Titre : L'Echo de France
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1919-07-13
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32759978g
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 13 juillet 1919 13 juillet 1919
Description : 1919/07/13 (N12748). 1919/07/13 (N12748).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k1036978x
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-15395
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 28/12/2015
*
36"v ANNEE. — Nnl2.748.
10'Centime s
Édition de 5 heures
DIMANCHE 13 JUILLET 1919.
HENRY SIMOND
NO U-V ELLES îD U * MONDE *ENTIER
VAUEINblIN îSIMOIMD
FO N DAT® U B.
DIBECTECR-RÉDACTECR EM CHEF
PAUL SIMOND
OIRECTEUR-APlIIIfISTRATECB
. A B 0 H H EME H T S 46, /PlaceÆe. l'Opéra) Télépb. 402-94
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LES ÉGLISES DE LA VICTOIRE
LE DRAPEAU
des Alsaciens-Lorrains
JOURS DE GLOIRE
AU JOUR UE JOUR
Pour faire revivre
« Il n’y eut pas depuis longtemps
d’époque plus passionnée que la nôtre
pour la Beauté religieuse », écrivait en
1896 M. Maurice Denis.
A cette remarque, qui prêtait alors à
la discussion, comment ne pas sous
crire aujourd’hui ? Durant près de cinq
années, la France militante comme la
France contemplative, celle de l’avant
comme celle de l’arrière, menacées
dans leur vie même par un péril de tous
les instants, n’ont pas cessé de s’age
nouiller et de retrouver les belles priè
res des vieux âges d’épouvante et de
foi.
Pourquoi faut-il qu’un si grand nom
bre de Français, rendus à leurs origi
nes sentimentales, ne puissent plus
même découvrir l’emplacement du clo
cher natal et, n’ayant plus de toit, soient
privés de ce lieu de refuge matériel et
moral que, de tout temps, fut l’église.
Ici même, depuis 1916, une voix sin
gulièrement éloquente s’est élevée en
faveur de la grande pitié des églises
de France : « Beaucoup d’églises
étaient blessées, eh bien ! on les guéri
rait. Beaucoup étaient mortes, on les
ressusciterait... »
Répondant à cet appel, l'Œuvre de
secours aux églises dévastées est déjà
venue en aide à plus de deux cents égli
ses françaises. Bien modeste résultat, si
l’on considère ce qui reste à faire...
Mais voici qu’un concours inespéré
nous est promis.
On connaît l’activité des catholiques
américains, leur esprit d’initiative. Or,
nous apprenons que les catholiques de
New-York vont réunir une somme de
500,000 dollars pour la restauration des
églises détruites dans les régions dé
vastées de la France ; cette contribu
tion volontaire des catholiques new-
yorkais n'étant qu'une partie du projet
général élaboré par une association qui
vient d’être fondée à Washington dans
la pensée de réunir un capital de 5 mil
lions de dollars pour la reconstruction
complète de toutes les églises françai
ses détruites par la barbarie allemande.
Reconstruction complète. On sait, hé
las ! à quel point, sur tout le front de
bataille qui va de l’Alsace à la mer du
Nord, cette rééducation totale s’impose.
Problème qui n’est pas seulement d’or
dre financier et d’ordre moral, et auquel
ne sauraient s’intéresser les seuls ca
tholiques. Il est évident que la recons
truction complète des églises alsacien
nes, lorraines, champenoises, artésien
nes, flamandes, touche au plus haut de
gré tous les Français. Il n’est pas indif
férent, en effet, que le clocher de demain
offense de sa laideur prétentieuse le
village ressuscité, le site recomposé, ou
qu’au contraire il continue le clocher
roman ou gothique, auquel doit tant la
belle France.
Pour reconstruire les églises fran
çaises, des dollars, c’est bien. Des ma
tériaux et des maîtres-ouvriers, ce sera
mieux encore. Mais l’indispensable,
c’est umplan d’ensemble.
L’Etat n’ayant pas à intervenir en
l’espèce, il semble qu’une société d’Art
chrétien, la Société Saint-Jean par
exemple, qui’ a donné, à diverses repri
ses, les marques d’une méthode admi
rable, serait-seule qualifiée pour mener
à bien cette^ œuvre difficile.
Un plan d’ensemble est indispensa
ble. Il écartera l’individualisme et ses
excès, d’une tâche qui doit être avant
tout collectivè. Il imposera l’unité de
style qui n’est pas moins nécessaire.
Qu’elles prennent racine en terre lor
raine ou en terre picarde, ces blanches
églises, qui vont naître des ruines ma
ternelles, ne seront-elles pas sœurs, ne
devront-elles pas avoir une parenté de
visage, une identité de vêtements? Sans
doute, il serait vain de ne pas tenir
•compte des différences régionales, dues
à la diversité. des matériaux, des cli
mats, des coutumes, des sites. Le gothi
que lorrain ne saurait être celui des
Flandres. Ce n’en eSt pas moins le go
thique. Après- la tourmente terroriste,
où disparurent tant de sanctuaires
chrétiens, lorsque le* peuple * français
^songea à réédifiertses’ autels?détruits, il
se tourna » f tout *• naturellement vers les
temps 'desXlatacombes qu’il venait de
revivre, et il éleva, sur les plans des
premières basiliques chrétiennes, des
églises et des chapelles qui ont toutes
lin même caractère mélancolique, ex
piatoire. Aussi bien au point de vue
moral qu’au point de vue esthétique, il
importe que, dans un lointain avenir,
on puisse dire devant la plus humble
église élancée de nos ruines : — Voilà
une église de la Victoire.
Appréhendons surtout l’emploi de
matériaux qui ne sauraient convenir à
« la beauté religieuse ». Le ciment
armé, dont les applications aux monu
ments civils ne laissent pas d’être inté
ressantes, est un intrus redoutable (Pa
ris en offre des exemples), dès qu’il
s’impose dans cet édifice éminemment
traditionnel qu’est l’église. Redoutons,
comme l’a dit un critique irrévéren
cieux, d’élever des autels à « Notre-
Dame du Métro ».
Des maîtres architectes qui ont fait
leurs preuves, comme MM. Vaudremer
à Saint-Pierre de Montrouge, Charles
Girault à la crypte de Pasteur, Lucien
Magne dans sa décoration intérieure du
Sacré-Cœur, d’autres, plus hardis, plus
novateurs, mais qui gardent cependant
le goût de la mesure et de la tradition,
tels*MM. Charles Plumet et Louis Bon
nier, isont tout désignés pour arrêter les
lignes- générales d’un plan de recons
truction des églises de France.
QuYm>ne redoute point le pastiche.
D’ailfeurs^serait-il si; mauvais que l’ar
chitecte nous rappelât par son art que
là religion nationale a près de deux
mille ans d’existence ? A vrai dire, des
exemples comme ceux qu’offrent la
crypte de Pasteur et la décoration du
Sacré-Cœur, exemples qu’ignorent trop
les Parisiens, permettent d’al'firmer que
les constructeurs des églises de la Vic
toire auront sous la main une admira
ble phalange de maîtres-artisans, qui
imprimeront à l’édifice, quelle qu’en
soit la ligne générale, un caractère de
franche et naturelle nouveauté.
Des sculpteurs-imagiers comme MM.
Dampt, Bouchard, Maillol, Dérré ; ce
maître de la sculpture ornementale,
Pierre Séguin, qui, au Sacré-Cœur, a ré
solu l’habillage du chapiteau que nos dé
corateurs cherchent depuis Le Brun ; des
peintres chrétiens comme MM. Maurice
Denis et Georges Desvallières ; M. Paul
Baudoüin, pour lequel n’a plus de secret
cette fresque, à laquelle on devra recou
rir pour orner les murs des nouveaux
sanctuaires, à moins qu’on ne préfère
s’adresser au merveilleux mosaïste, Guil-
bert-Martin ; des ferronniers tels que M.
Robert ou M. Brandt, tant d’autres, suf
firont à renouveler de leur inspiration
fraîche et vive les vieux thèmes éternels,
et, pour le moins, à donner des direc
tions dont s’enrichira encore la beauté
française.
Dès maintenant, on peut prédire qu’il
n’y aura pas, pour les générations à ve
nir, de sanctuaires plus émouvants que
ces églises nées de la Grande Guerre et
de la Victoire.
Lieu de réunion autant que de prière,
l’église gothique fut toute communale.
Ces églises-là, nées des plus grandes
souffrances et de la plus glorieuse vic
toire qu’ait connues le pays, seront avant
tout nationales. Et, là encore, elles tou
cheront l’indifférent, le sceptique, voire
l’irréligieux, pourvu que cet incroyant
soit un Français.
Issue d’une église martyre, la plus mo
deste de ces églises d’un temps nouveau
sera, avant tout, un monument commé
moratif — et en quelque sorte expiatoire,
puisque le coupable aura dû y contri
buer — du plus grand crime qu’ait
connu l’humanité ; elle sera non seule
ment le sanctuaire dédié à tous ceux du
petit village qui seront tombés pour la
défense de la nation, mais aussi à tous
les morts de la grande France.
Fidélité aux traditions, culte du sou
venir, commémoration du plus immense
des sacrifices, restauration de la splen
deur morale et physique de la patrie, ne
voilà-t-il pas bien des raisons de veiller,
de tout notre cœur, à ce que ces sar&-
tuaires, dignes témoins d’un âge d’ai
rain, contribuent à ennoblir, de leur cou
ronne mélancolique et glorieuse, le beau
visage de notre France ?
RAYMOND ESCHOLIER.
SERMENTS
En célébrant la victoire,
il faudrait que tous les
Français fissent vœu d’en
conserver les magnifiques résultats et
de ne point gaspiller la réussite de l’im
mense effort. S’ils n’avaient pas cette
volonté nette, ils salueraient en vain les
drapeaux qui reviennent de la guerre
et ils s’inclineraient en vain devant 1 le
cénotaphe des morts. Même tout plein
de -gratitude, leur hommage serait une
tragique dérision : l’œuvre des survi
vants et des morts ne doit pas être per
due et ne peut pas être aventurée sans
offense pour les morts et les survivants.
Or, les suites de" la . victoire dépendent
de tout le pays, de tous les citoyens et
de chacun d’eux. AurionSHious pu avoir
une paix meilleure? C’est possible. Mais
nous avons la paix que nous avons, déjà
belle ; et une paix encore meilleure ne
nous aurait pas dispensés d’en mériter
les bienfaits par une activité continue.
'Ce qui est nécessaire d’abord et qui ne
finira point de l’être, c’est la concorde :
ou bien l’on s’épuise aux querelles. I.a
France a gagné la guerre grâce à
l’union de ses enfants : la même union
que l’on a vue dans les tranchées, sur le
champ de bataille et, tant bien que mal,
aussi à l’arrière, et qui a été la condi
tion de la victoire, est la condition de la
paix maintenue. Puis il importe que
soient généreusement consentis les sa
crifices des individus et des petits
groupes à l’intérêt supérieur de la pa
trie : l’égoïsme serait mal avisé ; la po
litique de classe tournerait au détriment
général. Et il est indispensable enfin
que l’on travaille, que chacun fasse son
métier, dans l’ordre, en bon ouvrier qui
aime son ouvrage. Si l’on cédait long
temps à l’espèce de langueur ou de pa
resse qui s’est emparée, semble-t-il, de
presque tout le monde, au lendemain de
la délivrance, le bénéfice de la victoire
se dissiperait : nos soldats auraient inu
tilement souffert et triomphé J — A. B.
L’EX-KAISER A PROMIS
DE NE PAS S’ENFUIR
Bâle, 12 juillet. . — L’agence Europa
Press annonce que le comte Bentink, dont
Guillaume II est l’hôte à Amerongen, a
déclaré que l’ex-kaiser a donné au gou
vernement hollandais sa parole de ne pas
011-11“».le château.
’’ ^'gouvernement hollandais, satisfait
de cette garantie, aurait mis fin aux me- (
sures prises pour assurer une surveillance'
•étroite de l’ex-emuereu». (Radin)
engagés volontaires
La Ligue des Patriotes offre un drapeau
à V « Association des engagés volontaires
alsaciens-lorrains, du llaut-Bhin » (grou
pement des Alsaciens qui viennent, de
faire la guerre dans les rangs de la
France).
Le dessinateur patriote Zislin est leur
président.
Maurice Barrés avait promis de porter
ce drapeau à Mulhouse et une ceremonie
publique avait été, préparée pour diman
che. Mais le président de la Ligue ne juge-
pas possible de qailter Paris au moment
des fêtes de la Victoire, et il écrit à 7Àslin
la lettre suivante :
Mon cher Zislin,
Aux vaillants soldats, honneur de Mul
house et du Haut-Rhin, qui pour la
guerre de la Délivrance se sont engagés
dans l’armée française, la Ligue des Pa
triotes est fière d'offrir leur drapeau.
Les volontaires alsaciens-lorrains ofit
rendu un immense service à la France.
E11 tournant leurs armes contre l’Alle
magne, ils ont manifesté avec une force
irrésistible que les provinces captives
continuaient d’appartenir de toute leur
âme à la mère-patrie. Rien de ce qui fut
fait pour attester la fidélité de Mulhouse,
de Colmar, de Strasbourg et de Metz 11’a
eu, aux yeux de l’univers attentif, la
puissance persuasive de ces milliers de
jeunes gens qui des rangs allemands se
jetaient avec - enthousiasme dans les
rangs français en criant : « C’est pour
la France que nous voulons nous battre
et, s’il le faut, mourir. »
« Voyez comme la France se fait ai
mer, disaient les peuples. C’est le crime
de l’Allemagne de l’avoir démembrée en
1871; ce serait notre crime à tous de la
laisser assassiner aujourd’hui : elle est
vraiment le cœur du monde. »
Volontaires alsaciens, je voulais vous
apporter ce drapeau. Je voulais en vous
le remettant vous exprimer la gratitude
française. Je me faisais la plus grande
joie de répondre à votre invitation. Mais
est-il possible qu’un représentant de Pa
ris quitte la Ville dans ce jour où elle
fête le retour des soldats ? Permettez-
moi d’être à la tête du Comité de la
Ligue, quand il portera, dimanche soir,
une palme au pied du monument des hé
ros morts pour la patrie. Parmi ces
morts glorieux, il y a tant d’Alsaciens et
de Lorrains ! Permettez-moi que je me
mêle à la foule qui acclamera le défilé
des troupes sous l’Arc de Triomphe,
Nous voulons tous les remercier du pro
fond de notre cœur pour nous avoir ren
du l’Alsace et la Lorraine.
Dans ces journées solennelles, votre
pensée sera constamment présente à
l’esprit des Parisiens. Et ces sentiments
que j’aurais voulu vous exprimer avec
l’ardeur dont vous savez la vieille fidé
lité, Mademoiselle Jeanne Déroulède les
personnifiera au milieu de vous, comme
nul de nous ne pourrait le faire.
En elle survit l’âme de Paul Déroulède,
l’âme du « Sonneur de clairon » qui ne
laissa jamais sommeiller votre protesta
tion et la réclamation de la France,
l’âme du prophète qui annonça invinci
blement, durant un demi-siècle, la vic
toire d’aujourd’hui.
Comme il vous aimait, mon cher Zis
lin ! comme il aimait par avance tous
ceux que vous avez groupée dans l’Asso
ciation du Haut-Rhin !
Je vous embrasse, cher et vaillant ar
tiste, et je vous prie de transmettre à tous
mes fraternités françaises.
MAURICE BARRES,
Le général de Castelnau
à l’Institut
A runanimité des merùbres présents, le
général de Castelnau a été élu membre
libre de l’Académie des Beaux-Arts, en
remplacement, de M. Lafefiestre, décédé.
L’installation du glorieux défenseur du
(Phot. « Echo de Paris »)
Grand-Couronné aura lieu au cours d’une,
des prochaines ^séances.
En Jln de * séance,Ae prix Eslrade-Del-
cros (8.000' ,, francs,) a^été attribué à M. Si
mon. ^ "
Les pouvoirs publics ont pris une
juste mesure en supprimant toute tri
bune pour le public et en lui laissant li
bre l’immense espace des avenues et des
places ; mais cette mesure ne vaudra
que si toute la population comprend son
devoir.
Tout laisse prévoir une assistance
énorme et telle qu’il n’en aura jamais
été assemblée sur une route de Paris. Il
faut, pour conserver à ce triomphe sa
beauté et sa solennité, un ordre absolu.
C’est-à-dire que chacun doit faciliter,
dans la mesure qui lui sera possible, la
besogne du service d’ordre. *On ne de
vra à aucun moment oublier que ceux
qui défilent ont subi de dures disci
plines et ne cesser de s’inspirer de leur
exemple. Les hommes devront veiller à
ce que les mutilés, les femmes, les en
fants demeurent à l’abri des bouscula
des. Chacun observera ce qu’une telle
manifestation lui commande de joie or
donnée, et maîtresse de soi. La popula
tion française saura, à cette occasion,
montrer, par la dignité de sa tenue
qu’elle a bien mérite la gloire qu’elle
célèbre.
Les aviateurs défileront
Hier matin, notre collaborateur Guy de
Lubeüsac, qui fut pendant la guerre un de
nos plus glorieux aviateurs, avait adressé
un appel afin que la cinquième arme, qui
fut si durement et si magnifiquement
éprouvée durant cinq années, soit digne
ment représentée dans le cortège de la
Victoire.
Cet appel a été entendu, et lundi matin,
une délégation de 80 aviateurs, conduite
par le général Duval, prendra part au dé
filé.
Fonek, entouré des principaux « as »,
parmi lesquels la foule saluera spéciale
ment Nungesser, Heurteaux, Madon, por
tera le drapeau de l’aéronautique.
Une place sera faite égaleraient aux mé
caniciens de l'aviation, qui le méritent
bien, car c’est souvent leur dévouement
obscur qui assura le succès des chasses ou
des- bombardements fameux.
Les territoriaux à l’honneur
Les territoriaux n’ont pas été oubliés.
Des ordres ont été donnés il y a dix jour9
pour qu’en outre des gardes d’honneur ré
glementaires des drapeaux des régiments
territoriaux, le défilé de la Victoire com
prenne également une compagnie de terri
toriaux dès plus vieilles classes, convo
qués à cet effet par le gouvernement mili
taire de Paris.
La légion étrangère
Par un égard particulier pour la légion
étrangère, il a été décidé que les 3 dra
peaux des 1 er et 2 e étrangers et du régiment
de marche de la légion, seraient escortés
par un détachement de légionnaires re
présentant les nations qui, dès le début
de la guerre, se sont unies à la France.
Les drapeaux dans les mairies
Devant la mairie de chacun des vingt
arrondissements de Paris, on peut voir,de
puis hier soir, des soldats en casque et
tenue bleu horizon, tous décorés — au
moins de la Croix de guerre — et qui, assis
sur un banc ou sur un petit mur, devisent
gaiement entre eux : ce sont des faction
naires.
Pourquoi ce poste de garde ? Parce que
la mairie a l'honneur d’abriter tous les
drapeaux du corps d'armée dont le numé
ro est le même que celui de l'arrondisse
ment.
Ainsi, dans le cabinet du maire du IX e
arrondissement, rue Drouot, sont placés,
sous la.garde d’un factionnaire, baïonnette
au canon, les trente-deux drapeaux ou
étendards, déchirés, maculés et très déco
rés du 9 e corps qui, commandé par le gé
néral Garnfer-Duplessix, se distingua aux
deux Marne et sur l’Yser,
A la mairie du II e sont les drapeaux du
2 fc corps, commandé par le général Philip
pot, et qui se couvrit de gloire sur presque
tous les points du front.
A la mairie du I er , sont les drapeaux du
I e * corps, commandé par le général Nollet
et qui fut admirable de vaillance en Bel
gique et à Verdun.
Chaque mairie a sa part dès glorieux
emblèmes
Les drapeaux et étendards de l’armée
française sont donc, en ce moment, et pour
un jour encore, réunis tous dans les. mai
ries parisiennes et celles des communes
de la banlieue^immédiate — où l’on a placé
les drapeaux des fusiliers marins et des
troupes coloniales.
Les hommes qui appartiennent à la
garde de chaque -drapeau sont logés, les
uns*dans les«éooles, d’autres dans des hos
pices, des dispensaires.
Tous nous ont dit leur joie d’avoir été
désignés — ce sont les titulaires du plus
grand nombre de citations qui ont été
choisis,— pour accompagner à Paris le
drapeau de leur régiment et prendre part,
à ses côtés, à l’apothéose du 14 Juillet,
après avoir souffert et lutté si longtemps
pour sa gloire-
Les dernières mesures d’ordre
La suppression des tribunes sur la place
dè l’Etoile et dans l'avenue des Champs-
Elysées a entraîné certaines modifications
dans les mesures d’ordre prévues pour la
soirée du 13 juillet et lu matinée du 14.
Pour la veillée funèbre qui commencera à
b. 30, mie compagnie d’honneur encadrera
l’Arc de Triomphe : en feront partie des dé
tachements de cuirassiers, dragons, chas
seurs a cheval, hussards, artilleurs à pied,
sapeurs, marins, zouaves et fantassins.
L’accès de la place de l'Etoile sera autori-
33 par l’avenue Kléber, ia sortie par l’avenue
db Wagram. De« barrages seront établis
pour canaliser la foule admise à défiler de
vant le « monument aux Morts ».
Au cours de la soirée et de la nuit, mi ser
vice d’ordre spécial sera organisé pour gar
der les tribunes officielles et. permettre la
mise en place des derniers détails de la dé
coration.
C’est à 5 b. 30 du matin, le 14 juillet, que
le service général, chargé d’assurer l’ordre
su v le parcours du défilé militaire, prendra
ses emplacements.
Dans l'avenue des Champs-Elysées, la fou
ie ne pourra traverser les barrages, avant
le défilé, qu'à la hauteur des rues Pierre-
Charron La Boétie.
Les stations du métropolitain qui 11’ouvri-
ront pas ce matin-là sont les suivantes :
Champs-Elysées, Marbouf, Alma, Etoile, Por-
fe-Maïl|oî, Kléber, Madeleine, République.
accès à ta /dation de l'Opéra se fera par la
rue Scribe. Les stations de la Concorde et
d’Obligado, ouvertes à 5 h. 30 au puhLic, fer
meront dès que l'aftluence le nécessitera.
Aucun tramway ni autobus 11e foifctionne-
ront sur les lignes qui coupent le parcours.
Sur la tombe de Déroulède
La Ligue des Patriotes dépose ce matin
une palme sur le tombeau de Paul Dérou
lède, à la Cellé-Saint-Cloud.
Mlle J. Déroulède est revenue de l’Al
sace, où elle se trouvait, pour assister à
cette touchante cérémonie.
La sœur du grand patriote, après avoir
assisté le lundi 14 juillet; au défilé de la
Victoire, recevra toute la journée, 50, bou
levard Malesherbes, les délégations de Li
gueurs, les amis de Paul Déroulède et les
poilus qui viendront saluer en elle la glo
rieuse mémoire de l’apôtre de la Revanche.
Les fêtes de nuit
Demain, à 21 heures, un cortège lumi
neux d’environ un kilomètre de long, par
tira du Grand Palais.. Les motifs lumineux
seront portés par 800 soldats. Le cortège
parcourra la place de la Concorde, la rue
de Rivoli, le Pont-au-Cliange, la place et
le houlevax'd Saint-Michel, le boulevard
Saint-Germain et le quai d'Orsay.
A 22 heures, embrasement des’ berges
de la Seine, du pont des Arts, de la place
de la Concorde, des Buttes-Chaumont, de
Notre-Dame, de l'Ecole Militaire, de
l’Hôtel de Ville, du Trocadéro et des
Tuileries.
Les feux d’artifice dont nous avons in
diqué les emplacements, seront tirés à
22 h. 1/4. Aussitôt la dernière fusée, les
feux de joie seront allumés en même
temps que les flammes de bengale qui
doivent figurer l’embrasement des prin
cipaux édifices.
FÊTE DES MARÉCHAUX
A L’HOTEL DE VILLE
Après la fêle sportive des Tuileries, les
maréchaux et les membres du gouverne
ment se rendront à l’Hôtel de Ville pour
la remise des épées d'Jïonneur aux maré
chaux.
Sur la place de l’Hôtel-de-Ville seront
massés 1,700 soldats et 16 drapeaux.
Le président de la République, retour
d’Amiens par la gare du Nord, vers 18
heures, se rendra à l’Hôtel de Ville par
la rue de Compiègne, les boulevards Ma
genta, de Strasbourg et de Sébastopol, et
l'avenue Victoria.
C’est le président du Conseil municipal
qui remettra les épées aux maréchaux.
Puis aura lieu la cérémonie militaire (re
mise des fourragères) sur la place.
Le Président de la République et tous
les invités pénétreront dans l’Hôtel de
Ville, suivis des soldats, qui déposeront
leurs fusils dans la salle Saint-Jean.
L’HOMMAGE DE VERSAILLES
AU MARÉCHAL FOCH
(De notre correspondant particulier)
Versailles, 12 juillet. — Le président de
la République et Mme Poincaré sont arri
vés au château à 2 h. 55. Ils ont été reçus
par M. Vitry, préfet de Seine-et-Oise ;
M. Poirson, sénateur ; MM. Prat et Cor-
nudet, députés ; le général Fillion, com
mandant le département de Seine-et-
Oise ; les généraux Fayolle, Gouraud et
Berdoulal.
Le cortège s'est immédiatement endu
a la Galerie des Batailles, où devait avoir
lieu la remise d’un laurier d’honneur of
fert par souscription au maréchal Focli.
Aux personnalités déjà citées s’étaient
joints Mgr Gibier, évêque de ■ Versailles,
Legrand, ancien sénateur,président* d’hon-
neur du comité de l'Action—sociale de
Seine-et-Oise.
Le maréchal Pétain, les généraux Be-
lin, Bliss, Conneau ; Mme Poincaré, Mme
la maréchale Foch, le général Weygand,
M. Poirson, sénateur ; M. Henry Simon,
maire de Versailles, et les députés de
Seine-et-Oise.
M. Legrand, président du comité de
souscription, a présenté la maquette du
bas-relief, œuvre de M. Georges Bertrand,
peintre versaillais. La chorale de Versail-
îës a chanté V « Hymne au maréchal
Foch », puis M. Raymond Poincaré a
rendu un éloquent hommage au maré
chal. Il a rappelé son rôle au cours de la
guerre jusqu’au moment où il fut nommé
généraliseime. Le président a ajouté :
Vous voilà maître des événements. C'est vous
maintenant qui imposez votre loi à l'armée al
lemande. Vous martelez, d’une extrémité à
l’autre, par une série ininterrompue de coups
vigoureux, la façade déjà, lézardée des forces
ennemies. Vous n'accordez plus de répit à vo
tre adversaire ; vous ne le laissez pas respirer
Il se retire ; vous le suivez. Il précipite sa re
traite : vous le talonnez. Il commence à se dé
bander, vous le bousculez. Il n'a plus d'au
tre ressource que de reconnaître notre victoire
et de solliciter l'armistice. C’est, fini. L'Allema
gne, réduite à demander merci, vient à vous,
s'incline devant votre supériorité et signe sa
capitulation.
Monsieur le Maréchal,l’admiration et. la gra
titude que cette épopée vous a values en Fran
ce et dans les pays alliés trouvent aujourd’hui
à Versailles, l'occasion de se manifester sans
apparat, avec une sincérité cordiale qui n’est
pas pour vous déplaire. Moi qui vous ai vu à
l'œuvre, j'ai tenu à remercier les habitants de
Seine-et-Üise de leur patriotique initiative et
il m’est doux de pouvoir joindre à l’hommage
qu’ils vous offrent mes ardentes félicitations.
Au milieu de l'émotion générale, M
Poincaré donne l’accolade au maréchal,
qui remercie en quelques phrases simples
qui touchent profondément l’assistance,
LA GRÈVE DES GARÇONS DE CAFÉ
EST TERMINÉE
L’Union syndicale des restaurateurs et
limonadiers, la phambre syndicale des
bouillons-restaurants à prix fixes de Pa
ris ont eu une réunion hier après-midi,
au ministère du travail, avec le Syndicat
ouvrier.
Après un échange de vues, sur l'inter
vention de M. tolliard, ministre du tra
vail, les représentants des diverses orga
nisations sont, tombés d'accord sur les mo
dalités d'application de la loi de 8 heures.
Cet accord met fin à la grève-
Tous les établissements seront ouverts
dès aujourd’hui dimanche.
Les autres revendications feront l’ob-
iet de poumarleiB ultérieurs.
les régions dévastées
MM. POINCARÉ ET KLOTZ A AMIENS
Il y a exactement huit jours, M. Cle
menceau 'parcourait les régions dévastées
de VAisne et s'engageait, après avoir con
sulté les populations, à prendre^ les me
sures les plus rapides et les plus effica
ces afin de reconstituer: les malheureux
pays et porter une aide Urgente à l'œu
vre de réédification entreprise par leurs
vaillants habitants.
Et aujourd'hui, M. Klotz sera aux cô
tés de M. Raymond Poincaré, •à Amiens,
où le chef de l'Etat, accompagné 'du mi
nistre des finances, présidera le banquet
de clôture du Congrès 'des maires des
villes et villages libérés de la Somme.
M. Poincaré remettra solennellement
la croix de la Légion d'honneur à la ville
d'Amiens.
A cette occasion, le président de la Ré
publique prononcera un important dis
cours.
MM. Poincaré et Klotz seront de re
tour à Pâtis assez à temps pour assister
à la fête des maréchaux, à l'Hôtel de
Ville.
Le 21 grève générale?
La grève des garçons de cafés, hôtels
et restaurants est terminée. On pourra
manger et boire pendant les fêtes de la
Victoire. Tout va bien. Mais, il reste le
point Aty'tr du lundi suivant : Au moment
où les travailleurs comme les bourgeois
savent qu'il faut produire, produire et
encore produire afin de nous remonter,
et de faire baisser le prix de la vie, va-
t-on désorganiser la vie économique de la
France pendant la journée du lundi 21 f
Je sais bien que les organisations syn
dicales, en dépit de Vappel adressé aux
cheminots et aux employés des Postes
par MM. Claveille et Clémentel, décla
rent qu'elles ne tiendront pas compte \’dë
ces avertissements.
Les vrais syndiqués sont fatigués dê
ces grèves successives. Ce n'est un pnys-
tère pour personne.
Il se peut —■ et il suffit pour cela de
lire entre les lignes l'article de M. Cachin
et. les déclarations de M. Dumoulin pa
rus hier dans /'Humanité — que la grève
projetée perde de son opportunité aux
yeux des organisateurs, par, suite des me
sures prises par le gouvernement pour,
diminuer le coût de la vie.
D'autre part, des paroles 'énergiques
ont été prononcées, il y a trois ou quatre
jours, à la réunion de la commission
exécutive de l'Union des Syndicats, pré
sidée par M. Millerat. M. Jaccoud, des
électriciens, a déclaré qu'il n'est pas en
son pouvoir de faire chômer les ouvriers
de l'électricité, des métros et autobus,
dont le délégué syndical Raoul ne s'est
pas encore prononcé.
Un des représentants les plus autorisés
de la C.G.T., M. Perrot, a ^prononcé des
paroles pleines de sagesse, voire de phi
losophie :
« Nous allons.sinon à un échec com
plet, du moins à unédemi-succès. Il est
vrai que ce denü-succès^nousd'obtien
drions par nos propres moyenspuisque
les patrons ne fermeront pas leurs usines
comme au 1 er mai.
» Mais, si nous marchons à un four,
eh bien ! nous serons guéris deda mala
die de ta grève générale t Les Anglais
sont bien plus sages que nous et ils nous
le prouvent ! »
x MARCEL HUTIN.
L’ARMÉE FRANÇAISE
Notre illustre collaborateur M. Paul
Bourget a publié dans Z’Illustraticm, du
«> juillet une page magistrale de laquelle
nous extrayons ces lignes où il a glorifié
l armée française :
La France vaincu. Comment ? —
« Par son armée », répondraient le pe
tit garçon et la petite-fille de la rue, si
on les interrogeait. « Opinions saines
du peuple », disait Pascal. Traduisez
cette naïve réponse.-Toute- la leçon de9
événements s’y trouve.contenue. Ce que
la France a faitmous montre-ce qu’elle
doit faire pour * préserver le fruit du
sanglant elTort. Elle a vaincu par,- ou
mieux, dans son armée, et .l’Allemagne,
elle, a été vaincue dans soil armée.*A la
veille du conflit, il semblait «bien que
tout au contraire son armée fût la’par-
tie forte de l’Allemagne et la nôtre la
partie faible de lp, France. Essayons de
comprendre pourquoi l’épreuve de la
réalité a démenti le pronostic le plus
vraisemblable.
Une armée, c’est, avant tout, un corps
d'officiers, un cadre. Enrôlez des hom
mes par centaines de mille, et coura
geux, si vous ne les encadrez pas, yous
n’aurez qu’une liorde. Tant vaut le ca
dre, tant valent ceux qui s’y rangent.
Cette loi du cadre, les Allemands la
connaissaient, et ils l’appliquaient ri
goureusement. Ils imposaient à leurs
officiers un entraînement intense, et,
pour les recruter mieux, ils attachaient
à ce rang des prérogatives de tout genre.
Ils méconnaissaient une autre loi, à sa
voir que^tout métier — et le métier mi
litaire plus que tout autre — doit avoir
sa mystique, sa profonde significatioa
morale, qu’il doit enrichir l’âme de •ce
lui qui l’exerce. Cette mystique, lesA>i-
liciers allemands l’avaient perduerNous
nous imaginions, trompés par r *ine pa
rade tout extérieure, que leur grand état-
major cultivait ce type idéal dursoldat»
si nécessaire à la civilisation puisqu’il
incarne ces deux vertus maîtresses : U
36"v ANNEE. — Nnl2.748.
10'Centime s
Édition de 5 heures
DIMANCHE 13 JUILLET 1919.
HENRY SIMOND
NO U-V ELLES îD U * MONDE *ENTIER
VAUEINblIN îSIMOIMD
FO N DAT® U B.
DIBECTECR-RÉDACTECR EM CHEF
PAUL SIMOND
OIRECTEUR-APlIIIfISTRATECB
. A B 0 H H EME H T S 46, /PlaceÆe. l'Opéra) Télépb. 402-94
Adresse téléfTapbique : ÉCH O RIS-PARI S Rédaction et Administration : 6, PLACEOE JL’OPERA (9®) Adresse télégraphique : ËCHORIS-PARIS Seine «t Seuiü-et-Oise.. CmoisRCr. 6 mois jl 5.50 *1 an 30fr.
" UaionjPostale . — lOtr. — 18 fr. — 35 ft.
TÉLÉPHONE : Rédacteur en cheî. 101-52. — Administrateur, 102-45. — Rédaction. 102-79. — Entre minuit et 5 heures du matin. 101-5Ô pour lapubucitL s'adresser Société <ùcbo de Pam-PuiiUcité». 20.tu*i4P*ietar
LES ÉGLISES DE LA VICTOIRE
LE DRAPEAU
des Alsaciens-Lorrains
JOURS DE GLOIRE
AU JOUR UE JOUR
Pour faire revivre
« Il n’y eut pas depuis longtemps
d’époque plus passionnée que la nôtre
pour la Beauté religieuse », écrivait en
1896 M. Maurice Denis.
A cette remarque, qui prêtait alors à
la discussion, comment ne pas sous
crire aujourd’hui ? Durant près de cinq
années, la France militante comme la
France contemplative, celle de l’avant
comme celle de l’arrière, menacées
dans leur vie même par un péril de tous
les instants, n’ont pas cessé de s’age
nouiller et de retrouver les belles priè
res des vieux âges d’épouvante et de
foi.
Pourquoi faut-il qu’un si grand nom
bre de Français, rendus à leurs origi
nes sentimentales, ne puissent plus
même découvrir l’emplacement du clo
cher natal et, n’ayant plus de toit, soient
privés de ce lieu de refuge matériel et
moral que, de tout temps, fut l’église.
Ici même, depuis 1916, une voix sin
gulièrement éloquente s’est élevée en
faveur de la grande pitié des églises
de France : « Beaucoup d’églises
étaient blessées, eh bien ! on les guéri
rait. Beaucoup étaient mortes, on les
ressusciterait... »
Répondant à cet appel, l'Œuvre de
secours aux églises dévastées est déjà
venue en aide à plus de deux cents égli
ses françaises. Bien modeste résultat, si
l’on considère ce qui reste à faire...
Mais voici qu’un concours inespéré
nous est promis.
On connaît l’activité des catholiques
américains, leur esprit d’initiative. Or,
nous apprenons que les catholiques de
New-York vont réunir une somme de
500,000 dollars pour la restauration des
églises détruites dans les régions dé
vastées de la France ; cette contribu
tion volontaire des catholiques new-
yorkais n'étant qu'une partie du projet
général élaboré par une association qui
vient d’être fondée à Washington dans
la pensée de réunir un capital de 5 mil
lions de dollars pour la reconstruction
complète de toutes les églises françai
ses détruites par la barbarie allemande.
Reconstruction complète. On sait, hé
las ! à quel point, sur tout le front de
bataille qui va de l’Alsace à la mer du
Nord, cette rééducation totale s’impose.
Problème qui n’est pas seulement d’or
dre financier et d’ordre moral, et auquel
ne sauraient s’intéresser les seuls ca
tholiques. Il est évident que la recons
truction complète des églises alsacien
nes, lorraines, champenoises, artésien
nes, flamandes, touche au plus haut de
gré tous les Français. Il n’est pas indif
férent, en effet, que le clocher de demain
offense de sa laideur prétentieuse le
village ressuscité, le site recomposé, ou
qu’au contraire il continue le clocher
roman ou gothique, auquel doit tant la
belle France.
Pour reconstruire les églises fran
çaises, des dollars, c’est bien. Des ma
tériaux et des maîtres-ouvriers, ce sera
mieux encore. Mais l’indispensable,
c’est umplan d’ensemble.
L’Etat n’ayant pas à intervenir en
l’espèce, il semble qu’une société d’Art
chrétien, la Société Saint-Jean par
exemple, qui’ a donné, à diverses repri
ses, les marques d’une méthode admi
rable, serait-seule qualifiée pour mener
à bien cette^ œuvre difficile.
Un plan d’ensemble est indispensa
ble. Il écartera l’individualisme et ses
excès, d’une tâche qui doit être avant
tout collectivè. Il imposera l’unité de
style qui n’est pas moins nécessaire.
Qu’elles prennent racine en terre lor
raine ou en terre picarde, ces blanches
églises, qui vont naître des ruines ma
ternelles, ne seront-elles pas sœurs, ne
devront-elles pas avoir une parenté de
visage, une identité de vêtements? Sans
doute, il serait vain de ne pas tenir
•compte des différences régionales, dues
à la diversité. des matériaux, des cli
mats, des coutumes, des sites. Le gothi
que lorrain ne saurait être celui des
Flandres. Ce n’en eSt pas moins le go
thique. Après- la tourmente terroriste,
où disparurent tant de sanctuaires
chrétiens, lorsque le* peuple * français
^songea à réédifiertses’ autels?détruits, il
se tourna » f tout *• naturellement vers les
temps 'desXlatacombes qu’il venait de
revivre, et il éleva, sur les plans des
premières basiliques chrétiennes, des
églises et des chapelles qui ont toutes
lin même caractère mélancolique, ex
piatoire. Aussi bien au point de vue
moral qu’au point de vue esthétique, il
importe que, dans un lointain avenir,
on puisse dire devant la plus humble
église élancée de nos ruines : — Voilà
une église de la Victoire.
Appréhendons surtout l’emploi de
matériaux qui ne sauraient convenir à
« la beauté religieuse ». Le ciment
armé, dont les applications aux monu
ments civils ne laissent pas d’être inté
ressantes, est un intrus redoutable (Pa
ris en offre des exemples), dès qu’il
s’impose dans cet édifice éminemment
traditionnel qu’est l’église. Redoutons,
comme l’a dit un critique irrévéren
cieux, d’élever des autels à « Notre-
Dame du Métro ».
Des maîtres architectes qui ont fait
leurs preuves, comme MM. Vaudremer
à Saint-Pierre de Montrouge, Charles
Girault à la crypte de Pasteur, Lucien
Magne dans sa décoration intérieure du
Sacré-Cœur, d’autres, plus hardis, plus
novateurs, mais qui gardent cependant
le goût de la mesure et de la tradition,
tels*MM. Charles Plumet et Louis Bon
nier, isont tout désignés pour arrêter les
lignes- générales d’un plan de recons
truction des églises de France.
QuYm>ne redoute point le pastiche.
D’ailfeurs^serait-il si; mauvais que l’ar
chitecte nous rappelât par son art que
là religion nationale a près de deux
mille ans d’existence ? A vrai dire, des
exemples comme ceux qu’offrent la
crypte de Pasteur et la décoration du
Sacré-Cœur, exemples qu’ignorent trop
les Parisiens, permettent d’al'firmer que
les constructeurs des églises de la Vic
toire auront sous la main une admira
ble phalange de maîtres-artisans, qui
imprimeront à l’édifice, quelle qu’en
soit la ligne générale, un caractère de
franche et naturelle nouveauté.
Des sculpteurs-imagiers comme MM.
Dampt, Bouchard, Maillol, Dérré ; ce
maître de la sculpture ornementale,
Pierre Séguin, qui, au Sacré-Cœur, a ré
solu l’habillage du chapiteau que nos dé
corateurs cherchent depuis Le Brun ; des
peintres chrétiens comme MM. Maurice
Denis et Georges Desvallières ; M. Paul
Baudoüin, pour lequel n’a plus de secret
cette fresque, à laquelle on devra recou
rir pour orner les murs des nouveaux
sanctuaires, à moins qu’on ne préfère
s’adresser au merveilleux mosaïste, Guil-
bert-Martin ; des ferronniers tels que M.
Robert ou M. Brandt, tant d’autres, suf
firont à renouveler de leur inspiration
fraîche et vive les vieux thèmes éternels,
et, pour le moins, à donner des direc
tions dont s’enrichira encore la beauté
française.
Dès maintenant, on peut prédire qu’il
n’y aura pas, pour les générations à ve
nir, de sanctuaires plus émouvants que
ces églises nées de la Grande Guerre et
de la Victoire.
Lieu de réunion autant que de prière,
l’église gothique fut toute communale.
Ces églises-là, nées des plus grandes
souffrances et de la plus glorieuse vic
toire qu’ait connues le pays, seront avant
tout nationales. Et, là encore, elles tou
cheront l’indifférent, le sceptique, voire
l’irréligieux, pourvu que cet incroyant
soit un Français.
Issue d’une église martyre, la plus mo
deste de ces églises d’un temps nouveau
sera, avant tout, un monument commé
moratif — et en quelque sorte expiatoire,
puisque le coupable aura dû y contri
buer — du plus grand crime qu’ait
connu l’humanité ; elle sera non seule
ment le sanctuaire dédié à tous ceux du
petit village qui seront tombés pour la
défense de la nation, mais aussi à tous
les morts de la grande France.
Fidélité aux traditions, culte du sou
venir, commémoration du plus immense
des sacrifices, restauration de la splen
deur morale et physique de la patrie, ne
voilà-t-il pas bien des raisons de veiller,
de tout notre cœur, à ce que ces sar&-
tuaires, dignes témoins d’un âge d’ai
rain, contribuent à ennoblir, de leur cou
ronne mélancolique et glorieuse, le beau
visage de notre France ?
RAYMOND ESCHOLIER.
SERMENTS
En célébrant la victoire,
il faudrait que tous les
Français fissent vœu d’en
conserver les magnifiques résultats et
de ne point gaspiller la réussite de l’im
mense effort. S’ils n’avaient pas cette
volonté nette, ils salueraient en vain les
drapeaux qui reviennent de la guerre
et ils s’inclineraient en vain devant 1 le
cénotaphe des morts. Même tout plein
de -gratitude, leur hommage serait une
tragique dérision : l’œuvre des survi
vants et des morts ne doit pas être per
due et ne peut pas être aventurée sans
offense pour les morts et les survivants.
Or, les suites de" la . victoire dépendent
de tout le pays, de tous les citoyens et
de chacun d’eux. AurionSHious pu avoir
une paix meilleure? C’est possible. Mais
nous avons la paix que nous avons, déjà
belle ; et une paix encore meilleure ne
nous aurait pas dispensés d’en mériter
les bienfaits par une activité continue.
'Ce qui est nécessaire d’abord et qui ne
finira point de l’être, c’est la concorde :
ou bien l’on s’épuise aux querelles. I.a
France a gagné la guerre grâce à
l’union de ses enfants : la même union
que l’on a vue dans les tranchées, sur le
champ de bataille et, tant bien que mal,
aussi à l’arrière, et qui a été la condi
tion de la victoire, est la condition de la
paix maintenue. Puis il importe que
soient généreusement consentis les sa
crifices des individus et des petits
groupes à l’intérêt supérieur de la pa
trie : l’égoïsme serait mal avisé ; la po
litique de classe tournerait au détriment
général. Et il est indispensable enfin
que l’on travaille, que chacun fasse son
métier, dans l’ordre, en bon ouvrier qui
aime son ouvrage. Si l’on cédait long
temps à l’espèce de langueur ou de pa
resse qui s’est emparée, semble-t-il, de
presque tout le monde, au lendemain de
la délivrance, le bénéfice de la victoire
se dissiperait : nos soldats auraient inu
tilement souffert et triomphé J — A. B.
L’EX-KAISER A PROMIS
DE NE PAS S’ENFUIR
Bâle, 12 juillet. . — L’agence Europa
Press annonce que le comte Bentink, dont
Guillaume II est l’hôte à Amerongen, a
déclaré que l’ex-kaiser a donné au gou
vernement hollandais sa parole de ne pas
011-11“».le château.
’’ ^'gouvernement hollandais, satisfait
de cette garantie, aurait mis fin aux me- (
sures prises pour assurer une surveillance'
•étroite de l’ex-emuereu». (Radin)
engagés volontaires
La Ligue des Patriotes offre un drapeau
à V « Association des engagés volontaires
alsaciens-lorrains, du llaut-Bhin » (grou
pement des Alsaciens qui viennent, de
faire la guerre dans les rangs de la
France).
Le dessinateur patriote Zislin est leur
président.
Maurice Barrés avait promis de porter
ce drapeau à Mulhouse et une ceremonie
publique avait été, préparée pour diman
che. Mais le président de la Ligue ne juge-
pas possible de qailter Paris au moment
des fêtes de la Victoire, et il écrit à 7Àslin
la lettre suivante :
Mon cher Zislin,
Aux vaillants soldats, honneur de Mul
house et du Haut-Rhin, qui pour la
guerre de la Délivrance se sont engagés
dans l’armée française, la Ligue des Pa
triotes est fière d'offrir leur drapeau.
Les volontaires alsaciens-lorrains ofit
rendu un immense service à la France.
E11 tournant leurs armes contre l’Alle
magne, ils ont manifesté avec une force
irrésistible que les provinces captives
continuaient d’appartenir de toute leur
âme à la mère-patrie. Rien de ce qui fut
fait pour attester la fidélité de Mulhouse,
de Colmar, de Strasbourg et de Metz 11’a
eu, aux yeux de l’univers attentif, la
puissance persuasive de ces milliers de
jeunes gens qui des rangs allemands se
jetaient avec - enthousiasme dans les
rangs français en criant : « C’est pour
la France que nous voulons nous battre
et, s’il le faut, mourir. »
« Voyez comme la France se fait ai
mer, disaient les peuples. C’est le crime
de l’Allemagne de l’avoir démembrée en
1871; ce serait notre crime à tous de la
laisser assassiner aujourd’hui : elle est
vraiment le cœur du monde. »
Volontaires alsaciens, je voulais vous
apporter ce drapeau. Je voulais en vous
le remettant vous exprimer la gratitude
française. Je me faisais la plus grande
joie de répondre à votre invitation. Mais
est-il possible qu’un représentant de Pa
ris quitte la Ville dans ce jour où elle
fête le retour des soldats ? Permettez-
moi d’être à la tête du Comité de la
Ligue, quand il portera, dimanche soir,
une palme au pied du monument des hé
ros morts pour la patrie. Parmi ces
morts glorieux, il y a tant d’Alsaciens et
de Lorrains ! Permettez-moi que je me
mêle à la foule qui acclamera le défilé
des troupes sous l’Arc de Triomphe,
Nous voulons tous les remercier du pro
fond de notre cœur pour nous avoir ren
du l’Alsace et la Lorraine.
Dans ces journées solennelles, votre
pensée sera constamment présente à
l’esprit des Parisiens. Et ces sentiments
que j’aurais voulu vous exprimer avec
l’ardeur dont vous savez la vieille fidé
lité, Mademoiselle Jeanne Déroulède les
personnifiera au milieu de vous, comme
nul de nous ne pourrait le faire.
En elle survit l’âme de Paul Déroulède,
l’âme du « Sonneur de clairon » qui ne
laissa jamais sommeiller votre protesta
tion et la réclamation de la France,
l’âme du prophète qui annonça invinci
blement, durant un demi-siècle, la vic
toire d’aujourd’hui.
Comme il vous aimait, mon cher Zis
lin ! comme il aimait par avance tous
ceux que vous avez groupée dans l’Asso
ciation du Haut-Rhin !
Je vous embrasse, cher et vaillant ar
tiste, et je vous prie de transmettre à tous
mes fraternités françaises.
MAURICE BARRES,
Le général de Castelnau
à l’Institut
A runanimité des merùbres présents, le
général de Castelnau a été élu membre
libre de l’Académie des Beaux-Arts, en
remplacement, de M. Lafefiestre, décédé.
L’installation du glorieux défenseur du
(Phot. « Echo de Paris »)
Grand-Couronné aura lieu au cours d’une,
des prochaines ^séances.
En Jln de * séance,Ae prix Eslrade-Del-
cros (8.000' ,, francs,) a^été attribué à M. Si
mon. ^ "
Les pouvoirs publics ont pris une
juste mesure en supprimant toute tri
bune pour le public et en lui laissant li
bre l’immense espace des avenues et des
places ; mais cette mesure ne vaudra
que si toute la population comprend son
devoir.
Tout laisse prévoir une assistance
énorme et telle qu’il n’en aura jamais
été assemblée sur une route de Paris. Il
faut, pour conserver à ce triomphe sa
beauté et sa solennité, un ordre absolu.
C’est-à-dire que chacun doit faciliter,
dans la mesure qui lui sera possible, la
besogne du service d’ordre. *On ne de
vra à aucun moment oublier que ceux
qui défilent ont subi de dures disci
plines et ne cesser de s’inspirer de leur
exemple. Les hommes devront veiller à
ce que les mutilés, les femmes, les en
fants demeurent à l’abri des bouscula
des. Chacun observera ce qu’une telle
manifestation lui commande de joie or
donnée, et maîtresse de soi. La popula
tion française saura, à cette occasion,
montrer, par la dignité de sa tenue
qu’elle a bien mérite la gloire qu’elle
célèbre.
Les aviateurs défileront
Hier matin, notre collaborateur Guy de
Lubeüsac, qui fut pendant la guerre un de
nos plus glorieux aviateurs, avait adressé
un appel afin que la cinquième arme, qui
fut si durement et si magnifiquement
éprouvée durant cinq années, soit digne
ment représentée dans le cortège de la
Victoire.
Cet appel a été entendu, et lundi matin,
une délégation de 80 aviateurs, conduite
par le général Duval, prendra part au dé
filé.
Fonek, entouré des principaux « as »,
parmi lesquels la foule saluera spéciale
ment Nungesser, Heurteaux, Madon, por
tera le drapeau de l’aéronautique.
Une place sera faite égaleraient aux mé
caniciens de l'aviation, qui le méritent
bien, car c’est souvent leur dévouement
obscur qui assura le succès des chasses ou
des- bombardements fameux.
Les territoriaux à l’honneur
Les territoriaux n’ont pas été oubliés.
Des ordres ont été donnés il y a dix jour9
pour qu’en outre des gardes d’honneur ré
glementaires des drapeaux des régiments
territoriaux, le défilé de la Victoire com
prenne également une compagnie de terri
toriaux dès plus vieilles classes, convo
qués à cet effet par le gouvernement mili
taire de Paris.
La légion étrangère
Par un égard particulier pour la légion
étrangère, il a été décidé que les 3 dra
peaux des 1 er et 2 e étrangers et du régiment
de marche de la légion, seraient escortés
par un détachement de légionnaires re
présentant les nations qui, dès le début
de la guerre, se sont unies à la France.
Les drapeaux dans les mairies
Devant la mairie de chacun des vingt
arrondissements de Paris, on peut voir,de
puis hier soir, des soldats en casque et
tenue bleu horizon, tous décorés — au
moins de la Croix de guerre — et qui, assis
sur un banc ou sur un petit mur, devisent
gaiement entre eux : ce sont des faction
naires.
Pourquoi ce poste de garde ? Parce que
la mairie a l'honneur d’abriter tous les
drapeaux du corps d'armée dont le numé
ro est le même que celui de l'arrondisse
ment.
Ainsi, dans le cabinet du maire du IX e
arrondissement, rue Drouot, sont placés,
sous la.garde d’un factionnaire, baïonnette
au canon, les trente-deux drapeaux ou
étendards, déchirés, maculés et très déco
rés du 9 e corps qui, commandé par le gé
néral Garnfer-Duplessix, se distingua aux
deux Marne et sur l’Yser,
A la mairie du II e sont les drapeaux du
2 fc corps, commandé par le général Philip
pot, et qui se couvrit de gloire sur presque
tous les points du front.
A la mairie du I er , sont les drapeaux du
I e * corps, commandé par le général Nollet
et qui fut admirable de vaillance en Bel
gique et à Verdun.
Chaque mairie a sa part dès glorieux
emblèmes
Les drapeaux et étendards de l’armée
française sont donc, en ce moment, et pour
un jour encore, réunis tous dans les. mai
ries parisiennes et celles des communes
de la banlieue^immédiate — où l’on a placé
les drapeaux des fusiliers marins et des
troupes coloniales.
Les hommes qui appartiennent à la
garde de chaque -drapeau sont logés, les
uns*dans les«éooles, d’autres dans des hos
pices, des dispensaires.
Tous nous ont dit leur joie d’avoir été
désignés — ce sont les titulaires du plus
grand nombre de citations qui ont été
choisis,— pour accompagner à Paris le
drapeau de leur régiment et prendre part,
à ses côtés, à l’apothéose du 14 Juillet,
après avoir souffert et lutté si longtemps
pour sa gloire-
Les dernières mesures d’ordre
La suppression des tribunes sur la place
dè l’Etoile et dans l'avenue des Champs-
Elysées a entraîné certaines modifications
dans les mesures d’ordre prévues pour la
soirée du 13 juillet et lu matinée du 14.
Pour la veillée funèbre qui commencera à
b. 30, mie compagnie d’honneur encadrera
l’Arc de Triomphe : en feront partie des dé
tachements de cuirassiers, dragons, chas
seurs a cheval, hussards, artilleurs à pied,
sapeurs, marins, zouaves et fantassins.
L’accès de la place de l'Etoile sera autori-
33 par l’avenue Kléber, ia sortie par l’avenue
db Wagram. De« barrages seront établis
pour canaliser la foule admise à défiler de
vant le « monument aux Morts ».
Au cours de la soirée et de la nuit, mi ser
vice d’ordre spécial sera organisé pour gar
der les tribunes officielles et. permettre la
mise en place des derniers détails de la dé
coration.
C’est à 5 b. 30 du matin, le 14 juillet, que
le service général, chargé d’assurer l’ordre
su v le parcours du défilé militaire, prendra
ses emplacements.
Dans l'avenue des Champs-Elysées, la fou
ie ne pourra traverser les barrages, avant
le défilé, qu'à la hauteur des rues Pierre-
Charron La Boétie.
Les stations du métropolitain qui 11’ouvri-
ront pas ce matin-là sont les suivantes :
Champs-Elysées, Marbouf, Alma, Etoile, Por-
fe-Maïl|oî, Kléber, Madeleine, République.
accès à ta /dation de l'Opéra se fera par la
rue Scribe. Les stations de la Concorde et
d’Obligado, ouvertes à 5 h. 30 au puhLic, fer
meront dès que l'aftluence le nécessitera.
Aucun tramway ni autobus 11e foifctionne-
ront sur les lignes qui coupent le parcours.
Sur la tombe de Déroulède
La Ligue des Patriotes dépose ce matin
une palme sur le tombeau de Paul Dérou
lède, à la Cellé-Saint-Cloud.
Mlle J. Déroulède est revenue de l’Al
sace, où elle se trouvait, pour assister à
cette touchante cérémonie.
La sœur du grand patriote, après avoir
assisté le lundi 14 juillet; au défilé de la
Victoire, recevra toute la journée, 50, bou
levard Malesherbes, les délégations de Li
gueurs, les amis de Paul Déroulède et les
poilus qui viendront saluer en elle la glo
rieuse mémoire de l’apôtre de la Revanche.
Les fêtes de nuit
Demain, à 21 heures, un cortège lumi
neux d’environ un kilomètre de long, par
tira du Grand Palais.. Les motifs lumineux
seront portés par 800 soldats. Le cortège
parcourra la place de la Concorde, la rue
de Rivoli, le Pont-au-Cliange, la place et
le houlevax'd Saint-Michel, le boulevard
Saint-Germain et le quai d'Orsay.
A 22 heures, embrasement des’ berges
de la Seine, du pont des Arts, de la place
de la Concorde, des Buttes-Chaumont, de
Notre-Dame, de l'Ecole Militaire, de
l’Hôtel de Ville, du Trocadéro et des
Tuileries.
Les feux d’artifice dont nous avons in
diqué les emplacements, seront tirés à
22 h. 1/4. Aussitôt la dernière fusée, les
feux de joie seront allumés en même
temps que les flammes de bengale qui
doivent figurer l’embrasement des prin
cipaux édifices.
FÊTE DES MARÉCHAUX
A L’HOTEL DE VILLE
Après la fêle sportive des Tuileries, les
maréchaux et les membres du gouverne
ment se rendront à l’Hôtel de Ville pour
la remise des épées d'Jïonneur aux maré
chaux.
Sur la place de l’Hôtel-de-Ville seront
massés 1,700 soldats et 16 drapeaux.
Le président de la République, retour
d’Amiens par la gare du Nord, vers 18
heures, se rendra à l’Hôtel de Ville par
la rue de Compiègne, les boulevards Ma
genta, de Strasbourg et de Sébastopol, et
l'avenue Victoria.
C’est le président du Conseil municipal
qui remettra les épées aux maréchaux.
Puis aura lieu la cérémonie militaire (re
mise des fourragères) sur la place.
Le Président de la République et tous
les invités pénétreront dans l’Hôtel de
Ville, suivis des soldats, qui déposeront
leurs fusils dans la salle Saint-Jean.
L’HOMMAGE DE VERSAILLES
AU MARÉCHAL FOCH
(De notre correspondant particulier)
Versailles, 12 juillet. — Le président de
la République et Mme Poincaré sont arri
vés au château à 2 h. 55. Ils ont été reçus
par M. Vitry, préfet de Seine-et-Oise ;
M. Poirson, sénateur ; MM. Prat et Cor-
nudet, députés ; le général Fillion, com
mandant le département de Seine-et-
Oise ; les généraux Fayolle, Gouraud et
Berdoulal.
Le cortège s'est immédiatement endu
a la Galerie des Batailles, où devait avoir
lieu la remise d’un laurier d’honneur of
fert par souscription au maréchal Focli.
Aux personnalités déjà citées s’étaient
joints Mgr Gibier, évêque de ■ Versailles,
Legrand, ancien sénateur,président* d’hon-
neur du comité de l'Action—sociale de
Seine-et-Oise.
Le maréchal Pétain, les généraux Be-
lin, Bliss, Conneau ; Mme Poincaré, Mme
la maréchale Foch, le général Weygand,
M. Poirson, sénateur ; M. Henry Simon,
maire de Versailles, et les députés de
Seine-et-Oise.
M. Legrand, président du comité de
souscription, a présenté la maquette du
bas-relief, œuvre de M. Georges Bertrand,
peintre versaillais. La chorale de Versail-
îës a chanté V « Hymne au maréchal
Foch », puis M. Raymond Poincaré a
rendu un éloquent hommage au maré
chal. Il a rappelé son rôle au cours de la
guerre jusqu’au moment où il fut nommé
généraliseime. Le président a ajouté :
Vous voilà maître des événements. C'est vous
maintenant qui imposez votre loi à l'armée al
lemande. Vous martelez, d’une extrémité à
l’autre, par une série ininterrompue de coups
vigoureux, la façade déjà, lézardée des forces
ennemies. Vous n'accordez plus de répit à vo
tre adversaire ; vous ne le laissez pas respirer
Il se retire ; vous le suivez. Il précipite sa re
traite : vous le talonnez. Il commence à se dé
bander, vous le bousculez. Il n'a plus d'au
tre ressource que de reconnaître notre victoire
et de solliciter l'armistice. C’est, fini. L'Allema
gne, réduite à demander merci, vient à vous,
s'incline devant votre supériorité et signe sa
capitulation.
Monsieur le Maréchal,l’admiration et. la gra
titude que cette épopée vous a values en Fran
ce et dans les pays alliés trouvent aujourd’hui
à Versailles, l'occasion de se manifester sans
apparat, avec une sincérité cordiale qui n’est
pas pour vous déplaire. Moi qui vous ai vu à
l'œuvre, j'ai tenu à remercier les habitants de
Seine-et-Üise de leur patriotique initiative et
il m’est doux de pouvoir joindre à l’hommage
qu’ils vous offrent mes ardentes félicitations.
Au milieu de l'émotion générale, M
Poincaré donne l’accolade au maréchal,
qui remercie en quelques phrases simples
qui touchent profondément l’assistance,
LA GRÈVE DES GARÇONS DE CAFÉ
EST TERMINÉE
L’Union syndicale des restaurateurs et
limonadiers, la phambre syndicale des
bouillons-restaurants à prix fixes de Pa
ris ont eu une réunion hier après-midi,
au ministère du travail, avec le Syndicat
ouvrier.
Après un échange de vues, sur l'inter
vention de M. tolliard, ministre du tra
vail, les représentants des diverses orga
nisations sont, tombés d'accord sur les mo
dalités d'application de la loi de 8 heures.
Cet accord met fin à la grève-
Tous les établissements seront ouverts
dès aujourd’hui dimanche.
Les autres revendications feront l’ob-
iet de poumarleiB ultérieurs.
les régions dévastées
MM. POINCARÉ ET KLOTZ A AMIENS
Il y a exactement huit jours, M. Cle
menceau 'parcourait les régions dévastées
de VAisne et s'engageait, après avoir con
sulté les populations, à prendre^ les me
sures les plus rapides et les plus effica
ces afin de reconstituer: les malheureux
pays et porter une aide Urgente à l'œu
vre de réédification entreprise par leurs
vaillants habitants.
Et aujourd'hui, M. Klotz sera aux cô
tés de M. Raymond Poincaré, •à Amiens,
où le chef de l'Etat, accompagné 'du mi
nistre des finances, présidera le banquet
de clôture du Congrès 'des maires des
villes et villages libérés de la Somme.
M. Poincaré remettra solennellement
la croix de la Légion d'honneur à la ville
d'Amiens.
A cette occasion, le président de la Ré
publique prononcera un important dis
cours.
MM. Poincaré et Klotz seront de re
tour à Pâtis assez à temps pour assister
à la fête des maréchaux, à l'Hôtel de
Ville.
Le 21 grève générale?
La grève des garçons de cafés, hôtels
et restaurants est terminée. On pourra
manger et boire pendant les fêtes de la
Victoire. Tout va bien. Mais, il reste le
point Aty'tr du lundi suivant : Au moment
où les travailleurs comme les bourgeois
savent qu'il faut produire, produire et
encore produire afin de nous remonter,
et de faire baisser le prix de la vie, va-
t-on désorganiser la vie économique de la
France pendant la journée du lundi 21 f
Je sais bien que les organisations syn
dicales, en dépit de Vappel adressé aux
cheminots et aux employés des Postes
par MM. Claveille et Clémentel, décla
rent qu'elles ne tiendront pas compte \’dë
ces avertissements.
Les vrais syndiqués sont fatigués dê
ces grèves successives. Ce n'est un pnys-
tère pour personne.
Il se peut —■ et il suffit pour cela de
lire entre les lignes l'article de M. Cachin
et. les déclarations de M. Dumoulin pa
rus hier dans /'Humanité — que la grève
projetée perde de son opportunité aux
yeux des organisateurs, par, suite des me
sures prises par le gouvernement pour,
diminuer le coût de la vie.
D'autre part, des paroles 'énergiques
ont été prononcées, il y a trois ou quatre
jours, à la réunion de la commission
exécutive de l'Union des Syndicats, pré
sidée par M. Millerat. M. Jaccoud, des
électriciens, a déclaré qu'il n'est pas en
son pouvoir de faire chômer les ouvriers
de l'électricité, des métros et autobus,
dont le délégué syndical Raoul ne s'est
pas encore prononcé.
Un des représentants les plus autorisés
de la C.G.T., M. Perrot, a ^prononcé des
paroles pleines de sagesse, voire de phi
losophie :
« Nous allons.sinon à un échec com
plet, du moins à unédemi-succès. Il est
vrai que ce denü-succès^nousd'obtien
drions par nos propres moyenspuisque
les patrons ne fermeront pas leurs usines
comme au 1 er mai.
» Mais, si nous marchons à un four,
eh bien ! nous serons guéris deda mala
die de ta grève générale t Les Anglais
sont bien plus sages que nous et ils nous
le prouvent ! »
x MARCEL HUTIN.
L’ARMÉE FRANÇAISE
Notre illustre collaborateur M. Paul
Bourget a publié dans Z’Illustraticm, du
«> juillet une page magistrale de laquelle
nous extrayons ces lignes où il a glorifié
l armée française :
La France vaincu. Comment ? —
« Par son armée », répondraient le pe
tit garçon et la petite-fille de la rue, si
on les interrogeait. « Opinions saines
du peuple », disait Pascal. Traduisez
cette naïve réponse.-Toute- la leçon de9
événements s’y trouve.contenue. Ce que
la France a faitmous montre-ce qu’elle
doit faire pour * préserver le fruit du
sanglant elTort. Elle a vaincu par,- ou
mieux, dans son armée, et .l’Allemagne,
elle, a été vaincue dans soil armée.*A la
veille du conflit, il semblait «bien que
tout au contraire son armée fût la’par-
tie forte de l’Allemagne et la nôtre la
partie faible de lp, France. Essayons de
comprendre pourquoi l’épreuve de la
réalité a démenti le pronostic le plus
vraisemblable.
Une armée, c’est, avant tout, un corps
d'officiers, un cadre. Enrôlez des hom
mes par centaines de mille, et coura
geux, si vous ne les encadrez pas, yous
n’aurez qu’une liorde. Tant vaut le ca
dre, tant valent ceux qui s’y rangent.
Cette loi du cadre, les Allemands la
connaissaient, et ils l’appliquaient ri
goureusement. Ils imposaient à leurs
officiers un entraînement intense, et,
pour les recruter mieux, ils attachaient
à ce rang des prérogatives de tout genre.
Ils méconnaissaient une autre loi, à sa
voir que^tout métier — et le métier mi
litaire plus que tout autre — doit avoir
sa mystique, sa profonde significatioa
morale, qu’il doit enrichir l’âme de •ce
lui qui l’exerce. Cette mystique, lesA>i-
liciers allemands l’avaient perduerNous
nous imaginions, trompés par r *ine pa
rade tout extérieure, que leur grand état-
major cultivait ce type idéal dursoldat»
si nécessaire à la civilisation puisqu’il
incarne ces deux vertus maîtresses : U
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