Titre : La Revue des idées : études de critique générale / dir. Édouard Dujardin ; réd. Rémy de Gourmont
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1904-01-15
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32858522p
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 15 janvier 1904 15 janvier 1904
Description : 1904/01/15 (A1,N1,T1)-1904/12/15 (A1,N12,T1). 1904/01/15 (A1,N1,T1)-1904/12/15 (A1,N12,T1).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5390926h
Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-5797
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 29/01/2023
NO TES ET ANAL YSES
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de toute discussion, n’ont pas eux-mêmes une existence problématique
en tant que valeurs fondamentales, si la détermination de cette valeur
ne doit pas être soumise elle-même à un examen. Il pose ainsi comme
objet du problème moral les termes mêmes au moyen desquels on s’é
tait efforcé jusqu’ici de résoudre ce problème et ses analyses concluent
toutes à montrer dans la volonté de Bien, dans la volonté de Vrai, des
formes secondaires et dépendantes, dérivées d’un instinct plus profond.
Est moral « ce qui accélère et conserve la vie » ; est immoral ce qui abais
se la vie et la met en péril : tel est, substitué à l’impératif catégorique
kantien, l’impératif biologique dont Nietzsche propose la formule. « La
fausseté d’un jugement, conclut-il, ne disqualifie par ce jugement. La
question est celle-ci: dans quelle mesure entretient-il la vie? » (Chap.I.
Préjugés des philosophes).
Mais ce destructeur des idées Bien et Mal, en tant qu’elles usurpent le
premier rang et se donnent pour les conceptions polaires du monde
moral, est, il ne faut pas l’oublier, l’amoureux le plus passionné qui soit
de cette morale fondamentale qui conditionne l’existence même du réel.
« Plutôt n’importe quelles mœurs que point de mœurs du tout,» dira-t-il
et au cinquième chapitre de ce livre-ci (Histoire naturelle de la morale)
il note : « Ce qu’il y a d’essentiel et d’inappréciable dans toute morale,
c’est qu’elle est une contrainte prolongée. » C’est ce fait de contrainte,
ce fait de tyrannie, imposant une discipline à des éléments épars, les
forçant à se répéter selon un rythme, sculptant les formes d’une réalité
saisissable dans la glaise du chaos, c’est ce fait arbitraire qu’il retient
en toute morale particulière comme le principe positif et vivifiant qui
la justifia à quelque moment de l’histoire. Ce qui domine tout chez
Nietzsche, il faut sans cesse le répéter, c’est l’amour des modalités les
plus hautes et les mieux ordonnées de la vie. Il ne rabaisse les expres
sions diverses de la moralité que pour restituer toute sa force au prin
cipe d’autorité qui est père de toute forme vitale émergeant du chaos.
C’est cette passion de la vie ordonnée, ce sens de la hiérarchie qu’il ne
faut pas perdre de vue si l’on veut apprécier à leur valeur exacte, en di
vers chapitres (« Nos vertus », « Nous autres savants », « Qu’est-ce qui
est noble ? », « Peuples et patries »,) une suite de vues concrètes où les
conceptions générales duphilosophe trouvent leur application au détail
de la vie et de l’histoire. J. G.
Frédéric Nietzsche, La Volonté de puissance, essai de transmutation de
toutes les valeurs. Trad. par Henri Albert. Paris, Société du Mercure de
France.
Les deux volumes de la Volonté de Puissance sont la réunion, par les
soins de Mme Fœrster Nietzsche et des collaborateurs des Nietzsche-
Archiv, des matériaux mêmes, — notes et fragments d’une forme sou-
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de toute discussion, n’ont pas eux-mêmes une existence problématique
en tant que valeurs fondamentales, si la détermination de cette valeur
ne doit pas être soumise elle-même à un examen. Il pose ainsi comme
objet du problème moral les termes mêmes au moyen desquels on s’é
tait efforcé jusqu’ici de résoudre ce problème et ses analyses concluent
toutes à montrer dans la volonté de Bien, dans la volonté de Vrai, des
formes secondaires et dépendantes, dérivées d’un instinct plus profond.
Est moral « ce qui accélère et conserve la vie » ; est immoral ce qui abais
se la vie et la met en péril : tel est, substitué à l’impératif catégorique
kantien, l’impératif biologique dont Nietzsche propose la formule. « La
fausseté d’un jugement, conclut-il, ne disqualifie par ce jugement. La
question est celle-ci: dans quelle mesure entretient-il la vie? » (Chap.I.
Préjugés des philosophes).
Mais ce destructeur des idées Bien et Mal, en tant qu’elles usurpent le
premier rang et se donnent pour les conceptions polaires du monde
moral, est, il ne faut pas l’oublier, l’amoureux le plus passionné qui soit
de cette morale fondamentale qui conditionne l’existence même du réel.
« Plutôt n’importe quelles mœurs que point de mœurs du tout,» dira-t-il
et au cinquième chapitre de ce livre-ci (Histoire naturelle de la morale)
il note : « Ce qu’il y a d’essentiel et d’inappréciable dans toute morale,
c’est qu’elle est une contrainte prolongée. » C’est ce fait de contrainte,
ce fait de tyrannie, imposant une discipline à des éléments épars, les
forçant à se répéter selon un rythme, sculptant les formes d’une réalité
saisissable dans la glaise du chaos, c’est ce fait arbitraire qu’il retient
en toute morale particulière comme le principe positif et vivifiant qui
la justifia à quelque moment de l’histoire. Ce qui domine tout chez
Nietzsche, il faut sans cesse le répéter, c’est l’amour des modalités les
plus hautes et les mieux ordonnées de la vie. Il ne rabaisse les expres
sions diverses de la moralité que pour restituer toute sa force au prin
cipe d’autorité qui est père de toute forme vitale émergeant du chaos.
C’est cette passion de la vie ordonnée, ce sens de la hiérarchie qu’il ne
faut pas perdre de vue si l’on veut apprécier à leur valeur exacte, en di
vers chapitres (« Nos vertus », « Nous autres savants », « Qu’est-ce qui
est noble ? », « Peuples et patries »,) une suite de vues concrètes où les
conceptions générales duphilosophe trouvent leur application au détail
de la vie et de l’histoire. J. G.
Frédéric Nietzsche, La Volonté de puissance, essai de transmutation de
toutes les valeurs. Trad. par Henri Albert. Paris, Société du Mercure de
France.
Les deux volumes de la Volonté de Puissance sont la réunion, par les
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