ont rendu des
services, quoiqu'il n'en ait rien dit c'est une
discrétion a laquelle je suis habitué. D'ailleurs,
G. Bertrand n'avait que des connaissances su-
perficielles en musique et aucune connaissance
du mécanisme vocal, ainsi que je crois l'avoir
constaté en rendant compte de sa brochure. Je
reviendrai d'ailleurs sur la décadence du chant t
dans mon prochain feuilleton, eh rendant
compte des concours publics du Conservatoire.
Depuis Rameau, pour ne pas remonter jus-
qu'à Zarlin, on n'a cessé de discuter et d'écrire e
sur l'origine ou la cause de la différence entre
les consonances et les dissonances. On n'a
même pas toujours été d'accord sur la limite
qui sépare ces deux classes d'intervalles. Deux
intervalles surtout ont été mis tantôt d'un côté
tantôt de l'autre côté de la ligne de séparation.
J'ai lu tant de dissertations sur ce sujet, se va-
lant toutes, que ce n'est pas sans une certaine
méfiance que j'en aborde une nouvelle. Pour
la première fois peut-être de ma vie, ma mé-
fiance ne s'est pas trouvée justifiée. M. Finotti
a pris pour devise (1) ces paroles de Galuppi
la Filosofia contiene la îegislazione suprema
di tulte le scienze. Par philosophie, M. Finotti
entend ici l'analyse exacte des faits ne fournis-
sant à la science que ce qui est conforme à la
vérité, avec exclusion de toutes les hypothèses
et des aperçus plus ou moins spécieux. M. Fi-
notti a scrupuleusement observé cette maxime.
(1) Consonance e dissonanze, ragionamento 'ilc-
întlon hdo hnubnm in-ia Milan nV>Q« lfti/>nf.-li.
d'une adresse de chaleureuses félicitations à M.
M. Léon Dûfuisseaux, lé député de Mons qui a
donné sa démission par suite du vote de la Cham-:
bre.
Hier, deux mille cinq cent socialistes du Bori-
nage, portant des drapeaux rouges, sont venus à
Mons pour manifester en faveur du suffrage uni-
versel.
Trois meetings devaient avoir lieu mais, dit
une dépêche de Bruxelles, les orateurs ont fait dé-:
faut et les manifestants s'en sont retournés mécon-
tents.
Tripolitaine
On télégraphie de Tripoli, 15 juillet, à l'agence'
Havas
La fête nationale a été célébrée ici avec beaucoup
d'éclat, et la part que les autorités ottomanes y ont
prise lui a. donné u_ne signification spéciale. Le gou-
verneur de la ville s'est rendu, en grand apparat, au-
consulat général; il était accompagné de deux géné
raux à cheval, en uniforme comme lui, et il était es-
corté par une compagnie d'infanterie.
Le gouverneur a donné au représentant de la France
les meilleures assurances de dévouement et de sympa-
thie pour notre pays. Cette démarche, qui a été entou-'
rée de beaucoup dë solennité, a produit un grand effet
sur la population, et contribuera d'autant plus à ame-
ner l'apaisement des esprits, qu'elle ne peut venir que1
de l'intention arrêtée de la Porte de demeurer en bons
rapports avec le gouvernement français.
t.u>>ï.A v ,SerbiQ- '"•̃̃•̃̃ ̃•
Le prince de Serbie vient de promulguer une
loi votée par la Chambre et autorisant un em-
prunt de six millions de francs dont le produit
doit servir à l'achat de cent mille fusils. Getem-
prunt sera amorti au môye>i d'un impôt extraor- }
dinaire.
Etats-Unis
L'état de M. Garfield est assez satisfaisant pour f
que les membres du cabinet aient quitté Washing-
ton hier pour vingt-quatre heures.
D'après le bulletin officiel du 17 juillet au sol?,
les médecins croient que la période critique est:
passée et que le président est hors de danger.
Un ouragan terrible a dévasté vendredi Ne"W-!
Ulm dans le Minnesota. •
Plus de cent constructions sont entièrement dé-
truites. Samedi on comptait déjà 14 personnes'
tuées et 25 blessées, mais ces chiffres augmen-:
tent d'heure en heure, à mesure que les nouvel-,
les arrivent de points éloignés visités par l'ou-
ragan.
On raconte que deux tempêtes distinctes, venant'
en sens inverse, se sont heurtées au-dessus de
New-Ulm, qui s'est trouvée ainsi au centre d'un
véritable cyclone.
L'ceuvre de dévastation n'a pas duré plus d'un
quart d'heure.
Un train du chemin de fer de Kansas-Gity à Chi-
cago, a été arrêté, dans la nuit dé vendredi, par;
13 individus qui ont tué le conducteur du train et
un passager qui leur opppsait de la résistance.
Les assaillants, après avoir chassé les employés1
des postes, ont pris 15,030 dollars et se sont enfuis'
sur des chevaux tenus prêts à l'avance.
La dépêche suivante de New-York, 17 juillet, sl-i
gnale l'apparition d'une nouvelle comète
L'Institut de Smillisonian a été informé de la dècou-;
verte, faite à. Arboh, dans le Michigan, d'une nouvella'
comète.
Ascension droite cinq heures. Déclinaison nord i
48 degrés, 8 minutes. Direction ouest. Marche
lente.
KOUYELLES DU JOUR
Ainsi que nous l'avons annoncé hier, un arrêté
d'expulsion a été signifié hier à don Carlos, en son
domicile à Paris. C'est M. Clément, commissaire
de police aux délégations judiciaires, qui est venu'
ceint de son écharpe, informer don Carlos de If
mesure qui venait d'être prise contre lui. M. Clé!
ment était assisté de son secrétaire.
Voici le texte de l'arrêté d'expulsion
MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR
7.1
Division
de la sûreté générale
2e bureau M-: _•̃;
Police des étrangers
EXPULSION
Le ministre de l'intérieur,
Vu l'article 7 de la loi du 13/21 novembre et 3 dé-
cembre 184'J, ainsi conçu
« Le ministre de l'intérieur pourra, par mesure de
police, enjoindre à tout étranger voyageant en France,
de sortir immédiatement du territoire français et la
faire conduire à la frontière »;
Vu l'article 8 de la même loi, ainsi conçu
« Tout étranger qui se serait soustrait à l'exôcutiofi
des mesures énoncées dans l'article précédent et qui,
après être sorti de France par suite de ces mesures, y
serait rentré sans permission du gouvernement, sera
traduit devant les tribunaux et condamné à un em-
prisonnement d'un mois à six mois.
»Après l'expiration de sa peine, il sera conduit à la'
frontière. »
Vu les renseignements contenus dans le rapport de
M. le préfet de police, en date du 15 juillet 1881, sur'
don Carlos, duc de Madrid
Considérant que la présence de l'étranger susdést-,
gne sur le territoire français est de nature à compro-
mettre la sûreté publique,
Arrête
Article 1er. Il est enjoint au sieur don Carlos, due:
de Madrid;
De sortir du territoire français.
Art. 2. Le préfet de police est chargé de l'exècutiofi
du présent arrêté.
Paris le lG juillet 1881.
Pour le ministre et par délégation des cultes,
Le sous secrétaire d'Etat,
Signé falliêreS.
Pour amplification
Le directeur de la sûreté générale,
Signé 'GAZELLES.
Cet arrêté est complété par la notification sui-
vante, inscrite au verso
L'an mil huit cent quatre-vingt un, le dimanche dis?
sept juillet, à une heuiv,
Nniis, Julien Clament,
Ofiicior de ia Légion d'honneur, commissaire de po«
lice de la ville de Paris, chargé des délégations spécia<
les et judiciaires;
Vu les instructions de monsieur le préfet de police,
contenues dans sa lettre de ce jour;
Avons notifié à don Carlos, duc de Madrid, l'arrêté
dont copie ci-contre;
Et pour qu'il n'en ignore lui avons laissé le présent,
Le commissaire de police des délégations
spéciales et judiciaires, CLÉMENT.
CLE:~fENT.
Voici, d'après le Figaro, les paroles qui au-'
raient été échangées entre le prétendant espagnol
et le commissaire aux délégations n
Quand il eut fini sa lecture, M. Clément demanda au,
duc de Madrid si son intention était d'obéir ou de ré-;
sister au décret du miuistre.
Vous savez bien, répondit le duc, que je n'ai pas,
les moyens de résister.
11 distingue quatre explications diverses don-
nées par les théoriciens les uns ont cherché
la différence entre les consonances et les dis-
sonances dans des rapports mathématiques
j'ai moi-même plusieurs fois traité ce sujet. A
ce genre d'explications se rattache aussi la
théorie do M. Helmholtz, qui aujourd'hui n'est
plus soutenable; M. Finotti i.'en parle pas.:
D'autres ont trouvé la cause des dissonances
dans ce qu'elles sont moins agréables à l'oreille!
que les consonances; mais il y a des accords'
dissonants qui ne sont rien moins que désagréa-
blés. D'autres encore ont défini la dissonance
un intervalle qui a besoin d'une résolution.:
C'était prendre l'effet pour la cause. D'autres
enfin ont prétendu que deux sons disspnent
quand il y a un certain choc entre eux. Préci-,
sèment, deux sons ne dissonent pas parce
qu'ils se choquent; ils se choquent parce qu'ils'.
disspnent43'est la réponse que j'ai faite il y ai
plus de (rente ans à une explication de ce;
genre donnée par Fétis.
M. Finotti, par une série de raisonnements eî
d'observations pratiques fort justes, arrive i:
une conclusion identique au fond avec la défi.
nition que je crois avoir donné le premier e'
qui est la seule irréprochable les intervalle;»
consonants sont ceux qui seuls peuvent cons-
tituer une harmonie donnant le sentiment du
repos tous les autres sont dissonants et ont be-
soin d'être suivis d'un intervalle sur le-
quel on dit qu'ils font leur résolution. Les con-
sonances sont donc tous les intervalles com-
pris dans ce qu'on appelle un accord parfait.
Certes, ces définitions ne satisferont pas les
gens qui, à tout prix, veulent approfondit
l'essence de toutes choses et même les desseins
de la providence.
Mais comme nous ne découvrirons jamais les
causes premières en musique, non plus qu'en
toute autre matière, il est plus sage d'en pren-:
dre notre parti, au lieu. de nous berner d'hy-
pothèses et de creuses formules.
M. G. Becker vient de publier une petite pla-
quette contenant quelques documents intéres-,
sants pour l'histoire des ménétriers, sous le tï-'
tre Annales de Jehan et Estienne Février, nié-,
nestriers en la cité de Gencsve. escriptes en icélle\
(quinzième siècle) (1).
J. WEBI3K.
̃ Ji
temps en Italie j'eus quelques conversations avec
des journalistes italiens qui sont, eu tête à tête,
charmants; comme les Italiens savent l'être; je
passai une journée dans le monde officiel à Rome;
j'eus recours, en un mot, à toutes les sourcesd'in-
formations qui s'offrent à un voyageur qui passe
et a besoin de voir vite. Ma première question fut
partout
Cette presse, si insultante et si haineuse, re-
crêsenle-t-eîle vraiment l'opinion?
Oui et non, me dit on. La masse du peuple,
toute remplie encore des souvenirs des guerres de
l'indépendance, aime toujours les Français pour
la part qu'ils, y ont prise, et si le suffrage univer-
sel existait chez nous, la majorité vous serait
certainement sympathique. Tout autres sont les
sentiments de ce qu'on peut appeler le pays politi
que II se compose de dix ou douze mille personnes,
qui ne sont point l'opinion, mais qui la font
à la longue, car elles disposent de la presse, et de
'la tribune. Ces politiciens, qu'ils appartiennent à
ia droite ou à la gauche, qu'ils soient catholiques
ou garibaldiens, ont un trait commun c'est qu'ils
sont profondément patriotes, et, comme tels, ils
vous jalousent et vous délestent.
Et pourquoi, bon Dieu! Chez nous, nous en
sommes toujours au mouvement généreux de 59.
Nous croyons encore à la fraternité des races
latines.
a– Je crois, me dit un de mes interlocutenrs, je
xrois qu'en France vous connaissez très mal 1 Ita-
lie et le caractère italien. M. Brachet vient de pu-
blier un livre qui vous aidera à vous renseigner.
Seulement M. Brachet s'est tenu à un point de
vue spécial, il s'est contenté de signaler ce qu il y
avait d'agressif contre la France dans l'enseigne-
ment en Italie, et de montrer que Y irrédentisme,
que nos hommes politiques désavouent du haut cle
•la tribune, est prêché officiellement dans les écoles.
C'est l'enseignement tout entier qu'il faudrait bien
connaître pour comprendre les sentiments d'un
Italien. Depuis l'école primaire jusqu'aux écoles
supérieures, il est débordé par l'histoire. Rome et
J'empire romain offrent tant de thèmes à de beaux
discours qu'instituteurs et professeurs y cher-
chent chaque jour l'occasion de briller devant
leurs élèves. Ce glorieux et formidable passé af-
fole absolument l'imagination de ce peuple. Vous
avez pu voir dans les affaires de Tunisie quelle est
chez lui la puissance des souvenirs un des argu-
ments les plus fréquemment invoqués, pour dé-
montrer qu'il ne fallait pas laisser la France s'é-
tablir à Tunis, c'est qu'il est impossioie a noiuts uc
subsister en face de Carthage. En France, cela fe-
rait rire; en Italie, cela touche tout le monde. Les
Italiens se considèrent comme les héritiers des
Romains, et, si on ne tient pas compte de cette
conviction, on ne comprendrien àleur façon d'en-
vi=a"-er les questions extérieures. Ils revendiquent
l'héritage dans son entier, et, s'ils ne rêvent point
de dominer une seconde fois le monde par la force,
ils sont du moins persuadés qu'ils sont nés pour
exercer sur lui une suprématie intellectuelle.
Tous autres Français, vous ne vous considérez
'pas comme appelés à exercer cette suprématie,
vous vous considérez tout naïvement comme
l'exerçant, et c'est ce qui vous rend insupportables
aux Italien». Quand vous croyez être aimables
pour eux, vous les criblez de coups d'épingle, la
lecture de vos journaux est une torture pour l'a-
mour-propre national. Si vous parlez de nous avec
sympathie, c'est toujours sur un ton de condes-
cendance qui nous horipile comme un père à son
fils, vous nous appelez la jeune Italie, vous nous
donnez des conseils, vous nous rappelez qu'il est
imprudent d'aller trop vite, que nous sommes pau-
vres, que notre unité n'est pas faite encore, que
nous n'avons pas encore de mœurs parlementai-
res, que ce n'est guère que dans un siècle ou deux
que nous pourrons jouer un rôle dans la politique
européenne. Vous dites cela tranquillement à des.
gens passionnés, dévorés de l'ambition d'occuper
le premier rang dans le monde. A peine êtes-vous
plus offensants quand vous vous fâchez et quand
vous nous jetez à la tête ce que vous avez fait pour
.nous.
Que faut-il en conclure? Si je voyais la
presse française tout entière montée contre une
puissance étrangère, au diapason où je trouve la
presse italienne excitée contre nous, je regarde-
rais la guerre comme inévitable.
Oh me dit-on, avec des passions beaucoup
plus profondes, les Italiens ont beaucoup plus de
sang-froid que les Français. On n'a pas été dressé
par douze cents ans d'oppression pour perdre, du
jour au lendemain, les qualités de finesse, de per-
spicacité et de prudence acquises dans ces épreu-
ves séculaires. Personne, en Italie, ne songe à une
guerre contre la France, parce que chacun sent
bien qu'en ce moment elle serait une folie. On crie
beaucoup, mais, au milieu de ce déchaînement ap-
̃pareut, personne ne perd la tête, et, si demain les
,circonstances l'exigeaient, vous verriez le ton chan-
ger immédiatement. (En effet, lorsque les démons-
trations antifrançaises ont commencé à devenir
inquiétantes en se répétant et en se multipliant, le
langage des journaux s'est fort adouci.) Et encore,
dans tout ce tapage qui vous surprend et vous in-
quiète, si vous pouviez bien pénétrer les causes,
vous verriez très probablement que le calcul y
joue un aussi grand rôle que l'amour-propre
blessé.
Le calcul est double. En premier lieu, en échauf-
pant l'opinion contre la France, on embarrasse le
ministère. C'est un excellent moyen d'opposition.
Il faut vous dire qu'ici les partis sont à peine cons-
titués ou plutôt ils ne le sont pas du tout. La Cham-
,bre des députés ressemble beaucoup à l'Italie du
quinzième siècle. Au quinzième siècle, il y avait
dans ce pays cinq ou six grands condottieres,ch'fs
de bandes dont l'intervention décidait en dernier
lieu des querelles. La politique du temps consistait
à s'assurer leur concours. Quand le pape en avait
le plus réuni, c'était lui qui l'emportait, ou bien
c'était Florence, ou Ferrare, ou Milan. Aujourd'hui
la Chambre est partagée entre cinq ou six chefs
qui ont chacun derrière eux vingt, trente ou
cinquante députés, et il n'y a pas d'autre politique
pour arriver au pouvoir que de s'en associer as-
sez pour former une majorité. Grand nombre de
députés sont sans fortune ils ne reçoivent au-
cune indemnité, et pourtant ce n'est un mystère
pour personne que beaucoup d'entre eux n'ont
d'autres ressources que celles qu'ils peuvent tirer
de leurs fonctions. Il en résulte que, dans les pour-
.parlers d'une crise ministérielle, les chefs des di-
'vers partis auxquels on s'adresse sont beaucoup
plus occupés de stipuler des avantages pour leurs
adhérents que de faire prévaloir des articles de
programme. Cela rend inintelligibles pour des
j~c~~S~M~MiB~MM'M~C~
ces; mais l'usage exclusif d'un timbre, surtout
.du timbre sombre, est très nuisible à la voix.
D'ailleurs; dans les -voyelles du langage parlé,
les timbres sont mélangés avec une grande
'variété; une prononciation correcte est, à mon
• .avis, un moyen aussi simple qu'efficace contre
l'abus d'un timbre quelconque. M. Lemaire pro-
teste avec raison contre la manie de beaucoup,
de chanteurs de chercher à grossir leurs voix
ils' ne font ainsi que les gàter par l'abus du
timbre sombre, sans leur donner plus de por-
tée, au contraire plus ils les grossissent,
plus ils leur font perdre en puissance.
Puisqu'il n'y a que deux registres princi-
paux, celui dit de poitrine et celui de tète, et
/̃ deux timbres principaux le timbre clair et le
timbre sombre, il est évident que les sons dits
de voix mixte, sont le résultat d'une modifica-
tion de l'intensité et du timbre de la voix de poi-
trine « qui fait entendre dans ce cas des sons
doux et clairs ». Le dernier mot n'est point
exact. M. Lemaire paraît hésiter à rejeter com-
plètement la définition du docteur Mandl appe-
lant sons mixtes les sons communs au registre e
de poitrine et au registre de tète.
Je puis affirmer à M. Lemaire que Mandl s'é-
tait simplement laissé induire en erreur par je
ne sais plus quels chanteurs nullement fainilia-
jrisés avec la physiologie de la voix. C'est une
des erreurs sur lesquelles j'ai réussi à l'éclairer;
si M. Lemaire, au lieu de se contenter du traité
des maladies du larynx et du pharynx, avait
consulté V Hygiène delà voix, il aurait trouvé à
la page 39 la définition suivante « On appelle
voix mixte les sons les plus élevés de la voix
de poitrine adoucis et sombres.' »
"̃ Je crois avec M. Lemaire que les exercices
proposés pour augmenter la faculté respira-
toire sont pour le moins inutiles, quand ils ne
sont pas nuisibles. A moins qu'un élève "n'ait
pris l'habitude d'un modo vicieux de respira-
tion, il faut le laisser respirer naturellement et
ne lui enseigner que la manière d'attaquer les
sons, de les soutenir, et de reprendre haleine à
propos et à son aise.
Je suis le plus souvent d'accord avec .M. Le-
maire, mais je ne le suis pas sur une question
essentielle, la pose de la voix toutes les criti-
ques qu'il fait lui-même ou qu'il emprunte à
d'autres auteurs contre ce que Garcia appelle le
coup de glotte portent à faux et ne sont en par-
tie du moins que l'effet d'un malentendu.
.Pour ai/innftr h* son. il faut d'abord asoirer
étrangers habitués à la pratique régulière du par- J
lemeiitarisme les crises ministérielles d'ici, et cela
vous explique qu'on puisse parler comme d'une
combinaison possible de réunir dans le même ca-
binet M. Crispi et M. Sella, ce qui, si les divisions
politiques correspondaient réellement à celles des
partis français, équivaudrait à former un minis-
tère où l'on mettrait ensemble M. Buffet et M.
Louis Blanc.
Dans de pareilles conditions, l'opposition ne se
soucie guère de principes, puisqu'elle n'a pas de
programme mieux délimité que le ministère. Si
une de ses campagnes réussit, son succès n'impli-
que nullement le triomphe des idées opposées à
celles qu'elle a combattues. Renverser un ministère,
c'est avant tout faire naître l'occasion de nouvelles
combinaisons où chacun espère avoir sa place. La
corde patriotique étant celle qui vibre le plus ai-
sément, l'opposition en abuse. Ce sont ses jour-
naux qui, pendant toute la campagne de Tunisie,
criaient le plus fort que c'en était fait à jamais du
prestige de l'Italie si la France s'établissait à Tu-
nis ils mettaient chaque jour le ministère en de-
meure d'agir énergiquement. Pour savoir jusqu'à
quel point on était pressé de voir l'Italie sortir de
son attitude expectante, rappelez-vous la crise du
'commencement d'avril dernier. Le ministère Cai-
roli fut renversé pour avoir tenu un langage trop
conciliant envers la France. Mais, sitôt qu'il fùt
par terre, la France fut oubliée. On combina et on
recombina pendant sept où huit jours, et finale-
ment il se trouva une majorité pour soutenir M.
Depretis, un des rares hommes qui semblent sin-
cères dans la sympathie qu'ils professent offi-
ciellement pour la France. •'̃<
Et quel autre calcul croyez-vous voir dans les
colères de la presse italienne contre la France?
Celui-ci, que, à force de parler des intérêts
de l'Italie en Tunisie, on compte y faire croire.
L'argent est trop rare en Italie pour aller tenter
fortune au dehors, et l'échec de l'appel fait par la
Compagnie Rubaltino aux capitaux italiens pour
la ligne de la Goulette est resté célèbre. N'impor-
te plus d'un Italien pense à part soi que, pour
apaiser tout ce bruit, la France pourrait songer à
une compensation.
Je me souviens de ce dernier propos dans mes
conversations avec des journalistes italiens
Par votre conduite enTunisie, me disaient-ils,
vous avez perdu à jamais l'amitié de l'Italie.
Avouez, leur répoudais-je, que nous n'en
avons jamais beaucoup joui.
Cependant, reprenaient-ils, on pourrait enco-
re s'entendre. Si vous vouliez, en Egypte.
Comme je n'étais qu'un simple reporter, sans
aucune espèce de pouvoir diplomatique, je jugeai
oiseux. de pousser la conver»atipn plus loin de ce
côté.
Les mêmes journalistes me disaient
Notre situation est admirable. Nous sommes
placés entre l'Allemagne et la France, et nous
choisirons l'alliance que nous jugerons la plus
avantageuse. Et, laissant toujours percer le bout de
l'oreille du système qui consiste à considérer qu'au
bout d'un certain temps des revendications cons-
tituent des droits, ils ajoutaient
Si nous voulions abandonner Trieste, l'Alle-
magne nous donnerait carte blanche.
Un bon Français, négociant établi depuis long-
temps à Florence et qui, déplorant comme moi l'a-
nimosité qui se développe entre les deux peuples,
avait envoyé son obole à la souscription ouverte
en faveur des victimes des manifestations anti-
italiennes et antifrançaises indistinctement, me
fit l'amitié de'm'accompagner jusqu'à la gare.
Je souhaite, me dit-il en route, que ce qui
vient de se passer vous ouvre les yeux en France.
Nous avons ce travers de nous croire aimables et
aimés, et pour beaucoup de nos écrivains l'amitié
de l'Italie est encore une chose qui va de soi-même
et sur laquelle on ne saurait discuter. Les affaires
de Tunisie ont montré ce qu'il en est. Si vous ne
voulez pas croire à l'antipathie des Italiens, soyez
au moins bien convaincu de leur parfaite indépen-
dance d'esprit dans leurs rapports avec la France
ils n'ont point d'autre guide que leurs intérêts, et
franchement nous serions mal venus à le leur
reprocher. C'est à nous de nous défaire d'une cer-
taine niaiserie sentimentale qui nous abuse trop
souvent. Ainsi, quand je vois répéter ce lieu com-
mun, que la communauté d'origine et de sàngrend
une querelle impossible entre les deux peuples, je
ne puis m'empêcher de songer au mot de Mal-
herbe.
Comment, lui disait-on, vous avez un procès
avec votre frère?
Eh répondit-il, avec qui voulez-vous donc
que j'en aie? Avec le Grand Turc? '?
LETTRES DE SUISSE
Berne, 14 juillet.
question du congrès socialiste devant le
Grand-Conseil de Zurich.
Le Grand-Conseil zuricois vient de consacrer
deux jours à la discussion du recours contre la
décision du gouvernement interdisant la réunion,
à Zurich, du congrès international des socialistes.
Cette décision avait été provoquée par une péti-
tition signée par 30,070 électeurs. Au sein du con-
seil d'Etat, une minorité composée de M. Stoessel,
conseiller national, et de M. Hauser, député aux
Etats, s'était prononcée contre la mesure et avait
même publié à ce sujet une protestation contenant
une verte critique de l'arrêté pris par leurs col-
lègues. Cet arrêté y prêtait un peu le flanc par les
considérants dont il était précédé, et qui, il faut le
reconnaître, laissaient à désirer au point de vue
de la doctrine et de la logique. Après tout, il s'a-
gissait ici essentiellement d'une question de fait et
d'opportunité. Aucun Etat n'abdiquera jamais
sa souveraineté au point d'admettre que sa
Constitution puisse être invoquée contre lui par
des étrangers, pour l'obliger à subir de la part de
ces derniers des actes qu'il envisage comme dan-
gereux pour l'ordre public ou pour ses relations
extérieures. On ne conteste à personne en Suisse
le droit de réunion, et ces jours-ci va s'ouvrir à
Fribourg le tir fédéral, qui réunira de toutes les
parties de la Suisse des milliers de citoyens armés.
Mais que des étrangers annoncent l'intention d'or-
ganiser en Suisse un grand tir international, et
s'y donnent de tons les pays rendez-vous en ariies,
il est évident que le ou les gouvernements suisses
auront à voir s'ils peuvent sans inconvénients et
sans danger tolérer une réunion semblable. Eut
̃modus m rébus.
l'air et ouvrir la bouche, sinon le son ne sort
j pas pur; en même temps, il faut fermer la glotte
| hermétiquement.
« II faut, dit 11. Lemaire avec raison, qu'a-
près avoir introduit l'air dans-les poumons,
l'élève n'en laisse échapper aucune parcelle
avant d'attaquer le son. Ce défaut, presque gé-
néral chez les commençants, a pour effet de
fatiguer la poitrine, do compromettre la respi-
ration et par suite d'empêcher de soutenir le
son. »
C'est bien mais comment faut-il attaquer le
son? M.- Lemaire veut qu'on le fasse « douce-
ment », c'est-à-dire que la glotte fermée s'ouvre
doucement Garcia, au contraire, dont la mé-
thode n'est autre chose quo la bonne méthode
italienne que lui avait transmise son père, veut
j que la glotte s'ouvre par un mouvement sec
i (j'évite le mot coup, qui est faux et prête à un
1 malentendu), semblable /à l'action des lèvres
prononçant énergiquement le p. Cette compa-
raison donne une idée exacte du mouvement à
exécuter. C'est donc fort mal à ,propos qu'on a
parlé de « pincement », voire même de « déchi-
rement » de la glotte.
Autant vaudrait parler de pincement et de
déchirement des lèvres dans la prononciation
de la lettre p. Assurément tout exercice vocal
mal fait, peut être nuisible mais il ne s'agit
I ici ni de secousses de la poitrine, ni de contrac-
tions exagérées.Tii d'étranglement du larynx
il s'agit simplement de fermer la glotte, puis
d'attaquer le son par un mouvement net de dé-
tente et à pleine voix sur la voyelle a. C'est le
seul moyen de donner à la voix la fernieté et
l'assurance nécessaires et de la faire sortir,
c'est-à-dire d'en développer la sonorité avec
toute la plénitude possible. Ce n'est pas en chau-
tant « doucement » qu'on y parviendra.
M. Lemaire traite d'une manière très détail-
lée des ornements du chant usités autrefois et
aujourd'hui; c'est un chapitre curieux, surtout
pour la lecture des anciennes partitions; la
grande majorité de ces ornements a vieilli; et
si l'on cherchait leur valeur expressive, on
n'en trouverait guère. Pourrait-on me dire,
par exemple, ce que signifie le trille ? Il
peut avoir une raison d'être dans la musique
instrumentale; mais dans la musique vocale,
.est-il autre chose qu'une affaire de virtuosité?
Encore, sur cent chanteurs de l'un ou de l'autre
sexe, quatre-vingt-dix-neuf au moins le .font
très mai ̃•"
La protestation de la minorité du conseil d'Etat
alléguait que l'interprétation donnée à l'art. 3 de
la Constitution aboutirait à priver les étrangers
établis ou non de toutes les garanties et de tous
les droits constitutionnels. « Parmi les pétitionnai-
res, ajoutait:"élle, il s'en trouve dès. milliers qui
ont cru donner leur signature à une démonstra-
tion contre les assassins nihiliaies; mais, quoiqu'il
en soit, 30,000 signatures. ne .sauraient nous obli-
ger à rendre une décision." "que nous, envisageons
comme une violation de la Constitutjo'rU'. '•-̃-
« Nous protestons donc, dans. l'intérêt de l'hon-
neur et de la dignité de notre pays, qui a été as-
sez fort jusqu'ici pour supporter la coptradiction
des idées. Depuis qu'en Suisse le peuple a mis fin
à la suprématie,; de| villes tt des classes privilé-
giées,. on a eu dans ce fait même une garantie
d'ordre et de tranquillité; toutes les opinions, sans
distinction de nationalité ont leurs représentants
par la plume, la parole ou dans les assemblées, et
chez nous, comme ailleurs, on ferait bien d'obser-
ver et de méditer .les, enseignements de l'histoire,
qui prouvent que les révolutions violentes sont
évitées dans la mesure de la latitude qu'on laisse
au combat pacifique des idée?. »
Ce qui précède vous fera comprendre sur quel
terrain le débat s'est engagé; Toutefois, comme le
conseil d'Etat est nommé directement par le peu-
ple, et ne relève pas du Grand-Conseil, la minorité
de la commission, en épousant les idées exposées
dans la protestation, était d'accord avec la majo-
rité pour écarter le recours, en"se basant sur ce
que le gouvernement avait agi dans les limites de
sa compétence. Mais elle proposait en revanche
de déclarer que son arrêté impliquait une viola-
tion de la Constitution. Cette manière de voir n'a
pas été partagée par l'Assemblée, qui par 107 voix
contre 89 a écarté le recours. On dit que l'affaire
va être portée devant le tribunal fédéral, mais il
est peu probable que les recourants y obtiennent
plus de succès. On a le sentiment, en Suisse,
qu'une réunion comme celle annoncée ne se pas-
serait pas sans provoquer des conflits, notre po-
pulation, à tort ou à raison, n'étant pas disposée
à tolérer chez nous des manifestations qui frois-
sent ses sentiments, en cherchant à imposer à la
Suisse vis-à-vis des autres pays une attitude diffé-
rente de celle que comporte sa neutralité.
TUNISIE
L'agence Havas nous communique la dépêche
suivante
Tunis, 17 juillet.
Les généraux Logerot et Maurand, avec leur état-
major, ont été présentés hier par M. Roustan au bey,
qui leur a fait un accueil bienveillant.
Le général Logerot a reçu le grand cordon du Ni-
cham, et le général Maurand les insignes de grand of-
ficier.
Un Arabe venant de Sfax raconte que Sfax avait
été sérieusement fortifié et entouré de tranchées pro-
fondes, ce qui donnerait un certain caractère de véra-
cité aux bruits que les Arabes seraient commandés
par un ancien officier algérien.
On signale une certaine agitation dans l'armée tuni-
sienne depuis quelques jours. Beaucoup de soldats, qui
sont du Sud, voudraient regagner leur foyers et re-
joindre les révoltés.
Le cuirassé italien Castelfîdardo est arrivé hier soir
à la Goulette.
La musique militaire viendra aujourd'hui pour la
première fois se faire entendre à la population tuni-
sienne. ̃ j, -£.
On nous écrit de Toulon, le 17 juillet
Trois détachements appartenant aux 14e, 78e et
107« régiments de ligne, et comprenant un effectif
de 41 officiers et 817 hommes de troupe, doivent
arriver à Toulon, par train spécial, le 18 du cou-
rant à 5 heures 45 du soir.
Un bataillon de chasseurs à pied, dont le nu-
méro n'est pas indiqué, est annoncé comme de-
vant arriver également en gare de Toulon le len-
demain 19, à 11 heures 45 du matin, ainsi que
deux sections d'artillerie.
Ces troupes seront embarquées sur le transport
l'Européen, dont la destination n'est pas connue à
l'heure où je vous écris.
La chaloupe-canonnière le Trornblon, -destinée à
surveiller la côte orientale de la Tunisie, doit en-
trer en armement le 19 de ce mois. L'artillerie de
ce petit navire, dont l'équipage sera tout au plus
de 24 hommes, est relativement formidable. Elle
se compose d'une pièce de 24 centimètres à l'avant
et d'un canon de 10 centimètres à l'arrière.
Le Tromblon, dont le tirant d'eau est très fai-
ble, est appelé, je crois, à rendre de précieux ser-
vices dans les eaux de la Tunisie il lui sera pos-
sible du moins de. s'approcher des côtes jusqu'à la
distance d'une ou deux encablures, ce qu'un autre
bâtiment de guerre n'a pu faire jusqu'ici.
Le transport de l'Etat YOtse doit se rendre pro-
chainement devant Sfax, pour y ravitailler le La
Galissonniàre et la Pique.
Indépendamment du matériel destiné à ces deux
navires, l'Oise va prendre en chargement un cer-
tain nombre de chalands canots-tambours
sorte de chalands-plats en tôle reconnus indis-
pensables pour le débarquement des troupes sur
toute l'étendue du littoral du golfe de Gabès.
Dès que la Décidée, attendue d'un moment à
l'autre de Port-Saïd, aura pu être réparée et ravi-
taillée dans notre port, elle ira renforcer l'escadre
de la Méditerranée, en ce moment mouillée entre
Sfax et les îles de Kerkennah.
J'apprends au dernier moment qu'une brigade
de 3.0U0 hommes va se concentrer à Toulon et se
tenir prête à prendre la mer au premier signal.
ALGÉRIE
Nous extrayons les renseignements suivants des
dépêches et correspondances de l'agence Havas
Saïda, 11 juillet.
Les prisonniers ramenés de Géry ville par la colonne
Daillhol viennent d'arriver à Saïda. Ils sont au nombre
de sept, dont deux soupçonnés d'être les assassins de
Weinbrenner l'un d'eux, qui a voulu s'échapper, a
été tué en route, par un sergent de zouaves. Un autre,
étantdétenu à Géry villa, a tenté d'empoisonner le puits
de la redoute.
II reste encore à Géryville plus de deux cents pri-
sonniers.
Il arrive aussi près de quatre-vingts malades ou
ècloppés.
Il est certain que Bou-Amema a avec lui un nombre
considérable de Beni-Gu.il (tribu marocaine de la fron-
tière) et des moharis (chameaux coureurs).
Le préfet d'Oran, revenu hier de Frendah à cheval,
est parti ce matin pour Oran avec le directeur de l'ex-
ploitation de l'alfa.
Les chaleurs sont accablantes sur les Hauts-Pla-
teaux les troupes souffrent beaucoup le sirocco ne
Pour la liste des voyelles, M. Lemaire, a con-
sulté les grammairiens; un fait qu'aucun d'eux
ne lui a appris, c'est que la voyelle nasale in ne
répond pas à i comme an répond à a; in est la
nasale de è, et un est la nasale, non pas de u,
mais de eu. Pour les consonnes, M. Lemaire
emploie la dénomination de consonnes guttura-
les quoiqu'il sache qu'elle est impropre. La dé-
signation vraie pour gu, h, est consonne pala-
tale M. Lemaire appelle palatales des conson-
nes dont le vrai nom est linguo-dentales.
La seconde partie du volume comprend l'his-
toire du chant; c'est; je crois, là première fois
qu'on a écrit cette histoire d'une manière spé-
ciale et détaillée; elle offre incontestablement
des renseignements très intéressants.
Nous ne pouvons rien dire de l'antiquité, si-
non que chez les Grecs le chant était en grand
honneur; nous sommes beàûcuop mieux ren-
seignés sur le moyen âge. Un fait qui étonne
au premier abord, c'est qu'il existait à cette
époque un véritable art du chant et que les
chanteurs brodaient le plain-chant comme plus
tard les chanteurs d'opéra brodaient leurs ca-
vatines et leurs airs de bravoure.
L'emploi des nuances d'intensité et de mou-
vements était pratiqué dans la musique profane
comme dans la musique religieuse. Dès le* com-
mencement du moyen âge, les Italiens eurent
une grande supériorité sur les chanteurs fran-
çais. Doués de voix plus légères et plus souples,
ils avaient su de bonne heure les exercer et,
dès le huitième siècle, la virtuosité avait été
l'objet d'une étude spéciale. C'est l'Italie qui
donna le premier exemple de la fondation d'é-
coles de chant, d8 conservatoires et de maî-
trises. On ne sait s'il en a existé dans les der-
niers siècles de l'ompive romain c'est au nom
de Grégoire le Grand que se rattache le sou-
venir do ces grandes écoles qui donnèrent
naissance à celles de France, d'Allemagne et
d'Angleterre.
Au quatorzième siècle, quand la musique
profane commença à prendre une place sé-
rieuse dans l'art, "le pape, les évêques et les
moines crurent opportun de donner plus de
gravité au chant religieux, en le dépouillant
do ses ornements. Au commencement du qua-
torzième siècle, le pape Jean XXII bannit
sévèrement les ornements du chant sacré.
Saint Bernard avait inséré dans les statuts de
Vordre de Citeaux la prescription suivante
cesse de souffler, toute opération offensive' sérieuse est
impossible.
Aujourd'hui, après la paie des ouvriers des usines
de compression de la compagnie de l'alfa, à Aïn-el-
Hadjar, les ateliers seront fermés.
Trois cents ouvriers et ouvrières, les derniers res-
tés, vont se trouver sans ouvrage.
Une dépêche d'Alger, du 17, annonce que le com-
mandant Dufilhol a fait fusiller cinq prisonniers
Rezaïna qui avaient fait partie des bandes de
Bou-Amema.
Nous ignorons si ce sont ceux dont il est ques-
tion dans la lettre de Saïda reproduite plus haut.
:̃ :̃•• Oran, 17 juillet.
Le transport espagnol Volcano, arrivé ici hier, re-
part demain, rapatriant 200 nationaux.
Les Hamian, restés iidèles, ont opéré une razzia im-
portante sur les contingents de Bou-Amema.
Le général Delebecque, recevant les corps consti-
tués, a promis une prompte pacification de la pro-
vince.
Un abonné du XIX<= Siècle, propriétaire dans la
province d'Oran, adresse à ce journal une lettre
dont nous extrayons les passages suivants qui
nous paraissent renfermer une appréciation assez
exacte de la situation
Misserghin, le 10 juillet 1881.
Nous traversons une année d'épreuves. Et d'abord,
1881 est une année de sécheresse, comme de mémoire
d'homme, on n'en avait vu en Algérie. Les céréales
et les fourrages sont absolument perdus, et la vigne a
tellement souffert que beaucoup de pieds s'étiolent et
meurent. La récolte des raisins, la seule qui se fera
dans la province d'Oran, sera bien petite.
L'insurrection qui se prolonge, les massacres de
Saïda qui font abandonner l'exploitation de l'alfa, in-
dustrie qui nourrissait des milliers de familles depuis
les Hauts-Plateaux jusqu'à Oran même la famine qui
commence, tout cela est fort triste et a pour consé-
quence d'aigrir les caractères.
On voit des dangers imaginaires, alors qu'il n'y en a
-que de trop réels. Les Arabes, tourmentés par la faim,
vexés par les expropriations, excités par les fanati-
ques qui vont comportant une vieille prophétie annon-
çant notre expulsion d'Afrique.cinquante ans après no-
tre arrivée, et par une année de' famine, commettent
de nombreux criines. >- *?̃• • ̃' ̃̃̃̃̃«>%?
De là à une insurrection générale il y a loin, mais
les colons, plongés eux-mêmes dans la misère, voient
tout en noir, d'autant plus facilement que le gouver-
nement ne fait absolument rien pour personne. Il pro-
met des travaux publics, des chemins de fer, etc.,
mais rien ne se fait. Les deux millions votés ne por-
teront aucun remède à la situation.
Le correspondant du XIX" Siècle conclut en
proposant divers remèdes, entre autres la mobili-
̃ sation de gomns. cavaliers indigènes, auxquels « la
solde et les vivres seraient rigoureusement distri-
bués », il croit fermement que leur fidélité n'est
qu'une affaire d'honnêteté de notre part ».
De larges secours devraient être aussi distri-
bués aux colons et aux Arabes.
Les voies et moyens, conclut-il, sont du travail par-
tout, des prêts à ceux qui offrent des garanties et, ma
foi à ceux mêmes qui n'en offrent pas.
La France ne peut laisser, aux portes de l'Europe
:'Algérie donner le même spectacle que l'Inde anglaise
où la famine a dépeuplé des provinces entières, mais
où les. Anglais avaient pour excuse l'éloignemont de
la métropole.
Le correspondant du Figaro a rencontré à Saï-
da un charretier espagnol au service de M. Cam-
pillo, nommé Martinez, échappé au massacre et
qui a été sept jours prisonnier de Bou-Amema.
Martinez est un homme de quarante ans, depuis
dix ans dans le pays et parlant l'arabe. Voici le
récit de son odyssée raconté par lui-même
Je sortais mes chevaux d'un hangar, le 11 juin,
lorsque je vis une nuée d'Arabes courir dans l'alfa.
J'entendis des cris de femmes, des coups de feu, une
série de petites escarmouches dans toute-la plaine. Au
même instant, deux cavaliers me prirent par le dos,
et, me menaçant .de leurs pistolets, m'entraînèrent,
avec mes bêtes, sous menace de mort. Mon fils était
avec moi; ils le frappèrent en lui disant de conduire
le convoi avec moi et promptement.
C'est probablement à ma qualité de charretier que
j'ai dû ne pas être tué par eux.
D'autres les rejoignirent, puis -d'autres encore; on
nous entoura, et je fus placé dans le convoi pour con-
duire les attelages qu'ils emmenaient avec eux. je m
rendis compt à ce moment, de l'étendue du pillage
et des assassinats, car nous marchions sur des morts.
On lit halte à la tin du jour au bord d'un ravin, puis
on se remit en route une nouvelle journée, puis une
troisième. Bou-Amema et ses Arabes, emmenant nos
provisions et nos femmes, ne se pressaient pas. On al-
lait tranquillement, sur une longue colonne.
Arrivés le troisième soir au bord du Chott, que
Bou-Amema devait faire passer à sa troupe le lende-
main, je demandai énergiquement aux Arabes à voir
ce chef, Je voulais luf%arler et lui demander de quel
droit il s'attaquait a de pauvres Espagnols comme
nous, Un caid soumis aux Français avait demandé
également à voir Bou-Amema.
Mais les Arabes nous dissuadèrent da tenter cette
démarche. Un vieux chef à barbe blanche, qui parais-
sait commander le peloton où je me trouvais, me dit
que si je tenais à le voir, il me conduirait à lui, mais
que Bou Amema me ferait couper la tête aussitôt. Je
n'insistai pas.
Pendant une journée encore nous restâmes au bord
• du Chott. J'ai oublié de vous dire que les Arabes nous
avaient mis tout nus avant de nous emmener, et que,
pour me couvrir la nuit, un ancien ami m'avait donné
la veste d'un chasseur d'Afrique prisonnier comme
• nous.
Je dis un ancien ami, parce que tous ces pillards ne
i sont autres que les Trafi, avec lesquels nous avons
des relations depuis dix ans. Pendant, les récoltes d'al-
3 fa, ils chargeaient nos cueillettes sur leurs chameaux.
3 Dans toute la bande de voleurs et d'assassins qui em-
menait le convoi, je rencontrais plus de dix ligures de
î chameliers, de bourriquotiers qui riaient de me voir
et me'donnaient des tapes sur la tête,
Pendant ce dernier soir, j'ai vu Bou-Amema passer il
cheval. Il est d'une taille commune, mais nullement
obèse, comme on l'a dit. Il a une belle tête de voleur
(sic) et tons les Arabes baisent son burnous. lis
croient qu'il peut tout et qu'il leur fera exécuter
beaû'coup d'autres razzias chez les Roumis.
Il a défendu qu'on nous laissât communiquer en-
s semble, et tout prisonnier fait par les Arabes -est isolé
de ses compagnons. La veille du jour où il a passé le
Chott, j'ai dit l'ancien chamelier qui m'avait passé
e la veste que nous voudrions bien nous en aller. Il a
e consulté quelques autres Trafl, anciens convoyeurs
e des chantiers aussi, et on nous a lâchés, mon fils, le
a caïd et moi. Nous sommes partis à toutes jambes vers
Frenda et Tiaret, d'où nous sommes revenus ici.
BULLETIN DE L'ÉTRANGER
DÉPÊCHES HAVAS ET RENSEIGNEMENTS PARTICULIERS
Allemagne
L'administatlon des postes de l'empire, qui, on
le sait, est une administration modèle, vient de
prendre une mesure dont se félicitent vivement
« Il faut que des hommes chantent d'une ma-
nière virile et non avec des voix aiguës et fac-
tices comme des voix de femmes ou d'une
manière lascive et légère comme des histrions.»
TI ajoute que les chantres feront bien de ne pas
chanter du nez, de ménager leur respiration et
de ne pas crier outre mesure. Cependant la ré-
forme ne s'appliqua pas à tous les ordres et,
vers le seizième siècle, la mode des broderies
et des, ornements du plain-chant reprit plus
d'empire que jamais.
Les ornements sur le texte liturgique étaient
même fort usités à la chapelle Sixtine. L'em-
ploi de la voix dé fausset était également très
commun. Le trille avait presque disparu à par-
tir du quatorzième siècle, mais à la fin du sei-
zième un chanteur de la chapelle pontificale le
remit à la mode.
Il ne s'agissait point pour les chantres du
moyen âge d'improviser au hasard des varia-
tions sur le chant; autour d'eux un choeur nom-
breux exécutait les notes écrites et obligeait le
virtuose à s'astreindre aux règles do l'harmo-
nie telles qu'elles étaient fixées à cette époque.
Au commencement du seizième siècle, l'art
du « déchant » comme on l'appelait, était
à son apogée et il se maintint ainsi pendant
plus de cent ans. Il s'exerçait sur les madri-
gaux aussi bien que sur les motets etles messes.
Le déchant devint le contre-point alla mente qui
était de .deux sortes dans la première
un seul chanteur fleurissait sa partie, tandis
que les autres chantaient la musique telle qu'elle
était écrite; dans la seconde sorte, chaque
chanteur variait sa partie, et il fallait néces-
sairement procéder avec un certain ordre pour
éviter la confusion. Dans les planches de mu-
sique qui se trouvent à la fin du volume de
M. Lemaire, on voit quelques exemples
de cette façon d'orner la musique.
Je ferai remarquer incidemment qu'il manque
un fragment d'un air de Purcell qui, d'après
page 304, devrait se trouver dans les planches
supplémentaires.
La création de l'opéra donna une importance
nouvelle à l'art du chant, qui grandit pendant
le ^ix-septième siècle, pour prendre dans le e
dix-huitième une importance exagérée au dé-
trinient des compositeurs aussi bien que de l'ac-
tion et de l'expression dramatique.
Le fait est bien connu on trouvera dans le
volume de MM. Lemaire et Lavoix l'histoire
débiilléft de ̃ flclte transformation, ainsi aue
j~~L.L~L.jj. '5~f,
les habitants des campagnes. Les facteurs ruraux
au lieu de faire leur tournée à pied, la font en voi-
ture. Les communications postales sont ainsi de-
venues infiniment plus promptes.
On a donné aux facteurs un sabre pour se dé-
fendre contre les attaques.
< Autriche-Hongrie A
La presse autrichienne examine l'importance i
que pourra avoir la prochaine entrevue de l'empe- f
reur d'Allemagne et de l'empereur d'Autriche. Le t
Fremdenblalt, journal officieux, assure que cette
entrevue n'aura pas de caractère politique propre-
ment dit.
Les journaux viennois s'occupent également ]
d'une correspondance qui a été adressée de Vienne
à la Post de Berlin, et qui parlait d'ouvertures que
l'Italie viendrait de faire à l'Autriche dans le but c
d'amener un traité entre les deux pays sir la base 1
d'uu arrangement territorial. Le correspondant de "̃
la Post ajoutait que M. de Haymerlé avait fait bon <
accueil à ces ouvertures. ]
La Presse de Vienne dit que «cette dernière <
assertion ne doit être accueillie qu'avec une ex-
trême réserve, bien que le correspondant de la 1
Post ait souvent de bons renseignements ». La i
Presse ajoute ]
En tout cas, ce qui mérite d'être remarqué, c'est la
lettre extraordinairement amicale que M. de Bismarck
a adressée à M. Mancini lors de l'entrée en fonctions
de M. Mancini comme ministre des affaire-s étran-
gères. .̃'
Angleterre
On nous écrit de Londres, 17 juillet
La discussion des articles du bill agraire sera
sans doute terminée cette semaine.
En ce moment le cabinet, qui croit fermement
le bill viable et qui se prépare à l'exécuter immé-
diatement, s'occupe de la nomination des trois
commissaires qui devront siéger dans cette espèce
de tribunal agraire, qui doit être ce grand instru-
ment de la réforme. On avait offert un siège à M.
Shaw, le député irlandais bien connu, ancien
leader du parti autonomiste, qui sait rester mo-
déré quoique home ru'er, et que les parnellistes
trouvent rétrograde. M. Shaw a refusé, parce que
le poste de commissaire entraînerait sa démission
de membre du Parlement, et que le traitement pro-
posé (50,000 francs) n'aurait pas été une compensa-
tion suffisante des sacrifices de position qu'il au-
rait dû faire. Aussi vient-on de porter le traite-
ment de 2,000 à 3,000 livres sterling (75,000 francs),
et on espère que l'attorney général pour l'Irlande,
M. Hugh Law, un des parrains du bill, acceptera
le premier siège. On annonçera mardi au Parle-
ment les noms des trois commissaires.
Hier soir s'est ouvert à Albert-Hall, sous la pré-
sidence de lord Spencer, président du conseil pri-
vé, assisté de lord Granville et de plusieurs mem-
bres du gouvernement et des deux Chambres, le
congrès international sanitaire qui doit durer jus-
qu'au milieu du mois prochain.
Au camp de Wimbledon, où ont lieu annuelle-
ment, pendant deux semaines, d'excellents con-
cours de tir que le pays suit avec intérêt, les meil-
leurs tireurs de la Chambre des lords et de la
Chambre des communes se sont mesurés hier
après-midi. L'an dernier, c'étaient les représen-
tants des communes qui avaient battu les lords,
mais pas de beaucoup de cinq points seulement,
L'usage de ce duel à la cible remonte seulement à
l'année 1862. On tire à 500 yards; chaque compéti-
teur brûle vingt cartouches. Les meilleurs tireurs
du Parlement ne sont certainement pas les ora-
teurs les plus célèbres leurs noms sont parfaite-
ment inconnus. Du reste. la lutte n'est pas très
sérieuse; ce concours n'est guère qu'une partie de
plaisir, un prétexte à excursion hors de Londres.
Le cas de M. Bradlaugh devient critique. Le dé-
puté évincé se consolait de son exclusion en pré-
parant une démarché à Westminster pour le 3
août, escorté de ses partisans qui devaient se sub-
diviser en groupes de dix, dont chacun devait
présenter une pétition en sa faveur. Le speaker
a déclaré que les pétitions ne peuvent être présen-
tées qub par l'entremise d'un membre; il n'y a
que deux cas de privilège pour la corporation de
Londres et celle de Dublin. Je me rappelle, eh ef-
fet, avoir vu le lord-maire de Dublin en manteau
rouge venir à la barre du Parlement avec des pé-
titions contre le coercion bill. Mais il paraît que
les citoyens de Londres et même le maire de Nort-
hampton n'ont pas le même droit.
l. c.
Italie
Les journaux libéraux avancés se montrent très
irrités du jugement sévère du tribunal, qui a con-
damné les jeunes gens arrêtés à la suite des mani-
festations anticléricales qui ont eu lieu pendant la
translation des cendres de Pie IX.
La Riforma s'écrie emphatiquement que les
condamnations ramènent l'Italie au moyen âge.
La Capitale se plaint ainèremeut que l'on ait
poursuivi ceux qui criaient Vive le roi mais
non ceux qui criaient Vive le pape-roi!
L' Italie, au contraire, condamne sagement la
quantité énorme demanifestations dontlesgrandes
villes de la péninsule ont été le théâtre ces temps
derniers. Le même journal donne sur les disposi-
tions du ministère les renseignements suivants
L'enquête ordonnée par le ministre de l'intérieur sur
les faits qui ont marqué la translation des cendres de
Pie IX est presque terminée.
On dit qu'une grande part de responsabilité retombe
sur les autorités de la sûreté publique aussi paraît-il
certain que le ministre prendra de sévères mesures
disciplinaires contre quelques hauts fonctionnaires.
lin attendant, l'honorable M. Depretis, d'accord avec
ses collègues du ministère, a donné des ordres sévères
pour empêcher toute sorte de manifestations. Il est
probable que pour quelque temps les concerts de la
place Colonna, point de départ des manifestations, se-
ront suspendus.
On annonce que M. Mancini a adressé à nos repré-
sentants à l'étranger une note sur les faits qui se sont
passés pendant la translation de la dépouille mortelle
de Pie IX.
Nous signalions hier la note de l'Italie relative
à un arrangement entre les Compagnies Florio et
Valéry, au sujet du procès auquel a donné
lieu l'abordage de Y Oacle-Joscvh par YQriigia.
Le Pctzt Marseillais publie sur ce même procès
la noie suivante
Nos lecteurs se rappellent qne le tribunal de Livour
ne a récemment condamné à quatre mois de prison
M. Renucci, maître d'équipage de Y Oncle- Joseph, coulé
par YOrligia. Nous apprenons aujourd'hui qne M. lle-
nucci fait appel de ce jugement, qui a profondément
surpris notre monde maritime. L'appel sera porté de-
vant le tribunal de Lucques.
D'autre part, nous parlions hier d'un arrangement à
intervenir entre les Compagnies Valéry, propriétaire de
l'Oncle-Joseph, et Florio, propriétaire de YOrligia, et
tendant à terminer à l'amiable le procès actuellement
pendant Aujourd'hui nous apprenons que les pourpar-
lers n'ont pas abouti.
Belgique
Malgré le vote de la Chambre des représentants,
qui a renvoyé un avenir iudètermitiè la solution
de la question électorale, les manifestations démo-
cratiques en faveur du suffrage universel conti-
nuent en Belgique.
Vendredi, à Vorviers, un meeting de partisans
du suffrage universel s'est terminé par le vote
l'histoire du chant en France, avec des notices
sur les principaux chanteurs français ou ita'-
liens jusqu'à jios jours. Je ferai seulement
remarquer que parmi les chanteurs de l'Opéra-
Comique on trouve les noms de Moreati-Sainti,
d'Audran et d'Hermann-Léon, tandis que Cou-
der et Mocker sont oubliés. BattaUle aussi au-
rait fort bien pu prendre place à côté.d'Her-
mann-Léon.
J'aurais désiré trouver dans la conclusion du
livre un tableau plus précis et plus complet des
causes de la décadence de l'art du chant et de
la situation actuelle. L'auteur du chapitre nous
renvoie à une brochure de Gustave Bertrand,
qui a été le premier collaborateur de M. Le-
maire c'était donc pure justice de rendre hom-
mage à sa mémoire. Quant à sa brochure, les
éléments eu sont pris do droite et de gauche;
mes feuilletons entre autres lui ont rendu des
services, quoiqu'il n'en ait rien dit c'est une
discrétion a laquelle je suis habitué. D'ailleurs,
G. Bertrand n'avait que des connaissances su-
perficielles en musique et aucune connaissance
du mécanisme vocal, ainsi que je crois l'avoir
constaté en rendant compte de sa brochure. Je
reviendrai d'ailleurs sur la décadence du chant t
dans mon prochain feuilleton, eh rendant
compte des concours publics du Conservatoire.
Depuis Rameau, pour ne pas remonter jus-
qu'à Zarlin, on n'a cessé de discuter et d'écrire e
sur l'origine ou la cause de la différence entre
les consonances et les dissonances. On n'a
même pas toujours été d'accord sur la limite
qui sépare ces deux classes d'intervalles. Deux
intervalles surtout ont été mis tantôt d'un côté
tantôt de l'autre côté de la ligne de séparation.
J'ai lu tant de dissertations sur ce sujet, se va-
lant toutes, que ce n'est pas sans une certaine
méfiance que j'en aborde une nouvelle. Pour
la première fois peut-être de ma vie, ma mé-
fiance ne s'est pas trouvée justifiée. M. Finotti
a pris pour devise (1) ces paroles de Galuppi
la Filosofia contiene la îegislazione suprema
di tulte le scienze. Par philosophie, M. Finotti
entend ici l'analyse exacte des faits ne fournis-
sant à la science que ce qui est conforme à la
vérité, avec exclusion de toutes les hypothèses
et des aperçus plus ou moins spécieux. M. Fi-
notti a scrupuleusement observé cette maxime.
(1) Consonance e dissonanze, ragionamento 'ilc-
întlon hdo hnubnm in-ia Milan nV>Q« lfti/>nf.-li.
d'une adresse de chaleureuses félicitations à M.
M. Léon Dûfuisseaux, lé député de Mons qui a
donné sa démission par suite du vote de la Cham-:
bre.
Hier, deux mille cinq cent socialistes du Bori-
nage, portant des drapeaux rouges, sont venus à
Mons pour manifester en faveur du suffrage uni-
versel.
Trois meetings devaient avoir lieu mais, dit
une dépêche de Bruxelles, les orateurs ont fait dé-:
faut et les manifestants s'en sont retournés mécon-
tents.
Tripolitaine
On télégraphie de Tripoli, 15 juillet, à l'agence'
Havas
La fête nationale a été célébrée ici avec beaucoup
d'éclat, et la part que les autorités ottomanes y ont
prise lui a. donné u_ne signification spéciale. Le gou-
verneur de la ville s'est rendu, en grand apparat, au-
consulat général; il était accompagné de deux géné
raux à cheval, en uniforme comme lui, et il était es-
corté par une compagnie d'infanterie.
Le gouverneur a donné au représentant de la France
les meilleures assurances de dévouement et de sympa-
thie pour notre pays. Cette démarche, qui a été entou-'
rée de beaucoup dë solennité, a produit un grand effet
sur la population, et contribuera d'autant plus à ame-
ner l'apaisement des esprits, qu'elle ne peut venir que1
de l'intention arrêtée de la Porte de demeurer en bons
rapports avec le gouvernement français.
t.u>>ï.A v ,SerbiQ- '"•̃̃•̃̃ ̃•
Le prince de Serbie vient de promulguer une
loi votée par la Chambre et autorisant un em-
prunt de six millions de francs dont le produit
doit servir à l'achat de cent mille fusils. Getem-
prunt sera amorti au môye>i d'un impôt extraor- }
dinaire.
Etats-Unis
L'état de M. Garfield est assez satisfaisant pour f
que les membres du cabinet aient quitté Washing-
ton hier pour vingt-quatre heures.
D'après le bulletin officiel du 17 juillet au sol?,
les médecins croient que la période critique est:
passée et que le président est hors de danger.
Un ouragan terrible a dévasté vendredi Ne"W-!
Ulm dans le Minnesota. •
Plus de cent constructions sont entièrement dé-
truites. Samedi on comptait déjà 14 personnes'
tuées et 25 blessées, mais ces chiffres augmen-:
tent d'heure en heure, à mesure que les nouvel-,
les arrivent de points éloignés visités par l'ou-
ragan.
On raconte que deux tempêtes distinctes, venant'
en sens inverse, se sont heurtées au-dessus de
New-Ulm, qui s'est trouvée ainsi au centre d'un
véritable cyclone.
L'ceuvre de dévastation n'a pas duré plus d'un
quart d'heure.
Un train du chemin de fer de Kansas-Gity à Chi-
cago, a été arrêté, dans la nuit dé vendredi, par;
13 individus qui ont tué le conducteur du train et
un passager qui leur opppsait de la résistance.
Les assaillants, après avoir chassé les employés1
des postes, ont pris 15,030 dollars et se sont enfuis'
sur des chevaux tenus prêts à l'avance.
La dépêche suivante de New-York, 17 juillet, sl-i
gnale l'apparition d'une nouvelle comète
L'Institut de Smillisonian a été informé de la dècou-;
verte, faite à. Arboh, dans le Michigan, d'une nouvella'
comète.
Ascension droite cinq heures. Déclinaison nord i
48 degrés, 8 minutes. Direction ouest. Marche
lente.
KOUYELLES DU JOUR
Ainsi que nous l'avons annoncé hier, un arrêté
d'expulsion a été signifié hier à don Carlos, en son
domicile à Paris. C'est M. Clément, commissaire
de police aux délégations judiciaires, qui est venu'
ceint de son écharpe, informer don Carlos de If
mesure qui venait d'être prise contre lui. M. Clé!
ment était assisté de son secrétaire.
Voici le texte de l'arrêté d'expulsion
MINISTÈRE DE L'INTÉRIEUR
7.1
Division
de la sûreté générale
2e bureau M-: _•̃;
Police des étrangers
EXPULSION
Le ministre de l'intérieur,
Vu l'article 7 de la loi du 13/21 novembre et 3 dé-
cembre 184'J, ainsi conçu
« Le ministre de l'intérieur pourra, par mesure de
police, enjoindre à tout étranger voyageant en France,
de sortir immédiatement du territoire français et la
faire conduire à la frontière »;
Vu l'article 8 de la même loi, ainsi conçu
« Tout étranger qui se serait soustrait à l'exôcutiofi
des mesures énoncées dans l'article précédent et qui,
après être sorti de France par suite de ces mesures, y
serait rentré sans permission du gouvernement, sera
traduit devant les tribunaux et condamné à un em-
prisonnement d'un mois à six mois.
»Après l'expiration de sa peine, il sera conduit à la'
frontière. »
Vu les renseignements contenus dans le rapport de
M. le préfet de police, en date du 15 juillet 1881, sur'
don Carlos, duc de Madrid
Considérant que la présence de l'étranger susdést-,
gne sur le territoire français est de nature à compro-
mettre la sûreté publique,
Arrête
Article 1er. Il est enjoint au sieur don Carlos, due:
de Madrid;
De sortir du territoire français.
Art. 2. Le préfet de police est chargé de l'exècutiofi
du présent arrêté.
Paris le lG juillet 1881.
Pour le ministre et par délégation des cultes,
Le sous secrétaire d'Etat,
Signé falliêreS.
Pour amplification
Le directeur de la sûreté générale,
Signé 'GAZELLES.
Cet arrêté est complété par la notification sui-
vante, inscrite au verso
L'an mil huit cent quatre-vingt un, le dimanche dis?
sept juillet, à une heuiv,
Nniis, Julien Clament,
Ofiicior de ia Légion d'honneur, commissaire de po«
lice de la ville de Paris, chargé des délégations spécia<
les et judiciaires;
Vu les instructions de monsieur le préfet de police,
contenues dans sa lettre de ce jour;
Avons notifié à don Carlos, duc de Madrid, l'arrêté
dont copie ci-contre;
Et pour qu'il n'en ignore lui avons laissé le présent,
Le commissaire de police des délégations
spéciales et judiciaires, CLÉMENT.
CLE:~fENT.
Voici, d'après le Figaro, les paroles qui au-'
raient été échangées entre le prétendant espagnol
et le commissaire aux délégations n
Quand il eut fini sa lecture, M. Clément demanda au,
duc de Madrid si son intention était d'obéir ou de ré-;
sister au décret du miuistre.
Vous savez bien, répondit le duc, que je n'ai pas,
les moyens de résister.
11 distingue quatre explications diverses don-
nées par les théoriciens les uns ont cherché
la différence entre les consonances et les dis-
sonances dans des rapports mathématiques
j'ai moi-même plusieurs fois traité ce sujet. A
ce genre d'explications se rattache aussi la
théorie do M. Helmholtz, qui aujourd'hui n'est
plus soutenable; M. Finotti i.'en parle pas.:
D'autres ont trouvé la cause des dissonances
dans ce qu'elles sont moins agréables à l'oreille!
que les consonances; mais il y a des accords'
dissonants qui ne sont rien moins que désagréa-
blés. D'autres encore ont défini la dissonance
un intervalle qui a besoin d'une résolution.:
C'était prendre l'effet pour la cause. D'autres
enfin ont prétendu que deux sons disspnent
quand il y a un certain choc entre eux. Préci-,
sèment, deux sons ne dissonent pas parce
qu'ils se choquent; ils se choquent parce qu'ils'.
disspnent43'est la réponse que j'ai faite il y ai
plus de (rente ans à une explication de ce;
genre donnée par Fétis.
M. Finotti, par une série de raisonnements eî
d'observations pratiques fort justes, arrive i:
une conclusion identique au fond avec la défi.
nition que je crois avoir donné le premier e'
qui est la seule irréprochable les intervalle;»
consonants sont ceux qui seuls peuvent cons-
tituer une harmonie donnant le sentiment du
repos tous les autres sont dissonants et ont be-
soin d'être suivis d'un intervalle sur le-
quel on dit qu'ils font leur résolution. Les con-
sonances sont donc tous les intervalles com-
pris dans ce qu'on appelle un accord parfait.
Certes, ces définitions ne satisferont pas les
gens qui, à tout prix, veulent approfondit
l'essence de toutes choses et même les desseins
de la providence.
Mais comme nous ne découvrirons jamais les
causes premières en musique, non plus qu'en
toute autre matière, il est plus sage d'en pren-:
dre notre parti, au lieu. de nous berner d'hy-
pothèses et de creuses formules.
M. G. Becker vient de publier une petite pla-
quette contenant quelques documents intéres-,
sants pour l'histoire des ménétriers, sous le tï-'
tre Annales de Jehan et Estienne Février, nié-,
nestriers en la cité de Gencsve. escriptes en icélle\
(quinzième siècle) (1).
J. WEBI3K.
̃ Ji
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