Titre : La Dépêche algérienne : journal politique quotidien
Éditeur : [s.n.] (Alger)
Date d'édition : 1885-10-22
Contributeur : Robe, Eugène (1890-1970). Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32755912k
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 22 octobre 1885 22 octobre 1885
Description : 1885/10/22 (A1,N98). 1885/10/22 (A1,N98).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5432331
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-10449
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 18/04/2021
PREFECTURE D'AUIER
DEPOT LEGAL
JOURNAL POLITIQUE QUOTIDIEN
ALGÉRIE.
Frange..
ABONNEMENTS :
Trois mois Six mois
4.50 9
.. 6 12
Un an
18
24
ADMINISTRATION ET RÉDACTION :
Rue de la Marine, n® 9, ancien hôtel Bazin.
Tontes les communications relatives anx annnonce* et réclames itîrvkt. «ï
A lgérie, être adressées à l’AGENCE HAVAS, boulevard de la RépHbliqœs, A燐ï ,
En France, les eommonications sont reçue* s&Toîr :
A Marsbillï, ehei M. Güstatb ALLARD, rue du Banssst, 4 ;
A Parus, chei MM. AUDHOUITG et O», place de la Bourse, £0,
Et par leurs correspondante.
La DÉPÊCHE ALGÉRIENNE est désignée pour l’insertion des annonces légales, judiciaires et autres exigées pour la validité des procédure» et contrat*.
Alger, le 21 Octobre 1885.
LES
Dans le projet relatif à l’extension de co
lonisation qu’il déposait- au lendemain da
rejet de la loi des 50 millions, M. le c mte
d’Haussonviile estimait à 500,000 hectares
la superficie que l’on pourrait distraire du
domaine forestier algérien pour la liv;er au
peuplement.
Nous ne croyons pas que ce chiffra eo t
exagéré, mais pour obtenir cette remise des
terrains en broussailles et impropres au jc-
boisement, l’administration supérieure auia
à lutter, d’une part, contre le service fores
tier qui, à l’exemple du génie militaire,tient
bien ce qu’il tient et no peut se résoudre à
eu lâcher une bribe, alors même qu’il n’en
tire et n’en tirera jamais aucun parti ; de
l’autre, contre la Ligue du reboisement qui
rêve une Algérie entièrement corapiantée
d’arbres de haute futaie, au risque même
de réduire les terrains déjà cultivés.
Un pas qui peut avoir une grande impor
tance vient cependant d’être fait. On le
doit à la ténacité, à la persévérance de M.
Féraud, conseiller général de la 7 e circons
cription, qui, justement ému du peu de ter
res mises à la disposition des coions des
localités qu’il représente au Conseil général,
alors que tout autour d’eux se trouvent de
vastes espaces en nature de broussailles,
n’ayant de la forêt que le titre pompeux
qu’on leur donne, a entrepris d’obtenir le
déclassement de ces broussailles du service
forestier et leur remise à la colonisation.
Nous ne rappellerons pas les obstacles
contre lesquels s’est butté le promoteur de
cette idée, et les fins de non-recevoir qui lui
ont été opposées par le service forestier.
Heureusement,M. Fôraud est tenace; fort de
la vérité, il ne. s’est pas arrêté même devant
la décision négative du ministre de i’Agricul-
ture, et M. le Gouverneur général,reprenant
sion d’enquête composée de MM.DuChamp,
conseiller de gouvernement, Féraud, Borély
de ]a Sapie, Aumerat, conseillers généraux,
et de M. le Conservateur des forêts, le soin
d’xaminer à nouveau la pétition dont M-
Féraud avait pris l’initiative.
Cette Commission a opéré et nous avons
sous les yeux le rapport établi par M, Au
merat, ,et qui a ôté,au cours de cette session,
soumis au Conseil général.
Après une longue et complète étude sur
les lieux, la Commission a reconnu que l’on
pouvait, sans nuire en rien au service fores
lier et sans entraver l’œuvre utile du reboi
sement, détruire les forêts de Baïnem et do
St-Ferdinand, 365 hectares qui, en fait, ne
sont que des broussailles sans valeur. Sans
doute ce n’est pas là tout ce que M. Féraud
demandait, mais la Commission a tenu à
faire preuve de conciliation.
D’ailleurs, au point de vue général, qui
est celui dont nous devons avant tout nous
préoccuper, la preuve de l’exagération des
prétentions du service forestier se trouve
faite, il est démontré qu’il n’y a pas lieu de
s’arrêter devant ses fia du noa rece
voir.
Aussi, tout en concluant à l’adoption de
cette partie du rapport et à la distraction
des ?65 hectares des forêts de Baïnem et de
Si-Ferdinand, la Commission, examinant la
question de déclassement des terrains fores
tiers en général, conclut-elle à ce que le
Conseil général émette un vœu tendant à ce
que hvmesure prise pour examiner la ques
tion du déclassement du domaine forestier
dans la 7 e circonscription du département
soit étendue à toutes les autres circonscrip
tions, ce vœu a été émis avant-hDr.
Ou peut être certain d’avance que ce mo -
de de procéder aboutirait à trouver dans
toute l’Algérie, sinon les 500,000 hectares
de M. le comte d’Haussonville, du moins
des espaces encore très importants pour la
colonisation.
La preuve en est dans le fait que le ser
vice forestier appelé à faire seul des propo-
tares, contenance des forêts dans le dépar
tement d’Alger, n’en a trouvé que 405 sus
ceptibles d’étre déclassés, et voici que sur
les 986 hectares de la 7° circonscription
seule, on en trouve aujourd’hui 365. Il y a
plus que des probabilités pour qu’il en soit
de môme partout.
■— —
Informations algériennes
MM. Thomson, député de Constantine, et
Etienne, député d’Oran, se sont embarqués
hier soir pour la France.. Malgré le mau
vais temps beaucoup d’amis avaient tenu
à les accompagner à bord.
La Chambre a fait connaître catte réponse
aux intéressés.
X
Neus sommes baureux d'apprendre que
MM. Charmont, Chausse, Juja, Lacoste et
Vincent, tous les cinq chargés de cours à
l’école de droit d’Alger, ont été déclarés
admissibles daQS le concours pour l’agréga
tion des facultés de droit qui s’est ouvert à
Paris le 15 septembre. Ce n’est qu’à la fia
de novembre que nous saurons le résultat
des épreuves définitives, qui, espôrons-Ie,
seront heureusement passées par ces mes
sieurs.
>— —
Un Dernier Mot
SDK L’ËLÉGTION D’ORIK
X
Dans ses dernières séances, la Chambre
de commerce a été appelée à donner son
avis sur une proposition tendant à faire
admettre dans le service intérieur français
certains télégrammes, avec priorité, moyen
nant triple taxe, et s’est prononcée contre
eu donnant pour motif que cette mesure
pourrait, à un moment déterminé, créer une
sorte de privilège au profit de certaines
personnes favorisées par leui siiuation de
foituae.
X
La Chambre a donné autorisation gà son
président pour signer et traiter avec la
ville a'Aiger tous actes relatifs à la cession
des terrains pour la construction du palais
de la Bourse, ainsi qu’à l'expropriation des
immeubles que cette ôdificatiou nécessitera.
X
L’assemblée a euaussià examiner une pé
tition signée par un certain nombre de né
gociants et de commissionnaires d’Alger sa
plaignant que l'administration des Doua
nes apporte des entraves dans leurs expédi
tions de vins pour France.
Une saisie rie vin aurait été faite, d’après
le dire des pétitionnaires, en vertu d’uue
circulaire récente dont le commerce n’a pas
eu connaissance.
La Chambre de commerce a immédiate
ment communiqué cette pétition au Direc
teur des Douanes en demandant copie de la
circulaire en question et en le priant, avant
d’appliquer de nouvelles mesures, d’accor
der aux commerçants un délai suffisant pour
qu’elles soient portées à leur connaissance.
M. ie Directeur dtrs Douanes s’est em
pressé de répondre à la Chambre de com
merce, que la saisie de vin dont il est ques
tion, a été opérés non pas en vertu d’une
circulaire récente, mais en vertu de ia lé-
M. Sabatier a obtenu plus de 7,000 voix.
Le Petit Colon exulte, et à le lire, on di
rait que ce succès, dû surtout à la mala
dresse de M. Dessoliers et de ses amis*
compense et au-delà les victoires que nos
amis ont remportées à Alger, à Constantine
et, à Oran même, où — ne l’oublions pas —■
M. Etienne a obtenu plus de 10 mille voix
au 1 er tour de scrutin.
Pour nous, nous avons pour le suffrage
urvversei beaucoup plus de déférence que
les pseudo-radicaux du Petit Colon. Nous
nous inclinons nettement devant, ses arrêts.
Contrairement à notre opinion, H a élu M.
Sabatier ; il à sans doute eu ses raisons
pour cela, et il ne saurait nous convenir dp
les discuter à l’heure actuelle. Nous garde
rons vis-«à-vis de M. Sabatier une altitude
expectante, et nous désirons vivement avoir
à taire son éloge, ce qui ne saurait man
quer d'arriver, s’il tient 1 s promesses qu’il
a faites aux électeurs d Oran. Il est vrai que
s’il tient les dites promesses, il méconten
tera Marchai et ie Petit Colon . Redoutable
situation qui nous rappelle le vers suivant
de Corneille dans Nicomède :
Devine si tu peux et choisis si tu l’oses.
En langue vulgaire, cela signifia que M.
Sabatier est sur le point de s’asseoir entre
deux chaises, ce qui lui arrivera infaillible
ment s il ne sait s’asseoir carrément sur une
des deux.
Qui! envoie donc promener le Petit Co
lon, et, en obéissant aux promesses qu’il a
faites à ses électeurs, qu’il travaille avec les
Jacques, les Mauguin, les Foreioü, les;
Thomson, les Treille, les Etienne, les Le-
teilier et les Bouriier à la prospérité de
l’Algérie.
Les oranais ne l’ont pas élu pour autre
chose, qu’il le sache bien.
la question, a remis à une grande commis
sitious de déclassement sur les 269,046 hec
gislation douanière.
Feuilleton de la Dépêche Algérienne
N° 25.
LES
PREMIÈRE PARTIE
LES DEUX TESTAMENTS
— C’est-à-dire, répliqua M. de Prêmûnt,
que vous placez vos rossignols.
—- Très bien ! très bien ! c’est tout à fait
cela, fit Alcide en éclatant de rire. Mon
sieur le comte a saisi au vol.
— Et vous partez ?
— Tout à l’heure, quand j’aurai remer
cié le seigneur d’ici, qui m’a si gracieuse
ment accordé l hospitalitè.
— Ah ! très bien, très bien, et le comte
se tourna vers Penhoëi, qui enrageait depuis
an instant.
— Le vieux piqueur fit sou rapport avec
volubilité. Les yeux de M. de Prémont
S’animèrent.
(1) Reproduction Interdite anx journaux qui n’ont
^a# traité avec la Société des tiens do Lettres.
— Tu l’as bien vu, comme je te vois, par
corps ?
— Oui, monsieur le comte, Mirabeau l’a
détourné. J’ai la rentrée de ia bête, je u'ai
pas sa sortie. J’ai poussé jusqu’à sa bauge :
Mirabeau me tirait à tout casser, le mon
sieur nous a salués d’un grognement. J’ai
vu son petit œil féroce à travers les bran
ches et nous nous sommes retirés sans
bruit.
— Eh bien, Panhoël, appelle Alain, qu’il
prévienne ie duc, et, s’il la veut bien, nous
allons partir aussitôt après déjeuoer. La
terre est bonne, elle est un peu humide : les
chiens vont chasser à pleine gueule.
Alcide s’était approché.
— Yous allez doue avoir une grande
chasse ici ?
— Oui, mon cher Bouvreuil.
— Oh ! monsieur le comte, si j’osais !
— Osez, Bouvreuil, osez. Aussi bien je
suis de bonne humeur. Je vous accorde
tout C8 que vous me demanderez, pourvu
que ce ne soit pas de l’argent 0
— Si vous vouliez me permettre d’assister
à cette chasse.
— Est-ce que vous montez à cheval, mon
sieur Bouvreuil?
— Non, monsieur le comte, j’aurais trop
peur ; mais je suivrais en voiture. Cocotte ..
Vous ne connaissez pas Cocotte ? C’est une
rude bête, elle ne me laissera pas derrière
les autres.
Je me suis laissé dire que les femmes sui
vaient les chasses en voiture. Si c’était un
effet da votre bonté...
— Parfaitement, ja vais le demander à
mon onclejustement, J.a voici qui descend ;
il ne. vous refusera certainement pas cette
faveur. /
XI
OU KKRNODH CAUSE A ALCIDE UNE GRANDE
FRAYEUR
Le duc paraissait radieux. Il accorda bien
vite l’autorisation sollicitée par Alcide.
— Pardieu ! mon neveu, s’écria-t il en
suite, voilà une belle journée, et je ne vous
laisserai pas chasser seul. Capitaine, dit-il
à Gressin, qui venait d’apparaître à son
tour, nous chasserons et vous êtes des
nôtres, n’est-ce pas? Je monterai Cacique...
Alain, dis au chef de faire avancer le déjeu
ner de deux heures.. Penhoëi, les chiens
sont prêts ? Les piqueurs, les valets de
chien, tout cela ne demande qu’à marcher,
je suppose ?
— Ah ! je crois bien, monsieur le duc,
et il y a pourtant bien longtemps que nous
n’avons chassé ensemble, notre maître !
Vous l’avez bien dit, c’est uns belle journée,
et le vieux Penhoëi eu est tout ravi.
Et ce fut au bout d’un instant un remue-
ménage, un tohu-bohu incomparable au
château, et tout le monde se mit de la
partie.
A l’annonce de la chasse, le capitaine
ouvrit l’œii d’un air étonné, puis, au lieu de
se diriger du côté des écuries, il remonta
précipitamment vers l’appartement de Su
zanne... Il trouva celle-ci eu train da
s’habiller.
— On chasse, lui dit-il, une grande chas
se au sanglier, et ie duc qui a l'air enchan
té. qui a l’air brillant comme un jeune hom-
m 3 de vingt ans...
La jeune femme l’interrompit.
— Je sais cela, puisque j’en suis, dit-elle
en haussant les épaules.
— Ah ! fit Gressin, c’est différent. Dia
ble ! tu vas vite !
Comme il sortait, il rencontra le duc.
—- Choisissez dans l’écurie, pour madame
voire sœur, ce qui peut ôire ie mieux a sa
convenance, dit M. de Trémeur ; mais au
paravant, dit-il avec embarras, a-t-elle ua
costuma de chasse ?
— Je crois, répliqua le capitaine, qu’elle
doit avoir dans sa malle une vieille ama
zone. Vous savez, monsieur le duc, on mon
te beaucoup en Algérie.
Le duc, dans sa préoccupation, ne prit
pas garde à cette phrase un peu ridicule,,
étant donnée ia pauyretô prétendue de l'aven-
turière.
Après un déjeuner escamoté à la hâte,
les veneurs descendirent tour à tour dans la
cour d’honneur. Les chevaux, tenus en main
par les grooms, piaffaient d’impatience.
Le comte était déjà en selle. Il portait
l’habit rouge, qui lui allait à merveille.
Le duc venait d’enfourcher Cacique ; 1»
capitaine était lui-même à cheval,
Suzanne apparut sur les degrés. Ella por-
toit une amazDne très simple, serrée .à îat
taille- et aux hanches, et sur sa tête un ch©*
DEPOT LEGAL
JOURNAL POLITIQUE QUOTIDIEN
ALGÉRIE.
Frange..
ABONNEMENTS :
Trois mois Six mois
4.50 9
.. 6 12
Un an
18
24
ADMINISTRATION ET RÉDACTION :
Rue de la Marine, n® 9, ancien hôtel Bazin.
Tontes les communications relatives anx annnonce* et réclames itîrvkt. «ï
A lgérie, être adressées à l’AGENCE HAVAS, boulevard de la RépHbliqœs, A燐ï ,
En France, les eommonications sont reçue* s&Toîr :
A Marsbillï, ehei M. Güstatb ALLARD, rue du Banssst, 4 ;
A Parus, chei MM. AUDHOUITG et O», place de la Bourse, £0,
Et par leurs correspondante.
La DÉPÊCHE ALGÉRIENNE est désignée pour l’insertion des annonces légales, judiciaires et autres exigées pour la validité des procédure» et contrat*.
Alger, le 21 Octobre 1885.
LES
Dans le projet relatif à l’extension de co
lonisation qu’il déposait- au lendemain da
rejet de la loi des 50 millions, M. le c mte
d’Haussonviile estimait à 500,000 hectares
la superficie que l’on pourrait distraire du
domaine forestier algérien pour la liv;er au
peuplement.
Nous ne croyons pas que ce chiffra eo t
exagéré, mais pour obtenir cette remise des
terrains en broussailles et impropres au jc-
boisement, l’administration supérieure auia
à lutter, d’une part, contre le service fores
tier qui, à l’exemple du génie militaire,tient
bien ce qu’il tient et no peut se résoudre à
eu lâcher une bribe, alors même qu’il n’en
tire et n’en tirera jamais aucun parti ; de
l’autre, contre la Ligue du reboisement qui
rêve une Algérie entièrement corapiantée
d’arbres de haute futaie, au risque même
de réduire les terrains déjà cultivés.
Un pas qui peut avoir une grande impor
tance vient cependant d’être fait. On le
doit à la ténacité, à la persévérance de M.
Féraud, conseiller général de la 7 e circons
cription, qui, justement ému du peu de ter
res mises à la disposition des coions des
localités qu’il représente au Conseil général,
alors que tout autour d’eux se trouvent de
vastes espaces en nature de broussailles,
n’ayant de la forêt que le titre pompeux
qu’on leur donne, a entrepris d’obtenir le
déclassement de ces broussailles du service
forestier et leur remise à la colonisation.
Nous ne rappellerons pas les obstacles
contre lesquels s’est butté le promoteur de
cette idée, et les fins de non-recevoir qui lui
ont été opposées par le service forestier.
Heureusement,M. Fôraud est tenace; fort de
la vérité, il ne. s’est pas arrêté même devant
la décision négative du ministre de i’Agricul-
ture, et M. le Gouverneur général,reprenant
sion d’enquête composée de MM.DuChamp,
conseiller de gouvernement, Féraud, Borély
de ]a Sapie, Aumerat, conseillers généraux,
et de M. le Conservateur des forêts, le soin
d’xaminer à nouveau la pétition dont M-
Féraud avait pris l’initiative.
Cette Commission a opéré et nous avons
sous les yeux le rapport établi par M, Au
merat, ,et qui a ôté,au cours de cette session,
soumis au Conseil général.
Après une longue et complète étude sur
les lieux, la Commission a reconnu que l’on
pouvait, sans nuire en rien au service fores
lier et sans entraver l’œuvre utile du reboi
sement, détruire les forêts de Baïnem et do
St-Ferdinand, 365 hectares qui, en fait, ne
sont que des broussailles sans valeur. Sans
doute ce n’est pas là tout ce que M. Féraud
demandait, mais la Commission a tenu à
faire preuve de conciliation.
D’ailleurs, au point de vue général, qui
est celui dont nous devons avant tout nous
préoccuper, la preuve de l’exagération des
prétentions du service forestier se trouve
faite, il est démontré qu’il n’y a pas lieu de
s’arrêter devant ses fia du noa rece
voir.
Aussi, tout en concluant à l’adoption de
cette partie du rapport et à la distraction
des ?65 hectares des forêts de Baïnem et de
Si-Ferdinand, la Commission, examinant la
question de déclassement des terrains fores
tiers en général, conclut-elle à ce que le
Conseil général émette un vœu tendant à ce
que hvmesure prise pour examiner la ques
tion du déclassement du domaine forestier
dans la 7 e circonscription du département
soit étendue à toutes les autres circonscrip
tions, ce vœu a été émis avant-hDr.
Ou peut être certain d’avance que ce mo -
de de procéder aboutirait à trouver dans
toute l’Algérie, sinon les 500,000 hectares
de M. le comte d’Haussonville, du moins
des espaces encore très importants pour la
colonisation.
La preuve en est dans le fait que le ser
vice forestier appelé à faire seul des propo-
tares, contenance des forêts dans le dépar
tement d’Alger, n’en a trouvé que 405 sus
ceptibles d’étre déclassés, et voici que sur
les 986 hectares de la 7° circonscription
seule, on en trouve aujourd’hui 365. Il y a
plus que des probabilités pour qu’il en soit
de môme partout.
■— —
Informations algériennes
MM. Thomson, député de Constantine, et
Etienne, député d’Oran, se sont embarqués
hier soir pour la France.. Malgré le mau
vais temps beaucoup d’amis avaient tenu
à les accompagner à bord.
La Chambre a fait connaître catte réponse
aux intéressés.
X
Neus sommes baureux d'apprendre que
MM. Charmont, Chausse, Juja, Lacoste et
Vincent, tous les cinq chargés de cours à
l’école de droit d’Alger, ont été déclarés
admissibles daQS le concours pour l’agréga
tion des facultés de droit qui s’est ouvert à
Paris le 15 septembre. Ce n’est qu’à la fia
de novembre que nous saurons le résultat
des épreuves définitives, qui, espôrons-Ie,
seront heureusement passées par ces mes
sieurs.
>— —
Un Dernier Mot
SDK L’ËLÉGTION D’ORIK
X
Dans ses dernières séances, la Chambre
de commerce a été appelée à donner son
avis sur une proposition tendant à faire
admettre dans le service intérieur français
certains télégrammes, avec priorité, moyen
nant triple taxe, et s’est prononcée contre
eu donnant pour motif que cette mesure
pourrait, à un moment déterminé, créer une
sorte de privilège au profit de certaines
personnes favorisées par leui siiuation de
foituae.
X
La Chambre a donné autorisation gà son
président pour signer et traiter avec la
ville a'Aiger tous actes relatifs à la cession
des terrains pour la construction du palais
de la Bourse, ainsi qu’à l'expropriation des
immeubles que cette ôdificatiou nécessitera.
X
L’assemblée a euaussià examiner une pé
tition signée par un certain nombre de né
gociants et de commissionnaires d’Alger sa
plaignant que l'administration des Doua
nes apporte des entraves dans leurs expédi
tions de vins pour France.
Une saisie rie vin aurait été faite, d’après
le dire des pétitionnaires, en vertu d’uue
circulaire récente dont le commerce n’a pas
eu connaissance.
La Chambre de commerce a immédiate
ment communiqué cette pétition au Direc
teur des Douanes en demandant copie de la
circulaire en question et en le priant, avant
d’appliquer de nouvelles mesures, d’accor
der aux commerçants un délai suffisant pour
qu’elles soient portées à leur connaissance.
M. ie Directeur dtrs Douanes s’est em
pressé de répondre à la Chambre de com
merce, que la saisie de vin dont il est ques
tion, a été opérés non pas en vertu d’une
circulaire récente, mais en vertu de ia lé-
M. Sabatier a obtenu plus de 7,000 voix.
Le Petit Colon exulte, et à le lire, on di
rait que ce succès, dû surtout à la mala
dresse de M. Dessoliers et de ses amis*
compense et au-delà les victoires que nos
amis ont remportées à Alger, à Constantine
et, à Oran même, où — ne l’oublions pas —■
M. Etienne a obtenu plus de 10 mille voix
au 1 er tour de scrutin.
Pour nous, nous avons pour le suffrage
urvversei beaucoup plus de déférence que
les pseudo-radicaux du Petit Colon. Nous
nous inclinons nettement devant, ses arrêts.
Contrairement à notre opinion, H a élu M.
Sabatier ; il à sans doute eu ses raisons
pour cela, et il ne saurait nous convenir dp
les discuter à l’heure actuelle. Nous garde
rons vis-«à-vis de M. Sabatier une altitude
expectante, et nous désirons vivement avoir
à taire son éloge, ce qui ne saurait man
quer d'arriver, s’il tient 1 s promesses qu’il
a faites aux électeurs d Oran. Il est vrai que
s’il tient les dites promesses, il méconten
tera Marchai et ie Petit Colon . Redoutable
situation qui nous rappelle le vers suivant
de Corneille dans Nicomède :
Devine si tu peux et choisis si tu l’oses.
En langue vulgaire, cela signifia que M.
Sabatier est sur le point de s’asseoir entre
deux chaises, ce qui lui arrivera infaillible
ment s il ne sait s’asseoir carrément sur une
des deux.
Qui! envoie donc promener le Petit Co
lon, et, en obéissant aux promesses qu’il a
faites à ses électeurs, qu’il travaille avec les
Jacques, les Mauguin, les Foreioü, les;
Thomson, les Treille, les Etienne, les Le-
teilier et les Bouriier à la prospérité de
l’Algérie.
Les oranais ne l’ont pas élu pour autre
chose, qu’il le sache bien.
la question, a remis à une grande commis
sitious de déclassement sur les 269,046 hec
gislation douanière.
Feuilleton de la Dépêche Algérienne
N° 25.
LES
PREMIÈRE PARTIE
LES DEUX TESTAMENTS
— C’est-à-dire, répliqua M. de Prêmûnt,
que vous placez vos rossignols.
—- Très bien ! très bien ! c’est tout à fait
cela, fit Alcide en éclatant de rire. Mon
sieur le comte a saisi au vol.
— Et vous partez ?
— Tout à l’heure, quand j’aurai remer
cié le seigneur d’ici, qui m’a si gracieuse
ment accordé l hospitalitè.
— Ah ! très bien, très bien, et le comte
se tourna vers Penhoëi, qui enrageait depuis
an instant.
— Le vieux piqueur fit sou rapport avec
volubilité. Les yeux de M. de Prémont
S’animèrent.
(1) Reproduction Interdite anx journaux qui n’ont
^a# traité avec la Société des tiens do Lettres.
— Tu l’as bien vu, comme je te vois, par
corps ?
— Oui, monsieur le comte, Mirabeau l’a
détourné. J’ai la rentrée de ia bête, je u'ai
pas sa sortie. J’ai poussé jusqu’à sa bauge :
Mirabeau me tirait à tout casser, le mon
sieur nous a salués d’un grognement. J’ai
vu son petit œil féroce à travers les bran
ches et nous nous sommes retirés sans
bruit.
— Eh bien, Panhoël, appelle Alain, qu’il
prévienne ie duc, et, s’il la veut bien, nous
allons partir aussitôt après déjeuoer. La
terre est bonne, elle est un peu humide : les
chiens vont chasser à pleine gueule.
Alcide s’était approché.
— Yous allez doue avoir une grande
chasse ici ?
— Oui, mon cher Bouvreuil.
— Oh ! monsieur le comte, si j’osais !
— Osez, Bouvreuil, osez. Aussi bien je
suis de bonne humeur. Je vous accorde
tout C8 que vous me demanderez, pourvu
que ce ne soit pas de l’argent 0
— Si vous vouliez me permettre d’assister
à cette chasse.
— Est-ce que vous montez à cheval, mon
sieur Bouvreuil?
— Non, monsieur le comte, j’aurais trop
peur ; mais je suivrais en voiture. Cocotte ..
Vous ne connaissez pas Cocotte ? C’est une
rude bête, elle ne me laissera pas derrière
les autres.
Je me suis laissé dire que les femmes sui
vaient les chasses en voiture. Si c’était un
effet da votre bonté...
— Parfaitement, ja vais le demander à
mon onclejustement, J.a voici qui descend ;
il ne. vous refusera certainement pas cette
faveur. /
XI
OU KKRNODH CAUSE A ALCIDE UNE GRANDE
FRAYEUR
Le duc paraissait radieux. Il accorda bien
vite l’autorisation sollicitée par Alcide.
— Pardieu ! mon neveu, s’écria-t il en
suite, voilà une belle journée, et je ne vous
laisserai pas chasser seul. Capitaine, dit-il
à Gressin, qui venait d’apparaître à son
tour, nous chasserons et vous êtes des
nôtres, n’est-ce pas? Je monterai Cacique...
Alain, dis au chef de faire avancer le déjeu
ner de deux heures.. Penhoëi, les chiens
sont prêts ? Les piqueurs, les valets de
chien, tout cela ne demande qu’à marcher,
je suppose ?
— Ah ! je crois bien, monsieur le duc,
et il y a pourtant bien longtemps que nous
n’avons chassé ensemble, notre maître !
Vous l’avez bien dit, c’est uns belle journée,
et le vieux Penhoëi eu est tout ravi.
Et ce fut au bout d’un instant un remue-
ménage, un tohu-bohu incomparable au
château, et tout le monde se mit de la
partie.
A l’annonce de la chasse, le capitaine
ouvrit l’œii d’un air étonné, puis, au lieu de
se diriger du côté des écuries, il remonta
précipitamment vers l’appartement de Su
zanne... Il trouva celle-ci eu train da
s’habiller.
— On chasse, lui dit-il, une grande chas
se au sanglier, et ie duc qui a l'air enchan
té. qui a l’air brillant comme un jeune hom-
m 3 de vingt ans...
La jeune femme l’interrompit.
— Je sais cela, puisque j’en suis, dit-elle
en haussant les épaules.
— Ah ! fit Gressin, c’est différent. Dia
ble ! tu vas vite !
Comme il sortait, il rencontra le duc.
—- Choisissez dans l’écurie, pour madame
voire sœur, ce qui peut ôire ie mieux a sa
convenance, dit M. de Trémeur ; mais au
paravant, dit-il avec embarras, a-t-elle ua
costuma de chasse ?
— Je crois, répliqua le capitaine, qu’elle
doit avoir dans sa malle une vieille ama
zone. Vous savez, monsieur le duc, on mon
te beaucoup en Algérie.
Le duc, dans sa préoccupation, ne prit
pas garde à cette phrase un peu ridicule,,
étant donnée ia pauyretô prétendue de l'aven-
turière.
Après un déjeuner escamoté à la hâte,
les veneurs descendirent tour à tour dans la
cour d’honneur. Les chevaux, tenus en main
par les grooms, piaffaient d’impatience.
Le comte était déjà en selle. Il portait
l’habit rouge, qui lui allait à merveille.
Le duc venait d’enfourcher Cacique ; 1»
capitaine était lui-même à cheval,
Suzanne apparut sur les degrés. Ella por-
toit une amazDne très simple, serrée .à îat
taille- et aux hanches, et sur sa tête un ch©*
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