Titre : L'Ordre
Éditeur : [s.n.] (Paris)
Date d'édition : 1948-01-31
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32829724j
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 31 janvier 1948 31 janvier 1948
Description : 1948/01/31 (A2,N132). 1948/01/31 (A2,N132).
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bd6t5117261d
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JOD-1857
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 28/11/2021
Directeur politique : Émile BURÉ
Incendie
Le l eiitbouisemenl
•ANDHNE
criminel?
des billets de 5.000
DE COMBAT
chef spirituel des Indes
a été assassiné
commencera mercredi 4
par Émile BURÉ
Emeutes à Bombay
du
après la mort du Mahatma
PAR 333 VOIX CONTRE 227, ELLE VOTE LA MISE EN LIBERTE DE L'OR
La séance
lieutenant-colonel Seger.
par
de
remboursement
se ..désolidarisa
L’U.R.S.S. ACCUSE
De Delhi à Calcutta
les U.S.A. de violer
AVEC GANDHI
le traité de paix avec l’Italie
Moscou.
M. Paniouchkine,
à
Le départe-
Washington.
dans
par Pierre ROCHE
TRIBUNE LIBRE DE L‘ C ORDRE DE PARIS
Résistance paysanne
par R. MONTFORT
plus tard,
a
grand voilier
AUX quatre
ANS ET
TOUTES SES DENTS
Fair
LA QUOTIDIENNE de Pierre LŒWEL
VISAGES DE PARIS
Une affaire
de fraude
CROCHET
« Colombia Broadcas- •€ légume ». Au pre-
Lors de son voyage de Delhi
Calcutta., lë mahatma Gandhi,
comme,
80 ans,
le plus
qui n'a
conseils
la surveillance
maître d’hôtel
allemands du
« Leasing »,
Aujourd’hui,
perfectionnées
d’arrêter les
nous
nouvelle
importants. Le
viendra ensuite.
L’Assemblée
leur migration pour en étu
dier les mœurs.
Le corp du mahaimah Gandhi
sera incinéré cet après-midi sur
les bords du JumnA, la rivière sa
crée. Cette incinération sera faite
suivant le rite orthodoxe hindou,
le corps étant placé sur un bûcher.
des Mahrattes, le peuple
à lier rie r de l’Inde, celui
jamais voulu se plier aux
modérateurs de Gandhi.
capable de faire frémir
chanteurs, comédiens et
metteurs en ondes de la
radio qui, jusqu’à pré
sent, bravaient un public
invisible, sans se soucier
de son avis.
Le docteur Peter Gpl-
mark, directeur de la
activités de paix : on tisse
et file les laines de Shetland.
des trappes
permettront
oiseaux dans
D’Amérique
parvient une
portent des
les 464 émigrants
rient et
toasts.
Sous
de leur
Premières émeutes
Deux heures après que la nou
velle de l'assassinat se fut répan
due, de sanglants incidents écla-
revient à ses
d’être vendue
les Shetland,
talent à Bombay. Dans le centre
de la ville, la police a ouvert le
feu sur les manifestants tant hin
dous que musulmans. On compte
déjà 11 morts et des centaines de
blessés.
Gandhi sera incinéré
En 3" page :
Gandhi mort, que va devenir Vanité de VInde ?
par Claude VIVIERES.
ner à l'avance les causes de mala
die, telle est maintenant la règle.
Les services
médicaux-sociaux
EN 2 e page :
La millième du « Mariage de Figaro »,
par Claire SOUSVIGNES.
Les premières : « Le Maître de Santiago »,
. par Léon TREICI,
UNE ECOLE
DE L'INEGALITE
DES CONDITIONS
Lire a Ujourd’hui
Demain, on paye yralis!
LENDEMAIN
il est évident que le blocage des billets a été mesure prise
par le gouvernement pour prévenir une nouvelle crise minis
térielle. Cette mesure, le gouvernement était, M. Schuman Ta
dit, décidé à la prendre, mais à son heure. Il a dû céder en
hâte à la pression du parti socialiste et c’est ce qui a surtout
inquiété les observateurs politiques qui pensent justement
qu’on risque de gâter même le meilleur en le précipitant. Enfin
la situation politique est stabilisée à tout le moins provisoi
rement et tous ceux qui ne sacrifient pas à la politique du
pire, qui est la pire des politiques, doivent s’en réjouir, car
présentement une crise ministérielle eût ouvert une crise de
régime.
La bataille est gagnée mais la victoire n'est pas acquise. La
loi votée, il reste à l'appliquer et il est toujours à craindre
lisme des autres ne gênent son application. Que de fois n’avons-
nous pas dit déjà que la révolution du machinisme oblige ci
pratiquer le socialisme et que sa pratique est difficile, de plus
en plus difficile dans le cadre d’un libéralisme persistant.
Question d’intelligence, question de palieij.ee ! M. Thierry Maul-
nier, qui vient de /'Action Française et qui, je l'espère, n’y
retournera pas, écrivait récemment : « Le tout est de savoir
si la bourgeoisie déclinante trouvera en elle assez de lucidité
et de désintéressement, si le prolétariat impatient trouvera en
lui assez de sagesse pour que le dépassement du capitalisme
s’effectue sans absurdes violences, et pour que l’héritage de la
bourgeoisie, privilège et fonction, soit réparti harmonieuse-
ment entre des hommes libres. »
C’est cela, c’est bien cela et je réclame de nouveau, en
conséquence, la formation d’un parti progressif susceptible de
réaliser les réformes immédiatement réalisables dans le sens
convenable à la révolution du machinisme en marche plus ou
moins accélérée dans tous les pays, selon leurs climats res
pectifs. Au cours des derniers débats, et c’est réconfortant,
des hommes singulièrement brillants ont apparu sur divers
bancs libéraux de l’Assemblée, qui sont dignes de figurer dans
un tel parti et dont il ne faut pas désespérer qu’ils en com
prendront sans retard la nécessité pressante. D’abord Paul
Beynaud et René Mayer. Ceux qui, dans la nuit de jeudi, ont
entendu le discours de ce dernier, homme nouveau dans la
politique, ne m’ont pas caché leur émerveillement qui m’a ravi
d’aise, moi qui suis son vieil ami.
Mais il y a Léon Blum dont les sursauts de doctrinaire
hétérodoxe, mais passionné, sont toujours à redouter. C'est lui
d’abord qui est responsable de la subite ponction monétaire
qui a surpris le public et embarrassé le gouvernement. Est-il,
lui, capable de ce constant et bienfaisant opportunisme qui
s’impose aux hommes d’Etat en ce temps où, dans l’immédiat,
le socialisme est obligé de tenir compte de la résistance du
libéralisme, particulièrement dans notre pays petit bourgeois.
Ses intentions sont pures, je le sais, mais ses actions qu’inspire
un messianisme ardent dans sa générosité foncière ne man
quent pas souvent, nous venons d’en avoir une nouvelle preuve,
d’être inquiétantes.
Léon Blum se défend, dans son article d'hier, d’avoir pris
position contre le plan Mayer sous la pression de ses « cama
rades travaillistes » et nous nous faisons un devoir d’enre
gistrer sa défense, mais il lui faudra convenir que l'accusation
qui fut portée contre lui semblait justifiée par les déclarations
de certains membres de son parti et non des moindres et non
de moins fidèles à sa personne qui, dans les couloirs de l’As
semblée nationale, déclaraient qu'ils consentiraient à tout,
sauf à créer des difficultés au gouvernement travailliste de
Londres. Il écrit : « Nous ne sommes pas plus le parti anglais
que le parti américain. Nous sommes le parti socialiste, sec
tion française de l’Internationale ouvrière, c’est-à-dire que' nous
servons la France et les travailleurs de France en servant l'or
ganisation européenne, la solidarité internationale et la paix. »
C’est entendu, Léon Blum, mais reconnaissez que votre
parti, du fait qu’il est « section française de l'Internationale
ouvrière », a été amené, dans le passé, à faire aux social-
démocrates allemands, en très grande majorité pangermanistes
comme le gouvernement allemand lui-même, bien des conces
sions qui n’ont servi ni la France ni la paix. Je n'insiste pas.
Mon désir serait de m’accorder avec vous et j’espère toujours
que nous vivrons assez longtemps l’un et l'autre ^our qu’il
soit enfin satisfait.
IV. ■
2 année. -- N° 132.
PRIX : 5 FRANCS
SAMEDI
31 janvier 1948
Les magasins généraux
de l’Entraide française
sont détruits
200.000 colis
train de rAmitié
ont été anéantis
Un milliard de dégâts
C'est à 4 h. 15, hier matin, que
l’un des deux gardiens des Maga
sins généraux de l’Entr’aide fran
çaise, à Charenton, entendit plu
sieurs explosions et s’aperçut
qu’un incendie venait de se décla
rer qui gagnait très rapidement.
Refoulés par les flammes et les
éboulements, les deux gardiens
téléphonèrent aux pompiers, qui
étaient sur place à 4 h. 30, très
vite secondés devant l'ampleur
du sinistre par les effectifs de six
casernes parisiennes commandés
Mais le manque de pression d’eau
retarda la mise en place du sys
tème de sécurité dans toute sa
puissance et il fallut faire appel
aux bateaux-pompe s « Lutèce »
et « Paris ».
Dès le début les quatre coins
des magasins et deux étages à la
fois étaient embrasés ; partout
des tas de marchandises prenaient
feu, des bidons explosaient, tout
crépitait et bientôt les deux der
niers étages s’écroulaient dans un
fracas épouvantable. Bientôt un
nouveau danger se précisait : des
flammes longues de cinq et six
mètres venaient lécher les immeu
bles avoisinants qui furent im
médiatement évacués. Assez rapi
dement on put assurer que ceux-
ci étaient hors de danger, à 8 heu
res les pompiers noyaient les der-,
niera foyers d’incendie au milieu
des décombres. Pourtant c’est une
(Lire la suite en troisième page.)
ambassadeur de l’U.R.S.S. aux
Etats-Unis, a remis le 28 janvier
à M. Marshall, secrétaire au dé
partement d’Etat, une note aux
termes de laquelle la présence de
navires de guerre américains dans
les ports et les eaux territoriales
d'Italie après le 15 décembre 1947
constituait une violation de l’ar
ticle 73, paragraphe 1, du traité
de paix avec l’Italie et soulignant
que le gouvernement soviétique
attendait que les Etats-Unis pris
sent des mesures immédiates pour
remédier à de telles violations du
traité. Une copie de cette note a
été remise au gouvernement fran
çais.
Le moral est soigné autant que le physique
La minutie de l'examen médi
cal que l’armée fait passer aux
jeunes recrues à l’occasion des
épreuves de sélection montre
assez le souci qu’elle a de tenir
compte de plus en plus, et au plus
juste, du facteur humain. Ce sou
ci se retrouve par la suite, tou
jours aussi vif, dans tous les do
maines, et puisque nous en som
mes à la rubrique « service de
santé », disons qu’il s’illustre
tout particulièrement dans les
services médico-sociaux.
Là encore, il y a du nouveau, ce
qui n’est point pour déplaire. La
politique actuelle est en effet celle
de l’homme bien portant. On ne
veut plus avoir à soigner le ma
lade. La médecine de soins ne
doit s’excercer que par accident,
pour des cas imprévisibles. En un
mot, prévenir à l’avance et élimi-
Dans son désir de rénovation,
l'armée ne pouvait ignorer les no
tions de responsabilité de toute
société envers les individus. Le
service de santé, qui de tout temps
a mené une action sociale, a donc
été conduit à développer cette
branche de son activité et à crééer
les services médico-sociaux.
Une telle création, d’ailleurs
s’imposait. Il suffisait, en effet
d’observer dans le plan d’ensem
ble de sécurité sociale l’impor
tance toujours croissante de la
médecine collective, la part ma
jeure incombant à l’assistance
médicale.
Les services médico-sociaux se
proposent de donner à leurs res
sortissants l’aide médicale et so
ciale qui leur est due pour la sau
vegarde de la race en une action
de protection, de surveillance, de
récupération.
D'une manière générale, ils con
tribuent au maintien de la santé,
à la prévention des maladies et
fléaux sociaux par l’application
(Lire la suite en troisième page.)
L’Assemblée a approuvé par 308 voix contre 288
le retrait des billets de 5.000 francs
Les textes sont votés. Reste
l'application d’une mesure que sa
soudaineté n’a pas permis de pré
parer aussi minutieusement que
l’échange de 1945. Le Journal
Officiel publie ce matin les mo
dalités du retrait des coupures de
5.000 francs établi par l'article
premier de la loi.
Date du dépôt :
31 janvier au plus tard Offi
ciers ministériels, agents de chan
ge. établissements financiers,
courtiers en valeurs, compagnies
d’assurances, entreprises natio
nalisées.
Avant le 3 février au plus tard :
Tous les autres détenteurs.
Etablissements autori
sés à recevoir les
dépôts :
Recette centrale des Finances
de la Seine, Paierie générale de
la Seine, Tré orerie générale, Re
cettes des Finances, Recettes-per
ceptions, Perceptions, Perceptions
municipales et Perceptions prin
cipales, Recettes des Postes, Siège
central, Succursales et Bureaux
auxiliaires de la Banque de
France et de la Banque de Rées
compte de la Sarre, Siège central
et tous guichets permanents du
Crédit Lyonnais, de la Société
Générale, du Comptoir National
d’Escompte, de la Banque Natio-
Commentant cette information,
l'agence Tass déclare :
« Depuis quelque temps, des
navires de guerre américains ont
fait leur réapparition dans les
ports italiens de Napes, de Gê
nes, de Tarente, de Livourne, etc,
On explique ce fait dans les mi
lieux bien informés par le désir
des Etats-Unis d’accorder un ap
pui politique au gouvernement
de Gasperi, qui jouit d’un pres
tige fort limité auprès de la po
pulation italienne. On estime
également que ce fait se trouve
en relation avec l’envol de, trou
pes américaines en Méditerranée.
Le point de vue américain
ment d’Etat confirme la remise
de cette note, la seconde, car la
première a été remise le 21 jan
vier, mais aucun commentaire
immédiat n’est à prévoir.
Cependant, un porte-parole du
département d'Etat a déclaré que
la réponse à la note du 21 jan
vier serait publiée aujourd’hui.
On pense qu’elle fera valoir le
droit des Etats-Unis d’utiliser des
bases dans,des territoires actuel
lement occupés par les Alliés
pour acheminer plus aisément les
secours à la Grèce et à la Tur
quie.
Sur ce dernier point, la ré
ponse américaine soutiendra vrai
semblablement que le programme
d’aide à la Grèce, bien que fré
quemment dénoncé par Moscou et
ses satellites, est en parfait ac
cord. avec le s conclusions de la
conférence de Yalta, qui a recon
nu aux nations européennes libé
rées le droit de choisir leur pro
pre gouvernement par des . voies
démocratiques.
Une nouvelle affaire de fraude
Vient d’être découverte. Nous con-
naissions jusqu’à présent les défai
tistes du franc, les exportateurs de
capitaux, les détenteurs d’or et de
monnaies étrangères. Mais une ca
tégorie autrement importante et dan
gereuse de mauvais Français ayant
réussi à échapper aux poursuites de
l'État, celui-ci vient enfin de mettre
fin à leurs néfastes agissements. Les
porteurs de billets émis par la Ban
que de France, établissement notoi
rement douteux, vont recevoir le châ-
liment qu’ils méritent. Nous applau
dissons naturellement à cette mesure
de salubrité publique.
La seule chose qui nous chiffonne
dans l’histoire, c’est de voir avec
quelle timidité on a opéré en ne
frappant d’interdit que l’arrogant
billet de cinq mille francs alors qu’il
n’y avait aucune raison pour épar
gner celui de mille, ni celui de cinq
cents, et d’une façon générale tous
ces papiers de la sainte Farce mis
en circulation par un organisme in
terlope. Car on ne voit pas très
bien pourquoi le posseseur de quatre
billes de cinq mille doit apprendre
à ses dépens qu’il eût été innocent s'il
en avait possédé vingt de mille. Cela
est Kafkaïen. On est puni, on est
condamné, on ne sait pas pourquoi.
Le parti S.F.LO. est contaminé par
le Procès.
Bien sûr, c’est tout de même as
sez inattendu de voir un Etat créer
des billets, les mettre en circulation,
puis tenir ensuite pour suspects ceux
qui les reçoivent ! Mais quoi, il est
bon de faire de temps à autre l'édu
cation des masses et de les initier à
la nouvelle morale variable suivant
les saisons. Si la confiance ne renaît
pas après cela, c’est à désespérer de
tout.
Un conseil cependant : si vous
voulez, à la lueur de cette expérience,
vous éviter des désagréments futurs,
investissez désormais vos économies
en timbres-poste ou en boutons de
culotte. Les audacieux peuvent ce
pendant se permettre encore pendant
quelque temps de croire à la pièce de
vingt sous. On nous assure à bonne
source que pour le moment elle n’est
pas menacée. Mais ce renseignement,
valable pour vingt-quatre heures,
n’est donné que sous toutes réserves.
Dans l’ouest du Ben
gale, est morte une vieil
le paysanne âgée de 125
ans. La défunte, dit-on,
n'avait jamais contracté
la moindre maladie et
avait conservé une den
ture intacte. Elle laisse
un fils âgé de 95 ans
et une fille de 80 ans
ainsi qu’une longue suc
cession de petits et arriè
re-petits-enfants.
ting System » vient de
mettre au point le
« quantitateur instan
tané des auditeurs ».
Ce système, basé sur
le principe du radar,
permet de déterminer
instantanément le nom
bre d'auditeurs se trou*
vant à l’écoute. Manœu
vré au début du pro
gramme, puis en son mi
lieu, il donne le chiffre
exact des postes récep
teurs dont le bouton a
été tourné. Ce € crochet
scientifique » sera mis
en service très prochai
nement aux Etats-Unis.
Puisse-t-il l’être rapide
ment en France !
Enfin, et surtout, on a
eu l’excellente idée, au
rez-de-chaussée, d'instal
ler une salle de banquets.
Les larges portes à glis
sières sont ouvertes. Et
les étudiants qui man
gent pour cinquante
francs peuvent voir, sous
des banderolles et des
bannières, de vieux mes
sieurs chauves et décorés
(et quelquefois aussi des
jeunes de leur âge) qui
Dans le luxueux hô
tel de Péreire, au restau
rant du Cité-Club Uni
versitaire du boulevard
de Courcelles, il y a trois
étages et plus encore de
menus. Au rez-de-chaus
sée, on mange pour 50
francs ou 6 5 si, en plus
du « hachis parmen-
tier » traditionnel et uni
que, on commande un
mier, on vous sert un
dîner presque normal
pour 150 francs. A l'en
tresol enfin, se terre un
sombre restaurant de
« marché noir » ou tout
au moins de luxe, car il
n’y a plus de marché
4 noir » au restaurant.
(prisonnier allemand au
dédain suprême), les ser
vantes en habits de cé
rémonie passent sous
leur nez des plats panta
gruéliques. Les autres
serveuses, jalousent de
leurs collègues, bouscu
lent un peu plus les étu
diants silencieux q u i
pensent au temps où,
chauves et gris, ce sera
leur tout de manger à
leur faim!...
Mais ils ont l'âge de
l’espoir : ils ne tardent
pas à faire plus de ta
page que les banquet-
teurs. Et ce sont ceux des
tables d’en face qui les
envient.
nale pour le Commerce et l’In
dustrie, du Crédit industriel et
Commercial, du Crédit Commer
cial de France, du Crédit du Nord,
de la Société Marseillaise de Cré
dit, des Caisses de Crédit agri
cole et des Banques populaires.
Obligation des dépo
sants :
Tout déposant est tenu de jus
tifier de son identité et d’être
porteur de sa carte d’alimenta
tion dont on détachera le ticket
n“ 24 de la feuille semestrielle.
Toutefois, un dépôt peut être
effectué au nom d’une personne
physique par elle-même ou par
autrui pour son compte, il donne
lieu à la présentation de h carte
d’alimentation du propriétaire des
billets. Il est détaché le ticket
n° 24 comme précédemment.
Tous les billets de 5.000 francs
détenus par une même personne
font l’objet d’un seul dépôt.
Tout chef de famille doit com
prendre dans son dépôt les billets
appartenant à son conjoint et à
ses enfants mineurs non émanci
pés et vivant avec lui.
En ce qui concerne les Socié
tés, il peut être fait autant de
dépôts qu’il y a d’établissements
distincts dans une même entre-
prise.
Les bordereaux et reçus
nominatifs
Chaque dépôt effectué donne
lieu à la délivrance immédiate
au déposant (particulier ou so
ciété) d'un reçu nominatif.
Ceux-ci devront contenir les
mentions suivantes : les nom,
prénoms, adresse et profession du
déposant et, le cas échéant, de
la personne au nom de laquelle
le dépôt est effectué.
Le nombre de billets déposés au
nom d’un même propriétaire.
Pour les personnes morales, la
raison ou dénomination sociale
avec l’indication des nom et pré
noms du représentant qui effec
tuera le dépôt.
Les bordereaux nominatifs de
vront indiquer en outre la natio
nalité, la date et le lieu de nais
sance, le numéro de la carte d’ali-
mentation et la désignation de la
pièce d’identité exigée du dépo
sant.
On apprend, au ministère des
Finances, que le remboursement
des billets de 5.000 francs ne
pourra commencer à être effec
tué avant la fin des dépôts de
ces billets, dépôt qui doit être
terminé mardi.
En conséquence, il ne peut être
question, comme le bruit en avait
couru, du remboursement des
billets de 5.000 francs dès lundi.
L'Assemblée nationale a voté
hier matin, à 4 h. 30, par 308 voix
contre 288 • le projet de loi sur
lè retrait des billets de 5.000
francs. Ce scrutin avait été pré
cédé d’une longue discusion au
cours de laquelle MM. René
Mayer et Robert Schuman étaient
intervenus à plusieurs reprises.
Le ministre des Finances avait
d'abord répliqué à l’étincelant
discours de M. Paul Reynaud. Il
avait annoncé que très vite des
mesures seraient prises en faveur:
des petits porteurs, puis, très ra
pidement aussi, qu’une enquête
serait faite sur les déposants plus
alors de sa commission des Fi
nances et, par 320 voix contre
288, décida de passer à l’examen
des articles.
L’article premier consacre le
principe même de la « ponction ».
Adopté par 320 voix contre 284,
il précise que les conditions du
retrait seront déterminées par
un décret.
L’article 2 est celui qui donna
lieu, en commission, aux contro-
verses les plus vives.
AL Ramadier propose de le rédi
ger ainsi : « Aucun prélèvement
ni aucun emprunt au profit de
l’Etat ne pourra être imposé aux
propriétaires de ces billets. Les
modalités et délais de rembour-
sement de ces billets seront fixés
par décret pris en conseil dès
ministres. »
Le gouvernement se rallie à
cette rédaction, tandis que M. Du-
clos s’écrie : « Vous opérez un
virage sur l’aile ! » On vote
cependant par division. La pre
mière. phrase est adoptée à main
levée. La seconde fait l’objet d’un
sous-amendement de M. J.-P.
David qui propose d’y ajouter :
* compte tenu notamment de la
situation personnelle des dépo
sants ». Cette modification est
également approuvée par 307 voix
contre 276.
Une longue bataille s’engage
ensuite autour d’un amendement
de M. de Sesmaisons.
L'Assemblée adopte encore un
amendement de M. Ramarony qui
impose au gouvernement l’obliga-
(Lire la suite en troisième page.)
La Nouvelle Delhi. — Gandhi
avait échappé, par miracle, voici
-une semaine à la bombe que lui
lançait un jeune Hindou. Il ne prit
aucune précaution supplémentaire.
Hier, à 15 h. 30 (heure locale),
il quittait la maison où il résidait
avec quelques minutes de retard
sur son horaire et traversait la
pelouse entouré d’un cercle de fi-,
dèles pour se rendre à la prière
publique quotidienne, lorsqu'un
homme de haute taillé vêtu de ka
ki se détacha de la foule, sortit
un pistolet automatique qu’il dé
chargea en direction du mahat-
mah se trouvant à ce moment à
2 mètres 50 de lui.
Atteint de trois balles, Gandhi
s’cfffondra la face en avant ■tan
dis que la foule partagée entre
l’émotion et la vengeance, lapidait
le meurtrier.
Gandhi, dont les blessures sai
gnaient abondamment, fut aussi
tôt transporté à l’intérieur de la
maison où il mourut vingt minutes
plus tard sans avoir repris con
naissance.
L’assassin, fort ensanglanté, fut
évidememnt aussitôt arrêté. C’est
un Hindou de 36 ans nommé Na-
thuram Vinayak Gode, originaire
de Poona et appartenant à la-race
Une déclaration
M. Georges Bidault
M. Georges Bidault, agrès avoir
appris la mort du mahatma Gan
dhi. a déclaré ;
— Ce soir, le monde vient d’ap
prendre une des plus tristes nou
velles de notre époque : celui qui
avait, il y a quelques jours en
core, montré que la bonté et le
renoncement peuvent vaincre la
haine et l’ambition, vient de dis
paraître, frappé par un fanatique.
Son deuil ne sera pas porté uni
quement par les hommes de son
peuple, mais par tous ceux qui
croient en la possibilité d’une
entente fraternelle entre les vi*
vants.
La France médite ce soir sur
la mort de ce grand homme, tom
bé victime de la violence, qu’il
avait toujours combattue. Puisse
son sacrifice achever l’œuvre dô
sa vie.
J 9 ai accompagné le Mahatma
pendant son dernier voyage.."
par E. DRAPER
UN ORNITHOLOGUE
D’EDIMBOURG
achète « Fair Isle »
dans les Shetland
La petite île de Fair Isle,
d’être vendue à M. Georges
Waterston, ornithologue dis
tingué.
Il y a déjà quelques an
nées que le savant Edim-
bourgeois avait l’intention
de transformer en résidence
pour les savants qui s’inté
ressent à la vie des oiseaux
la petite île dont il était seu
lement locataire.
Fair lsle, malgré son nom,
comme le cap de Bonne-
Espérance, a parmi les ma
rins une lugubre réputation
Sur ses côtes déchiquetées,
des vaisseaux de l’invincible
Armada sont venus s’écraser
II n’y aura pas de
a pluô beau chat
du monde”
Rond-Point des Champs-Elysées,
à une marchande de journaux :
~—• Pardon, madame, le < Cal
Club », s’il vous plaît 1
— Le Cat quoi ?
—• L’exposition internationale fé
line.
— Ah ! J’congrès dès minets, fal
lait l’dire, ça fait cent p’tites mères
qui me le demandent : vous êtes k
premier homme : prenez la rue Jean-
Goujon et... sentez.
Le nez au vent j’enfile la rue :
déserte, pas un chat ! Pourquoi sen
tir ?Drôle d’idée tout de même d’ex-
poser trois cents
Gou jon !
Un car de la
peut-être... oh !
chats dans une rue
radio, des fils, c’est
cette odeur ! du
concentré de ménagerie. Tant pis,
entrons.
(Lire la s^tite en deuxième page.)
—• Zut ! on est volés ! v a Que
des billets de 5.000 francs !...
au lieu de descendre dans cette
dernière ville, quitta le train à
la petite gare de Lilloch, à deux
milles et demi de Calcutta, où il
se rendit en voiture. Envahi à
chaque station par une foule en-
thousiaste, arrêté de nombreuses
fois dans sa marche, par des fa
natiques qui tiraient sur le signal
d’alarme, le train avait cinq heu
res de retard. J'étais la seule cor-
respondante de presse à voyager
avec Gandhi, et je me demande
si j’en ai appris plus sur les sen
timents intimes du peuple hindou
pendant ce voyage que je ne l’au-
rais fait pendant des semaines
d’études dans les cercles politique,
de New-Delhi, ou si, en fin de
compte, je n’ai pas encore été
plus embarassée pour me faire
une opinion.
Partout où le train s’arrêtait.
des démonstrations d’enthousias-
me se .produisaient ; mais si l’on
n’avait pas été sûr des sentiments
amicaux des manifestants, on
aurait pu les croire furieusement
hostiles ; ils lançaient des pierres
pour briser les vitres, se battaient
presque sur les quais surchargée,
et à chaque arrêt les autorités
devaient fermer à clef les portiè-
res des compartiments pour éviter
leur envahissement par la foule.
Gandhi voyageait en troisième
classe comme toujours.
Il devait descendre, non pas 3
New-Delhi comme on s’y attend
dait, (décevant ainsi nombre d’ad-
mirateurs qui l’attendaient sur la
quai d’arrivée), mais à une petite
gare hors de la capitale. Il fit
tout ce qu’il put pour échapper
à l’attention du public et attend
dit le train, assis sous le pont du
(Lire la suite en troisième pageA.
Voici que de nouveau il est question de « résis
tance paysanne ». Il est inutile, je pense, de
préciser que cette résistance paysanne n’a rien de
commun avec la vaillante organisation du même
nom créée par des paysans patriotes à l’époque
héroïque, pour lutter contre l’occupant et contre
ceux qui se firent misérablement ses complices en
créant à son profit l’appareil de collecte des produits
agricoles.
Il s’agit, cette fois, non d’un mouvement d’oppo
sition aux manœuvres de l’ennemi, mais d’une
entreprise de lutte contre le gouvernement et plus
précisément contre le plan Mayer.
C’est la Fédération nationale des exploitants
agricoles qui a donné le mot d’ordre, aussitôt
appuyée, bien entendu, par la Confédération géné
rale de l’agriculture.
Ainsi, lundi prochain, 2 février, sera une journée
paysanne de « protestation et d'avertissement ».
Quels seront en cette journée, que l’on veut
importante, les thèmes essentiels des protestataires ?
M. Philippe Lamour, secrétaire général de la
C.G.A., les a déjà annoncés dans ses derniers
articles. « Les projets Mayer, a-t-il écrit, tuent la
production agricole. » « S’opposer au néfaste plan
Mayer, c’est se dresser contre un suicide national. »
« Pour le salut du pays, la manifestation du
2 février ne doit exprimer ni le dépit, ni la colère,
mais la volonté froidement délibérée et mûrement
réfléchie de la paysannerie de lutter contre des
mesures qui, en ruinant la production, ruineraient la
France, atteignant ainsi le but exactement contraire
à celui qu’elles se proposent. »
On réclamera donc notamment la révision
générale de l’assiette du prélèvement dont on sait
qu’il est établi sur les chiffres des revenus impo
sables au titre des bénéfices agricoles.
La C.G.A. conteste que ces chiffres représentent
avec exactitude le bénéfice réel des exploitations
agricoles. Sut ce point elle a raison, mais il lut
faudrait pour être conséquente avec elle-même,
qu’elle ne s’oppose pas au projet de réforme fiscale
actuellement en attente au Parlement, et qui vise
précisément à déterminer avec plus de sérieux, le
revenu réel de l’exploitation.
A ce sujet, faisons également remarquer que les
agriculteurs ne sont pas mis sur un même pied
d’égalité. Le cultivateur soumis au régime du forfait
va se trouver dans la plupart des cas, beaucoup
plus lourdement frappé que le cultivateur qui tient
une comptabilité et qui de ce fait relève du régime
dit des bénéfices réels. L’exemple m’a été donné
de plusieurs très gros exploitants agricoles qui font
ressortir du bilan de leur exploitation, un déficit de
plusieurs centaines de milliers de francs et qui de
ce fait ne paieront rien, ni à l’impôt sur les bénéfices
agricoles, ni au prélèvement. Les voisins de ces
gros exploitants, et qui sont de petits ou moyens
paysans soumis au régime du forfait, seront eux,
obligés de payer. Il en résultera une injustice,
certaine qui ne manquera pas d’opposer au sein de
l’Agriculture, les diverses classes d’exploitants.
Il sera également demandé que les fonds des
agriculteurs, déposés dans les caisses de crédits
agricoles soient bloqués dans la limite du montant
correspondant au prélèvement, ces fonds ne devant
être débloqués que pour servir aux investissements
à réaliser dans les exploitation, agricoles.
Dans le même ordre d’idées et pour éviter que
la somme totale réclamée à l’agriculture ne sorte
du circuit agricole, il est proposé la création d’un
fonds national d’équipement agricole qui recevrait
le montant du prélèvement versé par les agriculteurs.
Cette dernière proposition n’est certes pas condam
nable, mais il reste à savoir si sa réalisation et
les délais qu’elle exigera seront conciliables avec
le souci du ministre des Finances qui veut obtenir
dans un délai le plus bref le versement des 30 mil
liards demandés à l’agriculture.
(Lire la suite en troisième gagtl
Incendie
Le l eiitbouisemenl
•ANDHNE
criminel?
des billets de 5.000
DE COMBAT
chef spirituel des Indes
a été assassiné
commencera mercredi 4
par Émile BURÉ
Emeutes à Bombay
du
après la mort du Mahatma
PAR 333 VOIX CONTRE 227, ELLE VOTE LA MISE EN LIBERTE DE L'OR
La séance
lieutenant-colonel Seger.
par
de
remboursement
se ..désolidarisa
L’U.R.S.S. ACCUSE
De Delhi à Calcutta
les U.S.A. de violer
AVEC GANDHI
le traité de paix avec l’Italie
Moscou.
M. Paniouchkine,
à
Le départe-
Washington.
dans
par Pierre ROCHE
TRIBUNE LIBRE DE L‘ C ORDRE DE PARIS
Résistance paysanne
par R. MONTFORT
plus tard,
a
grand voilier
AUX quatre
ANS ET
TOUTES SES DENTS
Fair
LA QUOTIDIENNE de Pierre LŒWEL
VISAGES DE PARIS
Une affaire
de fraude
CROCHET
« Colombia Broadcas- •€ légume ». Au pre-
Lors de son voyage de Delhi
Calcutta., lë mahatma Gandhi,
comme,
80 ans,
le plus
qui n'a
conseils
la surveillance
maître d’hôtel
allemands du
« Leasing »,
Aujourd’hui,
perfectionnées
d’arrêter les
nous
nouvelle
importants. Le
viendra ensuite.
L’Assemblée
leur migration pour en étu
dier les mœurs.
Le corp du mahaimah Gandhi
sera incinéré cet après-midi sur
les bords du JumnA, la rivière sa
crée. Cette incinération sera faite
suivant le rite orthodoxe hindou,
le corps étant placé sur un bûcher.
des Mahrattes, le peuple
à lier rie r de l’Inde, celui
jamais voulu se plier aux
modérateurs de Gandhi.
capable de faire frémir
chanteurs, comédiens et
metteurs en ondes de la
radio qui, jusqu’à pré
sent, bravaient un public
invisible, sans se soucier
de son avis.
Le docteur Peter Gpl-
mark, directeur de la
activités de paix : on tisse
et file les laines de Shetland.
des trappes
permettront
oiseaux dans
D’Amérique
parvient une
portent des
les 464 émigrants
rient et
toasts.
Sous
de leur
Premières émeutes
Deux heures après que la nou
velle de l'assassinat se fut répan
due, de sanglants incidents écla-
revient à ses
d’être vendue
les Shetland,
talent à Bombay. Dans le centre
de la ville, la police a ouvert le
feu sur les manifestants tant hin
dous que musulmans. On compte
déjà 11 morts et des centaines de
blessés.
Gandhi sera incinéré
En 3" page :
Gandhi mort, que va devenir Vanité de VInde ?
par Claude VIVIERES.
ner à l'avance les causes de mala
die, telle est maintenant la règle.
Les services
médicaux-sociaux
EN 2 e page :
La millième du « Mariage de Figaro »,
par Claire SOUSVIGNES.
Les premières : « Le Maître de Santiago »,
. par Léon TREICI,
UNE ECOLE
DE L'INEGALITE
DES CONDITIONS
Lire a Ujourd’hui
Demain, on paye yralis!
LENDEMAIN
il est évident que le blocage des billets a été mesure prise
par le gouvernement pour prévenir une nouvelle crise minis
térielle. Cette mesure, le gouvernement était, M. Schuman Ta
dit, décidé à la prendre, mais à son heure. Il a dû céder en
hâte à la pression du parti socialiste et c’est ce qui a surtout
inquiété les observateurs politiques qui pensent justement
qu’on risque de gâter même le meilleur en le précipitant. Enfin
la situation politique est stabilisée à tout le moins provisoi
rement et tous ceux qui ne sacrifient pas à la politique du
pire, qui est la pire des politiques, doivent s’en réjouir, car
présentement une crise ministérielle eût ouvert une crise de
régime.
La bataille est gagnée mais la victoire n'est pas acquise. La
loi votée, il reste à l'appliquer et il est toujours à craindre
lisme des autres ne gênent son application. Que de fois n’avons-
nous pas dit déjà que la révolution du machinisme oblige ci
pratiquer le socialisme et que sa pratique est difficile, de plus
en plus difficile dans le cadre d’un libéralisme persistant.
Question d’intelligence, question de palieij.ee ! M. Thierry Maul-
nier, qui vient de /'Action Française et qui, je l'espère, n’y
retournera pas, écrivait récemment : « Le tout est de savoir
si la bourgeoisie déclinante trouvera en elle assez de lucidité
et de désintéressement, si le prolétariat impatient trouvera en
lui assez de sagesse pour que le dépassement du capitalisme
s’effectue sans absurdes violences, et pour que l’héritage de la
bourgeoisie, privilège et fonction, soit réparti harmonieuse-
ment entre des hommes libres. »
C’est cela, c’est bien cela et je réclame de nouveau, en
conséquence, la formation d’un parti progressif susceptible de
réaliser les réformes immédiatement réalisables dans le sens
convenable à la révolution du machinisme en marche plus ou
moins accélérée dans tous les pays, selon leurs climats res
pectifs. Au cours des derniers débats, et c’est réconfortant,
des hommes singulièrement brillants ont apparu sur divers
bancs libéraux de l’Assemblée, qui sont dignes de figurer dans
un tel parti et dont il ne faut pas désespérer qu’ils en com
prendront sans retard la nécessité pressante. D’abord Paul
Beynaud et René Mayer. Ceux qui, dans la nuit de jeudi, ont
entendu le discours de ce dernier, homme nouveau dans la
politique, ne m’ont pas caché leur émerveillement qui m’a ravi
d’aise, moi qui suis son vieil ami.
Mais il y a Léon Blum dont les sursauts de doctrinaire
hétérodoxe, mais passionné, sont toujours à redouter. C'est lui
d’abord qui est responsable de la subite ponction monétaire
qui a surpris le public et embarrassé le gouvernement. Est-il,
lui, capable de ce constant et bienfaisant opportunisme qui
s’impose aux hommes d’Etat en ce temps où, dans l’immédiat,
le socialisme est obligé de tenir compte de la résistance du
libéralisme, particulièrement dans notre pays petit bourgeois.
Ses intentions sont pures, je le sais, mais ses actions qu’inspire
un messianisme ardent dans sa générosité foncière ne man
quent pas souvent, nous venons d’en avoir une nouvelle preuve,
d’être inquiétantes.
Léon Blum se défend, dans son article d'hier, d’avoir pris
position contre le plan Mayer sous la pression de ses « cama
rades travaillistes » et nous nous faisons un devoir d’enre
gistrer sa défense, mais il lui faudra convenir que l'accusation
qui fut portée contre lui semblait justifiée par les déclarations
de certains membres de son parti et non des moindres et non
de moins fidèles à sa personne qui, dans les couloirs de l’As
semblée nationale, déclaraient qu'ils consentiraient à tout,
sauf à créer des difficultés au gouvernement travailliste de
Londres. Il écrit : « Nous ne sommes pas plus le parti anglais
que le parti américain. Nous sommes le parti socialiste, sec
tion française de l’Internationale ouvrière, c’est-à-dire que' nous
servons la France et les travailleurs de France en servant l'or
ganisation européenne, la solidarité internationale et la paix. »
C’est entendu, Léon Blum, mais reconnaissez que votre
parti, du fait qu’il est « section française de l'Internationale
ouvrière », a été amené, dans le passé, à faire aux social-
démocrates allemands, en très grande majorité pangermanistes
comme le gouvernement allemand lui-même, bien des conces
sions qui n’ont servi ni la France ni la paix. Je n'insiste pas.
Mon désir serait de m’accorder avec vous et j’espère toujours
que nous vivrons assez longtemps l’un et l'autre ^our qu’il
soit enfin satisfait.
IV. ■
2 année. -- N° 132.
PRIX : 5 FRANCS
SAMEDI
31 janvier 1948
Les magasins généraux
de l’Entraide française
sont détruits
200.000 colis
train de rAmitié
ont été anéantis
Un milliard de dégâts
C'est à 4 h. 15, hier matin, que
l’un des deux gardiens des Maga
sins généraux de l’Entr’aide fran
çaise, à Charenton, entendit plu
sieurs explosions et s’aperçut
qu’un incendie venait de se décla
rer qui gagnait très rapidement.
Refoulés par les flammes et les
éboulements, les deux gardiens
téléphonèrent aux pompiers, qui
étaient sur place à 4 h. 30, très
vite secondés devant l'ampleur
du sinistre par les effectifs de six
casernes parisiennes commandés
Mais le manque de pression d’eau
retarda la mise en place du sys
tème de sécurité dans toute sa
puissance et il fallut faire appel
aux bateaux-pompe s « Lutèce »
et « Paris ».
Dès le début les quatre coins
des magasins et deux étages à la
fois étaient embrasés ; partout
des tas de marchandises prenaient
feu, des bidons explosaient, tout
crépitait et bientôt les deux der
niers étages s’écroulaient dans un
fracas épouvantable. Bientôt un
nouveau danger se précisait : des
flammes longues de cinq et six
mètres venaient lécher les immeu
bles avoisinants qui furent im
médiatement évacués. Assez rapi
dement on put assurer que ceux-
ci étaient hors de danger, à 8 heu
res les pompiers noyaient les der-,
niera foyers d’incendie au milieu
des décombres. Pourtant c’est une
(Lire la suite en troisième page.)
ambassadeur de l’U.R.S.S. aux
Etats-Unis, a remis le 28 janvier
à M. Marshall, secrétaire au dé
partement d’Etat, une note aux
termes de laquelle la présence de
navires de guerre américains dans
les ports et les eaux territoriales
d'Italie après le 15 décembre 1947
constituait une violation de l’ar
ticle 73, paragraphe 1, du traité
de paix avec l’Italie et soulignant
que le gouvernement soviétique
attendait que les Etats-Unis pris
sent des mesures immédiates pour
remédier à de telles violations du
traité. Une copie de cette note a
été remise au gouvernement fran
çais.
Le moral est soigné autant que le physique
La minutie de l'examen médi
cal que l’armée fait passer aux
jeunes recrues à l’occasion des
épreuves de sélection montre
assez le souci qu’elle a de tenir
compte de plus en plus, et au plus
juste, du facteur humain. Ce sou
ci se retrouve par la suite, tou
jours aussi vif, dans tous les do
maines, et puisque nous en som
mes à la rubrique « service de
santé », disons qu’il s’illustre
tout particulièrement dans les
services médico-sociaux.
Là encore, il y a du nouveau, ce
qui n’est point pour déplaire. La
politique actuelle est en effet celle
de l’homme bien portant. On ne
veut plus avoir à soigner le ma
lade. La médecine de soins ne
doit s’excercer que par accident,
pour des cas imprévisibles. En un
mot, prévenir à l’avance et élimi-
Dans son désir de rénovation,
l'armée ne pouvait ignorer les no
tions de responsabilité de toute
société envers les individus. Le
service de santé, qui de tout temps
a mené une action sociale, a donc
été conduit à développer cette
branche de son activité et à crééer
les services médico-sociaux.
Une telle création, d’ailleurs
s’imposait. Il suffisait, en effet
d’observer dans le plan d’ensem
ble de sécurité sociale l’impor
tance toujours croissante de la
médecine collective, la part ma
jeure incombant à l’assistance
médicale.
Les services médico-sociaux se
proposent de donner à leurs res
sortissants l’aide médicale et so
ciale qui leur est due pour la sau
vegarde de la race en une action
de protection, de surveillance, de
récupération.
D'une manière générale, ils con
tribuent au maintien de la santé,
à la prévention des maladies et
fléaux sociaux par l’application
(Lire la suite en troisième page.)
L’Assemblée a approuvé par 308 voix contre 288
le retrait des billets de 5.000 francs
Les textes sont votés. Reste
l'application d’une mesure que sa
soudaineté n’a pas permis de pré
parer aussi minutieusement que
l’échange de 1945. Le Journal
Officiel publie ce matin les mo
dalités du retrait des coupures de
5.000 francs établi par l'article
premier de la loi.
Date du dépôt :
31 janvier au plus tard Offi
ciers ministériels, agents de chan
ge. établissements financiers,
courtiers en valeurs, compagnies
d’assurances, entreprises natio
nalisées.
Avant le 3 février au plus tard :
Tous les autres détenteurs.
Etablissements autori
sés à recevoir les
dépôts :
Recette centrale des Finances
de la Seine, Paierie générale de
la Seine, Tré orerie générale, Re
cettes des Finances, Recettes-per
ceptions, Perceptions, Perceptions
municipales et Perceptions prin
cipales, Recettes des Postes, Siège
central, Succursales et Bureaux
auxiliaires de la Banque de
France et de la Banque de Rées
compte de la Sarre, Siège central
et tous guichets permanents du
Crédit Lyonnais, de la Société
Générale, du Comptoir National
d’Escompte, de la Banque Natio-
Commentant cette information,
l'agence Tass déclare :
« Depuis quelque temps, des
navires de guerre américains ont
fait leur réapparition dans les
ports italiens de Napes, de Gê
nes, de Tarente, de Livourne, etc,
On explique ce fait dans les mi
lieux bien informés par le désir
des Etats-Unis d’accorder un ap
pui politique au gouvernement
de Gasperi, qui jouit d’un pres
tige fort limité auprès de la po
pulation italienne. On estime
également que ce fait se trouve
en relation avec l’envol de, trou
pes américaines en Méditerranée.
Le point de vue américain
ment d’Etat confirme la remise
de cette note, la seconde, car la
première a été remise le 21 jan
vier, mais aucun commentaire
immédiat n’est à prévoir.
Cependant, un porte-parole du
département d'Etat a déclaré que
la réponse à la note du 21 jan
vier serait publiée aujourd’hui.
On pense qu’elle fera valoir le
droit des Etats-Unis d’utiliser des
bases dans,des territoires actuel
lement occupés par les Alliés
pour acheminer plus aisément les
secours à la Grèce et à la Tur
quie.
Sur ce dernier point, la ré
ponse américaine soutiendra vrai
semblablement que le programme
d’aide à la Grèce, bien que fré
quemment dénoncé par Moscou et
ses satellites, est en parfait ac
cord. avec le s conclusions de la
conférence de Yalta, qui a recon
nu aux nations européennes libé
rées le droit de choisir leur pro
pre gouvernement par des . voies
démocratiques.
Une nouvelle affaire de fraude
Vient d’être découverte. Nous con-
naissions jusqu’à présent les défai
tistes du franc, les exportateurs de
capitaux, les détenteurs d’or et de
monnaies étrangères. Mais une ca
tégorie autrement importante et dan
gereuse de mauvais Français ayant
réussi à échapper aux poursuites de
l'État, celui-ci vient enfin de mettre
fin à leurs néfastes agissements. Les
porteurs de billets émis par la Ban
que de France, établissement notoi
rement douteux, vont recevoir le châ-
liment qu’ils méritent. Nous applau
dissons naturellement à cette mesure
de salubrité publique.
La seule chose qui nous chiffonne
dans l’histoire, c’est de voir avec
quelle timidité on a opéré en ne
frappant d’interdit que l’arrogant
billet de cinq mille francs alors qu’il
n’y avait aucune raison pour épar
gner celui de mille, ni celui de cinq
cents, et d’une façon générale tous
ces papiers de la sainte Farce mis
en circulation par un organisme in
terlope. Car on ne voit pas très
bien pourquoi le posseseur de quatre
billes de cinq mille doit apprendre
à ses dépens qu’il eût été innocent s'il
en avait possédé vingt de mille. Cela
est Kafkaïen. On est puni, on est
condamné, on ne sait pas pourquoi.
Le parti S.F.LO. est contaminé par
le Procès.
Bien sûr, c’est tout de même as
sez inattendu de voir un Etat créer
des billets, les mettre en circulation,
puis tenir ensuite pour suspects ceux
qui les reçoivent ! Mais quoi, il est
bon de faire de temps à autre l'édu
cation des masses et de les initier à
la nouvelle morale variable suivant
les saisons. Si la confiance ne renaît
pas après cela, c’est à désespérer de
tout.
Un conseil cependant : si vous
voulez, à la lueur de cette expérience,
vous éviter des désagréments futurs,
investissez désormais vos économies
en timbres-poste ou en boutons de
culotte. Les audacieux peuvent ce
pendant se permettre encore pendant
quelque temps de croire à la pièce de
vingt sous. On nous assure à bonne
source que pour le moment elle n’est
pas menacée. Mais ce renseignement,
valable pour vingt-quatre heures,
n’est donné que sous toutes réserves.
Dans l’ouest du Ben
gale, est morte une vieil
le paysanne âgée de 125
ans. La défunte, dit-on,
n'avait jamais contracté
la moindre maladie et
avait conservé une den
ture intacte. Elle laisse
un fils âgé de 95 ans
et une fille de 80 ans
ainsi qu’une longue suc
cession de petits et arriè
re-petits-enfants.
ting System » vient de
mettre au point le
« quantitateur instan
tané des auditeurs ».
Ce système, basé sur
le principe du radar,
permet de déterminer
instantanément le nom
bre d'auditeurs se trou*
vant à l’écoute. Manœu
vré au début du pro
gramme, puis en son mi
lieu, il donne le chiffre
exact des postes récep
teurs dont le bouton a
été tourné. Ce € crochet
scientifique » sera mis
en service très prochai
nement aux Etats-Unis.
Puisse-t-il l’être rapide
ment en France !
Enfin, et surtout, on a
eu l’excellente idée, au
rez-de-chaussée, d'instal
ler une salle de banquets.
Les larges portes à glis
sières sont ouvertes. Et
les étudiants qui man
gent pour cinquante
francs peuvent voir, sous
des banderolles et des
bannières, de vieux mes
sieurs chauves et décorés
(et quelquefois aussi des
jeunes de leur âge) qui
Dans le luxueux hô
tel de Péreire, au restau
rant du Cité-Club Uni
versitaire du boulevard
de Courcelles, il y a trois
étages et plus encore de
menus. Au rez-de-chaus
sée, on mange pour 50
francs ou 6 5 si, en plus
du « hachis parmen-
tier » traditionnel et uni
que, on commande un
mier, on vous sert un
dîner presque normal
pour 150 francs. A l'en
tresol enfin, se terre un
sombre restaurant de
« marché noir » ou tout
au moins de luxe, car il
n’y a plus de marché
4 noir » au restaurant.
(prisonnier allemand au
dédain suprême), les ser
vantes en habits de cé
rémonie passent sous
leur nez des plats panta
gruéliques. Les autres
serveuses, jalousent de
leurs collègues, bouscu
lent un peu plus les étu
diants silencieux q u i
pensent au temps où,
chauves et gris, ce sera
leur tout de manger à
leur faim!...
Mais ils ont l'âge de
l’espoir : ils ne tardent
pas à faire plus de ta
page que les banquet-
teurs. Et ce sont ceux des
tables d’en face qui les
envient.
nale pour le Commerce et l’In
dustrie, du Crédit industriel et
Commercial, du Crédit Commer
cial de France, du Crédit du Nord,
de la Société Marseillaise de Cré
dit, des Caisses de Crédit agri
cole et des Banques populaires.
Obligation des dépo
sants :
Tout déposant est tenu de jus
tifier de son identité et d’être
porteur de sa carte d’alimenta
tion dont on détachera le ticket
n“ 24 de la feuille semestrielle.
Toutefois, un dépôt peut être
effectué au nom d’une personne
physique par elle-même ou par
autrui pour son compte, il donne
lieu à la présentation de h carte
d’alimentation du propriétaire des
billets. Il est détaché le ticket
n° 24 comme précédemment.
Tous les billets de 5.000 francs
détenus par une même personne
font l’objet d’un seul dépôt.
Tout chef de famille doit com
prendre dans son dépôt les billets
appartenant à son conjoint et à
ses enfants mineurs non émanci
pés et vivant avec lui.
En ce qui concerne les Socié
tés, il peut être fait autant de
dépôts qu’il y a d’établissements
distincts dans une même entre-
prise.
Les bordereaux et reçus
nominatifs
Chaque dépôt effectué donne
lieu à la délivrance immédiate
au déposant (particulier ou so
ciété) d'un reçu nominatif.
Ceux-ci devront contenir les
mentions suivantes : les nom,
prénoms, adresse et profession du
déposant et, le cas échéant, de
la personne au nom de laquelle
le dépôt est effectué.
Le nombre de billets déposés au
nom d’un même propriétaire.
Pour les personnes morales, la
raison ou dénomination sociale
avec l’indication des nom et pré
noms du représentant qui effec
tuera le dépôt.
Les bordereaux nominatifs de
vront indiquer en outre la natio
nalité, la date et le lieu de nais
sance, le numéro de la carte d’ali-
mentation et la désignation de la
pièce d’identité exigée du dépo
sant.
On apprend, au ministère des
Finances, que le remboursement
des billets de 5.000 francs ne
pourra commencer à être effec
tué avant la fin des dépôts de
ces billets, dépôt qui doit être
terminé mardi.
En conséquence, il ne peut être
question, comme le bruit en avait
couru, du remboursement des
billets de 5.000 francs dès lundi.
L'Assemblée nationale a voté
hier matin, à 4 h. 30, par 308 voix
contre 288 • le projet de loi sur
lè retrait des billets de 5.000
francs. Ce scrutin avait été pré
cédé d’une longue discusion au
cours de laquelle MM. René
Mayer et Robert Schuman étaient
intervenus à plusieurs reprises.
Le ministre des Finances avait
d'abord répliqué à l’étincelant
discours de M. Paul Reynaud. Il
avait annoncé que très vite des
mesures seraient prises en faveur:
des petits porteurs, puis, très ra
pidement aussi, qu’une enquête
serait faite sur les déposants plus
alors de sa commission des Fi
nances et, par 320 voix contre
288, décida de passer à l’examen
des articles.
L’article premier consacre le
principe même de la « ponction ».
Adopté par 320 voix contre 284,
il précise que les conditions du
retrait seront déterminées par
un décret.
L’article 2 est celui qui donna
lieu, en commission, aux contro-
verses les plus vives.
AL Ramadier propose de le rédi
ger ainsi : « Aucun prélèvement
ni aucun emprunt au profit de
l’Etat ne pourra être imposé aux
propriétaires de ces billets. Les
modalités et délais de rembour-
sement de ces billets seront fixés
par décret pris en conseil dès
ministres. »
Le gouvernement se rallie à
cette rédaction, tandis que M. Du-
clos s’écrie : « Vous opérez un
virage sur l’aile ! » On vote
cependant par division. La pre
mière. phrase est adoptée à main
levée. La seconde fait l’objet d’un
sous-amendement de M. J.-P.
David qui propose d’y ajouter :
* compte tenu notamment de la
situation personnelle des dépo
sants ». Cette modification est
également approuvée par 307 voix
contre 276.
Une longue bataille s’engage
ensuite autour d’un amendement
de M. de Sesmaisons.
L'Assemblée adopte encore un
amendement de M. Ramarony qui
impose au gouvernement l’obliga-
(Lire la suite en troisième page.)
La Nouvelle Delhi. — Gandhi
avait échappé, par miracle, voici
-une semaine à la bombe que lui
lançait un jeune Hindou. Il ne prit
aucune précaution supplémentaire.
Hier, à 15 h. 30 (heure locale),
il quittait la maison où il résidait
avec quelques minutes de retard
sur son horaire et traversait la
pelouse entouré d’un cercle de fi-,
dèles pour se rendre à la prière
publique quotidienne, lorsqu'un
homme de haute taillé vêtu de ka
ki se détacha de la foule, sortit
un pistolet automatique qu’il dé
chargea en direction du mahat-
mah se trouvant à ce moment à
2 mètres 50 de lui.
Atteint de trois balles, Gandhi
s’cfffondra la face en avant ■tan
dis que la foule partagée entre
l’émotion et la vengeance, lapidait
le meurtrier.
Gandhi, dont les blessures sai
gnaient abondamment, fut aussi
tôt transporté à l’intérieur de la
maison où il mourut vingt minutes
plus tard sans avoir repris con
naissance.
L’assassin, fort ensanglanté, fut
évidememnt aussitôt arrêté. C’est
un Hindou de 36 ans nommé Na-
thuram Vinayak Gode, originaire
de Poona et appartenant à la-race
Une déclaration
M. Georges Bidault
M. Georges Bidault, agrès avoir
appris la mort du mahatma Gan
dhi. a déclaré ;
— Ce soir, le monde vient d’ap
prendre une des plus tristes nou
velles de notre époque : celui qui
avait, il y a quelques jours en
core, montré que la bonté et le
renoncement peuvent vaincre la
haine et l’ambition, vient de dis
paraître, frappé par un fanatique.
Son deuil ne sera pas porté uni
quement par les hommes de son
peuple, mais par tous ceux qui
croient en la possibilité d’une
entente fraternelle entre les vi*
vants.
La France médite ce soir sur
la mort de ce grand homme, tom
bé victime de la violence, qu’il
avait toujours combattue. Puisse
son sacrifice achever l’œuvre dô
sa vie.
J 9 ai accompagné le Mahatma
pendant son dernier voyage.."
par E. DRAPER
UN ORNITHOLOGUE
D’EDIMBOURG
achète « Fair Isle »
dans les Shetland
La petite île de Fair Isle,
d’être vendue à M. Georges
Waterston, ornithologue dis
tingué.
Il y a déjà quelques an
nées que le savant Edim-
bourgeois avait l’intention
de transformer en résidence
pour les savants qui s’inté
ressent à la vie des oiseaux
la petite île dont il était seu
lement locataire.
Fair lsle, malgré son nom,
comme le cap de Bonne-
Espérance, a parmi les ma
rins une lugubre réputation
Sur ses côtes déchiquetées,
des vaisseaux de l’invincible
Armada sont venus s’écraser
II n’y aura pas de
a pluô beau chat
du monde”
Rond-Point des Champs-Elysées,
à une marchande de journaux :
~—• Pardon, madame, le < Cal
Club », s’il vous plaît 1
— Le Cat quoi ?
—• L’exposition internationale fé
line.
— Ah ! J’congrès dès minets, fal
lait l’dire, ça fait cent p’tites mères
qui me le demandent : vous êtes k
premier homme : prenez la rue Jean-
Goujon et... sentez.
Le nez au vent j’enfile la rue :
déserte, pas un chat ! Pourquoi sen
tir ?Drôle d’idée tout de même d’ex-
poser trois cents
Gou jon !
Un car de la
peut-être... oh !
chats dans une rue
radio, des fils, c’est
cette odeur ! du
concentré de ménagerie. Tant pis,
entrons.
(Lire la s^tite en deuxième page.)
—• Zut ! on est volés ! v a Que
des billets de 5.000 francs !...
au lieu de descendre dans cette
dernière ville, quitta le train à
la petite gare de Lilloch, à deux
milles et demi de Calcutta, où il
se rendit en voiture. Envahi à
chaque station par une foule en-
thousiaste, arrêté de nombreuses
fois dans sa marche, par des fa
natiques qui tiraient sur le signal
d’alarme, le train avait cinq heu
res de retard. J'étais la seule cor-
respondante de presse à voyager
avec Gandhi, et je me demande
si j’en ai appris plus sur les sen
timents intimes du peuple hindou
pendant ce voyage que je ne l’au-
rais fait pendant des semaines
d’études dans les cercles politique,
de New-Delhi, ou si, en fin de
compte, je n’ai pas encore été
plus embarassée pour me faire
une opinion.
Partout où le train s’arrêtait.
des démonstrations d’enthousias-
me se .produisaient ; mais si l’on
n’avait pas été sûr des sentiments
amicaux des manifestants, on
aurait pu les croire furieusement
hostiles ; ils lançaient des pierres
pour briser les vitres, se battaient
presque sur les quais surchargée,
et à chaque arrêt les autorités
devaient fermer à clef les portiè-
res des compartiments pour éviter
leur envahissement par la foule.
Gandhi voyageait en troisième
classe comme toujours.
Il devait descendre, non pas 3
New-Delhi comme on s’y attend
dait, (décevant ainsi nombre d’ad-
mirateurs qui l’attendaient sur la
quai d’arrivée), mais à une petite
gare hors de la capitale. Il fit
tout ce qu’il put pour échapper
à l’attention du public et attend
dit le train, assis sous le pont du
(Lire la suite en troisième pageA.
Voici que de nouveau il est question de « résis
tance paysanne ». Il est inutile, je pense, de
préciser que cette résistance paysanne n’a rien de
commun avec la vaillante organisation du même
nom créée par des paysans patriotes à l’époque
héroïque, pour lutter contre l’occupant et contre
ceux qui se firent misérablement ses complices en
créant à son profit l’appareil de collecte des produits
agricoles.
Il s’agit, cette fois, non d’un mouvement d’oppo
sition aux manœuvres de l’ennemi, mais d’une
entreprise de lutte contre le gouvernement et plus
précisément contre le plan Mayer.
C’est la Fédération nationale des exploitants
agricoles qui a donné le mot d’ordre, aussitôt
appuyée, bien entendu, par la Confédération géné
rale de l’agriculture.
Ainsi, lundi prochain, 2 février, sera une journée
paysanne de « protestation et d'avertissement ».
Quels seront en cette journée, que l’on veut
importante, les thèmes essentiels des protestataires ?
M. Philippe Lamour, secrétaire général de la
C.G.A., les a déjà annoncés dans ses derniers
articles. « Les projets Mayer, a-t-il écrit, tuent la
production agricole. » « S’opposer au néfaste plan
Mayer, c’est se dresser contre un suicide national. »
« Pour le salut du pays, la manifestation du
2 février ne doit exprimer ni le dépit, ni la colère,
mais la volonté froidement délibérée et mûrement
réfléchie de la paysannerie de lutter contre des
mesures qui, en ruinant la production, ruineraient la
France, atteignant ainsi le but exactement contraire
à celui qu’elles se proposent. »
On réclamera donc notamment la révision
générale de l’assiette du prélèvement dont on sait
qu’il est établi sur les chiffres des revenus impo
sables au titre des bénéfices agricoles.
La C.G.A. conteste que ces chiffres représentent
avec exactitude le bénéfice réel des exploitations
agricoles. Sut ce point elle a raison, mais il lut
faudrait pour être conséquente avec elle-même,
qu’elle ne s’oppose pas au projet de réforme fiscale
actuellement en attente au Parlement, et qui vise
précisément à déterminer avec plus de sérieux, le
revenu réel de l’exploitation.
A ce sujet, faisons également remarquer que les
agriculteurs ne sont pas mis sur un même pied
d’égalité. Le cultivateur soumis au régime du forfait
va se trouver dans la plupart des cas, beaucoup
plus lourdement frappé que le cultivateur qui tient
une comptabilité et qui de ce fait relève du régime
dit des bénéfices réels. L’exemple m’a été donné
de plusieurs très gros exploitants agricoles qui font
ressortir du bilan de leur exploitation, un déficit de
plusieurs centaines de milliers de francs et qui de
ce fait ne paieront rien, ni à l’impôt sur les bénéfices
agricoles, ni au prélèvement. Les voisins de ces
gros exploitants, et qui sont de petits ou moyens
paysans soumis au régime du forfait, seront eux,
obligés de payer. Il en résultera une injustice,
certaine qui ne manquera pas d’opposer au sein de
l’Agriculture, les diverses classes d’exploitants.
Il sera également demandé que les fonds des
agriculteurs, déposés dans les caisses de crédits
agricoles soient bloqués dans la limite du montant
correspondant au prélèvement, ces fonds ne devant
être débloqués que pour servir aux investissements
à réaliser dans les exploitation, agricoles.
Dans le même ordre d’idées et pour éviter que
la somme totale réclamée à l’agriculture ne sorte
du circuit agricole, il est proposé la création d’un
fonds national d’équipement agricole qui recevrait
le montant du prélèvement versé par les agriculteurs.
Cette dernière proposition n’est certes pas condam
nable, mais il reste à savoir si sa réalisation et
les délais qu’elle exigera seront conciliables avec
le souci du ministre des Finances qui veut obtenir
dans un délai le plus bref le versement des 30 mil
liards demandés à l’agriculture.
(Lire la suite en troisième gagtl
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