Titre : Le Grelot
Éditeur : Madre (Paris)
Date d'édition : 1873-11-02
Contributeur : Madre, J.. Directeur de publication
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32783924q
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 02 novembre 1873 02 novembre 1873
Description : 1873/11/02 (A3,N134). 1873/11/02 (A3,N134).
Description : Collection numérique : Commun Patrimoine:... Collection numérique : Commun Patrimoine: bibliothèque numérique du réseau des médiathèques de Plaine Commune
Description : Collection numérique : Commune de Paris de 1871 Collection numérique : Commune de Paris de 1871
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5145672j
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, FOL-LC13-212
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 06/02/2022
DIMANCHE 2 NOVEMBRE 1873
30 ANNÉE — N* 134
RÉDACTION
20, RUE DU CROISSANT, 20
PARIS
ABONNEMENTS
m an 8 fr.
Six mois 4
Trois mois *
ADRESSER
Lettres et mandats à M. MADax,
directeur-gérant.
DIX CENTIMES.
ADMINISTRATION
20, RUE DU CROISSANT, 20
PARIS
ABONNEMENTS
Un an 8 fr.
Six mois 4
Trois mais *
ANNONCES
M. A. Baudouin, régisseur,
9; place de la Bourse.
====================================================================================
NOUS VENONS DE NOUS VENDRE!
La censure nous ayant refusé tous nos dessins et nous faisant une existence de bâtons de chaise, nous nous sommes décidés à nous vendre au parti légitimiste qui,
du reste, et c’est là notre excuse, nous obsédait. Mais comme on ne nous a encore versé que 50 fr, 50 c. sur le million promis, nous réservons l’avenir, — ce qui ne
nous empêchera pas de reprendre régulièrement, la semaine prochaine, la publication de notre Feuilleton-Supplément.
■ I IWWIIIIII I =================== ========= ======= ================================= 1 '—I ===== — I 1 =======================
886 e Année... avec des interruptions. N° 15459 15 Novembre 1873.
wcssmassssrnenaastzsarsssaazsmasmassscrcn
LE DRAPEAU BLANC
Tout pour le peuple. Gazette de la Monarchie Rien par le peuple.
DERNIÈRE HEURE
On craint une rupture de relations di
plomatiques entre le royaume de France
et le souverain de Monaco.
A cette nouvelle, l’illustre général
Detroyat s’est empressé de mettre son épée
au service du gouvernement, pour inspec
ter les fortifications de Dunkerque.
Sa Majesté lui a répondu que c’était
comme s’il chantait.
Nous apprenons que le fantoche de
Câprera vient d’écrire au sinistre vieillard
pour lui offrir un asile.
Nous ne pensons pas que l’ex-président
de l’ex-république ose sortir de la cave
de Belleville où il se tient caché depuis le
5 novembre.
Hier, aux Italiens, pendant un entracte
del Verto Galanto, notre gracieuse sou
veraine a manifesté le désir de manger
une sardine.
M. Strakosh, appelé en toute hâte, s’est
empressé de satisfaire cette envie...
Toute la salle a remarqué l’air piteux
des princes d’Orléans.
PARIS
Paris, 15 novembre 1873.
Enfin!.,, ce n’est pas sans peine!
Nous le tenons !
C’est avec des larmes de joie que le vieux
drapeau blanc le salue, cet enfant du miracle,
qui vient nous rendre la paix, la prospérité et
la fortune;
Peu s’en est fallu qu’il ne nous échappât en
core !
Quelques esprits timorés, quelques miséra
bles républicains, la plupart échappés du ba
gne qui les regrette, avaient essayé de faire
prendre le change à la grande nation fran
çaise, en répandant d’avance sur les inten
tions de notre bien-aimé Sire les bruits les
plus calomnieux.
Que n’ont pas dit dans ce sens les feuilles
démagogiques?
« Français, on vous trompe! s’écriaient ces
croquants sinistres couverts de sang et de
boue, — on voit que nous savons ménager nos
expressions en face d’un ennemi vaincu.
Savez-vous ce que le comte de Chambord
va vous ramener dans les plis de son drapeau
fleurdelisé?
Les droits du seigneur,
Les dîmes,
Les corvées.
Vous serez de nouveau taillables et corvéa-
à merci.
Vous irez de nouveau battre les grenouilles
dans les fossés du seigneur.
Et si vous n’êtes pas contents, on vous ros
sera de coups comme des faquins que vous
êtes et jusqu’à ce que vous en creviez. »
Voilà les stupides niaiseries que débitaient
ces coquins achetés par la Prusse.
Maintenant que tout est fini, il est temps de
parler.
Nous aurions pu le faire avant, mais cela
eût eu l’air d’une lâcheté, et nous n’avoi.s voulu
devoir notre élévation au trône de France qu’à
l’enthousiasme de la nation.
Il est vrai que cet enthousiasme ne s’est
manifesté à l’Assemblée que par une majorité
de troix voix.
Mais qu’importe ?
L’essentiel est que ça finisse à nutre
avantage, n’est-ce pas?
Il ne s’agit pas, tout le monde en convien
dra, d’être fait pour la place qu’on occupe; le
principal est que la place soit faite pour vous.
Nous venons donc aujourd’hui, nous , les
vieux défenseurs du vieux drapeau de la vieille
France, mettre à néant ces calomnies infâ
mes et dévoiler la pensée tout, entière du sou
verain qui a bien voulu se sacrifier pour nous.
Non, nous ne rétablirons pas la dîme, le
corvée, les billets de confession et les fossés
à grenouilles, toutes choses, mon Dieu, qui
avaient bien leur bon côté, mais qui sont pas
sées un peu de mode, j’en conviens.
Nous ne rétablirons rien.
Mais nous reprendrons.
Voilà tout.
' Nous reprendrons ce que l’infâme Révolu
tion a cru devoir donner à un peuple en délire.
Voulez-vous, par exemple, ô Français! me
dire ce que vous faites et quel besoin vous
avez de la liberté de la presse ?
La liberté de la presse est-elle nécessaire
au bonnetier pour vendre ses bonnets, au ban
quier pour escompter ses traites, à l’artiste
pour peindre ses tableaux?
Non, n’est-ce pas?
Donc, supprimée la liberté de la presse.
Et si vous étiez franc, vous me diriez, ô
bourgeois! qu’au fond cela vous est parfaite
ment égal.
Ce qu’il vous faut, c’est un bon journal of
ficiel qui vous donne les nominations dans
l’ordre de Saint-Louis, le programme des
théâtres et l’beure des départs pour Ver
sailles.
Plus, un autre journal pour les racontars
des salons et les cancans des coulisses.
Ça suffira bien à votre bonheur, hein ?
Maintenant, qu’est-ce que vous faites, dites-
moi, de cet imbécile de suffrage universel ,
qui n’a jamais envoyé que des sots et des am
bitieux pérorer à la Chambre?
Est-il naturel, est-il logique, je vous le de
mande, que le vote de mon charcutier vaille
celui de M. Chesnelong, qui a été, du reste,
charcutier dans la modeste ville d’Orthez?
Mais, me répondrez-vous, votre charcutier
est un homme, un citoyen qui paye ses impôts
comme les autres : pourquoi ne jouirait-il pas
des mêmes droits, puisqu’il participe aux
mêmes charges ?
Sans doute. Mais il n’en est pas moins vrai
que M. Chesnelong est un charcutier d’une
espèce particulière, d’une essence infiniment
supérieure, sur qui les grâces du ciel sont
tombées avec une telle abondance qu’il en de
meure tout ébloui parfois.
Il est donc absolument conforme aux lois
de la raison que M. Chesnelong, qui se trouve
très-bien du gouvernement actuel, ait le droit
de voter à perpétuité le maintien de ce ré
gime, tandis que mon charcutier, qui s’en
trouve très-mal et qui voudrait le jeter par
terre, soit condamné à le garder, lui, ses en
fants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.
Donc, supprimé le suffrage universel.
Il serait trop bête, en effet, de fournir à nos
ennemis des armes pour nous battre.
C’est là une sottise qu’il faut laisser aux
républicains.
Maintenant reste la question religieuse.
Soyez convaincus, Français, qu’il est en
tendu que les fameux billets de confession
sont et demeurent abolis.
Personne ne vous forcera à aller à la
messe.
Seulement, il est bien naturel que lorsqu’il
s’agira d’une grasse place ou d’un bon emploi,
le gouvernement préfère toujours celui qui
donnera l’exemple d’une sainte vie et d’une
pratique pieuse au païen qui restera chez lui
pendant les offices et qui travaillera le di
manche sous le prétexte fallacieux qu’il
mange ce jour-là comme les autres jours.
Ainsi vous voyez qu’en y réfléchissant un
peu, rien ne sera plus libéral, plus conforme
au progrès, que le gouvernement du bon Roy
notre S.re.
Et dire que certains folliculaires ont affirmé
le contraire !...
Rien que d’y penser, le sang m’en monte
au visage !
Heureusement, ces chenapans-là voguent en
ce moment vers le sol béni de la Nouvelle-
Calédonie, où nos vœux les accompagnent.
Espérons que la grâce divine les louchera
et qu’ils reviendront de là, — s’ils en revien
nent! — tout-à-fait convertis aux saines
croyances et guéris de leurs coupables erreurs.
Voilà donc les utiles vérités qu’il apparte
nait au Drapeau blanc de faire connaître le
premier.
Je suis revenu du purgatoire exprès pour
vous les dire et je ne me repens pas de ce
voyage qui rn’a procuré la vue de choses bien
curieuses ainsi que la mesure exacte de la dose
d’imbécillité que peuvent contenirl es cervelles
d’un certain nombre de Français.
Quand je ne rapporterais ensuite là-bas
que l’honneur d’avoir serré la main du brave
général Changarnier, avouez que je n’aurais
pas perdu mon temps.
VIVE LE ROY ! 1
L’OMBRE DE MARTAINVILLE.
PARTIE OFFICIELLE
LOIS ET ORDONNANCES
HENRI, par la grâce de Dieu et la volonté de
l’Assemblée nationale,
A tous présents et à venir,
Salut.
Vu les ordonnances du 27 juillet 1830,
Mandons et ordonnons ce qui suit :
Les journalistes et dessinateurs qui ont ap
partenu aux feuilles supprimées, et qui n’au-
i ont pas quitté le territoire dans les vingt-
quatre heures, seront tenus de ne vaguer sur la
voie publique qu’avec une muselière.
Fait en notre château de Versailles.
HENRI, par la grâce de Dieu, etc.,
Le nouveau Cabinet est ainsi constitué :
Le marquis Jules de Simon, Chevalier de
Saint-Louis, commandeur de l’ordre du Lys,
de la Couronne de fer, de Saint-Jean-de-Jé-
zusalem, du Saint-Sépulcre et de l’Eléphant,
fraîchement décoré de Juillet 1830 et de Fé
vrier 1848, médaillé de Sainte-Hélène, mem
bre de l’Académie française et de l’Interna
tionale,
Est nommé ministre unique, universel et
inamovible.
HENRI, par la grâce de Dieu, etc ,
Vu l’inconvenance du Génie placé au sommet
de la Colonne de Juillet,
Mandons et ordonnons que la place de la
Bastille sera remise en son état primitif.
Notre ministre unique, universel et inamo
vible est chargé de l’exécution de la présente
ordonnance.
Il veillera à la reconstruction fidèle de notre
Château de la Bastille.
Trois cents Lettres de cachet sont mises, dès
ce jour, à sa disposition, pour purger la so
ciété de ses éléments impurs.
30 ANNÉE — N* 134
RÉDACTION
20, RUE DU CROISSANT, 20
PARIS
ABONNEMENTS
m an 8 fr.
Six mois 4
Trois mois *
ADRESSER
Lettres et mandats à M. MADax,
directeur-gérant.
DIX CENTIMES.
ADMINISTRATION
20, RUE DU CROISSANT, 20
PARIS
ABONNEMENTS
Un an 8 fr.
Six mois 4
Trois mais *
ANNONCES
M. A. Baudouin, régisseur,
9; place de la Bourse.
====================================================================================
NOUS VENONS DE NOUS VENDRE!
La censure nous ayant refusé tous nos dessins et nous faisant une existence de bâtons de chaise, nous nous sommes décidés à nous vendre au parti légitimiste qui,
du reste, et c’est là notre excuse, nous obsédait. Mais comme on ne nous a encore versé que 50 fr, 50 c. sur le million promis, nous réservons l’avenir, — ce qui ne
nous empêchera pas de reprendre régulièrement, la semaine prochaine, la publication de notre Feuilleton-Supplément.
■ I IWWIIIIII I =================== ========= ======= ================================= 1 '—I ===== — I 1 =======================
886 e Année... avec des interruptions. N° 15459 15 Novembre 1873.
wcssmassssrnenaastzsarsssaazsmasmassscrcn
LE DRAPEAU BLANC
Tout pour le peuple. Gazette de la Monarchie Rien par le peuple.
DERNIÈRE HEURE
On craint une rupture de relations di
plomatiques entre le royaume de France
et le souverain de Monaco.
A cette nouvelle, l’illustre général
Detroyat s’est empressé de mettre son épée
au service du gouvernement, pour inspec
ter les fortifications de Dunkerque.
Sa Majesté lui a répondu que c’était
comme s’il chantait.
Nous apprenons que le fantoche de
Câprera vient d’écrire au sinistre vieillard
pour lui offrir un asile.
Nous ne pensons pas que l’ex-président
de l’ex-république ose sortir de la cave
de Belleville où il se tient caché depuis le
5 novembre.
Hier, aux Italiens, pendant un entracte
del Verto Galanto, notre gracieuse sou
veraine a manifesté le désir de manger
une sardine.
M. Strakosh, appelé en toute hâte, s’est
empressé de satisfaire cette envie...
Toute la salle a remarqué l’air piteux
des princes d’Orléans.
PARIS
Paris, 15 novembre 1873.
Enfin!.,, ce n’est pas sans peine!
Nous le tenons !
C’est avec des larmes de joie que le vieux
drapeau blanc le salue, cet enfant du miracle,
qui vient nous rendre la paix, la prospérité et
la fortune;
Peu s’en est fallu qu’il ne nous échappât en
core !
Quelques esprits timorés, quelques miséra
bles républicains, la plupart échappés du ba
gne qui les regrette, avaient essayé de faire
prendre le change à la grande nation fran
çaise, en répandant d’avance sur les inten
tions de notre bien-aimé Sire les bruits les
plus calomnieux.
Que n’ont pas dit dans ce sens les feuilles
démagogiques?
« Français, on vous trompe! s’écriaient ces
croquants sinistres couverts de sang et de
boue, — on voit que nous savons ménager nos
expressions en face d’un ennemi vaincu.
Savez-vous ce que le comte de Chambord
va vous ramener dans les plis de son drapeau
fleurdelisé?
Les droits du seigneur,
Les dîmes,
Les corvées.
Vous serez de nouveau taillables et corvéa-
à merci.
Vous irez de nouveau battre les grenouilles
dans les fossés du seigneur.
Et si vous n’êtes pas contents, on vous ros
sera de coups comme des faquins que vous
êtes et jusqu’à ce que vous en creviez. »
Voilà les stupides niaiseries que débitaient
ces coquins achetés par la Prusse.
Maintenant que tout est fini, il est temps de
parler.
Nous aurions pu le faire avant, mais cela
eût eu l’air d’une lâcheté, et nous n’avoi.s voulu
devoir notre élévation au trône de France qu’à
l’enthousiasme de la nation.
Il est vrai que cet enthousiasme ne s’est
manifesté à l’Assemblée que par une majorité
de troix voix.
Mais qu’importe ?
L’essentiel est que ça finisse à nutre
avantage, n’est-ce pas?
Il ne s’agit pas, tout le monde en convien
dra, d’être fait pour la place qu’on occupe; le
principal est que la place soit faite pour vous.
Nous venons donc aujourd’hui, nous , les
vieux défenseurs du vieux drapeau de la vieille
France, mettre à néant ces calomnies infâ
mes et dévoiler la pensée tout, entière du sou
verain qui a bien voulu se sacrifier pour nous.
Non, nous ne rétablirons pas la dîme, le
corvée, les billets de confession et les fossés
à grenouilles, toutes choses, mon Dieu, qui
avaient bien leur bon côté, mais qui sont pas
sées un peu de mode, j’en conviens.
Nous ne rétablirons rien.
Mais nous reprendrons.
Voilà tout.
' Nous reprendrons ce que l’infâme Révolu
tion a cru devoir donner à un peuple en délire.
Voulez-vous, par exemple, ô Français! me
dire ce que vous faites et quel besoin vous
avez de la liberté de la presse ?
La liberté de la presse est-elle nécessaire
au bonnetier pour vendre ses bonnets, au ban
quier pour escompter ses traites, à l’artiste
pour peindre ses tableaux?
Non, n’est-ce pas?
Donc, supprimée la liberté de la presse.
Et si vous étiez franc, vous me diriez, ô
bourgeois! qu’au fond cela vous est parfaite
ment égal.
Ce qu’il vous faut, c’est un bon journal of
ficiel qui vous donne les nominations dans
l’ordre de Saint-Louis, le programme des
théâtres et l’beure des départs pour Ver
sailles.
Plus, un autre journal pour les racontars
des salons et les cancans des coulisses.
Ça suffira bien à votre bonheur, hein ?
Maintenant, qu’est-ce que vous faites, dites-
moi, de cet imbécile de suffrage universel ,
qui n’a jamais envoyé que des sots et des am
bitieux pérorer à la Chambre?
Est-il naturel, est-il logique, je vous le de
mande, que le vote de mon charcutier vaille
celui de M. Chesnelong, qui a été, du reste,
charcutier dans la modeste ville d’Orthez?
Mais, me répondrez-vous, votre charcutier
est un homme, un citoyen qui paye ses impôts
comme les autres : pourquoi ne jouirait-il pas
des mêmes droits, puisqu’il participe aux
mêmes charges ?
Sans doute. Mais il n’en est pas moins vrai
que M. Chesnelong est un charcutier d’une
espèce particulière, d’une essence infiniment
supérieure, sur qui les grâces du ciel sont
tombées avec une telle abondance qu’il en de
meure tout ébloui parfois.
Il est donc absolument conforme aux lois
de la raison que M. Chesnelong, qui se trouve
très-bien du gouvernement actuel, ait le droit
de voter à perpétuité le maintien de ce ré
gime, tandis que mon charcutier, qui s’en
trouve très-mal et qui voudrait le jeter par
terre, soit condamné à le garder, lui, ses en
fants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.
Donc, supprimé le suffrage universel.
Il serait trop bête, en effet, de fournir à nos
ennemis des armes pour nous battre.
C’est là une sottise qu’il faut laisser aux
républicains.
Maintenant reste la question religieuse.
Soyez convaincus, Français, qu’il est en
tendu que les fameux billets de confession
sont et demeurent abolis.
Personne ne vous forcera à aller à la
messe.
Seulement, il est bien naturel que lorsqu’il
s’agira d’une grasse place ou d’un bon emploi,
le gouvernement préfère toujours celui qui
donnera l’exemple d’une sainte vie et d’une
pratique pieuse au païen qui restera chez lui
pendant les offices et qui travaillera le di
manche sous le prétexte fallacieux qu’il
mange ce jour-là comme les autres jours.
Ainsi vous voyez qu’en y réfléchissant un
peu, rien ne sera plus libéral, plus conforme
au progrès, que le gouvernement du bon Roy
notre S.re.
Et dire que certains folliculaires ont affirmé
le contraire !...
Rien que d’y penser, le sang m’en monte
au visage !
Heureusement, ces chenapans-là voguent en
ce moment vers le sol béni de la Nouvelle-
Calédonie, où nos vœux les accompagnent.
Espérons que la grâce divine les louchera
et qu’ils reviendront de là, — s’ils en revien
nent! — tout-à-fait convertis aux saines
croyances et guéris de leurs coupables erreurs.
Voilà donc les utiles vérités qu’il apparte
nait au Drapeau blanc de faire connaître le
premier.
Je suis revenu du purgatoire exprès pour
vous les dire et je ne me repens pas de ce
voyage qui rn’a procuré la vue de choses bien
curieuses ainsi que la mesure exacte de la dose
d’imbécillité que peuvent contenirl es cervelles
d’un certain nombre de Français.
Quand je ne rapporterais ensuite là-bas
que l’honneur d’avoir serré la main du brave
général Changarnier, avouez que je n’aurais
pas perdu mon temps.
VIVE LE ROY ! 1
L’OMBRE DE MARTAINVILLE.
PARTIE OFFICIELLE
LOIS ET ORDONNANCES
HENRI, par la grâce de Dieu et la volonté de
l’Assemblée nationale,
A tous présents et à venir,
Salut.
Vu les ordonnances du 27 juillet 1830,
Mandons et ordonnons ce qui suit :
Les journalistes et dessinateurs qui ont ap
partenu aux feuilles supprimées, et qui n’au-
i ont pas quitté le territoire dans les vingt-
quatre heures, seront tenus de ne vaguer sur la
voie publique qu’avec une muselière.
Fait en notre château de Versailles.
HENRI, par la grâce de Dieu, etc.,
Le nouveau Cabinet est ainsi constitué :
Le marquis Jules de Simon, Chevalier de
Saint-Louis, commandeur de l’ordre du Lys,
de la Couronne de fer, de Saint-Jean-de-Jé-
zusalem, du Saint-Sépulcre et de l’Eléphant,
fraîchement décoré de Juillet 1830 et de Fé
vrier 1848, médaillé de Sainte-Hélène, mem
bre de l’Académie française et de l’Interna
tionale,
Est nommé ministre unique, universel et
inamovible.
HENRI, par la grâce de Dieu, etc ,
Vu l’inconvenance du Génie placé au sommet
de la Colonne de Juillet,
Mandons et ordonnons que la place de la
Bastille sera remise en son état primitif.
Notre ministre unique, universel et inamo
vible est chargé de l’exécution de la présente
ordonnance.
Il veillera à la reconstruction fidèle de notre
Château de la Bastille.
Trois cents Lettres de cachet sont mises, dès
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