Titre : La Voix des femmes : politique, sociale, scientifique, artistique / dir. Colette Reynaud
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1919-10-19
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32891188n
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 19 octobre 1919 19 octobre 1919
Description : 1919/10/19 (A3,N87). 1919/10/19 (A3,N87).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t53690287
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-60633
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 08/12/2021
Dimanche 19 Octobre 1919
Troisième Année. - N’ 87
J
PARAISSANT LE JEUDI ET LE
DIMANCHE
Directrice- s Colette REYNAUD
Rédactrice en Chef i Louise
BODIN
FÉMINISTE
Rédaction et Administration : 10, RUE MONTMARTRE (1 er )
PACIFISTE
Abonnement : Un an : 12 francs, — Six mois: 6 francs
SOCIALISTE
INTERNATIONALISTE
saresssemerseseosam
LA “VOIX DES FEMMES” PROTESTE
= CONTRE LE BLOCUS DE LA RUSSIE -
- ... ----------- - N -
LiHumojülé vient de publier le rap
port adressé par M. Bullit au Président
Wilson au retour do sa mission à Mos
cou, en février 1919. Nous retenons de
ce rapport qui, du premier au dernier
mt; contient la preuve évidente des
mensonges des gouvernements anglo-
franco-américain à l’égard du gouver
nement des Soviets, le passage suivant’:
« La Russie se trouve actuellement
« dans un état de détresse très grave.
«
«
«
a
«
«
«
«
Le blocus par terre, et par mer en est
la cause Tout le monde à Moscou
et Petrograd, homme, femmes, en
fants, meurt lentement de faim. La
mortalité est particulièrement élevée
chez les nouveaux-nés que les mères
ne peuvent pas nourrir, chez les fem
mes nouvellement accouchées et chez
« les vieillards. La maladie, en général,
« trouve un excellent terrain pour se dé-
« velopper et la plus bénigne est sus-
« ceptible d'avoir des suites fatales, les
« médicaments faisant totalement dé-
« faut. Des épidémies de typhoïde, de
« typhus et de variole régnent à l’état
« endémique à Pétrograd et à Moscou. »
Nous n’élevons pas la voix en cette
circonstance parce qu’il s’agit plus par
ticulièrement du meurtre des femmes.
Si l’assassinat d’un enfant est le plus in-
fâme et le plus lâche de tous les assas
sinais, l’enfant étant complètement in
nocent des querelles et des guerres des
individus, ou des castes, l’homme et la
femme sont égaux en droit devant la
vie. Il n’est pas plus odieux de tuer l’un
que de tuer l’autre. Mais nous rappel
lerons pour mémoire les protestations
hypocrites faites par les gouvernements
de l’Entente lors du torpillage du Lusi-
tania : « Les misérables, clamaient-ils,
ils ont tué des femmes et des enfants ».
chaque heure, à chaque minute, l’assas
sinat organisé d’un peuple entier.
J’entendais tantôt au concert l’admi-
rable Bédemption de César Franck :
« Les siècles passent. Allégresse du
monde qui se transforme sous la parole
du Christ ». Quelle dérision ! Les siè
cles ont passé. Après cinq ans d’une '
guerre qui fut la plus monstrueuse des
guerres, la barbarie règne sur le monde
plus monstrueuse que jamais. Mères,
femmes enceintes, femmes, songez tou
tes à vos petits, mourant d'inanition
dans VOS bras ou dans vos entrailles ;
songez à la tiède et vivifiante source de
votre lait tarie dans vos seins amaigris;
songez a l’agonie de vos fils et de vos
filles, grelottant de fièvre sans que la
science humaine puisse les sauver par
les ressources dont elle dispose ; songez 1
toutes au supplice de vos sœurs tortu- j
rées par le bon plaisir de bourreaux
qui ne restent les maîtres que par l'in-
compréhensible patience des peuples as-
servis — et criez avec moi votre répro
bation, votre révolte devant cette atro
cité sans pareille qui dépasse toutes les
atrocités commises au cours des. siècles
d’histoire atroce et exterminatrice.
Il n’est plus question à présent d'igno
rance. Malgré le#cordons sanitaires, les
ciseaux et les lacets de la censure, à
présent nous savons. La tragique vérité
est devant nous dans sa nudité exsangue
et décharnée. Non, le silence ne serait
plus de l’ignorance, de la patience, de
llégoïsme ou de l’inertie, il serait de la
complicité. Nous ne voulons aucune ap
parence de complicité mentale avec des
hommes auxquels une abominable or
ganisation sociale a donné la plus dé
testable des puissances et qui exercent
la plus néroniene des dictatures. Ré
clamer d’eux de la nourriture et des
soins pour les millions de russes qui
meurent, depuis le nouveau-né jusqu’au
vieillard, réclamer d’eux pour les petits
enfants russes, au seuil de l’hiver, des
vêtements chauds et des médicaments,
serait sans doute bien inutile, car ils
n’ont plus rien d’humain.
Nous n’attendons plus que le moment
où le grand mouvement idéaliste réalisé
en Russie dans les plus poignantes cir
constances — lisez toutes « l’Avènement
du bolchevisme » par Trotsky — se pro
pageant dans l’Europe occidentale. em
portera dans son irrésistible force de
justice et de-logique, le régime qui nous
déshonore et ses abjects représentants.
Nous n’attendons plus que le moment
où nous pourrons vivre, vivre enfin dans
la paix rétablie sur les principes de la
fraternité internationale.
Femmes qui nous lisez, employez tou
te votre volonté à obtenir des. hommes
qui sont vos compagnons et vos fils
qu’ils refusent d’être, de quelque ma
nière que ce soit, les auxiliaires de ceux
qui font périr par la faim la nation la
plus noble et la plus généreuse et qui
s’est offerte en exemple à toutes les ail ¬
très nations.;.
Louise BODIN.
L'ESPRIT
INTERNATIONALISTE
Lorsque notre pensée, encore sous l'ob-
session des cinq aimées que nous? venons do
vivre, veuf essayer de chercher une voie die
salut elle est amenée à faire une sorte d’exa
men de conscience humaine, et, alors, nous
ne sommes pas fiers de la suite d'horreurs
qui constitue ce qu’on appelle : l'Histoire
générale de l’humanité.
Toujours on tua. Mais de plus en plus,
comme par une espèce de protestation in-
volontaire de la raison, les hommes ont
tenu à justifier le meurtre.
On s'est tué pour des idées religieuses ;
les masses se ruaient les unes contre les
autres, chacune pour leur dieu. Mais tan-
dis que les humbles combattaient en sin
cères", les chefs se servaient d’eux pour
conquérir le pouvoir. L’idée religieuse était
un paravent commode pour la soif de puis
sance.
Après s’être massacrés pendant des dizai
nes, des centaines d'années, les hommes se
trouvèrent de bien grandes dupes ; les plus
sages commencèrent à dire que « le cou-
tean ne vautssien contre l'esprit
tolérance mutuelle, après bien des
» et la
fluctua-
Une femme et un enfant étaient des
créatures sacrées pour les chevaliers du
droit et de la civilisation.
A présent, alors, que la guerre est of
ficiellement finie, alors qu’on n’a même
plus le semblant d’excuse du massacre
par nécessité nationale, c’est par cen-
taines de milliers que les gouvernements
alliés continuent à tuer des femmes et
'des enfants. Ils ont transformé la Rus
sie en une immense chambre de torture
où l’on agonise lentement, La famine
et la maladie sont leurs, moyens de
guerre envers un pays auquel il n’a été
fait aucune déclaration de guerre. La
dénutrition et le microbe sont leurs pro
cédés de stratégie à eux qui mentaient
lorsqu’ils disaient que les Allemands
avaient empoisonné nos puits. Du reste,
nous savons que les Anglais sont cé
lèbres comme affameurs. « L’Inde sans
les Anglais » de l’académicien patriote
Pierre Loti, est un document précieux à |
cet égard. L’indignation nous soulève de '
honte et de colère et c’est au nom des
femmes, au nom de toutes les femmes
qui, dans le secret de leur âme et de
leur cœur, partagent cette indignation
que de toutes les forces de ma conscien
ce et de ma raison, je dénonce la cru
auté froide et méthodique, la sauvage
et sournoise férocité, de ceux qui com
mettent depuis des mois, chaque jour, à
%
M
A.
7
lions et bien des heurts établit La paix 4
conscience.
, Les hommes se donnèrent alors un autre
dogme : l’idée de Patrie vint soulever les
masses que la foi religieuse n’ébranlait plug.
Le dogme de Patrie eut ses martyrs et ses
fanatiques. Il eut aussi ses' profiteurs. C'est
en invoquant le nom idle Patrie que les
ambilieux d'hégémonie mondiale ont fait •
s’entr’égorger les peuples. s .
D'autres analogies sont encore à noter.
Lorsque la religion sentit sa toute-puissance
battue en brèche par les idées nouvelles, elle
réagit et réunit ses partisans dans une ligue
fameuse, la Société de Jésus, pour la dé
fense de la foi chrétienne. La Patrie, mise
a son tour en discussion, se • défendit »,
elle aussi ; les nationalistes/sont les je-
suites de l'idlée de Patrie. Comme leurs illus-
très prédécesseurs ils ne répugnent à aucun
moyen : l’intolérance, le mensonge, la vio-
lenco sont torp facilement leurs armes.
Le monde a-t-il assez de toutes les Ine
rtes ? Si oui, il faut chercher quels sen-
timents nous devons essayer de faire pré-
valoir pour que les hécatombes d’mer
n’aient pas un recommencement qui serait
encore plus terrible.
Au fort des luttes, religieuses, un homme
disait : c Laisens ces mots de huguenots et
de papistes , ne changeons pas le beau
nom. de Français ». Ce défaitiste de la foi
religieuse cherchait dans un sentiment élar-
gi un dériva tif à l’esprit sectaire : il tendait
à inspirer à tous un large esprit de tolé
rance.
Nous devons, nous qui voulons un avenir
meilleur, prêcher aussi la tolérance aux
fanatiques du dogme d'aujourd’hui. Nous
devons essayer de développer l’esprit in
ternationaliste.
A ceux qui s’entêtent dans une admiration
béate et bornée, nous montrerons que cha
que. pays fut tour à tour malfaiteur dan
gereux — le pays de Louis XIV et de Na-
poléon ne pourrait le nier — et bienfaiteur
puissant. Le bien et le mal sont partout
Si l'Allemagne eut Bismarck et Hindens
bourg elle eut aussi les dux Liebknecht
et Rosa Luxembourg. La France compte
chez elle un Poincaré, elle compte aussi
Romain Rolland. . .
Je ne veux pas insister sur le fai qu il
n’y a en ce moment aucune des grandes
découvertes de la science qui ne soit lu
somme, des progrès successifs de savants
appartenant à tous Les pays. La science est
internationale. .
Nous avens tout à gagner, au point dede
matériel comme au point de vue itenec
tue’, à connaître les individus des ares
nations, et eux aussi ont à profiter de Dos
travaux. Les sentiments de solidarité E
| maine deviennent d'ailleurs de jour en jour
1 plus répandus.
Troisième Année. - N’ 87
J
PARAISSANT LE JEUDI ET LE
DIMANCHE
Directrice- s Colette REYNAUD
Rédactrice en Chef i Louise
BODIN
FÉMINISTE
Rédaction et Administration : 10, RUE MONTMARTRE (1 er )
PACIFISTE
Abonnement : Un an : 12 francs, — Six mois: 6 francs
SOCIALISTE
INTERNATIONALISTE
saresssemerseseosam
LA “VOIX DES FEMMES” PROTESTE
= CONTRE LE BLOCUS DE LA RUSSIE -
- ... ----------- - N -
LiHumojülé vient de publier le rap
port adressé par M. Bullit au Président
Wilson au retour do sa mission à Mos
cou, en février 1919. Nous retenons de
ce rapport qui, du premier au dernier
mt; contient la preuve évidente des
mensonges des gouvernements anglo-
franco-américain à l’égard du gouver
nement des Soviets, le passage suivant’:
« La Russie se trouve actuellement
« dans un état de détresse très grave.
«
«
«
a
«
«
«
«
Le blocus par terre, et par mer en est
la cause Tout le monde à Moscou
et Petrograd, homme, femmes, en
fants, meurt lentement de faim. La
mortalité est particulièrement élevée
chez les nouveaux-nés que les mères
ne peuvent pas nourrir, chez les fem
mes nouvellement accouchées et chez
« les vieillards. La maladie, en général,
« trouve un excellent terrain pour se dé-
« velopper et la plus bénigne est sus-
« ceptible d'avoir des suites fatales, les
« médicaments faisant totalement dé-
« faut. Des épidémies de typhoïde, de
« typhus et de variole régnent à l’état
« endémique à Pétrograd et à Moscou. »
Nous n’élevons pas la voix en cette
circonstance parce qu’il s’agit plus par
ticulièrement du meurtre des femmes.
Si l’assassinat d’un enfant est le plus in-
fâme et le plus lâche de tous les assas
sinais, l’enfant étant complètement in
nocent des querelles et des guerres des
individus, ou des castes, l’homme et la
femme sont égaux en droit devant la
vie. Il n’est pas plus odieux de tuer l’un
que de tuer l’autre. Mais nous rappel
lerons pour mémoire les protestations
hypocrites faites par les gouvernements
de l’Entente lors du torpillage du Lusi-
tania : « Les misérables, clamaient-ils,
ils ont tué des femmes et des enfants ».
chaque heure, à chaque minute, l’assas
sinat organisé d’un peuple entier.
J’entendais tantôt au concert l’admi-
rable Bédemption de César Franck :
« Les siècles passent. Allégresse du
monde qui se transforme sous la parole
du Christ ». Quelle dérision ! Les siè
cles ont passé. Après cinq ans d’une '
guerre qui fut la plus monstrueuse des
guerres, la barbarie règne sur le monde
plus monstrueuse que jamais. Mères,
femmes enceintes, femmes, songez tou
tes à vos petits, mourant d'inanition
dans VOS bras ou dans vos entrailles ;
songez à la tiède et vivifiante source de
votre lait tarie dans vos seins amaigris;
songez a l’agonie de vos fils et de vos
filles, grelottant de fièvre sans que la
science humaine puisse les sauver par
les ressources dont elle dispose ; songez 1
toutes au supplice de vos sœurs tortu- j
rées par le bon plaisir de bourreaux
qui ne restent les maîtres que par l'in-
compréhensible patience des peuples as-
servis — et criez avec moi votre répro
bation, votre révolte devant cette atro
cité sans pareille qui dépasse toutes les
atrocités commises au cours des. siècles
d’histoire atroce et exterminatrice.
Il n’est plus question à présent d'igno
rance. Malgré le#cordons sanitaires, les
ciseaux et les lacets de la censure, à
présent nous savons. La tragique vérité
est devant nous dans sa nudité exsangue
et décharnée. Non, le silence ne serait
plus de l’ignorance, de la patience, de
llégoïsme ou de l’inertie, il serait de la
complicité. Nous ne voulons aucune ap
parence de complicité mentale avec des
hommes auxquels une abominable or
ganisation sociale a donné la plus dé
testable des puissances et qui exercent
la plus néroniene des dictatures. Ré
clamer d’eux de la nourriture et des
soins pour les millions de russes qui
meurent, depuis le nouveau-né jusqu’au
vieillard, réclamer d’eux pour les petits
enfants russes, au seuil de l’hiver, des
vêtements chauds et des médicaments,
serait sans doute bien inutile, car ils
n’ont plus rien d’humain.
Nous n’attendons plus que le moment
où le grand mouvement idéaliste réalisé
en Russie dans les plus poignantes cir
constances — lisez toutes « l’Avènement
du bolchevisme » par Trotsky — se pro
pageant dans l’Europe occidentale. em
portera dans son irrésistible force de
justice et de-logique, le régime qui nous
déshonore et ses abjects représentants.
Nous n’attendons plus que le moment
où nous pourrons vivre, vivre enfin dans
la paix rétablie sur les principes de la
fraternité internationale.
Femmes qui nous lisez, employez tou
te votre volonté à obtenir des. hommes
qui sont vos compagnons et vos fils
qu’ils refusent d’être, de quelque ma
nière que ce soit, les auxiliaires de ceux
qui font périr par la faim la nation la
plus noble et la plus généreuse et qui
s’est offerte en exemple à toutes les ail ¬
très nations.;.
Louise BODIN.
L'ESPRIT
INTERNATIONALISTE
Lorsque notre pensée, encore sous l'ob-
session des cinq aimées que nous? venons do
vivre, veuf essayer de chercher une voie die
salut elle est amenée à faire une sorte d’exa
men de conscience humaine, et, alors, nous
ne sommes pas fiers de la suite d'horreurs
qui constitue ce qu’on appelle : l'Histoire
générale de l’humanité.
Toujours on tua. Mais de plus en plus,
comme par une espèce de protestation in-
volontaire de la raison, les hommes ont
tenu à justifier le meurtre.
On s'est tué pour des idées religieuses ;
les masses se ruaient les unes contre les
autres, chacune pour leur dieu. Mais tan-
dis que les humbles combattaient en sin
cères", les chefs se servaient d’eux pour
conquérir le pouvoir. L’idée religieuse était
un paravent commode pour la soif de puis
sance.
Après s’être massacrés pendant des dizai
nes, des centaines d'années, les hommes se
trouvèrent de bien grandes dupes ; les plus
sages commencèrent à dire que « le cou-
tean ne vautssien contre l'esprit
tolérance mutuelle, après bien des
» et la
fluctua-
Une femme et un enfant étaient des
créatures sacrées pour les chevaliers du
droit et de la civilisation.
A présent, alors, que la guerre est of
ficiellement finie, alors qu’on n’a même
plus le semblant d’excuse du massacre
par nécessité nationale, c’est par cen-
taines de milliers que les gouvernements
alliés continuent à tuer des femmes et
'des enfants. Ils ont transformé la Rus
sie en une immense chambre de torture
où l’on agonise lentement, La famine
et la maladie sont leurs, moyens de
guerre envers un pays auquel il n’a été
fait aucune déclaration de guerre. La
dénutrition et le microbe sont leurs pro
cédés de stratégie à eux qui mentaient
lorsqu’ils disaient que les Allemands
avaient empoisonné nos puits. Du reste,
nous savons que les Anglais sont cé
lèbres comme affameurs. « L’Inde sans
les Anglais » de l’académicien patriote
Pierre Loti, est un document précieux à |
cet égard. L’indignation nous soulève de '
honte et de colère et c’est au nom des
femmes, au nom de toutes les femmes
qui, dans le secret de leur âme et de
leur cœur, partagent cette indignation
que de toutes les forces de ma conscien
ce et de ma raison, je dénonce la cru
auté froide et méthodique, la sauvage
et sournoise férocité, de ceux qui com
mettent depuis des mois, chaque jour, à
%
M
A.
7
lions et bien des heurts établit La paix 4
conscience.
, Les hommes se donnèrent alors un autre
dogme : l’idée de Patrie vint soulever les
masses que la foi religieuse n’ébranlait plug.
Le dogme de Patrie eut ses martyrs et ses
fanatiques. Il eut aussi ses' profiteurs. C'est
en invoquant le nom idle Patrie que les
ambilieux d'hégémonie mondiale ont fait •
s’entr’égorger les peuples. s .
D'autres analogies sont encore à noter.
Lorsque la religion sentit sa toute-puissance
battue en brèche par les idées nouvelles, elle
réagit et réunit ses partisans dans une ligue
fameuse, la Société de Jésus, pour la dé
fense de la foi chrétienne. La Patrie, mise
a son tour en discussion, se • défendit »,
elle aussi ; les nationalistes/sont les je-
suites de l'idlée de Patrie. Comme leurs illus-
très prédécesseurs ils ne répugnent à aucun
moyen : l’intolérance, le mensonge, la vio-
lenco sont torp facilement leurs armes.
Le monde a-t-il assez de toutes les Ine
rtes ? Si oui, il faut chercher quels sen-
timents nous devons essayer de faire pré-
valoir pour que les hécatombes d’mer
n’aient pas un recommencement qui serait
encore plus terrible.
Au fort des luttes, religieuses, un homme
disait : c Laisens ces mots de huguenots et
de papistes , ne changeons pas le beau
nom. de Français ». Ce défaitiste de la foi
religieuse cherchait dans un sentiment élar-
gi un dériva tif à l’esprit sectaire : il tendait
à inspirer à tous un large esprit de tolé
rance.
Nous devons, nous qui voulons un avenir
meilleur, prêcher aussi la tolérance aux
fanatiques du dogme d'aujourd’hui. Nous
devons essayer de développer l’esprit in
ternationaliste.
A ceux qui s’entêtent dans une admiration
béate et bornée, nous montrerons que cha
que. pays fut tour à tour malfaiteur dan
gereux — le pays de Louis XIV et de Na-
poléon ne pourrait le nier — et bienfaiteur
puissant. Le bien et le mal sont partout
Si l'Allemagne eut Bismarck et Hindens
bourg elle eut aussi les dux Liebknecht
et Rosa Luxembourg. La France compte
chez elle un Poincaré, elle compte aussi
Romain Rolland. . .
Je ne veux pas insister sur le fai qu il
n’y a en ce moment aucune des grandes
découvertes de la science qui ne soit lu
somme, des progrès successifs de savants
appartenant à tous Les pays. La science est
internationale. .
Nous avens tout à gagner, au point dede
matériel comme au point de vue itenec
tue’, à connaître les individus des ares
nations, et eux aussi ont à profiter de Dos
travaux. Les sentiments de solidarité E
| maine deviennent d'ailleurs de jour en jour
1 plus répandus.
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 86.86%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 86.86%.
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bd6t53690287/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bd6t53690287/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bd6t53690287/f1.image
- Mise en scène Mise en scène ×
Mise en scène
Créer facilement :
- Marque-page Marque-page https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/bookmark/ark:/12148/bd6t53690287/f1.image ×
Gérer son espace personnel
Ajouter ce document
Ajouter/Voir ses marque-pages
Mes sélections ()Titre - Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bd6t53690287
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bd6t53690287
- Signalement d'anomalie Signalement d'anomalie https://sindbadbnf.libanswers.com/widget_standalone.php?la_widget_id=7142
- Aide Aide https://gallica.bnf.fr/services/ajax/action/aide/ark:/12148/bd6t53690287/f1.image × Aide
Facebook
Twitter
Pinterest